Archive pour le Tag 'd’éclatement'

Immobilier : risque d’éclatement de la bulle ?

Immobilier : risque d’éclatement de la bulle ?

 

 

 

 

Du fait de la remontée en cours des taux d’intérêt, la bulle immobilière pourrait bien éclater. Le marché du crédit immobilier chute fortement avec une baisse de la production qui s’accélère au second trimestre et pourrait atteindre 15% en 2022, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Le taux moyen d’emprunt est encore faible (hors assurance), il  s’est établi à 1,4% au second trimestre, contre 1,12% au trimestre précédent. La baisse des demandes de permis atteint déjà 10 % environ. En juin, ce taux moyen d’intérêt atteint 1,52%, ce qui confirme une accélération en cours depuis mars dernier. Ce taux moyen pourrait atteindre 1,9% en fin d’année, voire 2,25% sur un scénario de rentrée plus dur en termes d’inflation.

La baisse de la production trouve une autre explication , à savoir la baisse des revenus du fait de l’inflation,  « La production recule car des ménages ne peuvent plus entrer dans le marché »,  « Les clientèles qui se présentent aujourd’hui sur le marché ont des revenus supérieurs », note l’observatoire.

Selon l’Observatoire, le revenu moyen a progressé de 4,7% entre 2021 et 2022, ce qui est une augmentation bien plus forte que celle du pouvoir d’achat. Dans le même temps, les emprunteurs réalisent des opérations immobilières plus importantes, ce qui explique la progression de près de 10% du montant moyen d’un crédit. « Nous avons rarement vu une telle évolution », souligne Michel Mouillart.

Avec des prix de l’immobilier qui ne faiblissent pas (encore), des surfaces achetées qui augmentent, et surun apport personnel qui progresse « comme jamais » – près de 17% d’une année sur l’autre », c’est bien un bouleversement du marché du crédit immobilier qui s’opère actuellement en faveur des clientèles les plus favorisées.

« La production recule parce que, peut-être, les banques respectent aujourd’hui ces recommandations, qui réduisent les possibilités d’une partie de la clientèle d’entrer sur le marché, notamment celle qui est la moins dotée en apport personnel », suggère ainsi Michel Mouillart de l’Observatoire . Avec la conjugaison de tous ces facteurs (taux, HCSF, taux d’usure, prix de l’immobilier élevé…), la clientèle modeste n’a tout simplement plus sa place sur le marché du crédit immobilier.

Il faut surtout prendre en compte la baisse des revenus faces à l’inflation qui rend les ménages insolvables et dont certains se sont engagés de façon imprudente dans des opérations immobilières

Taux d’intérêt : Le risque d’éclatement au sein de la zone euro

Taux d’intérêt : Le risque d’éclatement au sein de la zone euro

Le resserrement de la politique monétaire de la BCE accroît les déséquilibres économiques entre les pays de l’Union européenne, faisant resurgir le spectre de la crise des dettes souveraines de 2011. Par Valérie Mignon, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières 

 

Dans le sillage de la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) a pris la décision de relever ses taux directeurs de 25 points de base à compter du mois de juillet 2022, une première depuis la crise des dettes souveraines de la zone euro il y a onze ans. Conséquence, les taux d’intérêt des obligations d’État s’envolent et les écarts de taux entre les pays membres de la zone euro se creusent, ravivant les inquiétudes quant à une nouvelle crise de la dette et une entrée en récession.

La reprise forte et rapide de l’activité qui a suivi la mise à l’arrêt de l’économie mondiale lors des périodes de confinement durant la pandémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une très vive hausse de la demande, nettement supérieure à l’offre dans plusieurs secteurs, entraînant d’importantes pénuries. Ce rebond économique s’est traduit, logiquement, par une forte augmentation des prix. Si un tel schéma inflationniste n’est pas surprenant dans un contexte de reprise de la consommation et a tendance à s’estomper rapidement, la situation est tout autre aujourd’hui.

À ce regain de l’activité économique s’ajoute en effet un choc d’ampleur majeure sur les prix des matières premières lié à la guerre en Ukraine. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs et exportateurs de matières premières, les prix de nombreux produits s’envolent, qu’il s’agisse des denrées alimentaires (blé, maïs, orge…), des métaux (nickel, palladium, aluminium, cuivre) ou encore de l’énergie (pétrole, gaz). La forte inflation que subit actuellement la zone euro s’inscrit ainsi dans la durée – du fait du conflit russo-ukrainien – et provient de deux sources : la reprise économique plus forte que prévue, d’une part, et le choc sur les prix des matières premières, d’autre part.

Face à cette situation, les banques centrales ont décidé de relever leurs taux afin d’enrayer l’inflation galopante, pour laquelle les projections de la BCE pour l’année 2022 s’échelonnent entre 5,1 % et 7,1 % selon les scénarios, bien au-delà de la cible des 2 %. La hausse des taux d’intérêt vise à mettre un terme à cette spirale inflationniste en ralentissant la demande et la consommation. En effet, plus les taux accordés aux banques commerciales par la BCE sont élevés, plus ceux octroyés par les banques commerciales aux ménages et aux entreprises le sont aussi. L’accès au crédit devient ainsi plus onéreux pour les ménages, freinant en conséquence leur consommation, mais aussi pour les entreprises et les États pour qui il devient plus coûteux de s’endetter. Le ralentissement désiré de la demande conduit dès lors à la baisse des prix recherchée.

Outre le relèvement des taux, dans sa volonté de lutter contre l’inflation, la BCE a annoncé mettre prochainement fin à son programme d’achats d’actifs classiques (APP, Asset Purchase Programme) destiné à stimuler l’économie. Rappelons que ce programme de politique monétaire non conventionnelle lancé en 2014, dont l’objectif initial était de stimuler l’inflation pour qu’elle atteigne la cible de 2 %, consiste en l’achat d’obligations d’État, c’est-à-dire de titres de dette publique, mais aussi d’obligations issues du secteur privé. Un tel programme ayant pour effet d’accroître l’inflation et de réduire les taux d’intérêt, son arrêt est ainsi programmé pour juillet 2022.

Les effets de ce resserrement de la politique monétaire – hausse des taux et fin du programme APP – ne sont pas homogènes pour tous les pays de la zone euro. Si les taux à 10 ans allemand et français ont respectivement augmenté de 2,3 et 2,7 points entre le 1er janvier 2021 et le 14 juin 2022, les taux italien et grec ont quant à eux crû de 3,7 et 4 points sur la même période, culminant à 4,22 % et 4,66 % le 14 juin 2022 (Graphique 1).

Les écarts de taux (spreads) des pays par rapport à l’Allemagne s’accentuent – 66 points de base pour la France, 248 pour l’Italie et 292 pour la Grèce en date du 14 juin 2022 -, suscitant de vives inquiétudes quant à une fragmentation potentielle de la zone euro (Graphique 2).

Expliquons le mécanisme. Pour le calcul des spreads, le taux d’intérêt à 10 ans allemand est pris comme référence dans la mesure où l’Allemagne – dont le risque de défaut est jugé le plus faible du fait de sa rigueur budgétaire – est le pays qui emprunte au taux le plus bas au sein de la zone euro. Dans un contexte économique fragile comme celui que nous connaissons aujourd’hui, les marchés s’inquiètent de la « santé financière » de certains États fortement endettés et leur imposent des hausses de taux supérieures à celles d’autres pays : les investisseurs qui achètent des obligations souveraines de pays très endettés – donc risqués – réclament une prime de risque très élevée, ce qui accroît les taux desdits pays.

En conséquence, les spreads se creusent, signe d’un accroissement des déséquilibres économiques entre les pays de l’Union faisant resurgir le spectre de la crise des dettes souveraines de 2011. En effet, les coûts d’emprunt des pays du Sud, déjà très fortement endettés, étant plus élevés que ceux du Nord de la zone, la soutenabilité budgétaire des premiers est mise en question : le relèvement des taux alourdit la dette publique et le risque de défaut souverain émerge.

Il convient toutefois de souligner que l’Italie, qui est un des principaux émetteurs de dette en zone euro, a déjà engagé une grande partie de sa dette avec des taux d’intérêt bas. La hausse des taux se répercutera à plus long terme, puisque l’Italie devra emprunter à des taux élevés, accroissant ainsi le coût de sa dette et renforçant son risque de défaut souverain.

Afin d’éviter la fragmentation de la zone euro et voir resurgir les craintes de la crise des dettes souveraines de 2011, la BCE a annoncé qu’elle fera preuve de souplesse dans le réinvestissement des remboursements des titres arrivant à échéance du programme PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) lancé en mars 2020 pour lutter contre la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Elle orientera ainsi les réinvestissements vers les pays les plus endettés, comme l’Italie et la Grèce, afin d’atténuer les effets de la hausse des taux sur ceux-ci en limitant leurs taux d’emprunt et « préserver le fonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire ».

La BCE a également indiqué réfléchir à la mise en place d’un nouvel instrument « anti-fragmentation » afin de lutter contre un creusement structurel des spreads, sans toutefois fournir plus d’informations à ce stade.

Si un resserrement de la politique monétaire est certes à même de limiter la spirale inflationniste via un ralentissement de la consommation, il n’a aucune prise sur l’inflation provenant de la flambée des cours des matières premières ; les prix de l’énergie et des denrées alimentaires étant fortement dépendants de facteurs mondiaux et, désormais, du conflit russo-ukrainien.

Par conséquent, si la hausse des taux ne permet pas de juguler suffisamment et rapidement l’inflation, mais qu’elle réduit significativement la consommation, l’investissement des entreprises et, par ricochet, accroît le chômage, le risque est grand pour les économies européennes d’entrer, à nouveau, en récession. Tout dépendra, outre la durée de la guerre en Ukraine, du niveau et de la pérennité d’une inflation au-delà du seuil de 2 %.

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Par Valérie Mignon, Professeure en économie, Chercheure à EconomiX-CNRS, Conseiller scientifique au CEPII, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

BCE : un risque d’éclatement?

BCE : un risque d’éclatement?

 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran souligne, dans sa chronique au Monde , les  risques pour la BCE :  lutter à la fois contre l’inflation et les écarts de taux entre pays membres.

Les achats de titres de la Banque centrale européenne (BCE) ont surtout servi à maintenir bas et à resserrer les écarts de taux (spreads) auxquels les Etats de la zone euro empruntent sur les marchés financiers. La fin des programmes d’achats, annoncée le 9 juin, signifie que la BCE ne pourra plus contrôler aussi directement les taux souverains. Certes, elle s’est engagée à « contrer la résurgence de risques de fragmentation » à l’issue d’une réunion exceptionnelle, le 15 juin. Il lui sera néanmoins difficile de lever son bouclier contre l’inflation sans abaisser celui avec lequel elle repoussait, jusqu’ici, le risque de crise des dettes souveraines.

Jusqu’au resserrement annoncé de sa politique monétaire, la BCE pouvait discrètement pallier l’une des failles de la zone euro : celle d’être une zone monétaire sans union budgétaire. Les dix-neuf Etats membres ont tous la même monnaie, mais empruntent chacun individuellement.

Même si les marchés sont friands de dette souveraine, perçue comme un actif plus sûr, les conditions de taux sont, en l’absence de dette mutuelle, inégales d’un pays à l’autre : des taux bas pour ceux jugés les plus sûrs, plus hauts pour les autres. Les écarts peuvent devenir explosifs, jusqu’à dégénérer en crise des dettes souveraines. Celle qui avait éclaté en 2010 dans la zone euro menaçait d’être fatale jusqu’à ce que Mario Draghi trouve les mots, le 26 juillet 2012, promettant aux détenteurs de titres souverains que la BCE serait là pour leur racheter leurs titres en tant que de besoin.

Sa promesse avait suffi à resserrer les spreads. Sans regagner le mouchoir de poche dans lequel ils tenaient avant la crise financière, ils ont ensuite continué d’être contenus par les achats de titres que la BCE a commencé à pratiquer de manière effective à partir de 2015. L’écart entre le taux des emprunts souverains de l’Italie et celui de l’Allemagne, par exemple, même pendant la tourmente politique de 2018-2019, n’a guère dépassé les 300 points de base, assez loin du pic des 550 points de base de 2012.

Avec le resserrement de sa politique monétaire, la BCE ne va plus pouvoir faire comme si l’absence d’union budgétaire n’était pas un problème. Le 9 juin, à l’instant même où elle annonçait qu’elle mettrait un terme à ses achats de titres à compter du 1er juillet, le spread italien est passé de 197 à 215 points de base, et augmente depuis (le taux à dix ans des obligations italiennes a franchi les 4 % le 13 juin, pour la première fois depuis 2014). Encore assez loin du pic de 2012 mais assez pour provoquer des dévalorisations substantielles d’actifs : mécaniquement, lorsque les taux des emprunts obligataires montent, la valeur actualisée de ce qu’ils rapporteront dans le futur baisse.

Les bourses au plus haut avec des risques d’éclatement de la bulle

 Les bourses au plus haut avec des risques d’éclatement de la bulle

 

Les marchés boursiers retrouvent des niveaux historiques en France comme aux États-Unis par exemple. Ce qui traduit un décalage de plus en plus vertigineux entre la valorisation des actions et la réalité économique.

 

En cause évidemment des masses de liquidités déversées par les banques centrales dont une grande partie se retrouve à la bourse pour artificiellement gonfler les cours. Tout cela avec des rendements complètement anachroniques de 10,20 30 % parfois davantage en quelques mois alors que la richesse nationale progresse très lentement. Plus 1 % seulement de croissance pour la France au premier trimestre avec une perspective de 4 % en 2021.

Aux États-Unis il a suffi d’un tweet du patron de AstraZeneca pour faire gagner d’un coup 25 milliards. Tesla valorisée 10 à 20 fois plus que les autres constructeurs alors  que la société ne produit qu’environ 200 000 véhicules électriques pour par exemple plus de 10 millions de véhicules pour Toyota. On pourrait multiplier les exemples de valeurs complètement déconnectées de la rentabilité réelle des les entreprises. Comme on sait que les arbres ne montent jamais au ciel, il en est de même pour la cote. Du coup les conditions sont de plus en plus réunis pour qu’éclate un jour une énorme bulle financière qui pourrait alors contaminer l’ensemble du marché financier puis l’économie réelle.

Des risques d’éclatement de bulles financières de plus en plus nombreuses

Des risques d’éclatement de bulles financières de plus en plus nombreuses

Inondés par des masses de liquidités les marchés financiers constituent des champs de spéculation qui pourrait se transformer en catastrophe. David Bourghelle, maître de conférences à l’université de Lille, et Jacques Ninet, professeur associé à IAE de Poitiers, estiment dans le JDD qu’on peut redouter un plongeon généralisé de l’ensemble des places boursières américaines, européennes et asiatiques, consécutif à un scénario d’éclatement de bulles localisées.

 

Depuis leur chute impressionnante de février-mars 2020, provoquée par l’irruption de la pandémie, tous les marchés boursiers ont réagi de manière positive mais avec des dynamiques de rebond diverses. Si les places européennes ont tout juste regagné le terrain perdu, certaines bourses asiatiques (Japon, Taiwan, Inde) et les marchés américains sont entrés dans une phase que l’on peut qualifier d’euphorique ou exubérante, au point que la question de la formation de bulles peut légitimement se poser.

D’autant plus légitimement que le NYSE et le Nasdaq, qui viennent de terminer en fanfare leur douzième année de hausse depuis le trou consécutif à la crise des subprimes et qui ne semblent pas vouloir en rester là, demeurent les marchés directeurs de la planète. Bien qu’il n’existe aucune définition d’une bulle financière – et que la théorie financière moderne se refuse à en dresser le constat avant son éclatement – on peut se risquer à en dessiner quelques aspects caractéristiques.

Une bulle d’actif apparaît le plus souvent comme la phase terminale d’une longue séquence haussière, phase pendant laquelle les cours de bourse s’affranchissent nettement de leurs relations habituelles avec les données économiques (micro et macro), selon une métrique bien connue (ratios de capitalisation boursière sur profits, chiffre d’affaires ou actif net d’une part, et capitalisation boursière/PIB d’autre part).

C’est aussi une période pendant laquelle les rendements attendus des actifs sont de plus en plus déterminés par la plus-value escomptée à la revente et de moins en moins par les revenus courants (loyers, dividendes et coupons), dont le taux de rendement diminue à mesure que les prix s’élèvent. En conséquence, les multiples de capitalisation (PE ratio) se haussent très au-dessus de leurs moyennes historiques.

Il est généralement objecté à cette analyse que les conditions monétaires qui prévalent (taux zéro ; quantitative easing), rendent les comparaisons avec les moyennes/médianes historiques non significatives.

Et, surtout, que les montants gigantesques apportés par la puissance publique à l’ensemble des agents non financiers – à travers les plans de relance successifs – expliquent à la fois la résilience surprenante de l’économie américaine (par effet retour de la richesse créée par la hausse du prix des actifs) et l’engouement des (nouveaux) épargnants pour les placements à risque dans une optique de recovery (récupération) générale.

Face à ces arguments, avancés à chaque fois que l’on prétend que « this time is different », une brève revue des conditions de notre époque s’impose pour vérifier leur adéquation aux six caractéristiques communes à tous les cycles bulles/krachs de l’histoire, tels qu’identifiés par Minsky et décrits par Kindelberger (1978), tous deux économistes américains ayant étudiés les crises financières.

  • Le changement d’état : l’achèvement de la mondialisation et de la numérisation de l’économie, le monopole des GAFAM.
  • Le progrès technique à portée universelle : l’IA, les biotechnologies, la voiture propre.
  • La propagation de l’euphorie : les « licornes », les nouveaux « boursicoteurs », la bulle « internautes » ; comme le montre l’affaire GameStop, dont la valeur a subi une spéculation effrénée, facilitée par les plates-formes de trading sans frais et les chats boursiers du type WallStreetBets (fin 2020, aux États-Unis, les investisseurs particuliers représentaient 25% du volume traité sur les marchés, soit une croissance de 150% en un an).
  • Le crédit et l’expansion monétaire : les politiques monétaires non conventionnelles, le traitement des conséquences de la pandémie par l’hyperliquidité et les plans de relance.
  • La complaisance générale : elle aurait été plutôt remplacée par une dichotomie entre exubérance et scepticisme (le niveau de la volatilité implicite des options restant plus élevé que dans les phases de hausse habituelles).
  • Le prêteur en dernier ressort : l’omniprésence des banques centrales et leur soumission aux humeurs des marchés, à l’image de la volte-face de la Réserve fédérale américaine fin 2018 sur la baisse des taux.

Si un certain nombre de caractéristiques communes à toutes les bulles financières semblent bien présentes aujourd’hui, quel cadre théorique faut-il pour autant mobiliser si l’on veut tenter d’appréhender les dynamiques à venir? La théorie financière dominante pense l’évaluation des actifs dans un cadre conceptuel, où le futur est probabilisable (on parle alors d’un monde risqué). Dans ce cadre conceptuel, les bulles d’actifs (divergence entre prix et valeur intrinsèque) sont possibles mais irrationnelles, et leur éclatement, qui marque le retour aux fondamentaux, est imprévisible.

Il en va tout autrement en situation d’incertitude radicale sur l’avenir. Ici, en l’absence d’une connaissance objective du futur, les valeurs fondamentales des actifs sont indéterminées. Elles ne peuvent préexister à l’échange. Les dynamiques boursières sont alors régies par des croyances collectives, produits d’investissements affectifs collectifs. Dans ces conditions, une crise financière ne peut plus être analysée comme le retour des prix de marché à leur hypothétique « vraie » valeur, mais comme une bifurcation brutale du régime collectif des affects de la finance.

Considérant ce cadre théorique, il est possible, lors d’un épisode de bulle, d’identifier une succession de régimes d’affects collectifs. En effet, ceux-ci se traduisent par des séquences émotionnelles distinctes qui déterminent les comportements des investisseurs.

L’émergence d’une bulle et l’atteinte de son paroxysme, puis, son éclatement sont alors associés respectivement :

  • à la naissance et au développement d’une croyance partagée en l’existence d’une catégorie d’actifs (« phantastic object ») dont l’attractivité est telle qu’une proportion grandissante d’investisseurs veulent progressivement en faire l’acquisition (par exemple, les bulbes de tulipe, les valeurs Internet, les actifs titrisés, les biens immobiliers, les dérivés de crédits, les biotechs, les technos…) ;
  • au renversement soudain et inattendu de cette croyance collective, et ce, en l’absence même d’information nouvelle significative, susceptible d’affecter objectivement les valorisations de marché.

À la suite des travaux de Kindelberger, le chercheur canadien Rodrigue propose un scénario standard de cycle bull/krach, distinguant les trois phases ascendantes par leurs acteurs dominants et les thématiques fédératrices mobilisées pour justifier la croissance vigoureuse des cours (par exemple, le discours sur l’état de l’Union de Bill Clinton en janvier 2000 « nous avons créé une nouvelle économie »).

Il résulte de cette analyse que les bulles financières qui sont en train de gonfler depuis quelques mois, voire, quelques années, sont donc soit sur le point de crever (Tesla, bitcoin, Nasdaq, marchés boursiers indien ou taiwanais…), soit en phase de maturation avec pour conséquence inévitable – les mêmes causes provoquant les mêmes effets – leur explosion à venir.
Le scénario qui se dessine serait donc celui de l’éclatement probable, dans un premier temps, de bulles localisées et parvenues à maturité. Toutefois, en raison de la disparition de la croyance partagée en une croissance infinie des cours boursiers qui en résulterait et du processus de contagion mimétique qui s’ensuivrait, c’est probablement un plongeon généralisé de l’ensemble des places boursières américaines, européennes et asiatiques qu’il faudra redouter.

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

 

Aujourd’hui Tesla apparaît comme la vedette des valeurs boursières; le problème est que cette entreprise est particulièrement surcotée. Il n’y a en réalité aucune cohérence entre la valeur boursière de Tesla et la valeur de l’entreprise. De nombreux analystes financiers considèrent que la cotation de Tesla relève du casino.

 

Chris Harvey, responsable de la gestion actions du géant bancaire américain Wells Fargo, a souligné dans l’émission Fast Money de CNBC combien les circonstances de l’ascension d’AOL rappellent celle de Tesla. »AOL à la fin des années 1990, à l’image de Tesla aujourd’hui, avait la main sur une technologie qui changeait la donne, affichait une performance boursière formidable et entrait tardivement dans l’indice après une envolée extraordinaire » (traduit par nous), a indiqué le stratégiste.

 

Globalement, le spécialiste s’attend à ce que les gagnants de 2021 en Bourse soient très différents de ceux de 2020. Selon lui, les investisseurs commencent à perdre l’appétit pour les valeurs de croissance (privilégiées cette année comme elles l’avaient été lors des récessions de 2003 et 2009), tandis que les titres cycliques -c’est-à-dire les sociétés dont la santé est fortement liée à la conjoncture générale- commencent à profit d’un regain attendu de croissance économique.

Le projet d’éclatement d’EDF : une utopie

Le projet d’éclatement d’EDF : une utopie

 

 

La ministre de l’écologie et le Premier ministre dans une lettre au patron d’EDF –en même temps que l’annonce d’un projet de 6 EPR nouveaux- ont évoqué à nouveau l’hypothèse de l’éclatement d’EDF.

 

Un  projet d’éclatement d’EDF qui devait être présenté à la fin d’année est reporté à 2020 peut-être même après les élections municipales. En effet,  le projet du gouvernement est fortement contesté d’autant que les questions de régulation de l’électricité ne sont pas réglées. À cela s’ajoute la demande du ministère de l’économie de réévaluer les dérives du financement et le coût du nucléaire.

Plusieurs experts ont critiqué le projet d’éclatement d’EDF. En effet, ce projet voulu par l’Élysée vise à séparer les activités de production et de transport des activités de distribution. EDF et ses satellites conserveraient la production tandis que  la distribution serait ouverte à la concurrence. Or les experts considèrent que la distribution n’a nullement besoin du soutien de la concurrence et de capitaux nouveaux car c’est surtout la production qui est en difficulté financière avec notamment une dette de 40 milliards et surtout des besoins de financement qui à terme devrait frôler les 200 milliards. Le ministre de l’économie semble faire un pas en arrière. Le ministre de Bruno Le Maire, a en effet promis mardi de garantir l’intégrité d’EDF, visé par un projet de restructuration.

“Aucune décision n’a été prise sur EDF. (…) Nous voulons permettre à EDF de réussir” la transition énergétique, a-t-il déclaré à l’Assemblée, lors de la séance des questions au gouvernement. “Il faut donner à EDF les capacités financières de se développer. (…) Nous garantirons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est”, a-t-il ajouté.

Le “projet Hercule”, à l’initiative de l’Elysée, vise à partager EDF en une partie “bleue” renationalisée intégrant le nucléaire, les actifs hydrauliques, et le transport d’électricité (RTE). La seconde partie “verte”, ouverte à des capitaux extérieurs. Bref une manière d’internaliser les pertes et les profits.

On comprend donc les réactions du PDG d’EDF : “Le nouveau calendrier des propositions sur l’organisation dépendra donc bien sûr du calendrier de la réforme de la régulation”, précise Jean-Bernard Levy. “Cette clarification est absolument indispensable, y compris parce que les éléments juridiques et financiers de la nouvelle régulation conditionneront en grande partie mes propositions sur l’organisation”, ajoute-t-il.

EDF souhaite la suppression ou, à défaut, une révision du mécanisme de régulation actuel qui permet à ses rivaux de lui acheter de l’électricité à un prix fixe de 42 euros par mégawatt-heure (MWh) au lieu de s’approvisionner à des prix plus élevés sur le marché de gros.

L’électricien juge que ce système est une forme de subvention pour ses concurrents et ne permet pas de financer les investissements nécessaires pour son parc nucléaire.

 

 

La ministre de l’écologie et le Premier ministre dans une lettre au patron d’EDF –en même temps que l’annonce d’un projet de 6 EPR nouveaux- ont évoqué à nouveau l’hypothèse de l’éclatement d’EDF.

 

Un  projet d’éclatement d’EDF qui devait être présenté à la fin d’année est reporté à 2020 peut-être même après les élections municipales. En effet,  le projet du gouvernement est fortement contesté d’autant que les questions de régulation de l’électricité ne sont pas réglées. À cela s’ajoute la demande du ministère de l’économie de réévaluer les dérives du financement et le coût du nucléaire.

Plusieurs experts ont critiqué le projet d’éclatement d’EDF. En effet, ce projet voulu par l’Élysée vise à séparer les activités de production et de transport des activités de distribution. EDF et ses satellites conserveraient la production tandis que  la distribution serait ouverte à la concurrence. Or les experts considèrent que la distribution n’a nullement besoin du soutien de la concurrence et de capitaux nouveaux car c’est surtout la production qui est en difficulté financière avec notamment une dette de 40 milliards et surtout des besoins de financement qui à terme devrait frôler les 200 milliards. Le ministre de l’économie semble faire un pas en arrière. Le ministre de Bruno Le Maire, a en effet promis mardi de garantir l’intégrité d’EDF, visé par un projet de restructuration.

“Aucune décision n’a été prise sur EDF. (…) Nous voulons permettre à EDF de réussir” la transition énergétique, a-t-il déclaré à l’Assemblée, lors de la séance des questions au gouvernement. “Il faut donner à EDF les capacités financières de se développer. (…) Nous garantirons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est”, a-t-il ajouté.

Le “projet Hercule”, à l’initiative de l’Elysée, vise à partager EDF en une partie “bleue” renationalisée intégrant le nucléaire, les actifs hydrauliques, et le transport d’électricité (RTE). La seconde partie “verte”, ouverte à des capitaux extérieurs. Bref une manière d’internaliser les pertes et les profits.

On comprend donc les réactions du PDG d’EDF : “Le nouveau calendrier des propositions sur l’organisation dépendra donc bien sûr du calendrier de la réforme de la régulation”, précise Jean-Bernard Levy. “Cette clarification est absolument indispensable, y compris parce que les éléments juridiques et financiers de la nouvelle régulation conditionneront en grande partie mes propositions sur l’organisation”, ajoute-t-il.

EDF souhaite la suppression ou, à défaut, une révision du mécanisme de régulation actuel qui permet à ses rivaux de lui acheter de l’électricité à un prix fixe de 42 euros par mégawatt-heure (MWh) au lieu de s’approvisionner à des prix plus élevés sur le marché de gros.

L’électricien juge que ce système est une forme de subvention pour ses concurrents et ne permet pas de financer les investissements nécessaires pour son parc nucléaire.

Le projet d’éclatement d’EDF reporté à plus tard !

Le projet d’éclatement d’EDF reporté à plus tard !

Le projet d’éclatement d’EDF qui devait être présenté à la fin d’année est reporté à 2020 peut-être même après les élections municipales. En effet,  le projet du gouvernement est fortement contesté d’autant que les questions de régulation de l’électricité ne sont pas réglées. À cela s’ajoute la demande du ministère de l’économie de réévaluer les dérives du financement et le coût du nucléaire.

Plusieurs experts ont critiqué le projet d’éclatement d’EDF. En effet, ce projet voulu par l’Élysée vise à séparer les activités de production et de transport des activités de distribution. EDF et ses satellites conserveraient la production tandis que  la distribution serait ouverte à la concurrence. Or les experts considèrent que la distribution n’a nullement besoin du soutien de la concurrence et de capitaux nouveaux car c’est surtout la production qui est en difficulté financière avec notamment une dette de 40 milliards et surtout des besoins de financement qui à terme devrait frôler les 200 milliards. Le ministre de l’économie semble faire un pas en arrière. Le ministre de Bruno Le Maire, a en effet promis mardi de garantir l’intégrité d’EDF, visé par un projet de restructuration.

“Aucune décision n’a été prise sur EDF. (…) Nous voulons permettre à EDF de réussir” la transition énergétique, a-t-il déclaré à l’Assemblée, lors de la séance des questions au gouvernement. “Il faut donner à EDF les capacités financières de se développer. (…) Nous garantirons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est”, a-t-il ajouté.

Le “projet Hercule”, à l’initiative de l’Elysée, vise à partager EDF en une partie “bleue” renationalisée intégrant le nucléaire, les actifs hydrauliques, et le transport d’électricité (RTE). La seconde partie “verte”, ouverte à des capitaux extérieurs. Bref une manière d’internaliser les pertes et les profits.

On comprend donc les réactions du PDG d’EDF : “Le nouveau calendrier des propositions sur l’organisation dépendra donc bien sûr du calendrier de la réforme de la régulation”, précise Jean-Bernard Levy. “Cette clarification est absolument indispensable, y compris parce que les éléments juridiques et financiers de la nouvelle régulation conditionneront en grande partie mes propositions sur l’organisation”, ajoute-t-il.

EDF souhaite la suppression ou, à défaut, une révision du mécanisme de régulation actuel qui permet à ses rivaux de lui acheter de l’électricité à un prix fixe de 42 euros par mégawatt-heure (MWh) au lieu de s’approvisionner à des prix plus élevés sur le marché de gros.

L’électricien juge que ce système est une forme de subvention pour ses concurrents et ne permet pas de financer les investissements nécessaires pour son parc nucléaire.

Remise en cause du projet d’éclatement d’EDF ?

Remise en cause du projet d’éclatement d’EDF ?

 

Plusieurs experts ont critiqué le projet d’éclatement d’EDF. En effet, ce projet voulu par l’Élysée vise à séparer les activités de production et de transport des activités de distribution. EDF et ses satellites conserveraient la production tandis que  la distribution serait ouverte à la concurrence. Or les experts considèrent que la distribution n’a nullement besoin du soutien de la concurrence et de capitaux nouveaux car c’est surtout la production qui est en difficulté financière avec notamment une dette de 40 milliards et surtout des besoins de financement qui à terme devrait frôler les 200 milliards. Le ministre de l’économie semble faire un pas en arrière. Le ministre de Bruno Le Maire, a en effet promis mardi de garantir l’intégrité d’EDF, visé par un projet de restructuration.

“Aucune décision n’a été prise sur EDF. (…) Nous voulons permettre à EDF de réussir” la transition énergétique, a-t-il déclaré à l’Assemblée, lors de la séance des questions au gouvernement. “Il faut donner à EDF les capacités financières de se développer. (…) Nous garantirons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est”, a-t-il ajouté.

Le “projet Hercule”, à l’initiative de l’Elysée, vise à partager EDF en une partie “bleue” renationalisée intégrant le nucléaire, les actifs hydrauliques, et le transport d’électricité (RTE). La seconde partie “verte”, ouverte à des capitaux extérieurs. Bref une manière d’internalisé les pertes et les profits.




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