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Dette: proposition d’annulation simpliste

Dette: proposition d’annulation simpliste

le Monde répond par un édito à la proposition simpliste des 150 économistes qui demandent l’annulation de la dette.

 

Les crises sont toujours propices pour faire émerger des réponses simples à des questions compliquées. Le débat sur la dette accumulée par les membres de l’Union européenne (UE) auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour faire face aux conséquences de la pandémie n’échappe pas à cette tentation.

Qui va payer ? Une tribune publiée dans Le Monde, vendredi 5 février, par 150 économistes prône une solution radicale : l’annulation de 2 500 milliards d’euros de créances. C’est à se demander pourquoi personne n’y avait pensé avant. Mais, comme toutes les évidences, l’idée risque de se heurter à la réalité. Sa mise en œuvre pourrait créer plus de désordre qu’elle ne résoudrait de problèmes, à commencer par la remise en cause de l’intégrité de l’UE.

La BCE, par un mécanisme de rachat des titres émis par les Etats sur les marchés financiers, se retrouve détentrice d’une dette colossale. Pour ces économistes, il suffirait de l’effacer, avec pour seule contrepartie, pour les membres de l’UE, d’investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale. « Inenvisageable ! », a répondu Christine Lagarde, la présidente de la BCE, dans une interview au Journal du dimanche.

Le premier argument invoqué est celui du droit : le traité de Lisbonne prévoit que la BCE est juridiquement indépendante des Etats et qu’il lui est interdit de financer ces derniers. L’annulation de la dette ferait voler en éclats ce principe et déboucherait sur une crise de l’euro aux conséquences potentiellement explosives. La crédibilité de la monnaie unique serait ruinée. Ce précédent compromettrait pendant des décennies notre capacité à emprunter pour nos dépenses courantes.

 « L’Europe ne peut plus se permettre d’être systématiquement bloquée par ses propres règles », rétorquent les économistes. Certes, mais à condition que les Etats membres acceptent de modifier les traités européens, décision qui nécessite une unanimité, qui est aujourd’hui introuvable.

L’Allemagne et les Pays-Bas, qui ont déjà consenti avec difficulté à une mutualisation des dettes pour mettre sur pied un plan de relance européen de 750 milliards d’euros, opposeraient le refus sans appel d’une annulation globale. Celle-ci serait vécue comme un encouragement à l’impéritie des Etats les moins vertueux aux dépens des plus rigoureux.

Le débat sur l’annulation de la dette est d’autant plus théorique qu’un Etat ne la rembourse jamais intégralement. Il émet de nouveaux emprunts pour couvrir ceux arrivés à échéance. La vigilance doit porter sur la capacité du pays à assurer le paiement des intérêts de la dette. Or, avec la faiblesse des taux, cette charge n’a jamais été aussi basse en proportion du PIB. Pourquoi déclencher un séisme avec l’annulation de la dette, alors que la situation est pour l’instant soutenable ? La réponse n’est pas tant économique que politique.

Avant de savoir comment rembourser la dette, il faudrait que les Etats membres se mettent d’accord sur la façon de dépenser les sommes empruntées. Six mois après la signature du plan de relance européen, les discussions sur son allocation tardent à déboucher. Il est impératif d’accélérer. Autre priorité : la révision des règles du pacte de stabilité, qui limitent de façon stricte les écarts budgétaires. Avec la crise, elles ont été suspendues jusqu’à fin 2021. Le débat sur leur assouplissement paraît plus urgent et plus utile que celui d’une annulation de la dette, dont l’efficience dans le contexte actuel est loin de sauter aux yeux, sauf à vouloir dynamiter l’UE.

La dette plombe surtout l’avenir des PME

La dette plombe surtout l’avenir des PME

Les deux économistes Joseph Baines et Sandy Brian Hager montrent dans une tribune au « Monde » que les exigences des investisseurs mettent en péril les petites entreprises et favorisent les plus grandes

Tribune.

 

Bien avant que le Covid-19 ne secoue le monde, les grandes économies s’inquiétaient de l’augmentation de la dette des entreprises. Lorsque la pandémie a frappé pour la première fois, il semblait que le jour du jugement dernier des firmes surendettées était enfin arrivé. La dévastation causée par le Covid-19 n’allait-elle pas déclencher une vague de faillites et faire courir au système financier mondial le risque d’un nouvel effondrement majeur ?

Cet effondrement du marché de la dette des entreprises, attendu de longue date, ne s’est pourtant pas produit, du moins pas encore. Bien que les taux de défaillances d’entreprises aient augmenté dans le monde entier en 2020, les mesures sans précédent prises par les banques centrales pour soutenir les marchés du crédit par l’achat direct d’obligations d’entreprises ont jusqu’à présent permis d’éviter la catastrophe.

Mais elles ont eu un coût important. En 2020, les émissions de titres de créance des entreprises ont atteint des niveaux record, ce qui alimente les craintes que les banques centrales n’aient fait que retarder l’inévitable. Ces mesures semblent également alimenter une reprise « en forme de K », car les fortunes des entreprises divergent beaucoup. Les achats des banques centrales ont été fortement orientés vers des titres de créance de bonne qualité émis par de grandes entreprises aux bilans plus solides.

Ainsi, alors que les géants de l’économie empruntent des sommes considérables à des taux d’intérêt historiquement bas, les petites entreprises ont du mal à lever des fonds qui leur permettraient de traverser la pandémie. En fait, l’idée même d’une reprise « en forme de K » est trompeuse, ne serait-ce que parce qu’elle occulte le fait que l’économie est « en forme de K » depuis des décennies.

Comme le montrent nos recherches sur les Etats-Unis, la situation financière des grandes entreprises s’est constamment améliorée depuis le début des années 1980, pendant que les petites entreprises tombaient dans une situation de détresse financière de plus en plus aiguë (« The Great Debt Divergence and its Implications for the Covid-19 Crisis : Mapping Corporate Leverage as Power », Joseph Baines et Sandy Brian Hager, New Political Economy, 6 janvier 2021). La pandémie n’est donc que le dernier épisode d’une polarisation de longue date des revenus des sociétés aux Etats-Unis.

L’examen des données financières à long terme des sociétés non financières américaines révèle une étonnante divergence dans les fortunes des sociétés selon leur taille. L’endettement des 10 % des entreprises les plus grandes (en chiffre d’affaires) a augmenté depuis le milieu des années 1980, tandis que la part du service de cette dette (intérêts versés) dans leur chiffre d’affaires a diminué. En raison de ces conditions d’emprunt favorables, les marges bénéficiaires des grandes entreprises sont ainsi passées d’une moyenne de 4,9 % dans les années 1980 à 7,1 % dans les années 2010.

 

L’annulation de la dette : la nouvelle martingale

L’annulation de la dette : la nouvelle martingale

Après la lettre d’une centaine d’économistes qui appellent à l’annulation des dettes publiques pourrait bien apparaître une lettre  d’une autre centaine d’économistes défendant le contraire. En effet le monde des économistes est partagé entre deux religions les libéraux d’un côté et les étatistes de l’autre avec dans chaque camp évidemment des EXTREMISTES. Cela fait davantage penser à des clivages politiques qu’à  différences d’approche scientifiques. 

 

De toute manière,  l’économie est une science très approximative, certes utile voire indispensable mais qui ne peut prétendre détenir la vérité. Ainsi certains économistes semblent avoir soudain trouvé la martingale. Celle qui consiste tout simplement à annuler les dettes dans un contexte d’endettement tout à fait exceptionnel. Ce simplisme peut surprendre surtout de la part d’experts qui sont loin de manquer d’intelligence mais il y a évidemment derrière des arrière-pensées politiques pour mettre en cause non seulement la politique intérieure mais aussi le principe même de l’Europe

 

Le raisonnement est simple puisqu’on ne parvient pas à rembourser pourquoi ne pas annuler ce remboursement.  Le seul détail,  c’est que les Etats ne peuvent fonctionner sans emprunter. Ne pas rembourser la dette inciterait donc les prêteurs à ne plus souscrire à la demande de dettes des Etats. Cela signifierait par exemple qu’on ne peut plus payer les fonctionnaires ou les retraites. Faire reprendre les dettes des Etats par la banque centrale européenne constitue aussi une illusion.

 

En effet, cette dette devrait quand même être remboursée aux prêteurs avec évidemment une monnaie de singe qui affecterait la crédibilité de l’euro. Ce que serait précisément recherchent  certains économistes qui contestent non seulement la monnaie européenne mais l’existence même de l’Europe. Par ailleurs il faut observer qu’avec beaucoup d’équilibre la banque centrale européenne offre déjà une grande souplesse et manifeste même un grand accommodement en reprenant une partie des emprunts d’État et en fournissant des liquidités aux banques pour que ces mêmes Etats puissent continuer d’emprunter y compris un taux presque zéro voire négatif. Mais il y a forcément des limites à faire tourner la planche à billets.

 

Dette mondiale : 100 % du PIB

Dette mondiale : 100 % du PIB

Une dette à 100 % du PIB ne dira pas grand-chose à nombre de profanes. Pourtant il s’agit d’une envolée considérable qui correspond à la multiplication des emprunts contraints notamment des Etats ( mais pas seulement) pour faire face à la crise économique.

Pour schématiser à outrance , disons que le monde a déjà consommé par avance 100 % de sa richesse nationale annuelle. Partout, les plans de soutien se sont développés. Le montant total du PIB mondial est évalué à environ 85 000 milliards et les plans de soutien ont atteint de leur de 15 000 milliards et l’addition n’est pas terminée , pas plus que la pandémie.

En gros, la dette mondiale a augmenté de 20 %, comme en France d’ailleurs. Mais il y a des écarts autour de la moyenne avec des états complètement englués financièrement et d’autres plus solides comme l’Allemagne par exemple.

La problématique de la dette mondiale est à peu près la même que celle concernant l’Europe et la France en particulier. La question est de savoir si une telle dette qui d’ailleurs pourrait encore être augmentée avec les nouvelles mesures de soutien économique de 2021 est soutenable, pendant combien de temps et comment. Sans doute comme d’habitude avec la résurgence de l’inflation et des taux d’intérêt sans parler des risques d’éclatement d’une partie du système financier.

Dette : l’Allemagne également pour ?

  • Dette  : l’Allemagne également pour ?
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  • En Allemagne officiellement commence à mettre en cause le principe qui limite le déficit budgétaire à 0,35 % du PIB. Dans le Figaro, l’‘économiste Nicolas Goetzmann explique ce possible revirement.
  • - En quoi consiste le débat outre-Rhin ?
  • NICOLAS GOETZMANN- L’équilibre budgétaire est un principe de valeur constitutionnelle Outre-Rhin. La règle d’or selon laquelle « les recettes et les dépenses doivent s’équilibrer » est en effet inscrite dans la loi fondamentale de la République fédérale (Art 115). Elle est renforcée en 2009, par la loi « Schuldenbremse » (« frein à l’endettement »), votée par la droite (CDU/CSU) et par la gauche (SPD).
  • La chancelière Angela Merkel a pris ses distances avec les propos du chef de la chancellerie, expliquant que la CDU continuerait de se ranger derrière la rigueur budgétaire
    • L’assouplissement des règles, évoqué en cette période de Covid-19, est avant tout une question politique en Allemagne. La discussion prend de l’ampleur ces derniers mois. Elle sera présente en vue des élections fédérales allemandes en septembre prochain, avec des volontés différentes selon les partis politiques.
    • Toutefois, au sein même de la CDU, parti majoritaire, les réactions négatives n’ont déjà pas tardé à pleuvoir après les propos du chef de la chancellerie. Dans la matinée, Eckhardt Rehberg, le monsieur Budget du parti, a notamment expliqué que la CDU continuerait de se ranger derrière la rigueur budgétaire. Il a indiqué que Helge Braun avait simplement exprimé une «opinion personnelle». Quelques plus tard, la chancelière Angela Merkel a également pris ses distances avec les propos du chef de la chancellerie, affirmant que son «opinion personnelle» n’était en rien celle du parti. En temps normal pourtant, il est rare que Helge Braun s’exprime sur ces sujets sans l’aval de la chancelière allemande.
    • Cela aurait-il une portée historique ?
      • Cette décision aurait bien une portée historique. Depuis le vote de la loi en 2009 au lendemain de la crise financière, il n’y a pas eu de précédent. Ces dernières années, la question ne s’était finalement pas posée car l’Allemagne était en excédent budgétaire.
      • Néanmoins, le ministre des Finances Olaf Scholz avait déjà évoqué l’idée en mars dernier. Il estimait surtout que le niveau d’investissement public en Allemagne est bien trop faible. Cela représente un véritable problème en terme du besoin du pays en infrastructures.
      • Cette année, le taux d’emprunt de l’Allemagne à dix ans se situe à -0.55%. En somme, les investisseurs paient pour prêter de l’argent. Il serait absurde de ne pas profiter de cette situation pour relever l’investissement public et accroître les potentiels de croissance du pays. Le « frein à l’endettement » peut constituer un obstacle pour la relance économique du pays.
      • Techniquement est-ce possible ?
        • Helge Braun estime qu’il est préférable de modifier la constitution allemande sur le déficit structurel, plutôt que de suspendre à plusieurs reprises la règle d’or à travers le parlement. Dans des circonstances exceptionnelles, le gouvernement fédéral peut demander à la chambre des députés l’autorisation de dépasser le seuil des 0,35%. En 2020, la rigueur budgétaire allemande a été mise à bas par la crise. Le pays a lancé son plan de 130 milliards d’euros pour des investissements d’avenir et une relance de la consommation, faisant alors sauter la règle du frein à l’endettement.
        • Techniquement, une telle modification de la constitution est possible. Seulement, pour réviser la constitution en Allemagne, il faut obtenir une majorité de deux tiers des députés. Dans les faits, cela semble très compliqué. Il me paraît ainsi peu probable que l’Allemagne entreprenne cette révision constitutionnelle.
        • Je pense que nous assisterons plutôt à une indulgence temporaire face à la crise, comme nous l’observons aujourd’hui au niveau européen. Les règles budgétaires issues du pacte de stabilité européen (stabilité des prix, 3% de déficit maximum, 60% d’endettement maximum également) ont été suspendues pour 2020 et 2021. Au printemps, la Commission européenne examinera si une prolongation de suspension est souhaitable pour 2022. Le Portugal, qui a pris la présidence du Conseil de l’UE en début d’année, a expliqué qu’il était préférable que les pays reviennent à leur niveau de PIB de 2019 avant de prôner à nouveau la rigueur budgétaire.
        • À mon sens, ces règles budgétaires et monétaires constituent un sérieux frein à la relance économique de l’UE. Elles sont à l’origine du déclassement européen, face aux États-Unis et à la Chine qui continuent de miser sur des investissements massifs. De 2008 à fin 2019, la croissance européenne fut comprise entre 8 et 9% en moyenne, face à un niveau de 22% aux États-Unis.
        • Comment la France doit-elle regarder ce débat Outre-Rhin ?
        • Pour comprendre le débat, il faut aussi considérer l’approche de l’Allemagne au niveau européen. Des processus européens sont en cours, avec à la fois la revue du pacte européen de croissance et la revue de politique monétaire de la BCE, dont le résultat doit être annoncé en fin d’année 2021. S’il y a un assouplissement de la politique monétaire au niveau européen pour soutenir la croissance, l’Allemagne en tant qu’Etat-membre aurait moins besoin d’assouplir ses règles budgétaires nationales pour relever ses investissements publics. Mais ce scénario demeure peu probable.
          • Je dirais que la France doit regarder favorablement le débat outre-Rhin. Les Allemands sont rigoureux, mais le conservatisme français est bien réel. Si l’on considère les dépenses publiques en milliards d’euros, et non par rapport au PIB, la progression a été plus importante en Allemagne qu’en France ces dix dernières années.
          • En Allemagne comme en France avec la crise du Covid, une augmentation d’impôts à moyen terme pourrait se présenter comme seule solution si on ne change pas les doctrines budgétaires. Pour relancer nos économies après la crise, il ne faut pas reproduire les politiques d’austérité du passé. Il ne faut plus avoir peur de dépasser les déficits, car le niveau de confiance du marché sur les dettes européennes est bien parti pour durer.

 

Economie- Dette publique : les économistes dans le potage

Economie- Dette publique : les économistes dans le potage

Il convient vraiment de prêter une oreille attentive aux économistes dont les avis sont aussi divers et variés que ceux de leurs collègues des autres sciences molles pour déceler des perspectives possibles de la politique monétaire et de ses conséquences économiques et sociales.Bien sûr il y a des radicaux comme ceux qui proposent sous simplement de ne pas rembourser la dette. Une solution qui résout tous les problèmes ! D’autres tout aussi radicaux, par ailleurs très libéraux, qui proposent la dette perpétuelle assurant une rente au secteur bancaire. ( Une vraie martingale pour les rentiers).

 

S’il  y a dette il y a nécessairement des prêteurs. Et il faudra expliquer à ces prêteurs qu’on a passé un coup d’éponge sur leurs investissements financiers. Évidemment pour l’avenir il ne faudra guère compter sur eux pour répondre à nos futurs emprunts pourtant nécessaires et même incontournables pas seulement pour les investissements mais aussi pour le fonctionnement de l’État. C’est comme si en même temps on proposai  de ne plus verser les salaires des fonctionnaires !

 

D’autres évidemment se rangent des hypothèses plus vraisemblables. Il paraît évident qu’on ne pourra rembourser la dette Covid  en une seule année. D’où le renoncement à des impôts exceptionnels qui ne seraient qu’une goutte d’eau à moins évidemment de doubler d’un coup les prélèvements obligatoires et de tuer définitivement l’économie.

 

La dette sera forcément amortie sur une longue période. La dette covid mais d’une façon plus générale la dette structurelle. La dette représentait  fin 2019 environ 100 % du PIB, elle va atteindre 120 % du PIB soit autour de 500 milliards supplémentaires. D’autres utopistes estiment que cette situation ne présente aucun caractère de gravité puisque la banque centrale rachète les dettes d’État et fournit des liquidités aux banques à des taux proches de zéro qui permettent  aux états d’emprunter à nouveau. Et de minimiser les risques puisque l’inflation est contenue précisément grâce à la BCE qui accorde des généreuses liquidités à des taux faibles voire zéro.

 

Le seul problème c’est de savoir jusqu’à quand ? En effet le système financier court des risques d’éclatement quand la masse monétaire dépasse et de très loin la richesse supposée représentée. Du coup mécaniquement,  l’inflation se met en marche sous l’effet de l’éclatement de bulles et-ou tout simplement sous l’effet du renchérissement des matières premières et des matières transformées. Sans doute ce qui va se produire d’une manière ou d’une autre sitôt que la balance penchera un peu plus en faveur de l’offre. Pour l’instant la demande est trop insuffisante pour générer une vraie reprise qui pèserait sur l’inflation.

On peut imaginer que des plans de remboursement étalé dans le temps permettront d’amortir la dette covid  mais aussi les autres mais il sera difficile d’éviter une remontée significative de l’inflation voire même des risques de bouleversements du système financier qui repose surtout aujourd’hui sur du papier dont une partie n’a pas de réelle valeur. Pour l’instant , les économistes de tous poils sont très discrets d’une part parce qu’il n’est pas évident de discerner les évolutions monétaires et économiques possibles, d’autre part parce qu’il ne faut pas désespérer les investisseurs et Billancourt quant à la reprise possible de l’économie.

 

Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :) …. et les États-Unis ?

 Dette perpétuelle pour l’Europe (George Soros :)  …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

 

Dette publique : les économistes dans le potage

Dette publique : les économistes dans le potage

Il convient vraiment de prêter une oreille attentive aux économistes dont les avis sont aussi divers et variés que ceux de leurs collègues des autres sciences molles pour déceler des perspectives possibles de la politique monétaire et de ses conséquences économiques et sociales.

Bien sûr il y a des radicaux comme ceux qui proposent sous simplement de ne pas rembourser la dette. Une solution qui résout tous les problèmes ! D’autres tout aussi radicaux, par ailleurs très libéraux, qui proposent la dette perpétuelle assurant une rente au secteur bancaire. ( Une vraie martingale pour les rentiers).

 

S’il  y a dette il y a nécessairement des prêteurs. Et il faudra expliquer à ces prêteurs qu’on a passé un coup d’éponge sur leurs investissements financiers. Évidemment pour l’avenir il ne faudra guère compter sur eux pour répondre à nos futurs emprunts pourtant nécessaires et même incontournables pas seulement pour les investissements mais aussi pour le fonctionnement de l’État. C’est comme si en même temps on proposai  de ne plus verser les salaires des fonctionnaires !

 

D’autres évidemment se rangent des hypothèses plus vraisemblables. Il paraît évident qu’on ne pourra rembourser la dette Covid  en une seule année. D’où le renoncement à des impôts exceptionnels qui ne seraient qu’une goutte d’eau à moins évidemment de doubler d’un coup les prélèvements obligatoires et de tuer définitivement l’économie.

 

La dette sera forcément amortie sur une longue période. La dette covid mais d’une façon plus générale la dette structurelle. La dette représentait  fin 2019 environ 100 % du PIB, elle va atteindre 120 % du PIB soit autour de 500 milliards supplémentaires. D’autres utopistes estiment que cette situation ne présente aucun caractère de gravité puisque la banque centrale rachète les dettes d’État et fournit des liquidités aux banques à des taux proches de zéro qui permettent  aux états d’emprunter à nouveau. Et de minimiser les risques puisque l’inflation est contenue précisément grâce à la BCE qui accorde des généreuses liquidités à des taux faibles voire zéro.

 

Le seul problème c’est de savoir jusqu’à quand ? En effet le système financier court des risques d’éclatement quand la masse monétaire dépasse et de très loin la richesse supposée représentée. Du coup mécaniquement,  l’inflation se met en marche sous l’effet de l’éclatement de bulles et-ou tout simplement sous l’effet du renchérissement des matières premières et des matières transformées. Sans doute ce qui va se produire d’une manière ou d’une autre sitôt que la balance penchera un peu plus en faveur de l’offre. Pour l’instant la demande est trop insuffisante pour générer une vraie reprise qui pèserait sur l’inflation.

On peut imaginer que des plans de remboursement étalé dans le temps permettront d’amortir la dette covid  mais aussi les autres mais il sera difficile d’éviter une remontée significative de l’inflation voire même des risques de bouleversements du système financier qui repose surtout aujourd’hui sur du papier dont une partie n’a pas de réelle valeur. Pour l’instant , les économistes de tous poils sont très discrets d’une part parce qu’il n’est pas évident de discerner les évolutions monétaires et économiques possibles, d’autre part parce qu’il ne faut pas désespérer les investisseurs et Billancourt quant à la reprise possible de l’économie.

 

Dette : l’illusion de l’annulation

Dette : l’illusion de l’annulation

Le professeur de finance Pierre Gruson dénonce, dans une tribune au « Monde », l’illusion d’une annulation pure et simple de la dette, mais préconise l’émission de titres à long terme et à coupon zéro.

Tribune. « Vous voulez que je fasse de la dette ? », avait répondu François Fillon, en mars 2017, à des soignants épuisés qui l’interpellaient sur leurs conditions de travail. La crise du Covid-19 a balayé bien des dogmes qui prévalaient depuis que les dettes publiques des pays développés ont explosé. Ce phénomène avait débuté à la suite des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. L’endettement s’est encore aggravé lors de la crise financière de 2008. L’ombre de cette dette pèsera longtemps sur les prochaines générations. Elle siphonne une partie des ressources fiscales pour le paiement des intérêts. Une part de plus en plus importante des nouveaux emprunts est affectée au remboursement des précédents.

Lorsque les ratios dette/PIB ont flirté avec le seuil symbolique de 100 %, on pensait avoir franchi une ligne rouge. L’histoire nous procure quelques épisodes bien plus marquants. Au sortir des guerres napoléoniennes, la dette de l’Angleterre approchait les 200 %. Mais le retour à la paix et la révolution industrielle confirmaient son aspect conjoncturel, voire accidentel. A l’heure actuelle, nous devons accepter l’idée de voir ce ratio s’installer durablement à des valeurs stratosphériques. Alors, comme un marronnier, la tentation du défaut de paiement volontaire revient régulièrement, chez les politiques, mais aussi chez les économistes. Nous rêvons tous à la liberté retrouvée de financer le monde d’après-Covid-19. Il est pourtant des contraintes qu’on ne peut ignorer.

Quasi-certitude de faillites

Les créanciers des Etats ne sont pas d’anonymes petits épargnants qu’on pourrait envisager de spolier sans conséquences. La dette publique française est détenue à 24 % par des institutionnels français. Ne pas rembourser, c’est la quasi-certitude de mettre en faillite des banques, des compagnies d’assurances et d’assurances-vie, des fonds de retraites. Pas sûr qu’on y gagne. Faire racheter la dette par la Banque centrale ? C’est déjà le cas, depuis la crise de 2008. Enfin, plus de la moitié de la dette est détenue par des non-résidents (52 %). Ces investisseurs institutionnels ne manqueraient pas de nous traîner en justice, avec le risque de ne plus pouvoir emprunter sur les marchés financiers. Une part important de notre dette est dans les comptes d’autres banques centrales. A l’image de la Banque de France, chaque banque centrale détient en effet des devises pour assurer les besoins commerciaux et financiers de ses ressortissants. Ces avoirs en devises sont investis dans les titres les plus sûrs, les obligations d’Etat d’autres pays. Mais une décision unilatérale entraînerait immédiatement la réciprocité du défaut de paiement, et le commerce international se gripperait.

 

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

George Soros : une dette perpétuelle pour l’Europe …. et les États-Unis ?

Le sulfureux investisseur américain Georges Soros appelle, dans une tribune au « Monde », à une nouvelle forme de solidarité financière entre les pays de la zone euro et à une sorte de dette perpétuelle. Le problème est que la question de la dette perpétuelle pourrait être encore beaucoup plus pertinente pour les États-Unis encore plus surendettés. Ce que propose Soros,  c’est en faite une sorte de rente permanente des milieux bancaires par les Etats

Tribune. En ce moment, l’Union européenne (UE) est dans l’impossibilité d’émettre des obligations perpétuelles [c’est-à-dire sans échéance fixe de remboursement du capital], parce que les Etats membres sont trop divisés. La Pologne et la Hongrie ont mis leur veto au prochain budget de l’UE et au fonds de relance Covid-19 ; les cinq « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) sont davantage enclins à faire des économies qu’à contribuer au bien commun. Les investisseurs n’achèteront des obligations perpétuelles qu’à une entité qui continuera, selon eux, d’exister dans un avenir prévisible. C’était le cas du Royaume-Uni au XVIIIe siècle, lorsqu’il a émis les consols (consolidated annuities), et des Etats-Unis au XIXe siècle, lorsqu’ils ont consolidé la dette de chaque Etat. Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’UE à l’heure actuelle.

L’UE connaît une deuxième vague de Covid-19 qui menace d’être encore plus dévastatrice que la première. Les Etats membres ont utilisé la plupart de leurs ressources financières pour combattre la première vague. Les soins de santé et la relance de l’économie nécessiteront beaucoup plus que les 1 800 milliards d’euros inscrits au nouveau budget et au fonds de relance Next Generation EU. Et la disponibilité de ces fonds a été retardée par le veto de la Hongrie et de la Pologne.

Il existe un moyen facile de surmonter ce veto : utiliser la procédure dite de coopération renforcée. Elle a été formalisée dans le traité de Lisbonne dans le but exprès de créer une base juridique pour une plus grande intégration de la zone euro, mais elle n’a jamais été utilisée à cette fin. Son grand mérite est de pouvoir être utilisée à des fins budgétaires. Un sous-groupe d’Etats membres peut établir un budget et convenir d’une manière de le financer – par exemple, par le biais d’une obligation conjointe.

A ce stade, les obligations perpétuelles pourraient se révéler très utiles. Elles seraient émises par des Etats membres dont la pérennité serait facilement acceptée par des investisseurs à long terme, comme les sociétés d’assurance-vie.

Merveilleux geste de solidarité

Les obligations perpétuelles présentent ce grand avantage que le principal n’a jamais à être remboursé : seuls les intérêts annuels sont dus. La valeur actualisée des paiements futurs d’intérêts diminue avec le temps – elle approche de zéro, sans jamais l’atteindre. Une certaine quantité de ressources financières – pourquoi pas les 1 800 milliards d’euros actuellement prévus – serait bien plus efficace si elle était utilisée pour émettre des obligations perpétuelles plutôt que des obligations ordinaires. Cela résoudrait en grande partie les problèmes financiers de l’Europe.

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Dette publique :  » le débat sans issue »

Dette publique :  » le débat sans issue »

Les deux économistes Eric Monnet et Shahin Vallée renvoient dos à dos, dans une tribune au « Monde », les partisans de « l’absolution » et ceux de la « rédemption » financière, suggérant de modifier radicalement le cadre budgétaire européen pour sortir d’un faux dilemme.(Extrait)

Tribune. Le débat sur la dette publique française a pris une tournure religieuse, opposant les partisans de l’absolution à ceux de la rédemption.

Le pardon prendrait la forme de l’annulation de la dette accumulée par la Banque centrale européenne (BCE), ou plus exactement par l’Eurosystème des banques centrales européennes, qui a acheté les trois quarts de la dette publique émise depuis le début de la pandémie.

Ceux qui défendent la rédemption souhaitent au contraire cantonner cette dette et réduire les déficits publics futurs pour la rembourser.

Ces deux options ont pour point commun de « sacraliser » le stock de dette, alors que, à l’inverse de celle d’un ménage ou d’une entreprise, la soutenabilité de la dette d’un Etat dépend de sa capacité à lever l’impôt et de la confiance en sa monnaie – ce qui lui permet de se réendetter pour rembourser.

Mais au lieu de considérer les taux négatifs comme une opportunité de diminuer mécaniquement la charge de la dette, nos dirigeants se soumettent à l’obsession morale pour le stock de dette, au risque de menacer la transition écologique et la relance de l’économie européenne. Et de gommer également les enjeux distributifs du financement de la dette, pourtant essentiels au débat démocratique.

Si l’annulation de la dette détenue par la BCE est possible, elle n’est pas un simple jeu d’écritures. Elle pose la question du traitement réservé aux autres créanciers, puisque tous doivent en principe bénéficier d’un traitement égal. Elle nécessiterait une modification des traités européens qui paraît héroïque, sinon hors de portée.

Une caisse d’amortissement

Ce combat n’est ni politiquement illégitime ni intellectuellement inutile, mais on ne peut présenter les ruptures profondes qu’il entraînerait comme un jeu comptable sur lequel échafauder tout un programme politique. Et quel serait vraiment le gain de cette annulation ? Elle réduirait d’un seul coup le stock de dette mais n’assurerait en rien les conditions de financement à long terme de l’Etat.

En échange d’une annulation, nos partenaires européens, Allemagne en tête, exigeraient sans doute des règles plus contraignantes hypothéquant la politique budgétaire future. Par ailleurs, rien ne dit que les investisseurs seraient dupes et apprécieraient plus la dette française à la faveur d‘une telle réduction de son stock.

La rédemption est quant à elle l’option privilégiée par le gouvernement et a motivé la création d’une « Commission sur l’avenir des finances publiques ». Son objectif est double : rassurer les créanciers en affectant une ressource budgétaire propre au remboursement de la dette (lui procurant ainsi une forme de séniorité), et d’autre part, signaler par un enregistrement comptable spécifique que cette dette est traitée différemment par l’Etat et son remboursement assuré.

Dette : la France emprunte encore sur 50 ans !

Dette : la France emprunte encore sur 50 ans !

 

Encore une maturité de 50 ans pour 7 milliards d’emprunts de la France. Un véritable record encore atteint. Sans doute une manière d’étaler le poids de la dette pour la rendre supportable mais aussi une sorte de manipulation pour reporter sur les générations ultérieures les extravagances financières des responsables actuels.

 

En réalité la France fait exploser l’ingénierie d’emprunts en sollicitant toutes les formes et toutes les maturités. Ainsi parallèlement à cet emprunt de 7 milliards sur 50 ans, la France aura  emprunté plus de 300 milliards la seule année 2020. La France étant  le pays qui en Europe emprunte le plus mais évidemment rembourse le moins ( avec l’Italie) puisque la dette qui était de 100 % du PIB fin 2019 atteindra 120 % du PIB  en 2021. Une sorte de fuite en avant dont on peut comprendre une partie lorsqu’elle vise à gérer la situation découlant de la pandémie.

Le problème est que l’endettement de la France est structurel st bien antérieur à cette pandémie. La France a émis ce mardi une nouvelle obligation à cinquante ans, la quatrième de cette durée, à laquelle les investisseurs ont massivement souscrit puisque 7 milliards d’euros ont été levés, un record pour cette maturité.

 

 «Le marché nous a fait un beau cadeau en souscrivant massivement à cette nouvelle OAT de maturité 2072», commente auprès de l’AFP Anthony Requin, directeur de l’Agence France Trésor (AFT), chargée de négocier la dette française sur les marchés. Les investisseurs ont été au rendez-vous avec une demande atteignant 75 milliards d’euros, soit plus de dix fois supérieure au montant de 7 milliards d’euros finalement servi, à un taux de 0,593%. «Il y a une demande particulière pour ce type de produits, comme le succès de l’opération d’aujourd’hui le démontre», relève Anthony Requin.

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

 

 

Il est évident que la faiblesse des taux favorise les emprunts d’État. Reste qu’il faudra bien les rembourser d’une manière ou d’une autre. Apparemment la France a fait une bonne affaire en empruntant plus de 300 milliards en 2020 un taux moyens de 0,30 %.

 

Fin 2019 l’endettement français représentait 100 % du PIB environ, au cours de l’année 2021 on devrait rapidement atteindre les 120 %. Face à cette embolie, certains experts inconséquents ont proposé que cette dette soit permanente et illimitée (quand d’autres encore plus irresponsables proposent de ne plus la rembourser !).  Une manière ainsi d’assurer une rente permanente au système bancaire, en tout cas pendant 50 ans voire un  siècle. Pour l’instant ,la question du remboursement de la dette est plutôt mise entre parenthèses mais la problématique reviendra forcément au premier retour de la croissance avec la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt.

 

En zone euro, les émissions nettes de dette ont atteint 1 116 milliards d’euros en six mois entre mars et août dernier, «soit le montant des émissions nettes réalisées en un an et demi après la crise financière, entre septembre 2008 et février 2010», note l’économiste Olivier Sirello, dans un billet du blog de la Banque de France.

Dans cet environnement sous haute tension, la France s’est une nouvelle fois distinguée par son goût pour la dette. «Si l’on rapporte au PIB les émissions nettes au cours de cette période, la France occupe la première place dans la zone euro (13,0 %), suivie par les Pays-Bas (12,9%)», avance ainsi l’expert.

Dette: Pour 10 ans encore au-dessus de 100 % du PIB d’après Moscovici

Dette:  Pour 10 ans encore au-dessus de 100 % du PIB d’après Moscovici

 

 

Encore un qui risque d’aller jusqu’à la retraite dans son poste de président de la Cour des Comptes. Pourtant plusieurs de ses prédécesseurs n’ont pas hésité à mettre les pieds dans le plat des incohérences de la gestion financière de l’État.

Mais cette fois Moscovici ne fait pas d’étincelles. Il affirme seulement que la France va demeurer au-dessus d’un endettement de 100 % du PIB pendant 10 ans. Pas vraiment une découverte. On sait en effet que l’endettement de la France atteignait 100 % du PIB  fin 2019. En 2020, cet endettement sera passé à 120 %. On voit donc mal comment 500 milliards de dettes supplémentaires pourraient être amortis en moins de 10 ans. On pourrait plus vraisemblablement parler de 20 ans en additionnant le prolongement des mesures de soutien économique et financière en 2021 lié à  la prolongation de la pandémie.

 

C’est une des conséquences du coronavirus. La dette publique française restera supérieure à 100% du PIB pendant « dix ans au moins », a estimé dimanche le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici, ajoutant que l’enjeu était de s’assurer qu’elle reste « soutenable »« Nous allons vivre pendant dix ans au moins avec une dette publique supérieure à 100% du PIB. Nous allons vivre pendant au moins 5 ans, 4 à 5 ans, avec des déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB », a affirmé l’ancien commissaire européen invité de Radio J.

La France a dépensé sans compter depuis le printemps 2020 pour faire face à la crise sanitaire et économique, avec plus de 86 milliards d’euros déboursés pour soutenir les entreprises et le secteur de la santé. Le pays devrait ainsi avoir terminé l’année 2020 avec une dette d’environ 120% du PIB, qui devrait encore gonfler à 122,4% cette année du fait de nouvelles dépenses pour soutenir l’économie, prévoit le gouvernement.

« Il faut se demander, avant tout, à quoi sert la dépense publique? Est-ce que l’argent public est bien dépensé? Est-ce qu’il va au bon endroit? », a encore affirmé Pierre Moscovici ; des lapalissades Moscovicienne qui ne font guère avancer le Schmilblick.

Dette : augmenter les impôts ?

Dette : augmenter les impôts ?

 

 

Les nombreux médecins fiscalistes qui se penchent sur la maladie de la dette envisagent parfois des remèdes utopiques.

 

Les plus extrémistes ont trouvé la martingale : il suffit de ne pas rembourser la dette. Rappelons que la dette initiale de la France était de leur de 2400 milliards en 2019 qu’elle va tourner autour de 2800 milliards soient 120 % du PIB en 2020 et que la plupart de cette dette est détenue par des prêteurs étrangers.

 

Ne pas la rembourser serait faire défaut. Et il y aurait alors  impossibilité pour la France de faire le moindre emprunt qui pourtant permet de faire tourner l’État, de payer les fonctionnaires notamment y compris ceux des très radicalisés qui prônent de ne pas rembourser la dette.

 

D’autres au contraire en général plutôt à droite et même très adroite proposent d’augmenter de façon significative les impôts. Or les recettes fiscales totales de l’État sont de leur de 430 milliards par an, il faudrait d’un coup si on voulait amortir la dette en un an doubler les impôts. De quoi tuer définitivement l’économie.

 

Une telle dette accumulée pour la seule crise sanitaire ne peut raisonnablement être amortie que sur une vingtaine d’années pour ne pas plomber la compétitivité et le pouvoir d’achat des consommateurs. Il faudra évidemment avoir le courage d’affecter une ressource pour que cet amortissement ne soit pas aléatoire et reporté à plus tard.

 

L’idée de la dette perpétuelle et sans limite servirait les intérêts des banques qui alors  maîtriserait la souveraineté politique des Etats emprunteurs. Une vision particulièrement libérale et suicidaire. Il faudra sans doute une sorte de mix pour amortir cette dette avec une progression de la richesse nationale, donc de la croissance, un amortissement progressif de la tête et une justice fiscale.

Olivier Dussopt : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt, sur Europe 1 a fait une découverte d’importance : la dette se remplace a-t-il déclaré. Une découverte sans doute parce que cet élu sur liste PS s’est  converti à l évidence mathématique économique depuis qu’il a rejoint Macron, bien qu’élu sur une liste PS.

 

Le 18 juin 2017, il est réélu député de la deuxième circonscription de l’Ardèche avec 56,30 % des suffrages exprimés face à la candidate de La République en marche !9. Il est l’un des rares députés PS à être réélus face à un candidat LREM. Ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre Macron. Il est vrai que chez les socialistes on a toujours été un peu fâché avec les concepts mathématiques et économiques.

 

La  France va bien rembourser sa dette liée au Covid, et ceux qui avancent le contraire tiennent des propos relevant d’une «forme d’irresponsabilité ou d’illusion», a martelé ce samedi matin le ministre délégué chargé des Comptes publics, converti depuis peu à l’orthodoxie financière. On voit mal en effet comment il pourrait en être autrement sachant que la dette de la France est passée de 100 % du PIB  22 019 à 120 % fins 2020. La France doit bien évidemment rembourser sa dette sinon elle sera privée des emprunts qui lui sont nécessaires pour sa gestion courante et même ses investissements. «La dette se rembourse, c’est un principe», a-t-il ajouté, rappelant que le dernier défaut tricolore en la matière datait de 1812. «Il peut y avoir des discussions sur le cantonnement de la dette, sur le délai de remboursement, mais une dette, ça se rembourse», a répété le bras droit de Bruno Le Maire

 

.Le sous ministre des comptes avait pourtant soutenu des opinions contraires lorsqu’il était au PS. Avec des déclarations en forme d’évidence, l’intéressé fera encore une grande carrière et il est à prévoir qu’il fera encore parti de la majorité future ce champion du slalom politique.

Économie–La dette divise économistes et idéologues

Économie–La dette divise économistes et idéologues

Le pays est engagée dans un débat assez surréaliste quant à la nécessité ou pas de rembourser la dette sanitaire et même la totalité de la dette.

 

C’est oublier un peu vite que la France qui serait privée d’emprunt pour faire tourner l’état tomberait immédiatement en faillite. En effet une majorité de la dette est détenue par l’étranger. On voit mal les investisseurs étrangers consentir à prêter à nouveau la France sans être assuré d’être remboursés.

 

Dans tous les cas d’une manière ou d’une autre,  cette dette  devra être remboursée. Les extrémistes de gauche et ceux  qui restent du parti socialiste proposent la solution idiote et populiste de ne plus rien rembourser. Une proposition idéologique qui méconnaît totalement les mécanismes du système financier.

 

Ceux-là  même qui proposent cette solution, souvent fonctionnaires ou assimilés, perdraient immédiatement leur source de revenus. La dette était de 100 % du PIB  à 120 % 2019. En gro,s elle se montra à 2700 milliards fins 2020. Schématiquement, la dette sanitaire par ailleurs difficile à évaluer serait de l’ordre de 500 milliards. Il est clair qu’on ne peut amortir cette dette avec l’impôt en quelques années. Le plus vraisemblable, c’est de cantonner au moins la dette dans une structure spécifique pour l’amortir progressivement avec une recette affectée.

 

Une autre solution serait un dérèglement brutal système financier avec une forte inflation, une hausse des taux d’intérêt et de fait  une dévalorisation de la monnaie. Un processus longtemps appliqué par la France avant l’euro mais qui fait payer le consommateur et l’épargnant. Les experts s’étendent peu sur le sujet pour l’instant car l’hypothèse la plus sérieuse pour l’instant est une crise du système financier.

La dette divise économistes et idéologues

La dette divise économistes et idéologues

la France est engagée dans un débat assez surréaliste quant à la nécessité ou pas de rembourser la dette sanitaire et même la totalité de la dette.

 

C’est oublier un peu vite que la France qui serait privée d’emprunt pour faire tourner l’état tomberait immédiatement en faillite. En effet une majorité de la dette est détenue par l’étranger. On voit mal les investisseurs étrangers consentir à prêter à nouveau la France sans être assuré d’être remboursés.

 

Dans tous les cas d’une manière ou d’une autre,  cette dette  devra être remboursée. Les extrémistes de gauche et ceux  qui restent du parti socialiste proposent la solution idiote et populiste de ne plus rien rembourser. Une proposition idéologique qui méconnaît totalement les mécanismes du système financier.

 

Ceux-là  même qui proposent cette solution, souvent fonctionnaires ou assimilés, perdraient immédiatement leur source de revenus. La dette était de 100 % du PIB  à 120 % 2019. En gro,s elle se montra à 2700 milliards fins 2020. Schématiquement, la dette sanitaire par ailleurs difficile à évaluer serait de l’ordre de 500 milliards. Il est clair qu’on ne peut amortir cette dette avec l’impôt en quelques années. Le plus vraisemblable, c’est de cantonner au moins la dette dans une structure spécifique pour l’amortir progressivement avec une recette affectée.

 

Une autre solution serait un dérèglement brutal système financier avec une forte inflation, une hausse des taux d’intérêt et de fait  une dévalorisation de la monnaie. Un processus longtemps appliqué par la France avant l’euro mais qui fait payer le consommateur et l’épargnant. Les experts s’étendent peu sur le sujet pour l’instant car l’hypothèse la plus sérieuse pour l’instant est une crise du système financier.

Covid : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Covid : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt, sur Europe 1 a fait une découverte d’importance : la dette se remplace a-t-il déclaré. Une découverte sans doute parce que cet élu sur liste PS s’est  converti à l évidence mathématique économique depuis qu’il a rejoint Macron, bien qu’élu sur une liste PS.

 

Le 18 juin 2017, il est réélu député de la deuxième circonscription de l’Ardèche avec 56,30 % des suffrages exprimés face à la candidate de La République en marche !9. Il est l’un des rares députés PS à être réélus face à un candidat LREM. Ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre Macron. Il est vrai que chez les socialistes on a toujours été un peu fâché avec les concepts mathématiques et économiques.

 

La  France va bien rembourser sa dette liée au Covid, et ceux qui avancent le contraire tiennent des propos relevant d’une «forme d’irresponsabilité ou d’illusion», a martelé ce samedi matin le ministre délégué chargé des Comptes publics, converti depuis peu à l’orthodoxie financière. On voit mal en effet comment il pourrait en être autrement sachant que la dette de la France est passée de 100 % du PIB  22 019 à 120 % fins 2020. La France doit bien évidemment rembourser sa dette sinon elle sera privée des emprunts qui lui sont nécessaires pour sa gestion courante et même ses investissements. «La dette se rembourse, c’est un principe», a-t-il ajouté, rappelant que le dernier défaut tricolore en la matière datait de 1812. «Il peut y avoir des discussions sur le cantonnement de la dette, sur le délai de remboursement, mais une dette, ça se rembourse», a répété le bras droit de Bruno Le Maire

 

.Le sous ministre des comptes avait pourtant soutenu des opinions contraires lorsqu’il était au PS. Avec des déclarations en forme d’évidence, l’intéressé fera encore une grande carrière et il est à prévoir qu’il fera encore parti de la majorité future ce champion du slalom politique.

La problématique de la dette

La problématique de la dette

Régis de Laroullière, ancien délégué général de Médéric, conseil en stratégie et gestion des risques évoque dans l’Opinion la problématique de la dette.

 

 

 

« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte… Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu’il en coûte, là aussi », déclarait le président de la République dans son allocution télévisée du 12 mars 2020.

Rassurés sur cet aspect du dispositif mis en place pour reprendre le contrôle de l’épidémie, nous pouvions rester chez nous, et contribuer à un confinement efficace de nature à faire retomber rapidement la vague épidémique de la Covid-19. La formule a fait effet.

Mais en même temps émergeait une double inquiétude : cette formulation ne risquait-elle pas de conduire au coût maximal ? Et qui d’autre que nous pourrait bien payer à la fin ? Nous fûmes rapidement rassurés : les hausses d’impôts étant rapidement écartées, ce serait la dette.

Pourtant, l’inquiétude demeure. Certes l’encours de la dette coûte de moins en moins avec les effets de la baisse des taux d’intérêt, et la nouvelle dette ne coûte actuellement quasiment rien. Mais si les taux d’intérêt venaient à remonter un jour ? Si avec la baisse des taux, la dette est de moins en moins un boulet, elle est devenue une épée de Damoclès. Et elle grossit particulièrement vite chez nous.

Sur qui pèse cette menace ? Chacun sait que l’Etat ne peut emprunter que parce qu’il a la capacité de lever l’impôt. Si cela doit coûter un jour, c’est à nous tous, contribuables, que reviendra la charge. Naturellement, les plus riches paieront davantage. Mais il suffit de regarder l’importance des impôts payés par tous dans les ressources de l’Etat, et les efforts faits à de nombreuses reprises depuis quarante ans pour faire payer davantage les riches, aux limites de l’exode fiscal pour les très riches, sans arriver pour autant à enrayer la croissance de la dette de l’Etat, pour se convaincre que la répartition de l’effort ne pourra pas être sensiblement modifiée.

Augmenter progressivement la quantité travaillée totale et la production en résultant de 12 % environ ramènerait à dépense publique et transferts constants le ratio prélèvements obligatoires pré-Covid de 44,1 % en 2019 à 39,4 %

Menace. Alors, que faire pour nous protéger de cette menace ? Car il est peu probable que les taux d’intérêt demeurent perpétuellement nuls. D’urgence, éviter d’accroître le risque, en gérant mieux la suite de l’épidémie, pour éviter une troisième vague en attendant la protection qu’apporteront, d’ici l’été prochain nous l’espérons, les vaccins. Ensuite, réduire la dépense publique, et/ou augmenter la base contributive.

Depuis des décennies, nous essayons de réduire la dépense publique. Mais celle-ci est largement proportionnelle à la population : éducation, justice et ordre public, défense, équipements publics, santé, transferts sociaux, ces derniers représentant plus de la moitié. Au moment où chômage et pauvreté augmentent rapidement, ce qui sera fait ne pourra suffire. Faut-il alors, pour ne pas hypothéquer davantage l’avenir, envisager d’augmenter la base contributive, en produisant et travaillant davantage ?

La durée du travail annuel rapportée à la population globale est de 634 heures par an en France, 709 heures en Espagne et 713 en Italie (+12 %), 729 en Allemagne, 752 pour la moyenne européenne, et 830 pour les USA. Augmenter progressivement la quantité travaillée totale et la production en résultant de 12 % environ ramènerait à dépense publique et transferts constants le ratio prélèvements obligatoires pré-Covid de 44,1 % en 2019 à 39,4 %. La dépense publique passerait de 55,6 % du PIB à 49,6 %. La quantité de biens et services marchands ainsi produits à se partager augmenterait très sensiblement, améliorant d’autant le pouvoir de vivre. Et le ratio dette sur PIB serait mécaniquement réduit de 120 % à 107 %.

Si ceci ne règle pas tout, ce serait une contribution majeure, et d’autant plus acceptable qu’elle se ferait au moyen d’un vaste effort pour rendre le marché du travail plus inclusif, alors qu’il est souvent devenu très inhospitalier. Cette perspective figurera-t-elle parmi les recommandations de la Commission sur l’avenir des finances publiques que le Premier ministre vient d’installer ?

Régis de Laroullière, ancien délégué général de Médéric, conseil en stratégie et gestion des risques.

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