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Hulot : debout mais un peu KO

Hulot : debout mais un peu KO

Ce que révèle une interview de Nicolas Holat qui fait concession sur concession tout en s’affirmant écologiquement solidaire ; Sur le Glyphosate, le Mercosur, le traité CETA, le nucléaire, sur Bure il recule ou se tait. En cause sans doute les affaires qu’ils trainent et le paralysent (d’abord la fortune qu’il a accumulé avec son businesse écolo, ses déclarations approximatives de patrimoine, les accusations d’agressions de certaines femmes. Pour tout dire il fait profil bas et évite même les apparitions publiques. Interview JDD.

Vous ne comptez pas vous rendre au Salon de l’agriculture. N’avez-vous rien à dire aux agriculteurs?
Bien sûr que si, mais je préfère dialoguer loin des regards et des caméras, c’est ma méthode. J’ai reçu tous les acteurs de la filière agricole et de l’alimentation, je me déplace sur le terrain, j’écoute, je prends du temps. Et puis mon engagement sur ces sujets ne se limite pas à la semaine du Salon de l’agriculture. Pour la première fois, tout le monde regarde dans la même direction : les producteurs, les distributeurs, les consommateurs, les ONG. Chacun comprend que l’avenir de l’agriculture passe par l’écologie. C’est un alignement des planètes qui déplaît à certains, mais qui donne des raisons d’espérer.

C’est ce qu’a dit Emmanuel Macron aux jeunes agriculteurs, jeudi à l’Elysée? Les a-t-il convaincus?
Oui. C’était un discours de vérité, sans concession, qui assume pleinement que nous traversons un moment de remise en question et que nous devons transformer nos agricultures en faisant le pari de la qualité. Les jeunes agriculteurs le savent, j’ai vu de l’enthousiasme chez eux, même s’il y a des questions, et je crois qu’ils ont compris que l’Etat sera à leurs côtés pour réussir cette transformation qu’ils souhaitent autant que nous.

Vous et Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, vous êtes parfois opposés ; vous êtes réconciliés?
Qu’il y ait des tensions, des frictions entre nos deux ministères, quoi de plus normal? Par nos cultures, nos expériences, nous sommes différents. Et nos fonctions nous amènent à réagir différemment : je suis plus sensible aux enjeux de long terme ; lui est confronté à la pression du court terme et aux très fortes souffrances du monde agricole. Mais nous avançons ensemble.

Vraiment?
Arrêtons d’opposer écologie et agriculture, ce temps-là est fini. La réforme de l’agriculture est un projet de société. Dans mon ministère, il n’y a pas d’ennemi du monde agricole. Au contraire : grâce aux Etats généraux de l’alimentation, nous sommes passés d’une situation de confrontation à un esprit de concertation.

Que peut apporter la transition écologique aux agriculteurs?
Le modèle agricole dominant a rendu des services à la France, je ne l’oublie pas ; et je partage la tendresse des Français envers les agriculteurs. Mais les paramètres ont changé. Nous entrons dans une deuxième phase : celle de la révolution verte, et elle est passionnante. Les agriculteurs représentent déjà 20% de la production d’énergies renouvelables en France – ils doivent en être fiers. La grande mutation est en marche, elle est irréversible. Elle va redonner de la dignité aux agriculteurs, de la sécurité aux consommateurs, et permettre à tous les citoyens d’accéder à une alimentation de qualité.

 

Vous voilà bien optimiste… En décembre, vous déploriez qu’au terme de la phase 1 des Etats généraux de l’alimentation, « le compte n’y soit pas ». Qu’est-ce qui a changé?
Personne ne reste figé. Regardez, les choses avancent : la FNSEA va nous présenter un plan pour en finir avec le glyphosate, les groupes de la grande distribution se lancent à fond dans le bio, les consommateurs veulent des produits de qualité et de proximité… Cela montre une détermination.

N’avez-vous pas quand même réduit vos ambitions? Les ONG vous le reprochent…
Certainement pas sur les sujets liés à la santé et à l’environnement. J’ai été un militant ; maintenant, je suis en responsabilité. On me critique, mais moi, j’agis. Et je le fais avec des méthodes qui, me semble-t-il, sont fructueuses. Sur la sortie du glyphosate, par exemple, c’est la France qui a poussé l’Europe à accélérer.

 

Justement: en finir avec le glyphosate en trois ans, soit plus vite que les autres pays européens, est-ce réaliste?
On est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves. Mais je ne suis pas buté et personne ne doit être enfermé dans une impasse : si dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions. Mais si on arrive à se passer du glyphosate à 95%, on aura réussi. Regardez ce qui se passe dans le bio : des viticulteurs aux éleveurs, tout le monde s’y met. C’est une lame de fond citoyenne que plus personne ne peut ignorer.

 Mais, pour les consommateurs, le bio reste très cher. Ne va-t-on pas vers une agriculture à deux vitesses?
Les filières ne sont pas encore structurées mais ça vient : on va changer d’échelle, comme ça a été le cas pour les énergies renouvelables. Les études montrent que les gens sont prêts à dépenser plus dans un premier temps pour avoir une alimentation plus saine. Il faut le temps de la transition. Ensuite, l’équilibre se rétablira. Dès lors que les agriculteurs utiliseront moins d’intrants et moins d’énergie, et qu’ils seront mieux rémunérés, les coûts vont baisser. Donc les prix aussi.

 

En même temps, on supprime des aides pour le maintien de l’agriculture biologique. N’est-ce pas un contre-signal?
Le mouvement est en marche. Parmi les agriculteurs qui se convertissent au bio, le taux d’échec est très faible – à peine 3% font machine arrière, et la moitié d’entre eux parce qu’ils prennent leur retraite. Ce qui est vrai, c’est qu’il peut y avoir des vulnérabilités à prendre en compte. Pour anticiper cela, on pourrait réfléchir à la création d’un fonds assurantiel qui couvrirait certains risques et indemniserait des producteurs en difficulté. Mais attention : considérer que l’agriculture bio a vocation à être aidée durablement, c’est considérer qu’elle ne peut pas être rentable. Or elle va l’être! Et d’autant plus si on rémunère mieux tous les services qu’elle rend par ailleurs. On investit dans la transition.

 

Vous avez annoncé un plan pour développer l’agriculture bio. Où en êtes-vous?
Nous sommes à fond dessus, il sera prêt très vite, comme l’a dit le président de la République devant les jeunes agriculteurs. Après les Etats généraux de l’alimentation, ce sera une deuxième phase qui nous permettra de monter en puissance. L’objectif reste de consacrer au bio 15% de la surface agricole utile en 2022. On va doubler la surface bio en quatre ans.

 Quel rôle comptez-vous jouer dans les négociations sur la Politique agricole commune (PAC)?
Je vais m’y impliquer complètement. Le budget de la PAC peut être un levier extraordinaire pour aller vers une alimentation de qualité. Si on l’utilise bien, on peut métamorphoser notre mode de production agricole en quelques années. Les agriculteurs sont au cœur de la transition écologique, ils produisent des énergies renouvelables, ils contribuent à stocker du carbone dans les sols, ils peuvent aider à la reconquête de la biodiversité – il faut les rémunérer pour cela. La PAC doit nous aider à retrouver notre souveraineté alimentaire en favorisant, par exemple, la production de protéines végétales.

 

Les agriculteurs sont hostiles au traité de libre-échange avec le Mercosur, qui permettrait d’importer 70.000 tonnes de viande bovine chaque année en Europe. Faut-il ratifier cet accord?
En l’état, ce traité n’est pas acceptable. Il serait trop préjudiciable, notamment pour nos agriculteurs et la France a des lignes rouges très claires. Ça fait longtemps que je mets en garde sur les effets pervers que peuvent avoir ces traités de libre-échange. Pour le Ceta, nous avons défini un plan d’action et nous attendons des réponses de la Commission européenne pour apporter des garanties supplémentaires et, in fine, ce sera aux parlementaires de se prononcer.

 

Faut-il aller jusqu’à des formes de protectionnisme pour protéger nos produits de la concurrence de produits de moins bonne qualité?
Ce n’est pas une question de nationalité, mais une question d’équité. Les traités de libre-échange tels qu’ils existent ne sont pas climato-­compatibles. On demande des efforts à nos agriculteurs et à nos industriels, mais ceux d’autres parties du monde s’exonèrent des contraintes liées au changement climatique quand leurs produits arrivent aux frontières de l’Europe. Il ne faut plus l’accepter. Les traités de libre-échange doivent devenir des traités de juste-échange.

Votre « plan loup » suscite des critiques de toute part. N’illustre-t-il pas votre difficulté à trouver des compromis entre l’idéal écologique (la préservation d’une espèce) et les intérêts agricoles (la protection des troupeaux)?
Il est très facile de fustiger ce plan depuis un salon parisien ou une tribune médiatique. C’est faire abstraction de la réalité quotidienne des éleveurs. Moi, je suis obligé de mener de front la préservation de la faune sauvage et celle des troupeaux. Savoir qu’il faut éliminer des loups, ça m’arrache le cœur. Mais je comprends aussi la détresse de l’éleveur dont les brebis meurent au fond d’un ravin parce qu’elles ont été prises de panique. Il n’y a pas de solution miracle. Notre plan est équilibré – il ne s’agit ni de tuer tous les loups ni de n’en tuer aucun. Après des mois de concertation, nous sommes arrivés au moins mauvais des compromis.

Débat présidentiel : un match de boxe, Le Pen KO debout

Débat présidentiel : un match de boxe, Le Pen KO debout

 

D’entrée, Marine Le Pen a transformé le débat télévisé en match de boxe, une erreur stratégique. Il ne fallait sans doute pas s’attendre à autre chose compte tenu de la faiblesse intellectuelle de l’intéressée et de l’incohérence de ses positions. Marine Le Pen a donné le plus de coups lors de cette confrontation mais  Macron a su esquiver et chaque fois répliquer de sorte que vers la fin du combat Marine Le Pen paraissait KO debout.  Macron a eu du mal à entrer dans un match d’une violence verbale inédite et progressivement à réussi à dominer son adversaire sur le plan technique. Le Pen a montré une boxe assez fruste consistant essentiellement à donner le maximum de coups mais dans le vent de l’invective et de la calomnie. Du coup, comme les boxeurs sérieusement touchés Le Pen a voulu donner le change avec des ricanements malvenus qui témoignaient de son désarroi face à un adversaire qui n’était pas manchot pour cogner mais en ajustant. Pas à la hauteur cette confrontation finale de l’élection présidentielle. En cause,  la personnalité de Marine Le Pen non seulement mal préparée et qui se perdait dans des fiches approximatives.  Ses propos de marchands de poisson peuvent séduire sur les marchés ou dans des meetings de convaincus par avance à juste titre mais pas une majorité d’électeurs. Marine Le Pen  a été corrigée  presque en permanence à propos des inepties versées concernant à peu près tous les sujets et en particulier sur l’économie. Si les journalistes qui animaient le débat avaient réellement joué leur rôle de Marine Le Pen, ils auraient déclaré le KO technique après l’échange en matière économique. La nullité de Marine Le Pen a été atteinte dans ce domaine quand elle s’est complètement empêtrée sur le retour du franc, la sortie de l’euro affirmant même que l’écu avait utilisé par les entreprises. Sans doute s’agissait-il de l’écu médiéval créé à partir de 1263  mais pas de l’écu de 1979 qui était seulement un panier de monnaie et non une monnaie fiduciaire.

 

 

« Nuit Debout » : un avenir incertain

« Nuit Debout » : un avenir incertain

 

Difficile de prévoir le futur de « nuit debout », un mouvement qui tente maintenant de s’internationaliser pour retrouver un second souffle. Bien accueilli au départ, nuit debout enregistre une perte de popularité liée sans doute à la violence des casseurs mais aussi à l’ambiguïté et au flou de cette organisation Selon un sondage Odoxa pour le Parisien, « Nuit Debout », dont l’aura a souffert de l’action de casseurs en marge de ses rassemblements, ne paraît pas en mesure de suivre la même voie que pour des mots ce en Espagne. Au commencement l’objectif de nuit debout était seulement de protester contre la loi de travail, depuis nuit debout s’est  transformé en mouvement de recherche pour une autre démocratie, un autre mode de production et un autre mode de société. Le modèle productif et le modèle démocratique constituent  les deux principales préoccupations de ce mouvement à l’organisation très informelle par ailleurs préoccupé de ne pas être récupéré par les organisations politiques fussent-elles de gauche. Pour autant nombre de militants d’extrême gauche, écologistes anarchistes sont aussi présents même si la majorité des participants est constituée de jeunes jusque-là non appliqués dans des partis politiques ou des organisations engagées. Nuit debout regroupe des individus réellement préoccupés de redéfinir le concept de démocratie et les conditions de sa mise en œuvre, des individus aussi vraiment convaincus de la nécessité d’une révolution écologique, des intellos sincères (d’autres moins) seulement attirés par l’échange et le partage d’idées.  D’autres par contre ont des préoccupations très politiques, ils contestent  bien sur le système actuel mais souhaite la transformation de nuit debout en mouvement politique. Pas sûr cependant que l’amalgame communiste, libertaire, gauchiste, crypto marxiste, anarchiste ou encore écolo puisse déboucher sur une philosophie commune, encore moins sur une perspective d’organisation politique. En dépit des préoccupations constantes relatives au fonctionnement démocratique, « nuit debout » et cependant considéré par certains comme un mouvement manipulé par l’extrême gauche.  Dans le sondage IFOP pour Europe 1 Une grande majorité de sondés (66%) ne croient pas que nuit debout puisse se transformer en parti politique comme Podemos Le mouvement « Nuit Debout », lancé le 31 mars en France contre le projet de loi réformant le marché du travail mais en perte de vitesse dans l’opinion, selon des sondages, tente de se relancer en s’internationalisant. Des centaines de personnes se sont retrouvées dimanche sur la place de la République à Paris, site emblématique du mouvement, qui a lancé un appel à occuper « les places publiques du monde entier » pour « s’exprimer et se réapproprier la politique ». Selon ses initiateurs, 130 villes étrangères dans 28 pays ont répondu à cet appel à une mobilisation « Global Debout » et des rassemblements étaient prévus dans 266 villes françaises. A Paris, concerts et échanges avec d’autres rassemblements dans le monde devaient se succéder sur la place de la République, où les participants étaient entre 1.500 et 2.000 selon la police à 17h30 heure locale. Ce dimanche coïncidait avec le cinquième anniversaire du mouvement espagnol des « indignés », né en 2011 à Madrid, et dont est partiellement issu Podemos, le parti anti-austérité devenu une force politique incontournable. Selon un sondage Odoxa pour le Parisien, « Nuit Debout », dont l’aura a souffert de l’action de casseurs en marge de ses rassemblements, ne paraît pas en mesure de suivre la même voie.

(Avec Reuters)




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