Archive pour le Tag 'démocratique'

Réforme audiovisuelle publique : le risque démocratique ?

Réforme audiovisuelle publique : le risque démocratique ?

 

Alors que le gouvernement mène tambour battant une réforme de l’audiovisuel public, plus de 1 100 salariés des équipes de Radio France, parmi lesquels Nicolas Demorand et Sonia Kronlund, mettent en garde, dans une tribune au « Monde », sur les risques d’affaiblir un média plébiscité par les auditeurs.
Nous, journalistes, animateurs, producteurs, chargés de programme, techniciens, réalisateurs, équipes administratives et de production, musiciens, personnel de Radio France, artisans d’une radio de service public dont le rayonnement est unique en Europe, nous refusons la fusion des différentes entreprises de l’audiovisuel public.

 

Pourquoi le gouvernement orchestre-t-il ce mariage entre radios et télévisions à un train d’enfer ? Pourquoi faire voter cette loi sans concertation ? Quelle est la véritable nature de ce projet ? Nous posons ces questions, nous n’obtenons aucune réponse, si ce n’est de creux éléments de langage : « Il faut renforcer l’audiovisuel public. » Mais les radios de service public sont, en France, exceptionnellement fortes. Nous ne craignons qu’une chose, c’est que le gouvernement n’affaiblisse une formidable réussite. Et même la brise.
Les antennes de Radio France sont écoutées, chaque jour, par plus de quinze millions de personnes. Chaque mois, nous enregistrons 92 millions d’écoutes à la demande. En France, la radio publique est le premier acteur radio du pays, à la fois sur le hertzien et sur le numérique. Cette popularité se double d’une exigence dont nous sommes immensément fiers et qu’il faut protéger à tout prix. Auditeurs, public de nos concerts et de nos spectacles, contribuables et parlementaires, il est de notre devoir de vous alerter sur les dangers d’une union avec les autres entreprises de l’audiovisuel public qui peut virer à la casse.

Le risque est avant tout démocratique.

Prochaines élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

Prochaines élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

 

Il est clair que les Français déjà peu intéressés par les élections européennes avec un taux d’abstention de 50 à 60 % risquent d’être encore un peu plus déboussolés par le nombre démentiel de listes à savoir 37. Ou la dérive d’une démocratie qui hésite entre autocratie et anarchie. Autocratie par exemple avec Macron et anarchie avec des marginaux gauchistes, corporatistes, ésotériques ou encore identitaires.

Les conditions de cette élection sont évidemment à revoir totalement si on ne veut pas qu’un jour l’abstention atteigne les 80 %.

37 listes ont déposé leur candidature pour les élections européennes du 9 juin en France, soit trois de plus qu’en 2019, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur publié ce samedi 18 mai au Journal officiel.

De nombreuses listes défendant l’environnement, la souveraineté française, mais aussi les enfants ou la langue internationale espéranto, s’ajoutent aux candidatures des principales formations politiques. Une liste Free Palestine est également présente, menée par le président de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), Nagib Azergui, qui avait déjà été candidat en 2019.

 

Récapitulatif des 37 listes candidates

Liste Pour une humanité souveraine – Tête de liste: M. Fidèl.
Liste Pour une démocratie réelle : décidons nous-mêmes! – Tête de liste: Philippe Ponge.
Liste La France fière – Tête de liste: Marion Maréchal.
Liste La France Insoumise (LFI) – Tête de liste: Manon Aubry.
Liste La France revient! – Rassemblement national (RN) – Tête de liste: Jordan Bardella.
Liste Europe Écologie (EELV) – Tête de liste: Marie Toussaint.
Liste Free Palestine – Tête de liste: Nagib Azergui.
Liste Parti animaliste (PA) – Tête de liste: Hélène Thouy.
Liste Parti révolutionnaire communistes – Tête de liste: Olivier Terrien.
Liste Parti pirate (PP) – Tête de liste: Caroline Zorn.
Liste Besoin d’Europe – Renaissance – Modem – Horizons – Udi – Parti Radical – Tête de liste: Valérie Hayer.
Liste PACE – parti des citoyens européens, pour l’armée européenne, pour l’Europe sociale, pour la planète! – Tête de liste: Audric Alexandre.
Liste Équinoxe : Écologie pratique et renouveau démocratique- Tête de liste: Marine Cholley.
Liste Écologie positive et territoires – Tête de liste: Yann Wehrling.
Liste Asselineau-Frexit, pour le pouvoir d’achat et pour la paix – Union populaire Républicaine (UPR) – Tête de liste: François Asselineau.
Liste Paix et décroissance – Tête de liste: Michel Simonin.
Liste Pour une autre Europe – Tête de liste: Jean-Marc Fortané.
Liste La droite pour faire entendre la voix de la France en Europe – Les Républicains (LR) – Tête de liste: François-Xavier Bellamy.
Liste Lutte ouvrière (LO) – Tête de liste: Nathalie Arthaud.
Liste Changer l’Europe – Nouvelle Donne (ND) – Tête de liste: Pierre Larrouturou.
Liste Nous le peuple – Tête de liste: Georges Renard-Kuzmanovic.
Liste Pour un monde sans frontières ni patrons, urgence révolution! – NPA Révolutionnaires (NPA) – Tête de liste: Selma Labib.
Liste Pour le pain, la paix, la liberté!, présentée par le Parti des travailleurs – Tête de liste: Camille Adoue.
Liste l’Europe ça suffit! – Les Patriotes (LP) – Tête de liste: Florian Philippot.
Liste Non! Prenons-nous en mains – Tête de liste: Edouard Husson.
Liste Forteresse Europe – liste d’unité nationaliste – Tête de liste: Pierre-Marie Bonneau.
Liste Réveiller l’Europe Parti socialiste (PS) – Place publique (PP) – Tête de liste: Raphaël Glucksmann.
Liste Non à l’UE et à l’OTAN, Communistes pour la paix et le progrès social – Tête de liste: Charles Hoareau.
Liste Alliance rurale – Tête de liste: Jean Lassalle.
Liste France libre – Tête de liste: Francis Lalanne.
Liste Europe Territoires Écologie – Parti Radical de Gauche (PRG) – Régions et Peuples Solidaires – Volt – MDP – MDC – Tête de liste: par Guillaume Lacroix.
Liste La ruche citoyenne – Tête de liste: Lorys Elmayan.
Liste Gauche unie pour le monde du travail – Parti communiste (PCF) – Gauche républicaine et socialiste (GRS) – Tête de liste: Léon Deffontaines.
Liste Défendre les enfants – Tête de liste: Gaël Coste-Meunier.
Liste Écologie au centre (EAC) – Tête de liste: Jean-Marc Governatori.
Liste Démocratie représentative – Tête de liste: Hamada Traoré.
Liste Esperanto langue commune – Europe Démocratie Espéranto (EDE) – Tête de liste: Laure Patas d’Illiers.

Politique-Élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

Politique-Élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

 

Il est clair que les Français déjà peu intéressés par les élections européennes avec un taux d’abstention de 50 à 60 % risquent d’être encore un peu plus déboussolés par le nombre démentiel de listes à savoir 37. Ou la dérive d’une démocratie qui hésite entre autocratie et anarchie. Autocratie par exemple avec Macron et anarchie avec des marginaux gauchistes, corporatistes, ésotériques ou encore identitaires.

Les conditions de cette élection sont évidemment à revoir totalement si on ne veut pas qu’un jour l’abstention atteigne les 80 %.

37 listes ont déposé leur candidature pour les élections européennes du 9 juin en France, soit trois de plus qu’en 2019, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur publié ce samedi 18 mai au Journal officiel.

De nombreuses listes défendant l’environnement, la souveraineté française, mais aussi les enfants ou la langue internationale espéranto, s’ajoutent aux candidatures des principales formations politiques. Une liste Free Palestine est également présente, menée par le président de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), Nagib Azergui, qui avait déjà été candidat en 2019.

 

Récapitulatif des 37 listes candidates

Liste Pour une humanité souveraine – Tête de liste: M. Fidèl.
Liste Pour une démocratie réelle : décidons nous-mêmes! – Tête de liste: Philippe Ponge.
Liste La France fière – Tête de liste: Marion Maréchal.
Liste La France Insoumise (LFI) – Tête de liste: Manon Aubry.
Liste La France revient! – Rassemblement national (RN) – Tête de liste: Jordan Bardella.
Liste Europe Écologie (EELV) – Tête de liste: Marie Toussaint.
Liste Free Palestine – Tête de liste: Nagib Azergui.
Liste Parti animaliste (PA) – Tête de liste: Hélène Thouy.
Liste Parti révolutionnaire communistes – Tête de liste: Olivier Terrien.
Liste Parti pirate (PP) – Tête de liste: Caroline Zorn.
Liste Besoin d’Europe – Renaissance – Modem – Horizons – Udi – Parti Radical – Tête de liste: Valérie Hayer.
Liste PACE – parti des citoyens européens, pour l’armée européenne, pour l’Europe sociale, pour la planète! – Tête de liste: Audric Alexandre.
Liste Équinoxe : Écologie pratique et renouveau démocratique- Tête de liste: Marine Cholley.
Liste Écologie positive et territoires – Tête de liste: Yann Wehrling.
Liste Asselineau-Frexit, pour le pouvoir d’achat et pour la paix – Union populaire Républicaine (UPR) – Tête de liste: François Asselineau.
Liste Paix et décroissance – Tête de liste: Michel Simonin.
Liste Pour une autre Europe – Tête de liste: Jean-Marc Fortané.
Liste La droite pour faire entendre la voix de la France en Europe – Les Républicains (LR) – Tête de liste: François-Xavier Bellamy.
Liste Lutte ouvrière (LO) – Tête de liste: Nathalie Arthaud.
Liste Changer l’Europe – Nouvelle Donne (ND) – Tête de liste: Pierre Larrouturou.
Liste Nous le peuple – Tête de liste: Georges Renard-Kuzmanovic.
Liste Pour un monde sans frontières ni patrons, urgence révolution! – NPA Révolutionnaires (NPA) – Tête de liste: Selma Labib.
Liste Pour le pain, la paix, la liberté!, présentée par le Parti des travailleurs – Tête de liste: Camille Adoue.
Liste l’Europe ça suffit! – Les Patriotes (LP) – Tête de liste: Florian Philippot.
Liste Non! Prenons-nous en mains – Tête de liste: Edouard Husson.
Liste Forteresse Europe – liste d’unité nationaliste – Tête de liste: Pierre-Marie Bonneau.
Liste Réveiller l’Europe Parti socialiste (PS) – Place publique (PP) – Tête de liste: Raphaël Glucksmann.
Liste Non à l’UE et à l’OTAN, Communistes pour la paix et le progrès social – Tête de liste: Charles Hoareau.
Liste Alliance rurale – Tête de liste: Jean Lassalle.
Liste France libre – Tête de liste: Francis Lalanne.
Liste Europe Territoires Écologie – Parti Radical de Gauche (PRG) – Régions et Peuples Solidaires – Volt – MDP – MDC – Tête de liste: par Guillaume Lacroix.
Liste La ruche citoyenne – Tête de liste: Lorys Elmayan.
Liste Gauche unie pour le monde du travail – Parti communiste (PCF) – Gauche républicaine et socialiste (GRS) – Tête de liste: Léon Deffontaines.
Liste Défendre les enfants – Tête de liste: Gaël Coste-Meunier.
Liste Écologie au centre (EAC) – Tête de liste: Jean-Marc Governatori.
Liste Démocratie représentative – Tête de liste: Hamada Traoré.
Liste Esperanto langue commune – Europe Démocratie Espéranto (EDE) – Tête de liste: Laure Patas d’Illiers.

Élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

Élections européennes : 37 listes ou la dérive démocratique

 

Il est clair que les Français déjà peu intéressés par les élections européennes avec un taux d’abstention de 50 à 60 % risquent d’être encore un peu plus déboussolés par le nombre démentiel de listes à savoir 37. Ou la dérive d’une démocratie qui hésite entre autocratie et anarchie. Autocratie par exemple avec Macron et anarchie avec des marginaux gauchistes, corporatistes, ésotériques ou encore identitaires.

Les conditions de cette élection sont évidemment à revoir totalement si on ne veut pas qu’un jour l’abstention atteigne les 80 %.

37 listes ont déposé leur candidature pour les élections européennes du 9 juin en France, soit trois de plus qu’en 2019, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur publié ce samedi 18 mai au Journal officiel.

De nombreuses listes défendant l’environnement, la souveraineté française, mais aussi les enfants ou la langue internationale espéranto, s’ajoutent aux candidatures des principales formations politiques. Une liste Free Palestine est également présente, menée par le président de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), Nagib Azergui, qui avait déjà été candidat en 2019.

 

Récapitulatif des 37 listes candidates

Liste Pour une humanité souveraine – Tête de liste: M. Fidèl.
Liste Pour une démocratie réelle : décidons nous-mêmes! – Tête de liste: Philippe Ponge.
Liste La France fière – Tête de liste: Marion Maréchal.
Liste La France Insoumise (LFI) – Tête de liste: Manon Aubry.
Liste La France revient! – Rassemblement national (RN) – Tête de liste: Jordan Bardella.
Liste Europe Écologie (EELV) – Tête de liste: Marie Toussaint.
Liste Free Palestine – Tête de liste: Nagib Azergui.
Liste Parti animaliste (PA) – Tête de liste: Hélène Thouy.
Liste Parti révolutionnaire communistes – Tête de liste: Olivier Terrien.
Liste Parti pirate (PP) – Tête de liste: Caroline Zorn.
Liste Besoin d’Europe – Renaissance – Modem – Horizons – Udi – Parti Radical – Tête de liste: Valérie Hayer.
Liste PACE – parti des citoyens européens, pour l’armée européenne, pour l’Europe sociale, pour la planète! – Tête de liste: Audric Alexandre.
Liste Équinoxe : Écologie pratique et renouveau démocratique- Tête de liste: Marine Cholley.
Liste Écologie positive et territoires – Tête de liste: Yann Wehrling.
Liste Asselineau-Frexit, pour le pouvoir d’achat et pour la paix – Union populaire Républicaine (UPR) – Tête de liste: François Asselineau.
Liste Paix et décroissance – Tête de liste: Michel Simonin.
Liste Pour une autre Europe – Tête de liste: Jean-Marc Fortané.
Liste La droite pour faire entendre la voix de la France en Europe – Les Républicains (LR) – Tête de liste: François-Xavier Bellamy.
Liste Lutte ouvrière (LO) – Tête de liste: Nathalie Arthaud.
Liste Changer l’Europe – Nouvelle Donne (ND) – Tête de liste: Pierre Larrouturou.
Liste Nous le peuple – Tête de liste: Georges Renard-Kuzmanovic.
Liste Pour un monde sans frontières ni patrons, urgence révolution! – NPA Révolutionnaires (NPA) – Tête de liste: Selma Labib.
Liste Pour le pain, la paix, la liberté!, présentée par le Parti des travailleurs – Tête de liste: Camille Adoue.
Liste l’Europe ça suffit! – Les Patriotes (LP) – Tête de liste: Florian Philippot.
Liste Non! Prenons-nous en mains – Tête de liste: Edouard Husson.
Liste Forteresse Europe – liste d’unité nationaliste – Tête de liste: Pierre-Marie Bonneau.
Liste Réveiller l’Europe Parti socialiste (PS) – Place publique (PP) – Tête de liste: Raphaël Glucksmann.
Liste Non à l’UE et à l’OTAN, Communistes pour la paix et le progrès social – Tête de liste: Charles Hoareau.
Liste Alliance rurale – Tête de liste: Jean Lassalle.
Liste France libre – Tête de liste: Francis Lalanne.
Liste Europe Territoires Écologie – Parti Radical de Gauche (PRG) – Régions et Peuples Solidaires – Volt – MDP – MDC – Tête de liste: par Guillaume Lacroix.
Liste La ruche citoyenne – Tête de liste: Lorys Elmayan.
Liste Gauche unie pour le monde du travail – Parti communiste (PCF) – Gauche républicaine et socialiste (GRS) – Tête de liste: Léon Deffontaines.
Liste Défendre les enfants – Tête de liste: Gaël Coste-Meunier.
Liste Écologie au centre (EAC) – Tête de liste: Jean-Marc Governatori.
Liste Démocratie représentative – Tête de liste: Hamada Traoré.
Liste Esperanto langue commune – Europe Démocratie Espéranto (EDE) – Tête de liste: Laure Patas d’Illiers.

Réguler internet : un enjeu démocratique

 Réguler internet : un enjeu démocratique 

Notre usage d’Internet et des réseaux sociaux explose, et les cyberviolences aussi. Chaque publication peut déclencher un déferlement de haine. Cyberharcèlement, injures, menaces et, de plus en plus souvent aussi, diffusion d’images à caractère sexuel sans consentement, montages dégradants et deepfakes. Nous ne sommes pas égaux face aux violences en ligne. Une femme risque 27 fois plus qu’un homme d’être cyberharcelée 1, et 47% des femmes ayant déclaré un fait de cyberharcèlement disent avoir été visées en raison de leur genre, contre 18% des hommes 2. D’après le Haut Conseil à l’égalité, « le harcèlement sexiste et sexuel en ligne entraîne un bouleversement des comportements des femmes, qui s’organisent consciemment ou non pour le contourner ou l’éviter ». Ces stratégies d’évitement conduisent à une forme d’autocensure.

 

par Rachel-Flore Pardo, avocate, et Shani Benoualid, cofondatrice de #jesuislà dans La Tribune

 

Quatre-vingts ans après l’obtention du droit de vote pour les femmes, comment espérer qu’elles prennent toute leur place dans le débat public si on ne limite pas les violences en ligne qui les visent plus que les hommes ? Aux femmes s’ajoutent toutes celles et ceux dont l’origine, la religion, le handicap, l’apparence, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre est prétexte à la haine ou à la discrimination.

Non, nous ne sommes pas égaux face à la haine en ligne. Les cyberviolences sont une menace pour nos démocraties en ce qu’elles excluent certaines et certains, plus que d’autres, de cet espace d’expression qu’est Internet. Pourtant, la liberté d’expression est un droit fondamental souvent utilisé pour défendre une certaine inaction face aux violences en ligne. Mais toutes les formes d’expression ne se valent pas. Cette liberté fondamentale connaît des limites. L’injure, la diffamation, le harcèlement, les menaces doivent s’y plier. Et surtout, liberté d’expression et lutte contre l’impunité sur Internet ne sont pas à opposer. C’est parce que nous voulons que chacune et chacun puisse s’y exprimer librement, dans les limites que nous nous sommes collectivement fixées, que nous tenons à ce que cet espace d’échange soit mieux régulé. Sinon, c’est la loi du plus fort. Et les plus vulnérables se taisent. Le procès des cyberharceleurs de Magali Berdah 3 a marqué un progrès notable dans la reconnaissance et la sanction de ces actes. Mais on peine encore à rivaliser avec l’ampleur et la rapidité de propagation de la haine en ligne. Si le projet de loi français visant à sécuriser et réguler l’espace numérique doit permettre des avancées, il convient de rappeler que cette bataille dépasse largement nos frontières nationales.

À la veille des élections européennes, il faut urgemment mieux réguler Internet pour ne pas laisser se perpétrer les violences numériques au détriment de la liberté d’expression des plus vulnérables. Il s’agit d’un enjeu démocratique majeur pour l’Union européenne. Ces élections doivent permettre de conforter, dans la lignée de la législation sur les services numériques (Digital Services Act), la place de la lutte contre la haine en ligne au cœur des priorités de l’Union européenne. Ce n’est qu’ainsi qu’on provoquera un véritable sursaut citoyen numérique européen. Face à un phénomène de haine, chacun peut jouer un rôle : ajouter à la haine, la laisser se répandre, ou, dans le meilleur des cas, y faire barrage.

1. Rapport du Lobby européen des femmes, 2017.

2. « The State of Online Harassment », Pew Research Center, 2021.

3. Rachel-Flore Pardo est l’une des avocates de Magali Berdah.

Laïcité: Un enjeu démocratique

Laïcité: Un enjeu démocratique 

Après l’affaire du lycée Ravel (Paris), l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer livre un plaidoyer vibrant en faveur de la laïcité et, surtout, milite pour sa défense active. Il en va de nos libertés, voire du régime politique dans lequel nous vivons, explique-t-il dans » la Tribune ».

La République a-t-elle encore assez de force d’âme pour se défendre face à ses ennemis ? Jusqu’à quand l’islamisme radical abusera-t-il de la patience démocratique ? Ces questions taraudent notre corps social mais aussi nos institutions. Longtemps, la maison de la laïcité a brûlé tandis que nous regardions ailleurs. Tout pompier qui intervenait pour la sauver recevait les projectiles des gardiens de la bonne conscience. Réagir était réactionnaire.

Aujourd’hui, le départ d’un proviseur, menacé pour avoir voulu faire respecter la loi, choque la France entière, car il traduit un sentiment d’impuissance, de recul, de défaite. Il est assez facile d’accabler l’Éducation nationale en de telles circonstances. En réalité, c’est toute la société qui est remise en question, son modèle républicain, sa capacité à se défendre. Et, au travers de la laïcité, c’est l’ensemble de l’armature démocratique qui est ébranlé. Car on ne doit jamais oublier que la démocratie se juge aussi aux outils dont elle se dote pour se défendre et se perpétuer. La laïcité en fait partie.

Pendant des années, des voix ont cherché à nous vendre le modèle communautariste. Combien de fois ai-je entendu vanter l’approche anglaise et ses supposées vertus de tolérance ? Londres la moderne face à Paris la crispée. Aujourd’hui, devant certains tribunaux civils de Grande-Bretagne, on invoque désormais la charia. L’antisémitisme explose. La patrie des libertés est en train de sombrer sous le poids de sa naïveté vaniteuse, de l’idée intenable que le « laisser-faire laisser-aller » résoudrait comme par magie tous les problèmes. Il est paradoxal et presque risible que la vision mélenchoniste de la société rejoigne dans ses effets ceux de la Mecque du capitalisme.

Si nous sommes particulièrement attaqués, c’est précisément parce que notre modèle excite l’hostilité de ceux pour qui son existence est une insulte à leur vision archaïque. Certains ont cherché à nous donner des complexes, désignant notre force comme une faiblesse. Nous étions sommés de penser que la laïcité était un legs historique désuet, une anomalie. L’enjeu de distinction du spirituel et du temporel est pourtant vieux comme les sociétés humaines. Et la réponse française, spécifique dans ses modalités, correspond à un besoin fondamental dans le monde entier, y compris dans les sociétés de tradition musulmane. La Turquie a pu être laïque pendant des décennies ; l’opposition iranienne, majoritaire dans la population, ne demande qu’à renvoyer les théologiens aux questions religieuses ; les Kurdes de Syrie ont créé une entité autonome où la laïcité est le principe, où les autres religions sont les bienvenues, où les femmes sont les égales des hommes. Aussi importe-t-il d’aborder le sujet sans céder aux intimidations des entrepreneurs en déconstruction. Les enjeux de la laïcité se confondent avec l’universalisme de l’aspiration démocratique, car ils déterminent tout simplement la question de la liberté. Les remèdes s’organisent autour de trois mots: la netteté, le pragmatisme et le courage.

Le premier impératif est celui d’une parole ferme et continue. Autant les sujets éducatifs se prêtent parfaitement au « en même temps » – il faut de l’exigence et de la bienveillance, de la méritocratie et de l’égalité, etc. -, autant les sujets régaliens ne peuvent se permettre un grand écart et encore moins des zigzags. On retrouve sur cette permanence républicaine aussi bien un Georges Clemenceau qu’un Georges Pompidou. D’un bout à l’autre d’un mandat présidentiel, on doit entendre de la part du chef de l’État, du Premier ministre et du ministre de l’Éducation nationale une musique invariable, celle de la République indivisible, laïque, démocratique et sociale par laquelle notre Constitution définit ontologiquement notre nation. Les règles, donc, doivent être posées. Et clairement défendues. La loi de 2004 dont nous fêtons l’anniversaire en est un exemple parfait. En 2017, la création d’un Conseil des sages de la laïcité était conçue dans le même esprit. Désormais, une instance de référence précise les normes applicables, les attitudes à tenir. Au sein de l’institution, nul ne peut désormais de bonne foi s’abriter derrière un supposé flou.

Le deuxième impératif est celui de l’action. La culture du signalement a progressé à l’Éducation nationale. Des équipes « valeurs de la République » ont été créées dans les rectorats pour agir chaque fois que des professeurs ou des chefs d’établissement se sentaient en situation de faiblesse face à des comportements inacceptables. L’esprit a changé : des milliers de signalements et d’interventions ont eu lieu depuis lors. Le « pas de vague » n’a certes pas disparu, à l’Éducation nationale comme ailleurs, mais il a reculé. Néanmoins, certaines formes d’autocensure ont pu progresser sous l’e!et de la peur ou de l’idéologie. Et, surtout, rien de tout cela n’a empêché les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard, ce qui nous oblige à une introspection permanente sur ce qui doit encore progresser. La coordination entre l’Éducation nationale, la police et la justice n’a cessé de se renforcer, car c’est par là que peuvent se résoudre les problèmes qui n’ont pas leur source dans l’école.

Le facteur humain est avant tout essentiel si l’on veut que les bonnes intentions entrent en pratique. C’est pourquoi, depuis 2020, les concours de professeur intègrent une épreuve orale évaluant le candidat sur ses connaissances et son positionnement au regard des valeurs de la République. Les premiers retours de terrain indiquent que les toutes nouvelles générations ont une conscience du sujet plus aiguisée que leurs immédiats devanciers. Il faudra aller beaucoup plus loin, tant on observe un fossé générationnel dû en partie aux idéologies dominantes à l’université, quant aux réflexes républicains face aux menées du communautarisme. Le « plan des 1000 », inspiré par l’inspecteur général honoraire Jean-Pierre Obin pour atteindre chaque enseignant grâce à 1000 formateurs expérimentés et alimentés aux meilleures sources, a touché à ce jour 504000 professeurs. Tout cela ne doit pas être oublié mais au contraire renforcé, prolongé, car il faut justement être dans une logique de sillon long et non dans celle des annonces sans lendemain.

Les solutions propres à l’Éducation nationale resteront insuffisantes si l’on n’a pas, de surcroît, une mobilisation des autres institutions et des citoyens. Pour cette raison, le troisième ingrédient, essentiel, sera le courage.

Le courage est souvent solitaire. C’est même un peu par cela qu’il se définit. Mais nous devons nous garder d’une forme d’esthétique de la défaite. Il faut désormais une éthique de la victoire. Cela signifie que nous devons passer au courage collectif.

Défendre la laïcité vous suscite des ennemis mortels et les menaces qui vont avec. Le premier mouvement d’une société est de bannir ceux qui lui disent une vérité aussi insupportable que salvatrice. C’est vrai dans le personnel politique comme dans un établissement scolaire.

Lorsqu’une menace survient, il faut que le nombre soit du côté du droit. Que la force soit du côté de la République. Le problème de la laïcité est totalement corrélé aux problèmes de la démocratie. Les ennemis de la démocratie sont organisés, unis, et ils ont le sens du long terme. En face, ses défenseurs sont ultra-majoritaires dans la population, mais ils ne sont pas organisés, ils se divisent à la moindre occasion et ne présentent aucune vision dans la durée. Il est vital que cela change. Cela peut commencer par la parole politique si elle sait rappeler les bienfaits de nos principes et les faire vivre. Cela peut continuer par la meilleure protection de chacun par les institutions. Mais, pour que cela se réalise pleinement, il faut les réflexes civiques de tous. C’est par la République que nous sauverons la démocratie.

Dénoncer l’imposture démocratique de Poutine

Dénoncer l’imposture démocratique de Poutine 

 L’« élection présidentielle » qui se tient en Russie, dimanche 17 mars, n’est qu’un simulacre électoral. Dans la dictature de guerre qu’il a instaurée, Poutine est certain d’être reconduit par un scrutin falsifié..Un collectif de défenseurs des droits humains, emmené par Olga Prokopieva, présidente de l’association Russie-Libertés, appelle, dans une tribune au « Monde », à ne plus reconnaître Vladimir Poutine comme président légitime de la Fédération de Russie à l’issue de l’imposture électorale du 17 mars.

 

L’assassinat du principal opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, fut un choc non seulement pour les Russes qui voyaient en lui l’espoir de connaître un jour « la magnifique Russie du futur », comme Navalny l’avait qualifiée lui-même, mais également pour l’ensemble du monde démocratique. Alors que des négociations sur un échange potentiel étaient en cours, le Kremlin a, comme toujours, rompu toute discussion et lâchement assassiné Alexeï Navalny, tué, seul, dans une cellule glaciale au nord du cercle polaire.

Car nul ne doute que la mort de l’opposant a été provoquée par le régime, par ses terribles conditions de détention, les tortures morales et physiques qui lui étaient infligées, la privation de ses droits les plus vitaux, son empoisonnement, trois ans plus tôt, et par l’acharnement judiciaire auquel, avec sa famille, il devait faire face depuis plus d’une décennie.

Cet assassinat a poussé le Parlement européen à adopter une résolution, le 29 février, qui remet en question la légitimité de Poutine. Auparavant, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en avait fait de même, en remettant en cause la légitimité de l’« élection » à venir.

Car l’« élection présidentielle » qui se tient en Russie, dimanche 17 mars, n’est qu’un simulacre électoral. Dans la dictature de guerre qu’il a instaurée, Poutine est certain d’être reconduit par un scrutin falsifié.

Au pouvoir depuis vingt-quatre ans déjà, il règne par des guerres sanguinaires : Tchétchénie, Syrie, Géorgie, Ukraine… Aujourd’hui isolé et recherché par la Cour pénale internationale, Poutine est sans doute le pire criminel du XXIe siècle. Accusé de crimes de guerre, d’assassinats de journalistes et d’opposants, il a aussi été mis en cause par les enquêtes de l’équipe d’Alexeï Navalny pour avoir pillé la Russie et organisé des répressions de masse contre la société civile, la communauté LGBTQ+ et tous ceux qui s’opposent à lui. Il a exacerbé la violence dans le monde. Il a attaqué l’Ukraine et, aujourd’hui, il tente de déstabiliser l’Europe et ses démocraties en lançant des armées de trolls et d’agents à sa solde. Il est temps qu’il soit considéré comme un paria par le monde entier. Le poutinisme, ce sont des mensonges, de la corruption, des guerres, des répressions, des meurtres.

L’engouement des Russes pour chacun des candidats antiguerre qui tentaient de se présenter à l’élection présidentielle a montré une aspiration profonde de la population pour la cessation de la guerre en Ukraine. L’immense rassemblement du 1ᵉʳ mars à Moscou, jour des funérailles d’Alexeï Navalny, a révélé le visage de cette Russie qui, étouffée, attendait que s’ouvre une fenêtre pour exprimer sa colère et son rejet envers Poutine.

 

Caricature démocratique en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe

Caricature démocratique en Russie: l’opposant Navalny expédié dans l’arctique russe


Sans doute possible, c’est en raison des élections résidentielles que Poutine éloigne encore un peu plus jusque dans l’Arctique russe l’opposant Navalny condamné à 19 ans de prison. Un établissement pénitentiaire aux pires conditions dans un environnement évidemment difficile à vivre. Poutine pourra encore s’enorgueillir d’un résultat après de 90 % après avoir emprisonné ou tué le moindre opposant.

Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle violation évidente des droits de l’homme puisque cette détention menace gravement la santé de l’intéressé. Cela traduit en réalité la pathologie du dictateur Poutine qui a même peur de son ombre alors qu’ évidemment le résultat est déjà connu avec un score qui sera proche de 90 % compte tenu du tripatouillage politique habituel.E t cela d’autant plus qu’il n’y a aucun opposant puisque les éventuels candidats un peu crédibles sont soit interdits, soit internés, soit empoisonnés.

La France a dénoncé lundi soir le transfèrement de l’opposant russe Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire située dans l’Arctique russe, y voyant une nouvelle violation des droits humains.

«La France rappelle que la Russie est, au titre du droit international, entièrement responsable de la santé de ses détenus», a également ajouté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Paris appelle enfin à libérer tous les prisonniers politiques, «immédiatement et sans condition, et à cesser toute persécution judiciaire à leur encontre».

Les États-Unis ont également affirmé lundi être «profondément inquiets» des «conditions de détention» de l’opposant russe Alexeï Navalny. «Nous nous réjouissons des informations selon lesquelles Alexeï Navalny a été localisé», a déclaré un porte-parole du département d’État. «Cependant, nous restons profondément inquiets du sort de Alexeï Navalny et de ses conditions de détention injustes», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Charismatique militant anticorruption et ennemi numéro un de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny purge une peine de 19 ans de prison pour «extrémisme». Washington a une nouvelle fois exigé la «libération immédiate» du quadragénaire, exhortant Moscou à mettre fin à la «répression croissante des voix indépendantes en Russie» et au «ciblage pernicieux» d’Alexeï Navalny.

Société- «Récession démocratique» dans le monde

Société- «Récession démocratique» dans le monde

Le monde connaît une récession démocratique le monde connaît une récession démocratique pour la sixième année de suite d’après un rapport de IDEA international et cela au profit des théocraties de toute nature. Dictature religieuse, dictature politique, dictature militaire.

Selon un rapport de IDEA International, c’est la sixième année de suite que davantage de démocraties sont en déclin plutôt qu’en progrès.

Des pays étudiés sont affectés par des dysfonctionnements démocratiques caractérisés en particulier par des atteintes aux libertés.

Sur 173 pays étudiés, 85 ont affiché de mauvais résultats en fonction d’au moins «un indicateur clé de performance démocratique au cours des cinq dernières années».

En ce qui concerne la représentation, le rapport pointe «un déclin notable», en particulier dans le domaine des élections et du bon fonctionnement des Parlements, mais aussi du principe d’État de droit, dont l’indépendance du système judiciaire des pays. «Nous constatons également un recul dans les démocraties historiquement performantesd’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie», souligne Michael Runey. Cette vague de déclin des systèmes démocratiques à un niveau global peut s’illustrer, entre autres, par les coups d’État sur le continent africain.

«Nous voyons des signes d’espoir dans des pays isolés dans le monde entier» comme en Europe centrale ou sur le continent africain. «Mais dans l’ensemble, le tableau reste très négatif», conclut-il.

«Récession démocratique» dans le monde

«Récession démocratique» dans le monde

Le monde connaît une récession démocratique le monde connaît une récession démocratique pour la sixième année de suite d’après un rapport de IDEA international et cela au profit des théocraties de toute nature. Dictature religieuse, dictature politique, dictature militaire.

Selon un rapport de IDEA International, c’est la sixième année de suite que davantage de démocraties sont en déclin plutôt qu’en progrès.

Des pays étudiés sont affectés par des dysfonctionnements démocratiques caractérisés en particulier par des atteintes aux libertés.

Sur 173 pays étudiés, 85 ont affiché de mauvais résultats en fonction d’au moins «un indicateur clé de performance démocratique au cours des cinq dernières années».

En ce qui concerne la représentation, le rapport pointe «un déclin notable», en particulier dans le domaine des élections et du bon fonctionnement des Parlements, mais aussi du principe d’État de droit, dont l’indépendance du système judiciaire des pays. «Nous constatons également un recul dans les démocraties historiquement performantesd’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie», souligne Michael Runey. Cette vague de déclin des systèmes démocratiques à un niveau global peut s’illustrer, entre autres, par les coups d’État sur le continent africain.

«Nous voyons des signes d’espoir dans des pays isolés dans le monde entier» comme en Europe centrale ou sur le continent africain. «Mais dans l’ensemble, le tableau reste très négatif», conclut-il.

Afrique : le rejet démocratique ?

Afrique : le rejet démocratique ?


La série de coups d’État militaires intervenus dans la bande sahélienne au cours de ces dernières années a souvent été analysée, en France, du point de vue du rejet par les populations locales (ou, en tout cas, par une partie d’entre elles) de la présence militaire, diplomatique et économique française. Toutefois, ces putschs s’inscrivent également dans un processus que l’on observe plus largement dans les pays d’Afrique anciennement colonisés : le rejet de plus en plus assumé de la démocratie « à l’européenne », perçue comme une idéologie contraire aux traditions et aux volontés des peuples africains, et comme un instrument employé par les puissances occidentales sans cohérence et selon leur bon vouloir.

La question est évidemment sociétale notamment à travers le rapport aux libertés mais elle aussi malheureusement économique car les dictatures n’offrent pas un cadre juridique satisfaisant pour le développement. Le système des dictatures accroît par ailleurs considérablement les phénomènes de migration notamment vers l’Europe NDLR

Dans The Conversation

Les paysans africains (largement majoritaires dans les populations du continent à l’époque) n’ont donc pas vraiment été dépaysés par la violence coloniale et tout ce qui l’accompagnait : perception d’impôts, recrutements forcés, cultures obligatoires (culture forcée du coton à l’Office du Niger, de l’arachide au Sénégal et au Mali), etc. Dans la conscience paysanne, l’anthropologue peut observer la permanence de la notion de « force », qui a toujours été au cœur des relations entre États, et entre les États et leurs sujets.

Il n’en reste pas moins qu’au niveau villageois, un autre principe prévalait : celui selon lequel le chef de village devait prendre sa décision sur la base d’un consensus après avoir consulté l’ensemble des villageois.

Cette ambiguïté ou dualité du pouvoir, qui reposait à la fois sur une force d’émanation guerrière et sur le principe apparemment égalitaire de la « palabre », se retrouve aujourd’hui après qu’elle a été oblitérée par la mise en œuvre, dans la dernière période de la colonisation française, des élections. Il faut en effet attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que la France mette en place des processus électoraux et que surgisse ainsi un principe démocratique.

Ce processus s’est poursuivi après les indépendances, sauf dans les pays qui se sont engagés dans la voie du socialisme comme la Guinée et le Mali. Interrompu dans certains pays par des coups d’État militaires, le processus démocratique a repris de plus belle après la fameuse déclaration de François Mitterrand à La Baule, en 1990, sur la nécessité de la démocratisation du continent.

L’Afrique francophone s’est ainsi retrouvée à partir des années 1990 avec des pays modèles en matière de démocratie comme le Sénégal et le Mali. Puis est venu le temps du désenchantement avec la guerre civile en Côte d’Ivoire (2002-2007) et la volonté de certains chefs d’État d’effectuer des mandats supplémentaires en modifiant les Constitutions de leurs pays respectifs (Côte d’Ivoire, Sénégal), sans compter les pays où des despotes se sont maintenus au pouvoir pendant des décennies (Guinée équatoriale, Cameroun, Congo-Brazzaville…).

La démocratie, une notion étrangère au continent ?
Mais c’est l’essor du djihadisme dans les pays du Sahel qui a véritablement sonné le glas du mirage démocratique. La démocratie, avec ses élections, a été vue par bon nombre d’acteurs locaux, notamment militaires, comme un instrument d’affaiblissement des armées nationales, alors même qu’elles se trouvaient aux prises avec des éléments qualifiés de terroristes.

Au Mali notamment, et bien qu’Ibrahim Boubacar Keita ait été élu démocratiquement en 2013, a été pointée la déliquescence du régime avec son cortège de corruption, de népotisme et de prévarication. En deçà, la gestion du président Alpha Omar Konaré (1992-2002) qui jusque là avait été considérée comme sans tache, a récemment été mise en cause par le premier ministre actuel Choguel Maiga (arrivé au pouvoir à la suite du putsch de 2021) en raison de son supposé abandon de l’armée au cours de ses mandats successifs, laissant ainsi libre cours à la poussée djihadiste. À l’inverse, est réhabilitée la figure du général Moussa Traoré, auteur en 1968 d’un coup d’État militaire qui avait mis fin au régime socialiste de Modibo Keita.

Bref, le principe démocratique d’inspiration occidentale est censé, d’après certains responsables africains eux-mêmes, ne pas convenir à l’Afrique ; on retrouve là l’idée de Jacques Chirac qui estimait que le continent africain n’était pas mûr pour l’application de ce système politique.

La démocratie, avec son système électoral donnant des gagnants et des perdants, est en effet considérée comme étant l’objet de toutes les manipulations et de toutes les compromissions. Il existe une véritable nostalgie, au sein de larges secteurs des populations africaines, pour un pouvoir fort, un pouvoir guerrier qu’incarnent bien les militaires qui se sont emparés du pouvoir au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et au Niger. Mais au-delà, il existe un goût prononcé pour des institutions proprement africaines, que celles-ci soient d’ordre coercitif ou consensuel.

La remise en valeur de modèles précoloniaux
Cette nostalgie prend plusieurs formes, celle de formations politiques et de certaines associations anciennes – que celles-ci aient disparu, qu’elles existent encore ou qu’elles se soient profondément transformées.

L’empire médiéval du Mali, ainsi que la Charte de Kurugan Fuga, édictée par son fondateur Sunjata, continuent ainsi de servir de référence à certaines fractions de l’élite politique et intellectuelle malienne. Les pactes politiques entre clans qui ont été instaurés à cette période sont censés pouvoir servir de modèle alternatif aux Constitutions importées d’Occident.

De même, les sociétés de chasseurs mandingues et dogons, avec leur organisation égalitaire, fournissent un modèle de comportement concurrençant de façon convaincante les Constitutions occidentales, qui reposent sur le principe de l’égalité des citoyens. Enfin, la palabre villageoise, ou plutôt une version idéalisée de cette institution, paraît être à même de ramener la concorde et d’échapper aux procédures électorales sources de divisions.

Dans une perspective afro-futuriste, certaines formations politiques existant depuis une époque reculée mais toujours présentes actuellement comme le royaume bamoun du Cameroun sont présentées par des intellectuels africains comme pouvant fournir un contrepoint alternatif à un État camerounais défaillant (voir le passage « Foumban is Wakanda », pp. 47-49 dans le récent ouvrage de l’auteur de ces lignes).

Bref, l’Afrique disposerait de ressources politiques autochtones lui permettant de se passer de l’importation de modèles prétendument universels mais ne s’appliquant en réalité qu’à l’Occident.

Le principe universaliste de la démocratie occidentale, outre qu’il serait défendu de façon hypocrite par l’Europe et les États-Unis, qui s’accommodent parfaitement de nombreux régimes formellement démocratiques mais en réalité répressifs, est également vu par certains secteurs des opinions africaines comme le moyen d’imposer des valeurs contraires à leurs propres valeurs culturelles. Il en va ainsi des droits de l’homme qui sont brandis par les Occidentaux pour fustiger l’excision, les mariages forcés ou encore la condamnation de l’homosexualité.

En cela, certains pays africains trouvent un répondant dans la Russie de Poutine, qui lui aussi dénonce des valeurs occidentales « ne correspondant pas à la culture russe ».

Partout en Afrique, au Maghreb (Tunisie), dans certains pays européens (Hongrie, Slovaquie) et même aux États-Unis (Trump), la démocratie est battue en brèche au profit du culte du chef. Dans le cadre de ce modèle, plus aucun corps intermédiaire n’est censé subsister entre le leader et ses citoyens devenus des sujets. La démocratie devient une curiosité ou un vestige occidental, d’autant plus que certains de ses thuriféraires peuvent apparaître comme étant eux-mêmes nostalgiques d’un Ancien Régime où s’épanouissait la royauté (c’est ainsi qu’est parfois présenté Emmanuel Macron).

Dans de larges parties du monde, la démocratie n’a plus le vent en poupe et l’Occident a bien du mal à imposer au nom de ce principe des changements de régime dans des pays qui, il n’y a pas si longtemps, se trouvaient encore sous sa dépendance. Le renversement des dictateurs Saddam Hussein en Irak et Mouammar Kadhafi en Libye, et c’est un euphémisme, ne s’est pas avéré convaincant, de sorte que la politique de George W. Bush contre les États « voyous » est désormais abandonnée et que les États-Unis par exemple, à la différence de la France, se sont parfaitement accommodés, dans un premier temps, de l’arrivée au pouvoir au Niger d’une junte militaire, même s’ils ont fait machine arrière par la suite, tout en maintenant leurs troupes dans le pays.

Bref, contrairement à ce que prévoyait Francis Fukuyama, l’Histoire ne s’est pas arrêtée après la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique. On assiste au contraire, dans l’esprit de la conférence de Bandung (1955), à une reprise d’initiative des pays du Sud, avec par exemple l’émergence des BRICS auxquels sont venus s’adjoindre plusieurs pays, notamment africains (Égypte et Éthiopie), sans que la question de leur nature démocratique soit posée (pas plus d’ailleurs qu’elle n’est posée pour les membres fondateurs de ce groupe que sont la Chine et la Russie). Le débat international ne porte donc plus sur le régime politique de chaque pays membre mais sur la volonté contre-hégémonique de défier la suprématie de l’Occident, incarnée essentiellement par les États-Unis et l’Europe.

Il va sans dire que le projet des BRICS d’instaurer une nouvelle monnaie aura sans doute des répercussions dans les anciennes colonies françaises d’Afrique qui continuent de voir leur souveraineté limitée par l’existence du franc CFA. C’est sans doute dans ce domaine que sera mené le prochain combat politique et économique entre les pays africains francophones et la France, laissant ainsi de côté la question de savoir si ces pays sont de nature démocratique ou dictatoriale.

La vision d’une humanité se dirigeant dans son ensemble vers un avenir démocratique radieux n’a donc plus cours. Le combat démocratique universel a cédé la place à des rapports de force entre pays et entre nations, ce qui redonne une certaine actualité aux analyses des années 1960-1970 qui mettaient en avant les rapports centre-périphérie au sein du système économique mondial.

Afrique : le désenchantement démocratique

Politique-Afrique : le désenchantement démocratique


La série de coups d’État militaires intervenus dans la bande sahélienne au cours de ces dernières années a souvent été analysée, en France, du point de vue du rejet par les populations locales (ou, en tout cas, par une partie d’entre elles) de la présence militaire, diplomatique et économique française. Toutefois, ces putschs s’inscrivent également dans un processus que l’on observe plus largement dans les pays d’Afrique anciennement colonisés : le rejet de plus en plus assumé de la démocratie « à l’européenne », perçue comme une idéologie contraire aux traditions et aux volontés des peuples africains, et comme un instrument employé par les puissances occidentales sans cohérence et selon leur bon vouloir.

Dans The Conversation

Les paysans africains (largement majoritaires dans les populations du continent à l’époque) n’ont donc pas vraiment été dépaysés par la violence coloniale et tout ce qui l’accompagnait : perception d’impôts, recrutements forcés, cultures obligatoires (culture forcée du coton à l’Office du Niger, de l’arachide au Sénégal et au Mali), etc. Dans la conscience paysanne, l’anthropologue peut observer la permanence de la notion de « force », qui a toujours été au cœur des relations entre États, et entre les États et leurs sujets.

Il n’en reste pas moins qu’au niveau villageois, un autre principe prévalait : celui selon lequel le chef de village devait prendre sa décision sur la base d’un consensus après avoir consulté l’ensemble des villageois.

Cette ambiguïté ou dualité du pouvoir, qui reposait à la fois sur une force d’émanation guerrière et sur le principe apparemment égalitaire de la « palabre », se retrouve aujourd’hui après qu’elle a été oblitérée par la mise en œuvre, dans la dernière période de la colonisation française, des élections. Il faut en effet attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que la France mette en place des processus électoraux et que surgisse ainsi un principe démocratique.

Ce processus s’est poursuivi après les indépendances, sauf dans les pays qui se sont engagés dans la voie du socialisme comme la Guinée et le Mali. Interrompu dans certains pays par des coups d’État militaires, le processus démocratique a repris de plus belle après la fameuse déclaration de François Mitterrand à La Baule, en 1990, sur la nécessité de la démocratisation du continent.

L’Afrique francophone s’est ainsi retrouvée à partir des années 1990 avec des pays modèles en matière de démocratie comme le Sénégal et le Mali. Puis est venu le temps du désenchantement avec la guerre civile en Côte d’Ivoire (2002-2007) et la volonté de certains chefs d’État d’effectuer des mandats supplémentaires en modifiant les Constitutions de leurs pays respectifs (Côte d’Ivoire, Sénégal), sans compter les pays où des despotes se sont maintenus au pouvoir pendant des décennies (Guinée équatoriale, Cameroun, Congo-Brazzaville…).

La démocratie, une notion étrangère au continent ?
Mais c’est l’essor du djihadisme dans les pays du Sahel qui a véritablement sonné le glas du mirage démocratique. La démocratie, avec ses élections, a été vue par bon nombre d’acteurs locaux, notamment militaires, comme un instrument d’affaiblissement des armées nationales, alors même qu’elles se trouvaient aux prises avec des éléments qualifiés de terroristes.

Au Mali notamment, et bien qu’Ibrahim Boubacar Keita ait été élu démocratiquement en 2013, a été pointée la déliquescence du régime avec son cortège de corruption, de népotisme et de prévarication. En deçà, la gestion du président Alpha Omar Konaré (1992-2002) qui jusque là avait été considérée comme sans tache, a récemment été mise en cause par le premier ministre actuel Choguel Maiga (arrivé au pouvoir à la suite du putsch de 2021) en raison de son supposé abandon de l’armée au cours de ses mandats successifs, laissant ainsi libre cours à la poussée djihadiste. À l’inverse, est réhabilitée la figure du général Moussa Traoré, auteur en 1968 d’un coup d’État militaire qui avait mis fin au régime socialiste de Modibo Keita.

Bref, le principe démocratique d’inspiration occidentale est censé, d’après certains responsables africains eux-mêmes, ne pas convenir à l’Afrique ; on retrouve là l’idée de Jacques Chirac qui estimait que le continent africain n’était pas mûr pour l’application de ce système politique.

La démocratie, avec son système électoral donnant des gagnants et des perdants, est en effet considérée comme étant l’objet de toutes les manipulations et de toutes les compromissions. Il existe une véritable nostalgie, au sein de larges secteurs des populations africaines, pour un pouvoir fort, un pouvoir guerrier qu’incarnent bien les militaires qui se sont emparés du pouvoir au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et au Niger. Mais au-delà, il existe un goût prononcé pour des institutions proprement africaines, que celles-ci soient d’ordre coercitif ou consensuel.

La remise en valeur de modèles précoloniaux
Cette nostalgie prend plusieurs formes, celle de formations politiques et de certaines associations anciennes – que celles-ci aient disparu, qu’elles existent encore ou qu’elles se soient profondément transformées.

L’empire médiéval du Mali, ainsi que la Charte de Kurugan Fuga, édictée par son fondateur Sunjata, continuent ainsi de servir de référence à certaines fractions de l’élite politique et intellectuelle malienne. Les pactes politiques entre clans qui ont été instaurés à cette période sont censés pouvoir servir de modèle alternatif aux Constitutions importées d’Occident.

De même, les sociétés de chasseurs mandingues et dogons, avec leur organisation égalitaire, fournissent un modèle de comportement concurrençant de façon convaincante les Constitutions occidentales, qui reposent sur le principe de l’égalité des citoyens. Enfin, la palabre villageoise, ou plutôt une version idéalisée de cette institution, paraît être à même de ramener la concorde et d’échapper aux procédures électorales sources de divisions.

Dans une perspective afro-futuriste, certaines formations politiques existant depuis une époque reculée mais toujours présentes actuellement comme le royaume bamoun du Cameroun sont présentées par des intellectuels africains comme pouvant fournir un contrepoint alternatif à un État camerounais défaillant (voir le passage « Foumban is Wakanda », pp. 47-49 dans le récent ouvrage de l’auteur de ces lignes).

Bref, l’Afrique disposerait de ressources politiques autochtones lui permettant de se passer de l’importation de modèles prétendument universels mais ne s’appliquant en réalité qu’à l’Occident.

Le principe universaliste de la démocratie occidentale, outre qu’il serait défendu de façon hypocrite par l’Europe et les États-Unis, qui s’accommodent parfaitement de nombreux régimes formellement démocratiques mais en réalité répressifs, est également vu par certains secteurs des opinions africaines comme le moyen d’imposer des valeurs contraires à leurs propres valeurs culturelles. Il en va ainsi des droits de l’homme qui sont brandis par les Occidentaux pour fustiger l’excision, les mariages forcés ou encore la condamnation de l’homosexualité.

En cela, certains pays africains trouvent un répondant dans la Russie de Poutine, qui lui aussi dénonce des valeurs occidentales « ne correspondant pas à la culture russe ».

Partout en Afrique, au Maghreb (Tunisie), dans certains pays européens (Hongrie, Slovaquie) et même aux États-Unis (Trump), la démocratie est battue en brèche au profit du culte du chef. Dans le cadre de ce modèle, plus aucun corps intermédiaire n’est censé subsister entre le leader et ses citoyens devenus des sujets. La démocratie devient une curiosité ou un vestige occidental, d’autant plus que certains de ses thuriféraires peuvent apparaître comme étant eux-mêmes nostalgiques d’un Ancien Régime où s’épanouissait la royauté (c’est ainsi qu’est parfois présenté Emmanuel Macron).

Dans de larges parties du monde, la démocratie n’a plus le vent en poupe et l’Occident a bien du mal à imposer au nom de ce principe des changements de régime dans des pays qui, il n’y a pas si longtemps, se trouvaient encore sous sa dépendance. Le renversement des dictateurs Saddam Hussein en Irak et Mouammar Kadhafi en Libye, et c’est un euphémisme, ne s’est pas avéré convaincant, de sorte que la politique de George W. Bush contre les États « voyous » est désormais abandonnée et que les États-Unis par exemple, à la différence de la France, se sont parfaitement accommodés, dans un premier temps, de l’arrivée au pouvoir au Niger d’une junte militaire, même s’ils ont fait machine arrière par la suite, tout en maintenant leurs troupes dans le pays.

Bref, contrairement à ce que prévoyait Francis Fukuyama, l’Histoire ne s’est pas arrêtée après la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique. On assiste au contraire, dans l’esprit de la conférence de Bandung (1955), à une reprise d’initiative des pays du Sud, avec par exemple l’émergence des BRICS auxquels sont venus s’adjoindre plusieurs pays, notamment africains (Égypte et Éthiopie), sans que la question de leur nature démocratique soit posée (pas plus d’ailleurs qu’elle n’est posée pour les membres fondateurs de ce groupe que sont la Chine et la Russie). Le débat international ne porte donc plus sur le régime politique de chaque pays membre mais sur la volonté contre-hégémonique de défier la suprématie de l’Occident, incarnée essentiellement par les États-Unis et l’Europe.

Il va sans dire que le projet des BRICS d’instaurer une nouvelle monnaie aura sans doute des répercussions dans les anciennes colonies françaises d’Afrique qui continuent de voir leur souveraineté limitée par l’existence du franc CFA. C’est sans doute dans ce domaine que sera mené le prochain combat politique et économique entre les pays africains francophones et la France, laissant ainsi de côté la question de savoir si ces pays sont de nature démocratique ou dictatoriale.

La vision d’une humanité se dirigeant dans son ensemble vers un avenir démocratique radieux n’a donc plus cours. Le combat démocratique universel a cédé la place à des rapports de force entre pays et entre nations, ce qui redonne une certaine actualité aux analyses des années 1960-1970 qui mettaient en avant les rapports centre-périphérie au sein du système économique mondial.

Afrique : le désenchantement démocratique

Afrique : le désenchantement démocratique

La série de coups d’État militaires intervenus dans la bande sahélienne au cours de ces dernières années a souvent été analysée, en France, du point de vue du rejet par les populations locales (ou, en tout cas, par une partie d’entre elles) de la présence militaire, diplomatique et économique française. Toutefois, ces putschs s’inscrivent également dans un processus que l’on observe plus largement dans les pays d’Afrique anciennement colonisés : le rejet de plus en plus assumé de la démocratie « à l’européenne », perçue comme une idéologie contraire aux traditions et aux volontés des peuples africains, et comme un instrument employé par les puissances occidentales sans cohérence et selon leur bon vouloir.

Les paysans africains (largement majoritaires dans les populations du continent à l’époque) n’ont donc pas vraiment été dépaysés par la violence coloniale et tout ce qui l’accompagnait : perception d’impôts, recrutements forcés, cultures obligatoires (culture forcée du coton à l’Office du Niger, de l’arachide au Sénégal et au Mali), etc. Dans la conscience paysanne, l’anthropologue peut observer la permanence de la notion de « force », qui a toujours été au cœur des relations entre États, et entre les États et leurs sujets.

Il n’en reste pas moins qu’au niveau villageois, un autre principe prévalait : celui selon lequel le chef de village devait prendre sa décision sur la base d’un consensus après avoir consulté l’ensemble des villageois.

Cette ambiguïté ou dualité du pouvoir, qui reposait à la fois sur une force d’émanation guerrière et sur le principe apparemment égalitaire de la « palabre », se retrouve aujourd’hui après qu’elle a été oblitérée par la mise en œuvre, dans la dernière période de la colonisation française, des élections. Il faut en effet attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que la France mette en place des processus électoraux et que surgisse ainsi un principe démocratique.

Ce processus s’est poursuivi après les indépendances, sauf dans les pays qui se sont engagés dans la voie du socialisme comme la Guinée et le Mali. Interrompu dans certains pays par des coups d’État militaires, le processus démocratique a repris de plus belle après la fameuse déclaration de François Mitterrand à La Baule, en 1990, sur la nécessité de la démocratisation du continent.

L’Afrique francophone s’est ainsi retrouvée à partir des années 1990 avec des pays modèles en matière de démocratie comme le Sénégal et le Mali. Puis est venu le temps du désenchantement avec la guerre civile en Côte d’Ivoire (2002-2007) et la volonté de certains chefs d’État d’effectuer des mandats supplémentaires en modifiant les Constitutions de leurs pays respectifs (Côte d’Ivoire, Sénégal), sans compter les pays où des despotes se sont maintenus au pouvoir pendant des décennies (Guinée équatoriale, Cameroun, Congo-Brazzaville…).

La démocratie, une notion étrangère au continent ?
Mais c’est l’essor du djihadisme dans les pays du Sahel qui a véritablement sonné le glas du mirage démocratique. La démocratie, avec ses élections, a été vue par bon nombre d’acteurs locaux, notamment militaires, comme un instrument d’affaiblissement des armées nationales, alors même qu’elles se trouvaient aux prises avec des éléments qualifiés de terroristes.

Au Mali notamment, et bien qu’Ibrahim Boubacar Keita ait été élu démocratiquement en 2013, a été pointée la déliquescence du régime avec son cortège de corruption, de népotisme et de prévarication. En deçà, la gestion du président Alpha Omar Konaré (1992-2002) qui jusque là avait été considérée comme sans tache, a récemment été mise en cause par le premier ministre actuel Choguel Maiga (arrivé au pouvoir à la suite du putsch de 2021) en raison de son supposé abandon de l’armée au cours de ses mandats successifs, laissant ainsi libre cours à la poussée djihadiste. À l’inverse, est réhabilitée la figure du général Moussa Traoré, auteur en 1968 d’un coup d’État militaire qui avait mis fin au régime socialiste de Modibo Keita.

Bref, le principe démocratique d’inspiration occidentale est censé, d’après certains responsables africains eux-mêmes, ne pas convenir à l’Afrique ; on retrouve là l’idée de Jacques Chirac qui estimait que le continent africain n’était pas mûr pour l’application de ce système politique.

La démocratie, avec son système électoral donnant des gagnants et des perdants, est en effet considérée comme étant l’objet de toutes les manipulations et de toutes les compromissions. Il existe une véritable nostalgie, au sein de larges secteurs des populations africaines, pour un pouvoir fort, un pouvoir guerrier qu’incarnent bien les militaires qui se sont emparés du pouvoir au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et au Niger. Mais au-delà, il existe un goût prononcé pour des institutions proprement africaines, que celles-ci soient d’ordre coercitif ou consensuel.

La remise en valeur de modèles précoloniaux
Cette nostalgie prend plusieurs formes, celle de formations politiques et de certaines associations anciennes – que celles-ci aient disparu, qu’elles existent encore ou qu’elles se soient profondément transformées.

L’empire médiéval du Mali, ainsi que la Charte de Kurugan Fuga, édictée par son fondateur Sunjata, continuent ainsi de servir de référence à certaines fractions de l’élite politique et intellectuelle malienne. Les pactes politiques entre clans qui ont été instaurés à cette période sont censés pouvoir servir de modèle alternatif aux Constitutions importées d’Occident.

De même, les sociétés de chasseurs mandingues et dogons, avec leur organisation égalitaire, fournissent un modèle de comportement concurrençant de façon convaincante les Constitutions occidentales, qui reposent sur le principe de l’égalité des citoyens. Enfin, la palabre villageoise, ou plutôt une version idéalisée de cette institution, paraît être à même de ramener la concorde et d’échapper aux procédures électorales sources de divisions.

Dans une perspective afro-futuriste, certaines formations politiques existant depuis une époque reculée mais toujours présentes actuellement comme le royaume bamoun du Cameroun sont présentées par des intellectuels africains comme pouvant fournir un contrepoint alternatif à un État camerounais défaillant (voir le passage « Foumban is Wakanda », pp. 47-49 dans le récent ouvrage de l’auteur de ces lignes).

Bref, l’Afrique disposerait de ressources politiques autochtones lui permettant de se passer de l’importation de modèles prétendument universels mais ne s’appliquant en réalité qu’à l’Occident.

Le principe universaliste de la démocratie occidentale, outre qu’il serait défendu de façon hypocrite par l’Europe et les États-Unis, qui s’accommodent parfaitement de nombreux régimes formellement démocratiques mais en réalité répressifs, est également vu par certains secteurs des opinions africaines comme le moyen d’imposer des valeurs contraires à leurs propres valeurs culturelles. Il en va ainsi des droits de l’homme qui sont brandis par les Occidentaux pour fustiger l’excision, les mariages forcés ou encore la condamnation de l’homosexualité.

En cela, certains pays africains trouvent un répondant dans la Russie de Poutine, qui lui aussi dénonce des valeurs occidentales « ne correspondant pas à la culture russe ».

Partout en Afrique, au Maghreb (Tunisie), dans certains pays européens (Hongrie, Slovaquie) et même aux États-Unis (Trump), la démocratie est battue en brèche au profit du culte du chef. Dans le cadre de ce modèle, plus aucun corps intermédiaire n’est censé subsister entre le leader et ses citoyens devenus des sujets. La démocratie devient une curiosité ou un vestige occidental, d’autant plus que certains de ses thuriféraires peuvent apparaître comme étant eux-mêmes nostalgiques d’un Ancien Régime où s’épanouissait la royauté (c’est ainsi qu’est parfois présenté Emmanuel Macron).

Dans de larges parties du monde, la démocratie n’a plus le vent en poupe et l’Occident a bien du mal à imposer au nom de ce principe des changements de régime dans des pays qui, il n’y a pas si longtemps, se trouvaient encore sous sa dépendance. Le renversement des dictateurs Saddam Hussein en Irak et Mouammar Kadhafi en Libye, et c’est un euphémisme, ne s’est pas avéré convaincant, de sorte que la politique de George W. Bush contre les États « voyous » est désormais abandonnée et que les États-Unis par exemple, à la différence de la France, se sont parfaitement accommodés, dans un premier temps, de l’arrivée au pouvoir au Niger d’une junte militaire, même s’ils ont fait machine arrière par la suite, tout en maintenant leurs troupes dans le pays.

Bref, contrairement à ce que prévoyait Francis Fukuyama, l’Histoire ne s’est pas arrêtée après la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique. On assiste au contraire, dans l’esprit de la conférence de Bandung (1955), à une reprise d’initiative des pays du Sud, avec par exemple l’émergence des BRICS auxquels sont venus s’adjoindre plusieurs pays, notamment africains (Égypte et Éthiopie), sans que la question de leur nature démocratique soit posée (pas plus d’ailleurs qu’elle n’est posée pour les membres fondateurs de ce groupe que sont la Chine et la Russie). Le débat international ne porte donc plus sur le régime politique de chaque pays membre mais sur la volonté contre-hégémonique de défier la suprématie de l’Occident, incarnée essentiellement par les États-Unis et l’Europe.

Il va sans dire que le projet des BRICS d’instaurer une nouvelle monnaie aura sans doute des répercussions dans les anciennes colonies françaises d’Afrique qui continuent de voir leur souveraineté limitée par l’existence du franc CFA. C’est sans doute dans ce domaine que sera mené le prochain combat politique et économique entre les pays africains francophones et la France, laissant ainsi de côté la question de savoir si ces pays sont de nature démocratique ou dictatoriale.

La vision d’une humanité se dirigeant dans son ensemble vers un avenir démocratique radieux n’a donc plus cours. Le combat démocratique universel a cédé la place à des rapports de force entre pays et entre nations, ce qui redonne une certaine actualité aux analyses des années 1960-1970 qui mettaient en avant les rapports centre-périphérie au sein du système économique mondial.

Une écologie populaire et démocratique ?

Une écologie populaire et démocratique ?

Emmanuel Macron a dévoilé lundi 25 septembre les grandes lignes de sa « planification écologique » tout en essayant de rassurer, notamment en rappelant l’attachement à des Français à la « bagnole ». Beaucoup ont vu là un appel du pied aux classes populaires. Alors que la sobriété des comportements et l’adoption de mesures environnementales ambitieuses s’imposent pour lutter contre la crise énergétique et le dérèglement climatique, comment justement caractériser les pratiques et attitudes de ces classes sociales à l’égard de l’environnement ? Le discours écologique mainstream qui s’est développé depuis une quarantaine d’années repose sur une vision politique, globale, urbaine et conscientisée de l’engagement écologique. Les classes populaires urbaines et rurales, fréquemment dépeintes comme sobres « par nécessité » du fait de fortes contraintes économiques qui modèlent leurs habitudes, sont-elles vouées à subir une transition coûteuse et des mesures de sobriété qui, pour elles, n’ont rien d’« heureuses » ?

par Theodore Tallent
Chercheur doctorant en science politique au Centre d’Etudes Européennes et de politique comparée, Sciences Po dans The Conversation

Intimement lié à l’écologie politique, ce discours écologique dominant défend donc la politisation de l’enjeu écologique, l’adoption généralisée d’une conscience écologique individuelle, et le déploiement de politiques de régulation telles que la fiscalité verte. Malgré les divergences, ce discours écologique a de commun qu’il considère l’intentionnalité des actions environnementales (la « conscience écologique ») comme centrale.

Or il semble à première vue que les classes populaires résidant en zone rurale ou en périphérie des villes rentrent difficilement dans ce cadre discursif. Pour elles, ce sont plutôt les impératifs de pouvoir d’achat, d’emploi et de logement qui sont régulièrement présentés par des éditorialistes ou sondages comme primordiaux. Les pratiques de sobriété sont donc souvent qualifiées de « subies », à rebours d’un engagement conscientisé et politique.

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Compte tenu du fait que la transition écologique mêle pratiques individuelles et politiques publiques, il est en outre intéressant de noter là encore que ces dernières, appliquées uniformément et sans adaptation, imposent un coût supérieur aux classes populaires. Une étude confirme ainsi que la majorité des instruments de décarbonation ont un impact distributif important. L’acceptabilité de ces politiques baisse ainsi au sein des classes populaires, mais aussi des classes moyennes rurales, qui craignent pour leur situation économique.

À l’aune de ces éléments, une éventuelle « écologie populaire » semble plutôt rimer avec précarisation et difficultés d’adaptation. Il paraît surtout clair qu’elle ne s’inscrit pas dans les bornes fixées par le discours écologique dominant.

Dépasser l’opposition entre « fin du mois » et « écologie »
Loin des discours caricaturaux distinguant les « bobos écolos » des centres-villes des périurbains et ruraux, trop préoccupés par leurs conditions de vie pour envisager l’enjeu écologique, une nouvelle écologie se dessine pourtant.

En 2015, 35,7 % des ménages français possédaient deux voitures ou plus. Damien Meyer/AFP
Certes, la précarité des classes populaires rend plus difficile l’adoption de certaines pratiques ou la formation d’opinions positives à l’égard des politiques environnementales. Mais c’est paradoxalement par cela qu’elles sont en train de réinventer une écologie relocalisée, sobre, et aux valeurs fondamentalement populaires, comme le démontrent deux études de terrain menées dans le contexte des « gilets jaunes ».

Ces citoyens des classes populaires urbaines, ou même de la classe moyenne rurale, proposent un modèle alternatif au discours dominant sur l’écologie.

Au cœur des conclusions de ces études réside l’idée que ce n’est pas parce que certaines de leurs pratiques sont contraintes que cela les rendrait moins écolos.

Qui a dit que l’écologie de conviction (et de discours) valait mieux que l’écologie de l’action ?

Une « dépossession écologique »
L’essence de cette critique se trouvait déjà chez Joan Martinez-Alier lorsqu’il publiait son livre The Environmentalism of the Poor en 2002. Un nouvel écologisme était, selon lui, en train de naître sous nos yeux, en opposition aux dommages environnementaux subis par les populations pauvres du Sud global.

Vingt ans plus tard, c’est aussi une nouvelle écologie qui apparaît dans les pays du Nord, au sein de classes populaires urbaines et rurales ne se reconnaissant que rarement dans l’écologie mainstream, en témoigne par exemple la sociologie du vote vert en France. Cette « dépossession écologique » s’explique par des références et valeurs différentes, des impératifs quotidiens divergents et des pratiques et attitudes qui n’expriment pas un message tout à fait similaire à celui porté par le mouvement dominant.

Cela se manifeste également par une forte préoccupation économique, dont ces citoyens ne peuvent s’éloigner – raison pour laquelle le discours décroissantiste, actuellement débattu au sein des mouvements écologiques, y fait moins recette.

Réinventer l’imaginaire écologique
Les « gilets jaunes », bien que longtemps caricaturés, ont dévoilé les bribes d’une écologie pensée hors des centres métropolitains. Leur imaginaire écologique, fondamentalement « populaire », insistait plutôt sur les valeurs morales de « non-gaspillage », de « modération », et de localisme.

C’était une écologie du soin, du familier, du « moins », du local. Une écologie tournée vers son environnement proche, vers une manière d’habiter unique et relationnelle. Une écologie parfois de la débrouille, mais également du territoire, ancrée dans son quartier ou dans son village.

Au-delà des « gilets jaunes », l’écologie populaire cherche à démontrer que « les “gens de peu” ne sont pas des riches auxquels il ne manquerait que l’argent ». Si les classes populaires ont un faible bilan carbone, ce n’est pas juste par contrainte budgétaire, c’est aussi parce qu’elles cultivent un imaginaire différent et ont d’autres modes de vie. Lors d’entretiens conduits hors des grands centres urbains, c’est le même message qui revient : les pratiques existent, ce sont les justifications qui varient.

Loin d’une lecture binaire de l’écologie (entre les « écolos » et les autres), il s’agit d’envisager l’écologie dans sa pluralité. Les attitudes et pratiques divergent, les justifications aussi, mais dans une crise environnementale toujours plus vive, il serait bon de rappeler l’expression anglaise bien connue : parfois, « actions speak louder than thoughts » (les actions comptent plus que les idées) – récemment remis au goût du jour.

Le défi de cette écologie populaire se manifeste par la difficulté matérielle vécue par bon nombre d’Européens avec l’application de « principes » écologiques dans leur quotidien, à la fois pour cause de précarité ou par une impression de distance à l’égard des injonctions (et des politiques publiques) promues à Bruxelles, Paris ou Berlin.

Reconnaître une écologie populaire implique donc aussi bien l’adoption de nouveaux logiciels de pensée, ouverts à d’autres pratiques et attitudes, mais également l’adoption de politiques visant à éviter d’en arriver à l’impasse des « gilets jaunes ».

Cela passera sans doute par de la planification et de l’anticipation, pour éviter de tomber entre le marteau de la sobriété subie et l’enclume de la transition éprouvée, mais aussi par un effort pour rebâtir la confiance avec des classes populaires vivant un fort sentiment d’exclusion écologique.

En prenant au sérieux ces discours et pratiques écologiques populaires, il sera ainsi possible d’y trouver des clés pour construire la société de demain, plus sobre, tournée vers le soin et ancrée dans son territoire.

Pour un débat démocratique à la hauteur des enjeux du siècle

Pour un débat démocratique à la hauteur des enjeux du siècle

Dans une tribune au « Monde », un collectif de députés, parmi lesquels Julie Laernoes (écologiste) et Antoine Vermorel-Marques (LR), appelle la première ministre à inscrire la loi de programmation sur l’énergie et le climat à l’agenda parlementaire de cette rentrée.

L’été 2023 s’achève. Il a été le plus chaud jamais enregistré d’après l’observatoire européen Copernicus. Il nous a tous marqués, notamment en raison de la répétition d’événements climatiques extrêmes, manifestation connue du changement climatique. Il a endeuillé de nombreuses familles dans le monde entier. Et le mois de septembre n’a pas dit son dernier mot…

Nous avons donc une responsabilité majeure pour agir contre le défi du siècle, celui de la bataille contre le réchauffement climatique. Pour cela, il est essentiel d’adopter une loi à la hauteur des enjeux, après avoir débattu démocratiquement des chemins à prendre, des mesures à mettre en œuvre pour rehausser l’ambition qui est la nôtre et que nous devons à nos concitoyens.

Au Parlement, nous ne défendons pas tous les mêmes ambitions et solutions mais nous nous accordons sur un point commun : la nécessité de pouvoir débattre de l’avenir climatique et énergétique de notre pays. Nous appelons donc le gouvernement à inscrire la loi de programmation sur l’énergie et le climat à l’agenda parlementaire avant la fin 2023.

En 2019, à l’occasion de la loi relative à l’énergie et au climat, le Parlement décidait qu’avant le 1er juillet 2023, une loi devait être présentée pour « déterminer les objectifs et fixer les priorités d’action de la politique énergétique nationale pour répondre à l’urgence écologique et climatique ». Cette loi se fait toujours attendre alors qu’elle est décisive pour préciser plusieurs éléments-clés pour notre avenir climatique.

D’abord et avant tout, nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Depuis 2019, beaucoup de choses ont changé. L’Union européenne (UE) a rehaussé ses objectifs de baisse d’émissions d’ici à 2030 en proposant le paquet « Fit for 55 ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les pays riches à avancer leurs objectifs de neutralité carbone « le plus près possible de 2040 ».

Plusieurs études ont insisté sur la nécessité de réaliser l’essentiel des efforts dès les prochaines années. C’est le cas du Conseil scientifique de l’Union européenne sur le changement climatique, qui indique que l’UE doit réduire ses émissions de 90 % à 95 % d’ici à 2040 .

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