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Afrique : Les vents défavorables de la démocratie

Afrique : Les vents défavorables de la démocratie( Bakary Sambe)

Bakary Sambe analyse les vents défavorables de la démocratie en Afrique

Bakary Sambe est directeur du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis- UFR CRAC (Sénégal). ( L’Opinion, extrait)

 

Les nombreux coups d’Etat relevant des « nouvelles pathologies de la démocratie » en Afrique avec la violation des constitutions pour des troisièmes mandats, ne peuvent plus être analysés du seul point de vue local, sous le seul angle de la nature des régimes. Au niveau global, Larry Diamond évoquait, déjà, la combinaison entre « la colère russe », « l’insouciance américaine » et « l’ambition chinoise » comme la nouvelle donne à l’origine de ces « vents défavorables à la démocratie ». Il aurait dû ajouter un phénomène non moins déterminant : le pragmatisme diplomatique, comme pratique globalisée et dont la logique est, pour les grandes puissances la défense de leurs intérêts stratégiques.

C’est sur cet autel des intérêts stratégiques immédiats que sont souvent sacrifiés les principes sacro-saints évoqués lors des entreprises de démocratisation durant les années 1990. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la conférence de La Baule convoquée par François Mitterrand. Le temps où les puissances occidentales s’érigeaient en défenseurs des valeurs démocratiques.

Ces « vents défavorables à la démocratie » ne sont plus le seul fait d’un climat tropical qui serait « naturellement » hostile à l’Etat de droit. Ils profitent aussi des inconséquences des puissances occidentales qui semblent pousser le réalisme diplomatique à un niveau jamais observé durant ces dernières décennies. Les instances régionales africaines ne font pas mieux, victimes du discrédit du leadership politique mais aussi d’une image de « syndicats de chefs d’Etat » que leur collent les populations. Elles voient en eux les symboles même de la gouvernance anti-démocratique se pressant de condamner les coups de force militaires, mais ne se gênant point à opérer des « coups d’Etat constitutionnels » pour perdurer au pouvoir.

En observant la scène politique ouest-africaine, les coups d’Etat sont, toujours, immédiatement condamnés puis, progressivement, admis et finalement validés pour une durée à laquelle il suffit de coller l’appellation de « transition ». Le lifting démocratique est ainsi réussi et l’opération de normalisation des régimes issus de coups d’Etats se poursuit sans entraves. Même la durée des transitions est déterminée par la capacité des juntes militaires à manœuvrer avec le système démocratique qu’ils ont désormais appris à torpiller de l’intérieur.

 

 Ce recul est dû à des causes internes qui n’ont même plus besoin d’être explicitées avec une littérature devenue surabondante. Mais il faudrait aussi les lire sous l’angle des contradictions et des inconséquences aussi bien des organisations régionales africaines que de la communauté internationale.

Il y a d’abord les effets de la désillusion démocratique. Suivant le mouvement global de la « fin de l’Histoire » chère à Fukuyama, la conférence de La Baule sonna le processus de démocratisation avec ses conférences nationales aboutissant au multipartisme dans les pays africains. La promesse leur avait été faite d’un développement économique qui suivrait — dans l’idéal — le respect strict des orientations des politiques d’ajustement structurel et la privatisation de l’économie indispensable aux investissements étrangers. On connaît la suite.

Entre-temps, le multipartisme qui devait achever le processus démocratique réveilla le spectre de l’ethnicisme et du régionalisme, allumant le feu des conflits intercommunautaires dont on n’est toujours pas sorti. Aujourd’hui, ces conflits sont ravivés par les effets du terrorisme et du radicalisme religieux au Sahel.

Finalement, après des décennies, ni la démocratie, ni la paix durable ne furent au rendez-vous en Afrique de l’Ouest. Les organisations régionales ou sous-régionales sont-elles victimes de l’image des leaders politiques qui les incarnent où sont-elles aussi tombées dans le piège de leurs partenaires du Nord qui ne jurent que par la stabilité au prix même d’énormes concessions à des régimes anti-démocratiques ou à des juntes militaires ?

« Dans les années 1980-1990, lorsqu’un régime de n’importe quel pays africain enfreignait aux règles du jeu démocratique, il s’exposait aux sanctions financières des partenaires internationaux, notamment occidentaux. Cette crainte est aujourd’hui complètement dissipée par la disponibilité de fonds alternatifs »

. Ces dernières années, aucune élection présidentielle contestée n’a été invalidée ni par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ni par l’Union Africaine, ni par les organisations internationales qui finissent toujours par constater stoïquement le statu quo « malgré les incidents mineurs constatés çà et là qui, toutefois, ne portent pas atteinte à la sincérité du scrutin ». Cette expression est désormais consacrée pour fleurir les rapports des observateurs internationaux devenus impuissants devant les réalités « politico-diplomatiques ».

Avec une telle situation, on dirait que, paradoxalement, l’épée de Damoclès militaire s’est progressivement substituée à la hantise des sanctions occidentales, du FMI ou de la Banque mondiale.

D’ailleurs, ces sanctions n’ont plus leur effet dans un contexte fortement marqué par un multilatéralisme déréglé. Dans les années 1980-1990, lorsqu’un régime de n’importe quel pays africain enfreignait aux règles du jeu démocratique, il s’exposait aux sanctions financières des partenaires internationaux, notamment occidentaux. Cette crainte est aujourd’hui complètement dissipée par la disponibilité de fonds alternatifs parfois beaucoup plus importants de la part de pays moins regardant sur la transparence ou le respect des droits humains.

C’est un soulagement pour tous les régimes, mais un supplice pour les sociétés civiles africaines. Elles sont non seulement devenues orphelines de partenaires internationaux avec lesquels elles partageaient les mêmes valeurs démocratiques, mais aussi de plus en plus bousculées par des mouvements religieux ou populistes se saisissant de la fibre nationaliste, célébrant même des coups d’Etat : un autre vent défavorable à la démocratie.

L’avenir de la démocratie paraît sombre sous nos tropiques où les anciens régimes vieillissent mal tandis, qu’à l’horizon, pointent de nouveaux mouvements populistes se nourrissant, au besoin, de la manipulation des symboles religieux. Pour se donner une légitimité qu’ils ont depuis longtemps perdue dans le politique, les Etats qui ne sont plus pourvoyeurs de citoyenneté et de sécurité les concurrencent dans cette course folle. Les acteurs politiques, eux aussi, sans perspectives à offrir à une jeunesse désemparée, se jettent dans les bras de religieux qui ont le vent en poupe au Sahel, à contre-courant de l’édification de sociétés véritablement démocratiques.

Bakary Sambe est directeur du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis- UFR CRAC (Sénégal).

Sondage popularité Macron : légère remontée mais 59 % défavorables

Sondage popularité Macron : légère remontée mais 59 % défavorables

 

 

 

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié mardi,l L’approbation de l’action d’Emmanuel Macron progresse de 2 points, à 41%, avec un taux d’insatisfaits qui recule en parallèle de 2 points, à 59%.

A 41% également, le Premier ministre Jean Castex est au même niveau d’approbation, mais la remontée est plus forte: elle est de 5 points depuis un plancher de 36% atteint en avril. Près de six Français sur dix (59%, -5 points) continuent aussi d’avoir une opinion négative.

Interrogés sur l’image qu’ils ont du chef de l’Etat, 52% des Français estiment que dire qu’il « défend bien les intérêts de la France à l’étranger » lui correspond bien. Mais une majorité considère que « renouvelle la fonction présidentielle » (57%), « mène une bonne politique économique » (60%), « a une vision pour l’avenir des Français » (60%), « est proche des préoccupations des Français » (68%) sont des appréciations lui correspondant mal.

Quant à Jean Castex, les traits d’image proposés sont majoritairement jugés comme lui correspondant mal: 52% pensent que dire qu’ »il est un homme de dialogue » ne lui convient pas. Même appréciation négative concernant « dirige bien l’action de son gouvernement » (57%), « est proche des préoccupations des Français » (63%), « qui vous inspire confiance » (64%) et « est capable de réformer le pays » (71%).

Sondage popularité : Hollande 74% défavorables (-1 point), chute de Taubira

Sondage popularité : Hollande  74% défavorables (-1 point), chute de Taubira

Un petit point de popularité en plus pour Hollande .  Christiane Taubira, critiquée dans l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy, chute de huit points, selon le baromètre Ipsos-Le Point diffusé lundi. Selon cette enquête, 22% des Français approuvent l’action du chef de l’Etat, tandis que 74% émettent un jugement défavorable. De nombreuses personnalités sont en chute à moins d’une semaine des élections municipales, signe, selon Le Point, d’un ras-le-bol des Français.  Christiane Taubira, qui jouissait jusqu’ici d’une situation flatteuse, tombe à 31 % d’opinions favorables et recule de la 10e à la 20e place des personnalités politiques. Nicolas Sarkozy, au centre d’une nouvelle enquête pour conflit d’intérêts révélée par des écoutes téléphoniques, tombe à 39 % de bonnes opinions, en recul de 4 points.  L’ancien président passe de la 5e à la 12e place des personnalités en dépit de la victimisation dont l’UMP a tenté de le faire bénéficier. Du côté gouvernemental, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, dont la cote s’érode au fil des semaines, recule de deux points à 46% de bonnes opinions, soit une chute de 13 points en trois mois. Il perd ainsi la première place du baromètre au profit du grand gagnant : le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé qui, avec 52 % de bonnes opinions, gagne 6 points.

 

Sondage popularité: Hollande: plus 2 points, mais 77% défavorables

Sondage popularité: Hollande:  plus 2 points, mais 77% défavorables

 

François Hollande regagne deux points de popularité en décembre, à 17% d’opinions favorables, tandis que Jean-Marc Ayrault stagne à 15%, dans le baromètre YouGov pour le Huffington Post et i>TELE publié jeudi. A la question « quel jugement portez-vous sur l’action de François Hollande comme président de la République », 3% des sondés répondent « très favorable » (inchangé par rapport à novembre) et 14% « favorable » (+2)  A l’inverse, 26% des sondés ont un jugement « plutôt défavorable » (-1) et 51% « très défavorable » (+2), soit 77% d’opinions négatives. 6% répondent ne pas savoir (-3).  La même question est posée sur l’action du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. 2% répondent avoir un avis « très favorable » (inchangé) et 13% « favorable » (idem), tandis que les opinions négatives s’élèvent à 77% (29% « plutôt défavorable », 48% « très défavorable »). 8% disent ne pas savoir.   »La baisse de popularité de l’exécutif est endiguée », écrivent les auteurs de l’étude. Toutefois, ajoutent-ils, « seul Jean-Marc Ayrault, qui concentre sur sa personne toute l’impopularité de +la remise à plat+ fiscale depuis la mi-novembre, ne progresse pas ».

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