Archive pour le Tag 'dépistage'

Tests rapides de dépistage en pharmacie et chez les généralistes

Tests rapides de dépistage en pharmacie et chez les généralistes

Des  tests antigéniques rapides lisibles en 25 minutes, bientôt disponible pharmacie et  chez les généralistes.

Le kit de test coûte « 4,5 à 8 euros hors taxe, plus la marge du grossiste et du pharmacien »,, au total un test d’un prix autour de 10 €. Mais la profession souhaiterait une rémunération supplémentaire de leur de 20 €. La question est aussi organisationnelle car les pharmacies vont avoir à gérer la vaccination ordinaire contre la grippe.

 

Coronavirus : une absence de stratégie de dépistage en France

Coronavirus : une absence de stratégie de dépistage en France

 

À l’étranger la stratégie de dépistage française est très critiquée, en France également. « On n’a pas de stratégie de dépistage en France », a déploré lundi 7 septembre sur franceinfo Martin Blachier, médecin épidémiologiste, spécialiste en santé publique, alors que plus de 4 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été comptabilisés en France ces dernières 24 heures. « Le gouvernement répond à une demande populaire qui est de se faire tester massivement », constate Martin Blachier.

 

Pour l’épidémiologiste, la bonne stratégie « serait une stratégie basée sur le risque. Il faudrait évaluer le risque réel des gens quand ils ont eu un contact avec quelqu’un testé positif, et tester en priorité les gens qui sont à haut risque. Mais cela nécessiterait de faire une vraie évaluation du risque avant de tester les gens, ce qui n’est pas fait aujourd’hui. » Martin Blachier estime qu’actuellement, « n’importe qui peut avoir un test, peu importe si c’est un risque, peu importe si c’est pour se rassurer, s’il n’y a même aucune raison, il passe avec le même niveau de priorité que n’importe qui. » 

Jusqu’à présent, la France « s’est vantée du nombre de tests qu’on faisait. Donc on était dans une rhétorique de volume », souligne le médecin. « Je pense qu’il serait de bon ton d’être dans une rhétorique stratégique et de prioriser. » Les autorités n’auront « de toutes façons, pas le choix », ajoute Martin Blachier. « Les laboratoires d’analyse sont au bord de l’explosion, les résultats sont donnés beaucoup trop tard. Et là où c’est important de tester, on n’a pas l’effet bénéfique du test puisque les résultats sont beaucoup trop tardifs. » 

 

Coronavirus : un dépistage en 15 minutes

Coronavirus : un dépistage en 15 minutes

 

Un test de dépistage du virus pourrait être disponible dès la fins du mois de septembre annonce le laboratoire pharmaceutique suisse Roche.

 «Lors du lancement, 40 millions de tests rapides SARS-CoV-2 seront disponibles chaque mois. Cette capacité sera plus que doublée à la fin de cette année pour répondre à la demande de tests des systèmes de santé dans le monde entier», a indiqué Roche dans un communiqué.

Tests de dépistage : contestés par des biologistes

Tests de  dépistage : contestés par des biologistes

On sait que la France est particulièrement en retard en matière de dépistage. Il y a longtemps que l’Allemagne pratique des tests de massifs à hauteur de 500 à 700 000 par semaine tandis que la France atteint péniblement 200 000. Pour rattraper ce retard, Le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que les autorités sanitaires seraient en mesure de mener au moins 700.000 tests par semaine à partir du 11 mai. Le problème c’est que les biologistes estiment n’être pas en capacité de disposer des moyens pour réaliser un tel objectif. Une contestation du plan quantitatif mais aussi sur le plan qualitatif avec de fortes interrogations sur la fiabilité des tests PCR.

Les 700.000 tests évoqués par le gouvernement sont des tests RT-PCR (reverse transcription polymerase chain reaction) qui visent à établir si un patient est contaminé par le SARS-CoV-2, et non des tests sérologiques qui recherchent l’immunité développée par les anciens malades, dont le développement est en cours.

“La question des 700.000 tests par semaine, je ne sais pas si c’est raisonnable”, a dit à Reuters François Blanchecotte, président national du Syndicat des biologistes (SDB), un des représentants des laboratoires médicaux privés.

“Le facteur limitant, ça va être les préleveurs, d’avoir des gens pour prélever à une telle échelle, sept jours sur sept”, a-t-il souligné.

Les scientifiques s’inquiètent depuis le début de l’épidémie de COVID-19 du nombre de “faux négatifs”, des résultats de tests qui apparaissent comme négatifs alors que la personne est en réalité infectée. Ce nombre risque encore d’augmenter si les prélèvements ne sont pas correctement réalisés.

Le gouvernement n’a pas précisé comment ces tests seraient répartis entre laboratoires privés et structures hospitalières publiques. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré mercredi sur France Info qu’ils seraient tous réalisés “par des gens qui sont formés”.

Lionel Barrand, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM), s’inquiète aussi de la disponibilité des composants nécessaires aux tests PCR, en particulier des réactifs indispensables dont une partie doit être importée, notamment de Chine.

“Est ce qu’on sera suffisamment approvisionné en réactifs et écouvillons?”, s’interroge-il.

“Ce que nous constatons auprès des fournisseurs, c’est qu’on est toujours en tension au niveau national”, a-t-il déclaré à Reuters. “On pourrait théoriquement doubler nos capacités et être à 500.000 tests (par semaine) mais il nous faut suffisamment de réactifs et d’écouvillons.”

Le ministère de la Santé a assuré à ce sujet à Reuters que le gouvernement avait pris ses précautions.

“L’Etat a fait des démarches auprès des grands fournisseurs internationaux pour sécuriser des volumes d’approvisionnements – notamment en réactifs – pour les mois qui viennent, afin de répondre aux besoins de l’ensemble des laboratoires, publics et privés”, a-t-il assuré.

Les autorités sanitaires ont listé jusqu’à présent une quarantaine de types de réactifs que les laboratoires sont autorisés à utiliser. Ces réactifs sont produits aussi bien par des PME françaises que par des géants du secteur pharmaceutique comme le Suisse Roche ou l’Américain Abbott Laboratories.

Pour Lionel Barrand, l’autre source d’inquiétude est l’extrême diversité des symptômes du COVID-19, allant d’une légère fièvre et d’un simple mal de tête à une toux sévère, une perte de goût et d’odorat ou une détresse respiratoire.

“Est-ce que 500.000 ou 700.000 tests suffiront demain vu la variabilité des symptômes? C’est le grand sujet d’inquiétude. Si tous les patients qui ont un petit symptôme viennent se faire dépister, le système craquera.”

Enfin une opération de dépistage dans les Ehpad

Enfin une  opération de dépistage dans les Ehpad

Jusque-là les EHPAD avaient été largement délaissés avec une insuffisance dramatique de matériel, de traitement et de personnel. À tel point que les statistiques de décès n’ont été intégrées dans les chiffres nationaux totaux que récemment. Cette fois les pouvoirs publics entament une opération de dépistage massif qui permettra d’isoler les infectés des autres. Selon le dernier bilan, au moins 2 417 décès ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie dans les maisons de retraite médicalisées et autres établissements médico-sociaux. L’épidémie a fait au total 8 911 morts depuis son début en France, dont 833 au cours des dernières 24 heures, a également indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran.

 

Une urgence : produire des tests de dépistage» ( Christian Gollier)

Une urgence : produire des tests de dépistage»  ( Christian Gollier)

 

Christian Gollier directeur général de la Toulouse School of Economics, dont il est à l’origine avec Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014,  estime urgent de produire massivement des tests  de dépistage. Il prône une économie de guerre et revient sur les enjeux. ( interview de l’Opinion)

L’intervention de l’Etat pour soutenir l’économie paralysée par la crise du coronavirus est-elle justifiée ?

Oui, il s’agit d’un choc exogène – contrairement à celui de 2008 – supporté par les ménages et les entreprises ; il a des conséquences sanitaires, pensons aux malades et aux morts, mais aussi économiques. On demande à chacun un effort qui bénéficiera à tous. Il est donc raisonnable que ce sacrifice soit porté par la communauté dans son ensemble, c’est-à-dire par l’Etat. Si l’on regarde la situation sous le voile de l’ignorance sans savoir qui est qui, fonctionnaire ou restaurateur, tout le monde voudrait bénéficier de la protection de l’Etat, alors que les restaurateurs sont beaucoup plus exposés que les premiers. La solidarité a posteriori de l’Etat fonctionne comme une assurance a priori. Ce partage de risque est socialement désirable, et seul l’Etat peut l’organiser. D’autant plus que, contrairement aux crises précédentes, il n’y a pas de coupables.

C’est la grande différence avec 2008 ?

Oui, en 2008 s’est posé le problème de l’aléa moral : quand vous savez que vous êtes assuré, vous faites moins d’efforts. Prenons un exemple extrême : on ne va pas assurer les étudiants contre le risque d’échec aux examens en fin d’année car ils seraient moins incités à travailler. En 2008, les grandes institutions financières savaient qu’en cas de difficultés, elles seraient secourues par les Etats au nom du too big to fail. Cela a provoqué un énorme débat public, mêlant économie, politique et morale. Nous n’avons aucune raison de donner une leçon ou de punir les restaurateurs, les commerçants et la myriade de PME obligés de fermer boutique. La solidarité est ici un devoir moral autant qu’une politique économiquement utile. De même, en 2011, les Européens du nord ont voulu que les Grecs paient pour leur mauvaise gestion. Et on a failli faire exploser la zone euro pour cela. Aujourd’hui, il n’y a pas d’aléa moral, l’Italie est frappée de plein fouet. Cela aurait pu être un autre pays.

Cela rend les coronabonds plus acceptables par les Allemands que les eurobonds ne l’étaient en 2012 ?

L’idée d’un emprunt de l’Union européenne pour financer la socialisation des pertes est plus acceptable en effet. On pourrait objecter que certains pays pourraient en profiter pour relâcher leurs efforts, mais l’intensité de cet aléa moral est bien moindre qu’il ne l’était en 2008.

Que doivent faire les Etats, que doivent-ils éviter ?

Socialiser les pertes, c’est transférer les pertes de revenu au budget de l’Etat. Reporter le paiement des taxes et charges sociales n’est qu’un emplâtre. En revanche, il faut massivement utiliser la mise au chômage temporaire des salariés et indépendants désœuvrés. Nous avons la chance en Europe d’avoir des systèmes d’assurance-chômage qui fonctionnent bien. Il faut aussi compenser les entreprises qui ont des coûts fixes importants.

La nationalisation est-elle un bon outil ?

Seulement pour les entreprises au bord de la faillite. Nous avons une belle institution, les marchés financiers, dont le rôle est d’absorber une partie des risques d’entreprendre. Moyennant quoi les actionnaires en tirent des bénéfices considérables, les bonnes périodes équilibrant les mauvaises. Sur l’ensemble du XXe siècle aux Etats-Unis, le rendement des actions s’est élevé à 6 % par an, en réel. C’est considérable ! Parallèlement à mon collègue de Harvard, Robert Barro, j’ai montré que cette forte prime de risque ne peut s’expliquer que par la possibilité d’événements extrêmes mais improbables, comme la crise de 1929, les deux guerres mondiales, ou la crise sanitaire actuelle. Il est donc légitime qu’en période de crise, les actionnaires boivent la tasse comme c’est le cas actuellement avec des chutes boursières de 30 à 40 %. Jusqu’à présent, les marchés boursiers ont bien joué leur rôle d’absorbeur de pertes. Mais les fonds propres sont maintenant laminés. L’Etat doit prendre le relais si on veut garder nos activités économiques.

Aux yeux de l’économiste, le confinement est-il justifié ?

Il faut faire une analyse coûts/bénéfices. Réduire la production pendant deux mois de moitié, cela implique une chute du PIB de 8 % sur l’année. En y ajoutant les retards au rallumage, on tourne autour d’une perte de 300 milliards d’euros (pour un PIB de 2 400 milliards). Le bénéfice attendu du confinement, ce sont des morts évités. Combien de personnes ? Certains épidémiologistes estiment que sans confinement, 70 % de la population serait touchée, avec un taux de mortalité de 2 %. Appliqué à une population de 66 millions de personnes, cela aboutit à un million de morts au total.

Comment comparer un million de morts à 300 milliards de pertes ? Qu’on le veuille ou non, une telle question nécessite de donner une valeur à la vie humaine. On fait tous les jours des arbitrages entre pouvoir d’achat et espérance de vie, en entretenant notre voiture ou en se soignant. Nos comportements révèlent donc cette valeur, que les études économiques situent autour de 3 millions d’euros pour une vie entière en bonne santé, chiffre établi en 2013 par les services de l’Etat sous la direction d’Emile Quinet. C’est cette valeur qui a poussé l’Etat à réduire la vitesse à 80 km/h sur nos routes malgré son coût en termes de perte de temps. Un million de vies perdues en l’absence de confinement correspond à 300 000 vies entières, et donc à 900 milliards d’euros. Comparés aux 300 milliards de coût économique du confinement, ces estimations confirment l’utilité sociale du confinement.

Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue

Comment sort-on du confinement ?

Là encore, on emprunte la même démarche, coûts/bénéfices. Si vous libérez une personne sans dépistage du virus, vous engendrez un risque de mortalité supplémentaire que les épidémiologistes peuvent mesurer et que les économistes peuvent traduire en un coût équivalent monétaire. Vous pouvez alors comparer celui-ci avec la création de valeur engendrée par sa remise au travail. Il faut procéder par type de profession. Si on pouvait dépister systématiquement, le calcul serait très favorable à un déconfinement plus précoce, en remettant au travail toutes les personnes indemnes. Il faut donc pousser au maximum la production de tests.

Mais nous sommes face à une pénurie de tests, comment faire ?

En décembre 1942, Roosevelt déclare la guerre à l’Allemagne et au Japon, et en quelques mois, il transforme l’économie américaine en économie de guerre. Les usines de voitures se mettent à fabriquer des avions. Je suis un peu surpris que le président de République, qui a été très martial, n’ait pas parlé d’économie de guerre. C’est une priorité absolue, il faut que l’Etat mobilise l’ensemble des acteurs économiques capables de produire de manière massive des tests de dépistage pour redémarrer le plus rapidement l’économie sans risquer une deuxième vague d’infection.

Faut-il développer le traçage de la population ?

Si l’on déconfine sans disposer de tests à grande échelle, il est crucial de pouvoir déterminer les contacts d’une personne infectée. Les techniques liées à l’utilisation des téléphones portables permettent de récupérer ces données. Cela pose des questions éthiques, notamment pour la défense de la vie privée. Mais le bénéfice social est immense. Je comprends que la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] peut avoir des difficultés à mener des analyses économiques sur les conséquences de ses décisions. Néanmoins, il serait malvenu ici de ne pas faire le calcul coût/bénéfices, à condition de savoir évaluer le coût des atteintes à la vie privée. Nous devons avoir un débat public sur nos valeurs, entre vie humaine et vie privée.

Peut-on reprocher aux pouvoirs publics de ne pas avoir anticipé la crise, notamment en matière de moyens de réanimation ?

Je trouve que la critique consistant à dire : « Nous n’avons pas assez de respirateurs » est injustifiée. L’argent public est rare, et les besoins immenses. Chaque euro public dépensé doit créer un maximum de valeur sociale. Il faut calculer la valeur d’un lit d’urgence supplémentaire en tenant compte de la probabilité que ce lit ne soit pas utilisé. Compte tenu de la faible fréquence des crises sanitaires, il n’est pas anormal que la limite de capacité soit atteinte dans les événements extrêmes. C’est vrai en santé comme pour les services d’incendie ou de déneigement, par exemple. De même, il est facile de critiquer a posteriori, ces commandes massives de vaccins et masques durant la crise du H1N1. Ils auraient été utiles si la crise s’était développée en intensité.

Ce sont deux situations inverses et vous dites à chaque fois qu’il est difficile de critiquer les politiques. N’est-ce pas les exonérer de toute responsabilité ?

Absolument pas. L’évaluation des politiques publiques est capable de tenir compte de ces incertitudes. On peut déterminer une politique optimale de capacité d’urgence scientifiquement fondée.

Que nous apprend cette crise sur nous-mêmes ?

Les Etats, la France en particulier, confrontés à un risque majeur, sont capables de se mobiliser, de transformer en quelques instants notre façon de vivre ensemble. C’est à comparer à un autre risque majeur, le changement climatique, de pareille ampleur, mais plus étalé dans le temps. Pourquoi ne pas faire pour l’environnement ce que nous faisons contre le virus ?

Peut-être que le sentiment d’urgence n’est pas le même ?

Il est vrai que les efforts ne feraient sentir leurs fruits que dans vingt ou quarante ans. C’est la tragédie des horizons, qui fait que nous n’avons rien fait pour le climat depuis trente ans.

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur stratégique en écartant le dépistage généralisé

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur stratégique en écartant le dépistage généralisé

 

Le Premier ministre commet une nouvelle erreur dramatique en écartant le dépistage systématique. Un dépistage pourtant recommandé par l’organisation mondiale de la santé et qui a fait la preuve de son efficacité dans plusieurs pays asiatiques qui ont réussi à contenir la propagation du virus. Le Premier ministre s’appuie sur des considérations de stratégie médicale complètement fausses. La vérité est beaucoup plus simple et terrible en même temps : la France ne dispose pas du nombre de tests nécessaires. “Nous avons élaboré une doctrine de test qui a consisté dans la phase 1 à tester beaucoup et cette logique de test a permis de circonscrire assez efficacement les premières apparitions du virus, ce qui nous a donné du temps”, a déclaré le chef du gouvernement lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Évidemment avec une telle stratégie on encourage pas les laboratoires et l’industrie pharmaceutique à produire massivement les tests qui pourraient être nécessaires et qui avec le confinement sont les deux seuls moyens efficaces contre la pandémie.

“Aujourd’hui la doctrine de test, c’est que nous testons les personnes qui présentent des symptômes, les personnels soignants qui présentent des symptômes, les premières personnes qui présenteraient des symptômes dans un établissement Ehpad”, a-t-il rappelé. Le premier ministre confond les contingences découlant de tristes réalités de l’imprévision est une stratégie médicale pertinente

“Il ne servirait à rien aujourd’hui de tester massivement tout le monde, préventivement ou en fonction des symptômes”, a-t-il souligné, car une généralisation des tests pèserait sur les “capacités d’analyse et nous n’aurions pas les réponses suffisamment rapides là où c’est absolument nécessaire”.

De la même manière pour répondre aux critiques sur le manque généralisé de stocks de masques , le Premier ministre emploie une dialectique d’évitement en reportant la responsabilité sur le trafic de masques. Certes les vols sont intervenus, des trafics aussi mais ils sont très marginaux par rapport à la totalité des besoins actuellement non couverts. Le pire, c’est que la France n’a pas conservé ses stocks  que les fabricants français ont surtout vendu les masques  à l’étranger. Tout cela au nom d’économies de bouts de chandelle de la part de l’État. Selon le dernier bilan établi mercredi soir, 9.134 cas d’infection au coronavirus et 264 décès ont été recensés en France. Plus de 3.600 personnes ont été hospitalisées, 931 cas graves sont en réanimation et 50% de ces cas graves concernent des personnes de moins de 60 ans.

Coronavirus: l ‘OMS pour un dépistage massif

Coronavirus: l ‘OMS pour un dépistage massif

Curieusement l’OMS propose une orientation contraire à celle que prennent la plupart des états y compris  la France. En effet faute de deux moyens suffisants, la stratégie de dépistage a été abandonnée et réservée exclusivement au cas les plus graves. Le problème évidemment c’est que la transmission se fait essentiellement par des porteurs sains dits asymptomatiques c’est-à-dire qui n’ont pas de symptômes apparents ou des symptômes relativement faibles.

On comprend donc que l’organisation mondiale de la santé préconise maintenant de tester de façon massive les populations. Le problème c’est que les Etats sont complètement sous-équipés pour ses analyses biologiques. Elles ne peuvent souvent même pas fournir le nombre de masques de protection nécessaires, même pour le personnel médical comme en France ! Pourtant le président de la république d’ailleurs comme d’autres responsables politiques considèrent que nous sommes en état de guerre contre le virus. Le problème c’est quand situation de guerre contre un pays ou une armée, en quelques semaines l’appareil de production s’adapte aux nécessités imposées par cet état de guerre. Des usines sont réquisitionnées pour reconvertir les productions afin de soutenir cet effort de guerre. Pour l’instant,  dans ce domaine strictement rien n’a été fait. La sémantique politique a dépassé et de loin la capacité d’action réelle. Il est clair qu’on ne peut pas laisser à l’économie de marché, le soin de répondre à une production de matériel médical massif. Des réquisitions et des reconversions doivent être imposées.

“Nous avons un message simple à tous les pays: testez, testez, testez les gens”, a dit le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse à Genève.

Sans test de dépistage, a-t-il dit, on ne peut pas isoler les patients contaminés par le coronavirus et la chaîne d’infection ne peut pas être brisée.

Cette stratégie a montré des effets positifs en Chine, en Corée du Sud et à Singapour, a souligné le directeur général de l’OMS.

Il a par ailleurs demandé à ce que les patients présentant des formes légères du Covid-19 soient isolés et se soignent chez eux notamment dans les pays qui ne disposent pas de capacités médicales suffisantes.

Cette question des capacités médicales est particulièrement cruciale, a souligné le directeur général de l’OMS, puisque même les pays dotés de systèmes de santé performants luttent pour éviter la saturation.

Tedros a souligné qu’il était profondément préoccupé par les effets du coronavirus sur les pays en développement ou les pays les moins avancés où les populations sont déjà victimes de malnutrition ou d’autres problèmes de santé.

“Tous les pays devraient pouvoir tester tous les cas suspects, on ne peut pas combattre cette pandémie à l’aveugle”, a-t-il dit, ajoutant que l’OMS travaillait avec le secteur privé pour augmenter la production d’équipements de protection.

“L’économie de marché a échoué” dans ce domaine, a-t-il dit.

Paul Molinaro, responsable des opérations, du soutien et de la logistique à l’OMS, a insisté sur la nécessité de produire “à une échelle industrielle” les tests de dépistage et les équipements de protection.




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