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Zone euro-BCE : Un relèvement des taux taux d’intérêt de 0,50 point… À contre-courant

Zone euro-BCE : Un relèvement des taux taux d’intérêt de 0,50 point… À contre-courant

En relevant les taux d’intérêt de 0,50 point, la BCE veut lutter contre l’inflation qui demeure un très haut niveau en Europe en raison en particulier de la crise énergétique. une hausse peut-être à contretemps !

Le problème qui se pose est de savoir si cette décision dans la conjoncture présente est très opportune. En effet, contrairement à 2022 ,on a enregistré un net rebond de l’activité économique, il faut s’attendre pour 2023 à un net tassement de la croissance, on risque même de frôler la récession dans certains pays d’Europe.

Du coup,ce nouveau relèvement des taux va affecter la compétitivité des entreprises et plomber encore un peu plus le pouvoir d’achat des ménages donc aussi la consommation qui tire une bonne partie de la croissance.

Or dans le même temps les États-Unis se posent maintenant la question d’une diminution des taux d’intérêt justement pour faire face à la tendance baissière de la croissance.

Le pire c’est que la BCE entend poursuivre cette politique de relèvement des taux alors que parallèlement les États-Unis vont sans doute mettre la pédale douce sur le resserrement monétaire

Le Conseil des gouverneurs a donc annoncé ce jeudi qu’il relèvera «de nouveau» ses taux d’autant en mars pour lutter contre l’inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi ses principaux taux directeurs de 0,50 point de pourcentage, comme lors de sa précédente réunion en décembre, et «les relèvera de nouveau» d’autant en mars pour combattre l’inflation, a-t-elle indiqué dans un communiqué à l’issue de sa réunion de politique monétaire.

Les taux d’intérêt de la BCE se situent désormais dans une fourchette comprise entre 2,5% et 3,25%, au plus haut depuis novembre 2008. L’institution compte augmenter «sensiblement les taux d’intérêt à un rythme régulier», mais entend «évaluer» les suites à donner à cette politique en mars, a ajouté la BCE.

Taux d’intérêt en hausse mais plus lente

Taux d’intérêt en hausse mais plus lente

La plupart des banques centrales prévoient une hausse des taux d’intérêt pour les mois à venir mais de façon plus modérée. La Fed a relevé à l’issue de sa dernière réunion son principal taux d’intérêt de trois quarts de point afin de freiner l’inflation mais suggéré que les futures augmentations du coût du crédit pourraient se faire à un rythme moins rapide.

La BCE, de son côté, est bien contrainte de suivre à distance la banque centrale américaine pour ne pas avoir l’euro s’écrouler encore un peu plus. Par ailleurs, il y a encore une très large marge de manœuvre entre l’inflation constatée à plus de 10 % en moyenne au sein de l’union européenne et le principal taux de la BCE à 1,5 %.

Par ailleurs la crainte de la spirale hausse des salaires -inflation est une illusion car là aussi l’écart est considérable entre l’augmentation des salaires en moyenne inférieure à 5 % en Europe et une inflation du double.

Pour La FED, « L’incertitude quant aux décalages et à l’amplitude des effets des actions de politique monétaire sur l’activité économique et l’inflation ont figuré parmi les raisons citées ».

Les minutes de la DED font également état de l’émergence d’un débat au sein de la Fed sur les risques qu’un resserrement rapide de la politique monétaire pourrait représenter pour la croissance économique et la stabilité financière, même si les membres du FOMC reconnaissent qu’il n’ont guère observé de progrès tangibles sur l’inflation et que les taux doivent encore augmenter.Alors que « quelques participants » ont estimé qu’une hausse des taux plus lente pourrait réduire les risques pour le système financier, « quelques autres participants » ont noté que tout ralentissement de la politique de relèvement des taux devrait attendre « des signes plus concrets d’une réduction significative des pressions inflationnistes ».

Les marchés tablent sur une hausse des taux d’un demi-point de pourcentage à l’issue de la prochaine réunion du FOMC les 13 et 14 décembre.

D’une certaine manière, on pourrait dire que la BCE- comme d’ailleurs la plupart des responsables politiques- navigue à vue dans la crise générale et finalement attend avec une certaine incompétence l’installation durable de la récession qui va intervenir à partir de 2023. En effet on peut déceler quand commence une période de récession mais rarement quand elle peut se terminer. La hausse des taux amorcée par la Banque centrale européenne (BCE) afin de contrer l’inflation galopante – +10,7% dans la zone euro – n’est pas prête de s’arrêter.

Pour rappel, la BCE a récemment augmenté les taux à son rythme le plus rapide jamais enregistré, les relevant d’un total de 200 points de base depuis juillet et portant son principal taux à 1,5% en seulement trois mois.

Quant à la question de savoir si l’inflation va bientôt atteindre son pic, le responsable de la BCE se montre très prudent. Selon lui, l’agrégat va rester dynamique avec des « prix de l’énergie l’année prochaine (qui) devraient rester plus élevés que prévu », prévient-il.

D’où un avertissement lancé à la fois aux entreprises qui « doivent faire attention à ne pas augmenter excessivement leurs marges », et aux salariés qui « doivent faire attention à ce qu’est une augmentation salariale soutenable » sur le long-terme. La BCE redoute que ne s’enclenche une boucle salaires-prix qui rendrait l’inflation totalement incontrôlable et pourrait faire dérailler son scénario de retour progressif de l’indicateur à sa cible de 2%.

Le durcissement monétaire des banques centrales américaines et européennes fait faiblir la consommation et la demande de biens de ces deux économies au bord de la récession. Une situation qui inquiète la Chine, qui exporte massivement vers ses deux zones et souffre déjà de la paralysie de son économie à cause du Covid.

Taux d’intérêt: La BCE bien obligée de suivre à distance la Fed

Taux d’intérêt: La BCE bien obligée de suivre à distance la Fed

François Villeroy de Galhau exhorte ses homologues du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne à poursuivre les hausses de taux l’an prochain, jusqu’à ce que l’inflation sous jacente atteigne son pic. Sa présidente Christine Lagarde a pour sa part estimé que le travail de la BCE pour réduire l’inflation était loin d’être fini.En clair on va continuer encore pendant assez longtemps le relèvement des taux d’intérêt d’une part pour faire face à l’inflation d’autre part pour ne pas trop se laisser distancer par la Fed et les risques que le dollar fait peser sur l’euro.

La banque centrale américaine a une fois de plus bousculé le monde monétaire en décidant d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt. L’objectif est bien sûr de lutter contre une inflation qui selon les indicateurs se situe entre 6 et 8 %. Quant aux taux d’intérêt, ils se situent maintenant près de 4 %. Il y a donc encore de la marge même si la Fed laisse entendre qu’elle va maintenant ralentir le processus d’augmentation des taux.La première conséquence à attendre sera un bouleversement des taux de change dont l’euro sera l’une des victimes.

L’enjeu est en effet de lutter contre l’inflation mais sans trop menacer la croissance. La croissance est encore satisfaisante en 2022, autour de 2,5 % mais elle devrait se tasser en 2023.Les prévisions n’accordent qu’une progression de l’activité de 1 % l’année prochaine. À noter que dans le même temps l’union européenne pourrait tutoyer la récession.

La plupart des banques centrales sont donc à la remorque des États-Unis, les plus forts taux d’intérêt américain attirent en effet les capitaux ce qui a pour effet de renforcer encore le dollar est inversement d’affaiblir les autres monnaies.

Inévitablement, les autres banques centrales devront aussi procéder à de nouveaux réajustements à la hausse des taux d’intérêt sinon le risque est grand de provoquer de nouvelles dévalorisations des monnaies par rapport au dollar.

La BCE va continuer de procéder elle aussi un relèvement des taux et à une réduction de la taille de son bilan.

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé Récemment hausse de ses taux d’intérêt de 75 points de base. Il s’agit de l’augmentation la plus importante appliquée depuis 1999.

« Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement et les taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront respectivement portés à 1,25 %, 1,50 % et 0,75 %, avec effet au 14 septembre 2022″, a précisé l’institution de Francfort. Mais la différence entre les taux européens et américains sont encore énormes.

La banque centrale américaine (Fed) a donc relevé mercredi ses taux à leur plus haut niveau depuis près de 15 ans, et pense continuer à les augmenter, cherchant à tout prix à juguler la forte inflation, une tâche compliquée cependant par la menace d’une récession.

Lors de sa conférence de presse, le président de la réserve fédérale, Jerome Powell, a prévenu qu’il faudrait « du temps » avant que les hausses de taux d’intérêt ne ralentissent l’inflation et que cela passerait sans doute par un ralentissement de l’économie.

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Le différend entre l’ONUet le FMI porte sur l’objectif de politique monétaire. L’ONU défend l’idée qu’il ne faut pas de hausse excessive des taux d’intérêt qui vont tuer la croissance alors que le fonds monétaire international fait de la lutte contre l’inflation le premier objectif quitte à asphyxier la croissance.

Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) met en garde sur le risque de récession mondiale si la hausse des taux se poursuit dans les pays riches à un rythme soutenu. Déjà, celle-ci fragilise encore davantage les économies émergentes. A contrario, la directrice du FMI soutient, elle, que la lutte contre l’inflation est nécessaire car elle touche les ménages les plus faibles, à condition que les gouvernements mènent une politique budgétaire cohérente avec ces resserrements monétaires.

La hausse des taux d’intérêt par les banques centrales des pays riches est trop rapide estime la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) dans son rapport annuel publié lundi. L’agence onusienne pointe le risque de récession et de stagnation pour les économies développées et la plongée dans la pauvreté pour les économies émergentes. « Croire qu’elles pourront faire baisser les prix en s’appuyant sur des taux d’intérêt plus élevés sans provoquer de récession est un pari imprudent », avertit la Cnuced.

La Cnuced a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale en 2022, à 2,5% contre 2,6% en mars. Pour 2023, elle prévoit une croissance de 2,2%.

L’agence estime qu’une hausse d’un point de pourcentage du taux directeur de la Fed réduirait la production économique des autres pays riches de 0,5 % et la production économique des pays pauvres de 0,8 % au cours des trois années suivantes.Il faut aussi observer qu’un relèvement rapide des taux déterrés par la Fed est particulièrement bénéfique à la valorisation du dollar qui aussi renchéri les importations de nombre de pays notamment les plus pauvres

D’ores et déjà, ces hausses des taux vont réduire les revenus des pays émergents (hors Chine) de 360 milliards de dollars dans les trois prochaines années, a calculé la Cnuced. Elle estime également que ces pays ont déjà dépensé environ 379 milliards de dollars de réserves pour défendre leur monnaie cette année, en raison de la forte appréciation du dollar qui fragilise les pays endettés en billets verts. « Quelque 90 pays en développement ont vu leur monnaie s’affaiblir face au dollar cette année – plus d’un tiers d’entre eux de plus de 10% », estime le rapport.

Cette vision n’est pas partagée par Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) FMI plus proche des intérêts des grandes puissances.

Vers un envol des taux d’intérêt ?

Vers un envol des taux d’intérêt ?

 

Il est clair que nombre de facteurs explicatifs militent n faveur d’un relèvement régulier des taux d’intérêt. Le problème est de savoir maintenant si cette hausse ne connaîtra pas un envol brutal.

La perspective de redressement régulier des taux d’intérêt est forcément nourrie par une inflation dont une grande partie se révèle être culturelle donc durable. Parmi les éléments qui l’alimentent, évidemment la crise de l’énergie mais aussi une vague sans doute sans précédent de spéculation car toutes les hausses sont loin d’être justifiées. Dans la théorie monétaire classique, on estime que le relèvement des taux devrait contribuer à tuer une grande partie de l’inflation aujourd’hui en moyenne autour de 10 % en net décalage avec les taux en dépit des relèvements constatés aujourd’hui. On peut quand même se demander si un relèvement trop brutal des taux ne serait pas de nature à la fois à tuer la croissance mais aussi à alimenter l’inflation. Notons que parmi les facteurs explicatifs il y a le rattrapage entre l’énorme masse monétaire répandue par les banques centrales pendant la crise sanitaire et les richesses réellement produites. Et le réajustement se fait aujourd’hui par l’inflation.

Paradoxalement, ces deux Grande Bretagne que son es les récentes inquiétudes. Le rendement des titres anglais à 10 ans a pris 25 points de base (pb), pour atteindre 4,52 %, un plus haut en 14 ans. Et celui des Gilts à 30 ans s’est approché de 5 %, son niveau de 2004. Les obligations britanniques ont entraîné dans leur déroute l’ensemble des dettes des Etats européens. Au lendemain de l’annonce par Bercy d’un plan de financement record de 270 milliards d’euros pour 2023, le 10 ans français a progressé de près de 15 pb, à 2,86 %. Du jamais vu depuis mars 2012.

En cause, l’onde de choc du plan présenté par le ministre britannique des Finances, Kwasi Kwarteng, qui prévoit des baisses d’impôts massives et un recours accru à l’endettement. Cette décision a inquiété jusqu’au président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic, qui a déclaré qu’elle allait ajouter aux incertitudes économiques, et augmenter le risque de récession. « La situation n’est pas tenable, souligne pour sa part Franck Dixmier, responsable mondial de la gestion obligataire chez Allianz GI. D’un côté, le gouvernement britannique prend des mesures qui sont de nature à faire flamber les prix, et de l’autre, la Banque d’Angleterre cherche à mater l’inflation.

En Europe la dérive des déficits budgétaires pourrait aussi précipiter d’autres envols de taux d’intérêt

Taux d’intérêt américains : nouveau relèvement au risque d’une récession.

Taux d’intérêt américains : nouveau relèvement au risque d’une récession. 

Un troisième relèvement des taux aux États-Unis et d’autres qui devraient suivre d’ici la fin d’année. De quoi nourrir l’hypothèse d’une récession économique. » Selon la banque centrale, la croissance devrait tomber à + 0,2 % cette année et à + 1,2 % en 2023 (contre + 1,7 % chaque année lors de son estimation de juin), tandis que le taux de chômage devrait remonter à 4,4 % de la population active en 2023 et 2024, alors qu’il est proche des plus bas historiques (3,7 %).

 

La Fed a décidé de placer  le loyer de l’argent à court terme dans une fourchette comprise entre 3 % et 3,25 %. Il s’agit du plus haut niveau depuis 2008, au début de la grande crise financière.

Lors de ses réunions de novembre et décembre, l’institution monétaire devrait, selon ses propres prévisions, resserrer encore la vis du crédit de 1,25 point. In fine, en 2023, le loyer de l’argent devrait dépasser 4,5 %. L’envolée est spectaculaire : les taux étaient encore quasi nuls en mars, et ce depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ce probable durcissement est de 1,2 point supérieur aux prévisions de juin.

 

La banque centrale reconnaît elle-même qu’elle se lance un peu dans l’inconnu et admet le risque de récession d’autant qu’au plan international l’activité s’inscrira dans une croissance très baissière . Selon la banque centrale, la croissance américaine devrait tomber à + 0,2 % cette année et à + 1,2 % en 2023 (contre + 1,7 % chaque année lors de son estimation de juin), tandis que le taux de chômage devrait remonter à 4,4 % de la population active en 2023 et 2024, alors qu’il est proche des plus bas historiques (3,7 %).

 

Taux d’intérêt : La politique monétaire américaine en avance

Taux d’intérêt : La politique monétaire américaine en avance

. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management (la Tribune)

 

 

Le dollar toujours aussi solide. Celui-ci a atteint de nouveaux sommets en août, la Fed ayant balayé les espoirs du marché en confirmant le maintien de sa politique monétaire ultra-agressive.

Propulsé par la remontée des taux d’intérêt, le dollar a également été soutenu par l’environnement d’aversion au risque accompagnant cette hausse des taux, les investisseurs recherchant la sécurité de la monnaie de réserve mondiale – qui se trouve être la devise des marchés développés offrant le meilleur rendement. Nous restons positifs sur le dollar face aux incertitudes des troisième et quatrième trimestres, tout en observant que les gains des rallyes successifs sont de plus en plus faibles.

En Chine, le scénario de ralentissement potentiel de la croissance a été jugé prioritaire par rapport à la lutte contre l’inflation des prix à la consommation, contenue à ce stade. La Banque centrale a donc continué d’assouplir les taux d’emprunt à court terme et les taux hypothécaires, afin d’amortir le ralentissement en cours et de soutenir le secteur immobilier. Ce soutien monétaire contraste avec la situation de la quasi-totalité des autres banques centrales, qui s’efforcent de regagner la crédibilité perdue en luttant contre une inflation galopante.

La PBoC complète ses efforts de relance en laissant filer le yuan par rapport aux devises de ses principaux partenaires commer-ciaux, qui reculent également vis-à-vis du dollar. Nous ne pouvons donc exclure une nouvelle baisse du yuan vers 7,00 et au-delà, tandis que le FOMC continue de durcir sa politique monétaire et que les écarts de taux d’intérêt se creusent. Les poli- tiques de relance mises en œuvre devraient toutefois limiter les sorties de devises.

Le dollar australien (qui bénéficie de la notation AAA) peine à résister à l’envolée du billet vert. En situation de plein emploi, le marché du travail reste extrêmement robuste, tandis que l’IPC dépasse largement le seuil de tolérance de la Banque centrale d’Australie (RBA).

La RBA a procédé à des hausses de taux rapides et devrait poursuivre dans cette voie. Ce « retour » au statut de devise à haut rendement est associé à un excédent commercial record. Les exportations nettes de blé, de charbon, de minerai de fer et même de gaz naturel liquide continueront à soutenir la balance courante, freinant tout recul du dollar australien.

La devise australienne possède cependant deux points faibles : les sanctions de son principal partenaire commercial – la Chine – et le secteur immobilier, fortement endetté et vulnérable à de nouvelles hausses des taux domestiques. Nous restons globalement positifs et profiterons de tout recul par rapport aux grandes devises internationales .

Malgré la reprise de l’inflation au Japon, le marché doute de la capacité de la Banque du Japon (BoJ) à modifier sa politique dans un avenir proche, ce qui se comprend aisément au vu des expériences passées. Les précédentes tentatives de relance de l’inflation ont été si timides que les autorités monétaires attendront de voir une inflation bien ancrée avant d’envisager de mettre fin à leur politique ultra-accommodante.

Les investisseurs devront surveiller de près l’attitude de la BoJ et du gouvernement japonais pour déceler les signes avant-coureurs de ce revirement, mais avec une inflation nettement inférieure à celle des autres marchés développés, ceux-ci ne seront pas visibles avant quelques mois.

En raison de la vigueur du dollar, l’argent est repassé sous la barre des 20 dollars/once. Le cours de l’argent a accompagné la baisse générale des métaux précieux, les prix de l’or, du platine et du palladium ayant également chuté en août.

La vigueur du dollar repose sur la politique monétaire de la Fed, de plus en plus ferme dans sa lutte contre l’inflation, alors que les marchés envisagent désormais des taux d’intérêt proches de 4% aux États-Unis à la fin de 2022. Les coûts d’emprunts de l’argent ont également augmenté, ce qui permet aux détenteurs du métal de générer jusqu’à 2% par an sur leurs avoirs. Cela pourrait signifier que le marché anticipe une poursuite de la baisse, même si les besoins demeurent importants à court terme, car les participants préfèrent emprunter le métal à un coût élevé plutôt que de procéder directement à des achats.

Taux d’intérêt de la BCE : bientôt un nouveau relèvement ?

Taux d’intérêt de la BCE : bientôt un nouveau relèvement 

 

Encore un message très énigmatique de la BCE qui en faites doit suivre avec retard la banque fédérale américaine. Pour justifier la possible hypothèse d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt, la BCE évoque un relèvement d’un taux neutre. Un taux qui par définition ne soutiendrait pas l’économie mais ne lui porterait pas préjudice non plus. Le problème est de savoir quelle serait ce taux neutre !

 

« En cas de signes d’un risque de désancrage des anticipations d’inflation du fait d’un niveau élevé d’inflation, le taux directeur compatible avec notre objectif sera restrictif », a déclaré la présidente de la BCE lors d’une conférence à Francfort.

Certains responsables de la BCE ont évoqué la possibilité d’une pause dans le resserrement monétaire en cours en zone euro une fois que l’institut de Francfort aura atteint ce qu’il considère être le taux « neutre », c’est-à-dire celui qui ne stimule ni ne freine l’activité économique. Un nombre croissant d’entre eux jugent désormais que les taux directeurs de la BCE devront aller au-delà de ce taux neutre au vu du niveau actuel de l’inflation et des anticipations de hausse des prix qu’elle nourrit.

L’inflation dépasse déjà les 9% en zone euro et les anticipations à long terme, un indicateur particulièrement surveillé par les responsables de la politique monétaire, sont en train de passer au-dessus de l’objectif de 2% de la BCE.

« À l’heure actuelle, les anticipations d’inflation restent relativement bien ancrées selon plusieurs mesures. Mais il ne serait pour autant pas raisonnable de considérer cette situation comme acquise », a dit Christine Lagarde.

Taux d’intérêt : le dollar en avance

Taux d’intérêt : le dollar en avance

. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management (la Tribune)

 

 

Le dollar toujours aussi solide. Celui-ci a atteint de nouveaux sommets en août, la Fed ayant balayé les espoirs du marché en confirmant le maintien de sa politique monétaire ultra-agressive.

Propulsé par la remontée des taux d’intérêt, le dollar a également été soutenu par l’environnement d’aversion au risque accompagnant cette hausse des taux, les investisseurs recherchant la sécurité de la monnaie de réserve mondiale – qui se trouve être la devise des marchés développés offrant le meilleur rendement. Nous restons positifs sur le dollar face aux incertitudes des troisième et quatrième trimestres, tout en observant que les gains des rallyes successifs sont de plus en plus faibles.

En Chine, le scénario de ralentissement potentiel de la croissance a été jugé prioritaire par rapport à la lutte contre l’inflation des prix à la consommation, contenue à ce stade. La Banque centrale a donc continué d’assouplir les taux d’emprunt à court terme et les taux hypothécaires, afin d’amortir le ralentissement en cours et de soutenir le secteur immobilier. Ce soutien monétaire contraste avec la situation de la quasi-totalité des autres banques centrales, qui s’efforcent de regagner la crédibilité perdue en luttant contre une inflation galopante.

La PBoC complète ses efforts de relance en laissant filer le yuan par rapport aux devises de ses principaux partenaires commer-ciaux, qui reculent également vis-à-vis du dollar. Nous ne pouvons donc exclure une nouvelle baisse du yuan vers 7,00 et au-delà, tandis que le FOMC continue de durcir sa politique monétaire et que les écarts de taux d’intérêt se creusent. Les poli- tiques de relance mises en œuvre devraient toutefois limiter les sorties de devises.

Le dollar australien (qui bénéficie de la notation AAA) peine à résister à l’envolée du billet vert. En situation de plein emploi, le marché du travail reste extrêmement robuste, tandis que l’IPC dépasse largement le seuil de tolérance de la Banque centrale d’Australie (RBA).

La RBA a procédé à des hausses de taux rapides et devrait poursuivre dans cette voie. Ce « retour » au statut de devise à haut rendement est associé à un excédent commercial record. Les exportations nettes de blé, de charbon, de minerai de fer et même de gaz naturel liquide continueront à soutenir la balance courante, freinant tout recul du dollar australien.

La devise australienne possède cependant deux points faibles : les sanctions de son principal partenaire commercial – la Chine – et le secteur immobilier, fortement endetté et vulnérable à de nouvelles hausses des taux domestiques. Nous restons globalement positifs et profiterons de tout recul par rapport aux grandes devises internationales .

Malgré la reprise de l’inflation au Japon, le marché doute de la capacité de la Banque du Japon (BoJ) à modifier sa politique dans un avenir proche, ce qui se comprend aisément au vu des expériences passées. Les précédentes tentatives de relance de l’inflation ont été si timides que les autorités monétaires attendront de voir une inflation bien ancrée avant d’envisager de mettre fin à leur politique ultra-accommodante.

Les investisseurs devront surveiller de près l’attitude de la BoJ et du gouvernement japonais pour déceler les signes avant-coureurs de ce revirement, mais avec une inflation nettement inférieure à celle des autres marchés développés, ceux-ci ne seront pas visibles avant quelques mois.

En raison de la vigueur du dollar, l’argent est repassé sous la barre des 20 dollars/once. Le cours de l’argent a accompagné la baisse générale des métaux précieux, les prix de l’or, du platine et du palladium ayant également chuté en août.

La vigueur du dollar repose sur la politique monétaire de la Fed, de plus en plus ferme dans sa lutte contre l’inflation, alors que les marchés envisagent désormais des taux d’intérêt proches de 4% aux États-Unis à la fin de 2022. Les coûts d’emprunts de l’argent ont également augmenté, ce qui permet aux détenteurs du métal de générer jusqu’à 2% par an sur leurs avoirs. Cela pourrait signifier que le marché anticipe une poursuite de la baisse, même si les besoins demeurent importants à court terme, car les participants préfèrent emprunter le métal à un coût élevé plutôt que de procéder directement à des achats.

Taux d’intérêt : hausse modeste mais dangereuse pour la croissance

Taux d’intérêt : hausse modeste mais dangereuse pour la croissance

 

 

 

Certains journaux qualifient d’ historique la hausse des taux de zéro trois quart de point de la BCE décidée hier. Une hausse sans doute inédite mais qu’il faut mettre en correspondance avec l’inflation qui devrait atteindre autour de 8 % dans la zone euro en 2022. Or les taux d’emprunt  sont passés de 1 % en moyenne à environ 2 % actuellement. Il pourrait donc atteindre de l’ordre de 3 %, ce qui serait encore très loin d’une inflation qu’on espère à 8 %. Le problème est que la hausse est tendancielle et risque d’influencer négativement investisseurs et consommateurs avec des conséquences suffisamment néfastes sur la croissance.

La Banque centrale européenne (BCE) a  donc annoncé une hausse de ses taux directeurs d’une ampleur inédite (0,75 point), jeudi 8 septembre. Une première pour la gardienne de la monnaie unique qui tente de faire face à une inflation record, à 9,1% sur un an en août dans la zone euro. La BCE, longtemps rétive à une augmentation de ses taux d’intérêt, avait déjà annoncé une hausse surprise de 0,5 point en juillet.

En réhaussant ses taux directeurs, la BCE va provoquer par exemple une augmentation des taux des prêts immobiliers, ce qui signifie que ceux et celles qui achètent un bien paieront plus cher pour rembourser leur emprunt. 

En augmentant ses taux directeurs, la BCE rend l’argent plus cher pour les banques commerciales, qui se fournissent en liquidités auprès de l’institution. Les banques répercutent donc ensuite cette hausse sur leurs clients.

En augmentant ses taux directeurs, et donc le coût des emprunts, la BCE cherche à ralentir l’économie de la zone euro. « Cela va coûter plus cher d’emprunter, de souscrire à des prêts immobiliers et ça va réduire la demande. Il sera par exemple plus difficile d’emprunter pour une voiture neuve », explique à franceinfo Baptiste Massenot, professeur d’économie à la Toulouse Business School. Le spécialiste estime que la BCE devrait « réussir son pari, car le marché de l’immobilier devrait se casser la figure ». Il entrevoie même une possible  »baisse des prix de l’énergie ».

En augmentant ses taux et en réduisant la demande, la BCE risque de fortement ralentir la consommation alors que la croissance de la zone euro est déjà faible. C’est ce risque de récession qui avait freiné cette année l’action de l’institution européenne, alors que les autres grandes banques centrales amorçaient un cycle de hausse des taux. Mais, pour Baptiste Massenot, la BCE n’avait pas vraiment le choix : « Elle ne peut pas faire grand-chose face à ce choc d’offre, elle doit choisir entre la peste et le choléra. Soit elle baisse l’inflation, mais avec un risque de récession, soit elle laisse filer l’inflation et le coût de la vie augmente très fortement ».

 

Peu d’effet des taux d’intérêt sur l’inflation ?

Peu d’effet des taux d’intérêt sur l’inflation ?

 

L’inflation est plus due à une hausse durable des coûts de production qu’à une flambée de la demande, analyse l’économiste Gilles Dufrénot, dans une tribune au « Monde », qui redoute des effets négatifs importants sur la croissance.

 

L’auteur minimise l’effet de la hausse des taux d’intérêt sur l’inflation considérant qu’il s’agit surtout d’un problème de hausse des coûts de production. La  hausse des taux d’intérêt viendra affaiblir encore un peu plus une demande assez atone et mécaniquement fera diminuer l’inflation. Le danger est alors de sauver les prix mais de tuer la croissance NDLR

 

De la réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole, aux Etats-Unis, le 25 août, les commentateurs ont retenu deux informations importantes.

La première est que les banques centrales des pays industrialisés – la Réserve fédérale américaine (Fed) en tête – sont prêtes à remonter vigoureusement leurs taux directeurs pour enrayer la spirale inflationniste naissante, quitte à sacrifier la croissance économique.

La seconde est l’effet de signal censé donner une crédibilité à ces annonces : Jerome Powell, le président de la Fed, a prévenu que ménages et entreprises souffriraient de la récession induite par la remontée des taux.

Ce narratif, relayé abondamment dans les médias, suppose que le durcissement de la politique monétaire est l’approche appropriée pour ramener l’inflation à des niveaux bas. Or, il repose sur une hypothèse fausse, à savoir que l’inflation actuelle serait principalement due à des facteurs de demande.

Aux Etats-Unis, ceux-ci n’expliquent qu’au plus un tiers de l’inflation (« How Much Do Supply and Demand Drive Inflation ? »Adam Shapiro, Federal Reserve Bank of San Francisco, 21 juin 2022).

Bien que ne disposant pas d’études similaires pour la zone euro, l’économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), Philip Lane, identifiait, dans un discours prononcé à Bruxelles en mai pour le cercle de réflexion Bruegel, les causes majeures de l’inflation actuelle : l’engorgement des chaînes de valeur mondiales, les facteurs géopolitiques – dont la guerre en Ukraine, la sortie des politiques de confinement mises en œuvre pour lutter contre le Covid-19 (« Les perspectives de la zone euro : quelques considérations analytiques », Philip R. Lane, Bruxelles, le 5 mai 2022).

Pour comprendre l’inflation actuelle, la théorie monétariste n’est pas la bonne clé de lecture. C’est plutôt la structure des coûts de production qui gouverne l’inflation. Depuis au moins quatre décennies, l’inflation des prix à la consommation est corrélée à l’évolution des prix de production, qui suivent de longs cycles de hausse et de baisse. Ces prix dépendent de quatre composantes :

- premièrement, la croissance des salaires nominaux corrigée des gains de productivité du travail ;
- deuxièmement, l’évolution du taux d’intérêt corrigée de la croissance de la productivité du capital ;
- troisièmement, l’évolution du coût des importations ;
- quatrièmement, l’évolution des taxes indirectes.

Depuis 1980, et jusque très récemment, les pays industrialisés ont évolué dans un régime d’inflation baissière qui s’est ensuite stabilisée à des niveaux bas, en lien direct avec l’évolution de ces quatre composantes.

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine englué dans sa politique anti covid prend le contre-pied des autres banques centrales en diminuant ses taux d’intérêt. Lundi 15 août, la Banque centrale chinoise a abaissé plusieurs de ses taux directeurs. L’objectif : accroître les liquidités de ces dernières afin de les pousser à accorder davantage de prêts, et ainsi soutenir l’activité économique du pays.

Dans le détail, la Banque centrale a fixé son taux de refinancement des banques à sept jours à 2% (contre 2,10%), et son taux de refinancement à un an à 2,75% (contre 2,85%).

La deuxième économie mondiale est t surtout victime de sa politique zéro covid et son corollaire le confinement obligatoire qui affecte grandement l’économie.

Conséquence de cette politique, en juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu sous l’effet d’un rebond du covid. Et ce, alors que les analystes attendaient une accélération. La situation sanitaire ne semble pas s’arranger : le pays est confronté ces dernières semaines à un rebond épidémique, limité en termes de cas mais qui touche de nombreuses provinces.

Principal indicateur des dépenses des ménages, les ventes de détail ont enregistré une hausse de 2,7% sur un an, contre 3,1% en juin, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). De son côté, la production industrielle s’est affichée en hausse de 3,8% sur un an, mais ce rythme est inférieur à celui de juin (+3,9%) et aux prévisions des analystes (+4,6%). Ces indicateurs « décevants » sont le reflet d’une « perte de vitesse » de la reprise post-pandémie, souligne à l’AFP Ken Cheung, analyste pour la banque japonaise Mizuho.

Ces rebonds épidémiques viennent s’ajouter aux difficultés qui pesaient déjà sur l’économie chinoise: consommation atone, tour de vis de Pékin contre plusieurs secteurs dynamiques dont celui de la tech, incertitudes liées à l’Ukraine mais aussi à une forte crise de l’immobilier.

De son côté, l’investissement en capital fixe a encore ralenti en juillet (à 5,7%).

Taux d’intérêt : les cadeaux de la BCE aux banques

Taux d’intérêt : les cadeaux de la BCE aux banques

Malgré la hausse des taux, les banques peuvent réaliser d’importants gains grâce à la BCE. Les taux négatifs auxquels la banque centrale a accordé certains prêts jusqu’en juin 2022 constituent une forme de subventions aux banques pour qu’elles empruntent auprès de l’Eurosystème. Par Eric Dor, IÉSEG School of Management

 

De septembre 2019 à décembre 2021, la Banque centrale européenne (BCE), par le biais des banques centrales nationales, a octroyé aux banques 10 séries de prêts dits TLTRO 3 (Targeted Longer-Term Refinancing Operations, ou opérations ciblées de refinancement de long terme) pour un montant total de 2339 milliards d’euros.

Ce sont des séries de prêts à 3 ans dont la maturité s’échelonne de septembre 2022 à décembre 2024. Si elles le souhaitent, les banques ont la possibilité, tous les 3 mois, de procéder à des remboursements précoces, mais elles ont très peu utilisé cette possibilité jusqu’à présent. L’encours total est encore de 2263 milliards d’euros.

Le taux à payer par les banques sur ces emprunts à l’Eurosystème, qui regroupe la BCE et les banques centrales nationales des États membres de la zone euro, est fonction de la quantité de prêts éligibles qu’elles octroient au secteur privé. Jusqu’au 23 juin 2022, le meilleur taux possible sur les TLTRO 3, pour les banques qui maintiennent leur quantité de prêts au-dessus d’une certaine limite, a été de -1 %.

Ce meilleur taux négatif possible représentait ainsi une énorme subvention aux banques, payées pour emprunter à l’Eurosystème. Tout récemment, il impliquait une recette maximum mensuelle de 1832 millions d’euros pour les banques de la zone euro, sous l’hypothèse que toutes peuvent bénéficier du meilleur taux. Cette recette excédait le coût mensuel estimé à 1499 millions d’euros, pour les banques de la zone euro, du taux négatif de -0,5 % sur la facilité de dépôt et leurs réserves excédentaires en compte courant, après déduction par le système de « tiering » de l’excédent de liquidité non soumis au taux négatif. Il y avait ainsi un gain net pour les banques.

À partir du 24 juin 2022, le meilleur taux possible sur les prêts TLTRO 3 est la moyenne du taux de la facilité de dépôt, c’est-à-dire le taux d’intérêt fixé par la banque centrale auquel elle rémunère les dépôts des banques et établissements financiers placés chez elle, depuis leur émission jusqu’à leur maturité. Ce taux est différent pour chacune des 10 séries puisque leurs dates d’émission et de maturité diffèrent.

Ce meilleur taux est donc encore inconnu puisque, s’il est partiellement fonction du taux passé déjà connu de la facilité de dépôt, il va dépendre aussi de son évolution future. Pour chaque série de prêts TLTRO 3, il convient donc d’estimer le meilleur taux possible sur base d’hypothèses sur la trajectoire que la BCE va décider pour le taux de la facilité de dépôt.

Nos simulations considèrent d’une part un scénario de resserrement léger de la politique monétaire, et d’autre part un scénario de resserrement fort.

Le scénario de resserrement léger suppose des décisions d’augmentations successives du taux de la facilité de dépôt à partir de la réunion de juillet 2022, pour arriver à 0,75 % en décembre 2022, et rester là jusqu’en décembre 2024. Le 21 juillet, un premier palier a été franchi avec une hausse, supérieure aux attentes, de 0,5 point.

Le scénario de resserrement fort suppose qu’ensuite la BCE déciderait encore d’augmentations supplémentaires successives du taux de la facilité de dépôt lors des réunions suivantes, pour arriver à 2 % en juin 2023, et rester là jusqu’en décembre 2024.

Nos simulations montrent que, quel que soit le scénario, pour chaque série de prêts TLTRO, le meilleur taux possible à payer, entre juillet 2022 et la date de maturité, reste inférieur à la moyenne du taux de la facilité de dépôt sur la même période. Les banques de la zone euro ont donc intérêt à garder leurs emprunts TLTRO 3 jusqu’à leur maturité, et les investir simplement sur la facilité de dépôt de la BCE, pour bénéficier d’un gain net certain.

Les simulations permettent de calculer les résultats d’une telle stratégie.

Sous les hypothèses du scénario de resserrement léger, la différence entre le meilleur taux possible sur les TLTRO 3 et la moyenne du taux de la facilité de dépôt, entre juillet 2022 et la maturité, excède 0,6 % pour certaines séries. Au total, pour toutes les séries, de juillet 2022 à décembre 2024, les banques de la zone euro pourraient dégager un gain net maximum de 14,661 milliards d’euros.

Sous les hypothèses du scénario de resserrement fort, la différence entre le meilleur taux possible sur les TLTRO 3 et la moyenne du taux de la facilité de dépôt, entre juillet 2022 et la maturité, excède 0,8 % pour certaines séries. Au total, pour toutes les séries, de juillet 2022 à décembre 2024, les banques pourraient dégager un gain net maximum de 21,064 milliards d’euros.

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Par Eric Dor, Director of Economic Studies, IÉSEG School of Management.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

 

Pour justifier le relèvement d’un coût de 50 points de base des taux d’intérêt , la BCE fait référence à la lutte contre l’inflation. Le seul problème qui se pose est de savoir si cette décision est de nature à faire baisser la hausse des prix ou au contraire à la gonfler. Notons par ailleurs il ne s’agit que d’une première mesure qui sera suivie d’autres. En effet,l’inflation en Europe a atteint 8,6 % en juin sur un an. En réalité il s’agit aussi de combattre la faiblesse de l’euro en particulier par rapport au dollar où la parité est à peu près atteinte.

Il n’est pas du tout certain que cette augmentation des taux d’intérêt soit bénéfique à l’économie y compris à l’inflation à court et moyen terme ( à plus long terme évidemment si on tue la croissance, la baisse de la demande fera baisser l’inflation mais quand ?). Dans de nombreux domaines,  l’inflation de certains produits est en  effet structurelle et sera peut influencée par les taux d’intérêt.

Les journaux financiers se félicitent de cette hausse des taux d’intérêt qui permettrait de mieux rémunérer l’épargne. Le problème c’est que les taux d’intérêt de l’épargne très en dessous du niveau de l’inflation. Il y a donc une perte sèche pour les épargnants ( comme d’ailleurs pour les salariés)

Le principal risque de ce processus de relèvement des taux d’intérêt est de refroidir nettement la croissance voire de favoriser un chemin vers la récession. L’argent plus cher va nécessairement peser sur la compétitivité des produits. Sans parler de l’effet sur le cout de la dette  ( publique et privée. ).  La première conséquence sera sans doute un sérieux coup de froid sur l’immobilier qui pourrait même provoquer une crise grave.

Les incertitudes sur l’approvisionnement de gaz en provenance de Russie risquent par ailleurs de faire plonger la zone euro en récession en cas d’arrêt brutal des livraisons par Moscou. Une hausse trop rapide des taux ne pourrait qu’aggraver la situation.

La BCE, avec ce renchérissement du coût du crédit, ne fait que suivre l’exemple de la banque centrale américaine (FED) qui augmente ses taux d’intérêt depuis mars. Fin juillet, ils pourraient même être relevés de 75 points de base.

A noter que le Japon a laisse inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, conformément aux attentes de la plupart des économistes, tout en relevant sensiblement ses prévisions d’inflation pour le pays.

BCE: Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

BCE: Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

 

Pour justifier le relèvement d’un coût de 50 points de base des taux d’intérêt , la BCE fait référence à la lutte contre l’inflation. Le seul problème qui se pose est de savoir si cette décision est de nature à faire baisser la hausse des prix ou au contraire à la gonfler. Notons par ailleurs il ne s’agit que d’une première mesure qui sera suivie d’autres. En effet,l’inflation en Europe a atteint 8,6 % en juin sur un an. En réalité il s’agit aussi de combattre la faiblesse de l’euro en particulier par rapport au dollar où la parité est à peu près atteinte.

Il n’est pas du tout certain que cette augmentation des taux d’intérêt soit bénéfique à l’économie y compris à l’inflation à court et moyen terme ( à plus long terme évidemment si on tue la croissance, la baisse de la demande fera baisser l’inflation mais quand ?). Dans de nombreux domaines,  l’inflation de certains produits est en  effet structurelle et sera peut influencée par les taux d’intérêt.

Les journaux financiers se félicitent de cette hausse des taux d’intérêt qui permettrait de mieux rémunérer l’épargne. Le problème c’est que les taux d’intérêt de l’épargne très en dessous du niveau de l’inflation. Il y a donc une perte sèche pour les épargnants ( comme d’ailleurs pour les salariés)

Le principal risque de ce processus de relèvement des taux d’intérêt est de refroidir nettement la croissance voire de favoriser un chemin vers la récession. L’argent plus cher va nécessairement peser sur la compétitivité des produits. Sans parler de l’effet sur le cout de la dette  ( publique et privée. ).  La première conséquence sera sans doute un sérieux coup de froid sur l’immobilier qui pourrait même provoquer une crise grave.

Les incertitudes sur l’approvisionnement de gaz en provenance de Russie risquent par ailleurs de faire plonger la zone euro en récession en cas d’arrêt brutal des livraisons par Moscou. Une hausse trop rapide des taux ne pourrait qu’aggraver la situation.

La BCE, avec ce renchérissement du coût du crédit, ne fait que suivre l’exemple de la banque centrale américaine (FED) qui augmente ses taux d’intérêt depuis mars. Fin juillet, ils pourraient même être relevés de 75 points de base.

A noter que le Japon a laisse inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, conformément aux attentes de la plupart des économistes, tout en relevant sensiblement ses prévisions d’inflation pour le pays.

 

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