Archive pour le Tag 'délinquance'

Forte hausse de la délinquance

Forte hausse de la délinquance

 

Le Figaro publie en exclusivité le bilan analytique de la délinquance pour les six premiers mois de l’année. Un tableau saisissant, où l’on découvre que le degré de violence dépasse déjà, en ce milieu d’année, le niveau atteint durant la séquence pourtant agitée des «gilets jaunes» au premier semestre 2019. Les atteintes à l’intégrité physique, majoritairement des coups et blessures volontaires, n’ont jamais été aussi nombreuses. Avec plus de 350.000 agressions constatées en six mois, contre 300.000 au premier semestre 2020 et 320.000 sur la même période de 2019.

La hausse par rapport aux six premiers mois de l’an dernier, marqués il est vrai par deux mois de confinement, dépasse + 16 %. Mais si l’on compare à la même période de 2019, nettement plus pertinente, la violence a quand même augmenté de + 10 %. Les agressions de tout type, celles commises sur la voie publique, à l’école ou dans le cadre intrafamilial, avoisinent ainsi en moyenne le rythme effarant de 2000 par jour!

Délinquance: Des moyens supplémentaires pour la police….aux États-Unis

Délinquance:  Des moyens supplémentaires pour la police….aux États-Unis

Un article deZusha Elinson, Dan Frosch et Joshua Jamerson dans le Wall Street Journal

 

 

Il y a un an, le mouvement « Defund the police » militait pour une réduction des fonds alloués aux forces de l’ordre. Mais après avoir effectivement modifié leur budget, beaucoup de villes américaines font aujourd’hui marche arrière et veulent rétablir (voire augmenter) leurs moyens.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a ainsi relancé le projet de nouveau commissariat, un projet à 92 millions de dollars qui avait été abandonné l’été dernier. Son homologue de Baltimore, qui avait obtenu l’an passé une baisse de 22 millions de dollars du budget de la police, a récemment proposé une hausse de 27 millions de dollars.

Après une série d’attaques contre des habitants d’origine asiatique et une flambée des homicides à Oakland, en Californie, le conseil municipal est revenu sur une partie des coupes budgétaires imposées aux forces de l’ordre (3,3 millions sur 29 millions de dollars) et envisage désormais d’augmenter l’enveloppe allouée à la police de 24 millions de dollars. De son côté, le maire de Los Angeles a proposé une augmentation d’environ 50 millions de dollars du budget de la police, amputé de 150 millions de dollars l’an passé.

Dans les 20 plus grands services de police des Etats-Unis, les élus locaux veulent donner plus de moyens à neuf des douze départements pour lesquels les budgets de l’année prochaine ont déjà été dévoilés, les hausses demandées oscillant entre 1 % et près de 6 %.

Confrontées à une envolée de la criminalité (dans certaines villes, les meurtres ont bondi de plus de 10 %), les municipalités ont finalement eu du mal à réduire le budget de la police

De nombreuses villes américaines sont dirigées par des démocrates qui ont soutenu « Defund the police », un mouvement porté par Black Lives Matter et d’autres groupes au lendemain de l’assassinat de George Floyd par un officier de police à Minneapolis. La formule a été utilisée par les manifestants pour décrire des revendications allant d’une réduction pure et simple du budget des forces de police à une réallocation des fonds en faveur des services sociaux.

Mais, confrontées à une envolée de la criminalité (dans certaines villes, les meurtres ont bondi de plus de 10 %), les municipalités ont finalement eu du mal à réduire le budget de la police. Au quatrième trimestre 2020, les homicides ont ainsi augmenté de 32,2 % dans les villes de plus d’un million d’habitants, selon le rapport trimestriel du FBI sur le sujet. Pour les forces de l’ordre et les criminologues, le stress généré par la pandémie et la mise en retrait de la police ont probablement joué un rôle.

« Difficile de parler sérieusement de réduction du budget de la police quand la délinquance augmente », résume Michael Nutter, ancien maire démocrate de Philadelphie.

L’an passé, le mouvement « Defund the police » a coïncidé avec une baisse des recettes fiscales liée aux confinements. Mais la pandémie de Covid-19 se terminant peu à peu, l’économie repart et les collectivités locales bénéficient aussi de subventions fédérales. Des élus locaux et représentants des forces de l’ordre soulignent également que les réformes envisagées, notamment une meilleure formation des policiers, peuvent s’avérer très coûteuses. Et, dans certains quartiers, les habitants s’inquiètent d’une baisse des effectifs alors que la criminalité a augmenté.

L’été dernier, près de la moitié des 258 services de police interrogés par Police Executive Research Forum, un think tank de Washington, ont déclaré que leur budget avait été réduit ou le serait probablement. Selon cette enquête, ce sont les achats d’équipement qui ont le plus pâti des coupes budgétaires, suivis par la formation, le recrutement et les heures supplémentaires.

D’après Interrupting Criminalization, une initiative du Barnard Center for Research on Women qui milite pour une réduction du budget de la police, les militants ont réussi à obtenir une baisse de 840 millions de dollars à l’échelle nationale, et 160 millions de dollars de réallocation à des programmes sociaux. Le centre ajoute que les villes ont aussi annulé pour 35 millions de dollars de contrats de surveillance des écoles par les services de police.

Mais ces décisions ne représentent qu’une infime partie des quelque 100 milliards de dollars que les Etats-Unis dépensent chaque année pour leurs 18 000 services de police.

Surveillance rapprochée

De Baltimore à Minneapolis et Louisville, les villes épinglées par le département de la Justice pour le comportement de leur police ont besoin d’argent pour financer les changements exigés, notamment la formation des officiers de police ou l’achat de caméras-piéton.

« Pour changer la police, il faut recruter des agents, il faut les former autrement et il faut engager leur responsabilité, explique Chuck Wexler, directeur exécutif du Police Executive Research Forum. Penser qu’en enlevant des ressources à la police, on la rendra meilleure, c’est ridicule. »

A Minneapolis, ville où George Floyd a été tué, le budget de police a été amputé de 8 millions de l’an passé, puis relevé de 6,4 millions de dollars. Devant des départs en retraite en série et une augmentation de la délinquance, il a fallu recruter.

A Baltimore, Brandon Scott a été élu maire en décembre dernier après avoir fait campagne sur une refonte des services de police. L’an passé, alors président du conseil municipal, il avait (avec succès) milité pour une baisse de 22,4 millions de dollars du budget de la police, une somme qu’il voulait transférer aux services sociaux.

Dans les premiers mois de son nouveau mandat, il a proposé 27 millions de dollars… de hausse. Lors d’un entretien, il a déclaré que ce changement de cap s’expliquait par une augmentation des pensions de retraite et de l’assurance-maladie des policiers. Pour lui, l’obligation de réformer la police de Baltimore et de former les policiers (ainsi que le prévoit l’accord conclu en 2017 avec le département de la Justice après la mort de Freddie Gray, décédé après une rupture des cervicales pendant une garde à vue) complique également la mise en place de coupes budgétaires.

China Terrell, habitante de Baltimore, raconte son effroi quand, mercredi matin, son mari a été attaqué en pleine rue. Les voleurs sont partis avec son Apple Watch et son iPhone. Directrice exécutive d’une organisation locale à but non lucratif, elle souligne qu’elle n’avait jamais ressenti d’aussi près la hausse de la criminalité dont elle entendait parler.

« Pour moi, il faut repenser et revoir la façon dont on imagine la police, et pour mettre en place ce qu’on estime être des améliorations, il faudra plus d’argent, pas moins. C’est une réalité qui ne reflète pas du tout “Defund the police” »

Candidate démocrate aux élections législatives de l’Etat, elle estime que la réduction du budget décidée par Brandon Scott n’est pas responsable de l’agression de son mari. Pour lutter contre la délinquance, il faut selon elle réduire les inégalités et le nombre de terrains vagues dans les quartiers, mais pas le budget de la police. Avec davantage de moyens, poursuit-elle, la police pourrait améliorer ses procédures de recrutement et de formation pour que les officiers de police soient plus justes et plus impliqués dans la vie locale.

« Pour moi, il faut repenser et revoir la façon dont on imagine la police, et pour mettre en place ce qu’on estime être des améliorations, il faudra plus d’argent, pas moins, affirme cette femme de 43 ans. C’est une réalité qui ne reflète pas du tout “Defund the police”. »

Toby Ditz a 70 ans. Cette enseignante à la retraite de Baltimore raconte qu’elle a été déçue de savoir que Brandon Scott voulait augmenter le budget de la police alors qu’il s’était présenté comme un réformateur pendant la campagne. Elle comprend les coûts liés aux pensions de retraite et à l’assurance-maladie, mais estime qu’ils auraient pu être compensés par des économies à d’autres niveaux. « Le minimum, ç’aurait quand même été de ne pas augmenter le budget », soupire-t-elle.

Brandon Scott souligne qu’il est favorable à une diminution à terme du budget de la police, mais qu’il redoute que des coupes hâtives n’alimentent les critiques.

« Je pense que les habitants de Baltimore attendent de moi que je fasse les bonnes choses, mais surtout les bonnes choses au bon moment », souligne-t-il.

L’été dernier, Oakland a prélevé 14 millions de dollars sur le budget de sa police pour financer un nouveau programme grâce auquel des spécialistes de la santé gèrent certaines crises à la place de la police ; certaines fonctions ont aussi été transférées à d’autres départements. En décembre, à court d’argent, Libby Schaaf a demandé 15 millions de dollars d’économies supplémentaires.

LeRonne Armstrong, le chef de la police, raconte que son service a décidé de réduire le nombre de policiers à pied, qui patrouillaient dans les quartiers pour empêcher les règlements de comptes entre les gangs, et les effectifs de l’équipe chargée d’empêcher les rodéos urbains.

Mi-avril, 41 homicides avaient été commis : 13 de plus que l’an passé, lorsqu’un confinement strict était en place. Les sideshows s’étaient multipliés, y compris près de la maison de Libby Schaaf. Et plusieurs personnes avaient été agressées dans le quartier chinois d’Oakland, où la police de proximité avait auparavant l’habitude de se rendre.

« Ce que ce mouvement de coupes budgétaires ne prend pas en compte, c’est l’explosion de la criminalité dans notre ville », déplore LeRonne Armstrong.

John Jones III, animateur à East Oakland, quartier où les homicides sont les plus nombreux, explique que les habitants ne veulent pas moins de policiers : ils veulent de meilleurs policiers.

« Un, ils veulent que les policiers arrêtent de nous tuer et de nous faire du mal et deux, ils veulent qu’ils fassent leur boulot. Quand vous entendez les tirs depuis votre salon ou que vous vous faites cambrioler, vous voulez que quelqu’un vienne et fasse quelque chose », souligne-t-il.

Le 12 avril, après un engagement du chef de la police et des plaintes des habitants, le conseil municipal a voté à l’unanimité pour l’annulation d’une partie des coupes budgétaires.

Nikki Fortunato Bas, présidente du conseil municipal, faisait partie des militants qui voulaient à tout prix réduire le budget de la police. Elle a voté en faveur de l’annulation. Le conseil municipal « a tenté de réagir à des problèmes de sécurité bien réels », résume-t-elle.

Services sociaux

A New York, Bill de Blasio et le conseil municipal avaient dans un premier réduit le budget opérationnel de la police de 5,6 à 5,2 milliards de dollars après les manifestations. Une partie des économies réalisées avaient été allouées aux programmes pour les jeunes et aux services sociaux.

Mais entre le 1er janvier et le 23 mai 2021, 531 fusillades ont eu lieu, contre 295 lors de la même période l’an passé. Pour le prochain exercice, le maire veut revenir sur la moitié des coupes budgétaires.

En avril, lors d’une conférence de presse, il a expliqué que les premières coupes budgétaires étaient le résultat « du contexte de l’époque » et de la volonté de la mairie de transférer des fonds vers les populations locales, mais aussi des tensions financières provoquées par la pandémie. Il a précisé que, grâce au plan de relance fédéral, la ville possédait désormais davantage de moyens.

Parmi les coupes les plus emblématiques sur lesquelles la mairie est revenue figure la construction du 116e commissariat du Queens, un projet défendu par les responsables locaux. Les fonds alloués à ce projet proviennent d’une autre ligne budgétaire de la police.

Roberto Williamson, propriétaire du Breezes Island Grill Restaurant and Lounge, un restaurant américano-caribéen dans le Queens, trouve le nouveau commissariat « formidable ».

Ceux qui avaient porté le mouvement « Defund the police » sont déçus, mais soulignent que leurs efforts ont produit d’autres résultats

Il n’avait pas remarqué d’augmentation de la criminalité, mais se dit favorable à un meilleur accès aux services de police dans le quartier. Le plus important, selon lui, c’est d’améliorer les relations entre les habitants et les policiers.

« Le commissariat dont on dépendait était vraiment très loin, donc ce sera forcément bien d’en avoir un plus près, explique-t-il. Je ne suis pas favorable à une baisse du budget de la police si elle fait ce qu’elle doit faire pour la communauté et les gens qui s’en occupent. »

Ceux qui avaient porté le mouvement « Defund the police » sont déçus, mais soulignent que leurs efforts ont produit d’autres résultats. Chivona Newsome, cofondatrice de l’antenne de Black Lives Matter pour l’agglomération new-yorkaise, évoque ainsi une mesure prise en mars par le conseil municipal : la fin de l’immunité accordée aux policiers poursuivis pour violation des droits civiques, immunité qui protégeait les policiers lors de l’essentiel de leurs interventions. « Je sais que [Defund the police] est une formule controversée, mais elle a changé la façon dont les gens considèrent la police », affirme-t-elle.

L’an passé, en raison de l’impact économique de la pandémie, la ville de Denver a réduit le budget de sa police de près de 25 millions de dollars. Un programme pilote lancé l’été dernier prévoyait l’envoi de travailleurs sociaux et d’infirmiers à la place des officiers de police quand les appels au commissariat ne semblaient pas être liés à des problèmes de violence. Le programme STAR a reçu une première enveloppe de 208 000 dollars provenant de recettes fiscales votées en 2018. Il devrait être étendu à toute la ville, pour un coût total de 3 millions de dollars l’an prochain, des fonds issus du budget global de la ville et d’autres sources, mais pas du budget de la police.

Selon un rapport municipal, 68 % des 243 personnes que les travailleurs sociaux ont rencontrées suite à des appels étaient sans abri. Aucune de leurs interventions n’a nécessité l’aide de la police de Denver. D’après les conclusions du rapport, le programme pourrait permettre de réduire de 2,8 % les appels à la police pour des demandes d’aide.

Les finances étant plus stables cette année, Denver pourrait aussi restaurer le budget de la police, a indiqué le porte-parole du maire Michael Hancock, qui ne soutient pas de réduction.

Paul Pazen, le chef de la police de Denver, explique que le programme Star est un excellent exemple de l’approche « holistique » indispensable pour réformer la police et que les coupes budgétaires mineront ces efforts.

« Il est assez rare que quelque chose fonctionne mieux avec moins d’argent », résume-t-il.

Katie Honan a contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale par Marion Issard)

Secret des avocats : risque de délinquance économique

Secret des avocats : risque de délinquance économique

Laurence Vichnievsky, députée MoDem, et ancienne juge d’instruction, s’inquiète d’une « justice à deux vitesses » dans l’Opinion 

 

Le secret professionnel des avocats est renforcé par le projet de loi « pour la confiance dans l’institution judiciaire ». Un amendement adopté en commission des lois l’a même étendu : il couvre non seulement la défense mais aussi les activités de conseil des avocats. Qu’en pensez-vous ?

Le secret de la défense doit être protégé et il l’est déjà largement. J’y suis favorable, par principe, et ne suis pas opposée à ce qu’il le soit davantage. Cette volonté d’une plus grande protection répond sans doute à l’émotion légitime des avocats à la suite de l’affaire dite « des fadettes », qui a choqué aussi nombre de magistrats et d’anciens magistrats, dont je fais partie. Mais les excès individuels ne sont pas systémiques. Le secret est respecté dans la quasi-totalité des enquêtes. Combien de perquisitions dans un cabinet d’avocat sont-elles menées par an ? Le nombre n’a pas été communiqué, je ne pense pas qu’il soit très élevé. Et les magistrats ne débarquent pas dans un cabinet comme bon leur semble mais parce qu’une procédure pénale en cours vise un client de l’avocat.

L’extension du secret aux activités de conseil va-t-elle changer la donne en matière économique et financière ?

L’activité de conseil fait partie intégrante de la mission de l’avocat, qui ne se limite pas à la représentation et à l’assistance de ses clients en justice. Elle doit donc être protégée. Dans la pratique les juges ne saisissent pas n’importe quel document. Et toute la correspondance entre un avocat et son client est déjà couverte par le secret.

Les autres mesures pour encadrer les enquêtes vont-elles constituer un frein pour les magistrats ?

L’un des changements importants apportés par le texte est qu’il prévoit que lorsque la perquisition est justifiée par la mise en cause de l’avocat, elle ne pourra être autorisée que s’il existe des raisons plausibles de soupçonner celui-ci d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction qui fait l’objet de la procédure. Actuellement, ce n’est pas le cas. La protection des avocats en sera renforcée mais les enquêtes deviendront sans doute plus difficiles à faire progresser. C’est la raison pour laquelle j’ai déposé un amendement (retenu par le gouvernement) tendant à ce que la perquisition soit possible lorsqu’il existe des raisons plausibles de soupçonner l’avocat d’avoir commis non seulement l’infraction qui fait l’objet de la procédure mais encore une infraction connexe comme des actes de recel ou de blanchiment des produits de l’infraction.

Votre autre amendement permettant aux enquêtes préliminaires en matière de grande délinquance économique et financière, menées par le Parquet national financier, de pouvoir durer jusqu’à cinq ans, comme c’est le cas pour le terrorisme et la criminalité organisée, n’a pas été retenu. Pourquoi ?

Le garde des Sceaux a refusé cette extension, qui permettait pourtant de donner les moyens aux services de police judiciaire de mener à bien des enquêtes lourdes et complexes. L’ouverture d’une information, au bout de trois ans d’une enquête préliminaire inachevée n’est pas une réponse pénale satisfaisante. Cela pourrait ressembler à un enterrement ou presque : les affaires seront sans doute jugées, mais dix à quinze ans après les faits. Je déposerai à nouveau cet amendement en séance publique.

Il faut faire attention. En sanctuarisant la délinquance économique et financière, on risque d’accréditer l’idée d’une justice à deux vitesses, selon le degré de fortune des justiciables, ce qui n’est pas de nature à renforcer la confiance des Français en l’institution judiciaire. Mon autre crainte, plus fondamentale, est que cette réforme constitue un premier pas pour ceux qui n’acceptent pas la logique procédurale de l’enquête préliminaire, au motif qu’elle n’est pas contradictoire et qu’elle est en décalage par rapport aux normes anglo-saxonnes. Il faudra là encore trouver le bon équilibre entre le besoin toujours croissant de transparence et de contradictoire et l’efficacité de notre justice pénale.

Sondage délinquance : 84 % redoutent une hausse

Sondage délinquance : 84 % redoutent une hausse

 

-Selon le dernier baromètre sécurité Fiducial-Odoxa  84 % des Français redoutent une hausse de la délinquance notamment de la part des jeunes.

La délinquance la plus spectaculaire et illustrée par la guerre des bandes qui se multiplient dans de nombreux quartiers y compris des villes moyennes.

Cette situation s’expliquerait par la responsabilité de l’école et de la justice considérée comme trop laxistes. Pour l’école, ce qui est en cause c’est à la fois la discipline mais aussi le contenu des programmes insuffisamment orientés vers les matières de base. Pour la justice, c’est son manque de fermeté face aux responsables de la sécurité.

Pour les Français la responsabilité incombe aussi aux familles et au milieu social. Ces différents facteurs explicatifs s’inscrivant sur fond de crise économique qui réduit des perspectives d’emploi d’autant que les intéressés sont peu éduqués et encore moins qualifiés.

Comme le révèle le dernier baromètre sécurité Fiducial-Odoxa que dévoile Le Figaro, pas moins de 84 % des Français craignent que les problèmes touchant les nouvelles générations se traduisent par une hausse de la délinquance et de l’insécurité. 

«les Français identifient deux sources principales: des problèmes d’éducation (51 %) et le manque de sévérité et d’application des sanctions judiciaires (49 %)».

72 % des Français et 62 % des 18-34 ans estiment les politiques de formation et de sanctios sont notamment notoirement insuffisantes. «On présente parfois de manière binaire les solutions politiques à l’insécurité: la gauche considérerait que la réponse est essentiellement la résolution de problèmes sociaux, la droite affirmerait au contraire qu’il faut sanctionner pour être efficace, note le baromètre sécurité. Les Français, eux, attendent des solutions à tous les niveaux» et ce «tant en matière de prévention, d’éducation et d’action sociale que de sanctions et de sévérité à l’égard des délinquants». Bref, une réponse à spectre large. Convaincus par la nécessité de sanctionner plus tôt, les Français se déclarent aux deux tiers (68 %) favorables à l’abaissement de la majorité pénale à quinze ans. 

78 % des Français jugent négative l’action de Macron sur les questions régaliennes

Présidentielles 2022 : l’influence majeure de la question de la délinquance

Présidentielles 2022 : l’influence majeure de la question de la délinquance

Les élections présidentielles de 2022 seront bien entendues influencées par plusieurs facteurs. La situation économique, la situation sociale mais aussi et surtout sans doute la question de la délinquance notamment dans la vie quotidienne (et pas seulement dans les banlieues difficiles même si la cela prend un caractère particulièrement inquiétant). Un phénomène que ne supporte plus une grosse majorité des Français. Ce qu’estime aussi Jérôme FOURQUET ,directeur du pôle opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop, auteur de L’Archipel français.(Interview dans le Figaro)

Des affaires de délinquance graves ne cessent de faire la une des médias. L’opinion juge-t-elle que leur nombre augmente de façon incontestable et que l’insécurité progresse?

 

Jérôme FOURQUET. -Selon une enquête Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio effectuée il y a deux semaines, 71% des Français estimaient que la délinquance avait augmenté au cours des derniers mois, dont 48% qu’elle avait même «beaucoup» augmenté. Ce sombre diagnostic, très largement partagé dans la population, ne tombe pas du ciel et le fameux «sentiment d’insécurité» n’est pas une vue de l’esprit ou un fantasme, comme certains avaient pu le dire au début des années 2000. Cette perception s’ancre dans une litanie d’affaires et de faits, qui ne cessent de scander l’actualité depuis des années. Alors que l’épidémie de Covid-19 sature les ondes et les écrans, les faits liés à la délinquance (rixes entre bandes de jeunes, violences urbaines, etc.) parviennent régulièrement à franchir ce mur du son et marquent

« Délinquance : l’une des sources du radicalisme »

 

 

Dans le cadre du projet de loi « pour la confiance dans l’institution judiciaire », la suppression des remises automatiques de peine doit s’accompagner d’une réforme systémique, estime le sociologue Tarik Yildiz dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Le 2 mars, le garde des sceaux a dévoilé les grandes lignes de son projet de loi « pour la confiance dans l’institution judiciaire ». Au-delà des pistes qui répondent aux enjeux propres des juridictions – meilleure protection du secret de la défense ou limitation de la durée des enquêtes préliminaires –, Eric Dupond-Moretti a annoncé son intention de mettre fin aux remises automatiques de peine. 

A l’origine d’une exécution des peines presque systématiquement inférieure à celles annoncées lors des condamnations, le dispositif de crédit de réduction de peine (CRP) existe depuis 2004. Il est appliqué d’office, même s’il peut être exceptionnellement retiré par le juge de l’application des peines après saisine par le procureur de la République ou le chef d’établissement. Il s’ajoute à la réduction supplémentaire de la peine (RSP) qui n’est, elle, pas automatique

La volonté du ministre de la justice est à saluer : de nombreux observateurs réclament cette réforme depuis des années afin de transformer la logique sous-jacente. Il s’agit de faire respecter les peines annoncées par défaut et de ne pas les réduire pour de « mauvaises » raisons, au premier rang desquelles la surpopulation carcérale.

 

Au-delà des critiques peu pertinentes accusant le ministre de populisme (confondu à tort avec une forme de bon sens populaire), cette initiative pose de nombreuses difficultés qu’il convient d’anticiper.

Tout d’abord, les critères pour bénéficier de ces remises devront être clarifiés et complétés : liste de cas de figure concrets, qualification de la bonne conduite, etc. Par ailleurs, les mêmes opportunités devront être offertes à chaque détenu : formation, activité professionnelle, enseignement… supposant la mise en place d’une organisation d’envergure sur l’ensemble du territoire.

Effacer le rôle « d’école du crime »

Le suivi et la réussite d’un programme à proposer à chacun garantiraient ainsi une réduction au cas par cas. Cette discipline bienveillante permettrait aux délinquants de se revaloriser à l’gard d’eux-mêmes et des autres, de se projeter plus aisément sans avoir recours à des idéologies, notamment religieuses, qui peuvent combler une forme de vide existentiel.

L’état catastrophique des maisons d’arrêt en France ne permettrait pas de mettre tout de suite cette mesure en œuvre dans de bonnes conditions. Rénover les prisons, construire davantage de places pour que la peine puisse être réellement exécutée et vécue de manière plus digne ouvrirait la voie à une réforme systématique pour effacer le rôle « d’école du crime », malheureusement encore bien réel dans les prisons françaises, en isolant les profils les plus extrémistes.

La délinquance rurale en hausse

La délinquance rurale en hausse

L’insécurité gagne nettement dans les zones rurales et périphériques. À l’inverse des zones urbaines où le très haut niveau d’insécurité a légèrement diminué. En cause sans doute là aussi la perte d’autorité des institutions officielles. À l’école par exemple où les parents viennent contester les enseignants. Dans la rue ou dans les commerces où personnes ne dit plus bonjour depuis longtemps et/ou on s’abstient de toute remarque vis-à-vis des personnages qui troublent l’ordre public. Chez les responsables politiques qui préfèrent enterrer les affaires plutôt que d’avoir à traiter à leur niveau le marais social délinquant. Il y a aussi malheureusement la diminution des effectifs et les fermetures de gendarmerie parfois un jour sur deux. En plus des gendarmeries complètement barricadées par peur d’être attaquées avec seulement un interphone qui permet de communiquer avec des gendarmes à 15 ou20 kilomètres de là. Nombre de délits ne font même plus l’objet d’enquêtes où sont enterrés dans les procédures.

La délinquance en forte hausse en France

La délinquance en forte hausse  en France

D’après l’Observatoire national de la délinquance les violences sont en hausse en France entre 2016 et 2018. Une tendance qui s’est poursuivie en 2019. Une explication pourrait provenir du fait que les forces de l’ordre ont surtout été affectées au contrôle des manifestations depuis plus d’un an davantage qu’à la surveillance de la délinquance. L’année 2019 a en effet été marquée par une forte hausse de la délinquance. Selon les chiffres d’Interstats, le service de statistiques du ministère de l’Intérieur, qui a publié un premier aperçu du taux de criminalité en France pour l’an passé, plusieurs indicateurs de cette délinquance sont en hausse: +9% d’homicides, +12% de violences sexuelles, +8% de coups et blessures volontaires, ou encore +11% de cas d’escroquerie. Des chiffres calculés sur le nombre de plaintes déposées l’an dernier.

La situation explose quand il s’agit de délinquance sur la voie publique. Dégradations, agressions, « le niveau général de violence augmente en France », note Guillaume Farde, maître de conférence à Science po et consultant sécurité à BFMTV. Le cas de Paris est particulièrement représentatif: l’an dernier, les atteintes aux biens, qui constituent largement la plus grande part de la délinquance, ont augmenté de 12,01%, pour atteindre les 245.250. Les vols à la tire ont bondi de près de 32%, ceux commis dans le métro de plus de 42,5%. Les cambriolages de commerces ou d’entreprises dans la capitale ont grimpé de plus de 6%.

Délinquance: Un nouvel outil statistique….. pour faire baisser l’insécurité ?

Délinquance: Un nouvel outil statistique…..  pour faire baisser l’insécurité ?

 

Officiellement il s’agit de mettre fin à la course au chiffre des services de police. On reprochait jusqu’à leur des manipulations des statistiques de délinquance davantage révélatrice de l’activisme de la police que de l’évolution réelle de la délinquance. Toutefois comme on réduit le champ couvert par les nouvelles statistiques, on passe de 40 champs à neuf, il est clair que mécaniquement la délinquance apparaîtra en régression. Pas sûr que la déontologie de l’INSEE suffise à garantir la pertinence des nouvelles statistiques car tout dépendra aussi de la manière dont sont établies les données de base. Pour résumer la bataille politique d’interprétation de l’évolution de la délinquance est loin d’être terminé Le gouvernement lance mardi un nouveau service statistique de la délinquance dans un souci de « fiabilité » sur des chiffres qui ont opposé ces dernières années gouvernement et opposition.  Ce service se veut la « clé de voûte » de la réforme promise en 2012 par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, qui avait mis fin à la « politique du chiffre » de la précédente équipe de Nicolas Sarkozy. De premières données seront diffusées dès mardi matin sur le site Inter Stats spécialement créé et qui sera accessible à tous. Le nouveau Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSM) intègre les données enregistrées par la police et la gendarmerie mais « dans le champ labellisé de la statistique publique », ce qui n’était pas le cas jusqu’alors. Il a pour mission de « garantir la sincérité, la fiabilité et la rigueur de la production des données statistiques » de l’Intérieur et « un accès transparent à tous » comme « peuvent l’être par exemple les statistiques économiques », avait déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, au début du mois. Des experts et élus reprochaient à l’ancienne méthode de refléter plus l’activité des services -ce qui était sa vocation au départ- que le niveau de la délinquance. Ils dénonçaient également le « bidouillage » récurrent des chiffres sous la pression de la hiérarchie policière. Désormais, gendarmes et policiers n’ont plus à s’occuper des statistiques, qui se font automatiquement au moment de l’enregistrement des plaintes. Mais les nouveaux chiffres ne refléteront pas l’ensemble de la réalité de l’insécurité, car seuls neuf domaines ont été retenus contre une quarantaine auparavant. « Notre choix a été de ne diffuser que des chiffres fiables, représentatifs d’une tendance réelle », explique François Clanché, inspecteur général de l’Insee et chef du SSM. En conséquence, les saisies de drogue ne seront pas publiées, faute de pouvoir dire si elles montrent une plus grande activité de la police ou des délinquants. Les viols ne seront pas pris en compte non plus car « moins de 10% des victimes portent plainte », a ajouté François Clanché. Il en va de même des violences urbaines et du vandalisme.  Des criminologues ont estimé que même si le nouveau logiciel n’autorisait pas les mêmes marges d’erreur qu’auparavant, des policiers auraient toujours la possibilité de manipuler les chiffres, par exemple en classant un dépôt de plainte en main courante.

Melun-saccage école maternelle : où l’apprentissage de la délinquance

Melun-saccage école maternelle : où l’apprentissage de la délinquance

Il est clair que le saccage d’une école maternelle à Melun témoigne de la dégradation de l’éducation de certains enfants notamment dans des quartiers sensibles. Des actes qui d’une certaine manière banalisent la violence et prépare à des faits de délinquance encore beaucoup plus graves. Dans certaines zones de non-droit l’incivilité a été en quelque sorte banalisée. En cause évidemment la responsabilité des parents, du voisinage mais aussi des pouvoirs publics qui ont abandonné toute responsabilité voire toute présence pour les Pouvoirs publics dans les lieux socialement difficiles. Une vingtaine d’enfants âgés de 5 à 13 ans se en effet sont introduits dans une école maternelle de Melun samedi et ont saccagé plusieurs salles de classe. Les enfants, résidant dans le quartier considéré sensible des Mézereaux et aux alentours, « ont renversé tout ce qu’il y avait sur les étagères, ont brisé une vitre et étalé de la peinture sur les murs », a déclaré une source policière, confirmant une information du Parisien. « Il y avait des pots de peintures renversés. Les croyons, les livres… tout était éparpillé au sol. Il y avait de la colle partout. C’était vraiment impressionnant, beaucoup de fournitures ont été abîmées », a déploré sur RMC Ségolène Durand, adjointe au maire venue constater les dégâts. L’édile a déposé plainte lundi.  »Nous avons d’abord déposé une plainte contre X et, lorsque les auditions des enfants seront terminées, nous porterons plainte de façon nominative », a expliqué son entourage. Selon le parquet, cité par L’Express, il s’agirait en fait d’une quinzaine d’enfants. Ce dernier ne confirme pas l’information selon laquelle un enfant de 5 ans figurait dans le groupe. « Nous sommes très attentifs et prudents sur les responsabilités et le rôle de chacun dans cette affaire », précise-t-il, ajoutant que le plus âgé des casseurs aurait 14 ans et « la plupart 13 ans ».

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Baisse de la délinquance : des chiffres truqués

Baisse de la délinquance : des chiffres truqués

 

 

 

On ne fera croire à personne que la délinquance a baissé comme l’a annoncé triomphalement-  avec coups de menton habituels – Valls. En réalité la méthode statistique a changé, ce qui n’a pas changé en revanche c’est la capacité des ministres de l’intérieur successifs à manipuler les chiffres. Pendant des années, les statistiques de la délinquance ont été maquillées sur ordre à pour minorer l’ampleur du problème, des pratiques qui, ont perduré, selon un rapport explosif de  l’Inspection générale de l’administration (IGA), ce rapport, commandé par le préfet de police de Paris Bernard Boucault en septembre 2012, devait dresser un état des lieux des pratiques d’enregistrement des faits de délinquance à Paris et dans la petite couronne. Mais en se plongeant dans les méandres du recueil statistique policier, ses auteurs ont mis à nu un système mis en place depuis plus d’une dizaine d’années et monté en puissance à partir de 2008, visant à minimiser la délinquance. Minoration des faits (un cambriolage enregistré comme une dégradation par exemple), report (les services stoppent l’enregistrement des plaintes avant la fin du mois), ou même destruction pure et simple de certains faits, sont les principales techniques mises en évidence. En fait la plupart des cambriolages mineurs ne sont pas enquêtés, encore moins sanctionnés, du coup on les classe dans la catégorie détérioration.  C’est le nouveau Service statistique ministériel de sécurité intérieure (SSMSI) qui a produit ces statistiques. Un organisme placé au sein même du ministère. Ce qui gêne tout de même quelques personnalités à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). À commencer par celui qui fut le premier président de l’Observatoire, le criminologue Alain Bauer. Quoi qu’il en soit, placé sous la responsabilité d’un inspecteur général de l’Insee, le SSMSI clame son «indépendance». Une indépendance dont on peut discuter d’autant que les sources, c’est à dire les données de base fournie par les forces de l’ordre ne peuvent être vérifiées par l’INSEE.   On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Après avoir annoncé urbi et orbi qu’il fallait laisser le soin à un organisme indépendant de traiter des statistiques de la délinquance, le gouvernement communique, ce matin, en grande pompe, sur quelques chiffres positifs tirés du bilan global de la délinquance en France. S’appuyant sur les chiffres des douze derniers mois comparés aux mêmes mois de l’année précédente, le premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, se félicitent notamment ce mercredi, lors d’un déplacement commun dans l’Oise, de la baisse des cambriolages de -4,3% et des vols à main armée de -14%. Pourquoi ne pas attendre la traditionnelle présentation statistique de la fin de l’année pour faire des annonces? C’est qu’après la polémique de Sivens, il y a urgence à annoncer quelque bonne nouvelle. Dans le détail, les chiffres, communiqués à l’avance au quotidien Le Parisien, sur 10 mois seulement, témoignent d’améliorations un peu partout en France, de -7% en région Ile-de-France à -13% en Languedoc-Roussillon, tandis que les cambriolages continuent d’augmenter de +4% en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou dans le Nord-pas-Calais de Martine Aubry, mais aussi de presque 8% en Aquitaine, chez Alain Juppé ( hasard statistique ?).

Délinquance: sous-estimation

 Délinquance: sous estimation

Se fondant sur un rapport de l’administration « les Echos » observe que   la «politique du chiffre » menée en matière de sécurité s’est traduite par des dérives dans le contrôle de l’enregistrement des plaintes observées «depuis 2006 ou 2007 ». «Le management par objectifs de la délinquance, connu sous la dénomination de «politique du chiffre», a largement contribué à cette absence ou ce désengagement du contrôle de l’enregistrement» des plaintes par la hiérarchie, affirme l’Inspection générale de l’administration (IGA) dans un rapport commandé par Manuel Valls, publié ce vendredi. A peine arrivé place Beauvau le 17 mai 2012, le ministre de l’Intérieur avait prévenu qu’il n’y aurait pas, en matière de sécurité, de « course effrénée aux chiffres » contrairement, selon lui, à la pratique du précédent gouvernement. « Les chefs de service, placés entre l’injonction d’afficher de bons résultats et l’impératif de contrôler la bonne application du guide de méthodologie statistique, privilégiaient souvent la première option», poursuit le rapport. Il ajoute que « certaines directives de l’administration centrale ont pu contribuer à minorer fortement les statistiques de la délinquance en généralisant des pratiques d’enregistrement non conformes». L’IGA cite notamment deux directives qui ont fait sortir «dès 2007 et les années suivantes, près de 130.000 faits» par an de « l’Etat 4001 » des forces de l’ordre – l’outil statistique classifiant les infractions en zones police et gendarmerie en fonction des plaintes.  Le rapport confirme par ailleurs «une rupture statistique » consécutive au déploiement, dans la gendarmerie, du logiciel Pulsar en janvier 2012. Ce qui a eu un impact sur les chiffres entre 2011 et 2012, à hauteur de 35.000 à 50.000 faits annuels, soit 3,5 à 5% de la hausse de la délinquance constatée en zone gendarmerie. L’explosion des chiffres de la gendarmerie connue depuis fin 2012 a alimenté les critiques de l’opposition qui dénonce un «laxisme» du gouvernement. Ce rapport intervient après qu’ en avril une mission parlementaire (PS et UMP) a mis en cause l’outil de mesure de la délinquance , rejoignant ainsi la volonté de Manuel Valls de réformer en profondeur cet appareil statistique contesté. Parmi ses dix recommandations, l’IGA préconise notamment d’instaurer un contrôle de l’enregistrement des plaintes. La mission de l’IGA, menée en collaboration avec l’inspection générale de l’Insee, plaide aussi pour la création d’un Service statistique ministériel qui incorporerait des statisticiens à l’Intérieur, tout en renforçant la place de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales qui publie également des chiffres à partir de plusieurs sources, notamment judiciaires.

 

Les chiffres de la délinquance minorés.

Les chiffres de la délinquance minorés.

Les chiffres de la délinquance du 1er trimestre 2012 « ont sans doute été artificiellement minorés ». C’est ce que révèle dans son rapport sur la délinquance du mois d’avril l’Observatoire National de la Délinquance (OND). Et ce, alors que le nombre d’atteintes aux biens – principalement les vols – enregistrés en avril sont en baisse de 1,7% par rapport au même mois en 2011 et que les chiffres des atteintes volontaires à l’intégrité physique – les agressions – diminuent de 0,5% par rapport à avril 2011. La raison ? Chaque mois, depuis le début de l’année, les autorités auraient ainsi publié des chiffres de la police et de la gendarmerie avec « des jours de saisies manquants », comme le précise l’OND. Au micro d’Europe 1, le directeur de l’Organisation Christophe Soullez explique « qu’il manque chaque mois 2 ou 3 jours de saisie des faits ». Cela arrive régulièrement, souligne Christophe Soullez, « avec les mois qui ont un nombre d’atteintes enregistrées très faibles par rapport aux mois des années précédentes, ce qui veut dire qu’ils n’ont pas été récupérés en avril, comme c’est le cas généralement les autres années ». Dans les faits, « quand un mois se termine par un week-end suivi d’un jour férié, l’habitude a été prise de clôturer le 28 du mois au lieu du 31. Ca fait trois jours de statistiques en moins », détaille le directeur de l’OND. Concrètement, « pour le moment, en avril 2012, on n’a pas retrouvé les faits qui manquaient en février ou mars ». Ce qui rend le premier trimestre de cette année « atypique ». Une décision politique ? Christophe Soullez confie au micro d’Europe 1 ne pas croire qu’il y a eu des consignes des autorités françaises. « Il est clair que dans certains départements on a voulu afficher des résultats plus positifs », note-t-il toutefois. Reste que pour sa part l’Observatoire National de la Délinquance demande depuis six ans de clôturer les comptes des saisis des faits soient arrêtés le six du mois.

 




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