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Mayotte: Vulnérabilité et défaillances

Mayotte: Vulnérabilité et défaillances

 

À Mayotte, 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national et le niveau de vie médian est six fois plus faible qu’en métropole (260 euros par mois). Si la départementalisation (2011) a porté l’espoir d’un développement économique et social pour la population mahoraise, fortement mobilisée pour le maintien de l’île dans le giron français, le département le plus pauvre de France a vu ses attentes déçues.

 

par 

Docteure en science politique, Université de Picardie Jules Verne (UPJV) dans The conversation 

 

Depuis une dizaine d’années, Mayotte a connu une succession de crises graves concernant l’eau, l’accès aux soins, la sécurité, les migrations ou encore le logement. Ces crises ont mis en lumière des vulnérabilités qui ne sont pas sans lien avec l’impact matériel et humain provoqué par le cyclone Chido. Ainsi, une importante partie de la population mahoraise n’a pas été en mesure de se protéger – ou n’a pas été protégée – alors que l’événement était parfaitement anticipé par Météo France qui a déclenché une alerte pré-cyclonique plusieurs jours avant l’impact.

La question des logements précaires et de leur gestion par l’État français est au coeur du sujet. À Mayotte, plus d’un quart de la population vit dans des habitations précaires, principalement construites en tôle (appelés localement bangas). Or ces habitats, très peuplés, ont été « entièrement détruits » selon les autorités. Si certaines constructions en dur ont subi de forts dommages, il ne fait aucun doute que les populations des bidonvilles sont les premières victimes de Chido.

Les étrangers sont surreprésentés dans les bidonvilles (65 % de la population des bangas) mais les personnes en situation irrégulière, notamment comoriennes, ne sont pas les seules à y vivre. Des personnes étrangères bénéficiant d’une autorisation de séjour et des familles mahoraises pauvres qui n’ont pas accès à des logements décents y vivent également.

En 2022, 300 000 personnes vivaient à Mayotte dont la moitié étaient des étrangers. Une politique migratoire et sécuritaire de plus en plus répressive a été menée contre les migrants a accentué la précarisation de populations déjà marginalisées. Ainsi, les opérations de « décasages » (destruction des cases) ont poussé les plus pauvres à reconstruire des bidonvilles plus éloignés des centres urbains, sur des terrains toujours plus dangereux, avec des risques accrus.

On peut mentionner la très médiatique opération Wuambushu, voulue par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin en avril 2023. Présentée comme une politique de lutte contre l’insécurité, l’habitat insalubre et l’immigration clandestine, elle a mobilisé plus de 1 800 agents des forces de l’ordre et abouti à la destruction de 700 habitations en tôle. Selon les autorités, 60 % des familles auraient reçu une proposition de relogement, mais pour une durée de trois mois, et parfois éloigné des habitations d’origine – aboutissant à un grand nombre de refus. De nombreuses expulsions d’étrangers, notamment comoriens, ont accompagné ces destructions – avec 22 000 reconduites à la frontière en 2023.

Du 2 au 11 décembre 2024, quelques semaines avant l’arrivée du cyclone, une nouvelle opération de destruction d’habitations précaires menée par l’État visait à démanteler le bidonville de Mavadzani, à Koungou. La plupart des habitants sont demeurés sans solution de relogement et beaucoup sont allés grossir les rangs d’autres quartiers précaires. Ainsi, sur 2 000 habitants, 236 familles ont reçu une proposition de relogement des services sociaux pour trois mois. Or seules 52 familles, en situation régulière, ont accepté. « La plupart refusent ces propositions car le nouveau logement, disponible pour trois mois maximum la plupart du temps, se trouve trop loin de l’école. Cela les oblige à déscolariser les enfants, c’est inconcevable pour eux », expliquait alors un responsable de la Ligue des Droits de l’Homme.

Aujourd’hui, on peut faire l’hypothèse que la politique de lutte contre les clandestins a contribué à fragiliser une partie de la population en l’excluant des dispositifs de mise à l’abri prévus avant le passage de Chido. En effet, si le déclenchement de l’alerte cyclonique s’est accompagné d’une mise à disposition de lieux sûrs, la crainte d’une arrestation et d’une reconduite à la frontière a probablement dissuadé les migrants sans titres de séjour d’accéder à ces centres. Les autorités locales ont recensé 10 000 personnes réfugiées dans les hébergements d’urgence mais on peut se demander où sont passées les 90 000 personnes qui vivaient dans des bidonvilles désormais réduits à néant ?

Mes recherches en cours sur la gestion du Covid et la crise de l’eau à Mayotte avaient déjà permis de relever ces mécanismes d’exclusion des précaires des dispositifs d’urgence. Plusieurs acteurs associatifs et membres de services sanitaires avaient alors fait part de leurs difficultés à mettre en oeuvre une gestion de crise sur un territoire où une grande partie de la population craignait les autorités publiques.

L’idée selon laquelle les populations les plus précaires seraient injustement favorisées par l’État durant les crises est tenace à Mayotte : elle suscite des tensions croissantes au sein de la société mahoraise. Ces dernières années, la montée des discours anti-migrants, notamment politiques, a été spectaculaire, tout comme la progression du Rassemblement national. Marine Le Pen a recueilli 42,68 % des suffrages en 2022 alors qu’elle ne recueillait que 2,77 % en 2012. Cette évolution est à mettre en perspective avec les difficultés d’accès aux services publics qui alimentent les discours stigmatisants envers l’immigration.

En 2023, la crise de l’eau (avec un arrêt de la distribution d’eau potable pendant plusieurs jours consécutifs) avait réactivé ces tensions. Lors de mon enquête, les acteurs associatifs et les autorités sanitaires m’avaient rapporté une polémique autour de l’installation des rampes d’eau qui illustre bien la problématique de l’exclusion des populations immigrées des services publics. Alors que plus de 60 % des personnes vivant dans des maisons en tôle n’ont pas d’accès à l’eau potable, les autorités sanitaires avaient préconisé l’installation de points d’eau aux abords des bidonvilles afin de limiter la propagation du virus. Dans un contexte de rareté des ressources naturelles et étatiques, cette décision avait soulevé le mécontentement d’une partie de la population mahoraise, entraînant le refus des maires d’installer ces dispositifs.

Aujourd’hui, dans l’hexagone, des voix s’élèvent sur les réseaux sociaux et dans les médias pour pointer du doigt les migrants à Mayotte, comme si les migrants étaient, au fond, responsables du drame dont ils sont les premières victimes. À grand renfort de raccourcis, des « experts » autoproclamés véhiculent des représentations stéréotypées d’un territoire mal connu, projeté sous les feux médiatiques par une immense tragédie. Cette instrumentalisation occulte les problèmes posés par des années de politiques publiques défaillantes, et en premier lieu, par les opérations de délogement qui ont fragilisé les populations les plus vulnérables.

France : vague inquiétante des défaillances d’entreprises

France : vague inquiétante des défaillances d’entreprises

Inflation galopante, hausse des taux d’intérêt, chaînes d’approvisionnement fragilisées : les PME peinent à se transformer face à un manque de financements. Alors que l’exécutif tarde à agir, la survie des entreprises repose sur leur capacité à innover et à se réinventer dans un environnement économique en pleine mutation.

 

Par Raphaël Miolane, Senior Managing Director au sein du cabinet de conseil FTI Consulting
dans la Tribune

Depuis 35 ans, la France n’avait pas connu une période aussi complexe pour ses entreprises. Avec trois des plus forts pics de défaillances sur la période, la situation est préoccupante. Les défaillances ont dépassé 63.000 en cumul annuel à fin juin 2024, soit une hausse de 26% en un an. L’heure n’est plus à un simple rattrapage post-Covid, la tendance de fond se confirme.

Il est nécessaire de comprendre l’origine de ces difficultés. La succession de crises – qu’elles soient économiques et sociales, sanitaires ou géopolitiques- a plongé les dirigeants d’entreprises dans l’inconnu et bouleversé les chaînes d’approvisionnement notamment sur les plans énergétique et commercial. Ces bouleversements ont exigé des réponses inédites : les chefs d’entreprise ont navigué à vue et ont dû faire preuve d’inventivité.

De plus, les entreprises doivent aujourd’hui composer avec une forte inflation, une dynamique que nous pensions révolue depuis des décennies et qui a accru la pression sur les coûts et les marges des entreprises. La hausse des taux d’intérêt bloque le financement de nombreux projets, par exemple les transformations digitales, pourtant cruciales pour conserver la compétitivité des organisations. Or, sans transformation, il devient difficile de survivre et encore plus difficile de prospérer dans le contexte actuel.
Les PME non cotées sont les premières dans le viseur. En effet, elles se caractérisent par une faible proportion de capitaux privés dans leur structure actionnariale. Elles ont donc des difficultés à lever des fonds en dehors des structures bancaires pour se transformer, tandis que des PME soutenues par des investisseurs privés notamment des fonds d’investissement auront plus de facilité à financer leurs projets de croissance et de transformation.

Une fois ce constat peu optimiste mais pourtant bien réaliste posé, reste à s’interroger sur le point de savoir comment les entreprises en difficultés ont encore une chance de ne pas sombrer.

Un espoir pourrait subsister dans la mise en œuvre prochaine d’un nouvel agenda réglementaire, fiscal et social par le gouvernement, permettant alors aux entreprises non seulement d’avoir une visibilité à long terme mais aussi de modifier leur stratégie d’investissements. Mais il n’en sera rien. En effet, l’exécutif semble se concentrer sur ses propres comptes, avec comme lointaine préoccupation le point de savoir comment améliorer la compétitivité des entreprises françaises. C’est un mauvais calcul.

Les entreprises proches de la défaillance ne peuvent donc pas attendre les décideurs politiques pour subsister. La survie et la prospérité futures des entreprises françaises dépendront de leur capacité à se réinventer rapidement et efficacement. Cette transformation ne doit pas se limiter à des ajustements superficiels, mais doit englober une refonte profonde des modèles d’affaires, des processus opérationnels et des stratégies de financement.

Les entreprises qui sauront anticiper les tendances, adopter les nouvelles technologies et encourager une culture d’innovation continue seront les mieux placées pour surmonter les défis actuels et futurs.

Dans ce contexte, la résilience et l’agilité deviennent non seulement des atouts, mais aussi des impératifs de survie dans un paysage économique de plus en plus complexe et imprévisible.

_______

(*) Raphaël Miolane est un spécialiste de la transformation, du retournement et de la gestion de situations spéciales. Il possède une expérience dans l’amélioration de la performance et de la croissance, grâce à sa double expérience de conseil et dirigeant.

Après un début de carrière chez Procter & Gamble en marketing, Raphaël a rejoint Boston Consulting Group. Il a travaillé chez Yum ! Brands pendant près de 10 ans, notamment chez KFC et Pizza Hut en tant que CFO et CEO en France, en Europe et au Canada. Avant de rejoindre FTI Consulting, Raphaël a également tenu des mandats de CEO pour Courtepaille, Le Duff ou encore Subway.

Alerte sur des défaillances des PME

Alerte sur des défaillances des PME
Les défaillances d’entreprises ont atteint un nouveau record en octobre. Leur nombre cumulé sur douze mois s’est établi à 64.650 le mois dernier, du jamais vu, selon les chiffres de la Banque de France. En rythme annuel, ce nombre a augmenté de 21%, ce qui traduit toutefois une décélération par rapport à septembre (24%), souligne l’institution.

La Confédération des petites et moyennes entreprises tire la sonnette d’alarme. Son président, François Asselin, a regretté sur Radio Classique les annonces récentes de plans sociaux dans de grands groupes, comme Michelin, qui fermera deux sites employant au total 1.254 salariés.

« Mais se passe à bas bruit, sous les écrans radar, le plus grand plan social, celui des PME, des TPE, où ça passe par des remplacements qui ne sont pas effectués après un départ, des ruptures conventionnelles, et des licenciements où il y a moins de 10 personnes », a-t-il assuré.

Concernant l’augmentation actuelle des défaillances d’entreprises, il a remarqué que « les PME aujourd’hui sont les plus touchées en pourcentage. Or une PME, c’est la santé économique d’un territoire, souvent d’un milieu rural ».

Outre la loi sur les 35 heures de Martine Aubry, François Asselin s’en est pris à l’ancien président socialiste François Hollande qui « a signé en 2012 un accord sur un coin de table avec les écologistes pour mettre en pause la production d’énergie nucléaire dans notre pays ». Sans cette décision, « nous serions sur le toit de l’Europe. Nous aurions l’énergie la plus décarbonée au monde et la moins coûteuse », a-t-il regretté.

 

Défaillances d’entreprises : fortes hausses

 Défaillances d’entreprises : fortes hausses

La détérioration de la croissance se confirme et devrait s’amplifier notamment avec la vague de défaillances d’entreprises qui ne cesse* d’augmenter. Avec une hausse de 24,4% sur 12 mois glissants, les défaillance d’entreprises confirment la fragilité de certains secteurs, dont le BTP, la logistique et le textile-habillement. Une tendance globale qui pourrait se creuser davantage ces prochains mois. Surtout avec des projets de hausse d’impôts qui devraient annuler toute perspective de croissance

Les données publiées par le cabinet Ellisphère démontrent d’ailleurs que le rythme ne se tarit pas, puisque à fin septembre, les redressements, liquidations judiciaires et procédures de sauvegarde affichaient une hausse de 24,4% sur 12 mois glissants.

Les TPE sont principalement concernées par les procédures collectives alors que les PME, qui ont davantage fait appel à la procédure de sauvegarde, voient cependant le nombre de redressements et liquidations judiciaires augmenter de 27,7%. Ce qui démontre bien la fébrilité du tissu économique, les ETI affichant également une augmentation du nombre de recours à la sauvegarde de 85,7%.

 

Sans surprise, le BTP, la logistique, le textile-habillement sont les secteurs les plus malmenés, le bâtiment s’enfonçant dans la crise avec une progression de 36,5% en un an alors que les permis de construire sur les 7 premiers mois de l’année décrochent de 10%. Si la logistique souffre et affronte +37,5% de défaillances, c’est principalement le transport routier qui est sur la sellette, affrontant concomitamment, une baisse de l’activité et une hausse des coûts de production.

« Les tensions et les incertitudes se situent tant au niveau national qu’international. Les Français, dans cette période de doute, épargnent énormément, alors que la confiance des investisseurs s’érode », explique Max Jammot, responsable du pôle économique d’Ellisphère qui pointe également d’autres incertitudes, notamment celles liées aux élections présidentielles aux Etats-Unis, à la situation en Ukraine, au Moyen-Orient et Israël.

 

Hausse des défaillances d’entreprises

Hausse des   défaillances d’entreprises 

 En France, le seuil fatidique des 60.000 défaillances a été franchi au mois de mai et la tendance est la même en zone euro compte-tenu du net tassement de la croissance.

«Les défaillances d’entreprises augmentent partout », a souligné Ruben Nizard, économiste chez Coface, lors d’un point presse ce mardi. Au début, « on assistait à un rattrapage des défaillances. Avant 2019, on parlait « d’entreprises zombies ». En raison des taux bas, les entreprises arrivaient à vivoter ». Le resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et le remboursement des prêts garantis par l’Etat (PGE) dans ce climat tendu ont toutefois accru les difficultés pour les entreprises avec « des coûts plus élevés ».

 « L’activité dans l’industrie est toujours inférieure à la période d’avant crise sanitaire », note Bruno De Moura Fernandes, économiste chez Coface. Frappées par la guerre en Ukraine, de nombreuses industries ont dû affronter le bond vertigineux des factures d’énergie.

Résultat, beaucoup d’industriels ont réduit la cadence ou mis la clé sur la porte depuis le début du conflit en Ukraine.

En France, les indicateurs passent au rouge les uns après les autres. En mai dernier, les faillites ont franchi le cap symbolique des 60.000, selon les dernières données de la Banque de France. Il s’agit d’un record depuis 2016.

 

Economie-hausse des défaillances d’entreprises

Economie-hausse des défaillances d’entreprises

Depuis une dizaine d’années la hausse des défaillances d’entreprises n’a jamais atteint un tel niveau avec 60 000 défauts sur 12 mois. La conséquence directe évidemment d’une croissance nulle au premier trimestre et très faiblarde au second.

 

Le nombre de défaillances d’entreprises a atteint un plus haut depuis neuf ans au premier trimestre, avec 17.088 procédures ouvertes, selon une étude du groupe Altares, mais l’augmentation ralentit un peu sur un an. Ainsi, 17.088 procédures ont été ouvertes au premier trimestre, un plus haut depuis le premier trimestre 2015 (18.134), et la barre symbolique des 60.000 défauts sur douze mois a été franchie en février.

Parmi ces défaillances, figurent celles de 154 PME de plus de 50 salariés, ce qui est un plus haut depuis le 1er trimestre 2013 (156). Le nombre d’ouvertures «flambe de 58%» chez les PME de 50 à 200 salariés, s’inquiète Altares, menaçant 59.000 emplois. L’étude montre que les activités liées à l’immobilier sont toujours en très grande difficulté, de même à moindre échelle que celles liées à l’équipement du foyer.

Hausse des défaillances d’entreprises

Hausse des défaillances d’entreprises

Depuis une dizaine d’années la hausse des défaillances d’entreprises n’a jamais atteint un tel niveau avec 60 000 défauts sur 12 mois. La conséquence directe évidemment d’une croissance nulle au premier trimestre et très faiblarde au second.

 

Le nombre de défaillances d’entreprises a atteint un plus haut depuis neuf ans au premier trimestre, avec 17.088 procédures ouvertes, selon une étude du groupe Altares, mais l’augmentation ralentit un peu sur un an. Ainsi, 17.088 procédures ont été ouvertes au premier trimestre, un plus haut depuis le premier trimestre 2015 (18.134), et la barre symbolique des 60.000 défauts sur douze mois a été franchie en février.

Parmi ces défaillances, figurent celles de 154 PME de plus de 50 salariés, ce qui est un plus haut depuis le 1er trimestre 2013 (156). Le nombre d’ouvertures «flambe de 58%» chez les PME de 50 à 200 salariés, s’inquiète Altares, menaçant 59.000 emplois. L’étude montre que les activités liées à l’immobilier sont toujours en très grande difficulté, de même à moindre échelle que celles liées à l’équipement du foyer.

Défaillances d’entreprise : record de faillites

Défaillances d’entreprise : record de faillites

Avec 57.729 procédures ouvertes en 2023, le nombre de défaillances d’entreprises en France est en augmentation de 35,8% par rapport à 2022 – après la hausse historique de 49 % en 2022, indique une étude du groupe Altares publiée jeudi. Pour le seul quatrième trimestre, elles sont en hausse de 37,2%, à 16.820, par rapport au même de 2022. « Précédemment, seule la période de récession de 1992-1993 avait amené la France à des seuils comparables pour un dernier trimestre », remarque l’étude.

Le groupe BPCE a, de son côté, chiffré à 240.000 le nombre d’emplois menacés par ces défaillances d’entreprises. C’est un tiers de plus qu’en 2019 et un niveau inédit depuis au moins 2016. « 2023 a été extrêmement compliquée pour les PME et les ETI », précise Julien Laugier, économiste de la banque. Cette année, ce sont encore 25.000 emplois qui pourraient être menacés.

Certains secteurs souffriraient particulièrement, comme celui de l’immobilier et du bâtiment, fragilisé par le maintien des taux d’intérêt à un niveau élevé, estime BPCE. L’érosion des marges pourrait par ailleurs se révéler difficile pour le secteur de la restauration et du service aux entreprises.

Défaillances d’entreprise en nette hausse surtout dans certains secteurs

Défaillances d’entreprise en nette hausse surtout dans certains secteurs

Le tassement économique constaté en 2023 se traduit mécaniquement par une augmentation très sensible des défaillances d’entreprises avec cependant de grandes différences selon les secteurs. Ce n’est d’ailleurs que le début de la purge car avec une croissance encore plus faiblarde en 2024 l’assainissement va encore s’accélérer. D’après le dernier baromètre de Xerfi et du conseil national des Greffiers des Tribunaux de Commerce, le nombre de liquidations judiciaires a bondi de 18% au troisième trimestre cette année par rapport à 2022.

Basées sur les données des greffes des tribunaux de commerce, les deux organisations font état de « voyants rouges » concernant « l’évolution du tissu entrepreneurial ». Rien qu’au troisième trimestre, 10.400 entreprises ont fait l’objet d’une ouverture de procédure collective, c’est-à-dire qu’elles ont été placées sous contrôle judiciaire à cause de difficultés, soit une augmentation de 22% sur un an. Mais tous les secteurs ne sont pas égaux face à la conjoncture.

Le nombre de liquidations judiciaires a bondi de 18% au troisième trimestre cette année par rapport à 2022, portant ainsi son total à 7.723. Sans grande surprise, c’est le secteur de l’immobilier qui paie le plus les pots cassés. Après des années d’euphorie, l’heure est à la hausse des taux d’intérêts venant compliquer l’accès au crédit et à la baisse des prix des biens. Le secteur subit de plein fouet le retournement du marché : près de 165 agences immobilières ont ainsi été placées en liquidation judiciaire sur la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2023, soit une augmentation de 175% sur un an!

Dans la même veine, le bâtiment continue à faire grise mine, touché par la crise du logement. Sur ce secteur, « le problème est imminent », confie Sophie Heurley, greffier associée au tribunal de commerce de Narbonne et membre du Bureau du CNGTC. « On constate une chute des mises en chantier des bâtiments neufs, une hausse du prix des matières premières, peu de demandes concernant la rénovation et des prêts de plus en plus difficiles à obtenir avec l’augmentation des taux », argumente-t-elle. Et tous les acteurs sont touchés, aussi bien les grosses entreprises que les petits artisans. Les entreprises spécialisées dans les travaux de maçonnerie générale et le gros œuvre de bâtiment voient ainsi une augmentation de 90% des liquidations judiciaires.

Certains commerces et services de proximité subissent également le contexte morose actuel. C’est le cas notamment des boulangeries-pâtisseries ainsi que des salons de coiffure qui pâtissent des hausses de coûts et de la baisse de la demande.

Les commerces subissent toujours les prix élevés de l’énergie et des matières premières. A cela s’ajoute également le remboursement des prêts garantis par l’Etat (PGE). Pour le moment néanmoins, la situation reste gérable pour la plupart des boîtes : seuls 4% des PGE ont rencontré des difficultés de remboursement, déclarait, en début 2023, la Fédération bancaire française (FBF).

« On est encore dans une purge des structures les plus faibles », souligne Sophie Heurley, pour qui la vague des procédures collectives ne va pas s’arrêter maintenant. Certaines structures doivent encore déposer le bilan mais ne l’ont toujours pas fait. « On a passé largement la purge des entreprises qui a eu lieu pendant la période Covid même s’il en reste une partie », note la greffière.

Finalement, d’après Sophie Heurley « cette vague indique la reprise du cours normal de l’économie, maintenue sous perfusion depuis quelque temps ».
Margot Ruault

Défaillances d’entreprises en hausse de plus de 40%

Défaillances d’entreprises en hausse de plus de 40%

Signe du ralentissement économique et de la dégradation financière des PME, les défaillances d’entreprises enregistrent une hausse inquiétante de plus de 40 % sur un an.Le plus dur est à venir avec une croissance encore réduite en 2024 est par exemple dans l’immobilier il faut s’attendre à une véritable hécatombe.

Sur les douze mois écoulés entre août 2022 et 2023, 50.441 entreprises ont été concernées, selon les chiffres publiés par la Banque de France ce mercredi 13 septembre. Soit une hausse de +41,5% par rapport à août 2022.

Sur les douze mois écoulés entre août 2022 et 2023, 50.441 entreprises ont été concernées, selon les chiffres publiés par la Banque de France ce mercredi 13 septembre. Soit une hausse de +41,5% par rapport à août 2022.

En effet, les défaillances dépassent de 61,9% leur niveau de 2019 pour les très petites entreprises (TPE, moins de 10 salariés), de 79,1% pour les petites entreprises (10 à 49 salariés), de 55% pour les moyennes entreprises (50 à 249 salariés) et de 92,6% pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grands groupes. Dans cette dernière catégorie, 52 entreprises ont fait faillite au cours des douze derniers mois, contre 27 en 2019. Une tendance forte qui ne préoccupe pas spécialement la Banque de France.

Défaillances d’entreprises encore en hausse

Défaillances d’entreprises encore en hausse

Ce sont actuellement les petites entreprises notamment du bâtiment et de la restauration qui font les frais du ralentissement économique. ( Croissance du PIB presque nulle au troisième trimestre). La hausse des défaillances sur un an progresse de plus de 40 %.

Les défaillances d’entreprises Continue donc de croître en août selon les chiffres publiés mercredi par la Banque de France. Ces défaillances ont concerné au total, sur les douze mois jusqu’à fin août, 50.441 entreprises, en hausse de 41,5% par rapport à août 2022, contre 51.145 en 2019.

À l’exception des micro-entreprises, qui comptent pour plus de 9 défaillances sur 10, toutes les autres catégories d’entreprises continuent d’être largement au-dessus de leur niveau d’avant-crise. Les défaillances dépassent de 61,9% leur niveau de 2019 pour les très petites entreprises (TPE, moins de 10 salariés), de 79,1% pour les petites entreprises (10 à 49 salariés).

Par secteurs, les défaillances ont le plus augmenté depuis un an dans l’hébergement-restauration avec une hausse de 66,5% par rapport à août 2022.

Le rebond des défaillances reste aussi très fort dans l’industrie avec une hausse de 50% en un an, malgré la volonté du gouvernement de réindustrialiser le pays. Dans l’information et la communication, la hausse atteint 47,3% et est de 44,6% dans les activités financières et d’assurance.

Economie-Forte hausse des défaillances d’entreprises

Economie-Forte hausse des défaillances d’entreprises ( Allianz )

À l’échelle mondiale, Allianz Trade prévoit une hausse des défaillances d’environ 19% en 2023 par rapport à l’année actuelle, contre +10% en 2022. Les défaillances d’entreprises vont nettement décoller l’an prochain à l’échelle internationale après avoir fortement reculé au cours de la pandémie puis lentement repris cette année, prévoit l’assureur Allianz Trade dans une étude publiée ce jeudi. «Après deux années de déclin nous anticipons une accélération générale des défaillances d’entreprises», écrit l’assureur dans un rapport publié jeudi et intitulé «le risque d’entreprise est de retour».

En France, les défaillances d’entreprises ont explosé à l’été 2022. Près de 9.000 pendant entre juillet et septembre, 69% de plus qu’à l’été 2021, selon le cabinet Altares, expert de l’information sur les entreprises.

Selon ce cabinet, de tels taux ne s’étaient jamais vus depuis 25 ans. Les secteurs les plus touchés par ces défaillances sont la restauration, les supérettes et les salons de coiffure et de beauté. Ainsi dans la restauration, les défaillances d’entreprise ont augmenté de 150% cet été, par rapport à la même période que l’an dernier. Les supérettes en comptent +100%, +94% pour les salons de coiffure et les instituts de beauté.

Les trois quarts de ces procédures touchent des TPE de moins de trois salariés et des entreprises de moins de trois ans.
Elles sont «déjà une réalité», constate l’organisation qui souligne la progression à deux chiffres des procédures de faillite déjà en Inde, en Australie, au Canada, en Turquie et en Autriche au premier semestre 2022. La hausse des taux d’intérêt et les hausses de salaires consenties en raison de l’inflation sont deux des facteurs expliquant les difficultés accrues des entreprises, en particulier dans les secteurs de la construction, des transports, des télécoms et du textile.

Forte hausse des défaillances d’entreprises

Forte hausse des défaillances d’entreprises ( Allianz )

À l’échelle mondiale, Allianz Trade prévoit une hausse des défaillances d’environ 19% en 2023 par rapport à l’année actuelle, contre +10% en 2022. Les défaillances d’entreprises vont nettement décoller l’an prochain à l’échelle internationale après avoir fortement reculé au cours de la pandémie puis lentement repris cette année, prévoit l’assureur Allianz Trade dans une étude publiée ce jeudi. «Après deux années de déclin nous anticipons une accélération générale des défaillances d’entreprises», écrit l’assureur dans un rapport publié jeudi et intitulé «le risque d’entreprise est de retour».

En France, les défaillances d’entreprises ont explosé à l’été 2022. Près de 9.000 pendant entre juillet et septembre, 69% de plus qu’à l’été 2021, selon le cabinet Altares, expert de l’information sur les entreprises.

Selon ce cabinet, de tels taux ne s’étaient jamais vus depuis 25 ans. Les secteurs les plus touchés par ces défaillances sont la restauration, les supérettes et les salons de coiffure et de beauté. Ainsi dans la restauration, les défaillances d’entreprise ont augmenté de 150% cet été, par rapport à la même période que l’an dernier. Les supérettes en comptent +100%, +94% pour les salons de coiffure et les instituts de beauté.

Les trois quarts de ces procédures touchent des TPE de moins de trois salariés et des entreprises de moins de trois ans.
Elles sont «déjà une réalité», constate l’organisation qui souligne la progression à deux chiffres des procédures de faillite déjà en Inde, en Australie, au Canada, en Turquie et en Autriche au premier semestre 2022. La hausse des taux d’intérêt et les hausses de salaires consenties en raison de l’inflation sont deux des facteurs expliquant les difficultés accrues des entreprises, en particulier dans les secteurs de la construction, des transports, des télécoms et du textile.

Défaillances d’entreprise : En hausse

Défaillances d’entreprise : En hausse

Les défaillances d’entreprises ont bondi de près de 70 % au troisième trimestre par rapport à la même période de 2021, selon les données du cabinet Altares. Grâce aux milliards d’euros du « quoi qu’il en coûte » et à la suspension des procédures de recouvrement, le niveau de sinistralité durant l’été 2021 « était le plus bas jamais observé en vingt-cinq ans », rappelle Altares. Un rattrapage s’est opéré.

Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, la barre de 38.000 défauts a été franchie sur un an fin septembre, contre « seulement » 34.200 à fin juin , avec une sinistralité inédite au mois d’août (+90 %).

Défaillances d’entreprises : Encore en hausse

Défaillances d’entreprises : Encore en hausse

 

Curieusement alors qu’on se félicite du relatif faible taux de chômage, les défaillances d’entreprises progressent encore. En cause d’abord sans doute la relative stagnation du nombre d’actifs qui mécaniquement fait baisser le chômage, le renoncement à l’emploi de certains aussi l’inflation qui pèse sur la rentabilité de certaines entreprises et sur la consommation des ménages. Les défaillances d’entreprises en France ont donc poursuivi leur lente accélération sur un an au mois de juillet, tout en restant en repli de 32,2% par rapport à la période précédant le Covid-19, a indiqué mercredi la Banque de France.

Les défaillances augmentent progressivement, mois après mois: en juin la hausse sur un an était de 15,9% par rapport à la même période de 2021, selon les données actualisées de la Banque de France, et de 10,0% en mai. La pandémie de Covid-19 a fortement perturbé les chiffres des défaillances, entre le ralentissement de l’activité des tribunaux de commerce et les mesures de soutien à la trésorerie des entreprises qui leur a évité la cessation de paiements. Le nombre de défaillances en France avait chuté à environ 27.000 en 2021, contre plus de 50.000 par an avant la crise sanitaire.

Sur le mois de juillet 2022, «le nombre de défaillances reste un peu supérieur à 3.000, comme globalement depuis le début de l’année», indique le bilan mensuel de la Banque de France publié mercredi. Les très petites entreprises ont nettement contribué aux défaillances d’entreprises sur douze mois par rapport aux douze mois précédents (+44,4%) ainsi que les petites entreprises (+36,4%). Les faillites d’entreprises de taille intermédiaire ont reculé de 39,5%.

L’hébergement et la restauration sont les secteurs les plus représentés (+34,4%), devant le transport et l’entreposage (+32,6%) et l’industrie (+30,2%). À l’inverse, les activités immobilières (-6,5%) et l’agriculture, sylviculture et pêche (-1,8%) ont vu leur nombre de défaillances reculer sur les douze derniers mois par rapport à un an auparavant.

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