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Environnement-Planification écologique : du pipeau

Environnement-Planification écologique : du pipeau

Il paraît de plus en plus évident que le concept de planification écologique du gouvernement relève de l’illusion la plus totale. D’ailleurs il n’y a ni planification ni vraiment prise en compte environnementale. Seulement quelques mesures déjà bien connues mais pas à la hauteur des enjeux. Exemple développement de la voiture électrique, la rénovation thermique des logements, l’annonce un peu irresponsable sur la fin des chaudières à gaz.

Mais les  » mesures phares » forcément seront annoncées par le président lui-même le 25 septembre.

Les orientations ainsi développées par la première ministre constituent une sorte de hors-d’œuvre et le plat principal sera servi par le maître de l’Élysée.

Mais là aussi il ne faut pas s’attendre à des mesures réellement pertinentes et efficaces mais un ensemble hétéroclite de décisions type auberge espagnoles dont la plupart ne seront pas d’ailleurs suivies d’effet.

Le terme planification écologique est particulièrement impropre et le gouvernement se paye une fois de plus de mots.

Une véritable planification écologique supposerait d’abord une analyse sérieuse de la problématique dans chacun des secteurs et activités puis la fixation d’objectifs et des stratégies pertinentes. Bref ce qui se faisait au plan précédemment où chaque secteur avec les acteurs intéressés définissait des stratégies réalistes et structurantes.

Au lieu de cela le gouvernement fait dans le marketing sémantique, les annonces succèdent aux annonces avec des pseudos concertations en particulier dans le conseil national de la Refondation bidon à la fois non compétent et non légitime. ( avec des français choisis « au hasard !!!)

« Le compte n’y est pas », a estimé le patron du PS, Olivier Faure, après avoir pris connaissance des documents reçus en amont du rendez-vous. Le socialiste « craint [une] planification du vide », tandis que le chef du Parti communiste, Fabien Roussel, s’est dit « sans illusions ».

L’exécutif entend ouvrir une « séquence » d’une dizaine de jours sur le sujet. Après ce « débat politique » à Matignon, un échange entre Elisabeth Borne et les membres du Conseil national de la refondation doit être organisé mardi, avant un « événement » autour d’Emmanuel Macron et la présentation du projet de budget 2024, le 27 septembre, en Conseil des ministres. En juillet, le gouvernement avait reporté la présentation de cette feuille de route, percutée par les émeutes puis le remaniement.

Politique-Planification écologique : du pipeau

Politique-Planification écologique : du pipeau

Il paraît de plus en plus évident que le concept de planification écologique du gouvernement relève de l’illusion la plus totale. D’ailleurs il n’y a ni planification ni vraiment prise en compte environnementale. Seulement quelques mesures déjà bien connues mais pas à la hauteur des enjeux. Exemple développement de la voiture électrique, la rénovation thermique des logements, l’annonce un peu irresponsable sur la fin des chaudières à gaz.

Mais les  » mesures phares » forcément seront annoncées par le président lui-même le 25 septembre.

Les orientations ainsi développées par la première ministre constituent une sorte de hors-d’œuvre et le plat principal sera servi par le maître de l’Élysée.

Mais là aussi il ne faut pas s’attendre à des mesures réellement pertinentes et efficaces mais un ensemble hétéroclite de décisions type auberge espagnoles dont la plupart ne seront pas d’ailleurs suivies d’effet.

Le terme planification écologique est particulièrement impropre et le gouvernement se paye une fois de plus de mots.

Une véritable planification écologique supposerait d’abord une analyse sérieuse de la problématique dans chacun des secteurs et activités puis la fixation d’objectifs et des stratégies pertinentes. Bref ce qui se faisait au plan précédemment où chaque secteur avec les acteurs intéressés définissait des stratégies réalistes et structurantes.

Au lieu de cela le gouvernement fait dans le marketing sémantique, les annonces succèdent aux annonces avec des pseudos concertations en particulier dans le conseil national de la Refondation bidon à la fois non compétent et non légitime. ( avec des français choisis « au hasard !!!)

« Le compte n’y est pas », a estimé le patron du PS, Olivier Faure, après avoir pris connaissance des documents reçus en amont du rendez-vous. Le socialiste « craint [une] planification du vide », tandis que le chef du Parti communiste, Fabien Roussel, s’est dit « sans illusions ».

L’exécutif entend ouvrir une « séquence » d’une dizaine de jours sur le sujet. Après ce « débat politique » à Matignon, un échange entre Elisabeth Borne et les membres du Conseil national de la refondation doit être organisé mardi, avant un « événement » autour d’Emmanuel Macron et la présentation du projet de budget 2024, le 27 septembre, en Conseil des ministres. En juillet, le gouvernement avait reporté la présentation de cette feuille de route, percutée par les émeutes puis le remaniement.

Planification écologique : du pipeau

Planification écologique : du pipeau

Il paraît de plus en plus évident que le concept de planification écologique du gouvernement relève de l’illusion la plus totale. D’ailleurs il n’y a ni planification ni vraiment prise en compte environnementale. Seulement quelques mesures déjà bien connues mais pas à la hauteur des enjeux. Exemple développement de la voiture électrique, la rénovation thermique des logements, l’annonce un peu irresponsable sur la fin des chaudières à gaz.

Mais les  » mesures phares » forcément seront annoncées par le président lui-même le 25 septembre.

Les orientations ainsi développées par la première ministre constituent une sorte de hors-d’œuvre et le plat principal sera servi par le maître de l’Élysée.

Mais là aussi il ne faut pas s’attendre à des mesures réellement pertinentes et efficaces mais un ensemble hétéroclite de décisions type auberge espagnoles dont la plupart ne seront pas d’ailleurs suivies d’effet.

Le terme planification écologique est particulièrement impropre et le gouvernement se paye une fois de plus de mots.

Une véritable planification écologique supposerait d’abord une analyse sérieuse de la problématique dans chacun des secteurs et activités puis la fixation d’objectifs et des stratégies pertinentes. Bref ce qui se faisait au plan précédemment où chaque secteur avec les acteurs intéressés définissait des stratégies réalistes et structurantes.

Au lieu de cela le gouvernement fait dans le marketing sémantique, les annonces succèdent aux annonces avec des pseudos concertations en particulier dans le conseil national de la Refondation bidon à la fois non compétent et non légitime. ( avec des français choisis « au hasard !!!)

« Le compte n’y est pas », a estimé le patron du PS, Olivier Faure, après avoir pris connaissance des documents reçus en amont du rendez-vous. Le socialiste « craint [une] planification du vide », tandis que le chef du Parti communiste, Fabien Roussel, s’est dit « sans illusions ».

L’exécutif entend ouvrir une « séquence » d’une dizaine de jours sur le sujet. Après ce « débat politique » à Matignon, un échange entre Elisabeth Borne et les membres du Conseil national de la refondation doit être organisé mardi, avant un « événement » autour d’Emmanuel Macron et la présentation du projet de budget 2024, le 27 septembre, en Conseil des ministres. En juillet, le gouvernement avait reporté la présentation de cette feuille de route, percutée par les émeutes puis le remaniement.

Pour un dividende écologique

Pour un dividende écologique

Pascal Demurger dirigeant de la MAIF animateur de l’ONG d’Impact France ( pour lui, le MEDEF de demain) plaide pour un dividende écologique, initiative que la mutuelle a mis en place. Interview dans la Tribune

La crise sanitaire, les modifications climatiques qui se succèdent ont participé à une prise de conscience globale sur les enjeux des transitions. Aujourd’hui, la notion d’impact semble plutôt transverse dans l’économie française, des PME aux grands groupes. Demain, un mouvement comme Impact France aura-t-il encore nécessité d’exister ? Vous dites vouloir être une alternative au Medef…

PASCAL DEMURGER – Si votre prédiction est que demain tout le monde sera chez Impact France, je souscris complètement ! Concernant le Medef, nous ne cherchons pas à nous comparer. Ce que je sais, c’est que nous sommes le Medef du 21ème siècle. Nous adressons des sujets du 21ème siècle et pas seulement des sujets classiques, de baisse de charges, de moins de réglementation, de moins de contraintes… Je comprends l’importance de ces sujets, je suis patron d’entreprise et moi aussi je suis content lorsque j’ai moins de contraintes et moins de charges. Mais ce ne sont pas cela, les vrais sujets du 21ème siècle. Les vrais sujets, qu’ils soient économiques, écologiques ou sociaux, c’est Impact France qui les aborde. Et qui aborde la question, importante pour moi, du rôle de l’entreprise dans leurs résolutions. Étant le Medef du 21ème siècle, tant mieux si Impact France devient le représentant majoritaire, si ce n’est exclusif, des entreprises françaises.

On a beaucoup parlé, post-Covid, d’une écologie qui ne s’oppose à l’économie. Faut-il donc accepter des marges moins importantes, une réglementation très contraignante, parce que c’est bon pour la planète ? C’est un changement d’état d’esprit…

Je suis complètement d’accord avec le fait qu’économie et écologie ne s’opposent pas nécessairement. Effectivement, je pense que les entreprises, et les actionnaires des entreprises, se réveillent, prennent conscience que l’on ne peut pas continuer sur le même mode de fonctionnement, continuer à demander des rendements à 15% ou 20%, on ne peut pas continuer à creuser les inégalités entre le capital et le travail, car c’est cela le vrai sujet. 70% d’augmentation des dividendes en dix ans, quand les salaires n’ont augmenté que de 20%, c’est bien un sujet d’inégalité entre les facteurs de production que sont d’un côté le capital et de l’autre, le travail. Il y a une forme de modération, de sobriété pourrait-on dire, qu’il faut que tout le monde intègre dans la manière de diriger une entreprise, de conduire une entreprise, demain. Cependant, nous savons que cette modération, nous l’obtiendrons spontanément chez certains dirigeants mais nous ne l’obtiendrons pas de beaucoup dirigeants qui ne voient que leurs intérêts propres ou ceux de leurs entreprises et se moquent des impacts de leurs activités. La deuxième lame, c’est donc l’incitation. Qu’arrivons-nous à mettre en place, comme politiques publiques, comme fiscalité, comme règles étatiques pour, non pas contraindre, mais inciter et faire en sorte que les entreprises trouvent un intérêt à modifier leurs comportements. Par exemple, si demain, les aides publiques qui sont distribuées aux entreprises – on parle de 150 milliards d’euros par an – sont conditionnées à des efforts en matière d’écologie, cela sera incitatif. Si demain, on ne permet pas l’accès à la commande publique à des entreprises qui ne font pas d’efforts sur le plan social ou sur le plan écologique – on parle de 200 milliards d’euros par an de commande publique – ce sera efficace, cela obligera les entreprises désireuses d’accéder à la commande publique, à se bouger. Si demain, on utilise la fiscalité pour modifier les comportements, si par exemple le taux d’imposition sur les sociétés ou la TVA sont modulés en fonction du comportement de l’entreprise, cela incitera les entreprises à se bouger… A défaut de penser que tous les dirigeants auront une prise de conscience et comprendront qu’ils doivent être un peu plus modérés dans leurs attentes, leurs manières de faire… je crois à l’incitation. Et puis si l’incitation ne fonctionne pas, c’est là où, de temps en temps, il faut de la contrainte. Je n’y suis pas favorable. Ce que je dis aux dirigeants c’est « essayez juste, non pas de considérer la planète ou de devenir solidaires, mais considérez votre intérêt ». S’ils ne le font pas eux-mêmes, il y a aura, demain, des politiques contraignantes.

Est-ce que cela explique les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises, dans de très nombreux secteurs ?

Si les entreprises n’arrivent pas à recruter, elles ne doivent pas s’en étonner. Demain, si les clients boycottent leurs produits ou délaissent leurs marques, au bénéfice de marques plus engagées, il ne faut pas s’étonner. La société est en train de changer.

La Maif, que vous dirigez également, a mis en place un dividende écologique. Est-ce une façon de conjuguer écologie et économie ?

Le dividende écologique s’inscrit dans la continuité de ce qui a déjà été mis en place. Nous nous sommes dit que nous pouvions encore aller plus loin et consacrer une partie de nos résultats à la planète et en particulier à la biodiversité qui est un peu le parent pauvre de la mobilisation écologique. Certaines entreprises commencent à mettre en place des actions concernant le dérègement climatique mais très peu en faveur de la biodiversité. Notre conviction – et notre expérience – est que plus on s’engage en faveur de la planète ou en faveur du social, plus on crée de performances. La croissance de la Maif n’a jamais été aussi élevée que ces dernières années. Et cela est totalement corrélé à l’image de la marque, laquelle repose sur le fait que la Maif est une entreprise engagée, et que cela se sait. L’engagement crée de la performance et on a voulu bouler la boucle. La performance se mesure par le résultat, si l’engagement crée de la performance donc on consacre une partie de notre performance à nos engagements. C’est un cercle vertueux qui se met en place.

Tout cela ramène au rapport au travail, qui a beaucoup évolué surtout en période post-Covid. Comment adapter cette mutation et redonner du sens au travail.

Je me réjouis de ce mouvement, si de plus en plus de salariés cherchent du sens dans leur entreprise, ont un niveau d’exigence vis-à-vis de leur employeur qui est infiniment plus élevé pour l’environnement, la société ou la nature, je ne peux que m’en réjouir car c’est un ferment de changement. Comment faire dans ce contexte ? Aujourd’hui, on ne peut attirer et fidéliser des talents que si on arrive à leur démontrer que leur travail sert une cause, et cela au niveau général de l’entreprise comme au niveau de leur travail personnel. On ne peut pas motiver des salariés si on ne peut pas leur démontrer le lien extrêmement fort et direct entre leur contribution personnelle et l’œuvre collective de l’entreprise dans son ensemble. C’est heureux que le sens recherché dans leur contribution soit lié à l’engagement et au bien commun.

Évidemment, aujourd’hui on ne peut demander aux salariés de travailler dans les mêmes conditions de relations qu’hier. On n’est plus dans l’exécution d’une tâche par crainte d’être sanctionné. Cela ne fonctionne plus. On obtient des salariés qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes que si on leur accorde le plus de confiance possible.

Marseille, où vous vous rendez ces prochains jours, multiplie les projets industriels décarbonés. Sur la souveraineté industrielle, on a beaucoup évoqué le fait d’y apporter une réponse européenne. En termes d’industrie décarbonée, d’impact positif et à l’échelle européenne, la France est-elle un bon élève ?

Oui la France est un bon élève, mais nous devons aller plus loin car on nous ne sommes pas dans la trajectoire des Accords de Paris. Je crois au caractère d’exemplarité d’un pays comme la France. La France demeure une référence morale et quand on est une référence morale on a une responsabilité plus grande. Si on n’a pas un comportement irréprochable, cela veut dire qu’on ouvre la porte à tous ceux qui font n’importe quoi. La France a un rôle particulier d’exemplarité à assumer.

Vous souhaitez faire de la France le premier pays à impact positif. De quelle façon y parvient-on ?

Bruno Le Maire a repris la formule en disant vouloir que la France soit le premier pays décarboné d’Europe. C’est devenu, manifestement, son ambition et ça me ravit.

Comment fait-on ? On essaie de convaincre le plus grand nombre possible d’entreprises que c’est indispensable, que c’est possible et que c’est rentable. Et on convainc les pouvoirs publics qu’ils doivent créer le cadre réglementaire et fiscal le plus incitatif possible pour que les entreprises s’engagent. Si on fait les deux, on a gagné la bataille.

A quel horizon fixez-vous cet objectif ?

Le plus vite possible. On avance. J’ai été élu depuis trois mois à la présidence d’Impact France et on n’imagine pas à quel point ça bouge, combien d’entreprises, de toutes tailles, se renseignent, ont envie de venir. Des responsables politiques aussi. Une mutation est en train de se produire dans la société et donc dans les entreprises.
Laurence Bottero

Climat et biodiversité, les deux enjeux de la transition écologique

Climat et biodiversité, les deux enjeux de la transition écologique

Christian de Perthuis
Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL

Édouard Civel
Chercheur au Square Research Center et à la Chaire Economie du Climat, Université Paris Dauphine – PSL

Du fait de ses impacts croissants sur les sociétés, le réchauffement climatique s’est imposé au cœur du débat public. Si la majorité des citoyens n’a pas lu les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les vagues de chaleur, l’intensification des tempêtes, la multiplication des évènements extrêmes se chargent de leur rappeler l’ampleur des dérèglements climatiques et l’urgence de l’action. Malgré sa documentation par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du GIEC pour la biodiversité, les risques induits par l’érosion de la biodiversité restent de leur côté moins bien perçus. Leurs liens avec les changements climatiques sont sous-estimés, comme si climat et biodiversité pouvaient faire l’objet de traitements séparés. Cette vision dichotomique est trompeuse. On ne peut agir efficacement face au réchauffement climatique sans s’occuper de biodiversité, et vice-versa.

par
Christian de Perthuis
Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL

Édouard Civel
Chercheur au Square Research Center et à la Chaire Economie du Climat, Université Paris Dauphine – PSL
dans The Conversation

Les scientifiques du GIEC nous l’expliquent depuis leur premier rapport d’évaluation (1990). Le climat est un problème de stock. Pour enrayer le réchauffement de la planète, il ne suffit pas d’abaisser les émissions de gaz à effet de serre. Il faut stabiliser leur stock dans l’atmosphère. Autrement dit, atteindre la neutralité climatique en réduisant les émissions – le flux entrant dans le stock – jusqu’au niveau du flux sortant, constitué de l’absorption du CO2 par les puits de carbone (forêts et océans) et de l’élimination des autres gaz à effet de serre en fin de vie.

Pour nos sociétés, cette marche vers la neutralité implique une double transformation :

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Selon les données du GIEC, environ 70 % des rejets de gaz à effet de serre dans le monde proviennent de l’usage de trois produits : le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Il n’y a pas de chemin possible vers la neutralité sans une transformation profonde de nos sociétés consistant à nous affranchir en quelques décennies de cette dépendance au carbone fossile. C’est l’enjeu de ce qu’on appelle la transition énergétique.

Pour un quart, les rejets de gaz à effet de serre proviennent du « carbone vivant », principalement du fait des émissions spécifiques agricoles (non liées à l’usage des énergies fossiles) et de la déforestation tropicale et autres usages des sols qui érodent le puits de carbone continental. Il n’y a pas non plus de chemin vers la neutralité sans une transformation profonde de l’usage des ressources vivantes assurant le reflux des émissions agricoles et une meilleure protection des puits de carbone. C’est l’enjeu de ce qu’on peut appeler la transition agroclimatique.

L’une des difficultés majeures de la transition est de mener de front ces deux transformations qui renvoient à des mécanismes économiques distincts. Pour le carbone fossile, il faut introduire de la rareté en réduisant à la portion congrue l’usage du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Pour le carbone vivant, il faut réinvestir dans la diversité des écosystèmes pour réduire les émissions agricoles et protéger les puits de carbone dans une logique de bioéconomie.

De l’addition à la soustraction
Depuis le début de la révolution industrielle, les transitions énergétiques se sont succédé. Elles ont toutes consisté à ajouter de nouvelles sources énergétiques à un système reposant initialement sur l’usage de la biomasse. Il en a résulté un accroissement massif de l’énergie utilisée dans le monde.

Le climat nous contraint à rompre avec cette logique. Ce qui fait baisser les émissions, ce n’est pas d’ajouter des sources décarbonées au système énergétique. C’est de retirer des sources fossiles : il faut basculer d’une logique de l’addition à une logique de soustraction.

Tracteur soviétique dans un champ en Éthiopie
La déforestation et l’agriculture sont à l’origine des émissions de carbone « vivant ». Ifpri/Flickr, CC BY-SA
Sous l’angle économique, cela implique de reconvertir massivement les actifs « bruns » liés à la production ou à l’utilisation d’énergie fossile, par un double mouvement d’investissement dans le vert et de désinvestissement dans le brun. Le coût le plus lourd pour le système économique n’est pas celui des centaines de milliards investis dans les parcs éoliens ou solaires, les giga-usines de batteries ou les électrolyseurs fabricant l’hydrogène. C’est le coût du désinvestissement qui contraint à déclasser ou reconvertir les actifs bruns : les actifs financiers, bien sûr, mais aussi les actifs physiques et surtout les actifs humains sur lesquels repose avant tout la transition énergétique.

De multiples instruments devront être mobilisés pour opérer une telle transformation. Parmi eux, la taxation du carbone fossile n’a pas d’équivalent. Qu’elle soit obtenue par l’impôt ou par un mécanisme d’échange de quotas, cette taxation renchérit le coût d’usage de l’énergie fossile sans restituer à ses producteurs les rentes en résultant comme le font par exemple les envolées du prix du pétrole sur les marchés énergétiques. Du côté de la demande, elle constitue un puissant stimulant à la sobriété énergétique ; du côté de l’offre, elle incite à se détourner des actifs carbonés.

La difficulté principale de la taxation du carbone fossile réside dans la maîtrise de ses impacts distributifs. Comme l’a montré l’épisode des « gilets jaunes » en France, une taxation du carbone fossile sans redistribution vers les plus vulnérables pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Seule une taxation carbone redistributive sera acceptée socialement. De même, pour élargir la tarification carbone à l’échelle internationale, il convient de procéder à une restitution massive de son produit aux pays du Sud.

Yellow vests protest in Paris in January 2019
Yellow vests’ protest in Paris in January 2019. Wikimedia, CC BY-SA
De même, si la taxation du carbone fossile accélère la transition énergétique, les taxes carbone négatives, autrement dit les subventions aux énergies fossiles, la retardent. Or, à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, ces subventions ont atteint un niveau inédit dans l’Union européenne avec la multiplication des « boucliers tarifaires » érigés en urgence pour éviter la casse sociale. Pour contrer ces effets indésirables, il convient de changer de méthode pour protéger les plus vulnérables face aux chocs énergétiques.

Autre forme pernicieuse de subvention aux énergies fossiles : la distribution gratuite de quotas de CO2 dans le système d’échange européen, ce qui freine l’émergence d’une industrie verte, levier de la compétitivité de l’Europe de demain.

Investir dans la diversité du vivant
Imaginons un instant que le monde ait éradiqué tout recours aux énergies fossiles en 2050. Serions-nous automatiquement en situation de neutralité climatique ? Tout dépend de ce qui aura été réalisé sur le deuxième front de la transition, celui du carbone vivant, à l’origine du quart des rejets mondiaux de gaz à effet de serre.

La taxation du carbone fossile n’est guère utile pour la transition agroclimatique. Pire, elle pourrait même s’avérer contreproductive : en utilisant un prix du CO2 basé sur des critères énergétiques, il deviendrait rentable de transformer la forêt amazonienne (ou les chênes séculaires de la forêt du Tronçay) en taillis à courte rotation pour produire de l’énergie ! La raison en est simple. La transformation agroclimatique consiste à trouver les voies du réinvestissement dans la diversité biologique, autrement dit l’abondance du vivant. Or le prix du CO2 ne reflète pas la valeur de cette diversité. Il faut donc utiliser d’autres instruments, plus complexes à mettre en œuvre.

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Sur les continents, les forêts constituent le principal puits de carbone. Leur capacité à stocker le CO2 atmosphérique est affaiblie par une combinaison de facteurs climatiques et anthropiques. En France, la capacité de stockage du CO2 des forêts a par exemple été divisée par trois depuis 2005, principalement à cause du facteur climatique. Il y a donc urgence à adapter les modes de gestion forestière en anticipant la sévérité des climats de demain. Dans le monde, la principale empreinte anthropique sur la forêt concerne la déforestation tropicale. Sa cause majeure est l’extension des terres pour la culture et l’élevage. C’est pourquoi la clef de l’arrêt de la déforestation, en zone sèche comme en zone humide, réside dans les changements de pratiques agricoles.

Les enjeux clefs de l’agriculture et de l’alimentation
L’impact des systèmes agricoles sur le bilan net des émissions de gaz à effet de serre ne se limite pas à la déforestation. Suivant les techniques retenues, les systèmes agricoles peuvent eux-mêmes rejeter du carbone dans l’atmosphère (labours profonds, drainages de sols humides, etc.) ou au contraire en stocker dans les sols vivants (agriculture de conservation, agroforesterie, etc.). Les premiers érodent la biodiversité en spécialisant les agriculteurs suivant des logiques de type industriel. Les seconds utilisent la diversité du vivant pour intensifier les productions et régénérer le milieu naturel.

Ces techniques agroécologiques permettent également de mieux résister au durcissement des conditions climatiques tout en réduisant les émissions de méthane et de protoxyde d’azote d’origine agricole. Au plan économique, leur promotion passe par un investissement en recherche et développement, par la mise en place de réseaux dédiés de conseil agricole et surtout par la valorisation par les agriculteurs des services écosystémiques apportés à la société. Cette valorisation ne s’opère pas spontanément sur les marchés. Elle requiert des interventions publiques et des financements dédiés.

Comme pour l’énergie, la transition agroclimatique implique, côté demande, une transformation des comportements vers plus de sobriété. Les aliments composant notre assiette ont des empreintes climatiques contrastées. Les produits transformés de façon industrielle, plus encore les produits animaux, surtout ceux issus des ruminants, ont une empreinte particulièrement élevée. Il n’y aura pas de transition agroclimatique réussie sans une limitation de ces produits dans les rations alimentaires, ce que recommandent par ailleurs toutes les autorités sanitaires dans le monde.

L’océan, ce grand oublié
La transition agroclimatique devra enfin intégrer la question de la gestion des océans et de la biodiversité marine, aujourd’hui véritables angles morts des politiques climatiques. Le réchauffement global comme certaines pratiques anthropiques (surpêche, écoulement des polluants, etc.) altèrent la biodiversité marine, composante cruciale du stockage du CO2 par les océans. La protection des puits océaniques est primordiale pour stabiliser les climats de demain : on estime que la biosphère continentale contient 4 fois plus de carbone que l’atmosphère. Pour les océans, c’est 47 fois.

Folie écologique: un paquebot transportant 10 000 personnes

Folie écologique: un paquebot transportant 10 000 personnes !


Commandé par la compagnie Royal Carribbean, un bateau de croisière peut accueillir près de 10.000 personnes à son bord

D’un tonnage brut de 250.800 tonnes, soit cinq fois la taille du Titanic, il peut transporter près de 10.000 personnes. 365 mètres de long, 46 mètres de haut, 20 étages… L’Icône des mers, qui a vu le jour sur le chantier naval de Turku en Finlande et qui a déjà effectué à la mi-juillet des premiers essais en mer concluants, a des allures de petite ville. Outre ses sept piscines, le géant compte de nombreuses boutiques, un parc aquatique, un simulateur de surf ou encore, une patinoire.

Climatisation : une aberration écologique

Climatisation : une aberration écologique


Un bon papier de BFM fait le point sur le caractère anti écologique de la climatisation. Avec l’augmentation des températures, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale en climatiseurs va passer de 1,6 milliard en 2018 à 5,6 milliards en 2050. « Cette demande est une conséquence du réchauffement climatique car jusqu’à présent on pouvait s’en passer », affirme à BFMTV.com Céline Laruelle, ingénieure au service bâtiment de l’Ademe.
Extrait

Un quart des ménages français étaient équipés de climatiseurs en 2020, contre 14% en 2016, selon l’Ademe. Alors qu’environ 350.000 appareils se vendaient chaque année au milieu de la dernière décennie, ce nombre s’est hissé à 800.000 en 2020. Aux États-Unis, où 90% des logements sont climatisés, de nombreuses villes du sud ne ne sont véritablement vivables que grâce à cette technologie.

« Le problème n’est pas la climatisation mais son utilisation massive et déraisonnée: ça évite aussi des impacts néfastes sur la santé donc il faut l’utiliser avec modération pour les maisons de retraite, les personnes vulnérables ou les fortes canicules », explique Vincent Viguié, chercheur en économie du changement climatique au Cired.

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D’après l’Agence internationale de l’énergie, la climatisation représente 10% de la consommation d’électricité dans le monde. En outre, dans l’Hexagone, un degré au-dessus des normales de saison se traduit ainsi par une augmentation de la consommation électrique d’environ 700 MW lorsqu’il fait chaud.

Conséquence, en 2022, la consommation d’électricité a connu une importante augmentation durant l’été, mettant sous pression le réseau et poussant le pays à compter sur les importations à cause de la faible disponibilité de son parc nucléaire, indiquait RTE.

Le majeur problème de la climatisation reste toutefois les fluides frigorigènes, un gaz à effet de serre très puissant, indispensable à la production d’air frais, qui se libère dans l’atmosphère en cas de fuites, lors de la maintenance des appareils ou à leur fin de vie. En 2020, elle a été responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment, a évalué l’Ademe.

Les fluides HFC, moins nocifs pour la couche d’ozone, ont remplacé les CFC et HCFC mais ils n’en restent pas moins un puissant gaz à effet de serre.

Les climatiseurs ont également un effet direct sur les températures extérieures, alimentant ainsi un véritable cercle vicieux. En plus de leur contribution globale au réchauffement climatique, ils rejettent de l’air chaud et participent ainsi à réchauffer localement la température.

Une étude du CNRS et de Météo France à laquelle Vincent Viguié a participé montre qu’à Paris, si tout le monde utilise la climatique lors d’une canicule, cela peut entraîner une hausse de 2°C dans les rues.

« Ça augmente les températures pour tout le monde notamment pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas utiliser la climatisation », explique le chercheur, mentionnant notamment les personnes qui vivent ou travaillent dans les rues. En somme, plus les gens sont équipés en climatiseurs, plus il est compliqué pour les autres de ne pas en avoir.

« On est là sur une maladaptation car on s’adapte au réchauffement climatique en aggravant le problème et notre vulnérabilité », affirme Vincent Viguié.

De plus, l’accès à la climatisation reste pour l’heure très inégal puisque 37% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont équipés à leur domicile, contre seulement 19% des ménages avec une personne sans emploi ou inactive. Du côté des bâtiments tertiaires, si les centres commerciaux sont presque systématiquement équipés de climatisation, les bâtiments d’enseignements eux, ne sont climatisés qu’à 7%.

L’ intégralisme écologique

L’ intégralisme écologique

par
Gauthier Simon
Doctorant et enseignant en science politique, Université de Bordeaux dans the Conversation

« Ayatollahs verts » pour Alain Juppé, « puritanisme » pour l’essayiste Ferghane Azihari, ou encore « intégrisme écologique » pour François Bayrou… L’utilisation de l’analogie religieuse à propos de l’écologie politique est très souvent négativement connotée. Dans un monde sécularisé, elle vise à délégitimer un courant de pensée et une forme de militantisme. Laissons de côté cette instrumentalisation pour nous interroger : l’analogie religieuse permet-elle de comprendre les mutations récentes de l’écologie ? En reprenant les précautions de la sociologue Nathalie Heinich sur les limites de l’analogie religieuse et la nécessité d’une comparaison point par point, notre thèse étudie la « conversion écologique » et les processus de (dé)politisation, à partir d’une analogie avec la conversion religieuse. S’il y avait une évidence à mobiliser le registre religieux pour le communisme, en est-il de même pour l’écologie contemporaine ? Focus sur la notion d’« intégralisme écologique ».

La notion d’« intégralisme » est tout d’abord à distinguer de celle d’« intégrisme ». Un rappel salutaire au vu de l’étrangeté que suscite la culture religieuse aux sociétés modernes : ce qu’Olivier Roy nomme la « déculturation du religieux ».

L’origine du terme « intégrisme » a été oubliée. Au début du XXe siècle, en pleine crise moderniste de l’Église catholique, le terme d’« intégristes » est utilisé par les « modernistes » pour qualifier négativement les opposants à une évolution du dogme religieux. L’anathème « intégriste » se sécularise ensuite dans le langage courant (« intégrisme islamique »). Aujourd’hui, comme l’a montré la politiste Sylvie Ollitrault, les militants écologistes peuvent faire l’objet d’un a priori négatif par « l’accusation de sectarisme ou “d’intégrisme” ».

Quelle est alors la différence avec l’intégralisme ? Le sociologue Jean-Marie Donegani théorise l’« intégralisme » comme :

« l’aspiration du catholicisme à répondre à la totalité des questions humaines, sa volonté d’ensemencer et d’inspirer tous les aspects de la vie des sociétés et de l’existence des individus. »

L’écologie contemporaine n’a-t-elle pas la même « aspiration » ? Ne serait-ce que par une « politisation du moindre geste » dans la pratique écologique quotidienne ? Une militante de Dernière rénovation nous confie, à propos de son choix politique d’acheter en vrac et de faire son propre shampoing, qu’il s’agit pour elle :

« de ne plus être dépendante du capitalisme et de recréer la limite entre le besoin et l’envie… C’est quelque chose qu’on ne sait plus faire et je pense que ça peut être le projet de toute une vie ! »

Aussi, notre analogie religieuse est confortée par la transposition du concept d’« exemplarité » de la sphère religieuse à la sphère militante. Selon le politiste Gildas Renou :

« elle constitue une acclimatation, au sein de la sociologie de l’activisme, de l’héritage de la sociologie des religions de Max Weber et, plus précisément, de son analyse des « conduites de vie » visant au salut par l’imitation de pratiques exigeantes ».

Nous proposons donc le concept d’« intégralisme écologique ». Il désignerait la manière dont le référent écologique façonne le rapport d’un individu au monde, aux autres et à lui-même. Plus encore, comment le quotidien est le lieu d’une mise en cohérence entre les convictions et les pratiques écologiques, même les plus banales.

Précisons, eu égard à la proximité sémantique, que le concept sociologique d’« intégralisme écologique » n’est pas en lien avec celui théologique d’« écologie intégrale ». Popularisée par le pape François, l’« écologie intégrale » est un concept qui avance que « tout est lié » entre les « blessures » de « l’environnement naturel » et celles de « l’environnement social ».

Dans une écologie de plus en plus du quotidien, l’intégralisme écologique entérine la tendance de l’écologie contemporaine à moins reposer sur une orthodoxie, la conformité au dogme, du fait son caractère extrêmement polysémique, que sur une orthopraxie, la conformité à la pratique, dans une valorisation de la cohérence, du faire des « éco-gestes ».

Ce caractère « intégral », voire existentiel de l’écologie peut être parfois préoccupant, voire angoissant pour le militant s’il souhaite vivre une ascèse écologique, tendant vers une forme de « perfection écologique ». Cette dernière va souvent de pair avec un sentiment de culpabilité très présent dans le militantisme vert.

Une personne interrogée au sein d’un collectif écologiste universitaire se pose par exemple la question de continuer ou non à éprouver le plaisir coupable qu’elle a à consommer du chocolat, du fait de la pollution engendrée.

Pour ne pas désespérer face à un sentiment de culpabilité potentiellement exponentiel, un retraité membre des Soulèvements de la Terre nous explique qu’il s’agit de :

« garder la bonne distance par rapport aux choses, notamment parce que certains ont pu arrêter de militer… Car oui on pourrait toujours faire mieux, mais on fait une course de fond ! »

Les militants interrogés sont actifs, voire hyper-actifs, avec, comme revers de la médaille, des phénomènes de burn-out militant.

Contrairement au militantisme communiste du XXe siècle, le militantisme vert ne s’arrête pas au seuil de la maison et se poursuit jusqu’au tri des déchets. Il peut y avoir une charge mentale permanente du militantisme écologiste, entraînant parfois une fatigue mentale. Elle renvoie à cette peur existentielle d’un avenir incertain, décuplé par le sentiment de vivre dans un monde qui ne s’y intéresse pas.

Ils ont le sentiment d’être croyants et pratiquants écologiques dans un monde qui ne l’est pas.

En somme, il est possible de saisir par le concept d’« intégralisme écologique », comment l’écologie peut, dans une certaine mesure, constituer une forme de « militantisme existentiel ».

S’il reprend des pratiques classiques du militantisme, le militantisme existentiel se penche davantage sur l’intériorité et « s’attaque aux grandes questions du sens de la vie et de la finitude humaine ». L’« éco-anxiété » serait ainsi le symptôme d’un militantisme de plus en plus vécu de l’intérieur. D’où ensuite la projection d’un avenir pessimiste, en vertu d’un présent et d’une réalité environnementale qui n’incitent pas à l’optimisme. De cette « négativité » du présent peut néanmoins surgir l’utopie. Pour ce faire, il faut que l’émotion plus immanente qu’est l’espoir se transforme en la vertu plus transcendante qu’est l’espérance.

L’action est proportionnée au mal-être ressenti par les militants. Il y a une forme de salut dans ce militantisme existentiel, qui va jusque dans les questions de reproduction de l’espèce, avec les mouvements « no kids » (sans enfants). Si une porosité entre les sphères publique et privée était déjà entraperçue par les travaux pionniers en science politique sur le militantisme vert (Florence Faucher, Sylvie Ollitrault), le militantisme est depuis passé d’une dimension moins quotidienne et plus existentielle. Au début du XXe siècle, une partie du catholicisme, appelée « catholicisme intégral », rejetait la « séparation libérale » de la modernité entre sphères publique et privée. Un siècle plus tard, le militantisme écologique contemporain remet en cause, lui aussi, cette « séparation libérale ».

Le militantisme vert se pratique dans un souci d’exemplarité vis-à-vis de soi-même, mais également vis-à-vis du prochain et du monde. Il peut alors parfois devenir « prosélyte », un autre terme religieux devenu péjorativement connoté… À tort ? S’il a des similitudes avec la religion, le militantisme vert se fonde non seulement sur une croyance intime mais également sur des données scientifiques largement étayées.

Transition écologique : Le rôle de la biomasse

Transition écologique : Le rôle de la biomasse

par
Jérôme Mousset
Directeur bioéconomie et énergies renouvelables, Ademe (Agence de la transition écologique) dans The conversation

Depuis plusieurs années, les épisodes de sécheresse se multiplient et s’intensifient en Europe, charriant leurs conséquences dramatiques sur la production agricole, comme actuellement en Espagne. L’impact du changement climatique sur les forêts dans le monde est également renforcé par la mortalité accrue des arbres, une dégradation de leur état sanitaire et une réduction de leur vitesse de croissance notamment en lien avec les parasites et les incendies. Dans ce contexte, la place à octroyer à la biomasse dans la transition écologique et énergétique est au cœur d’un dilemme : on attend beaucoup d’elle pour lutter contre le changement climatique et en particulier pour contribuer à l’objectif de neutralité carbone, mais elle est aussi dès à présent impactée par l’accélération de ce même changement climatique.

Rappelons en premier lieu que la biomasse, souvent évoquée en matière d’énergie, couvre en fait l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale présente dans un espace donné : elle comprend donc à la fois les ressources venues du monde agricole et agroalimentaire (sa production, ses résidus, ses effluents d’élevage, ses biodéchets industriels…), des haies, des forêts et leurs filières de transformation (grumes, bûches, plaquettes forestières…), des productions issues de l’eau (algues) et des divers biodéchets collectés.

En partie valorisée dans les filières, la biomasse reste pour une autre partie dans les écosystèmes, notamment pour le maintien de la biodiversité.

En France, elle constitue une ressource importante très diverse dans ses gisements et ses caractéristiques. 45 % de la surface du pays est dédiée à l’agriculture et 31 % à la forêt – la France détient le 3e plus grand massif d’Europe. Plus méconnue, la biomasse issue du monde de l’eau est une voie émergente mais dynamique en recherche et innovation.

L’ensemble de ces ressources constitue un atout pour la transition écologique du pays et une richesse majeure pour la bioéconomie – ensemble des activités, des produits et services issus du monde du vivant.

On distingue trois grands types d’usages de la biomasse. Le volume le plus important de la biomasse agricole est dédié à la production alimentaire. Les produits biosourcés, fabriqués entièrement ou partiellement à partir de matière issue du vivant, couvrent un champ très large – allant des matériaux de construction et d’isolation aux composites utilisées dans l’automobile, aux matières utilisées dans l’habillement ou dans le monde de la chimie (peintures ou solvants par exemple).

Son troisième grand usage, historique, est la production d’énergie : de chaleur renouvelable, de biogaz, de biocarburants et d’électricité en cogénération, par exemple. Le bois énergie, qui représente 35,1 % en 2021 de la production primaire d’énergie renouvelable, constitue la première des énergies renouvelables en France.

Les scénarios prospectifs pour atteindre la neutralité carbone en 2050 – comme ceux élaborés par l’Ademe – donnent ainsi à la biomasse un rôle clé : aucun des quatre ne parvient à un résultat sans une contribution forte au monde du vivant. Sur le plan climatique, elle prend deux formes principales, le stockage du carbone et la substitution des ressources fossiles.

La biomasse étant constituée par nature de carbone capté par la photosynthèse, elle a une capacité à stocker massivement du carbone. Elle offre ainsi la possibilité de maintenir une quantité de carbone hors de l’atmosphère, et en augmentant ce stock de créer un puits de carbone, donc une absorption. Le carbone est principalement stocké dans trois grands compartiments – les sols, les arbres et les produits biosourcés.

À l’échelle mondiale, le carbone stocké dans les arbres et les sols est au moins trois fois plus important que celui stocké dans l’atmosphère. Toute variation de la quantité stockée affecte donc le bilan, positivement ou négativement. D’où la nécessité de maintenir les stocks et de mettre en place des stratégies visant à les augmenter, comme le retour au sol de la matière organique, le maintien des prairies ou l’agroforesterie.

L’effet de substitution consiste de son côté à remplacer l’usage de ressources fossiles par de la biomasse renouvelable avec le développement des produits biosourcés et des bioénergies. Compte tenu de son potentiel, son rôle est déterminant pour sortir de notre dépendance aux ressources fossiles non renouvelables et renforcer notre autonomie énergétique.

Au-delà de ces deux enjeux, la biomasse et les écosystèmes rendent évidemment de nombreux autres services à ne pas négliger. L’enjeu est d’utiliser cette biomasse renouvelable en veillant à ne pas dégrader la biodiversité, et quand cela est possible, de trouver des synergies positives permettant au contraire de la renforcer.

Le développement des haies et de l’agroforesterie répond par exemple à ce double enjeu de biomasse et de renforcement de la résilience des écosystèmes. Ces milieux jouent également d’autres rôles dans le cycle de l’eau, les paysages, sans oublier leur fonction récréative.

Tous ces enjeux étant étroitement liés, il est indispensable d’aborder la question des usages de la biomasse, et plus largement de nos besoins et niveaux de consommation, avec une vision systémique afin de définir le juste équilibre entre ces fonctions, la biomasse étant certes une richesse mais aussi une ressource limitée.

Ces multiples facettes expliquent que la place qu’elle doit occuper dans la transition fasse l’objet de nombreux débats. Il ressort de notre point de vue, trois défis majeurs : adapter les systèmes agricoles et forestiers, objectiver les bilans environnementaux et renforcer l’analyse systémique.

En tête des enjeux figure celui de préserver la qualité de nos écosystèmes dans ce contexte d’accélération des effets du changement climatique. La fréquence accrue des sécheresses, des canicules et des incendies affectent directement les écosystèmes agricoles et forestiers et génèrent une incertitude croissante sur les services attendus de ces milieux.

Tout affaiblissement des systèmes de production de biomasse compliquera l’atteinte de la neutralité carbone par une baisse du potentiel de stockage de carbone et par une réduction du potentiel de substitution.

L’adaptation des systèmes agricoles et forestiers au changement climatique est donc un axe prioritaire d’action pour les années à venir, en anticipant l’évolution du climat dans les investissements et les orientations des systèmes de production.

Aussi, l’adaptation des écosystèmes forestiers au changement climatique pour lutter contre le dépérissement des massifs et le renforcement de leur résilience constitue une priorité absolue. C’est tout l’enjeu du dispositif de renouvellement forestier de France 2030, qui vise à améliorer la résilience des forêts au changement climatique.

Sur le plan agricole, il s’agit de mobiliser les indicateurs agroclimatiques pour anticiper l’impact de l’évolution du climat sur les productions agricoles dans chaque territoire, et construire des stratégies d’adaptation pour chaque filière. Des démarches qui visent à aider la prise de décision afin que les investissements et les orientations de productions réalisés aujourd’hui soient cohérents avec le climat que nous aurons dans le futur.

Le fait d’avoir recours à de la matière issue du monde du vivant ne suffit pas à garantir un service environnemental optimal. Les avancées sur la compréhension des services rendus des usages de la biomasse montrent la nécessité de prendre toute la chaîne de l’amont à l’usage final du produit.

La contribution du bois énergie à la lutte contre le changement climatique est par exemple dépendant du type de ressource utilisé.

Aussi, pour objectiver les services environnementaux rendus par les usages de la biomasse, il est indispensable de tenir compte de son origine, de l’impact potentiel des prélèvements sur le puits de carbone, des pratiques sur la biodiversité, de la préservation de la qualité des sols, des effets de l’utilisation des intrants pour les productions agricoles ou de la gestion de la fin de vie des produits.

Compte tenu des enjeux environnementaux en cours et de la complexité de la biomasse, il est donc nécessaire de continuer à investir pour objectiver et quantifier les services environnementaux rendus par la biomasse, et notamment dans la science pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre.

Il s’agit aussi, pour les projets de taille importante, de renforcer la traçabilité des produits en remontant jusqu’à la parcelle (et aux pratiques mises en place à cette échelle) pour avoir une garantie sur la plus-value environnementale des services rendus à la population.

Enfin, l’interconnexion des filières et des enjeux implique de repenser la gouvernance de la biomasse pour permettre une vision plus systémique et sortir d’une vision en silo, filière par filière.

Il s’agit de veiller par un suivi global de la biomasse à une cohérence et une compatibilité entre la diversité des ressources disponibles, l’état des écosystèmes, les niveaux attendus des usages prévus sur les bioénergies et les produits biosourcés. La ressource étant renouvelable mais limitée, cette analyse doit aider à définir des règles de priorisation et de partage. Plus généralement, il faut trouver des compromis entre les objectifs de substitution, de stockage de carbone, de préservation de la biodiversité ou de gestion de l’eau. Le suivi de la ressource biomasse et des usages est aussi à renforcer au niveau local à travers la planification territoriale, pour tenir compte de la diversité des milieux.

Indispensable à la transition écologique du pays, la biomasse demeure complexe à appréhender, avec de multiples dimensions environnementales, sociales et économiques. Le défi est de rechercher en permanence les équilibres entre ses différentes fonctions.

Transition écologique : qui doit payer ?

Transition écologique : qui doit payer ?


L’économiste Pierre Le Masne juge, dans une tribune au « Monde », les prescriptions du rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz insuffisantes pour financer le coût d’une véritable transition écologique.
Le rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz intitulé « Les incidences économiques de l’action pour le climat », publié le 22 mai, propose une évaluation économique du coût d’une partie de la nécessaire reconversion écologique de la France, celle qui concerne le climat, sans évoquer les neuf questions écologiques fondamentales mises en évidence par le Stockholm Resilience Center.

Or, les « limites planétaires » ont déjà été dépassées sur six d’entre elles. En dehors du climat, le « coût économique de la transition » concerne aussi la biodiversité, l’artificialisation des terres, l’abus de nitrates et de pesticides, les plastiques, l’eau…

Mais le rapport oublie un autre point important : la prise en compte des importations. Il y est ainsi affirmé que « malgré une progression du produit intérieur brut (PIB) de 50 % entre 1995 et 2019, l’empreinte carbone de la France a diminué de 20 % sur la même période », sans parler du rôle des importations dans l’empreinte carbone.

Un document officiel publié fin 2022 dans « Données et études statistiques » dit pourtant : « Les émissions associées aux importations représentent un peu plus de la moitié (51 %) de l’empreinte. Par rapport à 1995, l’empreinte carbone de la France [en 2021] a diminué de 9 %. Les émissions intérieures se sont réduites de 27 % tandis que les émissions associées aux importations se sont accrues de 20 % ».

Le rapport surestime donc largement la diminution de l’empreinte carbone (20 % au lieu de 9 %). En fait très peu a été fait depuis 1995, si on tient compte des importations.

Environnement- La climatisation : une aberration écologique

Environnement- La climatisation : une aberration écologique


Un bon papier de BFM fait le point sur le caractère anti écologique de la climatisation. Avec l’augmentation des températures, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale en climatiseurs va passer de 1,6 milliard en 2018 à 5,6 milliards en 2050. « Cette demande est une conséquence du réchauffement climatique car jusqu’à présent on pouvait s’en passer », affirme à BFMTV.com Céline Laruelle, ingénieure au service bâtiment de l’Ademe.
Extrait

Un quart des ménages français étaient équipés de climatiseurs en 2020, contre 14% en 2016, selon l’Ademe. Alors qu’environ 350.000 appareils se vendaient chaque année au milieu de la dernière décennie, ce nombre s’est hissé à 800.000 en 2020. Aux États-Unis, où 90% des logements sont climatisés, de nombreuses villes du sud ne ne sont véritablement vivables que grâce à cette technologie.

« Le problème n’est pas la climatisation mais son utilisation massive et déraisonnée: ça évite aussi des impacts néfastes sur la santé donc il faut l’utiliser avec modération pour les maisons de retraite, les personnes vulnérables ou les fortes canicules », explique Vincent Viguié, chercheur en économie du changement climatique au Cired.

 »
D’après l’Agence internationale de l’énergie, la climatisation représente 10% de la consommation d’électricité dans le monde. En outre, dans l’Hexagone, un degré au-dessus des normales de saison se traduit ainsi par une augmentation de la consommation électrique d’environ 700 MW lorsqu’il fait chaud.

Conséquence, en 2022, la consommation d’électricité a connu une importante augmentation durant l’été, mettant sous pression le réseau et poussant le pays à compter sur les importations à cause de la faible disponibilité de son parc nucléaire, indiquait RTE.

Le majeur problème de la climatisation reste toutefois les fluides frigorigènes, un gaz à effet de serre très puissant, indispensable à la production d’air frais, qui se libère dans l’atmosphère en cas de fuites, lors de la maintenance des appareils ou à leur fin de vie. En 2020, elle a été responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment, a évalué l’Ademe.

Les fluides HFC, moins nocifs pour la couche d’ozone, ont remplacé les CFC et HCFC mais ils n’en restent pas moins un puissant gaz à effet de serre.

Les climatiseurs ont également un effet direct sur les températures extérieures, alimentant ainsi un véritable cercle vicieux. En plus de leur contribution globale au réchauffement climatique, ils rejettent de l’air chaud et participent ainsi à réchauffer localement la température.

Une étude du CNRS et de Météo France à laquelle Vincent Viguié a participé montre qu’à Paris, si tout le monde utilise la climatique lors d’une canicule, cela peut entraîner une hausse de 2°C dans les rues.

« Ça augmente les températures pour tout le monde notamment pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas utiliser la climatisation », explique le chercheur, mentionnant notamment les personnes qui vivent ou travaillent dans les rues. En somme, plus les gens sont équipés en climatiseurs, plus il est compliqué pour les autres de ne pas en avoir.

« On est là sur une maladaptation car on s’adapte au réchauffement climatique en aggravant le problème et notre vulnérabilité », affirme Vincent Viguié.

De plus, l’accès à la climatisation reste pour l’heure très inégal puisque 37% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont équipés à leur domicile, contre seulement 19% des ménages avec une personne sans emploi ou inactive. Du côté des bâtiments tertiaires, si les centres commerciaux sont presque systématiquement équipés de climatisation, les bâtiments d’enseignements eux, ne sont climatisés qu’à 7%.

Forêt et biomasse dans la transition écologique ?

Forêt et biomasse dans la transition écologique ?

par
Jérôme Mousset
Directeur bioéconomie et énergies renouvelables, Ademe (Agence de la transition écologique) dans The conversation

Depuis plusieurs années, les épisodes de sécheresse se multiplient et s’intensifient en Europe, charriant leurs conséquences dramatiques sur la production agricole, comme actuellement en Espagne. L’impact du changement climatique sur les forêts dans le monde est également renforcé par la mortalité accrue des arbres, une dégradation de leur état sanitaire et une réduction de leur vitesse de croissance notamment en lien avec les parasites et les incendies. Dans ce contexte, la place à octroyer à la biomasse dans la transition écologique et énergétique est au cœur d’un dilemme : on attend beaucoup d’elle pour lutter contre le changement climatique et en particulier pour contribuer à l’objectif de neutralité carbone, mais elle est aussi dès à présent impactée par l’accélération de ce même changement climatique.

Rappelons en premier lieu que la biomasse, souvent évoquée en matière d’énergie, couvre en fait l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale présente dans un espace donné : elle comprend donc à la fois les ressources venues du monde agricole et agroalimentaire (sa production, ses résidus, ses effluents d’élevage, ses biodéchets industriels…), des haies, des forêts et leurs filières de transformation (grumes, bûches, plaquettes forestières…), des productions issues de l’eau (algues) et des divers biodéchets collectés.

En partie valorisée dans les filières, la biomasse reste pour une autre partie dans les écosystèmes, notamment pour le maintien de la biodiversité.

En France, elle constitue une ressource importante très diverse dans ses gisements et ses caractéristiques. 45 % de la surface du pays est dédiée à l’agriculture et 31 % à la forêt – la France détient le 3e plus grand massif d’Europe. Plus méconnue, la biomasse issue du monde de l’eau est une voie émergente mais dynamique en recherche et innovation.

L’ensemble de ces ressources constitue un atout pour la transition écologique du pays et une richesse majeure pour la bioéconomie – ensemble des activités, des produits et services issus du monde du vivant.

On distingue trois grands types d’usages de la biomasse. Le volume le plus important de la biomasse agricole est dédié à la production alimentaire. Les produits biosourcés, fabriqués entièrement ou partiellement à partir de matière issue du vivant, couvrent un champ très large – allant des matériaux de construction et d’isolation aux composites utilisées dans l’automobile, aux matières utilisées dans l’habillement ou dans le monde de la chimie (peintures ou solvants par exemple).

Son troisième grand usage, historique, est la production d’énergie : de chaleur renouvelable, de biogaz, de biocarburants et d’électricité en cogénération, par exemple. Le bois énergie, qui représente 35,1 % en 2021 de la production primaire d’énergie renouvelable, constitue la première des énergies renouvelables en France.

Les scénarios prospectifs pour atteindre la neutralité carbone en 2050 – comme ceux élaborés par l’Ademe – donnent ainsi à la biomasse un rôle clé : aucun des quatre ne parvient à un résultat sans une contribution forte au monde du vivant. Sur le plan climatique, elle prend deux formes principales, le stockage du carbone et la substitution des ressources fossiles.

La biomasse étant constituée par nature de carbone capté par la photosynthèse, elle a une capacité à stocker massivement du carbone. Elle offre ainsi la possibilité de maintenir une quantité de carbone hors de l’atmosphère, et en augmentant ce stock de créer un puits de carbone, donc une absorption. Le carbone est principalement stocké dans trois grands compartiments – les sols, les arbres et les produits biosourcés.

À l’échelle mondiale, le carbone stocké dans les arbres et les sols est au moins trois fois plus important que celui stocké dans l’atmosphère. Toute variation de la quantité stockée affecte donc le bilan, positivement ou négativement. D’où la nécessité de maintenir les stocks et de mettre en place des stratégies visant à les augmenter, comme le retour au sol de la matière organique, le maintien des prairies ou l’agroforesterie.

L’effet de substitution consiste de son côté à remplacer l’usage de ressources fossiles par de la biomasse renouvelable avec le développement des produits biosourcés et des bioénergies. Compte tenu de son potentiel, son rôle est déterminant pour sortir de notre dépendance aux ressources fossiles non renouvelables et renforcer notre autonomie énergétique.

Au-delà de ces deux enjeux, la biomasse et les écosystèmes rendent évidemment de nombreux autres services à ne pas négliger. L’enjeu est d’utiliser cette biomasse renouvelable en veillant à ne pas dégrader la biodiversité, et quand cela est possible, de trouver des synergies positives permettant au contraire de la renforcer.

Le développement des haies et de l’agroforesterie répond par exemple à ce double enjeu de biomasse et de renforcement de la résilience des écosystèmes. Ces milieux jouent également d’autres rôles dans le cycle de l’eau, les paysages, sans oublier leur fonction récréative.

Tous ces enjeux étant étroitement liés, il est indispensable d’aborder la question des usages de la biomasse, et plus largement de nos besoins et niveaux de consommation, avec une vision systémique afin de définir le juste équilibre entre ces fonctions, la biomasse étant certes une richesse mais aussi une ressource limitée.

Ces multiples facettes expliquent que la place qu’elle doit occuper dans la transition fasse l’objet de nombreux débats. Il ressort de notre point de vue, trois défis majeurs : adapter les systèmes agricoles et forestiers, objectiver les bilans environnementaux et renforcer l’analyse systémique.

En tête des enjeux figure celui de préserver la qualité de nos écosystèmes dans ce contexte d’accélération des effets du changement climatique. La fréquence accrue des sécheresses, des canicules et des incendies affectent directement les écosystèmes agricoles et forestiers et génèrent une incertitude croissante sur les services attendus de ces milieux.

Tout affaiblissement des systèmes de production de biomasse compliquera l’atteinte de la neutralité carbone par une baisse du potentiel de stockage de carbone et par une réduction du potentiel de substitution.

L’adaptation des systèmes agricoles et forestiers au changement climatique est donc un axe prioritaire d’action pour les années à venir, en anticipant l’évolution du climat dans les investissements et les orientations des systèmes de production.

Aussi, l’adaptation des écosystèmes forestiers au changement climatique pour lutter contre le dépérissement des massifs et le renforcement de leur résilience constitue une priorité absolue. C’est tout l’enjeu du dispositif de renouvellement forestier de France 2030, qui vise à améliorer la résilience des forêts au changement climatique.

Sur le plan agricole, il s’agit de mobiliser les indicateurs agroclimatiques pour anticiper l’impact de l’évolution du climat sur les productions agricoles dans chaque territoire, et construire des stratégies d’adaptation pour chaque filière. Des démarches qui visent à aider la prise de décision afin que les investissements et les orientations de productions réalisés aujourd’hui soient cohérents avec le climat que nous aurons dans le futur.

Le fait d’avoir recours à de la matière issue du monde du vivant ne suffit pas à garantir un service environnemental optimal. Les avancées sur la compréhension des services rendus des usages de la biomasse montrent la nécessité de prendre toute la chaîne de l’amont à l’usage final du produit.

La contribution du bois énergie à la lutte contre le changement climatique est par exemple dépendant du type de ressource utilisé.

Aussi, pour objectiver les services environnementaux rendus par les usages de la biomasse, il est indispensable de tenir compte de son origine, de l’impact potentiel des prélèvements sur le puits de carbone, des pratiques sur la biodiversité, de la préservation de la qualité des sols, des effets de l’utilisation des intrants pour les productions agricoles ou de la gestion de la fin de vie des produits.

Compte tenu des enjeux environnementaux en cours et de la complexité de la biomasse, il est donc nécessaire de continuer à investir pour objectiver et quantifier les services environnementaux rendus par la biomasse, et notamment dans la science pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre.

Il s’agit aussi, pour les projets de taille importante, de renforcer la traçabilité des produits en remontant jusqu’à la parcelle (et aux pratiques mises en place à cette échelle) pour avoir une garantie sur la plus-value environnementale des services rendus à la population.

Enfin, l’interconnexion des filières et des enjeux implique de repenser la gouvernance de la biomasse pour permettre une vision plus systémique et sortir d’une vision en silo, filière par filière.

Il s’agit de veiller par un suivi global de la biomasse à une cohérence et une compatibilité entre la diversité des ressources disponibles, l’état des écosystèmes, les niveaux attendus des usages prévus sur les bioénergies et les produits biosourcés. La ressource étant renouvelable mais limitée, cette analyse doit aider à définir des règles de priorisation et de partage. Plus généralement, il faut trouver des compromis entre les objectifs de substitution, de stockage de carbone, de préservation de la biodiversité ou de gestion de l’eau. Le suivi de la ressource biomasse et des usages est aussi à renforcer au niveau local à travers la planification territoriale, pour tenir compte de la diversité des milieux.

Indispensable à la transition écologique du pays, la biomasse demeure complexe à appréhender, avec de multiples dimensions environnementales, sociales et économiques. Le défi est de rechercher en permanence les équilibres entre ses différentes fonctions.

La climatisation : une aberration écologique

La climatisation : une aberration écologique


Un bon papier de BFM fait le point sur le caractère anti écologique de la climatisation. Avec l’augmentation des températures, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale en climatiseurs va passer de 1,6 milliard en 2018 à 5,6 milliards en 2050. « Cette demande est une conséquence du réchauffement climatique car jusqu’à présent on pouvait s’en passer », affirme à BFMTV.com Céline Laruelle, ingénieure au service bâtiment de l’Ademe.
Extrait

Un quart des ménages français étaient équipés de climatiseurs en 2020, contre 14% en 2016, selon l’Ademe. Alors qu’environ 350.000 appareils se vendaient chaque année au milieu de la dernière décennie, ce nombre s’est hissé à 800.000 en 2020. Aux États-Unis, où 90% des logements sont climatisés, de nombreuses villes du sud ne ne sont véritablement vivables que grâce à cette technologie.

« Le problème n’est pas la climatisation mais son utilisation massive et déraisonnée: ça évite aussi des impacts néfastes sur la santé donc il faut l’utiliser avec modération pour les maisons de retraite, les personnes vulnérables ou les fortes canicules », explique Vincent Viguié, chercheur en économie du changement climatique au Cired.

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D’après l’Agence internationale de l’énergie, la climatisation représente 10% de la consommation d’électricité dans le monde. En outre, dans l’Hexagone, un degré au-dessus des normales de saison se traduit ainsi par une augmentation de la consommation électrique d’environ 700 MW lorsqu’il fait chaud.

Conséquence, en 2022, la consommation d’électricité a connu une importante augmentation durant l’été, mettant sous pression le réseau et poussant le pays à compter sur les importations à cause de la faible disponibilité de son parc nucléaire, indiquait RTE.

Le majeur problème de la climatisation reste toutefois les fluides frigorigènes, un gaz à effet de serre très puissant, indispensable à la production d’air frais, qui se libère dans l’atmosphère en cas de fuites, lors de la maintenance des appareils ou à leur fin de vie. En 2020, elle a été responsable de 5% des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment, a évalué l’Ademe.

Les fluides HFC, moins nocifs pour la couche d’ozone, ont remplacé les CFC et HCFC mais ils n’en restent pas moins un puissant gaz à effet de serre.

Les climatiseurs ont également un effet direct sur les températures extérieures, alimentant ainsi un véritable cercle vicieux. En plus de leur contribution globale au réchauffement climatique, ils rejettent de l’air chaud et participent ainsi à réchauffer localement la température.

Une étude du CNRS et de Météo France à laquelle Vincent Viguié a participé montre qu’à Paris, si tout le monde utilise la climatique lors d’une canicule, cela peut entraîner une hausse de 2°C dans les rues.

« Ça augmente les températures pour tout le monde notamment pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas utiliser la climatisation », explique le chercheur, mentionnant notamment les personnes qui vivent ou travaillent dans les rues. En somme, plus les gens sont équipés en climatiseurs, plus il est compliqué pour les autres de ne pas en avoir.

« On est là sur une maladaptation car on s’adapte au réchauffement climatique en aggravant le problème et notre vulnérabilité », affirme Vincent Viguié.

De plus, l’accès à la climatisation reste pour l’heure très inégal puisque 37% des cadres et professions intellectuelles supérieures sont équipés à leur domicile, contre seulement 19% des ménages avec une personne sans emploi ou inactive. Du côté des bâtiments tertiaires, si les centres commerciaux sont presque systématiquement équipés de climatisation, les bâtiments d’enseignements eux, ne sont climatisés qu’à 7%.

La biomasse dans la transition écologique ?

La biomasse dans la transition écologique ?

par
Jérôme Mousset
Directeur bioéconomie et énergies renouvelables, Ademe (Agence de la transition écologique) dans The conversation

Depuis plusieurs années, les épisodes de sécheresse se multiplient et s’intensifient en Europe, charriant leurs conséquences dramatiques sur la production agricole, comme actuellement en Espagne. L’impact du changement climatique sur les forêts dans le monde est également renforcé par la mortalité accrue des arbres, une dégradation de leur état sanitaire et une réduction de leur vitesse de croissance notamment en lien avec les parasites et les incendies. Dans ce contexte, la place à octroyer à la biomasse dans la transition écologique et énergétique est au cœur d’un dilemme : on attend beaucoup d’elle pour lutter contre le changement climatique et en particulier pour contribuer à l’objectif de neutralité carbone, mais elle est aussi dès à présent impactée par l’accélération de ce même changement climatique.

Rappelons en premier lieu que la biomasse, souvent évoquée en matière d’énergie, couvre en fait l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale présente dans un espace donné : elle comprend donc à la fois les ressources venues du monde agricole et agroalimentaire (sa production, ses résidus, ses effluents d’élevage, ses biodéchets industriels…), des haies, des forêts et leurs filières de transformation (grumes, bûches, plaquettes forestières…), des productions issues de l’eau (algues) et des divers biodéchets collectés.

En partie valorisée dans les filières, la biomasse reste pour une autre partie dans les écosystèmes, notamment pour le maintien de la biodiversité.

En France, elle constitue une ressource importante très diverse dans ses gisements et ses caractéristiques. 45 % de la surface du pays est dédiée à l’agriculture et 31 % à la forêt – la France détient le 3e plus grand massif d’Europe. Plus méconnue, la biomasse issue du monde de l’eau est une voie émergente mais dynamique en recherche et innovation.

L’ensemble de ces ressources constitue un atout pour la transition écologique du pays et une richesse majeure pour la bioéconomie – ensemble des activités, des produits et services issus du monde du vivant.

On distingue trois grands types d’usages de la biomasse. Le volume le plus important de la biomasse agricole est dédié à la production alimentaire. Les produits biosourcés, fabriqués entièrement ou partiellement à partir de matière issue du vivant, couvrent un champ très large – allant des matériaux de construction et d’isolation aux composites utilisées dans l’automobile, aux matières utilisées dans l’habillement ou dans le monde de la chimie (peintures ou solvants par exemple).

Son troisième grand usage, historique, est la production d’énergie : de chaleur renouvelable, de biogaz, de biocarburants et d’électricité en cogénération, par exemple. Le bois énergie, qui représente 35,1 % en 2021 de la production primaire d’énergie renouvelable, constitue la première des énergies renouvelables en France.

Les scénarios prospectifs pour atteindre la neutralité carbone en 2050 – comme ceux élaborés par l’Ademe – donnent ainsi à la biomasse un rôle clé : aucun des quatre ne parvient à un résultat sans une contribution forte au monde du vivant. Sur le plan climatique, elle prend deux formes principales, le stockage du carbone et la substitution des ressources fossiles.

La biomasse étant constituée par nature de carbone capté par la photosynthèse, elle a une capacité à stocker massivement du carbone. Elle offre ainsi la possibilité de maintenir une quantité de carbone hors de l’atmosphère, et en augmentant ce stock de créer un puits de carbone, donc une absorption. Le carbone est principalement stocké dans trois grands compartiments – les sols, les arbres et les produits biosourcés.

À l’échelle mondiale, le carbone stocké dans les arbres et les sols est au moins trois fois plus important que celui stocké dans l’atmosphère. Toute variation de la quantité stockée affecte donc le bilan, positivement ou négativement. D’où la nécessité de maintenir les stocks et de mettre en place des stratégies visant à les augmenter, comme le retour au sol de la matière organique, le maintien des prairies ou l’agroforesterie.

L’effet de substitution consiste de son côté à remplacer l’usage de ressources fossiles par de la biomasse renouvelable avec le développement des produits biosourcés et des bioénergies. Compte tenu de son potentiel, son rôle est déterminant pour sortir de notre dépendance aux ressources fossiles non renouvelables et renforcer notre autonomie énergétique.

Au-delà de ces deux enjeux, la biomasse et les écosystèmes rendent évidemment de nombreux autres services à ne pas négliger. L’enjeu est d’utiliser cette biomasse renouvelable en veillant à ne pas dégrader la biodiversité, et quand cela est possible, de trouver des synergies positives permettant au contraire de la renforcer.

Le développement des haies et de l’agroforesterie répond par exemple à ce double enjeu de biomasse et de renforcement de la résilience des écosystèmes. Ces milieux jouent également d’autres rôles dans le cycle de l’eau, les paysages, sans oublier leur fonction récréative.

Tous ces enjeux étant étroitement liés, il est indispensable d’aborder la question des usages de la biomasse, et plus largement de nos besoins et niveaux de consommation, avec une vision systémique afin de définir le juste équilibre entre ces fonctions, la biomasse étant certes une richesse mais aussi une ressource limitée.

Ces multiples facettes expliquent que la place qu’elle doit occuper dans la transition fasse l’objet de nombreux débats. Il ressort de notre point de vue, trois défis majeurs : adapter les systèmes agricoles et forestiers, objectiver les bilans environnementaux et renforcer l’analyse systémique.

En tête des enjeux figure celui de préserver la qualité de nos écosystèmes dans ce contexte d’accélération des effets du changement climatique. La fréquence accrue des sécheresses, des canicules et des incendies affectent directement les écosystèmes agricoles et forestiers et génèrent une incertitude croissante sur les services attendus de ces milieux.

Tout affaiblissement des systèmes de production de biomasse compliquera l’atteinte de la neutralité carbone par une baisse du potentiel de stockage de carbone et par une réduction du potentiel de substitution.

L’adaptation des systèmes agricoles et forestiers au changement climatique est donc un axe prioritaire d’action pour les années à venir, en anticipant l’évolution du climat dans les investissements et les orientations des systèmes de production.

Aussi, l’adaptation des écosystèmes forestiers au changement climatique pour lutter contre le dépérissement des massifs et le renforcement de leur résilience constitue une priorité absolue. C’est tout l’enjeu du dispositif de renouvellement forestier de France 2030, qui vise à améliorer la résilience des forêts au changement climatique.

Sur le plan agricole, il s’agit de mobiliser les indicateurs agroclimatiques pour anticiper l’impact de l’évolution du climat sur les productions agricoles dans chaque territoire, et construire des stratégies d’adaptation pour chaque filière. Des démarches qui visent à aider la prise de décision afin que les investissements et les orientations de productions réalisés aujourd’hui soient cohérents avec le climat que nous aurons dans le futur.

Le fait d’avoir recours à de la matière issue du monde du vivant ne suffit pas à garantir un service environnemental optimal. Les avancées sur la compréhension des services rendus des usages de la biomasse montrent la nécessité de prendre toute la chaîne de l’amont à l’usage final du produit.

La contribution du bois énergie à la lutte contre le changement climatique est par exemple dépendant du type de ressource utilisé.

Aussi, pour objectiver les services environnementaux rendus par les usages de la biomasse, il est indispensable de tenir compte de son origine, de l’impact potentiel des prélèvements sur le puits de carbone, des pratiques sur la biodiversité, de la préservation de la qualité des sols, des effets de l’utilisation des intrants pour les productions agricoles ou de la gestion de la fin de vie des produits.

Compte tenu des enjeux environnementaux en cours et de la complexité de la biomasse, il est donc nécessaire de continuer à investir pour objectiver et quantifier les services environnementaux rendus par la biomasse, et notamment dans la science pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre.

Il s’agit aussi, pour les projets de taille importante, de renforcer la traçabilité des produits en remontant jusqu’à la parcelle (et aux pratiques mises en place à cette échelle) pour avoir une garantie sur la plus-value environnementale des services rendus à la population.

Enfin, l’interconnexion des filières et des enjeux implique de repenser la gouvernance de la biomasse pour permettre une vision plus systémique et sortir d’une vision en silo, filière par filière.

Il s’agit de veiller par un suivi global de la biomasse à une cohérence et une compatibilité entre la diversité des ressources disponibles, l’état des écosystèmes, les niveaux attendus des usages prévus sur les bioénergies et les produits biosourcés. La ressource étant renouvelable mais limitée, cette analyse doit aider à définir des règles de priorisation et de partage. Plus généralement, il faut trouver des compromis entre les objectifs de substitution, de stockage de carbone, de préservation de la biodiversité ou de gestion de l’eau. Le suivi de la ressource biomasse et des usages est aussi à renforcer au niveau local à travers la planification territoriale, pour tenir compte de la diversité des milieux.

Indispensable à la transition écologique du pays, la biomasse demeure complexe à appréhender, avec de multiples dimensions environnementales, sociales et économiques. Le défi est de rechercher en permanence les équilibres entre ses différentes fonctions.

Transition écologique : Bruno Le Maire refuse de faire payer les riches

Transition écologique : Bruno Le Maire refuse de faire payer les riches

Comme le ministre de l’économie se refuse à solliciter les riches pour le financement de la transition climatique, il propose de transférer la charge estimée à environ 70 milliards par an sur les détenteurs de plans d’épargne-logement et de livret de développement durable et solidaire. Une sorte de transfert de charges du financement public sur un financement privé illusoire .

Renvoyant de nouveau l’ISF vert dans ses buts, le qualifiant de « solution de facilité », Bruno Le Maire a fait savoir, lors d’une conférence de presse téléphonique, sa volonté de mobiliser massivement l’épargne privée, à savoir près de 150 milliards d’euros par an. Ce montant représente 5% des 3.200 milliards d’épargne de long-terme, plus ou moins bloquée, comme l’assurance-vie, à ne pas confondre avec 5.800 milliards qui comprennent les dépôts.

Il n’a, en revanche, jamais été question du financement des nouveaux réacteurs nucléaires, alors qu’il s’agit d’un enjeu stratégique du point de vue énergétique et écologique. Le besoin de financement pour les six premiers EPR tourne autour de 80 milliards auxquels faudra ajouter encore 100 milliards de plus pour les huit autres prévues. Conclusion pour la transaction écologique, on avance vraiment à petits pas.

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