Archive pour le Tag 'écologie'

Santé et vivant: « Evolution, écologie et pandémies « 

 Santé et vivant: « Evolution, écologie et pandémies « 

 

Le biologiste Samuel Alizon déploie ses talents de pédagogue dans son  livre pour mettre en lumière l’apport de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries, dans la compréhension des épidémies.

 

Analyse du Monde (extrait)

 

Le Seuil a eu la bonne idée de ressortir en poche un livre paru en 2016, précieux en ces temps de pandémie. La parution s’accompagne d’un nouveau chapitre et surtout d’une postface incisive où l’auteur, Samuel Alizon, biologiste très impliqué dans l’analyse des génomes viraux et la modélisation de l’épidémie, livre ses pensées à chaud sur la crise en cours. Il y est notamment question des faiblesses françaises de la politique sanitaire, qui privilégierait le soin plutôt que la prévention, et de la politique de recherche, qualifiée d’« utilitariste ». A l’appui de ces critiques, l’auteur rappelle que le Covid-19 est arrivé alors qu’il y avait des protestations des personnels à l’hôpital et des manifestations de chercheurs opposés à une loi de programmation budgétaire.

Surtout, il déploie dans le cœur du livre ses talents de pédagogue sur le fonctionnement des parasites avec une approche très darwinienne, qui revendique la prise en compte de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries. Le biologiste commence par rappeler les trois concepts-clé de l’évolution – la variabilité, l’héritabilité et la sélectivité –, pour expliquer les mécanismes des épidémies, l’apparition de résistance, l’origine des pandémies, leur modélisation… On saute de bactéries en virus, du sida à Ebola en passant par le cancer, la drépanocytose ou la myxomatose.

Faire dialoguer les biologies

Le premier chapitre justifie ce regard particulier car le spécialiste considère que la médecine actuelle est assez hémiplégique, tournée vers les mécanismes de biologie moléculaire individuels plutôt que vers l’étude des effets de l’évolution sur les populations. Ce serait la victoire de Pasteur sur Darwin. Mais pour l’auteur il est urgent de faire dialoguer ces deux biologies.

Les chapitres suivants apportent des preuves nombreuses de l’apport de l’évolution dans la compréhension des épidémies. Les surprises et les conclusions contre-intuitives n’y sont pas rares. Beaucoup de questions restent sans réponse, dont la principale, « pourquoi les parasites nous tuent-ils ? ». Ou plongent dans la perplexité : « Les mâles sont-ils les parasites des femelles ? »

Le chapitre sur les traitements, alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 débute lentement en France, souligne la complexité du sujet. La phagothérapie, les peptides antimicrobiens, les moustiques transgéniques ont des avantages et des inconvénients. Sur les vaccins, qui font pression sur l’environnement du virus, le biologiste prévoit que de futures souches plus virulentes émergent – le variant britannique est, lui, plus contagieux –, au risque de menacer les personnes non vaccinées.

« Evolution, écologie et pandémies »

« Evolution, écologie et pandémies »

 

Le biologiste Samuel Alizon déploie ses talents de pédagogue dans son  livre pour mettre en lumière l’apport de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries, dans la compréhension des épidémies.

 

Analyse du Monde (extrait)

 

Le Seuil a eu la bonne idée de ressortir en poche un livre paru en 2016, précieux en ces temps de pandémie. La parution s’accompagne d’un nouveau chapitre et surtout d’une postface incisive où l’auteur, Samuel Alizon, biologiste très impliqué dans l’analyse des génomes viraux et la modélisation de l’épidémie, livre ses pensées à chaud sur la crise en cours. Il y est notamment question des faiblesses françaises de la politique sanitaire, qui privilégierait le soin plutôt que la prévention, et de la politique de recherche, qualifiée d’« utilitariste ». A l’appui de ces critiques, l’auteur rappelle que le Covid-19 est arrivé alors qu’il y avait des protestations des personnels à l’hôpital et des manifestations de chercheurs opposés à une loi de programmation budgétaire.

Surtout, il déploie dans le cœur du livre ses talents de pédagogue sur le fonctionnement des parasites avec une approche très darwinienne, qui revendique la prise en compte de l’évolution des populations, des hôtes comme des virus ou bactéries. Le biologiste commence par rappeler les trois concepts-clé de l’évolution – la variabilité, l’héritabilité et la sélectivité –, pour expliquer les mécanismes des épidémies, l’apparition de résistance, l’origine des pandémies, leur modélisation… On saute de bactéries en virus, du sida à Ebola en passant par le cancer, la drépanocytose ou la myxomatose.

Faire dialoguer les biologies

Le premier chapitre justifie ce regard particulier car le spécialiste considère que la médecine actuelle est assez hémiplégique, tournée vers les mécanismes de biologie moléculaire individuels plutôt que vers l’étude des effets de l’évolution sur les populations. Ce serait la victoire de Pasteur sur Darwin. Mais pour l’auteur il est urgent de faire dialoguer ces deux biologies.

Les chapitres suivants apportent des preuves nombreuses de l’apport de l’évolution dans la compréhension des épidémies. Les surprises et les conclusions contre-intuitives n’y sont pas rares. Beaucoup de questions restent sans réponse, dont la principale, « pourquoi les parasites nous tuent-ils ? ». Ou plongent dans la perplexité : « Les mâles sont-ils les parasites des femelles ? »

Le chapitre sur les traitements, alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 débute lentement en France, souligne la complexité du sujet. La phagothérapie, les peptides antimicrobiens, les moustiques transgéniques ont des avantages et des inconvénients. Sur les vaccins, qui font pression sur l’environnement du virus, le biologiste prévoit que de futures souches plus virulentes émergent – le variant britannique est, lui, plus contagieux –, au risque de menacer les personnes non vaccinées.

Écologie: le référendum de Macron, gros coup de com’

Écologie: le référendum de Macron, gros coup de com’

 

C’est évidemment un énorme coup de com’ cette proposition de référendum concernant la constitution pour y intégrer les préoccupations écologiques qui par parenthèse y figurent déjà avec la charte de l’environnement de Chirac de 2005 qui a valeur constitutionnelle.

 

Comme tous référendum, le risque est à double tranchant. Il peut mettre en difficulté l’opposition mais aussi ce retourner contre le chef d’État. En effet l’intégration dans la constitution ne changera strictement rien.

Ce que recherchent Macron c’est d’une part de faire semblant de donner satisfaction à la fameuse convention citoyenne qui se rebelle contre les abandons du gouvernement en matière écologique, d’autre part surtout d’obtenir un plébiscite sur une question sans enjeu pour compenser son manque de soutien politique dans la population.

Bref une manœuvre habituelle qui va être détaillée, analysée quant à son enjeu réel et pourrait se retourner contre le chef de l’État.

Écologie : les Français davantage optimistes

Écologie : les Français davantage optimistes

D’après le sondage l’IFOP pour la Tribune les Français sont moins pessimistes à propos de la problématique climatique. Cette tendance confirme, selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, « le tournant écologique de l’opinion publique » dont la première préoccupation est devenue la lutte contre le dérèglement climatique.

Le sondage montre la très forte notoriété de la COP21 connue par 85% des Français et précisément par 42% d’entre eux. Certes, les Français, par scepticisme ou réalisme, estiment encore, à 65%, que cet accord a été surtout « de façade » et n’a permis de réduire qu’à la marge les émissions de CO2, ce qui est stricte vérité. Mais c’est 10 points en dessous de leur réponse à la même question il y a un an, où 75% des Français n’y croyaient pas.

Sur les moyens mis en oeuvre pour la transition écologique, les Français estiment à 57% que l’accord de Paris a eu un impact positif sur le développement des énergies renouvelables, et 35% pensent que cela a effectivement permis de commencer de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mieux, une courte majorité de 55% pense aussi que l’objectif, contraignant, de l’accord prévoyant de « contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique nettement en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels » est « réalisable ».

 

Les Français pensent que la mesure la plus efficace concerne le comportement des consommateurs et des citoyens pour 63 %. Les Français réclame aussi une réglementation plus contraignante pour protéger les forêts et en troisième position, 6 sur 10 demandent plus d’aides financières pour rénover les logements (sans doute ont-ils entendu parler de l’arrivée prochaine de Ma Prime Renov’…). 6 Français sur 10 citent la nécessité de développer la part des énergies renouvelables dans le mix.

La question de la place de la voiture en ville et de l’instauration de zones à faibles émissions est aussi prise en compte majoritairement comme indispensable ou importante

« Concilier économie et écologie»

 « Concilier économie et écologie»

 

Un collectif d’élus de la majorité, responsables associatifs, scientifiques, acteurs du monde économique, regroupés au sein du nouveau « parti de la nature » créé à l’initiative du conseiller régional (MoDem) Yann Wehrling, explique, dans une tribune au « Monde », comment il veut encourager le gouvernement à « aller encore plus loin » dans la protection de la biodiversité et de la cause animale.

Tribune.

 

 60 % à 70 % du monde sauvage a disparu au cours des quarante dernières années. Selon les scientifiques, il pourrait s’agir de la sixième grande extinction d’espèces. Nous, les humains, en sommes la cause. Et c’est notre génération qui a la plus lourde responsabilité : d’auteur de la tragédie et de sauver ce qui peut encore l’être.

En outre, le 29 octobre, jour où la France entrait dans son second confinement, l’ONU publiait un rapport établissant clairement un lien entre l’émergence accrue de nouveaux virus comme le Covid-19 et les atteintes à la nature et aux espèces animales. Protéger la planète et la nature, c’est donc aussi protéger notre santé.

Ouvrons-nous suffisamment les yeux ? La prise de conscience est timide mais elle grandit, notamment chez les jeunes. Nous devons modifier notre rapport à la planète et au monde vivant dont nous sommes partie intégrante, faute de quoi, in fine, c’est notre propre espèce que nous mettrons en danger.

De quel « droit » détruisons-nous notre environnement au nom d’un développement économique à court terme, aveugle et irresponsable ? La question de l’écologie était la première préoccupation lors des dernières élections. Dans les urnes et dans la rue, les Français montrent leur impatience, et certains avec excès.

Crime d’« écocide »

Dans le même temps, des vents contraires soufflent. Des groupes se mobilisent pour revenir sur les timides avancées. Les arguments sont toujours les mêmes : la préservation de l’économie, de la productivité, de l’emploi… ou des traditions.

L’écologie doit « embarquer » tout le monde et ne peut se satisfaire des vieux clivages

Nous refusons de croire que le choix est à faire entre écologie et économie car quand l’équation est ainsi posée, le résultat est presque toujours le même : l’économie gagne, l’écologie perd – même et surtout quand l’économie s’enfonce. Nous n’avons donc d’autre choix que la conciliation entre économie et écologie. Mais cela implique un autre modèle économique.

Les progrès attendus ne se feront ni par incantations ni par des mesures radicales dont l’échec nous ferait revenir à la case départ. Notre conception de l’action est de mettre le réalisme au service de notre ambition. C’est pourquoi nous nous situons au centre du paysage politique, tant il est vrai que l’écologie doit « embarquer » tout le monde et ne peut se satisfaire des vieux clivages.

La raison d’être de notre réseau est d’encourager le gouvernement à ne freiner en rien son action et encore moins à reculer. Nous porterons des propositions pour aller encore plus loin.

Yannick Jadot menace de se présenter sans la bénédiction d’Europe écologie les Verts

Yannick Jadot menace de se présenter sans la bénédiction d’Europe écologie les Verts

Le torchon brûle entre Yannick Jadot et Europe écologie les Verts. Déjà désigné candidat d’EELV en 2017 avant son retrait en faveur de Benoît Hamon, l’élu pourrait cette fois être tenté de s’émanciper de la stratégie de son parti. Il est vrai qu’il ne se sent en réalité guère soutenu par l’équipe aux commandes que son entourage soupçonne de vouloir torpiller sa candidature. Une étude de l’IFOP publiée dans le JDD indique que 45 % des sondés le considèrent comme un bon représentant de la gauche en 2022, derrière Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon mais loin devant Eric Piolle (27 %), son principal challenger à EELV.

Yannick Jadot croit pouvoir réparer les liens avec le PS, abîmés depuis la sortie de la maire de Paris sur le « rapport à la République » des écologistes. « C’est un dérapage qui mine le respect et la confiance indispensables au bon fonctionnement d’une majorité », a-t-il regretté. Tout en espérant qu’Anne Hidalgo « contribuera » à « rassembler les forces qui, entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, veulent bâtir une alternative crédible, écologiste, sociale et républicaine. »

Le temps risque pourtant de se faire long avant le début de la campagne pour les primaires. Yannick Jadot veut croire qu’un « cycle politique nouveau s’ouvrira en janvier ». Ce sera alors pour lui « le temps des propositions programmatiques, sur la jeunesse en particulier ». Une rentrée de plus dans le costume inconfortable du presque candidat.

 

 

«Ecologie et démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«Ecologie et  démographie : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

 

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

 

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

Ecologie-Pour une transition agricole plus végétale

Ecologie-Pour une transition agricole plus végétale  

Une  alimentation plus végétale permettra progressivement d’atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris sur le climat et de maintenir notre consommation dans les limites des ressources de la planète, relève, dans une tribune au « Monde », un collectif de quatorze chercheurs.

Tribune.

 

Le plan de relance économique annoncé lundi 20 juillet par Bruno Le Maire [le ministre de l’économie, des finances et de la relance], qui sera présenté le 25 août en conseil des ministres, prévoit de répartir 100 milliards d’euros d’aides aux secteurs touchés par la crise sanitaire, dont 30 milliards à la transition écologique. Dans ce contexte, le secteur agricole est triplement stratégique : il conditionne notre autonomie alimentaire et a une influence majeure sur l’environnement ainsi que sur la santé publique.

En ce qui concerne l’environnement, un consensus se dessine sur l’importance d’opérer une transition vers une alimentation plus végétale pour atteindre les objectifs fixés par les accords de Paris sur le climat et pour maintenir notre consommation dans les limites des ressources de la planète.

 

Ce changement de cap est primordial : dans un article scientifique paru en mai, le chercheur Brent Kim et son équipe prévoyaient que, si les 140 pays dont l’alimentation a été modélisée adoptaient conjointement celle des pays les plus riches, l’empreinte climatique et d’eau de leur production alimentaire se détériorerait respectivement de 135 % et 47 %. Au contraire, la végétalisation de l’alimentation permet de diviser par plus de trois l’impact climatique de la production alimentaire, si bien que le régime végétalien est celui qui émet le moins de gaz à effet de serre dans 97 % des pays étudiés.

Une seconde étude parue elle aussi en mai, publiée par Marco Springmann et son équipe dans la prestigieuse revue de médecine The British Medical Journal, a étudié, dans 85 pays, les implications sanitaires et environnementales de l’adoption de directives alimentaires nationales.

Le recueil de données sur l’alimentation et la santé de centaines de milliers de personnes au travers d’études menées sur des décennies tout autour du globe a permis d’estimer l’impact de l’alimentation sur un ensemble de maladies non transmissibles (maladies coronariennes, AVC, diabète de type 2, cancers du côlon et du rectum, et maladies respiratoires liées au surpoids).

 

En France, l’adoption des recommandations alimentaires nationales permettrait d’éviter 9,2 % des morts prématurées (de 30 ans à 69 ans) et de réduire de 35 % l’impact climatique de la production de l’alimentation française. L’adoption d’un régime flexitarien, correspondant à la consommation moyenne de 300 grammes de viande par semaine, permet quant à lui d’éviter 18,9 % des morts prématurées et de réduire l’impact climatique de 74 %. Enfin, contrairement à la croyance bien ancrée selon laquelle il serait nécessairement à risque, un régime végétalien bien équilibré aurait un impact positif drastique sur les maladies liées à l’alimentation, évitant 22 % des morts prématurées et réduisant de 91 % l’impact climatique. »

 

Écologie et mysticisme !

Écologie et mysticisme !

L’énergie que l’on est prêt à déployer pour défendre la faune et la flore est décuplée lorsque, à travers une sorte de cérémonie, on crée des liens avec elles, explique dans le Monde le dessinateur et chercheur en sciences cognitives Alessandro Pignocchi.

Entretien.

Alessandro Pignocchi, chercheur en sciences cognitives devenu bédéiste zadiste (puntish.blogspot.com), est l’auteur de La Recomposition des mondes (Seuil, 2019) et de trois tomes de la série Petit traité d’écologie sauvage (éditions Steinkis). A la ZAD, la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, où les rituels ne sont pas absents, notamment lors des fêtes du solstice d’été, il anime une commission créée sur le sujet.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité inventer des rituels sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ?

Nos motivations sont multiples, mais l’une d’elles considère les rituels comme un outil essentiel pour accomplir la transformation cosmologique que tant de gens appellent aujourd’hui de leurs vœux. Celle-ci consiste, en simplifiant beaucoup, à se déplacer d’un monde où les plantes, les animaux et les milieux de vie sont considérés comme des objets que l’on protège ou exploite, vers un monde où ceux-ci sont des sujets avec lesquels on entretient des relations qui relèvent du registre du social.

Passer du temps à inventer collectivement un rituel au cours duquel, par exemple, on personnifie certains arbres de la forêt de Rohanne (Loire-Atlantique) – la forêt de la ZAD – renforce son statut de sujet. Loin d’une simple ressource de bois, elle devient une amie, un membre à part entière du collectif, et l’énergie que l’on sera prêt à déployer pour la défendre s’en trouve décuplée.

Ces cérémonies relèvent-elles d’une forme d’animisme ?

A partir du moment où l’on considère, comme c’est le cas sur la ZAD, qu’une forêt, une mare et un groupe de tritons ont des intérêts qui leur sont propres et qu’on en tient compte, on est davantage dans l’animisme que dans le naturalisme occidental. Mais aucun d’entre nous n’est animiste au sens où un Jivaro peut l’être. Les Jivaros considèrent que les plantes et les animaux ont une vie sociale semblable à celle des humains, avec leurs rituels, leurs shamans, et qu’ils viennent en parler avec les humains lors des rêves et des transes hallucinatoires. Lorsqu’on intègre des éléments de ce type dans nos rituels, c’est bien sûr avec humour et second degré.

La mise à distance de la cérémonie par l’humour n’empêche-t-elle pas de la vivre pleinement ?

Absolument pas, c’est ça qui est étonnant. Selon les anthropologues, beaucoup de rituels sont d’ailleurs accomplis avec une forme de second degré. C’est flagrant chez les Jivaros. Lorsque je suis chez eux et que je leur demande s’ils croient à ce qu’ils sont en train de faire, par exemple lors d’un rituel shamanique, ça les fait rire. Lors d’une pratique rituelle, même sur des sujets graves, ils peuvent paraître très sérieux à un instant donné, et en rire aux éclats l’instant d’après. Il ne s’agit pas de mettre des garde-fous par le biais de l’humour, mais plutôt de ne pas laisser le terrain du réenchantement du monde aux mystiques. Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une forme ou une autre d’obscurantisme pour tendre vers des relations aux plantes, aux animaux et aux milieux de vie qui se colorent de toutes les nuances de la vie sociale. Les rituels sont un outil de lutte, parmi de nombreux autres, pour s’attaquer à la suprématie de la sphère économique et au rapport utilitaire au monde qu’elle impose.

Pour une écologie du consensus

Pour une écologie du consensus

 

 

L’avocate, ancienne ministre de l’environnement et présidente de Cap21-LRC, plaide, dans une tribune au « Monde », en faveur de réformes structurelles et d’une écologie « pragmatique et réaliste », ni « cache-misère » ni « expression extrême d’un dogmatisme qui décourage ».

Tribune.

 

A l’heure où l’étendue et la gravité de la crise écologique ne sont plus niées par personne mais où malheureusement la politique des petits pas fait florès, les écologistes ont collectivement, quelle que soit leur sensibilité initiale, une responsabilité commune : celle de convaincre nos concitoyens de l’urgence, de la possibilité et de l’intérêt d’une transition réelle de l’économie de la société.

Le « greenwashing », qui a fait la fortune d’un certain nombre de sociétés de conseil au bénéfice de grandes entreprises multinationales et internationales, est désormais l’apanage des gouvernements et plus particulièrement du nôtre. Des mesures, certes utiles mais très modestes, déconnectées les unes des autres, permettant le maintien de politiques incohérentes avec l’objectif affiché, sont annoncées et donnent l’impression à nos concitoyens que la « révolution verte » est en marche. Mais il n’en est rien : les grandes mesures structurelles et structurantes ne sont toujours pas prises et il manque une cohérence d’ensemble.

Ce n’est pas en focalisant le regard et l’ouïe du citoyen sur un sujet mineur comme la suppression des terrasses chauffées, ou en faisant passer tous les écologistes pour des décroissants, théoriciens ou sectaires que les concitoyens seront pleinement convaincus de la volonté de relance « verte » du gouvernement. Certains peuvent certes se laisser tromper par cette vieille technique de communication politique mais, si les écologistes prennent pleinement leurs responsabilités, la stratégie trompeuse de la majorité fera pschitt.

La responsabilité des écologistes face à cette offensive est double :

D’une part, et c’est bien le minimum, il faut éviter d’alimenter la pompe à rumeurs et à décrédibilisation. Malheureusement, depuis quelques jours, les maladresses et absurdités se succèdent les unes aux autres, même si certaines ont été commises en réponse à des provocations ou des actions perçues comme telles. Qu’il s’agisse de la forme inacceptable des propos des élues Vertes de Paris – même si le fond est juste et qu’il ne peut être question de défendre la moindre faiblesse à l’égard du viol sous quelque forme que ce soit ni la moindre complaisance à l’égard de ceux qui ferment les yeux – qui ont décrédibilisé les causes écologiste et féministe et renforcé l’idée d’un manque de loyauté.

Ou encore des propos de maires Verts nouvellement élus, en particulier dans des comparaisons pour le moins malencontreuses entre notre police nationale et la police de Vichy, qui renforcent l’idée d’un extrémisme Vert rendant impossible l’idée d’une majorité écologiste capable de gouverner. La politique est un univers sans scrupules et violent, rien ne sera pardonné à des responsables écologistes, ils doivent plus que d’autres jeunes élus faire leurs preuves. Et le problème est que leur comportement pèse sur toute la famille écologiste.

 

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

« UNE ÉCOLOGIE DE TERRAIN » ! (Castex)

Dans le journal Ouest-France, le Premier ministre Jean Castex explique sa conception de l’écologie, une écologie de terrain dit-il sans doute pour s’opposer à une écologie dite de salon. Une belle profession de foi au parfum un peu politicien et un peu démago quand il prend le support de l’environnement pour parler de tout comme par exemple l’apaisement politique ! La chronique du Premier ministre :

 

 

« Dans mon discours de politique générale, j’ai proposé qu’à partir des initiatives qui – et parfois depuis longtemps – ont germé un peu partout en France, l’ensemble des acteurs d’un territoire se réunissent pour bâtir un véritable plan de transition écologique autour d’éléments aussi concrets que la rénovation thermique, les circuits courts, les pistes cyclables, les économies d’énergie, l’artificialisation des terres, les énergies renouvelables… abordés à l’échelle de leur ville ou de leur village. Dans un cadre concerté, ce plan devra fixer des objectifs précis, chiffrés et mesurables. Belle façon d’impliquer les plus jeunes qui verront là, chez eux, les moyens de s’engager personnellement dans la lutte contre le réchauffement climatique ! Chacun doit se sentir responsable et impliqué dans cette grande affaire parce que je crois que l’État seul ne peut rien.

C’est le sens de la méthode que j’entends insuffler pour accélérer la transition écologique : donner les moyens à chaque citoyen, à chaque entreprise et à chaque association de s’engager à son échelle. L’État et les collectivités sont là pour les accompagner, pour fixer le cadre et pour coordonner les efforts. Sur le terrain, on se parle et on s’écoute ! Tout le monde doit travailler ensemble, les associations environnementales, les entrepreneurs, les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs…

« L’écologie à laquelle je crois est aussi celle du dialogue et de l’apaisement »

Ma mission en tant que Premier ministre de la République française est de contribuer à réconcilier toutes les France, celle urbaine dont les déplacements quotidiens en transports en commun ou à vélo sont souvent facilités par de solides infrastructures, mais aussi celle périurbaine voire rurale, constituée d’automobilistes pour qui la voiture est encore une nécessité et qui ont été trop souvent stigmatisés. Construisons avec eux les solutions.

Un tel dessein passe nécessairement par le dialogue, la concertation et la participation citoyenne, et le succès de la Convention citoyenne pour le climat voulue par le président de la République souligne une évidence : c’est par le dialogue qu’émergent des actions concrètes et des idées nouvelles. Et là encore, le local est particulièrement adapté à l’échange, à l’échelle d’un territoire, d’une commune ou d’un quartier.

« L’écologie à laquelle je crois est, enfin, une écologie de l’emploi, de l’innovation et de la croissance »

Une écologie qui crée de la richesse partout sur les territoires et y compris dans les ruralités. L’écologie est pour moi un projet d’amélioration de la qualité de vie, de notre performance économique et évidemment, de notre souveraineté.

C’est pourquoi, avec Barbara Pompili et l’ensemble des membres du gouvernement, nous mettons déjà ces principes en œuvre. Près du tiers des investissements prévus par le plan de relance, qui sera présenté fin août en Conseil des ministres, sera directement dédié à la conversion écologique de notre économie. Ce plan de relance sans précédent créera les conditions d’une croissance écologique, mais aussi des emplois qualifiés dès aujourd’hui et pour les jeunes qui entreront prochainement sur le marché du travail. L’action de la Convention citoyenne sur le climat, dont j’ai notamment reçu des représentants, sera prolongée par des mesures concrètes et ambitieuses.

L’écologie n’est pas l’apanage d’une génération. Elle n’est pas la propriété des grandes villes et elle l’est encore moins des partis politiques. L’écologie à laquelle je crois est celle de l’action plutôt que de l’incantation. Si nous voulons qu’elle soit créatrice de valeur, qu’elle soit efficace tout en étant juste, alors elle doit être l’affaire de tous les citoyens. »

MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE: BARBARA POMPILI, l’alibi Écolo

MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE: BARBARA POMPILI, l’alibi  Écolo

Une écologiste de cœur indique le biographe qui a dû fournir des éléments à une agence de presse pour décrire l’intéressé. La vérité est peut-être un peu différente. Comme beaucoup ces produits de Sciences-po , elle connaît les filières pour avancer dans le milieu politique. D’ailleurs elle a commencé comme attaché parlementaire des verts pour ensuite naviguer entre les courants complexes et contradictoires des écologistes. Pour simplifier, ce n’est pas une personnalité de premier rang mais plutôt un deuxième couteau comme il en existe à gauche ou à droite et dont l’objectif finalement est de parvenir un jour à devenir ministre. Tous les partis ont dans leurs rangs ce type responsable dont  l’intérêt de carrière politique prend largement le pas sur l’intérêt général.

On  peut classer Barbara Pompili parmi les deuxièmes ou troisièmes couteaux. Elle est là redonner  un coup de peinture verte sur les aspects trop gris de la politique gouvernementale. Elle n’a pas vraiment marqué son passage  comme ancienne secrétaire d’État chargée de la Biodiversité dans les gouvernements de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve mais elle fut l’une des premières personnalités de gauche à apporter son soutien à Emmanuel Macron avant la dernière course à l’Elysée.

Ancienne militante des Verts dont elle s’est éloignée, Barbara Pompili doit théoriquement incarner le tournant écologique pris par Emmanuel Macron au lendemain du second tour des élections municipales qui a vu des villes comme Lyon, Strasbourg et Bordeaux tomber entre les mains de défenseurs de l’environnement.

Il est clair que Barbara n’a pas le charisme ou l’épaisseur politique d’un grand leader écolo. Elle va jouer les utilités et sinon recruter pour Macron au moins essayer de limiter les dégâts. On notera d’ailleurs que le nouveau chef de gouvernement a fait à peu près l’impasse sur la question environnementale depuis son arrivée !

Écologie : «une idéologie» selon Buzyn !!!

Écologie : «une idéologie»  selon Buzyn  !!!

 

L’approximation intellectuelle caractérise un certain nombre de membres gouvernement arrivés là un peu par hasard avec leur seul bagage professionnel. Un manque évident de connaissances des réalités socio- économiques, d’expérience politique voir même de culture. C’est le cas quand Agnès Buzyn  récuse le mot écologie le considérant comme un terme trop idéologique.  Une confusion sémantique grave pour cette ancienne hospitalière  sans doute compétente dans son domaine mais dramatiquement inculte en matière de politique et en l’occurrence en matière d’écologie. En effet il n’y a nullement opposition contradiction entre environnement et écologie.

L’environnement est considéré comme étant le cadre naturel dans lequel l’homme vit. Ainsi, l’environnement est tout ce qui nous entoure et l’écologie est la science qui sert à la protéger.

Le drame de la république en marche ce révèle à travers les propos aberrants de sa candidate à Paris et témoigne de leur nullité politique voir intellectuelle. Candidate en faveur de l’«environnement», plutôt que de l’«écologie»Pourtant lancée à la conquête du vote «vert» à Paris, Agnès Buzyn a tenu à marquer cette distinction, vendredi sur France Info«Je n’aime pas le mot écologie, parce que derrière il y a toute une idéologie qui est parfois punitive», a expliqué la cheffe de file des «marcheurs» dans la capitale, à huit jours des élections municipales. Le pire c’est que c’est le gouvernement lui-même qui a donné à l’écologie son caractère punitif avec les fameuses taxes sur le carburant qui a donné lieu mouvement des gilets jaunes. En plus l’ex ministre de la santé , candidate à Paris a vraiment la mémoire courte. D’autant que parallèlement le gouvernement travaille toujours sur la perspective d’une nouvelle taxe carbone !

 Cette dimension «punitive», dénoncée aussi dans les rangs de la droite et du Rassemblement national, «c’est ce que je reproche à la municipalité actuelle», a-t-elle appuyé. Tout en déplorant une «bétonisation» et les «ravages de la pollution», dans une ville «en surchauffe», dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, alliée aux écologistes d’Europe Écologie-Les Verts et aux communistes.

En prenant cette précaution linguistique, la candidate LREM se dédit aussi elle-même. Sur le terrain, Agnès Buzyn ne se prive pas de vanter une «écologie du quotidien», en promettant dans son programme la rénovation les bois de Boulogne et de Vincennes, la végétalisation des quais de Seine ou encore l’interdiction des cars de tourisme. Le 19 février dernier, elle décrivait même «l’écologie» comme une «évidence». On peut défendre la chose, sans pour autant porter dans son cœur le mot.

Ecologie : « des obligations vertes nocives »

Ecologie : « des obligations vertes nocives »

 

 

L’économiste Florian Abadie, spécialiste de régulation financière dans une organisation internationale,  démontre, dans une tribune au « Monde », que le recours aux obligations souveraines (OAT) vertes a tout de la fausse bonne idée pour préserver l’environnement; cela en raison notamment du cout de ces emprunts.

 

Tribune. 

 

En janvier, l’obligation souveraine verte française fêtait ses trois ans. C’est l’occasion de revenir sur cet instrument dont la contribution à la transition écologique n’est pas dénuée d’ambiguïté.

La contribution de la finance à la lutte contre le réchauffement climatique et à la préservation de l’environnement est indispensable pour que l’Europe atteigne la neutralité carbone d’ici 2050. Dans ce contexte, d’aucuns se félicitent que de plus en plus d’Etats émettent des obligations souveraines vertes.

Celle-ci se distingue de l’obligation ordinaire en ce qu’elle est émise pour financer un projet spécifique participant à la sauvegarde de l’environnement ou à la lutte contre le réchauffement climatique. Dans le cadre d’une obligation souveraine verte, l’objectif est double : financer un projet ou un investissement public vert et créer un effet d’entraînement pour les émetteurs privés. En émettant des obligations « vertes », les Etats fournissent aux investisseurs privés un produit de référence et assurent la liquidité et le bon fonctionnement de ce marché. En somme, elle contribuerait à mettre la finance au service de la transition écologique.

Pourtant le recours aux obligations souveraines vertes a tout de la fausse bonne idée. D’abord, elles augmentent le coût de financement de l’Etat. Comparées aux obligations souveraines ordinaires (les obligations assimilables du Trésor, ou OAT), les obligations souveraines vertes (OAT vertes) constituent un produit nouveau.

 

Par conséquent, l’émission d’OAT vertes segmente le marché de la dette publique en créant un nouveau compartiment. Les OAT vertes représentant moins de 1 % de la dette publique française, une prime de liquidité (c’est-à-dire un taux d’intérêt plus élevé), reflétant la plus grande difficulté qu’un détenteur d’OAT verte aura pour trouver un acheteur, s’applique à ce produit. 

Actuellement, du fait de l’environnement de taux bas et des facilités d’endettement de l’Etat français, cette prime est faible, de l’ordre de 4 à 5 points de base. Mais cette prime pourrait augmenter, notamment en période de stress sur les marchés : en cas de phénomène de « course à la liquidité », il est probable que les investisseurs se tournent vers les OAT ordinaires au détriment des OAT vertes.

En outre, les obligations vertes sont soumises à des exigences de reporting particulières, notamment pour permettre aux investisseurs de s’assurer que les fonds servent effectivement à des projets en faveur de l’environnement. Ainsi, l’émetteur publie des rapports spécifiques pour l’émission de ces obligations. Ces exigences d’information supposent de consacrer des ressources dédiées, augmentant ainsi le coût d’émission d’une OAT verte comparé à celui d’une OAT classique.

Pour une écologie de la joie (Jacques Tassin)

Pour  une écologie de la joie (Jacques Tassin)

Dans une interwiew dans le Monde, le chercheur Jacques Tassin défend la nécessité dune ecologie joyeuse. .

Chercheur en écologie végétale au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), auteur de plusieurs essais, dont A quoi pensent les plantes ? (Odile Jacob, 2016), Jacques Tassin vient de publier Pour une écologie du sensible.

La raison, écrivez-vous, « est allée trop loin, trop seule » et, en s’isolant du sensible, a fait de nous « des étrangers sur notre Terre ». A quand remonte cette rupture ?

Le processus trouve son aboutissement chez Descartes, qui écrit, dans ses Méditations métaphysiques (1641) : « J’ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue », et ajoute : « J’ai une idée distincte du corps, en tant qu’il est seulement une chose étendue et qui ne pense point. » Cela remonte loin, on peut aller jusqu’à Démocrite ou Platon, dont on retrouve la conception géométrique du monde, au début de l’ère moderne, chez Galilée, mais Descartes est le point d’aboutissement de cette histoire. Le fil du sensible s’effilochait déjà. Il a fini par se rompre.

Vous parlez d’un malentendu sur la nature même de la raison…

Oui, parce que, en réalité, comme le philosophe Maurice Merleau-Ponty [1908-1961] l’a démontré, la raison commence par le sensible. Elle se manifeste en aval de ce que nos sens nous permettent d’en percevoir. La raison vient ensuite, en relais, ou en surplomb. Je ne dis d’ailleurs pas qu’il faudrait y renoncer. Surtout pas. La raison est une force. Nous sommes naturellement de pauvres singes plutôt démunis et, sans elle, nous aurions du mal à nous débrouiller. Mais le sensible est une disposition à aller de l’avant, vers ce qui n’est pas soi, en établissant une continuité avec l’ensemble du vivant : s’en couper nous éloigne du monde. Je cite le livre de Bruno Latour, Où atterrir ? [La Découverte, 2017]. Nous nous sommes mis en position satellitaire, loin de la Terre, loin des réalités, qui sont d’abord sensibles. Certes, l’humanité pilote bien la matière, si je puis dire. La raison est efficace. Mais on en reste là, loin de la vie, et il est urgent d’atterrir.

Vous critiquez les approches qui dominent aujourd’hui l’écologie, aussi bien scientifiques que politiques. En quoi vous paraissent-elles insuffisantes ?

Elles demeurent dans une appréhension conceptuelle, quantifiée, du vivant, une sorte d’approche comptable. C’est ce que j’observe dans l’usage du terme paradoxal de « biodiversité » : comment un mot suffirait-il à contenir toute la diversité du vivant ? Il ne faut pas s’étonner que cette « biodiversité » disparaisse sous nos yeux, si nous remplaçons ce qui est devant nous par un concept. Quand j’ai eu la chance de faire partie de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, je me suis aperçu que les scientifiques procédaient de leur manière coutumière : ils allaient dans le sens du recueil de données, de la numérisation, de la quantification. C’est un niveau très faible d’appréhension du vivant.

Ecologie-Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

Ecologie-Ville durable : gros coup de peinture verte par le gouvernement

 

Comme la question écolo risque de dominer l’enjeu  des élections municipales, le  gouvernement propose un coup de peinture verte sur les villes. Cependant on ne posera pas la question de la problématique de la sur-urbanisation qui va conduire à concentrer à terme 90 % de la population dans des métropoles ingérables. Le plus savoureux est cette perspective la  création de ferme urbaine.  D’ici à l’été prochain, 30 premiers quartiers seront sélectionnés, avec un financement dédié de 21 millions d’euros pour la création de fermes urbaines.

 

Plus sérieux, 22 quartiers volontaires expérimenteront des projets d’énergie positive et à faible impact carbone. « Une enveloppe d’aide à l’ingénierie » sera débloquée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), assure le ministère de la Ville et du Logement. Enfin 14 établissements publics d’aménagement devront intégrer au moins 50% de matériaux biosourcés ou géosourcés, . Et pour couronner le tout on va créer aussi un super machin administratif : France ville durable.

Cet organisme s’accompagnera de 50 « ateliers des territoires », budgétés à hauteur de 500.000 euros, d’une « plateforme d’open-innovation » nourrie par les entreprises et d’un outil Internet « Aides territoires » recensant les aides financières disponibles. 

 

 Bref des mesures très anecdotiques pour ne pas dire parfois ridicules pour cacher la stratégie de concentration urbaine.

Une vraie incompatibilité entre croissance et écologie ?

Une vraie incompatibilité entre croissance et écologie ?

 

Certains défenseurs de l’environnement défendent l’idée que la croissance verte pourrait tuer le mode de développement actuel. Ce développement est le plus souvent mesuré avec l’indicateur qui agglomère toutes les valeurs ajoutées . Un indicateur critiqué -le PIB- parce qu’il n’indique pas les conséquences néfastes du développement sur l’environnement et qu’il  ne prend pas en compte non plus le concept de bien-être. Les partisans du productivisme au contraire estiment que la croissance verte ne pourra jamais se substituer au mode de développement actuel. En clair, que l’écologie et la croissance sont incompatibles. Il est évident que nos sociétés ont profondément évolué depuis un siècle, que des ruptures sont intervenues après la seconde guerre mondiale et que des évolutions structurelles s’accélèrent depuis 10 à 20 ans. Nos anciennes sociétés étaient essentiellement agricoles et artisanales. Progressivement elles ont laissé la place au développement industriel. L’agriculture, principale moteur des économies, est devenue marginale, elle ne représente que 2 %. Depuis son apogée, le secteur industriel ne cesse lui aussi de régresser particulièrement en France remplacé par les services. On dit que l’économie s’est dématérialisée du fait que le poids réel de l’industrie ( autour de 17% du PIB) n’a cessé de diminuer. Normalement ce glissement de la société industrielle vers une société de services aurait dû se traduire par une réduction des atteintes  environnementales. Observons que les  services recouvrent des choses assez disparates dont certaines étaient précédemment rattachées aux activités de la production industrielle. L’industrie a en effet externalisé le maximum de tâches qui ne constituent pas son cœur de métier. Par ailleurs et surtout,  les services ont progressé dans les pays développés au fur et à mesure que les productions physiques se délocalisaient. restaient  dans les pays développés les fonctions d’ingénierie, d’organisation, de logistique et de commercialisation. De ce point de vue, le taux de tertiarisation est à relativiser. En même temps que la délocalisation des productions physiques on a aussi de localisé les externalités négatives. Si on prend un champ géographique et statistique plus large ,la croissance (mesurant de la valeur ajoutée)  risque d’être assez incompatible avec la durabilité. A moins de vraiment réduire les gaspillages et de  respecter les équilibres environnementaux. Il  est incontournable de réduire en même temps la masse de matière première mais aussi  l’énergie et le transport. En clair, pourrait  sans doute être remis en cause une grande partie de la matérialité de l’économie. La question est de savoir si la croissance verte pourrait compenser cette réduction de l’économie matérielle. Certains avancent l’idée que les nouvelles technologies notamment de l’in formation constituent une grande partie de la solution. Il faut toutefois remarquer que ces  nouvelles technologies sont également gourmandes en matières premières et en énergie. Il y a cependant de nombreux gaspillages qui pourraient être évités aussi bien dans la conception que dans la distribution ou l’utilisation. Le développement pourrait à l’avenir reposer sur des services de bien-être, de confort, d’éducation moins gourmands en matières premières et en énergie. La croissance au sens traditionnel du terme telle  qu’elle est mesurée pourrait alors être mise en cause sans qu’il  soit porté  atteinte à l’aspiration au bien-être social, physique et psychologique. Un question du contenu de la croissance, de sa maîtrise autant que de sa répartition.

Environnement :Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

Quelle compatibilité entre le numérique et l’écologie ?

 

le développement du numérique  est-il écologiquement compatible ? la réponse de  Daniel Sperling  l’élu en charge du sujet à Marseille.( interview La Tribune)

 

Lors du dernier Marseille City Life qui abordait le sujet de la Tech et du zéro carbone, vous avez rappelé que smart city n’égale pas forcément ville durable. Une idée qui est peu répandue…

 

 

 

Daniel Sperling

Il faut résoudre une double équation, celle de l’expansion et de la concentration urbaine qui engendrent une mosaïque de transitions : urbaine, numérique, énergétique, économique et sociétale. Autant de défis qui peuvent être relevés collectivement. Conservateur, le numérique l’est aussi au regard des enjeux environnementaux. Curieusement, le récit autour de la Smart City a postulé d’emblée qu’elle serait durable. Tel n’est pas du tout le cas aujourd’hui. D’une part, l’infrastructure physique du numérique, d’autre part, la collecte des données, leur traitement et leur stockage représentent des quantités d’énergie non seulement colossales, mais surtout en croissance constante et forte. Le numérique consomme bien plus d’énergie que le transport aérien et la croissance de sa consommation est à deux chiffres. La donnée est souvent qualifiée de nouvel or noir. Le fait est que nous avons pris au mot cette analogie avec le pétrole et avons une approche très 20e siècle du numérique dans la ville. La smart a capturé le green. L’écologie du numérique reste à construire et avec elle celle de la Smart City. Attelons-nous à la tâche.

Vous donniez un chiffre intéressant, c’est l’équivalent, en énergie du « coût du clic »…

En effet, 450 millions de tonnes de CO2 ont été émises par les entreprises du numérique dans les pays de l’OCDE depuis 2013. 4 %, c’est la part du numérique dans les émissions mondiales de CO2, en hausse de 50 % depuis 2013.

80 fois plus d’énergie est nécessaire à la production d’un gramme de smartphone que d’un gramme de voiture. À l’échelle mondiale, les usages numériques représentent deux fois l’empreinte environnementale de la France. Ces problématiques ne sont pas nouvelles. Si je peux dire, nous ne partons pas de zéro pour aller vers le zéro carbone.

Quels sont les projets smart city qui ont changé la physionomie de Marseille ?

Il y a eu beaucoup de projets dont Smartseille est l’un des derniers exemples, avec sa boucle à eau de mer. Quand CMA CGM annonce toute une série de mesures pour réduire son impact comme l’adoption du GNL et l’optimisation des routes, la réduction de la vitesse de ses navires, ça va dans le bon sens. Mais j’aime rappeler qu’il y a 20 ans, la cogénération par méthanisation et l’expérimentation d’épandage propre, qui a donné naissance à une forêt sur la route de Cassis, étaient précurseurs. C’est un clin d’œil à l’actualité où certains gros pollueurs font aujourd’hui des annonces de replantation d’arbres pour compenser leur bilan carbone. Les estimations les plus récentes considèrent que, chaque jour, un français émet autant de CO2 que ce qu’un arbre stocke en un an.

Existe-t-il une smart city universelle ?

La justification ultime du smart n’est pas de faire toujours plus. C’est de faire en sorte que l’on puisse se déplacer sans dégrader l’environnement pour remplir son programme d’activités quotidiennes à Los Angeles, Paris, Pékin ou Bogota, de faire accéder les villes indiennes à l’eau potable, de mettre fin à l’étalement urbain dans les pays occidentaux et d’électrifier sur un monde durable les mégalopoles africaines qui se développent sous nos yeux.

 

Ecologie-Un projet de référendum…. bidon (De Rugy)

Ecologie-Un projet de référendum…. bidon (De Rugy)

En même temps que la micro loi sur l’énergie et le climat, de Rugy, le ministre de l’environnement, se propose d’organiser un référendum plus ou moins bidon sur l’écologie. On notera d’abord que la loi sur l’énergie et le climat est un micro texte de huit articles seulement qui visent simplement à affirmer des généralités mais sans préciser les échéances et surtout les moyens. Comme la question écologique semble monter l’opinion  et comme par ailleurs il ne semble pas que Macron soit maintenant très chaud pour organiser une consultation démocratique sur les aspects économiques et sociaux, de Rugy saisit l’occasion de proposer un référendum bidon.  Il est clair que la question serait nécessairement très floue du type : êtes-vous pour la mise en œuvre d’une politique environnementale dynamique ? De quoi théoriquement recueillir au moins 80 % d’opinions favorables. Ce référendum bidon viendrait compléter deux autres mesures du même type. D’une part la création d’un conseil de défense écologique et surtout la création d’une assemblée composée de 150 citoyens tirés au sort chargé de plancher sur les questions environnementales. En réalité de machins supplémentaires qui s’ajoutent aux nombreux autres et qui correspondent à des effets d’annonce. Notons que le ministre de l’écologie propose comme thème de son référendum la question du climat et non la question de l’énergie. Le climat autorise de plus grandes approximations que la programmation de l’énergie notamment concernant le problème très controversé de la réduction du nucléaire. Observons cependant qu’en ce qui concerne la question du climat la France n’a pas encore été capable depuis l’accord de Paris de diminuer ses émissions polluantes !!

Écologie- le conseil de 150 personnes tirées au sort : une escroquerie intellectuelle et démocratique

Écologie- le conseil de 150 personnes tirées au sort : une escroquerie

Le ministre de l’environnement a confirmé la surprenante proposition de Macron de créer un conseil national de 150 citoyens tirés au sort pour redéfinir les désorientations écologiques. Une véritable fumisterie quand on sait déjà que dans nombre d’institutions nombre de participants sont incompétents pour articuler la problématique écologique avec la dimension économique, sociale, technologique. Nombre de conseils de tous poils traite de l’environnement tant au niveau national qu’au plan local et souvent dans la plus grande incohérence. Pour schématiser,  il y a les écolos purs et durs qui militent pour casser la croissance de manière brutale. De l’autre des productivistes (agriculteurs, industriels, financiers) qui considèrent les préoccupations environnementales comme une foutaise. Rares sont ceux qui sont  qui ont une réelle connaissance scientifique en matière d’environnement et encore plus rares sont ceux qui en plus de cette compétence possèdent également des connaissances économiques et techniques. Bref la plupart du temps les discussions sont proches de propos de bistrot avec parfois même des arrière-pensées politiques. Que penser d’une assemblée de 150 citoyens tirés au sort dont peut-être à peine 10 % parleront avec pertinence des problématiques posées. L’objectif est évidemment de contourner une nouvelle fois les organisations intermédiaires qui connaissent le sujet. C’est la confirmation du caractère autocratique de ce pouvoir qui en permanence veut établir un lien direct entre le monarque républicain et le peuple. Malheureusement c’est précisément cette pratique qui a conduit à l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Notons aussi qu’on a pris la précaution de rattacher ce fameux conseil de 150 personnes tirées au sort au conseil économique et social et environnemental déjà ignoré par le pouvoir. Ce conseil de personnes tirées au sort est une véritable escroquerie intellectuelle et démocratique

 

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