Archive pour le Tag 'Dollar'

Le dollar en baisse

Le dollar en baisse

« Le sentiment autour du dollar reste négatif et il continue d’être vulnérable à de nouvelles mauvaises nouvelles sur les fronts de la politique fiscale et commerciale. » note Jonas Goltermann, économiste en chef adjoint pour les marchés chez Capital Economics

Lundi, le dollar a perdu 0,3 % face au yen à 143,55, tandis que l’euro a légèrement augmenté de 0,2 % à 1,1370. [USD/]

Le dollar a même reculé de 0,2 % face au dollar canadien à 1,3727, ne bénéficiant pas de la menace de Trump d’imposer des droits de douane de 50 % sur les exportations d’acier canadien.

Sur les marchés des matières premières, l’or s’est raffermi de 0,6 % à 3 310 dollars l’once, après avoir perdu 1,9 % la semaine dernière. [GOL/]

Situation du dollar : une chance pour l’euro ?

Situation du dollar : une chance pour l’euro ?


Les Etats-Unis semblent sur le point de perdre leur position hégémonique sur le système financier international. La zone euro peut saisir l’occasion et prendre le relais, mais elle doit accélérer ses réformes, juge l’économiste Hélène Rey dans une chronique au « Monde ».

Les systèmes monétaires et financiers internationaux ne sont pas immuables, mais ils évoluent rarement. C’est pourquoi le bouleversement provoqué par les politiques menées par Donald Trump est ardu à interpréter. Pour en prendre la mesure, il convient de revenir à la théorie de la stabilité hégémonique développée par l’économiste américain Charles Kindleberger dans son ouvrage Le Monde en dépression : 1929-1939, publié aux Etats-Unis en 1973.

Selon cette théorie, un ordre économique international ouvert et stable repose sur l’existence d’une puissance hégémonique. Au XIXe siècle, c’était la Grande-Bretagne. Dans les années 1930, affaiblie par la première guerre mondiale, elle n’était plus en mesure de soutenir le système monétaire international. Comme les Etats-Unis n’étaient pas encore prêts à prendre le relais, le monde vécut une période de transition sans leadership clair – un « hiatus de Kindleberger » – qui coïncida avec la Grande Dépression et le chaos politique qui mena à la seconde guerre mondiale.

A l’issue de celle-ci, en 1944, les accords de Bretton Woods actèrent la promotion des Etats-Unis comme nouvelle puissance hégémonique. Aujourd’hui encore, le dollar demeure la devise de réserve par excellence, principale monnaie de facturation, et ancre de nombreux régimes de change.

Pourtant, un nouveau hiatus de Kindleberger semble poindre. La puissance hégémonique actuelle se replie sur elle-même, renonçant à fournir les biens publics mondiaux qui ont contribué à sa légitimité. Or, aucune autre puissance ne paraît en mesure de reprendre le flambeau : l’Union européenne n’est pas encore prête et la Chine reste largement en dehors des marchés financiers internationaux.

A force de mener des politiques contre-productives, les Etats-Unis risquent de perdre le privilège exorbitant de leur dollar – qu’ils le veuillent ou non.

L’avenir du dollar ?

L’avenir du dollar ?

Dans un monde économique globalisé, la place dominante du dollar est de plus en plus mise à l’épreuve. Bien que les États-Unis aient longtemps pu se financer à faible coût grâce à leur statut de monnaie de réserve, ce modèle montre aujourd’hui des signes de fragilité, avec des risques qui ne proviennent plus seulement des déficits commerciaux, mais de l’instabilité du système financier mondial. Par Michel Santi, économiste (*) dans la Tribune

Dans le monde d’hier, la domination du dollar revenait à un dilemme faustien : les États-Unis pouvaient certes se financer à bon marché, au prix cependant d’une dépendance envers l’étranger conduisant à son déclin.

Une définition traditionnelle d’une monnaie de réserve est que le pays auquel elle appartient doit être déficitaire au niveau de sa balance des paiements. Pourquoi  ? Afin de fournir la liquidité au reste du monde. Des déficits massifs, et sur plusieurs années, entament néanmoins la confiance en cette même monnaie, qui se retrouve dès lors fragilisée et dont le statut de réserve sera progressivement remis en question.

En vertu de cette logique, les discours et les actes de l’administration É.-U. stigmatisent les nations bénéficiant d’excédents commerciaux, aboutissant à une surévaluation structurelle du dollar et à l’agonie du secteur industriel américain. Naturellement acheteuses de dollars, les banques centrales étrangères sont également sur le banc des accusés pour manipulation à la baisse de leur propre monnaie, et ainsi favoriser leurs excédents commerciaux nationaux. L’exécutif américain constate comment elles recyclent ainsi leurs dollars sur les Treasury Bonds, contribuant elles aussi et à leur tour à saper l’industrie É.-U. et à nuire aux travailleurs du pays.

Cette analyse des responsables américains, qui se posent en victimes de la duplicité des États et des banques centrales étrangères, n’est pourtant plus adaptée à l’architecture actuelle de la finance globalisée.

Les déficits sont également largement accentués par les flux de capitaux générés par un système financier privé, d’une élasticité légendaire. Les vrais déséquilibres d’aujourd’hui ne sont pas tant liés au commerce transfrontalier qu’aux flux proprement stratosphériques de liquidités qui s’investissent aux États-Unis dans les actifs financiers et tangibles, en provenance d’acteurs du secteur privé, de gestionnaires de fonds, du système bancaire de l’ombre (shadow banking) localisés dans des centres financiers comme le Luxembourg, l’Irlande, les îles Caïmans…

La finance globale ne recycle pas ses excédents et ses placements à travers des canaux traditionnels, mais grâce à la prolifération d’institutions financières de toutes tailles qui multiplient les effets de levier afin de maximiser à la fois leur impact et leurs profits. La toute-puissance du dollar n’est pas menacée par les déficits américains. Elle l’est en revanche, et de manière certaine, par l’illusion de sécurité offerte par une finance globale pourvoyeuse par beau temps de liquidités massives et opaques.

Il faut prendre conscience que le cœur du mécanisme assurant la liquidité au système a subi un bouleversement de paradigme. Ce ne sont plus tant les déficits É.-U. qui permettent de financer les États-Unis et le reste du monde, mais la création monétaire privée qui s’évapore dès qu’elle sent les risques poindre à l’horizon. Que ses conseillers expliquent au président des États-Unis que nous ne sommes plus dans les années 1980-1990, même plus au début des années 2000, car la véritable vulnérabilité de la nation américaine se trouve nettement plus dans l’instabilité financière que dans les déficits commerciaux.

Dit autrement : les équilibres/déséquilibres comptables officiels permettent de discerner une partie de l’image, sans permettre d’apprécier la complexité et la concentration des risques financiers. Un pays entretenant des comptes équilibrés peut parfaitement être source d’instabilité globale. Un autre, comme les États-Unis, affichant des déficits gigantesques et persistants, peut néanmoins conserver son statut de refuge et de monnaie de réserve pour autant qu’il parvienne à éviter la tourmente financière.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

Guerre droits de douane : baisse du dollar

Guerre droits de douane : baisse du dollar

Hier, le billet vert – qui avait repris un peu de terrain la veille – relâchait 0,81% face à la monnaie unique, à 1,1374 pour un euro.
Le Dollar index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, repassait sous la barre des 100 points, et perdait 0,74% à 99,47 points.

«Le dollar est à nouveau sous pression» plombé par l’escalade dans l’offensive commerciale lancée par Trump. «L’angoisse de la guerre commerciale (…) est revenue après les mesures prises par Pékin à l’encontre de Boeing et l’obligation faite par les États-Unis à Nvidia d’obtenir des licences d’exportation pour exporter ses puces» vers la Chine et d’autres pays, commente pour sa part Marc Chandler de Bannockburn Global Forex.

De son côté, Pékin a suspendu toute réception d’avions fabriqués par le constructeur américain Boeing. La poste de Hong Kong a de son côté annoncé mercredi qu’elle suspendait les envois de colis à destination des États-Unis. En outre, les cours du billet vert ont aussi été plombés par les propos du président de la Fed, Jerome Powell, selon qui les droits de douane voulus par le président américain Donald Trump placent la Réserve fédérale (Fed) face à une situation «compliquée dans laquelle nos deux objectifs sont en tension».

Pour l’heure, a-t-il déclaré, la Fed pourrait maintenir ses taux d’intérêt à leurs niveaux actuels, pour « attendre davantage de clarté avant d’étudier de potentiels ajustements » de sa politique monétaire.

La Fed a procédé l’an dernier à plusieurs baisses de taux, les ramenant à 4,25%-4,5%. Depuis, les progrès vers l’objectif d’inflation de 2% ont été moindres.

Jerome Powell a admis que « les droits de douane devraient très vraisemblablement générer une hausse au moins temporaire de l’inflation. Les effets inflationnistes pourraient également s’avérer plus persistants ».

C’est un avril qu’on pourra mesurer l’influence des nouveaux droits de douane puisque les opérateurs économiques ont anticipé nombre de commandes en mars précisément avant l’application des nouvelles taxes.

Le dollar toujours en baisse

Le dollar toujours en baisse


Les inquiétudes sur l’évolution de l’économie américaine persistent. En cause évidemment d’augmentation des droits de douane de 145 % pour la Chine qui de ce comté a répliqué avec une augmentation de ses propres droits de douane de 125 %. Une folie évidemment mais qui va pendant une période bloquée les échanges économiques et affecter gravement la croissance. Ces inquiétudes se manifestent aussi à travers l’évolution des obligations américaines et du dollar.

Le dollar a continué de glisser vendredi, évoluant à un plus bas face à l’euro depuis plus de trois ans, lesté par les incessants revirements des politiques commerciales et économiques américaines.

Vers 18H35 GMT, le billet vert dévissait de 1,05% face à la monnaie unique à 1,1319 dollar pour un euro. Il avait atteint plus tôt un plus bas depuis février 2022 à 1,1473 dollar pour un euro.

Dollar en hausse

Dollar en hausse

Les divergences de politique monétaire et l’évolution des croissances favorisent en  ce moment le dollar par rapport aux autres monnaies notamment vis à vis  l’euro. La banque centrale européenne par exemple est contrainte de desserrer sa politique monétaire pour soutenir une croissance relativement faiblarde : moins de 1 % sur un an pour  2,5 % aux États-Unis. À l’inverse les États-Unis peuvent continuer leur politique monétaire plus rigoureuse et attirer en même temps les capitaux compte tenu de la différence des taux.

Conséquence, l’écart entre les taux américains à 10 ans et leur équivalent au Canada ou en Chine est au plus haut jamais observé, tandis que le différentiel entre rendements américain et allemand n’avait plus été si important depuis cinq ans. «Les politiques monétaires continuent à diverger, ce qui devrait permettre au dollar de poursuivre son élan loin en 2025», selon les analystes de Brown Brothers Harriman.

 

Le dollar monte par rapport à l’euro

Le dollar monte par rapport à l’euro

 

Nouvelle hausse pour le dollar par rapport à l’euro; Le dollar atteint son plus haut niveau face à l’euro depuis plus d’un an, poussé par des politiques monétaires divergentes, entre une Fed attendue plus ferme que prévu du fait des risques d’inflation et une BCE jugée accommodante du fait de la faiblesse de la croissance. Vers 20h20 GMT, le billet vert s’appréciait de 0,60% par rapport à la monnaie unique, à 1,0479 pour un euro. Il est même monté jusqu’à 1,0462 euro, un sommet touché pour la dernière fois en octobre 2023.

 

Les opérateurs attribuent désormais une probabilité de 56% à une réduction d’un quart de point à l’issue de la prochaine réunion de la Fed, les 17 et 18 décembre, contre 72% la semaine dernière, selon l’estimation de CME Group. Les taux américains se trouvent actuellement dans la fourchette de 4,50 à 4,75%. Sur le long terme, le marché s’attend à trois baisses du taux directeur de la Fed d’ici fin 2025, alors que les opérateurs en prévoyaient six sur la même période il y a deux mois. Parallèlement, «il semble que la Banque centrale européenne (BCE) va être plus agressive que la Fed» dans ses baisses de taux, a noté M. Chandler, une position plus accommodante qui profite donc au dollar. Les marchés attendent déjà une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la BCE, en décembre, et prévoient que le taux de référence baissera jusqu’à 2% d’ici mi-2025.

Dollar: en recul

Dollar: en recul

Le dollar en repli en raison des interrogations concernant l’élection présidentielle mais aussi intégrant l’évolution de la situation économique mondiale et géostratégique. Certes l’inflation semble de mieux en mieux maîtrisée mais cela pourrait être dû à un tassement de l’activité économique.

 

Le dollar s’est replié lundi, consolidant à l’orée d’une semaine riche en indicateurs macroéconomiques, sur fond d’attentisme à l’approche de l’élection présidentielle américaine. Vers 20h20 heure française, le billet vert abandonnait 0,18% face à la monnaie unique européenne, à 1,0815 dollar pour un euro. Il lâchait aussi 0,11% devant la devise britannique, à 1,2973 dollar pour une livre.

 

Toutefois, «ce qui pourrait remettre en question (la dynamique du dollar), ce sont des données très faibles vendredi dans le rapport d’octobre sur l’emploi américain», a noté Marc Chandler. Les analystes tablent sur un taux de chômage similaire au mois dernier, à 4,1%, mais s’attendent à un recul important des créations d’emplois, à 110.000 contre 254.000 en septembre, selon le consensus de MarketWatch.

 

Paradoxe : l’euro plus haut que le dollar

 

C’est un paradoxe apparent de voir que l’Euro est plus haut que le dollar depuis environ un an alors qu’en 2022 l’euro et le dollar étaient à parité.

 

En cause sans doute les différentes intentions de politique monétaire avec une banque fédérale américaine qui par tous les moyens veut réduire l’inflation et donc maintenir assez haut pendant longtemps les taux d’intérêt. À la différence de la banque centrale européenne qui souhaiterait bien, elle, accélérer la baisse des taux pour soutenir une économie beaucoup plus chancelante. Mais dans la pratique la banque centrale européenne est bien contrainte de ne pas trop s’éloigner de la politique monétaire américaine.

 

Le dollar pour remplacer le peso ?

Argentine : Le dollar pour remplacer le peso

L’Amérique du Sud n’en finit pas de s’enfoncer dans une misère qui découle directement de politiques économiques très hasardeuses. Comme au Brésil, la pauvreté ne cesse augmenter et avec l’inflation les difficultés progressent également.

Du coup, les Argentins seraient bien tentés de voter pour un outsider comme président de la république qui propose de remplacer la monnaie locale, le peso par le dollar.

Le programme de Javier Milei rencontre un puissant écho dans une population excédée de voir l’inflation et la faiblesse de la monnaie ronger son pouvoir d’achat. Il propose de remplacer le peso par le dollar dans l’économie argentine. (

Submergés par la pire inflation depuis 30 ans à 137% en rythme annuel et 12% en rythme mensuel, les Argentins s’en remettent aux combines pour maintenir la tête hors de l’eau. La plus vieille et la plus populaire d’entre toutes reste d’acheter des dollars.

L’inflation génère des conséquences sociales. Près d’un Argentin sur deux (40,1% selon l’institut national statistique) vit sous le seuil de pauvreté. L’Etat est pareillement surendetté sur fond d’incurie des services publics. « La grande classe moyenne qui faisait notre fierté, parce qu’elle était unique en Amérique latine, n’existe plus », regrette Cécilia qui fustige la « caste » au pouvoir, reprenant les mots du favori à la présidentielle du 22 octobre Javier Milei.

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Le programme du candidat libertarien rencontre un puissant écho dans une population excédée de voir l’inflation et la faiblesse de la monnaie ronger son pouvoir d’achat. Le remède Milei : moins d’Etat, plus de dollars. Pour celui qui a choisi « la fin de l’inflation » comme titre de son livre-programme, la monnaie argentine a moins de valeur que « des excréments ».

Concrètement, Javier Milei, économiste de formation, dont les tracts de campagne reprennent l’iconographie du billet vert, propose de remplacer le peso par le dollar dans l’économie argentine. Et de supprimer la banque centrale ainsi que plusieurs ministères pour réduire l’emprise de l’Etat.

Dollar : monnaie de référence encore pour longtemps

Dollar : monnaie de référence encore pour longtemps

La politiste Carla Norrlöf liste, dans une tribune au « Monde », les raisons pour lesquelles une remise en cause de la domination du dollar – dont l’hégémonie est un facteur de stabilité – est peu probable.

De nombreux experts pensent que l’hégémonie mondiale du dollar américain, qui dure depuis près de quatre-vingts ans, touche enfin à sa fin. Cette issue n’est pas impossible : des crises économiques, une polarisation intérieure accrue et de puissants vents géopolitiques contraires pourraient en effet aboutir à l’effondrement de la monnaie américaine. Mais ce n’est pas probable.

Les débats sur l’avenir du système monétaire international ne tiennent en effet pas compte de la domination complète et profonde du billet vert, de son rôle essentiel sur les marchés publics et privés, et des diverses incitations à détenir des dollars. Tant que les synergies renforçant les différentes possibilités d’usage du dollar continueront à prévaloir, il sera difficile de réduire l’écart béant qui le sépare des autres monnaies.

Certes, la primauté et l’omniprésence du billet vert dans le système financier mondial sont devenues une pomme de discorde majeure dans la lutte entre les grandes puissances – Etats-Unis, Chine et Russie.

Ces défis géopolitiques s’inscrivent dans un contexte de taux d’intérêt élevés et de polarisation de la politique américaine, qui a conduit à des négociations interminables sur le plafond de la dette américaine au début de l’année. Pris dans leur ensemble, ces facteurs risquent d’ébranler la perception de sécurité attachée aux actifs en dollars. Mais pour que le billet vert soit détrôné, il faudrait que des acteurs multiples soutiennent un changement de monnaie substantiel.

En dehors des Etats-Unis, le dollar est à la fois un moyen d’échange, une unité de compte ou de réserve de valeur. Les gouvernements et les autorités monétaires utilisent le dollar pour intervenir sur les marchés des changes, pour détenir des réserves officielles et comme monnaie d’ancrage. Les acteurs privés, quant à eux, s’en servent pour la facturation et le règlement des échanges, ainsi qu’à des fins d’investissement. C’est l’interaction entre ces différents acteurs et rôles qui a propulsé le dollar dans sa position hégémonique.

Le dollar surpasse de loin son principal rival, l’euro, dans le rôle de monnaie de réserve pour stabiliser le taux de change ou modifier les taux d’intérêt. Les décisions des gouvernements sont donc déterminantes pour le maintien de la primauté du dollar.

Taux d’intérêt : le dollar en avance

Taux d’intérêt : le dollar en avance

. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management (la Tribune)

 

 

Le dollar toujours aussi solide. Celui-ci a atteint de nouveaux sommets en août, la Fed ayant balayé les espoirs du marché en confirmant le maintien de sa politique monétaire ultra-agressive.

Propulsé par la remontée des taux d’intérêt, le dollar a également été soutenu par l’environnement d’aversion au risque accompagnant cette hausse des taux, les investisseurs recherchant la sécurité de la monnaie de réserve mondiale – qui se trouve être la devise des marchés développés offrant le meilleur rendement. Nous restons positifs sur le dollar face aux incertitudes des troisième et quatrième trimestres, tout en observant que les gains des rallyes successifs sont de plus en plus faibles.

En Chine, le scénario de ralentissement potentiel de la croissance a été jugé prioritaire par rapport à la lutte contre l’inflation des prix à la consommation, contenue à ce stade. La Banque centrale a donc continué d’assouplir les taux d’emprunt à court terme et les taux hypothécaires, afin d’amortir le ralentissement en cours et de soutenir le secteur immobilier. Ce soutien monétaire contraste avec la situation de la quasi-totalité des autres banques centrales, qui s’efforcent de regagner la crédibilité perdue en luttant contre une inflation galopante.

La PBoC complète ses efforts de relance en laissant filer le yuan par rapport aux devises de ses principaux partenaires commer-ciaux, qui reculent également vis-à-vis du dollar. Nous ne pouvons donc exclure une nouvelle baisse du yuan vers 7,00 et au-delà, tandis que le FOMC continue de durcir sa politique monétaire et que les écarts de taux d’intérêt se creusent. Les poli- tiques de relance mises en œuvre devraient toutefois limiter les sorties de devises.

Le dollar australien (qui bénéficie de la notation AAA) peine à résister à l’envolée du billet vert. En situation de plein emploi, le marché du travail reste extrêmement robuste, tandis que l’IPC dépasse largement le seuil de tolérance de la Banque centrale d’Australie (RBA).

La RBA a procédé à des hausses de taux rapides et devrait poursuivre dans cette voie. Ce « retour » au statut de devise à haut rendement est associé à un excédent commercial record. Les exportations nettes de blé, de charbon, de minerai de fer et même de gaz naturel liquide continueront à soutenir la balance courante, freinant tout recul du dollar australien.

La devise australienne possède cependant deux points faibles : les sanctions de son principal partenaire commercial – la Chine – et le secteur immobilier, fortement endetté et vulnérable à de nouvelles hausses des taux domestiques. Nous restons globalement positifs et profiterons de tout recul par rapport aux grandes devises internationales .

Malgré la reprise de l’inflation au Japon, le marché doute de la capacité de la Banque du Japon (BoJ) à modifier sa politique dans un avenir proche, ce qui se comprend aisément au vu des expériences passées. Les précédentes tentatives de relance de l’inflation ont été si timides que les autorités monétaires attendront de voir une inflation bien ancrée avant d’envisager de mettre fin à leur politique ultra-accommodante.

Les investisseurs devront surveiller de près l’attitude de la BoJ et du gouvernement japonais pour déceler les signes avant-coureurs de ce revirement, mais avec une inflation nettement inférieure à celle des autres marchés développés, ceux-ci ne seront pas visibles avant quelques mois.

En raison de la vigueur du dollar, l’argent est repassé sous la barre des 20 dollars/once. Le cours de l’argent a accompagné la baisse générale des métaux précieux, les prix de l’or, du platine et du palladium ayant également chuté en août.

La vigueur du dollar repose sur la politique monétaire de la Fed, de plus en plus ferme dans sa lutte contre l’inflation, alors que les marchés envisagent désormais des taux d’intérêt proches de 4% aux États-Unis à la fin de 2022. Les coûts d’emprunts de l’argent ont également augmenté, ce qui permet aux détenteurs du métal de générer jusqu’à 2% par an sur leurs avoirs. Cela pourrait signifier que le marché anticipe une poursuite de la baisse, même si les besoins demeurent importants à court terme, car les participants préfèrent emprunter le métal à un coût élevé plutôt que de procéder directement à des achats.

Nouvelle chute de l’euro à 0,9941 dollar, un plus bas depuis 2002

L’euro dégringole encore face au dollar

 

Nouvelle chute de l’euro à  0,9941 dollar, un plus bas depuis 2002

 

En cause,  des perspectives économiques peu  rassurantes en  2023 en raison de la crise énergétique notamment (les États-Unis sont autonomes du point de vue énergie). Les prix du gaz continuent d’atteindre des sommets  à pré s de 300 $ le mégawatt heure. Le cours du gaz européen (contrat à terme du TTF néerlandais) a bondi de plus de 20% ce lundi pour s’élever à 295 euros le mégawattheure (MWh), s’approchant des records historiques atteints dans les premiers jours de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. S’attendre aussi  à une hausse considérable des prix de l’électricité qui pourraient doubler.

Par ailleurs la hausse du dollar rend les importations plus coûteuses, notamment pour les matières premières comme le pétrole dont le cours est fixé en dollars, accentuant une inflation déjà dévastatrice pour les consommateurs et les entreprises.

Et la semaine pourrait être douloureuse pour l’euro. Pour l’instant, en 2022, la devise s’était ressaisie après avoir flirté avec le seuil de la parité, mais « de mauvais indicateurs PMI mardi pourraient suffire à ancrer l’euro sous un dollar », prévient, Kit Juckes, analyste chez Société Générale.

Car de l’autre côté de l’Atlantique, malgré un léger affaiblissement de l’inflation américaine en juillet, la Réserve fédérale américaine (Fed) assure qu’elle va continuer de resserrer sa politique monétaire.

L’euro au plus bas face au dollar, pourquoi ?

L’euro au plus bas face au dollar, pourquoi ? 

 

Par Clémentine Gallès, Cheffe Economiste et Stratégiste de Société Générale Private Banking. (La Tribune)

L’euro a de nouveau nettement baissé cette semaine contre le dollar, atteignant un plus bas depuis près de vingt ans. En renforçant le coût de l’énergie importée par les économies de la Zone euro, cette baisse représente un risque supplémentaire qui pèse sur les perspectives à la fois d’inflation et d’activité économique. Cela représente donc une

En effet, le dollar connaît un important mouvement d’appréciation contre l’ensemble des devises depuis le début de l’année (+15% contre l’euro et la livre britannique, et +22% contre le yen). Cette progression du dollar s’explique par différents facteurs. Tout d’abord la Réserve fédérale a annoncé dès la fin de l’année 2021 une progression de ses taux d’intérêt en réaction à une inflation américaine particulièrement élevée. Cette hausse des taux a incité les investisseurs en quête de rendements à acheter des obligations américaines libellées en dollars. Cette tendance a par la suite été accentuée par l’annonce de la Guerre en Ukraine. Les investisseurs ont en effet renforcé leur préférence vers des investissements en dollars dans ce nouveau contexte de risque touchant particulièrement l’Europe.

Enfin, l’appréciation de matières premières habituellement échangées en dollar a mécaniquement fait augmenter le recours à cette devise. Donc, si l’euro a baissé face au dollar, c’est avant tout lié à la forte demande de dollars. D’ailleurs l’euro n’a pas beaucoup évolué sur la période récente quand on le regarde contre un panier de devises plus large .

Cette nouvelle baisse augmente encore davantage le coût des énergies libellées en dollars, impliquant des nouvelles tensions à venir sur l’inflation de la Zone euro mais surtout une nouvelle dégradation des perspectives d’activité. La forte progression des prix de l’énergie depuis quelques mois a déjà impliqué une nette dégradation de la balance commerciale allemande, qui vient de basculer en territoire négatif pour la première fois depuis 1991 .

L’accentuation récente des tensions sur l’approvisionnement en gaz russe fait dorénavant craindre une récession en Zone euro. Dans ce contexte la progression du dollar face à l’euro devient une difficulté complémentaire pour la BCE : si elle augmente beaucoup ses taux d’intérêt, elle prend le risque de provoquer une récession, mais si elle n’augmente pas assez ses taux d’intérêt, l’euro pourrait continuer de baisser et mécaniquement renforcer le risque d’une inflation durable.

La guerre en Ukraine: vers un déclin du dollar

La guerre en Ukraine:   vers un  déclin du dollar 

Dans un entretien au « Monde », l’économiste Michel Aglietta explique comment l’émergence des monnaies numériques de banques centrales peut rebattre les cartes du système monétaire international.

 

 

La série de mesures punitives prises par l’Occident contre les institutions financières russes pourrait avoir un effet collatéral : inciter les pays émergents à se détourner un peu plus encore du dollar. Mais aussi accélérer la montée en puissance du yuan, explique l’économiste Michel Aglietta, conseiller scientifique au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

 

Dans l’ouvrage qu’il copublie le 20 avril, La Course à la suprématie monétaire mondiale. A l’épreuve de la rivalité sino-américaine (Odile Jacob, 304 pages, 24,90 euros, avec Guo Bai et Camille Macaire), il explique comment la Chine est en passe de bouleverser le système monétaire international.

Les sanctions contre la banque centrale russe pourraient pousser d’autres instituts monétaires à se détourner du billet vert comme devise de réserve. Est-ce la fin de l’hégémonie du dollar ?

La diversification des réserves mondiales de changes a déjà commencé : entre 2001 et 2021, la part du dollar y est passée de plus de 70 % à 59 % seulement. Le poids du yuan est encore limité, mais il monte à grande vitesse, car un certain nombre de pays cherchent à sortir de l’orbite occidentale, en particulier en Asie. Dès lors, la guerre en Ukraine va sans doute accélérer cette ascension du yuan à l’international et le déclin du dollar roi.

 

A court terme, la Chine fera probablement attention à ne pas apparaître comme une aide immédiate et décisive pour la Russie. Toutefois, Pékin raisonne sur le long terme. Son objectif est de renforcer son autonomie et son indépendance à l’égard des Etats-Unis, notamment pour les matières premières et les nouvelles technologies. Or, la Russie exporte des matières premières et des métaux rares, qui sont justement essentiels au développement des high-tech.

S’ajoute à cela le gaz de Sibérie, que Moscou pourrait un jour vendre à la Chine : il n’existe pas encore de connexion le permettant mais, d’un point de vue géographique, cela aurait du sens. Pékin le sait et, en attendant, poursuit le déploiement de sa monnaie numérique.

Quel rôle celle-ci peut-elle jouer dans la montée en puissance du yuan ?

La Chine a une longueur d’avance en la matière, puisque, durant les Jeux olympiques de février, elle a déployé son e-yuan sur tout le territoire. Elle commence maintenant à le développer à l’international, avec le projet « mBridge », une plate-forme de monnaie numérique menée avec Hongkong, la Thaïlande et les Emirats arabes unis, qui permettra d’effectuer les paiements transfrontaliers en temps réel et à moindre coût, car sans intermédiaire.

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