Archive pour le Tag 'dette'

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La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

 

On se demande bien par quel miracle le Premier ministre assure que la dette contractée de la crise sanitaire de 2020 sera annulée en 2025. En effet, au cours de l’année 2020, la dette déjà considérable (autour de 100 % du PIB) est passé à 120 % du PIB. Soit autour de 450 milliards en plus. Cela supposerait une croissance exceptionnelle combinée un plan de réduction des dépenses publiques permettant ainsi de rembourser les emprunts contractés.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros. En chiffres et en lettres, cela fait :

  • 2 438 500 000 000 d’euros,
  • deux mille quatre cents trente huit milliards et cinq cent millions d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros. Plus précisément :

  • 1 929 585 971 255 €,
  • mille neuf cent vingt neuf milliards cinq cent quatre vingt cinq millions neuf cent soixante et onze mille deux cent cinquante cinq euros.

Au 31 mai 2020 la France a souscrit sa dette publique pour un taux moyen pondéré de -0,06 %. Au total global qui représente 120 % du PIB.

Au-delà des 40 milliards d’euros issus du plan de relance européen, le gouvernement compte sur la reprise de l’activité pour redresser la situation. Le seul problème c’est qu’il faudra déjà plusieurs années pour retrouver le niveau de fin 2019 concernant l’activité. C’est-à-dire en 2022 août 2023. Ensuite on risque de retrouver une croissance relativement mal comme celle constatée dans la tendance déjà de fin 2019.

 

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros. En chiffres et en lettres, cela fait :

  • 2 438 500 000 000 d’euros,
  • deux mille quatre cents trente huit milliards et cinq cent millions d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros. Plus précisément :

  • 1 929 585 971 255 €,
  • mille neuf cent vingt neuf milliards cinq cent quatre vingt cinq millions neuf cent soixante et onze mille deux cent cinquante cinq euros.

Dette « non remboursable « , la folie du concept

Dette « non remboursable « , la folie du concept

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

La folie d’une dette « non remboursable « 

La folie  d’une dette « non remboursable « 

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

 

 

En toute discrétion, la Chine investit depuis des années en Afrique non seulement pour étendre son influence politique mais aussi pour piller les ressources. Le deal consiste pour la Chine à financer  des équipements. Les capitaux investis sont ensuite remboursés soit de manière classique mais à des conditions financières lourdes, soit en fourniture de matières premières. Le prix à payer pour l’Afrique se révèle très onéreux dans cette opération. Pour la Chine depuis la crise sanitaire,  cela pourrait devenir aussi une opération à risque. En effet déjà enfoncée dans une dette insondable, l’Afrique pour s’en sortir n’a comme solution que de faire défaut. Les prêteurs doivent renoncer à une partie de leur dette y compris la Chine qui en détient à peu près 30 %.

Pékin a fait savoir qu’il participe à l’accord du G20 annoncé en avril, qui prévoit une suspension de paiement des remboursements pour les pays les plus pauvres jusqu’à la fin de l’année. Une extension sur 2021 est en discussion. Mais ce report – jugé insuffisant par les pays africains – ne représente qu’une petite partie de l’endettement total du continent, estimé à 365 milliards de dollars, dont un tiers est détenu par la seule Chine.

Selon l’université Johns Hopkins, entre 2000 et 2017, 143 milliards de dollars sont partis de la Chine vers le continent pour construire routes, ponts, stades et hôpitaux sous la bannière des «nouvelles routes de la soie», en prêtant massivement selon des conditions très critiquables. Des conditions cependant acceptées par les pratiques trop habituelles de corruption de la part des dirigeants des pays.

Le danger d’une dette « non remboursable « 

le danger d’une dette « non remboursable « 

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

 

La dette perpétuelle: la machine infernale

La dette perpétuelle: la machine infernale

 

L’économiste Patrick Artus ( comme certains autres experts comme Alain Minc) finalement milite pour le concept de dette perpétuelle. Curieuse conception pour ces libéraux. En fait derrière se cache le versement également perpétuel d’intérêts aux banques, des intérêts dont le montant pourrait dépasser plusieurs fois le montant du capital. Une sorte de rente perpétuelle aussi pour les banques. Un concept qui oublie aussi de parler des inévitables crises de taux d’intérêt. Rembourser systématiquement des prêts avec des emprunts constitue pourtant une machine infernale. Patrick Artus  constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle sauf qu’un  pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier, pour les Etats pas pour les banques.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

 

 

La martingale : La dette perpétuelle ?

La martingale : La dette perpétuelle ? 

 

L’économiste Patrick Artus constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion (de la part de certains milieux de droite comme de gauche) à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle qui ignore que pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, hausse brutale des taux d’intérêts, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier……. comme les gauchistes.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

 

L’économiste Patrick Artus constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle sauf qu’un  pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

 

 

« Un écroulement économique plus mortifère que la dette »

« Un écroulement économique plus mortifère que la dette »

Dans un entretien avec « Le Monde », Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique, détaille les propositions pour la relance économique qu’il a élaborées avec les économistes Jean Pisani-Ferry et Xavier Ragot.

Président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), un think tank rattaché à Matignon, Philippe Martin – qui participa à l’élaboration du programme du candidat Macron en 2017 – devait publier vendredi 10 juillet, avec Jean Pisani-Ferry (professeur à Sciences Po et également pilier de la campagne) et Xavier Ragot (président de l’OFCE), une note intitulée « Une stratégie économique face à la crise », remise à l’Elysée et à Bercy.

Les trois économistes y dressent un premier bilan post-confinement et proposent des mesures de relance à court et moyen termes, pour un total de près de 50 milliards d’euros.

Où en est l’économie française ?

Face à un choc inédit, les mesures mises en place par le gouvernement ont permis une protection forte et efficace des ménages. Grâce au chômage partiel, ils n’ont perdu en moyenne que 5 % de leurs revenus pendant les huit semaines de confinement, alors que le PIB baissait de 30 %.

La grande majorité des actifs (22 millions sur 30 millions) n’a pas connu de dégradation sensible de son revenu, même si 1,6 million de non-salariés, contrats courts et intérimaires a subi le choc de plein fouet. La consommation a rebondi plus fortement qu’espéré entre mi-mai et mi-juin pour revenir à une situation quasi-normale (2 % en dessous des niveaux habituels). Par contre il n’y a pas d’effet de rattrapage post-confinement.

Côté entreprises, on ne voit pas encore de vague de faillites car les prêts garantis par l’Etat ont permis de repousser le problème. Mais les questions de solvabilité sont à venir. Le PIB pourrait finalement reculer de 9 %, selon l’Insee, en 2020, et non pas de 11 % comme le prévoyait Bercy. Ce sont tout de même 50 milliards d’euros de mieux qu’espéré, même s’il reste encore de nombreuses incertitudes, notamment sanitaires.

Quelle est désormais la priorité ?

Les ménages ont beaucoup épargné pendant le confinement. Tout l’enjeu est que cette épargne contrainte accumulée (environ 80 milliards d’euros) ne se transforme pas en épargne de précaution et soit dépensée. Mais il existe des disparités de situation. Pendant le confinement, les ménages les plus modestes ont moins baissé leur consommation que les ménages aisés [car ils ont plus de dépenses contraintes]. Ils ont donc moins d’épargne, et ils sont aussi plus exposés au chômage.

Si l’on met de côté le sujet sanitaire, la période cruciale en termes de risque économique et social sera l’automne-hiver. Tout l’enjeu du plan de relance est d’éviter un cercle vicieux dans lequel la hausse du chômage et la perte de confiance des ménages et des entreprises plomberaient l’économie et provoqueraient un nouveau choc sur l’emploi. »

La « dette Coronavirus », sera cantonnée dit Le Maire

 La « dette Coronavirus », sera cantonnée dit Le Maire

 

Techniquement , il n’y a sans doute pas  d’autres solutions que d’espacer dans le temps le remboursement d’une dette va passer de 100 % du PIB à 120% ; on va mettre la dette dans une caisse spéciale qui sera amortie progressivement sans doute sur au moins une dizaine d’années. La France va cantonner sa dette supplémentaire liée à l’épidémie de Covid-19 dans une structure spéciale pour la rembourser progressivement, a en effet annoncé lundi Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances.

En raison de la quasi-paralysie de l’activité et des mesures de soutien à l’économie prises face à la crise provoquée par le nouveau coronavirus, le gouvernement s’attend à ce que la dette publique de la France bondisse à 121% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre quasiment 100% avant la pandémie.

“Cette dette Covid, nous devrons la rembourser”, a dit Bruno Le Maire devant les députés. “Nous la rembourserons par la croissance, pas par les impôts. Nous la rembourserons en la cantonnant et en la séparant des 100 points de dette initiale.”

La France suit déjà une stratégie identique depuis 1996 avec la dette de la Sécurité sociale, placée dans la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Ce mécanisme, censé perdurer jusqu’en 2033, avait permis d’amortir à la fin de l’année dernière 171,4 milliards d’euros de dette sociale, soit deux tiers de la dette reprise depuis 1996. Il est financé notamment par la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), un prélèvement de 0,5% s’appliquant à l’essentiel des revenus.

Un responsable du ministère des Finances a déclaré que la décision de placer la “dette Covid” dans la Cades ou dans une autre structure serait prise cette année et que, quoi qu’il en soit, son remboursement irait au-delà de 2033.( surtout s’il faut rembourser aussi la dette sociale !)

Une dette doit toujours être remboursée (Moscovici)

Une dette doit toujours être remboursée (Moscovici)

 

« Je ne crois pas à la dette perpétuelle », a déclaré Pierre Moscovici. Ancien patron de Bercy, puis commissaire européen chargé de veiller au bon respect des règles budgétaires communes, Pierre Moscovici s’est exprimé publiquement ce dimanche pour la première fois depuis sa nomination au poste de président de la Cour des comptes , le 3 juin, dans l’émission « Le Grand Rendez-Vous » Europe 1 – « Les Echos » – CNews. Il en a profité pour préciser son rôle à la tête de l’institution . « Je ne serai ni le Père Fouettard, ni un panier percé », a-t-il lancé en insistant sur le fait que la Cour doit, selon lui, « d’abord assurer son métier » et « aussi avancer avec son siècle et se mettre dans le tempo de la décision publique ».

 « Pour moi, il y a deux boussoles. Est-ce que la dépense publique est intelligente ? Est-ce que la dette publique est soutenable ? » a développé Pierre Moscovici. S’il a reconnu que les finances publiques ne peuvent plus être abordées de la même façon dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique, il a néanmoins estimé qu’une dette doit in fine être toujours remboursée. « Je ne crois pas à la dette perpétuelle, celle qui finit par s’annuler », a-t-il martelé. Le niveau de la dette française estimée à près 120 % du PIB avec les plans d’aides est « déjà très élevé », a pointé Pierre Moscovici.

Il a néanmoins fait preuve d’un brin d’optimisme en jugeant que la prévision du gouvernement d’une croissance en chute de 11 % « est un peu prudente », tout comme celle portant sur les destructions d’emplois à 1,2 million qui « est très élevée »« On pourrait espérer que cela soit un tout petit peu mieux. »

Il a par ailleurs rappelé son « devoir d’indépendance et d’impartialité » comme président de la Cour des comptes mais a précisé que l’institution « est disponible pour apporter son appui et son expertise à tous les débats »« La réforme, dans ma jeunesse, c’est quelque chose qui faisait penser à un progrès. Petit à petit, elle est devenue le symbole d’une punition, d’une purge », a-t-il regretté.

Les retraites seront payées avec la dette

Les retraites seront payées avec la dette

 

 

Il n’y a pas de miracle , les plans à coup de milliards  s’accumulent mais pour l’essentiel cela sera payé avec la dette. C’est déjà vrai pour le budget de l’État qui sans emprunt ne pourrait pas fonctionner. C’est vrai aussi les retraites du fait report voire d’annulation de cotisations. Une demande d’avance sera donc faite au gouvernement de l’Agirc-Arrco, la caisse de retraite complémentaire des salariés du privé, qui perçoit normalement chaque mois environ 7 milliards d’euros de cotisations de 18 millions d’actifs afin de pouvoir reverser 6 milliards d’euros de pensions à 13 millions de retraités et 1 milliard à l’État au titre . Comme le gouvernement n’a pas le premier sou , il empruntera à son tour. Et certains pourront  considérer que la boucle bouclée: l’impôt finance quand il peut les dépenses de fonctionnement; pour le reste ;le financement est assuré par la dette dont certains pensent d’ailleurs qu’elle n’a pas besoin dans l’être remboursée sauf que 60 % de cette dette et assurée par des investisseurs étrangers. De toute évidence la martingale de la dette ne pourra fonctionner très longtemps même s’il fallait dans l’urgence pallier à des insuffisances chroniques pour éviter  de bloquer encore davantage l’appareil de production et le pouvoir d’achat.

 

La nouvelle martingale: La dette publique sans limite et permanente?

La nouvelle martingale: La dette publique  sans limite ?

 

 

On a trouvé la martingale, : la dette illimitée; certains proposent de financer le fonctionnement par l’impôt et les déficits par la dette, bref le cercle vicieux qui autorise tous le dérapages et en permanence sauf a croire que la création monétaire était peut être déconnectée de la richesse produite.

Aujourd’hui on aligne les milliards comme s’il en pleuvait. D’après le ministre de l’économie, les premières mesures prises pour soutenir la crise sanitaire représenteraient autour de 500 milliards. Il faudra y ajouter les 250 milliards de recettes fiscales qui vont manquer avec la baisse du PIB qui va diminuer de l’ordre de 10 %. Parallèlement la dette va augmenter de 20 %. L’addition est encore loin d’être terminée, elle le  sera en partie lorsqu’on aura examiné secteur par secteur les différents soutiens qui vont permettre de limiter les défaillances et les plans de licenciement. En tout état de cause ,ce sont des centaines et des centaines de milliards qu’il va falloir emprunter et qui vont venir s’ajouter à la charge de la dette, en outre qu’il faudra bien rembourser un jour ou l’autre. À moins d’être partisan d’une dette perpétuelle, illimitée voire non remboursable. Une possibilité évidemment à condition de n’avoir pas besoin à emprunter de nouveau car les prêteurs intégreront les nouvelles primes de risque dans les prêts accordés. Or la France ne peut pas vivre sans emprunt non seulement pour les investissements mais aussi pour son fonctionnement.

On peut aussi imaginer qu’on sollicite encore davantage la planche à billets augmenter la masse monétaire mais une masse monétaire complètement décalée de la richesse nationale et qui un jour ou l’autre se traduit par une inflation monstre qui se traduit concrètement par une baisse du pouvoir d’achat notamment des plus modestes, c’est-à-dire de ce qui consacre l’essentiel de leurs revenus à la consommation immédiate.Aujourd’hui la demande n’est pas assez forte pour  alimenter toute suite une inflation mais mécaniquement avec un réajustement des parités monétaires les coûts auront tendance à augmenter et les prix avec entraînant une dévalorisation de fête des pouvoir d’achat

Dette: tout le monde va payer!

Dette: tout le monde va payer!

 

Finalement rares sont les secteurs qui n’ont pas été directement ou indirectement s du Coron virus. Rares dans les secteurs qui ne réclament pas un plan d’aide. Il faudra évidemment payer la facture de la crise sanitaire qui va prolonger le déficit de la sécurité sociale pendant au moins 10 ans.

 

Parallèlement engager un plan énorme de soutien au secteur économique, limiter la vague de défaillance d’abord sans doute aux entreprises symboliques mais aussi le moment venu aux PME qui fournissent le plus le plus gros contingent de main-d’œuvre et qui sont le plus souvent les plus fragiles financièrement surtout quand des mesures administratives limitent encore leurs activités. D’une manière ou d’une autre, en empruntant ou en faisant tourner la planche à billets, on va augmenter considérablement la masse monétaire par rapport à la richesse nationale et le moment venu se produiront des ajustements monétaires via les parités qui auront pour conséquence de tirer l’inflation par le haut. De toute manière dans nombre d’activités si les prix n’ont pas encore évolué à la hausse par contre  les coûts eux se sont envolés du fait  de charges fixes mais aussi d’une baisse de la demande.

La question est de savoir qui va payer une facture qui pourrait bien au total se situer entre 500 milliards  ( déjà annoncée pour les mesures prises par le ministre de l’économie) et 1000 milliards ( autour de 250 milliards de pertes de richesse nationale avec la baisse de croissance auxquels il faudra ajouter l’indispensable plan social pour supporter 1 à 2 millions de chômeurs supplémentaires sans parler du soutien au pouvoir d’achat des ménages.

La question de se pose de savoir qui va payer. La réponse est simple: tout le monde, plus ou moins évidemment. Il y a évidemment les épargnants notamment les plus modestes dont les revenus ne sont pas réévalués compte tenu de l’inflation réelle. Les autres aussi. Et bien sûr tous les ménages à travers l’inflation qui va sans doute s’envoler des que la reprise commencera à être un peu significative. Tout dépendra en faite du rapport entre la richesse nationale et la masse monétaire. Si le décalage s’accroît encore entre ces deux termes, c’est l’inflation assurée. C’est-à-dire une sorte de prélèvement obligatoire qui ne dit pas son nom.

 

La dette publique française sans limite ?

La dette publique française sans limite ?

 

 

Aujourd’hui on aligne les milliards comme s’il en pleuvait. D’après le ministre de l’économie, les premières mesures prises pour soutenir la crise sanitaire représenteraient autour de 500 milliards. Il faudra y ajouter les 250 milliards de recettes fiscales qui vont manquer avec la baisse du PIB qui va diminuer de l’ordre de 10 %. Parallèlement la dette va augmenter de 20 %. L’addition est encore loin d’être terminée, elle le  sera en partie lorsqu’on aura examiné secteur par secteur les différents soutiens qui vont permettre de limiter les défaillances et les plans de licenciement. En tout état de cause ,ce sont des centaines et des centaines de milliards qu’il va falloir emprunter et qui vont venir s’ajouter à la charge de la dette, en outre qu’il faudra bien rembourser un jour ou l’autre. À moins d’être partisan d’une dette perpétuelle, illimitée voire non remboursable. Une possibilité évidemment à condition de n’avoir pas besoin à emprunter de nouveau car les prêteurs intégreront les nouvelles primes de risque dans les prêts accordés. Or la France ne peut pas vivre sans emprunt non seulement pour les investissements mais aussi pour son fonctionnement.

On peut aussi imaginer qu’on sollicite encore davantage la planche à billets augmenter la masse monétaire mais une masse monétaire complètement décalée de la richesse nationale et qui un jour ou l’autre se traduit par une inflation monstre qui se traduit concrètement par une baisse du pouvoir d’achat notamment des plus modestes, c’est-à-dire de ce qui consacre l’essentiel de leurs revenus à la consommation immédiate.Aujourd’hui la demande n’est pas assez forte pour  alimenter toute suite une inflation mais mécaniquement avec un réajustement des parités monétaires les coûts auront tendance à augmenter et les prix avec entraînant une dévalorisation de fête des pouvoir d’achat.

 

La dette française : autour de 120 %

La dette française : autour de 120 %

 

 

La dette d’un pays se calcule en valeur absolue mais surtout en pourcentage du PIB pour permettre des comparaisons avec les pays voisins. En faite,  on était proche avant la crise d’une dette ramenée à près de 100 % du PIB. Après le Coronavirus,  cette dette pourrait passer tour de 120 % du PIB . Deux raisons à cela. La première, c’est que les ressources fiscales auront tendance à se tasser nettement sous l’effet de la baisse de la croissance (autour 10 pour cent pour le ), la seconde c’est qu’il faudra dépenser bien davantage pour  financer la crise sanitaire , soutenir des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. Dans les hypothèses les plus optimistes on va perdre au moins 100 milliards de recettes fiscales, tandis que les mesures -dont beaucoup encore à l’étude –vont coûté 100 à 300 milliards pour  soutenir les entreprises et le pouvoir d’achat. La dette publique de la France devrait dépasser 115% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année en raison du poids des mesures pour faire face à la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus, a dit le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin dimanche sur RTL en gros il va falloir emprunter plusieurs centaines de milliards. Il s’agit de dette publique auquel il faudra ajouter des dettes privées dont certaines sont d’ailleurs garanties par l’État.

“La dette, c’est à la fois les dépenses que l’on fait, et on en fait beaucoup, et les recettes qu’on n’a pas. Dans cette crise il y a une sorte d’effet ciseau, vous dépensez plus et vous avez moins de recettes fiscales parce qu’il y a moins d’activité”, a-t-il déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

“Ce sera plus que les 115% très certainement”, a-t-il ajouté, tout en répétant que le gouvernement n’avait pas l’intention d’augmenter les impôts pour réduire la dette. L’Insee a indiqué fin mars que la dette publique était ressortie à 98,1% du PIB en 2019, comme en 2018, mais que le déficit public était passé dans l’intervalle de 2,3% à 3%.

En avril, le gouvernement français a dit s’attendre à ce que les aides anti-crise coûtent 100 milliards d’euros, soit plus de 4% du PIB.

Avantages et limites de la thérapie par la dette publique?

Avantages et  limites de la thérapie par la dette publique?

D’après ’Emmanuel Combe.  Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence évoque les limites de la thérapie par la dette publique.( Dans l’Opinion)

 

« Ce qui était au départ une crise sanitaire s’est rapidement transformé en une crise économique d’une violence inégalée : en Europe, la Commission table désormais sur une chute du PIB de 7,7 % en 2020. Du jamais vu depuis la Grande Dépression. Face à l’urgence de la situation, l’Etat a rapidement pris les commandes de l’économie : il a laissé filer les déficits, en gelant les rentrées fiscales et en ouvrant les vannes de la dépense publique. Il a eu raison : à grand choc, grands remèdes.

Dans le cas de la France, le déficit public devrait plonger à 9,9 % du PIB en 2020 et la dette atteindre 116 % ; même la vertueuse Allemagne va connaître une tendance similaire, avec un déficit de 7 %, contre un excédent budgétaire de 1,4 % en 2019. Faut-il s’en inquiéter ? sur le principe, non ; en pratique, oui, surtout pour un pays comme la France.

D’un point de vue théorique, une forte hausse de la dette n’est pas une mauvaise nouvelle en soi : face à un choc négatif sur l’offre et la demande, il est logique que la dépense publique vienne se substituer momentanément à des investissements et une consommation privés en berne. C’est le sens même d’une politique contracyclique. »

Les marchés financiers ont d’ailleurs intégré ce rôle salutaire de la dette publique puisqu’ils continuent à accorder leur confiance aux pays les plus solides de la zone Euro : preuve en est, l’Allemagne vient de lever sans difficulté plus de 7,5 milliards d’euros à échéance de 15 ans et… à taux négatif. La France a émis de son côté de la dette à… 40 ans, au taux de 0,86 %.

Il n’existe pas non plus de chiffre absolu en matière de dette publique : dire qu’il ne faut pas dépasser les 100 % du PIB n’a pas de sens. Qui plus est, une dette peut n’être jamais remboursée, si elle est refinancée régulièrement, surtout à des taux bas : seul la charge de la dette doit alors être payée.

Pour autant, on peut s’inquiéter de la hausse de la dette publique.

« Dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique »

Drogue dure. Tout d’abord, dire qu’il n’y a pas de chiffre absolu pour la dette ne signifie pas que l’on peut s’endetter à l’infini : il y a forcément un seuil au-delà duquel les marchés financiers auront des doutes sur sa soutenabilité et exigeront une prime de risque. Les taux d’intérêt exploseront alors et le pays se verra rappeler brutalement à la réalité.

De plus, si la dette publique est monétisée par la BCE, la contrainte de financement est certes levée mais au prix d’une inflation : si ce n’est pas sur le marché des biens et services, ce sera ailleurs, et notamment sur le marché de l’immobilier, avec une bulle.

Ensuite, un pays qui s’endette doit avoir conscience qu’il fait peser un risque financier sur les générations futures : si les taux remontent, le refinancement de la dette coûtera plus cher demain et amputera d’autant les marges de manœuvre de l’Etat. La dépense publique supplémentaire affectée au paiement des intérêts se fera en effet au détriment d’autres dépenses utiles, telle que l’éducation ou la santé.

Mais surtout, dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique. La dette est certes un très bon médicament pour stopper une crise ; ce ne doit pas devenir une drogue dure. »

 

Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence.

 

Les limites de la thérapie par la dette publique?

Les limites de la thérapie par la dette publique?

’Emmanuel Combe, Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence évoque les limites de la thérapie par la dette publique.( Dans l’Opinion)

« Ce qui était au départ une crise sanitaire s’est rapidement transformé en une crise économique d’une violence inégalée : en Europe, la Commission table désormais sur une chute du PIB de 7,7 % en 2020. Du jamais vu depuis la Grande Dépression. Face à l’urgence de la situation, l’Etat a rapidement pris les commandes de l’économie : il a laissé filer les déficits, en gelant les rentrées fiscales et en ouvrant les vannes de la dépense publique. Il a eu raison : à grand choc, grands remèdes.

Dans le cas de la France, le déficit public devrait plonger à 9,9 % du PIB en 2020 et la dette atteindre 116 % ; même la vertueuse Allemagne va connaître une tendance similaire, avec un déficit de 7 %, contre un excédent budgétaire de 1,4 % en 2019. Faut-il s’en inquiéter ? sur le principe, non ; en pratique, oui, surtout pour un pays comme la France.

D’un point de vue théorique, une forte hausse de la dette n’est pas une mauvaise nouvelle en soi : face à un choc négatif sur l’offre et la demande, il est logique que la dépense publique vienne se substituer momentanément à des investissements et une consommation privés en berne. C’est le sens même d’une politique contracyclique. »

Les marchés financiers ont d’ailleurs intégré ce rôle salutaire de la dette publique puisqu’ils continuent à accorder leur confiance aux pays les plus solides de la zone Euro : preuve en est, l’Allemagne vient de lever sans difficulté plus de 7,5 milliards d’euros à échéance de 15 ans et… à taux négatif. La France a émis de son côté de la dette à… 40 ans, au taux de 0,86 %.

Il n’existe pas non plus de chiffre absolu en matière de dette publique : dire qu’il ne faut pas dépasser les 100 % du PIB n’a pas de sens. Qui plus est, une dette peut n’être jamais remboursée, si elle est refinancée régulièrement, surtout à des taux bas : seul la charge de la dette doit alors être payée.

Pour autant, on peut s’inquiéter de la hausse de la dette publique.

« Dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique »

Drogue dure. Tout d’abord, dire qu’il n’y a pas de chiffre absolu pour la dette ne signifie pas que l’on peut s’endetter à l’infini : il y a forcément un seuil au-delà duquel les marchés financiers auront des doutes sur sa soutenabilité et exigeront une prime de risque. Les taux d’intérêt exploseront alors et le pays se verra rappeler brutalement à la réalité.

De plus, si la dette publique est monétisée par la BCE, la contrainte de financement est certes levée mais au prix d’une inflation : si ce n’est pas sur le marché des biens et services, ce sera ailleurs, et notamment sur le marché de l’immobilier, avec une bulle.

Ensuite, un pays qui s’endette doit avoir conscience qu’il fait peser un risque financier sur les générations futures : si les taux remontent, le refinancement de la dette coûtera plus cher demain et amputera d’autant les marges de manœuvre de l’Etat. La dépense publique supplémentaire affectée au paiement des intérêts se fera en effet au détriment d’autres dépenses utiles, telle que l’éducation ou la santé.

Mais surtout, dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique. La dette est certes un très bon médicament pour stopper une crise ; ce ne doit pas devenir une drogue dure. »

Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence.

 

«Remboursement de la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 «Remboursement de la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 

 

« qui va rembourser les énormes dettes découlant de la crise ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre -timidement par rapport à l’inflation- – l’ancienne Ancienne associée-gérante de la banque Rothschild, Anne-Laure Kiechel dans un interview de l’Opinion ; elle a conseillé le gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras dans le cadre du suivi du plan d’aide financière à la Grèce. Elle a lancé sa structure indépendante Global Sovereign Advisory, qui compte une vingtaine de mandats de différents gouvernements, et la première chaire en Europe consacrée à la dette souveraine, à Sciences Po.

Que pensez-vous du résultat du dernier Conseil européen ?

Le Fonds de relance européen a fait l’objet d’un consensus dans son principe lors du dernier Conseil européen. Il n’exclut pas a priori les propositions italienne et espagnole portant respectivement sur l’émission de coronabonds ou d’une dette perpétuelle et s’ajoutera aux 540 millions d’euros déjà mobilisés via le Mécanisme européen de stabilité, la Banque européenne d’investissement et la Commission. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont ainsi chargé, jeudi dernier, la Commission européenne d’analyser avec précision les besoins afin de proposer dès que possible des modalités techniques pour ce fonds (montant, financement, répartition) permettant une relance commune à la hauteur des enjeux de la crise. Si le plan atteint les 1 000 à 1 500 milliards, la Commission ou un autre véhicule devront lever de la dette sans se limiter au seul budget européen et selon des modalités qui ne sont pas encore arrêtées.

La proposition de la France de mélanger aux prêts des subventions pour les régions les plus touchées, notamment dans les pays du sud, doit également encore faire son chemin. La proposition espagnole de dette perpétuelle pour financer un fonds de relance de 1 500 milliards a également été remarquée.

Voyez-vous l’Italie comme une bombe à retardement politique et économique pour l’UE ?

L’Italie fait nation durant cette crise. La cote de confiance des Italiens en leur gouvernement a ainsi gagné plus de 15 points. En revanche, l’Italie a le sentiment d’être délaissée par ses partenaires européens, et les excuses de la présidente de la Commission européenne n’y ont rien changé. Dans un contexte de très faible croissance l’an dernier (0,2 %), la dette italienne, qui est déjà de plus de 134 % du PIB et qui atteindra très vite cette année 156 points de PIB, est un sujet croissant d’inquiétude. Certes, la BCE rachètera massivement cette dette, au moins jusqu’à la fin de l’année. Mais pour l’avenir, le Fonds de relance européen devra aider à assurer la soutenabilité de l’économie italienne et à répondre à cette attente forte de solidarité.

« Si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de réponse à la crise »

Quels conseils donnez-vous actuellement aux pays qui sont vos clients ?

Nous travaillons actuellement avec une vingtaine de pays sur tous les continents. Leur première priorité est évidemment sanitaire. Pour le reste, si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de trois phases de réponse à la crise.

Tout d’abord, une phase de liquidité, c’est-à-dire de soutien direct aux acteurs économiques pour qu’ils ne disparaissent pas, ainsi qu’aux ménages pour préserver leurs revenus. Cette phase implique parfois des mesures de contrôles des prix, des soutiens massifs aux entreprises comme dans le secteur aérien en France, voire des plans de nationalisations. Le recours au chômage partiel et les prêts garantis par l’État sont évidemment emblématiques de cette phase, tout comme le revenu universel qui va être lancé en Espagne ou la « monnaie hélicoptère ​» utilisée aux États-Unis.

Ensuite, une phase de solvabilité qui s’attachera à assurer ou à rétablir la soutenabilité des dettes – donc une phase de transition. Les mesures d’urgence seront progressivement à adapter tandis que les entreprises reprendront leur activité. L’Etat devra les accompagner avec un filet de sécurité pour limiter, autant que faire se peut, les licenciements dont certains seront malheureusement inévitables. L’Etat devra accompagner les citoyens dans cette situation précaire en travaillant à amorcer le troisième temps, créateur d’emplois, le plus rapidement possible.

Enfin, le temps de la reprise viendra. Ce sera aussi celui des choix qui seront à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer et quelles chaînes de valeur relocaliser pour assurer plus d’autonomie stratégique dans un monde toujours plus incertain ? Faudra-t-il développer de nouveaux métiers, par exemple dans le domaine du soutien aux personnes âgées à domicile ou du numérique ​?

Les instruments de dettes et les entités qui les émettront devront être adaptés aux différentes étapes, de même que les plans de relance qui devront être cohérents pour créer durablement plus d’emplois.

« Le temps de la reprise viendra. Ce sera celui des choix à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer, quelles chaînes de valeur relocaliser ? »

Qui va payer les dettes demain ?

La question de la dette mondiale mérite une mise en perspective. La dette était déjà difficilement soutenable avant la crise. Début 2020, elle dépassait 320 % du PIB mondial, soit 257 000 milliards de dollars, ce qui représente 50 % de plus qu’en 2008 en raison de taux d’intérêt anormalement bas. Or, les premières mesures budgétaires adoptées par les Etats dans le monde viennent d’ajouter, en seulement quelques semaines, 8 000 milliards de dollars à ce niveau déjà élevé de dette mondiale.

Dans ce contexte, l’accord trouvé par le G20 le 15 avril dernier ne peut être que salué car le remboursement de cette dette ne doit pas passer avant les mesures d’urgence dans les pays en développement. Il prévoit une suspension des échéances de dette pour les pays à bas revenus jusqu’à la fin de l’année et a marqué une avancée historique puisqu’il concerne le Club de Paris comme la Chine, les autorités gouvernementales comme les créanciers privés. Cependant, ses modalités pratiques demandent encore à être clarifiées et nous accompagnons en ce moment de nombreux Etats afin qu’ils puissent bénéficier de ces mesures pour consacrer plus de moyens à leur lutte contre la pandémie.

Il faudra aussi, le moment venu, d’une manière ou d’une autre, se poser la question de l’opportunité de l’effacement d’une partie de ces dettes qui seront devenues, après la crise, probablement dans au moins une quarantaine de pays émergents ou en développement, insoutenables.

Est-ce que dans les autres pays, on remboursera par l’inflation, par l’impôt ​? Sur quels agents cela pèsera-t-il ​​? Il faudra décider du partage de ce fardeau et ne pas le faire derrière des portes closes. »

Pour une dette publique à perpétuité ! (Alain Minc)

Pour  une dette publique à perpétuité ! (Alain Minc)

 

On sait qu’Alain Minc  a pour caractéristique de dire à peu près tout et le contraire. Ainsi a-t-il défendu pendant longtemps les théories les plus ultra libérales avant vraisemblablement de se convertir aux idées de l’ultra gauche. Ainsi sur le plan budgétaire et monétaire, MINC  propose maintenant de faire tourner la planche à billets sans limites avec une dette publique y compris à perpétuité. Bref une sorte d’annulation de la dette… ou presque.

 

. Cette proposition ubuesque montre bien que les économies sont complètement dans le potage. En effet une dette sans limites et à perpétuité n’efface nullement la charge de remboursement . Cela signifie tout simplement que ce sont les générations futures qui paieront pour le présent. On objectera que c’est déjà le cas puisque la plupart des pays dans le monde vont atteindre un taux de l’ordre 100  % du PIB en moyenne. La différence est qu’avec la théorie de Minc  la charge pourrait doubler voire tripler. Minc  explique que cela n’a rien de grave puisque les dettes des Etats seront reprises par les banques centrales.

 

Reste que la masse monétaire sera alors complètement décalée de la richesse réelle et qu’on risque tout simplement un écroulement total de la valeur des monnaies via notamment une inflation record. Des propos évidemment complètement irresponsables sans doute pour plaire aux princes dont Minc est le conseiller et le courtisan. Des propos dignes de Besancenot quand il affirme : « Ne nous laissons pas en matière monétaire, écraser par les références d’hier face à une situation totalement inédite. On sent poindre l’inquiétude des marchés marquée par le précédent de la crise de l’euro sur le niveau d’endettement des Etats au regard de leurs PIB et le risque, pour des pays majeurs, comme l’Italie et l’Espagne, d’une impasse telle que la Grèce l’a connue, avec, à la clé, une politique d’austérité, certes efficace mais si dommageable pour la société. Si, en effet, le surcroît de dettes publiques était financé par le marché et, donc, par des opérateurs privés, le risque d’incapacité de remboursement pèserait sur les « spreads » et créerait une défiance majeure à l’égard des pays faibles : leurs Etats seraient dans une impasse, obligés de serrer les freins, au moment où il faudrait accélérer. »

Comme si impunément les banques centrales pouvaient fabriquer de la fausse monnaie sans conséquence sur la valeur qu’elle représente. On se demande si Minc  qui n’a pas lâché les idées du Medef pour les conceptions de lutte ouvrière. Mais comme disait Edgar Faure ,  ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent, le vent de l’opportunisme !

 

 

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