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Loi alimentation : comme prévu un échec

Loi alimentation : comme prévu un échec

Hormis pour  la filière lait,  les ministres de l’agriculture est bien contraint d’admettre que la loi alimentation est un échec complet vis-à-vis de l’objectif d’améliorer les revenus des producteurs. Pire même,  cette loi a permis d’augmenter les prix à bon compte dans la grande distribution. Une  loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs sont seulement encouragés à pratiquer la réalité des couts. Une  loi pour une meilleure rémunération des agriculteurs et une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective.  Le texte permet notamment d’inverser théoriquement la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il rend ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce également le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, “Aujourd’hui, le compte n’y est pas du tout et la première année de négociations n’a pas été satisfaisante”, a déclaré le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, à l’issue d’une réunion, à Bercy, avec des représentants des trois parties. “Les agriculteurs ne voient pas encore, hormis dans le lait, dans leurs revenus les résultats”, a ajouté l’ex-sénateur, qui s’est cependant dit “confiant” pour la suite compte tenu de la bonne volonté affichée par l’ensemble des acteurs. La secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher a pour sa part fait le diagnostic d’une “guerre des prix (qui) demeure”, avec l’”agressivité” que celle-ci suppose, même si “des lignes ont bougé”. Selon les deux ministres, les dernières négociations se sont traduites par une amélioration dans les secteurs du lait, des pommes de terre, et partiellement dans celui de la viande mais également par des progrès “insuffisants” ailleurs. La loi dite “Egalim” du 30 octobre dernier avait pour objectif de mettre un terme aux batailles de prix entre distributeurs et entre transformateurs, dont pâtissent durement les exploitants en bout de chaîne. Ce texte comporte deux mesures phares, l’encadrement des promotions, entré en vigueur le 1er janvier, et le relèvement du seuil de revente à perte, en vigueur depuis le 1er février.“Nous savions que les choses ne changeraient pas d’un claquement de doigts”, a dit la présidente de la FNSEA (premier syndicat agricole), Christiane Lambert, à des journalistes après la réunion à Bercy. “La déflation est quasiment stoppée et ne fait que refléter la forte baisse de certaines matières premières en 2018”, a constaté la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) dans un communiqué. Bref tout ça pour ça ! Comme si on constatait la puissance du marché face à l’absence de régulation.

Négociations chômage : un échec grave pour le paritarisme

Négociations chômage : un échec grave pour le paritarisme

 

L’échec des négociations sur l’assurance chômage est grave mais il porte surtout atteinte à l’avenir du paritarisme et au rôle des instances intermédiaires dans le pays. Cette rupture des négociations est d’autant plus curieuse que les partenaires sociaux ne cessent de se plaindre depuis le début du mandat de Macron d’être mis à l’écart des grandes orientations sociales et économiques. Or en mettant un terme aux discussions sur l’avenir de l’Unedic, les partenaires sociaux renvoient la balle au gouvernement et d’une certaine manière conforte l’étatisme que souhaite précisément le président de la république. Pour pas parler clair,  les partenaires sociaux ont fait preuve d’une grande irresponsabilité et leur rôle déjà affaibli par leur manque d’efficacité pourrait être encore davantage contesté. Pour parvenir à un accord il faut évidemment rechercher des compromis gagnant gagnant, ce qui suppose une capacité à intégrer la problématique de l’autre interlocuteur. Malheureusement en France le débat ce caractérise surtout par une opposition stérile et inefficace entre patrons d’un côté, syndicats de l’autre. Des patrons beaucoup trop marqués par une idéologie réactionnaire et des syndicats encore imprégnés d’une illusoire culture révolutionnaire. Certes les syndicats réformistes sont aujourd’hui majoritaires en France avec notamment la CFDT devenue le premier syndicat mais ces syndicats réformistes ont bien du mal à faire entendre leur voix face aux syndicats gauchistes. “Nous faisons le constat aujourd’hui que nous ne pouvons trouver de points de convergence”, a déclaré le négociateur du Medef, Hubert Mongon, à l’issue de la rencontre. Selon lui, ce sont les organisations syndicales qui “ont fait part de leur volonté de mettre fin à ces discussions”, malgré les propositions du patronat, résolument opposé à la mise en place d’un système de bonus-malus. Il avait fait une ultime proposition pour éviter un tel dispositif selon lui “mortifère pour l’emploi”, consistant à moduler les cotisations patronales en fonction du recours aux contrats de travail de courte durée. Les syndicats avaient fait du bonus-malus, une condition sine qua non de leur participation aux négociations. Selon des calculs de FO, le volet malus n’aurait concerné que 18% des entreprises, principalement de grande taille, dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration et de l’hébergement médico-social. Eric Courpotin a regretté que “l’intérêt supérieur de certaines entreprises qui abusent des contrats courts (ait) été plus fort que l’intérêt des plus précaires”. “Clairement, on ne partage pas la vision qu’ils peuvent avoir de la nécessité de faire des économies”, a pour sa part dit Marylise Léon, de la CFDT. Patronat et syndicat s’inquiètent cependant des conséquences de cet échec, qui ouvre toute grande la voie au gouvernement pour reprendre les rênes de l’assurance chômage. “On acte la fin d’une époque”, dit-on à la CFE-CGC. “Le paritarisme (…) prend un coup important”, a renchéri Patrick Liebus, de l’U2P (syndicat des artisans).

CGT : l’échec des « gilets rouges »

CGT : l’échec des « gilets rouges »

Encore une manifestation pour rien de la part de la CGT. Pire qui discrédite encore un peu plus le mouvement syndical tellement la participation a été faible. Le ministère de l’intérieure annonce en effet en France 137 000 Manifestants. (Plus du double. Pour la CGT). C’est-à-dire même pas la moitié de ce qu’on mobilisé les jaunes lors de la première journée de mobilisation. Pourtant cette manifestation devait symboliser la convergence des luttes de la CGT, des gilets jaunes et des organisations politiques et syndicales gauchistes Attac, Fondation Copernic, La France insoumise (LFI) ou encore le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Cette fois encore, le cahier revendicatif était très flou et comprenait notamment l’augmentation du smic, l’égalité salariale entre les hommes et les femmes ou encore la mise en place d’un impôt sur le revenu plus progressif. En faite la plupart des gilets jaunes sont restés chez eux, ils s’étaient très peu présents dans les manifestations. Quant au nombre de grévistes il était complètement insignifiant tout juste quelques pour cent essentiellement dans la fonction publique. La convergence est donc loin d’être faite, les syndicats eux-mêmes ne parvenant pas eux-mêmes à afficher leur unité. “La CGT annonce sa journée avant tout le monde, pose ses revendications avant tout le monde. Ça n’aide pas toujours les discussions sereines”, a dit mercredi dernier Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, qui a organisé sa propre semaine d’actions du 3 au 7 février. “La CGT n’a pas proposé cette journée de manière unitaire, elle a un peu mis ça dans le paysage et après chacun pouvait s’y raccrocher”, a dit Eric Beynel, co-délégué général de Solidaires qui a néanmoins participé au mouvement en réponse aux appels de certains “Gilets jaunes” à la grève nationale. Force ouvrière a refusé d’appeler à rejoindre la CGT au niveau confédéral mais a dit soutenir les fédérations et unions départementales qui participeraient à la mobilisation. La CFDT, désormais premier syndicat de France, refuse pour sa part toute mobilisation dans la rue. “Ce qu’on attend c’est des résultats”, a dit lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur France 2. “Et pour ces résultats, il y a parfois la nécessité de faire grève ou manifester et parfois il faut faire des propositions concrètes, c’est ce que fait la CFDT”.

Grève du 5 février : le risque d’un échec grave

Grève du 5 février : le risque d’un échec grave

 

On sait que les gilets jaunes tout au moins les plus radicaux se sont ralliés à l’idée d’une convergence des luttes organisées par la CGT est appuyée par les organisations gauchistes. Des organisations gauchistes qui par ailleurs ont réussi à faire prendre en compte par les gilets jaunes les plus radicaux le concept de grève générale reconductible. Encore faudrait-il pour cela un niveau satisfaisant de mobilisation. Ce qui au demeurant nets pas certains du tout dans la mesure où hormis la CGT la plupart des organisations syndicales ne sont pas parties prenantes de ce mouvement et même s’en méfient.   Le risque, c’est que le taux de grévistes soit relativement insignifiant et que les manifestations ne soient pas supérieures à celles des gilets jaunes qui se déroulent chaque week-end. La CGT, réticente au départ vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes a dû radicaliser sa ligne sous la pression de militants aussi dans la perspective de son prochain congrès confédéral. Cette  perspective de convergence des luttes paraît assez illusoire dans la mesure où la CGT a décidé seul de son principe ce que n’ont guère apprécié les autres organisations syndicales. Des organisations syndicales qui se montrent très prudentes dans leur rapport aux gilets jaunes en raison notamment du cocktail assez sulfureux qu’il représente sur le plan idéologique (extrême droites et extrême-gauche compris). Dernier élément ces organisations syndicales n’ont pas non plus apprécié d’être mises dans le même sac que les partis politiques l par les gilets jaunes. Des gilets jaunes qui se déclarent apolitiques et asyndicales mais dont certains présente des listes aux élections et qui interviennent maintenant dans le champ syndicale. Le monde syndical est donc encore divisé sur la question des rapports avec les gilets jaunes. “Ce qu’on attend c’est des résultats”, a dit le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur France 2. “Et pour ces résultats, il y a parfois la nécessité de faire grève ou manifester et parfois il faut faire des propositions concrètes, c’est ce que fait la CFDT”.

Croissance : le principal échec pour Macron

Croissance : le principal échec pour Macron

 

 

Les instituts économiques de l’État ont mis du temps pour s’apercevoir du net tassement économique de la France en 2018. Ce n’est qu’il y a quelques jours que la Banque de France a enfin convenu que l’objectif de 1,7 % d’augmentation du PIB en 2018 était illusoire. De même que les objectifs de 2019. La perspective de 2018 comme de 2019 est ramenée à 1,5 %. Pari perdu donc pour Macron concernant la croissance. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour la croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis a revu à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Colliac, économiste de l’assureur crédit Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste. Ce tassement de la croissance ne peut s’expliquer à lui seul par un environnement international plus morose. En effet la France fait moins bien que la moyenne de l’union européenne. La vérité c’est que Macon s’est trompé de stratégie en assommant la consommation des ménages par une hausse de fiscalité alors que parallèlement et le lâcher plus nanti et aux entreprises des cadeaux fiscaux sans la moindre contrainte.

 

« Gilets jaunes »: Le Maire prépare l’annonce de l’échec de la croissance

« Gilets jaunes »: Le Maire prépare l’annonce de l’échec de la croissance

“Et il faut nous attendre à un nouveau ralentissement de la croissance en fin d’année, étant donné les événements que nous venons de traverser.” a déclaré le ministre des finances. Dune  certaine manière, Lemaire  annonce l’échec de la croissance pour en reporter la responsabilité sur les gilets jaunes. Interrogé par Reuters TV, il a estimé que l’impact sur l’économie française de ce mouvement, parti à la mi-novembre d’une contestation des hausses de taxes sur les carburants mais élargi depuis à des revendications hétéroclites, était “sévère”. « C’est une catastrophe pour notre économie”, avait-il déclaré auparavant à des journalistes. “La facture des dégâts doit être prise en charge par l’Etat, par la solidarité, par les assureurs, tout le monde doit y mettre du sien.” Certes on ne peut nier il y aura des conséquences graves le commerce ; pour  autant cela ne fera qu’aggraver un peu plus la tendance baissière d’une croissance déjà atone. En réalité le pari de Macron pour la croissance est perdu depuis longtemps. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour l croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis revus à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance a accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Colliac, économiste France de l’assureur crédit Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste. Si l’on se fie à trois indicateurs importants à savoir l’évolution l’intérim, la situation du transport et le moral des Français, (entreprise et ménage), il faut prévoir que les résultats du quatrième trimestre ne seront pas à la hauteur des espérances. En clair macro aura échoué sur la croissance en 2018 et la responsabilités principales n’en incombe nullement aux seuls gilets jaunes. 

Croissance : échec pour Macron

Croissance : échec pour Macron

 

 

Pari perdu pour Macron concernant la croissance. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour la croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis a revu à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Colliac, économiste France de l’assureur crédit Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste.

 

Chômage 3 ème trimestre : échec pour Macron

Chômage 3 ème trimestre : échec pour Macron  

Sur le principal enjeu que constitue le chômage, Macron a échoué d’après les résultats du troisième trimestre. . En effet le niveau du chômage stagne. Le nombre de chômeurs s’est maintenu au troisième trimestre. Le taux de chômage en France s’établit à 9,1% de la population active et à 8,8% sur la seule France métropolitaine selon les derniers chiffres de l’Insee, calculés selon les normes du Bureau international du travail (BIT). Invité de France info ce matin, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, rappelle que si le chômage est stable sur le dernier trimestre, «il baisse sur un an». Le taux de chômage enregistre en effet un léger reflux de 0,5 point en France métropolitaine et un recul de même ampleur pour la France entière. Le nombre de chômeurs s’élève à 2,6 millions en France métropolitaine au troisième trimestre, soit 22.000 personnes de plus qu’au trimestre précédent, et à 2,728 millions sur la France entière. Par rapport à sa première estimation diffusée en août, l’Insee a revu en hausse de 0,1 point le taux de chômage du deuxième trimestre en France métropolitaine, à 8,8% contre 8,7% annoncé précédemment.

 

Europe : un échec pour tout le monde

Europe : un échec pour tout le monde

Arnaud Mercier, Université Paris 2 Panthéon-Assas analyse les causes de l’échec de l’Europe  notamment à travers le Brexit.

 

 

« Les lamentos diplomatiques, les cris d’orfraie officiels ou les postures viriles face au Royaume-Uni n’y changeront rien : la première sortie de l’Union européenne (UE) d’un pays est un événement historique (ce qui ne veut pas forcément dire catastrophique) dont le peuple britannique et ses dirigeants ne sont pas les seuls responsables. Tout le monde a sa part de responsabilité dans ce camouflet électoral, sur l’île comme sur le continent, dans la classe ouvrière britannique laissée à l’abandon comme dans les élites politiques des pays de l’union.

Les résultats de ce référendum sont un échec pour tout le monde : pour ceux qui se sont crus malins en l’organisant, pour ceux qui ont soufflé sur les braises du populisme et de la xénophobie pendant toute la campagne, pour ceux qui n’ont rien vu venir et qui croient encore aujourd’hui qu’on pourra continuer comme avant.

Voilà bien longtemps que la cause européenne a été trahie, que l’idéal des pères fondateurs a été foulé aux pieds, les gouvernements britanniques successifs y ayant d’ailleurs joué leur part. Que le divorce vienne d’un peuple parmi les plus réticents à intégrer l’Union n’a rien de totalement surprenant, mais il ne nous informe pas seulement sur la société britannique et l’incroyable médiocrité de sa classe politique, ce résultat en dit long aussi sur ce que ceux qui ont fait vivre le projet européen ont raté, au point de faire détester l’Europe à un nombre croissant de citoyens.

Les craintes exprimées en Grande-Bretagne par ce vote font en effet écho à bien d’autres qui s’expriment depuis plus d’une décennie dans les urnes continentales. Gardons-nous de faire de l’Angleterre le mouton noir de l’Europe pour mieux absoudre nos péchés ! Ces tensions, ces rejets, sont l’expression politique d’un malaise anthropologique et sociologique profond, qui touche au défaut d’articulation entre ce que devrait être la construction européenne et les défis que la mondialisation soulève, singulièrement sur le plan économique.

Revenons donc sur tous ces défis que les bâtisseurs politiques de l’Union ont su si bien rater pour qu’on en arrive là.

Les transformations profondes de nos sociétés contemporaines sont multiples, mais on peut synthétiser certaines des plus importantes autour de cinq notions clés.

  • Une mondialisation industrielle introduisant une concurrence mondiale des coûts salariaux et des productions industrielles qui induit une désindustrialisation durable de nombreux secteurs d’activité en Europe. Les secteurs d’activité de remplacement n’apparaissent pas tous visibles, et les travailleurs ne sont nécessairement tous aptes à entrer en reconversion. Il y a donc, fatalement, des victimes de cette mondialisation poussées à des formes de désespérance, ancrées qu’elles sont dans la certitude que cela ne pourra pas aller mieux ni pour eux, ni même – plus désespérant encore – pour leurs enfants.
  • Une mondialisation culturelle favorisée par la circulation des populations, des programmes audiovisuels et par l’Internet. Celle-ci induit deux mouvements déstabilisateurs en Europe : (a) la difficulté pour certains de bien tolérer, d’accepter la confrontation avec d’autres cultures qui sont des points de frottement obligeant à remettre en cause leurs certitudes, leurs visions du monde ; (b) la nécessité de s’ouvrir au monde pour faire de la mondialisation un atout et non un fardeau (apprentissage des langues étrangères, ouverture culturelle…), défi face auquel tout le monde ne part pas avec des chances égales, en fonction de l’âge, du niveau de diplôme, des ressources financières.
  • Une financiarisation de l’économie suite à toutes les dérégulations et libéralisations initiées dans les années 1980, sur des bases aussi idéologiques que vénales. Le néo-managérialisme nous a inventé tout un discours pour convaincre chaque salarié qu’il devait s’investir pleinement dans son entreprise, que chacun devenait responsable de l’éventuel échec de celle-ci, à chaque niveau de la production et de la relation client. Au même moment, le capitalisme financiarisé a déconnecté la production de richesses du travail, faisant du salarié la première des variables d’ajustement, et pour tout dire, souvent, une quantité négligeable, une matière flexible à qui on demande toujours plus au présent tout en promettant toujours moins d’avenir certain.
  • Une accélération du monde, si bien décrite par le sociologue allemand Hartmut Rosaqui se compose à la fois d’une accélération du rythme des changements sociaux et d’une accélération de nos rythmes de vie – avec les risques du burn out, de la déconnexion aux fondamentaux de l’existence, du sentiment d’être submergé par les sollicitations du monde, obligeant à devenir multitâches ou à connaître la frustration de ne pas faire tout ce qu’on nous enjoint de désirer faire.
  • Une complexification du monde, car les technologies du quotidien obligent à de plus en plus d’agilités numériques. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de changer d’une technique pour une autre et de retrouver une nouvelle zone de confort : nous sommes entrés dans une ère de changements permanents qui remet en cause régulièrement nos certitudes et compétences techniques acquises. La complexification se ressent aussi au niveau des défis éthiques que nos connaissances et que les avancées scientifiques déclenchent. Les manipulations d’embryons pour aller vers le clonage thérapeutique, les nanoparticules, la prise de conscience fine des dégâts pour la santé de multiples produits chimiques, etc. : autant de questions qui entremêlent régulation de la science, intérêts économiques puissants, droit des générations futures, respect de l’intégrité des personnes, morale et spiritualités.

Toutes ces évolutions sont autant de défis propres à créer de la désespérance au sens fort de perdre tout espoir, et donc de se replier sur ce qu’on vit comme des certitudes acquises, donc de se réfugier sur son territoire, son identité. Il n’y a pas de mondialisation et de financiarisation heureuses ! Et s’entendre servir cette fable par des élites économiques et culturelles bardées de diplômes et de langues, quand on manque de tous les capitaux requis pour s’adapter, a de quoi faire enrager.

Enragement redoublé par tout ce que les journalistes nous révèlent des évasions fiscales en tout genre, d’un capitalisme qui trahit les idéaux libéraux qui le portent historiquement, tant il est amoral et cynique. Voir parader les gagnants de cette économie du fric, entre paradis fiscaux, fraudes, et parachutes dorés engendre forcément des frustrations et des indignations viscérales. Il y a forcément des victimes de la mondialisation industrielle, et il appartient aux politiques de ne pas leur donner le sentiment qu’on les oublie, qu’on les abandonne à leur funeste sort, en détournant les yeux avec un brin de compassion dans le meilleur des cas, avec mépris dans le pire.

La mondialisation culturelle et les zones de frottement qu’elle introduit dans toute société – ce qu’avait bien montré l’anthropologue Claude Levi-Strauss dans Race et histoirenotamment – ne se résout ni en faisant l’éloge du multiculturalisme, ni en faisant semblant de ne pas voir des villes ou des quartiers s’enfoncer dans la misère en agrégeant les populations défavorisées françaises et immigrées, avec toutes les tensions qui vont de pair.

L’exaspération sociale et culturelle redouble alors la désespérance. Et même chez ceux qui ne vivent pas une situation économique précaire et difficile, l’identité culturelle peut être vécue comme menacée, du fait des zones de tolérance que la cohabitation culturelle oblige chacun à ouvrir. Traiter tous ces anxieux de la mondialisation culturelle de racistes ne suffit pas à résoudre le problème. Le jugement moral ne remplace pas des actions concrètes. Il aboutit même chez certains au résultat inverse, les renforçant dans leur sensation d’être assiégés dans leur propre pays et ils enragent plus encore.

Enfin, l’accélération et la complexification du monde induisent chez beaucoup, notamment chez les plus âgés, des réflexes de crainte, associés à la sensation de perdre la maîtrise sur l’évolution du monde mais aussi de leur monde quotidien. La perte de repère devient anxiogène, favorisant des recroquevillements sur ses zones de confort et de certitude, voire un repli régressif sur un passé idéalisé, subitement paré de toutes les vertus.

Sociologiquement, anthropologiquement, il est donc très explicable que de nombreux citoyens européens se sentent vulnérables, frustrés, oubliés, méprisés. Et le projet européen n’a pas su leur apporter un réconfort utile pour le faire désirer. Les bâtisseurs contemporains de l’Europe des « 28-1 », n’ont pas su construire l’Europe bouclier. Pire, ils ont généré l’Europe menace.

La volonté des pères fondateurs de l’Europe était de créer des « solidarités de fait » afin de créer chez les peuples, un sentiment d’intérêt partagé à vivre en bonne harmonie et ne plus avoir la tentation de se suicider collectivement par la guerre, comme durant les décennies précédentes.

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait » (Robert Schuman, déclaration du 9 mai 1950).

Mettre en commun les productions du charbon et de l’acier, reconstruire une économie prospère en commençant par l’agriculture pour nourrir tout le monde à sa faim, favoriser la circulation des personnes et des biens, pour faciliter le dynamisme économique de tous et apprendre à se connaître les uns les autres : tels furent les leviers de cette ambition européenne, pour créer une zone de paix et de prospérité économique. 27 s

Pour se perpétuer, il devint évident, à partir des années 1980, qu’il fallait approfondir les liens politiques pour mieux coordonner les politiques de chaque État et devenir une Europe puissance. Pourtant, le choix prioritaire a été, suite à l’effondrement du système communiste à l’Est au début des années 1990, d’élargir, d’élargir encore, au point de ne plus savoir qui était européen ou pas, de diluer nos frontières sans assumer de fixer une identité européenne politique, culturelle ou géographique.

Avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne qui se méfie ancestralement de toute idée de puissance continentale, l’Union européenne s’est donc diluée au fur et à mesure qu’elle s’élargissait, empêchant tout véritable approfondissement de la coordination politique. De projet politique, elle s’est muée en un club économique, où l’initiale libre circulation solidaire des biens et des personnes, est devenue un libre échange concurrentiel. Ce dévoiement porté par les acteurs industriels et financiers a trouvé de nombreux soutiens politiques, grâce aux promesses mirifiques des économies d’échelle, des réductions de dépenses publiques. Notons que la Grande-Bretagne a fortement appuyé cette orientation libre-échangiste concurrentielle.

Au lieu donc de construire une Europe bouclier, qui apporterait aux frontières extérieures des protections que les États-Unis ou la Chine savent si bien construire pour leurs intérêts, les fossoyeurs de l’idéal européen ont abdiqué une large part de la visée politique de ce projet pour faire de l’Union un lieu de réglementations uniformisantes, de dérégulations des spécificités nationales sans apporter de contreparties aux frontières extérieures. L’Europe devenue un théâtre redoublé de la mondialisation – avec dumping social, concurrence fiscale, célébration du libéralisme effréné – a alors généré naturellement des formes croissantes de rejet.

Un triple dévoiement politicien a abouti à ce référendum et à son résultat négatif.

L’Europe s’est construite par les hommes politiques nationaux qui n’ont cessé de considérer la construction européenne selon une logique diplomatique de négociations (pour ne pas dire de marchandages), où chacun jouait en priorité la préservation de ses intérêts nationaux globaux et de ses intérêts politiciens étroits. C’est donc sans grande transparence et sans être porté par une vision de l’Europe (d’autant plus difficile à porter qu’on a élargi à tour de bras !) que les fossoyeurs de l’idéal européen ont accumulé des demi-mesures, des accords bancals, des compromis boiteux, dont le dernier en date : les allègements de contraintes pour la Grande-Bretagne que David Cameron était venu arracher en février dernier, pensant ainsi sceller sa victoire.

Et à leurs faiblesses, ils ont souvent ajouté l’ignominie de ne pas assumer leurs décisions en accusant « Bruxelles », la Commission, et autres institutions européennes d’imposer leurs « diktats ». Là où, le plus souvent, la mesure en cause était votée par le représentant du gouvernement, mais dans un conclave fermé où les votes ne sont pas publics. Entre double discours et lâche défaussement sur les institutions européennes, il ne fallait plus grand-chose pour que « l’Europe », « Bruxelles » deviennent des boucs émissaires commodes, d’autant plus faciles à invoquer que la lisibilité du circuit de décision est opaque, voire franchement illisible, à force d’improbables compromis entre les institutions et les États.

Et, dernier clou dans le cercueil de l’idéal européen, à la désespérance sociale, au repli identitaire, aux sensations d’être dépassé, débordé répondent des leaders politiques aussi populistes que démagogues, flattant les plus bas instincts. Au lieu de trouver un discours pour apaiser les craintes, ils jouent sur les peurs, les exacerbent, et quand cela ne suffit pas ils en créent, grâce à d’invraisemblables bobards, comme l’a si magistralement fait Boris Johnson dont les ambiguïtés ont été démasquées jusque dans son propre camp, qui l’a lâché au moment de recueillir le fruit de ses vilenies, lui interdisant de devenir premier ministre. Mais en Autriche, en France, en Flandre, en Hongrie, ou ailleurs, les mêmes fonds de sauce peu ragoûtants sont servis, véritables tambouilles politiciennes recuites, saupoudrées d’épices vieillies des années 30.

Il ne faut pas sombrer dans la nostalgie des pères fondateurs, au point de croire qu’il suffirait de revenir au message initial. L’histoire a creusé son sillon, les enjeux sont différents, l’élargissement n’est pas forcément une faute en soi, s’il n’avait été fait après un approfondissement préalable, en assumant une logique des cercles concentriques, où tous les pays n’approfondiraient pas leurs relations au même rythme. Mais ce qui fait défaut, c’est un dessein, une vision nouvelle, capable de répondre à trois défis majeurs :

  • faire régresser les discours anti-européens qui se repaissent des errements institutionnels et politiques de la construction européenne, en mettant fin à ces errements et aux excès d’interventionnisme de certains règlements européens au profit d’un « principe de subsidiarité » (cher à Jacques Delors) où ce qui peut rester à l’échelon national pour être mieux gérer, doit y rester ;
  • faire de l’Europe le bouclier économique et social qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, afin de nourrir un sentiment de confiance dans ce projet politique, grâce aux intérêts que chacun en retire ;
  • cesser de se réfugier dans un discours lénifiant du « plus d’Europe », en croyant ainsi répondre aux attaques et au rejet, alors que c’est dans une articulation claire, lisible, entre le national et la supranational que repose la confiance des peuples, dont l’horizon politique reste national. Car il n’existe pas, pour bien des raisons, un espace public européen qui serait un lieu de délibération unifié des peuples qui composent l’Union européenne.

L’avenir de l’Union européenne se trouve donc dans une forme inédite de fédéralisme coordinateur et protecteur, à inventer par des dirigeants qui auraient la trempe d’hommes d’État visionnaires refusant la démagogie et les calculs de petits boutiquiers nationaux.

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Par Arnaud Mercier, Professeur en Information-Communication à l’Institut Français de presse, Université Paris 2 Panthéon-Assas

Hausse du chômage : l’échec de Macron

Hausse du chômage : l’échec de Macron

Le chômage a de nouveau progressé au troisième trimestre et signe l’échec de la politique économique de Macron.  Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) a progressé de 0,5% le trimestre dernier pour s’établir à 3,457 millions, soit 16.300 personnes supplémentaires par rapport à fin juin. Sur un an, il s’inscrit en revanche en baisse de 1,2%. Sur un an, le nombre total des inscrits dans les catégories A, B et C augmente de 0,6%.Un terrible échec qui va enfoncer un peu plus la popularité déjà très dégradée de Macron.   En fait, la politique fiscale de Macron a tué la croissance. Tous les instituts de prévision prévoient que la France aura du mal à dépasser 1,5 % de croissance en 2018 alors que ces mêmes instituts prévoyaient 2,3% d’augmentation du PIB et que le gouvernement avait retenu 2 %. On pourrait certes attribuer le tassement de la croissance au ralentissement de la dynamique internationale toutefois la prévision française est inférieure à la moyenne de la zone euro qui se situera autour de 2 %. Le différentiel est important dans la mesure où la perspective d’activité de la France ne rend plus possible ni la réduction du chômage,  ni les équilibres financiers. Et la situation risque d’être encore plus mauvaise en 2019. L’Institut Rexecode proche du patronat n’envisage plus qu’une progression de 1,3 % du PIB (voir l’article sur cette projection).  l’OFCE de son coté  fournit des éléments d’explication sur ce recul de la croissance française « La reprise est heurtée par un certain nombre de phénomènes «a rappelé l’économiste Mathieu Plane. À l’échelle de la France, plusieurs facteurs peuvent expliquer le trou d’air de la croissance entre janvier et juin. Parmi les freins évoqués par l’OFCE, figurent un calendrier fiscal défavorable et une consommation des ménages en berne. « Environ deux tiers de cet écart de croissance (entre la France et celui de la zone euro hors France) s’expliquent par la mauvaise performance de la consommation des ménages, conséquence directe du choc fiscal de début d’année, » a expliqué Mathieu Plane. La mise en œuvre des mesures fiscales a clairement pesé sur le pouvoir d’achat des ménages et in fine sur la consommation, traditionnel moteur de la croissance française. L’augmentation de la fiscalité directe avec la hausse de la CSG « non compensée intégralement par la baisse des cotisations salariés » et la hausse de la fiscalité indirecte sur le tabac et les carburants ont également pesé sur le portefeuille des ménages. « À eux seuls, ces deux facteurs ont pesé à hauteur de -0,8 point sur le revenu brut disponible des ménages au premier trimestre. » « Le phénomène du calendrier fiscal devrait se reproduire en 2019 et 2020″ souligne Mathieu Plane, « avec une hausse programmée de la fiscalité indirecte chaque début d’année et une montée en charge de la réforme de la taxe d’habitation sur le quinquennat avec des effets attendus en fin d’année. » Outre le calendrier fiscal, la grève dans les transports a également pesé sur la consommation des Français. « La consommation de transport des ménages a ainsi baissé de 2,7 % au deuxième trimestre 2018, ce qui est la plus forte baisse depuis la fin 1995, contribuant à hauteur de – 0,1 point à la consommation totale. »  Les températures plus élevées du printemps ont également entraîné une baisse de la consommation d’énergie. Normalement on espère un rebond de la consommation du fait de l’amélioration du pouvoir d’achat : autour de 2 %. Le problème c’est que parallèlement l’inflation elle aussi reprend de sa vigueur et ce situe sur une tendance annuelle de 2,3 %. Autant dire que cette inflation va plaît plus qu’annuler la hausse du pouvoir d’achat. Pour conclure, le manque d’équilibre entre les orientations économiques et les mesures sociales ont clairement pesé sur le pouvoir d’achat, la consommation des ménages et la croissance. En clair, Macon a tué la croissance en 2018.

 

 

Chômage : en hausse signe l’échec de Macron

Chômage : en hausse signe l’échec de Macron

Le chômage a de nouveau progressé au troisième trimestre et signe l’échec de la politique économique de Macron., Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) a progressé de 0,5% le trimestre dernier pour s’établir à 3,457 millions, soit 16.300 personnes supplémentaires par rapport à fin juin. Sur un an, il s’inscrit en revanche en baisse de 1,2%. Sur un an, le nombre total des inscrits dans les catégories A, B et C augmente de 0,6%.Un terrible échec qui va enfoncer un peu plus la popularité déjà très dégradée de Macron.   En fait, la politique fiscale de Macron a tué la croissance. Tous les instituts de prévision prévoient que la France aura du mal à dépasser 1,5 % de croissance en 2018 alors que ces mêmes instituts prévoyaient 2,3% d’augmentation du PIB et que le gouvernement avait retenu 2 %. On pourrait certes attribuer le tassement de la croissance au ralentissement de la dynamique internationale toutefois la prévision française est inférieure à la moyenne de la zone euro qui se situera autour de 2 %. Le différentiel est important dans la mesure où la perspective d’activité de la France ne rend plus possible ni la réduction du chômage,  ni les équilibres financiers. Et la situation risque d’être encore plus mauvaise en 2019. L’Institut Rexecode proche du patronat n’envisage plus qu’une progression de 1,3 % du PIB (voir l’article sur cette projection).  l’OFCE de son coté  fournit des éléments d’explication sur ce recul de la croissance française « La reprise est heurtée par un certain nombre de phénomènes «a rappelé l’économiste Mathieu Plane. À l’échelle de la France, plusieurs facteurs peuvent expliquer le trou d’air de la croissance entre janvier et juin. Parmi les freins évoqués par l’OFCE, figurent un calendrier fiscal défavorable et une consommation des ménages en berne. « Environ deux tiers de cet écart de croissance (entre la France et celui de la zone euro hors France) s’expliquent par la mauvaise performance de la consommation des ménages, conséquence directe du choc fiscal de début d’année, » a expliqué Mathieu Plane. La mise en œuvre des mesures fiscales a clairement pesé sur le pouvoir d’achat des ménages et in fine sur la consommation, traditionnel moteur de la croissance française. L’augmentation de la fiscalité directe avec la hausse de la CSG « non compensée intégralement par la baisse des cotisations salariés » et la hausse de la fiscalité indirecte sur le tabac et les carburants ont également pesé sur le portefeuille des ménages. « À eux seuls, ces deux facteurs ont pesé à hauteur de -0,8 point sur le revenu brut disponible des ménages au premier trimestre. » « Le phénomène du calendrier fiscal devrait se reproduire en 2019 et 2020″ souligne Mathieu Plane, « avec une hausse programmée de la fiscalité indirecte chaque début d’année et une montée en charge de la réforme de la taxe d’habitation sur le quinquennat avec des effets attendus en fin d’année. » Outre le calendrier fiscal, la grève dans les transports a également pesé sur la consommation des Français. « La consommation de transport des ménages a ainsi baissé de 2,7 % au deuxième trimestre 2018, ce qui est la plus forte baisse depuis la fin 1995, contribuant à hauteur de – 0,1 point à la consommation totale. »  Les températures plus élevées du printemps ont également entraîné une baisse de la consommation d’énergie. Normalement on espère un rebond de la consommation du fait de l’amélioration du pouvoir d’achat : autour de 2 %. Le problème c’est que parallèlement l’inflation elle aussi reprend de sa vigueur et ce situe sur une tendance annuelle de 2,3 %. Autant dire que cette inflation va plaît plus qu’annuler la hausse du pouvoir d’achat. Pour conclure, le manque d’équilibre entre les orientations économiques et les mesures sociales ont clairement pesé sur le pouvoir d’achat, la consommation des ménages et la croissance. En clair, Macon a tué la croissance en 2018.

 

L’échec de l’impôt à la source : Marc Bidan

L’échec de l’impôt à la source : Marc Bidan

Par Marc Bidan,  Professeur des Universités – Management des systèmes d’information – Polytech Nantes, Université de Nantes

« Il s’agit ici d’aborder les raisons de l’échec annoncé du déploiement du projet de prélèvement de l’impôt à la source en France. Concrètement, il s’agirait dans un premier temps d’un report plutôt que d’un abandon ou d’un arrêt.

À ce propos, l’entrevue programmée ce mardi 4 septembre à Paris afin que G. Darmanin apporte « des réponses claires » au premier ministre et au président de la République signera probablement la fin du cafouillage médiatique. Elle signera aussi a minima le report de cette réforme de l’impôt sur le revenu (IR) juste avant le conseil des ministres réunissant le nouveau gouvernement avec le ou la remplaçant·e de Nicolas Hulot.

Un préambule sur la nature du changement envisagé

Comme souvent dans le cas de vastes projets publics ou privés, présentés un peu rapidement comme simplement informatiques ou techniques, les enjeux et les défis dépassent largement ce périmètre opérationnel pour devenir organisationnels, économiques, sociaux, contextuels et politiques. Il s’agit de bien appréhender la transformation organisationnelle déclenchée en partie par la transformation informatique.

C’est le cas de ce projet de prélèvement de l’impôt à la source – par l’employeur pour le fisc – qui se devait de remplacer l’acquittement de l’impôt – par le contribuable pour le fisc – en vigueur dans sa forme actuelle depuis de nombreuses années. Cette inversion de la logique du règlement de l’impôt n’est certes pas anodine. D’une part sur le fond une implication volontaire (l’acquittement de l’impôt par le contribuable) est remplacée par un acte subit (le prélèvement de l’impôt par le fisc) et d’autre part sur la forme l’arrivée d’un tiers (l’employeur) implique la délicate interconnexion puis interopérabilité de son (ou ses) système d’information avec celui (ou ceux) du fisc.

Notons également que cette dématérialisation de l’acte, cette mécanisation du paiement et in fine cette déresponsabilisation du contribuable prélevé sont également des questions importantes liées à cette réforme. Cela peut renvoyer à l’interrogation sur des Français qui seraient (ou pas) « pschychologiquement prêt » évoquée par le ministre G. Darmanin le 1 9 2018.

Néanmoins, nous n’aborderons ici que les facteurs qui ont pu condamner, une Nième fois en France, le projet de prélèvement à la source sans entrer dans les débats sur la pertinence même de ce choix particulier de collecte de l’impôt. En effet, face à de tels projets qui ne sont certes pas uniquement informatiques, nous pouvons insister sur trois autres types de facteurs à l’origine du (futur) report.

Des facteurs informatiques

Face à de tels projets informatiques complexes dont le périmètre est vaste, la nature est sensible et dont les aspects sont à la fois techniques, juridiques, humains et organisationnels, les risques d’échec ne sont pas négligeables. Si nous évoquons bien là un certain type de bug, c’est surtout au sens d’une non-conformité entre ce qui est souhaité (théoriquement) par le concepteur et porteur du projet (l’état, le fisc) et ce qui est constaté (réellement) par le client final (le contribuable).

Ce type de bugs, de non-conformité et/ou de dysfonctionnement opérationnels s’expliquent en général par une double complexité qui peut parfois mener à l’échec. De plus, dans le cas de cette réforme, cet effet ciseau est renforcé par une difficulté logique – qui nous différencie de nos voisins européens – celle d’un calcul à effectuer par contribuable (individu) et non plus par foyer fiscal (famille).

Dans un premier temps, à la suite des problèmes de fond liés à la conception, à l’architecture et au schéma directeur même du système d’information (SI) qui ont du être correctement pensés et pilotés par Bercy depuis ces derniers mois, il est fréquent de clairement sous-estimer la difficulté opérationnelle à modéliser, à programmer, à paramétrer, à interconnecter et à intégrer les divers bases de données, logiciels, sous-systèmes et systèmes d’information (ici ceux de l’administration fiscale) avec ceux des autres acteurs impliqués qui peuvent être très différents (ici ceux des caisses de retraite, employeurs – grands comptes, PME, TPE… –, Urssaf et de très nombreux autres opérateurs).

Ainsi nous pouvons lister, les risques de bugs de type 1 concernant les montants prélevés (ex : plusieurs fois) et/ou de type 2 concernant les individus prélevés (ex : homonymie) et/ou encore les risques classiques liés à l’ambiguïté, aux doublons, aux aléas ou aux redondances (ex : foyer/individu/adresse) sont réels. De plus, ils sont massifs comme le souligne une note interne de la DGFiP parue ce dimanche et évoquant un effet « marée noire ». Enfin, ce type de processus d’intégration informationnelle est toujours complexe et repose sur trois phases délicates :

  1. homogénéisation et intégration des bases de données (avec le passage de la familiarisation à l’individualisation) ;
  2. standardisation et intégration applicative (des imposants ERP/PGI aux modestes suites bureautiques) ;
  3. urbanisation et intégration organisationnelle.

Dans un second temps, il est fréquent de surestimer les ressources (matérielles, financières et personnelles) mais aussi le temps et les données réellement disponibles pour déployer ce type de système d’information inter organisationnel (SIIO) à très large périmètre. L’histoire récente ne manque pas d’exemples de bugs et de désillusions à commencer par ce qui est arrivé lors du rapatriement du régime social des indépendants (RSI) dans le régime général ou depuis le déploiement du chaotique système intégré de paiement des soldes des militaires (Louvois).

En règle générale, même si l’expression et l’interprétation des besoins d’une organisation reste très délicate à rédiger, lors de l’intégration puis de la mise en œuvre de tels systèmes d’information inter-organisationnels, un maximum de 80 % du livrable final apparaît réellement conforme à ce qui avait spécifié dans le cahier des charges fonctionnel. Les 20 % restants ne sont ni testés ni validés et peuvent donc être à l’origine de dysfonctionnements d’autant plus lourds que les sous-systèmes d’origine étaient hétérogènes. Concernant l’IR, l’État peut-il risquer de se priver de 20 % de ses 75 milliards annuels de rentrées fiscales ?

Des facteurs économiques

Les dimensions économiques ne sont pas négligeables car les voyants ne sont plus – comme l’an passé – au vert. La croissance montre des signes de faiblesse, les taux d’intérêt remontent et le prix de l’énergie aussi (pétrole, gaz…). Il ne faudrait pas en plus mécontenter les offreurs – les entreprises – et faire douter les demandeurs – les contribuables – même si la moitié des foyers ne paient pas l’IR !

Du côté de l’offre, les entreprises ont clairement annoncé lors de leur récente université d’été qu’elles étaient défavorables à cette réforme (elles souhaitent un moratoire d’un an) car elles redoutent une bureaucratisation chronophage et complexe en devenant collecteur d’impôt. De plus, même si des dispositions ont déjà été prises en ce sens, elles refusent également une quelconque responsabilité juridique en cas d’éventuelles erreurs ou anomalies dans la collecte. Plus largement, les familles avec emplois à domicile (cas déjà reporté d’un an), les professions libérales, les petites et moyennes entreprises, les commerçants et artisans sont opposées à ce surcroît de travail et le font allègrement savoir.

D’autre part, du côté de la demande, les 16 millions de foyers fiscaux qui paient l’impôt sur le revenu restent partagés, moins de la moitié y sont favorables. Ils redoutent, notamment outre les classiques problématiques liées à la transparence et la confidentialité avec leur employeur, le fameux mois de janvier 2019 lorsqu’ils verront leur premier salaire net amputé par le prélèvement à la source. Cette perte de pouvoir d’achat perçue risque de se traduire immédiatement sur la consommation des ménages et la croissance globale risque d’être impactée. L’effet – couplé avec la baisse perçue du pouvoir d’achat des retraités et avec une épargne de précaution massive – serait catastrophique.

Économiquement, le calendrier n’est certes pas favorable…

Des facteurs contextuels

Rien ne presse. Cette réforme est dans les tuyaux de Berçy depuis longtemps. Un an de délai supplémentaire ne serait aucunement une catastrophe pour une réforme perçue – à tort – en cette rentrée dans la population française comme purement technocratique !

Elle est apparue en 1939 en France puis abandonnée. Elle réapparaît sous le gouvernement de M. Rocard, alors que celui-ci tentait de démocratiser la mensualisation. Puis cette réforme fut réactualisée et programmée sous la présidence de F Hollande avec E. Macron dans le gouvernement. Ce dernier en a hérité à son arrivée au pouvoir en 2017 sans jamais réellement en faire une réforme de premier plan.

Le calendrier ne plaide pas pour le déploiement dans l’urgence de cette réforme – de plus l’IR, avec la TVA, est l’un des impôts qui « rentre » le mieux – et un an de plus ou de moins ne serait aucunement une catastrophe !

Contextuellement non plus, la réforme ne semble pas opportune…

Et des facteurs politiques

Le président E. Macron est dans une situation fragilisée. Son été fut pollué par l’affaire A. Benala, sa rentrée est perturbée par la démission de N. Hulot, il serait bon que son hiver ne soit pas être gâché par les bugs, dysfonctionnements et autres couacs du déploiement raté du prélèvement à la source. La perception 1) d’une baisse du pouvoir d’achat et 2) d’un flottement politique et administratif ne ferait que renforcer une défiance qui gronde.

De plus, le président s’est promis de relancer son leadership européen (et celui de la France) et de contribuer à remporter les élections européennes à la tête du camp progressiste. Ce type de couacs serait catastrophique en France mais peut être aussi au niveau européen où sa crédibilité réformatrice serait amoindrie.

Enfin, en renonçant, donc en désavouant son ministre de l’Action et des Comptes publics et la haute administration qu’il dirige, le président pourrait se prévaloir d’un nouveau rôle… celui de protecteur des français et en particulier des contribuables. Il montrerait ainsi qu’il peut accepter de perdre de sa superbe et s’adapter à un contexte économico-politique moins favorable pour renoncer à un projet devenu anxiogène.

Politiquement, paradoxalement, un report pourrait être bienvenu…

Report, moratoire, abandon ou arrêt

Le sort de cette réforme semble scellé. Le report est probablement déjà acté et la question de son « arrêt », selon les mots du ministre en matinée le 1er septembre, est même clairement abordée. Un plan bis est déjà savamment livré en pâture à la réflexion des observateurs…

Il s’agirait d’une année 2018 qui resterait blanche, puis d’une année 2019 durant laquelle la mensualisation deviendrait obligatoire – mais calculée sur 12 mois et non plus sur 10 mois – puis d’une année 2020 durant laquelle le prélèvement à la source serait bien déployé mais serait effectué directement par le fisc lui-même sur les comptes bancaires des contribuables et non sur leur bulletin de salaire.

 

Cette perte de pouvoir d’achat ressenti comme tel risque de se traduire immédiatement sur la consommation des ménages et la croissance globale risque d’être impactée. L’effet – couplé avec la baisse perçue du pouvoir d’achat des retraités et avec une épargne de précaution massive – serait catastrophique.

Économiquement, le calendrier n’est certes pas favorable… 26 s

Des facteurs contextuels

Rien ne presse. Cette réforme est dans les tuyaux de Berçy depuis longtemps. Un an de délai supplémentaire ne serait aucunement une catastrophe pour une réforme perçue – à tort – en cette rentrée dans la population française comme purement technocratique !

Elle est apparue en 1939 en France puis abandonnée. Elle réapparaît sous le gouvernement de M. Rocard, alors que celui-ci tentait de démocratiser la mensualisation. Puis cette réforme fut réactualisée et programmée sous la présidence de F Hollande avec E. Macron dans le gouvernement. Ce dernier en a hérité à son arrivée au pouvoir en 2017 sans jamais réellement en faire une réforme de premier plan.

Le calendrier ne plaide pas pour le déploiement dans l’urgence de cette réforme – de plus l’IR, avec la TVA, est l’un des impôts qui « rentre » le mieux - et un an de plus ou de moins ne serait aucunement une catastrophe !

Contextuellement non plus, la réforme ne semble pas opportune…

Et des facteurs politiques

Le président E. Macron est dans une situation fragilisée. Son été fut pollué par l’affaire A. Benala, sa rentrée est perturbée par la démission de N. Hulot, il serait bon que son hiver ne soit pas être gâché par les bugs, dysfonctionnements et autres couacs du déploiement raté du prélèvement à la source. La perception 1) d’une baisse du pouvoir d’achat et 2) d’un flottement politique et administratif ne ferait que renforcer une défiance qui gronde.

De plus, le président s’est promis de relancer son leadership européen (et celui de la France) et de contribuer à remporter les élections européennes à la tête du camp progressiste. Ce type de couacs serait catastrophique en France mais peut être aussi au niveau européen où sa crédibilité réformatrice serait amoindrie.

Enfin, en renonçant, donc en désavouant son ministre de l’Action et des Comptes publics et la haute administration qu’il dirige, le président pourrait se prévaloir d’un nouveau rôle… celui de protecteur des français et en particulier des contribuables. Il montrerait ainsi qu’il peut accepter de perdre de sa superbe et s’adapter à un contexte économico-politique moins favorable pour renoncer à un projet devenu anxiogène.

Politiquement, paradoxalement, un report pourrait être bienvenu…

Report, moratoire, abandon ou arrêt

Le sort de cette réforme semble scellé. Le report est probablement déjà acté et la question de son « arrêt », selon les mots du ministre en matinée le 1er septembre, est même clairement abordée. Un plan bis est déjà savamment livré en pâture à la réflexion des observateurs…

Il s’agirait d’une année 2018 qui resterait blanche, puis d’une année 2019 durant laquelle la mensualisation deviendrait obligatoire – mais calculée sur 12 mois et non plus sur 10 mois – puis d’une année 2020 durant laquelle le prélèvement à la source serait bien déployé mais serait effectué directement par le fisc lui-même sur les comptes bancaires des contribuables et non sur leur bulletin de salaire.

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 Par Marc Bidan, Professeur des Universités – Management des systèmes d’information – Polytech Nantes, Université de Nantes

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Budget : la preuve de l’échec de la politique économique

Budget : la preuve de l’échec de la politique économique

 

Déjà plombé par l’affaire, le gouvernemenet démontre son échec avec le budget. D’abord il revoit nettement à la baisse le niveau de la croissance, ce qui mécaniquement se traduira mais un maintien du chômage à un haut niveau et par une baisse des rentrées fiscales en 2018 mais aussi en 2019. Au lieu de 2,6 % du PIB pour le déficit en 2018, on sera plus proche de 3 %. Même chose en 2019. Le gouvernement avoue qu’il y aura une nouvelle dérive des déficits. En fait on sera plus proche de 90 milliards que des 83 prévus. Et cela en dépit de la baisse des prestations sociales comme les pensions ; autant de mesures qui marquent l’échec de la politique économique du gouvernement. Le constat c’est que ce gouvernement qui avait annoncé progrès et changement n’obtient pas de meilleurs résultats que les précédents et recoure aux bonnes vieilles méthodes de la vieille politique. Avec des affaires en prime et un comportement du président de plus en plus autoritaire et condescendant. Déjà nourri par l’affaire Benalla et les enquêtes visant le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler et la ministre de la Culture Françoise Nyssen, le feu des critiques de l’opposition a été ravivé dimanche par les annonces d’Edouard Philippe au Journal du Dimanche. Pas étonnant si la popularité de Macron s’écroule avec désormais seulement 34 % de soutien.

Emploi : l’échec de Macron

 

Emploi : l’échec de Macron

 

Faute de croissance suffisante, la France détruit maintenant davantage d’emplois qu’elle n’en crée. Heureusement,  on bénéficie encore de la dynamique de l’année 2017 et sur un an la situation est encore positive mais la perspective est mauvaise pour la fin de l’année 2018 et sans doute aussi en 2019. Il n’y a pas de mystère ; sans croissance impossible de créer une vague significative d’emploi. Du coup, ces résultats sur l’emploi vont peser lourd dans le bilan de l’action politique de Macron. Pour parler clair,  c’est l’échec d’une politique économique qui a tout misé sur l’offre en négligeant volontairement la demande. Or  la croissance française est encore plus qu’ailleurs caractérisée par la dynamique de la consommation. Et ce n’est pas en sortant la sempiternelle chanson du manque de main-d’œuvre qualifiée dans la restauration, dans le bâtiment ou dans l’agriculture qu’on pourra expliquer la baisse tendancielle de l’emploi : 31.000 emplois salariés de plus qu’il n’en a détruit, contre 46.000 au trimestre précédent et 112 500 au quatrième trimestre 2017. Certes, l’Hexagone enregistre grâce à ce chiffre un treizième trimestre consécutif de hausse de l’emploi salarié privé. Sur un an, 241.100 créations nettes ont même été comptabilisées. Mais ces trois derniers mois marquent la plus faible progression de cet indicateur depuis 2015., la croissance de l’emploi salarié au deuxième trimestre est surtout portée par les services marchands (+ 0,2%), malgré un rythme moins rapide qu’au trimestre précédent. Dans une moindre mesure, l’agriculture (+ 0,1%) et la construction (+ 0,3%) voient, elles aussi, leurs effectifs augmenter. Seule l’industrie a détruit des postes sur cette période: après avoir perdu près d’un million d’emplois depuis 2001, «ce secteur a connu un début de reprise en 2017. Mais il semble que l’on revienne aujourd’hui à des destructions d’emplois qui, même si elles ne sont pas excessives, confirment cette tendance de long terme», explique Sylvain Larrieu, chef de la division synthèse et conjoncture du marché du travail de l’Insee.

Diplomatie : l’échec de Macron de plus en plus patent

Diplomatie : l’échec de Macron de plus en plus patent

Jamais un président de la république français n’avait effectué autant de voyages à l’étranger en si peu de temps. Cette mobilité diplomatique avait grandement contribué à façonner l’image de Macron. Malheureusement force est de constater que cet activisme international n’est guère couronné de succès ;  en réalité vis-à-vis de trois personnages centraux de la vie internationale à savoir Trump, Poutine et Merkel Macron n’a connu que des échecs. Échec sur le climat échec, échec  sur les droits de douane américain, échec sur la réforme de l’Europe, échec sur l’Iran. En clair il y a un décalage énorme entre l’idée que se fait Macron de sa propre importance au plan international et son influence réelle. En fait,  Macron est  ramené à ce qu’il est réellement : le chef d’un petit pays pas même capable d’imposer ses idées en Europe. Du coup, avec le recul les témoignages d’amitié voir d’affection et les bisous de Trump touchent au ridicule sur le plan international Macron assure jouer son rôle de leader mondial mais si on le juge sur ses résultats c’est un fiasco presque complet.

Manifs fonctionnaires : échec

Manifs fonctionnaires : échec

En dépit du caractère unitaire très exceptionnel, la manif des fonctionnaires n’a réussi à réunir qu’ peu plus de 100 000 fonctionnaire sur près de 6 millions. En cause sans doute la répétition de manifestations de différentes catégories qui finissent par lasser faute de débouchés. Aussi en raison du flou de l’objectif où sont amalgamés comme d’habitude service public et statut. Deux sujet différents car certains services publics peuvent- et sont- assurés par délégation à des entreprises de droit privé. La question du relèvement des salaires est également ambigüe ;  certes le point d’indice n’a pas été relevé mais grâce au GVT (en gros avancement automatique) la masse salariale à augmenté de 3%. L’opinion publique ne soutient ce mouvement qu’à hauteur de 40% en raison sans doute du fait que ce mouvement donne l’impression de défendre davantage les fonctionnaires que le service public lui-même. Une grève qui apparaît surtout défensive et trop confuse car si certains fonctionnaires travaillent beaucoup et sont peu payés ‘ (enseignants, infirmière etc.), il en va différemment pour d’autres en particulier dans certaines fonctions des collectivités territoriales.  Le ministère de l’Intérieur n’a compté que 124.000 personnes dans les rues de France, la CGT évoquant quant à elle des “centaines de milliers” de manifestants. Ce chiffre est à comparer avec les 323.000 manifestants qui avaient manifesté le 22 mars dans toute la France et aux 209.000 de la mobilisation du 10 octobre, selon la police. En fin de journée, le taux de participation au mouvement de grève s’élevait à 10,29% dans la fonction publique d’Etat (contre 12,80% lors de la dernière journée de mobilisation des fonctionnaires, le 22 mars), à 6,57% dans la fonction publique territoriale (contre 8,11% en mars) et à 7,5% dans la fonction publique hospitalière (contre 10,9%), selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Borloo veut faire bonne mine mais la vérité c’est qu’à l’Elysée on veut procéder à l’enterrement de son rapport trop ambitieux. Et Borloo d’avertir  sur son plan banlieues : « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas » Borloo, qui croyait inspirer le gouvernement, a vu ses espoirs rétrécir.  Son plan sera « un élément parmi d’autres », relativise l’Élysée. « Cela fait un peu ‘on va dans les banlieues et on fout un coup de peinture’ », tacle un proche du gouvernement. Que retiendra au final le chef de l’État? Borloo confie qu’on est « dans le très haut de la fourchette » et que deux tiers de ses propositions feraient l’objet d’un « consensus ministériel », selon la terminologie officielle. Mais dans l’entourage de l’ancien ministre, que l’on sent plus inquiet qu’en colère, on décrit des troupes élyséennes divisées en deux camps, l’un s’activant à faire échouer son plan. « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas », estime Borloo.

« On ne va pas faire un catalogue de mesures, même s’il y aura des annonces très concrètes, dit-on à l’Élysée. On va éviter de faire des plans avec plusieurs milliards sur dix ou quinze ans. »En calait on va enterrer le rapport Borloo.

Macron : après l’échec vis-à-vis de Trump, celui vis-à-vis de Merkel

Macron : après l’échec vis-à-vis de Trump, celui vis-à-vis de Merkel

Pas sûr que Merkel ait beaucoup apprécié le discours très volontariste de Macron concernant la réforme de la zone euro et encore mois les critiques non voilées vis-à-vis de l’Allemagne. Merkel ne goûte guère les effets de manche, les effusions comme la polémique. Et ce n’est pas un discours public qui fera changer d’avis Merkel et son gouvernement. Un gouvernemenet qu’on dit divisé mais qui partage l’idée essentielle à savoir ne pas mettre le doigt dans une forme de solidarité financière européenne car c’est surtout l’Allemagne qui en paierait la facture.   De nombreux conservateurs alliés à la chancelière s’opposent à l’un de ses principaux projets : une capacité budgétaire pour la zone euro, qu’il veut voir mentionnée dans cette feuille de route attendue pour le Conseil européen de la fin juin. « Je crois à une zone euro plus forte, plus intégrée avec un budget propre permettant les investissements et la convergence », a déclaré Emmanuel Macron. « C’est le seul moyen de permettre à tous les Etats qui souhaitent aller de l’avant d’aller dans cette direction ». Macron a reçu la distinction Charlemagne mais pas l’accord de Merkel sur ses propositions de réforme européenne. Merkel salue d’autant plus l’action de Macron pour l’Europe qu’elle ne soutient pas grand-chose de ses propositions; une attitude très diplomatique pour flatter l’égo de Macron tout en s’opposant à la solidarité financière voulue par la France. Pas question d’accepter un budget européen, un vrai fonds monétaire européen (on va simplement transformer le MES), un ministre européen, un grand plan d’investissement et encore moins une solidarité financière. Les positions allemandes et françaises sont aussi très différentes vis-à-vis des Etats Unis. Malgré les mots chaleureux de la chancelière, Emmanuel Macron a reçu un soutien très tiède en Allemagne concernant ses propositions de réforme de la zone euro. Sur les questions commerciales, les ministres européens doivent encore surmonter leurs désaccords avant de confier à la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, un mandat clair pour les négociations avec les Etats-Unis avant la nouvelle date butoir du 1er juin fixée par Donald Trump pour imposer à l’UE ses droits de douane. Signe que Berlin maintient sa ligne face à la France, le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmaier, appelle de ses voeux un accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis, qui porterait essentiellement sur le secteur industriel et déboucherait sur une baisse générale des droits de douane. Le ministre déclare à l’édition dominicale du FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung) que le TTIP (Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement) s’est “révélé irréalisable”, mais ajoute : “Nous devons envisager de faire quelque chose de neuf, comme une entente sur un choix de produits industriels”, dit-il. “Je mets vivement en garde contre le risque d’être aspiré dans une spirale d’isolement”, dit Altmeier en se déclarant “fortement favorable à un accord avec les Etats-Unis”.

Loiret élections partielles : nouvel échec pour LREM

Loiret élections partielles  : nouvel échec pour LREM

Dimanche, Jean-Pierre Door des Républicains  l’emporte nettement avec  67,08 % des suffrages contre seulement 32,92 % des voix pour Mélusine Harlé.  Un recul  qui s’ajoute à celle de Belfort et  du Val d’Oise. Ces mauvais résultats expliquant le  tassement de la popularité de Macron. Un président de la république dont l’image de président des riches lui colle un peu trop à la peau et qui n’est pas démentie  par la sociologie des responsables de la république en marche à peu près tous appartenant aux catégories sociales supérieures. Il s’agit là d’un handicap qui brouille la vision du parti au pouvoir concernant les réalités sociales voir sociétales. On objectera à juste titre que la participation aux deux élections partielle a été particulièrement faible mais ceci vaut pour tous les partis; bien que concernant l’élection d’un député, cette  échéances électorale prend surtout un caractère local car on sait que le résultat ne remettra pas en cause les équilibres nationaux. Alors dans ce domaine la république en marche ajoute une autre faiblesse à savoir la quasi inexistence de structures locales et de militants. Une telle faiblesse voulue au niveau national où le pouvoir est hyper centralisé et où on craint surtout l’établissement de baronnies locales. Résultat une grande insuffisance de relais sur le terrain Dans la première circonscription du territoire de Belfort, le LR Ian Boucard s’était nettement imposé avec 59,18 % des voix, plus de huit points de mieux qu’en juin, face au MoDem-LREM Christophe Grudler (40,82 %). Et dans la première circonscription du Val d’Oise, Isabelle Muller-Quoy (LREM, 48,55 %) a perdu la circonscription prise en juin à la droite : son rival LR Antoine Savignat l’a emporté avec 51,45 %, six points de mieux qu’en juin.

 

Manif sélection à l’université : échec

Manif  sélection à l’université : échec

Seulement 3000 manifestants à Paris pour protester contre la réforme de l’accès à l’université et celle du bac. Comme d’habitude les organisateurs comptent trois fois plus de participants. C’est évidemment un échec des désorganisations gauchistes qui appelaient à la manifestation à savoir  notamment SNES-FSU, CGT Educ’action, SNUEP-FSU et SUD-Education. Une participation très faible forcément aussi influencée par une météo détestable. Il est clair que le nouveau dispositif de sélection à l’université n’est guère apprécié par certains. Pourtant force est de constater que plus de la moitié des étudiants abandonnent  leurs études à l’université après 2 ans. Un vrai gâchis et une vraie hécatombe. La nouvelle réforme vise à orienter les futurs étudiants vers des filières dans lesquelles ils ont le plus de chances de s de réussir et de trouver un emploi. Les arguments des syndicats minoritaires sont surtout de caractère politique et font l’impasse sur les réalités évoquées. La sélection à l’université, en bonne place sur les banderoles et dans les slogans, n’est qu’une des raisons qui ont poussé l’intersyndicale à se mobiliser. En ligne de mire aussi, le rapport Mathiot sur la réforme du bac publié le 24 janvier et préconisant notamment de diminuer le nombre d’épreuves et de renforcer l’importance du contrôle continu, qui pourraient représenter 40% de la notation à l’avenir. . Selon l’intersyndicale, la hiérarchie entre les lycées et les inégalités entre les territoires en ressortiront amplifiées.

 

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