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« Laisser des vieux mourir »; l’article pitoyable dans l’Opinion d’Eric le Boucher

« Laisser  des vieux mourir »; l’article pitoyable dans  l’Opinion d’Eric  le Boucher

Il n’est même pas utile de qualifier cette chronique lamentable que la seule lecture suffit à sanctionner. Un exemple de ce que produisent encore certains journalistes aigris, par ailleurs courtisans du pouvoir, ; un  pensée rétrograde et limite fascisante

« la pandémie tue les vieux déjà malades et blancs  » titre Eric le Boucher.

 

Sa chronique:

 

 » Ce jour, on compte 25 000 morts du coronavirus en France. L’âge médian des personnes décédées est de 84 ans. Les plus de 75 ans représentent 75 % des décès. Il s’agit d’hommes à 55 %. Deux personnes décédées sur trois présentaient une autre déficience, une comorbidité, comme l’hypertension, le diabète, une pathologie pulmonaire, l’insuffisance cardiaque ou l’obésité. Les personnes de moins de 65 ans et sans comorbidité ne représentent que 2,5 % des décès.

Donc, en l’état actuel de ce que l’on sait de cette pandémie, les statistiques disent que le coronavirus tue surtout les vieux déjà malades.

A l’échelle mondiale, on compte 245 000 morts, dont 67 000 aux Etats-Unis, 29 000 en Italie, 28 500 en Grande-Bretagne, 25 000 en Espagne et en France. On relève 1 320 morts en Inde, 610 aux Philippines, 415 en Egypte, 460 en Algérie, 440 au Pakistan, 123 en Afrique du Sud, 64 au Cameroun, 35 au Niger. Pour bien se figurer la carte mondiale, il y a eu 640 morts à Philadelphie aux Etats-Unis, contre seulement 85 au Nigeria. Les craintes de voir les pays pauvres ravagés par le virus se sont révélées fausses, comme par miracle. Le Covid-19 semble aimer les seniors, et détester le soleil.

Résumé : en l’état actuel de sa diffusion, la pandémie tue les vieux déjà malades et blancs.

Paludisme. Le paludisme tue 700 000 personnes par an qui ont la caractéristique d’être en très grande majorité jeunes et noirs. Le paludisme a des effets terribles pour les pays concernés mais, ailleurs dans le monde, très peu y prêtent attention. Le coronavirus a fait moins de la moitié de décès que le paludisme mais tous les habitants du monde ont eu ou verront leur vie personnelle fortement dégradée. S’empressant de déplorer les morts, le FMI note comme avec pudeur : « Lors de crises ordinaires, les dirigeants essaient d’encourager l’activité économique en stimulant la demande globale le plus rapidement possible. Cette fois, la crise est dans une large mesure la conséquence des mesures d’endiguement qu’il a fallu prendre ». La crise qu’on a décidée.

Pour lutter contre le coronavirus, des confinements ont été mis en place en quelques semaines dans presque tous les pays du monde. L’effet a été de bloquer le fonctionnement des activités usuelles, religieuses, artistiques, politiques, amicales et celles de la production économique. Le monde connaît en conséquence une récession comme il n’en avait pas traversé depuis les grandes guerres. Tous les pays sont atteints très gravement. Les générations d’actifs de 30-40 ans subissent un deuxième choc d’extrême violence après le premier de la crise financière il y a douze ans. Dans les pays émergents, des millions de jeunes qui, mieux éduqués, commençaient à voir enfin s’ouvrir les portes du travail, vont les voir se refermer brutalement, sans aucune des aides sociales que donnent les pays riches.

Le Covid-19 vient renforcer la fracture des syndicats. Les « révolutionnaires » de Sud et de la CGT croient possible un 100 % sanitaire et 0 % économique. Ils font du Bolsonaro à l’envers

Le monde a totalement arrêté l’économie pour sauver des vieux blancs déjà malades. Pourquoi ? Aujourd’hui, en l’état actuel, on peut répondre que le virus n’a, en réalité, pas laissé le choix. Tous les gouvernements savaient l’essentiel de ces chiffres de prévalence de la mortalité chez les aînés dès le début, au regard de ce qui s’est passé en Chine, puis en Italie. Le dilemme entre la crise sanitaire et la crise économique était sur les bureaux. Ce sont les modèles des épidémiologistes qui ont forcé la décision : une politique de laisser faire et de non-contingentement allait conduire à 500 000 morts dans chacun des grands pays européens, plus d’un million aux Etats-Unis, comme l’a calculé l’Imperial College de Londres. Personne ne pouvait assumer cela, ni les gouvernements, ni les opinions publiques, ni aucun individu sensible et sensé. Il n’a eu, comme récalcitrants coronasceptiques, que les populistes Donald Trump ou Jair Bolsonaro.

Ils ont voulu éviter le confinement en plaçant le curseur plus vers l’économie que le sanitaire. Ils l’ont fait non sans arrière-pensée politique, pour un Trump « quelques » morts feront moins de mal dans les urnes qu’un chômage massif. Bolsonaro peut dire avec sa finesse habituelle : « 5 000 morts au Brésil et alors ! », parce qu’il bénéficie en effet de la faiblesse du Covid-19 au sud du globe. Mais voit-on Trump dire la même chose « 65 000 morts et alors ! » quand le corona a tué plus d’Américains que la guerre du Vietnam ?

Le contingentement était, dès l’explosion pandémique, obligatoire. Les populistes ont surtout démontré dans cette crise leur ineptie et leur ignorance pour la science et les « experts » qui sont, comme toujours, au service de l’élite. Donald Trump aura été à la hauteur de bout en bout depuis ses déclarations sur le « virus étranger » jusqu’à l’absorption d’eau de Javel.

Choix inévitable. Le choix inévitable du confinement se double de sa suite : le déconfinement est lui aussi obligatoire. La crise économique doit être enrayée faute de faire à son tour du chômage, des misères, des morts d’autres maladies faute de soin. Il faut saluer en France le courage de la CFDT et de la CFTC d’en avoir pris conscience et, en responsabilité, d’appeler conjointement avec le Medef à la reprise du travail. Le Covid-19 vient renforcer la fracture des syndicats. Les « révolutionnaires » de Sud et de la CGT croient possible un 100 % sanitaire et 0 % économique. Ils font du Bolsonaro à l’envers. Ils ont oublié leurs racines et l’impératif premier de « gagner la bataille de la production » du PCF de Maurice Thorez au sortir de la guerre.

Le Covid-19 est « le premier ennemi déclaré » des baby-boomrs, note avec luminosité Monique Dagnaud qui souligne la figure étrangement centrale qu’est devenue celle du « grand-parent »

Reste notre sauvetage des vieux blancs de 84 ans. Il faudra que les historiens, les philosophes, les sociologues, les médecins y réfléchissent et nous éclairent un jour de ce qui restera quand même une préférence pour les seniors dont le coût est historique. Qu’est-ce qu’il dit de notre civilisation ? Des avantages des fameux baby-boomers, la « génération inoxydable » que la guerre a épargnée, qui a connu l’emploi facile, le sexe libre et qui jouit de revenus supérieurs aux actifs ? Le Covid-19 est « son premier ennemi déclaré », note avec luminosité Monique Dagnaud (Telos 24 avril) qui souligne la figure étrangement centrale qu’est devenue celle du « grand-parent ». A contrario, des larmes qu’on sort aujourd’hui sur les Ephad alors qu’on y parque des parents dont on se débarrasse ? De nos refus de penser que le prolongement de la vie « quoi qu’il en coûte » a un prix et il qu’il n’est pas interdit de parler ? De l’euthanasie comme de l’ultime liberté ? De la peur de la mort qui est devenue, dans la société du spectacle, la boussole des politiques publiques.

 




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