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Politique agricole européenne. Vers le déclin et les dépendances

Politique agricole européenne. Vers le déclin et les dépendances 

 

Un article de l’Opinion alerte sur la possibilité de déclin de l’agriculture européenne et sur les nouvelles dépendances de l’Europe.

 

Une étude, intitulée « Modéliser l’ambition environnementale et climatique dans le secteur agricole à l’aide du modèle CAPRI » a été publiée discrètement le 28 juillet par le centre commun de recherche de la Commission européenne. Passée presque inaperçue, elle liste les effets à prévoir des stratégies Farm to Fork et Biodiversité 2030 à l’échelle européenne. Ils recoupent peu ou prou ceux mis en avant par une étude alarmante effectuée par les services agricoles de l’USDA en novembre 2020, qui prédisait un désastre pour le continent et la planète, en termes de production, de rémunérations agricoles et de dépendances alimentaires pour la décennie à venir.

« Une capitulation. » C’est ainsi que Christiane Lambert, qui dirige le Copa-Cogeca, le principal syndicat agricole européen, résume les conclusions de l’étude du Centre commun de recherche (CCR), une émanation de la Commission européenne, publiée au cœur de l’été. Il s’agit d’un travail de prospective sur les effets de la stratégie « Farm to fork » (la déclinaison agricole du Pacte vert européen, visant à développer l’agriculture biologique et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, en réduisant les usages de terre de 10 %, d’engrais de 20 %, d’antibiotiques vétérinaires de 50 % et de pesticides de 50 % au sein de l’UE) et Biodiversité 2030.

« Le CCR se défend d’avoir fait une étude d’impact global, explique Gilles Keller, chargé des études économiques à la Coordination rurale, qui a débusqué le texte, bien caché sur le site de la Commission et qui n’a pas fait l’objet de communication. Il se limite en effet à deux aspects du Pacte vert. Mais pour autant, ce qu’il appelle un rapport technique doit vraiment alerter sur ce que pourrait devenir l’agriculture européenne. Il recoupe en effet les conclusions alarmantes que l’USDA, le département américain de l’Agriculture, avait déjà tirées fin 2020. »

Dans cette note, les économistes américains estimaient que l’Europe devait s’attendre à une réduction de 12 % de sa production alimentaire si elle s’appliquait ses règles à elle-même. La baisse de production planétaire serait de 11 % en généralisant la norme européenne, via les « clauses miroir ». Une baisse de production s’accompagnant d’une hausse des prix mondiaux de l’alimentation de 89 % – et de 17 % en Europe. La chute de 20 % des exportations européennes se doublerait d’une baisse des revenus des agriculteurs de 16 %. Plus grave : une généralisation des visées européennes « précipiterait 185 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire par la course aux ressources ; le PIB mondial chuterait alors de 1 100 milliards de dollars ». Peut-être l’étude n’était-elle pas dénuée d’arrière-pensées politiques…

Perdant-perdant. L’étude européenne ne s’attarde, elle, pas sur les conséquences pour le reste du monde, mais elle confirme les projections américaines pour l’Europe elle-même ! La baisse des surfaces céréalières de 4 % et des rendements de 11 % (dues aux réductions de pesticides et d’engrais) produirait une chute globale de la production de 15 %. Même baisse pour les oléagineux. Dégringolade de 13 % pour les fruits et légumes, de 10 % pour les produits laitiers, de 17,5 % pour la viande bovine, un peu plus de 15 % pour le porc et la volaille. Et finalement, si les prix devaient augmenter un peu (12 % en Europe) et les coûts d’exploitation baisser ? « Cela ne compensera pas les baisses de volumes et ne suffira pas à garantir une meilleure rémunération pour les agriculteurs », déplore Gilles Keller. Le Green deal serait donc un deal perdant-perdant économiquement.

« C’est non seulement à une dégradation de notre solde commercial qu’il faut s’attendre, mais aussi à un sacrifice de notre souveraineté alimentaire ! »

L’étude met aussi en évidence une dépendance plus aiguë de l’Europe aux importations. « Pour les céréales, l’étude anticipe une baisse des exportations, qui passeraient de 27 à 15 millions de tonnes par an. Baisse aussi pour le porc, la volaille. La dépendance aux importations s’accroîtrait pour les oléoprotéagineux, les fruits et légumes (passant de 14 à 22 millions de tonnes !) et le bœuf ! C’est non seulement à une dégradation de notre solde commercial qu’il faut s’attendre, mais aussi à un sacrifice de notre souveraineté alimentaire ! »

Loin des yeux… Christiane Lambert enrage : « On est à l’inverse de tous les discours sur la relocalisation, sur le fait de produire plus et mieux notre alimentation. On va créer des dépendances là où il n’y en avait pas et affaiblir nos points forts. Et tout cela à un moment où le GIEC explique qu’un des premiers risques du changement climatique, c’est la rupture des chaînes alimentaires et alors que la demande de blé a augmenté de 16 % en un an dans le monde et celle de maïs de 43 %, avec la hausse de la population, des niveaux de vie et le réchauffement qui prive certains pays de leur production ! Absurde. »

Et si encore les objectifs écologiques étaient atteints… « Le plus fou, ajoute Gilles Keller, c’est que le rapport met en évidence une baisse des émissions des gaz à effet de serre agricole de 20 % grâce à la politique Farm to Fork… Mais admet qu’une bonne part de ces émissions sera redirigée vers le reste du monde ! Les deux tiers pour ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre hors CO2 ! L’Europe, pour être vertueuse, va tout simplement exporter ses nuisances. » Loin des yeux, loin du cœur, les problèmes… Refrain connu pour Christiane Lambert : « Souvenez-vous des néonicotinoïdes. Brune Poirson expliquait que ce n’était pas grave si on ne faisait plus de sucre ici, qu’on l’importerait d’ailleurs. Là, on va détruire notre agriculture et importer du carbone. Se défausser ainsi, ce n’est pas responsable. »

Covid-19 :  » L’inculture scientifique des élites responsables du déclin »

Covid-19 : «  L’inculture scientifique des élites responsables du déclin »

 

Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes et médecin, pense que la première étape d’un réarmement intellectuel passe par plus de culture scientifique chez les dirigeants.

 

Tribune dans le Monde.

 

 

Quel est le point commun entre le déclassement scientifique et industriel de la France, la déroute de l’administration dans la gestion de la crise sanitaire et l’appauvrissement du débat dans la sphère publique ? A des degrés différents, tous sont les conséquences de l’affaiblissement de l’enseignement et de la culture scientifiques dans notre société.

Un des effets les plus considérables de l’effondrement de la culture scientifique concerne l’élite gouvernante du pays, qu’il s’agisse des hauts fonctionnaires ou des hommes politiques, souvent les mêmes d’ailleurs. Les polytechniciens, seuls hauts fonctionnaires sensibilisés aux sciences et techniques, ont quasiment disparu des postes-clés de l’Etat au profit des énarques, dont la culture est naturellement administrative. Moins d’un quart des polytechniciens intègrent le service de l’Etat. Le pays ayant donc choisi (ou accepté) de ne plus exiger de ses grands serviteurs une culture scientifique, il ne faut pas s’étonner que ceux-ci n’en comprennent pas les grands enjeux.

Ainsi, même si les causes en sont évidemment complexes, comment ne pas s’interroger sur la relation entre cet affaiblissement de la culture scientifique des élites et notre impréparation face à la crise sanitaire ? Ou avec notre décrochage en matière d’innovation et de recherche ? Le triste sort réservé à [la biotech française] Valneva est malheureusement révélateur. Ni les ministères concernés ni l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), pourtant informés très tôt, n’ont pris au sérieux les résultats prometteurs du candidat vaccin de cette société nantaise, ne faisant que conditionner d’éventuelles aides à la constitution d’un énorme dossier administratif. Au même moment, les Britanniques et les Américains, agiles et baignés d’esprit scientifique, lui disaient banco. Résultat : l’usine se monte en Ecosse. A l’image de nos chercheurs qu’on laisse fuir à l’étranger et nourrir nos propres concurrents…

Cette inculture scientifique des élites a des effets encore plus profonds dans la conduite des affaires de l’Etat. Prenons l’exemple de l’évaluation des politiques publiques. Alors que la France décroche dans tous les classements internationaux, on continue à scander, sans jamais argumenter, que nous avons « le meilleur système de santé », « le meilleur système éducatif », « la meilleure protection sociale », « les retraites les plus protégées »… Si nos élites avaient été formées à la démarche scientifique, elles analyseraient, compareraient et concluraient naturellement à la nécessité de nous inspirer d’expériences qui fonctionnent ailleurs. Ce que nous ne faisons quasiment jamais.

Économie : Les raisons du déclin français.

Économie : Les raisons du déclin français. 

l’économiste Christian Saint-Etienne, explique les raisons du déclin économique du pays dans l’Opinion 

 

 

chronique :

 

 

En 2020, l’activité économique a baissé de 8,3 % en France, de 7 % dans la zone euro, de 5 % en Allemagne et de 3,5 % aux Etats-Unis. Ce recul français intervient après vingt ans de forte désindustrialisation (chute de plus d’un tiers du poids de l’industrie dans le PIB), de faible croissance annuelle (0,75 % par an sur la période 2001-2020), de tragique montée de la dette publique (98 % en 2019, avant la pandémie, et peut-être 125 % fin 2021), d’un chômage qui varie de 8 % quand tout va bien à 12 % au premier accroc, et d’une chute de notre capacité d’innovation et de prise de risque.

Le pays de Pasteur est absent des nouveaux vaccins car nos grands instituts « n’ont pas osé » se lancer dans les productions et thérapies nouvelles. Le niveau de robotisation de nos usines est aujourd’hui inférieur à celui de l’Espagne et la valeur ajoutée industrielle française en euros est tombée à 40 % de celle de l’Allemagne.

Face à la Covid, en mars-avril 2020, nos soignants n’avaient pas les équipements nécessaires alors que nous avons le record du monde de la dépense de protection sociale en proportion du PIB. Ils étaient dans la position des fantassins français qui ont dû attaquer les chars allemands quasiment à main nue en mai 1940.

Désastres. Trois raisons expliquent les désastres des vingt dernières années, en écho aux erreurs des années 1930.

D’abord, on retrouve la même incapacité à regarder à long terme tout en se comparant aux autres dans ce qu’ils font de mieux. Refus de l’adaptation à la guerre moderne fondée sur le couple avion-char dans les années 1930, refus de se préparer aux pandémies en analysant les politiques de santé de la Corée du Sud, de Taïwan et de Singapour et de favoriser l’essor de la recherche et de l’industrie pharmaceutique dont le poids relatif par rapport aux autres pays s’est effondré dans les années 2010.

Ensuite, incapacité des pseudo-élites administratives énarchisées d’analyser et de comprendre la nature de la Nouvelle révolution industrielle fondée sur la science et la technologie de l’informatique qui se développe depuis les années 1980 avec une très forte accélération depuis les années 2000. Une nouvelle accélération appuyée sur l’intelligence artificielle, la 5G, les biotechnologies, l’espace et l’informatique quantique est en cours et va tout bouleverser dans les années 2020. Sur les sept membres du bureau politique du Parti communiste chinois, il y a six ingénieurs. Aucun parmi les Présidents et Premiers ministres français depuis trente ans.

« Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course »

Au lieu d’accélérer dans la transformation de notre économie au milieu des années 1990, on met en place les 35 heures et les RTT, après la retraite à soixante ans en 1982 au moment où s’amorçait le vieillissement de la population. Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course. Depuis vingt ans, nous sommes vautrés dans le refus du combat, l’écœurement des fermetures d’usine, l’abjection du principe de précaution qui a castré l’ancienne furia francese et la négation de notre identité de grande nation.

Morgue. Enfin, de 1940 à 2020, la même morgue des pseudo-élites centralisées qui doutent de leur propre peuple comme nos généraux « n’avaient pas confiance dans leurs propres soldats » (Marc Bloch). Il faut territorialiser le pouvoir en reconstruisant nos institutions sur les 1 250 intercommunalités du pays qui correspondent aux bassins de vie, en divisant le nombre de départements par deux et en réintroduisant le couplage région-département par des élus uniques, au nombre divisé par deux, siégeant tour à tour au département et à la région.

Les interco, rebaptisées « communes métropolitaines » et élues au scrutin direct (les communes actuelles devenant leur subdivision), doivent produire des plans de développement économique et social de six ans, mis à jour tous les trois ans, en lien avec les entreprises, et des plans pour l’habitat, les transports, l’éducation et la santé coordonnés par les nouveaux départements. Les régions doivent avoir pour seule priorité le développement de l’industrie, de l’enseignement supérieur et professionnel et de la recherche dans la Nouvelle révolution industrielle. Il faut en urgence des fonds d’investissement régionaux, les plans stratégiques régionaux étant coordonnés par une Agence publique stratégique dont la direction est confiée à des ingénieurs et des économistes. Un fonds d’investissement national finance les grandes infrastructures du renouveau.

Tous les fonctionnaires élus doivent démissionner de la fonction publique afin de supprimer les parachutes dorés dans le public. Tous les responsables syndicaux, politiques et médiatiques doivent suivre des cycles de formation sur les mutations du monde et doivent visiter les centres industriels et de recherche des pays les plus avancés.

Qui est prêt, parmi les citoyens, à se lever pour sauver le pays ?

 

La Chine compte sur le déclin structurel américain

La Chine compte sur le déclin structurel américain

 

Le consultant Laurent Malvezin constate, dans une tribune au « Monde », la nouvelle volonté de Pékin d’imposer sa juridiction dans les zones cibles de son expansion économique, y compris aux Etats-Unis

 

Tribune.

 

 Le 26 novembre 2020, le bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) a chargé un de ses porte-voix de révéler les grandes lignes de ses orientations vis-à-vis de la nouvelle administration américaine. Elles sont des plus éclairantes sur l’état d’esprit qui règne au sein des plus hautes instances du PCC au sujet de l’avenir désiré de la relation bilatérale avec Washington. C’est au New York Times qu’en est revenue la primeur, le 24 novembre 2020, sous la plume de Fu Ying, ancienne ministre adjointe des affaires étrangères et vice-présidente de la Commission aux affaires étrangères de l’Assemblée nationale populaire. Ce texte traduit les priorités de Pékin, mais trahit aussi son état d’esprit, empreint de défiance, soufflant le chaud et le froid, combinant un ton menaçant et les poncifs diplomatiques.

La première annonce est que Pékin étend désormais le champ de sa politique domestique à l’extérieur de ses frontières. Et que sa domination en zone Asie-Pacifique ne pourra s’accommoder d’aucune résistance. Pour ce faire, Pékin fait désormais sien le concept de « la règle de droit » (« rules and laws »), qui doit prévaloir aussi dans les domaines économiques et technologiques. Le régime semble en effet convaincu qu’il était sur le point de perdre la bataille de la légitimité et de la légalité internationales face à la constitution d’une alliance perçue comme antichinoise, non seulement parmi les démocraties avancées mais aussi par un nombre croissant de pays en voie développement. L’extension de son domaine juridictionnel et d’un droit aux caractéristiques chinoises applicable hors de ses frontières est donc désormais affirmé, lui évitant ainsi d’apparaître comme le passager clandestin de la mondialisation ou le hors-la-loi du système international actuel.

Aussi, afin d’éviter les « quiproquos et conflits imprévus » dans les nouvelles zones de droit chinois, l’administration Biden serait donc bien avisée, selon le texte, de revenir aux fondamentaux de la relation bilatérale avec pour objectif de recouvrer la nécessaire « confiance » par le truchement de négociations « sincères » (« candid talks »).

La sémantique est ici caractéristique de la rhétorique du PCC, qui cherche à donner tort à son interlocuteur pour mieux lui faire entendre raison par la suite, et l’amener à de premières concessions, apparemment sur la forme, mais qui influencent le rapport de force dans les négociations.

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

L’économiste Vincent Vicard observe, dans une tribune au « Monde », que la participation des salariés à la gestion des entreprises allemandes a pour effet de limiter les délocalisations.

 Relocalisation, réindustrialisation, souveraineté économique, « made in France »… quel que soit le terme utilisé, l’idée de soutenir l’industrie française semble aujourd’hui mettre tout le monde d’accord. Ce qui fait moins consensus, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

Le plan de relance du gouvernement fait le pari qu’une nouvelle réduction des coûts, par la baisse des impôts de production cette fois, favorisera la relocalisation d’activités en France. Pari risqué, reposant principalement sur la comparaison des montants de prélèvement avec l’Allemagne.

Une vision restrictive

Au-delà du débat sur la pertinence de ces comparaisons pour des impôts et des taxes très hétérogènes, ce choix reflète surtout une vision très restrictive de la compétitivité des industries nationales et des stratégies des entreprises, dictée uniquement par une logique de coût.

Cette conception de la compétitivité s’inscrit dans la continuité des politiques mises en place ces deux dernières décennies en France : baisse des coûts de production d’un côté – au travers notamment de politiques d’exonérations de cotisations sociales dont on peine à détecter un effet notable sur les exportations françaises –, et incitations fiscales non ciblées à la recherche et développement (R&D) visant à développer l’offre des entreprises nationales de l’autre.

Les montants engagés sont conséquents – près de 60 milliards d’euros pour les exonérations générales de cotisations sociales et 6 milliards pour le crédit d’impôt recherche en 2019, auxquels s’ajoutent maintenant 10 milliards de baisses d’impôts de production chaque année – pour des résultats clairement décevants sur le front industriel.

Certes, au pays des Shadoks, « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir ». Mais cela ne doit pas empêcher d’élargir un peu la conception de la compétitivité française et des instruments de politique industrielle à mobiliser. En se tournant notamment vers la gouvernance des entreprises multinationales, puisque c’est là notre grande spécificité : la France ne souffre pas de la performance de ses grandes entreprises, mais de son tissu productif sur le sol national.

Confiance et le dialogue social

On retrouve ainsi plus d’entreprises françaises dans le classement des 500 plus grandes multinationales mondiales réalisé par le magazine Fortune que d’entreprises allemandes (31 contre 29), britanniques (17) ou italiennes (6). Compétitives sur les marchés mondiaux, ces entreprises délaissent cependant le territoire français pour leurs activités de production. La question de l’ancrage des multinationales à leur territoire d’origine est donc bien au cœur du déclin industriel français ; c’est donc aussi de ce côté qu’il faut envisager des leviers d’action politique.

 

Le déclin démographique mondial

Le déclin démographique mondial

 

Dominique Boulbès , expert en démographie,  explique dans l’Opinion que: «La transition démographique a commencé à changer le monde. La moitié de ses habitants sont engagés dans le même processus : baisse du nombre de jeunes, augmentation des seniors, décroissance en cours ou à venir de la population»

 

 

« Qui sait que la population des moins de 60 ans de l’Europe géographique va baisser de 94 millions de personnes d’ici à 2050 ? Qu’un pays comme le Brésil va perdre 36 % de ses moins de 25 ans dans les cinquante prochaines années ? Que dans la même période, le continent asiatique comptera 420 millions de jeunes de moins de 30 ans ? Peu de gens en réalité.

Nous avons en effet une vision continue de l’accroissement de la population mondiale, largement héritée de notre histoire démographique récente. Nous étions environ 400 millions d’êtres humains quand Notre-Dame-de-Paris était en construction, 1,5 milliard en 1900, 2,5 milliards en 1950, 7,8 milliards aujourd’hui.

Peu de gens ont conscience de ce qui est en train de se jouer : à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse de leur population, qui comprend uniformément deux aspects : baisse du nombre de jeunes, explosion du nombre de seniors. C’est la transition démographique, phénomène universellement observé, véritable logiciel unique, qui a commencé à toucher les pays européens il y a près de deux siècles. Ce processus est identique dans tous les pays du monde avec cependant des calendriers différents. Comment opère-t-il ?

Transition. Avant la transition démographique, les taux de natalité et de mortalité d’une société traditionnelle sont tous les deux élevés, si bien que la croissance démographique est très faible. Pendant des millénaires, l’humanité a ainsi connu un taux de fécondité de 6 à 7 enfants par femme, et un taux de mortalité d’un enfant sur 4 la première année, d’un sur deux avant dix ans.

La transition démographique démarre lorsque les conditions de vie s’améliorent. Dès que l’économie se développe, les progrès médicaux et sanitaires, une meilleure hygiène, l’assainissement des villes, font diminuer la mortalité infantile. De moins en moins d’enfants meurent précocement. Pourtant, les comportements natalistes ne changent pas encore. La conséquence ? Une explosion démographique, avec des taux annuels de croissance de 2 ou 3 %, qui doublent ou triplent la population en trente-cinq ans. L’Europe a commencé la première sa transition démographique, passant de 140 à 420 millions d’habitants entre 1750 et 1900.

De façon universelle, on constate que le taux de fécondité par femme ne se stabilise pas, mais commence à passer au-dessous de 2, qui est le seuil de renouvellement des générations. L’Europe était à ce stade en 1970, l’Asie en 2020, l’Amérique du Nord en 1970, l’Amérique du Sud vers 2010, l’Afrique l’atteindra entre 2060 et 2100

Fécondité. La deuxième phase de la transition démographique s’enclenche alors. Le taux de fécondité par femme commence à baisser, pour atteindre 2 en fin de phase. Le développement économique s’accompagne en effet d’une évolution des mentalités et des comportements : émancipation des femmes, contraception, montée en puissance des classes moyennes… Dans les pays développés, cette phase a été atteinte dans les années 1950.

A la fin de cette deuxième phase, le taux de croissance démographique est redevenu très faible, comme dans la période qui précédait, mais pour des raisons différentes : on est passé d’un taux de fécondité et de mortalité forts à un taux de fécondité et de mortalité faibles. La théorie de la transition démographique, telle qu’elle avait été formulée par le démographe américain Frank Notestein en 1945, devait s’arrêter là. La population mondiale devait atteindre un certain niveau et s’y tenir. Or, c’est un phénomène bien différent qui est apparu, qui n’avait pas été anticipé. Certains parlent de troisième phase de la transition démographique, d’autres de post-transition démographique.

De quoi s’agit-il ? De façon universelle, on constate que le taux de fécondité par femme ne se stabilise pas, mais commence à passer au-dessous de 2, qui est le seuil de renouvellement des générations. L’Europe était à ce stade en 1970, l’Asie en 2020, l’Amérique du Nord en 1970, l’Amérique du sud vers 2010, l’Afrique l’atteindra entre 2060 et 2100.

La vitesse du phénomène s’accélère sans cesse. La France a atteint ce stade en deux siècles, le Brésil en 55 ans, la Chine en 40 ans… Plusieurs explications : les anticipations pessimistes sur l’avenir – que la pandémie actuelle ne va pas améliorer –, le confort matériel qui amoindrit le désir d’enfant, la société post moderne qui nous fait entrer dans un monde de plus en plus virtuel…

Quoi qu’il en soit, le fait est là, massif : à un moment donné, une population arrête de se renouveler. Sur la période 2020-2025, les prévisions sur l’indice de fécondité sont de 1,62 en Europe, 1,76 en Amérique du Sud, 1,96 en Amérique du Nord, 1,70 en Chine… Les exemples du Japon (1,37) ou de la Corée du Sud (1,11) sont emblématiques. Contrairement à ce qu’on pourrait penser intuitivement, des populations entières d’Asie du sud-est (Bangladesh, Thaïlande, Malaisie…) sont désormais en deçà de 2.

Winter is coming. Voilà ce qu’est la post-transition démographique : les uns après les autres, les pays voient une baisse du nombre de naissances, suivie mécaniquement par la diminution du nombre de jeunes, puis de celui de l’ensemble de la population. C’est l’hiver démographique : Winter is coming…

Les conséquences sont insondables, et largement sous-estimées dans les projections politico-économiques.

Première conséquence, un constat fort : la croissance de la population mondiale s’arrêtera un jour. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’à présent l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une nouvelle étude, publiée en juillet 2020 dans The Lancet et réalisée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’université de Seattle, prédit 9,7 milliards d’habitants en 2064, suivi d’un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Dans le scénario bas de l’ONU, qui semble se confirmer pour l’instant dans nombre de pays, on atteindrait 8,9 en 2050, et 7,3 en 2100, soit un niveau inférieur à 2020. Les enfants qui naissent connaîtront très probablement une planète moins peuplée.

En 2020, l’ensemble des seniors de plus de 65 ans dépasse le nombre des enfants de 0 à 5 ans dans le monde. En 2050, ils en représenteront… plus du double ! Les plus de 60 ans, qui constituent actuellement 13 % de la population, devraient en représenter 21 % en 2050, soit un passage de 1 à 2 milliards

Deuxième conséquence, les populations des pays développés, qui ont entamé plus tôt que les autres leur post-transition démographique, ont commencé à décroître ou vont bientôt le faire. Par exemple, en 2050, l’Italie aura perdu 6 millions d’habitants pour atteindre 54 millions, soit sa population de 1973, la Russie, 10 millions, pour atteindre 135 millions, soit son niveau de 1977, le Japon, 21 millions pour atteindre 105 millions, soit son niveau de 1970. Quasiment tous les pays développés sont entrés dans ce processus de baisse de leur population.

Vieillissement. Troisième conséquence : le vieillissement de la population. L’allongement de l’espérance de vie, associée à la baisse du nombre de naissance, fait mécaniquement augmenter la part des personnes âgées dans la population. En 2020, l’ensemble des seniors de plus de 65 ans dépasse le nombre des enfants de 0 à 5 ans dans le monde. En 2050, ils en représenteront… plus du double ! Les plus de 60 ans, qui constituent actuellement 13 % de la population, devraient en représenter 21 % en 2050, soit un passage de 1 à 2 milliards.

Pour ce qui concerne les plus de 80 ans, leur nombre progresse encore plus vite. Ils sont environ 145 millions aujourd’hui et atteindront les 426 millions de personnes d’ici à 2050, peut-être le double en 2100. Ces seniors compensent encore pour partie, et pour un temps qui n’est plus très long, la décroissance du nombre des jeunes. En Chine, entre 2 020 et 2070, la baisse de la population sera de 181 millions de personnes, dont une hausse de 204 millions des plus de 60 ans et une baisse de 385 millions des moins de 60 ans.

Contrairement à ses voisins, la France va voir augmenter sa population, qui va passer de 67,8 millions en 2020 à 76 millions en 2070. Mais cette progression masque un fait majeur : ces 8,2 millions de Français supplémentaires ne seront constitués que de personnes de plus de 60 ans. Les moins de 60 ans, de 50 millions actuellement, vont en effet rester à ce niveau.

Le vieillissement de la population est désormais intégré dans les perceptions. Ce qui est moins connu, c’est l’autre versant de la post transition démographique : les naissances ont commencé à baisser, suivi par le nombre de jeunes, puis par la population elle-même. A terme, dans une fenêtre comprise entre 2060 et 2100, la planète comptera chaque année moins d’habitants. Ce renversement de perspective reste pour une large part un impensé des réflexions sur les enjeux écologiques, géopolitiques, économiques, sociétaux, pourtant largement dépendants de la démographie.

Acteur de la silver économie

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, titulaire d’un DEA d’analyse industrielle, Dominique Boulbès est depuis 2007 président du groupe Indépendance Royale, un acteur majeur du maintien à domicile des personnes âgées. Vice-président de la filière silver économie chargé de la croissance des entreprises, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages sur le vieillissement dont La Silver économie, 60 acteurs de l’économie des 60+, avec Serge Guérin (éditions La Charte, 2018).

Pétrole : dernier pic avant le déclin ?

Pétrole : dernier pic avant le déclin ?

 

Le pétrole ne va évidemment pas disparaître du jour au lendemain et la transition énergétique se fera progressivement parce que dans le deux nombreux domaines, il n’y a pas d’autres alternatives actuellement que l’utilisation du pétrole. Ceci étant on pourrait avoir connu le pic de consommation de cette source. D’après l’importante compagnie de pétrole British Petroleum, la demande a certainement atteint son plafond et devrait maintenant décroître avec des rythmes différents selon les scénarios. Des prévisions confirmées d’une certaine manière par l’OPEP dans la production se réduit de manière plus sensible que prévu. En cause la crise sanitaire bien sûr mais aussi une évolution structurelle à la fois de la mobilité et du type d’énergie.

La demande de pétrole dans le monde pourrait avoir déjà atteint son pic et ne plus cesser de décliner en raison des conséquences de la pandémie et de la transition énergétique, estime lundi le géant britannique des hydrocarbures BP. Le groupe envisage trois scénarios sur la transition vers une énergie plus verte à échéance 2050, de la plus lente à la plus rapide.
Dans les deux scénarios les plus optimistes, la demande de pétrole a même déjà passé son pic et ne se relèvera jamais de la chute causée par la crise sanitaire. Si la transition énergétique se poursuit au même rythme que celui actuellement observé, le scénario le plus conservateur, la consommation d’or noir atteindra un plateau dans les années qui viennent, précise le rapport.
L’Opep s’est montrée lundi plus pessimiste pour la demande mondiale de pétrole cette année et en 2021, en raison de la faiblesse persistante dans certains pays asiatiques à la suite de la pandémie de Covid-19.

Sa prévision de l’évolution de la demande a été révisée en baisse de 0,4 million de barils par jour (mb/j) par rapport au mois d’août, indique l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dans son rapport mensuel sur le pétrole.

La demande mondiale cette année doit ainsi reculer plus fortement qu’anticipé jusqu’à présent, de 9,5 mb/j, pour atteindre 90,2 mb/j en raison de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19.

 

Celle-ci a notamment pesé lourdement sur le secteur des transports, en particulier aérien. « Les risques restent élevés et orientés à la baisse, particulièrement en ce qui concerne l’évolution des cas d’infection au Covid-19 ainsi que de potentiels traitements », juge le rapport.

Cette révision est notamment liée aux difficultés que connaissent certains pays d’Asie. « Jusqu’à présent, la demande pétrolière en Inde, en Indonésie, en Thaïlande et aux Philippines a été bien moins solide que ce qui avait été attendu initialement », explique l’Opep.

Cette conjoncture négative dans certains pays asiatiques devrait se encore faire sentir au premier semestre de l’an prochain. Par conséquent, les prévisions concernant la demande mondiale pour 2021 ont aussi été revues en baisse, de 0,4 mb/j par rapport au mois dernier. Cette demande doit ainsi rebondir de seulement 6,6 mb/j en 2021 pour s’établir à 96,9 mb/j, selon les dernières prévisions de l’Opep.

Le cartel est engagé avec ses alliés, dont la Russie, dans une politique de restriction volontaire de sa production afin de soutenir les cours du brut. Les pays membres de l’Opep ont toutefois pompé plus au cours du mois d’août par rapport à juillet, selon des sources secondaires (indirectes) citées dans le rapport. L’Opep a ainsi produit 763.000 barils par jour de plus, entraînée notamment par l’Arabie saoudite.

Début du déclin du pétrole

Début du déclin du pétrole

D’après l’importante compagnie de pétrole British Petroleum, la demande a certainement atteint son plafond et devrait maintenant décroître avec des rythmes différents selon les scénarios. Des prévisions confirmées d’une certaine manière par l’OPEP dans la production se réduit de manière plus sensible que prévu. En cause la crise sanitaire bien sûre mais aussi une évolution structurelle à la fois de la mobilité et du type d’énergie.

La demande de pétrole dans le monde pourrait avoir déjà atteint son pic et ne plus cesser de décliner en raison des conséquences de la pandémie et de la transition énergétique, estime lundi le géant britannique des hydrocarbures BP. Le groupe envisage trois scénarios sur la transition vers une énergie plus verte à échéance 2050, de la plus lente à la plus rapide.
Dans les deux scénarios les plus optimistes, la demande de pétrole a même déjà passé son pic et ne se relèvera jamais de la chute causée par la crise sanitaire. Si la transition énergétique se poursuit au même rythme que celui actuellement observé, le scénario le plus conservateur, la consommation d’or noir atteindra un plateau dans les années qui viennent, précise le rapport.
L’Opep s’est montrée lundi plus pessimiste pour la demande mondiale de pétrole cette année et en 2021, en raison de la faiblesse persistante dans certains pays asiatiques à la suite de la pandémie de Covid-19.

Sa prévision de l’évolution de la demande a été révisée en baisse de 0,4 million de barils par jour (mb/j) par rapport au mois d’août, indique l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dans son rapport mensuel sur le pétrole.

La demande mondiale cette année doit ainsi reculer plus fortement qu’anticipé jusqu’à présent, de 9,5 mb/j, pour atteindre 90,2 mb/j en raison de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19.

 

Celle-ci a notamment pesé lourdement sur le secteur des transports, en particulier aérien. « Les risques restent élevés et orientés à la baisse, particulièrement en ce qui concerne l’évolution des cas d’infection au Covid-19 ainsi que de potentiels traitements », juge le rapport.

Cette révision est notamment liée aux difficultés que connaissent certains pays d’Asie. « Jusqu’à présent, la demande pétrolière en Inde, en Indonésie, en Thaïlande et aux Philippines a été bien moins solide que ce qui avait été attendu initialement », explique l’Opep.

Cette conjoncture négative dans certains pays asiatiques devrait se encore faire sentir au premier semestre de l’an prochain. Par conséquent, les prévisions concernant la demande mondiale pour 2021 ont aussi été revues en baisse, de 0,4 mb/j par rapport au mois dernier. Cette demande doit ainsi rebondir de seulement 6,6 mb/j en 2021 pour s’établir à 96,9 mb/j, selon les dernières prévisions de l’Opep.

Le cartel est engagé avec ses alliés, dont la Russie, dans une politique de restriction volontaire de sa production afin de soutenir les cours du brut. Les pays membres de l’Opep ont toutefois pompé plus au cours du mois d’août par rapport à juillet, selon des sources secondaires (indirectes) citées dans le rapport. L’Opep a ainsi produit 763.000 barils par jour de plus, entraînée notamment par l’Arabie saoudite.

Brexit- Grande Bretagne : déclin d’une nation

Brexit- Grande Bretagne  : déclin d’une nation

Michel Santi, économiste(*) explique le déclin de la Grande Bretagne et lui prédit un destin de nain face aux grandes puissances ( article la Tribune)

 

 

« Ce 31 janvier 2020 sera synonyme de rétrécissement des libertés, car le Brexit raconte d’abord l’histoire d’une fermeture, d’une victoire – non par KO mais aux points – des partisans d’une Grande Bretagne révisant considérablement à la baisse ses ambitions. Sans elle, l’Union Européenne comptera toujours 450 millions de citoyens, représentera toujours environ 20% du PIB mondial, et pourrait négliger ce partenaire faisant moins de 10% de sa balance commerciale.

La sortie de ce membre sera certes une perte, mais relativement limitée après tout et comparable à celle du Texas quittant les États-Unis d’Amérique. Hors de l’Union, le Royaume-Uni sera toujours tenu de s’aligner sur les réglementations européennes en dépit des fanfaronnades de son gouvernement actuel qui prétend que l’abandon des directives de Bruxelles sur la finance, sur l’environnement, sur les produits de consommation et autres permettra à son pays de prospérer. Sans l’Europe, le Royaume sera toujours confronté à ses grands échecs n’ayant rien à avoir avec l’Union, à savoir ses infrastructures déficientes, sa faible productivité, le niveau anémique de ses investissements, ses inégalités régionales qui sont autant de maux typiquement britanniques.

Sans ce pays, l’Union ne sera pas non plus pareille car ce départ diminuera (heureusement) l’influence des ultra libéraux ayant rêvé et construit une Europe mercantile au détriment d’une Europe politique. Le rôle et l’activisme de la Grande Bretagne ayant été fondamental dans une Europe sculptée à la mode néolibérale, nous pourrons désormais nous recentrer, enfin devenir solidaire.

 

Ce Royaume sera un nain comparé aux grands blocs définissant aujourd’hui notre monde – Europe, USA, Chine, Afrique – et qui ont conduit immanquablement à accentuer la guerre économique et commerciale qu’ils se livrent d’ores et déjà dans un contexte où les institutions préservant le multilatéralisme sont en faillite.

Ballottée par des mouvements tectoniques qui la dépassent, la Grande Bretagne aura-t-elle son mot à dire face à ce Gulliver européen capable de lutter à armes égales contre les GAFA, de peser sur les compagnies d’aviation pour réduire les prix de leurs tickets, d’imposer aux opérateurs téléphoniques la fin de l’itinérance (roaming), de casser les cartels…?

En réalité, vu de l’autre côté, le Brexit n’est – de loin – pas tant une question commerciale ou économique qu’une affaire de souveraineté, voire d’identité, de cette île au passé et à l’histoire prestigieux et soucieuse avant tout de conserver le contrôle sur sa propre destinée.

Mais surtout, le Brexit est un phénomène anglais : l’Écosse et l’Irlande du Nord ayant voté «non», qui ne l’a emporté que de justesse dans le Pays de Galles. À l’instar de l’Invincible Armada, de Trafalgar et de la victoire de 1945, le Brexit se veut donc un de ces moments épiques ardemment désirés par la nation anglaise nostalgique de gloire, amoureuse de son identité et de sa culture. Pourtant, aujourd’hui, elle n’a plus que le choix entre un drame à la Shakespeare ou une farce à la Benny Hill. »

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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.

Il vient de publier «Fauteuil 37» préfacé par Edgar Morin

Sa page Facebook et son fil Twitter.

Réforme des retraites : « le déclin organisé de la Sécurité sociale » (Gilles Johanet)

Réforme des retraites : « le déclin organisé de la Sécurité sociale » (Gilles Johanet)

Tribune

Gilles Johanet, haut fonctionnaire français, spécialiste des secteurs de la santé revient dans une chronique au Monde sur le processus en cours depuis longtemps de démantèlement de la sécurité sociale.

Tribune:

La caractéristique première de la Sécurité sociale est d’être universelle, mais depuis trente ans, cette universalité a été remise en cause dans chacune de ses branches, explique, dans une tribune au « Monde », Gilles Johanet, haut fonctionnaire spécialiste des secteurs de la santé.

« . Hostilité des retraités à l’augmentation de leur CSG, puis exaspération des personnels hospitaliers, enfin méfiance face à la réforme des retraites : les Français s’interrogent sur la pérennité de leur protection sociale. Or, il existe une raison commune à ces colères et ces inquiétudes, celle du déclin organisé de la Sécurité sociale, qui touche tour à tour depuis trente ans chacune de ses branches, certes de façons diverses mais avec une seule cohérence : mettre fin au caractère universel du « droit à la Sécu ».

1993 est la date de la première grande réforme des retraites, dite « réforme Balladur ». Mais c’est aussi la date de la publication d’un texte qui mérite d’être cité car, prophétique, il décrit en quelques mots toutes les voies qui ont été utilisées depuis. « La justice sociale suppose aussi de ne plus assimiler la protection sociale à une assurance. Les droits sociaux doivent être proportionnels aux revenus et aux patrimoines constitués. Il n’est plus possible de continuer à verser des allocations familiales sans conditions de ressources ou de laisser, sous prétexte d’égalité, un ticket modérateur identique pour tous en matière de santé, comme de ne pas faire participer plus directement les retraités au financement de la Sécurité sociale dont ils sont les premiers bénéficiaires. A l’inverse, la protection doit rester intégrale pour les plus modestes. » Ce texte, publié dans Le Monde du 21 août 1993, propose ainsi de revenir à un système assistantiel certes développé mais qui, par construction, n’est plus universel. Intitulé significativement « Ruptures », il est signé par des hommes déjà versés ou bientôt intéressés par la vie politique : François Hollande, Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard.

La caractéristique première de la Sécurité sociale est d’être universelle, de viser à couvrir toute la population. Dès 1945, elle développe certes des prestations de solidarité bénéficiant d’abord au plus pauvres, mais elle fait une large place aux prestations contributives, celles dont le montant est directement fonction de la cotisation versée. Les retraites en sont la principale, mais les versements d’indemnités de chômage, de la branche maladie et de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) sont également contributives.

De fait s’opère depuis trente ans une remise en cause de cette universalité, sous des abords des plus logiques : puisqu’« il n’est plus possible », comme dit le texte, de continuer à verser à tous, une véritable politique de justice sociale n’exige-t-elle pas de réserver les prestations aux plus pauvres ? Ce serait faire preuve de « réalisme » que de constater que le caractère universel devient hors d’atteinte.

 

Croissance Japon-Nouveau déclin de la consommation

Croissance Japon-Nouveau déclin de la consommation

 

Dépenses des ménages en berne, comme l’industrie , le Japon s’enfonce de plus en plus dans la crise. D’après les statistiques gouvernementales, les dépenses des ménages ont diminué en novembre de 2,0% en rythme annuel .  Par ailleurs, le secteur de l’industrie japonais plonge, victime tout autant du ralentissement chinois que de la crise interne dans laquelle s’englue le pays du fait notamment de son endettement. L’activité du secteur manufacturier au Japon s’est en effet contractée en décembre pour un huitième mois consécutif, montrent les résultats de l’enquête réalisée par Markit/Jibun Bank auprès des directeurs d’achats.

L’indice PMI manufacturier calculé par Markit/Jibun Bank a chuté à 48,4 en décembre en données corrigées des variations saisonnières, ce qui correspond au niveau enregistré en octobre, lorsque l’indice avait atteint un plus bas de trois ans.

Il reste pour le huitième mois d’affilée sous le seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l’activité. Il s’agit de la plus longue période de contraction du secteur manufacturier depuis celle de neuf mois entre juin 2012 et février 2013.

D’après les résultats de l’enquête, les nouvelles commandes et la production industrielle dans leur ensemble ont ralenti pour un 12e mois de rang.

Par ailleurs,  les dépenses des ménages ont diminué en novembre de 2,0% en rythme annuel, alors que le consensus donnait un déclin de 1,7%. Elles s’étaient établi en octobre à un plus bas de trois ans. En rythme mensuel, les dépenses des ménages ont progressé de 2,6%, un net rebond par rapport au repli de 11,5% constaté en octobre en rythme mensuel, mais un rythme inférieur à la prévision médiane des économistes (+3,4%).

 

La croissance global du Japon ne cesse de se réduire après 1,7 % en 2017, c’est la descente douce vers la stagnation voire la récession en 2020 même si le gouvernement espère toujours plus 0,7 %.

Industrie Automobile : la France recule aussi

Industrie Automobile : la France recule aussi

« La production automobile française est désormais la cinquième de l’Union européenne » derrière l’Allemagne, qui a consolidé sa position en tête, mais aussi derrière l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Elle « est en perte de vitesse, surtout depuis la crise » financière de 2008, note l’Insee. « Contrairement à la production des principaux pays producteurs, celle de la France n’a pas récupéré son niveau d’avant la crise de 2008″, soulignent les auteurs de l’étude, qui ne prend pas en compte les données postérieures à 2016. « les parts de marché prises par les marques étrangères importées », mais aussi par « l’internationalisation de la production » des groupes français. « Les productions des groupes français à l’étranger » réduisent la balance commerciale de deux façons: lorsqu’elles sont réimportées vers la France, mais aussi « lorsqu’elles servent la demande locale [et] se substituent potentiellement à des productions nationales exportées », expliquent les auteurs. Le déclin français s’inscrit dans une crise industrielle plus large explique Sébastien Laye, entrepreneur dans le domaine des services financiers; il  souligne le sérieux retard que la France accuse sur le plan industriel.

  • « Pour comprendre le désastre industriel français, il convient de revenir sur les erreurs stratégiques des pouvoirs publics français et de nos grands patrons, eux-mêmes issus du moule techno-politique via les grands corps. Nous devons à Serge Tchuruk dans les années 90, le patron de ce qui était alors Alcatel (depuis démantelé en de nombreuses entités), d’avoir théorisé chez nous le concept d’industrie sans usines, sans actifs, «asset-light»: une hérésie stratégique vite abandonnée par les Américains mais qui a perduré en France jusque dans les années 2000. Or notre monde économique actuel, loin d’avoir vu la disparition de la vieille industrie au profit d’une économie purement tertiaire et de services, est beaucoup plus complexe. En réalité nos économies sont devenues hyper industrielles, avec le logiciel ou les services à valeur ajoutée qui sont venus transformer l’usine d’antan. Les smart factories embarquent des compétences en informatique, robotique et automatisation en brouillant la frontière avec l’univers de la technologie et des GAFA. Ainsi, d’une certaine manière, l’industrie n’existe peut-être plus en tant que secteur autonome mais paradoxalement elle est omniprésente: même les acteurs des nouvelles technologies doivent déployer des plateformes industrielles et logistiques colossales, que ce soit Amazon ou Google avec ses data centers.
  • Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, la France et victime d’un vrai décrochage industriel.
  • Les États-Unis ont compris depuis une dizaine d’années qu’un modèle économique uniquement orienté vers la consommation domestique est voué à l’échec: ce mouvement s’est accéléré sous le mandat Trump, qui a vu la création de 400 000 emplois manufacturiers. Par un subtil équilibre de baisses massives d’impôts (alors que les impôts sur la production obèrent toute rentabilité de nos usines.) et de menaces, Trump a obtenu de Softbank/Sprint, de GoPro ou encore d’Apple une relocalisation aux États-Unis de leur base manufacturière. Pfizer, Comcast, Boeing, notamment en rapatriant les profits offshores, investissent à nouveau dans leurs usines américaines. Les Américains ont supprimé en deux ans la moitié du code des réglementations pour créer de nouvelles usines ; les Chinois, avec un modèle moins libéral mais un État visionnaire, développent non seulement leur base industrielle mais sont aussi en train de réindustrialiser toute l’Asie par leur projet de nouvelle route de la soie, qui se traduit par de colossales infrastructures de transport.
  • Alors que la puissance économique est avant tout une puissance industrielle, comme en attestent la réindustrialisation de l’Amérique de Donald Trump ou les grandes réalisations chinoises, la France est victime d’un vrai décrochage industriel. Or développer la seule économie de services (petits boulots en chaîne) ou des start-up (peu intense en capital humain) ne permettra pas à la France de juguler le fléau du chômage et de la croissance molle. On ne peut qu’être sidéré par le manque de volontarisme des pouvoirs publics français en la matière, alors que notre génie industriel était la marque de fabrique de la France encore dans les années 1990 (il suffit de noter le rayonnement des produits de Schneider, Airbus, Alstom, Dassault, à cette époque) et que le complexe militaire, comme aux États-Unis, fournissait un excellent levier public pour le développement de l’industrie privée.
  • En 2018, la part de l’industrie dans la richesse nationale en France n’était plus que de 11 %, contre 17 % à la fin des années 1990, ce qui est le niveau actuel de la plupart des autres économies développées. À l’origine du déclin de l’industrie, on peut noter la détérioration générale de la compétitivité des entreprises françaises. Face à la concurrence mondiale, l’industrie française ne fait plus le poids dans certains secteurs. D’autre part, en quinze ans, alors que les ventes de biens ont augmenté de plus de 50 % sur nos territoires, notre production manufacturière… est restée au même niveau. Sans compter qu’au-delà des ventes de biens, les services à haute valeur ajoutée ont accru leur part dans notre PIB, et à ce niveau la domination des GAFA et autres entreprises technologiques étrangères a signifié d’irrémédiables pertes de marché: elles sont visibles dans les chiffres du déficit du commerce international, qui se creuse depuis notre plus haut point en 2004 ; non seulement nos entreprises ne produisent plus ce que les Français consomment, mais elles ne disposent pas des compétences et technologies clefs dont nos concitoyens ont besoin. Enfin, l’absence de fonds de pension entrave le développement de nos entreprises, empêchant le financement de l’innovation de long terme et poussant les plus grandes d’entre elles à abandonner leur base hexagonale.
  • Les conséquences de ces défaillances sont visibles: notre industrie est l’une des moins robotisées (126 robots pour 10 000 salariés contre 270 en Allemagne), les investissements dans les NTIC sont deux fois moins nombreux que dans le reste de la zone euro et trois fois moins nombreux qu’aux USA. Le très poussif basculement du CICE en baisse de charges, l’hypothétique baisse de l’IS promise à l’horizon 2022 et l’absence de baisse des impôts sur la production ne laissent pas augurer un redressement rapide de l’investissement privé. Il faut donc rapidement changer de braquet et promouvoir des partenariats publics-privés ancrés sur des dépenses d’investissement public (que Bruxelles doit mieux distinguer des dépenses de fonctionnement).
  • On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie.
  • Il convient en premier lieu de favoriser la montée en gamme de nos industries informatique, robotique et d’intelligence artificielle: cela passe par le redéploiement des interventions de la BPI trop centrées sur l’internet grand public, et par plus de précisions sur le plan d’investissement promis par Macron sur le quinquennat, qui pour l’instant inclut essentiellement des dépenses de fonctionnement dans l’éducation. La robotisation est aussi une opportunité pour notre industrie et souvenons-nous que les pays les plus robotisés sont aussi ceux où le chômage est le plus faible. Elle doit être couplée par un plan massif d’équipement 5G sur notre territoire, car ces nouveaux robots et objets doivent pouvoir communiquer, seul moyen de révéler le vrai potentiel de nos territoires.
  • On est en droit de douter de la volonté du gouvernement actuel de redresser notre industrie: clientélisme à l’égard d’autres secteurs, manichéisme économique simpliste (l’industrie c’est l’ancien monde, la start-up le nouveau qui doit aller de l’avant.), remise aux calendes grecques des mesures pour favoriser l’investissement et la modernisation: la survie politique plus que la vision stratégique semble servir de cap aux décisions économiques. À Bercy, nous avions déjà testé le manque de détermination, voire l’ambiguïté d’Emmanuel Macron sur ces sujets, lorsqu’il avait écarté hâtivement toutes les alternatives, notamment françaises, au rachat par General Electric. L’amateurisme actuel est si évident que Bercy version Lemaire n’a jamais lu les comptes du repreneur d’Ascoval, British Steel, en état de faillite théorique dès le rachat du site français….
  • Il est plus qu’urgent de rééquiper notre secteur industriel, afin de monter en gamme, de produire à nouveau sur notre territoire, de redevenir une machine à exporter et à créer des emplois. À défaut, toutes les réformes lancées par le pouvoir actuel, ne viendront jamais à bout de notre chômage structurel. »

Allemagne : le SPD, comme le PS en France, sur la voie du déclin

Allemagne : le SPD, comme le PS en France, sur la voie du déclin

Selon  l’institut Forsa, le SPD dégringole à  13% des intentions de vote, un record à la baisse. Dans le même temps, le bloc conservateur de la chancelière Angela Merkel se redresse quelque peu, à 27%. Derrière le bloc CDU/CSU vient le parti des Verts, à 24%, qui fait désormais figure de deuxième parti sur la scène politique allemande. Le parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) recule à 13% et le parti La Gauche, comme le FDP (centristes), est crédité de 9%, toujours selon le même sondage. Le pays a connu en octobre deux élections régionales, en Bavière puis en Hesse, qui ont été marquées l’une comme l’autre par un net recul du bloc CDU/CSU et des sociaux-démocrates et par une poussée des Verts.

 

Industrie: toujours le déclin

Industrie:  toujours le déclin

 

L apport de l’industrie dans l’économie française ne cesse de déciler pour ne représenter qun peu plu de 10% du PIB. Il y a sans doute de nombreuses raisons pour comprendre le déclin industriel de la France notamment le manque de compétitivité, la complexité des normes et des règlements administratifs, l’insuffisante productivité. Mais le pays manque depuis longtemps de vision. Par crainte de l’étatisme le mot plan est tabou et le mot stratégie n’a guère de contenu opérationnel. Le commissariat général au plan a disparu déjà depuis longtemps et il n’y a même plus de ministère de l’industrie. Quand ce ministère existait il était totalement sous la coupe de Bercy. Du coup la stratégie industrielle de la France est surtout défensive pour tenter de sauver des entreprises en difficulté par exemple comme chez Alstom, Alcatel, Arcelor  plus récemment j’ai MGS ou ST X. Encore une fois c’est la crainte de l’étatisme qui a étouffé toute vision industrielle et on a confié au marché le soin de combler le vide. Une confusion évidemment car si le marché est incontournable pour réguler l’équilibre entre l’offre et la demande par contre certains projets de long terme mérite une réflexion de l’État et son soutien. Ce qui est fait par exemple au États-Unis ou les GAFA ont largement profité de la recherche militaire pour se développer, ils en profitent d’ailleurs toujours. La politique industrielle ne peut se réduire à la seule prise en compte de l’informatisation des processus de production. Le plan informatique ne peut répondre à tout. Le digital, c’est incontournable mais ne peut dispenser de stratégie par grand marché du futur. De la même manière l’allégement de la fiscalité, indispensable lui aussi, ne peut non plus seul constituer le seul vecteur du redressement industriel. Le slogan made in France manque sérieusement de contenu.. Selon la dernière étude du cabinet Trendeo publiée le 2 mars dernier, le nombre d’ouvertures d’usines a dépassé celui des fermetures en 2017 et le nombre de créations d’emplois présente un solde positif de 93.038. Un chiffre inédit depuis que l’organisme privé a commencé sa collecte de données en 2009. De son côté, la direction générale de l’industrie a noté que la production manufacturière a bondi au quatrième trimestre 2017 (+2,5% après +0,8%), dans un bulletin de conjoncture publié le premier mars dernier. Ce rebond est porté par une croissance de l’ensemble des activités. La dynamique de l’emploi est particulièrement portée par une baisse prolongée des suppressions d’emplois, qui se réduisent chaque année depuis 2012 (-35% en 2017). Il faut noter également que les créations d’emplois sont aussi en hausse, ce qui permet à cet indicateur « de regagner la moitié du terrain perdu depuis leur maximum de 2010″. L’industrie automobile et les services ont été particulièrement dynamiques tout comme le secteur du logiciel qui est à son meilleur niveau depuis 2009. Si les ouvertures d’usines ont dépassé les fermetures en 2017 sur le territoire français, le solde est relativement faible (25). Ce solde positif entamé en 2014 repose avant tout sur une accélération de la baisse des fermetures que sur une hausse des créations. D’ailleurs, les créations recensées par Trendeo sont en baisse constante depuis 2014.

 

Journalistes en France : le déclin

Journalistes en France : le déclin

Un déclin très lent mais irréversible. En cause, l’équilibre économique très précaire de certains médias en particulier la presse mais aussi la télévision. À l’inverse,  la montée quasi exponentielle du support Internet bouleverse le paysage. De ce fait  dans les médias traditionnels, ont réduit le nombre de salariés à statut pour recourir davantage à des pigistes très mal rémunéré et à des experts. La baisse d’audience des médias traditionnels (presse locale comprise) provient aussi de l’uniformisation des lignes éditoriales. Pour schématiser à outrance, la plupart des grands médias reprenne chaque jour à peu près les mêmes informations en provenance des agences, des grandes organisations économiques et sociales et des communiqués du gouvernement. Souvent d’ailleurs sans commentaire et encore moins d’analyse. Du coup, les une du parisien à Libé ont du mal à se différencier. En outre l’image supplante souvent le texte dans la presse écrite comme sur Internet. Même sur Internet par paresse ou manque de moyens on rediffuse à l’envi les vidéos. Enfin les sources d’information par Internet se sont énormément diversifiées et multipliées. Certes Internet c’est un peu l’auberge Espagnole, on n’y trouve le médiocre comme l’indigent, voir l’élucubration ou le mensonge. Mais pour peu de naviguer avec sélection,  on trouve des informations autrement plus pertinentes que celles des grands médias. Le nombre de journalistes en France continue donc de diminuer, selon les chiffres arrêtés au 4 janvier par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. En 2016, 35.238 cartes de presse ont été attribuées par cette commission, soit un recul de 690 cartes en un an, et de 2.152 depuis le plus haut atteint en 2009. Parmi toutes les cartes attribuées, seules 1.513 étaient des premières demandes de cartes de presse (soit 649 de moins qu’en 2006). Ces jeunes journalistes sont les plus précaires: 72% sont rémunérés à la prestation (pigistes), et seulement 28% sont mensualisés.

Marine Le Pen : un déclin inévitable

Marine Le Pen : un déclin inévitable

Il faut au moins reconnaître un mérite à Marine Le Pen : sa lucidité quant à son avenir politique. En effet elle n’exclut  plus de ne pas ’être pas candidate à la présidence de la république en 2022. Une hypothèse en effet possible dans la mesure où on peut légitimement se demander si Marine Le Pen n’a pas atteint voire même largement dépassé les limites de ses compétences. Le fameux débat avec Macron a bien mis en évidence toutes les déficiences de la responsable du FN  tant sur le fond que sur la forme. Pour tout dire Marine Le Pen manque de tout d’intelligence, de culture, sans doute même de convictions et de cohérences  politiques. (À la différence de son père et de Maréchal Le Pen, à la fois très cultivés et cohérents même si évidemment leurs orientations sont très contestables). Sans parler du champ socio économique.  Concernant ce dernier domaine l’éviction de Philippot constitue un lourd handicap pour le Front National. Philippot  en effet soutenait à bout de bras un Front National surtout à l’aise sur les questions sociétales mais complètement à côté de la plaque dans le domaine socio-économique. La crédibilité de Marine Le Pen  est largement entamée dans l’opinion publique mais elle est aussi contestée maintenant à l’intérieur même du  front national. Sa dialectique provocatrice de camelot ne passe plus. En outre avec le départ de Philippot il faut redéfinir un projet. La présidente du Front national Marine Le Pen a donc jugé dimanche envisageable que le parti d’extrême droite choisisse un autre dirigeant qu’elle avant la prochaine élection présidentielle, revendiquant par ailleurs une série de succès du FN depuis qu’elle en a pris la tête en 2011. Interrogée lors du Grand Jury RTL - Le Figaro - LCI sur l’éventualité d’ »un Front national sans un ou une Le Pen à sa tête », l’ancienne candidate à la présidentielle, qui a été critiquée jusqu’en interne après sa défaite, a souligné qu’elle accueillait cette perspective « avec beaucoup de calme ». « Evidemment qu’on peut l’imaginer, il y a des élections, il y a une démocratie interne (..) et par conséquent il peut y avoir demain un candidat qui prenne ma place à la tête du Front national », a dit Marine Le Pen, seule candidate à sa propre succession au congrès du parti prévu en mars. »Il y aura un autre congrès avant les élections présidentielles » de 2022, lors duquel le parti sera appelé à élire son président et par conséquent son candidat à l’Elysée, a-t-elle précisé. Mais, a-t-elle souligné, « je ne peux pas forcer les candidats à se présenter s’ils n’ont pas le souhait de le faire, ou les secrétaires des départements à les parrainer s’ils n’ont pas non plus le souhait de le faire ». Eric Dillies, conseiller régional et patron du FN Lille, avait souhaité le mois dernier se présenter à la présidence du FN au prochain congrès, mais il n’a pas fait acte officiel de candidature dans les délais prévus et le bureau politique du FN a exclu de modifier les règles en vigueur.

Sondage: la France en déclin pour 9 Français sur 10

Sondage: la France en déclin pour 9 Français sur 10

Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié mercredi près de neuf Français sur dix (86%, +7 par rapport à avril 2015), la France « est en déclin », mais 62% (+9) d’entre eux considèrent que « ce n’est pas irréversible », selon ce sondage sur « les fractures françaises » pour Le MondeSciencesPo et la Fondation Jean-Jaurès. Besoin d’autorité : ils sont 88% (+3) à souhaiter « un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » et 87% (-1) considèrent que « l’autorité est une valeur trop souvent critiquée ». Le souhait de voir rétablie la peine de mort s’atténue en revanche (48%, -4) après une poussée en 2015. Les PME restent au top des structures et institutions auxquelles les Français font confiance (82%, -2), devant l’armée (81%, +1), la police (79%, +2) et l’école (75%, +1). Mais la confiance dans la justice (49%, -1), les banques (36%, -5), les médias (28%, +1), l’Union européenne (27%, -8), le Parlement (27%) ou les partis politiques (8%, -1) s’effrite. En trois ans, l’image du système et de la classe politique s’est fortement dégradée. Pour 72% (+6) des personnes interrogées, « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus » et pour 83% (+7) « le système démocratique fonctionne mal en France ». Le modèle démocratique est d’ailleurs de plus en plus critiqué : pour 70% (-4) il reste « irremplaçable », mais pour 30% (+4), d’autres systèmes peuvent être « aussi bons ». Pour sept Français sur dix (70%, +1), la société « évolue vers trop d’assistanat ». La défiance à l’égard du monde extérieur reste forte: pour 58% (+2) des personnes interrogées, la mondialisation est « une menace pour la France » et, pour 74% (+2), « il faut renforcer les pouvoirs de notre pays, même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe« . Toujours attachés à la monnaie unique, les Français souhaitent à 73% (-2) que la France « reste dans la zone euro ». Pour 65% (-2) d’entre eux, « il y a trop d’étrangers en France » et pour 58% (+2) « les immigrés ne font pas d’efforts pour s’intégrer ». Conséquence des attentats de 2015, l’intégrisme religieux est pour 83% (+2 en un an et +14 depuis 2014) des Français un problème « de plus en plus préoccupant dont il faut s’occuper sérieusement ». La colère (79%) et l’inquiétude (74%) perdurent dans l’opinion quand ont évoque les attaques terroristes de Paris et Bruxelles, loin devant la peur (47%) et la haine (43%). Le sentiment d’ »être en guerre » recule par ailleurs (62%, -13) par rapport au lendemain des attentats de novembre 2015.

 

 » Le livre numérique en déclin » (Hachette)

 » Le livre numérique en déclin » (Hachette)

 

 Sur France info  Arnaud Nourry, PDG de Hachette a constaté le déclin du livre numérique « . Ce phénomène s’est arrêté depuis deux ans environ, aux Etats-Unis, et on observe désormais un déclin. Au fond, je me demande si les lecteurs numérique ne se demandent pas à quoi ça sert« . Selon Arnaud Nourry, aux Etats-Unis les ventes se répartissent « à 25% pour le numérique, 75% pour le papier ». Le PDG de Hachette estime que l’écart de prix entre les deux supports, qu’il situe à environ 30%, ne suffit plus à attirer les lecteurs vers les liseuses électroniques et autres tablettes. Le numérique représente aujourd’hui 2-3% des ventes de Hachette en France, 10% de ses ventes au niveau mondial.

Canal+ : de déclin en déclin

Canal+ : de déclin en déclin

 

On peut se demander jusqu’où ira le déclin de Canal plus depuis la mainmise de Bolloré sur la chaîne ;  la plus grande interrogation concerne l’avenir du sport et surtout du football. BeIN a  réussi à arracher à Canal+ le foot anglais. . Or on sait que qu’un abonné sur deux de canal est essentiellement motivé par le football et surtout par les matchs de foot anglais.  Second élément qui fragilise  la chaîne:  la baisse régulière d’audience de son émission culte : le Grand journal, une baisse d’audience qui a démarré te entamée en 2012. Présenté depuis septembre par Maïtena Biraben, il oscille désormais entre 2,7 et 3,5% de part d’audience, et semble en forme lorsqu’il attire plus de 600.000 personnes devant leur petit écran. Battu chaque soir – et largement – par ses concurrents directs, C à Vous sur France 5 et Touche pas à mon poste ! Sur D8, il est relégué au niveau des émissions de télé-réalité de W9 et NT1. Une humiliation pour Le Grand Journal, qui se veut depuis sa création en 2004 un rendez-vous incontournable de l’actualité politique et culturelle. Une émission donc en perte de vitesse surtout après la suppression des guignols et leur remplacement par un ersatz. Et pour couronner le tout pendant la trêve de Noël le Grand journal a été par une émission insipide : ce soir c’est show, sorte de talk-show au rabais dépourvu de toute originalité voire d’intérêt.

Sondage attractivité: le déclin depuis l’arrivée de Hollande pour 70% des Français

Sondage attractivité: le déclin depuis l’arrivée de Hollande pour 70% des Français

 

A droite mais aussi à gauche Hollande est considéré comme le responsable de la perte d’attractivité du pays, donc de la croissance et du chômage. La conséquence sans doute du matraquage fiscal mais aussi du déferlement de normes bureaucratiques dans tous les domaines. Surtout peut-être du manque total de vison et d’orientation claire. Hollande c’est bien connu  navigue à vue. Comme Mitterrand il  a commencé par des mesures de gauche avant le tournant libéral incarné par Macron puis maintenant l’inflexion à gauche depuis la motion du congrès PS de fin d’année. En gros on ne sait pas où on va. Dernier exemple en date la question de la réforme de la fiscalité ( à la source ? mensuel ou annuel ? avec ou sans fusion de la CSG, etc.). Les Français jugent donc  très sévèrement, en matière d’attractivité économique du site France, l’action de François Hollande depuis son élection à la présidence de la République il y a trois ans. Selon les résultats de la vague 7 de l’EcoScope, le baromètre mensuel réalisé par OpinionWay pour Axys Consultants, Le Figaro et BFM Business, plus de 7 sur 10 (72% précisément) considèrent en effet que l’attractivité économique de la France s’est détériorée ces dernières années. Seuls 8% d’entre eux jugent au contraire qu’elle s’est améliorée et 19% qu’elle n’a pas changé. Dans le détail, ce sont les femmes (77%), les jeunes (79%), les plus de 65 ans (73%) et les CSP- (75%) qui sont les plus sévères. Question statut, ce sont les personnes à leur compte (76%) et les agents publics (73%) qui ont le jugement le plus noir sur le déclin français. Quant à l’échiquier politique, les sympathisants UMP et FN sont sans surprise les plus négatifs, avec des taux respectivement de 85% et 87% de détérioration de l’attractivité de la France. Les militants PS sont en revanche les plus magnanimes même s’ils considèrent majoritairement (48%) eux aussi que l’attractivité de la France a régressé ces dernières années. Autre question posée par OpinionWay: les mesures à mettre en œuvre pour redresser l’attractivité de la France. Trois d’entre elles ont très majoritairement les faveurs des Français: proposer une stratégie industrielle forte (80%), réduire la fiscalité sur les entreprises (74%) et développer les infrastructures de transport et de logistique (64%). Là encore, les avis de la droite et de la gauche sont partagés. Alors que les sympathisants UMP mettent très haut dans le tableau des priorités la réduction de la fiscalité des entreprises (91%), la mise à mort des 35 heures (85%) ou l’abaissement du coût du travail (81%), les militants socialistes sont plus proches de l’avis des Français et plaident aussi pour inciter plus les entreprises à se regrouper pour être plus solides (70%).

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