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Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Covid-19 : le ministre de la Santé démissionne en raison d’une liaison ….. en Grande-Bretagne !

Covid-19 : le ministre de la Santé démissionne en raison d’une liaison ….. en Grande-Bretagne !

 

 

On voit mal en France pourquoi responsable politique aurait à démissionner de sa responsabilité en raison d’une liaison y compris avec une secrétaire. Ce qui est pourtant intervenu en Grande-Bretagne où le ministre de la santé a été contraint d’abandonner son portefeuille pour eux cette question morale.

 

En France , le président de la république lui-même n’a jamais été mis en cause politiquement pour des questions de morale privée. Mitterrand étant le parfait exemple d’une liaison connue de tous les milieux officiels mais jamais utilisée à des fins politiques.

 

C’est ce qui sépare de la conception humaniste française du puritanisme anglo-saxon qui s’effarouche de la moindre égratignure aux principes moraux mais tolère par ailleurs les pires entraves parfois aux valeurs démocratiques et éthiques. Matt Hancock, le ministre de la santé a donc fait l’objet d’un scandale après les révélations dans les tabloïds d’une liaison avec une conseillère avec qui il a enfreint les règles sanitaires.

Politique- L’abstention témoigne d’une démocratie à la dérive

Politique- L’abstention témoigne d’une démocratie à la dérive

 

Par Gaston René Bessay, Expert Consultant international

Certes l’abstention aux régionales a été exceptionnellement massive. Cependant ce mouvement n’est pas nouveau , il affecte à peu près toutes les élections dans des proportions cependant différentes. Cela témoigne à l’évidence d’une sorte de désintérêt voire de mépris vis-à-vis de la chose publique et surtout du système politique.

Globalement les Français ne croient pas en la capacité des responsables politiques à faire changer de manière significative et positivement l’environnement social, économique, ou sociétal. Ce n’est pas seulement du désenchantement mais une sorte de rejet pour un système démocratique usé jusqu’à la corde.

Pour résumer,  les échéances électorales sont à peu près le seul acte démocratique qui permet à tous les électeurs de s’exprimer. En gros, une sorte de vision très primaire de la démocratie : on dépose une fois de temps en temps un bulletin de vote dans l’urne, ensuite les élus font ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent ou rien du tout.

De toute évidence,  il manque l’essentiel, c’est-à-dire de la chair autour de la démocratie, c’est-à-dire une capacité permanente à associer les acteurs aux actions d’intérêt général. Pour faire semblant on crée sans arrêt de nouvelles ministructures où sont désignés dans la plupart des cas des incompétents notoires, des arrivistes ou encore des bobos.

On reproche à ces s institutions de concertation l’insuffisance de leurs travaux. Ce n’est pas sans raison. Ceci étant lorsque les réflexions et propositions sont pertinentes, elles sont rarement prises en compte. Cela vaut surtout pour le niveau national mais tout autant pour les autres échelons de décision y compris le niveau local.

Le sommet de l’hypocrisie est sans doute atteint lorsque à l’initiative d’élus écolos ou de macronistes, on désigne au hasard des citoyens pour siéger dans ces organismes de concertation. Du coup on a vite fait de démonter les propositions ésotériques de ces organismes.

La période se caractérise en effet par une grande complexification des problématiques économique, technologique, environnementale et sociétale.En plus avec des interactions systémiques multiples qui échappent aux analyses simplistes

L’étude trop fragmentée et  trop partisane des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons.  La compréhension de la  complexité des transformations en cours implique une dépassement des clivages partisans , une  ouverture d’esprit aux idées différentes. La pluralité des approches permet d’éviter le sectarisme.  L’indépendance et la pertinence de l’information constituent un enjeu stratégique pour comprendre les mutations actuelles et au-delà pour les maîtriser. Autant d’exigences qui échappent  le plus souvent aux grilles d’analyse obsolète de nombre de partis politiques.

Une nouvelle démocratie passe aussi par une modification du processus d’émergence des futurs élus..

Aujourd’hui n’importe qui peut se présenter sans aucune compétence, sans aucune expérience, sans aucune légitimité. Ainsi par exemple un énarque peut se parachuter dans une région dont il ne connaît rien pour devenir député. C’est aussi le même phénomène souvent rencontré aux autres niveaux d’élection où n’importe quel citoyen lambda prétend pouvoir diriger une communauté de citoyens alors qu’il n’a préalablement aucun passé social. C’est ainsi l’occasion pour nombre d’opportunistes de faire des petites carrières politiques bien rémunérées.

Difficile de comprendre ce simplisme dans l’émergence des candidats à la candidature. En général dans les organisations sociales,  on estime qu’il faut presque 10 ans pour former un responsable  national. En politique en quelques mois n’importe qui peut se parachuter et devenir responsable du pays.

Autre élément complexe de la problématique démocratique , la contradiction permanente entre le souci de plaire à l’électeur pour être élu et l’efficacité. Une contradiction permanente gérée par la démagogie et le mensonge. De ce point de vue, un minimum d’éthique serait nécessaire. Cette contradiction centrale alimente tous les rejets du politique.

Il faut aussi convenir que les médias et autres institutions intermédiaires ne jouent pas suffisamment leur rôle de filtre d’évaluation et d’animation du débat. Pas étonnant, la plupart des médias nationaux comme régionaux dépendent d’intérêts financiers qui soutiennent des candidats qui leur sont proches. Le pire est sans doute atteint avec la presse régionale et locale dont la ligne éditoriale se résume à la tribune des chats écrasés, des louanges éhontés en faveur des élus en place et à la reprise bête et méchante des informations des agences. Les autres médias ne sont guère non plus à la hauteur qu’il s’agisse de la télévision, des radios ou même d’Internet où la pire côtoie le meilleur surtout en plus avec l’anonymat qui encourage n’importe quelle dérive.

Pour tout dire, ce ne sont pas simplement les modalités d’élections qui sont à revoir ( vote obligatoire, vote par Internet etc.) mais le contenu même et les modalités de gestion d’une démocratie vivante. Ce n’est pas le référendum à tout faire qui réglera cette question complexe mais sans doute un long débat, profond, argumentée, large pour moderniser un système démocratique demeuré à l’èré néandertalienne.

 

Hypothèse d’une inflation seulement transitoire

Hypothèse d’une inflation seulement  transitoire

Hughes Beuzelin, Président-fondateur de BDL Capital Management relativise dans la Tribune L’hypothèse d’une hausse durable de l’inflation.

 

Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghaiet l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

Indéniablement, l’inflation est de retour. C’est particulièrement le cas aux Etats-Unis, où l’indice des prix à la consommation (CPI) au mois de mai est en hausse de 5% sur un an. On peut donc légitimement se demander si la période de basse inflation des dernières années est simplement définitivement révolue ou seulement en pause. On peut se le demander, et d’ailleurs… tout le monde se le demande !

Mais les commentateurs du secteur financier se réfugient souvent vers une conclusion facile : il est trop tôt pour conclure que le pic d’inflation que nous vivons actuellement sera durable. L’argument est que le formidable excès d’épargne accumulé par les ménages depuis le Covid19, particulièrement aux Etats-Unis, va se traduire par une libération brutale, mais provisoire d’une demande « refoulée », à la faveur de la réouverture de l’économie. Certes, le pic d’inflation observé jusqu’ici s’explique essentiellement par quelques secteurs (énergie, véhicules d’occasion), et non par une hausse généralisée des prix. Le reflux récent des anticipations d’inflation démontre d’ailleurs que le marché juge crédible la politique ultra accommodante maintenue par la Fed. Mais les investisseurs ne choisissent-ils pas simplement ce qui les arrange le mieux ? Il n’est pas facile pour les investisseurs institutionnels aux portefeuilles gorgés d’obligations d’envisager une situation de remontée durable de l’inflation qui serait meurtrière pour les portefeuilles.

Attention aux effets de second tour

En tant que gérants actifs, nous nous devons de regarder avec distance les consensus, surtout que quelques voix dissonantes se font entendre au sein de la banque centrale américaine sur le caractère transitoire de l’inflation. La possibilité d’une erreur de politique monétaire de sa part n’est pas à négliger. Plutôt que de rester concentrés sur ce que croit le marché, nous écoutons les messages venus des entreprises dans lesquelles nous investissons. D’ores et déjà, on perçoit certains signaux qui plaident pour une inflation plus durable. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit qu’une inflation peut en cacher une autre, en décalé. Dans l’agroalimentaire, Danone évoque des hausses de coûts en hausse de près de 10% pour des intrants comme le lait et le plastique et le fabricant de produits d’hygiène Essity parle d’une hausse de 30% à 40% pour la pâte à papier en Europe. Mais ces acteurs de la grande consommation n’ont pas la possibilité de répercuter immédiatement ces hausses aux distributeurs avec lesquels ils ont généralement des contrats bisannuels. On peut attendre de pareils effets de second tour liés à la hausse – colossale – des coûts de transport. Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghai et l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

La transition énergétique sera inflationniste

Et il ne faut pas non plus négliger la volonté grandissante des États de modeler la reprise économique, notamment via des plans de relance orientés vers la transition énergétique. On voit déjà à quel point le choix fait par l’Allemagne de développer des sources d’énergies renouvelables, mais intermittentes, a été inflationniste sur les prix de l’électricité, car nécessitant de conserver des capacités conventionnelles. Indéniablement, la décarbonation de l’économie va coûter cher et soutenir durablement les cours de certaines terres rares ou de métaux comme l’argent, présent dans les véhicules électriques, ou le cuivre, qui va être nécessaire en grande quantité pour relier les projets éoliens offshore aux réseaux terrestres. L’électronique est un autre domaine où la demande ne semble pas près de faiblir et où une inflation plus durable sera facilitée par plusieurs facteurs : une offre relativement peu élastique, dans la mesure où la création d’une nouvelle usine est l’affaire de plusieurs années, et un secteur devenu très oligopolistique.

Les tensions sur les salaires sont à surveiller

 

Bien sûr, il faudra aussi surveiller comment évolue l’inflation salariale et notamment observer les impacts à long terme de la récente crise. Le magazine Le Point titrait récemment sur les « Français qui n’ont plus envie de travailler » et il est évident que la mise en pause de pans entiers de l’économie a incité les gens à s’interroger sur leurs conditions de travail. Aux États-Unis, les emplois de gardiennage sont désormais rémunérés entre 11 et 13 dollars de l’heure contre 8 à 10 dollars avant crise. Enfin, n’oublions pas qu’une inflation plus soutenue est un des moyens les plus efficaces pour les États de résorber leur surendettement.

Est-il trop tôt pour conclure que le pic d’inflation en cours sera durable ? Sans doute. Mais conclure le contraire serait tout aussi prématuré.

Hughes Beuzelin (*)

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. 
Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

L’abstention témoigne d’une démocratie à la dérive

L’abstention témoigne d’une démocratie à la dérive

 

Par Gaston René Bessay, Expert international en prospective

Certes l’abstention aux régionales a été exceptionnellement massive. Cependant ce mouvement n’est pas nouveau , il affecte à peu près toutes les élections dans des proportions cependant différentes. Cela témoigne à l’évidence d’une sorte de désintérêt voire de mépris vis-à-vis de la chose publique et surtout du système politique.

Globalement les Français ne croient pas en la capacité des responsables politiques à faire changer de manière significative et positivement l’environnement social, économique, ou sociétal. Ce n’est pas seulement du désenchantement mais une sorte de rejet pour un système démocratique usé jusqu’à la corde.

Pour résumer,  les échéances électorales sont à peu près le seul acte démocratique qui permet à tous les électeurs de s’exprimer. En gros, une sorte de vision très primaire de la démocratie : on dépose une fois de temps en temps un bulletin de vote dans l’urne, ensuite les élus font ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent ou rien du tout.

De toute évidence,  il manque l’essentiel, c’est-à-dire de la chair autour de la démocratie, c’est-à-dire une capacité permanente à associer les acteurs aux actions d’intérêt général. Pour faire semblant on crée sans arrêt de nouvelles ministructures où sont désignés dans la plupart des cas des incompétents notoires, des arrivistes ou encore des bobos.

On reproche à ces s institutions de concertation l’insuffisance de leurs travaux. Ce n’est pas sans raison. Ceci étant lorsque les réflexions et propositions sont pertinentes, elles sont rarement prises en compte. Cela vaut surtout pour le niveau national mais tout autant pour les autres échelons de décision y compris le niveau local.

Le sommet de l’hypocrisie est sans doute atteint lorsque à l’initiative d’élus écolos ou de macronistes, on désigne au hasard des citoyens pour siéger dans ces organismes de concertation. Du coup on a vite fait de démonter les propositions ésotériques de ces organismes.

La période se caractérise en effet par une grande complexification des problématiques économique, technologique, environnementale et sociétale.En plus avec des interactions systémiques multiples qui échappent aux analyses simplistes

L’étude trop fragmentée et  trop partisane des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons.  La compréhension de la  complexité des transformations en cours implique une dépassement des clivages partisans , une  ouverture d’esprit aux idées différentes. La pluralité des approches permet d’éviter le sectarisme.  L’indépendance et la pertinence de l’information constituent un enjeu stratégique pour comprendre les mutations actuelles et au-delà pour les maîtriser. Autant d’exigences qui échappent  le plus souvent aux grilles d’analyse obsolète de nombre de partis politiques.

Une nouvelle démocratie passe aussi par une modification du processus d’émergence des futurs élus..

Aujourd’hui n’importe qui peut se présenter sans aucune compétence, sans aucune expérience, sans aucune légitimité. Ainsi par exemple un énarque peut se parachuter dans une région dont il ne connaît rien pour devenir député. C’est aussi le même phénomène souvent rencontré aux autres niveaux d’élection où n’importe quel citoyen lambda prétend pouvoir diriger une communauté de citoyens alors qu’il n’a préalablement aucun passé social. C’est ainsi l’occasion pour nombre d’opportunistes de faire des petites carrières politiques bien rémunérées.

Difficile de comprendre ce simplisme dans l’émergence des candidats à la candidature. En général dans les organisations sociales,  on estime qu’il faut presque 10 ans pour former un responsable  national. En politique en quelques mois n’importe qui peut se parachuter et devenir responsable du pays.

Autre élément complexe de la problématique démocratique , la contradiction permanente entre le souci de plaire à l’électeur pour être élu et l’efficacité. Une contradiction permanente gérée par la démagogie et le mensonge. De ce point de vue, un minimum d’éthique serait nécessaire. Cette contradiction centrale alimente tous les rejets du politique.

Il faut aussi convenir que les médias et autres institutions intermédiaires ne jouent pas suffisamment leur rôle de filtre d’évaluation et d’animation du débat. Pas étonnant, la plupart des médias nationaux comme régionaux dépendent d’intérêts financiers qui soutiennent des candidats qui leur sont proches. Le pire est sans doute atteint avec la presse régionale et locale dont la ligne éditoriale se résume à la tribune des chats écrasés, des louanges éhontés en faveur des élus en place et à la reprise bête et méchante des informations des agences. Les autres médias ne sont guère non plus à la hauteur qu’il s’agisse de la télévision, des radios ou même d’Internet où la pire côtoie le meilleur surtout en plus avec l’anonymat qui encourage n’importe quelle dérive.

Pour tout dire, ce ne sont pas simplement les modalités d’élections qui sont à revoir ( vote obligatoire, vote par Internet etc.) mais le contenu même et les modalités de gestion d’une démocratie vivante. Ce n’est pas le référendum à tout faire qui réglera cette question complexe mais sans doute un long débat, profond, argumentée, large pour moderniser un système démocratique demeuré à l’èré néandertalienne.

 

France : création d’une agence anti intox

France : création d’une agence anti intox

 

 Une agence de lutte contre l’intox en provenance de l’étranger (par exemple de Russie et de Chine) va être créée pour lutter contre l’intox. Une intox  souvent relayée par des réseaux sociaux douteux qui s’immiscent dans la politique intérieure française en essayant d’orienter notamment les votes lors des élections.

«il ne s’agit pas de corriger ou rétablir la vérité, mais d’arriver à détecter les attaques quand elles viennent de l’étranger, pouvoir les caractériser et d’une certaine manière les attribuer pour pouvoir permettre aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice et la presse de constater que sur 400.000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200.000 viennent d’une ferme à bots (des comptes automatisés, ndlr) dans une région hors de notre pays ou que tel débat provient d’une ferme à trolls», a-t-il fait valoir.

«Il ne s’agit pas de faire du renseignement, ce qui nous intéresse c’est ce qui est en train de devenir pandémique sur le plan informationnel» et si cela émane d’«un pays étranger ou d’une organisation étrangère qui visent ainsi à déstabiliser l’État sur le plan politique», a-t-il insisté. «Notre objectif est de détecter le plus rapidement possible quelque chose qui est en train de monter et de pouvoir signaler l’incendiaire. Une fois que la forêt a brûlé c’est triste mais c’est trop tard», a indiqué le SGDSN.,

D’autres pays ou groupes d’États se sont d’ores et déjà dotés de telles structures. L’Union européenne par exemple a créé en 2015 «East Strat Comm», spécifiquement consacrée à lutter contre les manipulations en provenance de Russie

Sommet alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

Sommet  alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

A quatre mois du prochain sommet des Nations unies, six syndicats et organisations de la société civile française dénoncent dans une tribune au « Monde » une rencontre qui fait fi du multilatéralisme et de l’environnement, et demandent officiellement au gouvernement français de se retirer.

 

Tribune.

 

 Le nouveau Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui se tiendra en septembre 2021 aurait pu être porteur d’avancées cruciales et grandement nécessaires dans le contexte sanitaire, économique et environnemental actuel. Pourtant, de nombreuses et profondes inquiétudes assombrissent cette initiative.

Annoncé en 2019, ce sommet est le fruit d’une nouvelle collaboration entre le Forum économique mondial et le secrétaire général des Nations unies. Les Etats membres des Nations unies, traditionnels garants de ce type d’initiative, n’ont jamais vraiment été consultés et l’Assemblée générale de l’ONU n’a même pas eu à se prononcer sur le sujet. C’est pourtant son rôle : c’est elle qui a validé par le passé la tenue des sommets alimentaires mondiaux de 1996 et de 2009.

 

Dès son annonce, ce sommet a donc fait fi d’un multilatéralisme pourtant indispensable et a progressivement marginalisé l’ensemble des acteurs souhaitant une réelle transformation sociale et écologique des systèmes agricoles et alimentaires. Un grand nombre d’Etats, de chercheurs et d’organisations de la société civile se sont ainsi retrouvés exclus des mécanismes de gouvernance du sommet ou n’ont été impliqués qu’a minima dans un faux-semblant de consultation.

En parallèle, les organisateurs ont déroulé le tapis rouge aux principaux promoteurs d’une « révolution verte agricole » – OGM, digitalisation de l’agriculture, utilisation massive de pesticides et d’engrais de synthèse – dont on connaît les impacts dévastateurs partout dans le monde. Ces « solutions technologiques » seules capables, selon les organisateurs du sommet, de « changer la donne », renforcent toutes le système agro-industriel dominant et se font au détriment d’une vraie transformation agroécologique.

Pourtant, l’impératif d’assurer la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation des populations, et l’urgence de répondre aux crises climatiques environnementales nécessitent au contraire de repenser nos pratiques agricoles et alimentaires, de renforcer un tissu dense de fermes à dimension humaine, et de permettre aux agricultrices et aux agriculteurs de vivre dignement, partout dans le monde.

Attaque d’une policière à La Chapelle-sur-Erdre : toujours le même profil pour l’auteur

Attaque d’une policière à La Chapelle-sur-Erdre : toujours le même profil pour l’auteur

Encore un délinquant bien connu d’origine étrangère, psychologiquement dérangée tissée  notamment radicalisé en prison.. D’origine sénégalaise, l’homme de 39 ans est né à Saint-Nazaire, deuxième d’une frarie de huit enfants. Ses antécédents judiciaires sont nombreux : 72 mentions au total, pour des faits allant de l’usage de stupéfiants et du vol avec arme, à des violences volontaires. Sorti de prison en mars dernier, il avait été condamné par la cour d’assises du Nord à huit ans de détention après avoir séquestré, armé d’un fusil, un couple de personnes âgées à qui il espérait dérober de l’argent.

L’intéressé était inscrit dans le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), un fichier créé en mars 2015 et qui recense, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, un peu plus de 8.000 individus connus pour des positions extrêmes et susceptibles de menacer la sûreté de l’État.

 Ndiaga Dieye semble avoir, d’après le procureur, respecté scrupuleusement ses obligations de réinsertion et de soin en prenant son traitement et en rencontrant le service pénitentiaire d’insertion et de probation. En réalité, un parcours d’insertion relativement virtuel comme pour la plupart des détenus.

Encore un meurtre d’une jeune de 18 ans

Encore un meurtre d’une jeune de 18 ans

Encore un meurtre une fille de 18 ans qui confirme que la violence se banalise de plus en plus dans le pays. Anaïs Mechain, une jeune femme de 18 ans originaire de Dunkerque (Nord), où elle vivait chez sa mère avec son frère, a été retrouvée morte lundi 10 mai dans une rue de Pontault-Combault (Seine-et-Marne).

Selon les résultats de l’autopsie, la victime a été tuée par étranglement. Le corps présente également des traces de coups au visage et des brûlures dans le dos, d’après Le Parisien . L’enquête fait apparaître que la jeune femme a été tuée au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) avant d’être transportée à Pontault-Combault.

. Un jeune homme âgé de 18 ans a été interpellé à son domicile familial, à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), vendredi 14 mai.

Dimanche 16 mai, le suspect a été mis en examen pour «meurtre», indique à l’AFP le parquet de Créteil (Val-de-Marne), chargé de l’affaire. Le suspect est également placé en détention provisoire, précise le parquet.

Lyon : les « verts » suppriment le financement d’une French Tech

Lyon : les « verts » suppriment le financement d’une French Tech

À Lyon les « verts »  coupent les vivres d’une French ,Tech French Tech ONE Lyon-Saint-Etienne,En supprimantla subvention de 70 000 euros qu’elle attribuait jusqu’ici à l’association. Celle-ci, soutenue par le gouvernement, est vouée à l’incubation et au développement des start-up et PME innovantes. Elle a le mérite de passer par-dessus la frontière symbolique séparant Lyon et Saint-Etienne.

Un cinquième du budget s’envole : deux emplois sur quatre ne seront plus financés. « C’est d’autant plus triste que nous sommes là pour épauler des entreprises locales dans leur développement. C’est efficace. J’en ai vu plus de 300 en un an. L’immense majorité œuvre localement pour l’inclusion sociale, les transitions écologiques… Exactement ce que la Métropole recherche !», se désole Emilie Le Goff.

Dans le même temps, la Métropole décidede donner 80 000 euros à Fing, un think tank numérique aux visées décroissantes, installé à Paris.

La crainte d’une quatrième vague ?

La crainte d’une quatrième vague ?

La propagation du variant indien est source de grandes préoccupations au Royaume-Uni et le premier ministre lui-même, Boris Johnson, a manifesté son inquiétude vis-à-vis d’un variant qui se propage de manière particulièrement vite et pourrait créer une quatrième vague.

 

«En France, nous devons être particulièrement vigilants à ce qu’il se passe au Royaume-Uni sinon il nous arrivera la même chose», alerte le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Si pour l’instant le variant indien circule peu sur le sol français dont «la grande majorité des épisodes déclarés à ce jour est liée à des cas de retour d’un séjour en Inde», selon Santé publique France, «il ne faut pas le négliger». Pour le professeur Djillali Annane, «on pourrait être dans la même situation qu’au mois de janvier dernier avec le variant britannique» et se retrouver confronté ainsi à une flambée épidémique au mois de septembre prochain «si on ne fait rien».

Covid: L’urgence d’une vaccination à caractère mondial

Pour José Manuel Barroso et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : « Personne ne sera protégé contre le Covid-19 si tout le monde ne l’est pas »

Saluant la mobilisation autour du système Covax, le président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin et le président de l’Union africaine appellent néanmoins, dans une tribune au « Monde », les dirigeants à redoubler d’efforts pour lever des fonds et ainsi accélérer le déploiement des vaccins en Afrique.

Par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo(Président de la République démocratique du Congo et président de l’Union africaine) et José Manuel Barroso(Président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin)

 

Tribune.

 

Aujourd’hui, dans certaines régions du monde, une personne de 18 ans peut entrer dans une clinique et se faire vacciner contre le Covid-19. Dans quelques mois, cet acte sera une réalité dans d’autres parties du monde développé. Pourtant, dans trop de régions d’Afrique, la plupart des agents de santé de première ligne et les populations vulnérables n’ont pas encore été vaccinés. Ces inégalités sont inacceptables.

En tant que président de l’Union africaine (UA) pour 2021 et président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du vaccin, nous appelons tous les dirigeants de la planète à nous aider à faire cesser ces iniquités. Dans un monde où les maladies ne connaissent pas de frontières, nous ne pouvons accepter que, cet été, il sera plus facile pour un jeune de 25 ans de se faire vacciner dans certains pays du Nord que pour un médecin en République centrafricaine.

Les inégalités dans la disponibilité et l’accès aux vaccins contre le Covid-19 entre les pays à revenu élevé et les pays à revenus intermédiaires et faibles sont inacceptables. La Facilité Covax [dispositif onusien destiné à assurer le partage de vaccins anti-Covid] a été fondée sur des principes d’équité. Il est maintenant temps de l’aider à être à la mesure de ces idéaux. La garantie de marché pour les vaccins contre le Covid-19 (Covax AMC), vise à fournir 2 milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de l’année aux pays à revenus

La Facilité Covax a déjà livré des vaccins contre le Covid-19 à plus de 100 pays, y compris plus de la moitié des pays du continent africain. Nous sommes heureux de la rapidité d’obtention de ces vaccins et nous espérons que des millions d’autres vaccins continueront d’être administrés dans les semaines et les mois à venir. Nous avons également vu émerger des initiatives africaines, et l’Equipe spéciale d’acquisition de vaccins pour l’Afrique de l’Union africaine (UA) a également obtenu des millions de vaccins en plus contre le Covid-19.

De nombreux pays se procurent également des vaccins par le biais d’accords bilatéraux pour s’assurer que leurs citoyens puissent être vaccinés. C’est un bon début, mais il ne suffira pas à mettre fin à la pandémie. C’est pourquoi nous appelons tous les dirigeants à redoubler d’efforts pour lever des fonds afin d’accélérer le déploiement des vaccins en Afrique et dans d’autres régions du monde.

Il faut faire des investissements à long terme sur le continent pour permettre à l’Afrique de fabriquer aussi des vaccins, et ainsi augmenter l’offre mondiale. À court terme, cependant, nous devons dire clairement aux pays riches qu’il est nécessaire de partager les doses des vaccins qu’ils ont en excès. En signant la déclaration d’Addis-Abeba, les 55 chefs d’Etat africains ont reconnu le rôle crucial que joue la vaccination dans la santé de leurs populations et le progrès économique de leurs pays.

« Déconstruction ou reconstruction d’une cohésion nationale » ? (Xavier Bertrand)

«  Déconstruction ou  reconstruction d’une cohésion nationale » ? (Xavier Bertrand)

 

Le président de la région Hauts-de-France et candidat à l’élection présidentielle juge, dans une tribune au « Monde », « injustes » les propos récents d’Emmanuel Macron sur la chaîne américaine CBS. Prétendre qu’il faut « déconstruire » notre histoire instille, selon lui, un « poison mortel » dans l’unité de la France.

 

Tribune. 

 

L’histoire est à une nation ce que la mémoire est à un individu. Elle fonde son identité : elle est donnée, tout entière, en héritage à ceux qui naissent sur le sol de France, et en partage à ceux qui veulent devenir français. Elle éclaire notre action. Elle nous permet de nous projeter vers l’avenir. Avec ses dimensions de grandeur et sa part d’ombre, notre histoire nous définit et forme le socle de nos valeurs.

Pourtant, sans même mesurer l’atteinte portée à notre dignité nationale, le chef de l’Etat, sur un média étranger [sur CBS News, dans l’émission « Face the Nation », dimanche 18 avril], en anglais, vient d’affirmer qu’il fallait « déconstruire » notre histoire. Au-delà de l’inconséquence sur la forme, cette position est d’une profonde naïveté. Elle est injuste au regard de ce qu’est la France. Elle instille un poison mortel dans notre unité nationale.

 

Naïveté. Monsieur le Président, ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas le nécessaire devoir de mémoire et la lutte indispensable contre toutes les formes de discriminations. C’est un combat à mort qui est engagé contre nos valeurs, contre notre modèle de société. En instrumentalisant le débat sur la colonisation et l’esclavage, les démolisseurs de notre civilisation cherchent à imposer l’idée que l’Occident se serait construit sur l’asservissement et le crime, et qu’il continuerait aujourd’hui, dans le fonctionnement même de nos sociétés, à obéir à ces logiques. Ils gangrènent l’esprit de tant de nos enfants : vous ne pouvez pas, vous ne pouvez plus l’ignorer.

 

Ce qui est à l’œuvre, c’est une nouvelle guerre idéologique, sans merci, dans laquelle ont fait leur jonction les ennemis jurés de l’humanisme : l’islamisme radical et l’ultragauche. Comment vous, le chef de l’Etat, garant de l’unité nationale, pouvez-vous être assez aveugle pour prêter la main à cette entreprise de destruction de ce que nous sommes ?

Injustice. Loin de moi l’idée de réfuter la nécessité de faire retour sur notre histoire, d’engager les débats nécessaires, de nommer les choses afin que nous puissions tous ensemble, unis, nous projeter vers l’avenir. Mais il est hors de question de laisser penser, de laisser dire, que notre société serait fondée sur une logique de domination et de discrimination institutionnalisée. C’est une insulte à la vérité et à l’honneur de notre nation qui, dans l’histoire, a porté, dans une logique universelle, des valeurs qui ont permis l’émancipation de chacun. Une nation qui, aujourd’hui encore, est sans doute la plus solidaire au monde.

Le risque d’une vague de faillites en zone euro ( BCE)

Le risque d’une vague de faillites en zone euro ( BCE)

 

 

La vague de faillites pourrait bien se produire annonce la Banque centrale européenne. « la menace d’une vague d’insolvabilité est grande » à présent, selon un rapport publié par le comité des risques systémiques au sein de la BCE, qui ne se risque pas à chiffrer le nombre d’entreprises ou d’emplois qui pourraient être concernés.

Depuis l’éclatement de la première vague de la pandémie début 2020, la réponse massive et rapide des Etats de la zone euro a consisté à soulager les problèmes de liquidité des entreprises survenus subitement en raison des restrictions imposées par la crise sanitaire.

Des moratoires sur la dette, des garanties sur les prêts et prêts publics ont été accordés.

Or, le surendettement résultant de ces mesures « augmente le risque d’une vague majeure d’insolvabilité », prévient l’institut.

Lyon: peine symbolique pour les organisateurs d’une fête sauvage

Lyon: peine symbolique pour les organisateurs d’une fête sauvage

 

Les deux frères qui avaient organisé un rassemblement musical de 300 personnes environ à Lyon ont été sanctionnés avec une peine symbolique avec du sursis et 300 € d’amende. La faiblesse de la peine peut s’expliquer par le fait d’abord que scientifiquement il n’est pas du tout démontrer que les groupements de plein air soient susceptibles de créer des clusters. Il y a cependant infraction aux consignes restrictives de protection contre le virus. Il a aussi été pris en compte que la jeunesse souffre particulièrement des conséquences du confinement. Finalement une punition très symbolique.

XXIe siècle : le temps d’une nouvelle gestion des risques

XXIe siècle : le temps d’une nouvelle gestion des risques

Dans un long entretien accordé à La Tribune, Denis Kessler, PDG du groupe de réassurance SCOR revient sur la séquence de la pandémie, son impact sur les métiers de la (ré)assurance et les enseignements qu’il conviendrait de tirer de cette crise sanitaire exceptionnelle. Il dénonce l’impréparation des pouvoirs publics face à un risque pourtant identifié de longue date. Il assure ne pas craindre l’inflation dont il attend pourtant le retour, car Scor est bien armé face au risque de hausse des taux, affirme-il.

 

 

LA TRIBUNE – Les assureurs et les réassureurs n’ont-ils pas été pris en défaut en ne prévoyant pas l’aléa de la pandémie ?

DENIS KESSLER- La propagation de maladies infectieuses figurait en bonne place dans la cartographie des risques identifiés, étudiés et modélisés par les assureurs et réassureurs bien avant la pandémie de Covid-19. SCOR a développé son propre modèle de quantification du risque pandémique dès 2007.

Durant les dernières années, la réglementation prudentielle a aussi contribué au développement de la connaissance et de la modélisation de ce risque par les (ré)assureurs. Ceux-ci doivent ainsi, selon les règles prudentielles en vigueur en Europe depuis 2016, chiffrer le coût d’une pandémie bicentenaire – c’est-à-dire dont la « période de retour » probabiliste est de 200 ans – et démontrer qu’ils peuvent absorber cette charge : c’est l’un des tests de solvabilité. SCOR a d’ailleurs procédé, en 2013, à l’émission d’une obligation catastrophe pour se couvrir contre une hausse importante de la mortalité aux États-Unis (« mortality bond » ou « pandemic bond »). Et nous avons organisé avec l’Institut Pasteur un colloque international sur le risque de pandémie en… juin 2018 ! En résumé, le suivi et la gestion du risque pandémique faisaient déjà partie intégrante de notre gestion des risques lorsque l’épidémie de Covid-19 s’est déclarée.

Les (ré)assureurs n’ont donc pas été pris « par surprise » par la survenance du choc pandémique, qui était bien dans « l’espace » des scénarios qu’ils étudient et modélisent, et dont le risque était quantifié tant en termes de probabilité que de gravité. En revanche, les (ré)assureurs avaient sous-estimé l’ampleur de l’impact des décisions prises par les pouvoirs publics – confinements, couvre-feux, fermetures administratives… – pour enrayer la diffusion du virus.

Ces mesures, qui in fine ont limité ou arrêté l’activité économique et entraîné des pertes d’exploitation considérables pour les entreprises, ont très fortement impacté l’exposition des assureurs et réassureurs à la crise de la Covid-19. Conséquence : à ce jour, près de 90% du coût de la pandémie concerne la (ré)assurance de dommages et de responsabilité, quand seulement 10% de ce coût concerne la (ré)assurance de personnes… C’est une situation quasi symétrique à celle qui était anticipée et modélisée jusqu’à présent ! Les décisions prises par les pouvoirs publics ont de facto profondément transformé la nature du risque pour les (ré)assureurs.

Vous me permettrez de souligner que s’il y a eu un acteur pris totalement par surprise, ce sont bien les pouvoirs publics : rien n’était prêt ! Comment voulez-vous dans ce cas que l’on puisse nous même anticiper ce qu’ils allaient mettre en œuvre ?

Cette intervention des États n’était-elle pas prévisible ?

Comment voulez-vous modéliser les décisions politiques ? Vous me permettrez de souligner que s’il y a eu un acteur pris totalement par surprise, ce sont bien les pouvoirs publics : rien n’était prêt ! Comment voulez-vous dans ce cas que l’on puisse nous même anticiper ce qu’ils allaient mettre en œuvre ?

Contrairement aux catastrophes naturelles, ces décisions n’obéissent pas à des « lois de la nature ». Elles sont stochastiques, un peu aléatoires, évolutives, beaucoup de tâtonnements … Au demeurant, le fait que les mesures prises face à la pandémie de Covid-19 sont très différentes d’un pays à l’autre – alors que ces derniers sont confrontés à des situations très similaires – en atteste !

Rappelons ici que certains pays n’ont mis en place aucun confinement… Même dans l’Europe des 27, il y a eu 27 façons différentes de gérer la crise ! Et au sein d’un pays donné, une alternance politique peut complètement modifier les mesures mises en œuvre. Comment pouvait-on par exemple modéliser le résultat des élections présidentielles aux États-Unis, et quantifier ex ante ses conséquences sur la mise en œuvre de la campagne de vaccination outre-Atlantique ? La modélisation des décisions administratives et politiques lato sensu est strictement impossible car celles-ci comportent une part d’incertitude radicale et irréductible.

Quelles leçons tirez-vous, en tant que (ré)assureur, de cette crise ?

En tant que réassureur, la plus grande leçon tirée de cette crise tient au fait que la sinistralité du choc de la pandémie de Covid-19 est bien plus concentrée sur la (ré)assurance des biens et de responsabilité que sur la (ré)assurance de personnes.

Une autre « surprise » tient au fait que les (ré)assureurs ont été voués aux gémonies par de nombreux commentateurs et responsables politiques parce qu’ils ne proposent pas de protection contre les conséquences économiques de la pandémie, notamment les pertes d’exploitation des entreprises consécutives aux fermetures administratives et au confinement de la population.

Si le marché de l’assurance ne propose pas de telle protection, c’est évidemment pour des raisons de fond, qui tiennent à la nature même de ce risque. De fait, celui-ci est intrinsèquement non assurable, pour trois raisons principales.

D’abord, il est « sériel ». Quasiment tous les agents économiques sont touchés concomitamment, ce qui crée un problème manifeste de mutualisation des risques, alors même qu’il s’agit du principe cardinal de l’assurance. Le corollaire de ce caractère sériel est que la taille du risque est colossale. Comment voulez-vous « assurer » un pourcentage significatif du PIB d’un pays ?

Ensuite, ce risque comporte une composante endogène très forte, dans la mesure où il est très dépendant de décisions politiques. Son ampleur est déterminée par une myriade de variables directement contrôlées par les pouvoirs publics : la mise en œuvre ou non d’un confinement ; le cas échéant pour quelle durée ; le choix des commerces et entreprises qui peuvent continuer à exercer leur activité, totalement ou partiellement, et de ceux dont l’activité doit être entièrement mise à l’arrêt ; la nature et l’étendue des amortisseurs de la crise – tels le chômage technique ou partiel – mis en place pour éviter le déchirement du tissu économique, etc.

Le problème réside dans le fait que ces décisions politiques ne sont intrinsèquement ni anticipables ni modélisables… ce qui rend l’évaluation du risque et le calcul éventuel de la prime d’assurance impossibles.

Enfin, la dernière raison, plus technique, de non-assurabilité de ce risque tient à de possibles phénomènes d’antisélection et d’aléa moral. L’antisélection est l’effet par lequel seuls les agents économiques les plus exposés s’assurent, ce qui réduit l’effet de mutualisation. En l’espèce, seules les entreprises des secteurs les plus touchés – hôtellerie, restauration, tourisme… – achèteraient une protection (sauf à ce qu’elle soit obligatoire, ce qui poserait des questions d’acceptabilité). Celles appartenant à un secteur épargné – par exemple l’e-commerce – n’auraient aucun intérêt à s’assurer.

L’aléa moral est l’effet par lequel le risque est augmenté par une modification du comportement des agents économiques dès lors qu’une assurance joue le rôle de filet de protection. En l’espèce, la couverture du coût du confinement par des tiers (les assureurs) créerait un problème d’aléa moral manifeste au niveau des pouvoirs publics, qui n’assumeraient plus le coût économique des décisions qu’ils prennent alors même qu’ils décident des voies et moyens pour faire face à la crise sanitaire et qu’ils sont in fine responsables de sa gestion ! Une telle situation pourrait de fait inciter les pouvoirs publics à mettre en œuvre des mesures plus coûteuses économiquement dont la charge insupportable incomberait aux assureurs et aux réassureurs.

Bercy et les assureurs ont pourtant imaginé un dispositif permettant une mutualisation des risques, mais qui a fait long feu face à la cotisation obligatoire…

Aucun pays au monde n’est arrivé à ce jour à mettre au point un mécanisme de prise en charge par l’assurance des pertes d’exploitation en cas de pandémie. Ce n’est pas surprenant. Il ne s’agit pas de « mauvaise volonté » de la part des assureurs, mais d’impossibilité technique et économique. Le risque des conséquences économiques d’une pandémie est sériel – tant dans l’espace que dans le temps -, endogène, non modélisable et sujet à l’aléa moral et à l’antisélection. Conséquence : il n’est pas assurable. Je l’ai écrit au début de cette crise – il y a plus d’un an – et je n’ai encore trouvé personne pour démontrer le contraire.

Le risque cyber présente-t-il des points communs avec le risque de pandémie ?

Ces deux risques présentent effectivement de nombreux points communs. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on recourt aussi au terme de « virus » en informatique ! Le risque cyber est lui aussi sériel, notamment du fait de l’essor des objets connectés. A l’instar du risque pandémique, c’est un risque quasi-impossible à territorialiser. Et le risque cyber présente également un caractère endogène : sa nature peut être profondément modifiée par les mesures de prévention mises en œuvre (ou pas) par les assurés… Enfin, même s’il n’est pas à proprement parler non modélisable, le risque cyber est difficile à quantifier et à modéliser, non seulement en raison de ce caractère endogène mais aussi, plus fondamentalement, en raison du manque de données et de sa nature très évolutive, qui limite notre capacité à l’évaluer prospectivement à partir de la seule observation de la sinistralité passée.

Que répondez-vous aux assureurs qui dénoncent une plus grande frilosité des réassureurs face à la montée des risques ?

Il convient ici de rappeler une évidence : c’est en (ré)assurant que les (ré)assureurs créent de la valeur… De ce point de vue, accuser les (ré)assureurs de ne pas vouloir assurer des risques par « frilosité » ou par « mauvaise volonté » est aussi ubuesque que d’accuser un boulanger de ne pas vouloir vendre plus de pain !

Si le marché de la (ré)assurance ne propose pas de protection pour un risque donné, c’est simplement que les conditions d’assurabilité de ce risque ne sont pas réunies.

La volonté – et vocation – du (ré)assureur est de déplacer la frontière de l’assurabilité. Il faut toutefois insister sur le fait que l’expansion de la sphère des risques assurables ne relève pas de la seule responsabilité de ce dernier. Les assurés – et les risk managers - ont notamment un rôle essentiel à jouer pour la collecte et le partage d’informations, l’échange d’expertise, la quantification du dommage, mais aussi la mise en œuvre active de mesures de prévention et de contrôle, afin de réduire la probabilité de survenance du risque et en maîtriser la gravité en cas de survenance.

A défaut, l’offre de (ré)assurance ne peut structurellement qu’être inférieure à la demande de (ré)assurance. Ce déséquilibre se traduit donc par une situation sous-optimale, où la (ré)assurance est très onéreuse – avec des conditions de couverture restrictives – sinon même indisponible. Réunir les conditions d’assurabilité face aux risques modernes requiert donc une sorte de cogestion du risque entre ses porteurs – les (ré)assureurs – et ceux qui y font face.

Ce partage de responsabilités est la condition sine qua non pour déplacer positivement la frontière de l’assurabilité et donc réduire le déficit de couverture assurantielle – le protection gap - qui est toujours considérable à l’échelle mondiale.

Le XXIe siècle sera celui du risk management… ou ne sera pas.

Le XXIe siècle sera-t-il le siècle des catastrophes ?

L’univers des risques est de facto à la fois en expansion et en mutation. Il croît et se transforme de façon permanente, avec, d’une part, l’innovation technologique et le progrès scientifique ; et, d’autre part, la globalisation et le développement des activités humaines, qui entraînent notamment l’apparition d’interdépendances de plus en plus complexes. L’univers des risques doit donc être appréhendé et analysé de manière holistique. Les risques sont de plus en plus sériels, globaux. Beaucoup de risques ne sont plus circonscrits dans le temps et dans l’espace comme cela était traditionnellement le cas.

Mais attention à ne pas sombrer pour autant dans le catastrophisme ! Il faut garder confiance en la capacité de l’intelligence humaine à gérer les risques et à relever les défis afférents.

Je suis fondamentalement positiviste, je dirais même comtiste. Nous traversons une période extraordinaire et très féconde sur les plans scientifique et technologique : informatique quantique, intelligence artificielle, big datamachine learning, robots, blockchain, nanotechnologies, recherche génétique… Même s’ils multiplient aussi les risques auxquels nos sociétés doivent faire face, tous ces développements sont intrinsèquement très positifs.

J’insiste sur le fait que le principe de prévention est plus important que le principe de précaution. Si ce dernier signifie qu’il faut s’abstenir de développer des technologies dès lors qu’il existe une incertitude sur leurs conséquences, alors le principe de précaution est lui-même dangereux, dans la mesure où il pourrait ralentir le progrès scientifique et l’innovation !

La bonne attitude est de gérer activement les risques à tous les niveaux : favoriser une culture des risques ; généraliser le « risk management » tant au niveau individuel qu’au niveau collectif ; investir dans la compréhension des risques ; développer la prévention pour diminuer la probabilité de survenance et la gravité des risques ; et favoriser le partage des risques, y compris via des partenariats public-privé. Le XXIe siècle sera celui du risk management… ou ne sera pas.

Quel est votre scénario pour 2021 ?

La crise de la Covid-19 est toujours en cours, et il est impossible de prédire avec certitude son évolution future. SCOR a développé un modèle épidémiologique compartimental permettant de modéliser le développement de la mortalité liée à la Covid-19 en fonction de plusieurs hypothèses – comme par exemple la durée des confinements, le degré de rigueur dans l’application de la distanciation sociale, la rapidité de mise en œuvre des campagnes de vaccination, ou encore l’efficacité desdits vaccins – et de mesurer l’impact de ces différents paramètres sur la gravité et la durée du phénomène pandémique dans les différentes régions du monde.

Sur la base de ce modèle que nous avons constamment amélioré depuis maintenant plus d’un an, et en nous appuyant sur une fourchette plausible pour les différents paramètres, nous prévoyons une réduction très sensible du nombre de décès liés à la pandémie d’ici la fin du troisième trimestre 2021. La véridicité de cette projection dépend toutefois très largement de la mise en œuvre des campagnes de vaccination et leur acceptation par la population, qui sont encore sujettes à de nombreuses inconnues, ainsi que l’apparition éventuelle de nouveaux variants.

Personne n’est en mesure de prédire si une accélération de l’inflation, et des taux d’intérêt, va se produire. Ce qui est clair, c’est que la probabilité d’un tel scénario a augmenté sensiblement durant les derniers mois

Sur un plan plus économique, craignez-vous un retour de l’inflation ?

Personne n’est en mesure de prédire si une accélération de l’inflation, et des taux d’intérêt, va se produire. Ce qui est clair, c’est que la probabilité d’un tel scénario a augmenté sensiblement durant les derniers mois, particulièrement aux États-Unis. Nous ne craignons pas ce scénario à SCOR, pour une raison simple : le Groupe y est pleinement préparé !

A l’actif, nous poursuivons une stratégie d’investissement prudente, caractérisée par une appétence limitée aux risques de marché. Notre portefeuille obligataire, qui constitue l’essentiel des placements du Groupe, est de très bonne qualité, avec une note de crédit moyenne de A+, et bénéficie d’une duration courte. Ainsi, notre portefeuille de placements est très liquide, avec 8,4 milliards d’euros de cash-flows financiers attendus au cours des 24 prochains mois, qui pourraient être réinvestis à des conditions de marché plus avantageuses si l’inflation, et partant, les taux, venaient à monter.

Au passif, nous ne sommes que très faiblement exposés au risque d’inflation. Nos engagements en matière de réassurance vie, qui sont concentrés sur la couverture des risques dits « biométriques » ‒ mortalité, longévité, dépendance, santé, etc. ‒, ne sont pas affectés. Pour ce qui est de nos engagements en matière de (ré)assurance de dommages et de responsabilité, ils seraient certes impactés par une accélération de l’inflation, mais de manière contenue dans la mesure où notre portefeuille de risques est essentiellement constitué de lignes à développement court, et non de lignes à développement long.

Au global, la remontée des taux d’intérêt serait une bonne nouvelle pour le groupe SCOR, qui verrait tant sa solvabilité que sa rentabilité s’élever.

J’ajoute que, dans un scénario de remontée brutale de l’inflation et des taux d’intérêt, le passif de SCOR serait exposé à un risque de liquidité quasi nul. Pour ce qui est de notre activité de (ré)assurance de dommages et de responsabilité, il y a deux raisons à cela.

D’une part, cette activité est structurellement en situation de cash-flow positif, car elle bénéficie d’un cycle inversé de production : les primes sont encaissées avant paiement des sinistres éventuels. D’autre part, le passif correspondant qui figure à notre bilan se caractérise par une grande « viscosité » : il ne peut être « retiré » que si nos clients (ré)assurés subissent un dommage leur donnant droit à une indemnisation. L’activité de (ré)assurance de dommages et de responsabilité n’est donc pas associée à un risque de « course aux guichets » (bank run) ‒ c’est-à-dire de retrait massif et soudain des passifs ‒, pouvant générer une crise de liquidité. De même, pour ce qui est de notre activité de réassurance vie, nous ne sommes pas exposés à un risque de liquidité du fait de notre concentration exclusive sur les risques biométriques.

Alors que le gouvernement vient de décider de prolonger les mesures de restrictions pour le mois d’avril, que pensez-vous de la réaction des pouvoirs publics, qui a privilégié la vie à l’économie ?

La décision des pouvoirs publics de privilégier le « tout-sanitaire » à l’économie est manifeste, et attestée par le désormais célèbre « quoi qu’il en coûte »… D’autres pays ont fait un arbitrage plus équilibré et plus judicieux.

Ce qui me frappe, je le répète, c’est d’une part l’impréparation et d’autre part le manque flagrant d’efficacité des pouvoirs publics pour gérer la crise sanitaire.

La pandémie a pris de court toutes les institutions concernées en France : les hôpitaux n’étaient pas préparés, les capacités de dépistage sont restées longtemps quasi inexistantes, les masques sont restés longtemps indisponibles, les modalités du confinement n’avaient pas été prévues… Et aujourd’hui, nous faisons face à une pénurie de vaccins !

Le « risk management » public a été à l’évidence défaillant. Nous en avions déjà la démonstration avant la crise sanitaire, comme en atteste la situation chronique de déficit public dans laquelle le pays se trouve depuis plus de 40 ans. L’Etat se borne depuis trop longtemps à un rôle principalement curatif, réactif. Et, de fait, il semble toujours agir dans l’urgence.

Il doit désormais impérativement donner la priorité à la prévention et à la protection. Il est pleinement légitime pour organiser la prévention, pour garantir la sécurité des citoyens. Cela relève d’ailleurs de sa responsabilité régalienne. A l’avenir, l’Etat devra davantage recourir à la technologie pour être efficace.

Le monde a-t-il changé avec cette crise ?

La violence de ce choc et son universalité, tant par son caractère global que par la multi-dimensionalité de ses conséquences – sanitaires, sociales, économiques, financières, géopolitiques – auront à l’évidence une grande résonance dans de multiples domaines.

J’ai écrit il y a un an que ce choc pourrait déplacer significativement et durablement « l’axe » autour duquel la Terre tournait jusqu’à présent. Ma conviction n’a pas changé, elle a même été renforcée : le cours de l’Histoire sera substantiellement modifié par cette crise globale, qui remet en cause nombre de nos convictions et appelle l’élaboration de solutions originales dans de nombreux domaines. Il va falloir réinventer le monde !

ENA: une suppression qui ne met pas en cause la nécessité d’une réforme de l’État

ENA: une suppression qui ne met pas en cause la nécessité d’une réforme de l’État

Pour l’essayiste Édouard Tétreau, le remplacement de l’ENA par un «Institut du service public» ne permettra en rien de répondre aux problèmes de fond comme le relâchement du patriotisme qu’il croit constater dans une partie des nouvelles générations de hauts fonctionnaires.

 «Quand vous êtes embêté, embrouillez tout» (Henri Queuille). La ficelle de la suppression de l’ENA est un peu grosse. Certes, tout n’est pas mauvais dans cette réforme: grâce notamment à l’opiniâtreté et au pragmatisme de la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques – qui n’est pas énarque -, certaines propositions vont dans le bon sens. À commencer par la suppression de l’accès direct aux grands corps, qui «sont des corps de contrôle, d’inspection et de jugement», alors que les très jeunes anciens élèves de l’ENA n’ont même pas eu l’occasion de se frotter à l’opérationnel et de faire leurs preuves concrètement. Le principe d’une «école de guerre» pour promouvoir les futurs «généraux» de l’administration est excellent, tout comme une forme de primat donné aux parcours commencés dans les administrations locales et régionales.

Un vaccin ARN à la place d’une seconde dose d’AstraZeneca

Un vaccin ARN à la place d’une seconde dose d’AstraZeneca

 

La Haute autorité de santé (HAS) va recommander vendredi que les Français âgés de moins de 55 ans s’étant vus administrer une première dose du vaccin contre le coronavirus produit par AstraZeneca reçoivent un vaccin ARN pour leur deuxième injection, a-t-on appris de deux personnes au fait du projet.

Reuters a rapporté mercredi que la HAS étudiait cette possibilité, alors que l’Agence européenne des médicaments (AEM) a fait état d’un possible lien entre le vaccin d’AstraZeneca et de très rares cas de caillots sanguins atypiques, même si le régulateur européen a réaffirmé que la balance bénéfices-risques restait largement positive.

D’après les sources, la HAS a désormais opté pour cette solution. Deux vaccins ARN, celui de Pfizer-BioNTech et celui de Moderna, sont pour l’heure autorisés en France.

Aucun commentaire n’a été obtenu auprès d’une porte-parole de la HAS.

Si la plupart des pays européens ont repris l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca après l’avoir interrompue un temps, le mois dernier, par précaution, certains ont choisi d’encadrer l’âge des patients autorisés à recevoir ces doses.

La HAS a conseillé le 19 mars que l’usage du vaccin d’AstraZeneca soit réservé aux personnes âgées de 55 ans et plus.

Plus de 500.000 personnes en France ont reçu une première dose du vaccin développé par le laboratoire anglo-suédois.

La décision de la HAS, si elle était confirmée, marquerait une nouvelle étape importante dans l’UE, l’utilisation de deux vaccins distincts pour la première et la seconde doses n’ayant pas été testée dans des essais cliniques à grande échelle.

L’Allemagne a été le premier pays de l’UE à recommander, plus tôt ce mois-ci, que les personnes âgées de moins de 60 ans ayant reçu une première dose d’AstraZeneca se voient administrer un autre vaccin pour la seconde dose.

Certains experts estiment que les vaccins devraient être complémentaires, puisqu’ils ciblent des protéines identiques, mais aucune preuve de l’efficacité de cette méthode n’a pour l’heure été rapportée.

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Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

 

En raison de la fermeture de Fessenheim, des travaux d’entretien sur les réacteurs et des retards de Flamanville, la France pourrait friser le risque de pénurie d’électricité pendant plusieurs années au moins jusqu’en 2024. Tout dépendra en fait  de la rigueur des prochains hivers. Du coup, la fermeture de deux nouveaux réacteurs en 2025 et 2026 pourrait être décalée. À noter aussi que les énergies alternatives sont loin de compenser le vide laissé par le nucléaire. « Le système électrique ne disposera que de marges très faibles sur la période 2021-24 et l’hiver prochain présente un risque plus élevé qu’un hiver normal« , a expliqué Xavier Piechaczyk, président du gestionnaire du réseau haute tension, lors d’une conférence de presse.

 

RTE publiait mercredi son « bilan prévisionnel », un épais document qui étudie les perspectives du système français à l’horizon 2030.RTE avait déjà exprimé sa « vigilance » pour l’hiver 2020-2021, qui s’est finalement passé sans encombre grâce à une météo clémente et à une baisse de la consommation électrique avec la crise.

Pour l’avenir, la situation doit s’améliorer en 2024-2026 avec la mise en route attendue de l’EPR et de six parcs éoliens en mer, notamment. L’amélioration est plus nette encore en 2026-2030.

Pour 2030, RTE prévoit par ailleurs une hausse modérée de la consommation d’électricité, de l’ordre de 5% par rapport à 2019. Elle sera notamment tirée par le développement des véhicules électriques mais aussi la production d’hydrogène.

La fameuse « pointe » de consommation de 19 heures en hiver devrait cependant diminuer grâce aux mesures d’efficacité et à de nouveaux usages qui ne seront pas concentrés sur cet horaire. Les voitures électriques devraient par exemple se charger au creux de la nuit, à l’exemple des chauffe-eaux actuellement.

Concernant les émissions de CO2, RTE calcule qu’elles devraient diminuer de 30 à 40 millions de tonnes par an.

C’est en partie le fait de l’évolution du système électrique lui-même mais surtout grâce aux transferts d’usage vers l’électricité (mobilité, production d’hydrogène, procédés industriels, chauffage ou cuisson…) qui limiteront le recours aux énergies fossiles.

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