Archive pour le Tag 'écologie'

Présidentielle 2022 : 55% des Français estiment que le projet pour la société d’Europe écologie les Verts n’est pas réaliste

Présidentielle 2022 : 58% des Français estiment que le projet pour la société d’Europe écologie les Verts (EELV) n’est pas réaliste

Selon le sondage Odoxa réalisé avec Backbone Consulting pour Le Figaro

58% des Français estiment que leur projet pour la société n’est pas «réaliste», et 54% jugent qu’il n’est pas «crédible». Ancrés par tradition dans la «contre-culture», les écologistes veulent prouver qu’ils sont désormais mûrs pour décrocher le pouvoir. Ce sera donc un des chantiers à poursuivre pour le futur vainqueur de la primaire des écologistes. «S’ils veulent dépasser les 5% qui constituaient jusqu’à présent leur score record à ce scrutin, les écologistes doivent changer leur image de ‘gentils babacools’, pas capables de gouverner», note d’ailleurs Gaël Sliman, le président d’Odoxa.

De fait, une majorité de Français estiment que les Verts feraient moins bien que le gouvernement actuel sur «la politique économique et sociale» (62%), sur «la sécurité» (74%) ou sur la «politique internationale». En revanche, 72% jugent que les écologistes feraient mieux sur «l’environnement».

Une écologie de gouvernement !

 

Une écologie de gouvernement !

 

Barbara Pompili,Ministre de la transition écologique et Pascal Canfin Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen expliquent leur concept d’écologie de gouvernement qui dégage un petit parfum gauchiste post marxiste.

Dressant le bilan de l’action gouvernementale en matière d’environnement, la ministre de la transition écologique et le président de la commission de l’environnement au Parlement européen défendent une méthode qui vise à négocier les transitions avec les acteurs économiques et sociaux, afin de transformer sans fracturer.

 

Plus personne de sérieux ne nie l’urgence d’agir contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Les terribles intempéries de ces derniers jours, en Europe, nous le rappellent une nouvelle fois. Mais, alors que nous entrons « dans le dur » de la transition écologique, la question-clé est celle de la méthode, du « comment faire ». Cela passe par la construction d’une écologie qui se place au centre du jeu politique et qui emmène l’ensemble de la société. C’est ce que nous avons commencé à faire en France depuis 2017, et c’est cette dynamique que nous devons accélérer.

Depuis quatre ans, le gouvernement et la majorité ont fait énormément : arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et du projet EuropaCity pour préserver les terres agricoles, vote de l’un des plans de relance les plus « verts » au monde, selon l’ONU, vote d’une loi sur l’économie circulaire, qui a placé la France en tête de la fin progressive du plastique à usage unique… En Europe, la France a été à la manœuvre pour rehausser nos objectifs et notre législation climatiques, pour dire non au Mercosur en l’état, pour créer un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et pour donner naissance au plan de relance européen de 750 milliards d’euros, dont au moins 37 % serviront à accélérer la lutte contre le dérèglement climatique…

Nous pouvons être fiers que les classements internationaux placent la France parmi les leaders de l’action climatique. Mais, nous le savons, il faudra faire encore plus demain, car la décennie 2020-2030 est celle où nous gagnerons la bataille climatique, ou celle où nous la perdrons.

« Nous n’avons qu’une seule génération pour transformer notre économie, alors que cela fait deux siècles que nos sociétés se construisent sur les énergies fossiles »

Pour y parvenir, notre méthode, c’est l’écologie de gouvernement. C’est de négocier les transitions nécessaires avec les acteurs économiques et sociaux, c’est de transformer sans fracturer. Notre méthode, ce n’est pas l’incantation ni la confrontation permanente de l’écologie excessive. Ce n’est pas non plus l’inaction du conservatisme rétrograde de la droite qui nous mène dans le mur climatique et économique en refusant de prendre les tournants des emplois de demain. C’est une écologie crédible qui ne laisse personne au bord du chemin. Ce n’est pas l’écologie des petits pas, c’est l’écologie du marathon, conscients que nous sommes dans une course contre la montre et que nous n’avons qu’une seule génération pour transformer notre économie, alors que cela fait deux siècles que nos sociétés se construisent sur les énergies fossiles.

Écologie et système financier

Écologie et système financier

Les deux économistes Stefano Battiston et Irene Monasterolo observent, dans une tribune au « Monde », que les anticipations des investisseurs peuvent aussi aller contre l’objectif de limitation du réchauffement climatique.

 

Tribune.

Limiter le réchauffement climatique à 2 °C comme le prévoit l’accord de Paris exige une transformation profonde de l’énergie, de la production et de la consommation dans nos économies afin de ramener à zéro les émissions de gaz à effet de serre. L’ampleur de la transformation requise implique aussi un rôle proactif du système financier.

De nouveaux investissements verts sont nécessaires, ainsi que la réorientation du capital des activités à forte émission de carbone vers des activités bas carbone. La notion de risque financier est pour cela essentielle, car c’est sur elle que se fondent les décisions d’investissement des acteurs financiers. Il est donc crucial que le risque lié au climat soit pris en compte par les entreprises et institutions financières. Il est surprenant que cela n’ait pas été le cas jusqu’ici.

Sous différents termes, tels que « investissement vert », « critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », « développement durable », etc., les médias regorgent d’informations sur la croissance de la finance durable. Pourtant nos économies ont échoué à enregistrer les réductions d’émissions définies dans l’accord de Paris.

Dans ce contexte, les scénarios d’atténuation du changement climatique développés par le Network for Greening the Financial System (NGFS), réseau de huit banques centrales et de superviseurs créé en 2017 pour travailler au verdissement du secteur financier (« Adapting central bank operations to a hotter world. Reviewing some options », mars 2021) constituent la première étape d’un processus visant à porter à la connaissance des acteurs financiers les différents avenirs possibles, notamment en ce qui concerne les activités à faible ou haute intensité carbone.

Le système financier est généralement considéré, dans le discours politique, comme pouvant faciliter la transition vers une économie bas carbone. Mais les attentes des investisseurs (c’est-à-dire leurs estimations du risque par rapport au rendement) sur les risques climatiques et la crédibilité des politiques envisagées peuvent tout aussi bien faire du système financier un acteur de la transition, ou au contraire un obstacle à cette transition.

En effet, si les investisseurs estiment crédible la politique adoptée, ils sont en mesure d’ajuster leurs attentes en temps opportun et de réaffecter de façon précoce et graduelle le capital vers des investissements bas carbone.

Dans ce cas, ils facilitent la transition, ce qui entraîne des ajustements plus fluides de l’économie et des prix.

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement. 

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

 

 

On voit mal sur quoi pourrait déboucher la rencontre qu’a proposée Yannick Jadot, issu d’Europe écologie les Verts à toute la gauche. Première observation cette rencontre est d’abord contestée par le propre parti de Yannick Jadot. En effet Europe écologie les Verts ne veut pas s’inscrire dans une démarche unitaire de désignation d’un candidat commun aux élections présidentielles.

 

Un processus d’élection primaire est prévu seulement au mois de septembre alors que Jadot voudrait bien se passer de cette formalité.

 

Seconde observation dans toutes les hypothèses il est vraisemblable que Mélenchon se présentera. Il ne consentira accepter un candidat unique de la gauche qu’à condition que ce soit lui ce représentant. Le parti communiste a fait savoir qu’il présenterait son secrétaire général Fabien Roussel. Quant au parti socialiste, il est clairement en voie extinction est en plus très divisé.

«Pas à pas, étape après étape.» Telle est la ligne directrice défendue par Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, pour évoquer la stratégie pour la présidentielle de 2022. Le chemin est le suivant: se concentrer d’abord sur les régionales prévues – sauf report – pour juin, puis organiser une primaire en septembre pour désigner le candidat écologiste. Le temps des discussions avec les autres partis viendra ensuite.

Le seul problème c’est que la plupart des autres partis de gauche auront mis en place d’ici ce temps-là leur propre procédure de désignation des candidats et qu’il sera difficile de le remettre en cause. De toute façon, ce débat est surréaliste dans la mesure où toute la gauche même réunie pourrait à peine rassembler 25 % des électeurs mêmes au second tour. La bataille politique de 2022, sauf candidature de rassemblement soudaine aujourd’hui imprévue, se jouera entre le courant Macron, le courant Le Pen et le courant des républicains.

Référendum Ecologie un contre-projet du « rassemblement national »

Référendum Ecologie un contre-projet du « rassemblement national »

Pour le rassemblement national il y a déjà la charte sur l’environnement qui a valeur constitutionnelle. Il s’agit simplement de compléter cette charte et non la constitution elle-même.

 

Première question de cette consultation : la défense d’un principe de « sécurité environnementale, sanitaire et culturelle », à inscrire dans les textes constitutionnels. Concept mis à mal par plusieurs « ennemis », selon Marine Le Pen qui cite entre autres les accords de libre-échange ou encore « l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec (…) les moeurs qui sont les nôtres ». La cheffe de file du Rassemblement national a par ailleurs rappelé qu’elle n’était pas « climato-sceptique » et qu’elle reconnaissait la part de l’homme dans le changement climatique.

 

Parmi les quinze questions de cette consultation, auxquelles le RN répond favorablement, le thème de l’énergie est présent via des propositions orientées en faveur du nucléaire – « Souhaitez-vous que la France continue d’investir dans le nucléaire, énergie décarbonée? » – et contre l’éolienne - »Souhaitez-vous suspendre tout projet de construction d’éoliennes? » D’autres questions sont plus précises, telle que : « Souhaitez-vous que l’entretien de ‘zone de stockage naturel du carbone’ fasse l’objet d’une rémunération pour les agriculteurs? ». « Souhaitez-vous développer les espaces verts dans les villes et les trames verte et bleue en mettant en place des contraintes pour les communes? », interroge encore Marine Le Pen.

 

La « priorité au local plutôt qu’au global » se devine à travers différentes interrogations portant sur l’interdiction d’importation de certains produits agricoles ou manufacturés, l’engagement de la responsabilité d’un importateur ou d’un distributeur en cas de vente d’un produit défectueux ou non conforme, ou encore l’instauration d’une taxe sur les importations pour compenser « les effets de leur production et de leur transport sur l’environnement ».

Pour une écologie de droite ?

Pour une écologie de droite ? 

Jean-Louis Thiériot propose une économie de droite dans d’une tribune à l’Opinion.

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La proposition pourrait paraître curieuse dans la mesure où l’écologie ne serait être ni de droite ni de gauche mais seulement pertinente et efficace. Force cependant est de reconnaître que les gauchistes ont mis la main sur la thématique environnementale pour mieux dissimuler leur idéologie post-marxiste voir clairement communiste. Il n’est pas certain que la politisation de l’écologie gagne quelque chose dans l’affaire . Une tribune qui contient des éléments intéressants mais avec un mélange des genres qui affecte l’intérêt de certaines réflexions NDLR

 

tribune

 

L’écologie est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux écologistes. Déterminante pour l’avenir de notre planète et de notre humaine condition, elle a partie liée avec l’universel. Il nous est impossible d’accepter qu’elle demeure l’apanage d’un écologisme politique suivant un agenda caché : au pire, la deep ecology faisant de la nature l’ultime refuge du sacré quitte à sombrer dans l’antihumanisme comme l’a si bien montré Régis Debray dans Le Siècle vert ; au mieux l’idéologie de substitution du vieil anticapitalisme marxiste qui, sous le vocable de décroissance, cherche à régler ses comptes avec un système qui, malgré ses imperfections, a permis à une grande partie de l’humanité de sortir de la grande pauvreté.

En la matière, la droite et le centre ont toute légitimité pour tenir un langage qui porte. C’est sous Georges Pompidou que le premier ministre de l’Environnement fut nommé, en 1971. C’est Olivier Guichard qui mit un terme à la politique des « grands ensembles » pour préserver l’espace, en 1973. C’est Jacques Chirac qui lança à Johannesburg « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », en 2002. C’est Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo qui, avec le Grenelle de l’environnement en 2007, firent plus pour le verdissement de notre économie que des décennies de bavardage.

Pourtant la droite est souvent inaudible, accusée de greenwashing. Rien n’est plus faux. Préférant l’écologie de solution à l’écologie d’injonction, elle n’a jamais pris le temps de poser une doctrine. Je m’y essaye : l’écologie sociale de marché qui doit être au XXIe siècle ce que l’économie sociale de marché a été au XXe, l’écologie stratège et de ménagement du territoire.

. Posons d’abord les trois enjeux qui sont devant nous : la lutte contre le réchauffement climatique d’origine anthropique, la lutte contre l’émission de particules fines et la préservation de la biodiversité. La première exige la production massive d’énergie décarbonée. C’est possible grâce aux technologies d’aujourd’hui : le nucléairel’hydroélectricité et les bioénergies (méthanisation, biocarburants). Via la photosynthèse, elles captent autant de CO2 qu’elles n’en rejettent, à la différence des carburants fossiles.

Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, «cette maladie de l’esprit qui pense à votre place»: pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

La deuxième suppose l’électrification des transports par l’utilisation de batteries ou le développement de piles à hydrogène. Là encore, le salut exige une production massive d’électricité décarbonée, le seul hydrogène propre étant produit par électrolyse. La troisième impose la réduction massive du volume de la consommation de terres agricoles. Dans un monde où la population ne cesse de croître pour atteindre 10 milliards d’habitants en 2050, c’est un objectif qui ne peut être atteint qu’en maintenant les objectifs de production. Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, « cette maladie de l’esprit qui pense à votre place » : pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

Ces enjeux posés, les réponses doivent être sociales. La crise des Gilets jaunes largement causée par la taxe sur le gazole montre combien la transition écologique ne peut se faire sur le dos des plus modestes. Rien ne serait pire que transformer l’enjeu environnemental en guerre des classes : aux plus aisés l’alimentation bio de qualité et des voyages hors de prix ; aux plus pauvres l’alimentation importée dont nous ne voulons pas et l’assignation à résidence. L’écologie du XXIe siècle impose de repenser notre dépense publique – la plus élevée d’Europe – afin de dégager des marges de manœuvre pour financer sans fiscalité punitive les adaptations nécessaires.

Enfin la transition doit être de marché. Il faut tordre le cou au sophisme de la décroissance selon lequel la croissance infinie serait incompatible avec un monde fini. L’expérience empirique montre que de nouvelles ressources sont constamment découvertes. L’oil peak prédit par Ehrlich à la fin des années 1960 est constamment reporté. Les prédictions catastrophiques du club de Rome en 1972 ne se sont jamais produites.

Comme l’a bien montré Julian Simon dans Ultimate ressource, l’Homme, grâce à son action créatrice, a toujours résolu les problèmes de la rareté de la ressource. Demain ce sera l’économie circulaire, le recyclage, la recombinaison chimique des molécules. Ce sera un changement dans la chaîne de valeur, mais toujours avec de la valeur ajoutée, de la croissance et de l’emploi. A condition de ne pas brider l’énergie créatrice !

De ce point de vue, le marché est capital. Le pire serait un retour à la planification ! N’oublions pas le rapport Théry de 1994 qui prédisait l’échec d’Internet et l’avenir radieux du minitel. Nul ne sait quelles technologies seront les meilleures ! Aux pouvoirs publics de donner le cap en fixant un prix aux externalités négatives environnementales, éventuellement en rémunérant les externalités positives. Aux pouvoirs publics de soutenir les grandes filières d’avenir en créant un écosystème favorable, en finançant la R&D et en ouvrant des appels à projet. Mais pour le reste, neutralité technologique et confiance dans l’innovation créatrice !

Cette écologie de confiance doit aussi être une écologie stratège. C’est un enjeu géopolitique à l’échelle du monde. Un exemple : la Chine travaille à la création de centrales solaires orbitales à l’horizon 2035. Cette énergie quasi gratuite et infinie sera une source d’influence inouïe. Pour ne pas devenir une colonie énergétique soumise au bon vouloir de producteurs étrangers, l’heure est à une écologie de puissance, arme de la souveraineté européenne. Le combat devra se mener à l’échelle des COP mais aussi de l’Europe. Il est urgent de créer des taxes carbones à l’entrée dans l’Union européenne pour sanctionner les externalités négatives des modes de production de nos compétiteurs chinois et américains. Inversement, il est contre-productif de surtransposer des normes européennes handicapant nos entreprises sans apporter de gain sérieux à l’environnement.

Enfin, l’écologie de droite ne doit pas se tromper de méthode par une analyse erronée de la demande sociétale de nos concitoyens. Les succès des partis écologistes aux municipales sont largement en trompe-l’œil : c’est souvent un vote de substitution au vote socialiste démonétisé. L’épisode marseillais où un socialiste pur sucre succède à une écologiste qui a permis de remporter le scrutin est hautement symbolique. Les Français ne rêvent pas d’un grand soir écologique. C’est aux citoyens eux-mêmes (69 %) et aux collectivités locales (53 %) qu’ils font le plus confiance pour améliorer l’environnement, selon l’Ifop. Pas à l’Etat !

L’écologie de demain doit être centrée sur la qualité de vie – premier critère à associer à l’environnement pour 74 % des sondés. Concrètement, cela signifie la possibilité de vivre et travailler au pays en réduisant le « navettage » grâce aux tiers lieux, la préservation des sites et des paysages, une alimentation de proximité, à terme une relocalisation partielle de l’énergie via des ressources locales biosourcées. La remise en cause des bienfaits de la métropolisation, la redécouverte des villes moyennes, la mise en avant de la diversité des « dynamiques territoriales » définies par le professeur Bouba-Olga incitent à se tourner vers un nouveau paradigme : le « ménagement du territoire ».

Oui aux projets et à l’aménagement, à condition qu’ils soient durables et aient du sens pour mieux répartir les hommes et les espaces tout en préservant les terres agricoles. Créer des espaces commerciaux en périphérie n’a plus de sens. Créer des plateformes logistiques peut en avoir si la logistique du dernier kilomètre, la plus polluante, est améliorée.

Ainsi conçue, l’écologie est une vraie chance pour la droite. Réunissant dans un même combat les millénials technophiles, les entrepreneurs passionnés, les thuriféraires d’un certain art de vivre et les défenseurs de la souveraineté française et européenne, elle est à la confluence des libéraux et conservateurs.

Ce qu’avait prophétisé Wilhelm Röpke dans son maître livre de 1961 Au-delà de l’offre et de la demande où il appelait notre économie à se soucier « du bruit et de la puanteur de cette existence technicisée […], des rivières pestilentielles où l’on ne peut plus se baigner […], des équilibres naturels que nous compromettons et dont nous finirons par amener la destruction ». L’écologie permet de « préserver ce qui vaut et de changer ce qu’il faut ». A notre génération de rendre possible cette ambition nécessaire.

Au passage, le Haut conseil s’inquiète de la «situation intenable» de l’assurance-chômage, dont le déficit (20,5 milliards d’euros) représente un tiers du déficit total, «alors que les dépenses de l’assurance-chômage représentent 8,5% des dépenses» des administrations sociales.

Les régimes complémentaires de retraite passeraient de 3 milliards d’excédents en 2019 à 5,1 milliards de déficit en 2020, plombés par l’Agirc-Arrco (-6,6 milliards). La solution immédiate pour ces régimes a consisté à ponctionner 12,7 milliards d’euros dans leurs réserves financières, dont le niveau a baissé de 8%.

Quant à la Sécurité sociale, le déficit pour 2020 est probablement moins élevé qu’attendu, du fait d’une moindre chute du PIB et de la masse salariale. Mais la perspective pour 2021 s’est assombrie: «L’hypothèse retenue pour la construction de ces prévisions supposait la « fin » de la crise sanitaire au moment de la bascule sur 2021», souligne le Haut conseil, qui pense que «les « bonnes » surprises possibles au titre de l’exercice 2020 pourraient ainsi être partiellement contrebalancées par une dégradation plus importante sur l’exercice 2021».

Santé et vivant: « Evolution, écologie et pandémies « 

 Santé et vivant: « Evolution, écologie et pandémies « 

 

Le biologiste Samuel Alizon déploie ses talents de pédagogue dans son  livre pour mettre en lumière l’apport de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries, dans la compréhension des épidémies.

 

Analyse du Monde (extrait)

 

Le Seuil a eu la bonne idée de ressortir en poche un livre paru en 2016, précieux en ces temps de pandémie. La parution s’accompagne d’un nouveau chapitre et surtout d’une postface incisive où l’auteur, Samuel Alizon, biologiste très impliqué dans l’analyse des génomes viraux et la modélisation de l’épidémie, livre ses pensées à chaud sur la crise en cours. Il y est notamment question des faiblesses françaises de la politique sanitaire, qui privilégierait le soin plutôt que la prévention, et de la politique de recherche, qualifiée d’« utilitariste ». A l’appui de ces critiques, l’auteur rappelle que le Covid-19 est arrivé alors qu’il y avait des protestations des personnels à l’hôpital et des manifestations de chercheurs opposés à une loi de programmation budgétaire.

Surtout, il déploie dans le cœur du livre ses talents de pédagogue sur le fonctionnement des parasites avec une approche très darwinienne, qui revendique la prise en compte de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries. Le biologiste commence par rappeler les trois concepts-clé de l’évolution – la variabilité, l’héritabilité et la sélectivité –, pour expliquer les mécanismes des épidémies, l’apparition de résistance, l’origine des pandémies, leur modélisation… On saute de bactéries en virus, du sida à Ebola en passant par le cancer, la drépanocytose ou la myxomatose.

Faire dialoguer les biologies

Le premier chapitre justifie ce regard particulier car le spécialiste considère que la médecine actuelle est assez hémiplégique, tournée vers les mécanismes de biologie moléculaire individuels plutôt que vers l’étude des effets de l’évolution sur les populations. Ce serait la victoire de Pasteur sur Darwin. Mais pour l’auteur il est urgent de faire dialoguer ces deux biologies.

Les chapitres suivants apportent des preuves nombreuses de l’apport de l’évolution dans la compréhension des épidémies. Les surprises et les conclusions contre-intuitives n’y sont pas rares. Beaucoup de questions restent sans réponse, dont la principale, « pourquoi les parasites nous tuent-ils ? ». Ou plongent dans la perplexité : « Les mâles sont-ils les parasites des femelles ? »

Le chapitre sur les traitements, alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 débute lentement en France, souligne la complexité du sujet. La phagothérapie, les peptides antimicrobiens, les moustiques transgéniques ont des avantages et des inconvénients. Sur les vaccins, qui font pression sur l’environnement du virus, le biologiste prévoit que de futures souches plus virulentes émergent – le variant britannique est, lui, plus contagieux –, au risque de menacer les personnes non vaccinées.

« Evolution, écologie et pandémies »

« Evolution, écologie et pandémies »

 

Le biologiste Samuel Alizon déploie ses talents de pédagogue dans son  livre pour mettre en lumière l’apport de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries, dans la compréhension des épidémies.

 

Analyse du Monde (extrait)

 

Le Seuil a eu la bonne idée de ressortir en poche un livre paru en 2016, précieux en ces temps de pandémie. La parution s’accompagne d’un nouveau chapitre et surtout d’une postface incisive où l’auteur, Samuel Alizon, biologiste très impliqué dans l’analyse des génomes viraux et la modélisation de l’épidémie, livre ses pensées à chaud sur la crise en cours. Il y est notamment question des faiblesses françaises de la politique sanitaire, qui privilégierait le soin plutôt que la prévention, et de la politique de recherche, qualifiée d’« utilitariste ». A l’appui de ces critiques, l’auteur rappelle que le Covid-19 est arrivé alors qu’il y avait des protestations des personnels à l’hôpital et des manifestations de chercheurs opposés à une loi de programmation budgétaire.

Surtout, il déploie dans le cœur du livre ses talents de pédagogue sur le fonctionnement des parasites avec une approche très darwinienne, qui revendique la prise en compte de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries. Le biologiste commence par rappeler les trois concepts-clé de l’évolution – la variabilité, l’héritabilité et la sélectivité –, pour expliquer les mécanismes des épidémies, l’apparition de résistance, l’origine des pandémies, leur modélisation… On saute de bactéries en virus, du sida à Ebola en passant par le cancer, la drépanocytose ou la myxomatose.

Faire dialoguer les biologies

Le premier chapitre justifie ce regard particulier car le spécialiste considère que la médecine actuelle est assez hémiplégique, tournée vers les mécanismes de biologie moléculaire individuels plutôt que vers l’étude des effets de l’évolution sur les populations. Ce serait la victoire de Pasteur sur Darwin. Mais pour l’auteur il est urgent de faire dialoguer ces deux biologies.

Les chapitres suivants apportent des preuves nombreuses de l’apport de l’évolution dans la compréhension des épidémies. Les surprises et les conclusions contre-intuitives n’y sont pas rares. Beaucoup de questions restent sans réponse, dont la principale, « pourquoi les parasites nous tuent-ils ? ». Ou plongent dans la perplexité : « Les mâles sont-ils les parasites des femelles ? »

Le chapitre sur les traitements, alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 débute lentement en France, souligne la complexité du sujet. La phagothérapie, les peptides antimicrobiens, les moustiques transgéniques ont des avantages et des inconvénients. Sur les vaccins, qui font pression sur l’environnement du virus, le biologiste prévoit que de futures souches plus virulentes émergent – le variant britannique est, lui, plus contagieux –, au risque de menacer les personnes non vaccinées.

Écologie: le référendum de Macron, gros coup de com’

Écologie: le référendum de Macron, gros coup de com’

 

C’est évidemment un énorme coup de com’ cette proposition de référendum concernant la constitution pour y intégrer les préoccupations écologiques qui par parenthèse y figurent déjà avec la charte de l’environnement de Chirac de 2005 qui a valeur constitutionnelle.

 

Comme tous référendum, le risque est à double tranchant. Il peut mettre en difficulté l’opposition mais aussi ce retourner contre le chef d’État. En effet l’intégration dans la constitution ne changera strictement rien.

Ce que recherchent Macron c’est d’une part de faire semblant de donner satisfaction à la fameuse convention citoyenne qui se rebelle contre les abandons du gouvernement en matière écologique, d’autre part surtout d’obtenir un plébiscite sur une question sans enjeu pour compenser son manque de soutien politique dans la population.

Bref une manœuvre habituelle qui va être détaillée, analysée quant à son enjeu réel et pourrait se retourner contre le chef de l’État.

Écologie : les Français davantage optimistes

Écologie : les Français davantage optimistes

D’après le sondage l’IFOP pour la Tribune les Français sont moins pessimistes à propos de la problématique climatique. Cette tendance confirme, selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, « le tournant écologique de l’opinion publique » dont la première préoccupation est devenue la lutte contre le dérèglement climatique.

Le sondage montre la très forte notoriété de la COP21 connue par 85% des Français et précisément par 42% d’entre eux. Certes, les Français, par scepticisme ou réalisme, estiment encore, à 65%, que cet accord a été surtout « de façade » et n’a permis de réduire qu’à la marge les émissions de CO2, ce qui est stricte vérité. Mais c’est 10 points en dessous de leur réponse à la même question il y a un an, où 75% des Français n’y croyaient pas.

Sur les moyens mis en oeuvre pour la transition écologique, les Français estiment à 57% que l’accord de Paris a eu un impact positif sur le développement des énergies renouvelables, et 35% pensent que cela a effectivement permis de commencer de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mieux, une courte majorité de 55% pense aussi que l’objectif, contraignant, de l’accord prévoyant de « contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique nettement en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels » est « réalisable ».

 

Les Français pensent que la mesure la plus efficace concerne le comportement des consommateurs et des citoyens pour 63 %. Les Français réclame aussi une réglementation plus contraignante pour protéger les forêts et en troisième position, 6 sur 10 demandent plus d’aides financières pour rénover les logements (sans doute ont-ils entendu parler de l’arrivée prochaine de Ma Prime Renov’…). 6 Français sur 10 citent la nécessité de développer la part des énergies renouvelables dans le mix.

La question de la place de la voiture en ville et de l’instauration de zones à faibles émissions est aussi prise en compte majoritairement comme indispensable ou importante

« Concilier économie et écologie»

 « Concilier économie et écologie»

 

Un collectif d’élus de la majorité, responsables associatifs, scientifiques, acteurs du monde économique, regroupés au sein du nouveau « parti de la nature » créé à l’initiative du conseiller régional (MoDem) Yann Wehrling, explique, dans une tribune au « Monde », comment il veut encourager le gouvernement à « aller encore plus loin » dans la protection de la biodiversité et de la cause animale.

Tribune.

 

 60 % à 70 % du monde sauvage a disparu au cours des quarante dernières années. Selon les scientifiques, il pourrait s’agir de la sixième grande extinction d’espèces. Nous, les humains, en sommes la cause. Et c’est notre génération qui a la plus lourde responsabilité : d’auteur de la tragédie et de sauver ce qui peut encore l’être.

En outre, le 29 octobre, jour où la France entrait dans son second confinement, l’ONU publiait un rapport établissant clairement un lien entre l’émergence accrue de nouveaux virus comme le Covid-19 et les atteintes à la nature et aux espèces animales. Protéger la planète et la nature, c’est donc aussi protéger notre santé.

Ouvrons-nous suffisamment les yeux ? La prise de conscience est timide mais elle grandit, notamment chez les jeunes. Nous devons modifier notre rapport à la planète et au monde vivant dont nous sommes partie intégrante, faute de quoi, in fine, c’est notre propre espèce que nous mettrons en danger.

De quel « droit » détruisons-nous notre environnement au nom d’un développement économique à court terme, aveugle et irresponsable ? La question de l’écologie était la première préoccupation lors des dernières élections. Dans les urnes et dans la rue, les Français montrent leur impatience, et certains avec excès.

Crime d’« écocide »

Dans le même temps, des vents contraires soufflent. Des groupes se mobilisent pour revenir sur les timides avancées. Les arguments sont toujours les mêmes : la préservation de l’économie, de la productivité, de l’emploi… ou des traditions.

L’écologie doit « embarquer » tout le monde et ne peut se satisfaire des vieux clivages

Nous refusons de croire que le choix est à faire entre écologie et économie car quand l’équation est ainsi posée, le résultat est presque toujours le même : l’économie gagne, l’écologie perd – même et surtout quand l’économie s’enfonce. Nous n’avons donc d’autre choix que la conciliation entre économie et écologie. Mais cela implique un autre modèle économique.

Les progrès attendus ne se feront ni par incantations ni par des mesures radicales dont l’échec nous ferait revenir à la case départ. Notre conception de l’action est de mettre le réalisme au service de notre ambition. C’est pourquoi nous nous situons au centre du paysage politique, tant il est vrai que l’écologie doit « embarquer » tout le monde et ne peut se satisfaire des vieux clivages.

La raison d’être de notre réseau est d’encourager le gouvernement à ne freiner en rien son action et encore moins à reculer. Nous porterons des propositions pour aller encore plus loin.

Yannick Jadot menace de se présenter sans la bénédiction d’Europe écologie les Verts

Yannick Jadot menace de se présenter sans la bénédiction d’Europe écologie les Verts

Le torchon brûle entre Yannick Jadot et Europe écologie les Verts. Déjà désigné candidat d’EELV en 2017 avant son retrait en faveur de Benoît Hamon, l’élu pourrait cette fois être tenté de s’émanciper de la stratégie de son parti. Il est vrai qu’il ne se sent en réalité guère soutenu par l’équipe aux commandes que son entourage soupçonne de vouloir torpiller sa candidature. Une étude de l’IFOP publiée dans le JDD indique que 45 % des sondés le considèrent comme un bon représentant de la gauche en 2022, derrière Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon mais loin devant Eric Piolle (27 %), son principal challenger à EELV.

Yannick Jadot croit pouvoir réparer les liens avec le PS, abîmés depuis la sortie de la maire de Paris sur le « rapport à la République » des écologistes. « C’est un dérapage qui mine le respect et la confiance indispensables au bon fonctionnement d’une majorité », a-t-il regretté. Tout en espérant qu’Anne Hidalgo « contribuera » à « rassembler les forces qui, entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, veulent bâtir une alternative crédible, écologiste, sociale et républicaine. »

Le temps risque pourtant de se faire long avant le début de la campagne pour les primaires. Yannick Jadot veut croire qu’un « cycle politique nouveau s’ouvrira en janvier ». Ce sera alors pour lui « le temps des propositions programmatiques, sur la jeunesse en particulier ». Une rentrée de plus dans le costume inconfortable du presque candidat.

 

 

«Ecologie et démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«Ecologie et  démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

 

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

 

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

Ecologie-Pour une transition agricole plus végétale

Ecologie-Pour une transition agricole plus végétale  

Une  alimentation plus végétale permettra progressivement d’atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris sur le climat et de maintenir notre consommation dans les limites des ressources de la planète, relève, dans une tribune au « Monde », un collectif de quatorze chercheurs.

Tribune.

 

Le plan de relance économique annoncé lundi 20 juillet par Bruno Le Maire [le ministre de l’économie, des finances et de la relance], qui sera présenté le 25 août en conseil des ministres, prévoit de répartir 100 milliards d’euros d’aides aux secteurs touchés par la crise sanitaire, dont 30 milliards à la transition écologique. Dans ce contexte, le secteur agricole est triplement stratégique : il conditionne notre autonomie alimentaire et a une influence majeure sur l’environnement ainsi que sur la santé publique.

En ce qui concerne l’environnement, un consensus se dessine sur l’importance d’opérer une transition vers une alimentation plus végétale pour atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris sur le climat et pour maintenir notre consommation dans les limites des ressources de la planète.

 

Ce changement de cap est primordial : dans un article scientifique paru en mai, le chercheur Brent Kim et son équipe prévoyaient que, si les 140 pays dont l’alimentation a été modélisée adoptaient conjointement celle des pays les plus riches, l’empreinte climatique et d’eau de leur production alimentaire se détériorerait respectivement de 135 % et 47 %. Au contraire, la végétalisation de l’alimentation permet de diviser par plus de trois l’impact climatique de la production alimentaire, si bien que le régime végétalien est celui qui émet le moins de gaz à effet de serre dans 97 % des pays étudiés.

Une seconde étude parue elle aussi en mai, publiée par Marco Springmann et son équipe dans la prestigieuse revue de médecine The British Medical Journal, a étudié, dans 85 pays, les implications sanitaires et environnementales de l’adoption de directives alimentaires nationales.

Le recueil de données sur l’alimentation et la santé de centaines de milliers de personnes au travers d’études menées sur des décennies tout autour du globe a permis d’estimer l’impact de l’alimentation sur un ensemble de maladies non transmissibles (maladies coronariennes, AVC, diabète de type 2, cancers du côlon et du rectum, et maladies respiratoires liées au surpoids).

 

En France, l’adoption des recommandations alimentaires nationales permettrait d’éviter 9,2 % des morts prématurées (de 30 ans à 69 ans) et de réduire de 35 % l’impact climatique de la production de l’alimentation française. L’adoption d’un régime flexitarien, correspondant à la consommation moyenne de 300 grammes de viande par semaine, permet quant à lui d’éviter 18,9 % des morts prématurées et de réduire l’impact climatique de 74 %. Enfin, contrairement à la croyance bien ancrée selon laquelle il serait nécessairement à risque, un régime végétalien bien équilibré aurait un impact positif drastique sur les maladies liées à l’alimentation, évitant 22 % des morts prématurées et réduisant de 91 % l’impact climatique. »

 

Écologie et mysticisme !

Écologie et mysticisme !

L’énergie que l’on est prêt à déployer pour défendre la faune et la flore est décuplée lorsque, à travers une sorte de cérémonie, on crée des liens avec elles, explique dans le Monde le dessinateur et chercheur en sciences cognitives Alessandro Pignocchi.

Entretien.

Alessandro Pignocchi, chercheur en sciences cognitives devenu bédéiste zadiste (puntish.blogspot.com), est l’auteur de La Recomposition des mondes (Seuil, 2019) et de trois tomes de la série Petit traité d’écologie sauvage (éditions Steinkis). A la ZAD, la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, où les rituels ne sont pas absents, notamment lors des fêtes du solstice d’été, il anime une commission créée sur le sujet.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité inventer des rituels sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ?

Nos motivations sont multiples, mais l’une d’elles considère les rituels comme un outil essentiel pour accomplir la transformation cosmologique que tant de gens appellent aujourd’hui de leurs vœux. Celle-ci consiste, en simplifiant beaucoup, à se déplacer d’un monde où les plantes, les animaux et les milieux de vie sont considérés comme des objets que l’on protège ou exploite, vers un monde où ceux-ci sont des sujets avec lesquels on entretient des relations qui relèvent du registre du social.

Passer du temps à inventer collectivement un rituel au cours duquel, par exemple, on personnifie certains arbres de la forêt de Rohanne (Loire-Atlantique) – la forêt de la ZAD – renforce son statut de sujet. Loin d’une simple ressource de bois, elle devient une amie, un membre à part entière du collectif, et l’énergie que l’on sera prêt à déployer pour la défendre s’en trouve décuplée.

Ces cérémonies relèvent-elles d’une forme d’animisme ?

A partir du moment où l’on considère, comme c’est le cas sur la ZAD, qu’une forêt, une mare et un groupe de tritons ont des intérêts qui leur sont propres et qu’on en tient compte, on est davantage dans l’animisme que dans le naturalisme occidental. Mais aucun d’entre nous n’est animiste au sens où un Jivaro peut l’être. Les Jivaros considèrent que les plantes et les animaux ont une vie sociale semblable à celle des humains, avec leurs rituels, leurs shamans, et qu’ils viennent en parler avec les humains lors des rêves et des transes hallucinatoires. Lorsqu’on intègre des éléments de ce type dans nos rituels, c’est bien sûr avec humour et second degré.

La mise à distance de la cérémonie par l’humour n’empêche-t-elle pas de la vivre pleinement ?

Absolument pas, c’est ça qui est étonnant. Selon les anthropologues, beaucoup de rituels sont d’ailleurs accomplis avec une forme de second degré. C’est flagrant chez les Jivaros. Lorsque je suis chez eux et que je leur demande s’ils croient à ce qu’ils sont en train de faire, par exemple lors d’un rituel shamanique, ça les fait rire. Lors d’une pratique rituelle, même sur des sujets graves, ils peuvent paraître très sérieux à un instant donné, et en rire aux éclats l’instant d’après. Il ne s’agit pas de mettre des garde-fous par le biais de l’humour, mais plutôt de ne pas laisser le terrain du réenchantement du monde aux mystiques. Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une forme ou une autre d’obscurantisme pour tendre vers des relations aux plantes, aux animaux et aux milieux de vie qui se colorent de toutes les nuances de la vie sociale. Les rituels sont un outil de lutte, parmi de nombreux autres, pour s’attaquer à la suprématie de la sphère économique et au rapport utilitaire au monde qu’elle impose.

Pour une écologie du consensus

Pour une écologie du consensus

 

 

L’avocate, ancienne ministre de l’environnement et présidente de Cap21-LRC, plaide, dans une tribune au « Monde », en faveur de réformes structurelles et d’une écologie « pragmatique et réaliste », ni « cache-misère » ni « expression extrême d’un dogmatisme qui décourage ».

Tribune.

 

A l’heure où l’étendue et la gravité de la crise écologique ne sont plus niées par personne mais où malheureusement la politique des petits pas fait florès, les écologistes ont collectivement, quelle que soit leur sensibilité initiale, une responsabilité commune : celle de convaincre nos concitoyens de l’urgence, de la possibilité et de l’intérêt d’une transition réelle de l’économie de la société.

Le « greenwashing », qui a fait la fortune d’un certain nombre de sociétés de conseil au bénéfice de grandes entreprises multinationales et internationales, est désormais l’apanage des gouvernements et plus particulièrement du nôtre. Des mesures, certes utiles mais très modestes, déconnectées les unes des autres, permettant le maintien de politiques incohérentes avec l’objectif affiché, sont annoncées et donnent l’impression à nos concitoyens que la « révolution verte » est en marche. Mais il n’en est rien : les grandes mesures structurelles et structurantes ne sont toujours pas prises et il manque une cohérence d’ensemble.

Ce n’est pas en focalisant le regard et l’ouïe du citoyen sur un sujet mineur comme la suppression des terrasses chauffées, ou en faisant passer tous les écologistes pour des décroissants, théoriciens ou sectaires que les concitoyens seront pleinement convaincus de la volonté de relance « verte » du gouvernement. Certains peuvent certes se laisser tromper par cette vieille technique de communication politique mais, si les écologistes prennent pleinement leurs responsabilités, la stratégie trompeuse de la majorité fera pschitt.

La responsabilité des écologistes face à cette offensive est double :

D’une part, et c’est bien le minimum, il faut éviter d’alimenter la pompe à rumeurs et à décrédibilisation. Malheureusement, depuis quelques jours, les maladresses et absurdités se succèdent les unes aux autres, même si certaines ont été commises en réponse à des provocations ou des actions perçues comme telles. Qu’il s’agisse de la forme inacceptable des propos des élues Vertes de Paris – même si le fond est juste et qu’il ne peut être question de défendre la moindre faiblesse à l’égard du viol sous quelque forme que ce soit ni la moindre complaisance à l’égard de ceux qui ferment les yeux – qui ont décrédibilisé les causes écologiste et féministe et renforcé l’idée d’un manque de loyauté.

Ou encore des propos de maires Verts nouvellement élus, en particulier dans des comparaisons pour le moins malencontreuses entre notre police nationale et la police de Vichy, qui renforcent l’idée d’un extrémisme Vert rendant impossible l’idée d’une majorité écologiste capable de gouverner. La politique est un univers sans scrupules et violent, rien ne sera pardonné à des responsables écologistes, ils doivent plus que d’autres jeunes élus faire leurs preuves. Et le problème est que leur comportement pèse sur toute la famille écologiste.

 

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

Dans le journal Ouest-France, le Premier ministre Jean Castex explique sa conception de l’écologie, une écologie de terrain dit-il sans doute pour s’opposer à une écologie dite de salon. Une belle profession de foi au parfum un peu politicien et un peu démago quand il prend le support de l’environnement pour parler de tout comme par exemple l’apaisement politique ! La chronique du Premier ministre :

 

 

« Dans mon discours de politique générale, j’ai proposé qu’à partir des initiatives qui – et parfois depuis longtemps – ont germé un peu partout en France, l’ensemble des acteurs d’un territoire se réunissent pour bâtir un véritable plan de transition écologique autour d’éléments aussi concrets que la rénovation thermique, les circuits courts, les pistes cyclables, les économies d’énergie, l’artificialisation des terres, les énergies renouvelables… abordés à l’échelle de leur ville ou de leur village. Dans un cadre concerté, ce plan devra fixer des objectifs précis, chiffrés et mesurables. Belle façon d’impliquer les plus jeunes qui verront là, chez eux, les moyens de s’engager personnellement dans la lutte contre le réchauffement climatique ! Chacun doit se sentir responsable et impliqué dans cette grande affaire parce que je crois que l’État seul ne peut rien.

C’est le sens de la méthode que j’entends insuffler pour accélérer la transition écologique : donner les moyens à chaque citoyen, à chaque entreprise et à chaque association de s’engager à son échelle. L’État et les collectivités sont là pour les accompagner, pour fixer le cadre et pour coordonner les efforts. Sur le terrain, on se parle et on s’écoute ! Tout le monde doit travailler ensemble, les associations environnementales, les entrepreneurs, les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs…

« L’écologie à laquelle je crois est aussi celle du dialogue et de l’apaisement »

Ma mission en tant que Premier ministre de la République française est de contribuer à réconcilier toutes les France, celle urbaine dont les déplacements quotidiens en transports en commun ou à vélo sont souvent facilités par de solides infrastructures, mais aussi celle périurbaine voire rurale, constituée d’automobilistes pour qui la voiture est encore une nécessité et qui ont été trop souvent stigmatisés. Construisons avec eux les solutions.

Un tel dessein passe nécessairement par le dialogue, la concertation et la participation citoyenne, et le succès de la Convention citoyenne pour le climat voulue par le président de la République souligne une évidence : c’est par le dialogue qu’émergent des actions concrètes et des idées nouvelles. Et là encore, le local est particulièrement adapté à l’échange, à l’échelle d’un territoire, d’une commune ou d’un quartier.

« L’écologie à laquelle je crois est, enfin, une écologie de l’emploi, de l’innovation et de la croissance »

Une écologie qui crée de la richesse partout sur les territoires et y compris dans les ruralités. L’écologie est pour moi un projet d’amélioration de la qualité de vie, de notre performance économique et évidemment, de notre souveraineté.

C’est pourquoi, avec Barbara Pompili et l’ensemble des membres du gouvernement, nous mettons déjà ces principes en œuvre. Près du tiers des investissements prévus par le plan de relance, qui sera présenté fin août en Conseil des ministres, sera directement dédié à la conversion écologique de notre économie. Ce plan de relance sans précédent créera les conditions d’une croissance écologique, mais aussi des emplois qualifiés dès aujourd’hui et pour les jeunes qui entreront prochainement sur le marché du travail. L’action de la Convention citoyenne sur le climat, dont j’ai notamment reçu des représentants, sera prolongée par des mesures concrètes et ambitieuses.

L’écologie n’est pas l’apanage d’une génération. Elle n’est pas la propriété des grandes villes et elle l’est encore moins des partis politiques. L’écologie à laquelle je crois est celle de l’action plutôt que de l’incantation. Si nous voulons qu’elle soit créatrice de valeur, qu’elle soit efficace tout en étant juste, alors elle doit être l’affaire de tous les citoyens. »

MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE: BARBARA POMPILI, l’alibi Écolo

MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE: BARBARA POMPILI, l’alibi  Écolo

Une écologiste de cœur indique le biographe qui a dû fournir des éléments à une agence de presse pour décrire l’intéressé. La vérité est peut-être un peu différente. Comme beaucoup ces produits de Sciences-po , elle connaît les filières pour avancer dans le milieu politique. D’ailleurs elle a commencé comme attaché parlementaire des verts pour ensuite naviguer entre les courants complexes et contradictoires des écologistes. Pour simplifier, ce n’est pas une personnalité de premier rang mais plutôt un deuxième couteau comme il en existe à gauche ou à droite et dont l’objectif finalement est de parvenir un jour à devenir ministre. Tous les partis ont dans leurs rangs ce type responsable dont  l’intérêt de carrière politique prend largement le pas sur l’intérêt général.

On  peut classer Barbara Pompili parmi les deuxièmes ou troisièmes couteaux. Elle est là redonner  un coup de peinture verte sur les aspects trop gris de la politique gouvernementale. Elle n’a pas vraiment marqué son passage  comme ancienne secrétaire d’État chargée de la Biodiversité dans les gouvernements de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve mais elle fut l’une des premières personnalités de gauche à apporter son soutien à Emmanuel Macron avant la dernière course à l’Elysée.

Ancienne militante des Verts dont elle s’est éloignée, Barbara Pompili doit théoriquement incarner le tournant écologique pris par Emmanuel Macron au lendemain du second tour des élections municipales qui a vu des villes comme Lyon, Strasbourg et Bordeaux tomber entre les mains de défenseurs de l’environnement.

Il est clair que Barbara n’a pas le charisme ou l’épaisseur politique d’un grand leader écolo. Elle va jouer les utilités et sinon recruter pour Macron au moins essayer de limiter les dégâts. On notera d’ailleurs que le nouveau chef de gouvernement a fait à peu près l’impasse sur la question environnementale depuis son arrivée !

Écologie : «une idéologie» selon Buzyn !!!

Écologie : «une idéologie»  selon Buzyn  !!!

 

L’approximation intellectuelle caractérise un certain nombre de membres gouvernement arrivés là un peu par hasard avec leur seul bagage professionnel. Un manque évident de connaissances des réalités socio- économiques, d’expérience politique voir même de culture. C’est le cas quand Agnès Buzyn  récuse le mot écologie le considérant comme un terme trop idéologique.  Une confusion sémantique grave pour cette ancienne hospitalière  sans doute compétente dans son domaine mais dramatiquement inculte en matière de politique et en l’occurrence en matière d’écologie. En effet il n’y a nullement opposition contradiction entre environnement et écologie.

L’environnement est considéré comme étant le cadre naturel dans lequel l’homme vit. Ainsi, l’environnement est tout ce qui nous entoure et l’écologie est la science qui sert à la protéger.

Le drame de la république en marche ce révèle à travers les propos aberrants de sa candidate à Paris et témoigne de leur nullité politique voir intellectuelle. Candidate en faveur de l’«environnement», plutôt que de l’«écologie»Pourtant lancée à la conquête du vote «vert» à Paris, Agnès Buzyn a tenu à marquer cette distinction, vendredi sur France Info«Je n’aime pas le mot écologie, parce que derrière il y a toute une idéologie qui est parfois punitive», a expliqué la cheffe de file des «marcheurs» dans la capitale, à huit jours des élections municipales. Le pire c’est que c’est le gouvernement lui-même qui a donné à l’écologie son caractère punitif avec les fameuses taxes sur le carburant qui a donné lieu mouvement des gilets jaunes. En plus l’ex ministre de la santé , candidate à Paris a vraiment la mémoire courte. D’autant que parallèlement le gouvernement travaille toujours sur la perspective d’une nouvelle taxe carbone !

 Cette dimension «punitive», dénoncée aussi dans les rangs de la droite et du Rassemblement national, «c’est ce que je reproche à la municipalité actuelle», a-t-elle appuyé. Tout en déplorant une «bétonisation» et les «ravages de la pollution», dans une ville «en surchauffe», dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, alliée aux écologistes d’Europe Écologie-Les Verts et aux communistes.

En prenant cette précaution linguistique, la candidate LREM se dédit aussi elle-même. Sur le terrain, Agnès Buzyn ne se prive pas de vanter une «écologie du quotidien», en promettant dans son programme la rénovation les bois de Boulogne et de Vincennes, la végétalisation des quais de Seine ou encore l’interdiction des cars de tourisme. Le 19 février dernier, elle décrivait même «l’écologie» comme une «évidence». On peut défendre la chose, sans pour autant porter dans son cœur le mot.

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