Archive pour le Tag 'd’intérêt'

Page 3 sur 6

Taux d’intérêt : trop haut ou trop bas ?

Taux d’intérêt : trop haut ou trop bas ?

CHRONIQUE. Les taux d’intérêt sont en forte hausse depuis fin 2021, mais restent encore tellement bas.

Par Karl Eychenne, chercheur chez Oblomov & Bartleby dans La Tribune

Depuis le début des hostilités, les taux d’intérêt à 10 ans français ont remonté de 0 % à près de 3 %. Nous sommes fin 2021, et la crise sanitaire semble enfin dans le rétroviseur. Les taux d’intérêt de long terme sont alors aspirés par une accélération fulgurante de l’inflation, et l’anticipation d’une remontée des taux d’intérêt directeurs des Banques centrales. La hausse des taux marque la fin d’une décennie de politique monétaire ultra – accommodante. Les taux retrouvent des niveaux qu’ils n’avaient plus connu depuis 2012. Mais cela ne suffit pas, loin de là.

Cela fait un moment que la recherche académique bataille avec les niveaux de taux observés. Déjà dans les années 80, on parlait de l’énigme de la prime du taux sans risque (Philippe Weil, The Equity risk premium puzzle and the risk free rate puzzle, 1989). On ne comprenait pas comment les taux pouvaient être si bas, à moins de supposer que l’agent économique éprouve une aversion pour le risque démesurément faible, voire négative ! Mais à l’époque, on mettait cela sur le compte d’un formalisme excessif de la théorie. Le problème ne pouvait pas venir du fait observé, c’est le modèle qui devait se tromper. Depuis, la théorie a fait preuve d’une imagination débordante, mais au prix d’une technicité rebutante, et sans jamais vraiment convaincre son auditoire.

Des années plus tard, rien n’a changé ou pire. Crise financière, embellie économique, ou aujourd’hui inflation galopante, rien n’y fait. Les taux restent toujours trop bas. Ce constat peut heurter celui qui cherche vainement un crédit immobilier depuis 1 an. Pourtant, avec des taux 10 ans à près de 3 % mais une inflation à 6 %, il est bien difficile de soutenir que les conditions de financement soient vraiment restrictives. Le coût de l’argent reste bien inférieur au coût de la vie. Mieux encore, avec un taux réel (taux moins l’inflation) négatif à près de – 3 %, le cout de financement de l’économie est bien inférieur au taux de croissance de cette même économie plus proche de 1 %. En caricaturant, cela signifie que l’économie se finance à « bon prix ».

Il ne semble pas que la situation évoluera beaucoup pour les mois qui viennent. En effet, les taux semblent déjà à bout de souffle, en témoigne leur relative stabilité depuis le début de l’année avec l’anticipation d’une Banque centrale en fin de course. D’autre part, l’inflation cœur (hors prix de l’énergie et de l’alimentaire) ne montre toujours pas de signe d’essoufflement. Enfin, la croissance du PIB devrait rester proche de 1 % avec l’éloignement du risque de récession. Au total, les taux réels resteraient donc négatifs, et bien inférieurs à la croissance. Des taux bas, trop bas, qui posent un problème aux marchés financiers.

Les faillites ou rachats de quelques banques depuis février ne sont que des avertissements sympathiques. Mais la longue tendance baissière des taux réels depuis de nombreuses années a très probablement incité d’autres établissements ou investisseurs à saisir des opportunités qui n’en étaient pas. En effet, cette baisse des taux réels a renchéri considérablement la valeur des obligations détenues, mais a aussi contribué à doper la valorisation des actifs risqués. C’est donc sans surprise que la violente remontée des taux observée en 2022 a motivé de fortes moins-values sur les obligations détenues ainsi que sur les marchés d’actions.

Or, s’il s’avérait que les taux réels ont déjà fini de remonter, alors la purge aura été de courte durée, et les investisseurs pourraient de nouveau succomber à la tentation d’acheter des actifs financiers dopés par les taux bas, trop bas. Le risque d’une nouvelle vague d’exubérance est bien réel. Cependant, tout le monde ne serait pas perdant dans l’affaire.

La lutte contre le réchauffement climatique nécessite des réformes qui ont un coût. Or, plus les taux réels sont bas, et plus grandes sont les chances que ces réformes soient mises en œuvre rapidement. En effet, des taux bas dopent la valeur présente des bénéfices liés aux réformes qui seraient mises en place. C’est exactement le même mécanisme que pour un actif financier, dont la valorisation des bénéfices futurs est dopée par la seule baisse des taux.

Jusqu’à présent, les experts des deux camps s’opposaient sur le choix du taux adéquat (Christian Gollier & Co., The discounting premium puzzle : survey evidence from professional economists, 2022). Les experts souhaitant des réformes au plus vite proposaient un taux socialement responsable faible, plus faible que le taux de marché. Mais l’autre camp, dont le prix Nobel récent William Nordhaus, proposait un taux plus élevé, plus proche du taux de marché. Or, il semblerait bien que ce fameux taux de marché soit aujourd’hui devenu aussi faible que le taux socialement responsable défendu par le camp favorable à des réformes plus tôt. Autrement dit, l’argument du camp des réformes plus tard est caduc. Une aubaine pour justifier le financement d’une transition énergétique au plus vite.

Taux d’intérêt américain : nouvelle hausse décidée par la Fed

Taux d’intérêt américain : nouvelle hausse décidée par la Fed


La Banque centrale américaine (Fed) a relevé mercredi 3 mai son principal taux directeur pour la dixième fois d’affilée depuis mars 2022, d’un quart de point de pourcentage. La Fed s’est également décidée à juguler l’inflation malgré des signes d’essoufflement de l’économie et en dépit de la récente crise bancaire. Le principal taux directeur de la Fed se situe désormais dans une fourchette de 5,00 à 5,25%, au plus haut depuis 2006, une décision prise à l’unanimité, a annoncé l’institution dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC).

Le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué lors d’une conférence de presse qu’«aucune décision sur une pause» dans la hausse des taux «n’a été prise aujourd’hui». Il a toutefois souligné que la Fed n’indique plus dans son communiqué qu’elle anticipe des hausses supplémentaires. «On a ôté cette partie. C’est un changement significatif», a précisé Jerome Powell. Le président de la Fed a également exclu un abaissement cette année des taux d’intérêt malgré la possibilité d’une «légère» récession car l’inflation «ne va pas baisser rapidement». De son côté la banque centrale européenne devrait bientôt suivre cette hausse de taux d’intérêt

Politique monétaire-Taux d’intérêt: Des hausses mortifères

Politique monétaire-Taux d’intérêt: Des hausses mortifères

Le banquier Jean-Claude Meyer s’élève, dans une tribune au « Monde », contre l’incohérence périlleuse des annonces des banquiers centraux.

À juste titre sans doute, le banquier Jean-Claude Meyer se demande si les banques centrales ne naviguent pas à vue avec avec une politique monétaire qui fluctue selon les mois.

En plus des dangers géopolitiques actuels, menaçants, tragiques, et par définition imprévisibles, les pronostics des économistes et des banquiers centraux nous plongent dans une regrettable incertitude.

En janvier, ils prévoyaient une récession, un refroidissement de l’inflation, et donc une hausse modérée des taux d’intérêt. Mais deux mois après, le scenario s’inverse : le risque de récession s’est évanoui, l’inflation perdure (+ 6 % aux Etats-Unis en février), le marché de l’emploi surchauffe (3,6 % de chômage aux Etats-Unis, un taux jugé trop faible). La hausse des taux décidée par la Réserve fédérale américaine (Fed) le 22 mars était donc d’abord prévue à 0,50 %. Patatras ! à cause de la faillite de la Silicon Valley Bank, et du risque de panique dans les banques régionales américaines, on a imaginé que la FED marque une pause. Finalement, la FED a décidé une hausse de 0,25 %. De quoi nous déconcerter…

L’art est, il est vrai, difficile – inflation, emploi, croissance, taux d’intérêt et stabilité financière forment un réseau de vases communicants infernal. Au dilemme hausse des taux et récession ou croissance avec inflation, s’ajoute aujourd’hui pour les banques centrales cet autre dilemme beaucoup plus risqué : hausse des taux ou stabilité du système financier.

Le consensus du marché anticipait des hausses de taux jusqu’à cet été, puis un plateau jusqu’à la fin de l’année, avant une baisse progressive concomitante à une baisse de l’inflation en 2024. Comme chaque prévision est remise en cause le mois suivant, ce scenario rose d’un soft landing (« atterrissage en douceur ») – une utopie dans l’histoire économique – arrivera-t-il ? Rien n’est moins sûr. D’autant que les économies en guerre sont en général inflationnistes ; que la nouvelle division internationale du travail visant à relocaliser les industries à plus grande proximité des lieux de consommation l’est aussi ; et qu’enfin la transition énergétique sera coûteuse.

Taux d’intérêt: Des hausses mortifères

Taux d’intérêt: Des hausses mortifères

Le banquier Jean-Claude Meyer s’élève, dans une tribune au « Monde », contre l’incohérence périlleuse des annonces des banquiers centraux.

À juste titre sans doute, le banquier Jean-Claude Meyer se demande si les banques centrales ne naviguent pas à vue avec avec une politique monétaire qui fluctue selon les mois.

En plus des dangers géopolitiques actuels, menaçants, tragiques, et par définition imprévisibles, les pronostics des économistes et des banquiers centraux nous plongent dans une regrettable incertitude.

En janvier, ils prévoyaient une récession, un refroidissement de l’inflation, et donc une hausse modérée des taux d’intérêt. Mais deux mois après, le scenario s’inverse : le risque de récession s’est évanoui, l’inflation perdure (+ 6 % aux Etats-Unis en février), le marché de l’emploi surchauffe (3,6 % de chômage aux Etats-Unis, un taux jugé trop faible). La hausse des taux décidée par la Réserve fédérale américaine (Fed) le 22 mars était donc d’abord prévue à 0,50 %. Patatras ! à cause de la faillite de la Silicon Valley Bank, et du risque de panique dans les banques régionales américaines, on a imaginé que la FED marque une pause. Finalement, la FED a décidé une hausse de 0,25 %. De quoi nous déconcerter…

L’art est, il est vrai, difficile – inflation, emploi, croissance, taux d’intérêt et stabilité financière forment un réseau de vases communicants infernal. Au dilemme hausse des taux et récession ou croissance avec inflation, s’ajoute aujourd’hui pour les banques centrales cet autre dilemme beaucoup plus risqué : hausse des taux ou stabilité du système financier.

Le consensus du marché anticipait des hausses de taux jusqu’à cet été, puis un plateau jusqu’à la fin de l’année, avant une baisse progressive concomitante à une baisse de l’inflation en 2024. Comme chaque prévision est remise en cause le mois suivant, ce scenario rose d’un soft landing (« atterrissage en douceur ») – une utopie dans l’histoire économique – arrivera-t-il ? Rien n’est moins sûr. D’autant que les économies en guerre sont en général inflationnistes ; que la nouvelle division internationale du travail visant à relocaliser les industries à plus grande proximité des lieux de consommation l’est aussi ; et qu’enfin la transition énergétique sera coûteuse.

Taux dintérêt: Des hausses mortifères

Taux dintérêt: Des hausses mortifères

Le banquier Jean-Claude Meyer s’élève, dans une tribune au « Monde », contre l’incohérence périlleuse des annonces des banquiers centraux.

À juste titre sans doute, le banquier Jean-Claude Meyer se demande si les banques centrales ne naviguent pas à vue avec avec une politique monétaire qui fluctue selon les mois.

En plus des dangers géopolitiques actuels, menaçants, tragiques, et par définition imprévisibles, les pronostics des économistes et des banquiers centraux nous plongent dans une regrettable incertitude.

En janvier, ils prévoyaient une récession, un refroidissement de l’inflation, et donc une hausse modérée des taux d’intérêt. Mais deux mois après, le scenario s’inverse : le risque de récession s’est évanoui, l’inflation perdure (+ 6 % aux Etats-Unis en février), le marché de l’emploi surchauffe (3,6 % de chômage aux Etats-Unis, un taux jugé trop faible). La hausse des taux décidée par la Réserve fédérale américaine (Fed) le 22 mars était donc d’abord prévue à 0,50 %. Patatras ! à cause de la faillite de la Silicon Valley Bank, et du risque de panique dans les banques régionales américaines, on a imaginé que la FED marque une pause. Finalement, la FED a décidé une hausse de 0,25 %. De quoi nous déconcerter…

L’art est, il est vrai, difficile – inflation, emploi, croissance, taux d’intérêt et stabilité financière forment un réseau de vases communicants infernal. Au dilemme hausse des taux et récession ou croissance avec inflation, s’ajoute aujourd’hui pour les banques centrales cet autre dilemme beaucoup plus risqué : hausse des taux ou stabilité du système financier.

Le consensus du marché anticipait des hausses de taux jusqu’à cet été, puis un plateau jusqu’à la fin de l’année, avant une baisse progressive concomitante à une baisse de l’inflation en 2024. Comme chaque prévision est remise en cause le mois suivant, ce scenario rose d’un soft landing (« atterrissage en douceur ») – une utopie dans l’histoire économique – arrivera-t-il ? Rien n’est moins sûr. D’autant que les économies en guerre sont en général inflationnistes ; que la nouvelle division internationale du travail visant à relocaliser les industries à plus grande proximité des lieux de consommation l’est aussi ; et qu’enfin la transition énergétique sera coûteuse.

Pourquoi la hausse des taux d’intérêt ?

Pourquoi la hausse des taux d’intérêt ?

Pourquoi la BCE augmente-t-elle ses taux ?
La Banque centrale européenne a relevé une nouvelle fois en février ses taux d’intérêt. Une politique visant à modérer l’inflation qui sévit en Europe depuis plus d’un an.

Par Dorian Jullien, Le Monde

Pour la cinquième fois en moins d’un an, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé, le 2 février, ses trois taux directeurs. Une décision de politique monétaire censée permettre de maîtriser l’inflation, dans un contexte de forte hausse des prix.

Pour maintenir la stabilité des prix dans la zone euro, composée de vingt pays, la BCE dispose de plusieurs leviers, dont les taux d’intérêt. L’institution détermine trois taux « directeurs », baptisés ainsi parce qu’ils orientent l’économie.

Le taux de refinancement : il s’agit du taux principal, utilisé pour les prêts de la BCE aux banques qui ont un besoin de liquidités dans la semaine. Un taux de 1 % signifie que les banques qui empruntent 100 euros à la BCE devront lui rembourser 101 euros. Si ce taux est important, c’est qu’il tend à se répercuter ensuite sur les taux d’intérêt que fixent les banques auprès de leurs clients – pour les prêts immobiliers, par exemple.

Le taux de prêt marginal : ce taux, appliqué quand une banque a besoin de liquidités, repose sur le même principe que le taux de refinancement. Seulement, il s’agit de prêts quotidiens, à rembourser dans les vingt-quatre heures.

Le taux de rémunération des dépôts : ce sont les intérêts dus par les banques centrales nationales, par exemple la Banque de France, aux banques commerciales qui leur confient de l’argent. Plus le taux de rémunération des dépôts est élevé, plus les banques commerciales sont incitées à ne pas prêter à leur client et à faire « dormir » leur argent.

La BCE augmente ses taux lorsqu’elle constate que l’inflation est trop importante : en renchérissant le loyer de l’argent, elle vise à décourager les emprunts, la circulation d’argent, la consommation et donc, in fine, à enrayer la spirale d’augmentation des prix. Les statuts de l’institution prévoient en effet qu’elle s’efforce par tous les moyens de maintenir le taux d’inflation à 2 % par an.

Or, du fait de la reprise qui a suivi la crise sanitaire, du grippage des chaînes logistiques mondiales et de la guerre en Ukraine, les prix ont fortement grimpé ces derniers mois. Dans la zone euro, la hausse s’élève à 8,5 % sur un an en janvier, selon l’organisme statistique Eurostat. Elle atteint même les 16 % pour l’alimentation, le logement et jusqu’à 25 % pour l’énergie.

C’est donc « pour maintenir la stabilité des prix » que la BCE a augmenté plusieurs fois ses taux au cours des derniers mois, comme l’a rappelé récemment sa présidente, Christine Lagarde. Le taux de refinancement est ainsi passé de 0 % à 3 % entre juillet et février, s’approchant pour la première fois des niveaux d’avant la crise financière de 2007-2008. Ce qui contraste avec la politique accommodante menée au cours de la décennie écoulée, où les taux sont longtemps restés proches de zéro.

Et ce n’est probablement pas fini. Le Conseil des gouverneurs de la BCE a déjà prévenu qu’il comptait augmenter de nouveau ses taux d’intérêt de 0,5 point le 16 mars. Dans son communiqué, la BCE a réaffirmé sa volonté d’« augmenter sensiblement les taux d’intérêt » pour assurer un retour au taux d’inflation à 2 % d’ici au troisième trimestre 2025.

La BCE n’est pas isolée dans cette politique de relèvement des taux. La Fed, la banque centrale américaine, a aussi relevé en février son principal taux directeur pour la huitième fois en un an (+ 4,5 points sur cette période). La Banque d’Angleterre en est, quant à elle, à sa neuvième hausse en un an (+ 3,5 points), ce qui constitue outre-Manche le redressement monétaire le plus sévère depuis les années 1980.

Au sein de la zone euro, certains s’agacent des relèvements des taux directeurs. « Je suis inquiet de voir beaucoup d’experts et certains acteurs de la politique monétaire européenne nous expliquer qu’il faudrait briser la demande européenne pour mieux contenir l’inflation. Il faut faire très attention », s’était alarmé le président Emmanuel Macron auprès des Echos en octobre. En effet, en coupant le robinet de l’argent, la BCE prend le risque de casser la croissance.

Du côté des Etats, ce sont les plus endettés qui sont inquiets. En Italie, le ministre de la défense, Guido Crosetto, considère que « certaines décisions ont des effets négatifs car elles amplifient la crise ». Rome est endetté à hauteur de 150 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2021, et voit d’un mauvais œil la volonté de la BCE de renchérir les emprunts.

Pour les ménages, la conséquence est la même : des taux d’intérêt élevés rendent les emprunts dissuasifs. Sur le marché de l’immobilier, l’Observatoire Crédit Logement/CSA annonce que pour la treizième fois consécutive, le taux moyen des crédits à taux fixe du secteur concurrentiel a augmenté (2,59 % en janvier, contre 1,06 % en décembre 2021). Le nombre de prêts accordés a baissé de 32 % entre janvier 2022 et janvier 2023, selon l’Observatoire.

Se pose aussi la question de l’efficacité d’une augmentation des taux sur la maîtrise de l’inflation, que la science économique peine à évaluer. « Il est impossible d’isoler intrinsèquement une variable et d’en regarder les effets », explique Gabriel Colletis, professeur de sciences économiques à l’université Toulouse-I-Capitole.

En outre, la poursuite de la hausse des prix devrait largement dépendre de l’évolution de la guerre en Ukraine, qui « continue de représenter un risque important pour l’économie et pourrait augmenter les coûts de l’énergie et des denrées alimentaires », selon la BCE.

L’histoire des taux d’intérêt

L’histoire des taux d’intérêt

Les taux d’intérêt tendent à se réduire depuis l’Antiquité. La poussée inflationniste du XXe siècle les a, cependant, fait remonter. Ce n’est que dans les années nonante que la baisse a repris. Les taux d’intérêt actuels sont les plus bas jamais observé dans l’histoire.

par Peter Kugler, Professeur d’économie politique université de Bâle

Les taux d’intérêt ont une histoire très ancienne. C’est dans le code d’Hammourabi, souverain babylonien du XVIIIe siècle av- J.-C,, que l’on trouve les premières preuves d’existence du prêt à intérêt. Le plafond légal des taux y était fixé à 33 1/3 % pour l’emprunt de céréales et à 20 % pour celui d’argent métallique[1]. Le remboursement et le paiement des intérêts s’effectuent aussi en céréales ou en argent métallique, puisqu’il n’existe pas encore de monnaie. Du point de vue actuel, ces taux semblent très élevés, si l’on tient compte du fait que le prêt est garanti par la fortune et la force de travail du débiteur.

Depuis l’introduction vers 630 av. J.-C. de la monnaie, qui devient un moyen d’échange et de réserve de valeur accepté par tous ainsi qu’une unité de calcul, les prêts avec intérêt multiplient les preuves de leur existence, surtout dans la Grèce antique et l’Empire romain. Dans les cités-États grecques, les crédits alloués à des personnes, à des États et à des projets commerciaux sont soumis à des taux d’intérêt allant de 6 à 18 %. Toutefois, les Grecs ne connaissent ni les plafonds légaux de taux ni la responsabilité individuelle. À Rome, c’est différent : en 443 av. J.-C., la loi dite des Douze Tables fixe la limite supérieure des taux à 8 1/3 %, un maximum porté plus tard à 12 %. En outre, l’entière responsabilité de la personne est engagée.

À mesure que l’Empire romain devient une économie monétaire fondée sur la division du travail, les taux d’intérêt tendent à baisser. À l’époque augustéenne, soit vers l’an zéro, ils tombent à 4 %, un plancher historique. Des cas isolés attestent même l’existence de crédits à taux zéro dans des situations exceptionnelles : durant la crise financière de l’an 33, l’empereur Tibère accorde ainsi à des banquiers des crédits sans intérêts pour des montants correspondant à environ 0,5 % du produit national brut de l’empire. Les dépenses de l’État sont financées par l’impôt et l’émission de monnaie. L’endettement public n’existe pas encore à cette époque. Lorsque l’État connaît des difficultés financières, comme lors de la crise du IIIe siècle, il déprécie l’alliage des pièces de monnaie, ce qui contribue à l’inflation. Le niveau des taux d’intérêt, qui est déjà à l’époque un bon indicateur de stabilité, grimpe au cours du IIe siècle jusqu’au plafond légal de 12 %. C’est seulement au IVe siècle que l’Empire romain retrouve une certaine stabilité politique et monétaire. Celle-ci perdure pendant quelques siècles dans la partie orientale. À l’ouest, en revanche, l’empire et son économie monétaire basée sur la division du travail sont emportés, en 476, par la tourmente des invasions barbares.

Malgré la relance du commerce et la réforme monétaire de Charlemagne, vers 800, il n’existe pratiquement pas de documents faisant état de prêts à intérêt avant le XIIe siècle. Les opérations de crédit ne réapparaissent que durant la période 1160-1330, avec les progrès de la productivité dans l’agriculture, la reprise du commerce et l’urbanisation.

La « Révolution commerciale » en Italie du Nord voit naître des banques qui acceptent des dépôts en monnaie nominale contre le versement d’intérêts et qui compensent les créances et les dettes de leurs clients en monnaie scripturale. La lettre de change apparaît également : il est désormais possible de contracter un crédit pour l’achat de marchandises à Gênes et de le rembourser avec intérêt, une fois la marchandise revendue, à Anvers par exemple. Les marchands d’Italie du Nord créent dans la foulée des filiales dans toute l’Europe : elles financent le commerce international, les cités-États et les principautés. Des sociétés commerciales basées aux Pays-Bas et en Allemagne du Sud reprennent ces pratiques qui se répandent ainsi dans l’ensemble de l’Europe occidentale au Bas Moyen Âge.

Les banques rémunèrent les dépôts par des intérêts allant de 4 à 10 %, tandis que les crédits commerciaux sont généralement accordés à un taux variant entre 5 et 15 %. Les princes sont ceux qui payent le plus – entre 80 et 100 % – lorsqu’ils ont besoin d’emprunter, alors qu’aucune recettes étatiques (par exemple : revenus d’exploitations minières, impôt) ne garantit un quelconque remboursement. Ces primes de risques se justifient parfaitement, car il est fréquent que les princes n’honorent pas leurs dettes. Les « prestiti » – titres de la dette de la République vénitienne –, négociables à partir de 1262, atteignent aux XIVe et XVe siècles des rendements oscillant entre 5 et 20 %. Ils reflètent ainsi les succès et les échecs de la Sérénissime sur le plan politique et économique. De manière générale, on constate toutefois une tendance à la baisse des taux durant le Bas Moyen Âge, d’abord en Italie du Nord, puis aux Pays-Bas.

Pour apprécier le niveau des taux d’intérêt, il faut prendre en compte deux aspects intéressants. Premièrement, les taux relativement élevés qui prévalent jusqu’au XXe siècle sont en priorité ajustés aux réalités du moment et non à l’inflation. La découverte occasionnelle de réserves de métaux précieux et l’appauvrissement des alliages monétaires fait grimper les prix, même si le taux moyen d’inflation est minime. Deuxièmement, le prêt à intérêt fait d’objet d’une interdiction universelle au sein de l’Église depuis le concile de Nicée en 325. Cette règle, fondée sur l’Ancien Testament, est maintes fois confirmée par des ecclésiastiques, comme le pape Léon le Grand ou Thomas d’Aquin. Cependant, la distinction entre les termes latins « usura » (usure) et « interesse » (indemnité compensant le renoncement à quelque chose ou les inconvénients du créancier) crée une zone grise dès le Haut Moyen Âge. Les réformateurs considèrent que des taux d’intérêt oscillant entre 5 et 8 % sont justes, mais le Vatican ne laisse la réglementation des taux à l’État qu’au début du XIXe siècle.

Avec la découverte de l’Amérique, les priorités économiques européennes se déplacent de l’espace méditerranéen vers l’Atlantique. Au début du XVIe siècle, Anvers devient la plaque tournante du commerce. La guerre d’indépendance des Pays-Bas (1568 – 1648) annonce son déclin, en raison de la domination espagnole qui perdure dans le sud du pays. Le rôle de pionnier est repris par la partie septentrionale des Pays-Bas et son centre urbain, Amsterdam.

Les principales innovations financières du XVIIe siècle sont également liées à Amsterdam. Ainsi, la première société anonyme cotée en Bourse est la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, fondée en 1602. Par ailleurs, la Banque de change d’Amsterdam ouvre ses portes en 1609 en réaction aux nombreuses faillites bancaires survenues par le passé ; elle offre une couverture des dépôts à 100 %. Enfin, la République hollandaise parvient à consolider sa dette publique et à la rendre totalement négociable. Le taux d’intérêt chute de 10 à 4 % entre 1600 et 1640. Par la suite, il tombe même au-dessous de 3 %, un plancher encore jamais atteint dans l’histoire et qui reste rare par la suite. De tels taux sont inconnus dans les pays étrangers avant l’industrialisation, au XIXe siècle. Même en Angleterre, on ne les connaît qu’au XVIIIe siècle.

Jusqu’à la Révolution industrielle, on n’enregistre que des poussés sporadiques de croissance, notamment dans l’Empire romain, dans le nord de l’Italie et aux Pays-Bas. C’est plus tard seulement qu’un processus continu de croissance s’installe : la hausse des revenus et la constitution d’épargne dans de larges couches de la population ont pour effet d’augmenter les dépôts bancaires. Dans la production, le dynamisme capitaliste externalise le financement des entreprises, qui se fait par des crédits bancaires, des obligations et des actions. Les fonds dont elles ont besoin proviennent désormais, comme pour les États, des marchés obligataires internationaux.

Durant la période de l’étalon-or international (env. 1880 – 1914), les coûts de transaction baissent grâce aux progrès de la télégraphie et du transport (bateau à vapeur et chemin de fer). Ils favorisent les taux de change fixes, la spécialisation internationale de la production et l’intégration des marchés financiers. Dans les principales économies d’Europe occidentale, les taux d’intérêt à court et à long termes baissent pendant cette période. Ils évoluent entre 2 et 3,5 %, alors que le niveau des prix à long terme est stable.

Cette époque prend fin avec la Première Guerre mondiale. Dans l’entre-deux-guerres, toute tentative visant à réintroduire l’étalon-or échoue. Au XXe siècle, le passage à un système basé exclusivement sur le papier-monnaie, sans couverture métallique, génère de nombreux épisodes inflationnistes, de faible ou grande ampleur, qui font grimper les taux d’intérêt nominaux.

Après la Seconde Guerre mondiale, une timide « remondialisation » commence dans le cadre du système monétaire de Bretton Woods. Elle n’atteint toutefois pas le niveau d’avant 1914, en raison des fortes limitations imposées aux mouvements internationaux de capitaux. C’est seulement au cours du quart de siècle écoulé, avec l’ouverture économique progressive de la Chine et d’autres économies planifiées, que l’on voit véritablement émerger des marchés financiers mondiaux.

En Suisse, les rendements nominaux des emprunts à long terme de la Confédération oscillent entre 4 et 6 % jusqu’au milieu des années nonante (voir illustration 1). En raison d’épisodes inflationnistes sporadiques (voir illustration 2), il convient toutefois de distinguer entre rendements réels et nominaux. Les premiers sont calculés en déduisant la moyenne des taux d’inflation prévus pendant la durée des emprunts[2]. Durant la même période, les taux d’intérêt réels (avec les taux d’inflation prévus) se situent entre -1 et 6 %. À partir du milieu des années nonante, les taux d’intérêt nominaux et réels entament une baisse constante, comme l’histoire n’en a jamais connu. De manière générale, les taux suisses suivent la tendance internationale durant toute cette période. Cependant, leur niveau, tant nominal que réel et corrigé des cours de change, reste la plupart du temps inférieur à ceux pratiqués à l’étranger. Cela s’explique par le « bonus d’intérêt » dont bénéficie la Suisse depuis la Première Guerre mondiale en raison du statut du franc, considéré comme une monnaie refuge[3].

Comme dans d’autres pays, le taux réel du marché monétaire baisse en Suisse moins sensiblement que les rendements réels des emprunts publics à long terme (voir illustration 3)[4]. Le taux d’intérêt réel des dépôts en francs sur le marché monétaire des eurodevises (marché de l’eurofranc) à Londres, calculé également à l’aide d’un modèle de séries chronologiques sur la base des prévisions de l’inflation[5], varie entre -4 et 4 % depuis 1974. Il reflète ainsi le rythme de la politique monétaire jusqu’en 2002. Depuis cette année-là, le taux d’intérêt réel sur le marché monétaire approche de zéro, à quelques exceptions près. Durant la récente crise financière, il devient même nettement négatif. Le taux nominal sur le marché de l’eurofranc est très volatil. Il évolue entre -0,75 et 12 %.

Taux d’intérêt : vers une hausse supérieure à 5 %

Taux d’intérêt : vers une hausse supérieure à 5

La banque fédérale américaine n’entend pas relâcher ses efforts pour lutter contre l’inflation et envisage donc de nouvelles hausses d’intérêts qui pourraient aller au-delà de 5 %. En cause une hausse des prix structurels qui persiste. Un nouveau resserrement monétaire qui concernera aussi les autres banques centrales.

Cette stratégie monétaire sera nécessairement suivie par les autres banques centrales ne serait-ce que pour éviter un choc de devises favorables a priori au dollar et qui compte tenu du rôle du dollar comme monnaie de transaction commerciale serait un vecteur supplémentaire d’inflation dans les autres pays.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a en effet fait savoir que la hausse des taux se poursuivra, et ce, au-dessus des niveaux initialement anticipés, à 5,1%, par les responsables de la Réserve fédérale américaine.

« Les données économiques les plus récentes sont plus fortes que prévu, ce qui suggère que le niveau final des taux d’intérêt sera susceptible d’être plus élevé que prévu », a souligné le président de la Fed.

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a enregistré une croissance de 2,1% pour l’ensemble de l’année 2022, a annoncé jeudi le département du Commerce. Le marché de l’emploi, quant à lui, reste solide, avec un taux de chômage à 3,5% en décembre, toujours l’un des plus bas des 50 dernières années.

Après plusieurs très fortes hausses des taux, la Fed les avait relevés à un rythme plus lent. Le 1er février à l’issue de sa dernière réunion, elle avait même décidé de revenir au rythme habituel de hausse d’un quart de point de pourcentage, les taux se situant désormais dans la fourchette de 4,5 à 4,75%.

Malgré ces efforts, la consommation est restée solide. L’inflation est même repartie à la hausse en janvier, à 5,4% sur un an, selon l’indice PCE, privilégié par la Fed, et qu’elle veut ramener autour de 2%.

Si l’intention de la Fed de se montrer plus agressive sur les taux se confirme, le risque de récession, lui, reste d’augmenter, ce qui aurait un impact sur les bénéfices des entreprises.

Taux d’intérêt: Poursuite de la hausse par les Banques centrales

Taux d’intérêt: Poursuite de la hausse par les Banques centrales


La Banque centrale européenne continuera à relever ses taux d’intérêt pour freiner la dynamique sous-jacente des prix, qui reste trop élevée, a déclaré mercredi sa présidente Christine Lagarde. ; Même son de cloche du côté de la Banque fédérale américaine qui considère d’ailleurs que l’optimisme des marchés financiers est excessif en raison de la persistance de l’inflation.

Lors de sa prochaine réunion programmée en mars, la BCE a « l’intention de relever les taux d’intérêt de 0,50 point de pourcentage supplémentaire », a précisé sa présidente.

Maintenir les taux « à des niveaux restrictifs réduira à terme l’inflation en freinant la demande et protégera également contre le risque d’une hausse persistante des anticipations d’inflation » recueillies au sein des ménages et des entreprises, a poursuivi la présidente de la BCE.

Théoriquement certains experts affirment que le pic d’inflation sera atteint au milieu de l’année. Reste que cette inflation de 2023 va se cumuler avec celle de 2022. Soit une inflation réelle autour de 15 % sur deux ans qui ne va pas refluer d’autant de sitôt. Il y a en effet une part d’inflation structurelle qui va demeurer et qui existe notamment depuis que les banques centrales ont déversé des masses monétaires qui se réajustent aujourd’hui vis-à-vis de la richesse réelle produite via l’inflation. Du coup, l’arme monétaire risque d’être bien insuffisante pour contrôler une telle envolée de l’inflation.

Selon une première estimation publiée le 1er février par Eurostat, l’inflation dans la zone euro a décéléré au mois de janvier pour un troisième mois consécutif. Elle a été de 8,5 % sur un an le mois dernier, après 9,2 % en décembre et un pic à 10,6 % en octobre dernier.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

BCE: Poursuite de la hausse des taux d’intérêt

BCE: Poursuite de la hausse des taux d’intérêt


La Banque centrale européenne continuera à relever ses taux d’intérêt pour freiner la dynamique sous-jacente des prix, qui reste trop élevée, a déclaré mercredi sa présidente Christine Lagarde

Lors de sa prochaine réunion programmée en mars, la BCE a « l’intention de relever les taux d’intérêt de 0,50 point de pourcentage supplémentaire », a précisé sa présidente.

Maintenir les taux « à des niveaux restrictifs réduira à terme l’inflation en freinant la demande et protégera également contre le risque d’une hausse persistante des anticipations d’inflation » recueillies au sein des ménages et des entreprises, a poursuivi la présidente de la BCE.

Théoriquement certains experts affirment que le pic d’inflation sera atteint au milieu de l’année. Reste que cette inflation de 2023 va se cumuler avec celle de 2022. Soit une inflation réelle autour de 15 % sur deux ans qui ne va pas refluer d’autant de sitôt. Il y a en effet une part d’inflation structurelle qui va demeurer et qui existe notamment depuis que les banques centrales ont déversé des masses monétaires qui se réajustent aujourd’hui vis-à-vis de la richesse réelle produite via l’inflation. Du coup, l’arme monétaire risque d’être bien insuffisante pour contrôler une telle envolée de l’inflation.

Selon une première estimation publiée le 1er février par Eurostat, l’inflation dans la zone euro a décéléré au mois de janvier pour un troisième mois consécutif. Elle a été de 8,5 % sur un an le mois dernier, après 9,2 % en décembre et un pic à 10,6 % en octobre dernier.

Un certain nombre d’arguments peuvent aujourd’hui laisser penser que les prix resteront à un niveau élevé. Tout d’abord, les chiffres de l’inflation restent supérieurs à 7 % dans les grands pays de la zone euro. L’Allemagne, la France et l’Italie n’ont pas sont encore connu de ralentissement significatif. En résumé, les prix des biens européens continuent d’augmenter.

L
________________________________________

Contre l’inflation, la hausse des taux d’intérêt pourrait durer (FED)

Contre l’inflation, la hausse des taux d’intérêt pourrait durer (FED)

La situation économique et financière s’améliore aux États-Unis avec un particulier une inflation redescendue à 5 % sur un an et une nette amélioration de l’emploi en janvier. Justement des indicateurs qui ne sont pas suffisants pour envisager une baisse des taux d’intérêt d’après la banque centrale américaine. Au contraire , le président de la Réserve fédérale (Fed) a prévenu : « si les données économiques devaient continuer d’être plus fortes que prévu […] nous augmenterions certainement davantage les taux ».

Les chiffres de l’emploi en janvier aux Etats-Unis publiés vendredi ont en effet surpris par leur vigueur, montrant plus d’un demi-million d’embauches quand les analystes en attendaient moins de 200.000. Le taux de chômage est, lui, tombé à 3,4 %, son niveau le plus faible depuis mai 1969.
La hausse des prix à la consommation se situe actuellement à 5,0 % sur un an, selon l’indice PCE, privilégié par la Fed, qui veut la ramener autour de 2 %.

Jerome Powell s’est cependant félicité, comme il l’avait fait à l’issue de la réunion monétaire la semaine dernière, du fait que le processus de « désinflation a commencé ». « C’est une bonne chose de voir le début d’une désinflation sans voir le marché du travail faiblir », a-t-il assuré.
La Fed doit toutefois « faire plus » en relevant encore le coût de l’argent et en conservant « une politique monétaire restrictive un certain temps », a-t-il insisté de nouveau. « Cela va prendre du temps […]. Cela pourrait être cahoteux », a-t-il prévenu.

En moins d’un an, la Fed a relevé son principal taux d’intérêt de quasiment zéro à une fourchette comprise entre 4,5 et 4,75 %. La banque centrale a ralenti la semaine dernière son rythme de hausse à 25 points de base , après 50 points de base en fin d’année dernière, suggérant que ses plus gros efforts pour lutter contre l’inflation étaient derrière elle.

Zone euro-BCE : Un relèvement des taux taux d’intérêt de 0,50 point… À contre-courant

Zone euro-BCE : Un relèvement des taux taux d’intérêt de 0,50 point… À contre-courant

En relevant les taux d’intérêt de 0,50 point, la BCE veut lutter contre l’inflation qui demeure un très haut niveau en Europe en raison en particulier de la crise énergétique. une hausse peut-être à contretemps !

Le problème qui se pose est de savoir si cette décision dans la conjoncture présente est très opportune. En effet, contrairement à 2022 ,on a enregistré un net rebond de l’activité économique, il faut s’attendre pour 2023 à un net tassement de la croissance, on risque même de frôler la récession dans certains pays d’Europe.

Du coup,ce nouveau relèvement des taux va affecter la compétitivité des entreprises et plomber encore un peu plus le pouvoir d’achat des ménages donc aussi la consommation qui tire une bonne partie de la croissance.

Or dans le même temps les États-Unis se posent maintenant la question d’une diminution des taux d’intérêt justement pour faire face à la tendance baissière de la croissance.

Le pire c’est que la BCE entend poursuivre cette politique de relèvement des taux alors que parallèlement les États-Unis vont sans doute mettre la pédale douce sur le resserrement monétaire

Le Conseil des gouverneurs a donc annoncé ce jeudi qu’il relèvera «de nouveau» ses taux d’autant en mars pour lutter contre l’inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi ses principaux taux directeurs de 0,50 point de pourcentage, comme lors de sa précédente réunion en décembre, et «les relèvera de nouveau» d’autant en mars pour combattre l’inflation, a-t-elle indiqué dans un communiqué à l’issue de sa réunion de politique monétaire.

Les taux d’intérêt de la BCE se situent désormais dans une fourchette comprise entre 2,5% et 3,25%, au plus haut depuis novembre 2008. L’institution compte augmenter «sensiblement les taux d’intérêt à un rythme régulier», mais entend «évaluer» les suites à donner à cette politique en mars, a ajouté la BCE.

Taux d’intérêt en hausse mais plus lente

Taux d’intérêt en hausse mais plus lente

La plupart des banques centrales prévoient une hausse des taux d’intérêt pour les mois à venir mais de façon plus modérée. La Fed a relevé à l’issue de sa dernière réunion son principal taux d’intérêt de trois quarts de point afin de freiner l’inflation mais suggéré que les futures augmentations du coût du crédit pourraient se faire à un rythme moins rapide.

La BCE, de son côté, est bien contrainte de suivre à distance la banque centrale américaine pour ne pas avoir l’euro s’écrouler encore un peu plus. Par ailleurs, il y a encore une très large marge de manœuvre entre l’inflation constatée à plus de 10 % en moyenne au sein de l’union européenne et le principal taux de la BCE à 1,5 %.

Par ailleurs la crainte de la spirale hausse des salaires -inflation est une illusion car là aussi l’écart est considérable entre l’augmentation des salaires en moyenne inférieure à 5 % en Europe et une inflation du double.

Pour La FED, « L’incertitude quant aux décalages et à l’amplitude des effets des actions de politique monétaire sur l’activité économique et l’inflation ont figuré parmi les raisons citées ».

Les minutes de la DED font également état de l’émergence d’un débat au sein de la Fed sur les risques qu’un resserrement rapide de la politique monétaire pourrait représenter pour la croissance économique et la stabilité financière, même si les membres du FOMC reconnaissent qu’il n’ont guère observé de progrès tangibles sur l’inflation et que les taux doivent encore augmenter.Alors que « quelques participants » ont estimé qu’une hausse des taux plus lente pourrait réduire les risques pour le système financier, « quelques autres participants » ont noté que tout ralentissement de la politique de relèvement des taux devrait attendre « des signes plus concrets d’une réduction significative des pressions inflationnistes ».

Les marchés tablent sur une hausse des taux d’un demi-point de pourcentage à l’issue de la prochaine réunion du FOMC les 13 et 14 décembre.

D’une certaine manière, on pourrait dire que la BCE- comme d’ailleurs la plupart des responsables politiques- navigue à vue dans la crise générale et finalement attend avec une certaine incompétence l’installation durable de la récession qui va intervenir à partir de 2023. En effet on peut déceler quand commence une période de récession mais rarement quand elle peut se terminer. La hausse des taux amorcée par la Banque centrale européenne (BCE) afin de contrer l’inflation galopante – +10,7% dans la zone euro – n’est pas prête de s’arrêter.

Pour rappel, la BCE a récemment augmenté les taux à son rythme le plus rapide jamais enregistré, les relevant d’un total de 200 points de base depuis juillet et portant son principal taux à 1,5% en seulement trois mois.

Quant à la question de savoir si l’inflation va bientôt atteindre son pic, le responsable de la BCE se montre très prudent. Selon lui, l’agrégat va rester dynamique avec des « prix de l’énergie l’année prochaine (qui) devraient rester plus élevés que prévu », prévient-il.

D’où un avertissement lancé à la fois aux entreprises qui « doivent faire attention à ne pas augmenter excessivement leurs marges », et aux salariés qui « doivent faire attention à ce qu’est une augmentation salariale soutenable » sur le long-terme. La BCE redoute que ne s’enclenche une boucle salaires-prix qui rendrait l’inflation totalement incontrôlable et pourrait faire dérailler son scénario de retour progressif de l’indicateur à sa cible de 2%.

Le durcissement monétaire des banques centrales américaines et européennes fait faiblir la consommation et la demande de biens de ces deux économies au bord de la récession. Une situation qui inquiète la Chine, qui exporte massivement vers ses deux zones et souffre déjà de la paralysie de son économie à cause du Covid.

Taux d’intérêt: La BCE bien obligée de suivre à distance la Fed

Taux d’intérêt: La BCE bien obligée de suivre à distance la Fed

François Villeroy de Galhau exhorte ses homologues du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne à poursuivre les hausses de taux l’an prochain, jusqu’à ce que l’inflation sous jacente atteigne son pic. Sa présidente Christine Lagarde a pour sa part estimé que le travail de la BCE pour réduire l’inflation était loin d’être fini.En clair on va continuer encore pendant assez longtemps le relèvement des taux d’intérêt d’une part pour faire face à l’inflation d’autre part pour ne pas trop se laisser distancer par la Fed et les risques que le dollar fait peser sur l’euro.

La banque centrale américaine a une fois de plus bousculé le monde monétaire en décidant d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt. L’objectif est bien sûr de lutter contre une inflation qui selon les indicateurs se situe entre 6 et 8 %. Quant aux taux d’intérêt, ils se situent maintenant près de 4 %. Il y a donc encore de la marge même si la Fed laisse entendre qu’elle va maintenant ralentir le processus d’augmentation des taux.La première conséquence à attendre sera un bouleversement des taux de change dont l’euro sera l’une des victimes.

L’enjeu est en effet de lutter contre l’inflation mais sans trop menacer la croissance. La croissance est encore satisfaisante en 2022, autour de 2,5 % mais elle devrait se tasser en 2023.Les prévisions n’accordent qu’une progression de l’activité de 1 % l’année prochaine. À noter que dans le même temps l’union européenne pourrait tutoyer la récession.

La plupart des banques centrales sont donc à la remorque des États-Unis, les plus forts taux d’intérêt américain attirent en effet les capitaux ce qui a pour effet de renforcer encore le dollar est inversement d’affaiblir les autres monnaies.

Inévitablement, les autres banques centrales devront aussi procéder à de nouveaux réajustements à la hausse des taux d’intérêt sinon le risque est grand de provoquer de nouvelles dévalorisations des monnaies par rapport au dollar.

La BCE va continuer de procéder elle aussi un relèvement des taux et à une réduction de la taille de son bilan.

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé Récemment hausse de ses taux d’intérêt de 75 points de base. Il s’agit de l’augmentation la plus importante appliquée depuis 1999.

« Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement et les taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront respectivement portés à 1,25 %, 1,50 % et 0,75 %, avec effet au 14 septembre 2022″, a précisé l’institution de Francfort. Mais la différence entre les taux européens et américains sont encore énormes.

La banque centrale américaine (Fed) a donc relevé mercredi ses taux à leur plus haut niveau depuis près de 15 ans, et pense continuer à les augmenter, cherchant à tout prix à juguler la forte inflation, une tâche compliquée cependant par la menace d’une récession.

Lors de sa conférence de presse, le président de la réserve fédérale, Jerome Powell, a prévenu qu’il faudrait « du temps » avant que les hausses de taux d’intérêt ne ralentissent l’inflation et que cela passerait sans doute par un ralentissement de l’économie.

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Le différend entre l’ONUet le FMI porte sur l’objectif de politique monétaire. L’ONU défend l’idée qu’il ne faut pas de hausse excessive des taux d’intérêt qui vont tuer la croissance alors que le fonds monétaire international fait de la lutte contre l’inflation le premier objectif quitte à asphyxier la croissance.

Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) met en garde sur le risque de récession mondiale si la hausse des taux se poursuit dans les pays riches à un rythme soutenu. Déjà, celle-ci fragilise encore davantage les économies émergentes. A contrario, la directrice du FMI soutient, elle, que la lutte contre l’inflation est nécessaire car elle touche les ménages les plus faibles, à condition que les gouvernements mènent une politique budgétaire cohérente avec ces resserrements monétaires.

La hausse des taux d’intérêt par les banques centrales des pays riches est trop rapide estime la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) dans son rapport annuel publié lundi. L’agence onusienne pointe le risque de récession et de stagnation pour les économies développées et la plongée dans la pauvreté pour les économies émergentes. « Croire qu’elles pourront faire baisser les prix en s’appuyant sur des taux d’intérêt plus élevés sans provoquer de récession est un pari imprudent », avertit la Cnuced.

La Cnuced a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale en 2022, à 2,5% contre 2,6% en mars. Pour 2023, elle prévoit une croissance de 2,2%.

L’agence estime qu’une hausse d’un point de pourcentage du taux directeur de la Fed réduirait la production économique des autres pays riches de 0,5 % et la production économique des pays pauvres de 0,8 % au cours des trois années suivantes.Il faut aussi observer qu’un relèvement rapide des taux déterrés par la Fed est particulièrement bénéfique à la valorisation du dollar qui aussi renchéri les importations de nombre de pays notamment les plus pauvres

D’ores et déjà, ces hausses des taux vont réduire les revenus des pays émergents (hors Chine) de 360 milliards de dollars dans les trois prochaines années, a calculé la Cnuced. Elle estime également que ces pays ont déjà dépensé environ 379 milliards de dollars de réserves pour défendre leur monnaie cette année, en raison de la forte appréciation du dollar qui fragilise les pays endettés en billets verts. « Quelque 90 pays en développement ont vu leur monnaie s’affaiblir face au dollar cette année – plus d’un tiers d’entre eux de plus de 10% », estime le rapport.

Cette vision n’est pas partagée par Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) FMI plus proche des intérêts des grandes puissances.

123456



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol