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3 économistes pour Fillon, 40 pour Macron, ….. 134 pour Mélenchon

3 économistes pour Fillon, 40 pour Macron, ….. 134 pour Mélenchon

 

Comme d’habitude Mélenchon ne fait pas dans la dentelle. Après avoir constaté que 40 économistes s’étaient prononcés pour Macron, lui, il  réussit à obtenir le soutien de 134 experts. Manquerait plus que Cheminade en réunisse 150 , français, étrangers voire extraterrestres. Évidemment cette course au soutien des experts relève un peu parfois du ridicule. D’abord parce qu’on rencontre autant d’économistes libéraux que d’économistes crypto marxistes. Ensuite parce que l’économie n’est pas une science exacte et demeure une science sociale approximative même lorsqu’on utilise des algorithmes et autres modèles économétriques. Enfin parce que certains titres d’économistes sont délivrés par les universités comme des poignées de mains,  un peu à la volée. La France est d’ailleurs un des pays qui en forment le plus avec les psychologues. Notons enfin que la plupart de ces experts n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise et coulerait une épicerie de quartier en moins d’un mois. Un privilège qu’il partage avec les énarques ! Ces universitaires pour Mélenchon signent une tribune dans Libération où ils affirment que le programme du candidat de la France insoumise est le seul à pouvoir répondre à plusieurs « urgences », telles que la baisse du chômage et la réduction des inégalités. Les partisans de Jean-Luc Mélenchon jouent la carte du nombre et de l’international. Ainsi, dans les colonnes de Libération ce jeudi, ce ne sont pas moins de 134 économistes issus de 17 pays qui signent une tribune pour afficher leur soutien au candidat de la France insoumise. Dans leur texte, ces économistes dénoncent « les politiques de coupes dans les dépenses publiques, de démantèlement de l’État social et du droit du travail, menées sans relâche par les gouvernements précédents » et poursuivies, selon eux, par Emmanuel Macron et François Fillon. « Elles ne conduisent qu’à plonger le pays dans le cercle vicieux du chômage et de la précarité, terreau de la montée du FN », ajoutent-ils. « À l’inverse, les solutions proposées par Jean-Luc Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux cinq urgences majeures de notre temps », continuent les auteurs de la tribune. Ces cinq urgences étant la baisse du chômage, la réduction des inégalités, la lutte « contre la financiarisation de l’économie », la transition écologique, et la réforme des traités européens « qui dépossèdent les États de leurs leviers de politique macroéconomique ».  Amen !

3 économistes pour Fillon, 40 pour Macron

3  économistes pour Fillon, 40 pour Macron

 

Alors que Macron a reçu le soutien de 40 économistes, Philippe Chalmin, économiste ancien candidat des républicains aux régionales,  professeur à Paris-Dauphine, à peiné pour lancer un appel de trois experts en faveur de Fillon.  Les deux autres auteurs du texte sont Michel Godet et Marc Ivaldi.  Dans leur texte, les trois économistes conviennent que les affaires et le Penelopegate ont écorné le capital confiance de François Fillon. « Des centaines de milliers de Français ont été choqués et déçus par les affaires qui sont venues ternir l’image du champion de la droite et du centre », écrivent-ils ainsi. « Cependant, il a su montrer une capacité de résistance forte face à une adversité aussi exceptionnelle que les faits dénoncés ont été pitoyables. On peut espérer que ces épreuves lui auront servi de leçon salutaire pour l’avenir », poursuivent-ils néanmoins. Les trois universitaires affirment ensuite que leur soutien envers François Fillon tient à une seule et unique explication: son programme est « le seul à pouvoir redresser la France ». Quarante des économistes français les plus éminents avaient apporté  leur soutien à Macron, dans une tribune du Monde. »Nous ne sommes pas toutes et tous en accord avec l’ensemble de ses propositions mais nous estimons que le programme d’Emmanuel Macron est le plus à même de poser les bases de la nouvelle croissance économique dont notre pays a besoin. Nous sommes à la croisée des chemins. Le jeu des partis politiques traditionnels a rendu impossible la formulation de choix favorables à la construction d’un Etat providence refondé et d’une croissance nouvelle », ajoutent-ils. « Emmanuel Macron est le seul à porter un projet permettant de retrouver une croissance équitable. C’est pourquoi nous le soutenons. » Parmi les signataires figurent des économistes qui ont contribué à la confection du programme de l’ancien ministre de l’Economie, comme Philippe Aghion, Elie Cohen, Jacques Delpla, Marc Ferracci ou Philippe Martin. La présence d’autres noms dans la liste des signataires, comme ceux de Jean-Paul Betbeze ou de Jean-Paul Fitoussi, sont plus surprenants. Les signataires estiment en revanche qu’une victoire de la présidente du Front national, Marine Le Pen, serait une « catastrophe économique, sociale et démocratique ». 

 

2017 : Quarante économistes pour Macron

2017 : Quarante économistes pour  Macron

Quarante des économistes français les plus éminents apportent leur soutien à Macron, dans une tribune publiée mercredi par Le Monde. »Nous ne sommes pas toutes et tous en accord avec l’ensemble de ses propositions mais nous estimons que le programme d’Emmanuel Macron est le plus à même de poser les bases de la nouvelle croissance économique dont notre pays a besoin. Nous sommes à la croisée des chemins. Le jeu des partis politiques traditionnels a rendu impossible la formulation de choix favorables à la construction d’un Etat providence refondé et d’une croissance nouvelle », ajoutent-ils. « Emmanuel Macron est le seul à porter un projet permettant de retrouver une croissance équitable. C’est pourquoi nous le soutenons. » Parmi les signataires figurent des économistes qui ont contribué à la confection du programme de l’ancien ministre de l’Economie, comme Philippe Aghion, Elie Cohen, Jacques Delpla, Marc Ferracci ou Philippe Martin. La présence d’autres noms dans la liste des signataires, comme ceux de Jean-Paul Betbeze ou de Jean-Paul Fitoussi, sont plus surprenants. Les signataires estiment en revanche qu’une victoire de la présidente du Front national, Marine Le Pen, serait une « catastrophe économique, sociale et démocratique ». La dirigeante d’extrême droite et le candidat d’En Marche !sont au coude à coude en tête des sondages sur les intentions de vote pour le premier tour, le 23 avril, suivis par le candidat de la droite, François Fillon, et celui de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Les économistes ultra libéraux deviennent fous

Les économistes ultra libéraux deviennent fous  

 

Hier nous rendions compte d’une interview du très libéral économiste Jean-Marc Daniel qui prévoyait la suppression progressive du salariat et sa substitution par des autos entrepreneurs avec comme conséquence la suppression d’une grande partie de la protection sociale. Extrait de l’interview «  Il est vrai que pour l’instant, plus de 90% des travailleurs français sont des salariés. Mais d’ici à 50 ans, nous allons nous retrouver avec 50% de travailleurs indépendants. Le temps où des armées d’ouvriers se lèvent tôt pour aller pointer dans une usine est révolu. Aujourd’hui, le capitalisme 2, 3 puis  point zéro se caractérise par la multi-activité où la figure de l’autoentrepreneur est centrale. Il faut réfléchir à ce qu’est la relation salariale à l’aune de cette société. Il est devenu nécessaire d’assouplir le contrat de travail né pendant l’ère industrielle » et d’ajouter que ce serait en même temps la fin de la sécurité sociale : « La fin programmée d’une société régie uniquement par le salariat et le contrat de travail va engendrer la mort de la sécurité sociale telle qu’elle est aujourd’hui. En effet, comment financer une protection sociale basée sur les cotisations sociales des salariés ». En fait une sorte d’Uberisation  économique et social généralisée. Ce matin sur France Info, Jean-Marc Daniel rajoute une couche en souhaitant que les licenciements se libèrent de toutes contraintes et puissent être réalisé par une « simple notification » de l’employeur. D’une certaine manière on peut se demander si certains économistes très libéraux ne sont pas devenus fous. Certes l’échec total de la politique économique et sociale de François Hollande et plus généralement des socialistes depuis Mitterrand semblent libérer la parole de ces experts en même temps que les pulsions visant à régler leurs comptes aux salariés. On objectera cependant que la droite n’a pas fait mieux lorsqu’elle était au pouvoir ou si peu. Les experts ultra libéraux se déchaînent d’autant plus facilement que la défaite des socialistes en 2017 est déjà inscrite dans l’histoire. Il faut aussi convenir que dans le camp d’en face les experts de l’ultra gauche en sont encore à défendre les conceptions marxistes d’il y a un siècle. Finalement les propositions de ces derniers influencés par les dogmes de l’anticapitalisme et de l’anti-impérialisme les conduisent à proposer des orientations très proches de celles du Front National. Du coup les économistes ultra libéraux se régalent de cette obsolescence de la pensée. D’une manière générale il faut sans doute se méfier des analyses des économistes de droite comme de gauche car la plupart sont des fonctionnaires qui n’ont qu’une idée assez approximative des réalités économiques et sociales. Théoriser sur l’économie c’est bien mais c’est mieux quand on condition quand on connaît un peu les conditions de la production. Une voix moyenne existe entre ces visions d’ultras, celle qui consiste à articuler le marché st une régulation prenant en compte les dimensions économiques bien sûres mais aussi sociales, environnementales et sociétales à la fois pour rendre les conditions de concurrence plus équitable mais aussi pour préserver l’environnement et la paix. La misère sociale ne pouvant conduire qu’à des situations conflictuelles voire à la guerre. Mais cette approche plus équilibrée que celle des des ultras apparaît moins sexy ;  surtout son absence de radicalité la rende moins « vendeur » dans les grands médias et dans les partis politiques.

Sortie de crise : le remède miracle de 80 économistes de gauche

Sortie de crise : le remède miracle  de 80 économistes de gauche

La France est sans doute l’un des pays qui comte le plus d’économistes proportionnellement à sa population (idem pour les sociologues et les psychologues). Pourtant cette masse d’experts n’a guère permis à la France de s’extirper de la crise. La responsabilité n’en incombe pas seulement aux économistes dont les avis lorsqu’ils sont pertinents ne sont pas toujours écoutés. Les avis divergents dans cette population d’experts ;  on retrouve à peu près les mêmes clivages qu’en politique. Pas étonnant l’étude de l’économie n’est pas une science exacte. La preuve cet appel lancé par 80 économistes de gauche qui d’une certaine manière dise la même chose que Mélenchon et font notamment l’impasse sur la question de la bureaucratie et de la fiscalité qui tue croissance et emploi. Quatre-vingts économistes, principalement de gauche, appellent donc dans une tribune publiée ce mercredi sur Mediapart et dans Le Monde à un changement de politique en France, afin de « sortir de l’impasse économique » qui menace le pays. « Le chômage, la précarité, la difficulté à boucler ses fins de mois, marquent la vie de millions de nos concitoyens », soulignent les signataires de cet appel, parmi lesquels Michel Aglietta, Philippe Askenazy, Liem Hoang-Ngoc ou bien Xavier Timbeau. Face à cette situation, « les partisans du libéralisme économique plaident pour réduire plus drastiquement encore la dépense publique » et « démanteler le droit du travail », poursuivent les économistes, qui jugent ces solutions vouées à l’échec. Pour « répondre à l’urgence économique et sociale », les signataires proposent un plan de sortie de crise construit autour de trois volets : un pacte productif écologique et social, un programme de soutien à l’activité et à l’emploi, et une remise en cause des règles européennes. « La sortie du sombre tunnel politique dans lequel (l’Europe) est engagée ne passe pas uniquement par l’économie. Mais elle restera hors de portée si l’on s’acharne à poursuivre des politiques néolibérales qui creusent les inégalités », concluent-ils.

« Economie qui tue » : dialogue de sourds entre le pape et les économistes

« Economie qui tue » : dialogue de sourds entre le pape et les économistes

Preuve sans doute qu’un nouveau modèle économique est à inventer :  le dialogue de sourds et caricatural entre des économistes et le pape.

Le directeur du Centre de recherche de l’Essec, Radu Vranceanu, docteur en science économique, et son collègue Marc Guyot, professeur d’économie dans cette même école ont publié le 2 avril, sur le site de « La Tribune », une sévère critique de la vision économique du pape François, telle qu’il l’a longuement développée dans son « Exhortation apostolique » du 25 novembre 2013. « Le pape François se veut clairement anti-libéral, au nom du respect de la personne humaine et il a tort », affirment les deux profs, qui ajoutent : « C’est en l’absence de libéralisme que surviennent la pauvreté, la corruption et le manque d’infrastructures publiques ». Selon eux, « la compréhension du pape de la crise financière de 2008 prête à sourire ».

C’est dans le cadre d’un long texte de 165 pages, titré « Evangelii Gaudium » (la joie dans l’évangile), qui présente la philosophie du nouveau pape, que celui-ci a développé sa vision économique et sociale. Elle figure dans le chapitre 2 du texte diffusé par le Vatican, entre les paragraphes 52 à 60, notamment sous les titres « Non à une économie de l’exclusion » et « Non à la nouvelle idolâtrie de l’argent ». Il y martèle une dénonciation des injustices sociales et sociétales, en des termes qui vont bien plus loin que les discours d’un François Hollande ou d’un Jean-Luc Mélenchon. Ses affirmations ont mis en ébullition quelques économistes ou journalistes ultra-libéraux américains, comme Tim Worstall qui moque dans Forbes « ce gentleman catholique bien éduqué qui n’a pas compris le monde dans lequel nous vivons ». Mais elles étaient restées jusqu’ici très peu commentées, voire inconnues, en France (voir cependant un papier de Rue 89 sur le sujet). La sortie des deux profs de l’ESSEC est d’autant plus intéressante – et audacieuse – que cette grande école dépend de l’Institut Catholique de Paris qui compte deux représentants dans son conseil de surveillance, dont le recteur de l’Institut. Interrogé à ce sujet, Jean-Michel Blanquer, le directeur de l’école, déclare : « Je ne suis pas d’accord avec la position de ces profs, mais il faut respecter la liberté académique. »

Le pape François : « Les exclus sont des déchets »

Voici quelques extraits du réquisitoire du Pape François : « De même que le commandement de ‘ne pas tuer’ pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire ‘non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale’, car une telle économie tue. Il n’est pas possible que quand une personne âgée réduite à vivre dans la rue meurt de froid, ce ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en  bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand des personnes souffrent de la faim. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Conséquence : de grandes masses se voient exclues et marginalisées, sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route, et même promu, la culture du “déchet”. Il ne s’agit plus simplement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau (…) Les exclus ne sont pas des ’exploités’, mais des déchets, des ‘restes’ ».

Les deux profs : « La magie du système libéral est qu’il profite à tous » 

Réplique des deux profs de l’ESSEC  : « Le fonctionnement de l’économie libérale échappe complètement au Pape puisque celui-ci pense que les pauvres ne profiteront jamais du système car les riches ne voudront jamais partager. En fait la magie du système libéral est qu’il profite à tous sans avoir besoin de la bonne volonté des puissants. C’est un système qui est vertueux par lui-même et ne nécessite pas que ses membres aient la vertu du partage ». Et de citer Jean Paul II, qui, dans son encyclique « Centesimus Annus », écrivait : « Il semble que le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre de façon appropriée aux besoins « .

Les riches sont-ils partageux en économie libérale ? Ce n’est en tous cas pas l’analyse de l’ONG Oxfam qui vient de révéler que 67 personnes possèdent à elles seules autant de richesse que la moitié de l’humanité. Ceci dit, il est vrai que, globalement, le nombre d’humains vivant sous le seuil de pauvreté a régressé ces dernières décennies, le boom de l’Asie y ayant beaucoup contribué. La croissance portée par l’économie de marché favoriserait-elle une meilleure inclusion sociale ? Pour le pape François, « cette opinion n’a jamais été confirmée par les faits. Elle exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant ».

Le pape : »Le fétichisme de l’argent et l’économie sans visage »

Le pape s’en prend à la tyrannie de la finance en des termes peu éloignés de ceux de François Hollande qui désignait la finance comme son ennemi sans visage : « Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain.  Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain (…) . Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable ».

Les profs de l’ESSEC : « Les marchés financiers sont hyper régulés »

A cette charge contre une économie dérégulée, les deux profs de l’Essec répliquent que   »les marchés financiers sont l’une des activités les plus régulées du monde ». Plutôt étonnant, car si c’est si régulé, comment des Lehman Brothers, des Madoff et autres Kerviel ont-ils pu monter des arnaques portant sur des milliards sans que nul ne s’en aperçoive ?  Si c’est si régulé, comment la crise des subprimes a-t-elle pu survenir ? Le remarquable documentaire  » Inside Job «  de Charles Ferguson  a démontré le contraire. Et si les banques américaines se sont vu infliger plus de 100 milliards de $ d’amendes, dont 13 milliards pour la seule JP Morgan, c’est sans doute qu’elles ont pu transgresser pas mal de règles… Mais les états sont-ils plus vertueux ? Nos deux profs en doutent :  »Hormis dans leurs discours, les gouvernements ont rarement les qualités que leur prête naïvement le pape en termes de soucis des pauvres  (…) La pauvreté dans les favelas d’Argentine ou du Brésil est-elle une preuve que l’économie de marché ne réduit pas la pauvreté ? Bien au contraire ! « Selon eux, c’est parce que l’économie n’est pas assez libérale que, dans  » la plupart des pays d’Amérique Latine l’on trouve pauvreté, corruption et absence d’infrastructures publiques ».  Et de citer quelques « gouvernements omniprésents et interventionnistes du style Peron, Kirchner, Chavez et autres leader maximo ». Nos deux économistes assurent que « le principe de l’économie de marché est de briser la puissance du grand capital en imposant une certaine dispersion des firmes et en leur imposant une pression qui les contraint à se mettre au service du consommateur ».  Et ils ajoutent : « Contrairement à ce que semble croire le pape, l’économie libérale requiert un Etat fort ».

« Un libéral nommé Jésus »

Cela ne semble pas être l’avis des libéraux américains qui ont sonné la charge contre le Pape, faisant ressurgir l’antique querelle entre catholiques (qui seraient anti profit ) et protestants (pro profit). Le Tea Party n’a pas hésité à dire que « Jésus ne pouvait pas être socialiste puisque c’était un capitaliste ». Où l’on rejoint une théorie développée par l’économiste Charles Gave, qui a publié, trois ans avant la crise de 2008, un livre titré « Un libéral nommé Jésus ». Gave, qui s’autoproclame  » spécialiste mondialement reconnu des marchés financiers » y développe l’idée que les évangiles glorifient la prise de risque, en s’appuyant sur la fameuse Parabole des Talents dont il extrait ce passage : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance. Quant à celui qui n’a pas, on lui ôtera même ce qu’il a ». Charles Gave ne modère pas son enthousiasme : « Avouons-le, cette parabole suscite chez tout économiste libéral un profond ravissement. Un régal. Rien ne manque ». Il poursuit : « Ce qui compte, c’est la volonté de prendre des risques et de s’exposer ». Il semble oublier qu’aujourd’hui dans l’entreprise, c’est le salarié qui court l’essentiel des risques, le capital étant super protégé. Catholique lui-même, Gave relève que les protestants ont fait des évangiles une lecture totalement différente des catholiques dont les élites, « insuffisamment formées » auraient fait « une lecture fausse ».

(l u dans le Nouvel Obs)

 

« A quoi servent les économistes? »

« A quoi servent les économistes? »

Intéressante cette interview de la directrice adjointe du trésor qui révèle en fait que nombre d’experts sont impuissants à prévoir les crises et souvent à les analyser. (Interview de Claire Waysand dans le Jdd) ; sans parler des conflits d’intérêt, du corporatisme et de la dictature des pensées dominantes.

Seuls quelques économistes ont vu venir la crise la plus grave de la décennie qui a débuté en 2007. N’ont-ils pas failli à leur rôle?
C’est en effet une belle leçon d’humilité pour notre profession. Nous avons vu certains risques – un marché de l’immobilier en surchauffe et de très gros déficits courants outre Atlantique, symptôme d’une dépendance aux financements extérieurs. Mais nous n’avons pas bien compris les implications de ces deux réalités et comment le choc allait se propager à l’ensemble de la planète. 

Peut-on encore faire confiance aux experts?
Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. L’économie est utile au quotidien, par exemple pour évaluer les coûts et bénéfices de choix publics. Les économistes n’ont en revanche pas bien compris d’un point de vue macroéconomique les enchaînements financiers qui allaient se produire et qui expliquent la récession planétaire dont nous portons encore les marques. Ils avaient pour partie des circonstances atténuantes. Ils manquaient d’informations sur les liens financiers. Ces informations sont encore parcellaires, notamment sur les actifs du système bancaire parallèle ou shadow banking, qui restent très mal connus. L’économiste doit continuer à le dire. Nous savons par ailleurs que dans certaines situations extrêmes nos outils d’analyse, qui reposent sur des occurrences observées sur une période passée, ont du mal à prendre en compte des situations très atypiques. 

Ne craignez-vous pas la concurrence de nouveaux experts, travaillant pour Google ou Facebook, et capables d’exploiter les « Big data », ces données exhaustives sur l’ensemble des activités humaines et donc économiques?
Je ne pense pas que le traitement d’une masse de données économiques suffise à supplanter le travail d’un économiste. Sa valeur ajoutée, c’est d’injecter de l’intelligence face à ces observations, pour que l’ensemble fasse sens. 

«Aujourd’hui, les citoyens cherchent des réponses qui donnent du sens et de la vision»

Comment les économistes perçoivent-ils leur rôle?
Nous exerçons un métier à plusieurs facettes. Celui d’éclairer et de comprendre les situations économiques que nous vivons, y compris pour pouvoir prévoir leur évolution à court et moyen terme. Nous fournissons par ailleurs une grille d’analyse pour les décisions de politique publique, avec des raisonnements que l’on dit « bouclés ». Par exemple, quand nous évaluons une proposition de dépense publique ou de réforme, nous en calculons l’effet mais aussi le coût. Enfin, nous avons une mission de pédagogie. L’intérêt et la compréhension pour notre discipline progresse, nous devons y contribuer. 

Qu’attendent les politiques des économistes?
Ils veulent que nous leur donnions des perspectives de court et moyen terme par une analyse technique pour les éclairer dans leurs choix, en matière de croissance et d’emploi par exemple.

C’est vrai quel que soit leur bord politique?
Oui, même si les sensibilités et les sujets d’intérêt varient. Ainsi, pour le projet de loi de finance 2013, le gouvernement nous a demandé de mesurer l’impact sur la croissance des mesures budgétaires, pour en limiter l’effet, et en évaluer l’impact redistributif, dans un souci de justice sociale. 

Les citoyens ont-ils les mêmes attentes que les politiques?
Je pense qu’aujourd’hui, ils cherchent des réponses qui donnent du sens et de la vision. Ils ont besoin de comprendre la situation et comment on en sort. 

Pensez-vous que les économistes ont plus de poids dans les pays anglo-saxons où certains ont même acquis un statut de gourou?
Aux Etats-Unis, dans les relations entre la sphère politique et universitaire, les aller-retour sont plus fréquents qu’en France. Il est vrai que le modèle d’organisation de l’alternance dit du spoil system favorise ces mouvements. Le phénomène des gourous est aussi très spécifique. Leurs économistes s’adressent à un public de plus de 200 millions de personnes et au-delà, grâce à leur langue, à une population mondiale. Il y a donc un effet de taille. Il y a aussi un effet marché. Les gourous que vous avez en tête, tels Abby Cohen qui travaillait chez Goldman Sachs ou Nouriel Roubini, étaient proches des marchés. Nouriel Roubini doit sa notoriété à sa clairvoyance sur la crise des subprimes, mais d’autres économistes ont eu des analyses clairvoyantes de la crise sans être nécessairement aussi visibles auprès du grand public. Je pense par exemple à Raghuram Rajan. Par ailleurs, il est vrai qu’il y a beaucoup de prix Nobel d’économie américains, mais, eux, sont rarement promus à ce statut de gourou. 

Certains économistes font aussi l’objet de procès en sorcellerie pour conflit d’intérêts ou du fait d’engagements politiques inavoués. Qu’en pensez-vous?
Il y a clairement eu certaines pratiques qui n’étaient pas acceptables – le film Inside job fournit quelques exemples de conflits d’intérêts avéré. Pour le reste, les économistes sont des citoyens comme les autres – il n’y a pas de raison d’empêcher un engagement qui est transparent. L’honnêteté intellectuelle est indispensable dans toute profession, mais a fortiori chez les économistes pour que l’on puisse se fier à leur expertise. 

 




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