Archive pour le Tag 'doit'

La France doit rester un acteur majeur du spatial européen » (Frédérique Vidal)

La France doit  rester un acteur majeur du spatial européen » (Frédérique Vidal)

 

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, descend la place de la France en matière de développement spatial (interview dans la tribune)

 

2019 est une année chargée pour les questions spatiales avec en point d’orgue la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), dont l’objectif est de définir les priorités stratégiques et les financements qui vont avec. Quelles vont être les priorités de la France au conseil des ministres de l’ESA ?

FRÉDÉRIQUE VIDAL - Ce qu’il faut déjà rappeler, c’est à quel point l’Agence spatiale européenne est importante pour l’Europe et la France, leur permettant d’être des leaders du secteur spatial, dans le domaine des lanceurs comme dans celui des satellites : les lanceurs Ariane, les constellations Galileo et Copernicus, la sonde Rosetta… Lors de cette conférence ministérielle, le sujet central porté par la France sera celui de l’innovation. Comment l’Europe sur ces sujets d’innovation doit-elle faire pour rester un leader mondial ? Nous devons aussi penser davantage à l’utilisation des données générées par les satellites conçus et lancés par l’Europe et stimuler le développement de projets fondés sur leur exploitation. Penser à tout ce qu’on appelle le secteur aval, et qui va connaître un développement massif dans les prochaines années.

Pouvez-vous donner des exemples précis ?
Pour soutenir l’innovation, nous avons créé ArianeWorks, qui est une plateforme d’innovation de rupture d’un genre nouveau. Mon objectif est d’aider tout l’écosystème de startups New Space à se développer, en lien avec l’industrie et le Cnes. Que ce soit sur des sujets d’agriculture, avec l’utilisation des données satellitaires pour mieux gérer les sols et mieux prévoir la façon d’organiser les cultures ; que ce soit sur les questions de climat, avec l’observatoire que le Cnes est en train de monter au niveau mondial avec de nombreuses autres agences ; que ce soit sur les véhicules autonomes, avec le soutien d’exploitation des données de Galileo. Sur tous ces sujets, il faut maintenant qu’on tire profit des investissements faits au niveau des États membres, de l’ESA et de la Commission européenne.

Comment jugez-vous l’écosystème spatial français dans le domaine de l’innovation, notamment dans les data ? Est-ce qu’il vous paraît complet et voyez-vous des améliorations à apporter ?

Il y a toujours des améliorations à apporter, mais cet écosystème est vraiment dynamique. On a la chance d’avoir de nombreuses start-up dans le milieu des données, des calculs, dans l’algorithmique. On bénéficie d’un fonds très important de connaissances et d’expertise dans ces domaines-là, et cela permet d’alimenter la création de start-up, y compris d’ailleurs par des étudiants, des jeunes docteurs ou des chercheurs qui s’impliquent dans la création de start-up à partir de données du spatial.

En dépit de notre proximité avec l’Allemagne, il existe une réelle compétition entre Paris et Berlin dans le spatial. La France doit-elle réaffirmer son leadership spatial sur l’Europe à l’occasion de la ministérielle ?

La France est l’un des pays pionniers sur les questions spatiales, avec le premier programme de lanceur engagé en 1965. Nous avons une agence spatiale en France, le CNES, qui est un support très important à la recherche et aux industriels tant sur les lanceurs que sur les satellites. C’est normal que la France souhaite avoir un rôle de leader. Maintenant, il y a plusieurs grandes nations spatiales en Europe, notamment la France, l’Allemagne et l’Italie qui, à elles trois, contribuent à 85 % du budget d’Ariane 6. Il est crucial pour la France de rester un acteur majeur du spatial européen, et c’est tout aussi important que nos partenaires, Commission européenne comme États membres, restent fortement impliqués dans le spatial. Cela ne fait aucun doute dans l’esprit de qui que ce soit. C’est ce qui fait les succès européens.

Ariane 6 est-il le bon lanceur au bon moment ?

Ariane 6, qui sera porté par l’expertise d’Ariane­Group et de l’industrie européenne, sera un lanceur fiable et adapté aux besoins du marché des lancements. Il est donc primordial de terminer son développement puisque celui-ci induira une diminution du prix des lancements. Il sera environ deux fois moins cher par rapport à Ariane 5.

Vega E n’est-il pas un futur concurrent d’Ariane 6 ?

Une concurrence entre acteurs européens dans ce domaine serait stérile. Les programmes Ariane 6 et Vega sont extrêmement liés, leur vocation est d’être complémentaires. Notre R&D et l’innovation sont mises en commun entre la France et l’Italie. La France a financé Vega C et l’Italie de son côté Ariane 6. Notre objectif est de disposer au niveau européen d’une gamme de lanceurs qui couvrira tous les marchés de lancement.

La réutilisation d’un lanceur, considérée comme une innovation de rupture, n’est pas donc pas à l’ordre du jour…

Nous ne devons pas nous interdire de penser à la suite. Nous proposerons d’accélérer le développement des nouvelles technologies pour préparer la suite d’Ariane 6, via le moteur réutilisable à bas coût Prometheus et les démonstrateurs d’étage récupérable Callisto et Themis. Ce sont des solutions de rupture. Notre objectif est d’être capable, à partir d’Ariane 6, d’améliorer en permanence l’offre de lancement d’Arianespace. L’Europe est en train d’achever le développement d’Ariane 6, qui sera prochainement opérationnelle, et en parallèle prépare l’avenir. Ariane 6 sera enfin un pilier très important de l’autonomie et de la souveraineté de l’Europe et de la France. L’Allemagne et la France sont d’accord sur cette stratégie. Nous nous parlons souvent avec mon homologue allemand.

Justement, la France joue le jeu de la préférence européenne. Ce qui n’est pas le cas des autres pays, dont l’Allemagne. Faut-il être plus contraignant ?

Nous devons jouer avec les mêmes règles que nos concurrents. Croyez-moi, ce sujet est une priorité et de grands progrès ont été accomplis depuis deux ans. La Commission européenne et l’ESA se sont engagées à utiliser les lanceurs européens pour leurs programmes spatiaux. Par ailleurs, des représentants de cinq États européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Suisse) se sont engagés lors du Conseil ministériel de l’ESA du 25 octobre 2018 à utiliser en priorité les lanceurs européens pour leurs satellites institutionnels.

La France va-t-elle également soutenir son industrie dans les satellites, qui estime être le parent pauvre de la politique spatiale française ?

Commençons par regarder qui est en tête des dernières compétitions les plus importantes dans les satellites. Ce sont des entreprises françaises. Cette industrie est essentielle et c’est pourquoi l’État l’a toujours accompagnée et a contribué à la porter au meilleur niveau mondial. Cela n’a pas de sens d’opposer les satellites aux lanceurs et vice-versa. Je le leur ai dit. Nous avons la chance d’avoir en France deux grands « satellitiers ». C’est une force. Mais de temps en temps, le fait d’en avoir deux pose des problèmes face à une compétition mondiale féroce. Ils sont conscients que, sur certains programmes, ils doivent mieux travailler et réfléchir ensemble. Ils se rendent compte eux-mêmes, au regard du marché international des satellites, que parfois le fait de rentrer dans une compétition à outrance l’un contre l’autre n’est pas le meilleur moyen pour être efficace.

Poussez-vous à un rapprochement ?

Je ne définis pas la politique industrielle et commerciale de ces entreprises à leur place. L’essentiel pour moi est que notre filière de satellites reste, dans la durée, un fleuron au meilleur niveau mondial, capable d’innover et d’exporter. Nous sommes prêts à envisager toutes les options.

Avez-vous déjà un schéma de rapprochement ?

Ce n’est pas à moi de leur dire ce qu’ils ont à faire, mais ils sont conscients, et moi aussi, qu’il y a des choses à améliorer. Toutes les options sont sur la table, à eux de faire des propositions.

Est-ce un projet à court terme ?

Il faut laisser du temps au temps. C’est à eux de réfléchir et de faire des propositions qui feront en sorte qu’en termes de compétitivité, d’innovations et d’emplois les bonnes décisions soient prises.

Et si rien n’avait avancé avant la fin de l’année ?

Je crois qu’ils sont parfaitement conscients du sujet et ils s’en parlent. Sur la question du spatial, on porte tous la même ligne.

Estimez-vous que la France doit adapter sa doctrine spatiale militaire ?

C’est une question qu’il faut poser à la ministre des Armées, Florence Parly. Mais l’espace tend à devenir un champ de confrontations. Quand on vous attaque, il ne me paraît pas illogique d’être en capacité de répliquer.

D’une façon générale, faut-il faire évoluer le principe de juste retour géographique ?

La France porte cette volonté de faire évoluer le juste retour géographique sur investissement. Principalement nous devons repenser l’industrialisation des lanceurs Ariane pour une raison simple : ce marché est désormais le cadre d’une véritable compétition internationale. Il est très important d’améliorer la compétitivité des futurs lanceurs face notamment à la concurrence américaine. Une réflexion est en cours avec l’ESA pour définir des modalités privilégiant l’optimisation du coût. La compétitivité des programmes spatiaux européens doit devenir la règle à travers une approche beaucoup plus économique.

La France a soutenu le renforcement de l’agence spatiale de l’Union européenne à Prague. Pourquoi l’ESA, soutenue par l’Allemagne, a-t-elle freiné des quatre fers ?

Peut-on vraiment penser que l’Union européenne n’est pas un acteur à part entière du spatial alors qu’elle va investir 16 milliards d’euros dans l’espace entre 2021 et 2027 ? L’UE va tirer bénéfice de la gestion et de l’exploitation des données spatiales issues des programmes européennes qu’elle a financé. Mais l’Agence spatiale européenne demeure unique par son expertise technique sur la gestion des programmes.

Macron ne doit pas se limiter à un catalogue de mesures (Gérard Collomb)

Macron ne doit pas se limiter à un catalogue de mesures (Gérard Collomb)

L’actuel maire de Lyon, ancien ministre de l’intérieur considère que les mesures que va annoncer Macon manque de cohérence et de vision et ressemble davantage un catalogue de mesures.

 

« C’est un catalogue de mesures (…) qui sont posées sans fil conducteur », tranche-t-il. D’après lui, il faut aller « au-delà des problèmes catégoriels des uns et des autres » et « relier les propositions entre elles » afin de « donner un sens et dire où l’on va ». Il estime que c’est « ce qui manque, et pas seulement depuis le quinquennat de Macron ».

L’ancien ministre de l’Intérieur estime qu’Emmanuel Macron « peut rebondir car c’est quelqu’un de brillant » mais « il va devoir s’exprimer et il ne va pas falloir que cela tarde trop ».

D’après lui, elles manquent d’un « fil conducteur ».

Relativement silencieux depuis sa démission, Gérard Collomb a pris la parole ce mercredi matin. Au micro de RTL, il est revenu sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame ainsi que sur l’issue du grand débat national. Il estime que le drame parisien peut constituer un tournant dans le quinquennat de Macron, mais invite le président à ne pas se perdre dans un « catalogue de mesures » pour répondre à la colère des gilets jaunes. Interrogé sur la prise de parole de 6 minutes d’Emmanuel Macron mardi soir, l’actuel maire de Lyon, qui a annoncé le don de 200.000 euros pour la reconstruction de l’édifice religieux, a estimé qu’il s’agissait d’un discours « métaphorique » qui « parlait de Notre-Dame et de notre pays »: « Il a su trouver les mots justes (.) et est allé dans le fond de ce qui fait l’âme de la France », déclare-t-il, ajoutant que le président a su « saisir l’importance de l’instant ». Mais l’engouement de l’ancien ministre de l’Intérieur reste mesuré, notamment lorsqu’il évoque les annonces que devait faire le Président et qui ont fuité dans la presse mardi après-midi. L’ancien ministre de l’Intérieur estime qu’Emmanuel Macron « peut rebondir car c’est quelqu’un de brillant » mais « il va devoir s’exprimer et il ne va pas falloir que cela tarde trop ».

Le grand débat doit se poursuivre pour 80 % des Français

 Le grand débat doit se poursuivre pour 80 % des Français

Ceux qui ont participé aux réunions du grand débat ont évidemment observé qu’on ne pouvait procéder qu’à un survol des problématiques et qu’on ne pouvait traiter des grands enjeux de la France au cours d’une seule réunion de quelques heures. Cela d’autant plus que les thèmes étaient particulièrement mal problématisés  et. Par exemple, on a juste oublié la question du financement aussi les effets systémiques entre les différents enjeux. Ce qu’on a appelé le grand débat ressemblait davantage à des conférences voire à des meetings concernant Macron. Il y a donc une demande forte pour poursuivre la démarche de consultation. Huit Français sur dix (79%) veulent que la démarche de grands débats nationaux se poursuive à l’avenir, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 14 mars, à la veille de la fin des débats en régions et à quatre jours de la clôture des contributions en ligne. Un peu moins de la moitié des personnes interrogées (45%) voudrait cependant que le processus soit plus léger à l’avenir. Un tiers (34%) souhaite en revanche que les futures consultations se déroulent à l’identique. La démarche de grands débats nationaux est plébiscitée toutes tendances politiques confondues. Sept sympathisants LR sur dix (71%) et autant du côté du Rassemblement national en redemandent. Du côté des sondés se disant proches de LREM, 78% d’entre eux sont favorables à la poursuite de la démarche. A gauche, huit PS sur dix (82%) et même près de neuf Insoumis sur dix (87%) y ont pris goût et veulent poursuivre.

« Affaire Ghosn : la France ne doit plus se taire »

« Affaire Ghosn : la France ne doit plus se taire »

 

  •  
  •  

Même si le patron de Renault est présumé responsable de certaines combines financières et fiscales, il ne saurait être traité en dépit de tout respect des règles de droit. Ce que dénonce deux avocats, Olivier Maudret et François Honnorat. La vérité c’est que cette affaire ne relève pas du droit commun mais constituent des enjeux économiques et politiques. Le Japon voulant récupérer son autorité sur Nissan alors que le capital est maîtrisé par Renault. Preuve de la dimension politique de cette affaire l’entreprise Nissan refuse de réunir l’assemblée générale qui, seule, peut désigner les membres du conseil d’administration de Nissan !

« Alors que des voix commencent à s’élever dans le monde pour dénoncer le caractère archaïque du système judiciaire japonais, la France ne peut se taire durablement sur la situation de Carlos Ghosn et se limiter, comme elle le fait, à rappeler que la présomption d’innocence s’oppose, pour l’heure, à une révision de la gouvernance de Renault. [...] Carlos Ghosn est détenu sans avoir été jugé depuis bientôt deux mois depuis son arrestation, le 19 novembre 2018, sous le régime de la garde à vue puis de la détention provisoire, puis à nouveau de la garde à vue au travers de quatre ‘arrestations’ successives.

[...] Chacun voit et comprend que, dans un tel contexte, la situation faite à Carlos Ghosn par les autorités japonaises ne débouchera pas sur un procès juste et équitable. Il va de soi que Carlos Ghosn ne doit pas faire l’objet de ‘faveurs’ mais la France se doit de rappeler qu’aucune personne, quelle qu’elle soit, ne devrait faire l’objet d’un traitement semblable. La comparution publique de Carlos Ghosn le 8 janvier 2019 n’a pas eu lieu dans des conditions respectueuses de la dignité. Les personnes présentes à cette audience ont témoigné du fait qu’il y avait été conduit entravé et tenu en ‘laisse’ par ses gardiens. Cette image traduit la fictivité de sa présomption d’innocence. »

Carburants : Macron doit «réfléchir» (Bayrou)

Carburants : Macron doit  «réfléchir» (Bayrou)

C’est l’invitation du très prudent Bayrou adressé à Macron en matière de fiscalité sur le carburant. Bayrou reprend d’ailleurs l’idée d’une taxe flottante tenant compte de l’évolution du prix du baril. Une proposition qui permettrait de lisser les prix du carburant. (Interview Figaro)

 

- Comment répondre à la crise du prix des carburants qui s’exprime à travers le mouvement des «gilets jaunes»?

François BAYROU. - D’abord il y a le court terme. Une nouvelle étape d’augmentations des taxes sur les carburants est prévue au mois de janvier. Cela mérite que nous y réfléchissions. La trajectoire définie à partir de 2007, sous l’impulsion de Nicolas Hulot, était claire: une augmentation progressive des prix pour conduire à une baisse de la consommation des hydrocarbures. Mais peut-être n’avons-nous pas assez réfléchi au «progressivement». Par exemple, on pourrait reprendre l’idée d’une modulation des taxes en fonction du coût du baril du pétrole, pour que le prix à la pompe ne subisse pas de fluctuations trop pénalisantes.

Explications:

Le mécanisme dit de « TIPP flottante » désigne un ajustement de la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE, anciennement appelée « TIPP » jusque fin 2010) en fonction des variations du cours du pétrole brut. Il vise à atténuer les hausses des prix des carburants à la pompe. Il serait plus correct de parler aujourd’hui de « TICPE flottante ».

La TICPE est l’une des deux taxes (avec la TVA) revenant à l’État qui s’appliquent aux carburants en France. Son montant diffère pour chaque type de produit pétrolier. Il est fixé annuellement par litre de carburant consommé. La TICPE n’est donc pas directement impactée par les variations des cours du pétrole brut, contrairement à la TVA qui suit mécaniquement ces variations.

Le mécanisme de « TICPE flottante » revient à compenser chaque variation de la TVA (due à une variation du prix du pétrole brut) en ajustant la TICPE du même montant. Lorsque le prix du baril augmente, la TICPE est ainsi abaissée afin de lisser la hausse des prix des carburants à la pompe pour le consommateur. Lorsqu’il baisse, la TICPE est augmentée afin de compenser les pertes de recettes fiscales pour l’Etat.

Ce mécanisme n’est actuellement pas appliqué mais il a été mis en œuvre entre octobre 2000 et juillet 2002 par le gouvernement Jospin : la TIPP était modulée quand le cours du baril de Brent variait à la hausse ou à la baisse de plus de 10%.

Faux -cul : « L’Aquarius doit respecter les règles » ! (Lemaire)

Faux -cul : « L’Aquarius doit respecter les règles » ! (Lemaire)

Une curieuse conception du droit, maritime en l’occurrence,  pour Bruno Lemaire qui s’exprimait à propos de l’Aquarius. De manière très faux-cul, le ministre de l’économie et des finances a renvoyé la question de l’immatriculation de l’Aquarius au respect des règles françaises. Des règles régies notamment par le code des douanes et par  Décret n° 2016-1893 du 28 décembre 2016. Il s’agit de règles essentiellement administratives.  “Il faut d’abord que les règles soit remplies et ensuite, si et seulement si les règles sont remplies, on peut envisager des décisions qui appartiennent au Premier ministre et au président de la République”, a-t-il ajouté. On voit mal ce que vient faire le premier ministre ou le président de la république dans la décision d’accorder ou pas le pavillon français à un navire. La démarche est administrative et non politique. Ou alors il faut modifier la réglementation. Faire intervenir le premier ministre ou le président de la république c’est évidemment politiser le débat et finalement démontré que les règles sont accessoires. En droit maritime international, les règles sont effectivement accessoires puisque pour détourner les législations nationales trop contraignantes la plus grande partie des armements ont choisi des pavillons de complaisance comme le Panama par exemple et bien d’autres. Or justement sur pression européenne les autorités maritimes du Panama ont révoqué le 23 septembre l’enregistrement du navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, une décision qui devait prendre effet dès que le bateau accostait dans un port. Ce dernier est arrivé à Marseille jeudi dernier pour une escale. Les ONG sont en contact avec le Panama et lui demandent de revenir sur sa décision, issue qui paraît peu probable. L’Aquarius II, déjà privé d’immatriculation par Gibraltar, battait pavillon panaméen depuis le 20 août. Le Panama a justifié sa décision par le non-respect présumé des “procédures juridiques internationales en matière d’immigrants et de réfugiés secourus en mer». Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2018, 82.100 migrants sont arrivés en Europe par la mer, dont 36.654 en Espagne, pays qui est devenu leur principale destination cette année selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’organisme des Nations Unies précise que le nombre de décès en Méditerranée reste élevé (1.741) en 2018, mais en recul par rapport à l’an dernier (2.676) et 2016 (3.602).

Macron doit lâcher sur le social (Brigitte Bourguignon, LREM)

Macron doit lâcher sur le social (Brigitte Bourguignon, LREM)

C’est en substance ce que dit  la présidente En Marche de la Commission des Affaires sociales Brigitte Bourguignon qui ne remet pas en cause la politique libérale conduite jusque là mais qui demande un sérieux équilibrage au profit du social notamment des plus défavorisés.

Ce pourrait bien être un avertissement pour Macron qui par ailleurs dévisse sérieusement dans les sondages pour  les catégories les moins aisées.  La grande faiblesse de Macron concernant le manque d’équilibre de sa politique économique et sociale est confirmée  par les enquêtes notamment  un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances publié jeudi. Un an après son élection, 58% des Français ont une mauvaise opinion de sa politique économique et fiscale, une proportion qui monte à 88% parmi les sympathisants de La France insoumise, 75% des sympathisants Front national, 59% des sympathisants socialistes et 56% des sympathisants Les Républicains. Les sympathisants La République en marche la plébiscitent (92%). Cette politique est jugée favorable aux entreprises (70%), plutôt “de droite” (69%) et a rehaussé l’image de la France (55%). Une majorité estime qu’elle n’a pas amélioré la situation économique de la France (58%). (Le sondage a été réalisé les 25 et 26 avril)  Députée du Pas-de-Calais, ancienne du PS et leader de l’aile gauche du groupe La République En Marche, Brigitte Bourguignon,  lance dans le JDD un cri d’alarme pour un rééquilibrage social de la politique de l’exécutif. « Ce pari de la première année, qui visait à libérer l’économie et à renforcer la compétitivité des entreprises, je le soutiens, dit-elle. Mais il faut désormais déployer la même énergie au service du grand projet social que le Président a appelé de ses vœux. S’il y a un élan économique, on ne peut pas admettre que les plus fragiles, en particulier les mères célibataires, les jeunes, les seniors et les territoires abandonnés, restent à l’écart. » La vérité c’est que Macron est considéré comme le président de riches ; D’après un  sondage Odoxa pour Aviva, Challenges et BFM Business publié jeudi  82% des Français estiment que les grandes fortunes sont “plutôt avantagées” par la politique fiscale voulue par le président de la République. Les sondés sont également 77% à dire que les chefs d‘entreprises sont plutôt avantagés et 74% à dire que les salariés à haut revenus le sont aussi. Les propriétaires immobiliers assujettis à l‘ISF sont également considérés, par 68% des personnes interrogées, comme plutôt avantagés. A l‘inverse, les retraités modestes sont considérés, par 76% des sondés, comme plutôt désavantagés. Les salariés modestes sont également considérés, par 69% des Français, comme plutôt désavantagés par la politique fiscale. Du coup l’ancienne socialiste aujourd’hui en marche lance un appel à Macron. « Nous devons veiller à ce que notre action poursuive ces deux objectifs pour créer un nouvel équilibre. Je suis convaincue que l’investissement social est la clé de cet équilibre. Nous avons le devoir de faire plus, et plus vite, pour ceux qui ont moins. Il ne faut pas rater cette marche-là. » Elle revient également sur la baisse des APL décidée l’été dernier (« une erreur tant sur le fond que sur la forme ») et la cheffe de file de l’aile gauche du groupe LREM fait part « d’un certain trépignement et un désir d’avancer sur les sujets sociaux ». « De plus en plus de parlementaires disent : ‘Maintenant, on veut porter plus de mesures fortes sur le social’ », explique-t-elle. Pas sûr que Macron tellement persuadée la justesse de sa politique entende beaucoup de son oreille gauche !

 

Le service national doit « bien sûr » être obligatoire, et peut-être facultatif ?

Le service national doit « bien sûr » être obligatoire, et peut-être facultatif ?

 

Le gouvernemenet et Macron continuent  de s’embourber dans le projet de service  militaire qui devient service national universel ou limité, obligatoire voire facultatif ou même rien du tout.  Le ministre français de l‘Intérieur, Gérard Collomb, vient sur ce point de contredire sa collègue des Armées, Florence Parly qui craint les retombées sur son budget. Pas sûr que le fameux service devienne même obligatoire d’après Colomb : «ce  dispositif, appelé à être expérimenté en 2019, n‘aurait probablement “pas un caractère obligatoire au sens où les gendarmes viendraient rechercher les réfractaires”. Pas vraiment militaire mais plutôt sur le mode colonie de vacances : “Le fait que pendant que, pendant une période brève, tous les Français de quelque condition sociale qu‘ils soient se retrouvent ensemble, franchement, c‘est quand même pas mal”, a également dit le ministre de l‘Intérieur. Le dispositif serait dédié aux filles et garçons de 18 à 21 ans sur une période d‘un mois, soit 600.000 à 800.000 jeunes d‘une classe d’âge. Il suscite une perplexité grandissante dans les milieux militaires et éducatifs, notamment en raison des coûts d‘une telle mesure qui pourraient s’élever à plusieurs milliards d‘euros par an. Si l’on se fie si l’on au rapport des  inspections générales qui ont planché sur la question, le service national universel pourrait bien avoir du plomb dans l’aile. Rappelons d’ailleurs d’abord que ces inspections générales surtout composées de hauts  fonctionnaires en fin de carrière qui forcément entretiennent  des relations assez approximatives avec les réalités sociétales. Le principal reproche fait au service national serait son cout évalué autour de 3 milliards par an. Ce coût serait jugé excessif à la fois par les finances mais aussi par les  armées, ministère  qui a tellement peur qu’on ampute encore son budget. Un ministère des armées devenue par ailleurs très corporatiste depuis qu’il n’est composé que de personnels engagés. Pourtant ce coût serait  à mettre en relation avec le cout des dérives sociétales et républicaines constatées dans de nombreuses zones de non-droit, un coup économique mais aussi social qui doit dépasser et de très loin les 3 milliards évoqués. Certes le service national à lui seul ne pourra combler les déficiences civiques de ceux qui vivent en dehors des règles républicaines. Mais il peut contribuer avec l’école, avec la formation permanente avec les familles, avec l’entourage à réinsérer le concept de citoyenneté républicaine chez des jeunes marginaux devenus sauvageons voir délinquants. Le rapport des inspections générales remet en cause d’une certaine façon l’utilité de ce service national réduit à un mois. En cause notamment aussi l’impossibilité de l’internat faute de locaux disponibles (l’armée a déjà vendu nombre de casernes et autres locaux). Un argument très spécieux dans la mesure où dans les dernières années du service obligatoire nombre d’appelés rentraient directement chez eux chaque soir. Il ne manque pas d’équipements sportifs insuffisamment utilisés qui pourraient servir à la formation des appelés. Sur le plan stratégique,  maintenant la professionnalisation d’une grande partie de l’armée est sans doute nécessaire compte tenu de la sophistication des outils de défense. Ceci étant,  la principale menace n’est sans doute plus, ou en tout cas moins, la guerre conventionnelle entre deux pays mais vraisemblablement le développement du terrorisme. Pour preuve 10 000 militaires assurent dans la rue des missions de sûreté qui  pourrait parfaitement être confiées  à des appelés. Pour résumer le rapport des inspections générales souligne surtout les contraintes de cet éventuel service national. « Les positions exprimées à ce jour sur le service universel d’un mois font ressortir d’importantes réserves tenant à la fois au caractère obligatoire de ce service, à l’importance des moyens matériels et humains à mobiliser pour accueillir et encadrer toute une classe d’âge, pendant plusieurs semaines, aux doutes exprimés sur la possibilité d’entretenir un résultat significatif, en un mois, au regard des objectifs affichés », conclut le rapport. Macron a été agacé par ce rapport car il veut maintenir son concept de service universel, promesse de campagne, quitte à en ratatiner complètement le contenu à quelques jours.

« Ce que doit faire Macron » (Moscovici, qui ne l’a pas fait quand il était ministre de l’économie)

 « Ce que doit faire Macron » (Moscovici, qui ne l’a pas fait quand il était ministre de l’économie)

 

Il faut être vraiment culotté ou bien être affecté d’une insuffisance de mémoire pour que Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et ancien ministre socialiste des finances,  donne des conseils à Macron en matière de déficit budgétaire. On ne peut pas dire que Moscovici ait beaucoup marqué son temps pour réduire de manière significative les dépenses de la France quand il était en charge des finances. En bon énarque,  il n’a pas voulu bousculer la bureaucratie. En fait,  les propos moralisateurs de Moscovici sont destinés autant à Macron qu’aux Etats européens en vue  d’influencer la succession prochaine du sulfureux luxembourgeois Juncker, président de l’union économique. Un poste que convoite Moscovici qui doit évidemment plaire aux gouvernements qui pratiquent  l’orthodoxie budgétaire notamment l’Allemagne. D’ailleurs son discours pourrait être celui de Merkel : « Emmanuel Macron veut être (…) le leader en Europe et pour être le leader en Europe, il faut montrer l’exemple. C’est la raison pour laquelle cette question des déficits structurels, cette question de la maîtrise de la dépense publique, cette question de la gestion moderne de l’Etat qui prépare l’avenir, c’est une question tout à fait essentielle si on veut en effet transformer le pays », a déclaré Pierre  Moscovici, interrogé au Grand Rendez-vous d’Europe 1-Cnews-Les Echos, en appelant la France à ne pas s’arrêter une fois passée sous la barre des 3% du PIB.   »3% ce n’est pas une cible, c’est une limite absolue et nos règles de déficit public dessinent un chemin qui doit aller vers une réduction très forte des déficits », a souligné l’ancien ministre socialiste, se réjouissant que la France « quitte le bonnet d’âne », mais ajoutant que « la moyenne des déficits dans la zone euro n’est pas à 2,8%, n’est pas à 2,7%, elle est à 0,9% ». « La France va mieux, elle va mieux sur le plan de ses déficits, elle va mieux sur le plan de sa croissance,  et elle va mieux du point de vue de ses déséquilibres », a estimé le commissaire européen. « Mais la France doit viser très haut, la France doit viser la première place. » Moscovici lui aussi vise la première place, celle de président de la commission européenne. Un poste qui pourrait lui revenir car la France comme l’Allemagne non ne sont pas décidés à désigner un responsable à forte personnalité ; du coup,  le profil de technocrate mou de Moscovici pourrait convenir aux deux parties qui veulent bien renforcer l’union européenne mais ne pas abdiquer leurs souverainetés.

« Ce que doit faire Macron » (Moscovici, qui ne l’a pas fait quand il était ministre de l’économie)

« Ce que doit faire Macron » (Moscovici, qui ne l’a pas fait quand il était ministre de l’économie)

 

Il faut être vraiment culotté ou bien être affecté d’une insuffisance de mémoire pour que Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et ancien ministre socialiste des finances,  donne des conseils à Macron en matière de déficit budgétaire. On ne peut pas dire que Moscovici ait beaucoup marqué son temps pour réduire de manière significative les dépenses de la France quand il était en charge des finances. En bon énarque,  il n’a pas voulu bousculer la bureaucratie. En fait,  les propos moralisateurs de Moscovici sont destinés autant à Macron qu’aux Etats européens en vue  d’influencer la succession prochaine du sulfureux luxembourgeois Juncker, président de l’union économique. Un poste que convoite Moscovici qui doit évidemment plaire aux gouvernements qui pratiquent  l’orthodoxie budgétaire notamment l’Allemagne. D’ailleurs son discours pourrait être celui de Merkel : « Emmanuel Macron veut être (…) le leader en Europe et pour être le leader en Europe, il faut montrer l’exemple. C’est la raison pour laquelle cette question des déficits structurels, cette question de la maîtrise de la dépense publique, cette question de la gestion moderne de l’Etat qui prépare l’avenir, c’est une question tout à fait essentielle si on veut en effet transformer le pays », a déclaré Pierre  Moscovici, interrogé au Grand Rendez-vous d’Europe 1-Cnews-Les Echos, en appelant la France à ne pas s’arrêter une fois passée sous la barre des 3% du PIB. 3% ce n’est pas une cible, c’est une limite absolue et nos règles de déficit public dessinent un chemin qui doit aller vers une réduction très forte des déficits », a souligné l’ancien ministre socialiste, se réjouissant que la France « quitte le bonnet d’âne », mais ajoutant que « la moyenne des déficits dans la zone euro n’est pas à 2,8%, n’est pas à 2,7%, elle est à 0,9% ». « La France va mieux, elle va mieux sur le plan de ses déficits, elle va mieux sur le plan de sa croissance,  et elle va mieux du point de vue de ses déséquilibres », a estimé le commissaire européen. « Mais la France doit viser très haut, la France doit viser la première place. » Moscovici lui aussi vise la première place, celle de président de la commission européenne. Un poste qui pourrait lui revenir car la France comme l’Allemagne non ne sont pas décidés à désigner un responsable à forte personnalité ; du coup,  le profil de technocrate mou de Moscovici pourrait convenir aux deux parties qui veulent bien renforcer l’union européenne mais ne pas abdiquer leurs souverainetés.

 

Brexit: le Royaume-Uni doit d’abord payer la facture (Macron)

Brexit: le Royaume-Uni doit d’abord payer la facture  (Macron)

Des négociations d’abord sur  le règlement de la facture exigible  du Royaume-Uni suite au Brexit a déclaré Macron. . Ensuite seulement pour le président de la république l’union européenne pourra alors envisager la seconde  phase qui vise à préparer les conditions des nouvelles relations commerciales entre les Britanniques et l’union européenne. Une position française qui rejoint totalement celle de l’union économique “Tant que ces sujets (la facture NDLR) ne sont pas réglés, nous ne pouvons pas ouvrir la deuxième phase de négociation”, a dit le président français lors d‘une conférence de presse à l‘issue d‘un sommet européen à Göteborg (Suède). “J‘ai réaffirmé mon souhait que les négociateurs trouvent une issue heureuse aux négociations en cours pour qu‘au mois de décembre comme nous l‘avons initialement prévu nous puissions avoir une négociation à 27 qui donnera un mandat au négociateur Barnier pour entamer la phase de négociation sur la vie d‘après”, a-t-il ajouté. “Mais, pour la France, on ne changera en rien le processus décidé et nous n‘ouvrirons en rien la négociation sur la vie d‘après tant que les conditions fixées sur la première phase ne sont pas arrêtées”, a encore déclaré Emmanuel Macron. Le problème c’est que les Britanniques veulent mener de pair la discussion sur la facture et la discussion sur les futures relations commerciales. Certains même au Royaume-Uni évoquent la perspective d’une rupture brutale sans aucune compensation financière. Mais les responsables politiques du Royaume-Uni sont très divisés sur ces questions st la première ministre Theresa May, au sein der sa propre majorité,  ne parvient pas à définir une ligne claire de négociation avec l’union européenne.

Grande-Bretagne: Uber doit salarier ses conducteurs

 Grande-Bretagne: Uber doit salarier ses conducteurs

Si les décisions de la justice britannique font jurisprudence ce pourrait être un coup dur pour Uber. En Grande-Bretagne considère en effet que les chauffeurs Uber doivent bénéficier des acquis sociaux des salariés. En clair qu’Uber doit salarier les chauffeurs qu’elle utilise. Or tout le système d’Hubert repose sur le principe de l’externalisation des charges sociales et financières sur le chauffeur. Ce pourrait être une remise en cause totale du modèle économique d’Uber. L‘an dernier, un tribunal britannique a donné gain de cause à deux conducteurs britanniques qui arguaient qu‘Uber exerçait sur eux un contrôle suffisamment important pour qu‘ils soient en droit de réclamer certains avantages sociaux comme un salaire minimum, des congés payés ou des pauses pendant leur travail. La décision, confirmée vendredi par l‘Employment Appeal Tribunal (EAT), ne s‘appliquera pas automatiquement aux 50.000 conducteurs d‘Uber en Grande-Bretagne, mais pourrait inciter d‘autres chauffeurs à présenter des recours.  Elle pourrait aussi profiter aux employés de milliers d‘autres entreprises dont celles appartenant à l’économie dite de partage ou “gig economy”, dans laquelle les individus travaillent sans contrat pour de multiples employeurs.

Tapie doit rendre les 404 millions (cour de cassation)…pas sûr !

Tapie doit rendre les 404 millions (cour de cassation)…pas sûr !

 

Théoriquement selon une décision rendue jeudi par la Cour de cassation, Bernard Tapie a été définitivement condamné à rembourser les 404 millions d’euros accordés en 2008 par un tribunal arbitral pour régler son litige avec le Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas,. Reste à savoir si la totalité de la somme sera effectivement remboursée. Cette affaire traîne en effet depuis plus de 20 ans du fait des procédures administratives et judiciaires dont on a usé et abusé. Évidemment un temps suffisant pour que Bernard ait peaufiné ses montages financiers et mettre à l’abri une partie de ces s actifs. Pour l’instant, la justice n’a d’ailleurs pu récupérer qu’à peine 100 millions ! Pas étonnant Bernard Tapie n’est plus officiellement le détenteur de la totalité de ces actifs et certaines de ses activités sont en liquidation. S’il s’agissait d’un contribuable ordinaire il y a longtemps que le pavillon constituant le seul patrimoine de  l’intéressé aurait été vendu sans ménagement. La décision de la Cour de cassation demeure donc encore assez théorique : « La Cour de cassation rejette les pourvois formés par M. Tapie et son épouse, les sociétés de son groupe et ses liquidateurs, contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 3 décembre 2015″, lit-on dans un communiqué. En juin 2016, la justice avait définitivement annulé cet arbitrage, estimant qu’il était « frauduleux » car les relations entre le camp Tapie et l’un des juges-arbitres avaient été dissimulées, ce qui avait biaisé la sentence. Cet arbitrage est aussi au centre d’une enquête pénale pour escroquerie en bande organisée dans laquelle le parquet a demandé que six protagonistes, dont l’ex-patron de l’Olympique de Marseille, soient renvoyés en correctionnelle. La cour d’appel de Paris avait aussi condamné l’homme d’affaires à restituer l’intégralité des sommes. Le couple Tapie, ses sociétés et ses liquidateurs s’étant pourvus en cassation, il revenait à la plus haute juridiction de trancher ce point. « Une justice n’est efficace que quand elle est sévère et juste avec tout le monde, même lorsque l’Etat est partie au dossier. La vie continue et le combat aussi », a réagi Bernard Tapie auprès de l’AFP. En ce qui concerne le volet pénal de ce feuilleton judiciaire, le parquet de Paris a demandé en mars un procès pour six protagonistes dont Bernard Tapie, Pierre Estoup, et le PDG d’Orange Stéphane Richard, à l’époque directeur de cabinet de la ministre de l’Économie Christine Lagarde. Cette dernière, actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a été reconnue coupable de « négligence » mais dispensée de peine par la Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement

Fillon doit renoncer pour 70 % des Français dont 53 % des proches de la droite

Fillon doit renoncer pour 70 % des Français dont 53 % des proches de la droite

 

Sept Français sur dix et une majorité de sympathisants de droite pensent désormais que François Fillon, empêtré dans une affaire d’emplois présumés fictifs, devrait renoncer à l’élection présidentielle, selon un sondage Odoxa publié vendredi. 79% des personnes interrogées n’ont pas été convaincues par les explications fournies par le candidat de la droite et du centre, qui a reconnu avoir commis une « erreur » lors d’une conférence de presse lundi et a publié une « lettre aux Français », selon ce sondage réalisé pour franceinfo. Cette opinion est partagée par 61% des sympathisants de droite. En conséquence, 70% des Français et 53% des proches de la droite estiment que le candidat devrait renoncer à se présenter. Les trois quarts des personnes interrogées (74%, 53% des sympathisants de droite) disent avoir désormais une « mauvaise opinion » de François Fillon, relégué en 3ème position dans les sondages depuis l’ouverture d’une enquête sur les soupçons d’emplois fictifs dont aurait bénéficié son épouse. 25% conservent une « bonne opinion » de lui, alors qu’elles étaient 38% selon un précédent sondage publié le 27 janvier.
Si François Fillon décidait finalement de renoncer, 50% des personnes interrogées pensent qu’Alain Juppé, battu à la primaire de la droite, serait le meilleur candidat, loin devant François Baroin (15%) et Xavier Bertrand (13%).
Enquête réalisée par internet les 8 et 9 février auprès d’un échantillon de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

L’écotaxe doit être appliqué pour le Conseil d’État

L’écotaxe  doit être appliqué pour le Conseil d’État

 

 

Situation ubuesque qui témoigne d’une certaine façon d’un certain amateurisme du gouvernement concernant l’éco taxe. En effet faute d’avoir été abrogée officiellement l’écotaxe demeure et doit être appliquée. C’est en tout cas l’avis du conseil d’État. Or le gouvernement a clairement indiqué qu’il renonçait au principe même de l’écotaxe. Pour satisfaire aux exigences du conseil d’État peut-être le gouvernement va-t-il créer une écotaxe forfaitaire à un euro ? En effet il faut une loi pour annuler juridiquement la fiscalité qui était envisagée. Le refus du gouvernement d’appliquer l’écotaxe, toujours pas formellement abrogée, est « illégal ». Voilà ce qu’a estimé ce lundi le Conseil d’État, qui a sommé l’exécutif de prendre un arrêté fixant la date de début de collecte de cette taxe.  Le gouvernement pensait en avoir fini avec l’écotaxe, suspendue sine die fin 2014 après la révolte des « bonnets rouges », mais le Conseil d’État vient de le rappeler à ses devoirs. La plus haute juridiction administrative impose désormais à la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, de préciser « la date de mise en oeuvre du dispositif technique nécessaire à la collecte de la taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises » et ce « dans un délai de six mois », l’assemblée nationale et le Sénat soit en mesure de prendre une disposition législative dans ce sens avant les présidentielles.  Le Conseil d’Etat rappelle que le gouvernement était « tenu de prendre dans un délai raisonnable les mesures réglementaires, telles qu’un arrêté, qu’implique nécessairement l’application de la loi ». Mais l’exécutif « a décidé de reporter la perception de cette taxe et n’a donc pas pris l’arrêté en question ».

Duflot doit quitter la politique (Placé)

Duflot doit quitter la politique (Placé)

Règlement de comptes à OK Corral chez les écolos. Placé  conseille à Duflot sévèrement battues aux primaires des écologies d’Europe écologie les Verts de se reconvertir dans une O.N.G. Placé, aujourd’hui secrétaire d’État chargé de la réforme administrative, dénonce en outre la pratique des tombeurs de tête des écolos qui passent leur temps à éliminer comme dans une sorte de secte. : « Cécile doit décrocher de la politique pour espérer y revenir. Il faut qu’elle prenne un poste dans une ONG ou dans le privé pour quelques années. Ensemble nous avons mené sept ­campagnes électorales et en avons gagné sept… Lorsqu’elle a quitté le gouvernement, elle a fait une erreur en se coupant de son aile droite sans conquérir sur sa gauche. Elle n’a plus de base électorale. » Parti fin août 2015 d’EELV pour former un nouveau parti pro-gouvernement, Jean-Vincent Placé se montre régulièrement critique à l’égard de son ancienne formation politique. Mais le secrétaire d’Etat, chargé de la Réforme de l’Etat, se refusait d’enfoncer Cécile Duflot. Elle  »paie surtout l’ingratitude des Verts », disait Placé sur France 2 le lendemain du premier tour.  »C’est ça qu’elle paie, le côté coupeurs de tête des Verts qui continuent un peu dans une forme de suicide collectif, un peu Temple solaire, quoi. C’est-à-dire qu’on continue dans la secte et puis on essaie de qualifier deux personnes que personne ne connaît ».

Le Royaume-Uni doit « accueillir immédiatement » les mineurs isolés (Parlementaires)

Le Royaume-Uni doit « accueillir immédiatement » les mineurs isolés (Parlementaires)

Les parlementaires français ont réagi avec vigueur aux propos de la ministre de l’intérieur britannique qui considérait que le problème des migrants de Calais était à régler par la France qui devrait par ailleurs prendre «  grand soin des mineurs ».   »La France, au terme de l’opération conduite cette semaine, aura mis à l’abri sur son territoire près de 11.000 personnes depuis Calais en un an (…) 1.500 mineurs isolés ont été mis en sécurité à Calais ces derniers jours, dans le Centre d’accueil provisoire », peut-on lire dans cette lettre communiquée samedi par la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Sandrine Mazetier (PS). Par la France y compris celui des mineurs ajoutant avec une certaine condescendance que la France devait en prendre soin. « Ces mineurs, dont l’intérêt supérieur est de gagner le Royaume-Uni, ont de plus, pour beaucoup d’entre eux, de la famille dans votre pays. (Ils) ne demandent aucune faveur: ils ont droit, selon les règlements internationaux en vigueur et selon la loi britannique, à être accueillis au Royaume Uni », poursuivent les signataires, parmi lesquels les présidents des groupes PS à l’Assemblée et au Sénat, Bruno Le Roux et Didier Guillaume, ou encore l’ancienne ministre et actuelle présidente du PRG, Sylvia Pinel. « Leur transfert en Grande-Bretagne est urgent. Nous vous demandons de prendre vos responsabilités et d’assumer à votre tour votre devoir moral en organisant immédiatement leur accueil sur votre sol », insistent-ils.

Brexit : Boris Johnson doit aller en enfer

Brexit : Boris Johnson doit aller en enfer

Ce  n’est pas l’avis  officiel de Cameron mais de son entourage,  Boris Johnson a joué à l’apprenti sorcier uniquement pour démolir Cameron lequel par parenthèse porte aussi une responsabilité dans ce référendum qu’il a proposé pour assurer sa propre réélection ;  en fait ni Boris Johnson, ni Cameron ne s’attendaient à ce résultat même si l’un a  milité pour le brexit, l’autre contre. Du coup c’est un peu la révolution au sein des conservateurs. Pour preuve de son inconséquence Boris Johnson demande maintenant de retarder les négociations du divorce avec l’union économique et souhaitent même que les relations commerciales avec l’Europe  ne soient pas modifiées. Une manière de s’excuser de sa position en faveur du break site en tout cas de la légitimer.  Le Royaume-Uni continuera à avoir accès au marché unique européen, estime le partisan du Brexit Boris Johnson, dans un article publié dimanche dans le Telegraph. L’ex-maire de Londres explique que la Grande-Bretagne peut désormais bâtir une relation fondée sur le libre échange et un partenariat « économique » avec l’Europe, plutôt que de faire partie d’un système politique fédéral, ajoutant que des accords commerciaux pourront être conclus avec les économies en croissance hors de l’UE. « L’économie est en de bonnes mains », poursuit-il. « La plupart des personnes raisonnables se rendent compte que le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney a fait un travail superbe, et maintenant que le référendum est fini, il sera en mesure de continuer son travail sans être en première ligne politiquement. » Mais Mark Carney avait mis en garde les partisans du Brexit contre les conséquences économiques d’une sortie de l’Union. Boris Johnson dit en outre ne détecter aucun « appétit véritable » pour un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, en dépit des déclarations en faveur d’un nouveau scrutin de la première ministre écossaise Nicola Sturgeon. . Boris Johnson manœuvre évidemment pour prendre la tête du parti est remplacé Cameron comme premier ministre.  Mais, la fronde s’organise et ses détracteurs décochent leurs premières flèches. «Tu as tué notre premier ministre, on va te tuer», rumineraient les alliés de Cameron, selon The Sun. «Il est douloureux de constater que Boris et Gove  (son allié) n’ont aucun plan, aucune idée de ce qu’ils font. Ils ne s’attendaient pas à gagner», rapporte un proche du premier ministre, cité par The Sunday Telegraph. Theresa May, la ministre de l’Intérieur, s’impose de plus en plus comme l’arme anti-Boris. Principale rivale de l’ex-maire de Londres, elle s’est intelligemment tenue à distance de la campagne pour le Brexit et devrait entrer dans la course d’ici à la fin de semaine. Ses proches s’affairent actuellement à rallier les soutiens. David Cameron ne devrait soutenir aucun candidat, mais ses proches auraient une préférence pour May, qu’il craint, mais respecte. «Boris a sa place réservée en enfer (…) Nous devons nous mettre derrière Theresa, c’est elle l’adulte», estime un membre du premier cercle de Cameron, cité par le Times. Dans ce jeu du «tout sauf Boris», les proches du favori redoutent même un complot, qui viserait à changer les règles de l’élection du leader conservateur, en garantissant qu’un des deux candidats soit une femme. De quoi nuire à celui dont un des slogans de campagne était il y a quelques années: «votez tory, votre femme aura de plus gros seins.»

Moscovici : Déficit, la France doit faire plus d’efforts, …..et toi ?

Moscovici : Déficit,  la France doit faire plus d’efforts, …..et toi ?

 

 

Décidément vraiment gonflé Moscovici le commissaire européen endormi qui met en demeure la France de faire davantage d’efforts en matière de déficit budgétaire. Il faut bien convenir que Moscovici n’a pas fait preuve d’un grand dynamisme dans ce domaine lorsqu’il était ministre de l’économie, c’est même seulement après son départ que la France a commencé à faire quelques efforts. En outre la période n’est pas forcément très bien choisie pour justifier une rigueur budgétaire qui va à l’encontre de la relance. Ce que pense d’ailleurs maintenant le fonds monétaire international. Certes la maîtrise et même la réduction des dépenses budgétaires doivent constituer une préoccupation permanente ne serait-ce que pour éviter de plomber l’avenir des prélèvements obligatoires (dont la France détient le record mondial). Pour autant l’urgence pour la France comme pour les autres pays et sans doute de combiner l’action budgétaire avec la politique monétaire et les réformes structurelles afin  de relancer une croissance atone. En réalité la déclaration de Moscovici est surtout destinée à satisfaire l’Allemagne donc aussi à conforter son  poste du commissaire européen. Un commissaire européen qui pourrait par ailleurs peut-être s’imposer lui aussi un peu de rigueur puisque les commissaires européens (entourés par ailleurs par des armées de technocrates) s’attribuent  une « petite » rémunération de 25 000 € par mois soumise seulement un impôt communautaire très inférieur à la fiscalité française et qui permet accessoirement d’obtenir une petite retraite complémentaire de 4000 € par mois à 65 ans.   »Nous serons vigilants, nous serons exigeants et il n’y a pas d’autre alternative que d’être en-dessous de 3% en 2017″, a affirmé le commissaire européen Pierre Moscovici sur LCP, après l’appel du président néerlandais de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à plus de fermeté à l’égard de Paris. L’Eurogroupe est la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro. Dans ses propos, le commissaire européen n’a pas voulu laisser transparaître le moindre signe d’un traitement spécial pour la France à un an des présidentielles et après les nouvelles dépenses annoncées par le gouvernement ces dernières semaines.  »Si ces dépenses sont faites, il faudra que l’équilibre soit respecté et que l’on passe en-dessous de 3% en 2017″, a martelé Pierre Moscovici. « Il faut que cet équilibre soit sérieux, que les choses ne soient pas optiques. La France a pris des engagements. Elle doit les tenir », a-t-il insisté.

TAFTA: ce n’est pas Hollande qui doit décider ! (Franck Proust, député européen Les Républicains)

TAFTA: ce n’est pas Hollande qui doit décider (Franck Proust, député européen Les Républicains)

Une Interview de  Franck Proust, député européen Les Républicains et membre de la commission Commerce international dans la Tribune;  Interview qui contraste avec les critiques sur le traité transatlantique.

LA TRIBUNE : Le président François Hollande a prévenu mardi qu’ »à ce stade » des négociations, « la France dit non » au traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta) car « nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règles ».  Pourtant, il y a encore deux ans, la France souhaitait « aller vite »…

FRANCK PROUST : Il y a quelque chose qui m’échappe, ce n’est pas François Hollande qui décide si on arrête les négociations. Nous venons de terminer le 13e round des négociations démarrées en 2013, et on fait mine de découvrir les points d’achoppement entre l’Union européenne et les Etats-Unis, c’est-à-dire : la réciprocité des marchés publics, la reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP) ou encore l’alignement des normes européennes sur celles des Etats-Unis. Aujourd’hui, la posture politique de François Hollande l’emporte sur les discussions. Il tente de re-séduire son électorat de gauche à l’approche des élections présidentielles et cherche à se positionner – au même titre que le Général de Gaulle à son époque- comme le seul rempart face aux Américains et à ce traité impopulaire. Alors que les négociations entrent dans le vif du sujet, la France dit qu’elle va quitter la table. Et ce genre de propos met en exergue les divergences de points de vue et affaiblit l’Europe. Pourtant, tout le monde est d’accord pour dire que, en l’état actuel des choses, l’Union européenne ne signe pas un accord qui ne respecte pas le principe de « gagnant-gagnant ».

L’opinion publique et les associations redoutent un accord qui viendrait mettre à mal le principe de précaution, la protection des consommateurs ou qui privilégierait uniquement les intérêts des multinationales. Plusieurs voix en politique déplorent un texte abscons, peu lisible, dans un jargon incompréhensible.

Depuis le début des discussions sur le TTIP en juillet 2013, il y a eu des progrès, tout le monde a désormais accès aux documents, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a fait un gros travail. Après, il est tout à fait normal qu’il existe une part de confidentialité sur ce type de négociations. La publication de documents confidentiels par Greenpeace est un scandale. Ce qui me dérange dans ces révélations, c’est qu’il existe pour ce type de discussions un pacte de confiance, et on ne peut pas divulguer n’importe quoi n’importe où. D’ailleurs, qu’a-t-on appris de ces documents hormis le fait que les Américains ont une position différente de la nôtre et que la Commission européenne défend les intérêts européens ? La commissaire européenne au Commerce l’a déjà dit : le bœuf aux hormones ou le poulet chloré, c’est hors de question ! Quant aux supposées révélations sur l’abandon du principe de précaution dans le texte du TTIP, il n’en a jamais été question ! Au même titre qu’il ne s’agit pas d’abaisser nos normes européennes en matière de santé.

Après, il y a une terminologie qui suscite l’inquiétude comme « libre-échange », « Etats-Unis », le syndrome de la peur conduit à une vision caricaturale. Et, malheureusement, Bruxelles est en train de perdre la bataille de la communication sur le sujet.

Dans ce contexte, le TTIP a-t-il encore un avenir ?

On ne privilégiera jamais le calendrier au détriment de l’accord. Je préfère perdre un ou deux ans plutôt que d’avoir un accord qui n’est pas satisfaisant. De toute façon, la date initialement avancée par l’administration Obama, fin 2016, est  désormais utopique. Ensuite, il va falloir composer avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, et ni le républicain Donald Trump, ou la démocrate Hillary Clinton ne semblent très ouverts sur la question. Mais il faut prendre en compte la situation géographique. L’Union européenne n’est pas en position de force face à nos concurrents asiatiques (NDLR : Chine, Inde). Si on ne parvient pas à trouver un accord, il faudra mettre en place un plan B pour résister à ces marchés.

LES FAITS : L’ONG Greenpeace a publié lundi des documents confidentiels sur le projet de libre-échange commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, aussi connu sous le nom de TTIP ou Tafta. Alors que l’ONG assure que ces 248 pages « confirment les menaces sur la santé, l’environnement et le climat », le scénario d’un accord d’ici fin 2016 semble peu probable. Trois questions à Franck Proust, député européen Les Républicains et membre de la commission Commerce international.

LA TRIBUNE : Le président François Hollande a prévenu mardi qu’ »à ce stade » des négociations, « la France dit non » au traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou Tafta) car « nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règles ».  Pourtant, il y a encore deux ans, la France souhaitait « aller vite »…

FRANCK PROUST : Il y a quelque chose qui m’échappe, ce n’est pas François Hollande qui décide si on arrête les négociations. Nous venons de terminer le 13e round des négociations démarrées en 2013, et on fait mine de découvrir les points d’achoppement entre l’Union européenne et les Etats-Unis, c’est-à-dire : la réciprocité des marchés publics, la reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP) ou encore l’alignement des normes européennes sur celles des Etats-Unis.

Aujourd’hui, la posture politique de François Hollande l’emporte sur les discussions. Il tente de re-séduire son électorat de gauche à l’approche des élections présidentielles et cherche à se positionner – au même titre que le Général de Gaulle à son époque- comme le seul rempart face aux Américains et à ce traité impopulaire.

Alors que les négociations entrent dans le vif du sujet, la France dit qu’elle va quitter la table. Et ce genre de propos met en exergue les divergences de points de vue et affaiblit l’Europe. Pourtant, tout le monde est d’accord pour dire que, en l’état actuel des choses, l’Union européenne ne signe pas un accord qui ne respecte pas le principe de « gagnant-gagnant ».

L’opinion publique et les associations redoutent un accord qui viendrait mettre à mal le principe de précaution, la protection des consommateurs ou qui privilégierait uniquement les intérêts des multinationales. Plusieurs voix en politique déplorent un texte abscons, peu lisible, dans un jargon incompréhensible.

Depuis le début des discussions sur le TTIP en juillet 2013, il y a eu des progrès, tout le monde a désormais accès aux documents, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a fait un gros travail. Après, il est tout à fait normal qu’il existe une part de confidentialité sur ce type de négociations. La publication de documents confidentiels par Greenpeace est un scandale. Ce qui me dérange dans ces révélations, c’est qu’il existe pour ce type de discussions un pacte de confiance, et on ne peut pas divulguer n’importe quoi n’importe où.

D’ailleurs, qu’a-t-on appris de ces documents hormis le fait que les Américains ont une position différente de la nôtre et que la Commission européenne défend les intérêts européens ? La commissaire européenne au Commerce l’a déjà dit : le bœuf aux hormones ou le poulet chloré, c’est hors de question ! Quant aux supposées révélations sur l’abandon du principe de précaution dans le texte du TTIP, il n’en a jamais été question ! Au même titre qu’il ne s’agit pas d’abaisser nos normes européennes en matière de santé.

Après, il y a une terminologie qui suscite l’inquiétude comme « libre-échange », « Etats-Unis », le syndrome de la peur conduit à une vision caricaturale. Et, malheureusement, Bruxelles est en train de perdre la bataille de la communication sur le sujet.

Dans ce contexte, le TTIP a-t-il encore un avenir ?

On ne privilégiera jamais le calendrier au détriment de l’accord. Je préfère perdre un ou deux ans plutôt que d’avoir un accord qui n’est pas satisfaisant. De toute façon, la date initialement avancée par l’administration Obama, fin 2016, est  désormais utopique. Ensuite, il va falloir composer avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, et ni le républicain Donald Trump, ou la démocrate Hillary Clinton ne semblent très ouverts sur la question. Mais il faut prendre en compte la situation géographique. L’Union européenne n’est pas en position de force face à nos concurrents asiatiques (NDLR : Chine, Inde). Si on ne parvient pas à trouver un accord, il faudra mettre en place un plan B pour résister à ces marchés.

 

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol