Archive pour le Tag 'décarbonée'

L’hydrogène naturel, énergie renouvelable décarbonée

L’hydrogène naturel,  énergie renouvelable décarbonée

Un article très intéressant de la journaliste Anaïs Maréchal dans l’opinion à propos de l’hydrogène naturel

Pas moins de 96 % de l’hydrogène est produit à partir de matières fossiles. Alors qu’il représente l’opportunité d’une transition vers le zéro carbone, la filière vise un objectif : fabriquer de l’hydrogène décarboné, dit vert, par électrolyse de l’eau, grâce à de l’électricité d’origine renouvelable. Deux milliards d’euros du plan de relance français y sont consacrés. Une alternative existe : l’hydrogène naturel, présent en grande quantité dans le sous-sol.

Au Mali depuis 2012, le village de Bourakébougou est en partie alimenté en électricité produite à partir d’hydrogène naturel. Hydroma, qui exploite les réservoirs souterrains, ambitionne désormais d’introduire l’hydrogène dans le mix énergétique du pays. Si d’autres se sont lancés, comme 45-8 Energy en France, les industriels sont peu nombreux. « Le Mali est le pays le plus avancé sur l’exploitation industrielle de l’hydrogène », appuie Alain Prinzhofer, professeur associé à l’Université de Paris et directeur scientifique de Geo4u.

L’hydrogène naturel est apparu récemment dans la littérature scientifique. « Depuis les années 1990, l’hydrogène s’échappant de fluides sous-marins est bien documenté, raconte Eric Deville, professeur en géologie à l’IFPen. Les scientifiques se sont intéressés par la suite aux sources continentales. » Des rejets ont été détectés dans de nombreux environnements terrestres. Les géologues expliquent sa présence par des réactions entre l’eau et certains minéraux présents dans des massifs montagneux. Certains avancent aussi l’hypothèse d’une remontée d’hydrogène depuis le noyau terrestre. « Nous discutons depuis peu d’une nouvelle source : les systèmes hydrothermaux, ces eaux chaudes circulant dans le sous-sol », complète Alain Prinzhofer.

 La promesse est grande : l’hydrogène naturel est potentiellement produit en continu, faisant de lui une source d’énergie renouvelable. Il n’existe pas d’estimation précise du flux, mais une récente synthèse l’évalue à 23 millions de tonnes par an. « Il est extrêmement commun, mais on ne peut pas l’exploiter partout car c’est un gaz léger qui s’échappe vers l’atmosphère », relève Alain Prinzhofer. Lors de sa migration souterraine, il peut, dans certains contextes, s’accumuler temporairement. « Cela semble compliqué en Europe, mais les vieux continents géologiques – Russie, Afrique ou Amériques – sont prometteurs », détaille Eric Deville. Comme le pétrole, des forages pourraient permettre d’exploiter des réservoirs… se remplissant en continu.

Mais le manque de connaissances, et notamment d’un recensement mondial de sources rentables, freine les industriels, confie l’association française pour l’hydrogène : « Il est à un stade encore exploratoire, mais des acteurs français comme Engie sont positionnés. » L’hydrogène naturel devra aussi se frayer un chemin face aux fabricants d’hydrogène vert. « Nous estimons qu’un kilo d’hydrogène naturel revient à moins d’un dollar, contre cinq à dix pour l’hydrogène vert, détaille Alain Prinzhofer. Il n’y a pas de verrou technologique ; ce sont les mêmes techniques que l’exploitation pétrolière, à adapter. »

Aujourd’hui, l’hydrogène naturel est absent des stratégies française et européenne. L’horizon semble un peu s’éclaircir : « Industriels et chercheurs sont, depuis deux ans, plus attentifs à ce sujet », poursuit Alain Prinzhofer. Un argument pourrait faire pencher la balance : l’hydrogène naturel est fréquemment mélangé à l’hélium – un marché très tendu – qui pourrait être ainsi coproduit.

Une politique énergétique décarbonée comme au Royaume-Uni

Une politique énergétique décarbonée comme au Royaume-Uni 

Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po, membre du Conseil scientifique de la Fondapol estime dans une tribune que la France pourrait s’inspirer du modèle énergétique britannique pour préserver le climat

 

« La Convention citoyenne sur le climat vient de rendre son rapport au président de la République qui a décidé d’en reprendre presque toutes les propositions, parmi lesquelles certaines visent à décarboner le mix énergétique français. Dans ce cadre, la France pourrait s’inspirer du modèle britannique, exemplaire en matière de politique énergétique favorable au climat.

Dans les années 1970, le charbon représentait 90 % de la production d’électricité du Royaume-Uni. Jusqu’en 2008, environ 80 % de l’électricité britannique provenait du charbon et du pétrole de la mer du Nord. A cette date, le Royaume-Uni s’est doté de la plus importante réglementation énergétique et bas carbone d’Europe et a lancé son plan d’investissement dans l’énergie nucléaire. Un Committee on Climate Change (CCC) a été mis en place, chargé de conseiller le gouvernement sur le changement climatique, notamment sur le prix du carbone et les objectifs de réduction d’émissions. Un nouveau pas a été franchi, en 2013, avec l’imposition d’une taxe carbone aux entreprises qui généraient des énergies fossiles.

Lors de la crise sanitaire de 2020, pendant deux mois, le Royaume-Uni n’a pas eu recours à ses centrales à charbon pour produire son électricité

Jamais remises en cause par les gouvernements successifs, ces mesures ont permis au Royaume-Uni d’assainir son mix électrique plus rapidement que toute autre grande économie mondiale. Dès 2016, le charbon a quasiment disparu de la production d’électricité. Plus de la moitié de l’électricité est désormais produite à partir des énergies solaire, éolienne et nucléaire. Pour remédier à l’intermittence de ces énergies, Londres a misé sur le nucléaire et engagé la construction de la centrale de Hinkley Point. Lors de la crise sanitaire de 2020, pendant deux mois, le Royaume-Uni n’a pas eu recours à ses centrales à charbon pour produire son électricité. 2020 devrait même marquer la première année où les énergies renouvelables, avec l’hydraulique, l’éolien et le solaire, produisent plus d’électricité que les énergies fossiles, gaz et charbon en tête.

Contre-exemple. Inversement, l’Allemagne, qui est sortie avec fracas et sans concertation avec ses partenaires européens, de l’énergie nucléaire en 2011 vient d’inaugurer, avec Datteln IV, une nouvelle usine à charbon. Sa puissance (1,1 gigawatt) équivaut à celle d’un réacteur nucléaire. Cette nouvelle centrale à charbon devrait fonctionner des dizaines d’années. En 2020, l’Allemagne produit encore 29 % de son électricité à partir du charbon, la plus polluante des énergies.

Au moment où la question de la lutte contre le réchauffement climatique devient une priorité des gouvernements et des opinions publiques, la France devrait utilement s’inspirer des exemples étrangers qui ont réussi. La filière nucléaire a plus que jamais un rôle positif à jouer pour compléter les énergies alternatives. Le GIEC a lui-même reconnu la nécessité de conserver une filière nucléaire dans le nouveau mix énergétique afin de décarboner l’énergie et nos économies.

Pour favoriser les énergies décarbonées, la France n’a d’autre choix que d’engager un plan d’investissement clair, consensuel et reposant sur des constats scientifiques, en matière énergétique, associant étroitement le nucléaire aux énergies renouvelables, à l’instar de l’exemple britannique en la matière. »

Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po, est membre du Conseil scientifique de la Fondapol




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