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« Médias publics, une force pour les démocraties »

« Médias publics,  une force pour les démocraties »

 

Huit dirigeants mondiaux de l’audiovisuel public rappellent, dans une tribune au « Monde », le rôle et les valeurs défendues par leurs chaînes et s’alarment de l’amalgame fait par Facebook entre médias publics et médias d’Etat.

 » Le 4 juin, Facebook a annoncé avoir commencé à étiqueter les contenus venant de médias contrôlés par l’Etat. Cette décision s’inscrit dans le cadre du débat actuel croissant sur la distinction entre médias d’Etat et médias publics, devenu d’une grande importance pour les citoyens des pays démocratiques partout dans le monde.

Médias d’Etat et médias publics sont tous deux créés et peuvent être financés par un gouvernement national, mais ils ont des fonctions complètement différentes.

Les médias d’Etat ont pour mission d’appuyer les intérêts du gouvernement. Leur rôle est de s’assurer que l’information présentée au public est conforme à la version des événements privilégiée par le pouvoir. Même si l’information qu’ils diffusent peut s’avérer exacte et non altérée, trop souvent, ces médias sont un moyen pour les Etats de contrer les critiques et d’éclipser d’un sujet les problèmes, les dissidents et les sources d’embarras.

Les médias publics, quant à eux, ont été créés pour répondre aux besoins des citoyens. Même s’ils sont tous différents, chacun reflétant son pays et sa culture, ils incarnent tous un ensemble de valeurs fondamentales comme l’indépendance, la défense de l’intérêt public, l’impartialité, l’universalité des services, la diversité, l’exactitude et la rigueur journalistiques. C’est sur la base de ces valeurs que plusieurs médias publics jouissent de niveaux élevés de confiance de la part de leurs publics.

Les médias publics ont en commun un devoir d’informer, d’éduquer, de divertir et de tisser des liens avec les membres de leurs pays respectifs. Ils jouent un rôle essentiel pour représenter la diversité et la créativité culturelles des pays qu’ils servent. De manière plus fondamentale, ils ont la responsabilité de soutenir la démocratie en informant les citoyens et en exigeant des gouvernements de rendre des comptes.

Pour qu’un gouvernement appuie et protège le mandat d’une organisation qui a, entre autres, le rôle de surveiller publiquement ses activités, cela nécessite du courage et un engagement envers le bien public. Or c’est ce dont les gouvernements de pays démocratiques font preuve depuis près d’un siècle, bien souvent avec un large soutien parlementaire. Ces pays n’en sont que plus forts.

Il y a là une reconnaissance implicite du fait qu’au sein d’une démocratie, les besoins en information ne peuvent être satisfaits par les seules forces du marché, et encore moins être confiés à des personnes qui pourraient chercher à en tirer profit pour renforcer leur propre pouvoir. Les médias publics constituent une option intéressante, une source d’information de qualité, libre de toute influence commerciale : une valeur sûre pour la société.

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« Vers des démocraties de l’abstention »

« Vers des démocraties de l’abstention »

La chute du taux de participation enregistrée les 15 mars et 28 juin s’explique autant par la peur du virus que par l’absence de campagne électorale « de forte intensité », analyse la politiste Céline Braconnier dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Alors que la pratique électorale intermittente est devenue la norme, les élections municipales se sont longtemps distinguées par leur capacité à faire venir aux urnes une partie des citoyens qui ont basculé dans l’abstention aux régionales, aux européennes et aux législatives. L’attachement à la figure du maire, la perception de certains enjeux touchant le quotidien étant au nombre des facteurs explicatifs de cette exceptionnalité municipale jusque-là préservée.

La chute subite du taux de participation enregistrée les 15 mars et 28 juin, d’une ampleur spectaculaire – de l’ordre de 20 points –, semble donc marquer un nouveau cap dans le basculement de la France du côté des démocraties de l’abstention. Car, cette fois-ci, seuls quatre inscrits sur dix ont fait entendre leur voix, avec pour effet, notamment dans les grandes villes en situation de triangulaire, de consacrer des élus locaux soutenus par une infime proportion d’inscrits : 10 à 15 %, rarement plus. Si l’on tient compte des 11 % de non-inscrits, on mesure toute la distance creusée année après année entre les citoyens et l’institution électorale.

Le contexte sanitaire a bien évidemment joué sur l’ampleur de cette abstention. Il en a aussi modifié la sociologie, puisque les populations les plus exposées au risque de la contamination (les plus de 60 ans), dont la participation atteignait 75 % en 2014, n’ont été cette fois-ci que 43 % à se déplacer. Cependant, il n’a pas neutralisé les inégalités structurelles de participation électorale.

Lors du second tour, comme habituellement, on a beaucoup plus voté dans les petites communes de Lozère ou des Pyrénées-Orientales que dans les grandes villes. Et l’on a moins voté en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs en France. 13 à 15 points de participation séparent les 4e et 8e arrondissements de Lyon comme les 5e et 19e arrondissements de Paris, à la sociologie beaucoup plus populaire.

A l’instar des scrutins de 2008 et 2014, ce sont aussi et surtout les jeunes qui se sont le moins rendus aux urnes (72 % d’abstention chez les 18-34 ans), dans des proportions inquiétantes identiques à celles enregistrées lors des scrutins qui se sont succédé depuis les législatives de 2017.

Les concernant, c’est moins la peur liée au virus qui explique une participation inhabituellement basse pour une municipale que l’absence de campagne électorale de forte intensité, utile pour neutraliser, quelques jours avant un scrutin, l’éloignement du monde institutionnel et aider à faire le lien entre vécu, programmes et politiques publiques. Du fait d’une campagne tronquée, nombre de jeunes rencontrés dimanche aux abords des bureaux de vote ne savaient pas qu’un scrutin se tenait ou étaient tellement peu informés des programmes et des enjeux qu’ils ne souhaitaient pas se rendre aux urnes. »

La légitimité politique et la démocraties remises en cause par les inégalités dans le monde (PNUD)

La  légitimité politique et la démocraties  remises en cause par les inégalités dans le monde  (PNUD)

 

 

 

Dans de nombreux pays, les révoltes contestent évidemment l’accroissement des inégalités et s’en nourrissent mais au-delà de ces aspects, c’est la légitimité politique des élites qui est en cause. Une sorte d’opposition entre la légitimité juridique qui peut sortir des urnes et la légitimité politique. Un conflit qui concerne des pays en développement et des pays modernes comme la France par exemple- “Ce n’est pas un hasard si le phénomène ne se limite pas à la Colombie ni de l’Amérique latine. Il se produit dans le monde entier a averti lundi Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). On objectera évidemment que les règles démocratiques actuelles donnent une légitimité à ces élites mais le problème provient du fait que le système  démocratique est cadenassé par des professionnels de la politique au service d’intérêts financiers voire aussi de leur propre intérêt. En outre, on a sans doute touché les limites d’une démocratie caractérisée essentiellement par une délégation de mandat qui limite le rôle du citoyen à déposer un bulletin de vote sans pouvoir ensuite participer à l’élaboration des orientations et contrôler les élus. Globalement, les élus sont choisis sur des programmes démagogiques et prennent ensuite des mesures qui contredisent leurs orientation et vont à l’encontre du progrès socio économiques.

 

Les manifestations qui ont eut lieu récemment au Chili, en Équateur, en Bolivie ou au Liban pourraient prendre encore plus d’ampleur et s’étendre ailleurs si les gouvernements ne font pas le nécessaire pour réduire les inégalités, a averti lundi Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le responsable de l’ONU n’a sans doute pas voulu citer deux pays développés qui pèsent cinq de l’ONU. Il aurait pu cependant dire la même chose des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et l’Italie. Au moment même où les écarts de niveau de vie se resserrent, écrivent les auteurs du rapport, “une nouvelle génération d’inégalités voit le jour” autour de l’éducation, de la transformation technologique et des changements climatiques”.

Faute d’être maîtrisés, ces “grands bouleversements” pourraient selon eux déclencher une “nouvelle grande divergence” d’une ampleur inédite depuis la Révolution industrielle.

Dans les pays à développement humain très élevé, les abonnements à Internet à haut débit fixe progressent par exemple 15 fois plus vite que dans les pays à développement humain faible et la proportion d’adultes ayant fait des études supérieures, augmente plus de six fois plus vite, soulignent-il. “Différents détonateurs poussent les populations à descendre dans la rue : le coût d’un billet de train, le prix de l’essence, les revendications politiques d’indépendance. Ces manifestations sont une nouvelle expression des inégalités et, comme le fait ressortir le Rapport sur le développement humain, les inégalités ne sont pas sans solutions. “Reconnaître le vrai visage des inégalités est un premier pas. La suite est un choix qui appartient à chaque dirigeant”, conclut Achim Steiner.

 

Démocraties, la France au 29e rang

Démocraties, la France au 29e rang

D’après le  classement annuel des démocraties établi par The Economist Intelligence Unit la France maintient, elle, sa 29e place au classement des démocraties avec un score de 7,80 points. Comme les autres pays d’Europe de l’Ouest classés comme « démocraties imparfaites », l’Hexagone échoue à passer dans la catégorie des « pleines démocraties », notent les experts de The Economist Intelligence Unit. Le premier du classement reste la Norvège, suivie de l’Islande, de la Suède, de la Nouvelle-Zélande et du Danemark. Les trois derniers sont la République démocratique du Congo (165e), la Syrie (166e) et la Corée du Nord (167e).

« Les démocraties ont besoin d’élites »… ou de technocrates ? (Mion, directeur de sciences-po)

 « Les démocraties ont besoin d’élites »… ou de technocrates ? (Mion, directeur de  sciences-po)

L’ancien énarque Frédéric Millon défend sa boutique de Sciences-po en considérant que la France a besoin d’élites. Il confond sans doute le concept d’élites avec celui de technocrates. Des technocrates qui bien sûr pullulent dans l’administration française mais aussi dans les entreprises grâces aux puissants réseaux d’influence constitués par les instituts d’études politiques, Sciences-po, l’ENA. Il ne craint pas d’ailleurs d’opposer les experts aux technocrates. Des experts qui seraient privés des connaissances des sciences sociales et politiques et même de la connaissance des réalités. On croit rêver évidemment. D’abord parce que nombre d’entreprises surtout publiques où  sera recasent les technocrates sont dans une situation de gestion catastrophique. Ensuite parce que les politiques issus de cette filière n’ont guère fait la démonstration de leurs connaissances des réalités sociales concrètes. Formatés  à peu près sur le même modèle, il se réfugie dans une dialectique scientiste et démagogique, en tout cas très approximative. De ce point de vue la France a davantage besoin d’experts, d’économistes et d’ingénieurs que d’anciens élèves d’instituts  politiques. Extrait de l’interview parue dans les Échos

Nos démocraties ont-elles encore besoin d’élites et d’expertise ?

Oui, les démocraties ont besoin d’élites. C’est un besoin absolument vital. Nemat Shafik, une Anglo-Egyptienne formée à Oxford qui a rejoint l’administration britannique et les institutions internationales et qui va prendre prochainement la tête de la London School of Economics (LSE), me disait récemment que sa priorité sera de réhabiliter le rôle et la place de l’expertise. C’est un combat que je partage, mais qui n’a rien d’aisé. D’abord parce que nous vivons dans un monde de l’immédiateté, de la communication instantanée via des réseaux sociaux qui nous poussent à condenser toute pensée en quelques signes. C’est le règne du raccourci. Ensuite, parce qu’il nous faut réinventer les voies qui permettront aux experts de se faire entendre de l’opinion et des décideurs. Les experts ont la tentation de vivre en vase clos, avec pour risque de se priver d’un rôle social. Regardez, par exemple, l’écart qui existe entre les experts et l’opinion publique sur une question comme les migrations. Le consensus des experts est qu’elles sont vertueuses. Toute la recherche, toute la littérature prouvent qu’accueillir des immigrés a un impact positif sur un pays. Et pourtant, le ressenti des populations, c’est un consensus exactement inverse ! Comment faire se rencontrer ces deux visions ? C’est l’une des questions majeures pour les décennies qui viennent pour nos démocraties.

Comment définir le populisme ?

Comme la volonté de proposer à l’opinion des réponses simples, voire simplistes, au mépris de la complexité, en faisant appel à l’émotion plus qu’à l’intelligence. C’est ce qu’on a vécu lors de la campagne du Brexit. Une campagne pendant laquelle certains ont sciemment menti. La capacité à susciter la peur et l’angoisse l’a emporté.

Les écoles comme la vôtre, qui forment les élites, n’ont-elles pas leur part de responsabilité ?

Notre responsabilité est pleinement engagée pour contribuer à rénover la légitimité des futurs décideurs. Nous devons intervenir à deux niveaux, le recrutement, d’une part, et le contenu de la formation, d’autre part. A nous, d’abord, de faire en sorte que celles et ceux que nous formons et qui ont vocation à rejoindre l’élite ne soient pas tous issus du même petit monde parisien. Sciences Po a atteint aujourd’hui près de 30 % de boursiers et nos nouveaux admis proviennent de 1.020 lycées à travers le monde. Mais nous devons poursuivre notre recrutement dans tout le pays, tous les pays, toutes les couches de la société. Pourquoi cette nécessité de diversité et de mixité ? Parce que l’apprentissage n’est pas que vertical, il est aussi, voire avant tout, horizontal. On apprend avec ses pairs et on apprend de ses pairs, au sein d’une communauté humaine. Attirer les talents les plus divers n’impose d’ailleurs nullement que nous abaissions nos niveaux d’exigence. A nous, en second lieu, de repenser en profondeur nos méthodes pédagogiques et nos formations pour que nos étudiants acquièrent une vraie expérience du terrain. A Sciences Po, les sciences sociales nous apportent des clefs essentielles de compréhension et un enracinement dans la réalité.

L’ENA se justifie-t-elle encore ?

L’ENA est-elle la source de tous nos maux ? Non. Elle demeure sans doute la moins mauvaise des réponses pour le recrutement des hauts cadres de l’Etat. Le contenu de l’enseignement dispensé à l’ENA est-il convaincant ? On entend souvent que les élèves apprécient les stages, mais peu les cours. Je salue le travail de Nathalie Loiseau pour répondre à ce défi. Le problème est que les jeunes qui sortent de l’ENA donnent l’impression d’être déconnectés de la réalité. C’est là-dessus qu’il faut travailler, et ce travail commence en amont de l’ENA.




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