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La philanthropie doit aussi être enseignée à l’école

La philanthropie doit aussi être enseignée à l’école

 

Alors que la crise sanitaire ou la guerre en Ukraine ont heurté les plus jeunes, il y a urgence à développer une citoyenneté éclairée, en cultivant les valeurs liées à l’intérêt général et à l’altruisme, défendent, dans une tribune au « Monde », à l’initiative du collectif L’Ecole de la philanthropie, de nombreux acteurs de la solidarité et enseignants.( Le Monde )

Un appel à prendre en compte les valeurs cardinales de la république comme la fraternité à côté de la liberté et l’égalité. Une fraternité souvent marginalisée. Bref le souhait de voir les regards quitter le Smartphone pour l’autre ! NDLR

 

 

Développer l’empathie, la solidarité et la philanthropie chez les enfants, c’est possible. Et c’est même un impératif ! Parce qu’il faut comprendre quels sont les besoins de l’autre pour donner de façon juste – avec justice et justesse ; l’empathie et la philanthropie sont fondamentalement liées.

Les enfants naissent tous empathiques. C’est une qualité naturelle, présente dès les premiers mois de vie, mais qui demande à être développée. L’empathie, telle qu’on la connaît chez l’adulte, émerge à partir des 6 ans de l’enfant. Elle lui permet de se mettre à la place de l’autre en dépassant une dimension strictement émotionnelle pour apporter une aide adaptée aux besoins d’autrui. Mais cette disposition a besoin d’être soutenue, encouragée, voire cultivée. En effet, pour de multiples raisons, à la fois biologiques, affectives et sociales, à l’approche de l’adolescence, les comportements prosociaux diminuent drastiquement.

Aussi, dès le plus jeune âge, là où se posent les fondamentaux et où se joue la lutte contre les inégalités, l’éducation à l’empathie et à la philanthropie doit trouver toute sa place à l’école. Elle a pour vocation de sensibiliser les enfants à l’empathie, à l’altruisme et aux grands enjeux de notre monde, ainsi que de susciter chez eux un engagement citoyen en faveur de l’intérêt général.

Par la mise en œuvre de projets solidaires, elle permet de révéler le potentiel de chacun en prenant en compte toutes les dimensions de la personne : intellectuelles, psycho-émotionnelles, culturelles… En donnant également aux enfants – et notamment aux plus fragiles – l’opportunité de trouver leur place à l’école et de développer une nouvelle appétence pour apprendre, elle contribue à la lutte contre le décrochage scolaire.

S’appuyer sur l’éducation à et par la philanthropie, c’est aussi défendre une certaine vision de la citoyenneté et un projet de société. Encourager l’exercice de la solidarité et de la générosité au service de l’intérêt général, c’est combattre le repli sur soi et le communautarisme, réduire les fractures sociales en apprenant aux enfants à tisser des liens altruistes et solidaires pour mieux vivre ensemble.

L’école, loin d’être le sanctuaire que l’on a souvent idéalisé, est éminemment perméable aux enjeux de notre société. Face à la pandémie de Covid-19, la communauté éducative a été mise à rude épreuve. Mais, dès le début de la crise sanitaire, elle a su se mobiliser en faveur des hôpitaux, des Ehpad, des plus démunis… Les enfants ont dû faire face aux défis causés par la distanciation physique et l’isolement social. Leur regard sur le monde, sur les autres, a été bousculé.

Macron doit sortir rapidement du flou

Macron doit sortir rapidement du flou

 

C’est l’un des paradoxes du premier tour des législatives pour le président : lui qui n’a eu de cesse d’alimenter la dépolitisation de la campagne pourrait se retrouver aux prises avec une Assemblée nationale ultrapolitisée, explique, dans sa chronique, Solenn de Royer, grand reporter au « Monde ».

 

Ce n’est pas un coup de tonnerre mais un avertissement sérieux. Au coude-à-coude avec la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) de Jean-Luc Mélenchon (26,11 %, selon le comptage du Monde), la coalition présidentielle Ensemble ! (25,82 %) n’est pas assurée d’obtenir une majorité absolue, dimanche 19 juin. C’est surtout la première fois sous la Ve République que le parti du président de la République n’arrive pas en tête aux élections législatives dans la foulée de l’élection présidentielle, voire recule entre les deux scrutins.

En 2002, 2007 et 2012, l’UMP, puis le PS, avaient dépassé, parfois très largement, la barre des 30 % des voix dans la foulée de l’élection de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Cette fois, la majorité sortante fait beaucoup moins bien qu’il y a cinq ans (La République en marche et le MoDem avaient obtenu 32,33 % des suffrages en 2017), et enregistre 2 points de moins que le score du président sortant il y a sept semaines seulement.

A cette contre-performance s’ajoutent quelques symboles douloureux : l’ex-ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, incarnation du macronisme triomphant il y a cinq ans, est sèchement éliminé dès le premier tour dans le Loiret, de même que l’ex-ministre du logement Emmanuelle Wargon, dans le Val-de-Marne. Et si parmi les 15 membres du gouvernement d’Elisabeth Borne lancés dans la compétition électorale, plusieurs – dont Gabriel Attal et Gérald Darmanin – sortent largement en tête, d’autres, comme Clément Beaune ou Amélie de Montchalin, se trouvent en difficulté, l’un à Paris et l’autre en Essonne.

Emmanuel Macron, qui a reproduit – par choix tactique, hésitation politique ou procrastination – sa tentative d’anesthésier le jeu démocratique, stratégie gagnante à la présidentielle, a payé ici sa non-campagne. Tout comme ont été mis à son débit un certain immobilisme et le flou entretenu sur les grandes orientations de son second mandat, dont il a souvent semblé, depuis sa réélection, ne pas savoir que faire, ni avec qui.

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

Politique-Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Politique-Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

 

 

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

« Poutine doit partir » (Biden)

« Poutine doit partir » (Biden) 

Tandis que plusieurs pays occidentaux ne cessent de montrer une bienveillance coupable vis-à-vis de Poutine en ménageant leurs propos pour qualifier les actes criminels de l’intéressé., Biden réitère en considérant que Poutine doit partir. Précédemment il avait traité le dictateur russe de boucher.

On donnera crédit aux États-Unis d’avoir prévu à l’avance la boucherie décidée par Poutine en Ukraine. Biden semble convaincu que Poutine ne reculera pas et même il aura tendance à étendre le champ d’activité de ses actes guerriers en dehors de ses frontières. Le président américain a certainement raison car au  cours de ces 20 dernières années Poutine n’a jamais reculé. Il a pratiqué bien sûr la terreur à l’intérieur de son propre pays mais aussi au Moyen-Orient en Afrique et maintenant en Ukraine. D’autres ex pays de l’Est pourraient aussi être concernés au motif qu’elle comporte également des populations russophones.

Plusieurs experts et dirigeants de pays alliés des Etats-Unis ont estimé que cette déclaration allait à l’encontre des efforts des Occidentaux pour ne pas justifier une escalade russe dans la guerre menée par Moscou en Ukraine.

Joe Biden a répondu ne pas penser « du tout » que ses propos puissent provoquer une telle escalade.

Interrogé sur ce que le président russe risquait de penser, il a répondu: « je me moque de ce qu’il pense ». « Il va faire ce qu’il pense devoir faire, point final. Il n’est influencé par personne. »

 

Berlin doit assurer son rôle de défense

Berlin doit assurer son rôle de défense

L’invasion russe de l’Ukraine a propulsé l’Allemagne dans une nouvelle ère, avec un changement radical de sa politique de sécurité, analysent les deux chercheurs. Claudia Major et Christian Mölling soulignent que sa mise en œuvre implique une profonde transformation des mentalités.

D’une certaine manière Berlin doit sortir de son rôle de fait  de non-aligné eu égard d’une part à son poids politique ,  d’autre part aussi à l’importance de son industrie militaire; Sans parler évidemment de sa propre sécurité. NDLR

 

Tribune.

Le 27 février, une révolution s’est produite au Bundestag. En trente minutes, le chancelier Olaf Scholz a balayé toutes les certitudes qui structurent la politique de sécurité allemande depuis trente ans. Jusque-là, l’Allemagne ne s’était pas sentie directement menacée et ne s’était donc que peu engagée militairement. Lorsqu’elle l’a fait, sur le flanc est de l’OTAN ou au Mali, c’était en grande partie par solidarité avec ses alliés de l’Alliance atlantique et la France. Mais elle ne se sentait pas vraiment concernée.

Le budget de la défense a certes augmenté depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, passant de 33 milliards à 50 milliards entre 2013 et 2021. Néanmoins l’Allemagne reste loin des 2 % de son PIB promis à l’OTAN (contrairement à la France, avec son budget militaire d’environ 41 milliards d’euros). La Bundeswehr reste sous-équipée et le système d’acquisition des armements fonctionne mal.

 

Surtout, les questions de défense restent controversées et n’intéressent guère l’opinion publique et le monde politique allemands. La dissuasion nucléaire est largement rejetée et l’existence même de l’armée est critiquée. Dans le même temps, les missions humanitaires et la gestion civile des crises sont vantées comme instruments politiques. L’opinion publique allemande reste majoritairement pacifiste et les partis politiques sont restés, jusqu’à récemment, plutôt favorables à la Russie, à l’exception notable des Verts. Il est ainsi compréhensible que l’Allemagne, jusqu’à l’invasion russe, ait refusé de livrer des armes à l’Ukraine, ait misé sur la diplomatie et n’ait pas voulu mettre en péril ses relations économiques avec la Russie. Mais la guerre contre l’Ukraine a tout changé.

Ce n’est qu’en février 2022 que Berlin a compris que cette guerre, qui se déroule à un peu plus de 1 000 km de Berlin – presque aussi près que Paris –, est également une attaque contre son propre modèle de vie. Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple attaque contre ses voisins : il s’agit de l’Allemagne elle-même et de sa survie. Aucune des crises précédentes n’a pu générer ce sentiment : ni la barbarie en Syrie, ni la première invasion de l’Ukraine en 2014, ni les attaques terroristes.Le chancelier a utilisé le terme de Zeitenwende (changement d’époque) qui acte une rupture fondamental : l’Allemagne n’observe pas, désormais elle « ressent » la menace pour elle-même et la souffrance des autres (les réfugiés arrivent en grand nombre à la gare centrale de Berlin). Toutes deux sont causées par l’attaque de la Russie, ce pays auprès duquel Berlin a une si grande dette historique, puisque l’Allemagne nazie a tué des millions de citoyens soviétiques.

Poutine doit partir ( Robert Littell )

Poutine doit partirRobert Littell )

 

Spécialiste de la Russie et des affaires d’espionnage, Robert Littell dénonce La stratégie de terreur Poutine  et estime qu’il doit partir  dans l‘ « Opinion »

Voici ce que Vladimir Poutine craint en réalité : l’existence à la frontière de la Russie d’une démocratie prospère de 44 millions d’habitants, tournés vers l’Occident pouvant être contagieuse ! Les 144 millions de Russes pourraient être infectés et l’autocratie pourrie (dans tous les sens du terme) de Vladimir Poutine pourrait connaître le même sort que président ukrainien Victor Yanukovych, déposé en 2014 parles manifestations géantes d’Euro Maïdan durant laquelle ses tireurs d’élite ont tué 88 personnes.Le monde connaît bien pour l’avoir déjà réprouvée la tactique de la terreur de la Russie, perfectionnée en Tchétchénie et en Syrie, qui consiste à bombarder les populations civiles et à détruire les villes. Mais au vu des événements dévastateurs auxquels nous assistons, nous devrions avoir une touche de compassion pour les 498 soldats russes qui, à en croire le Kremlin, ont été tués durant cette invasion de l’Ukraine. Ce sont essentiellement des appelés, des enfants qui n’avaient probablement aucune idée de ce qui se passait ni de la raison pour laquelle ils envahissaient un pays voisin où presque la totalité de la population parle le russe.Victimes collatérales. Il y a plusieurs dizaines d’années, lors d’un voyage en Asie centrale, j’avais atterri dans la salle à manger d’un hôtel de Samarcande, remplie d’anciens combattants de l’Armée Rouge célébrant l’anniversaire de la victoire contre Hitler et son régime nazi. Je me suis retrouvé en face d’un vieil homme portant un uniforme militaire effiloché, la poitrine couverte de médailles. Quand je lui ai demandé de me décrire à quoi chacune correspondait, les autres anciens combattants autour de nous se sont tus et le vieil homme a commencé à me les détailler ainsi que les batailles où il les avait gagnées. Au milieu de sa poitrine, il y en avait une correspondant à Stalingrad. La dernière lui avait été accordée à Berlin.

Les livres d’histoire nous disent que huit sur dix des soldats allemands tués durant la Seconde guerre mondiale ont péri sur le front russe. Ma génération a longtemps honoré l’Armée rouge et attribué la défaite d’Hitler aux millions de soldats russes – six millions d’entre eux sont morts durant la guerre – qui ont taillé leur chemin de Moscou à Stalingrad et Berlin. Aujourd’hui, l’honneur de cette vaillante Armée rouge est l’une des nombreuses victimes «collatérales» de cette guerre unilatérale de Poutine contre l’Ukraine.

A la date du 3 mars, je ne vois qu’une porte de sortie à cette tragédie : Poutine doit partir.

Le succès de la Chine doit beaucoup à l’OMC

Le succès de la Chine doit beaucoup à l’OMC

 

Depuis son adhésion à l’OMC en 2001, la Chine n’a cessé de monter en puissance dans le commerce mondial, et l’objectif poursuivi par Xi Jinping, le numéro un chinois, est de défendre un Etat de droit « à la carte » pour son pays, explique, dans une tribune au « Monde », Jacques Gravereau, spécialiste du commerce extérieur et de la Chine.

 

Tribune.

 

La Chine fut admise à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre 2001 après quatorze ans de rudes négociations. C’était l’époque de la « mondialisation heureuse ». On pensait que l’essor du commerce serait la clé de la paix mondiale. Sans même parler de la théorie de la convergence qui expliquait que les différents systèmes politico-économiques ne pourraient que s’aligner sur les « bonnes pratiques » censément universelles.

La prospérité générale serait sans nuages, la démocratie à l’occidentale s’imposerait logiquement partout. On sait aujourd’hui que cette théorie a disparu dans les tréfonds de la pensée magique. La Chine a progressé de façon fulgurante, comme chacun le sait. Son produit intérieur brut (PIB) est passé de 1 300 milliards de dollars en 2001 à 17 900 en 2021 (15 800 milliards d’euros). Les entreprises chinoises, qui ne comptaient pas dans le concert mondial, sont désormais majeures dans tous les domaines.

Le texte de 800 pages signé par la Chine est un traité, concept juridique clair pour les Occidentaux. Mais, pour les Chinois, c’est un objet non identifié, bien loin de leurs traditions politico-culturelles. Il est pour eux impensable que la loi nationale puisse être coiffée par un texte supranational. Il va s’ensuivre une série de malentendus. L’entrée à l’OMC donne le départ d’une ample réduction des tarifs douaniers.

Comme cela fonctionne dans les deux sens, c’est aussi un accélérateur pour les entreprises étrangères, lesquelles se mettent à vendre tant et plus sur le marché chinois. Aujourd’hui, les marques occidentales font partie du paysage chinois quotidien, de Starbucks à McDonald’s, d’Audi à BMW, de Nike à Louis Vuitton ou Gucci. Le marché chinois est devenu un moteur incontournable pour les entreprises-phares européennes ou américaines, dont elles ne peuvent plus se passer.

Dans l’autre sens, « l’usine du monde » chinoise a bénéficié d’un vigoureux appel d’air. Ses exportations de produits manufacturés sont passées de 4 % des ventes mondiales en 2001 à 20 % aujourd’hui. Faut-il s’en plaindre ? Sur le plan de nos balances commerciales, sûrement. Surtout pour la France, qui ne produit pas les machines-outils du Mittelstand allemand, indispensables à la Chine.

Mais, pour les consommateurs occidentaux moyens, les bas prix des produits « made in China » ont été un coup de pouce notable à leur pouvoir d’achat. Les autres effets de l’OMC sont plus flous. La Chine aurait dû pratiquer l’ouverture aux entreprises étrangères à domicile. Dans l’électroménager, SEB a pu racheter en 2007 son homologue local Supor, non sans une longue bronca locale.

 

L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

 L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

Un collectif d’une soixantaine de membres de l’Académie des sciences, parmi lesquels l’astrophysicienne Françoise Combes, le climatologue Jean Jouzel et le Prix Nobel de physique Albert Fert, s’alarme, dans une tribune au « Monde », de la priorité donnée par le ministère de l’économie à la dimension industrielle de la recherche spatiale.

Tribune.

 

A l’été 2020, à l’occasion d’un remaniement ministériel, la tutelle du secteur spatial français est passée du ministère de la recherche et de l’innovation au ministère de l’économie et des finances, pour la première fois depuis soixante ans.

Pour le Centre national d’études spatiales (CNES), ce transfert constitue un changement sans précédent. Chargé de la mise en œuvre des programmes spatiaux publics, contributeur essentiel du développement des lanceurs (Ariane) et de l’innovation, le CNES a toujours été un acteur-clé de la recherche scientifique, visant à comprendre et à protéger notre planète, explorer l’Univers, ou étudier les lois de la nature et le vivant grâce à la micropesanteur. Ainsi, le CNES joue un rôle majeur dans les missions scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) et d’autres partenaires internationaux, comme la NASA [l’agence spatiale américaine].

Pour cela, il s’appuie sur un vaste réseau de laboratoires universitaires – avec le Centre national de recherche scientifique et le Commissariat à l’énergie atomique – et d’entreprises industrielles. Cet écosystème a construit la légende de l’espace français. C’est ce qu’a récemment reconnu le premier ministre, Jean Castex, à l’occasion du soixantième anniversaire du CNES, en affirmant que la collaboration historique « entre laboratoires de recherche et industries reste l’une des grandes originalités du CNES » et « l’une de ses forces principales ».

Applications commerciales

C’est donc au titre de nouveau ministre de tutelle du CNES que, le 6 décembre, Bruno Le Maire a livré un discours précisant sa vision de la stratégie spatiale française. Cette vision semble opposer recherche scientifique spatiale et nouvelles applications commerciales de l’espace. Pour lui, la priorité du programme spatial français doit être à présent l’« aventure industrielle ». Il doit rejoindre le « monde de la compétitivité et du financement ».

Bien sûr, on ne peut que souhaiter que notre économie tire profit du savoir-faire français dans le spatial. La France doit prendre sa place dans le « New Space » [terme qui désigne l’irruption d’acteurs privés spécialisés dans le domaine spatial], en s’appuyant non seulement sur ses opérateurs historiques mais aussi en soutenant les « jeunes pousses » qui pourront, à terme, conquérir les marchés émergents du secteur. A l’avenir, la science et l’exploration pourront d’ailleurs bénéficier de ces nouveaux acteurs.

Cependant, ce projet ne pourra réussir dans la durée si l’Etat se détourne de la recherche spatiale sous prétexte de favoriser l’innovation industrielle. En effet, au-delà des connaissances et des services qu’elle apporte, la recherche a toujours été le principal moteur de l’innovation dans l’espace. Elle est à l’origine de la plupart des applications dont nous bénéficions aujourd’hui : prévisions météorologique et océanographique, systèmes de positionnement, surveillance de la Terre, suivi des ressources, gestion de risques et de la pollution, évolution du climat, etc.

Royaume-Uni: Contesté Boris Johnson doit changer de ministre des affaires étrangères

Royaume-Uni: Contesté Boris Johnson doit changer de ministre des affaires étrangères

 

Un triple échec pour Boris Johnson dont la politique sanitaire est considérée comme une catastrophe par une majorité de Britanniques. Sur le plan économique, les promesses du brexit ne sont pas non plus tenues et les mécontents sont de plus en plus nombreux. Enfin Boris Johnson est contesté au sein même de sa majorité et même de son gouvernement. C

ertains proches envisagent même son éviction. Du coup Bori,s Johnson pour masquer les échecs du brexit  change de ministre. La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, va donc  devenir la négociatrice en chef de la Grande-Bretagne avec l’Union européenne concernant le protocole nord-irlandais à la suite de la démission du ministre du Brexit David Frost, a annoncé le cabinet du Premier ministre Boris Johnson, dimanche 19 décembre.

La Grande-Bretagne a officiellement quitté l’UE au début de l’année mais les deux parties mènent des discussions pour résoudre des difficultés sur les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, province britannique qui partage une frontière terrestre avec l’Irlande, pays membre de l’Union. David Frost, l’un des principaux architectes de la politique de Boris Johnson sur le Brexit, a démissionné samedi en raison de désaccords sur la stratégie du gouvernement.

Celle qui va lui succéder a d’abord été contre le brexit avant de s’y rallier !

 

Annulation du contrat des sous-marins australiens : «La France ne doit compter que sur elle-même « 

Annulation du contrat des sous-marins australiens : «La France ne doit compter que sur elle-même « 

Après l’annulation de la commande des sous-marins australiens notamment, le député LR Jean-Louis Thiériot, membre de la commission de la défense estime que la France ne doit compter que sur elle-même.


Député de Seine-et-Marne, ancien président du conseil départemental, Jean-Louis Thiériot est également avocat à la cour et historien. Dernier ouvrage paru: «De Gaulle, le dernier réformateur» (Tallandier, 2018).


L’annulation par l’Australie de la commande de douze sous-marins conventionnels au fleuron de l’industrie navale française Naval Group au profit de huit sous-marins nucléaires américains est une gifle commerciale. La création en grande pompe de l’Ankus, un axe militaire unissant les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, une gifle diplomatique.

C’est d’abord une mauvaise nouvelle pour notre industrie, les 16.000 salariés de Naval Group et l’ensemble des sous-traitants: 32 milliards d’euros de perdus. Même si les contrats sont sans doute suffisamment bordés pour limiter les pertes financières à court terme, c’est un dur revers pour un secteur qui enchaîne les déconvenues à l’export. En Pologne, au Maroc, en Indonésie, en Arabie saoudite, Naval Group n’est semble-t-il plus consulté,

Espionnage- Pegasus: «L’Europe doit réagir »

Espionnage- Pegasus: «L’Europe doit réagir »

Spécialiste du cyber, l’ancien directeur technique de la DGSE livre à l’Opinion son analyse sur le logiciel espion israélien qui aurait été utilisé contre Emmanuel Macron ( L’Opinion, extrait)

Tribune

 

 

Emmanuel Macron a présidé jeudi matin un conseil de défense exceptionnel consacré à l’affaire Pegasus, un logiciel espion israélien qui aurait été utilisé par les services de renseignement marocains pour pirater ou tenter de pirater des téléphones de responsables politiques et journalistes français, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. D’après une enquête menée par un consortium de médias, dont Le Monde et Radio France, un des numéros d’Emmanuel Macron figurait parmi les cibles potentielles du logiciel Pegasus.

« L’Europe doit réagir très fermement » à l’affaire d’espionnage Pegasus, affirme à l’Opinion Bernard Barbier, l’ancien Directeur technique de la DGSE (2006-2013). Spécialiste de cyberdéfense et du renseignement électronique, cet ingénieur, aujourd’hui à la retraite, a dirigé l’équivalent français de la NSA américaine. « C’est une question de souveraineté : l’Europe doit avoir les capacités techniques nécessaires pour se protéger » face à des intrusions dans les téléphones portables et les ordinateurs individuels.

Pegasus est un logiciel espion très performant, mis au point et commercialisé par la société israélienne NSOUn consortium international de journalistes, Forbidden Stories, vient de révéler que plusieurs gouvernements étrangers l’utilisaient largement, contre des opposants et des journalistes. Le Maroc est soupçonné de s’en être servi pour espionner Emmanuel Macron et d’autres ministres. Un conseil de défense consacré à cette question s’est tenu ce jeudi matin à l’Elysée.

Comme Bernard Barbier, les spécialistes ne sont pas surpris par l’existence de ce logiciel. Dès 2016, le magazine 01net racontait « comment fonctionne Pegasus, ce malware qui vole toutes les données de l’iPhone ». En revanche, « l’usage incontrôlé » qui en fait par des gouvernements pose de sérieuses questions, à la fois de sécurité nationale et de libertés publiques.

Un peu de technique d’abord. Du fait du cryptage des communications, les « écoutes téléphoniques » à l’ancienne sont désormais presque totalement inefficaces. « Il faut by-passer le chiffrement et pour cela entrer au cœur du système, jusque dans les couches très basses de l’operating system » des téléphones, explique Bernard Barbier.

La société israélienne NSO a mis au point des « techniques extrêmement performantes » en la matière, en s’appuyant sur sa proximité avec les anciens personnels de l’Unité 8-200 de l’armée, l’agence de renseignement électronique. Grâce au service militaire obligatoire et à l’emploi de réservistes, il existe en Israël un vrai écosystème militaro-industriel entre les unités opérationnelles, les centres de recherche et les entreprises technologiques. NSO en est un exemple abouti. Désormais possédée par des capitaux américains, elle pèserait 2 milliards de dollars. « Il s’agit d’un transfert vers le privé de compétences étatiques », indique Bernard Barbier.

Pour pénétrer dans un téléphone portable, le logiciel Pegasus utilise les failles, les erreurs qui existent dans tous les systèmes d’exploitation : « IOS, c’est quarante millions de lignes de codes », rappelle Bernard Barbier. Ils sont régulièrement modifiés et améliorés : ce sont les « mises à jour » de votre portable. A chaque fois, le logiciel Pegasus doit s’adapter pour trouver les nouvelles portes d’entrée. NSO et ses semblables cherchent les « Zero-Day », les failles de sécurité non encore découvertes. Il existe un marché du « Zero-Day » avec des sociétés spécialisées, comme Zerodium fondée par le Français Chaoukri Bekrar. « C’est une guerre permanente » entre le glaive et le bouclier, dit l’ancien directeur technique de la DGSE.

Les grands services de renseignement, dont la DGSE en France, possèdent leurs propres systèmes pour introduire des « malwares » dans les téléphones, même sans aucune action de la part de la cible, répondre à un message, par exemple. Mais de nombreux pays ne possèdent pas de telles capacités en propre. Ils doivent faire appel à des prestataires privés, qui leur fournissent non pas la compétence technologique, mais le service plus ou moins clés en main. C’est la niche de marché de NSO qui travaillerait pour une quarantaine de pays.

Cela se fait évidemment avec l’accord des autorités politiques de l’Etat d’Israël. Ainsi, NSO ne fournit pas de services permettant d’espionner les Etats-Unis, la Russie ou la Chine. Pour l’Europe, en revanche, c’est open bar. C’est également le cas de pays arabes comme le Maroc, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l’Arabie saoudite qui ont des liens sécuritaires avec l’Etat juif. Ce n’est pas un hasard s’il s’agit des pays ayant récemment établi des liens diplomatiques (sauf pour les Saoudiens, du moins officiellement) avec Israël.

D’autres alliés de l’Etat juif en bénéficient, comme l’Azerbaïdjan, l’Inde, le Rwanda ou, seul pays européen concerné, la Hongrie. Les experts français s’accordent à penser que les services de renseignement israéliens bénéficient des informations ainsi recueillies, via la société NSO ou d’autres intervenants sur le même marché.

La France a été sur les rangs pour faire appel à la NSO, mais le projet n’a pas abouti, du fait de très fortes oppositions au sein de l’appareil d’Etat. Dans les années 2010, la DGSI (sécurité intérieure) s’intéressait à ce logiciel, parce qu’elle ne disposait pas des mêmes capacités techniques que la DGSE (sécurité extérieure). Même si elle a progressé, la « mutualisation » des moyens d’espionnage électronique au sein de la communauté du renseignement reste un sujet complexe. A la même époque, la DGSI a acquis le logiciel américain Palantir pour l’analyse des données. Dans les services français, beaucoup estiment ce logiciel trop perméable avec la NSA américaine.

Alors que les regards sont tournés vers Pegasus, Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information vient de tirer une autre sonnette d’alarme sur Lindekin contre « une vaste campagne de compromission, toujours en cours et particulièrement virulente, touchant de nombreuses entités françaises. Elle est conduite par le mode opératoire APT31. » En clair : de l’espionnage d’entreprises stratégiques par les Chinois.

Brexit: le Royaume-Uni doit 50 milliards à Bruxelles

Brexit: le Royaume-Uni doit 50 milliards à Bruxelles

Une somme autour de 40 milliards était prévu pour la facture du Royaume-Uni à l’Union économique après le berxit. En fait, le montant total pourrait atteindre de leur de 50 milliards. Il est peu vraisemblable que Boris Johnson honore cet engagement plus que les autres. Quelques milliards seulement seront versés en 2021 et la suites sans doute aux calendes grecques ou jamais.

Dans son rapport budgétaire pour 2020, l’Union européenne affirme que cette somme, de près de 50 milliards d’euros, est due en vertu d’une série d’articles que les deux parties ont acceptés dans le cadre de l’accord de retrait du Brexit. Et si les Britanniques ne contestent en rien le fait de devoir verser une certaine somme à Bruxelles, jeudi 8 juillet, le Financial Times rapportait pour sa part que le Trésor britannique avait insisté sur un point en particulier : à savoir, que le règlement financier du Brexit reste dans la fourchette comprise entre 40,74 milliards d’euros et 45,40 milliards d’euros. Quoi qu’il en soit, un premier paiement de 6,8 milliards d’euros devrait être perçu en 2021. Le reste de la somme pourra en revanche être versé ultérieurement, est-il précisé dans le rapport budgétaire de l’Union européenne.

(Avec Reuters)

La tech française doit rayonner dans toute l’Europe et au-delà

La tech française doit rayonner dans toute l’Europe et au-delà

par Erel Margalit, fondateur de Jérusalem Venture Partners (JVP).

 

Erel Margalit est le fondateur de Jérusalem Venture Partners (JVP), une société israélienne de capital-risque née en 1993 et devenue la cheville ouvrière de la prolifique « start-up nation ». Au travers de plusieurs fonds (1,4 milliard de dollars sous gestion), elle a développé plus de 150 entreprises, dont une douzaine désormais cotées au Nasdaq (Netro, Qlik, CyberArk, Cogent…). Cet éleveur de licornes possède des bureaux à Jérusalem et New York et est en train d’en ouvrir à Paris. Erel Margalit fut également député travailliste de 2013 à 2017 à la Knesset.

En visite à Paris, où il est en train d’installer le siège européen de son fonds d’investissement JVP, Erel Margalit expose les raisons pour lesquelles il voit la France comme une force vive de l’innovation technologique mondiale.

Qu’espérez-vous de l’installation de JVP à Paris ?

Je voudrais créer quelque chose de nouveau. Plus qu’une simple base d’investissement. Un lieu inédit d’émulation où pourraient interagir start-up, entreprises, investisseurs, banques, pouvoirs publics, universités, ONG. Je suis à la recherche des locaux. Je voudrais faire émerger les prochaines licornes de la tech française, que cet endroit rayonne dans toute l’Europe. Certains parient sur Berlin, moi sur Paris. Il y a, en France, des entreprises intéressantes, des idées, des ingénieurs talentueux. Le pays a tout pour devenir un leader de l’innovation ; c’est d’autant plus vrai depuis que Londres s’est éloigné de l’Europe. Je suis israélien, je viens d’un petit pays, qui a compris que les entreprises, pour grandir, devaient penser au-delà des frontières. La France a un marché domestique important, mais elle doit voir plus large. Nous pouvons aider à ce que cela aille plus vite. Nous sommes déjà en train de négocier pour investir dans de jeunes entreprises et de rechercher des investisseurs qui ont envie de financer cet écosystème.

L’intelligence artificielle, la fintech, la cybersécurité, la santé sont, pour vous, cruciaux…

Oui, il y a tant à faire. Pour la cybersécurité, notamment : on le voit, les hôpitaux, les petites villes, sont attaqués. Il faut une réponse concertée. La France et l’Allemagne doivent créer une coopération forte pour se défendre et défendre les populations. Nous avons un savoir-faire et nous pouvons aider. Cela se sait peu, mais c’est déjà ce que nous faisons au Moyen-Orient, avec des collaborations avec les Emirats arabes unis ou l’Arabie saoudite sur des questions de cyberdéfense civile. C’est, au passage, une façon différente, mais efficace, de faire de la diplomatie. Je crois aussi que la tech peut changer notre rapport à la santé. La crise de la Covid, et l’expérience que nous en avons en Israël, démontre que l’on ne peut pas se contenter de se reposer sur de grosses structures. Les technologies de la communication peuvent révolutionner la médecine en rapprochant spécialistes et population, en comblant les fossés sociaux creusés par l’épidémie.

Vous êtes très intéressé par la foodtech et l’agtech, les nouvelles technologies au service de la nourriture et de l’agriculture. Que pensez-vous trouver en France dans ces secteurs ?

Ces deux secteurs sont les prochaines « big things », les premiers leviers d’action face au changement climatique. Il y a plus de potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture que dans le transport. Le système actuel ne fonctionne pas. Il est incompréhensible, à l’échelle de la planète, de détruire de la forêt pour cultiver du maïs destiné au bétail. Les prochaines générations de céréales devront être plus riches en protéines pour réduire le cheptel. Les usages de l’eau à la surface sont globalement inefficaces, alors que l’on pourrait développer des stratégies d’irrigation au goutte-à-goutte infiniment plus pérennes. Les techniques d’intelligence artificielle peuvent permettre de réduire de 95 % les usages de pesticides, avec des pulvérisations ultra-ciblées.

Quelle peut être le rôle de la France dans ces domaines ?

Elle n’a pas conscience qu’elle est la reine mondiale de la nourriture et de l’agriculture et qu’il lui revient d’ouvrir la voie. Il y a dans tout le pays des entreprises fantastiques. Ce qu’elles font pour la transformation alimentaire possède un plus : le cachet français, que le monde a envie d’imiter. La France doit saisir l’étendard et porter cette ambition en Europe, continent qui a compris l’enjeu bien avant les Etats-Unis. La France et l’Italie produisent la meilleure nourriture du monde. Que ces deux pays fassent émerger des leaders mondiaux et le reste de la planète suivra.

Quel accueil recevez-vous ?

Un bon accueil. J’ai rencontré le ministre de la Transition numérique Cédric O, il est curieux, efficace, pragmatique. J’ai aussi rencontré de grandes banques, comme le Crédit agricole, qui est le principal bailleur de fonds du monde agricole et peut être un acteur majeur du changement. Je crois en la France : je n’oublie pas qu’aux débuts de JVP, alors que tout le monde me disait de ne rien en attendre, ce sont des entreprises françaises, Gan et France Télécom, qui ont, parmi les premières, cru en son potentiel et accepté d’investir

« ATD Quart Monde doit rester au Cese » (Aubry, Berger, Faure, Pécresse)

« ATD Quart Monde doit rester au Cese » (Aubry, Berger, Faure, Pécresse)

 41 responsables politiques, associatifs et universitaires appellent le gouvernement « à réintégrer sans attendre ATD Quart Monde au sein du Cese, aux côtés de la Croix-Rouge et du collectif Alerte ». Le nouveau Cese entrera en fonction en mai.

 

Tribune :

 

« Deux. C’est le nombre de sièges dévolus aux représentants de la lutte contre la pauvreté sur les 175 que comptera le nouveau Conseil économique, social et environnemental (Cese). Deux sièges pour les 15% de la population qui vivent sous le seuil de pauvreté. Si la réforme du Cese a fait peu de bruit, la loi organique du 15 janvier 2021 a pourtant changé son rôle et sa composition, passant notamment de 233 membres à 175. Les sièges destinés aux associations luttant contre la pauvreté ont ainsi été réduits de trois à deux – l’un pour la Croix-Rouge, l’autre pour le collectif Alerte, tandis que le siège jusqu’ici tenu par ATD Quart Monde a été supprimé.

ATD Quart Monde y porte la parole des plus exclus depuis 1979 et y apporte une expertise unique et irremplaçable 

Troisième assemblée de la République, le Cese a pourtant vocation à représenter la société dans son ensemble. ATD Quart Monde y porte la parole des plus exclus depuis 1979 et y apporte une expertise unique et irremplaçable, construite à partir de la pensée, du savoir et de l’expérience des personnes les plus pauvres. Les travaux portés par ses représentants successifs ont inspiré et initié d’importantes avancées législatives, parmi lesquelles la création du RMI (ancêtre du RSA), de la Couverture maladie universelle (CMU) ou encore du Droit au logement opposable (DALO). Fidèle à ce qui fonde ATD Quart Monde, ses avis et rapports y ont été réfléchis et construits avec des personnes en situation de pauvreté : plus qu’une représentation, c’est une réelle participation des plus pauvres qu’ATD Quart Monde apporte au sein du Cese.

Aujourd’hui, alors que la pauvreté s’accroît en France, il est plus que jamais nécessaire de continuer à faire entendre cette voix. Les 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté – dont plus de 2 millions dans l’extrême pauvreté -, les 4 millions de personnes mal-logées, les 3 millions de chômeurs de longue durée, les 3 millions d’enfants de familles vivant sous le seuil de pauvreté doivent pouvoir porter leur parole jusque dans les plus hautes instances de la République. Cela commence évidemment au Cese, un lieu où se côtoient des mondes différents et qui porte le dialogue dans son ADN. Dialogue indispensable dans une société de plus en plus fracturée et qui ne saurait faire l’impasse sur 15% de la population. Sinon, comment prétendre vouloir faire du Cese ‘un carrefour des consultations citoyennes’, selon les propres mots du président de la République?

Le prochain mandat du Cese commençant début mai, il reste peu de temps au gouvernement pour revenir sur son choix

Oui, le Cese peut devenir l’avant-garde de la démocratie participative. Mais pour cela, il se doit d’être représentatif de l’ensemble de la société, sans oublier celles et ceux qui sont déjà bien trop souvent oubliés. Celles et ceux qui se battent au quotidien pour survivre ont beaucoup à apporter, au Cese comme ailleurs, pour construire les réponses à la pauvreté et contribuer à l’ensemble des politiques publiques.

Le prochain mandat du Cese commençant début mai, il reste peu de temps au gouvernement pour revenir sur son choix. En signant ce texte, nous l’appelons à réintégrer sans attendre ATD Quart Monde au sein du Cese, aux côtés de la Croix-Rouge et du collectif Alerte, pour donner à la troisième chambre de la République les moyens de rester fidèle à sa devise : ‘Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu est la dignité d’une nation fondée sur les Droits de l’Homme.’ »

 

Les signataires : 

Manon Aubry, députée européenne (LFI)

Martine Aubry, maire de Lille (PS)

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Annick Berthier, présidente d’Emmaüs France

Eliane Bourrel, personne en situation de pauvreté ayant participé aux travaux d’ATD Quart Monde au CESE

Manuel Bouvier, personne en situation de pauvreté ayant participé aux travaux d’ATD Quart Monde au CESE

Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité

Axelle Brodiez-Dolino, historienne spécialiste des questions de pauvreté et chargée de recherche au CNRS-Centre Norbert Elias

Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH

Julien Damon, sociologue, professeur associé à Sciences Po et conseiller scientifique de l’Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale

Emmanuel Decaux, professeur émérite en droit public à l’université Paris 2 Panthéon-Assas

Mireille Delmas-Marty, juriste et professeur honoraire au Collège de France

Christophe Devys, président du Collectif ALERTE

Patrick Doutreligne, président de l’Uniopss

Esther Duflo, économiste spécialiste de la pauvreté prix Nobel d’Economie

Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France

Olivier Faure, député (PS) et premier secrétaire du Parti socialiste

Véronique Fayet, présidente du Secours catholique – Caritas France

Annie Genevard, députée (LR) et vice-présidente de l’Assemblée nationale

Laurent Grandguillaume, président de Territoires zéro chômeur de longue durée

Caroline Janvier, députée (LREM)

Marie-Aleth Grard, présidente d’ATD Quart Monde

Fiona Lazaar, députée (NI) et présidente du Conseil National des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE)

Franck Lenfant, personne en situation de pauvreté ayant participé aux travaux d’ATD Quart Monde au CESE

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

Eric Molinié, ancien président du Samu social de Paris et de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE)

Edgar Morin, sociologue et philosophe

Mathilde Panot, députée (LFI)

Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Île-de-France (LR)

Raymonde Poncet, sénatrice (EELV)

Dominique Potier, député (PS)

Florence Provendier, députée (LREM)

Pierre-Alain Raphan, député (LREM)

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre

Fabien Roussel, député (PCF) et secrétaire national du PCF

Adrien Quatennens, député (LFI) et coordinateur de La France insoumise

Malik Salemkour, président de la Ligue des Droits de l’Homme

Marie Toussaint, députée européenne (EELV)

Boris Vallaud, député (PS)

Dominique Versini, ancienne secrétaire d’Etat chargée de la lutte contre l’exclusion

Fatiha Ziane, personne en situation de pauvreté ayant participé aux travaux d’ATD Quart Monde au Cese

 

États-Unis. La bourse doit aussi prendre en compte la responsabilité sociale environnementale

États-Unis. La bourse doit aussi prendre en compte la responsabilité sociale environnementale

 

C’est en tout cas ce qu’affirme l’autorité de régulation des marchés boursiers.

 

La présidente en exercice de l’autorité de régulation des marchés boursiers américains, la SEC, a loué ce lundi les vertus des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), réfutant l’idée que ces derniers étaient un frein à la bonne santé financière des entreprises.

Parmi les initiatives visant à faire pression sur les compagnies récalcitrantes, la SEC a créé début mars un groupe de travail chargé de «détecter des comportements fautifs liés à la politique climatique et aux normes ESG» ((environnementaux, sociaux et de gouvernance),), a rappelé Allison Herren Lee.

La SEC a multiplié ces derniers mois les annonces soulignant son engagement en faveur d’une finance responsable.

Cette ligne devrait être poursuivie par Garry Gensler, le candidat de la Maison Blanche pour prendre les rênes de cette agence fédérale et dont la nomination doit être approuvée par le Sénat.

Reste que les républicains sont très sceptiques sur ces annonces de l’autorité des marchés boursiers qu’il considèrent davantage comme médiatiques que comme opérationnels.

«L’Université ne doit pas être un lieu de fanatisme » ( Frédérique Vidal)

«L’Université ne doit pas être un lieu de fanatisme ». ( Frédérique Vidal)

La ministre de l’enseignement supérieur persiste et signe pour dénoncer l’islamo-gauchisme dans une tribune .

Comme universitaire, jamais je n’ai eu de difficultés à enseigner la théorie de l’évolution, la sélection naturelle ou le dernier état de la recherche scientifique à mes étudiants. L’université m’a rendue libre de le faire et précisément, cette liberté est l’un des biens les plus précieux de notre République. Elle est la condition indispensable de l’émancipation de notre jeunesse, elle est le meilleur rempart face au fanatisme islamiste et à toutes ces forces qui travaillent à défaire notre société dans la violence, la terreur et la haine de l’autre.

L’université est un héritage précieux. Elle est la liberté institutionnalisée, dans nos territoires et dans les esprits.

« Parce que la liberté d’expression et les libertés académiques sont indissociables, l’université questionne et irrite parfois, tous ceux qui confondent préjugés et certitudes, tous ceux qui rejettent l’altérité, le doute et l’esprit critique »

Liberté face à l’église dès le Moyen-Âge, lieu des franchises face aux pouvoirs qui se sont succédé dans notre pays depuis plus d’un millénaire, l’université a noué un pacte avec la République. C’est la République qui, la première, a reconnu la liberté académique comme le corollaire indispensable de la liberté d’expression. C’est la République qui garantit à chaque professeur, à chaque maître de conférences, à chaque enseignant de pouvoir librement enseigner le produit de ses recherches, de transmettre une connaissance scientifiquement établie avec méthode, esprit critique et raison. Dans le même sens, nos savants, nos professeurs ont toujours répondu à l’appel pour accompagner des générations d’étudiants, contribuer à leur émancipation par la connaissance et faire rayonner notre pays.

Si la France est le pays des Lumières, l’institution universitaire est bien la torche de l’éclaireur devant l’obscurité de l’ignorance. C’est à l’université que sont formés nos enseignants et c’est en ce lieu qu’ils reçoivent comme un héritage à transmettre aux plus jeunes, à l’école, les valeurs et les principes de la République : la liberté d’expression naturellement comme la tolérance et le respect qui sont au cœur de notre conception de la laïcité. Samuel Paty était l’un des milliers d’enseignants dépositaires de cet héritage et l’ensemble du monde universitaire et de la recherche s’est associé à l’hommage que le président de la République, et à travers lui toute la France, lui a rendu pour rappeler le lien indéfectible qui nous rattache à la République, à ses valeurs, son histoire et la promesse d’émancipation qu’elle porte pour notre jeunesse.

Parce que la liberté d’expression et les libertés académiques sont indissociables, l’université questionne et irrite parfois, tous ceux qui confondent préjugés et certitudes, tous ceux qui rejettent l’altérité, le doute et l’esprit critique. Le débat démocratique appuyé sur des faits établis par la science n’est jamais acquis, il s’apprend, il se transmet. Souvent avec bonheur, parfois dans la difficulté.

« La liberté des universités, c’est d’être affranchie de toute idéologie ou de représentation de la vérité qui ne soit pas scientifiquement démontrée et étayée par les faits »

Confrontation d’idées. A cet égard, les derniers mois avant le confinement ont été marqués par des conférences perturbées ou annulées au nom de telle ou telle cause. A chaque fois, avec l’appui de leurs enseignants-chercheurs, les présidents d’université les ont reprogrammés. A chaque fois, ils ont trouvé le soutien de leur communauté scientifique comme celle de mon ministère. La tolérance et l’écoute entre les étudiants s’apprennent à l’université. Chaque jour, des milliers d’événements dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur font vivre ensemble liberté d’expression et liberté d’enseigner. C’est cela, la tradition universitaire française, n’en déplaise à tous ceux qui espèrent instrumentaliser les étudiants ou les enseignants-chercheurs au service d’une ambition politique.

La tradition universitaire française, c’est aussi la confrontation d’idées venant de tous les continents analysées au prisme de la controverse scientifique. Notre culture scientifique s’enrichit de ces apports et des débats qu’ils suscitent, comme notre recherche française enrichit d’autres pays car la science ne connaît pas de frontières. Ce qui est certain, c’est que l’extrémisme y est étranger par essence et qu’en dernière analyse, toutes nos forces de recherche se retrouvent toujours autour du respect des valeurs de la République qui rendent possible le déploiement, dans notre pays de la méthode scientifique. La liberté des universités, c’est d’être affranchie de toute idéologie ou de représentation de la vérité qui ne soit pas scientifiquement démontrée et étayée par les faits.

L’université n’est ni la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement. L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme. Elle est, au contraire, le lieu où s’apprennent le doute comme la modération ainsi que la seule de nos institutions capable d’éclairer l’ensemble de la société, de l’école aux médias, par une connaissance scientifiquement établie, discutée et critiquée collégialement. Elle est le lieu dans lequel les étudiants apprennent à questionner et dépasser leurs préjugés par la raison scientifique. Démocratiser l’accès à cette connaissance est l’une de nos meilleures armes pour faire reculer l’obscurantisme islamiste comme toutes les formes de radicalités qui travaillent à saper notre société.

« Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons, pour la première fois, créé un pont entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire à travers la transformation du premier cycle »

Chacun le sait, la recherche n’est pas responsable des maux de la société, elle les questionne, elle les analyse, elle déplie leurs causes sous-jacentes pour nous permettre d’y faire face. L’université a des choses à nous apprendre sur les radicalités qui s’expriment dans notre société. Elle a des choses à nous dire pour combattre le fanatisme islamiste. C’est tout le sens du discours du président de la République s’agissant de la lutte contre les séparatismes. Notre pays dispose de forces de recherches internationalement reconnues en sciences humaines et sociales, notamment dans le domaine de l’islamologie qui est un fleuron national, au moins depuis la Révolution française. Nous irons plus loin en ce sens avec l’aide des historiens, des sociologues, des politistes, des géographes, des juristes, des économistes, bref de tous ceux qui travaillent à nous permettre de comprendre notre société, notre pays, le monde qui nous entoure et les interactions qui en découlent.

Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons, pour la première fois, créé un pont entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire à travers la transformation du premier cycle. Nous pouvons aller plus loin et rapprocher davantage l’université de l’école pour venir en appui aux enseignants. Les spécialistes des humanités, de toutes les disciplines, qui permettent d’ouvrir le dialogue autour du sens, peuvent apporter des outils concrets à nos enseignants pour les aider à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent pour enseigner et faire vivre la liberté d’expression dans leurs classes.

Notre tradition universitaire est une force face à la menace islamiste qui a trop de fois frappé notre pays. Nos enseignants-chercheurs et nos chercheurs sont en première ligne pour comprendre ce qui est à l’œuvre et comment le combattre, justement parce qu’ils sont libres et qu’ils ne réduisent pas leurs travaux à des formules convenues.

La République est plus forte lorsque l’université est reconnue et écoutée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire le cœur battant de notre liberté, telle qu’elle s’est construite pendant des siècles dans notre pays.

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Dans une interview au JDD, le président de la république considère qu’il faut mener la guerre contre la pandémie à l’échelle mondiale. Pour Emmanuel Macron, cette « guerre mondiale » ne sera gagnée qu’au prix de la plus grande ­coopération internationale. « Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre, confie-t‑il au JDD. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe. »

 

« Les pays africains nous interpellent à juste titre sur leur accès aux vaccins, indique le chef de l’État. L’initiative ACT-A aura permis de sécuriser plus de 2 milliards de doses de vaccins à bien meilleur prix que si chaque pays les avait négociés séparément, c’est en soi une réussite. Mais nous devons encore accélérer les efforts, car chaque semaine compte. » Au cours des prochains jours, Emmanuel Macron échangera avec ses pairs de l’Union africaine et relaiera leurs messages vendredi lors d’une réunion par visioconférence du G7 organisée par Boris Johnson, qui en assure la présidence cette année.

Comme on l’admet volontiers à l’Élysée, et pour s’en réjouir ouvertement, cette mobilisation accrue n’aurait pas été la même sans le soutien de la nouvelle administration Biden aux États-Unis. Non seulement le président démocrate a rejoint immédiatement l’OMS dès ses premières heures à la ­Maison-Blanche, mais il a également confirmé le déblocage de 4 milliards de dollars pour financer les efforts d’ACT-A. « C’était l’un de mes premiers sujets d’échange avec le président Biden », raconte Emmanuel Macron, tout en se montrant perplexe sur l’absence ou le retard d’autres grandes puissances à rejoindre l’effort collectif. « Nous devons travailler avec les Chinois et les Russes pour que les vaccins développés par leurs scientifiques s’intègrent à ce grand effort multilatéral contre la pandémie – dès lors qu’ils auront fait l’objet des certifications nécessaires par l’OMS », plaide-t‑il.

Le président de la république oublie cependant que les Chinois comme les Russes grâce précisément à leurs vaccins utilisent cet outil pour renforcer leur impact diplomatique dans de nombreux pays en développement notamment en Afrique.

L’offensive pour vacciner toute la planète afin de prendre de vitesse les variants émerge aussi dans la presse scientifique écrit le JDD. Arnaud Fontanet cosigne cette semaine un article dans The Lancet où il insiste sur la « vulnérabilité » paradoxale des pays riches. « La fin de la pandémie », écrivent l’épidémiologiste du conseil scientifique et ses coauteurs (dont Salim Abdool Karim, qui conseille le gouvernement d’Afrique du Sud dans la lutte contre le Covid‑19), ne sera « possible » que lorsque « les vaccins seront distribués de manière équitable à travers le monde ». 

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Bruno Le Maire annonce la saisie de l’Autorité des marchés financiers et appelle les deux groupes à revenir à la table des discussions.

Saisi dimanche 7 février au soir par Suez, le tribunal de commerce de Nanterre a ordonné à Veolia de suspendre le lancement de toute OPA contre son concurrent, dans l’attente d’un débat au fond sur ses précédents engagements d’amicalité. Dans la foulée, ce lundi matin sur Europe 1, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la saisie de l’Autorité des marchés financiers. Il évoque «des questions de transparence».

Visiblement agacé par la tournure que prennent les événements, le ministre de l’Économie a renouvelé son appel au calme. «Je vais répéter une nouvelle fois qu’une opération de cette ampleur, entre deux champions industriels, ne peut réussir que si elle est amicale», a-t-il affirmé. «On ne peut pas réussir contre les salariés, le conseil d’administration, les usagers. Cette offre n’est pas amicale et cela contrevient aux engagements pris par Veolia. Elle est précipitée», a ajouté le ministre, énumérant des «risques» sur «l’emploi, sur l’empreinte industrielle». Bruno Le Maire appelle les deux groupes à «retrouver le chemin de la raison et du dialogue» mais aussi «un peu de sagesse et le sens de l’intérêt général». «Je veux que chacun comprenne que dans le contexte actuel, le capitalisme Français ne peut pas être la guerre de tous contre tous (…) Est-ce qu’il ne serait pas infiniment préférable que cette opération se fasse dans un dialogue apaisé ?», s’interroge-t-il.

 

En attendant, le tribunal ordonne donc à Veolia «de ne pas rendre l’Autorité des marchés financiers destinataire d’un projet d’offre public ni d’initier d’offre publique sur les titres de Suez non préalablement approuvée par le conseil d’administration de Suez», indique la décision en référé.

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