Archive pour le Tag 'écologie'

Écologie : combattre l’amnésie environnementale dès le plus jeune âge

Écologie : combattre l’amnésie environnementale dès le plus jeune âge

 

En changeant notre modèle anthropocentrique par une prise de conscience « écocentrique », nous dessinerons un monde en meilleure santé, où l’être humain fait partie intégrante de la nature qui l’entoure, expliquent les membres du collectif Tous dehors. Seule une approche systémique permettra le développement d’un lien humain-nature.

 

Un article intéressant mais qui ne pose pas le problème central de la sur-urbanisation et de la désertification du territoire qui favorisent le divorce entre l’environnement et les résidents. Une des vraies questions est en effet de répartir harmonieusement la population sur tout le territoire pour retrouver cet équilibre entre l’homme et la nature . NDLR

 

Amélie de Montchalin, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, a récemment appelé à la « mobilisation générale de tous les Français » pour faire « de l’écologie notre projet national ».

Mais comment faire, quand ce phénomène silencieux s’installe dans nos sociétés : l’amnésie environnementale – selon les termes du psychologue américain Peter H. Kahn. Nous nous habituons, au fil des générations, à la dégradation de notre environnement, glissant vers l’indifférence. Pourtant, les constats sont alarmants : réchauffement climatique, sixième extinction de masse… Pourquoi cette inaction ?

Les premières victimes sont sans doute les enfants. Toutes les conditions sont réunies pour les éloigner de la nature : programmes télé en continu, tablettes, smartphones, mais aussi urbanisation croissante, confinements, réseaux de transports inadaptés… Toute cette situation est aussi nocive pour leur santé que pour leur avenir !

Pour nos enfants, pour notre planète, il y a désormais urgence. Pour beaucoup, la proximité avec la nature est devenue un luxe ! Le nouveau secrétariat général à la planification écologique doit non seulement faire le lien entre les stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire, mais aussi de santé et d’éducation. L’écologie ce n’est pas uniquement gérer les externalités négatives, c’est aussi permettre à tous les Français de bénéficier des bienfaits qu’un environnement naturel vivant et sain peut leur apporter.

Les êtres humains, et en particulier les enfants, sont plus épanouis et heureux, en meilleure santé physique et mentale, quand ils sont régulièrement au contact de la nature : ce phénomène se nomme la « biophilie ». Les enfants sont plus avancés en termes psychomoteurs et neurovisuels, plus apaisés, plus coopératifs, plus réceptifs aux apprentissages et moins susceptibles de développer, en tant qu’adultes, des comportements addictifs ou violents.

La reconnexion à la nature développe la sensibilité vis-à-vis de l’environnement et l’envie de le protéger, favorisant les comportements pro-sociaux et écologiques. A contrario, l’éloignement progressif de la nature induit chez les enfants le syndrome du « manque de nature » qui regroupe plusieurs maux. L’obésité est le premier symptôme visible.

De nombreuses études ont montré les impacts négatifs du manque d’exercice et de l’éloignement de la nature. Et la sédentarité infantile s’est nettement aggravée depuis le début de la crise sanitaire : d’après une étude menée dans le département du Val-de-Marne, 9 % des enfants étaient en surpoids, et 3 % en situation d’obésité avant la crise sanitaire ; ces chiffres ont augmenté respectivement de + 2,6 % et + 1,8 % après la crise sanitaire.

Écologie–L’illusion d’une transition énergétique rapide

ÉcologieL’illusion d’une transition énergétique rapide

 

Les auteurs du dernier rapport du GIEC cèdent à la tentation de croire que les énergies « vertes » peuvent se substituer rapidement à leurs homologues fossiles, estime Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique au « Monde ».

 

Combien de temps pourrait prendre la transition énergétique tant désirée ? Dans le rapport d’avril du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), cette question est omniprésente. Au détour d’un paragraphe du chapitre 2, les historiens de l’énergie et les sociologues de l’innovation sont mobilisés pour tenter d’y répondre.

Ces sociologues, parfois eux-mêmes contributeurs du GIEC, se fondent sur quelques cas historiques pour livrer un message optimiste. « Les transitions énergétiques peuvent avoir lieu plus rapidement que par le passé », peut-on lirePour preuve quelques exemples bien choisis : la diffusion rapide des ampoules basse consommation en Suède, des voitures électriques en Norvège et en Chine ou encore le programme nucléaire français des années 1980. Leur optimisme se fonde sur un modèle omniprésent en prospective : la « courbe en S », ou courbe de diffusion logistique. L’innovation se propagerait d’abord lentement, s’améliorerait peu à peu à l’abri de conditions favorables, avant que, devenue compétitive, elle se propage soudainement dans le vaste monde, jusqu’à éliminer ses concurrents.

Cette vision darwinienne, concurrentielle et « substitutioniste » des technologies est très populaire dans les business schools – elle a d’ailleurs fort à voir avec la fameuse « innovation disruptive » de Clayton Christensen (1952-2020), expliquée dans The Innovator’s Dilemma (Le Dilemme de l’innovateur, Valor, 2021). Elle est aussi très attrayante dans le contexte climatique actuel : face à la prodigieuse lenteur de la transition (en 2020, les fossiles occupaient toujours 80 % du mix énergétique, soit autant qu’il ya trente ans), la courbe en S nourrit l’espoir d’un basculement possible et soudain vers les renouvelables. Inutile, donc, de se morfondre devant la stabilité des moyennes globales, car celles-ci masqueraient le redressement à venir de la courbe de diffusion des énergies décarbonées.

On comprend pourquoi ces travaux ont acquis un poids scientifique considérable, alors même que ses fondements historiques sont faux. Le problème est qu’ils appliquent à l’énergie un modèle logistique de substitution. Déjà problématique dans le cas des techniques – l’aspirateur n’a pas fait disparaître le balai, le béton n’a pas envoyé les briques aux oubliettes, etc. –, son application est franchement critiquable dans le cas des énergies. En effet, ces dernières entrent autant en compétition qu’en symbiose ; leur histoire est autant celle de substitutions que de synergies.

Écologie réformiste ou radicale ?

Écologie réformiste ou radicale ?

le journaliste du Monde, Nicolas Truong, évoque les différentes tendances des écologistes. En effet, Le combat contre la catastrophe climatique oppose de multiples courants de pensée divisés entre un environnementalisme réformiste et une écologie plus radicale. .

Des milliers d’oiseaux étourdis par la chaleur qui tombent en pluie sur les terres craquelées de l’Inde et du Pakistan. Des saumons qui meurent brûlés par la température trop élevée d’un fleuve aux Etats-Unis. Un consortium d’experts intergouvernementaux sur le climat qui rappelle que l’humanité dispose d’un temps restreint afin de « garantir un avenir viable ». L’Ukraine meurtrie devenue l’épicentre d’un conflit global de l’énergie et d’une crise alimentaire mondiale. Le réchauffement climatique qui place les organismes aux limites de ce que peut supporter leur physiologie… L’écologie est assurément l’affaire du siècle, le grand combat d’aujourd’hui. Mais elle est aussi une source de conflits que l’urgence de la dévastation planétaire amplifie.

Au point que les appels à la « désertion » se multiplient. A l’image de ces jeunes ingénieurs d’AgroParisTech qui, le 30 avril, lors de la cérémonie de remise de leurs diplômes ont appelé à « bifurquer » et à refuser le « système ». Notamment celui de l’agro-industrie, qui mène une « guerre au vivant » et à la paysannerie. Une invitation à ne pas participer aux métiers qui les conduiront à « concevoir des plats préparés et ensuite des chimiothérapies pour soigner les maladies causées » ou encore à « compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaître légalement ». Un mouvement qui rappelle et radicalise celui lancé en 2018 par le manifeste étudiant « Pour un réveil écologique ». Une volonté de faire sécession qui témoigne d’un « affect écologique universel » dont la jeunesse est traversée, observe le philosophe Dominique Bourg. A tel point que, selon une enquête mondiale sur l’écoanxiété menée dans dix pays du Nord comme du Sud, 75 % des 16-25 ans jugent le futur « effrayant » et 56 % estiment que « l’humanité est condamnée » (The Lancet Planetary Health, 2021).

Ces appels à « bifurquer », comme dit le philosophe Bernard Stiegler, c’est-à-dire à emprunter un autre chemin, parce que « notre modèle de développement est un modèle de destruction », et que « la véritable guerre mondiale », c’est « celle qui oppose notre genre tout entier à son environnement global », disait le philosophe Michel Serres, mettent en relief la nature du conflit entre deux écologies, assure Bruno Villalba, professeur de science politique à AgroParisTech et auteur de L’Ecologie politique en France (La Découverte, 128 pages, 10 euros). Une écologie « superficielle » et une écologie « profonde », que le philosophe norvégien Arne Næss (1912-2009) s’est attaché à distinguer dès 1973. « Superficielle », en raison de son inclination à proposer des solutions techniques afin de diminuer la pollution ou d’endiguer la surconsommation sans s’attaquer aux racines d’un productivisme axé sur une conception anthropocentrée du monde. « Profonde », parce qu’elle s’évertue à associer les formes de vie humaines et non humaines au sein d’une métaphysique écocentrée. Une philosophie de l’écologie qu’Arne Næss a baptisée « écosophie », terme repris par le philosophe et psychiatre Félix Guattari.

Ecologie: deux ministres spécialisées mais complètement incompétentes !

Ecologie:  deux ministres spécialisées mais  complètement incompétentes !

 

Les médias pourtant particulièrement tolérants sur le gouvernement fantoche d’Élisabeth Borne ont quant même observé que les deux ministres spécialisés chargés de l’écologie n’y connaissaient c’est strictement rien. Pire qu’elles n’avaient jamais manifesté le moindre intérêt cette problématique.

Enarques libérales, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher étaient respectivement chargées de la Fonction publique et de l’Industrie au sein du gouvernement de Jean Castex. « Elles sont plutôt dans le moule de ce qu’on a vu des gouvernements précédents, loin d’être à la hauteur sur les enjeux climatiques », a commenté Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace, sur franceinfo.

« Ce sont deux ministres qui n’ont pas une grande expérience de la transition écologique », ajoute Anne Bringault, coordinatrice des programmes au sein du Réseau Action Climat. Comme le rappellent Le Monde et Libération, Amélie de Montchalin, diplômée de HEC et de Harvard, a travaillé au sein de BNP Paribas et d’Axa, avant de devenir députée de l’Essonne en 2017. L’élue a ensuite été nommée secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, puis ministre en charge de la Transformation et de la Fonction publiques en juillet 2020.

« On ne voit pas son expérience sur la transition écologique alors que ce sujet est présenté comme une priorité par Emmanuel Macron. »

 

Ecologie: Pas de planification sans concertation démocratique

Ecologie: Pas de planification sans concertation  démocratique 

Pour fédérer les citoyens et atteindre ses objectifs, le gouvernement a tout intérêt à se tourner vers la concertation. Par Nathalie Lazaric, Université Côte d’Azur

Durant sa campagne, Emmanuel Macron a affirmé vouloir mettre la planification écologique au centre du prochain quinquennat, sous l’égide directe du Premier ministre. En attendant sa nomination, l’institut France Stratégie vient de dévoiler son rapport sur les enjeux de cette planification écologique, préconisant entre autres un renouveau de l’exercice démocratique.

Dans ce contexte, en quoi consiste la planification écologique ? Quels en sont les contours et prérequis nécessaires pour aboutir à des résultats qui fédèrent le plus grand nombre de citoyens ? Comment éviter les échecs cuisants comme ceux de la rénovation énergétique ?

L’importance de la concertation

La planification écologique est l’aptitude d’un pays de se doter d’un cadre institutionnel et réglementaire adapté à ses objectifs écologiques. L’une de ses fonctions est notamment de permettre de financer les investissements privés et publics nécessaires pour la transition.

Si on peut se réjouir de voir la question écologique se placer au centre de l’échiquier politique et être annoncée comme principe phare pour les cinq prochaines années, on doit néanmoins se méfier de mesures imposées par le gouvernement ne répondant aux besoins réels ou « perçus » des citoyens.

En effet, faute de cohérence et de concertation préalable, l’État français a déjà été amené à renoncer à la fiscalité écologique avec la crise des « bonnets rouges » en 2013 et des « gilets jaunes » en 2019. Ces mesures furent perçues comme injustes, car touchant les travailleurs les plus pauvres, notamment lors du mouvement des « gilets jaunes » avec la hausse du prix du carburant.

Ainsi que le préconise le rapport Brundtland rédigé par les Nations unies en 1987, la participation et l’information ainsi que la justice et la solidarité sont les principes de base pour que la transformation écologique soit acceptée par les citoyens.

Face aux « grands défis » de notre siècle, il n’existe pas une solution possible, mais de nombreuses options. Les problèmes environnementaux sont complexes, incertains et ont des conséquences multiples.

Face à ces défis, la méthode préconisée est le pragmatisme à la « Dewey », c’est-à-dire une concertation décentralisée pour trouver un compromis acceptable et surtout, accepté par les acteurs publics et privés ainsi que par l’ensemble des citoyens.

La concertation est toutefois difficile et longue à mettre en œuvre. En effet, elle ne se programme pas, mais se co-construit avec un ensemble de parties prenantes.

L’exemple de la rénovation énergétique

Prenons un exemple simple : la rénovation énergétique, c’est-à-dire l’ensemble des travaux visant à diminuer la consommation énergétique du bâtiment et de ces usagers en utilisant des énergies décarbonées.

Annoncée en France comme la prochaine mesure phare du quinquennat pour la planification écologique, elle illustre la complexité des défis à surmonter pour aboutir à une réelle réduction des gaz à effet de serre.

La rénovation énergétique est complexe et implique de nombreux acteurs publics et privés (dont la plupart n’ont pas l’habitude de collaborer avec des acteurs intermédiaires), ainsi que de nombreuses sources de financement. Elle repose sur de multiples options technologiques possibles, et nécessite des compromis entre coût économique, pratiques énergétiques et réduction des gaz à effet de serre.

Face à ces difficultés, l’habitude est donc de mettre en place ces programmes sans les usagers et sans observation préalable de leurs pratiques de consommation.

Ceci conduit généralement à des résultats variables… voire mauvais. Notamment, on observe de nombreux effets rebonds après les opérations de réhabilitation, et les retours sur investissement sont loin de ceux escomptés.

Et pour cause : les modèles de prédiction sur lesquels ils sont basés reprennent souvent un profil d’usager dit « moyen », et sont incapables d’intégrer la complexité des usages locaux dans leur modèle de prévision.

Pourtant, les travaux de mon laboratoire sur la réhabilitation des logements sociaux en région PACA et sur la consommation énergétique montrent qu’il est possible, par la concertation, d’enseigner la réduction de la consommation énergétique et ainsi de modifier durablement les comportements.

Lorsque l’on fait le bilan de la réhabilitation des logements sociaux en région PACA, on voit une nette différence entre les opérations ayant bénéficié d’une concertation en amont (programme d’éducation populaire, travail avec les associations environnementales sur les questions énergétiques, dialogues avec la maîtrise d’ouvrage sur les options techniques telles que l’isolation et le thermostat) et les autres opérations « classiques ».

Quand la concertation avec les usagers fut mise en œuvre, les réductions de consommation énergétique furent importantes, avec une diminution effective de la consommation sur le long terme en évitant les potentiels effets rebond (c’est-à-dire une augmentation de la consommation d’énergie par usager allant à l’encontre des prévisions initiales).

Si le confort thermique est un réel bien-être pour les usagers, le but premier de la rénovation énergétique reste la réduction des gaz à effets de serre. Pour parvenir à ce résultat, il est nécessaire de concilier bien-être, éducation populaire et réduction de la facture énergétique, sous peine de voir ces programmes coûteux ne pas déployer leur potentiel et générer frustration et incompréhension potentielle.

La concertation (avec les différents intervenants : ménages, associations, maîtres d’œuvre…) doit alors être au cœur du processus. Mieux, elle doit être apprise et comprise en étant impulsée comme principe et méthode par l’État pour servir de modèle à l’ensemble des acteurs.

Quelles bonnes pratiques pour la planification écologique ?

Les leçons à tirer pour la planification écologique sont multiples. Tout d’abord, la concertation est un processus complexe, long et hasardeux, mais qui doit être mise en place dès le départ.

La planification permet de fixer un cadre et des objectifs. Il est important, par la suite, que ces derniers soient décentralisés et mis en œuvre par les acteurs territoriaux, avec de réelles ressources et moyens pour les accompagner dans cette démarche.

Cette démarche de concertation collective via des associations d’éducation populaire ou des outils comportementaux (récompenses, coups de pouce – nudges – ou conseils – boosts -) est non seulement durable, mais a de nombreux impacts sur le long terme. Elle permet de ne pas réduire la question de la planification écologique à de simples dispositifs techniques, certes indispensables, mais largement insuffisants.

Pour conclure, on peut dire que la clé de voûte de la planification écologique repose sur plusieurs préconisations à intégrer dans l’agenda politique pour les prochaines années :

  • La co-construction des scénarios de transition écologique avec les usagers comme condition préalable
  • La mise en place de programme d’éducation populaire et d’expérimentations de divers outils d’apprentissage vers la transition écologique (réduction des déchets, réduction de la consommation énergétique, nouvelles formes de mobilité…)
  • La volonté d’innover, tant du point de vue technologique que social, pour aboutir à des résultats ambitieux perçus comme utiles et justes
  • La volonté d’évaluer les résultats obtenus et de les diffuser à toutes les parties prenantes, pour apprendre des succès, mais aussi des échecs et tirer les leçons des méthodes locales
  • La capacité de dédier du temps et des ressources à la co-construction pour fédérer l’ensemble de parties prenantes, quitte à retarder à court terme les programmes en place
  • La décentralisation des moyens et des ressources pour que les acteurs territoriaux s’approprient la question de la mise en œuvre de la planification environnementale en fonction des spécificités et contraintes locales
  • La capacité de mesurer les bénéfices en matière de bien-être, d’inégalités et de réduction de gaz à effet de serre pour chaque programme engagé

En conclusion, pour que la planification écologique puisse être perçue comme juste et utile, il faut changer la donne des pratiques en cours, ne pas chercher l’efficacité à tout prix, mais voir la portée des programmes sur le long terme et se donner le temps de la concertation collective.

C’est à ce prix que la programmation environnementale pourra offrir toutes les opportunités pour les citoyens, et fédérera le plus grand nombre autour de l’objectif fondamental : la réduction de notre empreinte carbone et l’héritage du bien commun aux générations à venir.

La tâche est ambitieuse, mais c’est à ce prix que la transition écologique et sa mise en œuvre pourront embarquer le plus grand monde de citoyens, et toucher leur cible initiale.

________

Par Nathalie Lazaric, Directrice de recherche en innovation et apprentissage, Université Côte d’Azur.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Société-Pour une écologie non punitive

Société-Pour une écologie non punitive

 

La professeure de management Valérie Guillard explique, dans une tribune au « Monde », que le télétravail, l’usage du vélo, les achats d’occasion, etc., permettent de concilier pouvoir d’achat, plaisir et temps libre, sans susciter d’amertume.

 

La question du pouvoir d’achat est au cœur de la campagne électorale. L’envolée des prix oblige beaucoup de Français à réduire leur consommation, ce qui provoque la colère populaire, alors même qu’une consommation sobre est aussi indispensable pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et freiner le dérèglement climatique.

Mais à quelles conditions la sobriété pourrait-elle devenir acceptable, non « punitive » ? Nos recherches, menées auprès de plusieurs centaines de consommateurs, permettent d’éclairer le débat. Lorsqu’elle est associée au manque, au sacrifice, bien sûr, la sobriété suscite le rejet. Mais elle peut aussi être présentée comme une façon de vivre différente, qui procure d’autres plaisirs. Et là, les perceptions changent.

Prenons les transports. Le télétravail, expérimenté à grande échelle pendant la pandémie, a diminué substantiellement les allers-retours quotidiens en voiture, les dépenses induites (et la pollution), tout en suscitant des satisfactions chez la majorité des personnes concernées. Moins de temps perdu. Des corvées domestiques réalisées en semaine, entre deux dossiers, laissant plus de temps libre le week-end. Davantage de moments en famille ou avec les amis. Davantage de temps pour soi.

L’utilisation du vélo dans les transports du quotidien est également perçue par les consommateurs, non comme une perte de standing par rapport à un usage de la voiture ou de la moto, mais comme un plus, une chance, le plaisir de remettre son corps en mouvement. Le nombre de vélos vendus a d’ailleurs dépassé le nombre de voitures vendues en 2021 avec un chiffre d’affaires qui a crû de 40 % en deux ans…

L’usage des composteurs pour les déchets organiques se développe aussi, en particulier dans les milieux populaires, geste simple lorsqu’on a un jardin et qu’on veut éviter d’avoir à acheter de l’engrais.

Les consommateurs sensibles à l’environnement ne sont pas tenus non plus d’abandonner les petits plaisirs du shopping du moment qu’ils « craquent » pour de l’occasion. L’étude que nous venons de mener à l’université Paris-Dauphine, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), montre comment l’image des achats de seconde main a changé du tout au tout en peu de temps.

Acheter d’occasion était associé au manque d’argent et, à cet égard, apparaissait stigmatisant, au moins pour les milieux populaires. Or, 84 % des personnes que nous avons interrogées estiment aujourd’hui qu’agir ainsi est une manière digne de consommer. Acheter du neuf est même moins bien vu (60 % seulement considèrent cela comme une pratique digne).

Pour une écologie non punitive

Pour une écologie non punitive

 

La professeure de management Valérie Guillard explique, dans une tribune au « Monde », que le télétravail, l’usage du vélo, les achats d’occasion, etc., permettent de concilier pouvoir d’achat, plaisir et temps libre, sans susciter d’amertume.

 

La question du pouvoir d’achat est au cœur de la campagne électorale. L’envolée des prix oblige beaucoup de Français à réduire leur consommation, ce qui provoque la colère populaire, alors même qu’une consommation sobre est aussi indispensable pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et freiner le dérèglement climatique.

Mais à quelles conditions la sobriété pourrait-elle devenir acceptable, non « punitive » ? Nos recherches, menées auprès de plusieurs centaines de consommateurs, permettent d’éclairer le débat. Lorsqu’elle est associée au manque, au sacrifice, bien sûr, la sobriété suscite le rejet. Mais elle peut aussi être présentée comme une façon de vivre différente, qui procure d’autres plaisirs. Et là, les perceptions changent.

Prenons les transports. Le télétravail, expérimenté à grande échelle pendant la pandémie, a diminué substantiellement les allers-retours quotidiens en voiture, les dépenses induites (et la pollution), tout en suscitant des satisfactions chez la majorité des personnes concernées. Moins de temps perdu. Des corvées domestiques réalisées en semaine, entre deux dossiers, laissant plus de temps libre le week-end. Davantage de moments en famille ou avec les amis. Davantage de temps pour soi.

L’utilisation du vélo dans les transports du quotidien est également perçue par les consommateurs, non comme une perte de standing par rapport à un usage de la voiture ou de la moto, mais comme un plus, une chance, le plaisir de remettre son corps en mouvement. Le nombre de vélos vendus a d’ailleurs dépassé le nombre de voitures vendues en 2021 avec un chiffre d’affaires qui a crû de 40 % en deux ans…

L’usage des composteurs pour les déchets organiques se développe aussi, en particulier dans les milieux populaires, geste simple lorsqu’on a un jardin et qu’on veut éviter d’avoir à acheter de l’engrais.

Les consommateurs sensibles à l’environnement ne sont pas tenus non plus d’abandonner les petits plaisirs du shopping du moment qu’ils « craquent » pour de l’occasion. L’étude que nous venons de mener à l’université Paris-Dauphine, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), montre comment l’image des achats de seconde main a changé du tout au tout en peu de temps.

Acheter d’occasion était associé au manque d’argent et, à cet égard, apparaissait stigmatisant, au moins pour les milieux populaires. Or, 84 % des personnes que nous avons interrogées estiment aujourd’hui qu’agir ainsi est une manière digne de consommer. Acheter du neuf est même moins bien vu (60 % seulement considèrent cela comme une pratique digne).

Environnement- Europe écologie les Verts: Un double enterrement

Environnement- Europe écologie les Verts: Un double enterrement

Europe écologie les Verts avec un score anecdotique de 5 % ou le double enterrement.

Paradoxalement la cause environnementale aura presque disparu de la campagne électorale présidentielle française. En cause, sans doute d’abord la crise en Ukraine qui va remettre au centre des préoccupations la compétitivité souvent au détriment de la qualité de l’environnement. En outre, une crise qui va durer peut-être des mois et même des années avec des effets négatifs sur l’inflation et plus généralement sur l’environnement. Non seulement la croissance sera remise en question au plan mondial mais son contenu productiviste et gaspilleur sera encouragé pour  compenser la hausse des coûts.

Mais il s’agit d’un double enterrement, celui évoqué par la guerre menée par la Russie mais tout autant sans doute par l’incohérence totale du parti Europe écologie les Verts qui a démontré toutes ses limites et ses contradictions et d’une certaine manière a largement discrédité la cause environnementale. La plupart des dirigeants d’Europe écologie les Verts sont d’ailleurs plus proches politiquement des communistes ou  de Mélenchon que d’un parti réellement écolo. Et ne parlons pas des délires des gauchistes de culture woke; Sandrine Rousseau illustrant jusqu’à la caricature l’extrémisme d’Europe écologie les Verts dans tous les domaines : économique, écologique, social et sociétal. On objectera que chaque partie assez folle ( ou ses) exemples Morano pour les républicains, Ségolène Royal pour le parti socialiste ou encore Taubira pour la gauche bobo. N’empêche qu’avec un score d’environ 5 % le représentant politique des écolos renvoie la cause environnementale à beaucoup plus tard : au moins cinq ans sinon plus! Heureusement cette cause est sans doute mieux servie par des écologistes indépendants des doctrines extrémistes gauchistes

Europe écologie les Verts: Un double enterrement

Europe écologie les Verts: Un double enterrement

Europe écologie les Verts avec un score anecdotique de 5 % ou le double enterrement.

Paradoxalement la cause environnementale aura presque disparu de la campagne électorale présidentielle française. En cause, sans doute d’abord la crise en Ukraine qui va remettre au centre des préoccupations la compétitivité souvent au détriment de la qualité de l’environnement. En outre, une crise qui va durer peut-être des mois et même des années avec des effets négatifs sur l’inflation et plus généralement sur l’environnement. Non seulement la croissance sera remise en question au plan mondial mais son contenu productiviste et gaspilleur sera encouragé pour  compenser la hausse des coûts.

Mais il s’agit d’un double enterrement, celui évoqué par la guerre menée par la Russie mais tout autant sans doute par l’incohérence totale du parti Europe écologie les Verts qui a démontré toutes ses limites et ses contradictions et d’une certaine manière a largement discrédité la cause environnementale. La plupart des dirigeants d’Europe écologie les Verts sont d’ailleurs plus proches politiquement des communistes ou  de Mélenchon que d’un parti réellement écolo. Et ne parlons pas des délires des gauchistes de culture woke; Sandrine Rousseau illustrant jusqu’à la caricature l’extrémisme d’Europe écologie les Verts dans tous les domaines : économique, écologique, social et sociétal. On objectera que chaque partie assez folle ( ou ses) exemples Morano pour les républicains, Ségolène Royal pour le parti socialiste ou encore Taubira pour la gauche bobo. N’empêche qu’avec un score d’environ 5 % le représentant politique des écolos renvoie la cause environnementale à beaucoup plus tard : au moins cinq ans sinon plus! Heureusement cette cause est sans doute mieux servie par des écologistes indépendants des doctrines extrémistes gauchistes

Ecologie politique: Un double enterrement

Ecologie politique: Un double enterrement

Paradoxalement la cause environnementale aura presque disparu de la campagne électorale présidentielle française. En cause, sans doute d’abord la crise en Ukraine qui va remettre au centre des préoccupations la compétitivité souvent au détriment de la qualité de l’environnement. En outre, une crise qui va durer peut-être des mois et même des années avec des effets négatifs sur l’inflation et plus généralement sur l’environnement. Non seulement la croissance sera remise en question au plan mondial mais son contenu productiviste et gaspilleur sera encouragé pour  compenser la hausse des coûts.

Mais il s’agit d’un double enterrement, celui évoqué par la guerre menée par la Russie mais tout autant sans doute par l’incohérence totale du parti Europe écologie les Verts qui a démontré toutes ses limites et ses contradictions et d’une certaine manière a largement discrédité la cause environnementale. La plupart des dirigeants d’Europe écologie les Verts sont d’ailleurs plus proches politiquement des communistes ou  de Mélenchon que d’un parti réellement écolo. Et ne parlons pas des délires des gauchistes de culture woke; Sandrine Rousseau illustrant jusqu’à la caricature l’extrémisme d’Europe écologie les Verts dans tous les domaines : économique, écologique, social et sociétal. On objectera que chaque partie assez folle ( ou ses) exemples Morano pour les républicains, Ségolène Royal pour le parti socialiste ou encore Taubira pour la gauche bobo. N’empêche qu’avec un score d’environ 5 % le représentant politique des écolos renvoie la cause environnementale à beaucoup plus tard : au moins cinq ans sinon plus! Heureusement cette cause est sans doute mieux servie par des écologistes indépendants des doctrines extrémistes gauchistes

Ecologie politique : Entreprise de déconstruction de la civilisation occidentale

Ecologie politique : Entreprise de déconstruction de la civilisation occidentale

 

Selon Bérénice Levet, derrière la nécessité de préserver notre environnement, l’écologie politique s’est lancée dans une vaste entreprise de déconstruction de notre civilisation. ( dans le Figaro)

 Dans son nouvel essai, L’Écologie ou l’Ivresse de la table rase, la philosophe dénonce l’écologie telle qu’elle s’incarne aujourd’hui chez les Verts et dans les mouvements associatifs ou militants.

Dans votre dernier livre, vous dénoncez une victoire à la Pyrrhus des écologistes. Qu’entendez-vous par là?

Victoire à la Pyrrhus, en effet. Victoire parce que l’écologie a gagné la bataille des idées et des esprits. La maison Terre brûle et nous ne regardons plus jamais ailleurs. Films, expositions, festivals, la réquisition est perpétuelle. Vous empruntez le réseau ferroviaire et au terme de votre trajet l’agent de la SNCF se mue en grand prêtre assermenté: «La planète vous remercie d’avoir pris le train.» Mais à la Pyrrhus, c’est-à-dire défaite, parce que, préemptée par la gauche, l’écologieest, avec le féminisme et l’antiracisme décolonial ou indigéniste, de ces grandes machines à fabriquer des dogmes, des slogans, des hashtags, ces hallalis numériques du XXIe siècle, des imprécations propres à terroriser, une langue exsangue, sans couleur, sans saveur, sans parfum, un récit accusatoire et une jeunesse instituée en tribunal de l’inquisition, ânonnant catéchisme vert et sentences comminatoires…

Le socialisme, écologie du XXIe siècle !!!

Le socialisme, écologie du XXIe siècle !!!

 

Le socialisme doit au prix d’un travail théorique, intégrer le paradigme écologique, analyse, dans une tribune pour « Le Monde », Patrick Vieu, ancien conseiller « environnement et territoires » de François Hollande.

Effectivement il y a de quoi s’interroger par rapport à une idéologie qui a surtout privilégié le productivisme et contesté le droit de la biodiversité sur le droit social. En outre en France le socialisme s’est perdu dans les terrains mouvants social libéralisme. Il pourrait tout autant se perdre maintenant dans un paradigme écologique le conduisant vers le gauchisme.

 

Forts de leurs résultats aux dernières élections municipales, départementales et régionales, les socialistes rêvent de redevenir la force centrale d’une grande alliance majoritaire « de la gauche et des écologistes ».

Ainsi, le Parti socialiste (PS) a-t-il opéré sa conversion à la « social-écologie ». S’il continue, dans son projet, de revendiquer le « primat de l’humanisme et de la justice sociale », c’est pour affirmer « la nécessité de donner une actualité à ces combats en intégrant pleinement le paradigme écologique pour construire le socialisme du XXIe siècle ».

Au-delà des mots, le socialisme est-il en mesure de véritablement « intégrer » le paradigme écologique ? Avant d’être politique ou technique, la question est philosophique. Et si elle mérite d’être posée, c’est que le socialisme et l’écologie politique, nés dans des contextes radicalement différents, reposent sur des hypothèses fondamentalement divergentes.


On peut caractériser l’écologie politique par quelques traits qui en forment la matrice intellectuelle et sont autant de critiques adressées à l’ordre contemporain. L’écologie politique s’inscrit d’abord en faux contre l’anthropocentrisme qui fait de l’homme le maître et possesseur d’une nature conçue comme une « ressource » utile. Elle récuse le modèle productiviste engendré par un capitalisme prédateur à l’origine des désastres écologiques actuels, et dénonce l’autonomie de la technique moderne qui, par un processus auto-entretenu, expose l’humanité au risque de sa propre destruction.

Elle exige ainsi de repenser la responsabilité de l’homme envers la nature et les générations futures. A l’individualisme possessif de la société libérale, elle oppose une pensée de la globalité, dans laquelle les fins de l’individu n’ont de signification morale qu’indexées au bien du « tout » : espèce, communauté, société, humanité. Enfin, l’écologie politique attribue à la verticalité des structures institutionnelles la confiscation de la décision publique au détriment des citoyenLe socialisme, dont les origines intellectuelles puisent à l’héritage des Lumières, tombe sous le coup de ces critiques. Au prisme de l’écologie politique, la vision socialiste des rapports de l’homme à la nature ne le distingue guère de l’idéologie libérale.

Comme le libéralisme, le socialisme a toujours lié l’idéal d’autonomie à celui de l’abondance matérielle. Jamais il n’a séparé cet idéal de l’espérance dans le progrès scientifique et technique, la production de richesses et l’attachement à la propriété. L’humanisme, qui constitue l’ADN du socialisme, exclut de reconnaître des droits à des entités non humaines. Si la nature doit être préservée, ce n’est pas en raison de sa valeur intrinsèque, mais de celle que l’homme lui attribue. Enfin, si les socialistes entendent rééquilibrer les pouvoirs de l’Etat, c’est davantage dans le cadre d’une démocratie représentative décentralisée que dans celui d’une démocratie directe dont ils se sont toujours méfiés.

Europe écologie les Verts : déjà des divisions avec Sandrine Rousseau

Europe écologie les Verts : déjà des divisions avec Sandrine Rousseau

 

Après le résultat des primaires d’Europe écologie les Verts ,Sandrine Rousseau joue les mouches du coche. Il est clair que Sandrine Rousseau s’attendait à être élue puisqu’elle bénéficiait du soutien de l’appareil. La victoire de Jadot a été très courte mais réelle. Jusque-là les écologistes dans la primaire s’étaient efforcés de conduire un débat relativement serein.

 

Mais à peine Jadot élue, Sandrine Rousseau fait entendre sa petite musique de la radicalité. Elle suggère notamment que Jadot tienne largement tenir compte de la ligne politique radicale qu’elle représente et que son soutien n’est pas acquis. Une attitude qui contredit totalement l’engagement des candidats à la primaire de soutenir le gagnant de la consultation.

Les écolos ont réussi à ne pas trop se diviser pendant la primaire mais il pourrait bien faire ressurgir leurs vieux démons au cours de la campagne électorale. Rien d’étonnant à cela dans la mesure où les lignes électorales respectives de Yannick Jadot et de Sandrine Rousseau sont opposées à peu près sur tout sauf peut-être le climat est encore.

 

En gros Yannick Jadot développe un projet de gouvernement qui forcément tient compte des réalités tandis que Sandrine Rousseau s’enfonce dans le gauchisme et l’idéologie Woke. Sandrine Rousseau lance un avertissement en forme de menace à Yannick Jadot.

Europe écologie les Verts : déjà des divisions avec Sandrine Rousseau

Europe écologie les Verts : déjà des divisions avec Sandrine Rousseau

 

Après le résultat des primaires d’Europe écologie les Verts ,Sandrine Rousseau joue les mouches du coche. Il est clair que Sandrine Rousseau s’attendait à être élue puisqu’elle bénéficiait du soutien de l’appareil. La victoire de Jadot a été très courte mais réelle. Jusque-là les écologistes dans la primaire s’étaient efforcés de conduire un débat relativement serein.

 

Mais à peine Jadot élue, Sandrine Rousseau fait entendre sa petite musique de la radicalité. Elle suggère notamment que Jadot tienne largement tenir compte de la ligne politique radicale qu’elle représente et que son soutien n’est pas acquis. Une attitude qui contredit totalement l’engagement des candidats à la primaire de soutenir le gagnant de la consultation. Les écolos ont réussi à ne pas trop se diviser pendant la primaire mais il pourrait bien faire ressurgir leurs vieux démons au cours de la campagne électorale. Rien d’étonnant à cela dans la mesure où les lignes électorales respectives de Yannick Jadot et de Sandrine Rousseau sont opposées à peu près sur tout sauf peut-être le climat est encore.

 

En gros Yannick Jadot développe un projet de gouvernement qui forcément tient compte des réalités tandis que Sandrine Rousseau s’enfonce dans le gauchisme et l’idéologie woke. Sandrine Rousseau lance un avertissement en forme de menace à Yannick Jadot.

Présidentielle 2022 : 55% des Français estiment que le projet pour la société d’Europe écologie les Verts n’est pas réaliste

Présidentielle 2022 : 58% des Français estiment que le projet pour la société d’Europe écologie les Verts (EELV) n’est pas réaliste

Selon le sondage Odoxa réalisé avec Backbone Consulting pour Le Figaro

58% des Français estiment que leur projet pour la société n’est pas «réaliste», et 54% jugent qu’il n’est pas «crédible». Ancrés par tradition dans la «contre-culture», les écologistes veulent prouver qu’ils sont désormais mûrs pour décrocher le pouvoir. Ce sera donc un des chantiers à poursuivre pour le futur vainqueur de la primaire des écologistes. «S’ils veulent dépasser les 5% qui constituaient jusqu’à présent leur score record à ce scrutin, les écologistes doivent changer leur image de ‘gentils babacools’, pas capables de gouverner», note d’ailleurs Gaël Sliman, le président d’Odoxa.

De fait, une majorité de Français estiment que les Verts feraient moins bien que le gouvernement actuel sur «la politique économique et sociale» (62%), sur «la sécurité» (74%) ou sur la «politique internationale». En revanche, 72% jugent que les écologistes feraient mieux sur «l’environnement».

Une écologie de gouvernement !

 

Une écologie de gouvernement !

 

Barbara Pompili,Ministre de la transition écologique et Pascal Canfin Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen expliquent leur concept d’écologie de gouvernement qui dégage un petit parfum gauchiste post marxiste.

Dressant le bilan de l’action gouvernementale en matière d’environnement, la ministre de la transition écologique et le président de la commission de l’environnement au Parlement européen défendent une méthode qui vise à négocier les transitions avec les acteurs économiques et sociaux, afin de transformer sans fracturer.

 

Plus personne de sérieux ne nie l’urgence d’agir contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Les terribles intempéries de ces derniers jours, en Europe, nous le rappellent une nouvelle fois. Mais, alors que nous entrons « dans le dur » de la transition écologique, la question-clé est celle de la méthode, du « comment faire ». Cela passe par la construction d’une écologie qui se place au centre du jeu politique et qui emmène l’ensemble de la société. C’est ce que nous avons commencé à faire en France depuis 2017, et c’est cette dynamique que nous devons accélérer.

Depuis quatre ans, le gouvernement et la majorité ont fait énormément : arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et du projet EuropaCity pour préserver les terres agricoles, vote de l’un des plans de relance les plus « verts » au monde, selon l’ONU, vote d’une loi sur l’économie circulaire, qui a placé la France en tête de la fin progressive du plastique à usage unique… En Europe, la France a été à la manœuvre pour rehausser nos objectifs et notre législation climatiques, pour dire non au Mercosur en l’état, pour créer un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et pour donner naissance au plan de relance européen de 750 milliards d’euros, dont au moins 37 % serviront à accélérer la lutte contre le dérèglement climatique…

Nous pouvons être fiers que les classements internationaux placent la France parmi les leaders de l’action climatique. Mais, nous le savons, il faudra faire encore plus demain, car la décennie 2020-2030 est celle où nous gagnerons la bataille climatique, ou celle où nous la perdrons.

« Nous n’avons qu’une seule génération pour transformer notre économie, alors que cela fait deux siècles que nos sociétés se construisent sur les énergies fossiles »

Pour y parvenir, notre méthode, c’est l’écologie de gouvernement. C’est de négocier les transitions nécessaires avec les acteurs économiques et sociaux, c’est de transformer sans fracturer. Notre méthode, ce n’est pas l’incantation ni la confrontation permanente de l’écologie excessive. Ce n’est pas non plus l’inaction du conservatisme rétrograde de la droite qui nous mène dans le mur climatique et économique en refusant de prendre les tournants des emplois de demain. C’est une écologie crédible qui ne laisse personne au bord du chemin. Ce n’est pas l’écologie des petits pas, c’est l’écologie du marathon, conscients que nous sommes dans une course contre la montre et que nous n’avons qu’une seule génération pour transformer notre économie, alors que cela fait deux siècles que nos sociétés se construisent sur les énergies fossiles.

Écologie et système financier

Écologie et système financier

Les deux économistes Stefano Battiston et Irene Monasterolo observent, dans une tribune au « Monde », que les anticipations des investisseurs peuvent aussi aller contre l’objectif de limitation du réchauffement climatique.

 

Tribune.

Limiter le réchauffement climatique à 2 °C comme le prévoit l’accord de Paris exige une transformation profonde de l’énergie, de la production et de la consommation dans nos économies afin de ramener à zéro les émissions de gaz à effet de serre. L’ampleur de la transformation requise implique aussi un rôle proactif du système financier.

De nouveaux investissements verts sont nécessaires, ainsi que la réorientation du capital des activités à forte émission de carbone vers des activités bas carbone. La notion de risque financier est pour cela essentielle, car c’est sur elle que se fondent les décisions d’investissement des acteurs financiers. Il est donc crucial que le risque lié au climat soit pris en compte par les entreprises et institutions financières. Il est surprenant que cela n’ait pas été le cas jusqu’ici.

Sous différents termes, tels que « investissement vert », « critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », « développement durable », etc., les médias regorgent d’informations sur la croissance de la finance durable. Pourtant nos économies ont échoué à enregistrer les réductions d’émissions définies dans l’accord de Paris.

Dans ce contexte, les scénarios d’atténuation du changement climatique développés par le Network for Greening the Financial System (NGFS), réseau de huit banques centrales et de superviseurs créé en 2017 pour travailler au verdissement du secteur financier (« Adapting central bank operations to a hotter world. Reviewing some options », mars 2021) constituent la première étape d’un processus visant à porter à la connaissance des acteurs financiers les différents avenirs possibles, notamment en ce qui concerne les activités à faible ou haute intensité carbone.

Le système financier est généralement considéré, dans le discours politique, comme pouvant faciliter la transition vers une économie bas carbone. Mais les attentes des investisseurs (c’est-à-dire leurs estimations du risque par rapport au rendement) sur les risques climatiques et la crédibilité des politiques envisagées peuvent tout aussi bien faire du système financier un acteur de la transition, ou au contraire un obstacle à cette transition.

En effet, si les investisseurs estiment crédible la politique adoptée, ils sont en mesure d’ajuster leurs attentes en temps opportun et de réaffecter de façon précoce et graduelle le capital vers des investissements bas carbone.

Dans ce cas, ils facilitent la transition, ce qui entraîne des ajustements plus fluides de l’économie et des prix.

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement. 

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

 

 

On voit mal sur quoi pourrait déboucher la rencontre qu’a proposée Yannick Jadot, issu d’Europe écologie les Verts à toute la gauche. Première observation cette rencontre est d’abord contestée par le propre parti de Yannick Jadot. En effet Europe écologie les Verts ne veut pas s’inscrire dans une démarche unitaire de désignation d’un candidat commun aux élections présidentielles.

 

Un processus d’élection primaire est prévu seulement au mois de septembre alors que Jadot voudrait bien se passer de cette formalité.

 

Seconde observation dans toutes les hypothèses il est vraisemblable que Mélenchon se présentera. Il ne consentira accepter un candidat unique de la gauche qu’à condition que ce soit lui ce représentant. Le parti communiste a fait savoir qu’il présenterait son secrétaire général Fabien Roussel. Quant au parti socialiste, il est clairement en voie extinction est en plus très divisé.

«Pas à pas, étape après étape.» Telle est la ligne directrice défendue par Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, pour évoquer la stratégie pour la présidentielle de 2022. Le chemin est le suivant: se concentrer d’abord sur les régionales prévues – sauf report – pour juin, puis organiser une primaire en septembre pour désigner le candidat écologiste. Le temps des discussions avec les autres partis viendra ensuite.

Le seul problème c’est que la plupart des autres partis de gauche auront mis en place d’ici ce temps-là leur propre procédure de désignation des candidats et qu’il sera difficile de le remettre en cause. De toute façon, ce débat est surréaliste dans la mesure où toute la gauche même réunie pourrait à peine rassembler 25 % des électeurs mêmes au second tour. La bataille politique de 2022, sauf candidature de rassemblement soudaine aujourd’hui imprévue, se jouera entre le courant Macron, le courant Le Pen et le courant des républicains.

Référendum Ecologie un contre-projet du « rassemblement national »

Référendum Ecologie un contre-projet du « rassemblement national »

Pour le rassemblement national il y a déjà la charte sur l’environnement qui a valeur constitutionnelle. Il s’agit simplement de compléter cette charte et non la constitution elle-même.

 

Première question de cette consultation : la défense d’un principe de « sécurité environnementale, sanitaire et culturelle », à inscrire dans les textes constitutionnels. Concept mis à mal par plusieurs « ennemis », selon Marine Le Pen qui cite entre autres les accords de libre-échange ou encore « l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec (…) les moeurs qui sont les nôtres ». La cheffe de file du Rassemblement national a par ailleurs rappelé qu’elle n’était pas « climato-sceptique » et qu’elle reconnaissait la part de l’homme dans le changement climatique.

 

Parmi les quinze questions de cette consultation, auxquelles le RN répond favorablement, le thème de l’énergie est présent via des propositions orientées en faveur du nucléaire – « Souhaitez-vous que la France continue d’investir dans le nucléaire, énergie décarbonée? » – et contre l’éolienne - »Souhaitez-vous suspendre tout projet de construction d’éoliennes? » D’autres questions sont plus précises, telle que : « Souhaitez-vous que l’entretien de ‘zone de stockage naturel du carbone’ fasse l’objet d’une rémunération pour les agriculteurs? ». « Souhaitez-vous développer les espaces verts dans les villes et les trames verte et bleue en mettant en place des contraintes pour les communes? », interroge encore Marine Le Pen.

 

La « priorité au local plutôt qu’au global » se devine à travers différentes interrogations portant sur l’interdiction d’importation de certains produits agricoles ou manufacturés, l’engagement de la responsabilité d’un importateur ou d’un distributeur en cas de vente d’un produit défectueux ou non conforme, ou encore l’instauration d’une taxe sur les importations pour compenser « les effets de leur production et de leur transport sur l’environnement ».

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