Archive pour le Tag 'dettes'

Plus de dettes et plus impôts ?

Plus de dettes et plus impôts ?

 

Faute de réduire le train de vie de la nation et sans effort de redistribution des grandes entreprises aux bénéfices insolents, seules trois possibilités restent envisageables : plus de dettes, plus d’impôts, voire les deux à la fois, alerte dans la chronique Stéphane Lauer au « Monde ».

Pour l’immédiat on voit mal comment pour être respectée la contrainte imposée par Macron à Élisabeth Borne : « ni dettes, ni impôts supplémentaires. À moins évidemment de ne faire aucune réforme ou seulement des réformes gadgets puisque parallèlement aucun objectif de réduction des dépenses de l’État n’est envisagé. Conclusion, reste seulement la piste des dépenses supplémentaires pas forcément contradictoires avec davantage de fiscalité.NDLR

 

Res-pon-sa-bi-li-té : le mot est sur toutes les lèvres en cette période postélectorale. Face à un risque de blocage de nos institutions et de l’action publique, chacun est placé devant les siennes. Dans son allocution télévisée du 22 juin, le chef de l’Etat, faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement et les députés élus de la coalition Ensemble ! à composer avec cette situation inédite « soit en bâtissant un contrat de coalition, soit en construisant des majorités texte par texte ».

Parallèlement, il a demandé aux oppositions de sortir « des querelles et des postures politiciennes » pour aboutir à des « compromis ». Ses adversaires politiques lui répondent en chœur que c’est, au contraire, à Emmanuel Macron d’être « responsable » en esquissant un projet qui tienne compte des nouveaux rapports de force. Le dialogue de sourds peut durer longtemps.

La responsabilité pour nos représentants ne consiste pas seulement à chercher le consensus pour le consensus. La première d’entre elles consisterait à inciter le pays à sortir du déni dans lequel il s’est enfermé depuis le déploiement du « quoi qu’il en coûte ». La corne d’abondance de « l’argent magique » fabriqué par les banques centrales a anesthésié les esprits et les programmes politiques, qui ne parlent que de redistribution des richesses sans se demander comment se donner les moyens d’en créer davantage au préalable.

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle comme celle des législatives, le logiciel des responsables politiques a semblé bloqué sur le mode d’une croissance post-Covid-19 débridée. Qu’importe la guerre, l’inflation, la montée des taux d’intérêt, le spectre de la récession, la France continue, avec une légèreté coupable, à creuser ses déficits et à s’endetter inexorablement face aux injonctions d’une opinion publique jamais rassasiée.

Au prix d’un effort budgétaire unique en Europe, le gouvernement a réduit, pour les ménages, la facture de l’inflation de deux points par rapport à la moyenne de la zone euro. Mais qui prête attention à ces dizaines de milliards engloutis par la hausse des prix ? Dans l’attente de la présentation d’une nouvelle loi « pouvoir d’achat » devant l’Assemblée, l’heure reste à la surenchère, comme si les mesures déjà adoptées n’avaient servi qu’à arroser le désert.

L’augmentation de la dépense publique est devenue l’unique boussole de la politique française. Pourtant, la dégradation du contexte macroéconomique laisse peu de doute : tôt ou tard, des mesures impopulaires devront être envisagées. Reste à trouver les courageux pour les assumer.

Gouvernement : « ni dettes, ni impôts »….. ni réformes

Gouvernement : « ni dettes, ni impôts »….. ni réformes

 

Autant dire que la mission confier par le président république à Élisabeth Borns est impossible. Elle est en effet chargé de former un large gouvernement d’action mais e réformer sans dette et sans impôts  supplémentaires.

Une mission particulièrement impossible car il n’y aura pas d’élargissement du gouvernement hormis quelques débauchages. En outre, la contrainte « ni dette, ni impôts », supposerait une vaste réforme de l’État pour faire des économies nécessaires au lancement des nouvelles orientations. Or cette réforme n’a jamais été à l’heure du jour depuis l’élection de 2017 et pas davantage lors de l’échéance de 2022.

Conclusion,  la chef de gouvernement sera forcément réduite à l’inaction et il faut s’attendre à des mesures gadgets sur des axes qui auraient mérité des évolutions profondes.

Enfin pour trouver des majorités à l’Assemblée nationale, le gouvernement se verra obligé de présenter des orientations minimales

 

Opération clarification avant de nouvelles consultations pour pallier l’absence de majorité absolue: Emmanuel Macron, qui a « confirmé » samedi sa confiance à Elisabeth Borne, a chargé la Première ministre de sonder les groupes parlementaires afin de former un « gouvernement d’action » début juillet.

Là où les Allemands ont mis des mois trouver un gouvernement de coalition, la nouvelle première ministre ne dispose que de quelques jours. Macron voudrait prouver son impuissance il ne s’y prendrait pas autrement.

« A mon retour du G7 et de l’Otan (qui se tient jusqu’à jeudi, ndlr), la Première ministre me soumettra des propositions pour une feuille de route pour le gouvernement de la France sur les prochains mois et les prochaines années, et également pour la composition d’un nouveau gouvernement d’action au service de la France que nous mettrons en place dans les premiers jours du mois de juillet », a précisé le chef de l’Etat. Ce gouvernement pourra être rejoint par des représentants de forces politiques prêtes à coopérer avec la majorité Mais pas par un parti d’opposition mais par des individus en mal existentiel politique type Robert Ménard proche du Front National officiellement candidat pour un marocain. Pas vraiment le moyen de redorer le blason du gouvernement !

 

Un réaménagement impossible de dettes des pays en développement ?

Un  réaménagement impossible de dettes des pays en développement 

 

Pierre Cailleteau et Thomas Lambert, associés de Lazard Frères, analysent, dans une tribune au « Monde », les défis de la restructuration de la dette souveraine, en se concentrant sur la question de la comparabilité du traitement entre les différents créanciers, les autres gouvernements et les créanciers commerciaux.

 

Un papier intéressant d’autant que la montée de l’inflation risque de plonger de nouveaux pays dans une dette ingérable. Et pour ces pays s’ajoutera le risque de dérive démocratique au risque de défaut. La grande question et celle de la soutenabilité financière bien sûr mais aussi sociale et économique de la gestion de l’endettement NDLR

 

La prolifération des situations de détresse financière parmi les pays en développement a mis à l’épreuve le système collectif d’allègement des dettes publiques. Un meilleur équilibre doit être trouvé entre trois objectifs concurrents : accélérer les renégociations de dette, alléger substantiellement le fardeau des Etats, et assurer un traitement équitable de tous les créanciers. Ce traitement équitable, appelé « comparabilité de traitement », doit être rendu plus clair et explicite.

La succession de crises depuis la grande crise financière de 2007-2008 a fait augmenter les dettes publiques d’une manière inédite hors temps de guerre. Les pays avancés, qui bénéficient de banques centrales crédibles, ont pu éviter, à ce jour, les symptômes alarmants de la détresse financière : affectation d’une part considérable du budget à la charge d’intérêts ; incapacité à refinancer la dette à des conditions abordables…

Les pays en développement n’ont pas eu cette chance. Les signes de détresse se multiplient depuis deux ans, et s’accélèrent depuis quelques mois. L’Argentine, l’Equateur, le Liban, le Tchad, l’Ethiopie, le Suriname, la Zambie… et maintenant le Sri Lanka ont dû se résigner à négocier avec leurs créanciers pour alléger le fardeau de leur dette.

Ce processus de réaménagement de dettes repose sur un équilibre délicat : il faut que les dettes soient aisément renégociables pour ne pas condamner des Etats à une cruelle agonie financière ; mais pas trop aisément pour ne pas encourager des réductions de dette « capricieuses » qui rendraient le financement futur de ces économies inutilement onéreux.

La communauté internationale, sous l’égide du G20, a pris en 2020 une initiative très importante : le « cadre commun pour les traitements de dette », s’appuyant sur l’infrastructure analytique et logistique du Club de Paris, ce groupe informel de pays, occidentaux pour l’essentiel, qui orchestrent depuis plus de soixante ans les négociations de dette des pays en développement.

Les nouveaux créanciers publics majeurs que sont la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde et l’Arabie saoudite y participent également. Le « cadre commun » était censé rendre possible et accélérer les processus de renégociation de dettes, après deux décennies durant lesquelles ces nouvelles puissances émergentes ont massivement prêté aux pays en développement, particulièrement en Afrique.

En 2022, ce processus est mis en échec. Aucun cas avéré de succès de restructurations selon le « cadre commun » n’est répertorié à ce jour. Le processus est long et tortueux, malgré l’énergie déployée par le Trésor français qui préside le Club de Paris depuis son origine.

Une mutualisation des dettes ?

Une mutualisation des dettes ?

 

L’économiste Massimo Amato plaide pour le rachat de toutes les dettes nationales par une agence européenne qui émettrait à sa place une « dette perpétuelle », à des taux différenciés selon la « discipline budgétaire » des Etats membres.

Si certains pays du Sud adhèrent à cette proposition, par contre nombre de pays du nord  s’y opposent totalement en raison du peu de confiance qu’ils accordent à la gestion des pays demandeurs France y compris  NDLR

 

Après les 750 milliards d’euros de prêts et subventions du plan Next Generation EU, voici les 210 milliards d’euros du plan REPowerEU. Nés de deux urgences, le Covid-19 et la guerre en Ukraine, ils ont en commun de viser une coordination accrue des politiques industrielles des Etats membres dans des secteurs-clés et de placer, pour les décennies à venir, les investissements publics d’infrastructure au cœur de l’intégration économique européenne.

Or, si les politiques industrielles et les investissements publics d’infrastructure doivent être financés de manière accélérée, nous avons besoin aussi de nouvelles formes de coordination dans leur financement. Comment s’éloigner de la rigueur déflationniste de l’ancien pacte de stabilité pour passer à une configuration dans laquelle l’expansion de la politique budgétaire n’engendre pas d’instabilité financière ?

Il s’agit de passer d’une logique de compétition entre Etats en vue d’accéder aux marchés financiers, sous l’hypothèse d’une efficience sans faille de ceux-ci, à une logique de coopération entre les Etats face aux marchés, afin d’en prévenir l’irrationalité potentielle.

Telle serait la tâche d’une « agence européenne pour la dette » (AED), dont l’idée a été lancée le 23 décembre 2021 dans une tribune de MM. Draghi et Macron au Financial Times. Plaidant pour de nouvelles règles européennes plus favorables aux investissements, les dirigeants italien et français y mentionnent le projet d’une « agence » pour gérer les dettes de la zone euro liées au Covid-19.

Mais maintenant, il faut oser aller plus loin. Car la situation où l’Europe se trouve plongée appelle à ne plus distinguer entre dette « normale » et dette « exceptionnelle ». Néanmoins, l’objection allemande à toute mutualisation de la dette, réaffirmée par le ministre des finances, Christian Lindner, dans un entretien, en mars, au Corriere della Sera, garde tout son sens : chaque pays membre doit demeurer responsable de sa politique budgétaire sans demander l’aide des autres pays, et surtout de leurs contribuables.

Est-il possible de construire une AED qui soit à la fois non mutualiste et coopérative, capable d’absorber toute la dette de la zone euro, passée et à venir, et même d’aider la transition de l’Union européenne (UE) vers une capacité budgétaire centrale ? C’est la configuration que nous proposons depuis 2020, avec une équipe de collègues économistes en Italie et en France.

L’AED qui, grâce à une capitalisation adéquate, profiterait d’une note AAA, et donc des meilleurs taux de marché, émettrait ses propres titres à échéance déterminée, mais elle prêterait les fonds levés aux pays membres selon un schéma de prêts perpétuels. Cela permettrait à tous les pays de se protéger du risque de refinancement lié aux anticipations des marchés qui, comme le montre la crise des dettes souveraines en 2012, peuvent lourdement mésestimer le « risque pays » et imposer des taux insoutenables.

BCE : modération des rachats de dettes

BCE : modération des rachats de dettes

comme la Fed , la BCE annonce un « ralentissement » de ses rachats d’actifs sans en préciser les modalités dans le cadre de son plan adopté au début de la pandémie. Cette décision est justifiée par l’amélioration de la situation économique dans la zone euro. Mais la BCE se dit prête à agir si la reprise économique était freinée, notamment par le variant Delta.

Dans son communiqué, l’institution monétaire indique vouloir réduire son volume mensuel du rythme d’achats de dettes souveraines et d’entreprises dans le cadre de son programme d’urgence contre la pandémie (PEPP) qui court jusqu’à mars 2022, un ralentissement qualifié de « modéré ». De 80 milliards d’euros, les rachats mensuels devrait, eux, être ramenés entre 60 et 70 milliards d’octobre à décembre, selon les observateurs, la BCE n’ayant pas indiqué de montant.

Évolution comparée des dettes publique en Europe

Un article de Raphaël Legendre, journaliste au service économie de l’Opinion Fait le point sur l’endettement comparé en Europe ( Extrait)

 

Que l’on parle des aides ou des résultats macro-économiques, la France se trouve en réalité dans une position plutôt médiane en Europe. C’est en tout cas ce que nous explique le comité de suivi et d’évaluation des mesures d’urgence pendant la crise, présidé par Benoît Cœuré et qui a remis son rapport au gouvernement avant l’été.

Par exemple sur l’activité partielle : on a mis 35 milliards d’euros sur la table en France, c’est 1,4 point de PIB. C’est peu ou prou ce qu’ont fait l’Espagne et l’Italie mais c’est deux fois moins que l’argent mis en place par le Royaume-Uni et deux fois plus que l’Allemagne. Si on prend le fonds de solidarité qui est venu en aide aux entreprises depuis dix-huit mois. La France a mis 1,3 point de PIB, c’est ce qu’a fait à peu près l’Allemagne et c’est également ce qu’a fait l’Italie, par contre on est bien au-dessus de l’Espagne : 0,4 point de PIB, mais en deçà du Royaume-Uni : 1,6 point.

Et quant aux prêts garantis par l’Etat, c’est pareil, la France a mis à peu près 6 points de PIB, on est bien au-dessus du Royaume-Uni et de l’Allemagne, mais en dessous de l’Italie et de l’Espagne. »

Les mesures d’urgence et les plans de relance combinés à la réduction des recettes ont creusé les déficits et les dettes publiques des pays européens ont bondi. A tel point que l’endettement public de la zone euro a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 100% du PIB. Il existe cependant d’importantes disparités entre les pays de l’Union européenne.

R. L. : « La dette a augmenté de partout en Europe mais tous ne sont pas partis du même niveau. Comme un révélateur, la crise a accentué l’écart entre les pays rigoureux et les pays plus dépensiers.

Beaucoup de pays de l’Europe du nord et de l’est affichaient toujours au premier trimestre 2021 un niveau de dette publique maintenu sous les 60 % du PIB, 13 pays sur 27 au total (en bleu).  Des dettes tqui évoluent aujourd’hui entre 115 % et 160 % pour l’Italie, voire près de 210 points de PIB pour la Grèce, c’est dix fois plus que l’endettement de l’Estonie par exemple. On le voit donc, c’est une situation très disparate en Europe.

Est-ce grave, docteur ?

R.L. : « Pour l’instant tout va bien, le pacte de stabilité a été mis entre parenthèses jusqu’à la fin 2022 et la Banque centrale européenne continue d’acheter la dette des Etats par milliards chaque mois. Mais la parenthèse enchantée du « quoi qu’il en coûte » arrive à sa fin et un jour ou l’autre il faudra bien rembourser.

Il y a quelques jours, la banque centrale américaine, la Fed, a annoncé qu’elle se dirigeait vers un «tapering», ça veut dire fermer le robinet des liquidités. Elle va donc engager une régulation de sa politique monétaire et la Banque centrale européenne devra tôt ou tard s’inscrire dans les pas de la Fed. D’autant plus que l’inflation repart, menaçant d’une hausse des taux. A partir de 2023, on pourrait donc observer un alourdissement de la charge de la dette qui, il est vrai, est tombée à des niveaux historiquement bas l’année dernière. A titre d’exemple, on a payé à peu près 35 milliards de charges d’intérêts sur la dette, c’est le même niveau qu’en 2000, quand notre dette était à 60 % et surtout trois fois inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui.

Mais le plus inquiétant en réalité, ce sont ces écarts de dette entre les trois premières économies de la zone euro. L’Allemagne qui est aujourd’hui à environ 70 % et qui très vite va revenir sous les 60 % de dette d’un côté, et de l’autre, la France et l’Italie à 120 % et 160 %. L’Italie qui a une dette deux fois supérieure à celle de l’Allemagne, ces écarts pourront être pointés du doigt par les marchés financiers un jour ou l’autre. On se souvient, en 2010, les attaques sur la Grèce qui ne représentait que 2 % du PIB européen.

L’Italie, troisième économie de la zone euro, est un danger bien plus important que ce qu’on a connu il y a dix ans. »

En France, la dette publique ne manquera pas d’animer les débats à quelques mois de la présidentielle. En Allemagne, Olaf Scholz (SPD) et Annalena Baerbock (Grünen), candidats à la succession d’Angela Merkel, prônent une hausse de la fiscalité pour équilibrer le budget. Le Royaume-Uni et l’Espagne ont d’ores et déjà décidé d’augmenter certains impôts.

Le gouvernement britannique a annoncé début mars une hausse de l’impôt sur les sociétés qui passera de 19 à 25% en 2023. Pedro Sanchez a lui annoncé dès juillet 2020 une hausse des impôts pour les «grandes corporations» pour faire face à la crise en Espagne.

R.L. : « Le débat va forcément être relancé dans la zone euro au moment où il faudra normaliser la gouvernance des finances publiques. Il a commencé au Royaume-Uni, en Espagne, mais pas uniquement dans les pays les plus endettés. En Allemagne, par exemple, où le candidat socialiste Olaf Scholz est désormais le mieux placé pour être désigné chancelier, on assiste au retour de ce débat sur l’impôt sur la fortune qui a été supprimé outre-Rhin il y a 25 ans et qui pourrait donc faire sa réapparition post-crise.

En France, Bruno Le Maire n’arrête pas de répéter que les impôts n’augmenteront pas mais jusqu’en 2022. Qu’en sera-t-il au-delà ? Personne ne peut le dire. Le problème c’est que la France n’a pas les marges de manœuvre des autres pays pour augmenter ses impôts puisque nous sommes déjà le pays le plus taxé au monde et qu’on l’a vu avec les Gilets jaunes par exemple, toute hausse d’impôt est désormais extrêmement difficile à faire passer
dans l’opinion publique. Reste qu’avec près de 120 points de dette, il faudra très probablement faire des efforts, mais pas avant 2023. »

Quelles solutions vont alors se présenter aux gouvernements des pays européens pour tenter de résorber les dettes Covid ?

R.L. : « Il y a trois voies pour réduire la dette publique : la première c’est la croissance et tous les Etats vont faire en sorte d’augmenter leur croissance potentielle. Ensuite il y a deux voies : on peut rétablir les finances publiques soit par l’augmentation des impôts et certains pays ont des marges de manœuvre, ce n’est pas le cas de la France.

Ou on peut passer par une baisse des dépenses. Là encore, certains pays et certaines opinions publiques acceptent mieux ce chemin que d’autres. Ce n’est pas vraiment le cas en France, c’est pourquoi Bruno Le Maire a proposé pour le prochain quinquennat, une forme de règle d’or, c’est-à-dire un plafonnement des dépenses publiques .

L’annulation des dettes publiques !

L’annulation   des dettes publiques !

Les trois économistes Thomas Coutrot, Pierre Khalfa et Jacques Rigaudiat réfutent, dans une tribune au « Monde », les arguments de quatre-vingts de leurs collègues opposés à l’annulation de la dette des Etats détenue par la Banque centrale européenne.

Tribune.

 

Un certain nombre d’économistes, dont par ailleurs nous partageons usuellement les analyses et les combats, viennent, dans une tribune au Monde, de prendre position contre l’annulation par la Banque centrale européenne (BCE) des dettes publiques que cette dernière détient.

Rappelons que, dans le cadre de sa politique dite « non conventionnelle », la BCE achète régulièrement sur le marché secondaire des obligations d’Etat. Elle possède ainsi, par l’intermédiaire de la Banque de France (BdF), environ 20 % de la dette publique française.

Il y a un premier paradoxe dans leur prise de position. En effet, dans les propositions qu’ils mettent en avant pour s’opposer à l’annulation des titres de dette publique par la BCE, figure celle de « transformer ces titres en dette dite perpétuelle ».

Or cette modalité n’est jamais que l’une des façons possibles d’annuler la dette, puisque l’Etat n’aurait plus alors à réemprunter afin de rembourser ces titres lorsqu’ils arrivent à échéance, cette dernière étant indéfiniment repoussée dans le temps. Est-ce donc simplement l’utilisation du mot « annulation » que refusent nos amis ?

Au-delà de cette contradiction, un de leurs arguments porte sur le fait que le capital de la BdF étant détenu à 100 % par l’Etat, « il s’agirait donc d’annuler une dette que nous avons envers nous-mêmes ». C’est d’abord oublier que cette propriété ne vaut pas contrôle, la BdF étant intégrée au Système européen des banques centrales (SEBC), gouverné par la BCE. Affirmer que cette dette est « envers nous-mêmes », c’est donc tout simplement oublier le cadre institutionnel, pourtant particulièrement contraignant, que fixent les traités européens.

Risque récurrent d’implosion

Cet oubli est aussi manifeste dans un autre argument étrange : annuler la dette de la BCE renforcerait la dépendance des Etats envers les marchés, car on supprimerait « la dette détenue hors marché, pour la remplacer ensuite par une nouvelle dette, certes verdie, mais recontractée sur les marchés financiers ».

C’est d’abord faire bien peu de cas de l’intérêt vital qu’il y aurait à « verdir » la création monétaire au lieu de la déverser aveuglément sur le système bancaire. Mais c’est aussi oublier que les obligations détenues par la BCE ne sont « hors marché » que temporairement, en attendant leur échéance, à laquelle les Etats devront les rembourser en se finançant sur les marchés s’ils le peuvent (c’est-à-dire si leurs politiques reçoivent la bénédiction de la finance privée), ou par des plans d’austérité comme on l’a vu pour la Grèce.

Annulation des dettes publiques : une impasse politique

Annulation des dettes publiques :  une impasse politique

La réalité politique et juridique européenne rend une éventuelle annulation des dettes détenues par la Banque centrale européenne impensable à l’heure actuelle. Par .

 

Analyse. 

 

L’année après la victoire surprise du Brexit au référendum de juin 2016, les milieux politiques et économiques britanniques ont été pris d’une étrange fièvre. Les deux camps – brexiters et remainers – se sont opposés violemment et avec véhémence sur la politique à suivre. Ces discussions n’avaient qu’un défaut : elles ne prenaient absolument pas en compte les exigences et les lignes rouges de Bruxelles. Les Britanniques débattaient entre eux, oubliant que la vraie négociation devait se tenir avec le camp adverse. Le réveil n’en fut que plus douloureux.

La controverse autour de l’annulation des dettes qui enflamme actuellement les économistes et les dirigeants politiques français fait penser à ce débat en vase clos. Chacun est retranché sur ses positions, avec des arguments passionnants et souvent recevables. Mais il s’agit d’une bulle intellectuelle, loin de toute réalité. A l’heure actuelle, pour des raisons essentiellement juridiques et politiques, l’annulation des dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) est inimaginable.

Il suffit d’écouter la BCE elle-même, après tout la première concernée. En octobre 2020, Christine Lagarde, sa présidente, le disait déjà au Monde : selon elle, les traités européens interdisent l’annulation des dettes. A l’époque, on avait insisté, lui demandant ce qu’elle pensait de l’argument économique, au-delà de la question juridique. Elle avait refusé de s’aventurer sur ce terrain, rappelant qu’elle est juriste de formation et qu’elle n’entendait pas violer le droit. Depuis, Mme Lagarde et tous les membres du Conseil des gouverneurs sont sur la même ligne.

Et même si la question légale était discutable (on va y revenir), les tenants d’une annulation de la dette ont contre eux la politique. « Les représentants des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche ou la Finlande, au Conseil des gouverneurs de la BCE, s’opposeraient à l’annulation », explique Eric Dor, directeur de la recherche économique à l’Iéseg, une école de commerce. Eux défendent l’idée qu’une dette doit se rembourser, qu’il en va de la crédibilité de l’emprunteur. C’est peut-être regrettable, mais le monde est ainsi fait. L’annulation des dettes est une complète impasse politique.

 

Réduction de dettes en échange d’actions sur le climat ( FMI et banque mondiale)

Réduction de dettes en échange d’actions sur le climat  ( FMI et banque mondiale)

 

 

Les deux institutions travaillent sur une hypothèse de réduction de la dette de certains pays pauvres très endettés contre des engagements d’action sur le climat.

 

Trois pays – l’Éthiopie, le Tchad et la Zambie – ont déjà entamé des négociations avec les créanciers dans le cadre d’un nouveau cadre commun soutenu par le Groupe des 20 grandes économies, processus qui peut conduire à des réductions de la dette dans certains cas.

La pandémie de coronavirus a aggravé les perspectives de nombreux pays déjà lourdement endettés avant l’épidémie, avec des revenus en baisse, des dépenses en hausse et des taux de vaccination loin derrière les économies avancées.

La Chine, les États-Unis et d’autres pays du G20 ont initialement offert aux pays les plus pauvres du monde un allégement temporaire des paiements de la dette due aux créanciers officiels dans le cadre de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI). En novembre, le G20 a également lancé un nouveau cadre destiné à lutter contre les encours de dette insoutenables.

La Banque et le FMI étudient comment jumeler deux problèmes mondiaux – la nécessité de réduire ou de restructurer le lourd fardeau de la dette de nombreux pays plus pauvres et la nécessité de réduire les émissions de combustibles fossiles qui contribuent au changement climatique.

La prise en compte du changement climatique dans le processus de restructuration de la dette pourrait aider à motiver les prêteurs souverains et même les créanciers privés à annuler un certain pourcentage de la dette des pays pauvres très endettés, en échange de progrès vers leurs objectifs de développement durable et de climat, selon les experts.

« Annuler » les dettes des États (appel d’une centaine d’économistes)

  »Annuler » les dettes des États (appel d’une centaine d’économistes)

Un appel intéressant mais qui toutefois est d’une certaine manière une stratégie utilisée par la banque centrale européenne qui avec sa politique de reprise des actifs rachète déjà la dette des Etats et en outre fournit des liquidités à très bas coût voir à taux zéro aux banques pour que les Etats puissent à nouveau emprunter. Notons aussi que certain certaines obligations sont souscrites également à des taux négatifs. En clair ,la politique d’annulation des dettes est déjà en cours. Seule son ampleur pourrait différer de ce qui se pratique actuellement à savoir une politique accommodante et qui peut l’être plus ou moins en fonction de la politique sanitaire et de la situation économique et sociale. La limite étant celle de la crédibilité de l’euro et de la solidité du système financier.

 

« Plus de 100 économistes lancent vendredi un appel à annuler les dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après la pandémie de Covid-19.

Tandis que l’endettement public a très fortement augmenté pour protéger les ménages et les entreprises, « les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25% de la dette publique européenne est aujourd’hui détenue par leur banque centrale », relèvent ces économistes dans une tribune destinée à neuf publications européennes.

« Nous nous devons à nous-mêmes 25% de notre dette et si nous remboursons cette somme, nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d’emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses », expliquent ces économistes, parmi lesquels 50 Français, dont Thomas Piketty (École d’économie de Paris), Jézabel Couppey-Soubeyran (Sorbonne), Olivier Passet (Xerfi) ou encore Aurore Lalucq, qui est aussi députée européenne (groupe Socialistes et Démocrates).

Pour la BCE, annuler les dettes des États, qui se négocie actuellement à des taux très bas, voire négatifs, n’est « pas une option », car « les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie », avait déclaré en juin Fabio Panetta, membre italien de son directoire.

Les signataires estiment à l’opposé que l’institution basée à Francfort pourrait, en annulant ses créances « offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle ».

 

L’effacement des dettes publiques ou leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt se ferait en échange d’un engagement des États à « investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale ».

« Ces montants s’élèvent aujourd’hui, pour l’ensemble de l’Europe, à près de 2.500 milliards d’euros », selon l’appel à paraître notamment dans Le Monde (France), El Pais (Espagne), La Libre BelgiqueDer Freitag (Allemagne) et l’Avvenire (Italie).

Les signataires affirment que « l’annulation n’est pas explicitement interdite par les traités européens » et que « l’histoire nous a maintes fois montré que les difficultés juridiques s’effacent devant les accords politiques ».

Inquiets devant un possible retour de politiques d’austérité impliquant des réductions de dette publique comme celles menées de 2015 jusqu’au début de la crise du Covid-19, les universitaires appellent aussi à   »une nouvelle gouvernance européenne, notamment par le passage à la majorité qualifiée en matière fiscale ».

Annulation des dettes des Etats : l’Allemagne dit non

Annulation des dettes des Etats : l’Allemagne dit non

 

 

À travers la voix d’Isabel Schnabel, l’une des membres du directoire de l’institution, l’Allemagne demande de cesser les appels à l’annulation des dettes des  Etats. Observons qu’officiellement les membres de la BCE n’ont jamais évoqué jusqu’à maintenant cette hypothèse douteuse. Par contre, il a été suggéré que soit créées des sortes de caisse d’amortissement national de l’endettement généré par la covid. Des sociétés nationales de gestion qui isoleraient cette dette et l’amortiraient progressivement dans le temps. Une piste plus sérieuse que la pure annulation des dettes qui viendraient mettre en cause la fiabilité financière des Etats et leur capacité d’emprunt. Des emprunts incontournables.

“Une annulation des dettes nationales constituerait une violation claire des traités européens”, a dit ‘Isabel Schnabel.

Les appels à la BCE pour qu’elle annule purement et simplement les dettes émises par des Etats de la zone euro qu’elle détient en portefeuille proviennent entre autres d’Italie, l’un des pays les plus endettés de la région par rapport au poids de son économie.

En France, des députés européens de gauche et écologistes ainsi que plusieurs économistes avaient signé en septembre une tribune commune en faveur d’une telle annulation.

Achats de dettes par la BCE: « hypocrisie nécessaire ? »

Achats de dettes par la BCE:  « hypocrisie nécessaire ? »

 

La Banque centrale européenne a acheté près des trois-quarts des dettes émises par les gouvernements pendant la pandémie, observe Eric Albert, correspondant au « Monde » à Londres. Mais officiellement, il ne s’agit pas de financement monétaire.

 

L’auteur convient quand même que l’hypothèse d’une crise financière n’est pas à exclure avec la remontée de l’inflation qui se produira un jour ou l’autre. Un sujet qu’on pousse actuellement sous le tapis avec la poussière ! (NDLR)

 

Chronique.

 

La Banque centrale européenne (BCE) a été, une fois de plus, la clé de voûte de l’économie depuis le début de la pandémie. En annonçant un programme d’achat de dettes à hauteur de presque 1 500 milliards d’euros, l’institution de Francfort a agi de façon déterminée et nécessaire. A sa prochaine réunion le 10 décembre, elle devrait encore élargir cette enveloppe, sans doute de 500 milliards d’euros supplémentaires.

Cette intervention a calmé la tempête sur les marchés financiers au printemps, puis a permis aux Etats de s’endetter à bas coût. Aujourd’hui, et c’est sidérant quand on pense aux sommes gigantesques émises par les gouvernements, la France se finance à un taux d’intérêt à dix ans de − 0,3 %, l’Allemagne à − 0,6 %, l’Espagne et le Portugal sont juste au-dessus de 0 %, et l’Italie à 0,6 %.

Soyons clair, c’est une excellente chose. Sinon, jamais il n’aurait été possible de financer le chômage partiel et les nombreuses mesures d’urgence. Un chiffre résume le rôle essentiel de la BCE : elle a acheté près des trois quarts des dettes émises par les Etats de la zone euro depuis le début de la crise. C’est la définition même de l’expression « faire tourner la planche à billets ». Les pays européens – c’est vrai aussi au Japon, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis – sont financés par leur banque centrale. Les économistes appellent ça du « financement monétaire ».

Mais, attention, jamais la BCE ne reconnaîtra s’adonner à un tel exercice, car le financement monétaire est interdit par les traités européens. L’article 123 du traité de Lisbonne est explicite : « L’acquisition directe (…) par la Banque centrale européenne (…) des instruments de [la] dette [des Etats] est également interdite. »

Pour faire semblant de suivre les règles, la BCE utilise deux stratagèmes. D’abord, elle n’achète pas les obligations directement auprès des Etats, mais uniquement sur le marché secondaire, auprès des investisseurs privés. Dans un jugement très important, la Cour de justice de l’Union européenne avait estimé en 2018 que cette action était légale.

Par ailleurs, pour expliquer son intervention, la BCE se retranche derrière son mandat officiel, qui est de conserver l’inflation juste en dessous de 2 %. Celle-ci est aujourd’hui négative. Christine Lagarde explique donc que les achats de dette sont destinés à faire remonter l’inflation.

Tout cela relève d’une jolie hypocrisie, nécessaire pour pouvoir agir. Celle-ci peut, dans les conditions actuelles, continuer longtemps. Mais si l’inflation revenait ? « On serait mal », résume Eric Dor, directeur des études économiques à l’école de commerce Ieseg. Il serait difficile pour la BCE de continuer à acheter des dettes par milliards.

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Secteur aérien : perte de 157 milliards sur deux ans et 173 milliards de dettes

Secteur aérien : perte de 157 milliards sur deux ans et 173 milliards de dettes

Une véritable catastrophe économique pour le secteur aérien, l’un des plus touchés par la crise sanitaire et qui va provoquer de nombreuses faillites. L’Iata, l’organisation internationale du transport aérien, qui prévoyait en juin des pertes s’élevant à 100 milliards de dollars sur la même période, s’attend désormais à une perte de 118,5 milliards de dollars en 2020 et de 38,7 milliards de dollars supplémentaires l’année prochaine.

Ces prévisions témoignent de l’ampleur du défi que le secteur doit surmonter malgré les espoirs suscités par l’apparition de vaccins.

Selon ses prévisions, le nombre de passagers devrait avoir chuté cette année à 1,8 milliard contre 4,5 milliards l’année dernière. L’Iata s’attend à un rebond limité à 2,8 milliards l’année prochaine.

Ces estimations sont fondées sur l’hypothèse d’une réouverture des frontières d’ici la mi-2021 favorisée à la fois par les multiplication des tests et par l’essor de la vaccination.

L’Iata appelle les Etats à remplacer les mesures de quarantaine par des campagnes de dépistage généralisées.

“Les gens qui refusent de se faire vacciner se verraient dans l’incapacité de voyager”, déclare le chef de l’Iata. “Le dépistage systématique devient d’autant plus crucial pour la réouverture des frontières.”

Le fret aérien, – verra probablement ses revenus mondiaux augmenter de 15% pour atteindre 117,7 milliards de dollars cette année, malgré une baisse de 11,6% du volume à 54,2 millions de tonnes, a annoncé l’Iata.

Par ailleurs, près de 173 milliards d’aides gouvernementales ont creusé l’endettement des compagnies, ce qui menace d’entraver les investissements futurs, des faillites étant ainsi probables, a-t-elle ajouté

Le danger des dettes à long terme ( DWS)

Le danger des dettes à long terme ( DWS)

Le géant d’actifs allemands DWS s’inquiète à juste titre des conséquences des dettes massives qui vont être consenties pour tenter de relancer l’économie à long terme. Pour le spécialiste financier, il n’y a que deux moyens pour y remédier  soit faire d’énormes efforts de croissance pour ramener la richesse mondiale au niveau de sa représentation monétaire soit reprendre dans la poche de l’épargnant ou du salarié l’impôt volontaire que constitue l’inflation. La dévalorisation monétaire permettrait en fait de reprendre d’une main ce c qu’on a accordé de l’autre ou plus exactement de financer  en réduisant le pouvoir d’achat. Ce que craint le spécialiste financier c’est  que cet énorme plan  de dettes ne soutienne une masse d’entreprises qui ne sont plus aujourd’hui compétitives et contribuent à faire tomber la productivité.

Ces programmes vont faire exploser la dette publique qu’il faudra réduire et rien ne garantit que la croissance ou l’inflation le permettront, écrit Martin Moryson, chef économiste Europe de la société de gestion allemande, dans une note publiée jeudi.

“Ces programmes étaient sans aucun doute inévitables face à la gravité de la situation mais il est également certain qu’ils auront des effets collatéraux considérables à long terme”, écrit-il.

“L’intervention des gouvernements dans l’économie comporte le risque d’importantes distorsions qui pourraient peser à terme sur la croissance de la productivité”, argumente-t-il. Il faudra rembourser, l’annulation de la dette n’étant pas une solution en raison des risques économiques et sociaux qu’elle comporte, selon Martin Moryson.

Si la croissance et l’inflation n’apportaient pas de réponse à l’endettement, il faudrait envisager de recourir à l’excédent budgétaire par le biais de politiques de rigueur, une solution loin d’être idéale, ajoute l’économiste.“La discipline budgétaire, souvent appelée austérité par ses adversaires, a été très impopulaire, a affaibli la cohésion de sociétés et pèse sur le soutien de la population aux gouvernements qui la mettent en place”, écrit-il. Les plans de relance menacent à terme de fausser la concurrence en maintenant artificiellement en vie des entreprises non compétitives, poursuit-il.

Plus généralement, la crise du coronavirus pourrait favoriser une poussée du protectionnisme avec le rôle renforcé des Etats dans l’économie.

“Le capitalisme, qui était déjà dans une situation inconfortable avant le coronavirus, pourrait l’être encore davantage après l’épidémie”, conclut Martin Moryson. Tout cela n’est sans doute pas complètement faux et en vérité il faudra trouver le bon mixte qui permettra de combiner la rigueur, la fiscalité et l’inflation et cela sur une assez longue période car on ne peut amortir un tel choc en quelques années. Le climat social dégradé pourrait favoriser l’acceptation tacite d’un environnement économique et financier dégradé.

UE: un besoin de 1000 milliards… et une mutualisation partielle des dettes ?

UE: un besoin de 1000 milliards… et une mutualisation partielle des dettes

 

Pour résumer en l’état actuel de la situation, 500 milliards ont déjà été décidés en Europe pour sortir de la crise. Il en faudra encore 500 d’après le président du MES. mais la question est de savoir si c’est 500 nouveaux milliards seront mutualisés ou pas. Pour la première tranche de 500 milliards l’Allemagne et les pays du Nord s’y sont opposés. Pour la seconde tranche l’hypothèse est de faire garantir les prêts par le budget de l’union européenne ce qui serait une forme de mutualisation. Pas sûr que cela passe mieux auprès d’Allemagne ou encore des Pays-Bas.

Dans un entretien publié dimanche par le journal italien Corriere della Sera, le dirigeant du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds d’urgence de la zone euro, déclare que la manière la plus simple de réunir ces fonds serait de passer par la Commission européenne et le budget de l’UE .

“Je dirais que, pour la deuxième phase, nous avons besoin d’encore 500 milliards d’euros de la part des institutions européennes, mais cela pourrait être davantage”, poursuit Klaus Regling.

“A cet effet, nous devons discuter de nouveaux instruments avec un esprit ouvert mais il s’agit aussi de faire appel à des institutions existantes parce que c’est plus facile, en particulier la Commission et le budget européen”, ajoute-t-il.

“Repenser les fonds européens peut largement contribuer au maintien de la cohésion au sein de l’Union européenne.”

Le 9 avril, les ministres des Finances de l’UE sont convenus d’un plan de soutien de 500 milliards d’euros pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire du coronavirus, après des semaines de querelles qui ont souligné les douloureuses divisions au sein du bloc communautaire.

L’Europe est particulièrement touchée par l’épidémie, qui a mis l’économie mondiale à l’arrêt, déplorant non loin de 60% du total mondial des décès liés à la maladie, qui s’approche des 160.000, selon les dernières données Reuters.

Les dirigeants de l’Union européenne doivent se réunir par visioconférence le 23 avril. Un compromis possible pourrait être trouvé dans le principe d’une Commission européenne empruntant sur le marché avec la garantie du budget européen à long terme.

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

 

À juste titre, l’institut de notation Moody’s s’inquiète de l’évolution de la dette publique. Une dette qui représente environ 62 000 milliards de  142 pays qui passent ainsi de l’évaluation stable à négative. L’inquiétude est surtout nourrie par la faiblesse de la croissance et ses perspectives pourraient ne pas fournir les moyens de remboursement de l’endettement. Il ne s’agit toutefois que d’une partie de la dette mondiale qui, elle, atteint désormais environ 300 000 milliards de dollars (près de 300 % du PIB mondial) . Une dette globale qui s’est  envolée depuis les années 50 et surtout les années 80. Les agences de notation auraient sans doute lieu d’être encore plus inquiet la dette du privé qui gonfle avec l’extrême faiblesse des taux qui maintient à flot nombre d’entreprises qui sinon feraient t faillite. D’une certaine manière, nombre d’entreprises ( et de pays) sont sous perfusion financière et les banques centrales n’ont d’autre solution que de pratiquer la fuite en avant en fournissant toujours davantage de liquidités monétaires. Pour parler clair, on fait tourner de plus en plus vite la machine à billets. Le problème c’est qu’un jour ou l’autre il faudra bien un vaste réajustement entre la richesse réelle et leur représentation monétaire. Un réajustement qui peut produire de manière brutale lors de l’éclatement d’une bulle qui contaminerait alors l’ensemble du système financier. Par exemple la bulle obligataire, la bulle immobilière ou encore la bulle du marché des actions. Pour l’instant des inquiétudes de l’agence Moody’s se focalise sur l’endettement public sans doute pour épargner des inquiétudes supplémentaires concernant l’économie.

 

Japon : achat de dettes illimité (BoJ)

Japon : achat de dettes illimité (BoJ)

La Banque du Japon va faire le contraire de la politique de resserrement monétaire engagé aux États-Unis et prévisible en Europe ; elle souhaite ainsi peser sur le niveau des taux pour ne pas handicaper son économie. L’objectif est aussi de faire baisser la devise japonaise par rapport aux autres monnaies. Avant cette annonce, le rendement des emprunts d’Etat japonais à 10 ans avait atteint 0,105%, son plus haut niveau depuis début février, et nettement au-dessus de l’objectif de 0% fixé par la BoJ. Cette hausse s’inscrit dans la tendance observée sur les rendements des dettes américaine, allemande et d’autres pays européens depuis une semaine et demie. Elle est alimentée par les craintes des investisseurs de voir les banques centrales réduire leurs mesures de soutien à l’activité.  Dans le cadre d’une opération ponctuelle, la BoJ a proposé d’acheter un montant illimité d’obligations d’Etat (JGB) à dix ans à un rendement de 0,110%. Elle a aussi augmenté de 50 milliards de yens à 500 milliards de yens ses achats par adjudication de titres de cinq à dix ans. « La BoJ a montré sa détermination à garder le rendement à dix ans aux alentours de 0% et à ne pas le laisser dépasser 0,10% », a déclaré Koichi Sugisaki, stratégiste chez Morgan Stanley MUFG Securities. Après l’annonce de la BoJ, le rendement à dix ans est tombé à 0,085% tandis que le yen a chuté à 113,835 dollars, son plus bas niveau depuis un mois et demi.

 

 

Lancement d’obligation… et de dettes « vertes »

Lancement d’obligation… et de dettes « vertes »

 

L’ingénierie financière française pour augmenter la dette publique ou privée est sans limite. La France se félicite d’être le premier Etat au monde à se lancer sur le marché des « green bonds », ont annoncé vendredi 2 septembre le ministère de l’Environnement et Bercy, confirmant les propos tenus par François Hollande lors de la Conférence environnementale d’avril dernier. En clair on va emprunter encore davantage et mécaniquement augmenter  la. La seule différence c’est qu’on aura passé un coup de peinture verte pour donner une légitimité à ses nouveaux emprunts. Personne ne peut être opposé évidemment aux j’investis dans des styles investissements destinés à l’écologie. Pour autant il aurait sans doute été souhaitable de financer les opérations de transition écologique par redéploiement des moyens financiers existants. Pour deux raisons la première étant  que la protection de l’environnement ne nécessite pas nécessairement de moyens financiers supplémentaires, bien au contraire. Exemple dans l’agriculture. La seconde raison c’est que ces obligations vont contribuer à accroître un endettement déjà démesuré et qu’il sera très délicat d’évaluer le caractère réellement écologique de ces nouveaux emprunts. Même si certains font seront utiles aux entreprises et à la protection de l’environnement. Par ailleurs le statut de ces emprunts verts demeure encore relativement flou quand à la nature et au niveau d’insertion des collectivités et entreprises publiques dans l’opération. Les « green bonds », ces obligations destinées à financer des projets à vocation environnementale, ne seront bientôt plus seulement l’affaire des institutions publiques et des entreprises. L’an prochain, si bien sûr les conditions de marché le permettent, un premier pays s’essaiera à l’émission de « green bonds », et cet Etat n’est autre que la France. L’Hexagone « confirme son rôle moteur, dans la continuité des ambitions de l’accord de Paris sur le Climat de décembre dernier, en devenant le premier Etat au monde à émettre un emprunt vert », a souligné Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, vendredi 2 septembre, dans un communiqué publié conjointement avec Michel Sapin. « L’arrivée de l’Etat français sur le marché des obligations vertes permettra d’en accélérer le développement, pour faire de Paris l’une des places financières de référence dans le soutien à la transition énergétique », a complété le ministre de l’Economie et des Finances. Cette annonce est en réalité une confirmation : le 25 avril dernier, dans le cadre de la quatrième Conférence environnementale, le président de la République François Hollande avait indiqué que le pays s’apprêtait à entrer sur le marché des obligations vertes. Dans quelles proportions ? Si le communiqué du ministère de l’Environnement et de Bercy se borne à évoquer « une opération de plusieurs milliards d’euros », celui du WWF France est en revanche beaucoup plus précis, qui mentionne « un engagement concret portant sur 9 milliards d’euros sur trois ans », afin, notamment, de financer les investissements « verts » du troisième Programme d’investissements d’avenir. L’organisation indépendante spécialisée dans la protection de l’environnement « se félicite » par ailleurs dans un communiqué de cette prochaine incursion de l’Etat français sur le marché des « green bonds. » Cité dans le communiqué, Pascal Canfin, directeur général du WWF France, voit dans cette démarche « deux effets positifs importants. » A commencer par la sécurisation « de 9 milliards de financement public pour la transition écologique, quel que soit le résultat des futures échéances électorales. » Ensuite, la France pourrait faire des émules parmi les autres pays qui réfléchissent à investir le marché des obligations vertes, à l’image de la Chine et du Royaume-Uni. Pour mémoire, le jeune marché des « green bonds » s’est développé à partir de 2007, avec des émissions lancées par des institutions publiques telles que la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale, pour financer des projets ayant trait aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, entre autres. Plus récemment, des entreprises comme EDF, Air Liquide, Engie et Schneider Electric se sont à leur tour lancées sur ce marché, afin, bien sûr, de financer des projets contribuant à la transition écologique, mais également dans le but de diversifier leur base d’investisseurs. Les collectivités territoriales sont elles aussi entrées dans la danse, avec, par exemple, les obligations vertes émises en 2012 par les régions Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour financer des projets de transports en commun ou de rénovation énergétique de bâtiments. Le marché mondial des obligations vertes, qui ne s’élevait encore qu’à 13 milliards de dollars en 2013, a ainsi bondi à 48 milliards de dollars en 2015, et devrait atteindre les 100 milliards cette année, d’après les chiffres de Bercy et du ministère de l’Environnement. Un développement spectaculaire, qui ne doit pas faire oublier que le marché des obligations vertes pèche encore par son manque de transparence sur la qualification « verte » des projets qu’il doit servir à financer.

(Avec AFP et RTL)

L’Europe de Macron : transfert de pouvoirs contre une socialisation des dettes

L’Europe de  Macron : transfert de pouvoirs contre une socialisation des dettes

Une fois fait le constat des limites actuelles de la construction européenne et de l’absolue nécessité d’aller vers davantage d’intégration, les orientations diffèrent nettement entre les Etats en particulier en ce qui entre la France et l’Allemagne. Schématiquement la France propose des transferts de souveraineté nationale vers l’Europe en échange d’une solidarité financière c’est-à-dire d’une notamment d’une socialisation des dettes. Ce que refuse Merkel et en particulier le ministre des Schauble.  L’Allemagne craint plus que tout que cela n’entraîne un laxisme encore beaucoup plus important dans le domaine de la gestion budgétaire des états. La France elle ne serait pas mécontente d’accepter des transferts de souveraineté qui permettrait à l’Europe d’imposer des réformes de structures à la France que les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en œuvre. Une sorte de défaussement de responsabilité. Tout le monde est donc d’accord sur l’idée d’une plus grande intégration européenne. Mais dès lors que l’on entre dans le détail, l’unanimité prend fin. Cette nouvelle phase d’intégration pose, en effet, deux questions centrales : de quelle intégration parle-t-on ? Et comment y parvenir ? Et sur ce point, les divergences sont notables. La France plaide pour une intégration profonde, incluant des transferts financiers importants et un gouvernement économique de la zone euro. Emmanuel Macron, profitant de sa bonne image outre-Rhin, a tenté de convaincre les Allemands de cette réforme dans les colonnes de la Süddeutsche Zeitung. « Si les Etats membres ne sont pas prêts comme jusqu’à aujourd’hui à toute forme de transferts financiers au sein de l’union monétaire, on peut oublier l’euro et la zone euro », a-t-il martelé, non sans raison, avant d’ajouter : « une union monétaire sans péréquation, ça n’existe pas. » Le commissaire à la zone euro que propose Paris sera donc amené à « déclencher des investissements. ».  La position du gouvernement français est assez logique, car, effectivement, les maux principaux de la zone euro sont liés à cette absence de péréquation et de solidarité. L’idée centrale de Paris, c’est de « vendre » cette solidarité à Berlin en échange de « réformes. » La France et l’Italie devraient donc améliorer leur compétitivité et l’Allemagne, voyant les déséquilibres se réduire, accepterait l’idée d’une union de transferts.

Europe : restructurations de dettes à prévoir ( Piketty)

Europe : restructurations de dettes à prévoir (  Piketty)

Interrogé  sur BFM  Piketty stigmatise l’immobilisme et l’inadaptation des institutions européennes. Il prévoit aussi des restructurations de dettes et pas seulement pour la Grèce.  Thomas Piketty reste sceptique, et c’est un euphémisme. Invité de l’émission 500 millions d’Européens de BFM Business ce samedi 6 juin, l’économiste français auteur du best-seller Le Capital au XXIe siècle, a été invité à réagir aux propositions des ministres de l’Economie allemand et français Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron.  Ces derniers proposent, dans une tribune publiée dans plusieurs journaux, une plus grande harmonisation de la zone euro, notamment au niveau budgétaire.  Rien de bien neuf sous le soleil pour Thomas Piketty. Ce dernier a ainsi rappelé qu’ « il y a eu déjà en 2012 un traité entre les pays de la zone euro pour faire du fédéralisme budgétaire ». « Sauf que cela a été fait sans démocratie avec des critères automatiques sur le choix du niveau du déficit et une règle de l’unanimité sur la question fiscale qui fait que cela ne marche pas », développe-t-il. Et en ce sens, il assure ne pas « avoir vu de proposition qui change cela ».  Reste que Thomas Piketty considère lui-même qu’il y a une nécessité de revoir en profondeur les institutions européennes.   »Je crois profondément en l’Europe, c’est le modèle social le plus achevé au monde mais nous sommes en train de le gâcher de façon terrible par des institutions complètement inadaptées et une monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes, 18 taux d’intérêt sur lesquels les marchés peuvent spéculer et 18 impôts sur les sociétés sur lesquels chaque pays pique la base de son voisin ».   »C’est un système qui ne marche pas et ne marchera jamais. Et je ne vois pas de propositions du gouvernement français pour changer cela à brève échéance », a-t-il insisté.  Une réforme que propose Thomas Piketty est de créer « une chambre parlementaire de la zone euro ». Cette chambre serait composée « d’une délégation des députés des parlements nationaux de façon à ce que toutes les sensibilités politiques soient représentées », explique-t-il.  De cette manière il serait possible de changer le système de représentation actuel des Etats nations. « Quand vous représentez un pays de 60 ou 80 millions d’habitants par une personne, cela devient une machine à fabriquer de l’inertie et des conflits d’intérêt nationaux car vous ne pouvez pas revenir à la maison pour dire ‘ah pas de chance j’étais dans la minorité sur ce coup, mais le suivant je serai dans la majorité »", considère Thomas Piketty.  D’où cette idée d’une chambre parlementaire de la zone euro qui pourrait traiter de plusieurs sujets, notamment d’une politique fiscale commune, avec un impôt sur les sociétés commun pour les grands groupes.  Est-ce que les Français sont toutefois prêts à voir de nouveaux impôts décrétés par une instance européenne? « Sur certains impôts les citoyens français et allemands ont compris que la souveraineté nationale était devenue une illusion », répond Thomas Piketty.  Interrogé ensuite sur le dossier grec, l’économiste a jugé que ce que l’Europe demande aux Grecs « est une aberration historique » et que les Européens faisaient preuve « d’amnésie historique ». « A un moment cette idée que la Grèce va repayer 4% du PIB en excédent primaire pendant 20 ou 30 ans ça ne se fera pas car ce serait une énorme bêtise ».    Et Thomas Piketty d’affirmer qu’ »il y aura des restructurations de dettes et non seulement pour la Grèce mais aussi pour les autres pays européens car c’est la seule façon que ce soit acceptable pour les autres ». Il rappelle au passage « que cela s’est toujours fait dans l’histoire, l’Allemagne au premier chef après la seconde guerre mondiale ».

 

 

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