Archive pour le Tag 'd’inflation'

Royaume-Uni : le Brexit responsable de 6 % supplémentaires d’inflation

Royaume-Uni : le Brexit responsable de 6 % supplémentaires d’inflation

inflation alimentaire spectaculaire au Royaume-Uni qui atteint 16,4% sur un an. Mais 6 % serait imputables au Brexit du fait du renchérissement des importations.

Selon les chercheurs de la prestigieuse London School of Economics, « On observe que la sortie de l’UE a augmenté les prix des produits alimentaires de 3% par an, et de 6% sur deux ans, soit en moyenne 210 livres (environ 245 euros) par ménage » « 5,8 milliards de livres », estime le Centre d’étude des performances économiques de la London School of Economics (LSE). Son étude montre que les ménages les plus modestes sont les premières victimes de cette envolée.

En cause les formalités douanière et sanitaires depuis le Brexit et d’autres facteurs comme la crise de l’énergie

« Les volumes des ventes alimentaires poursuivent leur tendance à la baisse amorcée à l’été 2021 », analyse aussi l’institut britannique des statistique qui pointe « l’augmentation du coût de la vie et des prix des denrées alimentaires ». Les ventes alimentaires sont en recul continu depuis l’été 2021, inférieures de 4% en volume à ce qu’elles étaient avant la pandémie. Plus largement, le rebond brutal de l’inflation, tirée par l’énergie et l’alimentaire, a entraîné une chute de 7% du niveau de vie au Royaume-Uni « effaçant huit années de progrès » d’après l’Office fort Budget Responsibility, équivalent outre-Manche de la Cour des comptes.

Face à ce choc social, le gouvernement britannique de Rishi Sunak parait démuni. Liz Truss, éphémère Première ministre pendant un mois en septembre et octobre, avait lancé un plan d’aides aux ménages et aux entreprise. Mal financé, il avait provoqué l’inquiétude des investisseurs et entraîné des attaques sur la dette britannique, dont le coût a explosé. Pour calmer les marchés, son successeur Rishi Sunak a dû présenter en urgence un budget d’austérité, qui ramène le plafonnement des factures énergétiques initialement prévus pour deux ans à seulement six mois.

Le hausse d’inflation va tuer la croissance

Le hausse d’inflation va tuer la croissance

Le rebond de l’inflation a eu des conséquences directes sur la croissance qui n’a progressé que de 0,2 % au troisième trimestre. Au quatrième,les perspectives ne sont pas plus réjouissantes. Au contraire et on pourrait tutoyer la récession en 2023. La croissance française est surtout soutenue en majorité par la consommation or cette consommation était atone depuis l’été.

Parmi les facteurs explicatifs, la reprise de la progression de l’inflation qui atteint le niveau historique de 6,2 % sur un an. L’inflation atteint même 7,1% selon l’indice harmonisé d’Eurostat.
Tous les secteurs connaissent une poussée de fièvre. par exemple l’inflation des produits alimentaires Officiellement atteint près de 12 %, un niveau de hausse qui n’était pas attendu avant décembre par l’Insee. Les prix des biens manufacturés ont augmenté, eux aussi, de 4,2%.

La croissance est donc à la peine en France. Le PIB a progressé d’un modeste 0,2 % au troisième trimestre après avoir augmenté de 0,5 % au cours des trois mois précédents, selon les données publiées ce vendredi matin par l’Insee.

Alors que l’inflation poursuit sa course en avant, dépassant même les 6,2 % au mois d’octobre, la consommation des ménages, le principal moteur de la croissance du PIB dans l’Hexagone, a été totalement atone (+0 %).

En berne depuis le début de l’année, les achats de biens ont enregistré un nouveau recul de 0,5 %, en volume, cet été. Ce, en dépit d’un mois de septembre plutôt encourageant où les dépenses ont augmenté de 1,2 %, portées par les dépenses d’énergie et de biens d’équipement. En revanche, la flambée des prix a conduit les ménages à réduire leurs dépenses alimentaires (-0,7 %).

Europe : risque de récession en 2023 avec persistance d’inflation forte (FMI)

Europe : risque de récession en 2023 avec persistance d’inflation (FMI)

Le Fonds monétaire international (FMI) est moins optimiste que les gouvernements européens concernant les perspectives économiques de 2023 pour l’Europe. En fait, l’économie pourrait tutoyer la récession avec une prévision fragile de seulement 0,6 % pour la progression du PIB Bible. Mais parallèlement l’inflation se maintiendra.

En cause évidemment la situation notamment en Ukraine à l’origine d’une crise énergétique qui affecte particulièrement l’Europe ; La prévision est seulement 0,6% en 2023, soit 1,1 point de moins que ce qui était anticipé lors des précédentes prévisions, publiées en juillet. Quant à l’inflation, elle devrait ralentir en 2023, mais rester très élevée: le FMI attend 6,2% dans les économies européennes avancées, et 11,8% dans les économies européennes émergentes, respectivement.

«l’un des principaux risques à court terme est une nouvelle perturbation de l’approvisionnement énergétique qui, combinée à un hiver froid, pourrait entraîner des pénuries de gaz, un rationnement et des difficultés économiques plus profondes», a averti le FMI. «Les tensions sociales pourraient s’intensifier en réponse à la crise du coût de la vie», poussant les gouvernements à avoir «une politique budgétaire plus expansionniste qui pourrait contraindre les banques centrales à resserrer davantage leur politique monétaire».

«Devant faire face à une combinaison de croissance faible et d’inflation élevée qui pourrait s’aggraver, les décideurs européens sont confrontés à des arbitrages sévères et à des choix politiques difficiles.» Le prêteur international alerte encore quant aux «récessions techniques – au moins deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB – projetées dans certaines parties de l’Europe qui pourraient se transformer en récessions encore plus profondes à travers le continent».
À l’échelle mondiale, le FMI a maintenu à 3,2% sa prévision de croissance pour 2022, et a abaissé celle de 2023, à 2,7%.

Turquie : 80 % d’inflation mais baisse des taux !

 Turquie : 80 % d’inflation mais baisse des taux !

 

Une curieuse stratégie monétaire en Turquie qui connaît 80 % d’inflation mais vient de décider une baisse des taux. Une  baisse de son taux directeur de 14% à 13%. Le contraire de la stratégie des autres banques centrales.

 

En juillet par exemple , la Réserve fédérale américaine (Fed) avait ainsi décidé de relever ses taux directeurs de trois-quarts de point de pourcentage, comme en juin, soit la plus forte hausse des taux aux Etats-Unis depuis 1994. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt, pour la première fois depuis 11 ans, de 50 points de base en juillet dernier et devrait poursuivre cette hausse en septembre.

De son côté, la banque centrale turque a opté pour une politique inverse, dictée par le président Recep Tayyip Erdogan. « Le processus de désinflation débutera avec le rétablissement d’un environnement de paix dans le monde et la disparition des effets de base de l’inflation », justifiait ainsi l’institution monétaire en juin dernier. Erdogan a bâti, ces dernières années, un modèle économique qui repose largement sur la consommation et l’investissement encourageant de vastes projets immobiliers et qui serait donc mise à mal par une hausse des taux d’intérêts.

A 79,6% sur un an en juillet, selon les chiffres officiels, elle atteint son plus haut niveau depuis vingt-quatre ans. D’autant que selon le Groupe de recherche sur l’inflation (Enag), composé d’économistes turcs indépendants, elle atteignait en réalité 175,5% sur un an en juin, soit plus de deux fois le taux communiqué par l’Office national des statistiques (Tüik).

 

Chaque mois, c’est un nouveau record. L’inflation atteint désormais 73,5% en Turquie, son plus haut depuis décembre 1998, selon les dernières données officielles communiquées ce vendredi. Un fléau qui touche tous les secteurs, du transport (+ 107,62% en un an en mai), à l’alimentaire (+91,63%). Seule éclaircie, la hausse des prix à la consommation a, elle, ralenti en mai par rapport à sa progression en avril. Ce même jour, des économistes turcs indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation (Enag) ont, eux, affirmé que l’inflation atteint en réalité 160,76 % sur un an.

Dans ce pays régulièrement en proie à une inflation galopante, la guerre en Ukraine, qui a provoqué une flambée des prix de l’énergie, est venue aggraver une économie déjà fragile. Face à cette situation, la Turquie a pourtant adopté une stratégie à rebours de celles mises en place dans plusieurs pays où l’inflation sévit aussi. Les Etats-Unis et l’Europe notamment, ont en effet entrepris de remonter leurs taux d’intérêt dans le but de freiner la hausse des prix. Recep Tayyip Erdogan persiste quant à lui à les maintenir bas, estimant que les remonter favoriserait l’inflation. La banque centrale turque, qui avait été contrainte par le chef de l’Etat à abaisser son taux directeur de 19% à 14% fin 2021, l’a donc maintenu à ce seuil. Pourquoi une telle stratégie ? Le problème c’est que maintenant la situation monétaire en Turquie pourrait provoquer une crise plus large  y comprise au plan mondial.

 

Une période d’inflation durable pour le Medef

Une période d’inflation durable pour le Medef 

 

Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, les « grand-messes » doivent céder la place aux réunions par filière pour obtenir des résultats concrets. La planification écologique est indispensable, mais la transition ne sera indolore ni pour le pouvoir d’achat ni pour l’emploi.

 

 

Quels enseignements tirez-vous du résultat de l’élection présidentielle  
Un résultat me paraît symbolique : le président réélu a obtenu 85 % des voix à Paris, tandis que le score de Marine Le Pen atteint 56,73 % des suffrages à Colombey-les-Deux-Églises, le village du général de Gaulle, situé en plein milieu de ce qu’on appelle la « diagonale du vide ». La métropolisation de l’économie et des emplois ne s’est pas résorbée en cinq ans. Deux France s’opposent toujours : celle où l’adaptation à une économie mondialisée s’est effectuée sans dommage et celle où elle est au contraire subie, entraînant un sentiment de déclassement. Le motif sous-jacent du vote populiste est au moins autant économique qu’identitaire. Cela doit interpeller aussi les chefs d’entreprise.

Comment peuvent-ils réagir ?
​Nous devons offrir des perspectives à ceux qui ont l’impression d’être les perdants du système. L’image des entreprises, très positive depuis plusieurs années, s’est encore améliorée depuis la crise sanitaire. En contrepartie, les Français attendent énormément de ces dernières. Cela nous oblige. Pendant la pandémie, l’ensemble du corps social de l’entreprise – salariés, partenaires sociaux, dirigeants… – s’est retroussé les manches pour sauver l’outil de travail, puis repartir. Depuis, les négociations sur les salaires, annoncées comme difficiles, se sont plutôt bien déroulées. Nous avons également signé cinq accords importants entre partenaires sociaux au niveau national en moins de deux ans, dont ceux sur le télétravail, la formation et le paritarisme. Ce climat positif est l’occasion de s’engager dans le chantier majeur de la lutte contre le changement climatique, notamment par le dialogue social.

Les technologies « vertes », dans le ciment ou l’acier, entre autres, coûtent plus cher en investissement comme en production

​Le président de la République s’est prononcé pour une planification écologique. Qu’en pensez-vous ?
​Le terme ne m’effraie pas. L’État est dans son rôle. Ces investissements ne peuvent se concevoir que dans la durée, sans pouvoir produire de retour rapide. Le besoin de planifier est donc justifié, à condition que les secteurs soient parties prenantes, notamment les premiers concernés comme l’industrie, le transport, l’énergie ou le logement. L’Union européenne a entamé cette démarche, la France doit suivre.​

​La planification écologique entraînera-t-elle une décroissance ?
​Non. La décroissance n’est pas ​acceptable pour la majorité de nos concitoyens. Ni pour le reste de la planète. Il faut inventer le capitalisme décarboné, au moyen d’une croissance plus sobre. Des solutions existent. D’autres seront trouvées grâce aux innovations scientifiques. Les technologies « vertes », dans le ciment ou l’acier, entre autres, coûtent plus cher en investissement comme en production. Elles garantissent une forme de sobriété, mais entraîneront une hausse des prix des biens industriels qui se répercutera dans de multiples secteurs, dont le logement. On ne peut pas dire aux Français que la transition écologique sera indolore ni sans effets sur leur pouvoir d’achat, surtout quand on sait que 80 % des salariés prennent leur voiture pour aller travailler.

Sera-t-elle indolore pour l’emploi ?
​Non plus. On le constate déjà dans la construction automobile. Des emplois seront créés, mais pas dans les mêmes secteurs qu’aujourd’hui.​

​Quelles conséquences aura la guerre en Ukraine  ?
​J’y suis allé en juillet 2021, avec une délégation de chefs d’entreprise. Nous avions rencontré le président Zelenski, qui déjà nous avait fait part de son souhait d’intégrer l’Union européenne. La guerre menée par la Russie aura des conséquences majeures pour notre économie. Elle sert de révélateur quant à la dépendance énergétique – tous ceux qui doutaient encore de la nécessité de posséder un secteur nucléaire fort sont désormais, je l’espère en tout cas, convaincus. Cette source d’énergie neutre en carbone et indépendante est un atout majeur, alors que la France désinvestit depuis dix ans. Il faut réinvestir d’urgence en moyens et en compétences dans la filière.

​L’inflation va-t-elle durer ?
​Je le crains. Une partie résulte de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, à cause de goulets d’étranglement dans les chaînes de production. Mais nous sommes entrés dans une économie d’inflation durable, avec le renchérissement des prix de l’énergie et la rareté de certaines matières premières, comme les métaux. C’est un environnement que la plupart des chefs d’entreprise n’avaient jamais connu. Pas plus que l’ensemble de la population, qui sera confrontée – à travers la hausse inévitable des taux d’intérêt – à la hausse des prix dans le secteur crucial du logement. D’où le besoin de planifier. Et d’inaugurer une nouvelle méthode de gouvernement, en réunissant les parties prenantes, par filière, pour obtenir des résultats opérationnels, plutôt que par des « grand- messes » d’autrefois, d’où rien de concret ne peut émerger. La dimension territoriale est essentielle et doit être prise en compte dans tous les domaines, y compris celui de la fiscalité.

Quelles mesures attendez-vous ?
​Nous voulons pouvoir nous battre à armes égales avec nos concurrents européens. L’impôt sur les sociétés a diminué sous le mandat qui s’achève, mais les impôts de production demeurent supérieurs de 35 milliards d’euros à la moyenne européenne. Ce doit être la priorité du nouveau gouvernement.

​La situation des finances publiques vous inquiète-t-elle ?
​Les choix effectués pendant la crise sanitaire ont été justifiés par l’ampleur de la crise. Mais il ne faudrait pas entrer dans un « quoiqu’il en coûte »​ permanent. La question fondamentale concerne l’efficacité de la dépense publique, comme en témoigne l’invraisemblable fiasco de la délivrance des passeports. Nous constatons au sein des entreprises un énorme déficit de compétences, malgré la réussite de la réforme de l’apprentissage. Les résultats de l’éducation nationale sont en baisse depuis trente ans – tous les classements le soulignent. Les difficultés de l’hôpital public sont indéniables. Alors que dans ces deux domaines la France dépense plus que ses voisins. L’amélioration des finances publiques passe aussi par celle du taux d’emploi, qui demeure 10 points en dessous de celui de l’Allemagne. C’est ce critère-là qui permettra la hausse des recettes et la baisse des dépenses. L’augmenter de 5 points pourrait être l’un des objectifs du mandat qui s’ouvre. La clé réside dans les compétences. Et donc dans la formation.

Economie: une période d’inflation durable » (MEDEF)

Economie: une période  d’inflation durable » (MEDEF)

 

Fini le concept d’inflation très temporaire qui devait disparaître à partir de l’été. Au contraire il se confirme que sous l’effet des restructurations de la production, des réorganisations logistiques, de la hausse des matières premières et de la guerre en Ukraine que la tendance sera durablement orientée à la hausse pour l’inflation. Ce que même le Medef confirme. Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, les « grand-messes » doivent céder la place aux réunions par filière pour obtenir des résultats concrets. La planification écologique est indispensable, mais la transition ne sera indolore ni pour le pouvoir d’achat ni pour l’emploi.

 

 

Quels enseignements tirez-vous du résultat de l’élection présidentielle  
Un résultat me paraît symbolique : le président réélu a obtenu 85 % des voix à Paris, tandis que le score de Marine Le Pen atteint 56,73 % des suffrages à Colombey-les-Deux-Églises, le village du général de Gaulle, situé en plein milieu de ce qu’on appelle la « diagonale du vide ». La métropolisation de l’économie et des emplois ne s’est pas résorbée en cinq ans. Deux France s’opposent toujours : celle où l’adaptation à une économie mondialisée s’est effectuée sans dommage et celle où elle est au contraire subie, entraînant un sentiment de déclassement. Le motif sous-jacent du vote populiste est au moins autant économique qu’identitaire. Cela doit interpeller aussi les chefs d’entreprise.

Comment peuvent-ils réagir ?
​Nous devons offrir des perspectives à ceux qui ont l’impression d’être les perdants du système. L’image des entreprises, très positive depuis plusieurs années, s’est encore améliorée depuis la crise sanitaire. En contrepartie, les Français attendent énormément de ces dernières. Cela nous oblige. Pendant la pandémie, l’ensemble du corps social de l’entreprise – salariés, partenaires sociaux, dirigeants… – s’est retroussé les manches pour sauver l’outil de travail, puis repartir. Depuis, les négociations sur les salaires, annoncées comme difficiles, se sont plutôt bien déroulées. Nous avons également signé cinq accords importants entre partenaires sociaux au niveau national en moins de deux ans, dont ceux sur le télétravail, la formation et le paritarisme. Ce climat positif est l’occasion de s’engager dans le chantier majeur de la lutte contre le changement climatique, notamment par le dialogue social.

Les technologies « vertes », dans le ciment ou l’acier, entre autres, coûtent plus cher en investissement comme en production

​Le président de la République s’est prononcé pour une planification écologique. Qu’en pensez-vous ?
​Le terme ne m’effraie pas. L’État est dans son rôle. Ces investissements ne peuvent se concevoir que dans la durée, sans pouvoir produire de retour rapide. Le besoin de planifier est donc justifié, à condition que les secteurs soient parties prenantes, notamment les premiers concernés comme l’industrie, le transport, l’énergie ou le logement. L’Union européenne a entamé cette démarche, la France doit suivre.​

​La planification écologique entraînera-t-elle une décroissance ?
​Non. La décroissance n’est pas ​acceptable pour la majorité de nos concitoyens. Ni pour le reste de la planète. Il faut inventer le capitalisme décarboné, au moyen d’une croissance plus sobre. Des solutions existent. D’autres seront trouvées grâce aux innovations scientifiques. Les technologies « vertes », dans le ciment ou l’acier, entre autres, coûtent plus cher en investissement comme en production. Elles garantissent une forme de sobriété, mais entraîneront une hausse des prix des biens industriels qui se répercutera dans de multiples secteurs, dont le logement. On ne peut pas dire aux Français que la transition écologique sera indolore ni sans effets sur leur pouvoir d’achat, surtout quand on sait que 80 % des salariés prennent leur voiture pour aller travailler.

Sera-t-elle indolore pour l’emploi ?
​Non plus. On le constate déjà dans la construction automobile. Des emplois seront créés, mais pas dans les mêmes secteurs qu’aujourd’hui.​

​Quelles conséquences aura la guerre en Ukraine  ?
​J’y suis allé en juillet 2021, avec une délégation de chefs d’entreprise. Nous avions rencontré le président Zelenski, qui déjà nous avait fait part de son souhait d’intégrer l’Union européenne. La guerre menée par la Russie aura des conséquences majeures pour notre économie. Elle sert de révélateur quant à la dépendance énergétique – tous ceux qui doutaient encore de la nécessité de posséder un secteur nucléaire fort sont désormais, je l’espère en tout cas, convaincus. Cette source d’énergie neutre en carbone et indépendante est un atout majeur, alors que la France désinvestit depuis dix ans. Il faut réinvestir d’urgence en moyens et en compétences dans la filière.

​L’inflation va-t-elle durer ?
​Je le crains. Une partie résulte de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, à cause de goulets d’étranglement dans les chaînes de production. Mais nous sommes entrés dans une économie d’inflation durable, avec le renchérissement des prix de l’énergie et la rareté de certaines matières premières, comme les métaux. C’est un environnement que la plupart des chefs d’entreprise n’avaient jamais connu. Pas plus que l’ensemble de la population, qui sera confrontée – à travers la hausse inévitable des taux d’intérêt – à la hausse des prix dans le secteur crucial du logement. D’où le besoin de planifier. Et d’inaugurer une nouvelle méthode de gouvernement, en réunissant les parties prenantes, par filière, pour obtenir des résultats opérationnels, plutôt que par des « grand- messes » d’autrefois, d’où rien de concret ne peut émerger. La dimension territoriale est essentielle et doit être prise en compte dans tous les domaines, y compris celui de la fiscalité.

Quelles mesures attendez-vous ?
​Nous voulons pouvoir nous battre à armes égales avec nos concurrents européens. L’impôt sur les sociétés a diminué sous le mandat qui s’achève, mais les impôts de production demeurent supérieurs de 35 milliards d’euros à la moyenne européenne. Ce doit être la priorité du nouveau gouvernement.

​La situation des finances publiques vous inquiète-t-elle ?
​Les choix effectués pendant la crise sanitaire ont été justifiés par l’ampleur de la crise. Mais il ne faudrait pas entrer dans un « quoiqu’il en coûte »​ permanent. La question fondamentale concerne l’efficacité de la dépense publique, comme en témoigne l’invraisemblable fiasco de la délivrance des passeports. Nous constatons au sein des entreprises un énorme déficit de compétences, malgré la réussite de la réforme de l’apprentissage. Les résultats de l’éducation nationale sont en baisse depuis trente ans – tous les classements le soulignent. Les difficultés de l’hôpital public sont indéniables. Alors que dans ces deux domaines la France dépense plus que ses voisins. L’amélioration des finances publiques passe aussi par celle du taux d’emploi, qui demeure 10 points en dessous de celui de l’Allemagne. C’est ce critère-là qui permettra la hausse des recettes et la baisse des dépenses. L’augmenter de 5 points pourrait être l’un des objectifs du mandat qui s’ouvre. La clé réside dans les compétences. Et donc dans la formation.

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique.

Chronique.

 

Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

Un risque d’inflation post-Covid (Banque d’Angleterre)

Un risque d’inflation post-Covid (Banque d’Angleterre)

 

Alors que la problématique de gestion de la dette immense du coronavirus  est posée, la question semble pour l’instant mise sous le tapis. Certains osent quand même prédire qu’une telle dette ne pourra être amortie que sur une période très longue de 20 à 25 ans.

D’autres comme l’Italie demandent  l’annulation pure et simple ! Une position que même la France ne défend pas. La vérité sans doute, c’est  que comme lors de toute crise de cette nature avec la reprise économique, l’inflation va reprendre de la force en même temps que les taux d’intérêt provoquant vraisemblablement une dévaluation de fait des monnaies. Sans parler de l’hypothèse d’un éclatement du système financier.

D’où cet appel de la banque d’Angleterre pour une surveillance toute particulière de l’inflation après la reprise économique. “Quand la reprise économique va gagner en vitesse l’an prochain, il sera important que les banques centrales restent concentrées sur leur mandat visant à garantir la stabilité des prix sur le moyen terme”, a-t-il dit dans un discours prononcé sur internet pour l’University College de Londres.

L’appel aura des difficultés à être entendu surtout si la fragilité du système bancaire est mis en cause par la montagne d’actifs pourris qui restera après la vague de faillites.

Pas d’inflation après la crise ?

Pas d’inflation après la crise  ?

Gilles Dufrénot , économiste,  Aix-Marseille Université (AM), dans la Tribune explique qu’il y a peu de chances que l’inflation revienne. Une réflexion intéressante mais discutable qui démontre en tout cas que beaucoup d’économistes sont un peu désorientés par les scénarios du jour d’après. Un seul exemple la question de l’hypothèse d’explosion des bilans des banques centrales n’est pas traitée . Or ces banques centrales vont grossir des prêts consentis et des rachats de dettes antérieures en se rééquilibrant surtout avec des actifs virtuels.

 

« Alors que l’économie mondiale connaît un coup d’arrêt en raison de la pandémie de Covid-19 se pose la question d’un retour possible de l’inflation en sortie de crise, à l’horizon 2021-2022. Une hypothèse commune à ces réflexions est celle d’un scénario de « sortie en V » correspondant à un rebond fort des économies, un phénomène de récupération rapide des pertes subies durant la crise qui serait reflété par une hausse de la demande.

 

 

Pourtant, d’autres arguments, notamment liés à l’incertitude à laquelle font face les agents économiques, viennent contredire fortement ce scénario.

Pour rappel, l’inflation est matérialisée par la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix.

Le retour de l’inflation pourrait, en théorie, avoir des causes structurelles. La crise pourrait entraîner une atténuation importante des forces ayant conduit les économies au cours des trente dernières années dans une trappe à faible inflation.

Tout d’abord, l’augmentation future du taux d’utilisation des capacités de production pourrait accroître le pouvoir de négociation des salariés et stopper la modération et l’inertie salariale observées au niveau mondial.

Ensuite, la recomposition et la relocalisation des chaînes de valeur, déjà amorcées avant la crise, pourraient conduire à une hausse des coûts de production, et donc des prix. En outre, il n’est pas exclu que des pays soient tentés par l’arme des dévaluations compétitives afin d’accélérer la reprise.21

 

Cette politique économique consiste pour un pays à modifier la parité de la monnaie nationale en en diminuant la valeur. Le pays espère ainsi accroître le volume de ses exportations et diminuer celui de ses importations, ce qui permet de relâcher la contrainte extérieure et de mener une politique économique plus expansionniste.

Enfin, l’hypothèse d’une remontée du prix de certaines matières premières ayant touché le point bas de leur cycle au moment de la crise n’est pas impossible. Ainsi, la chute des productions agricoles consécutive à la dégradation de la conjoncture internationale pourrait nourrir, en sortie de crise, une remontée des prix du soja, du riz, du maïs, du sucre, du blé, du ciment, du pétrole, dans un scénario de « reprise en V ».

Cependant, il est probable que le régime actuel d’inflation faible se poursuive. Plusieurs arguments conduisent à nuancer la vraisemblance de réapparition de l’inflation à brève échéance dans les années qui suivront la fin de la crise.

 

En premier lieu, il convient de rappeler que le niveau d’inflation dépendra des pertes de croissance potentielle occasionnées par l’arrêt plus ou moins prolongé des appareils productifs, notamment des pertes irréversibles de capital et de productivité liées aux faillites d’entreprises.

Deuxièmement, l’effet de la crise sur la demande dépend de la perception qu’ont les agents économiques (ménages, entreprises) de son degré de gravité et de ses conséquences. Or, les données d’une enquête menés par quatre chercheurs auprès des ménages américains montrent que la crise du Covid-19 génère un haut degré d’incertitude sur l’avenir et des anticipations d’effondrement de l’activité économique.

Le mécanisme à l’œuvre est le suivant : les ménages continueront à avoir une forte aversion pour le risque, et donc privilégieront un comportement d’épargne de précaution après la crise, s’ils ne croient pas que les mesures économiques prises pendant la crise – malgré leur caractère très expansionniste – seront suffisantes pour inverser, dans le futur, la tendance fortement baissière du produit intérieur brut observée durant la crise.

Le troisième argument est celui de l’apparition probable d’un phénomène de désendettement massif à la fin de la crise sanitaire, à l’instar de ce qui s’est produit lors de la crise financière de 2008-2009. En effet, les millions d’entreprises et de ménages dont l’activité aura été fortement réduite et qui auront accumulé des arriérés de dettes et de charges (c’est le cas notamment des entreprises qui étaient déjà massivement endettées avant la crise du Covid-19) ne pourront recourir à l’endettement.

Ce type de comportement risque alors d’entraîner un effondrement de l’investissement privé. Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager le retour d’une inflation par la demande.

Enfin, jusqu’à présent, en dépit des réductions massives des capacités de production, les taux d’inflation sous-jacents n’ont pas significativement varié. On pourrait arguer que des délais sont nécessaires, le temps que le niveau des stocks ait suffisamment diminué.

Il serait donc possible que, d’ici quelques mois, si la crise dure, les économies connaissent des épisodes de déflation (baisse des prix), lesquels seraient mécaniquement corrigés en sortie de crise par une remontée forte des prix.

Cependant, une étude de la Banque centrale européenne publiée en 2016 à partir de données collectées auprès du Centre de recherche sur les désastres épidémiologiques de l’Université catholique de Louvain montre que la plupart des grandes catastrophes ayant entraîné des pertes substantielles de PIB (tremblements de terre, ouragans, inondations, sécheresse, feux, infestations par des insectes, etc.) ont eu, historiquement, un impact limité sur le taux d’inflation des pays industrialisés.

Il reste cependant un argument à examiner : peut-il y avoir un retour de l’inflation d’origine monétaire ? Le soutien financier apporté par les banques centrales aux entreprises et aux États sème-t-il les germes d’une inflation qui fera son retour une fois la crise passée ?

Les mesures d’atténuation de la propagation du virus ont entraîné une rupture dans l’accès à la liquidité de nombreux agents économiques qui ont perdu leur activité ou leur emploi.

La mission première d’une banque centrale est de garantir l’accès à la monnaie. En effet, dans l’histoire des sociétés, le droit d’accès à la liquidité permet la reconnaissance sociale de chacun.

Le rôle d’assureur des États en cette période de crise permet, pour le moment, aux populations touchées par la crise de se passer de ce droit. Mais, en sortie de crise, on pourrait imaginer qu’un mécanisme de monnaie hélicoptère (c’est-à-dire une distribution de monnaie directement créée par la banque centrale, sans aucune contrepartie) prennent le relais.

Une alternative réside dans la capacité, déjà prouvée, des banquiers centraux à financer les dépenses de crise des États – qui jouent actuellement le rôle d’assureurs de revenus. L’impact sur l’inflation en sortie de crise dépendra de plusieurs paramètres et notamment du rôle joué par les banques centrales :

  • Soit les banques centrales jouent le rôle d’assureurs en dernier ressort. Dans ce cas, les titres publics qu’elles auront achetés sur les marchés, et certaines dettes d’entreprises, pourraient être convertis en rentes perpétuelles à faible rendement.
  • Soit les banquiers centraux jouent le rôle de prêteurs en dernier ressort. Les dettes rachetées seraient alors comptabilisées comme de la dette amortissable, impliquant donc le remboursement du capital et des intérêts par les États.

Dans le premier cas, on éviterait aux économies de revivre les effets pervers d’une demande faible maintenant l’inflation à des niveaux bas à cause des comportements de désendettement au moment même où la production devrait être soutenue par un minimum de demande. Un exemple typique est celui du gouvernement japonais dont l’essentiel de la dette sur le marché est racheté depuis plusieurs années par la Banque centrale du Japon, celle-ci étant conservée pour l’éternité dans son bilan sans que cette stratégie n’ait conduit à une réapparition de l’inflation.

Dans le second cas, les États se retrouveraient avec une dette colossale à rembourser, gonflée par les dépenses de crise. Cette dérive de l’endettement serait considérée comme une tendance alarmante qui pourrait nous conduire à répéter nos erreurs passées : retour à des politiques budgétaires restrictives, hausses d’impôts susceptibles de conduire à des comportements d’épargne, etc.

Le premier scénario serait avantageux pour tout le monde : reprise de la demande, retour d’une inflation modérée et baisse de la valeur réelle des dettes.

Le second conduirait à un contrecoup à la crise actuelle, où les économies s’enfonceraient un peu plus dans un régime de stagnation séculaire, c’est-à-dire une période prolongée de faible ou de non-croissance économique, avec inflation faible.

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Par Gilles Dufrénot, Economiste, Chercheur associé au CEPII et Professeur à Aix-Marseille Université, Aix-Marseille Université (AMU)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.




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