Archive pour le Tag 'école'

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Bilan école:

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Un rapport parlementaire souligne à nouveau la nouvelle catastrophe qui caractérise les jeunes élèves à l’école 20 % des 16 à 24 ans ne sont pas capables d’une lecture efficace.

Au-delà de ces traditionnelles contestations de principe, la difficulté des enseignants vient de leur formation. Selon un rapport de l’inspection générale rendu en septembre 2022, seuls 34 % des professeurs des écoles français pensent être prêts à enseigner à l’issue de leur formation, contre 65 % et 85 % dans les autres pays. Dans cette formation, la lecture n’a pas la place qu’elle devrait avoir, martèlent les rapporteurs, avant de lister «l’éducation à la sécurité routière, à la santé et à la sécurité, au développement durable, à la vie affective et sexuelle, etc…», qui ont pris beaucoup de place à l’école primaire.

Seulement 55 % de la formation consacrée aux savoirs fondamentaux

À l’arrivée, seule 55 % de la formation des enseignants est consacrée aux savoirs fondamentaux, parmi lesquels la lecture est « noyée » dans la formation plus large à l’enseignement du français. « En l’absence de formation, certains enseignants adoptent des pédagogies à départ global totalement inacceptables au regard des connaissances scientifiques actuelles», soulignait le Conseil scientifique de l’Éducation nationale dans une note d’alerte publiée en octobre 2022.

Pour les rapporteurs, il est aussi urgent de renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté, à commencer par les «dys», en faisant appel à des enseignants retraités de la réserve citoyenne de l’Éducation nationale, qui existe depuis 2015 au sein de chaque académie. Car, selon l’enquête internationale Pirls 2021, seuls 16 % des enseignants français mettent en place des mesures de différenciation pédagogique, contre 36 % dans les autres pays. Enfin, alors que Gabriel Attal a prôné le retour du redoublement, les rapporteurs appellent de leurs vœux la mise en place de cette mesure à la fin du CP. Chaque année, si 98 % des élèves passent en CE1, 15 % ne maîtrisent pas la compréhension des textes à l’oral et 8 % ne lisent pas correctement des nombres entiers.

 

Bilan école: Une catastrophe dès la lecture

Bilan école:

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Un rapport parlementaire souligne à nouveau la nouvelle catastrophe qui caractérise les jeunes élèves à l’école 20 % des 16 à 24 ans ne sont pas capables d’une lecture efficace.

Au-delà de ces traditionnelles contestations de principe, la difficulté des enseignants vient de leur formation. Selon un rapport de l’inspection générale rendu en septembre 2022, seuls 34 % des professeurs des écoles français pensent être prêts à enseigner à l’issue de leur formation, contre 65 % et 85 % dans les autres pays. Dans cette formation, la lecture n’a pas la place qu’elle devrait avoir, martèlent les rapporteurs, avant de lister «l’éducation à la sécurité routière, à la santé et à la sécurité, au développement durable, à la vie affective et sexuelle, etc…», qui ont pris beaucoup de place à l’école primaire.

Seulement 55 % de la formation consacrée aux savoirs fondamentaux

À l’arrivée, seule 55 % de la formation des enseignants est consacrée aux savoirs fondamentaux, parmi lesquels la lecture est « noyée » dans la formation plus large à l’enseignement du français. « En l’absence de formation, certains enseignants adoptent des pédagogies à départ global totalement inacceptables au regard des connaissances scientifiques actuelles», soulignait le Conseil scientifique de l’Éducation nationale dans une note d’alerte publiée en octobre 2022.

Pour les rapporteurs, il est aussi urgent de renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté, à commencer par les «dys», en faisant appel à des enseignants retraités de la réserve citoyenne de l’Éducation nationale, qui existe depuis 2015 au sein de chaque académie. Car, selon l’enquête internationale Pirls 2021, seuls 16 % des enseignants français mettent en place des mesures de différenciation pédagogique, contre 36 % dans les autres pays. Enfin, alors que Gabriel Attal a prôné le retour du redoublement, les rapporteurs appellent de leurs vœux la mise en place de cette mesure à la fin du CP. Chaque année, si 98 % des élèves passent en CE1, 15 % ne maîtrisent pas la compréhension des textes à l’oral et 8 % ne lisent pas correctement des nombres entiers.

 

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Un rapport parlementaire souligne à nouveau la nouvelle catastrophe qui caractérise les jeunes élèves à l’école 20 % des 16 à 24 ans ne sont pas capables d’une lecture efficace.

Au-delà de ces traditionnelles contestations de principe, la difficulté des enseignants vient de leur formation. Selon un rapport de l’inspection générale rendu en septembre 2022, seuls 34 % des professeurs des écoles français pensent être prêts à enseigner à l’issue de leur formation, contre 65 % et 85 % dans les autres pays. Dans cette formation, la lecture n’a pas la place qu’elle devrait avoir, martèlent les rapporteurs, avant de lister «l’éducation à la sécurité routière, à la santé et à la sécurité, au développement durable, à la vie affective et sexuelle, etc…», qui ont pris beaucoup de place à l’école primaire.

Seulement 55 % de la formation consacrée aux savoirs fondamentaux

À l’arrivée, seule 55 % de la formation des enseignants est consacrée aux savoirs fondamentaux, parmi lesquels la lecture est « noyée » dans la formation plus large à l’enseignement du français. « En l’absence de formation, certains enseignants adoptent des pédagogies à départ global totalement inacceptables au regard des connaissances scientifiques actuelles», soulignait le Conseil scientifique de l’Éducation nationale dans une note d’alerte publiée en octobre 2022.

Pour les rapporteurs, il est aussi urgent de renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté, à commencer par les «dys», en faisant appel à des enseignants retraités de la réserve citoyenne de l’Éducation nationale, qui existe depuis 2015 au sein de chaque académie. Car, selon l’enquête internationale Pirls 2021, seuls 16 % des enseignants français mettent en place des mesures de différenciation pédagogique, contre 36 % dans les autres pays. Enfin, alors que Gabriel Attal a prôné le retour du redoublement, les rapporteurs appellent de leurs vœux la mise en place de cette mesure à la fin du CP. Chaque année, si 98 % des élèves passent en CE1, 15 % ne maîtrisent pas la compréhension des textes à l’oral et 8 % ne lisent pas correctement des nombres entiers.

 

Ecole- Une catastrophe en lecture

Ecole-  Une catastrophe en lecture

Un rapport parlementaire souligne à nouveau la nouvelle catastrophe qui caractérise les jeunes élèves à l’école 20 % des 16 à 24 ans ne sont pas capables d’une lecture efficace.

Au-delà de ces traditionnelles contestations de principe, la difficulté des enseignants vient de leur formation. Selon un rapport de l’inspection générale rendu en septembre 2022, seuls 34 % des professeurs des écoles français pensent être prêts à enseigner à l’issue de leur formation, contre 65 % et 85 % dans les autres pays. Dans cette formation, la lecture n’a pas la place qu’elle devrait avoir, martèlent les rapporteurs, avant de lister «l’éducation à la sécurité routière, à la santé et à la sécurité, au développement durable, à la vie affective et sexuelle, etc…», qui ont pris beaucoup de place à l’école primaire.

Seulement 55 % de la formation consacrée aux savoirs fondamentaux

À l’arrivée, seule 55 % de la formation des enseignants est consacrée aux savoirs fondamentaux, parmi lesquels la lecture est « noyée » dans la formation plus large à l’enseignement du français. « En l’absence de formation, certains enseignants adoptent des pédagogies à départ global totalement inacceptables au regard des connaissances scientifiques actuelles», soulignait le Conseil scientifique de l’Éducation nationale dans une note d’alerte publiée en octobre 2022.

Pour les rapporteurs, il est aussi urgent de renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté, à commencer par les «dys», en faisant appel à des enseignants retraités de la réserve citoyenne de l’Éducation nationale, qui existe depuis 2015 au sein de chaque académie. Car, selon l’enquête internationale Pirls 2021, seuls 16 % des enseignants français mettent en place des mesures de différenciation pédagogique, contre 36 % dans les autres pays. Enfin, alors que Gabriel Attal a prôné le retour du redoublement, les rapporteurs appellent de leurs vœux la mise en place de cette mesure à la fin du CP. Chaque année, si 98 % des élèves passent en CE1, 15 % ne maîtrisent pas la compréhension des textes à l’oral et 8 % ne lisent pas correctement des nombres entiers.

 

École : de l’uniforme à la tenue unique ou le en même temps de l’hypocrisie

École : de l’uniforme à la tenue unique ou le en même temps de l’hypocrisie


Peu d’observateurs sans doute ont noté le glissement sémantique particulièrement hypocrite de Macron qui passe du concept d’uniforme pour les élèves à celui de tenue unique. On connaît évidemment le principe de l’uniforme pratiqué notamment dans les pays anglo-saxons mais aussi en France dans les territoires d’outre-mer et encore aujourd’hui dans les anciennes colonies. Par contre l’idée de tenue unique est évoquée très précisément pour empêcher l’obligation de l’uniforme. D’ailleurs le président a déjà évoqué ce que pourrait être ce très vague concept de tenue unique : un pantalon et un polo ( quid de la jupe!). En fait, justement ce que portent déjà à peu près tout le monde dans la plus grande diversité et la plus grande anarchie. C’est tout le drame de Macron partir d’une idée pertinente, la déformer ne pas déplaire à certains et à l’arrivée un projet qui finit en eau de boudin. Autre exemple cette affaire de service national unique qui n’a strictement rien à voir avec le service militaire et qui ressemblera davantage à une colonie de vacances pendant quelques jours. Bref, en permanence le manque de cohérence, de courage voire la lâcheté.

Un polo blanc ou gris, un pull bleu marine et un pantalon gris anthracite. Et en maternelle, pour les plus petits, une blouse. Le Figaro dévoile le trousseau concocté par le gouvernement pour les élèves qui, à la rentrée 2024, seront concernés par l’expérimentation de l’uniforme dans les établissements scolaires. Avant d’être propulsé premier ministre, Gabriel Attal devait présenter ce trousseau. Il revient à la nouvelle ministre de l’Éducation, Amélie Oudéa-Castéra d’assurer le service après-vente.

Dans sa conférence de presse du 16 janvier, le président Macron a évoqué, à ce stade, «une centaine d’établissements volontaires» pour cette expérimentation de «tenue unique» qui «efface les inégalités». Soit 20 à 25.000 élèves. Pour des collectivités qui, comme Nice, Perpignan, Metz ou la région Auvergne-Rhône-Alpes, se sont rapidement déclarées intéressées par le projet de l’exécutif, dans les tuyaux depuis un an, l’expérimentation pourrait commencer dès le printemps. Certaines ont d’ailleurs élaboré leur propre trousseau, sous réserve de répondre au cahier des charges fixé par l’Éducation nationale. À commencer par «les principes de neutralité et de laïcité», indique le guide envoyé en décembre aux collectivités. En Auvergne-Rhône-Alpes, où cinq lycées ont été identifiés, Laurent Wauquiez, le président (LR) de région, a dégainé dès le 21 décembre, en dévoilant son projet : un polo bleu marine et un pull de la même couleur, siglé d’un discret drapeau français et du logo de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

L’uniforme retenu est simple, sobre et «sportswear», loin des tenues strictes que l’on trouve dans certains établissements sous contrat ou du traditionnel blazer anglais et autres uniformes asiatiques. Avec cette tenue clé en main, le gouvernement veut «alléger la logistique pour les établissements et les parents». Il entend aussi donner un coup de pouce à l’expérimentation voulue par le président Macron et Brigitte Macron, au-delà des collectivités de droite. Selon France Info, sur la centaine d’établissements envisagés, une soixantaine est déjà identifiée, parmi lesquels 39 écoles, 11 collèges et 10 lycées.

Les parents n’auront rien à débourser. D’un montant de 200 euros, ce trousseau sera financé pour moitié par les collectivités et l’État.

École : ministres et enfants de ministre choisissent le privé

École : ministres et enfants de ministre choisissent le privé


À peine nommée la nouvelle ministre de l’éducation nationale est prise elle aussi la main dans le sac des contradictions concernant l’éducation de ses enfants. Comme la plupart des ministres aujourd’hui et hier, elle a en effet convenu qu’elle avait choisi des établissements catholiques privés en raison des défaillances de l’enseignement public. Une manière aussi de critiquer ce qui a été fait par le gouvernement depuis 2017.

Cette information ne constitue pas un scoop on sait d’abord que les ministres eux-mêmes ont souvent évité l’enseignement public ( c’est le cas pour le Premier ministre en particulier mais aussi pour Darmanin, Pour Le Maire ou pour Macron lui-même) considérant les graves défaillances du système d’enseignement public. Des défaillances d’ailleurs confirmées par la dégringolade de la France dans les classements internationaux.

École : les enfants des ministres dans le privé

École : les enfants des ministres dans le privé

À peine nommée la nouvelle ministre de l’éducation nationale est prise elle aussi la main dans le sac des contradictions concernant l’éducation de ses enfants. Comme la plupart des ministres aujourd’hui et hier, elle a en effet convenu qu’elle avait choisi des établissements catholiques privés en raison des défaillances de l’enseignement public. Une manière aussi de critiquer ce qui a été fait par le gouvernement depuis 2017.

Cette information ne constitue pas un scoop on sait d’abord que les ministres eux-mêmes ont souvent évité l’enseignement public ( c’est le cas pour le Premier ministre en particulier) considérant les graves défaillances du système d’enseignement public. Des défaillances d’ailleurs confirmées par la dégringolade de la France dans les classements internationaux.

École : encore un parent qui frappe une assistante sociale

École : encore un parent qui frappe une assistante sociale

Cette fois ce n’est pas un enseignant mais une assistante sociale qui est victime de la violence d’un parent. Notons que les pouvoirs publics entretiennent d’ailleurs le déni de réalité en évitant de parler de l’origine de l’intéressé coupable de violences et de son parcours social et judiciaire

Un parent d’élève a agressé mercredi à coups de poing une assistante sociale dans un collège de Sarcelles (Val-d’Oise), a appris l’AFP de sources policières et du rectorat. Vers 11H30, le père d’un élève de l’établissement s’est présenté au collège Jean Lurçat et «a reproché à une assistante sociale de ne pas avoir été informé d’un signalement effectué auprès du procureur», a expliqué à l’AFP le rectorat.

Ce signalement avait abouti la semaine dernière à une ordonnance de placement provisoire de son enfant, dans un foyer socio-éducatif selon une source policière. Lors de la discussion, le parent d’élève de 56 ans a frappé l’assistante sociale notamment au visage et au bras. Une infirmière s’est alors interposée et a dû esquiver des coups de chaise. Appelées sur place, les forces de police ont maîtrisé l’homme et procédé à son interpellation devant des élèves. Il a été placé en garde à vue au commissariat de Sarcelles.

Ecole: classement PISA , catastrophique pour la France; Pourquoi ?

Ecole: classement PISA , catastrophique pour la France

Résultat cohérent dans le classement PISA des élèves français qui enregistrent une nouvelle catastrophe. En cause, surtout le laxisme généralisé. La perte de la valeur travail, le manque d’autorité, les programmes aussi l’immigration. Plus précisément une certaine immigration. Notons par exemple que dans le 13e arrondissement où résident de nombreux immigrés ou étrangers d’origine asiatique les premières places sont occupées par les enfants des migrants au point d’ailleurs que des parents d’élèves, français depuis longtemps, se sont plaints de cette hégémonie asiatique. Il en va évidemment différemment pour l’immigration du Maghreb, des Balkans ou de l’Afrique. Un constat qui n’est pas très politiquement correct mais pourtant qui est admis par exemple pour l’Allemagne qui enregistre elle aussi une forte immigration.

Résultat du Classement Pisa 2023 : la France 23e, le niveau des élèves dégringole en mathématiques et….. en lecture.

L’étude mondiale qui classe et évalue les systèmes éducatifs dans le monde souligne une « baisse inédite » des performances des élèves. La France est 23e, et chute lourdement en mathématiques

L’Asie, Singapour en tête, s’illustre une nouvelle fois dans l’enquête Pisa 2022 de l’OCDE sur l’éducation publiée mardi, marquée par une « baisse inédite » des performances des élèves après la crise du Covid, y compris pour la France. Voici ce qu’il faut retenir :

L’étude Pisa, publiée tous les trois ans (mais repoussée cette fois d’un an en raison de l’épidémie de Covid-19), est devenue une référence mondiale, très scrutée par les gouvernements.

Elle sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit des élèves de 15 ans. A chaque fois, un de ces trois domaines est plus amplement développé, les mathématiques cette fois-ci. Les exercices ont été soumis en 2022 à 690.000 jeunes de 81 pays et territoires.

Comme pour la précédente édition, où quatre métropoles et provinces chinoises (Pékin, Shanghaï, Jiangsu, Zhejiang, qui n’ont pas pu participer cette fois) étaient arrivées en tête, plusieurs pays asiatiques figurent parmi les meilleurs élèves.

Singapour caracole largement en tête en mathématiques, sciences et lecture, comme en 2016. Il est suivi par Macao, Taïwan, Hong Kong, le Japon et la Corée du Sud en maths. « On continue d’avoir des pays d’Asie, et notamment sur les mathématiques, qui trustent vraiment les premières performances », explique Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE.

La France, 23e du classement, se situe comme en 2018 dans la moyenne des pays de l’OCDE, « à un niveau comparable à celui de l’Espagne, la Hongrie et la Lituanie dans les trois matières », relève Irène Hu, analyste de l’OCDE. Elle est classée 22e en maths, 24e en compréhension de l’écrit et 22e en sciences parmi les 38 pays de l’OCDE (statistiquement « entre la 15e et la 29e place en mathématiques et sciences » et « entre la 11e et la 29e » en lecture, selon l’OCDE).

Ecole et Classement Pisa : une catastrophe dont la responsabilité incombe à la société toute entière

Ecole et Classement Pisa : une catastrophe dont la responsabilité incombe à la société toute entière

Le classement international Pisa enregistre un écroulement encore jamais connu du niveau des élèves français. La catastrophe est telle que certains n’hésitent pas à contester la pertinence de cette évaluation. Un réflexe habituel chez les corporatistes de l’enseignement national! En cause plusieurs facteurs explicatifs : l’immigration, le pédagogisme, la perte d’autorité des maîtres, le laxisme généralisé y compris des parents, les programmes et l’égalitarisme font plonger la moyenne générale des élèves. D’une certaine manière l’écroulement du niveau scolaire des élèves caractérise aussi l’effondrement de la société française

Dans le classement international qui mesure le niveau de l’enseignement de chaque pays, les élèves français ont en effet obtenu 474 points en mathématiques, soit juste au-dessus de la moyenne, qui s’établit à 472 points; 474 points en compréhension de l’écrit alors que la moyenne se situe à 476 points; 487 points en culture scientifique quand la moyenne pointe à 485 points.

Alors même que l’Hexagone est la 7e puissance économique mondiale, elle arrive 26e en mathématiques comme en culture scientifique et 29e en compréhension de l’écrit. Ses résultats sont globalement comparables à ceux de l’Allemagne, de l’Espagne, du Portugal, de la Hongrie, de l’Italie, de la Norvège ou encore de la Lituanie.

De Singapour au Japon, en passant par la Corée, ce sont les pays asiatiques qui caracolent une fois de plus en tête du classement et continuent de creuser l’écart. En Europe, les meilleures performances reviennent à la Suisse, l’Irlande et l’Estonie.

Les pays de l’OCDE enregistrent, en moyenne, une dégringolade de 15 points par rapport à Pisa 2018. Là où les baisses précédentes enregistrées n’avaient jamais excédé les 4 points. En France, la baisse est vertigineuse, avec 21 points perdus en mathématiques.

Même constat en compréhension de l’écrit, où les petits Français perdent 19 points, là où la baisse moyenne dans l’OCDE est de 10 points. Ces résultats sont «parmi les plus bas mesurés par l’enquête Pisa dans les trois matières en France», observe l’OCDE. Avec une trajectoire différente selon les matières : en mathématiques, les résultats avaient stagné entre 2006 et 2018, alors qu’en compréhension de l’écrit, le déclin s’était amorcé dès 2012.

En termes de déclin depuis 2018, la Finlande, l’Allemagne et la Norvège font encore pire que la France. La Finlande, qui fut jadis dans le haut du classement, enregistre la plus forte chute, même si le pays scandinave continue de devancer la France. Une situation qui s’explique, selon l’OCDE, par «la plus forte diversité, aujourd’hui, dans la population finlandaise, un début de pénurie d’enseignants et un fort écart entre les garçons et les filles, à l’avantage de ces dernières».

L’Allemagne, après le «choc Pisa» des années 2000 et une remontée dans le classement, connaît un «retournement de tendance qui avait déjà commencé en 2015».
«Il convient d’évoquer le fait que la proportion d’élèves issus de l’immigration en Allemagne a doublé, passant de 13 % en 2012 à 26 % en 2022, note l’OCDE. En 2022, presque un élève sur 10 en Allemagne (9%) était né dans un autre pays, ce qui implique aussi qu’il a souvent rejoint le système éducatif allemand ’en cours de route’. De manière évidente, l’Allemagne n’a pas toujours réussi à bien les intégrer dans un système fortement stratifié.»

Depuis Pisa 2018, Singapour, le Japon, la Corée, l’Estonie et l’Irlande ont continué de progresser. «Singapour a beaucoup d’avance, explique-t-on à l’OCDE. Le pays a mieux résisté au Covid. Et il souffre moins de problèmes d’attractivité du métier d’enseignant, comme le Japon et la Corée.» L’Estonie, de son côté, a largement investi sur la formation des enseignants, quand l’Irlande a développé une aide personnalisée auprès des élèves.

École : le retour enfin du redoublement

École : le retour enfin du redoublement

Évidemment avec le temps, on a oublié les règles simples et efficaces qui permettaient de réguler le niveau des élèves. Le ministre à juste titre vient enfin de rétablir le principe du renouveau redoublement. Un redoublement qui n’était possible précédemment qu’avec l’accord des parents autant dire à partir d’une appréciation forcément arbitraire. Pas étonnant, ces parents eux-mêmes avaient déjà bénéficié du laxisme du système scolaire. Et de proche en proche, tout le système s’est affaibli : le niveau des élèves, le niveau des enseignants et celui des parents.

Sauf vraiment exception, il paraît évident que l’enseignant est le plus compétent pour évaluer un élève et envisager son redoublement. La suppression du redoublement a d’ailleurs favorisé un abaissement général dramatique pour la France puisqu’en sortie de quatrième c’est à peine si la moitié peuvent lire vraiment correctement. La vérité c’est que compte tenu du contexte nombre d’enseignants font du gardiennage pour éviter la pression des élèves voire de leurs parents

Il «faut revoir» la «question du tabou du redoublement» , avait déclaré Gabriel Attal, le 22 novembre dernier, lors du Congrès des maires de France. À l’offensive sur «l’élévation du niveau des élèves» depuis la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale s’était alors engagé à «prendre des décisions» sur ce sujet brûlant. «Un élève qui rentre en 6e sans savoir lire ou compter, c’est quasiment de la maltraitance», insistait-il. Ces mesures sont désormais connues. Dans un courrier électronique envoyé aux enseignants mardi matin, puis lors de sa conférence de presse l’après-midi au collège Charles-Péguy, dans le 14e arrondissement de Paris, le benjamin du gouvernement a annoncé que «pour donner toutes les chances aux élèves de réussir», le «dernier mot» en matière de redoublement reviendrait désormais aux enseignants et non plus aux parents.

«D’année en année, de réforme en réforme, l’autorité de votre expertise pédagogique a pu être progressivement affaiblie»

Ecole France : une des pires de l’OCDE

Ecole France : une des pires de l’OCDE

Notre système éducatif est l’un des pires de l’OCDE en matière de discrimination, ce qui nous laisse une belle marge de progression. Lutter contre la ségrégation scolaire est devenu un enjeu pour les pays développés. Selon une étude récente, 40 % de la croissance américaine par habitant entre 1960 et 2010 s’explique par un meilleur accès aux métiers qualifiés : près de 94 % des juristes et doctorants étaient en début de période des hommes blancs, ils n’étaient plus que 62 % en 2010. Résultat d’une baisse de la discrimination à l’embauche, d’une réduction des inégalités d’accès à l’éducation, d’un moindre déterminisme social.

Par Frederic Cherbonnier (professeur à Sciences Po Toulouse et chercheur à Toulouse School of Economics)
dans Les Echos

Selon l’économiste R. J. Gordon, le système éducatif américain atteint ses limites et ne progresse plus en ce sens, ce qui va peser durablement sur la croissance.

En France, avec un peu de cynisme, cet argument peut être renversé : notre système éducatif est l’un des pires de l’OCDE en matière de discrimination, ce qui nous laisse une belle marge de progression.

Le problème ne réside pas dans des discriminations de genre, ou à l’encontre des personnes à ascendance migratoire, mais dans le retard des élèves issus d’un milieu défavorisé : la France est l’un des pays de l’OCDE où le lien entre statut socio-économique et performance est le plus fort.

La réponse à ce problème est loin d’être évidente. Parmi les questions qu’il soulève, comment répartir les élèves à travers les établissements scolaires et en leur sein ? Faut-il les rassembler par niveau pour mieux adapter la pédagogie ou au contraire les mélanger de façon à permettre une forme d’émulation.

Des approches opposées sont mises en place à travers le monde. En particulier, certains districts londoniens pratiquent le système du « banding » visant à obtenir dans chaque établissement la même proportion de bons et mauvais élèves.

En revanche, au sein des établissements, la plupart des pays anglo-saxons pratiquent le système du « tracking » consistant à répartir les élèves par classes de niveau.

Une crainte légitime est que cela ne pénalise les élèves issus de catégories modestes. Mais aucune étude n’apporte de réponse claire. Tout au plus sait-on que répartir tôt les élèves par filières de formation plus ou moins professionnelle aggrave les inégalités.

En revanche les répartir par niveau au sein d’un même établissement pourrait bénéficier à tous les élèves, y compris les plus faibles, d’après une étude reposant sur des données américaines.

En France, la carte scolaire a longtemps pénalisé les catégories modestes et induit une stratification sociale et spatiale, avec des prix du logement plus élevés pour les habitations proches de lycées et collèges réputés.

La procédure Affelnet mise en place à la fin des années 2000 utilisait principalement la proximité géographique et les résultats scolaires pour répartir les élèves.

Gabriel Attal met l’accent sur les savoirs fondamentaux et la laïcité

La réforme engagée depuis 2021 à Paris accorde aux élèves issus d’un collège défavorisé un bonus social pour leur permettre d’intégrer un meilleur lycée. Les évaluations de cette réforme montrent une baisse de la ségrégation sociale au sein des lycées publics .

Mais l’affectation tiendrait peu compte du niveau scolaire et pénaliserait les élèves situés dans les bons collèges (qui par définition ne bénéficient pas du bonus social), ce qui risque de pousser plus de familles aisées à se tourner vers le privé, induisant encore davantage de ségrégation scolaire.

Le gouvernement doit éviter que les effets de cette réforme soient aussi contreproductifs, et aller plus loin en renforçant les ressources sur les établissements défavorisés sans faire l’impasse sur la question de l’enseignement privé.

1.Hsieh, C. T., Hurst, E., Jones, C. I., & Klenow, P. J. (2019). The allocation of talent and us economic growth. Econometrica, 87 (5), 1439-1474.

2.The demise of US economic growth : restatement, rebuttal, and reflections. Gordon R.J. NBER 2014

3.Schleicher, A. (2019). PISA 2018: Insights and interpretations. oecd Publishing.

4.Figlio, D. N., & Page, M. E. (2002). School choice and the distributional effects of ability tracking : does separation increase inequality ?. Journal of Urban Economics, 51 (3), 497-514.

5.Charousset P., Fack G., Grenet J. (2022). « La réforme d’Affelnet-Seconde GT à Paris : premiers éléments de bilan et d’analyse », Comité de suivi d’Affelnet-Seconde, Académie de Paris.

Ecole: hommage contesté : 68 élèves renvoyés

Ecole: hommage contesté : 68 élèves renvoyés

La tolérance suffit a déclaré le ministre de l’éducation nationale Gabriel Attal. Du coup, 68 élèves sur 179 qui ont perturbé ou contesté l’hommage aux professeurs assassinés seront renvoyés à sa demande. Enfin un discours de fermeté assortie de mesures tout aussi déterminées. Le ministre de l’éducation nationale a sans doute compris que les Français étaient fatigués de ses discours de compassion et de promesses jamais suivies. Son discours de fermeté en cohérence avec ses actions depuis son arrivée au ministère de l’éducation nationale tranche évidemment avec l’attitude générale pouvoir.

De ce fait, Gabriel Attal fait une percée remarquée dans l’opinion publique et ils passent même en tête devant tous les autres candidats pressentis pour les élections présidentielles de 2022. Un résultat sans doute inespéré pour l’intéressé lui-même et qui devrait le conforter dans cette posture enfin cohérente.
«179 saisines du procureur de la République qui partent ce jour pour engager des poursuites contre ces élèves, 179 procédures disciplinaires qui partent également», a précisé .

Sur ces 179 élèves, 68 ont eu «des propos et actes d’une particulière gravité», confie-t-on mardi soir dans l’entourage de Gabriel Attal. Pour ces 68 cas relevant de l’apologie du terrorisme, le ministre a adressé aux chefs d’établissement «une demande d’exclusion immédiate», sans attendre la convocation du conseil de discipline. La rue de Grenelle durcit le ton.

«À un moment, la tolérance, ça va ! La bienveillance, ça va ! Et le pas de vague, c’est fini ! » avait prévenu le ministre à l’Assemblée.

Ecole-De l’indispensable nécessité de l’écrit !

Ecole-De l’indispensable nécessité de l’écrit !

« Ecrire un texte, ce n’est pas effectuer un exercice, cela réclame de l’élève un engagement qui va bien au-delà »

Alors que le ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal, veut renforcer le travail d’écriture à l’école, Luc Baptiste, docteur en sciences de l’éducation, analyse, dans une tribune au « Monde », la particularité de l’enseignement de l’écriture qui, contrairement à la majorité des disciplines, vise la singularité.

La question en débat en cette rentrée, c’est la production d’écrits à l’école primaire. Le ministre précédent, Pap Ndiaye, avait porté devant l’opinion publique le sujet de la dictée, derrière lequel se profilait une question plus large : entrer dans l’écrit et écrire.

Le nouveau ministre, Gabriel Attal, dans sa tribune au Monde, est plus direct : il faut abolir les « textes à trous », et faire en sorte que « chaque semaine, les élèves produisent au moins un texte libre », dans une visée de « créativité ». Le « texte libre » est une proposition, longtemps décriée, du pédagogue Célestin Freinet (1896-1966), et ce que demande le ministre est, en substance, prescrit par les programmes de l’école primaire (2015, revus en 2018). Mais l’alerte est fondée. Car on écrit trop peu dans les classes.

Les évaluations nationales et internationales le rappellent et il arrive que des parents, avec raison, s’en émeuvent. A de rares exceptions près, la hiérarchie se désintéresse de cette pénurie d’écriture, laisse faire. Que dirait-on pourtant d’une classe où l’on ne travaillerait pas la numération ? Faillite des personnels, alors ? Les difficultés avec la culture écrite, littéraire a fortiori, sont une réalité. Affaire de recrutement ? Pas seulement.

Apprendre à écrire, c’est apprendre quoi ? Nous serions tous bien en peine de donner une réponse simple à cette question. Au risque d’une simplification excessive, que disent sur le sujet les programmes et instructions ? L’enjeu de la « rédaction » (1881, 1938), c’est, au-delà de l’usage de la langue, d’assimiler les normes sociales ; mais ensuite il s’agira d’exprimer sa sensibilité et son imagination (1923, 1972) ; d’apprendre à communiquer (1971) ; d’avoir un « usage réglé de la langue » (1985) ; de mettre en œuvre une intention de communication (1992) ; d’imiter (2002) ; d’acquérir une « posture d’auteur » (2015). Des réponses qui, pour certaines, s’opposent, voire s’excluent ; il n’y a pas de définition stable et pérenne de ce qu’est « apprendre à écrire ».

Jules Ferry écrit, en 1881, que « nul enseignement n’a une importance aussi considérable [et] n’est en souffrance au même degré ». Depuis, les textes officiels n’ont cessé de rappeler que l’apprentissage de l’écriture est fondamental et que l’école, sur ce plan, est en échec.

Ecole- Sans culture linguistique, pas de culture scientifique

Ecole- Sans culture linguistique, pas de culture scientifique

Par
Jean-Marc Lévy-Leblond
Physicien, épistémologue, essayiste. Professeur de l’université de Nice, Université Côte d’Azur

Dans un récent manifeste, un collectif de personnalités en appelle au ministre de l’Éducation nationale pour développer à l’école « une véritable culture de la lecture et de l’écriture ». Parmi les signataires, des écrivains et écrivaines, des journalistes, des artistes. Mais pas de scientifiques, comme s’ils n’avaient ni compétence ni intérêt pour le langage et ses mots.

Cette dépréciation du rôle de la langue dans le travail de la science est banale. Même un sémiologue aussi averti que Roland Barthes écrivait :

« Pour la science, le langage n’est qu’un instrument, que l’on a intérêt à rendre aussi transparent, aussi neutre que possible, assujetti à la matière scientifique (opérations, hypothèses, résultats) qui, dit-on, existe en dehors de lui et le précède : il y a d’un côté et d’abord les contenus du message scientifique, qui sont tout, d’un autre côté et ensuite la forme verbale chargée d’exprimer ces contenus, qui n’est rien. »

Et le physicien que je suis se souvient avec un mélange d’hilarité et de consternation d’une scène d’un film de Hitchcock (pas l’un de ses meilleurs !), Le Rideau déchiré (1966), où deux savants s’affrontent devant un tableau noir, écrivant et effaçant tour à tour des formules cabalistiques, sans échanger aucun mot ou presque, topos que l’on retrouve dans le récent Oppenheimer.

Mais la science, à l’inverse de l’armée, n’a pas vocation à être une « grande muette », tant la production du savoir, y compris dans les sciences les plus formalisées, comme les mathématiques ou la physique, que son partage, par l’enseignement ou la médiation, à l’oral comme à l’écrit, ne peuvent se passer du recours à la langue.

Certains, reconnaissant cette nécessité, avancent qu’il s’agirait pour faciliter l’apprentissage des sciences, de développer celui d’un prétendu « langage scientifique ». Mais celui-ci n’existe tout simplement pas, et il s’agit bien ici de la langue commune, celle qui se pratique dans tout échange social. Car l’existence de terminologies spécialisées dans les diverses disciplines scientifiques, comme dans toute activité humaine, aussi bien en couture et en cuisine qu’en météorologie et en chimie, ne saurait occulter l’emploi obligatoire des règles syntaxiques et des classes grammaticales usuelles qui fondent une langue.

Reste que la science contemporaine manifeste une grande désinvolture dans le choix de son vocabulaire propre. Bien souvent, les termes qu’elle emploie et qu’elle diffuse relèvent plus de stratégies médiatiques, voire d’enjeux publicitaires, que d’un souci d’adéquation sémantique. Ainsi, des expressions comme trou noir, big bang, supercordes, énergie sombre, pour s’en tenir au registre de la cosmologie, aussi fascinantes soient-elles, ne rendent aucunement justice aux objets et phénomènes qu’elles concernent.

De fait, un « trou noir » n’est pas vide, ni vraiment noir, le « big bang » n’est pas une explosion instantanée et ne fait pas de bruit, etc. De telles expressions sont conçues par les scientifiques eux-mêmes pour séduire les profanes, mais les trompent au lieu de les éclairer.

Une bonne vulgarisation est nécessairement exigeante et ne peut faire l’impasse sur la difficulté et la spécificité des concepts scientifiques. Comme le disait déjà Euclide, « il n’y a pas de voie royale » pour accéder à la science. Le paradoxe est que ces facilités de langage finissent par avoir des effets régressifs sur les chercheurs eux-mêmes.

Nombre des problèmes conceptuels qui continuent à hanter la physique contemporaine (la question du déterminisme, ou celle de l’origine de l’univers) trouvent leur source dans la négligence des puissances de la langue et dans la désinvolture de son usage ; le montre la coexistence d’un consensus assez général sur les formalismes mathématiques et de désaccords sur leur interprétation : c’est bien que la formalisation ne suffit en rien à énoncer et maîtriser le savoir qu’elle sous-tend. Autrement dit, les équations ne parlent pas ou plutôt ne disent rien si elles ne s’insèrent pas dans un échange communicationnel nécessairement langagier qui seul peut leur donner sens.

Déjà Lavoisier, dans l’introduction de son Traité de chimie élémentaire, publié en 1789, écrivait : « Toute science est nécessairement formée de trois choses, la série des faits qui la constituent ; les idées qui les rappellent ; les mots qui les expriment. Il en résulte qu’on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, ni la science sans le langage, et que quels que certains que fussent les faits, quelles que justes que fussent les idées qu’ils auraient fait naître, ils ne transmettraient encore que des impressions fausses, si nous n’avions pas des expressions exactes pour les rendre. »

Une attitude à la fois plus respectueuse et plus critique à l’égard des mots utilisés pour rendre compte des signes et des formules est en mesure souvent d’éclairer, sinon de régler, ces problèmes épistémologiques.

À titre d’exemple, considérons le « principe d’incertitude » introduit en théorie quantique par W. Heisenberg en 1927 et qui a donné lieu à tant d’exégèses philosophiques, idéologiques, culturelles infondées. Or, près d’un siècle plus tard, il est devenu évident qu’il ne s’agit nullement d’un principe fondamental mais seulement d’une conséquence des notions quantiques de base et surtout que le terme d’ »incertitude » avec ses connotations psychologiques est totalement inapproprié. Aussi emploie-t-on désormais de plus en plus la terminologie plus sobre et plus neutre d’« inégalités de Heisenberg ».

Il ne serait pas difficile de montrer que la situation n’est guère différente dans bien d’autres domaines de la science actuelle, à commencer par la biologie et la génétique. Ainsi de la métaphore selon laquelle l’ADN est un « code génétique » qui constituerait un « grand livre de l’hérédité ».

Ajoutons que les problèmes évoqués ci-dessus sont considérablement aggravés par la domination, en tout cas dans les sciences de la nature, d’un anglais abâtardi (globish) comme lingua franca. Ce langage appauvri, dépourvu de son arrière-plan culturel et de ses connotations implicites, ne favorise évidemment pas une expression maîtrisée et une évaluation critique des néologismes qu’exige le développement scientifique.

Il est donc nécessaire de demander aux chercheurs scientifiques, mais aussi aux journalistes et médiateurs, une conscience plus aiguë de leur responsabilité linguistique et donc d’inclure cette thématique dans leur formation professionnelle.

Un remarquable apport à cette entreprise est fourni par le récent livre de l’éminent linguiste Sylvain Detey, Savons-nous vraiment parler ? Du contrat linguistique comme contrat social (Armand Colin, 2023). Bien que portant sur la question du langage en toute généralité, nombre de ses conclusions et propositions méritent d’être étudiées et méditées par quiconque est sensible aux rôles du langage dans la pratique des sciences.

Ainsi du premier chapitre, plaisamment intitulé « La communication : un handicap pour tous ? » qui met en évidence les illusions si répandues quant à l’efficacité supposée des modes de communication spontanés, dont les faiblesses, évidentes dès lors qu’il s’agit pour nous d’utiliser une langue étrangère, ne sont qu’à peine moindres dans notre langue native, où les malentendus sont d’autant plus pernicieux qu’ils sont moins perçus.

Particulièrement intéressant aussi, dans le présent contexte, est le chapitre 5, « Du monolingue au polyglotte », où Detey met en lumière les différences de perception et donc d’expression entre langues, et souligne l’intérêt d’une bonne maîtrise de langues étrangères (deux au moins affirme-t-il !) quant au développement d’une meilleure maîtrise de sa propre langue. Prendre conscience de la diversité linguistique qui se manifeste y compris dans des catégories fondamentales de la pensée permet une utile compréhension des singularités et des limites qui caractérisent nos usages langagiers les plus usuels.

Un exemple princeps est celui de la numération, où le japonais utilise des spécificateurs, c’est-à-dire des suffixes ajoutés aux noms des nombres et déterminés par la forme des objets comptés (selon qu’ils sont longs, ou plats, etc.) ou leur nature (voitures, poissons, livres, etc.), alors que les langues européennes ont des termes numéraux génériques.

On comprend dès lors, pour en revenir aux usages scientifiques de la langue, que la question est moins celle du recours à l’anglais, que celle de la qualité de cet anglais. Un exemple caricatural m’avait jadis été fourni par un ouvrage de géométrie élémentaire traduit de l’anglais, où l’énoncé d’un exercice commençait par cette phrase surprenante : « soit deux points dans un avion ». S’en était suivie une minute de sidération avant que je ne repère la confusion entre les deux sens possibles du mot « plane » en anglais (avion ou plan).

L’auteur conclut justement son livre en écrivant : « avant donc que d’écrire sur Internet, et de parler dans l’espace public, apprenons à penser, et à parler ou à écrire, en respectant la rationalité scientifique ». Je me permettrai seulement d’ajouter que ladite rationalité scientifique, en tant qu’elle est fondée dans le langage, a beaucoup à y gagner.

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