Archive pour le Tag 'dérégulation'

Une remise en cause de la dérégulation internationale (Hubert Védrine)

Une remise en cause de la dérégulation internationale (Hubert Védrine)

 

Dans une  interview au Figaro , Hubert Védrine critique la  mondialisation qui a été essentiellement, jusqu’ici «une déréglementation financière et une localisation des productions industrielles là où les coûts salariaux étaient les plus faibles». Le virus confirme cruellement que nombre de pays dont la France se sont débarrassés de leur industrie en délocalisant dans les pays en développement et au passage en vidant de leur substance économique une grande partie du territoire. L’idée générale était que les pays développés se contenteraient de commercialiser à bon compte des produits fabriqués à bas prix dans les pays pauvres. Le problème c’est qu’arrivés un certain stade, ces pays parvenus  à un certain niveau de développement  se sont mis à concurrencer sérieusement les anciens pays développés. Ainsi la Chine mais aussi d’autres qui inondent les pays occidentaux de leurs produits manufacturés et autres comme par exemple les produits pharmaceutiques dans 50 à 70 % viennent  de Chine et plus généralement d’Asie.

Coup de pays occidentaux, les États-Unis compris, se sent délestés de leurs productions stratégiques de façon très naïve. Sans doute ne sera-t-il pas possible de revenir à l’époque où chacun faisait son pain et dont  les territoires vivaient  en quasi autonomie. Pour autant,  la dimension internationale des processus de production a pris des dimensions particulièrement dangereuses par ailleurs coûteuses sur le plan environnemental avec un gâchis considérable du transport et de la logistique. Le deuxième enseignement de la crise sanitaire c’est que le monde ne dispose pas des outils de gestion mondiale faire face aux grandes questions y compris aux catastrophes. Chaque zone, chaque pays bricole dans son coin des plans d’urgence plus ou moins contradictoire avec ceux du voisin.

  • Cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu’il n’existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu’elle n’est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale déclare encore Hubert Védrine. L’ONU par exemple reste encore relativement un machin qui  intervient parfois plus ou moins mollement dans les conflits ou dans les famines et qui se paralyse le plus souvent. Le G20 discute mais l’impose jamais rien. Quant à l’Europe, elle n’a guère encore donné la preuve de son efficacité hormis sur la question des échanges de biens et encore. L’Europe demeure un espace limité au marché comme le souhaitaient les anglo-saxons. Sans doute le Coronavirus ne modifiera pas totalement ces problématiques mais il  entraînera vraisemblablement des changements sur le plan économique  avec des transformations des modes de production et de consommation mais aussi sur le plan politique.

Le danger de la dérégulation financière de Trump : une nouvelle crise financière

Le danger de la dérégulation financière de Trump : une nouvelle crise financière

À juste titre, Mario Draghi, président de la BCE dénonce le projet de dérégulation financière du nouveau président des États-Unis. « L’idée de retrouver les conditions qui étaient en place avant la crise est préoccupante », a-t-il dit, soulignant le rôle positif joué selon lui par l’environnement prudentiel créé depuis la crise financière de 2008. Par  décret, le président américain met la pression sur Janet Yellen, l’homologue de Mario Draghi à la tête de la Réserve fédérale américaine, priée de prendre ses distances avec les efforts internationaux en matière de réglementation. Pour Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank, assouplir la régulation bancaire serait une « grave erreur » qui augmenterait le risque d’une nouvelle crise financière. « C’est pourquoi je considère d’un oeil critique l’éventuel relâchement de la régulation aux Etats-Unis qui est en cours de discussion », a dit le banquier central allemand qui siège par ailleurs au comité de Bâle chargé de définir les règles prudentielles.  Les financiers de Wall Street se réjouissent de cette orientation qui pourrait produire à court terme des effets bénéfiques sur la rentabilité de l’activité mais qui pourrait mettre en danger à plus long terme l’ensemble du système. Dans un communiqué, la sénatrice Elizabeth Warren, du Parti démocrate qui avait fortement milité pour que la loi Dodd-Frank crée le CFPB, une agence fédérale de protection des consommateurs dans le domaine de la finance, a accusé Trump d’avoir cédé à Wall Street. « Les banquiers et les lobbyistes de Wall Street dont la cupidité et l’inconscience ont failli détruire notre pays doivent trinquer au champagne, mais le peuple américain n’a pas oublié la crise financière de 2008 et il n’oubliera pas ce qui s’est produit aujourd’hui », écrit-elle. De toute manière le décret de trame ne change rien dans l’immédiat car seul le congrès pourra décider d’une nouvelle régulation.  L’ordre exécutif signé par le nouveau président américain donne 120 jours au secrétaire au Trésor pour préparer ses recommandations en vue d’une réforme, a-t-on appris de source proche de la présidence. Même si ce nouvel « executive order » comporte peu de détails précis, il a été salué par les marchés financiers. « C’est du tout bon pour le marché financier parce que cette réglementation a provoqué une forte hausse des charges des grandes banques et sociétés de courtage », a commenté Robert Pavlik, de la firme Boston Private Wealth. Promulguée en 2010 par Barack Obama dans la foulée de la crise financière, la loi Dodd-Frank qui encadre le secteur bancaire a notamment relevé les exigences en fonds propres des banques et mis en place des tests de résistance annuels. Donald Trump avait exprimé son intention de « démanteler » un texte qu’il juge pénalisant pour l’économie, lui reprochant de restreindre la capacité des banques à faire crédit aux entreprises et aux ménages, et de la remplacer par une législation soutenant la croissance. Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de Chicago, a pris la défense de ces régulations, estimant lors d’un déplacement à Olympia Fields, dans l’Illinois, qu’elles avaient « largement contribué » à la stabilisation du secteur financier. L’ancien élu démocrate Barney Frank, co-auteur de la loi de 2010, a rappelé que Trump « ne peut pas apporter de changement de fond à la loi de réforme financière sans le Congrès ». « La formulation de ce décret n’y fait rien. Il demande seulement au secrétaire au Trésor de leur donner quelque chose à lire. Mais le ton vise à affaiblir cette loi », a-t-il dit à Reuters. Le risque évidemment c’est de recréer les conditions d’une crise du type de celle de 2008.

 

Trump : décret pour une dérégulation du secteur financier

Trump : décret pour une dérégulation du secteur financier

 

Encore un nouveau décret très médiatisé de Trump qui veut déréguler le secteur financier. En clair, il s’agit de faire sauter un certain nombre de règles notamment prudentielles qui avaient permis d’assainir les banques. Les financiers de Wall Street se réjouissent de cette orientation qui pourrait produire à court terme des effets bénéfiques sur la rentabilité de l’activité mais qui pourrait mettre en danger à plus long terme l’ensemble du système. Dans un communiqué, la sénatrice Elizabeth Warren, du Parti démocrate qui avait fortement milité pour que la loi Dodd-Frank crée le CFPB, une agence fédérale de protection des consommateurs dans le domaine de la finance, a accusé Trump d’avoir cédé à Wall Street. « Les banquiers et les lobbyistes de Wall Street dont la cupidité et l’inconscience ont failli détruire notre pays doivent trinquer au champagne, mais le peuple américain n’a pas oublié la crise financière de 2008 et il n’oubliera pas ce qui s’est produit aujourd’hui », écrit-elle. De toute manière le décret de trame ne change rien dans l’immédiat car seul le congrès pourra décider d’une nouvelle régulation.  L’ordre exécutif signé par le nouveau président américain donne 120 jours au secrétaire au Trésor pour préparer ses recommandations en vue d’une réforme, a-t-on appris de source proche de la présidence. Même si ce nouvel « executive order » comporte peu de détails précis, il a été salué par les marchés financiers. A Wall Street, les valeurs bancaires ont tiré la cote vers le haut. L’indice Dow Jones a terminé la dernière séance de la semaine sur un gain de 0,94%, l’indice des valeurs bancaires progresse lui de 2,6%. « C’est du tout bon pour le marché financier parce que cette réglementation a provoqué une forte hausse des charges des grandes banques et sociétés de courtage », a commenté Robert Pavlik, de la firme Boston Private Wealth. Promulguée en 2010 par Barack Obama dans la foulée de la crise financière, la loi Dodd-Frank qui encadre le secteur bancaire a notamment relevé les exigences en fonds propres des banques et mis en place des tests de résistance annuels. Donald Trump avait exprimé son intention de « démanteler » un texte qu’il juge pénalisant pour l’économie, lui reprochant de restreindre la capacité des banques à faire crédit aux entreprises et aux ménages, et de la remplacer par une législation soutenant la croissance. Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de Chicago, a pris la défense de ces régulations, estimant lors d’un déplacement à Olympia Fields, dans l’Illinois, qu’elles avaient « largement contribué » à la stabilisation du secteur financier. L’ancien élu démocrate Barney Frank, co-auteur de la loi de 2010, a rappelé que Trump « ne peut pas apporter de changement de fond à la loi de réforme financière sans le Congrès ». « La formulation de ce décret n’y fait rien. Il demande seulement au secrétaire au Trésor de leur donner quelque chose à lire. Mais le ton vise à affaiblir cette loi », a-t-il dit à Reuters.




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