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Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

 

Selon un sondage Viavoice pour Libération le clivage gauche droite est dépassé. Une manière sans doute de condamner les politiques qui ont été menées au cours des 30 dernières années alternativement par les partis soit de la gauche, soit de la droite. Pas sûr cependant que cette condamnation soit fondée sur les mêmes motifs. En nouveau en effet un nouveau clivage pourrait apparaître entre patriotes ouverts au monde et nationaliste partisan du repli économique mais aussi identitaire. Autrement dit entre progressistes et réactionnaires. En cause sans doute le niveau culturel des intéressés mais aussi le niveau d’intégration dans la modernité et de développement économique. Selon cette enquête,  45% se déclarent  proches des idées « progressistes », et 50% proches des idées « pro-européennes », deux valeurs essentielles dans le positionnement d’Emmanuel Macron tout au long de cette campagne. Pour 66%, le clivage gauche-droite n’est plus pertinent et doit être dépassé, un sentiment partagé par 83% des électeurs d’Emmanuel Macron, et 70% des électeurs de Marine Le Pen. Les valeurs patriotiques (52%) sont aussi fortes dans l’électorat, à l’inverse des idées « nationalistes » (28%). Marine Le Pen voit dans le scrutin une opposition des « patriotes » contre les « mondialistes » et Emmanuel Macron une opposition des « patriotes » contre les « nationalistes » représentés selon lui par la candidate du FN. Si beaucoup parient aujourd’hui sur une large victoire du leader d’En Marche !, seuls 55% des Français estiment que le second tour « est joué d’avance ».

Fillon : une déroute sans précédent grave pour la droite

Fillon : une déroute sans précédent grave pour la droite

 

Fillon est sans doute le principal responsable de la défaite du camp des républicains. Normalement cette élection était imperdable. Malheureusement les républicains du fait des primaires et des rivalités internes se sont trompés de candidats (comme les socialistes). Juppé aurait dû remporter haut la main le premier tour des élections présidentielles et devenir président. Au lieu de cela,  les républicains de Sarkozy ont saboté la candidature de Juppé au profit de Fillon. Seconde erreur,  la nature même de la campagne de Fillon qui au lieu de rassembler s’est ancré sur les soutiens partisans les plus sectaires comme par exemple les cathos  fachos de sens commun dans le vrai visage se révèle aujourd’hui puisqu’ils refusent de voter contre Marine Le Pen. Troisième erreur évidemment les affaires de Fillon qui ont fini de le couler ;  lui,  qui voulait incarner la rigueur et la morale. C’est l’histoire d’un naufrage sans précédent pour la droite sous la Ve République. L’amorce d’un aggiornamento douloureux pour un parti, Les Républicains, déchiré par ses ambiguïtés idéologiques et ses querelles d’egos face au Front national. Favori pour l’Elysée jusqu’à un fatidique 25 janvier qui vit la révélation, par Le Canard enchaîné, des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, François Fillon incarnera dans les annales historiques, qu’il aime à invoquer, l’élimination de la droite républicaine au premier tour d’une élection présidentielle depuis la réélection au suffrage universel direct du général de Gaulle en 1965. »Ce n’est pas la droite et le centre qui ont perdu, c’est François Fillon », a déclaré sur Europe 1 Eric Woerth, qui avait soutenu Nicolas Sarkozy durant la primaire et contribué bon an mal an à la nouvelle mouture du programme de la droite. Ceux qui avaient poussé pour son retrait au plus fort de la crise, en mars, et plébiscité Alain Juppé, finaliste malheureux de la primaire, pour le remplacer, étaient sans indulgence. « Après le choc et la déception, les Français, comme je m’y attendais, ont tranché. Comme François Fillon lui-même l’avait dit, on ne peut pas être poursuivi par la justice et être candidat à la magistrature suprême », a déclaré le député Pierre Lellouche dans un communiqué. Le député LR George Fenech, qui avait tenté sans succès de prendre la tête d’une fronde anti-Fillon, a dénoncé dans un communiqué « l’obstination de François Fillon et de tous ceux qui lui ont apporté un soutien aveugle ». « C’est une défaite globale », a réagi sur RTL Brice Hortefeux, lieutenant de Nicolas Sarkozy. « C’était une élection imperdable qui s’est transformée en une élection ingagnable ».

 

Macron : pas besoin du vieux PS, ni de la vieille droite

Macron : pas besoin du vieux PS, ni de la vieille droite

 

« Aujourd’hui notre pays n’a besoin ni de la gauche de 1981 (…) ni de la droite de 1934, qui espérait la radicalisation des Français contre nos institutions », a déclaré Macron.  L’ancien ministre de l’Economie s’est attaché, lors d’une conférence de presse, à faire cette clarification en anticipation d’un afflux de ralliements à venir, notamment de ténors du Parti socialiste, à l’approche du premier tour. Il a brocardé le candidat socialiste Benoît Hamon, « soutenu du bout des lèvres par la majorité des siens », et celui de la droite, François Fillon, dont les soutiens « ont déserté le champ de bataille », alors que son mouvement En Marche ! engrange quotidiennement les ralliements. « La question de la majorité ne se pose pas à nous. Elle se pose à ceux qui voient leurs soutiens se réduire comme peau de chagrin, elle se pose à ceux qui ont déjà des frondeurs avant même les élections législatives », a-t-il ajouté. Le fondateur et candidat du mouvement En Marche !, créé il y a moins de 11 mois, a ainsi assuré que son gouvernement, s’il est élu, pourrait « s’appuyer sur une majorité parlementaire ». Il a averti que, « pour concrétiser la capacité à gouverner et à légiférer avec des sensibilités différentes », tous les candidats d’En Marche ! seront investis « sous la bannière de la majorité présidentielle », y compris s’ils viennent de partis existants, dont ils devront abandonner l’étiquette. « Il n’y aura aucun accord d’appareils, aucun accord avec des groupes », a insisté Emmanuel Macron. « Tous les soutiens sont les bienvenus mais aucun soutien ne m’empêchera de réformer et d’avancer », a-t-il encore averti. « Je ne trie pas les soutiens (…) mais un soutien vaut une voix, pas une investiture, pas une participation à la campagne, pas une modification de notre programme. » Il a par ailleurs dit qu’il choisirait son Premier ministre pour son « expérience politique » et réaffirmé qu’il aimerait que ce puisse être une femme. « Je ne ferai pas mon gouvernement avec les états-majors des partis politiques », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron a enfin souhaité qu’il n’y ait qu’un débat télévisé avant le premier tour de la présidentielle avec l’ensemble des onze candidats et non deux, dont trois jours avant le scrutin, comme prévu actuellement.

L’Afrique a toujours financé la droite (Robert Bourgi)

L’Afrique a toujours  financé la droite (Robert Bourgi)

 

D’après Robert Bourgi, la Françafrique a toujours financé la droite de l’UDR à l ‘UMP en passant le RPR.  et sans doute les Républicains aussi puisque Bourgi est cet ami généreux  a réglé la facture des costumes de Fillon. Des dizaines de millions sont passés dans des valises grâce à ses intermédiaires et par son prédécesseur Jacques Foccart. L’avocat Robert Bourgi révèle, dans une interview au JDD,  vingt-cinq ans de ces pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

 

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu… 
J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?
En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais Foccart.

C’est-à-dire?
Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd? » demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de Villepinte », c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?
En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…
Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?
Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains… 
C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, « connaissant Villepin comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! »

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…
Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…
Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?
Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?
Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. « C’est lourd », disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…
Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?
J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose. » Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

 

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…
Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas. » Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée. » Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne », me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours! » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi?
Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs. » Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé?
Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va? », avant de m’expliquer : « L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir. » Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?
Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura. » Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

 

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…
Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…
Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle. » Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé…
Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

 

La fin de la droite avec les révélations du financement par la Françafrique

La fin de la droite avec les révélations du financement par la Françafrique

 

Cette fois ce pourrait bien être la fin de la droite classique en tout cas son éclatement du fait d’une part de la probable défaite de Fillon englué à 17 ou 18 % dans les sondages et maintenant nettement précédé tant par Marine Le Pen que par Emmanuel Macron. En faisant perdre son camp, François Fillon va sans doute exacerber les clivages qui traversent les Républicains et ce qui reste de l’UDI. Les lignes de partage des différents camps deviennent infranchissables. Il y a d’un côté les signes identitaires finalement très proches de Marine Le Pen et de l’autre les libéraux humanistes ouverts à l’évolution du monde. Pour résumer les franchouillards réacs et les modernistes. Même opposition sur le plan économique avec d’un côté les souverainistes apeurés et de l’autre des libéraux ouverts à l’économie mondiale. En clair,  d’un côté des gaulois archaïques qui veulent protéger le village avec des barbelés et de l’autre des libéraux qui ont compris le nouveau paradigme mondial. On objectera à juste titre que ces lignes de clivage traversent aussi la gauche. La goutte d’eau qui va faire déborder le vase est sans doute la révélation officielle avec l’enquête en cours du financement de la droite par la Françafrique et ses les intermédiaires sulfureux proches du grand banditisme. Robert Bourgi, le trouble intermédiaire entre la droite et l’Afrique vient sans doute de porter le dernier coup fatal non seulement à François Fillon mais aussi au parti des Républicains. Il révèle que la plupart des responsables des Républicains se comportent en fait comme les voyous qui servent d’intermédiaires pour le financement de leurs réélections. Il faut convenir que pour des raisons assez identiques le parti socialiste risque aussi d’éclater même si les affaires de corruption n’atteignent pas le niveau de celles de la droite. Ceci étant, les faits qui affectent les deux grands partis qui ont gouverné la France pendant la Ve République ne permettent pas d’attribuer automatiquement des brevets de vertu aux prétendants à la succession. Témoin par exemple, les nombreuses affaires financières que traîne le Front National. Finalement des affaires qui ne sont que des révélateurs de la démocratie  relativement virtuelle et réduite à sa plus simple expression, c’est-à-dire au dépôt d’un bout de papier dans l’urne. Ainsi réduite cette démocratie est d’autant plus fragilisée et peut être facilement manipulée par un cirque médiatique soutenu par d’immenses moyens financiers. Ce que démontre l’histoire politique de la France sous la Ve République. On fera observer toutefois que de telles phénomènes ne sont pas spécifiques à la France, la preuve sans doute que la démocratie dans de nombreux pays est encore à l’ère  néandertalienne.

« La tragi-comédie pathétique de la droite »( Le Monde)

« La tragi-comédie pathétique de la droite »( Le Monde)

Racine en aurait fait une tragédie. Celle d’un homme, François Fillon, habité par son destin, déjouant tous les augures, triomphant de l’adversité, porté au pinacle par le chœur des siens il y a trois mois, faisant taire adversaires et rivaux, puis, soudain, plongé dans une terrible tourmente, harcelé, abandonné, lapidé et voyant irrémédiablement s’échapper les rêves de gloire élyséenne qu’il caressait déjà. Au lieu de quoi nous est offerte, depuis plusieurs semaines, une tragi-comédie pathétique où s’affrontent un candidat prêt à tout pour le rester, ses partisans enrageant de le défendre, ses adversaires acharnés à l’abattre mais incapables d’y parvenir, des électeurs abasourdis, partagés entre accablement et colère, des clans qui rallument les vendettas qui ont traumatisé la droite depuis des années et des parrains qui, dans l’ombre, tentent de préserver leur pouvoir d’influence. Il suffisait d’observer, lundi 6 mars, au siège des Républicains, les sourires de circonstance accrochés au visage de la plupart des protagonistes, prêts à la curée la veille encore, pour mesurer le ridicule de cette affaire. Si l’on n’était à moins de sept semaines d’une élection présidentielle censée tracer l’avenir de la cinquième puissance mondiale, l’on pourrait éventuellement trouver cocasse ce festival de coups fourrés et de tartufferies. Comme chez Guignol, on pourrait rire de cette élection imperdable qui menace de tourner à l’humiliante déroute. Mais, précisément, l’on n’est pas chez Guignol et, au-delà de ce médiocre psychodrame et de ses rebondissements, le constat est là : une élection présidentielle qui, quoi qu’on en pense, reste le moteur de la vie politique nationale et qui se trouve, chaque jour davantage, embourbée, empêchée, déstabilisée et dénaturée. « Quoi qu’il fasse, les Français retiendront peu ou prou ceci : “M. Propre” avait les mains sales »  Car si M. Fillon, avec un cran qui force l’admiration de ses proches et un entêtement qui désole tous les autres, a sauvé sa tête, si un « comité politique » composé à sa main au lendemain de la primaire lui a renouvelé à l’unanimité sa confiance, il n’a résolu aucun des problèmes qui l’assaillent. « Le débat est clos », ont martelé ses amis. Il n’en est évidemment rien. Son image, tout d’abord, est en miettes, ce qui n’est pas tout à fait négligeable dans une élection présidentielle où s’était présenté à la primaire drapé de lin blanc … »

 

Macron : trop à gauche ou trop à droite ?

Macron : trop à gauche ou trop à droite ?

 

De toute évidence, les experts politiques et les éditorialistes sont très désorientés par la candidature de Macon qualifiée par les uns de trop à gauche, par les autres de trop à droite.  il est clair que Macon désarçonne beaucoup de spécialistes habitués à utiliser la grille de lecture conventionnelle de la politique française. En  gros il y aurait ceux qui privilégient  la politique de l’offre et la compétitivité (à droite) et ceux qui font de la redistribution sans s’occuper de la richesse nationale (la gauche). Un clivage aujourd’hui obsolète puisque cette redistribution de nature étatiste est préconisée aussi bien par le candidat du parti socialiste, le frondeur Benoît Hamont, que par Mélenchon ou Marine Le Pen. Macon, lui, veut  dépasser les vieux clivages en se référant certes au libéralisme économique mais sans renoncer à une régulation qui permet une juste redistribution de la richesse nationale. Il s’efforce de concilier la vertu budgétaire, garante de la crédibilité de la France en Europe, et mesures de soutien à l’emploi et la croissance, tout en affichant des objectifs moins spectaculaires que les autres candidats. La réduction de trois points de la part des dépenses publiques dans le PIB, qu’il vise en 2022, soit un effort de 60 milliards d’euros, est loin des 100 milliards d’économie promis par le candidat de la droite, François Fillon. Quant aux 50 milliards d’investissement public promis sur le quinquennat pour moderniser l’économie et l’Etat ou former les Français éloignés de l’emploi, ils n’ont rien à voir avec les dépenses envisagées, à gauche, par le socialiste Benoît Hamon pour financer son revenu universel, ou par Jean-Luc Mélenchon. Il affiche la même prudence en matière de prévisions macro-économiques et fonde son projet sur des hypothèses de croissance oscillant entre 1,4% en 2018 et 1,8% en 2022. Comme François Hollande, dont il a été conseiller, puis ministre, il s’efforce également de concilier compétitivité des entreprises et pouvoir d’achat des ménages, par un mélange de baisses de charges et de réductions d’impôt. Il prolonge ainsi la logique du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), qu’il promet de transformer en baisse de charges pérenne, mais aussi de la loi travail, en renforçant le rôle du dialogue social dans les entreprise et les branches ou en plafonnant les indemnités prud’homales pour licenciement abusif. Mais s’il refuse de promettre du sang et des larmes (pas de hausse de TVA, ni d’économies sur les retraites ou la politique familiale, ni de modification des paramètres d’indemnisation du chômage), il s’abstient également d’annoncer des lendemains qui chantent dès les premiers mois de son quinquennat. Il précise ainsi qu’il n’y aura « ni cadeau ni rigueur supplémentaire » cet été, s’il est élu, la mise en oeuvre du plan d’investissement public et de l’exonération de taxe d’habitation étant renvoyée à 2018 pour ne pas aggraver le déficit public. « Le sérieux, ce n’est ni la purge ni les cadeaux (…) Ce n’est pas non plus le côté illusionniste du projet porté, par exemple, par Benoît Hamon », a-t-il dit à la presse. Une analyse que n’est pas loin de partager l’économiste Emmanuel Jessua, directeur des études de l’institut COE-Rexecode pourtant réputé proche du patronat et libéral. »Dans l’ensemble, ses propositions consistent à approfondir et accélérer la politique de l’offre qui a été amorcée sous le quinquennat actuel », a-t-il déclaré à Reuters. « Même s’il y a beaucoup de zones d’ombres à lever, il propose des réformes qui répondent à certains grands défis de l’économie française, tout en évitant un ajustement trop brutal sur la dépense publique », a-t-il ajouté. Dans l’entourage de l’ancien ministre de l’Economie, on admet une « proximité d’inspiration » entre certains pans de son projet et les positions défendues par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. « C’est un interlocuteur de Jean Pisani-Ferry et d’Emmanuel Macron », précise-t-on de même source.

Affaire Fillon : les crocodiles de la droite refuse la justice

Affaire Fillon : les crocodiles de la droite refuse la justice

Finalement plusieurs crocodiles de la droite reprennent l’argutie de François Fillon : la justice n’a pas compétence pour juger le candidat Fillon. D’une certaine manière,  ils ont raison car les lois sont surtout destinées à réguler la vie des pauvres. Il suffit pour s’en persuader de constater que des affaires politico-financières traînent pendant des années voir des dizaines d’années comme l’affaire Tapie.  Quand le voleur de mobylette, lui, est sanctionné immédiatement (et au demeurant logiquement) devant le tribunal des flagrants délits. Ces responsables qui affirment par ailleurs que le dossier Fillon n’a pas lieu d’être puisqu’il s’agit d’un parlementaire, autant dire qu’il n’a pas à rendre de comptes à la justice. On se demande quelle sera la réaction des intéressés quand ils apprendront que les Fillon sont susceptibles d’être mis en examen officiellement par un juge dés la semaine prochaine. Ci-dessous  texte publié dans le JDD et cosigné par Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée Nationale, Philippe Vigier Président du groupe Union des démocrates et indépendants à l’Assemblée Nationale, Bruno Retailleau Président du groupe Les Républicains au Sénat et François Zocchetto Président de groupe Union centriste au Sénat.

 

« Notre démocratie est régie par des principes que l’émotion et l‘approximation médiatique ne devraient pas nous faire oublier. Il est de notre devoir en tant que Présidents de groupes parlementaires de les rappeler. La séparation des pouvoirs a été malmenée dans la procédure qui vise François Fillon. Comment ne pas voir que cette attaque avait été préparée de longue date ? Comment ne pas voir que le moment était choisi pour atteindre le représentant de la droite et du centre ? Avec une réactivité surprenante une procédure d’enquête a été engagée sur la base d’un délit qui n’existe pas pour un parlementaire et de surcroît avec l’objectif de contrôler dans le détail l’activité d’un député et de ses collaborateurs. Le principe d’indépendance que consacre le droit parlementaire n’est pas un privilège ; il est la garantie d’une parole libre des élus représentants de la Nation. En écartant le principe de séparation des pouvoirs, l’élection présidentielle a été prise en otage. Au travers d’un dossier présenté systématiquement à charge et dont le contenu et la pertinence s’effritent chaque jour un peu plus, on voit bien le risque de priver les électeurs du droit fondamental à exercer leur choix souverain si près de l’élection présidentielle. Ceux qui ont en charge d’appliquer la loi doivent la respecter. Une faute a été commise par ceux qui se sont exonérer du secret de l’enquête et qui ont préférer le bruit médiatique au droit. Notre justice ne doit pas s’aventurer sur le terrain de la politique et des médias. Elle doit garder ses distances avec le bruit qui l’entoure et ne connaître que le droit, ses principes et à sa stricte application. » Amen !

Fillon doit renoncer pour 70 % des Français dont 53 % des proches de la droite

Fillon doit renoncer pour 70 % des Français dont 53 % des proches de la droite

 

Sept Français sur dix et une majorité de sympathisants de droite pensent désormais que François Fillon, empêtré dans une affaire d’emplois présumés fictifs, devrait renoncer à l’élection présidentielle, selon un sondage Odoxa publié vendredi. 79% des personnes interrogées n’ont pas été convaincues par les explications fournies par le candidat de la droite et du centre, qui a reconnu avoir commis une « erreur » lors d’une conférence de presse lundi et a publié une « lettre aux Français », selon ce sondage réalisé pour franceinfo. Cette opinion est partagée par 61% des sympathisants de droite. En conséquence, 70% des Français et 53% des proches de la droite estiment que le candidat devrait renoncer à se présenter. Les trois quarts des personnes interrogées (74%, 53% des sympathisants de droite) disent avoir désormais une « mauvaise opinion » de François Fillon, relégué en 3ème position dans les sondages depuis l’ouverture d’une enquête sur les soupçons d’emplois fictifs dont aurait bénéficié son épouse. 25% conservent une « bonne opinion » de lui, alors qu’elles étaient 38% selon un précédent sondage publié le 27 janvier.
Si François Fillon décidait finalement de renoncer, 50% des personnes interrogées pensent qu’Alain Juppé, battu à la primaire de la droite, serait le meilleur candidat, loin devant François Baroin (15%) et Xavier Bertrand (13%).
Enquête réalisée par internet les 8 et 9 février auprès d’un échantillon de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Autriche Présidentielle : l’extrême droite largement battue

Autriche Présidentielle : l’extrême droite largement battue

Alexander Van der Bellen, 72 ans, Le candidat indépendant, ex-dirigeant écologiste a recueilli 53,6% des voix, contre 46,4% pour Norbert Hofer , candidat de l’extr^me droite. . Ce dernier, âgé de 45 ans, avait été battu de justesse (avec un peu moins de 31.000 voix d’écart) le 22 mai dernier par Alexander Van der Bellen, 72 ans, qui l’avait emporté avec 50,3% des suffrages, mais le résultat du scrutin avait été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d’irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance. Cette élection visait à trouver un successeur au social-démocrate Heinz Fischer, président depuis 2004 et qui ne pouvait briguer un troisième mandat. Bien que le rôle du chef de l’Etat autrichien soit essentiellement protocolaire, Norbert Hofer et le FPÖ voulaient faire de ce scrutin un symbole en prévisosn des législatives et engranger une nouvelle victoire pour le camp populiste, six mois après le Brexit et un mois après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Le parti d’extrême droite entendait conforter son implantation dans le paysage politique autrichien et transformer ce scrutin en tremplin vers la Chancellerie, le coeur du pouvoir exécutif, lors des législatives prévues au plus tard en 2018.

Primaire de la droite : Emmanuel Fillon : « le retour en arrière » (Macron)

Primaire de la droite : Emmanuel Fillon : « le retour en arrière » (Macron)

 

Double manœuvre pour Emmanuel macro qui dénonce le caractère réactionnaire du programme de François Fillon pour récupérer les votes de certains Juppéistes  et qui lance un appel de regroupement avec Bayrou. Pour Fillon le plus difficile commence maintenant. En effet il va être la cible des principaux candidats puisqu’il est le favori pour 2017 mais aussi en raison de son programme ultra libéral et de ses positions sociétales conservatrices. L’enjeu pour Emmanuel macro qui selon les derniers sondages obtiendrait autour de 15  % est d’occuper le terrain centre-gauche comme centre-droit. Un espace que voudrait bien aussi occuper Bayrou, encore relativement populaire mais un peu usé par ses défaites successives aux présidentielles. « L’offre qui a gagné ce soir, c’est une offre de droite conservatrice« , a ainsi affirmé l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande. « Une droite conservatrice sur le plan économique, social, sur la vision qu’elle porte de la société française, de la place de la France dans le monde », a-t-il poursuivi. Et si le leader du mouvement En Marche ! dit avoir « beaucoup de respect » pour cette vision, elle n’en reste pas moins différente de la sienne. « Je porte une vision progressiste, je crois qu’il faut plus de liberté en matière économique et social mais il faut aussi des éléments de justice », a ainsi rappelé Emmanuel Macron. Or, selon lui, le programme de François Fillon n’est pas juste, « et donc il n’est pas soutenable ».

Montebourg : les électeurs de droite doivent éliminer Hollande à la primaire PS

Montebourg : les électeurs de droite doivent éliminer Hollande à la primaire PS

 

Constatant sans doute l’influence qu’ont pu avoir certains électeurs de gauche lors  de la primaire de la droite pour éliminer Sarkozy, Montebourg appelle les électeurs de droite à éliminer Hollande lors de la primaire du parti socialiste. Un appel qui pourrait être entendu non pas massivement mais peut-être suffisamment (autour de 10 % des votants) pour infliger un cuisant échec à François Hollande. « Je les invite à venir à la primaire participer finalement aux choix politiques de l’avenir du pays et d’y participer à leur manière. Je leur propose de battre le président de la République avec ma candidature », a-t-il ajouté. Selon une enquête BVA-Salesforce publiée la semaine dernière, Arnaud Montebourg l’emporterait sur François Hollande au second tour de la primaire de la gauche. L’ex-ministre du Redressement productif serait en revanche battu en cas de duel avec le Premier ministre, Manuel Valls. Très bas dans les sondages d’opinion, François Hollande doit annoncer début décembre s’il est candidat ou non à sa succession, théoriquement avant le 15, date limite de dépôt des candidatures pour la primaire organisée par le parti socialiste fin janvier. « On ne peut pas lever l’espoir sur un échec et le quinquennat est un quinquennat qui constitue un échec », a estimé Arnaud Montebourg. « Il est fait de reniements et de renoncements de combats non menés, d’abandons, donc je crois que ce serait à l’honneur du président de la République d’en tirer les justes conclusions, mais c’est lui seul qui décide ».

(Avec Reuters)

Buisson soutient le discours de droite conservatrice de Fillon

Buisson soutient le discours de droite conservatrice de Fillon

 

Le sulfureux Buisson, ancien de Sarkozy règle ses comptes avec ce dernier en considérant que la campagne de l’ancien président de la république a été triviale et trop brutale. Du coup il se rallie à Fillon et se réjouit de la résurgence d’une vraie politique de droite conservatrice. Nicolas Sarkozy Patrick Buisson a en effet fustigé jeudi le discours « ringard de Juppé face à la campagne de « transgression des tabous » de François Fillon. « Malgré qu’il se veuille le porte-parole de la modernité », Alain Juppé « tient un discours absolument ringard et ne se rend pas compte que cette révolution conservatrice est à l’œuvre partout dans toutes les sociétés occidentales », a-t-il dit sur Europe 1. François « Fillon a fait une campagne qui n’est pas celle de Nicolas Sarkozy, moins triviale moins brutale, et qui est une campagne de transgression des tabous », a-t-il ajouté. « Fillon assume une droite conservatrice ». Pour Patrick Buisson, « Juppé sera très probablement battu dimanche soir, il représentait cette tradition de cette droite qui ne s’assume pas et c’est pour ça que dans l’histoire des idées c’est un moment historique ». Selon un sondage IFOP-Fiducial pour iTELE, Paris Match et Sud Radio publié mercredi, François Fillon battrait Alain Juppé avec 65% des voix au second tour de la primaire de la droite et du centre dimanche. Alain Juppé dénonce la « brutalité sociale » du programme de son concurrent et l’attaque sur les questions sociétales. François Fillon oppose quant à lui son « audace » à la frilosité présumée de son adversaire. Inspirateur de la « droitisation » des thématiques de l’ex-UMP, Patrick Buisson a été l’éminence grise de Nicolas Sarkozy pendant ses campagnes présidentielles de 2007 et 2012 et durant son quinquennat. En 2014, il a été condamné à verser 10.000 euros de dommages et intérêts provisionnels à l’ex-chef de l’Etat et à son épouse Carla Bruni pour les avoir enregistrés à leur insu.

(Avec Reuters)

 

Sondage Primaire à droite : Fillon 65 %, Juppé 35 %

Sondage Primaire à droite :  Fillon 65 %, Juppé 35 %

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et France Inter, publié mardi 22 novembre Fillon arrive largement en tête des intentions de vote pour le second tour de la primaire à droite, qui se tiendra dimanche. François Fillon réunirait 65% des suffrages, contre 35% pour Alain Juppé. Si ce sondage tient compte des résultats du premier tour, il n’intègre pas en revanche les consignes de vote des candidats battus, et notamment celle de Nicolas Sarkozy, qui s’est prononcé en faveur de son ancien Premier ministre. Les électeurs ayant voté pour l’ancien président seraient d’ailleurs 85% à se reporter sur François Fillon, contre 15% sur Alain Juppé. Si les partisans de Nathalie Kosciusko-Morizet se répartissent équitablement entre les deux prétendants, ceux de Bruno Le Maire se reporteraient aux trois quarts sur François Fillon. Quant eux électeurs centristes, ils ne départagent pas vraiment les deux candidats : 49% d’entre eux donneraient leur suffrage à François Fillon et 51% à Alain Juppé. Les électeurs se déclarant de droite, sans être des sympathisants du Front national, optent eux massivement pour François Fillon à 74%. Le sondage met également en lumière un handicap majeur pour Alain Juppé. En votant pour lui, 45% des électeurs déclarent avoir voulu faire barrage à Nicolas Sarkozy, alors que 86% des électeurs de François Fillon disent avoir voté avant tout par adhésion.

Primaire à droite : tout le monde s’est planté

Primaire à droite : tout le monde s’est planté

Inutile de tourner autour du pot, tout le monde s’est  planté aussi bien les observateurs que les sondeurs. Au mieux on prévoyait que des trois principaux candidats seraient très proches les uns des autres. En cause sans doute,  la difficulté des sondeurs pour élaborer un échantillon représentatif alors qu’on ne connaissait ni la composition ni le nombre des votants. Mais il ne s’agit pas seulement d’un problème méthodologique mais sans doute aussi d’une réaction aux  analyses et orientations des médias. D’une certaine manière c’est la troisième surprise électorale. Il y a d’abord eu le brexit dont la plupart prévoyait le rejet, ensuite l’élection de Trump  maintenant la très large victoire de Fillon au premier tour des primaires de la droite. Du coup,  il faut se demander si les sélecteurs manifestent aussi un certain rejet de l’opinion des dominante des médias sans doute un peu trop enfermés dans leur cercle parisien et loin des préoccupations réelles de la société. Rien ne dit qu’il n’y aura pas d’autres surprises de ce type. En effet il faut prévoir désormais que les médias vont annoncer que Fillon est pratiquement certain d’être président de la république. Or l’affaire est encore loin d’être pliée avec l’impact que pourrait avoir le scores d’abord de Marine Le Pen mais aussi de Mélenchon, de Macron  voir pourquoi pas d’un autre. Le score de Fillon révèle en tout cas un énorme besoin de démocratie dans le pays qui d’une certaine façon se rebelle contre la pensée dominante.

Débat Primaire de la droite : Juppé et Fillon vainqueurs ?

Débat Primaire de la droite : Juppé et Fillon vainqueurs ?

Bien qu’il faille prendre les sondages avec beaucoup de prudence (et même des pincettes), il semble bien que Fillon et Juppé sont sortis vainqueurs du troisième débat. Du coup on pourrait envisager’  hypothèse d’une finale entre Juppé et Fillon. Sarkozy s’est montré très à laisse mais comme à son habitude avec des contradictions notamment par rapport à son bilan.  Il a été le plus attaqué par les autres prétendants. D’après un sondage réalisé par Opinionway pour Le Pointc’est Alain Juppé qui a tiré son épingle du jeu. Le maire de Bordeaux a en effet été jugé le plus convaincant (30%), devançant de peu François Fillon et beaucoup plus largement Nicolas Sarkozy (13%). Bruno Le Maire et Jean-François Copé ferment la marche, avec 2% de convaincus. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, François Fillon a été jugé le plus convaincant (33%), devançant de peu Alain Juppé (32%) et plus largement Nicolas Sarkozy (18%).

Primaire droite : Fillon devant Sarkozy et même Juppé?

Primaire droite : Fillon devant Sarkozy  et même Juppé?

Vrai suspens ou guerre des sondages ? Curieux car certains sondages voient en finale de la primaire Soit Sarkozy soit Fillon. Mieux, certains voient Fillon battre aussi bien Juppé que Sarkozy au second tour. Des sondages à prendre avec prudence et avec des pincettes. D’autant que des  sondeurs sont proches de certains candidats ? Par ailleurs et surtout il est difficile sinon impossible de construire un échantillon  représentatif de ceux qui vont voter. D’une part en raison du nombre très variable de votants (de 3 à 5 millions), d’autre part en raison de l’équilibre des sensibilités politiques des votants (droite bien sûr mais aussi centre, gauche voire extrême droite).  Selon une enquête OpinionWay publiée mardi réalisée pour le site Atlantico, Alain Juppé conserve sa première place devant ses deux principaux concurrents mais perd sept points depuis la fin octobre, à 33%, et serait battu au second tour par François Fillon. Longtemps crédité d’environ 10% des intentions de vote, le député de Paris est donné gagnant en cas de duel face au maire de Bordeaux (54% contre 46%) et plus nettement encore contre Nicolas Sarkozy (63% contre 37%).  Le sondage d’OpinionWay confirme une tendance observée par d’autres instituts à l’approche du premier tour, dimanche, mais aucun d’entre eux n’avait encore imaginé François Fillon qualifié pour le duel final d’où la nécessité de se montrer prudent vis-à-vis de ces enquêtes. . Cette enquête a été réalisée en ligne de dimanche à mardi auprès d’un échantillon de 828 personnes inscrites sur les listes électorales et se déclarant certaines d’aller voter à la primaire des 20 et 27 novembre.

Après la droite, « La gauche avec Macron »

Après la droite, « La gauche avec Macron »

 

Après le mouvement la droite avec Macon c’est maintenant un autre mouvement : la gauche avec Macron qui vient d’être lancé.  Emmanuel Macron a réussi à séduire la droite et notamment l’ancien ministre, de Jacques Chirac, Renaud Dutreil. Ce dernier a lancé « la droite avec Macron ». Désormais, « la gauche avec Macron ». Un appel a été publié sur Tumblr et signé par dix élus « dont sept parlementaires socialistes », précise Libération. Parmi eux, on compte le député de Gironde, Florent Boudié, le député du Val-de-Marne, Jean-jacques Bridey, le député des Alpes-de-Haute-Provence, Christophe Castaner, la députée des Côtes-’Armor, Corinne Erhel, la sénatrice de Paris, Bariza Khiari, le député des Français de l’étranger, Arnaud Leroy et la sénatrice du Haut-Rhin, Patricia Schillinger.  Pourquoi faire le choix d’Emmanuel Macron ? « Parce qu’il prolonge la grande histoire de la social-démocratie en l’adaptant à la réalité de notre monde, en la renouvelant et en la renforçant, Emmanuel Macron porte l’ambition d’une gauche positive », expliquent les signataires. L’ancien ministre incarne ainsi « les conditions d’une alternative politique avec exigence : écouter plutôt qu’enjoindre, insuffler un renouveau démocratique et citoyen, qui tisse enfin des liens nouveaux avec les Français, plutôt que de maintenir l’illusion d’un système de partis dont chacun ressent qu’il est usé ».

Primaire droite : Juppé en tête mais Fillon monte

Primaire droite : Juppé en tête mais  Fillon monte

 

Selon L’enquête Odoxa France Info donne encore 36% des intentions de vote au premier tour de la primaire pour le maire de Bordeaux, soit sept points de moins qu’il y a un mois. Cependant il faut surtout souligner la montée de Fillon. De ce point de vue ce sondage intègre les retombées du second débat des primaires. Un débat caractérisé par des évidences : Juppé manque toujours de charisme même s’il toujours nettement favori. Il faudra qu’il dépasse sa posture de techno sérieux. Sarkozy progresse légèrement, ce qui est logique  eu égard à sa bonne prestation télévisée face à se concurrents. Le phénomène nouveau c’est ce gain de Fillon  qui cette fois a fendu l’armure avec des positions nettes et étayées. Par contre Lemaire et NKM ont montré leurs limites, ils sont encore un peu courts pour jouer dans la cours des grands et leur appel au renouveau n’est ni convaincant, ni très pertinent. Poisson, lui s’est montré complètement inconsistant et contradictoire.  Selon le sondage, Nicolas Sarkozy est stable avec 26% tandis que François Fillon bondit de neuf points à 20% des intentions de vote. La poussée de François Fillon se fait essentiellement aux dépens d’Alain Juppé et de Bruno Le Maire, qui perd cinq points à 8%, mais « c’est Nicolas Sarkozy qu’elle met le plus en danger », note Odoxa. L’ancien chef de l’Etat se rapproche en revanche d’Alain Juppé chez les sympathisants de la droite parlementaire avec 30% des intentions de vote (+0,5) contre 31,5% (-10,5 points) pour le maire de Bordeaux. François Fillon remonte à 23% (+10,5 points) chez cet électorat. Au second tour, Alain Juppé devance toujours très nettement Nicolas Sarkozy avec 58% contre 42% mais son avance diminue de sept points. « Plus les électeurs se resserreront sur le noyau dur des sympathisants de droite plus l’écart risquera de se resserrer entre les deux protagonistes », indique Odoxa en soulignant que l’avance d’Alain Juppé au deuxième tour n’est plus que de quatre points (52% contre 48%) auprès des sympathisants LR-UDI. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de Français interrogés par internet du 10 au 20 octobre (4.042 personnes parmi lesquelles 3.728 inscrites sur les listes électorales et 621 « certaines » d’aller voter à la primaire) puis du 9 au 11 novembre (2.838 personnes parmi lesquelles 2.625 inscrites sur les listes électorales et 554 « certaines » d’aller voter à la primaire).

Primaire droite : la gauche déçue invitée à voter

Primaire droite : la gauche déçue invitée à voter

Pas sûr que Sarkozy soit très satisfait des propos de Thierry Solère (l’organisateur des primaires) qui invite les déçus de la gauche et de Hollande à venir voter aux primaires de la droite. Sarkozy qui se plaint déjà de la participation des centristes à cette concertation. Pas étonnant, il risque d’être le grand perdant d’une forte participation.  Contrairement à Nicolas Sarkozy, le président du comité d’organisation de la primaire de la droite, Thierry Solère, serait plutôt satisfait de voir les déçus du hollandisme voter à la primaire de la droite et du centre : « Si le sujet c’est de savoir si des Français, qui n’ont pas voté pour nous en 2012, vont voter pour nous en 2017 et donc à la primaire, et bien, c’est heureux », explique-t-il. Selon lui, la participation des déçus de François Hollande à la primaire peut contribuer à une victoire du candidat de la droite à la présidentielle : « Si tous les Français qui avaient voté pour François Hollande en 2012 continuent à voter pour lui en 2017, par nature nous aurions perdu la présidentielle. Donc pour la gagner, il va bien falloir que des Français qui n’ont pas voté pour nous la dernière fois votent pour nous cette fois ci et c’est légitime qu’ils viennent voter à la primaire. Et j’en rencontre tous les jours », note-t-il. « On dit à tous ces Français (qu’il y a) deux conditions : vous voulez tourner la page de ce quinquennat et vous adhérez à nos grandes valeurs républicaines… On souhaite rassembler le plus grand nombre », avance-t-il.

 

 

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