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La politique de désinflation de la BCE en cause

La politique de désinflation de la BCE en cause

 

 Emmanuel Sales ,président de la Financière de la Cité explique dans l’Opinion que la politique de désinflation de la BCE est économiquement nuisible.

 

. Alors qu’elle travaillait depuis des mois à la « revue stratégique » de sa politique monétaire, la BCE a annoncé en catimini qu’elle se fixerait désormais un objectif d’inflation à moyen terme de 2 %, tout en expliquant qu’elle était prête à accepter de façon temporaire une inflation plus élevée pour éviter un enracinement de perspectives d’inflation à un niveau trop bas par rapport à l’objectif.

Elle a d’ailleurs expliqué que l’inflation passée, anormalement basse, avait été sous-évaluée du fait de l’exclusion au sein de l’indice de certaines dépenses immobilières des ménages. Enfin, touchée par la grâce écologique, elle a de nouveau exprimé sa volonté de conduire une politique monétaire favorable au climat.

La montagne a donc accouché d’une souris. L’inflation à 2 % était déjà dans les traités et c’est la BCE elle-même qui avait interprété ce critère de façon restrictive en remontant ses taux d’intérêt chaque fois que l’inflation frisait 1,8 %. Mais surtout, la stratégie de ciblage de l’inflation demeure inchangée, et en affirmant qu’elle serait prête à accepter temporairement une inflation légèrement supérieure à 2 %, la BCE risque de prolonger l’enracinement des anticipations d’inflation à un niveau inférieur à l’objectif affiché, comme cela est le cas depuis vingt ans.

Il faut détruire les mythes. Ce sont les politiques de désinflation de la droite allemande qui sont à l’origine de l’arrivée de Hitler et non, comme cela est très répandu dans le Land bruxellois, la surinflation de 1923 qui fut un phénomène rapidement jugulé

Quant à l’objectif climatique, curieusement revendiqué par une banque centrale qui exclut par ailleurs de s’occuper du chômage ou de l’exclusion sociale, il semble dirigé contre les intérêts énergétiques et industriels de la France dans la mesure où le nucléaire demeure à ce jour incompatible avec les canons de l’orthodoxie bruxelloise.

 

La victoire de l’Allemagne est donc totale. D’ailleurs, l’ancien président de la Bundesbank ne s’y est pas trompé en déclarant que la décision de la BCE ne changerait rien à la politique suivie. Attachée à sa conception patrimoniale de la monnaie héritée de l’étalon-or, la France est restée passive comme à l’accoutumée, et l’Italie, qui a obtenu ce qu’elle voulait en termes de plan de relance et de soutien à sa politique budgétaire, a compris qu’elle ne gagnerait rien à s’opposer seule aux exigences allemandes. Rien de nouveau donc sous le soleil monétaire européen.

Pourtant, en affichant leur satisfaction, il se pourrait que les « faucons » berlinois ait présumé de leur avantage. Même en intégrant les dépenses immobilières, l’inflation européenne anticipée en 2023 se situe largement en dessous de l’objectif affiché. La BCE sera donc obligée de reprendre le dossier faute de nourrir à nouveau une spirale de baisse des prix et de l’activité.

A plus long terme, une révision des traités semble inéluctable. Il faut détruire les mythes. Ce sont les politiques de désinflation de la droite allemande qui sont à l’origine de l’arrivée de Hitler et non, comme cela est très répandu dans le Land bruxellois, la surinflation de 1923 qui fut un phénomène rapidement jugulé. Sans ajustement monétaire, l’Allemagne continuera de profiter de la demande externe, l’Europe, en revanche, connaîtra un décrochage global. L’Europe a été la rédemption de l’Allemagne, il ne faudrait pas qu’elle devienne son instrument de revanche.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

 




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