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Foot business : le fric a tué la dramaturgie

Foot business : le fric a tué la dramaturgie

Alexis Abeille,Supporteur de l’Olympique de Marseille,Geoffroy Daignes,Supporteur du Racing Club de Lens estime dans une tribune au Monde que le fric a tué la dramaturgie

Tribune.

 

En apparence, les créateurs de la Super Ligue de football européen ont renoncé à leurs projets, mais dans les faits, la transgression est faite et ses motifs sont énoncés : moins suivi par les nouvelles générations, le football a besoin de renouveler son spectacle, alors que le Covid-19 a plongé dans le rouge l’ensemble des clubs européens.

Si le projet a volé en éclats en 48 heures, il est difficile de parler d’échec pour les clubs promoteurs de ce projet tant la logique de la réforme de la Ligue des champions proposée dans le même temps par l’Union des associations européennes de football (UEFA) reprend leurs volontés. Plus de matchs, davantage de droits de télévision et une participation à la compétition sécurisée pour des grands clubs vivant au-dessus de leurs moyens depuis des années. Curieuse démarche qui, face à une baisse de la demande, propose une hausse de l’offre.

Ce n’est donc pas une réforme, mais une opération de prédation des puissants d’un football spéculatif dont le modèle économique ne tient plus. Florentino Perez, le président du Real Madrid, l’admet lui-même, malgré lui : « S’il n’y a pas d’argent chez les grands, ils n’achètent pas de joueurs aux autres. C’est une pyramide. » Chacun appréciera au passage la définition du ruissellement donné par le roublard Perez : un système où les plus puissants s’accaparent la totalité des richesses pour décider ensuite auprès de qui ils distribuent les miettes, s’ils en ont l’envie et le besoin – avis aux amateurs.

Les supporteurs de football se sont réveillés après plusieurs jours d’un épisode tragicomique, où ils ont pu, sur tous les canaux, protester contre l’annonce de cette sorte de NBA [National Basketball Association] montée à l’envers, aux enjeux sportifs aussi mal définis que les enjeux financiers (400 millions d’euros annuels pour chaque club) étaient énormes. Alors, ont-ils vraiment réussi à renverser la donne ? Le doute est permis.

En réalité, le football fonctionne déjà selon un principe d’inégalité économique qui a quasiment rompu avec la dramaturgie de ce sport. Qu’il est loin, le temps où, dans un article publié dans Il Giorno, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) considérait le football comme un système de signes, et donc un langage, où les passes seraient la prose et où les dribbles et les actions qui mènent à un but seraient la poésie.

« Depuis dix ans, les championnats nationaux sont trustés par une poignée de clubs et tout suspense a disparu. Pile je gagne, face tu perds »




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