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Enjeux écologiques : Les convictions molles des financiers

Enjeux écologiques  : Les convictions molles des financiers 

Jean-François Sebastian directeur général France de SAS Institute, société de service informatique  critique, dans une tribune au « Monde », le scepticisme de certains acteurs de la finance vis-à-vis de l’investissement vert qu’il qualifie de « faute morale » et d’« erreur stratégique ».

 

Peut-on faire confiance aux entreprises pour mener le combat contre le dérèglement climatique ? Pour plusieurs élèves d’AgroParisTech, de Sciences Po ou de Polytechnique, la réponse est non. Un désaveu qui intervient dans un contexte où les convictions écologiques de nombreux dirigeants ont varié comme les cours de la Bourse. Notamment dans la finance.

En début d’année, le patron de Blackrock [Larry Fink] promouvait, dans le cadre de sa lettre annuelle, un capitalisme des parties prenantes et attendait des entreprises qu’elles jouent « un rôle dans la décarbonation de l’économie mondiale ». Cinq mois plus tard, changement radical de discours : « Ce n’est pas au secteur privé de jouer le rôle de la police de l’environnement. »

Même scepticisme de la part du désormais célèbre Stuart Kirk, ex-directeur des investissements responsables de HSBC : « On me dit de passer mon temps à examiner quelque chose qui va se produire dans vingt ou trente ans. C’est complètement disproportionné. » Si ces propos ont été abondamment commentés, ils n’ont pas suffisamment été décrits pour ce qu’ils sont : une faute morale doublée d’une erreur stratégique.

La finance joue un rôle unique dans la compétitivité et la richesse d’un pays. Elle gère les risques, l’allocation de l’épargne et une partie du développement. A cet effet, elle est indispensable à la transformation écologique des entreprises. En Europe, par exemple, la finance flèche prioritairement les investissements vers les activités soutenables pour permettre à l’Union européenne d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

Mais quand certaines de ses incarnations les plus éminentes euphémisent l’urgence climatique et prennent leur distance par le verbe – dans un premier temps – avec des mesures qui visent à créer une finance durable, elles manquent à leurs devoirs et forgent une réalité parallèle dans laquelle le risque climatique n’est qu’une « possibilité ». Prenant ainsi le risque d’une déresponsabilisation de certaines de leurs parties prenantes.

Ces figures de la finance ressemblent à Wallace Hartley (1878-1912), le chef d’orchestre du Titanic, et à ses musiciens. Alors que le paquebot faisait naufrage après avoir heurté un iceberg, les instrumentistes ont continué de jouer jusqu’au bout créant, selon les historiens, un sentiment de sécurité qui a poussé les gens à ne pas quitter le navire à temps.

En promouvant le scepticisme, Fink, Kirk et les autres vont à contre-courant de l’histoire. Si le secteur de la finance reste dominé par les actifs traditionnels, sa déclinaison verte enregistre la plus forte croissance. Dans son rapport d’avril, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) démontrait la surperformance des fonds à critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), sur l’année 2020.

Risques écologiques : un déni de réalité

Risques écologiques : un déni de réalité

Les historiens Renaud Bécot et Thomas Le Roux montrent, dans une tribune au « Monde », que la législation environnementale n’a toujours pas pris la mesure de l’accroissement des risques.

Après l’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019, le premier ministre, Edouard Philippe, a parlé d’odeurs « dérangeantes, pénibles mais pas nocives », tandis qu’Elisabeth Borne, alors ministre du travail, affirmait qu’il n’y avait « pas de polluants anormaux ». Quelques lectures historiques leur auraient permis de savoir que la notion de « nuisance incommode, mais pas insalubre » est un leitmotiv rhétorique construit à partir des années 1800 pour légitimer la vie industrielle et le sacrifice de la santé environnementale.

Par sa gravité, l’incendie de Lubrizol a médiatisé l’existence du millier d’accidents qui ont lieu chaque année dans les usines situées en France métropolitaine, alors que les rapports de l’Organisation mondiale de la santé alertent depuis longtemps sur les effets néfastes de la pollution sur la santé publique. Pourtant, le milieu politique continue de s’en remettre aux promesses du futur et à des horizons techniques hypothétiques. L’acceptabilité des pollutions, devenues « normales », est en réalité une invention du monde contemporain, qui ne va pas de soi sur le temps long.

Depuis 1810 et le décret napoléonien sur les établissements industriels insalubres et dangereux, première législation du monde sur les pollutions, la régulation publique est conçue pour protéger les industriels, sécuriser leur capital productif et leur éviter des poursuites pénales en les mettant sous la surveillance d’une administration bienveillante. Il s’agissait de les libérer de l’ancienne « police des nuisances », soucieuse de santé publique, qui était très coercitive avant les années 1800.

Même après les réformes de 1917 et 1976, et la transposition des directives européennes Seveso, lois et règlements font primer la protection des intérêts industriels (moyennant des enquêtes préventives nécessaires aux autorisations de fonctionnement) en créant, contre compensation financière, un droit à polluer, et en misant sur l’amélioration technique pour résoudre les maux constatés.

De ce fait, les réponses institutionnelles au risque industriel sont restées principalement techniques. Certes, les rapports parlementaires post-Lubrizol de 2020 ont montré la faiblesse de l’inspection face à des rythmes industriels mettant l’action publique au pied du mur, et l’accroissement des risques industriels au gré de la précarisation des formes d’emploi et de l’extension des chaînes de sous-traitance dans les sites pétrochimiques. En préconisant par ailleurs la nécessité d’organiser un suivi sanitaire des populations des territoires industriels, ils proposaient une démarche inédite dans la régulation des nuisances.

Les deux ministres spécialisées complètement ignorantes des questions écologiques !

Les deux ministres spécialisées complètement ignorantes des questions écologiques !

 

Les médias pourtant particulièrement tolérants sur le gouvernement fantoche d’Élisabeth Borne ont quant même observé que les deux ministres spécialisés chargés de l’écologie n’y connaissaient c’est strictement rien. Pire qu’elles n’avaient jamais manifesté le moindre intérêt cette problématique.

Enarques libérales, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher étaient respectivement chargées de la Fonction publique et de l’Industrie au sein du gouvernement de Jean Castex. « Elles sont plutôt dans le moule de ce qu’on a vu des gouvernements précédents, loin d’être à la hauteur sur les enjeux climatiques », a commenté Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace, sur franceinfo.

« Ce sont deux ministres qui n’ont pas une grande expérience de la transition écologique », ajoute Anne Bringault, coordinatrice des programmes au sein du Réseau Action Climat. Comme le rappellent Le Monde et Libération, Amélie de Montchalin, diplômée de HEC et de Harvard, a travaillé au sein de BNP Paribas et d’Axa, avant de devenir députée de l’Essonne en 2017. L’élue a ensuite été nommée secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, puis ministre en charge de la Transformation et de la Fonction publiques en juillet 2020.

« On ne voit pas son expérience sur la transition écologique alors que ce sujet est présenté comme une priorité par Emmanuel Macron. »

 

 

 

 

 

Des hybrides rechargeables peu écologiques

Des  hybrides rechargeables peu écologiques

Alors que le marché des hybrides rechargeables va occuper la plus grande part des voitures écolos, on vient de s’apercevoir mais sans doute un peu tard que cet technique est très contestable d’un point de vue écologique. Cependant la même critique pourrait être adressée au véhicule totalement électrique dont le bilan carbone en intégrant la production et également catastrophique sans parler de la recherche de métaux rares qui vont polluer ailleurs que dans les pays développés.

.L’an dernier, sur un million de véhicules électrifiés (100 % à batterie et hybrides rechargeables) vendus en Europe, près de la moitié étaient des hybrides rechargeables. En France, leur succès se confirme. En avril leur part de marché dépassait même celle des véhicules 100 % électrique. Mais un succès très contestable comme l’indiquait déjà un article du Monde.

Alors que leurs ventes enregistrent un bond sans précédent, les hybrides rechargeables voient se lever un vent de contestation. Les vertus qu’on leur prête tiendraient du mirage, voire de « l’arnaque », comme l’affirme l’ONG britannique Transport & Environment. Sur le papier, pourtant, ces modèles proposent le meilleur des deux mondes. Une batterie pour parcourir une quarantaine de kilomètres sans consommer une goutte de carburant, un moteur thermique pour les longues distances et, au final, un bilan carbone flatteur.

Selon les données officielles, un hybride rechargeable rejette entre 30 et 50 g de CO2 au kilomètre. C’est, grosso modo, deux fois moins qu’un hybride classique (non rechargeable) et trois fois moins qu’un modèle thermique conventionnel. Ce qui lui vaut l’attribution d’un bonus de 2 000 euros à l’achat (à condition que le prix reste inférieur à 50 000 euros) et de confortables allégements de taxes en tant que véhicule de société.

Connus sous l’acronyme de PHEV (pour « plug-in hybrid electric vehicle »), ces hybrides que l’on peut recharger sur une borne se sont rendus indispensables. Ils contribuent efficacement à abaisser la moyenne des émissions de CO2 des constructeurs qui, à compter de 2021, devra être inférieure à 95 g au kilomètre. Un PHEV coûte cher (compter environ 5 000 euros supplémentaires) et doit transporter quelque 300 kg de batteries mais les nouveautés se bousculent et les ventes décollent.

Publiées, deux études risquent de faire pâlir l’étoile de l’hybride rechargeable. Selon Transport & Environment (T&E), les PHEV émettent en réalité 117 grammes de CO2 au kilomètre, soit 2,5 fois plus que ce qui est annoncé par les données officielles. Le Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research (ISI) de Karlsruhe et le Council of Clean Transportation (ICCT) enfoncent le clou.

Ces observations relancent les critiques récurrentes que suscitent les conditions d’homologation des hybrides rechargeables. Celles-ci présupposent que l’utilisateur branche son véhicule presque à chaque arrêt, ce qui relève de la pensée magique. Un tel décalage entre données officielles et réalité des usages a déjà valu quelques revers aux hybrides rechargeables, privés de subventions aux Pays-Bas depuis 2016 et au Royaume-Uni depuis 2018. En France, où PSA et Renault viennent de commercialiser ce genre de véhicule, la prime a été rétablie en juin dernier mais elle sera réduite de moitié dès 2021.

Certains experts se demandent si l’heure de gloire de ces modèles conçus pour faciliter le passage du tout-thermique au tout-électrique ne sera pas plus courte que prévu. Cités par Automotive News, les consultants de LMC prévoient que la croissance des ventes d’hybrides rechargeables en Europe commencera à faiblir dès 2022.

Mélenchon revient sur les enjeux écologiques

Mélenchon revient sur les enjeux écologiques

 

Par conviction sans doute mais aussi par stratégie politique, Mélenchon revient dans le JDD sur les enjeux écologiques. Dans la perspective de 2022, Mélenchon ne parvient pas à se détacher nettement pour imposer sa candidature à toute la gauche ; en outre, il combat le concept même de candidat unique de la gauche soutenu par les écolos -en tout cas certains -et les jeux socialistes. Ce qui peut se comprendre puisque Mélenchon n’a pas l’intention de retirer sa candidature. Pour mordre sur l’électorat écolo, Mélenchon réinvestit donc le champ environnemental dans sa tribune.

 

Tribune

 

« Le lac Titicaca, partagé entre le Pérou et la Bolivie, nous donne une leçon politique. Menacé par les pollutions et le changement climatique, il constitue un lieu exemplaire de la perturbation des grands cycles au niveau mondial. Remarquable, il l’est alors pour la leçon politique que l’on peut en tirer. En effet, le changement climatique fait entrer l’Humanité dans une ère d’incertitude structurelle. Le changement climatique est commencé. Les grandes perturbations sont déjà à l’œuvre et nous placent au seuil de multiples points de bascule.

On ne sait pas s’ils se produiront, ni quand, ni quels seront leurs effets. Les changements en cours ne sont ni constants ni linéaires . Nous entrons dans un intermédiaire, situé entre l’état climatique antérieur et la prochaine stabilisation du système du climat. Entre les deux, il y aura une longue phase d’étapes changeantes aux durées variables.

La politique telle que nous l’avons connue dans la longue période du « chacun pour soi » et du « tout, tout de suite » est un danger mortel pour notre espèce aussi. L’heure est à la politique comme art de gérer l’imprévu. Mais elle dispose pour l’heure de peu de points d’appui. Le principe de précaution est un des rares outils de cette nouvelle ère. Le thème de la planification comme récupération de la gestion du temps long émerge quant à lui avec difficulté. Il va falloir décider d’après des calculs de probabilités.

 

Le chaos partiel dans lequel nous entrons exige donc une science politique nouvelle. Elle est encore balbutiante. Sur quoi s’appuyer pour prévoir? L’idée que la tradition pourrait mieux nous renseigner est erronée. Les savoirs bâtis à partir d’observations millénaires sont eux aussi pris à revers par le changement climatique. Les capteurs biologiques liés aux migrations animales ou aux cycles des végétaux se dérèglent en même temps que le reste. Certes, l’espèce humaine à tout de même de sérieux ressorts face à l’imprévu. Par ses migrations elle a fait la démonstration de sa capacité à changer de biotope quand les autres espèces dépendent du leur en dépendent de manière absolue.

Dans le moment de l’incertitude, la science peut donner des points d’appuis essentiels. Ses observations, ses mesures, ses modélisations nous permettront d’anticiper, de repérer les signes avant-coureurs des grands bouleversements pour nous adapter. C’est ce que fait une équipe de scientifiques franco-boliviens au lac Titicaca. Leur travail montre que le recueil et l’interprétation de données par les équipes scientifiques sur un milieu naturel peuvent permettre de prendre les bonnes décisions au bon moment. Mais cette science dépend de la collecte de milliers de données, de leur compilation, de leur traitement et de leur diffusion.

Dès lors, la science et la recherche scientifique ne peuvent être dissociées des conditions de leur production. D’où l’importance pour l’avenir des investissements publics dans la recherche fondamentale, les laboratoires, le matériel et les scientifiques eux-mêmes. La diffusion gratuite des données et de leurs interprétations doit être la règle. La logique des brevets et de la marchandisation des savoirs y fait obstacle. Elle doit être stoppée.

 

Mais ce n’est pas tout. La continuité de la prise de mesure et de la diffusion de celle-ci est la condition d’une connaissance approfondie autorisant une action préventive sur les systèmes étudiés. L’acheminement des données et leur recueil dans maintes autres zones dépendent de réseaux complexes nullement automatisés. Dès lors, les pandémies, les confinements et les fins d’activité pour cause de crédits coupés ou de « rentabilité » produisent des interruptions qui peuvent être finalement très perturbantes pour accéder à la connaissance de l’évolution d’une situation. Car pour modéliser correctement, pour prévoir efficacement, il faut une masse de données toujours plus fraîches et diversifiées.

La condition initiale du savoir qui prend le relai de la tradition et de la science à l’ancienne, passe par l’existence de tels réseaux libres d’accès pour tous et sans cesse augmentés. Gouverner à l’ère de l’incertitude écologique exige donc une attention particulière aux réseaux de communication, de transport, de transmission des données. Elles-aussi doivent devenir en quelque sorte des biens communs. Car sans elles, il ne sera pas possible de planifier la vie des sociétés humaines dans la nouvelle donne climatique.

Le problème est global. La réponse doit l’être aussi. Le suivi scientifique au Lac Titicaca est une de ces preuves du nouvel internationalisme humaniste qui s’impose. La décision politique à l’ère de l’incertitude est-elle possible sans cela? Tel est le cadre ensuite du seul débat qui vaille quand tout disjoncte. Nous devrons trancher et tout organiser autour de la réponse à une question d’orientation politique : tous ensemble ou chacun pour soi. »




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