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La problématique de la dette

La problématique de la dette

«Les gouvernements auront un jour à prendre des décisions difficiles quant à l’arrêt de ces aides pour les entreprises non viables, ce qui dans certains pays, prendra du temps» explique dans l’Opinion James McCormack , responsable mondial de la notation des souverains chez Fitch Ratings.

 

 

En 2008, le Congrès américain avait d’abord hésité avant d’adopter la loi de stabilisation économique d’urgence pour aider les banques en difficulté. La stabilité des marchés financiers était en jeu et les conséquences économiques d’un effondrement auraient été graves : les politiques avaient donc accepté le niveau plus élevé de dette publique qui accompagnait cette décision.

Douze ans plus tard, en pleine crise du coronavirus, la stratégie politique aux Etats-Unis et dans la plupart des autres pays a radicalement changé. Ce ne sont plus les banques qui sont en difficulté, mais les systèmes de santé, les ménages et les entreprises qui subissent de plein fouet les effets de la crise. Le soutien budgétaire est arrivé rapidement et massivement, en particulier dans les pays développés. L’intervention massive des l’États dans l’économie a été presque universellement saluée et jugée nécessaire. La question des conséquences de l’augmentation de la dette publique est reportée.

Une réponse politique acceptée en temps de crise, surtout si elle s’avère efficace, devient plus facile à envisager après la crise. Ainsi, il semble y avoir désormais un a priori favorable à l’idée d’un Etat plus interventionniste dans les années à venir

Une réponse politique acceptée en temps de crise, surtout si elle s’avère efficace, devient plus facile à envisager après la crise. Ainsi, il semble y avoir désormais un a priori favorable à l’idée d’un Etat plus interventionniste dans les années à venir.

Il y a trois raisons qui devraient amener à penser que les gouvernements continueront à jouer un rôle plus important même après un retour de la croissance.

Récession. Tout d’abord, la récession de cette année – même si elle est de courte durée, n’est pas un ralentissement cyclique classique et ne sera pas suivie d’une reprise cyclique classique. Certains secteurs, tels que les services en contact avec les clients et demandant beaucoup de main-d’œuvre, sont susceptibles de connaître des niveaux de croissance et d’emploi en deçà de la normale sur longue période, en particulier si le confinement est suivi de changements structurels de comportement continuant à affecter la demande. Avec le temps, une part plus importante de l’aide publique destinée à aider ces secteurs servira surtout à éviter les fermetures et les faillites d’entreprises. Les gouvernements auront un jour à prendre des décisions difficiles quant à l’arrêt de ces aides pour les entreprises non viables, ce qui dans certains pays, prendra du temps.

Ensuite, les dépenses publiques resteront probablement plus élevées après la pandémie car, avant même le virus, la question des inégalités sociales et de revenus et les préoccupations climatiques et environnementales avaient émergé dans le débat public. Ces questions conduisent inévitablement à une plus grande intervention de l’État et ont été amplifiées par le coronavirus, qui a également révélé des insuffisances dans les systèmes de santé publique. L’augmentation des préoccupations de politique publique dans certains domaines et celle des dépenses publiques dans d’autres constituent deux tendances convergentes. Cela sera encore plus vrai si les réponses des gouvernements à la pandémie sont considérées comme efficaces. Des mesures similaires devraient être appliquées à d’autres priorités sociétales.

Le troisième facteur contribuant à l’augmentation du poids du gouvernement dans la société est la disponibilité d’un financement bon marché. Les contraintes budgétaires sont assouplies grâce à des marchés de capitaux conciliants et influencés à leur tour par des banques centrales conciliantes. Aujourd’hui, contrairement à la dernière crise, les Etats sont désormais les premiers destinataires de l’essentiel des interventions des banques centrales.

Quelles sources de financement ? Les sources de financement de la dépense publique ont fait l’objet de débats animés sur les dernières années, bien avant la crise du coronavirus. Jusqu’à présent, les gouvernements disposaient de deux sources conventionnelles, tous deux faisant appel au secteur privé qui soit paye l’impôt pour financer les dépenses publiques soit prête pour financer le déficit public. Mais comme la plupart des gouvernements n’ont pas d’autres revenus que les impôts, le paiement des intérêts sur les emprunts antérieurs finit par nécessiter davantage d’emprunts à mesure que la dette augmente, remettant en question la viabilité à long terme du modèle. Sans parler d’une éventuelle augmentation des taux d’intérêt.

Une troisième option de financement, non conventionnelle, consiste à s’appuyer directement sur la banque centrale, en contournant entièrement le secteur privé. Il faudra néanmoins prouver que cette approche, efficace en temps de pandémie (avec le quantative easing), l’est également en temps normal.

La combinaison de décisions politiques difficiles liées à la fin des aides économiques, la résurgence de plusieurs questions sociétales nécessitant l’intervention de l’État et la disponibilité de financements bon marché sont autant d’indices pointant dans la direction d’un interventionnisme étatique accru. Comme ce changement sera probablement progressif et largement soutenu au regard de crise traversée, la controverse qu’il suscitera devrait rester modérée. Il s’agit néanmoins d’un changement de taille qui mérite d’être clairement explicité pour pouvoir articuler les décisions politiques actuelles et à venir dans une perspective de long terme.

James McCormack est responsable mondial de la notation des souverains chez Fitch Ratings.

Dette: le gouvernement met en place une commission tartempion

Dette: le gouvernement met en place une commission tartempion

Une commission assez hétéroclite a été mise en place par le gouvernement pour tenter de définir les conditions d’amortissement de l’énorme dette française amplifiée par le Coronavirus. Présidée par le centriste Jean Arthuis, ancien ministre des Finances sous Chirac, la commission accueille également la socialiste Marisol Touraine, ministre de la Santé sous François Hollande. L’équilibre est aussi respecté entre le privé et le public. Y siègent l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot et le PDG d’ADP, Augustin de Romanet, mais aussi les hauts fonctionnaires Jean-Luc Tavernier, patron de l’Insee, et le magistrat à la Cour des comptes Raoul Briet. Côté économistes, c’est également la diversité qui s’impose avec, l’Italo-Suisse Beatrice Weder Di Mauro, ex-conseillère des chanceliers allemands Gerhard Schroeder et Angela Merkel, l’Américano-Autrichien Thomas Wieser, qui travaille pour l’Union européenne, la professeur à la London Business School Hélène Rey, et Natacha Valla de Sciences Po.

 

Notons qu’au 31 octobre le déficit budgétaire s’est élevé à 160 milliards contre 108 à la même période. Par ailleurs 2020 la dette sera passée de 100 % du pipe à 120 %. En clair, on a hypothéqué plus d’une année de richesse nationale . Les solutions sont bien connues;  le remboursement de cette dette pourra se faire via l’inflation qui diminuera le pouvoir d’achat, par l’impôt mais en amortissant la fiscalité de cette dette sur de très nombreuses années et partiellement par les fruits de la croissance. La dernière solution étant de faire défaut, c’est-à-dire de ne plus rembourser la dette mais en même temps de ne plus pouvoir emprunter. Bref une sorte de faillite.

 

«Comment rembourser la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 «Comment rembourser la  dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 

 

« qui va rembourser les énormes dettes découlant de la crise ? Comme souvent face à cet enjeu central, le gouvernement vient de mettre en place une commission. C’est la question à laquelle s’efforce de répondre aussi -timidement par rapport à l’inflation- – l’ancienne Ancienne associée-gérante de la banque Rothschild, Anne-Laure Kiechel dans un interview de l’Opinion ; elle a conseillé le gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras dans le cadre du suivi du plan d’aide financière à la Grèce. Elle a lancé sa structure indépendante Global Sovereign Advisory, qui compte une vingtaine de mandats de différents gouvernements, et la première chaire en Europe consacrée à la dette souveraine, à Sciences Po.

Que pensez-vous du résultat du dernier Conseil européen?

 

Le Fonds de relance européen a fait l’objet d’un consensus dans son principe lors du dernier Conseil européen. Il n’exclut pas a priori les propositions italienne et espagnole portant respectivement sur l’émission de coronabonds ou d’une dette perpétuelle et s’ajoutera aux 540 millions d’euros déjà mobilisés via le Mécanisme européen de stabilité, la Banque européenne d’investissement et la Commission. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont ainsi chargé, jeudi dernier, la Commission européenne d’analyser avec précision les besoins afin de proposer dès que possible des modalités techniques pour ce fonds (montant, financement, répartition) permettant une relance commune à la hauteur des enjeux de la crise. Si le plan atteint les 1 000 à 1 500 milliards, la Commission ou un autre véhicule devront lever de la dette sans se limiter au seul budget européen et selon des modalités qui ne sont pas encore arrêtées.

La proposition de la France de mélanger aux prêts des subventions pour les régions les plus touchées, notamment dans les pays du sud, doit également encore faire son chemin. La proposition espagnole de dette perpétuelle pour financer un fonds de relance de 1 500 milliards a également été remarquée.

 

Voyez-vous l’Italie comme une bombe à retardement politique et économique pour l’UE?

L’Italie fait nation durant cette crise. La cote de confiance des Italiens en leur gouvernement a ainsi gagné plus de 15 points. En revanche, l’Italie a le sentiment d’être délaissée par ses partenaires européens, et les excuses de la présidente de la Commission européenne n’y ont rien changé. Dans un contexte de très faible croissance l’an dernier (0,2 %), la dette italienne, qui est déjà de plus de 134 % du PIB et qui atteindra très vite cette année 156 points de PIB, est un sujet croissant d’inquiétude. Certes, la BCE rachètera massivement cette dette, au moins jusqu’à la fin de l’année. Mais pour l’avenir, le Fonds de relance européen devra aider à assurer la soutenabilité de l’économie italienne et à répondre à cette attente forte de solidarité.

«Si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de réponse à la crise»

Quels conseils donnez-vous actuellement aux pays qui sont vos clients?

Nous travaillons actuellement avec une vingtaine de pays sur tous les continents. Leur première priorité est évidemment sanitaire. Pour le reste, si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de trois phases de réponse à la crise.

Tout d’abord, une phase de liquidité, c’est-à-dire de soutien direct aux acteurs économiques pour qu’ils ne disparaissent pas, ainsi qu’aux ménages pour préserver leurs revenus. Cette phase implique parfois des mesures de contrôles des prix, des soutiens massifs aux entreprises comme dans le secteur aérien en France, voire des plans de nationalisations. Le recours au chômage partiel et les prêts garantis par l’État sont évidemment emblématiques de cette phase, tout comme le revenu universel qui va être lancé en Espagne ou la « monnaie hélicoptère ​» utilisée aux États-Unis.

Ensuite, une phase de solvabilité qui s’attachera à assurer ou à rétablir la soutenabilité des dettes – donc une phase de transition. Les mesures d’urgence seront progressivement à adapter tandis que les entreprises reprendront leur activité. L’Etat devra les accompagner avec un filet de sécurité pour limiter, autant que faire se peut, les licenciements dont certains seront malheureusement inévitables. L’Etat devra accompagner les citoyens dans cette situation précaire en travaillant à amorcer le troisième temps, créateur d’emplois, le plus rapidement possible.

Enfin, le temps de la reprise viendra. Ce sera aussi celui des choix qui seront à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer et quelles chaînes de valeur relocaliser pour assurer plus d’autonomie stratégique dans un monde toujours plus incertain ? Faudra-t-il développer de nouveaux métiers, par exemple dans le domaine du soutien aux personnes âgées à domicile ou du numérique ​?

Les instruments de dettes et les entités qui les émettront devront être adaptés aux différentes étapes, de même que les plans de relance qui devront être cohérents pour créer durablement plus d’emplois.

«Le temps de la reprise viendra. Ce sera celui des choix à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer, quelles chaînes de valeur relocaliser?»

Qui va payer les dettes demain?

La question de la dette mondiale mérite une mise en perspective. La dette était déjà difficilement soutenable avant la crise. Début 2020, elle dépassait 320 % du PIB mondial, soit 257 000 milliards de dollars, ce qui représente 50 % de plus qu’en 2008 en raison de taux d’intérêt anormalement bas. Or, les premières mesures budgétaires adoptées par les Etats dans le monde viennent d’ajouter, en seulement quelques semaines, 8 000 milliards de dollars à ce niveau déjà élevé de dette mondiale.

 

(Après un record à 322% du produit intérieur brut (PIB) fin 2019, la dette mondiale devrait atteindre 277 000 milliards de dollars fin 2020, soit 365% du PIB, selon l’Institute of International Finance (IIF) NDLR)

 

Dans ce contexte, l’accord trouvé par le G20   ne peut être que salué car le remboursement de cette dette ne doit pas passer avant les mesures d’urgence dans les pays en développement. Il prévoit une suspension des échéances de dette pour les pays à bas revenus jusqu’à la fin de l’année et a marqué une avancée historique puisqu’il concerne le Club de Paris comme la Chine, les autorités gouvernementales comme les créanciers privés. Cependant, ses modalités pratiques demandent encore à être clarifiées et nous accompagnons en ce moment de nombreux Etats afin qu’ils puissent bénéficier de ces mesures pour consacrer plus de moyens à leur lutte contre la pandémie.

Il faudra aussi, le moment venu, d’une manière ou d’une autre, se poser la question de l’opportunité de l’effacement d’une partie de ces dettes qui seront devenues, après la crise, probablement dans au moins une quarantaine de pays émergents ou en développement, insoutenables.

Est-ce que dans les autres pays, on remboursera par l’inflation, par l’impôt ? Sur quels agents cela pèsera-t-il ? Il faudra décider du partage de ce fardeau et ne pas le faire derrière des portes closes.

 

Endettement : l’Italie veut effacer la dette Covid !

Endettement : l’Italie veut effacer la dette Covid !

 

L’Italie a trouvé la solution financière pour boucher le trou de l’endettement. Il suffit tout simplement de supprimer la dette  Corona virus. Même la France dans la gestion n’est pas exemplaire n’appuie pas évidemment cette proposition fantaisiste de l’Italie. La dette structurelle était déjà très importante mais avec la crise sanitaire elle va encore gonfler pour atteindre environ 160 % du PIB italien soit 2700 milliards.

 

Il est clair que cette dette ne pourra être apurée en quelques années mais de la à faire défaut il y a un pas pourrait affecter la crédibilité de la monnaie européenne. S’il Italie et d’autres devaient s’engager dans cette voie, il est clair que cela provoquerait une chute conséquente et brutale de la monnaie européenne avec ses conséquences en termes d’inflation et de taux d’intérêt. Bref une position irresponsable qui ne risque pas d’être appuyée par d’autres pays même si effectivement il faudra le moment venu convenir des dispositions pour amortir sur une très longue période les énormes liquidités accordées par la banque centrale ( et les banques bien sûres). Le système financier italien est déjà très fragile et cette position politique pourrait signifier l’écroulement complet du système financier italien

Dette mondiale : 277.000 milliards de dollars

Dette mondiale : 277.000 milliards de dollars 

Selon l’Institut international de la finance (IIF), l’endettement mondial devrait atteindre un niveau sans précédent de 277.000 milliards de dollars (233.400 milliards d’euros) à la fin de l’année en raison des montants colossaux empruntés par les Etats et les entreprises pour faire face à la crise du coronavirus, conclut l’Institute of International Finance (IIF) dans une étude publiée mercredi.

L’IFF, qui regroupe plus de 400 banques et institutions financières du monde entier, estime que la dette globale avait déjà augmenté de 15.000 milliards de dollars fin septembre, à 272.000 milliards, une progression imputable pour près de la moitié aux Etats, principalement développés.

La dette globale des pays développés a ainsi bondi à 432% du produit intérieur brut (PIB) à la fin du troisième trimestre contre environ 380% fin 2019. Pour les pays émergents, ce ratio était proche de 250% fin septembre, et de 335% pour la Chine.

« Il y a d’importantes incertitudes sur la manière dont l’économie mondiale pourra se désendetter à l’avenir sans conséquences négatives importantes pour l’activité économique », estime l’IIF.

 

L’institut pourrait ajouter qu’une grande incertitude va peser sur l’avenir du système bancaire. En effet nombre d’établissements qui ont largement prêté à l’économie mais aussi aux états vont se retrouver face à une montagne d’actifs pourris.

 

La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

 

 

On se demande bien par quel miracle le Premier ministre assure que la dette contractée de la crise sanitaire de 2020 sera annulée en 2025. En effet, au cours de l’année 2020, la dette déjà considérable (autour de 100 % du PIB) est passé à 120 % du PIB. Soit autour de 450 milliards en plus. Cela supposerait une croissance exceptionnelle combinée un plan de réduction des dépenses publiques permettant ainsi de rembourser les emprunts contractés.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros

 

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

 

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros

.Au 31 mai 2020 la France a souscrit sa dette publique pour un taux moyen pondéré de -0,06 %. Au total global qui représente 120 % du PIB.

Au-delà des 40 milliards d’euros issus du plan de relance européen, le gouvernement compte sur la reprise de l’activité pour redresser la situation. Le seul problème c’est qu’il faudra déjà plusieurs années pour retrouver le niveau de fin 2019 concernant l’activité. C’est-à-dire en 2022 août 2023. Ensuite on risque de retrouver une croissance relativement mal comme celle constatée dans la tendance déjà de fin 2019.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

 

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros

 

 

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

Les analystes financiers Terry Chan et Alexandra Dimitrijevic estiment, dans leur chronique, que l’envolée de l’endettement mondial n’affecte que partiellement la solvabilité des agents économiques. Ils fondent  leurs pronostics sur l’hypothèse du maintien de taux d’intérêt bas. Or c’est le risque majeur quand la masse de liquidités est complètement décalée de la richesse réelle. En outre,  la certitude d’une reprise rapide même progressive n’est pas assurée car il faut prendre en compte les facteurs structurels d’évolution des modes de production et de consommation.

Chronique.

 

 Alors que les Etats, les entreprises et les ménages sont confrontés aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, de nombreux observateurs tirent la sonnette d’alarme sur l’augmentation rapide de la dette à travers le monde. Le ratio dette/PIB de ces trois types d’emprunteurs devrait augmenter de 14 % en 2020, pour atteindre le niveau record de 265 %.

L’agence Standard & Poor’s (S&P) a abaissé la notation de crédit d’environ un cinquième des émetteurs de dette d’entreprise et de dette souveraine. Le nombre d’entreprises insolvables va probablement augmenter si, avant l’arrêt des mesures extraordinaires de relance budgétaire, les trésoreries et les bénéfices ne reviennent pas à leur niveau précédant la pandémie.

Le monde devrait toutefois connaître une reprise économique progressive, mais irrégulière, à condition que les facilités de financement soient maintenues dans un contexte de taux d’intérêt bas sur une longue période. Si l’on ajoute à cela le développement d’un vaccin d’ici à la mi-2021, la réduction des mesures de relance par les Etats, la réparation progressive des bilans des entreprises et la baisse des dépenses des ménages, l’endettement mondial devrait se stabiliser vers 2023.

Il faut également – et surtout – tenir compte de la capacité de remboursement des emprunteurs. Aujourd’hui, des mesures de relance budgétaire et monétaire sans précédent permettent de garder le robinet des liquidités ouvert pour les entreprises. Le coût du crédit est très favorable, et va probablement le rester longtemps, au moins jusqu’en 2023. Les écarts de crédit, resserrés par rapport à leur pic de mars, sont plus sensibles aux risques spécifiques des entreprises qu’aux risques du marché.

Pour l’essentiel, l’augmentation de la dette vise à créer les conditions d’une reprise économique qui améliore la capacité future de remboursement des emprunteurs. C’est particulièrement vrai pour les Etats qui cherchent à réduire l’impact économique de la pandémie par des mesures de relance budgétaire.

Solvabilité maintenue

A l’issue de la pandémie, l’endettement de tous les Etats aura augmenté, en particulier dans les pays développés. Néanmoins, ceux-ci ont maintenu jusqu’à présent leur solvabilité grâce à leur richesse, à la solidité de leurs marchés financiers et à leur flexibilité monétaire. Jusqu’à présent, S&P n’a abaissé la note d’aucun pays du G7. La plupart des déclassements de ces derniers mois ont touché les Etats de catégorie spéculative.

 

La dette publique à 120% du PIB….. Pour l’instant ( Le Maire)

La dette publique 120% du PIB….. Pour l’instant ( Le Maire)

En 2019 nous étions autour de 100 % du PIB pour la dette. Avec la crise sanitaire et le soutien ,  le gouvernement a d’abord envisagé 110 %. En fait,  on va passer à 120 % mais pour l’instant car rien n’indique qu’on pourra mettre fin rapidement au dispositif de sauvegarde socio- économiques. Le produit intérieur brut se monte à environ 2500 milliards or il convient d’ajouter 30 à 50 milliards supplémentaires décidés récemment au plan de soutien. D’autres mesures pourraient être encore nécessaires en novembre et en décembre et surtout début 2021 pour éviter un une vague de faillites. En 2021, on pourrait frôler les 130 à 140 % de dette par rapport aux produit intérieur brut.

Pour l’instant cet endettement n’a pas beaucoup d’incidence budgétaire puisse qu’on empreinte pratiquement à taux zéro. Le problème se posera nécessairement quand les taux d’intérêt vont reprendre. Pendant le confinement,  les pertes de richesse nationale atteignent de l’ordre de 60 à 90 milliards. La problématique est de trouver l’équilibre très fragile entre ce qui est tolérable comme endettement et comme perte de richesse nationale. Les quinze milliards d’euros supplémentaires annoncés jeudi par l’exécutif pour le seul mois de novembre “vont augmenter le niveau de la dette française”, avertit le ministre de l’Economie et des Finances dans cet entretien publié en ligne vendredi.

“Nous avions prévu pour 2020 un niveau d’endettement de 117,5% du PIB. Ce chiffre va passer à 119,8%”, ajoute-t-il. Un chiffre très provisoire sans doute car le ministre de l’économie lui-même ne connaît pas l’évolution de la crise sanitaire et l’ampleur des conséquences économiques.

La dette publique : à 114,1% du PIB

La dette publique :  à 114,1% du PIB

La dette publique française a gonflé fin juin à 114,1% du produit intérieur brut (PIB), soit 2.638,3 milliards d’euros, en hausse de 12,7 points par rapport à fin mars. C’est la plus forte augmentation trimestrielle depuis que l’Insee publie cet indicateur, en 1995, a-t-il rapporté vendredi.

« Une part de la progression de la dette (…) alimente la trésorerie des administrations publiques en forte augmentation », notamment pour répondre « à des besoins de financements futurs liés à la crise sanitaire », a expliqué l’Institut national de la statistique dans un communiqué.

La dette de l’Etat a notamment progressé de 113,4 milliards d’euros, détaille l’Insee, pour financer les mesures de chômage partiel, les reports de charges et compenser la baisse des recettes fiscales du fait de la chute de l’activité économique.

La dette des administrations de sécurité sociale (Acoss, Cades, Unédic, hôpitaux et Cnaf) augmente aussi fortement de 84,9 milliards d’euros, du fait des mesures de chômage partiel et des reports et des annulations de cotisations sociales décidées pour soutenir les entreprises en difficulté durant le confinement.

Enfin, la dette des administrations publiques locales (Apul) est également en hausse (+2,7 milliards), mais de façon moins importante.

Du fait de la crise du Covid-19 et des dépenses engagées, le gouvernement s’attend à ce que la dette s’envole à 117,5% du PIB cette année.

 

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

 

Trois étudiants de Sciences Po Lille répondent dans le Monde à trois jeunes diplômés d’HEC et de Sciences Po Paris s’inquiétant de la dette publique dont ils hériteraient. Cette inquiétude relèverait d’une mauvaise compréhension du rôle et des implications macroéconomiques de la dette. La preuve en tout cas que l’analyse économique n’est pas une science exacte et qu’elle est  aussi sans doute soumise à certaines approches idéologiques et au vent des modes. Notons qu’en dépit de taux très bas la France doit rembourser 40 milliards par an pour environ 2500 milliards d’endettement ( 100% du PIB).

Tribune. C’est par une phrase démontrant une grande méconnaissance de l’Etat que débute la tribune de nos trois camarades (« La génération confinement paiera pour les boomers », par Emmanuel Blézès, Yama Darriet, Charles Mazé, Le Monde du 6 septembre) : « Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos 20 ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. »

Cette logique comptable, applicable à juste titre au cas du ménage ou de l’entreprise mais pas à l’Etat, fait de lui un agent économique comme un autre, un « bon père de famille » qui doit s’endetter le moins possible.

Or la logique économique de l’Etat est tout autre, il n’a pas la même nature – là où les revenus d’un ménage déterminent ce qu’il peut dépenser, le monopole fiscal de l’Etat lui permet d’anticiper ses revenus futurs, et ses dépenses contribuent indirectement à la constitution de ses propres revenus −, ni les mêmes finalités –, ses leviers macroéconomiques doivent lui permettre de servir l’intérêt commun −, ni le même horizon temporel.

Ce dernier, chez les entreprises et les ménages, est limité à celui des individus qui les composent : c’est un horizon temporel fini. Or, dans le cas de l’Etat, il est théoriquement infini, une dette publique arrivant à son terme peut être remboursée en en contractant une autre sans crainte que l’Etat disparaisse entre-temps et fasse défaut, diminuant ainsi son impératif de remboursement.

En réalité, l’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse, et ce pour au moins deux raisons.

D’abord, l’Etat s’endette sur les marchés financiers en faisant « courir » ses créances : le remboursement de celles-ci n’incombera pas aux « générations futures » qui – luxe de ce bijou macroéconomique qu’est l’Etat – ne feront que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. Les contribuables de demain, comme ceux d’aujourd’hui, ne paieront, par l’intermédiaire du budget de l’Etat, que les intérêts de ces créances. »

Dette : danger ou pas pour l’avenir

Dette : danger ou pas pour l’avenir

 

Trois étudiants de Sciences Po Lille répondent dans le Monde à trois jeunes diplômés d’HEC et de Sciences Po Paris s’inquiétant de la dette publique dont ils hériteraient. Cette inquiétude relève d’une mauvaise compréhension du rôle et des implications macroéconomiques de la dette. La preuve en tout cas que l’analyse économique n’est pas une science exacte et qu’elle est  aussi sans doute soumise à certaines approches idéologiques.

Tribune. C’est par une phrase démontrant une grande méconnaissance de l’Etat que débute la tribune de nos trois camarades (« La génération confinement paiera pour les boomers », par Emmanuel Blézès, Yama Darriet, Charles Mazé, Le Monde du 6 septembre) : « Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos 20 ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. »

Cette logique comptable, applicable à juste titre au cas du ménage ou de l’entreprise mais pas à l’Etat, fait de lui un agent économique comme un autre, un « bon père de famille » qui doit s’endetter le moins possible.

Or la logique économique de l’Etat est tout autre, il n’a pas la même nature – là où les revenus d’un ménage déterminent ce qu’il peut dépenser, le monopole fiscal de l’Etat lui permet d’anticiper ses revenus futurs, et ses dépenses contribuent indirectement à la constitution de ses propres revenus −, ni les mêmes finalités –, ses leviers macroéconomiques doivent lui permettre de servir l’intérêt commun −, ni le même horizon temporel.

Ce dernier, chez les entreprises et les ménages, est limité à celui des individus qui les composent : c’est un horizon temporel fini. Or, dans le cas de l’Etat, il est théoriquement infini, une dette publique arrivant à son terme peut être remboursée en en contractant une autre sans crainte que l’Etat disparaisse entre-temps et fasse défaut, diminuant ainsi son impératif de remboursement.

En réalité, l’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse, et ce pour au moins deux raisons.

D’abord, l’Etat s’endette sur les marchés financiers en faisant « courir » ses créances : le remboursement de celles-ci n’incombera pas aux « générations futures » qui – luxe de ce bijou macroéconomique qu’est l’Etat – ne feront que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. Les contribuables de demain, comme ceux d’aujourd’hui, ne paieront, par l’intermédiaire du budget de l’Etat, que les intérêts de ces créances.

Dette : une nécessité

Dette : une nécessité

 

L’anthropologue américain David Graeber explique dans le Monde que la dette d’une contrainte nécessaire. Une interview intéressante mais avec la limite signalée par l’intéressé à savoir le retour un jour de l’inflation, un retour inévitable.

 

 En plus de démontrer que la dette est inhérente à toute organisation sociale depuis toujours, à quelle question vouliez-vous répondre avec votre dernier ouvrage ?

Une des questions à laquelle j’ai voulu répondre c’est : pourquoi les gens doivent-ils forcément rembourser leurs dettes ? Pourquoi on trouve cela normal que la France ait tué des millions de Malgaches lorsqu’ils refusaient de payer une dette qui leur avait été imposée sans leur avis ? Pourquoi des gens a priori normaux et pas particulièrement méchants trouvent cela normal au nom du sacro-saint remboursement de la dette ?

Et quelle est votre conclusion ?

La seule raison apparente est la morale. Je me suis demandé quels droits réels et quelles véritables obligations étaient attachées à la dette. Et la conclusion que j’en tire, en cherchant une raison à tout cela, c’est que maintenir ces raisons obscures permet de maintenir en place un système. Car si les gens savaient comment cela fonctionne, ils comprendraient que le droit d’accorder des prêts est un privilège qui doit au final permettre d’accroître les richesses. Les prêteurs on fait la promesse de rendre un service à la communauté en échange de leur privilège. Or, ils ont brisé cette promesse. Dés lors, pourquoi les gens ordinaires seraient-ils encore liés ? Pourquoi devrions-nous rembourser ?

La machine serait-elle cassée ?

Oui. Aux États-Unis, on a pardonné aux banquiers puisqu’on leur a donné de l’argent pour faire face à leurs difficultés alors qu’ils sont responsables de la crise. Mais on a rien donné aux détenteurs de prêts hypothécaires. Cela a d’ailleurs été complètement inefficace car les banques placent cet argent dans les coffres de la Fed et perçoivent des intérêts. Si vous avez le choix entre placer cet argent en lieu sûr et que cela vous rapporte, et prendre un risque en prêtant, il est évident que vous ne prêterez pas. Si cet argent avait été donné aux détenteurs de prêts hypothécaires, cela aurait stimulé dix fois plus l’économie. La Fed l’a proposé en 2008, mais il n’y a pas eu de volonté politique suffisante pour suivre cette proposition.

Le dernier argument du capitalisme aujourd’hui pour exister sur le plan pratique est de dire que l’on ne peut rien faire d’autre, que l’on n’a pas d’autre solution pour améliorer la vie des gens. Or le capitalisme est en train d’échouer à cela. Et en dehors de cet argument, il ne reste plus que des arguments moraux comme : « si vous ne travaillez pas dur, vous n’êtes pas une bonne personne, » ou encore « il faut toujours rendre ce que l’on doit ». En Europe, l’Allemagne en est un très bon exemple.

Pensez-vous que le défaut est la meilleure solution lorsque le poids de la dette devient trop lourd ?

La dette n’est qu’une promesse au final. Si les promesses des hommes politiques et des banquiers ne sont pas tenues, pourquoi devrions -nous en assumer les conséquences. Le fait qu’ils n’aient pas tenu leurs promesses devrait nous autoriser à renégocier la dette. Sinon, c’est tout le système de la démocratie et du système monétaire qui sont à remettre en cause.

Peut-on trouver un exemple du poids moral de la dette dans le fonctionnement de la zone euro depuis le début de la crise ?

Oui, tout à fait. Les Allemands, par exemple, se sont enfermés dans l’idée que la dette est un pêché (le terme « Schuld » utilisé en allemand pour désigner la dette signifie aussi responsabilité et culpabilité, ndlr). Mais en pratique, un monde sans dette serait un désastre. Et ils se rendent bien compte que sans l’Union européenne, leur pays ne serait rien. L’Allemagne profite clairement de sa position centrale en Europe. Elle est donc enfermée dans un paradoxe entre une idéologie très puissante reposant sur la morale et une nécessité de constater que sans dette il n’y aurait pas d’économie.

En même temps, vous semblez critiquer le fait que l’économie repose sur la dette…

Si on réfléchit à la dette sur ses trois niveaux, celui des personnes, celui des entreprises, et à l’échelle des Etats, on constate qu’elle n’a de sens que si l’on se promet de produire absolument et toujours plus pour rembourser. Mais on constate que c’est une voie sans issue. De plus, cela pose des problèmes sur le plan environnemental.

 

Dans votre ouvrage, vous affirmez que la dette repose nécessairement sur la violence. Pouvez-vous expliquer cela ?

Pour bien comprendre le monde dans lequel on vit, il faut comprendre ce que signifie le mot capitalisme. Il signifie collusion entre le capital et les gouvernements. Les gouvernements font des lois pour organiser la vie économique autour du capital et le système se perpétue. Il y a une fusion entre la finance et les gouvernements.

Si les gens sont égaux, s’ils se respectent, le fait que la situation change les amène en général à renégocier, sans qu’il n’y ait d’autre jugement. Mais le problème, c’est que dés qu’il y a inégalité, dés que l’on considère le débiteur comme un inférieur, la dette devient une chose sacrée qui passe avant toute autre chose. Et c’est à ce moment là que l’on peut justifier la violence.

Les intérêts sont censés garantir le risque de non remboursement par l’emprunteur. N’y a-t-il pas une anomalie à refuser toute idée de défaut ?

Si, en réalité, les dettes ont parfois déjà été remboursées deux ou trois fois par le jeu des intérêts. C’est ce que j’ai toujours trouvé choquant. Et encore plus que la simple question du remboursement de la dette, je me demande pourquoi on ne pourrait pas en renégocier les termes, pourquoi le débiteur reste ainsi accroché au créditeur. C’est à ce fond de morale qui dit que la monnaie, la dette, sont toujours au-dessus que l’on doit le fait d’oublier qu’il y a d’autres choses importantes comme par exemple, une éducation gratuite qui permettrait de former les gens et de préparer l’avenir. Lorsque l’on propose l’école gratuite (aux Etats-Unis), les gens répondent : « Désolé, on ne peut pas, il faut d’abord rembourser les dettes ». Les promesses faites aux banquiers sont plus sacrées que celles faites à la communauté.

En même temps, le défaut d’un Etat mettrait en danger le système bancaire et plongerait le monde dans une nouvelle crise…

Le système bancaire sous sa forme actuelle est relativement neuf. Même les gens qui voulaient un marché libre ne pensaient pas à un système financier totalement libre. Il n’y a pas de raison purement objective de penser que le système financier sous sa forme actuelle est essentiel. La Chine, qui n’a pas de système financier libre, en est la preuve.

Que vous inspire la dernière bataille au Congrès américain sur le relèvement du plafond de la dette ?

On s’est posé la question, au sein d’Occupy Wall Street, lors du premier blocage de 2011, de ce que signifiait cette histoire de plafond de la dette. Finalement, on se retrouve aujourd’hui au même point.

La dette n’est pas un problème. Le seul risque, c’est l’inflation. Et on voit bien aujourd’hui que même avec le Quantitative Easing, la Fed n’arrive même pas à en faire. Finalement, peut-être que ce qu’ils cherchent c’est à faire tout sauter en bloquant tout.

Cela ne démontre-t-il pas une faillite du système politique depuis le début de la crise ?

Si. Il est terrible de constater qu’en fait, rien n’a changé depuis la crise. Aucun des problèmes structurels n’a été réglé. Il y aura donc inévitablement un autre krach. Sauf que le prochain sera pire. Cela vient du fait que les classes dirigeantes ont perdu le sens du long terme. Ils n’ont plus de vision. Même pas pour eux-mêmes puisqu’ils risquent de laisser le système s’effondrer. Ils sont comme les marchés financiers, ils voient à trois ans maximum. Avant, on mettait en place des programmes pour se rendre sur la Lune. Maintenant, on ne sait même plus nous sauver nous-mêmes.

 

La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

 

On se demande bien par quel miracle le Premier ministre assure que la dette contractée de la crise sanitaire de 2020 sera annulée en 2025. En effet, au cours de l’année 2020, la dette déjà considérable (autour de 100 % du PIB) est passé à 120 % du PIB. Soit autour de 450 milliards en plus. Cela supposerait une croissance exceptionnelle combinée un plan de réduction des dépenses publiques permettant ainsi de rembourser les emprunts contractés.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros. En chiffres et en lettres, cela fait :

  • 2 438 500 000 000 d’euros,
  • deux mille quatre cents trente huit milliards et cinq cent millions d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros. Plus précisément :

  • 1 929 585 971 255 €,
  • mille neuf cent vingt neuf milliards cinq cent quatre vingt cinq millions neuf cent soixante et onze mille deux cent cinquante cinq euros.

Au 31 mai 2020 la France a souscrit sa dette publique pour un taux moyen pondéré de -0,06 %. Au total global qui représente 120 % du PIB.

Au-delà des 40 milliards d’euros issus du plan de relance européen, le gouvernement compte sur la reprise de l’activité pour redresser la situation. Le seul problème c’est qu’il faudra déjà plusieurs années pour retrouver le niveau de fin 2019 concernant l’activité. C’est-à-dire en 2022 août 2023. Ensuite on risque de retrouver une croissance relativement mal comme celle constatée dans la tendance déjà de fin 2019.

 

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros. En chiffres et en lettres, cela fait :

  • 2 438 500 000 000 d’euros,
  • deux mille quatre cents trente huit milliards et cinq cent millions d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros. Plus précisément :

  • 1 929 585 971 255 €,
  • mille neuf cent vingt neuf milliards cinq cent quatre vingt cinq millions neuf cent soixante et onze mille deux cent cinquante cinq euros.

Dette « non remboursable « , la folie du concept

Dette « non remboursable « , la folie du concept

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

La folie d’une dette « non remboursable « 

La folie  d’une dette « non remboursable « 

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

 

 

En toute discrétion, la Chine investit depuis des années en Afrique non seulement pour étendre son influence politique mais aussi pour piller les ressources. Le deal consiste pour la Chine à financer  des équipements. Les capitaux investis sont ensuite remboursés soit de manière classique mais à des conditions financières lourdes, soit en fourniture de matières premières. Le prix à payer pour l’Afrique se révèle très onéreux dans cette opération. Pour la Chine depuis la crise sanitaire,  cela pourrait devenir aussi une opération à risque. En effet déjà enfoncée dans une dette insondable, l’Afrique pour s’en sortir n’a comme solution que de faire défaut. Les prêteurs doivent renoncer à une partie de leur dette y compris la Chine qui en détient à peu près 30 %.

Pékin a fait savoir qu’il participe à l’accord du G20 annoncé en avril, qui prévoit une suspension de paiement des remboursements pour les pays les plus pauvres jusqu’à la fin de l’année. Une extension sur 2021 est en discussion. Mais ce report – jugé insuffisant par les pays africains – ne représente qu’une petite partie de l’endettement total du continent, estimé à 365 milliards de dollars, dont un tiers est détenu par la seule Chine.

Selon l’université Johns Hopkins, entre 2000 et 2017, 143 milliards de dollars sont partis de la Chine vers le continent pour construire routes, ponts, stades et hôpitaux sous la bannière des «nouvelles routes de la soie», en prêtant massivement selon des conditions très critiquables. Des conditions cependant acceptées par les pratiques trop habituelles de corruption de la part des dirigeants des pays.

Le danger d’une dette « non remboursable « 

le danger d’une dette « non remboursable « 

L’expert financier Karl Eychenne analyse dans une tribune au « Monde » les glissements successifs qui conduisent les banques centrales de l’octroi massif de liquidités à la création monétaire, puis à la dette perpétuelle et à son annulation de fait.

« On ne prête pas à n’importe qui et pas à n’importe quelles conditions. » Au départ, il s’agissait d’un simple principe de bon sens, pour qui souhaite récupérer son dû après avoir fait le sacrifice de s’en priver. Mais aujourd’hui ce principe n’opère plus. Il est devenu un axiome bien trop restrictif pour un monde à fleur de peau. On lui préfère le geste solidaire : prêter autant que nécessaire.

Aujourd’hui converties au « quoi qu’il en coûte », nos politiques nous annoncent l’arrivée de « la dette à tout faire » comme moyen ultime d’échapper à la tyrannie d’un présent qui colle aux doigts. Et puisque décidément plus rien n’est comme avant, cette dette de circonstance serait financée à partir de rien (création monétaire), et reconduite éternellement (jamais remboursée) ; deux attributs d’une opération du Saint-Esprit.

Mais un point agace : avec l’arrivée de cette dette XXL, la génération présente se doterait d’une créance exorbitante auprès des générations futures, ces dernières étant alors mises en demeure de faire le nécessaire pour assurer l’intendance.

Pour éviter cela, une solution radicale est alors invoquée : annuler la dette qui sera achetée par la Banque centrale européenne (BCE), sans toutefois retirer du circuit économique la monnaie créée qui permettra de financer cette dette. Hier encore, cette option était rangée au rayon du tragicomique. Mais aujourd’hui, tout le monde en parle.

Alors, appelons un chat un chat : qu’est-ce que l’on prête et que l’on ne réclame plus ? Un don.

Métaphore freudienne

L’histoire qui nous mène de la dette au don n’a rien d’original. Il s’agit de la métaphore freudienne du chaudron qui est prêté puis rendu, mais avec un trou, et dont l’emprunteur nie en être responsable. Dans le cas de la dette, cela se raconte ainsi : la génération présente a emprunté aux générations futures un chaudron, mais ces dernières accusent la première de lui avoir rendu avec un trou, un trou de la taille de la quantité de monnaie et de dette émises.

 

La dette perpétuelle: la machine infernale

La dette perpétuelle: la machine infernale

 

L’économiste Patrick Artus ( comme certains autres experts comme Alain Minc) finalement milite pour le concept de dette perpétuelle. Curieuse conception pour ces libéraux. En fait derrière se cache le versement également perpétuel d’intérêts aux banques, des intérêts dont le montant pourrait dépasser plusieurs fois le montant du capital. Une sorte de rente perpétuelle aussi pour les banques. Un concept qui oublie aussi de parler des inévitables crises de taux d’intérêt. Rembourser systématiquement des prêts avec des emprunts constitue pourtant une machine infernale. Patrick Artus  constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle sauf qu’un  pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier, pour les Etats pas pour les banques.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

 

 

La martingale : La dette perpétuelle ?

La martingale : La dette perpétuelle ? 

 

L’économiste Patrick Artus constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion (de la part de certains milieux de droite comme de gauche) à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle qui ignore que pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, hausse brutale des taux d’intérêts, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier……. comme les gauchistes.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

 

L’économiste Patrick Artus constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle sauf qu’un  pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

 

 

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