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Trump : un sabotage de la démocratie et des États-Unis

Trump : un sabotage de la démocratie et des États-Unis

 

 

 Donald Trump  continue sa politique de terre brûlée en continuant d’éliminer ceux qui s’opposent à lui. Dernier exemple, le responsable gouvernemental des élections qui avait affirmé n’ avoir constaté aucune irrégularité massive susceptible de remettre en cause le résultat du vote a été viré.

 

On sait que Trump  est non seulement complètement dévoré par son ego mais qu’en plus  il est inculte et incompétent, ses décisions menacent aussi aussi bien son pays que l’environnement mondial. Ainsi Trump  a-t-il envisagé d’aller bombarder l’Iran. Heureusement des  conseillers ont réussi à le persuader de renoncer à cette opération folle qui tout simplement aurait pu déclencher une guerre mondiale.

 

De la même manière, en refusant le résultat de l’élection Trump  manifeste là un déni de démocratie qui mériterait une action judiciaire car cela encourage certains débordements et met en cause la sécurité interne du pays.

 

Finalement, Trump  n’a pas de vision particulière ni pour l’avenir de son pays ni en matière de politique étrangère. Sur le plan intérieur, Trump  essaye surtout de saboter tout ce qu’il peut y compris en continuant de minimiser voire de ridiculiser la crise sanitaire qui répand pourtant la mort aux États-Unis plus qu’ailleurs. Trump en refusant le verdict des urnes porte aussi un grave préjudice à l’image même du pays.

 

Au plan international outre cet invraisemblable perspective de bombardement de l’Iran il y a aussi le retrait prématuré des troupes d’Afghanistan et l’Irak. Traditionnellement aux États-Unis on attend la nomination du nouveau président avant de décider de mesures stratégiques aussi importantes qui pourraient déstabiliser encore un peu plus les pays évoqués et les régions voisines.

 

Bref c’est la politique du sabotage général et de la terre brûlée qui guide ce président complètement inculte et dévoré par son ego.

C’était la hantise des diplomates et des militaires français avant les élections. Un Donald Trump mauvais perdant face à Joe Biden, qui utiliserait ses soixante-dix derniers jours à la Maison-Blanche pour pratiquer la politique de la terre brûlée, et réduire la marge de manœuvre diplomatique de son successeur. Ce dangereux scénario, porteur d’un chaos supplémentaire dans un monde déjà en équilibre instable, est en train de se réaliser.

«Les assemblées citoyennes, nouvelle démocratie ?» (Thibault Loncke)

«Les assemblées citoyennes, nouvelle démocratie ?»  (Thibault Loncke)

A juste titre Thibault Loncke, consultant en affaires publiques chez Euralia s’interroge sur le contournement de la démocratie par le développement d’assemblées dites citoyennes sans réelle responsabilité et sens réelle légitimité  ( chronique dans l’Opinion )

 

Une assemblée de citoyens tirés au sort a-t-elle vocation à mieux représenter l’intérêt général que des élus ? Cette question se pose quand on observe le crédit accordé aux travaux de cette assemblée comparé aux rapports et propositions rédigés par des parlementaires. L’absence de statut juridique de la Convention citoyenne en fait un ovni dans le paysage institutionnel français. « Pompili envisage un moratoire pour interdire l’ouverture de nouveaux entrepôts d’e-commerce » titrait RTL le 17 juillet. Une proposition de loi portée par l’ancienne ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, emboîte le pas de la ministre en septembre. Rapporteure du texte, la députée a auditionné les acteurs concernés par la mesure comme il en est d’usage. Parmi les représentants d’intérêt auditionnés, des organisations professionnelles représentants du commerce et de la logistique et une ONG apparaissent dans le rapport. Tous sont inscrits au répertoire de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP) comme la loi du 9 décembre 2016, dite loi Sapin II, les y oblige. Un autre acteur est auditionné : la Convention citoyenne pour le climat. Le nom de ses représentants n’apparaît pas. Est-ce un représentant d’intérêt ? Non, elle ne semble pas correspondre à la définition de la loi Sapin II. Pourtant, ses représentants agissent comme tel lorsqu’ils écrivent au gouvernement pour que leur rapport entre dans le droit positif. Est-ce un décideur public ? Non, il ne s’agit pas d’un responsable public au sens de la loi Sapin II.

Pour légitimer les travaux de ces citoyens tirés au sort, il faudrait que le dispositif puisse être institutionnalisé pour ne plus dépendre du pouvoir exécutif

La rédaction du projet de loi issu des travaux de la Convention citoyenne est en cours. Une concertation doit être organisée avec les parlementaires dans les semaines à venir. Alors que le président de l’Assemblée nationale a désigné 25 représentants de tous les groupes politiques, la présidence du Sénat refuse pour l’instant de choisir des sénateurs pour siéger dans une instance qui n’est pas créée par une disposition législative. « Il ne faut pas confondre les pouvoirs exécutif, législatif et de contrôle », estime Gérard Larcher, président du Sénat. Pour lui, siéger dans des organismes extraparlementaires non cadrés par la loi expose les sénateurs à des «conflits d’intérêts». Responsabilités. A la différence des élus, les assemblées de citoyens ne sont pas responsables devant le peuple d’une décision prise. C’est pourquoi, leur rôle ne peut être de remplacer les responsables politiques. Mais, en étant représentatif, il peut être un maillon supplémentaire de la décision publique. « La responsabilité est la première dette du pouvoir pour les élus », selon le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier. La démocratie représentative est imparfaite et peut être grandement améliorée, notamment par l’instauration d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, qui a l’avantage de rendre les décideurs publics responsables devant les citoyens. Ce n’est pas le cas avec le tirage au sort. Le vrai risque, c’est qu’au moment de l’application de la loi, en cas de difficultés, il n’y ait pas de responsable pour justifier et répondre de la direction qui a été prise. Le tirage au sort est une expression politique possible et intéressante, certains candidats à l’élection présidentielle le proposaient d’ailleurs. Pour légitimer les travaux de ces citoyens tirés au sort, il faudrait que le dispositif puisse être institutionnalisé pour ne plus dépendre du pouvoir exécutif. Une constitutionnalisation du principe du tirage au sort pourrait être envisagée.

L’engagement public du gouvernement visant à transcrire le rapport de la Convention citoyenne dans la législation sans modification préalable peut se lire comme un contournement de la prérogative législative du Parlement

La difficulté réside dans l’engagement du président de la République de reprendre sans filtre les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Le Parlement doit-il être contraint par la Convention citoyenne pour le climat et la promesse présidentielle ? L’engagement public du gouvernement visant à transcrire le rapport dans la législation sans modification préalable peut se lire comme un contournement de la prérogative législative du Parlement. « C’était un exercice démocratique nouveau, le Parlement est là justement pour discuter des propositions qui sont faites, cela ne veut pas dire reprendre texto tout ce qui a été proposé » a répondu Bénédicte Peyrol, députée LREM influente au sein de la commission des finances, souhaitant implicitement rappeler le principe de séparation des pouvoirs. Lors de la réforme constitutionnelle de 2008, la faiblesse du Parlement a été identifiée comme un élément important de la perte de confiance des citoyens dans la démocratie représentative. La revalorisation du Parlement était la clé de voûte de la réforme. Le fait qu’une assemblée de citoyens concurrence directement le Parlement douze ans après, est un élément majeur dans l’évolution de nos institutions. Cette évolution institutionnelle devra être débattue lors de la prochaine élection présidentielle et devra prendre garde de ne pas négliger la nécessaire concertation avec les parties prenantes ainsi que le renforcement de la transparence du processus de construction de la loi. Thibault Loncke, consultant en affaires publiques chez Euralia.

Surtout le boycott de la démocratie par les dictatures

Surtout le boycott de la démocratie par les dictatures

 

 

Toutes les occasions sont bonnes pour les dictatures afin de renforcer la légitimité de leur régime. Au-delà du boycott des produits français et des manifestations, c’est surtout la démocratie et les principes républicains qui sont contestés. Pour preuve, il s’agit du Koweït, du Pakistan, de l’Iran, des palestiniens ou encore du Maghreb, autant de pays en délicatesse avec les valeurs universelles de la démocratie. Dans nombre de ces pays, c’est la frange la plus radicale qui instrumentalise la situation française. Tout cela motif que la France exercerait une forme de répression contre la religion musulmane alors que dans la plupart de ces pays tout autre religion que l’islam est pratiquement interdite et les fidèles parfois persécutés.

La France dénonce ces appels, qui concernent notamment des produits agroalimentaires, “ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux”, selon le texte du communiqué.

“Ces appels dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine”, poursuit le texte.

“En conséquence, les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale.”

Ce communiqué intervient dans un climat diplomatique tendu entre la France et la Turquie dont le président, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois pris pour cible dimanche son homologue français en déclarant qu’Emmanuel Macron s’était “égaré” par ses positions envers les musulmans et l’islam.

Mark Zuckerberg : un chèque de 300 millions pour la démocratie

Mark Zuckerberg : un chèque de 300 millions pour la démocratie

 

Une curieuse façon de favoriser la démocratie celle qui consiste à financer le coût des élections par des organismes privés. Le président américain a tout fait pour réduire ses moyens car il souhaite une participation la plus faible possible. Une forte participation lui serait certainement nuisible car elle inciterait des abstentionnistes à voter pour Biden. Du coup, certaine grande fortunes sortent  leur carnet de chèques pour participer à la place de l’État au financement des moyens de la consultation électorale. C’est ainsi que Marc Zuckerberg a annoncé une nouvelle contribution de 100 millions qui s’ajoutent un premier versement de 200 millions pour faciliter la participation électorale. Cette somme servira à acheter des machines de vote, des équipements de protection sanitaire pour les personnes travaillant dans les bureaux de vote et des agents supplémentaires, a détaillé l’entrepreneur dans un message sur Facebook. «Entre le Covid et un financement public insuffisant pour les élections, les responsables électoraux qui s’efforcent de s’assurer que tout le monde puisse voter en toute sécurité cette année font face à des défis sans précédent», écrit-il. Il a augmenté le montant de son don initial car la demande de la part des administrateurs d’élections a été «bien plus importante» qu’attendu, a souligné Mark Zuckerberg, dont la fortune personnelle est estimée par le magazine Forbes à un peu plus de 100 milliards de dollars.

Démocratie-Les ayatollahs de tout poil menacent la République

Démocratie-Les ayatollahs de tout poil menacent la République

 

 

L’époque est à la radicalité dans les différentes chapelles qui constituent les extrêmes de la société. Il y a bien sûr les vrais ayatollahs religieux qui orientent et dirigent certaines minorités actives dans les banlieues dont certaines sont transformées en ghettos où aucun service public ne peut pénétrer sans dommage. Mais d’une certaine manière, il y a aussi les ayatollahs civils. Ceux  de l’extrême gauche qui rêvent  encore du grand jour, de la révolution, des nationalisations et plus globalement de l’étatisation dans tous les domaines. Bref la résurgence d’un communisme qui ne dit pas vraiment son nom. On compte évidemment aussi les ayatollahs de l’extrême droite animé par la drogue  du nationalisme et du rejet de tout ce qui est étranger.Bref le retour du racisme et de l’enfermement dans les frontières.

 Les ayatollahs sont aussi présents dans d’autres champs économiques et sociétaux. Ainsi au plan économique, il y a les ayatollahs de l’ultra libéralisme qui pensent  que le marché peut résoudre toutes les questions économiques, sociales, environnementales et sociétales. Voir à cet égard leurs réactions idiotes vis-à-vis de la réhabilitation de politiques prospectives dans le cadre du plan. Comment peut-on espérer que le marché pourra résoudre des questions économiques, technologiques ou sociétales qui doivent s’inscrire dans une perspective de 30 à 40 ans . Comment penser sérieusement que la marchandisation de la société est  le remède à tous nos maux.

Autre champ d’exercice de certains ayatollahs : celui de l’écologie. Eux  aussi très radicaux et complètement imperméables non seulement aux différences des autres mais aussi aux réalités. Des ayatollahs écolos bobos qui veulent changer tout de suite y compris si cela doit conduire à la misère sociale des millions de chômeurs. Bref une société de plus en plus éclatée et composée de sortes de sectes qui se replient sur elles , refusent même le débat, l’existence d’autres points de vue. Un terrain favorable pour l’installation un jour de l’anarchie ou d’une forme de dictature. L’urgence est sans doute aujourd’hui au réapprentissage démocratique, à la tolérance et  au dialogue , préalables essentiels pour faire société moderne.

Paris pour des sanctions financières à l’égard de la démocratie de certains pays de l’Est

Paris pour des sanctions financières à l’égard de la démocratie de certains pays de l’Est

 

 

Pour parvenir à un accord le plan de développement européen de 750 milliards, beaucoup d’Etats ont dû mettre de l’eau dans leur vin en matière d’exigence démocratique. Cependant pour l’application , la France serait favorable à un système de sanctions financières à l’encontre des pays qui ne respectent pas l’Etat de droit et les valeurs fondamentales de l’Union européenne, déclare dans un entretien le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

« (Nous ne pouvons pas dire) aux citoyens français, polonais, hongrois et européens que (nous) pouvons avoir une solidarité financière en Europe sans nous soucier de la manière dont les règles fondamentales de la démocratie, de la liberté des médias et de l’égalité des droits sont respectées », a déclaré Clément Beaune dans une interview publiée dimanche soir sur le site du Financial Times on.ft.com/33iEmzj.

 

L’Union européenne estime que la Hongrie et la Pologne en particulier ne respectent pas suffisamment ces valeurs et droits fondamentaux.

Hongkong : un enjeu de paix, de démocratie et de liberté

Hongkong : un enjeu de paix, de démocratie et de liberté

Avec la loi relative à la sécurité nationale, imposée le 30 juin par Pékin à Hongkong, , c’est  la mort du modèle unique développé par cette île et le risque  d’« une nouvelle guerre froide » entre la Chine et les Etats-Unis, analyse, dans une tribune au « Monde », l’universitaire Lun Zhang.

 

 » Hongkong est morte ! Cette phrase, je ne cesse de la répéter depuis un certain temps, surtout depuis l’an dernier. C’est à présent confirmé : l’application de la loi relative à la sécurité nationale fait de Hongkong une ville semblable aux autres villes chinoises du point de vue politique. « Un pays, deux systèmes » devient une expression désuète.

Il est vrai que la Bourse de Hongkong peut encore afficher une image relativement sérieuse. Grâce d’une part aux fonds mobilisés par Pékin pour la soutenir et, d’autre part, aux capitaux des entreprises chinoises se retirant du marché américain à la suite du contrôle de plus en plus sévère de l’administration américaine. Le secteur des services hongkongais pourra garder une prospérité relative si la pandémie reste sous contrôle et si les dépenses et l’investissement des continentaux s’y maintiennent. Ces derniers tentent, en effet, d’échapper à une situation économique et politique qui ne cesse de se dégrader en Chine continentale.

Néanmoins, la situation de Hongkong ne pourra pas se stabiliser comme le souhaitent Pékin et certains hommes d’affaires hongkongais ou étrangers, et ce malgré une loi extrêmement dure en termes de répression. Cette loi demeure volontairement floue sur la définition de certains crimes, laissant à Pékin une très grande latitude pour condamner à son gré. La perle d’Orient s’éteint ; une page historique est décidément tournée.

Pour le comprendre, il faut se rappeler que Hongkong est d’abord un produit « mixte » issu de deux cultures, orientale et occidentale, mélange de tradition et de modernité, à la périphérie de la Chine, mais représentant l’Occident en Orient. Son charme et son dynamisme proviennent de ce mélange qui est lié à une période historique aujourd’hui révolue, à l’origine de ses forces mais aussi de ses faiblesses.

Les institutions britanniques, qui garantissaient les libertés individuelles, tout comme la fuite des cerveaux, de la main-d’œuvre et des capitaux de la Chine continentale, après la prise du pouvoir par les communistes, lui ont permis un décollage économique significatif. Ces facteurs ont posé les bases de son rayonnement international.

A cela s’ajoute une conjoncture internationale favorable. Si le succès d’hier de Hongkong est en partie le résultat de la guerre froide, son destin tragique d’aujourd’hui est aussi lié à un nouveau rapport de force, à une nouvelle guerre froide qui s’amorce.

La situation actuelle constitue, en effet, la première bataille de cette nouvelle guerre froide qu’on peut qualifier de warm war (« guerre tiède »), en raison du niveau et de la nature du conflit entre la Chine et les Etats-Unis. La température peut varier y compris jusqu’à la rupture des liens commerciaux ou même un conflit armé. Cette « troisième guerre mondiale » provoque l’ébranlement des organisations internationales. L’ordre mondial est en passe d’être modifié profondément. »

 

La Convention citoyenne veut un référendum bidon pour justifier la démocratie trottoir

La Convention citoyenne veut un référendum bidon pour justifier la démocratie trottoir

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La Convention citoyenne pour le climat a voté, ce dimanche 21 juin, en faveur d’un référendum visant à introduire la lutte contre le changement climatique dans la Constitution et à créer un crime d’écocide.

Un crime Ecocide  qui définit une atteinte grave à l’équilibre environnemental mondial et pouvant faire l’objet de lourdes sanctions comme les crimes contre l’humanité. Le premier problème c’est qu’il s’agit d’une inscription envisagée dans la seule constitution française et élaborée par un groupe essentiellement de français alors que la problématique est mondiale.

La seconde observation c’est que l’idée n’est pas de la Convention elle-même mais de Macron lui-même : la preuve d’une autonomie relative ! Le troisième élément est d’ordre méthodologique qu’est-ce qui peut définir un crime contre l’environnement, quel organisme, sur quels critères d’évaluation avec quelles sanctions . Tout cela se résume à une opération politicienne pour tenter de faire de la récupération idéologique pour r actuellement en panne dans les .   pour la plupart des autres mesures.  elles sont à la fois tellement banales et  tellement contradictoire= aussi que finalement la Convention a eu le grand courage de tout renvoyer aux politiques. Ce qui –Aurait dû être fait dès le début en lien avec les organisations et véritables experts de l’environnement au lieu de citoyens  choisies au hasard sur le trottoir.

Une démarche caractéristique de Macron qui veut détruire tous les corps intermédiaires pour renforcer son pouvoir théocratique. Finalement une restera pas grand-chose de cet pseudo Convention citoyenne sorte de détournement de la représentation nationale et dont vraisemblablement on parlera peu pas dans les semaines à venir. Pour preuve c’était ridicule idée de limiter la vitesse des automobiles à 100 km/h sur autoroute, pourquoi pas à 25 km puisque  le rapport entre consommation et émissions polluantes est généralement pertinent. On a quand même échappé à la menace des 28 heures sans perte de salaire alors  que la France a déjà tué sa compétitivité avec son initiative des 35 heures. Et pourquoi pas maintenant une convention citoyenne sur le coronavirus ?

Fausse démocratie-Convention citoyenne : les idiots utiles de Macron

Fausse démocratie-Convention citoyenne : les idiots utiles de Macron

 

On peut difficilement a priori juger du manque de sincérité des 150 citoyens pris au hasard ( sans doute après un filtrage méthodique portant sur plusieurs milliers !) qui se sont engagés de façon un peu naïve dans cette opération de démocratie trottoir proposée par Macron  dont l’objectif était surtout de ne pas  affronter les organisations en charge habituellement des questions environnementales et de façon plus générale les partis politiques. C’est la stratégie habituelle de Macron: contourner les organisations qu’il s’agisse du terrain écologique,, politique ou encore sociale ( y compris à l’intérieur de LREM).  Macron se veut le parti lui-même, le seul membre décideur, le seul membre penseur, le seul membre représentatif, les autres n’étant assimilés qu’à des collaborateurs de seconde zone y compris d’ailleurs au sein de son propre gouvernement. Du coup, cette opération convention citoyenne sur l’environnement était cousue de fil blanc dès le départ l’objectif était de détourner l’attention sur nombre de problèmes dans lesquels a chuté le président pour tenter d’orienter l’intérêt sur un objet normalement plus fédérateur. Or comme il fallait s’y attendre,  cette convention citoyenne en quelques mois n’a pu se transformer en en lieu d’expertise expert de l’environnement même si quelques propositions ici ou là paraissent évidentes mais d’une façon générale elles paraissent évidents y comprises à ceux qui fréquentent les bistrots.

 

 Rien de révolutionnaire que de développer le progrès tout en préservant les ressources de la Terre, la biodiversité, la qualité de la vie bref protéger la vie tous ceux qui vivent. Et de là sont sortis les idées les plus saugrenues comme celle consistant à limiter à 110 km/h la vitesse sur les autoroutes. Notons d’abord que ce ne sont pas sur les autoroutes que ce produisent les masses de d’émissions polluantes mais dans les zones denses des agglomérations. Ensuite cela va imposer à chaque automobiliste de réinvestir dans la vieilles 2cv classiques. Et encore on a échappé à la proposition de réduction du temps de travail à 28 heures sans réduction de la rémunération évidemment bref des propositions qui seront vite enterrées, détournées, déformées mais par contre utilisées politiquement par Macron tenter l’opération de manipulation politique. On essaiera de choisir deux ou trois questions susceptibles de recueillir 60 à 80 % d’adhésion pour donner l’impression que la cote de popularité du président de la de république qui s’effrite de jour en jour est en train de remonter surtout à la veille des élections de 2022. La ficelle est énorme. Mais la procédure elle-même était nulle même si cela ne remet pas en cause la sincérité des participants mais plutôt leur naïveté. Et pourquoi pas aussi des une convection citoyenne sur la coronavirus ? Avec referendum évidemment !

Démocratie trottoir- Convention citoyenne: Un catalogue de bons sentiments

Démocratie trottoir- Convention citoyenne: Un catalogue de bons sentiments

 

Les quelque 150 propositions, marquées économiquement à gauche, ont un air de déjà-vu. Que l’on pense à la proposition de réduction du temps de travail hebdomadaire à 28h - finalement non retenue -, à l’augmentation du SMIC, à la taxation des dividendes, etc. «Déception face aux résultats de la prétendue convention citoyenne : reprise de la vulgate du lobby écologiste, (…) ignorance de l’économie, absence totale de légitimité. Le tirage au sort confirmé comme imposture démocratique!», attaque sur Twitter le sénateur LR Philippe Bas, président de la commission des Lois.

Beaucoup d’autres propositions forment ensemble une vaste liste d’interdictions ou du moins de limitations : interdiction de la vente des véhicules les plus polluants, de certaines publicités, des enseignes lumineuses, des terrasses chauffées dans les bars et restaurants, limitation de l’autoroute à 110 km/h. C’est le retour de l’écologie punitive, déclarent certains, d’aucuns plaisantant à propos des «Khmers verts». «La convention citoyenne s’annonçait comme une remarquable usine à taxes, interdictions et autres projets soviétoïdes repeints en vert. Sa production dépasse toutes les espérances», tacle par exemple Olivier Babeau, président du think tank Institut Sapiens, marqué à droite.

Sur France Info, les propositions sont aussi étrillées par un avocat reconnu en droit de l’environnement, Maître Nicolas Gossement, qui a participé en 2007 au Grenelle de l’environnement en tant que porte-parole du réseau associatif France Nature environnement. «Ce rapport, il aurait pu avoir pour titre ‘Demain, on rase gratis’. C’est une compilation des idées généreuses qui existent depuis 20 ans», estime l’avocat, qui ajoute : «On pouvait s’attendre à un rapport de citoyens. Par bien des aspects, c’est un rapport d’experts : il est évident qu’énormément de propositions n’ont pas été élaborées que par les citoyens. Le message des organisateurs est de dire qu’ils ont eu l’appui d’experts qualifiés (…) On aurait aimé un peu plus d’imprudence de la part de citoyens. Quand on demande des notes à l’administration de l’État pour savoir quelles mesures on peut prendre, on obtient cela».

Le spécialiste du droit de l’environnement note aussi des angles morts. Ainsi, la Convention ne se prononce pas vraiment sur l’idée d’une «taxe carbone». «La quasi-totalité des sujets qui fâchent a été mise de côté», note Maître Gossement. Rien, par exemple, sur le nucléaire, qui fournit pourtant 70% de la production française d’électricité. Que l’on soit «pour» ou «contre», cet oubli est étonnant. À l’inverse, certaines propositions nouvelles, peu précises, existent déjà… «La rénovation des bâtiments, c’est dans deux lois récentes. Ce n’est pas du tout nouveau, je n’ai pas vu de grande différence, hormis le fait qu’on repousse l’échéance à 2040. Ils auraient dû préciser ce qui existe, ce qu’on va modifier, et comment c’est modifiable», poursuit l’avocat.

Des critiques que l’on entend aussi dans la bouche d’un économiste libéral, Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l’ESCP Europe, au micro de BFMTV. «Ce qui est assez surprenant dans ces propositions, c’est que l’échantillon est supposé être représentatif. On a beaucoup utilisé l’expression « randomiser » durant la crise du coronavirus. Je ne suis pas sûr que cet échantillon ait été randomisé, note l’économiste. Les techniques de sélection auraient permis d’avoir une vision assez objective de la réalité de ceux pensent les citoyens français. En tout cas, s’ils pensent ça, c’est une vision assez radicale et assez négative de l’avenir.» De quoi reposer la question de la légitimité des formes de démocratie directe.

 

Propositions de Démocratie vivante, le think tank électoral pro Macron

Propositions de Démocratie vivante, le think tank électoral pro Macron

Virage  gauche pour le futur programme électoral de Macon soutenu par le club qui avait soutenu la candidature de l’actuel président en 2017. Un soutien qui avait été déterminant avec l’illusion d’élire un candidat plutôt de gauche et en même temps un peu au centre-droit. Avec le , complètement en faiteà droite mais qui est contraint de se recentrer dans la perspective de 2022. On retrouve dans les nouvelles propositions de ce club de centre-gauche à peu près les mêmes idées qu’en 2017. Elle risque d’avoir le même sort que les précédentes après 2022. Toujours cependant les mêmes ambiguïtés de la gauche quand aux modalités de gestion d’une dette, sorte de nouvelle martingale pour financer un déficit public sans limite de volume et de date. L’ennui c’est que 60 % de cette dette est détenue par des investisseurs étrangers qui réclameront d’une manière ou d’une autre le moment venu une prime de risque.

Démocratie Vivante, le Think tank de centre gauche pro Macron, créé en 2017, qui se veut force de propositions en matière politique, économique, sociale et environnementale, analyse la situation du pays dans le contexte de la pandémie Covid-19 et formule 25 propositions pour la fin du quinquennat et pour le programme de la prochaine élection présidentielle.

Sur le volet économique, le laboratoire d’idées prône d’encadrer fortement le libéralisme économique afin de privilégier une orientation plus volontariste. Celle-ci doit se traduire par d’avantage d’indépendance nationale, la pénurie de masques et de respirateurs ayant démontré cette nécessité dans le secteur de la santé. Très concrètement, le projet de Démocratie Vivante préconise de doter l’Etat d’une «golden share», (action spécifique) dans le capital de Sanofi-Aventis afin de s’assurer notamment de la relocalisation en France, et au minimum dans l’Union européenne, de la fabrication des médicaments et instruments médicaux. Il se prononce aussi pour le lancement d’un plan d’investissements publics de 30 milliards en 2021-2022 dans la santé, les transports publics et le logement.

L’allègement de la fiscalité des entreprises, lui, il passerait par la suppression de la cotisation foncière des entreprises (CFE) en la finançant par l’arrêt de la baisse des taux de l’impôt sur les sociétés.

A l’échelle européenne, le think tank plaide pour l’adoption d’une nouvelle politique budgétaire avec des dépenses publiques de fonctionnement qui continueraient à devoir être financées par l’impôt, tandis que le déficit public serait financé par la dette. Ainsi, le déficit d’un État pourrait être égal aux montant de ses dépenses publiques d’investissements.

De nombreuses pistes sont également avancées pour palier les inégalités territoriales et sociales, notamment mises en évidences par le mouvement des gilets jaunes. A commencer par dédier aux régions les plus en difficulté (Grand Est, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie et en Seine-Saint-Denis) le plan d’investissements publics de 30 milliards. Dans cette même ligne, les administrations centrales des ministères (hors Défense nationale et Affaires étrangères) seraient déconcentrées dans les territoires, et les moyens des sous-préfectures rurales seraient renforcés.

Comme il faudra bien trouver des recettes quelque part, l’augmentation de la contribution sur les hauts revenus est avancée, ainsi que l’abandon sur la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales pour les 20% de foyers les plus aisés. Quant à la hausse du taux de la taxe Gafa, elle est également recommandée.

L’organisation du travail ne manquera pas d’évoluer suite à ces deux-mois et demi de confinement; le document avance la création d’un droit au télétravail, qui devra toutefois rester volontaire. Il imagine aussi la création d’une protection professionnelle universelle (PPU) intégrant au compte personnel d’activité (CPA) le compte personnel formation (CPF), le compte épargne temps (CET) ainsi qu’un compte personnel retraite (CPR). La vieille idée du revenu universel recyclé qui plaît à certain de la gauche mais aussi à droite ne serait-ce que pour se débarrasser de la couverture sociale actuelle.

La Chine , modèle pour remplacer la démocratie !

 La Chine , modèle pour remplacer la démocratie !

Laurent Malvezin retrace, dans une tribune au « Monde », la permanence de la stratégie du Parti communiste chinois pour s’imposer à sa population comme au monde.

Tribune. La Chine semble avoir réussi à maîtriser la propagation du Covid-19, et propose depuis lors son assistance au reste du monde frappé par la pandémie. Le retournement de situation auquel nous assistons doit être l’occasion de rappeler le fonctionnement de la politique et de la bureaucratie chinoises, pour ne plus être dupe de leur action, et nous poser les bonnes questions sur la réponse collective à apporter, au niveau national comme européen.

La gestion de la crise actuelle par la Chine obéit aux mêmes mécanismes internes depuis la création du Parti communiste en 1921 et la fondation de la République populaire en 1949. La seule différence notable est celle des moyens à sa disposition.

Le Parti voit le monde en trois ensembles : lui-même, ses nationaux, et les autres. L’objectif du Parti est d’étendre au maximum ce premier cercle à l’aide de son appareil, semblable à un corps diplomatique d’élite aux objectifs interne et externe. La logique est simple : plus le nombre de « supporters » est important, plus grandes sont les chances d’atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient.

 

Considérant sa propre population comme exogène, son premier objectif, qui devient exacerbé en temps de crise, consiste non seulement à légitimer son maintien au pouvoir, mais aussi à se rendre suffisamment convaincant pour rallier un maximum de nouveaux membres et, parallèlement, affaiblir toutes les oppositions. 

Il doit d’abord tester les loyautés internes : chaque entreprise, publique comme privée, doit être à la disposition de l’exécutif pour remplir toute mission qui lui sera confiée. Pour les dirigeants chinois, les efforts pour juguler la propagation du Covid-19 sont une opportunité pour resserrer les liens – entendre le contrôle – entre le Parti et la société.

Sous peu, les entreprises mobilisées recevront titres et gratifications honorifiques, leur ouvrant des portes jusque-là fermées du Parti, et par là même les subsides de l’Etat. Les recrutements de nouveaux membres du Parti battront leur plein pour renverser la tendance actuelle de raréfaction des jeunes recrues, et ainsi élargir l’entre-soi lequel se mesure au nombre des membres de plein droit et de ses supplétifs. »

Coronavirus :  » faillite de la démocratie sanitaire »( Nicolas Henckes)

Coronavirus :  » faillite de la démocratie sanitaire »( Nicolas Henckes)

Dans une tribune au « Monde », le sociologue Nicolas Henckes constate que les différentes instances censées débattre des enjeux de santé sont inaudibles depuis le début de la pandémie, l’espace étant occupé par un haut commandement placé sous l’autorité directe du président.

Tribune. 

 

Le coronavirus a fait une victime collatérale : la démocratie sanitaire. Depuis une trentaine d’années, nous avions commencé à prendre l’habitude de délibérer collectivement des enjeux de santé. Décisions thérapeutiques, stratégies de prévention et de promotion de la santé, politiques publiques territoriales et stratégie nationale de santé, recherche : sur tous ces enjeux, il était devenu impensable de se fier seulement à l’avis du corps médical et de se passer de l’expertise des personnes concernées elles-mêmes mais aussi de celle d’une variété d’acteurs, chercheurs, notamment en sciences humaines et sociales, politiques ou autres corps professionnels. Leur recrutement dans différentes instances de gouvernement de la santé était l’aspect le plus visible de cette révolution, depuis les conseils d’administration des établissements jusqu’aux comités d’experts et conseils consultatifs des agences et ministères. Mais, plus largement, c’est notre relation à la médecine dans son ensemble qui subissait une profonde transformation.

 

C’est ce mouvement qui a été d’un coup court-circuité depuis une dizaine de jours. Toutes nos instances de délibération et d’expertise sur la santé publique se sont tues ou presque. On n’a pas entendu le Haut Conseil de la santé publique sur l’organisation, l’extension et les limites du confinement. Les instances consultatives locales n’ont rien eu à dire sur sa mise en œuvre sur les territoires. L’ensemble du dispositif d’éducation à la santé, péniblement construit depuis une cinquantaine d’années, a été court-circuité dans l’élaboration et l’application des messages. C’est à une véritable faillite de notre démocratie sanitaire que l’on a assisté en quelques heures. 

A la place, les décisions ont été concentrées dans un haut commandement placé sous l’autorité directe de la présidence. L’expertise a été réorganisée au sein d’un comité ad hoc de vingt personnalités issues des mondes de la médecine et de la recherche, et constitué en quelques heures. Et l’on en est à compter sur les forces de l’ordre pour faire respecter des mesures d’hygiène qu’on nous présente pourtant comme évidentes et élémentaires.

« C’est un véritable parlement du coronavirus qu’il faut instituer »

On dira que l’on fait face à une crise exceptionnelle et qu’il fallait se donner les moyens d’agir en urgence. Mais, outre que l’épidémie était non seulement prévisible, mais prévue – d’ailleurs, où sont nos plans de gestion des épidémies aujourd’hui ? –, il est clair maintenant que nous aurons à gérer dans la durée la présence du coronavirus dans la population. Et, du même coup, que le nombre de questions que soulèvera l’épidémie ne cessera de s’élargir : enjeux juridiques, politiques et éthiques de la gestion du confinement et du dépistage ; conséquences sociales et économiques de l’arrêt de secteurs entiers de la société ; mais aussi, de façon beaucoup plus immédiate et comme nous le montre déjà la crise à laquelle font face les hôpitaux psychiatriques, les Ehpad ou le secteur de la précarité, conséquences sanitaires pour l’ensemble de la population du triage et de la priorisation imposés aux services de santé par l’afflux des malades du coronavirus. »

 

 

Une démocratie non participative ! (Hervé Le Bras )

Une démocratie non participative  !  (Hervé Le Bras )   

Hervé le Bras, chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques, évoque la crise démocratique profonde du pays dans un article du Monde

 

«  A première vue, le contraste est devenu saisissant en France entre les grandes villes et les zones rurales. La fortune des termes « métropole » et « périphérie » le souligne. Certes, les grandes villes, surtout les plus anciennes et les plus puissantes, disposent de toute la gamme des services. Elles jouissent d’un revenu médian plus élevé que la moyenne nationale, elles possèdent une proportion plus importante de cadres, de professions libérales et de diplômés de l’université ou des grandes écoles. Elles abritent aussi une population plus jeune en raison de l’afflux des étudiants.

Il serait faux d’en déduire que tout va mal dès que l’on quitte les métropoles. Les petites villes et les villages ont leurs avantages. Le chômage y est nettement inférieur à celui des grandes agglomérations, le niveau de pauvreté y est plus faible et, en conséquence, les inégalités y sont réduites. Les familles monoparentales et les personnes isolées y sont plus rares.

D’où provient alors le malaise qui règne hors des grandes agglomérations ? C’est paradoxalement la conséquence d’une dynamique positive. En 1968, 94 % des agriculteurs, qui étaient encore majoritaires dans les petites communes, n’avaient pas continué leurs études au-delà du brevet. Aujourd’hui, 75 % sont titulaires au moins d’un CAP, et très souvent d’un bac. Les ouvriers, qui sont maintenant plus fréquents à la campagne que dans les villes et leurs banlieues, ont aussi un bagage éducatif beaucoup plus important qu’il y a cinquante ans, même si le changement est moins spectaculaire que chez les agriculteurs. Tous estiment avoir le droit de connaître les déterminants exacts des mesures décidées par le gouvernement et d’en discuter l’application là où ils résident, puisqu’ils sont éduqués.

La composition sociale a aussi beaucoup changé en milieu rural et dans les petites villes. En 1968, les cadres et professions libérales, qui ne constituaient que 1 % de la population active dans les communes de moins de 1 000 habitants en représentent maintenant 9 %. Dans les communes de 1 000 à 10 000 habitants, leur pourcentage est passé de 3 à 12 %. En conséquence, inattendue, de ces changements, depuis l’année 2000, les revenus disponibles ont augmenté plus vite à la campagne que dans les grands pôles urbains et leurs couronnes.

Tous ces éléments, combinés à une élévation générale du niveau de vie, ont entraîné une plus grande dépendance des services. Depuis le moindre village, il faut pouvoir se rendre chez un médecin spécialiste, à un guichet bancaire, envoyer des colis par la poste, acquérir des objets techniques, les faire réparer. Autrement dit, il faut faciliter la mobilité vers les services situés dans les villes voisines.

Or, depuis leur arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron et la République en marche se sont ingéniés à couper les ponts avec les zones rurales. Ils se sont d’abord attaqués à la mobilité : limitation de vitesse à 80 kilomètres par heure, renforcement du contrôle technique, haro mis sur le diesel, et finalement taxe écologique, qu’on promettait à répétition. La réponse à cette politique systématique a été l’embrasement des « gilets jaunes ». Après la mobilité, c’est l’écoute qui a été attaquée. Le mot « débat » a fait florès, mais il ne s’agissait pas de véritables débats, plutôt de suppliques adressées au prince, qui en tirait avantage pour étaler son érudition. Débattre, c’est échanger sur un pied d’égalité. Dans ces débats, dont celui qui a eu lieu à l’Elysée avec des intellectuels est un bon exemple, l’affaire s’est bornée pour chacun à poser une et une seule question et à obtenir une et une seule réponse présidentielle, en général non suivie d’effet.Le manque d’écoute s’est étendu aux corps intermédiaires, d’abord les politiques, puis les syndicats, enfin les organes centraux de l’Etat. Parmi ceux-là, le Conseil d’Etat vient d’en faire les frais avec son avis sur les retraites, superbement ignoré par le pouvoir, et bientôt la Cour des comptes, dont on doute que ses recommandations soient suivies d’effet. Et pour finir, c’est à l’Assemblée nationale qu’on demande de la boucler à coup de 49.3.

 

Dans ces conditions, il ne faut pas parler de crise des territoires, mais de crise des rapports entre le pouvoir central et l’ensemble de la société. Certains territoires sont en crise, qu’ils soient ruraux ou urbains, et certains sont relativement florissants. Guérande compte 17 000 habitants et Abbeville 22 000. Toutes deux sont au voisinage de la mer et assez loin d’une métropole. A Guérande, 10 % des personnes ont un revenu inférieur à 10 900 euros ; à Abbeville, ces 10 % sont au-dessous de 1 800 euros par an, six fois moins (d’après Filosofi, la base de données communale sur les revenus, pour 2016, dernière année disponible). Il est douteux que les mêmes recettes soient applicables à ces deux villes. Mais un pouvoir aveuglé par des généralités du genre « périphérie » ou « abaissement des charges sociales » ou « baisse des impôts » n’a cure de ces inégalités. Que signifie une baisse des impôts pour les 10 % d’Abbevillois qui gagnent moins de 1 800 euros par an ?Evoquer la démocratie participative relève de l’utopie. D’ailleurs, par définition, toute démocratie est participative. Nous sommes entrés, non dans une démocratie illibérale, pour employer le terme popularisé par Viktor Orban, mais dans un oxymore, la démocratie non participative. »

 

Hervé Le Bras est chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED) et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). 

Cette tribune a été réalisée à l’occasion du colloque « La France et ses territoires », organisé le 6 mars à Paris par le Cercle des économistes, en partenariat avec Le Monde

La Convention citoyenne: nouvelle forme de démocratie ? une escroquerie !

La Convention citoyenne: nouvelle forme de démocratie ?  une escroquerie !

 

Hélène Landemore, professeure de sciences politiques dans une tribune au Monde non seulement tresse des lauriers  à la fameuse convention citoyenne sur le climat dont pratiquement personne ne parle mais en plus fantasme en imaginant qu’il  pourrait s’agir là d’une nouvelle forme de démocratie non seulement en France mais pour toute la planète!  Il faudrait sans doute en rire si ce n’était pas ridicule. Le pire,  c’est que l’intéressée reconnaît qu’il est bien trop tôt pour parler du contenu et des propositions de cette convention, elle n’en dit pas un mot . Et pour cause, rien de significatif n’est encore sorti ; ce qui n’est guère étonnant compte tenu de la complexité du sujet et des enjeux qui ne sauraient être traités en quelques semaines par des citoyens ignorants de la problématique. La Convention citoyenne est évidemment une manipulation démocratique voulue par le président afin  une nouvelle fois de s’affranchir des organisations intermédiaires qui sur le sujet travaillent  depuis des dizaines d’années et ont forcément acquis compétences et expériences. La lecture de cette tribune vaut quand même le détour pour la légèreté et l’inconsistance de son argumentaire. Une preuve supplémentaire que les sciences politiques sont souvent du bla-bla, en plus parfois très partisan.

« La Convention Citoyenne sur le climat vient de terminer sa cinquième session, avec seulement deux rencontres supplémentaires avant de devoir rendre ses propositions au gouvernement début avril. Cette convention, qui rassemble 150 citoyens français tirés au sort depuis octobre 2019, réfléchit à la meilleure manière de réduire de 40 % (par rapport à leur niveau de 1990) les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2030, le tout dans un esprit de justice sociale. S’il est encore trop tôt pour parler du contenu et de l’avenir de ces propositions, on peut poser d’autres questions : qu’a accompli cette convention jusqu’à présent et que représente-t-elle, plus largement, dans ce moment de crise de la démocratie que nous traversons ?

La première chose à dire, c’est que cette Convention citoyenne a déjà accompli une tâche historique. Elle fonctionne bien – dans son organisation logistique comme dans ses délibérations – et elle est visible, faisant l’objet d’une couverture médiatique importante en France et, de plus en plus, à l’étranger. Elle fait ainsi la démonstration empirique, symboliquement importante, qu’impliquer des citoyens ordinaires sur des enjeux politiques complexes au niveau national est possible, même dans un pays aussi grand et multiculturel que la France.

Jusqu’ici, les assemblées et processus délibératifs ayant bénéficié d’une visibilité similaire avaient été mis en place au niveau infranational (par exemple, en Colombie-Britannique et dans l’Ontario, au Canada), ou dans des pays considérés comme trop petits ou trop homogènes (l’Islande, l’Irlande) pour que leur exemple puisse être généralisé. Le « grand débat national » lui-même, que cette assemblée vient en un sens compléter, n’avait permis de vraies délibérations qu’au niveau local (notamment dans les 21 assemblées régionales tirées au sort).

Cette convention marque donc une avancée importante pour la démocratie délibérative, à savoir l’ensemble des théories et pratiques qui placent au cœur de la légitimité démocratique l’échange raisonné entre citoyens libres et égaux. La convention citoyenne française est, à cet égard, un jalon sur le plan international. Elle a déjà suscité des ambitions accrues au Royaume-Uni, où a démarré, le 25 janvier, une assemblée citoyenne sur le climat (« UK citizen’s climate assembly »), et en Espagne, qui vient d’annoncer la tenue d’une convention sur le modèle français. Elle va sans doute, aussi, donner plus d’audace à ceux qui aimeraient passer à des échelles supérieures sur les enjeux climatiques ou autres, par exemple ceux de l’Union européenne et, pourquoi pas, de la planète. »

 

 

Démocratie Chine -70 ans de régime communiste : l’envoûtante drogue de la dictature

Démocratie Chine -70 ans de régime communiste : l’envoûtante drogue de la dictature  

 

 

 

On ne peut sans doute pas discuter des progrès économiques, sociaux et technologiques qu’a obtenus la Chine. Mais on ne peut oublier que ce développement économique s’est produit dans un environnement démocratique qui bâillonne les citoyens, étouffe toute liberté individuelle et collective sans parler des millions de morts. C’est le triomphe d’un régime de dictature et d’aliénation. La plupart des morts sont dues aux terribles règnes de Mao.

Une posture dans laquelle s’inscrit malheureusement le président chinois actuel qui vient de se mettre au-dessus du pays et même du parti puisqu’il est devenu président à vie. On compte sans doute sur la technologie type 5G  pour contrôler encore un peu plus fait et gestes et même pensées d’un peuple chinois privé de toute source d’information extérieure et de toute capacité d’expression contraire à celle du parti.

On a vu récemment comment la grande Chine respectait le statut d’autonomie de Hong Kong : En s’asseyant tout simplement sur ces principes et en réclamant le droit de rapatrier en Chine les justiciables. Quand on sait comment fonctionne la justice Chine, on devine qu’elle peut être le sort de ces justiciables dont nombre finissent dans des geôles  digne de celles de Mao. Jusque-là les Chinois ont accepté d’être pratiquement totalement privés de liberté démocratique au profit d’un développement économique indéniable surtout pour les couches moyennes, aussi pour les membres du parti qui sont devenus milliardaires.

Il se pourrait bien toutefois que la donne change un peu car la baisse de croissance de la Chine se traduit par une crise de l’emploi et du pouvoir d’achat. Cela en raison du fait que les pays réceptacles des exportations chinoises n’acceptent plus des exportations aussi inégalitaires vis-à-vis des aspects sociaux, sanitaires ou environnementaux.

C’est  peut-être au moment où la Chine apparaît après 70 ans de régime communiste au mieux de sa forme que pourrait bien s’amorcer les difficultés car aucune idéologie n’a jamais réussi jusqu’alors  à maintenir les hommes sous le joug d’une dictature. Il faudra toutefois se méfier des velléités de la Chine à exporter leur modèle en prenant en particulier le contrôle des informations et de la pensée des citoyens via les nouvelles technologies notamment la 5G.

 

Démocratie: «Soyons sérieux…». ( Vincent Lamkin)

Démocratie: «Soyons sérieux…». ( Vincent Lamkin)

 

 Vincent Lamkin, associé fondateur de l’agence Comfluence, co-Président d’Opinion Valley considère que la société manque de sérieux.

Un  article intéressant mais qui légitime le changement au nom d’ un « sérieux »  dont l’auteur ne définit pas grand chose. des arguments de sociologue  non sans fondement  mais trop mâtinés de philosophie publicitaire au service du matérialisme.  La  référence « littéraire  » à Frédéric Beigbeder hypothèque la pertinence  de la réflexion.  ( tribune dans l’Opinion)

 

Tribune:  

« En 1963, Vladimir Jankélévitch publia une belle réflexion sur le temps et l’action, dans un essai intitulé L’aventure, l’ennui, le sérieux. Trois mots qui sonnent sans doute étrangement aux oreilles de nos contemporains, tant ils résument l’envers des aspirations qui gouvernent nos sociétés occidentales. Des garantiesdes loisirs et du fun : n’est-ce pas là en effet désormais l’essentiel du programme ? Osons voir dans ces trois « états » un utile contrepoids… Matière à formater des vœux pour l’année qui vient.

La société, au nom de la prévention, ne cesse de nous mettre en garde […]. La prudence devient l’autre nom de l’affolement », écrit Pascal Bruckner dans son dernier essai, Une brève éternité.

Peu à peu, avec les meilleures intentions du monde, nos sociétés ont pris en grippe l’inconnu, et avec lui toute forme d’incertitude. Cela ne les rend ni plus heureuses, ni plus sereines. L’avenir, qui n’est jamais écrit, semble en effet n’avoir plus que deux portes de sortie : l’apocalypse ou un futurisme technologique déshumanisé…

Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’inconséquence et d’ignorer les dangers quand on les sait, mais de se souvenir que vivre c’est aussi honorer une part d’incertitude et d’inconnu, et de savoir y faire face avec courage et curiosité. La valeur de nos décisions est aussi à ce prix. En ce sens, la vie est une aventure à vivre.

Passant d’une providence extatique hasardeuse à une providence étatique escomptée infaillible, l’Homme moderne veut dormir sur ses deux oreilles. C’est un progrès certes, à la condition que nos responsabilités individuelles et nos libertés fondamentales ne soient pas réduites à quémander des droits et des garanties qui tombent dont on ne sait quel ciel. Que des adolescents se préoccupent de leur retraite, comme si elle était le cap de leur vie, doit nous interroger sur notre société.

Car doit régner désormais la programmation et la sécurisation de nos destinées. Il ne s’agit plus de partir à l’aventure mais de dérouler un programme préétabli dans lequel ne sont bienvenues que les surprises balisées. L’aventure, il y a des bouquets TV et des séries pour ça !

 

Pas plus que l’aventure, l’ennui ne saurait être une fin en soi ou un idéal. Mais c’est, là aussi, en miroir de notre époque qu’il est intéressant d’en méditer la valeur et le sens, face à la montée d’un totalitarisme de la connexion permanente.

L’enfant que je fus a une dette envers l’ennui : une dette de rêve, d’imagination, de créativité, de relation sensible au réel et au temps. Les enfants ne regardent plus beaucoup le paysage en voiture et ils ne s’ennuient plus à table : smartphones et tablettes leur tiennent lieu de réel et de possible.

Les adultes ne sont pas en reste. Les technologies, la société du spectacle et de l’information continue nous sur-sollicitent. Les stimulis sont à la mesure de nos conditionnements et de nos certitudes. Que l’on s’emporte, que l’on s’émeuve, que l’on s’engage, tout cela a le goût programmé d’un jeu de rôles, dans le champ fermé des possibles d’un jeu vidéo.

S’affranchir de ces occupations-réflexes qui banalisent nos émotions, stérilisent notre créativité, formatent nos attitudes, pour reprendre le contrôle d’un temps vierge sans savoir immédiatement qu’en faire et qu’en penser, est salubre. « L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps » écrivit jadis Pierre Louÿs…

 On n’aime pas s’ennuyer mais l’on aime rire, peut-être pour ne pas s’ennuyer… Dans son dernier livre, où un smiley tient lieu de titre, Frédéric Beigbeder dénonce ces tribunaux populaires et médiatiques du rire institutionnalisé ainsi que le nihilisme que finit par générer le passage à la toise de la grosse blague qui tâche tout ce qui passe… Il ne s’agit pas non plus ici de condamner le rire libérateur, comme le fait Jorge de Burgos dans Le Nom de la Rose – l’humour et l’ironie sont bien sûr des armes de construction massive de notre esprit critique. Reste que la montée des populismes, la défiance généralisée envers les élites, le dégagisme et la pratique désinvolte d’un cynisme sans horizon sont aussi nourris par cette société-là.

Le sérieux ne s’oppose pas au rire mais à la perte de rationalité, de rigueur et d’intégrité intellectuelle dans l’appréhension du réel – que ce soit par crédulité, par aveuglement, par superstition, par malhonnêteté intellectuelle.

Que des vérités scientifiques soient concurrencées par des âneries qu’on croyaient reléguées dans le bazar des superstitions ou des croyances ancestrales nous invite à penser que le sérieux n’est pas une aventure ennuyeuse !

Vincent Lamkin, associé fondateur de l’agence Comfluence, co-Président d’Opinion Valley.

Démocratie – Chaînes Télés info continue : trop de faux experts et trop de discussions de bistrot

Démocratie  - Chaînes Télés  info continue : trop de faux experts et trop  de discussions  de bistrot

Nouvelle baisse d’audience du fait surtout de la médiocrité des lignes éditoriales.  On a  confirmation tous les jours  de la faiblesse du contenu  de la plupart des chaines d’information en continu. Des chaines qui diffusent des images  avec des commentaires approximatifs, contradictoires voire fantaisistes.  Et quand on invite un gréviste ou un gilet jaune, c’est  encore pire car on tombe alors dans la caricature du tribunal des « élites » forcément légitimistes avec en face un grande gueule en manque d’arguments. En cause   sans doute, le côté répétitif des infos toutes les heures ou les demi-heures. Mais aussi une ligne éditoriale qui s’appuie sur des plateaux télé composés souvent de pseudos experts et  de vieilles barbes qui ont tendance à radoter. On comprend évidemment les difficultés à trouver l’équilibre économique car les bons journalistes, les bons animateurs et les bons intervenants ont un prix. Alors trop souvent on fait appel à des intervenants gratuits, facilement disponibles avec un très fort pourcentage de vieux experts, souvent grassouillets à force de fréquenter les dîners mondains,  qui radotent et où qui n’ont pas produit d’études, de recherche plus généralement de travaux pratiques depuis plusieurs dizaines d’années ( de temps en temps un bouquin écrit en fait par un thésard ou un nègre!). On complète avec un deux personnes  sans aucune compétence, un sociologue, un journaliste, un écrivain, un cinéaste ;   il ne manque plus que Madame Soleil !    Trois chaînes d’info dominent. Il y a BFM, LCI et C news. France Info présentant la particularité d’être un peu trop le copier coller de la radio.  Sur les chaînes généralistes, la fréquentation  peut tourner pour la meilleure autour de 5 millions de téléspectateurs celle de la meilleure chaîne d’info continue atteint 250 000 pour BFM autour de 200 000 pour LCI et encore moins pour C news. BFM domine et de loin en audience et en qualité de programme. En cause sans doute,  les compétences des animateurs comme par exemple Ruth Elkrief  tandis que Poivre d’Arvor sur LCI se montre toujours aussi nonchalant et Laurence Ferrari toujours aussi approximative. Les chaînes d’info peinent donc à trouver leur public car le plus souvent elles ne font que délayer de façon un peu médiocre, BFM excepté mais pas toujours, les grands thèmes traités par les généralistes. Beaucoup de choses méritent d’être revues : les formats, les animateurs et les intervenants. Dommage parce que ces chaînes ont au moins l’avantage de disposer de temps pour traiter de manière approfondie les problématiques. Le pire, c’est pendant les fêtes et les vacances. On va chercher dans les placard un animateur endormi, on sollicite -sans doute dans les EPHAD- des vieillards ,on complète avec un sociologue inconnu ( on n’en manque pas puisque ces diplômes de sociologie se distribuent  comme les poignée de mains). Parfois, on ajoute une vielle gloire médiatique qui s’exprime sur un sujet  qu’il ignore totalement  mais qui meuble le plateau.  Et entre deux « débats de bistrot » , on peut illustrer le propos avec  deux poilus tenant un pancarte ou un feu de poubelle.

 

 

Démocratie sociale : l’impossible débat entre réactionnaires et gauchistes

Démocratie  sociale : l’impossible débat entre réactionnaires et gauchistes

 

En France, le débat social est souvent réduit à une caricature entre le point de vue des gauchistes irresponsables  et celui des  bourgeois méprisants. Les chaînes d’info continue se régalent  de ce spectacle de Guignol parce qu’il hystérise  les positions et participe ainsi au théâtre médiatique en quête de sensationnalisme. Il y a quelque chose de dramatiquement théâtral de part et d’autre. D’un côté,  il y a les positions des gauchistes qui s’appuient sur une idéologie révolutionnaire le plus souvent marxiste et de l’autre la droite la plus bête du monde qu’on trouve notamment au Medef, chez certains républicains et dans  la bourgeoisie journalistique.

Une tendance par ailleurs largement représentée dans le parti en marche, sorte de cocktail qui regroupe d’anciens socialistes mollassons en recherche autant d’idéologies que de carrières, de nombreux arrivistes sortis d’on ne sait où et d’anciens républicains psychorigides comme le Premier ministre par exemple. Des deux côtés, les positions obéissent davantage à des postures idéologiques qu’à une prise en compte de l’intérêt général. Certains leaders gauchistes vont même jusqu’à reconnaître que leur véritable objectif est la révolution ( et sans doute derrière un régime de type communiste comme peut-être en Chine où au Venezuela). De l’autre côté, on affirme sans vergogne, qu’il faut préserver les intérêts financiers des plus favorisés. Ainsi sur la question de l’âge de la retraite, les positions sont inconciliables.

Les républicains ( pourtant contredits par leur électorat dans les sondages) souhaitent un report de cet âge à 65 ans tandis que des gauchistes défendent des départs anticipés autour de 55 ans dans les régimes spéciaux. Deux positions complètement idiotes et injustes. La généralisation de la retraite à 65 ans est en effet complètement impossible pour certaines catégories sociales dont  les conditions de travail sont particulièrement difficiles voire accidentogènes. Pour cette catégorie, un âge de 60 ans est déjà très limite. En outre,  entre 60 et 65 ans, seuls 25 % sont encore actifs, les autres sont soit au chômage, soit en maladie, soit sans ressources autres que les aides sociales.

La posture des gauchistes n’est ni réaliste, ni juste socialement. Les gauchistes  raisonnent par corporation, par statut et souhaitent  le maintien de la retraite autour de 55 ans y compris pour des sédentaires qui ont passé toute leur carrière dans les bureaux et qui n’ont pas été soumis à des contraintes de pénibilité. D’un côté, ces gauchistes veulent ignorer totalement l’environnement économique et financier, de  l’autre, les réactionnaires agitent le chiffon rouge de la faillite budgétaire pour mieux protéger les intérêts des privilégiés. Dans cet affrontement caricatural, il y a peu de place pour les syndicats de salariés réformistes et pour un patronat modéré.

Il faut ajouter à cela le manque de culture économique générale aussi bien des gauchistes que des journalistes et autres experts dont beaucoup se contentent de propos de bistrot. Bref un débat assez lamentable, pas au niveau des enjeux ; un débat qui cumule  la caricature, l’incompétence et l’hypocrisie. Une situation pas tellement étonnante dans la mesure où la France cultive toujours la maladie du centralisme théocratique, les méthodes de l’ancien régime et refuse délibérément un paritarisme qui priverait de leurs pouvoirs les technocrates. De part et d’autre, ont fait ainsi émerger les plus radicaux, les plus forts en gueule et les plus incompétents. Pas étonnant qu’ avec de tels interlocuteurs la France soit presque ingouvernable.

« Refuser la violence, incompatible avec la démocratie sociale » (Catherine Nave-Bekhti, CFDT)

« Refuser la violence, incompatible avec la démocratie sociale  » (Catherine Nave-Bekhti, CFDT)

 

Catherine Nave-Bekhti, Professeure de sciences économiques et sociales ,secrétaire générale de la fédération SGEN-CFDT dénonce la violence come moyen d’action syndicale. Après la violation des locaux de la CFDT, Catherine Nave-Bekhti analyse, dans une tribune au « Monde », la portée symbolique de cet acte et rappelle que démocratie sociale et violence ne font pas bon ménage.

Tribune.

 

«  Le 17 janvier 2020, une nouvelle fois, les locaux de la confédération CFDT ont été l’objet de violences. Ecrire cette phrase, à froid, prendre la mesure de chacun des mots, réaliser que si la façade n’est pas défigurée comme ce fut le cas nuitamment par le passé, l’action a visé directement des personnes. J’écris d’abord « des personnes » car il y a une gradation dans la violence.

Passer de l’atteinte aux biens à l’atteinte aux personnes n’a rien d’anodin. Pour moi, la violence contre autrui comporte une part de négation, dans l’autre, de ce que nous avons tous et toutes en partage : humanité commune, capacité d’écoute et de débat, non pas d’abord pour s’affronter, mais comprendre.

Donc, oui, je suis choquée que des militants aient choisi de venir pour insulter, bousculer, bref, intimider et agresser des salariés et militants CFDT. Ceux qui pensent qu’on s’habitue à la violence, ceux qui pensent que la violence est une option minimisent les faits, minimisent le vécu de celles et ceux qui ont subi ces agissements. Je pense à ces militants et salariés.

Je sais que cela peut laisser des traces. Solidaire d’elles et eux, fière de partager le même engagement. Ils savent le soutien des militants de toute la CFDT. Notre cohésion interne politique mais aussi tissée de nos débats parfois vifs contribuera à la résilience, je l’espère.

Il y a les faits. Et puis, il y a les mots pour en parler, et ceux-là blessent ou inquiètent aussi. Minimisation ou diversion alimentent l’insupportable justification de la violence. A la CFDT, nous serions une bande de naïfs découvrant que la violence existe. Evidemment non. Militants engagés, nous savons que notre société est abîmée par des violences, et en particulier par l’injustice sociale, les inégalités, le poids de leur reproduction.

Notre tendance, par conviction, par volonté d’incarner les valeurs que nous proclamons, est de refuser la violence, de chercher à la faire reculer. Nous ne considérons pas que la violence physique ou verbale est une modalité légitime de débat et d’action syndicale en démocratie (je reviendrai sur l’ajout de cette précision). Le désaccord, pour nous, ne justifie pas le recours à la violence.

Les insultes homophobes, les slogans ou insultes sexistes, le mot de « collabo » craché à la face de militants qu’on ne peut soupçonner de fascisme ou de racisme, les violences contre des lieux en pleine connaissance qu’ils ne sont pas vides, tout cela est inadmissible. Je l’ai parfois subi, j’en ai des témoignages anciens ou récents. Des militants CFDT les subissent depuis plusieurs semaines, je ne m’y résous pas, je ne banalise pas, je ne m’habitue pas. »

 

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