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«L’Université ne doit pas être un lieu de fanatisme » ( Frédérique Vidal)

«L’Université ne doit pas être un lieu de fanatisme ». ( Frédérique Vidal)

La ministre de l’enseignement supérieur persiste et signe pour dénoncer l’islamo-gauchisme dans une tribune .

Comme universitaire, jamais je n’ai eu de difficultés à enseigner la théorie de l’évolution, la sélection naturelle ou le dernier état de la recherche scientifique à mes étudiants. L’université m’a rendue libre de le faire et précisément, cette liberté est l’un des biens les plus précieux de notre République. Elle est la condition indispensable de l’émancipation de notre jeunesse, elle est le meilleur rempart face au fanatisme islamiste et à toutes ces forces qui travaillent à défaire notre société dans la violence, la terreur et la haine de l’autre.

L’université est un héritage précieux. Elle est la liberté institutionnalisée, dans nos territoires et dans les esprits.

« Parce que la liberté d’expression et les libertés académiques sont indissociables, l’université questionne et irrite parfois, tous ceux qui confondent préjugés et certitudes, tous ceux qui rejettent l’altérité, le doute et l’esprit critique »

Liberté face à l’église dès le Moyen-Âge, lieu des franchises face aux pouvoirs qui se sont succédé dans notre pays depuis plus d’un millénaire, l’université a noué un pacte avec la République. C’est la République qui, la première, a reconnu la liberté académique comme le corollaire indispensable de la liberté d’expression. C’est la République qui garantit à chaque professeur, à chaque maître de conférences, à chaque enseignant de pouvoir librement enseigner le produit de ses recherches, de transmettre une connaissance scientifiquement établie avec méthode, esprit critique et raison. Dans le même sens, nos savants, nos professeurs ont toujours répondu à l’appel pour accompagner des générations d’étudiants, contribuer à leur émancipation par la connaissance et faire rayonner notre pays.

Si la France est le pays des Lumières, l’institution universitaire est bien la torche de l’éclaireur devant l’obscurité de l’ignorance. C’est à l’université que sont formés nos enseignants et c’est en ce lieu qu’ils reçoivent comme un héritage à transmettre aux plus jeunes, à l’école, les valeurs et les principes de la République : la liberté d’expression naturellement comme la tolérance et le respect qui sont au cœur de notre conception de la laïcité. Samuel Paty était l’un des milliers d’enseignants dépositaires de cet héritage et l’ensemble du monde universitaire et de la recherche s’est associé à l’hommage que le président de la République, et à travers lui toute la France, lui a rendu pour rappeler le lien indéfectible qui nous rattache à la République, à ses valeurs, son histoire et la promesse d’émancipation qu’elle porte pour notre jeunesse.

Parce que la liberté d’expression et les libertés académiques sont indissociables, l’université questionne et irrite parfois, tous ceux qui confondent préjugés et certitudes, tous ceux qui rejettent l’altérité, le doute et l’esprit critique. Le débat démocratique appuyé sur des faits établis par la science n’est jamais acquis, il s’apprend, il se transmet. Souvent avec bonheur, parfois dans la difficulté.

« La liberté des universités, c’est d’être affranchie de toute idéologie ou de représentation de la vérité qui ne soit pas scientifiquement démontrée et étayée par les faits »

Confrontation d’idées. A cet égard, les derniers mois avant le confinement ont été marqués par des conférences perturbées ou annulées au nom de telle ou telle cause. A chaque fois, avec l’appui de leurs enseignants-chercheurs, les présidents d’université les ont reprogrammés. A chaque fois, ils ont trouvé le soutien de leur communauté scientifique comme celle de mon ministère. La tolérance et l’écoute entre les étudiants s’apprennent à l’université. Chaque jour, des milliers d’événements dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur font vivre ensemble liberté d’expression et liberté d’enseigner. C’est cela, la tradition universitaire française, n’en déplaise à tous ceux qui espèrent instrumentaliser les étudiants ou les enseignants-chercheurs au service d’une ambition politique.

La tradition universitaire française, c’est aussi la confrontation d’idées venant de tous les continents analysées au prisme de la controverse scientifique. Notre culture scientifique s’enrichit de ces apports et des débats qu’ils suscitent, comme notre recherche française enrichit d’autres pays car la science ne connaît pas de frontières. Ce qui est certain, c’est que l’extrémisme y est étranger par essence et qu’en dernière analyse, toutes nos forces de recherche se retrouvent toujours autour du respect des valeurs de la République qui rendent possible le déploiement, dans notre pays de la méthode scientifique. La liberté des universités, c’est d’être affranchie de toute idéologie ou de représentation de la vérité qui ne soit pas scientifiquement démontrée et étayée par les faits.

L’université n’est ni la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement. L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme. Elle est, au contraire, le lieu où s’apprennent le doute comme la modération ainsi que la seule de nos institutions capable d’éclairer l’ensemble de la société, de l’école aux médias, par une connaissance scientifiquement établie, discutée et critiquée collégialement. Elle est le lieu dans lequel les étudiants apprennent à questionner et dépasser leurs préjugés par la raison scientifique. Démocratiser l’accès à cette connaissance est l’une de nos meilleures armes pour faire reculer l’obscurantisme islamiste comme toutes les formes de radicalités qui travaillent à saper notre société.

« Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons, pour la première fois, créé un pont entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire à travers la transformation du premier cycle »

Chacun le sait, la recherche n’est pas responsable des maux de la société, elle les questionne, elle les analyse, elle déplie leurs causes sous-jacentes pour nous permettre d’y faire face. L’université a des choses à nous apprendre sur les radicalités qui s’expriment dans notre société. Elle a des choses à nous dire pour combattre le fanatisme islamiste. C’est tout le sens du discours du président de la République s’agissant de la lutte contre les séparatismes. Notre pays dispose de forces de recherches internationalement reconnues en sciences humaines et sociales, notamment dans le domaine de l’islamologie qui est un fleuron national, au moins depuis la Révolution française. Nous irons plus loin en ce sens avec l’aide des historiens, des sociologues, des politistes, des géographes, des juristes, des économistes, bref de tous ceux qui travaillent à nous permettre de comprendre notre société, notre pays, le monde qui nous entoure et les interactions qui en découlent.

Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons, pour la première fois, créé un pont entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire à travers la transformation du premier cycle. Nous pouvons aller plus loin et rapprocher davantage l’université de l’école pour venir en appui aux enseignants. Les spécialistes des humanités, de toutes les disciplines, qui permettent d’ouvrir le dialogue autour du sens, peuvent apporter des outils concrets à nos enseignants pour les aider à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent pour enseigner et faire vivre la liberté d’expression dans leurs classes.

Notre tradition universitaire est une force face à la menace islamiste qui a trop de fois frappé notre pays. Nos enseignants-chercheurs et nos chercheurs sont en première ligne pour comprendre ce qui est à l’œuvre et comment le combattre, justement parce qu’ils sont libres et qu’ils ne réduisent pas leurs travaux à des formules convenues.

La République est plus forte lorsque l’université est reconnue et écoutée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire le cœur battant de notre liberté, telle qu’elle s’est construite pendant des siècles dans notre pays.

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Dans une interview au JDD, le président de la république considère qu’il faut mener la guerre contre la pandémie à l’échelle mondiale. Pour Emmanuel Macron, cette « guerre mondiale » ne sera gagnée qu’au prix de la plus grande ­coopération internationale. « Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre, confie-t‑il au JDD. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe. »

 

« Les pays africains nous interpellent à juste titre sur leur accès aux vaccins, indique le chef de l’État. L’initiative ACT-A aura permis de sécuriser plus de 2 milliards de doses de vaccins à bien meilleur prix que si chaque pays les avait négociés séparément, c’est en soi une réussite. Mais nous devons encore accélérer les efforts, car chaque semaine compte. » Au cours des prochains jours, Emmanuel Macron échangera avec ses pairs de l’Union africaine et relaiera leurs messages vendredi lors d’une réunion par visioconférence du G7 organisée par Boris Johnson, qui en assure la présidence cette année.

Comme on l’admet volontiers à l’Élysée, et pour s’en réjouir ouvertement, cette mobilisation accrue n’aurait pas été la même sans le soutien de la nouvelle administration Biden aux États-Unis. Non seulement le président démocrate a rejoint immédiatement l’OMS dès ses premières heures à la ­Maison-Blanche, mais il a également confirmé le déblocage de 4 milliards de dollars pour financer les efforts d’ACT-A. « C’était l’un de mes premiers sujets d’échange avec le président Biden », raconte Emmanuel Macron, tout en se montrant perplexe sur l’absence ou le retard d’autres grandes puissances à rejoindre l’effort collectif. « Nous devons travailler avec les Chinois et les Russes pour que les vaccins développés par leurs scientifiques s’intègrent à ce grand effort multilatéral contre la pandémie – dès lors qu’ils auront fait l’objet des certifications nécessaires par l’OMS », plaide-t‑il.

Le président de la république oublie cependant que les Chinois comme les Russes grâce précisément à leurs vaccins utilisent cet outil pour renforcer leur impact diplomatique dans de nombreux pays en développement notamment en Afrique.

L’offensive pour vacciner toute la planète afin de prendre de vitesse les variants émerge aussi dans la presse scientifique écrit le JDD. Arnaud Fontanet cosigne cette semaine un article dans The Lancet où il insiste sur la « vulnérabilité » paradoxale des pays riches. « La fin de la pandémie », écrivent l’épidémiologiste du conseil scientifique et ses coauteurs (dont Salim Abdool Karim, qui conseille le gouvernement d’Afrique du Sud dans la lutte contre le Covid‑19), ne sera « possible » que lorsque « les vaccins seront distribués de manière équitable à travers le monde ». 

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Veolia doit suspendre son OPA sur Suez

Bruno Le Maire annonce la saisie de l’Autorité des marchés financiers et appelle les deux groupes à revenir à la table des discussions.

Saisi dimanche 7 février au soir par Suez, le tribunal de commerce de Nanterre a ordonné à Veolia de suspendre le lancement de toute OPA contre son concurrent, dans l’attente d’un débat au fond sur ses précédents engagements d’amicalité. Dans la foulée, ce lundi matin sur Europe 1, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé la saisie de l’Autorité des marchés financiers. Il évoque «des questions de transparence».

Visiblement agacé par la tournure que prennent les événements, le ministre de l’Économie a renouvelé son appel au calme. «Je vais répéter une nouvelle fois qu’une opération de cette ampleur, entre deux champions industriels, ne peut réussir que si elle est amicale», a-t-il affirmé. «On ne peut pas réussir contre les salariés, le conseil d’administration, les usagers. Cette offre n’est pas amicale et cela contrevient aux engagements pris par Veolia. Elle est précipitée», a ajouté le ministre, énumérant des «risques» sur «l’emploi, sur l’empreinte industrielle». Bruno Le Maire appelle les deux groupes à «retrouver le chemin de la raison et du dialogue» mais aussi «un peu de sagesse et le sens de l’intérêt général». «Je veux que chacun comprenne que dans le contexte actuel, le capitalisme Français ne peut pas être la guerre de tous contre tous (…) Est-ce qu’il ne serait pas infiniment préférable que cette opération se fasse dans un dialogue apaisé ?», s’interroge-t-il.

 

En attendant, le tribunal ordonne donc à Veolia «de ne pas rendre l’Autorité des marchés financiers destinataire d’un projet d’offre public ni d’initier d’offre publique sur les titres de Suez non préalablement approuvée par le conseil d’administration de Suez», indique la décision en référé.

«La régulation des données doit être mondiale» (Apple)

 «La régulation des données doit être mondiale» (Apple)

Dans un entretien au Figaro, le PDG d’Apple milite pour le respect de la vie privée. En effet le croisement logarithmique des données permet d’identifier les profils intimes des internautes et d’adapter en conséquence la politique commerciale qui leur est destinée et même les messages politiques et psychologiques qui peuvent les influencer. «Nous voulons redonner le pouvoir aux internautes. Nous allons leur offrir un outil pour leur permettre de faire un choix» assure le patron d’Apple,Tim Cook. 

Apple ouvre les hostilités contre les dérives du ciblage publicitaire sur internet. À l’occasion, jeudi, de la Journée de la protection des données personnelles, la société américaine a publié une démonstration présentant toutes les données personnelles captées par les applications du smartphone d’un père de famille: géolocalisation, visite de tel commerce, accès aux photos et à leurs métadonnées, historique de navigation…

Selon Apple, les applications mobiles comprennent en moyenne six trackeurs. Les données captées, revendues à des tiers, nourrissent des fichiers marketing très précis, qui permettent d’afficher les publicités correspondant au mieux au profil sociodémographique de l’internaute ciblé. C’est ainsi que des femmes enceintes peuvent être exposées à des publicités pour des produits de puériculture avant même qu’elles aient annoncé leur grossesse à leur entourage.

Pour Tim Cook, le dirigeant d’Apple, cette aspiration des données personnelles «est allée beaucoup trop loin.

 

Reste à savoir si les Gafa  seront  d’accord entrer dans une discussion forcément l’échelle mondiale pour une régulation des informations qu’elles possèdent; en effet ,il s’agit de leur cœur de métier avec lequel il réalise pour beaucoup l’essentiel de leur chiffre d’affaires et de leurs profits. Moins peut-être Apple que d’autres comme Facebook qui ne vit que des données des utilisateurs. Tandis qu’Apple fournit surtout du matériel et des logiciels.

Le «quoi qu’il en coûte» doit s’arrêter estime le député socialiste Olivier Dussopt rallié tardivement à Macron

Le «quoi qu’il en coûte» doit s’arrêter estime le député ministre  socialiste Olivier Dussopt rallié tardivement à Macron

 

Sans doute pour rappeler à l’opinion qu’il est ministre des comptes publics, Olivier Dussopt joue la rigueur en déclarant qu’il faut mettre fin au quoi qu’il en coûte de Macron. Pour l’instant officiellement, il  est bien le seul de cet avis puisqu’au contraire très récemment aussi bien Macron que le ministre de l’économie ont déclaré qu’il soutiendrait autant qu’il faut la crise économique.

 

Ce n’est pas la première fois que du soc le rallié tardif à Macron fait  du slalom politique. Il faut se rappeler que l’intéressé a été élu sur une liste socialiste et que sitôt élu il a rejoint Macron. Olivier Dussopt, surnommé l’anguille , en connaît un rayon en matière de flexibilité politique. Du coup , il tente un scoop en annonçant la fin de l’aide de l’État et du quoi qu’il en coûte. Le seul problème, c’est qu’on ne sait pas quand cette pandémie va s’arrêter. Au contraire aujourd’hui la crise sanitaire ne fait que s’amplifier puisque la moyenne es contaminées atteint depuis plusieurs jours 25 000 et qu’on s’attend du fait des variants à des chiffres record de l’ordre de 60 à 70 000 contaminés par jour d’ici début mars.

Le problème de Dussopt  comme de beaucoup d’autres ministres dans ce gouvernement pléthorique c’est de trouver un espace. Du coup le sous ministre s’autorise à dire des banalités autant que des contrevérités. En effet si par malheur la crise devait enjamber 2022, il est clair que la France ferait comme tous les autres pays et inscrirait la politique budgétaire dans une perspective toujours très accommodante pour sauver ce qui peut l’être de l’économie et du chômage.

 

Si le sous ministre avait voulu faire preuve d’un peu d’originalité, il aurait pu esquisser des pistes pour amortir l’énorme dette, réduire à terme le déficit budgétaire et relancer la croissance. Annon er  la fin du quoi qu’il en coûte n’apporte pas grand chose au débat surtout quand on est en contradiction avec le ministre de l’économie et le président de la république.

Immobilier–Logement : la CDC doit devenir un opérateur global d’intérêt public

Immobilier–Logement : la CDC doit devenir un opérateur global d’intérêt public

Anne-Sophie Grave est la nouvelle patronne de la filiale de la Caisse des Dépôts dédiée au logement. . Nouvelle présidente du directoire de CDC Habitat, la filiale de la Caisse des Dépôts dédiée au logement, Anne-Sophie Grave explique que la CDC doit devenir un opérateur global d’intérêt public (interview la Tribune)

 

Avant de prendre ce 16 décembre 2020 la présidence du directoire de CDC Habitat, filiale de la Caisse des Dépôts dédiée au logement, vous avez, notamment, été directrice des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts de même que vous avez présidé Osica et le directoire d’EFIDIS, filiales du groupe SNI devenu CDC Habitat. Ce retour à la maison à la suite du départ d’André Yché, c’est le changement dans la continuité ?

ANNE-SOPHIE GRAVE - Avant de revenir chez CDC Habitat, j’ai dirigé pendant trois ans le groupe 3F, filiale d’Action Logement, opérateur de 250.000 logements sociaux en France, la moitié en Ile-de-France, la moitié en province, et producteur de 11.000 logements par an.

Je précise qu’André Yché devient président du conseil de surveillance de CDC Habitat. Le changement dans la continuité est une bonne expression pour qualifier cette transition. CDC Habitat a été fortement mobilisé sur le plan de relance, lançant un appel à manifestation d’intérêt auprès des promoteurs immobiliers pour acquérir 40.000 logements neufs en vente en état futur d’achèvement (VEFA).

Le Groupe est fortement sous tension, pour mettre en œuvre cette production et nous entendons bien poursuivre cette dynamique. Nous allons de même renforcer les projets sur les territoires, puisque nous souhaitons nous positionner comme un opérateur global de l’habitat d’intérêt public. Des équipes municipales renouvelées sont arrivées avec des attentes en termes de construction durable, de mixité, de rénovation de cœurs de ville. Nous sommes en capacité d’intervenir.

« L’ asile sur le territoire français doit devenir une exception »

« L’ asile sur le territoire français doit devenir une exception »

Patrick Stefanini est un spécialiste de l’immigration. Ex-préfet de région, conseiller d’Etat, il a traité ce dossier notamment auprès de Robert Pandraud ou Brice Hortefeux. Dans son livre Immigration, ces réalités qu’on nous cache (Robert Laffont), il explique, dans l’Opinion ,  la France a perdu, contrairement à ses voisins européens, le contrôle de la situation et propose ses solutions pour y remédier.

Dès que l’on évoque la question de la maîtrise des flux migratoires, nombre de responsables français chargent l’Union européenne. Or, c’est une des surprises de votre livre, vous affirmez qu’elle est plutôt efficace…

En tout cas, je n’accepte pas qu’on charge l’Union européenne en lui faisant porter la responsabilité de tous les maux, et ce, d’abord pour des raisons institutionnelles. L‘UE définit les conditions communes de délivrance des visas et les critères selon lesquels les ressortissants de pays tiers peuvent pénétrer sur le territoire européen, mais le contrôle des frontières extérieures est de la responsabilité de chaque Etat membre. Donc quand l’Italie laisse entrer sur son territoire un Tunisien sans droit ni titre, qui commettra par la suite un attentat à Nice, c’est de la responsabilité des autorités italiennes, mais pas européennes. Les responsables politiques de droite comme de gauche ont voulu l’Acte unique et la libre circulation des ressortissants européens. Or, il n’était pas matériellement possible de la réserver à ces seuls derniers. Pour contrôler dans ce cadre les flux migratoires des non-européens, on a imaginé des accords, comme Schengen et Dublin, mais, comme on était pressé d’aboutir, on a mis en place la libre circulation sans attendre que ces accords soient vraiment entrés en application. On a mis la charrue avant les bœufs ! Malgré cette faute originelle, l’Union européenne progresse à grandes enjambées. On le voit avec Frontex. Il reste malgré tout du chemin à parcourir. Le 30 novembre, lors d’une visioconférence, les ministres de l’Intérieur de l’espace Schengen ont pointé les failles qui demeurent. On sait que 20 % des personnes qui pénètrent sur le territoire européen ne sont pas sérieusement contrôlées puisqu’ils ne font l’objet d’aucun « passage fichier ». Il faut donc plus de Schengen plutôt que des slogans anti-européens faciles qui buteraient sur la réalité, car les Français et les autres Européens sont attachés à la libre circulation. Et plus de Schengen, cela veut dire des Etats membres qui contrôlent vraiment leurs frontières extérieures, des moyens supplémentaires pour Frontex et une meilleure coopération entre Etats membres par exemple à la frontière franco-italienne.

Lorsque le Parlement légifère sur les conditions de séjour des ressortissants étrangers, il ne traite, il faut le savoir, que de 50 % des étrangers qui entrent en France. Les étrangers issus des pays couverts par ces accords bilatéraux ne sont pas concernés par les modifications de la loi

Pourquoi la France a-t-elle perdu le contrôle de sa politique migratoire ?

Il y a deux raisons majeures. La première est que la France reste plus attractive que les autres pays européens au niveau de son système de protection sociale. Les étrangers le savent, cela les attire en France. Alors que la demande d’asile qui avait fortement progressé en 2015-2016 dans nombre de pays d’Europe y est revenue à son niveau d’avant 2015, en France, c’est l’inverse. Partout la crise des migrants a été maîtrisée, sauf chez nous. En 2019, on a dénombré en France 132 000 demandeurs d’asile, un niveau jamais atteint depuis notre adhésion à la Convention de Genève. Les demandeurs d’asile savent aussi que, même si leur demande est rejetée, l’Etat sera incapable de les éloigner. La seconde raison est que nous sommes une ancienne puissance coloniale et que l’immigration en provenance de nos ex-colonies (l’Algérie, la Tunisie, le Maroc…) pèse très lourd. Nous sommes en effet liés par des accords bilatéraux signés avec elles à l’époque de leur indépendance et sans limitation de durée. Lorsque le Parlement légifère sur les conditions de séjour des ressortissants étrangers, il ne traite, il faut le savoir, que de 50 % des étrangers qui entrent en France. Les étrangers issus des pays couverts par ces accords bilatéraux ne sont pas concernés par les modifications de la loi. C’est pourquoi je propose que chacun de ces accords fasse l’objet d’un bilan, dont le Parlement pourrait se charger. Tel accord bilatéral participe-t-il encore de l’intérêt de la France ? Si la réponse est non, il faut le renégocier et, si cette perspective est refusée par l’Etat partenaire, le dénoncer.

En la matière, comment jugez-vous la politique d’Emmanuel Macron ? Vous écrivez qu’avec 18 906 éloignements forcés en 2019, c’est lui qui a fait le mieux…

J’essaie de porter un jugement objectif. Il reste que cette question de l’immigration ne fait pas partie du logiciel du président de la République. Ni sa formation, ni ses activités professionnelles antérieures ne l’ont beaucoup conduit à s’y intéresser. Il a aussi été prisonnier du schéma libéral selon lequel l’immigration est une chance pour l’économie française. Au début de son quinquennat, il a délégué ce sujet à Gérard Collomb. Au ministère de l’Intérieur, celui-ci n’a pas fait une mauvaise loi mais c’est une loi sans souffle, une loi de technicien. Elle n’est pas à la dimension du problème. L’actuelle majorité devra remettre l’ouvrage sur le métier et inscrire une nouvelle loi éventuelle dans une perspective plus large, en lien étroit avec une stratégie diplomatique qui fasse de la maîtrise des flux migratoires une priorité.

Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en place « un moratoire de courte durée » et de fermer les frontières afin de discuter avec les forces politiques des solutions à mettre en place pour stopper les flux migratoires ?

Nicolas Sarkozy a un grand mérite : il a été le seul Président à porter une vraie vision stratégique de l’immigration. Il est donc légitime sur le sujet. L’idée de réunir tous les partis politiques et de partager un diagnostic commun est excellente, mais un peu théorique. Par ailleurs, je me méfie de l’expression de « moratoire ». Je ne crois pas qu’on puisse, d’un coup d’un seul, suspendre l’application de tous les accords conclus avec d’autres pays. Et puis, qu’y a-t-il après le moratoire ? C’est peut-être une formule qui claque dans un meeting ou une interview, mais nous avons surtout besoin de freiner l’immigration, notamment familiale, avec détermination et dans la durée. L’ampleur de la crise économique et sociale provoquée par la pandémie doit nous conduire à un profond aggiornamento de notre politique migratoire.

Xavier Bertrand propose un référendum pour ajouter à l’article 34 de la Constitution : « La loi peut limiter les flux migratoires.» Qu’en pensez-vous ?

C’est le principe même des quotas. On sait que leur instauration exige une modification de la Constitution. J’y suis très favorable.

Je propose que le dépôt de la demande d’asile se fasse à l’étranger ou à la frontière du territoire français. Il faut que la demande déposée en France devienne une exception, instruite selon une procédure accélérée, car plus la décision intervient dans un délai raisonnable, plus l’éloignement, s’il est nécessaire, se fait facilement

Pour mener à bien « l’aggiornamento » que vous évoquez, vous avancez quelques mesures spectaculaires. Vous proposez que les demandeurs d’asile se voient affecter un département de résidence et que la zone géographique au sein de laquelle ils peuvent se déplacer soit limitée…

Concernant les demandeurs d’asile, ma première proposition est de mettre fin au fait accompli de la demande d’asile, c’est-à-dire au fait que la quasi-totalité d’entre eux attendent d’être parvenus sur le territoire français pour déposer leur demande, sachant que l’examen va en être long et qu’ils ont toutes les chances de rester en France. Je propose donc que le dépôt de la demande d’asile se fasse à l’étranger ou à la frontière du territoire français. Il faut que la demande déposée en France devienne une exception, instruite selon une procédure accélérée, car plus la décision intervient dans un délai raisonnable, plus l’éloignement, s’il est nécessaire, se fait facilement. Ensuite, il faudrait que nous fassions comme les Allemands en ne laissant pas les étrangers libres de choisir leur lieu de résidence. En France, le laisser-faire crée une concentration géographique des immigrés sur deux ou trois régions avec, dans certains territoires, des tensions dangereuses au sein de la société.

Deuxième proposition : vous voudriez que l’Union européenne finance en Espagne, Italie, Grèce, dans les îles qui sont leurs frontières maritimes, des zones internationales où les migrants verraient leur demande traitée…

En mars 2016, Angela Merkel s’est retrouvée seule, avec un François Hollande aux abonnés absents, pour négocier, au nom de l’Union européenne, un accord avec la Turquie par lequel celle-ci s’engageait à contrôler les sorties de son territoire et à reprendre les migrants passés en force en Grèce. Elle a ainsi posé, dans l’urgence, un garrot sur un flux qui menaçait de submerger la Grèce et l’Allemagne qui était sa véritable destination. Mais, ce faisant, l’UE s’est mise entre les mains d’Erdogan qui exerce depuis un chantage migratoire. J’ajoute qu’en Grèce, comme en Italie, les migrants sont aujourd’hui accueillis sur des îles dans des conditions indignes. Il faut en finir avec cette situation. Je propose d’installer dans ces îles des bâtiments en dur, où les conditions d’accueil seront correctes. Les migrants y séjourneraient le temps que leur dossier fasse l’objet d’une décision définitive, dans une sorte de zone internationale et sans pouvoir rejoindre le continent si leur demande est rejetée. C’est une idée préférable à celle des hot spots, qu’Emmanuel Macron avait imaginé installer en Libye et qu’il a abandonnée. La priorité absolue doit être de mieux contrôler nos frontières extérieures. Cela ne veut pas dire rejeter les gens à la mer, mais traiter rapidement leur cas, près de l’endroit où ils accostent.

Vous souhaitez aussi que notre aide au développement soit revue de A à Z…

Oui. Elle marche sur la tête. 90 % des migrants interpellés placent de la République, l’autre lundi, viennent d’Afrique subsaharienne. Or notre aide aux pays pauvres a diminué entre 2010 et 2017 ! L’AFD (Agence française de développement) qui en a la charge, préfère faire des prêts plutôt que des dons. Au lieu d’aider en priorité le Burkina Faso, le Mali ou le Niger, elle aide la Turquie, la Chine, l’Inde, y compris dans des secteurs où ces pays sont en compétition avec nous ! C’est surréaliste.

Macron doit « tenir parole » sur le climat ( Tribune de Cyril Dion)

Macron doit   »tenir parole » sur le climat ( Tribune de Cyril Dion)

 

 

Dans une tribune publiée samedi dans  »Le Monde », l’un des garants de la Convention citoyenne pour le climat a de nouveau demandé au président de la République de respecter ses engagements vis-à-vis du collectif citoyen.(extraits)

 

 

Monsieur le Président,

Puisque vous m’avez apostrophé avec une certaine véhémence dans votre live pour le média Brut [vendredi 4 décembre], je me permets de vous adresser ici une réponse.

Vous semblez touché que je vous ai « aidé » et qu’aujourd’hui je vous critique. Vous me traitez « d’activiste » comme si c’était un gros mot. Vous dites que je ne suis pas « honnête », que je fais une « caricature ». Au-delà de la perplexité que m’évoque cette morgue à mon endroit dans la bouche du président de la République, il me semble que c’est vous qui ne respectez pas la parole que vous avez donnée. Et que c’est préoccupant pour plusieurs raisons.

En février 2019, je suis effectivement venu, avec Marion Cotillard, vous proposer d’organiser une assemblée citoyenne pour le climat, reprenant la proposition que nous vous avions faite avec le collectif des « gilets citoyens » le 23 janvier dans Le Parisien. Pourquoi ? Parce que depuis quarante ans, tous les gouvernements savent pertinemment que le dérèglement climatique existe, en connaissent les causes, les conséquences et les remèdes.

Opérer des changements systémiques

Pourtant, depuis quarante ans, leur réponse à cette urgence vitale pour l’humanité est indigente. Elle l’est pour plusieurs raisons. D’abord parce que des groupes d’intérêt (l’exemple le plus célèbre est celui d’Exxon aux Etats-Unis) ont pesé de tout leur poids pendant des années pour semer le doute sur la réalité du phénomène. Ensuite parce que notre modèle économique fondé sur une croissance sans limite s’accorde mal avec la frugalité que la crise écologique demande. Enfin, parce que c’est très compliqué. Les changements à opérer sont systémiques, massifs. Opérer le virage écologique implique de bouleverser nos sociétés. Certains y voient l’occasion d’un monde meilleur. D’autres la perte d’une forme de confort, de certains acquis, de leurs emplois…

Chacune des parties prenantes de notre société cherche légitimement à défendre ses intérêts. C’est la cacophonie et le tiraillement. Bien souvent, les élus en quête de réélection cherchent à contenter tout le monde et ont rarement le cran d’aller aussi loin que la situation le demanderait. Ils se rabattent donc sur le plus petit dénominateur commun : des mesures tièdes, en demi-teinte, rarement à la hauteur de l’enjeu. Ce fut le cas du Grenelle de l’environnement, de la loi EGalim sur l’agriculture et l’alimentation, de la plupart des COP climat. Résultat, la catastrophe est maintenant à nos portes et il sera bientôt trop tard pour

 

 

Industrie : « L’Europe doit protéger »

Industrie : « L’Europe doit protéger »

Alors que le fabricant de pneus japonais Bridgestone a confirmé la fermeture de son usine à Béthune, Florent Menegaux, patron de Michelin, expose dans une tribune au « Monde » cinq conditions pour réussir la réindustrialisation de la France.

Tribune. 

 

L’industrie est redevenue une idée neuve en France et en Europe. Après des décennies de désindustrialisation, l’immense majorité des pays a compris qu’une économie sans usines est moins prospère et plus vulnérable. A cet égard, la crise du Covid-19 est venue rappeler les risques longtemps sous-estimés d’une trop grande dépendance aux importations des pays asiatiques. Chaque pays veut désormais placer l’investissement et les emplois industriels au cœur de la relance, et c’est une très bonne nouvelle.

Pour autant, la réindustrialisation de la France et de l’Europe se fera dans un contexte économique très difficile. Outre la situation conjoncturelle inédite liée à la pandémie et ses conséquences incertaines, la concurrence des pays émergents, la pression compétitive sur les prix ou encore les défis environnementaux ne disparaîtront pas en claquant des doigts.

Un premier pas positif a été fait avec la baisse des charges pour les entreprises, mais pour que l’industrie française renaisse durablement, cinq conditions doivent être absolument réunies.

Activités stratégiques, sensibles ou régaliennes

Tout d’abord, les entreprises et les pouvoirs publics doivent aller dans le même sens. L’investissement industriel s’inscrit dans le temps long. L’industrie a besoin d’un cadre réglementaire et fiscal stable et doit cesser de recevoir des injonctions contradictoires en permanence. On ne peut pas demander aux Français d’abandonner leur voiture et exiger le maintien d’une production de grande envergure sur le sol national ! Nous avons tous le même objectif : créer des emplois, accélérer la formation et fabriquer de la cohésion et du progrès pour le corps social tout entier.

 

Il ne faut pas chercher à tout relocaliser : Inutile de ressusciter le magnétoscope ! L’enjeu n’est pas de sauver des industries et des produits dont l’avenir est menacé.

D’une part, il faut localiser les activités stratégiques, sensibles ou régaliennes sur notre territoire.

D’autre part, il faut investir dans les secteurs où la France a une carte à jouer sur le plan mondial, en privilégiant les activités à forte valeur ajoutée et vertueuses sur le plan environnemental. L’ambition pour l’hydrogène annoncée récemment est le parfait exemple à suivre.

Une usine n’est pas un musée. Accompagnons les transformations sans les bloquer. L’industrie, c’est comme un organisme vivant : si elle ne s’adapte pas, elle meurt. Le marché du pneumatique a montré récemment qu’il était soumis à d’intenses pressions et à la nécessité de se transformer. L’arrivée massive de produits à bas coûts en provenance d’Asie et l’absence d’un terrain de jeu commun, juste et équitable au niveau mondial, ont mis les manufacturiers européens en difficulté.

La santé doit être un bien universel : (Philippe Douste-Blazy)

La santé doit être un bien universel : (Philippe Douste-Blazy)

 

L’ancien ministre s’inquiète dans un livre récent  ( « Maladie française », paru aux éditions l’Archipel) de voir la santé soumise à la loi du domaine marchand. Il regrette que la santé ne soit pas considérée comme un bien universel. Il note par ailleurs l’absence de plan sanitaire à l’échelle européenne.

 

(Interview dans la tribune )

 

Vous évoquez dans votre dernier ouvrage, à plusieurs reprises, la nécessité d’une coopération internationale. C’est un sujet que l’on a souvent évoqué en termes de relocalisation industrielle. Vous insistez pour dire qu’il faut surtout un plan d’envergure européenne pour affronter des situations comme celles que nous vivons actuellement.

Philippe Douste-Blazy - Au niveau international, il n’existe aucun plan de lutte contre la pandémie. Le fait que la communauté internationale ne se soit pas dotée d’un plan, alors que l’on a inventé l’avion à réaction, paraît fou. Cela en dit long sur la réflexion politique de la santé. Il ne faut pas oublier que la santé est un bien public mondial comme l’eau ou l’éducation. Ce sont des biens mondiaux mais pas universels. Cette gouvernance mondiale qui finalement n’existe pas n’a pas compris que la santé doit être un bien public universel.

Vous estimez aussi que notre pays a besoin d’une refonte de grande envergure du système de santé.

Le système politique international a accepté que lorsqu’un médicament est découvert, il soit efficace mais cher, protégé par des brevets qui le rend accessible à seulement quelques millions de personnes. C’est choquant …

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

Gestion prévisionnelle : doit-on ne plus prévoir le risque ?

 

Dans ce nouveau contexte de pandémie de Covid-19, acceptons de renoncer à savoir ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, affirment quatre dirigeants d’entreprises du think tank Entreprise et progrès dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

La pandémie nous a appris quelque chose : en dépit des sommes colossales que nos entreprises consacrent à vouloir le maîtriser, elles ne savent plus prédire le risque. Elles échouent à réconcilier la rigidité des méthodes de gestion du risque et l’agilité indispensable pour être en capacité d’absorber les chocs imprévus. La planification traditionnelle, linéaire, ne fonctionne plus. Alors, posons la question : dans un monde marqué par la fréquence, l’imprévisibilité et la force des chocs extérieurs, doit-on encore prévoir le risque ?

Dans le nouveau contexte, acceptons de renoncer à « savoir » ce qui va se produire. Organisons plutôt la résilience, cette capacité non pas à cerner les risques à l’avance mais à réagir vite et bien, cette nouvelle qualité qui nous permettra d’adopter des comportements adaptés à un environnement changeant.

Nos entreprises doivent nécessairement installer un corpus minimum de procédures centralisées et homogènes, mais doivent tout autant imposer l’autonomie de décision nourrie de l’intelligence des situations. Cette double piste est la clé du succès, voire de la survie, de nos entreprises.

Elles devront inventer une nouvelle diversité, authentiquement opérationnelle, pour faire émerger des talents internes d’un nouveau genre, capables de poser des diagnostics et d’apporter des réponses complexes. Les femmes et les hommes de l’entreprise réclameront et devront se voir octroyer un droit renforcé à l’initiative. C’est vital. Car oui, pour se protéger du risque, l’entreprise doit encourager la prise de risque.

Il existe des spécialistes. Ce sont les militaires. Eux savent que planification stratégique et discipline stricte sont les préalables indispensables à une prise de décision rapide, autonome, pertinente

Comment faire ? Avec quels outils ? Pour remplacer la prévision traditionnelle, probabiliste, du risque, nous avons besoin de collaborations innovantes pour explorer les différents mondes dans lesquels nous risquons de nous retrouver. Il est temps de prendre nos distances avec les calculs statistiques de fréquence et de gravité pour redécouvrir la puissance du « scénario planning », et commencer à prendre conscience des options stratégiques dont on ignore absolument tout aujourd’hui. Les scénarios doivent décrire des mondes différents et pas seulement des résultats différents dans le même monde. L’impensable, et pas seulement l’inattendu.

 

« Suez doit rester indépendant » (Gérard Mestrallet)

« Suez doit rester indépendant » (Gérard Mestrallet)

Gérard Mestrallet , président d’honneur d’Engie et de Suez et contre l’OPA de Veolia sur Suez . Il s’explique dans les Échos :

« Veolia a proposé de racheter l’essentiel de la participation qu’Engie détient en Suez, puis de lancer une OPA sur 100 % de capital pour fusionner les deux groupes et créer un champion français. Que faut-il penser de ce projet? Depuis quatre ans, je me suis abstenu de toute expression publique, tant sur Engie que sur Suez. En tant que président d’honneur de ces deux entreprises, je me dois aujourd’hui de dire ce que je pense.

Je ne suis pas a priori opposé aux fusions. J’en ai réalisé six. Deux franco-françaises Suez/Lyonnaise des Eaux et Suez/Gaz de France. Et quatre fusions transfrontalières avec la Société Générale de Belgique, puis Tractebel, Electrabel et International Power….. »

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Face à la remontée du virus, le gouvernement doit prendre ses responsabilités ( Conseil scientifique)

Face à la remontée du virus, le gouvernement doit prendre ses responsabilités ( Conseil scientifique)

Même s’il n’a  n’atteint pas encore atteint les pics de mars, le virus enregistre une très forte remontée qui pourrait se conjuguer avec l’arrivée de la grippe traditionnelle et constituer un danger sanitaire difficile à gérer. De ce fait, le conseil scientifique estime que le gouvernement doit prendre des mesures courageuses pour éviter une vraie deuxième vague du Coronavirus. Le gouvernement est encore très partagé quant aux mesures à imposer car il craint par-dessus tout que l’économie déjà affaiblie ne subisse aussi un second choc. Un second choc qui serait sans doute fatal au chômage dont on prévoit déjà l’augmentation d’environ 1,5 millions début 2021.

En outre, contrairement aux attentes, le dernier trimestre n’enregistrera qu’une croissance insignifiante. En effet l’effet de rattrapage et des achats affectés par la crise est maintenant terminé et les ménages se réfugie dans l’attentisme en attendant l’inévitable vague de chômage. Le reconfinement généralisé est une hypothèse complètement exclue mais il conviendra cependant de prendre des mesures plus radicales qu’actuellement même si elles sont ciblées.

Le gouvernement «va donc être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles»,«dans les huit à dix jours maximum», a estimé mercredi le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, qualifiant d’«inquiétant» le niveau de l’épidémie de Covid-19 en France. «On peut être faussement rassuré» parce que l’augmentation de la circulation du virus a «peu de retentissement actuel» sur le système de soins, mais il peut y avoir «une augmentation très rapide, exponentielle, dans un deuxième temps», a-t-il averti, pointant «en particulier» la situation en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

«La France se situe à un niveau maintenant qui est inquiétant, qui n’est pas celui de l’Espagne mais qui n’est pas loin, avec un décalage peut-être d’une quinzaine de jours et qui est beaucoup plus sévère que celui de l’Italie», a-t-il estimé au cours d’une conférence de presse en ligne, consacrée aux modalités d’isolement des personnes infectées et des cas contacts.

« Boris Johnson doit se calmer » ( Maire de Calais)

« Boris Johnson doit se calmer » ( Maire de Calais)

Toujours aussi provocateur, le Premier ministre britannique Boris Johnson n’a pas eu de mots assez durs pour condamner le phénomène de migration entre la France et l’Angleterre. Le Premier ministre britannique a laissé entendre que la France portait une responsabilité. En réponse , La maire de Calais, Natacha Bouchart a conseillé à Boris Johnson «se calmer» et de «changer d’urgence» ses méthodes d’accueil des migrants, responsables selon elle d’un «appel d’air» vers le Royaume-Uni.

 «Moi, je considère que les propos de Boris Johnson, c’est de la provocation, et je le dis clairement, c’est une déclaration de guerre maritime puisqu’il est hors de question que les navires de l’armée entravent en fait les eaux territoriales (françaises) et en plus, techniquement, c’est impossible», a-t-elle déclaré à l’AFPTV. «Si les migrants veulent passer, c’est parce que les Britanniques eux-mêmes créent l’appel d’air. Ils créent l’appel d’air puisqu’ils n’ont en fait rien touché de leur législation depuis vingt ans, donc depuis le centre de Sangatte», a-t-elle estimé.

 «Donc j’interpelle Boris Johnson en disant ‘vous vous calmez d’urgence, changez d’urgence vos méthodes de faire et d’accueil des migrants’. Et j’interpelle Gérald Darmanin (le ministre de l’Intérieur) en disant ‘ne cédez pas, ne cédez pas puisque les Britanniques ne savent pas négocier, il n’y a qu’en bras de fer qu’on est capable de pouvoir obtenir quelque chose’», a-t-elle encore ajouté.

Un plan de lutte contre les traversées maritimes illégales, élaboré en concertation avec les autorités britanniques, est en cours de finalisation pour renforcer les moyens de contrôle sur les côtes et en amont des principaux points de passage. Le gouvernement britannique a chargé dimanche un ancien de la Royal Marine de rendre «impraticables» les traversées illégales de la Manche. Boris Johnson a dénoncé lundi comme «stupide, dangereux et criminel» de vouloir traverser illégalement la Manche vers le Royaume-Uni. Les tentatives de traversées se sont multipliées récemment, profitant notamment de conditions météorologiques favorables.

Éric Dupond-Moretti doit apprendre à » souffrir en silence »

Éric Dupond-Moretti  doit apprendre à » souffrir en silence »

C’est la recommandation du président de l’Assemblée nationale à  Dupond Moretti le nouveau ministre de la justice, un peu bousculé leur de sa présentation au Parlement. Régulièrement interrompu, Dupond Moretti a demandé si  les interruption étaient  prise en compte dans son temps de parole. Réponse non sans malice du président de l’Assemblée nationale : « oui, on souffre en silence ». Une remarque quand même sans doute un peu perfide qui peut constituer une sorte de recommandation. L’assemblée nationale n’est pas en effet un tribunal ou la  parole est strictement limitée voire interdite . Au Parlement tous les élus sont conviés au débat en plus parfois assez contradictoire mais aussi confus. Pour retomber dans ses chaussures, Dupond Moretti a souhaité ce contradictoire. Il ne sera sans doute pas déçu, surtout compte tenu de sa personnalité un peu bouillante qui sera mise à l’épreuve dans le chaudron parlementaire. Cela d’autant plus que même au sein de la majorité se manifeste un certain mécontentement quant au processus d’élaboration et de décision législatif qui fait trop de place au gouvernement.

« la relance économique, oui, mais doit être sélective »

« la relance économique, oui,  mais  doit être sélective »

 

,L’économiste Bruno Alomar préconise, dans une tribune au « Monde », que les pouvoirs publics en France concentrent leurs efforts de relance sur deux secteurs : les services à l’environnement, et la défense qui joue un rôle majeur en matière d’innovations.

« 

L’heure est à la relance économique. Au cours des dernières semaines, les pays européens ont présenté des initiatives visant à soutenir leurs économies, confrontées à une crise dont le Fonds monétaire international (FMI) vient de confirmer, pour ceux qui en doutaient, l’ampleur exceptionnelle. Alors qu’il prévoyait en avril un recul de la production mondiale de - 3 %, le Fonds envisage désormais une chute du produit intérieur brut (PIB) mondial de près de 5 %.

En Europe, emboîtant le pas aux institutions européennes, les Etats membres ont lancé de vastes plans de soutien de leurs économies. En France, hormis les mesures horizontales de chômage partiel et d’aide aux petites entreprises, les autorités ont jusqu’à présent concentré l’essentiel de l’effort public sur trois secteurs, il est vrai particulièrement touchés : le tourisme (plan du 14 mai), l’automobile (26 mai), l’aéronautique (plan du 9 juin).

Disons-le tout net : ainsi que les Américains ont coutume de le dire, il faut savoir mettre à profit une bonne crise afin d’opérer des changements trop longtemps différés en raison de leur caractère particulièrement douloureux. Si l’économie française apparaît fragile et si ses marges de manœuvres sont aussi réduites, c’est précisément parce que les gouvernements, au cours des décennies précédentes, n’ont pas assumé les choix structurants qui s’imposaient.

Face à l’ampleur de la vague de faillites et à la remontée du chômage qui se profilent à l’automne, le risque est grand de céder aux recettes qui ont mené le pays dans l’impasse : faire du saupoudrage d’argent public afin de contenter tout le monde. Cette tentation est d’autant plus grande que les conditions monétaires historiquement accommodantes nous donnent l’illusion de marges de manœuvres dont nous ne disposons pas compte tenu de l’ampleur de notre dette publique et de notre taux global d’imposition.

Dans un tel contexte, il est impératif de concentrer l’effort public sur des secteurs d’avenir, deux en particulier.

Le premier est celui des services à l’environnement. Rappeler l’importance de ce secteur pourrait tenir de la gageure, alors même que la transition énergétique et la préservation de l’environnement sont désormais des priorités politiques que personne de sérieux ne conteste. On pourrait également souligner à bon droit qu’en fait de résilience face à la crise, comme pour l’électricité et pour la nourriture, le maintien d’une alimentation ininterrompue en eau a été décisif. »

Une dette doit toujours être remboursée (Moscovici)

Une dette doit toujours être remboursée (Moscovici)

 

« Je ne crois pas à la dette perpétuelle », a déclaré Pierre Moscovici. Ancien patron de Bercy, puis commissaire européen chargé de veiller au bon respect des règles budgétaires communes, Pierre Moscovici s’est exprimé publiquement ce dimanche pour la première fois depuis sa nomination au poste de président de la Cour des comptes , le 3 juin, dans l’émission « Le Grand Rendez-Vous » Europe 1 – « Les Echos » – CNews. Il en a profité pour préciser son rôle à la tête de l’institution . « Je ne serai ni le Père Fouettard, ni un panier percé », a-t-il lancé en insistant sur le fait que la Cour doit, selon lui, « d’abord assurer son métier » et « aussi avancer avec son siècle et se mettre dans le tempo de la décision publique ».

 « Pour moi, il y a deux boussoles. Est-ce que la dépense publique est intelligente ? Est-ce que la dette publique est soutenable ? » a développé Pierre Moscovici. S’il a reconnu que les finances publiques ne peuvent plus être abordées de la même façon dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique, il a néanmoins estimé qu’une dette doit in fine être toujours remboursée. « Je ne crois pas à la dette perpétuelle, celle qui finit par s’annuler », a-t-il martelé. Le niveau de la dette française estimée à près 120 % du PIB avec les plans d’aides est « déjà très élevé », a pointé Pierre Moscovici.

Il a néanmoins fait preuve d’un brin d’optimisme en jugeant que la prévision du gouvernement d’une croissance en chute de 11 % « est un peu prudente », tout comme celle portant sur les destructions d’emplois à 1,2 million qui « est très élevée »« On pourrait espérer que cela soit un tout petit peu mieux. »

Il a par ailleurs rappelé son « devoir d’indépendance et d’impartialité » comme président de la Cour des comptes mais a précisé que l’institution « est disponible pour apporter son appui et son expertise à tous les débats »« La réforme, dans ma jeunesse, c’est quelque chose qui faisait penser à un progrès. Petit à petit, elle est devenue le symbole d’une punition, d’une purge », a-t-il regretté.

Droits voisins : Google doit négocier

Droits voisins : Google doit  négocier

,L »Autorité de la concurrence française a finalement ordonné à Google de négocier « de bonne foi » avec les éditeurs et agences de presse en France une rémunération, en échange de l’affichage de leurs contenus d’informations. En d’autres termes, d’appliquer une fois pour toute la fameuse directive européenne relative aux droits d’auteurs, adoptée en juin 2019 après des mois d’intenses campagnes de lobbying.

A la manière des droits d’auteurs, les droits dits voisins permettent aux éditeurs de presse d’octroyer des licences – contre rémunération – aux géants d’Internet, comme Google et Facebook, pour la reproduction et utilisation de leurs contenus sur leur service.

Seul obstacle à cette décision, – et de taille – trois mois plus tard, Google annonçait refuser de s’y plier, tandis qu’avec Facebook, ils se partageaient à eux deux 75,8% des recettes de la publicité en ligne en 2018 (eMarketer). En guise de réponse, Google avait préféré établir ses propres règles de reproduction : il n’afficherait plus d’extraits d’articles et autres photos et vidéos réduites (ou « vignettes ») dans les résultats de son moteur de recherche ainsi que dans son service Google Actualités, sauf si les éditeurs l’autorisent à le faire gratuitement.

Coronavirus :  » La science doit servir le pouvoir et non être instrumentalisée »

Coronavirus :  » La science doit servir le pouvoir et non être instrumentalisée »

 

Le professeur de droit public Alexandre Viala analyse, dans une tribune au « Monde », les liens entre scientifiques et politiques .

Tribune. Si la « guerre » sanitaire contre la pandémie de coronavirus met en première ligne le personnel soignant auquel il faut rendre hommage, elle confère également beaucoup de visibilité aux scientifiques, qui occupent soudainement le rôle de conseillers du prince. Depuis le 10 mars, un conseil scientifique installé par le ministre de la santé et présidé par l’immunologue Jean-François Delfraissy éclaire le président de la République pour l’aider à prendre les décisions qui s’imposent au pays afin de lutter contre la propagation du virus.

Le 24 mars, le pouvoir exécutif a décidé de renforcer le dispositif en l’assortissant d’un Comité analyse recherche et expertise (CARE) dirigé par la virologiste Françoise Barré-Sinoussi. Une batterie d’experts issus du monde médical intervient désormais au sein des plus hautes sphères de l’Etat. Est-ce à dire que la science a pris le pouvoir au risque d’infléchir nos institutions démocratiques et de les faire évoluer, à la faveur de cette crise, vers une forme de despotisme éclairé que les Anglo-Saxons appellent l’épistocratie (étymologiquement : « pouvoir des savants ») ?

Depuis quelques jours, la publication des avis du conseil scientifique, qui précèdent les décisions du président de la République sur le déclenchement, la durée et les modalités d’un confinement national lourd de conséquences sur notre vie quotidienne, révèle un processus institutionnel érigeant la science au rang de source normative. Il est vrai que la science n’est pas exclusivement spéculative et peut avoir une portée pragmatique, à l’instar de la médecine dont la fonction est de comprendre le corps humain dans le but de le soigner. Mais le rôle qui lui est assigné à l’heure actuelle contredit ce à quoi elle est habituellement destinée : décrire le monde et non prescrire des normes.

 

Ce cas de figure dans lequel un pouvoir (cratos) serait exercé par les détenteurs du savoir scientifique (épistémè), n’est pas mentionné dans la typologie classique des régimes politiques qui distingue, depuis Montesquieu, la république (démocratique ou aristocratique), la monarchie et le despotisme. Et aucune Constitution, dans le monde, ne confère explicitement le pouvoir à des savants.

 

 

Coronavirus : « la protection de la santé publique doit être prioritaire »

Coronavirus : « la protection de la santé publique doit être prioritaire »

La politiste Mélanie Heard estime, dans une tribune au « Monde » que l’ordonnance du Conseil d’Etat montre la voie à suivre : assurer la prééminence de la protection de la santé

Tribune

 

L’ordonnance rendue par le Conseil d’Etat le 22 mars 2020 marque un tournant. Ces derniers jours, les décisions publiques sont apparues comme guidées par des alternatives stratégiques issues des modélisations statistiques, autour de notions comme la distanciation sociale, l’immunité de groupe, ou le fameux aplatissement de la courbe.

Notions nouvelles dans le débat public, aux contours trop flous pour qu’on saisisse clairement de quelle façon elles pouvaient réellement guider le raisonnement décisionnel dans le choix de telle ou telle mesure.

Inversement, le raisonnement de mise en balance, sur des critères de proportionnalité, de la protection de la santé publique avec la défense des libertés individuelles – raisonnement classique de la décision en santé publique – semblait jusqu’ici très discret. Le conflit entre ces deux biens dont la protection est une prérogative constitutionnelle de l’Etat faisait l’objet, certes, d’une saisine le 24 février du ministre de la santé au Comité consultatif national d’éthique.

Mais, depuis cette date, force est de constater que l’équilibre à rechercher entre ces biens concurrents n’apparaît pas comme un problème structurel autour duquel articuler les discours publics de justification des mesures qui sont prises.

A chaque étape, les mesures sont justifiées d’abord par le fait que les précédentes n’ont pas été suffisamment appliquées par les Français. Les avis rendus publics du Conseil scientifique questionnent alors l’« acceptabilité sociale » des mesures, mentionnent des arbitrages entre considérations sanitaires, économiques et sociales, invoquent la nécessaire hiérarchisation qui reviendrait au politique. Mais le Conseil scientifique n’analyse pas les mesures qu’il étudie du point de vue du conflit entre santé publique et libertés individuelles.

De même, si l’exposé des motifs de la loi d’urgence adoptée le 22 mars évoque bien des « restrictions apportées aux libertés fondamentales », sa teneur générale est bien davantage centrée sur la nécessité d’« assurer la continuité de notre tissu social, culturel, industriel et commercial » face à une « crise sanitaire et économique ». Ce qui apparaît aussi problématique dans les mesures d’exception envisagées, c’est bien davantage leur soutenabilité, en termes d’impact sur la société et l’économie, que l’atteinte aux libertés qu’elles représentent.

 

 

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