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Souveraineté : ne pas opposer la dimension européenne à la dimension na

Souveraineté : ne pas opposer la dimension européenne à la dimension nationale

Dans une tribune au « Monde » initiée par Hélène Gaudin et Vincent Couronne, un collectif de soixante-dix chercheurs en droit estime qu’après la décision du tribunal constitutionnel polonais remettant en cause les principes européens, rester dans l’Union pour profiter de celle-ci et lui nuire, sans considération de la volonté du peuple polonais comme des peuples des autres Etats membres, est inacceptable.

 

Tribune. 

 

Prendre en exemple la décision du tribunal constitutionnel polonais pour célébrer la remise en question de la primauté du droit de l’Union européenne sur le droit national au nom de la souveraineté n’est pas le plus heureux des choix fait par certains de nos politiques.

On ne peut se réjouir de la décision rendue par le tribunal constitutionnel polonais le 7 octobre non seulement sur la primauté de la Constitution sur les traités européens mais aussi au fond. Elle remet en effet en cause des principes européens, comme l’indépendance de la justice, que l’on pensait communs. On n’oubliera pas, au surplus, que cette décision a été rendue par des juges dont l’indépendance a été bien malmenée par le pouvoir polonais et peut être aujourd’hui contestée.

Ainsi, pour ses détracteurs, la primauté du droit européen sur le droit national porterait atteinte à la souveraineté du peuple.

Commençons par rappeler des choses, qui sont connues des Etats depuis les années 1960, et qui n’ont jamais été dissimulées aux Etats candidats et nouveaux membres, ni à leur gouvernement, ni à leur peuple.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés « L’Union européenne n’est pas une simple alliance entre Etats souverains »

La primauté du droit européen affirmée par la Cour de justice des communautés européennes dès 1964 a été acceptée par tous les Etats membres au point qu’elle est dorénavant inscrite dans une déclaration annexée au traité de Lisbonne qui régit l’Union européenne : « … Les traités et le droit adopté par l’Union sur la base des traités priment le droit des Etats membres… ».

Rester ou sortir

Dès lors qu’un Etat entend ne plus respecter la primauté, il entend de ce fait indiscutablement violer le traité qu’il a ratifié, comme les principes et mécanismes que ce traité prévoit. S’il s’agit là d’un programme politique, ses partisans devraient l’assumer et demander un retrait de leur Etat de l’Union européenne selon leurs règles constitutionnelles respectives, à l’instar de la démarche démocratique du Royaume-Uni.

Trancher la question s’avère nécessaire : rester dans l’Union ou sortir de l’Union est le seul choix possible

Rappel salutaire aussi : les règles européennes ne viennent pas d’ailleurs, elles sont l’expression des choix des Etats et du Parlement européen agissant de concert, exprimant la double légitimité de l’Etat et des peuples. La primauté est donc l’assurance que la volonté des citoyens européens et des Etats sera respectée par tous.

S’appuyer sur une décision d’un juge, serait-il constitutionnel, pour revenir sur un principe démocratique, c’est aussi violer la démocratie. Trancher la question s’avère nécessaire : rester dans l’Union ou sortir de l’Union est le seul choix possible. Mais rester dans l’Union pour profiter de celle-ci et lui nuire, sans considération de la volonté du peuple polonais comme des peuples des autres Etats membres est tout simplement inacceptable.

Fonds d’investissement : 1 % seulement à dimension écolo

Fonds d’investissement : 1 % seulement à dimension écolo

 

1 % seulement des investissements prend réellement en cause la préoccupation environnementale. . Il y a de toute évidence un écart irréconciliable entre le flot de discours écolo officiel et la réalité économique. Une situation qui provient sans doute de deux extrémismes. D’une part l’extrémisme libéral qui fait de la rentabilité immédiate – en tout cas la plus rapide possible- le seul critère de gestion et qui néglige les aspects environnementaux voir même les contestent. D’autre part l’extrémisme des écologistes politiques qui sont prêts à sacrifier la croissance en même temps que l’emploi et le pouvoir d’achat. Très clairement rien n’a changé en matière de fonds d’investissement en dépit de tous les discours et le tous les accords.

 

158 fonds d’investissement dans le monde sur les 16.500 analysés, soit à peine 0,5% des actifs placés, sont en ligne avec ses objectifs pour limiter la hausse des températures d’après Carbon Disclosure Project (CDP). . Un chiffre peu reluisant que met en lumière ce mercredi l’association internationale spécialisée dans la collecte des données sur les émissions de gaz à effet de serre des entreprises. Ces 158 fonds représentent 0,5% des 27.000 milliards de dollars d’actifs placés par l’ensemble des fonds d’investissement étudiés.

 

Valeur travail: Pas seulement une dimension économique

Valeur travail:  Pas seulement une dimension économique

Notre relation au travail est bien plus complexe que ce que la plupart des économistes traditionnels voudraient nous faire croire, estime l’anthropologue James Suzman. Selon lui, moins unis par les liens familiaux ou sociaux que dans les petites communautés rurales, les citadins rattachent leur identité sociale à leur travail.  ( analyse du Monde , extrait)

 

Le travail est devenu le principe d’organisation central de nos sociétés. Pourquoi travaillons-nous autant ?
Comment le travail a-t-il pu façonner l’évolution de notre espèce ? Quelles sont les conséquences sociales, économiques et environnementales de notre culture du travail ? Peut-on imaginer un monde où le travail jouerait un rôle moins essentiel dans nos vies ? Autant de questions cruciales auxquelles James Suzman apporte un éclairage nouveau.
Cette histoire de l’espèce humaine au prisme de notre rapport au travail, nous montre que ce type d’activité a toujours été fondamental, mais que notre obsession de la productivité est un phénomène moderne dont on commence à peine à mesurer les effets contreproductifs. Puissant dans les découvertes de l’épigénétique, de l’éthologie, de la génomique, de l’anthropologie sociale, de l’économie et de la théorie de l’évolution, ce livre déconstruit les représentations ordinaires du travail.

 

Depuis les frémissements de la révolution industrielle, de nombreux penseurs ont cru que l’automatisation serait le sésame vers une utopie économique. En 1776, Adam Smith s’extasiait devant les « machines ingénieuses » qui finiraient par « abréger et faciliter le travail ». En 1930, Keynes prédisait qu’au début du XXIe siècle la croissance du capital, l’amélioration de la productivité et les avancées technologiques nous amèneraient à l’orée d’une « terre promise » économique où personne ne travaillerait plus de quinze heures par semaine.

 

« Cela fait quelques décennies que nous avons franchi les seuils de productivité et de croissance du capital qui, selon les calculs de Keynes, nous permettraient d’y être, mais la plupart d’entre nous travaillons encore aussi dur que nos grands-parents et les gouvernements restent toujours aussi obsédés par la croissance et la création d’emplois », relève James Suzman. L’humanité ne semble pas encore parée pour la retraite.

Comprendre pourquoi nécessite de reconnaître que notre relation au travail est bien plus complexe que ce que la plupart des économistes traditionnels voudraient nous faire croire, estime l’anthropologue dans Travailler. La grande affaire de l’humanité (Flammarion).

Donner une dimension sociétale à l’investissement en bourse

Donner une dimension sociétale à l’investissement en bourse

 

Alors que les Français ne placent que 6 % de leur épargne en Bourse, la chercheuse Marie Brière montre, dans une tribune au « Monde », que ce manque d’intérêt repose aussi sur une question de choix éthique, voire politique.

 

Tribune.

Au moment où une reprise économique se profile, orienter une part plus importante de l’épargne des Français vers le marché des actions est pour le gouvernement un objectif politique majeur. Après des mois de confinement, l’épargne des Français est en effet à des niveaux historiquement élevés alors que les entreprises ont un besoin vital de fonds propres pour se relancer à l’issue de la crise sanitaire.

Mais les pouvoirs publics se heurtent à d’importantes réticences. Les Français ont une faible appétence pour les actions. Ils n’y investissent ainsi, en moyenne, que 6 % de leur épargne, alors même qu’il est démontré que ces placements en actions sont de loin les plus rentables sur le long terme, et tout particulièrement dans une période comme celle que nous traversons, avec des taux d’intérêt très bas qui rendent placements obligataires ou monétaires peu attractifs.

Les Français de milieu modeste sont particulièrement peu nombreux à investir en actions. Peur du risque ? Manque de culture boursière ? Difficulté à mettre de l’argent de côté sur le long terme ? En tout cas, le fait que l’épargne des gens modestes, toutes choses égales par ailleurs, leur rapporte en moyenne beaucoup moins qu’aux plus favorisés, est une des raisons fréquemment évoquées du creusement des inégalités ces dernières décennies.

Nos recherches, « Responsible Investing and Stock Allocation » (Marie Brière et Stefano Ramelli, 2021) pourraient contribuer à changer la donne. Nous avons en effet montré que les choix de placement des particuliers n’étaient pas uniquement liés aux causes habituellement mises en avant. Ces choix se transforment dès lors que les individus ont la possibilité d’acheter des actions socialement responsables.

Précisément, nous avons étudié le comportement de 900 000 salariés, de tous niveaux et métiers, appartenant à quelque 6 500 entreprises utilisant les services d’Amundi Epargne salariale & retraite, auxquels on a donné l’opportunité d’investir leur épargne salariale dans des fonds en actions, labellisés par un organisme fiable (Finansol), comme des « fonds solidaires ». Ces fonds contribuent au financement d’activités reconnues d’utilité sociale et/ou environnementale.

Et cette proposition a eu un impact considérable : la part de leur épargne placée en actions a augmenté de moitié dans ce nouveau contexte !

Penser que les personnes de milieux modestes n’achètent pas d’actions simplement par manque de moyens, par nécessité de garder de l’argent liquide pour faire face à un coup dur, est donc une explication insuffisante. Autrement, leur comportement n’aurait pas ainsi évolué

Syndicalisme : L’avenir passe par une dimension davantage interprofessionnelle

Syndicalisme : L’avenir passe par une dimension davantage interprofessionnelle

 

Affaibli par les nouvelles formes d’organisation du travail et par ses divisions, le syndicalisme doit en finir avec le repli identitaire et faire prévaloir la dimension interprofessionnelle, plaident Patrick Brody et Jean-Claude Mamet, coanimateurs d’un blog sur ce sujet, et le politiste Jean-Marie Pernot.

 

Le résultat des élections professionnelles sur la période 2017-2020, publié le 26 mai par la direction générale du travail, révèle une fragmentation croissante de la représentation syndicale. Sur fond de participation déclinante, la CGT perd 150 000 suffrages et la CFDT, 38 000. Cette dernière ne consolide sa « première place » que du recul de la CGT. La présence syndicale s’étiole, une « a-syndicalisation » rampante poursuit son cours.

Ce ne sont pourtant pas les mobilisations qui manquent : là où ils sont actifs, les syndicats continuent de jouer un rôle important, par exemple dans la défense de l’emploi dans les nombreuses entreprises industrielles mises à l’encan. Ils sont actifs aussi dans les mobilisations sectorielles, celles récentes du monde de la culture, ou dans la santé, même si d’autres modes d’action, à travers des coordinations, ont également trouvé leur place. Mais d’autres formes de contestation aussi le supplantent : « gilets jaunes », mobilisations pour le climat ou féministes…

Cette perte de rayonnement dans la société est un processus ancien, il est contemporain d’une certaine régression de l’Etat social, que le syndicalisme ne parvient pas à enrayer depuis une trentaine d’années. Les victoires locales existent toujours, mais sont de plus en plus limitées en nombre, du fait même du rétrécissement de la présence syndicale sur les lieux de travail et de leur caractère très défensif.

Cette perte d’emprise sur le social a des raisons profondes et multiples. Il ne faut pas oublier les effets d’un chômage de masse qui, en France, persiste depuis plus de quarante-cinq ans. Un syndicalisme florissant dans un tel contexte serait étonnant. Les transformations du travail ont également profondément ébranlé ses modes de structuration et d’action. L’éclatement des collectifs de travail pèse de manière très lourde : les métiers de service ont massivement remplacé ceux de l’industrie.

Or, dans ces métiers, les lieux de l’activité sont généralement très éclatés. Le numérique recompose les métiers et les façons de travailler remodèlent les collectifs. A côté de cela, les chaînes de production sont constituées de personnels dont les statuts et les employeurs sont également très divers (sous-traitance, intérim, autoentreprenariat, contrats précaires…). L’externalisation systématique a atteint tous les secteurs jusqu’aux fonctions publiques.

La négociation collective, née d’une revendication ouvrière imposée au patronat pour combattre les effets de la concurrence au sein du salariat, se transforme en outil managérial de gestion. Et les lieux principaux de cette négociation se sont déconnectés des réalités : ce sont moins les branches ou les entreprises (où se situent les principaux niveaux de négociation) qui produisent les normes sociales, mais la place tenue dans la chaîne de production de la valeur.

La dimension sociale se manifestait déjà il y a 400 000 années

La dimension sociale se manifestait déjà il y a 400 000 années

Deux anthropologues ont rassemblé les preuves que les sociétés « primitives » de chasseurs-cueilleurs, loin de cultiver l’entre-soi, coopéraient à grande échelle pour chasser ou faire la guerre. Un nouveau discours sur les origines qui pourrait changer notre regard sur le monde social, explique, dans sa chronique au « Monde », l’économiste Paul Seabright.

 

Chronique.

 

La pertinence de l’expérience de sociétés de chasseurs-cueilleurs pour notre compréhension de la société moderne est célébrée depuis longtemps. La connaissance de cette expérience a, certes, été souvent superficielle ; personne aujourd’hui ne partagerait la description par Jean-Jacques Rousseau des habitants du Caraïbe dans le Discours sur les origines de l’inégalité « Tel est encore aujourd’hui le degré de prévoyance du Caraïbe : il vend le matin son lit de coton, et vient pleurer le soir pour le racheter, faute d’avoir prévu qu’il en aurait besoin pour la nuit. »

Mais l’idée reste courante que la vie des chasseurs-cueilleurs les a formés pour des interactions à petite échelle, et que nous, leurs descendants, avons hérité de talents peu adaptés à la gestion de populations nombreuses, nous contraignant à bricoler les outils qu’exige la coopération moderne.

 

D’autres métaphores abondent : les grandes villes dans lesquelles vit la moitié de l’humanité sont comme des « zoos » enfermant notre espèce qui ne serait pas faite pour y vivre, selon le zoologiste Desmond Morris, par exemple. Ou « comme un voyage au large pour des gens n’ayant jamais eu à s’adapter à un environnement autre que la terre ferme » , comme je l’ai moi-même écrit ! (La Société des inconnus : histoire naturelle de la collectivité humaine, éd. Markus Haller, 2011).

Mais voilà que cette représentation est bousculée par deux anthropologues renommés qui ont rassemblé sur plusieurs continents des preuves de coopération à grande échelle entre des populations nombreuses de chasseurs-cueilleurs pour chasser, faire la guerre ou construire des infrastructures de gestion de l’environnement (« Large-Scale Cooperation in Small-Scale Foraging Societies », par Robert Boyd et Peter Richerson, EcoEvoRxiv, 17 mai 2021).

Si la majorité des cas étudiés remontent à des époques récentes, il existe des traces archéologiques de plus longue date. Dans la grotte Gran Dolina de la Sierra de Atapuerca en Espagne, les fouilles ont découvert une grande masse d’os de bisons tués en grand nombre lors d’épisodes de chasse collective à deux dates distinctes il y a quatre cent mille ans. Des chasses rassemblant jusqu’à plusieurs centaines de chasseurs sont attestées sur des sites en Allemagne (il y a cinquante-quatre mille ans), plus récemment en France et, de manière moins certaine, au Kenya.

 

Si la coopération à relativement grande échelle (entre centaines d’individus plutôt qu’entre dizaines) était plus courante que nous ne le pensions jusqu’ici, il semble probable que notre psychologie et nos habitudes sociales ont évolué pour en tenir compte. Le bricolage du début serait devenu au fil du temps un talent peaufiné par l’expérience d’interactions avec des gens inconnus : chacun aurait progressivement appris à avoir moins peur de l’autre.

Affaire Sarah Halimi : La dimension philosophique et morale du discernement

Affaire Sarah Halimi : La dimension philosophique et morale du discernement

La confirmation de la Cour de cassation de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de cette femme a relancé la controverse sur cette notion, dont la sociologue Caroline Protais retrace l’évolution dans un entretien au « Monde ».

La sociologue Caroline Protais est chercheuse associée au Cermes3 (CNRS-Inserm-EHESS) et autrice de Sous l’emprise de la folie ? L’expertise judiciaire face à la maladie mentale (1950-2009) (EHESS, 2016). Si les experts ont longtemps considéré l’irresponsabilité pénale comme automatique en cas de « démence », rappelle la spécialiste des liens entre la justice et le monde de la santé mentale, les non-lieux pour irresponsabilité pénale sont de plus en plus rares. Après la décision de la Cour de cassation dans l’affaire Sarah Halimi, qui a confirmé, mercredi 14 avril, que le discernement du meurtrier était « aboli » au moment des faits, elle a répondu aux questions du Monde.

A quand le principe d’irresponsabilité pénale remonte-t-il ?

La folie comme cause d’irresponsabilité est un principe humaniste qui date de l’origine de nos sociétés. On en trouve des traces dans le code babylonien d’Hammourabi (environ 1760 av. J.-C.), qui reconnaissait la folie comme un état venant abolir le libre arbitre. On le retrouve ensuite chez Platon (IVe-IIIe siècles av. J.-C.), puis dans l’Evangile selon Luc, « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Cette conception persiste de l’Antiquité jusqu’à la période moderne. L’article 64 du code pénal de 1810 énonce que la « démence » est une cause d’annulation de l’infraction. C’était tout ou rien. Et il y a eu, dès le début, des critiques au motif qu’il existe un ensemble d’états intermédiaires entre la responsabilité entière et l’irresponsabilité totale. A partir des années 1970, le code pénal entre en révision et la question est : comment rendre compte de cette responsabilité atténuée ?

Est-ce ainsi qu’est né l’article 122.1, qui introduit la notion d’altération du discernement ?

Oui, cet article énonce l’idée que la personne n’est pas pénalement responsable si elle était atteinte d’un trouble psychique ou neuropsychique qui a aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment de l’infraction. Mais elle demeure punissable si ceux-ci étaient seulement altérés. Aujourd’hui, ce qui divise les experts psychiatres est beaucoup moins l’existence du trouble psychique que la question de savoir s’il a aboli – ou altéré – le discernement et le contrôle des actes. Or, la question du discernement n’est pas une question clinique, c’est une question philosophique et morale. L’expert psychiatre appréhende aussi les choses avec ses valeurs.

Vaccins : La dimension psychologique

Vaccins : La dimension psychologique

 

 

La peur des thromboses dissuade de nombreux Français d’avoir recours au vaccin d’AstraZeneca. Une réaction irrationnelle, au vu de la balance bénéfice-risque, mais que nous pourrions apprendre à maîtriser, explique Etienne Ghys, dans sa chronique au « Monde ».
Etienne Ghys,secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, directeur de recherche (CNRS) à l’ENS Lyon

 

Tribune

. Comment comprendre la méfiance de la population à l’encontre du vaccin d’AstraZeneca ? D’un côté, un Français sur 700 est mort du Covid-19 depuis un an. De l’autre, un cas de thrombose pour 100 000 vaccinations. La balance semble claire : le risque de thrombose est 140 fois inférieur à celui du Covid-19. Et, pourtant, la méfiance s’est installée et sera difficile à éliminer.

Le calcul des probabilités ne suffira pas. Une application pour smartphone, intitulée Risk Navigator, évalue les risques encourus dans des activités usuelles. L’unité de mesure est le « micromort » : une probabilité de 1 sur un million de mourir. Par exemple, 1 000 km en voiture coûtent 3 micromorts. Mais les humains ne perçoivent presque jamais les risques en termes de chiffres ou de micromorts. Nous ne sommes heureusement pas des machines à calculer. Nos comportements sont souvent irrationnels, et c’est tant mieux.

 

Le débat n’est pas nouveau. L’inoculation contre la variole − la transmission volontaire d’une forme atténuée de la maladie – date du XVIIIe siècle en Europe. Un enfant inoculé avait une « chance » sur 200 de mourir dans le mois qui suivait, mais, s’il survivait, il ne serait pas contaminé pendant toute sa vie, à une époque où 1/8 de la population mourait de la variole. Comment comparer ces fractions 1/200 et 1/8 ? Sont-elles de même nature ? Est-il légitime de risquer de faire mourir quelqu’un pour le protéger d’une maladie qu’il pourrait ne jamais attraper ?

Le mathématicien suisse Daniel Bernoulli publia en 1766 un travail remarquable dans lequel il comparait deux populations, selon qu’elles utilisaient l’inoculation ou pas. Grâce aux données statistiques dont il disposait, il montra que, en inoculant tout le monde, certes 1/200 des enfants décédaient rapidement, mais que l’espérance de vie augmentait de trois ans. Il en conclut qu’il fallait inoculer.

La discussion qui a suivi fut passionnante dans ce siècle des Lumières où l’on s’interrogeait sur la valeur de la vie humaine. Le mathématicien d’Alembert était ainsi convaincu des avantages de l’inoculation mais il pensait que ceux-ci « ne sont pas de nature à être appréciés mathématiquement ». Il opposa beaucoup d’arguments, comme le fait qu’on ne peut pas comparer une mort immédiate avec une autre dans un futur indéterminé.

Depuis quelques décennies, les psychologues étudient la manière dont nous percevons les risques. Ils ont décrit et mesuré un grand nombre de biais systématiques. Par exemple, nous acceptons des risques bien plus importants lorsque nous les choisissons (comme prendre sa voiture) que lorsque nous n’y pouvons rien (comme un accident nucléaire). De même, nous minimisons les risques s’ils ne nous menacent que dans un futur indéterminé (comme le tabac). Nous exagérons un risque dont tous les médias parlent abondamment (comme la thrombose). Ces biais sont universels et on ne peut pas s’en débarrasser avec des cours de mathématiques. Ils font partie de la nature humaine. Même les experts y sont soumis dès qu’ils sortent de leur domaine d’expertise.

 

En revanche, la bonne nouvelle est que ces biais sont maintenant bien compris par les psychologues et qu’on peut les expliquer au public, ce que l’école et les médias ne font malheureusement que très peu. Il ne s’agit pas de faire des calculs mais de comprendre nos comportements et de maîtriser nos prises de risque. Nous prenons la plupart de nos décisions instinctivement, mais lorsque les choses deviennent sérieuses, nous devons apprendre à réfléchir et à analyser nos réactions irrationnelles.

Il faut écouter les médecins et les mathématiciens, bien sûr, mais aussi les psychologues. Vous pouvez accepter votre peur incontrôlée des araignées, mais pour les risques qui vous menacent vraiment, prenez le temps de vous renseigner et de réfléchir avant de prendre une décision !

Etienne Ghys(secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, directeur de recherche (CNRS) à l’ENS Lyon)

Intelligence artificielle : préserver la dimension humaine

Intelligence artificielle : préserver la dimension humaine

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique que si le numérique s’impose comme un formidable moyen de décupler les possibles dans tous les domaines, un moyen d’accéder à une société plus durable et plus juste, il reste un outil.

« Cette crainte soudaine du numérique qui entraîne parfois son rejet pourrait se révéler dangereuse si elle venait à perdurer et à s’amplifier car ça nous priverait de solutions précieuses propres à nous aider à relever les défis de notre temps. »

Tribune.

 

 » De tout temps, les échanges entre les individus, avec les entreprises ou les Etats se sont fondés sur des relations rendues propices par la confiance réciproque. Relation et confiance sont ainsi les deux attributs indissociables, non seulement de toute économie, mais encore de toute vie politique ou sociale. Une architecture relationnelle que Paul Valéry (1871-1945) qualifie de « structure fiduciaire », une toile tissée de relations de confiance qui forment « l’édifice de la civilisation », comme l’explique le philosophe Pierre Musso, dans La Religion industrielle (Fayard, 2017).

On ne peut en effet « faire société » sans avoir besoin les uns les autres et se faire confiance. On ne peut non plus « vivre en société » sans faire confiance aux institutions et croire en la valeur de concepts parfaitement immatériels, comme notre monnaie, nos lois, nos traditions ou nos fameuses valeurs républicaines, qui, toujours pour Valéry, relèvent de « l’empire des fictions ». Des fictions néanmoins indispensables à la cohésion sociale et au fonctionnement de notre société.

Même programmée par des humains, la réponse de la machine reste artificielle et par essence arbitraire. Soit le degré zéro d’un rapport prenant en considération l’individu dans toute sa complexité et ses particularismes

Dans ce contexte, le développement d’une société dont les fonctions sont de plus en plus numérisées et virtualisées, pose la question de la transformation du lien, autrefois humain et souvent personnel, en une relation certes personnalisée, mais dorénavant désincarnée, dans laquelle la conversation avec la machine s’est substituée à la relation humaine. Une machine qui est, de surcroît et toujours davantage, investie, à la faveur du développement de l’intelligence artificielle, du pouvoir exorbitant de prendre une décision concernant son « interlocuteur » sur la base d’une mystérieuse formule appelée algorithme. Une décision vue comme un confort quand il s’agit de définir l’itinéraire routier le plus fluide ou de recommander une lecture ou un morceau de musique, mais qui devient suspecte et parfois insupportable quand il s’agit de l’obtention d’une place en université, d’un crédit immobilier ou, pourquoi pas demain, d’un traitement médical personnalisé.

 

Même programmée par des humains, la réponse de la machine reste artificielle et par essence arbitraire. Soit le degré zéro d’un rapport prenant en considération l’individu dans toute sa complexité et ses particularismes, et un terreau favorable à l’expression de ce que le sociologue allemand Hartmut Rosa désigne dans Résonance (La Découverte, 2019) comme des « protestations d’inspiration républicaine contre une politique qui ne se conçoit plus que comme la gestionnaire administrative et juridique d’un monde muet ». Et que nous appelons dorénavant, chez nous, des « gilets jaunes » ! Un monde muet qui, pour Rosa, est la conséquence de l’incapacité des politiques et de la sphère administrative d’entretenir un rapport responsif avec les individus. Il ajoute « la démocratie moderne repose (…) sur l’idée que sa forme politique donne une voix à chaque individu et la rend audible ». 

 

 

 

Macronisme: incompétence dans sa dimension régalienne (Luc Rouban)

Macronisme: incompétence dans sa dimension régalienne     (Luc Rouban)

 

Luc Rouban, Directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) considère que le macronisme ne comprend rien du pays et est incompétent à gérer la dimension régalienne. (extraits Tribune au Monde) )

« Pratiquant le libéralisme dans un pays qui n’a rien de libéral, Emmanuel Macron reste prisonnier d’une appréhension économiste et managériale du monde, explique le politiste Luc Rouban dans une tribune au « Monde ».

 

« Le face-à-face annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui signifie l’appauvrissement du débat politique, est loin de pouvoir exprimer ou résoudre le malaise démocratique, qui naît non pas de la convergence mais de la diversité des attentes sociales. Plusieurs sondages récents réalisés à l’automne (sondage Elabe pour BFM-TV du 29 octobresondage IFOP pour Le Journal du dimanche du 3 novembre), analysant les intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, nous dévoilent un paysage politique figé.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au coude à coude, les représentants de la gauche socialiste ne percent pas, Jean-Luc Mélenchon reste à son étiage habituel des 12 %, l’écologie politique rate une fois de plus son entrée dans la cour des grands en ne dépassant pas les 7 %, et les candidats de la droite parlementaire, quels qu’ils soient (les sondages émettent plusieurs hypothèses), ne suscitent aucun renouveau. Ces sondages nous apprennent également que 80 % des personnes interrogées pensent que l’action d’Emmanuel Macron n’a pas permis d’améliorer leur situation personnelle.

Il est vrai que deux années de macronisme ont débouché non seulement sur la multiplication des conflits, mais aussi sur leur radicalisation. Que l’on observe le débat autour du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires ou la multiplication des conflits sociaux longs, comme celui qui secoue la SNCF et ceux qui minent les services de police ou les établissements hospitaliers, voire les conflits politiques, comme celui qui secoue depuis 2018 les élus locaux des petites communes ou encore celui des « gilets jaunes », le même schéma est à l’œuvre.

 

Tout semble indiquer que la réalité du terrain ne parvient plus à prendre forme politique, alors que des conflits fondamentaux – soit philosophiques, sur le sens de la laïcité, soit sociopolitiques, sur les fonctions de l’Etat et la place des services publics, soit économiques, sur la compatibilité du capitalisme et de l’écologie – sont renvoyés à la société civile afin de libérer le gouvernement de choix difficiles. Celui-ci est tenté d’user et d’abuser d’une communication du « en même temps » qui ne résout évidemment rien et ne protège pas l’Etat, qui semble incompétent même dans sa dimension régalienne, comme l’a illustré l’affaire de l’usine Lubrizol à Rouen. » 

Un chômage à dimension mondiale

Un chômage à dimension mondiale

 

 

La crise actuelle se caractérise surtout par une montée mondiale du chômage. Chômage qui pèse sur le niveau de consommation mais aussi sur les investissements, en fait sur la croissance actuelle et future. Ce haut niveau de chômage favorise par ailleurs une crise générale de confiance chez les  ménages et les  investisseurs. La question centrale est donc bien celle de la création d’emplois pour redynamiser l’activité. Autrement dit sans une meilleure articulation entre politique sociale et politique économique pas d’espoir de salut pour l’économie mondiale.  C’est ce que constate auusi la Banque mondiale. Les pays émergents ont beau s’en tirer un peu mieux que les pays les plus développés, c’est bien l’ensemble de la planète qui est touchée par une crise de l’emploi qui assombrit les perspectives de relance de la croissance, a estimé mardi 9 septembre la Banque centrale. La Banque mondiale a rendu publique une étude sur l’emploi mondial à l’occasion d’une réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20 en Australie. Celle-ci indique que 600 millions d’emplois supplémentaires doivent être créés au niveau mondial d’ici 2030 pour faire face à l’augmentation de la population. « Il y a peu de doute qu’il y a une crise généralisée de l’emploi », a commenté Nigel Twose, directeur de la Banque mondiale chargé de cette question. « Comme l’indique clairement cette étude, il y a pénurie d’emplois, et d’emplois qualifiés ». Egalement préoccupantes, « les inégalités salariales et de revenus se creusent au sein de nombreux pays du G20 en dépit de progrès dans certains pays émergents comme le Brésil et l’Afrique du Sud », a ajouté Nigel Twose. De manière générale, les créations d’emploi se portent mieux dans les pays émergents que dans les pays les plus avancés, grâce à des moteurs comme la Chine et le Brésil, mais les perspectives ne sont pas réjouissantes, a-t-il dit. « Les projections actuelles sont moroses. Des défis importants se profilent à l’horizon ». D’après le rapport réalisé conjointement avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), plus de 100 millions de personnes sont au chômage dans les pays du G20 tandis que 447 millions sont considérées comme des « travailleurs pauvres » vivant avec moins de deux dollars par jour. La croissance économique devrait rester faible, tandis que la situation de l’emploi pèse sur la consommation et les investissements, indique l’étude. Les salaires réels stagnent dans de nombreux pays membres du G20, voire reculent dans certains. « Il n’existe pas de solution magique pour résoudre la crise de l’emploi, dans les marchés émergents comme dans les économies avancées », a ajouté le responsable.  »Nous savons que nous devons créer 600 millions d’emplois supplémentaires dans le monde d’ici 2030 simplement pour faire face à la croissance démographique », a-t-il souligné. Chaque pays doit adopter une approche interministérielle du problème avec la « collaboration durable et directe du secteur privé », a préconisé Nigel Twose. En avril, les ministres des Finances du G20 s’étaient fixé comme objectif de doper le produit intérieur brut (PIB) mondial de 2% sur les cinq prochaines années. Mais le Fonds monétaire international a prévenu en juillet que ces objectifs de croissance pourraient être minés par la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement des économies émergentes.

 

Scandale du cheval : une dimension internationale

Scandale du cheval : une dimension internationale

 

Le scandale s’étend au même rythme que les investigations. Il est clair que Spanghero n’est pas le seul présumé coupable dans cette affaire qui implique toute la filière de commercialisation et de transformation de la viande. Les Européens vont procéder à plusieurs milliers de tests sur des plats censés être préparés à base de bœuf pour vérifier s’ils contiennent du cheval alors que le scandale s’étend à de nouveaux pays et que la société française Spanghero, mise en cause par Paris, clame son innocence.  Les 27 Etats membres de l’UE se sont mis d’accord vendredi pour procéder à environ 2.250 tests. De 10 à 150 tests sont prévus dans chaque pays, principalement au niveau des distributeurs, sur des produits alimentaires destinés aux consommateurs.  Au Royaume-Uni, des tests ont déjà été réalisés par les industriels du secteur. De la viande de cheval a été détectée dans 29 produits censés être au bœuf, sur 2.501 échantillons, a annoncé vendredi l’Agence de sécurité alimentaire (FSA) britannique.   »L’écrasante majorité des produits au bœuf dans ce pays ne contient pas de cheval. Les exemples que nous avons eus sont totalement inacceptables mais ils sont l’exception », a déclaré Catherine Brown, directrice de la FSA.  De nouveaux pays ont rapporté vendredi la présence de viande de cheval dans des plats préparés qui étaient étiquetés pur bœuf, après la révélation du scandale au Royaume-Uni et en Irlande il y a un mois.  En Autriche, les autorités ont fait état de traces de viande de cheval dans des tortellinis qui n’auraient dû contenir que du bœuf. En Norvège, le groupe de grande distribution NorgesGruppen a annoncé que de la viande de cheval avait été retrouvée dans des lasagnes vendues dans ses magasins puis retirées des rayons.  Au Danemark, le ministère de l’alimentation a indiqué avoir ouvert une enquête sur un abattoir qui pourrait avoir introduit du cheval dans de la viande présentée comme du bœuf destinée à des fabricants de pizza.  Aux Pays-Bas, une perquisition a été menée vendredi dans une usine du sud du pays qui mélangeait viande de cheval et de bœuf avant de la revendre labellisée « pur bœuf ».   »La société transformait des carcasses de chevaux en provenance des Pays-Bas et d’Irlande en morceaux de viande et les mélangeait à des morceaux de viande de bœuf », a indiqué le Parquet dans un communiqué. L’entreprise, dont le nom n’est pas cité, revendait ensuite ces mélanges comme étant de la viande « pur bœuf ».  Les autres pays touchés jusqu’ici sont la France, l’Allemagne, la Suisse et la Suède. A ce jour, les autorités assurent qu’il n’y a pas de risque pour la santé humaine.  Selon l’agence française antifraudes, le scandale concerne 750 tonnes de viande dont 550 tonnes ont servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens.  Toujours selon cette agence, Spanghero, fournisseur de viande des surgelés Findus, a « réceptionné » pendant six mois en pains de 25 kilos 750 tonnes de viande de cheval, « avec l’étiquette douanière » correspondant bien à de la viande de cheval, comme l’ont montré les factures saisies entre un trader chypriote et la société française.  Implantée à Castelnaudary, dans le sud-ouest de la France, cette entreprise emploie quelque 300 personnes, au chômage technique depuis la décision jeudi des autorités françaises de lui retirer son agrément sanitaire.   »Je ne sais pas qui » est à l’origine de cette fraude, « mais c’est forcément pas nous », a déclaré vendredi le patron de Spanghero, Barthélémy Aguerre, à la radio Europe 1. « J’ai été sidéré » par les accusations des autorités françaises, a-t-il dit.  Jeudi, plusieurs ministres français avaient porté des accusations graves contre Spanghero, accusée de « tromperie économique », assurant que la société savait qu’elle revendait comme viande de bœuf de la viande chevaline et qu’elle avait trompé ses clients.   »Le gouvernement est allé un peu vite » et « je pense que je vais faire la preuve de notre innocence, de mon innocence en tout cas, et de l’innocence de mes collaborateurs », a fait valoir le directeur.   »Depuis qu’il y a eu le problème, on a analysé les pains de viande et dans certains, on a trouvé du boeuf et du cheval mélangés, ce qui prouve bien que ce n’est pas Spanghero qui a fait la magouille. La magouille, elle vient d’ailleurs », a-t-il assuré

 

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