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Poutine et Xi Jinping : Même stratégie des dictateurs

Poutine et Xi Jinping Même stratégie des dictateurs

Les discours russe et chinois sur l’Ukraine et Taiwan ont beaucoup en commun, aussi bien sur les plans identitaire et stratégique qu’au niveau politique. Par Pierre-Yves Hénin, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

La guerre engagée par la Russie pour soumettre ou démembrer l’Ukraine est venue alimenter l’inquiétude d’un prochain recours à la force par la République populaire de Chine à l’encontre de Taiwan afin de réaliser le « rêve chinois de réunification nationale ». Une inquiétude d’autant plus grande que, trois semaines avant l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine et Xi Jinping avaient publié une déclaration de totale solidarité lors de la visite du président russe à Pékin. Alors, Ukraine et Taiwan, même combat ?

La Russie et la Chine sont aujourd’hui toutes deux des États autoritaires et révisionnistes, au sens où ils entendent remettre en cause l’ordre mondial existant. Certes, la situation de Taiwan est bien différente de celle de l’Ukraine en termes de droit international, mais les discours de justification de Vladimir Poutine et Xi Jinping convergent pour l’essentiel.

En effet, les « narratifs » russe et chinois reposent sur deux piliers communs : d’une part, l’affirmation d’une identité nationale partagée, puis déchirée, qu’il convient de restaurer ; d’autre part, une préoccupation géostratégique causée par une présence militaire des États-Unis ou de leurs alliés potentiellement hostile dans leur étranger proche, synonyme de menace d’encerclement et de contestation de leur sphère d’influence légitime sur leur « pré carré ».

À ces arguments s’ajoute un autre aspect de première importance : la volonté de ces systèmes autoritaires de se protéger face au « contre-modèle » démocratique qu’incarnent à leurs frontières l’Ukraine et Taïwan.

Comme celui de la Chine, le régime russe actuel peut être qualifié de national-capitalisme autoritaire. Dans ce type de régime, la légitimation de l’autoritarisme mobilise en particulier un discours national identitaire.

Il n’est pas étonnant que cette logique figure au premier plan du narratif russe pour justifier le démembrement de l’Ukraine, objectif proclamé de son action militaire. Vladimir Poutine s’est chargé personnellement de produire ce discours dans un long document intitulé « Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens », dans lequel l’histoire se trouve instrumentalisée à l’appui de sa politique révisionniste), ce que de nombreux historiens n’ont pas manqué de dénoncer.

Rappelant l’histoire longue et compliquée d’une Ukraine ballottée entre les sphères d’influence russes et lituano-polonaises, Poutine affirme que le mouvement de revendication d’une identité nationale ukrainienne – d’abord culturelle et linguistique -, qui s’est particulièrement manifesté à la fin du XIXe, siècle était manipulé par le mouvement national polonais – l’étranger, déjà – qui luttait à l’époque contre l’annexion de la Pologne dite « du Congrès » par l’empire russe. Plus intéressante est sa dénonciation de la politique soviétique des nationalités dans le devenir de l’espace hérité de l’URSS.

L’agression russe n’a fait que renforcer la vision de l’Histoire partagée par la majeure partie des Ukrainiens, d’après laquelle leur identité nationale aurait été édifiée des siècles durant, en particulier dans l’opposition à l’empire autoritaire des tsars puis des autorités communistes. Toujours réprimé par le pouvoir soviétique, ce programme de réflexion historique renaît à la fin des années 1980, avec la pérestroïka, à l’initiative du Parti communiste d’Ukraine, comme le rapporte un historien de Kiev qui a participé à ce renouveau.

On relèvera au passage que le rattachement de la Crimée à l’Ukraine par décision du Soviet suprême le 19 février 1954 – présenté à l’époque par Moscou comme un don généreux du grand frère à l’occasion du 300e anniversaire du Traité de Pereïaslav, et aujourd’hui comme une lubie de Khrouchtchev - visait en réalité à renforcer le poids de l’élément russe dans une république où les mouvements de contestation de l’ordre russo-soviétique n’étaient pas éteints.

Le discours chinois de justification de la nécessaire « réunification » avec Taiwan revêt certes une certaine légitimité a priori en termes de droit international, puisque les États-Unis eux-mêmes ne contestent pas l’appartenance de principe de l’île à la Chine. Pour autant, cette réunification est présentée comme la dernière survivance des « traités inégaux » à effacer pour réaliser le « grand rêve chinois ».

Certes, c’est bien par le Traité de Shimonoseki en 1895 que le Japon s’est approprié l’ile de Taiwan. Pourtant, les différents gouvernements chinois ne revendiqueront pas le retour de Taiwan à la mère patrie avant plusieurs décennies. Jusqu’en 1942, alors que la restitution de la Mandchourie est exigée, Taiwan n’apparaît que comme un territoire qui doit être libéré de l’occupation japonaise, au même titre que la Corée et l’Annam, également anciennes colonies chinoises. Rarement évoqué, ce point est bien documenté par l’historien états-unien Alan M. Wachman. En 1937, lors de ses entretiens avec le journaliste Edgar Snow, Mao considère que le Parti communiste doit aider les Taiwanais à lutter pour leur indépendance, position réitérée par Zhou Enlai en juillet 1941. En 1938, le président nationaliste Tchang Kai-chek exprime la même position :

« Nous devons permettre à la Corée et à Taiwan de restaurer leur indépendance, ce qui bénéficiera à la défense nationale de la République de Chine. »

La rupture viendra d’un acteur inattendu, Franklin Delano Roosevelt. Le 14 août 1941, la Charte de l’Atlantique prévoit le retour de Taiwan à la République de Chine. Informé par ses relations états-uniennes, le Kouo-Min-Tang (le parti de Tchang Kai-chek) intégrera ce point de vue en 1942. Dans le même temps, le Parti communiste chinois opère le même changement de posture, qu’il présente comme une initiative des communistes taiwanais.

Comme le remarque Alan Wachman, cet affaiblissement de l’argument de la légitimité historique conduit à privilégier l’argument géostratégique.

Nous ne reprendrons pas ici la longue controverse sur la légitimité de l’élargissement de l’OTAN à d’anciennes démocraties populaires, puis aux États baltes, libérés de l’annexion soviétique voire, un jour, à la Géorgie et à l’Ukraine. En tout état de cause, cet élargissement amène aux frontières de la Fédération de Russie une coalition potentiellement opposée à ses projets révisionnistes de restauration, si besoin par la force, de la sphère d’influence héritée de l’Empire des tsars et de l’URSS. La vidéo suivante a été publiée par une diplomate chinoise, signe révélateur de l’alignement des positions de Pékin et Moscou sur cette thématique de l’encerclement.

Alliance défensive, l’OTAN ne risque pas d’engager d’action offensive contre la Russie, dont les préoccupations sur ce point sont pour le moins surfaites. Il reste que, à défaut de constituer une menace pour la Russie elle-même, l’élargissement de l’OTAN aura incontestablement limité sa capacité d’action dans des pays relevant à ses yeux de son « étranger proche » (sans toutefois l’empêcher de soutenir militairement des « républiques séparatistes » contrôlées par des minorités russophiles et russophones, de la Transnistrie à l’Abkhazie, en passant par le Donbass). Sans la présence militaire occidentale dans les pays limitrophes, on voit mal comment l’armée ukrainienne aurait pu résister avec autant d’efficacité à l’offensive russe de février 2022.

Employant une terminologie qui n’est pas sans rappeler le discours allemand d’avant la Première Guerre mondiale, la Russie affirme que la présence militaire occidentale vise à « encercler » son territoire. De manière similaire, l’autonomie de Taiwan sous protection états-unienne constitue, aux yeux des autorités chinoises, le point d’ancrage d’une barrière fermant les mers de Chine le long de la « première chaine des iles ». Le manuel sur la géographie militaire du Détroit de Taiwan publié en 2013 par l’Académie de défense de Pékin comporte une présentation très explicite de l’enjeu géostratégique que constitue la possession de Taiwan : le contrôle de l’île est vital pour se prémunir d’un blocus, en même temps qu’il permettrait de menacer les communications du Japon ; et il offrirait à la marine de l’Armée populaire un accès libre à l’océan Pacifique et un moyen de pression décisif sur les États de la région, rapportent les chercheurs William Murray et Ian Easton.

Aussi réels que soient les enjeux stratégiques et géopolitiques en cause, il nous semble qu’une dimension supplémentaire intervient dans la motivation russe et chinoise de mettre fin aux statuts respectifs de l’Ukraine et de Taiwan.

La dénonciation commune des « révolutions de couleur » par Poutine et Xi Jinping attire l’attention sur le fait que ces dirigeants de régimes autoritaires voient une menace dans les démocraties situées à leur porte. La démocratie fonctionne certes mieux à Taiwan qu’en Ukraine, mais dans les deux cas, ces petits pays, de droit ou de fait, montrent qu’ex-Soviétiques comme Chinois peuvent parfaitement vivre autrement qu’en dictature.

Si, depuis des années, Moscou s’attache aussi systématiquement à dénigrer la démocratie ukrainienne, c’est que ce régime, par son existence même, contrarie le narratif du Kremlin. Comme le dit le journaliste Jean-François Bouthors, « pour Vladimir Poutine, laisser l’Ukraine avancer dans cette direction [démocratique] est impossible. Comment tenir d’un côté que c’est en raison d’une spécificité civilisationnelle russe que se justifie l’autocratie qu’il impose au pays et de l’autre que, comme il le prétend, les Ukrainiens ne se différencient pas des Russes, alors qu’eux ont opté pour la démocratie ? [...] De son point de vue, le pouvoir à Moscou était effectivement menacé par l’expérience démocratique ukrainienne ».

Parallèlement, les universitaires Kelly Brown et Kalley Wu Tzu-Hui soulignent que Taiwan présente désormais un modèle alternatif de modernité et de démocratie dans le monde chinois ; c’est selon eux la principale raison pour laquelle Pékin a un problème avec Taiwan – « Trouble with Taiwan », expression retenue comme titre de leur ouvrage publié en 2019.

S’il se fait discret dans la communication à destination du « Nord », cet argumentaire est bien accueilli dans nombre de pays « du Sud », pour lesquels la posture russe et chinoise a le mérite de rompre avec un système libéral démocratique dominé par les États-Unis, prompt à sanctionner des dérives dont le front des régimes de national-capitalisme autoritaire s’accommode par nature.

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Par Pierre-Yves Hénin, Professeur émérite en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Contre l’Ukraine : l’union des dictateurs

Ukraine : l’union des dictateurs

C’est l’ordre international qui est en jeu pour Alain Frachon, éditorialiste au « Monde . Le camp de la liberté contre celui des dictateurs.

Une sorte d’alliance objective des autocrates contre la démocratie, pour se protéger eux-mêmes des secousses internes

La Chine de Xi Jinping a choisi de soutenir, politiquement au moins, la Russie de Vladimir Poutine. Ce n’était pas obligé. Pékin avait des cartes à faire valoir pour jouer un autre rôle – plus apaisant. Mais, au nom d’une ambition supérieure partagée, Xi a jugé plus important de coller à l’argumentaire de Poutine : dans l’affaire ukrainienne, tout est de la faute de l’OTAN, des Etats-Unis, de ce « collectif occidental » sans cesse plus menaçant à l’égard de Moscou – pas un souffle de nuance dans un discours de combat mouliné à satiété par toute la machine de propagande chinoise.

Pourquoi ? Parce que la Russie est l’amie, la camarade de combat dans une bataille menée pour façonner un « nouvel ordre international », pour changer les relations entre Etats au XXIe siècle et pour entrer dans une « nouvelle ère » qui verra la fin du leadership occidental instauré en 1945. La guerre en Ukraine, c’est bien dommage, mais l’intérêt supérieur de Pékin est de sceller dans l’épreuve un partenariat avec la Russie au service d’un objectif précis : créer un environnement international favorable au mode de gouvernement autocratique.

A l’opposé, le président Joe Biden inscrit le soutien apporté à l’Ukraine par les Etats-Unis et leurs alliés dans la lutte opposant démocraties et autocraties – confrontation qu’il juge déterminante pour l’avenir du siècle. Invité début mai au Festival du Financial Times à Washington, Henry Kissinger, 98 ans, dont une bonne partie au service de l’école real-politicienne, laisse, discrètement, entendre qu’il ne reprendrait pas à son compte la formule de Biden. On imagine que l’ancien secrétaire d’Etat referait plus volontiers le « coup » de 1972 : cultiver Pékin contre Moscou…

Mais Kissinger ne nie pas l’offensive diplomatico-idéologique que la Chine mène contre l’Occident sur la scène internationale. Cette campagne, souvent conduite dans un jargon dont la légèreté n’est pas la qualité première, est admirablement racontée par la sinologue Alice Ekman, de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (EUISS), dans la publication « China and the Battle of Coalitions » (Chaillot Paper).

Poutine et Xi Jinping : l’union de deux dictateurs mafieux contre l’Occident

Poutine et Xi Jinping : l’union de deux dictateurs mafieux contre l’Occident

Il est clair que Poutine et Xi Jinping    s’entendent comme larrons en foire pour dénoncer l’attitude d’hostilité de l’Occident. En réalité, il s’agit surtout pour les deux dictateurs d’utiliser les discours nationalistes pour conforter leur régime antidémocratique. Accessoirement aussi pour leur permettre- à eux et à l’entourage -de se servir largement dans les caisses de l’État.

Comment pourrait-on expliquer autrement que des oligarques russes ou chinois soient devenus milliardaires en quelques années et même les plus riches de la planète ? On meurt encore de faim et beaucoup du covid en Russie par exemple mais les oligarques rachètent usines et clubs de football en Occident. Même chose pour les proches du parti communiste chinois qui eux investissent surtout et sur tout en Occident en rachetant des sociétés, des ports, des infrastructures et même des terres cultivables.( En particulier en Afrique et grâce aussi à la corruption).

Le pire sans doute le plus ridicule c’est que les deux pays revendiquent être des modèles de démocratie n’hésitant pas à déclarer

que «la démocratie ne se construit pas selon un modèle unique» et fustigeant «les tentatives de certains pays d’imposer leurs normes démocratiques à d’autres pays…». L’«hégémon» américain est, à nouveau, particulièrement pointé du doigt. Des propos, fort peu inédits, formulés alors que nombre de chefs d’État ont boudé vendredi les cérémonies à Pékin, en particulier à cause des violations des droits de l’homme à l’encontre des Ouïgours du Xinjiang.

Dans les deux cas les principes antidémocratiques ce ressemblent. Toute opposition est évidemment interdite et toute contestation du régime conduit à la prison ou au cimetière. Des dizaines de milliers de Russes en ont été victimes et sans doute des millions en Chine.

Ne plus soutenir les dictateurs africains

Ne plus soutenir les dictateurs africains

 

 

Célestin Monga,  Économiste camerounais appel à ne plus soutenir les dictateurs africains (Le Monde) extrait

 

Tribune.

Quels sont les intérêts de la France en Afrique et qui dispose de la légitimité pour les définir, les identifier et les évaluer ? Ces intérêts portent-ils sur le volume des contrats juteux obtenus par un petit groupe d’entreprises dites françaises opérant sur le continent, sur le nombre de pays africains dont les chefs d’Etat sont jugés « pro-français », ou sur le degré d’influence supposé que l’histoire coloniale, la présence militaire et la francophonie confèrent à la France sur la scène internationale ?

Ces questions font rarement l’objet d’un débat public en France. Comme si la mémoire collective demeurait honteusement prisonnière des frustrations et de la culpabilité d’une décolonisation bâclée. Cette omerta remonte aux années 1950. Visionnaire et courageux face au nazisme, le général de Gaulle s’est montré politiquement myope et cynique à l’égard des colonies et territoires sous domination française. Il leur a proposé de demeurer au sein d’une « Communauté française » qui aurait fait des populations africaines des citoyens de seconde zone, alors même qu’elles avaient versé beaucoup de sang pour la France lors des deux guerres mondiales.

Chine : comme tous les dictateurs Xi Jinping devient fou

Chine : comme tous les dictateurs Xi Jinping devient fou

 

Il y a quelque chose de démesuré dans la politique diplomatique de Pékin. Sans doute en raison du pouvoir absolu désormais de Xi Jinping, président élu à vie comme Mao. Et comme Mao avec les mêmes dérives autoritaires à l’intérieur mais maintenant avec une ingérence croissante dans les pays démocratiques.

 

Au nom de l’intérêt du peuple représenté par le parti communiste tout est  permis y compris le massacre et l’esclavage. Le tout est complètement assumé et la Chine refuse même les leçons démocratiques..

 

«L’UE n’a pas le droit de faire de leçon à la Chine sur les droits de l’homme. Elle doit méditer sur ses erreurs et les corriger», a tempêté le régime marxiste-léniniste, appelant l’Europe à faire son autocritique comme doit s’y résoudre un simple apparatchik. Exactement la même dérive que sous Mao dont le régime a quand même fait 70 millions de morts et qui a réduit le pays à la misère.

 

Sur le plan économique il en va différemment pour la Chine actuelle. Ceci étant, le  pays est encore grandement dépendant des exportations et si le conflit diplomatique actuel devait s’envenimer,  il pourrait contaminer le champ économique encore fragile d’un pays miné par la corruption et technologiquement encore en retard par rapport aux pays occidentaux.




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