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Débat « Loi Travail » : le triomphe démocratique d’Internet

Débat  « Loi Travail » : le triomphe  d’Internet

 

 

Il se passe sans doute des choses assez fondamentales en matière de fonctionnement démocratique avec la montée des réseaux sociaux sur Internet. Dernier exemple en date, la pétition lancée contre la loi qui ce matin 26 février avait recueilli près de 600 000 signataires et qui risque de dépasser 1 million d’ici quelques jours. Au-delà du nombre de signataires de cette pétition il faut prendre aussi en compte les innombrables prises de position réflexions, analyses développées  sur les sites d’internautes. Une autre manière d’exercer la démocratie qui rend un peu obsolète d’autres formes d’expression comme les manifestations voir les grèves mêmes si ces moyens peuvent se révéler encore utiles dans certains cas. Mais pendant que les syndicats pour une fois réunis éprouvent les pires difficultés à trouver les terrains d’entente nécessaires soit pour amender la loi sur le marché du travail, soit pour la rejeter entièrement, les citoyens peuvent en temps réel faire valoir leur point de vue. Le succès de la pétition mais aussi des sites qui ont contribué à l’appropriation de la problématique marquera de toute évidence une étape dans l’évolution de notre pratique démocratique. Le gouvernement l’a tellement compris qu’il a pris une initiative -inédite avec premier compte Twitter certifié dédié à … une loi Confronté à une forte mobilisation sur Internet – une pétition qui dépasse les 600.000 signatures et un appel à la grève lancé sur Facebook- contre son projet de réforme du Code du Travail, le gouvernement a voulu faire usage des mêmes armes en lançant un compte Twitter certifié « La loi Travail », instantanément moqué par les Internautes. Ce qui est en cause c’est à la fois le fond et la forme de cette loi travail. De toute évidence le gouvernement a fait une grave faute de communication en indiquant d’entrée que cette loi ne serait pas amendée et qu’elle ferait l’objet de l’application du 49-3, or cette loi est largement déséquilibrée, elle privilégie essentiellement la flexibilité au détriment de la sécurité. Elle manque surtout d’une vision globale sur l’évolution des conditions sociales. Une plus grande souplesse en matière de licenciement ne pouvant constituer le seul mode de régulation de conditions sociales qu’il convient cependant de faire évoluer.

« Macron élève le débat » (Parisot)

« Macron élève le débat » (Parisot)

L’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot n’a sans doute pas tort de considérer que Macron apporte un peu d’air frais dans l’atmosphère polluée par l’immobilisme des politiques classiques. Mais d’une certaine manière Laurence Parisot  survalorise l’effet de la loi Macron de juillet, loin d’être à la hauteur des enjeux et surtout sorte d’auberge espagnole de mesures hétéroclites. Macron est sans doute plus novateur dans ce son discours  que dans ses actes,  coincé qu’il est lui aussi par le conservatisme de la classe politique. Le propos de Laurence Parisot  paraît cependant pertinent quant à la nouveauté qu’apporte macro (interview JDD)

«  La loi Macron, adoptée en juillet, va s’avérer riche et féconde. Si elle a été autant débattue, c’est qu’en creux, elle démontre l’obsolescence du clivage gauche-droite. La droite aurait dû concevoir ce texte. La gauche a réalisé – avec surprise – qu’elle pouvait le faire. Cette loi adapte au monde d’aujourd’hui des pans entiers de notre économie, et des plus divers : le statut des notaires, l’ouverture des commerces le dimanche, la circulation des autocars, etc. Notre pays, comme le chêne de La Fontaine, était près d’être déraciné par les vents de la mondialisation. Il se découvre roseau, souple et résistant. C’est un début. On sait qu’il faudra plusieurs lois Macron pour une modernisation totale de la France. La démarche apporte de la liberté, elle respecte l’égalité et n’entame en rien la fraternité. Comment pourrait-on d’ailleurs penser les dimensions économique et sociale sans intégrer les événements tragiques de 2015 en France, sans appliquer à la lettre notre devise républicaine? L’ouverture du dimanche encadre mieux la rémunération supplémentaire. L’épargne salariale, élargie, favorise l’accès de tous aux actions gratuites. La libéralisation des transports publics par autocar permet de voyager à ceux qui n’en avaient pas les moyens. Cette loi, qui n’est pas partisane, est totalement cohérente avec nos valeurs fondamentales. Elle dérange seulement ceux qui veulent à tout prix la perpétuation de la lutte des classes. Emmanuel Macron casse les tabous. Il veut faire avancer les débats sur des sujets jusque-là figés. À chacun maintenant d’attraper la balle au bond! Qui à droite ou à gauche ose parler du statut de la fonction publique? Qui propose une solution? Pour cette question si importante sur les plans historique, juridique et social, qui fait autre chose que s’indigner ou tenter vainement de mettre Emmanuel Macron en contradiction avec lui-même? Il est l’un des rares à élever le débat. Il reste aux élites françaises à se mettre au diapason du monde actuel, et de cette transformation inouïe dans l’histoire de l’humanité que sont la numérisation et la robotisation. Ni la gauche ni la droite n’intègrent naturellement la dimension économique, sans angle mort ni a priori partisan. À la hausse de la pression fiscale initiée sous le mandat de Nicolas Sarkozy, à l’incapacité de droite à comprendre l’intérêt du dialogue social, le rôle de la société civile, et celui des corps intermédiaires discrédités à tort, répondent à gauche, les erreurs du début du mandat de François Hollande, l’ignorance ordinaire de la vie de l’entreprise ou l’incapacité à traiter différemment une TPE et une société du CAC 40. Il faut faire sauter ces limites idéologiques! La loi a été adoptée. Elle est passée par le 49-3, ce qui est constitutionnel. La rue n’a pas connu pour autant de révolution. Cela montre bien qu’un chemin est, non seulement possible, mais souhaitable. Le seul secret, c’est de travailler. Et là, la rigueur et la préparation ont été grandes, depuis la commission Attali, installée par Nicolas Sarkozy, jusqu’à la mise en œuvre de ses ­recommandations par François Hollande et Manuel Valls. Cette loi est le produit d’un mariage d’idées. Nous devons aller plus loin. Une majorité de Français demande une métamorphose de notre pays. Tous les sociaux-démocrates, c’est-à-dire tout le centre gauche et tout le centre droit, devraient s’engager dans cette voie nouvelle et enthousiasmante. Mais s’y opposent les modes de scrutin actuels. Le scrutin majoritaire à deux tours fabrique un clivage mécanique entre gauche et droite tandis qu’un scrutin proportionnel à un seul tour inciterait à des coalitions où se retrouveraient droite modérée et gauche moderne. C’est en procédant de cette manière que l’Allemagne a retrouvé son leadership, et que l’Espagne tente d’éviter un populisme, par nature toujours extrémiste. Le ministre de l’Économie prépare un nouveau texte. La droite aura à démontrer sa sincérité et son souci de l’intérêt général et la gauche, sa modernité économique. L’une comme l’autre, pour relever le défi de la croissance et de l’emploi, se devront de soutenir la loi Macron 2, dite loi NOÉ (nouvelles opportunités économiques) car c’est bien le désastre qu’il convient d’éviter. »

Allocation adulte handicapé : un recul du gouvernement qui ne doit pas enterrer le débat

 

Allocation adulte handicapé : un  recul du gouvernement qui ne doit pas enterrer le débat sur l’explosion du nombre de bénéficaires

 

Il est clair que le gouvernement a commis une grave maladresse voire une injustice en voulant s’attaquer à l’épargne personnelle de ceux qui bénéficient de l’allocation adulte handicapé. Pour autant le débat reste ouvert sur la montée en puissance inexpliquée  du nombre de bénéficiaires.  Le gouvernement n’appliquera donc pas le nouveau mode de calcul, contesté, de l’allocation adulte handicapé (AAH) tel qu’il était prévu dans le projet de budget 2016, a annoncé mardi soir la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville.  Il était prévu de prendre en compte à partir de 2016 dans le calcul de l’AAH les intérêts non imposables des comptes d’épargne, tels que le livret A, dans le cadre d’un processus d’harmonisation entre minima sociaux. Cela aurait réduit le montant de l’AAH (actuellement 807 euros par mois au maximum) pour les bénéficiaires ayant de l’argent de côté, mais surtout leur aurait fait perdre des droits connexes qui ne sont ouverts qu’à ceux qui touchent l’AAH à taux plein (complément de ressources de 179 euros par mois, ou majoration pour la vie autonome de 105 euros mensuels), avait notamment dénoncé l’Association des paralysés de France (APF). Pour autant on peut s’interroger sur la montée en puissance du nombre de bénéficiaires qui étaient 243 000en 1978 et qui maintenant sont près d’un million. Avec surtout une augmentation  de 200 000 bénéficiaires en quelques années ! . La population n’a pas augmenté en proportion, ni les risques d’invalidité. En fait cette la croissance exceptionnelle cache de nombreux chômeurs, le plus souvent âgés (mais pas toujours), dans l’intérêt des entreprises , du salarié voire des deux. De toute évidence cette aide est indispensable pour ceux qui sont handicapés mais pas pour ceux qui l’utilisent pour masquer la situation de chômage et en plus avec la complicité de l’administration.

 » Trop d’inculture et de fausse érudition dans le débat français »(Frédéric Boyer)

 

 » Trop d’inculture et de fausse érudition dans le débat français »(Frédéric Boyer)

INTERVIEW – L’écrivain Frédéric Boyer revient avec un court texte sur la figure de l’autre, l’hospitalité, le devoir des intellectuels. (INTERVIEW – JDD)

Frédéric Boyer, né en 1961, est normalien. Il a coordonné la nouvelle traduction de la Bible parue en 2011. (Sipa)

 

Quel regard portez-vous sur les hommes politiques français?
Sur la question des migrants, les hommes politiques français sont en dessous de tout. Et d’une façon générale, l’inculture frappe le monde politique dans son ensemble. On est dans une ère de communication littéralement indigne. Or, parler, transmettre sont des actes qui engagent.

Dans quelles circonstances avez-vous écrit Quelle terreur en nous ne veut pas finir?
Je l’ai écrit vite, dès mars 2014, en réaction à une pensée, tenue parfois par des intellectuels que je respecte, qui active la peur et le repli. Or nous sommes à un moment de notre temps, de notre civilisation, de notre monde, où nous avons besoin d’une pensée qui nous permette de nous élever, au contraire, car tout nous tire vers l’angoisse. On entend : nos valeurs sont en danger. Mais nos valeurs les plus hautes ont toujours été, dans les moments de crise et de déchirement, celles qui nous rappellent à quelque chose d’humain. S’opposer à l’autre qui appelle, qui demande, s’effrayer de qui vient, c’est tourner le dos à ce qui nous a fondé. Quel est notre héritage et, au-delà de l’héritage, quel est notre rapport à l’héritage? Toute l’histoire de l’Occident, dans sa dimension métaphysique, philosophique, théologique, est traversée par la question de l’altérité. L’autre est au cœur de la pensée occidentale. Notre civilisation s’est développée sur la notion d’accueil et, avant même la question de l’hospitalité, il y a la conscience inquiète de l’altérité.

Vous écrivez que la peur de l’autre est compréhensible.
Dans Dialogues des carmélites, Georges Bernanos écrit que le pire péché est d’avoir peur de la peur. On doit accepter d’avoir peur et, acceptant cet état de fait, dominer notre peur. On sait que plus on construit des murs, plus on exclut pour se protéger et plus on éveille et renforce la violence. La racine de cette peur réside dans le fait que nous avons peur de la transformation. Nous sommes dans un moment de mutation et nous sommes effrayés à l’idée de mourir. Nous confondons notre propre fin avec l’hypothétique fin de tout. L’Empire romain d’Occident s’est effondré en donnant naissance à autre chose. L’héritage de l’Empire romain n’a pas disparu. Il s’est transformé.

«On entre dans un régime de peur et il ne faut pas céder aux sirènes de ceux qui vont générer encore plus de peur»

On raisonne comme si l’on vivait dans un monde qui n’était pas vivant. Mais le monde est vivant. Il grandit et cherche à inventer autre chose. Nous vivons peut-être une fin de civilisation. Je ne nie pas à quel point tout cela est inquiétant. Mais devant l’inquiétude, notre devoir est de donner du courage. Il est difficile d’accueillir des milliers et des milliers de gens qui fuient la guerre et la misère mais notre grandeur, c’est d’en accepter de courir le risque car il sera pire de ne pas le courir. Nous avons besoin de faire appel au courage des sentiments. Qu’est-ce que serait une humanité qui ne tiendrait plus compte de ses sentiments? On doit à la fois accueillir et raisonner ses sentiments. Les sentiments ont une force qui a fait bouger beaucoup de choses. Le courage des sentiments permet aussi de construire quelque chose de commun. Nous avons besoin d’entendre des voix qui nous expliquent à quel point on doit tenir au plus haut. On entre dans un régime de peur et il ne faut pas céder aux sirènes de ceux qui vont générer encore plus de peur.

Quels sont les intellectuels qui nous aident à penser l’autre?
Trois grands philosophes proches dans le temps, Emmanuel Levinas, Paul Ricœur et Jacques Derrida, ont pensé l’autre. Emmanuel Levinas et Paul Ricœur ont traversé la Seconde Guerre mondiale et ont pourtant mobilisé tout l’héritage de la pensée occidentale pour penser la rencontre avec l’autre et le visage de l’autre. Paul Ricœur a bien montré que le temps du récit est le temps de l’accueil de l’autre. Le temps du récit est le temps de l’invention de l’autre. Emmanuel Levinas n’a cessé de rappeler que le visage de l’autre est mon imprescriptible. Si je porte atteinte à ce visage-là, je porte atteinte à ce qui me fonde moi en tant que sujet libre et responsable. Jacques Derrida a, lui, réfléchi sur l’hospitalité. La question de l’altérité est notre héritage. Que tous les intellectuels de la peur relisent les magnifiques textes de la philosophe Simone Weil, en 1943, dans un monde à feu et à sang. Elle nous enjoint d’être au service de l’obligation universelle envers tous les êtres humains. Où sont passés les intellectuels en France, aujourd’hui? Car quel est leur rôle si ce n’est d’élever l’âme de leurs contemporains et de leur permettre d’exercer des sentiments qu’ils n’ont pas l’habitude d’exercer. Vous avez peur? Je le comprends car j’ai peur aussi, mais élevez-vous au-dessus de votre peur. 

Pourquoi vos idées humanistes ont-elles perdu la bataille de l’opinion publique?
Nos générations ont vécu une sorte d’entre-deux-guerres cotonneux. Il suffit de penser, par comparaison, à une vie comme celle de la femme politique Simone Veil. Nous vivons une tragédie et nous n’y sommes pas préparés.

Le vrai sujet, dites-vous, c’est la morale.
Le retour de la pudibonderie et du moralisme, très en vogue aujourd’hui, signe toujours la fin de la morale. La morale est ce qui nous convoque à ce qu’il y a de plus précieux et de plus difficile. Ludwig Wittgenstein expliquait qu’il faut apprendre à marcher avec des pattes d’araignée sur des fils pour régler un problème éthique ou moral. Le discours public ne fait plus résonner toute la fragilité de notre pensée.

 

«Relisons la philosophe Simone Weil : une voix de femme en danger de mort nous rappelant que notre devoir est, en Europe, d’accueillir les réfugiés non pas comme des réfugiés mais comme de nouveaux venus»

Il ne faut pas répondre à des caricatures par des caricatures. L’Occident n’est pas responsable de tout, mais il a bel et bien une part de responsabilité dans la crise actuelle. Notre grandeur serait de le reconnaître et de nous élever. Dostoïevski, dans Les Frères Karamazov, déclarait : « Nous sommes tous coupables de tout, devant tous, et moi plus que n’importe qui. » Cet aveu dérange mais il rappelle qu’être humain, c’est être responsable les uns des autres. Encore une fois, relisons la philosophe Simone Weil : une voix de femme en danger de mort nous rappelant que notre devoir est, en Europe, d’accueillir les réfugiés non pas comme des réfugiés mais comme de nouveaux venus.

Dans l’Histoire, la figure de l’autre est rejetée.
Notre Histoire a toujours eu à faire face à la figure de l’autre exclu d’autant plus s’il est pauvre et s’il vient d’ailleurs. Notre Histoire s’est aussi faite dans la relation avec l’inconnu, le non-familier, le fou. La figure de l’exclu a souvent été considérée, dans l’histoire de notre civilisation, comme une ­figure tutélaire. Au cœur du judéo-christianisme, celui qui vient est précisément celui qui n’est pas attendu. Dans les écrits du prophète Isaïe, il y a cette idée que nous ne sommes pas capables de voir celui qui vient et que celui qui vient est défiguré, méprisé, rejeté. Cette pensée est un bien précieux de notre civilisation. 

«Nous devrions avoir la décence d’interroger notre propre mémoire quand nous sommes ­plongés dans une crise qui interroge notre origine»

Quelle est la grande épopée qui fonde l’Empire romain? L’Éneide, de Virgile, qui s’ouvre sur l’histoire d’un jeune Troyen, Énée, fuyant avec sa famille Troie ravagée par la guerre, et qui va donner naissance à Rome. Qu’est-ce qui fonde le ­judéo-christianisme? C’est l’épopée d’Abraham qui s’arrache à son sol et traverse des terres où l’on ne veut pas de lui. Nous devrions avoir la décence d’interroger notre propre mémoire quand nous sommes ­plongés dans une crise qui interroge notre origine.

On lit partout que la République est en danger.
La République, c’est la liberté, l’égalité, la fraternité et la fraternité est le ferment de la République, comme le disait Charles Péguy. C’est la fraternité qui rend la République vivante et intelligente. Une égalité sans fraternité, c’est le totalitarisme. Une liberté sans fraternité, c’est la barbarie. Sans fraternité, les valeurs de la République se disloquent, et ce n’est pas parce que certains ne sont pas républicains que nous n’avons pas à l’être. L’Histoire de notre civilisation est une histoire d’accueil. La France ne s’est jamais grandie en se refermant sur elle-même.

Quel regard portez-vous sur les hommes politiques français?
Sur la question des migrants, les hommes politiques français sont en dessous de tout. Et d’une façon générale, l’inculture frappe le monde politique dans son ensemble. On est dans une ère de communication littéralement indigne. Or, parler, transmettre sont des actes qui engagent notre dignité. Il n’y a pas d’éthique sans langage. Parler d’une certaine façon, cela a un sens. «Les historiens sont trop silencieux aujourd’hui en France. La France est une grande patrie d’historiens»

Dans ce moment de crise, la culture peut-elle jouer un rôle?
Dans l’art, on prend le risque d’une représentation, d’une projection de situations ou de sentiments. C’est La Poétique, d’Aristote. Pour que la communauté puisse se comprendre elle-même, elle doit pouvoir engager l’épreuve d’une représentation de sentiments et de situations. C’est sur cette épreuve de la représentation esthétique que l’on peut construire, comme le dit Jürgen Habermas, une éthique de la discussion. Il y a beaucoup trop de fausse érudition dans le débat français. De faux penseurs parlent de textes ou de valeurs en ignares. Mon discours est aussitôt renvoyé à de la naïveté, aux bons sentiments, à de l’innocence. Se confronter aux grands textes, c’est pourtant comprendre que toute civilisation qui voudrait se protéger de l’autre, de la secousse de l’altérité, meurt. Les historiens sont trop silencieux aujourd’hui en France. La France est une grande patrie d’historiens, Georges Duby, Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant, Jacques Le Goff… Leurs voix nous manquent.

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

 

Des HLM  pour les français ou les refugiés ? La question manichéenne qui réduit le choix entre populisme et irresponsabilité. Irresponsabilité d’abord  de  Marie-Arlette Carlotti qui proposait dans une tribune, « de mobiliser 70 000 logements sociaux vacants afin d’accueillir les personnes réfugiées» en provenance de Syrie et d’Irak notamment. D’abord ce concept de logements vacants est très approximatif. Il y a en France environ 5 millions de logements sociaux dont 4 millions d’HLM. Sur ce total de l’ordre de 70 000 seraient vacants depuis 3 mois. Il faut cependant tenir compte de ceux qui font l’objet d’une  mutation et de ceux qui sont en réfection. Du coup le chiffre est notoirement moins important. En  outre environ 1.5 millions de candidats attendent un logement HLM. Il était donc irresponsable d’afficher  ce chiffre de 70 000. Du coup Marie Arlette Carlotti rétropédale : «il n’est pas question de piquer des logements à des gens qui en ont besoin, il est hors de question de mettre en concurrence les réfugiés avec les plus pauvres, les mal-logés, les SDF», tranche Marie-Arlette Carlotti mercredi, dans un entretien avec l’AFP. «C’est une instrumentalisation de l’extrême droite qui est répugnante!», juge-t-elle. A  l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui chapeaute quelque 750 bailleurs sociaux, on ne cache pas son exaspération: «l’idée selon laquelle on attribuerait des logements à des réfugiés avant des demandeurs inscrits dans la liste des demandeurs est fausse: c’est un mensonge», déclare à l’AFP la secrétaire générale Marianne Louis. «Il n’y a pas de demande HLM par les réfugiés: ça n’existe pas. Un réfugié ne peut pas faire de demande HLM», martèle-t-elle. En revanche existe dans le parc HLM des logements disponibles, «qui ne trouvent pas preneurs, dans des secteurs où la demande est faible, souvent dans des petites ou moyennes villes, victimes de la désertification», telles que Châtellerault, Le Creusot ou Lamotte-Beuvron. Le populisme le dispute aussi l’irresponsabilité quand on affirme que les réfugiés vont prendre les HLM des franaçis. Un débat nul car juridiquement ces réfugiés ne peuvent obtenir un logement de ce type sans passer par une association et la question n se pose pas pour l’instant. Un débat à la fois nul et pitoyable qui obscurcit un peu plus la problématique.

Le débat français sur la Grèce pollué par 2017

Le débat français sur la Grèce pollué par 2017

 

Le débat français concernant la Grèce est complètement pollué par la perspective de 2017. En gros, on se positionne à droite contre tout ce que dit Hollande en manifestant beaucoup de condescendance voire de mépris pour les grecs comme si la France était irréprochable.  De son coté Hollande parle pour ne pas fâcher sa gauche et les écolos (et ainsi favoriser uen candidature unique en 2017) . C’est assez symptomatique, alors que le dossier grec concerne l’ensemble de l’Europe, la victoire du « Non » lors du referendum hellénique provoque un débat… franco-français qui oppose droite et gauche. A droite, globalement, on commence à prendre acte qu’une sortie de la Grèce de la zone euro serait la meilleure chose. A l’inverse, à gauche, on plaide plutôt pour une reprise des négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras. Il faudrait aussi rappeler par exemple à  Giscard D’Estaing qui maintenant souhaite le départ des grecs que c’est lui, l’un des principaux artisans (avec Chirac)  de l’entrée de la Grèce  («  on ne dit pas non à Platon «  avait dit Giscard qui n’est pas à une  contradiction près. Certes la Grèce n’est  pas sans responsabilité (corruption, absence d’Etat, clientélisme politique etc.) pour autant on a voulu l’entrée de la Grèce (l’Allemagne aussi) comme aujourd’hui on veut l’entrée de l’Albanie dans l’Union. Même Juppé a dérapé. « La Grèce n’est plus en mesure aujourd’hui d’assumer des disciplines de la zone euro. Chercher à l’y maintenir à tout prix, par des arrangements de circonstance, fragiliserait l’ensemble du système. Nous devons l’aider à organiser sa sortie, sans drame. Ce qui ne veut pas dire qu’elle doit aussi sortir de l’Union ». Une position finalement assez faux cul qui vise aussi à contrer Sarkozy expéditif sur le dossier grec : » il faut virer la Grèce et Tsipras avec ».  Des propos surtout à usage interne dans la perspective de 2017 mais qui ne sont pas très responsables. D’abord ils risquent de déstabiliser un peu plus les marchés (avec comme conséquence l’augmentation des taux) et surtout font l’impasse sur la situation dramatique de l’endettement françaisis (31 000 euros par habitant). Une dette également impossible à rembourser, tout aussi irresponsable que la dette Grecque.

L oi Macron: vers un 49.3 sans débat

Vers un 49.3 sans débat sur la loi Macron

On se demande bien à quoi sert l’assemblée nationale puisque Rebsamen laisse entendre que sur la loi Macron  il faut envisager le recours au 49.3, autrement dit l’adoption du texte sans vote ; On dit même qu’il n’y aura pas de débat !C’ est une «option raisonnable, a-t-il indiqué. Nous voulons aller vite et cette solution me semble être la bonne solution.» Alors même que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, affirme «que rien n’est encore arrêté» et que «la décision ne sera prise qu’en fin de semaine» une fois achevé l’examen en cours de son texte par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, Matignon semble résolu à accélérer la manœuvre. Mardi, le Premier ministre pourrait donc dégainer le 49.3 dès l’arrivée dans l’hémicycle du projet de loi revu et corrigé par la commission. Ce serait donc le texte sorti de la commission qui ferait loi. De quoi couper court à des débats qui menacent d’autant plus de traîner en longueur que les dispositions les plus polémiques du plan PME, présenté mardi – à commencer par le plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif – sont injectées dans la loi Macron. «Les désaccords persistent et se sont même accentués avec les mesures PME, reconnaît un rapporteur PS.Toutefois, trois jours après le raout de Poitiers censé célébrer l’unité socialiste retrouvée, cette perspective a fait l’effet d’une douche froide. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, regrette un député proche de Hollande. On n’a même pas cherché de compromis pour fédérer les socialistes. C’est d’une maladresse crasse de casser ainsi la séquence du congrès.» Les députés frondeurs, dont l’hostilité au texte s’était exprimée en première lecture, sont eux aussi pris de court. Mardi soir, leur chef de file, Christian Paul, avait écrit au premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, pour lui proposer d’organiser une médiation. «L’attitude du gouvernement est totalement surréaliste, s’agace Christian Paul. Il est constitutionnellement insupportable qu’un parti qui a la majorité à l’Assemblée nationale ne consacre pas deux heures à tenter de trouver un terrain d’entente en son sein. On entre dans un nouveau cycle de confrontations.»

 

Le traité transatlantique : débat en Allemagne…et en France ?

Le traité transatlantique : débat en Allemagne…et en France ?

Merkel et les milieux d’affaires poussent pour que le traité  transatlantique soit signé mais la population, elle, y est plutôt opposée. Curieux, en France le débat est complètement étouffé. Le gouvernement y est favorable et on évite donc den parler. Pourtant il s’agit d’une question essentielle qui pourraiat changer les normes hygiène, de sécurité, de santé et même remettre en cause la souveraineté des Etats et de l’Europe. Le Partenariat transatlantique pour  le commerce et les investissements est méconnu et ce projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne (c’est la commission qui négocie dans un relatif secret) et les États-Unis reste opaque pour le grand public. On attend du traité plus de croissance, plus d’emplois et la réduction des coûts réglementaires et des barrières non tarifaires. Mais il s’agit aussi d’un bélier américain pour casser des législations nationales et imposer un arbitrage international privé. Entre autres secteurs clés, la Politique agricole commune (PAC) est particulièrement exposée. Selon un sondage YouGov publié fin mars, 43% des Allemands pensent que l’accord, soutenu par le gouvernement, serait « mauvais » pour leur pays, contre 30% qui l’estiment « bon ». Aucun autre des sept pays interrogés n’a un tel pourcentage de sceptiques. Les réserves se focalisent sur les standards sanitaires et de sécurité, notamment alimentaires, et les mécanismes d’arbitrage international des différends économiques.   Dans beaucoup de pays européens, ONG et syndicats font campagne contre TTIP, l’acronyme désignant le projet (pour Transatlantic Trade and Investment Partnership, également appelé Trans-Atlantic Free Trade Agreement ou Tafta). En Allemagne l’écho de cette campagne, lancée dès 2013, est énorme. Pour Maritta Strasser, directrice de campagne chez Campact, l’une des ONG allemandes derrière « Stop TTIP », la singularité allemande tient à ce que la mobilisation a commencé tôt, sous l’impulsion de quelques personnalités très engagées, mais petit à petit elle gagne le reste de l’Europe. « Plus les gens en savent, plus il y a de rejet ». Pour d’autres observateurs il y a bien, au-delà de l’antériorité, une spécificité allemande. Tanja Börzel, professeur de sciences politiques à l’Université Libre de Berlin, évoque « des raisons ancrées dans notre culture politique », à savoir « un anti-américanisme latent depuis longtemps », qui se nourrit d’un rejet de la mondialisation, d’un « capitalisme de casino » débridé dont les Etats-Unis seraient le porte-voix. Les révélations ces dernières années sur les pratiques d’espionnage des services de renseignement américains, qui ont mis sur écoute jusqu’au portable d’Angela Merkel, ont amplifié cette défiance, poursuit-elle. Le mouvement anti-TTIP a trouvé des relais efficaces dans un réseau puissant d’Eglises, syndicats et associations, aguerris à la mobilisation, que ce soit contre le nucléaire ou la guerre en Irak. La force du débat a en outre créé une dynamique où « tout le monde a l’impression qu’il faut qu’il prenne position », détaille Peter Sparding depuis Washington.

La loi sur le renseignement :un vrai faux débat

La loi sur le renseignement :un vrai faux débat

 

Il es clair que le terrorisme appelle des mesures adaptées aux enjeux  notamment compte tenu de l’utilisation de nouveaux outils de communication.  certains certes minoritaires se sont opposés à cette loi dite «  liberticide ». En fait un vrai faux débat à la française. En rélité les pratiques de surveillance ont toujours existé à un détail près elles étaient le plus souvenait illégales et pratiquement pas contrôlées . D’une  certaine manière en les légalisant, elles deviennent  davantage encadrées. Les opposants avancent des arguments assez peu convaincants. Un point focalise leurs craintes : la mise en place, sur les réseaux des opérateurs, d’outils d’analyse automatique pour détecter par une « succession suspecte de données de connexion » une « menace terroriste ». Pour le Conseil national du numérique, cela « confine à une forme de surveillance de masse », qui  a « démontré son extrême inefficacité aux États-Unis ». Allusion aux pratiques de la NSA révélées par Edward Snowden.  Le gouvernement « entend garantir que la surveillance sera ciblée strictement sur les comportements menaçants », a assuré Manuel Valls en annonçant des amendements pour encadrer cette nouvelle technique, et plus généralement pour protéger certaines professions sensibles (magistrats, parlementaires, journalistes, avocats). Jean-Jacques Urvoas insiste de son côté sur les « garanties » apportées par la future Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui aura « beaucoup plus de pouvoirs » que la CNCIS (Commission nationale de contrôle  des interceptions de sécurité) qu’elle remplace.  Cette commission, dont la composition fait encore débat – à ce stade quatre magistrats, quatre parlementaires et un spécialiste des communications électroniques – devra donner son avis préalable à chaque mise en oeuvre de ces techniques sur le territoire national. Le Premier ministre pourra passer outre mais en motivant sa décision. Les députés ont limité en commission, contre l’avis du gouvernement, les cas d’urgence où elle ne sera informée qu’a posteriori. Elle pourra accéder aux renseignements collectés, à leur traçabilité et aux locaux où ils sont centralisés. Elle pourra aussi saisir le Conseil d’État. 

Départementales : Valls nationalise le débat, une erreur fatale

Départementales : Valls nationalise le débat, une erreur fatale

 

Valls continue de nationaliser le débat des départementales, un vrai cadeau à l’opposition. En effet ces élections se transforment de la sorte en référendum contre la politique du gouvernement. Du coup ni l’UMP et encore moins le FN n’ont besoin de faire campagne.   »Je suis en campagne, j’ai une conviction profonde », a dit le Premier ministre avant de se rendre à Evry, ville de l’Essonne dont il a été le maire de 2001 à 2012 pour soutenir le frondeur socialiste Jérôme Guedj, candidat à sa propre succession à la tête du département. Sur Canal+, ce n’est pas l’UMP mais le Front national que Manuel Valls a une nouvelle fois pris pour cible, affirmant refuser que la France soit « représentée par un parti qui n’est pas républicain, qui n’est pas patriote, qui n’aime pas la France et qui est contraire à son Histoire. »En réponse à la présidente du FN Marine Le Pen, qui a demandé son départ en cas de défaite du Parti socialiste les 22 et 29 mars, Manuel Valls a affirmé qu’il resterait à Matignon.   »Je continuerai mon action comme chef du gouvernement parce que ce ne sont pas des élections législatives, et je continuerai, nous continuerons ce combat essentiel pour la France contre ceux qui tournent le dos à nos valeurs », a-t-il dit. On est loin de la problématique des départementales, uen problématique par ailleurs  sans contenu puisque finalement on va voter pour des départements dont on ne connaît pas les responsabilités et qui devaient disparaitre en 2020 ( Hollande dixit). C’est une erreur stratégique fondamentale de Valls ; car du coup, la responsabilité de l débâcle devra être assumée par le Premier Ministre.

Loi famille : débat reporté

Loi famille : débat reporté

 Une loi vraimenet mal embarquée car moins d’un mois après un scénario similaire, la longue bataille de l’UMP à l’Assemblée a conduit le gouvernement et la majorité, dans la nuit de lundi à mardi 17 juin, à reporter la fin des débats sur la loi famille et notamment la proposition de loi sur l’autorité parentale. Le débat, qui avait repris lundi à 16 heures, là où il avait été arrêté dans la nuit du 21 au 22 mai, a été interrompu peu après une heure du matin après le vote de l’article 12, faute de temps pour examiner les 207 amendements restants sur les 700 déposés. « Si on travaille de manière constructive et non obstructive, on devrait terminer cette nuit », avait pourtant glissé dans les couloirs la secrétaire d’Etat à la Famille Laurence Rossignol lundi après-midi. Si des élus de gauche ont déploré l’« obstruction caractérisée de l’UMP », comme le coprésident des députés écologistes François de Rugy sur twitter, ceux de l’UMP, à l’instar de Daniel Fasquelle ou Philippe Gosselin, se sont réjouis sur le réseau social d’une « nouvelle victoire » et d’une « bonne 2ème manche pour ce texte décidément mal engagé! ».

 

Débat européennes à la télé : un révélateur des incompétences

Débat européennes à la télé : un révélateur des incompétences

Sur France 2, le grand débat des européennes à mis en lumière l’incompétence générale des participant surtout en matière économique. Paradoxalement, c’est l’écolo qui s’en est le mieux tiré (même si certains aspects relèvent de l’utopie). Pour le reste, les prestations ont été assez pitoyables, confuses, contradictoires (avec quelques lueurs parfois de lucidité sur les facteurs explicatifs de l’immigration ou sur les interactions des échanges économiques) ; La confirmation que le personnel politique n’est pas à la hauteur de l’enjeu. D e toute évidence les leaders politiques ne connaissent pas les dossiers, ni sur la France, ni sur l’Europe, ni sur environnement international. Un débat vraiment pitoyable de pros de la politique qui s’invectivent, mentent, ne cessent de se contredire. Ils sont coupés de réalités économiques et sociales, n’ont pas de compétence technique et comblent par la mauvaise foi permanente leurs insuffisances. Il faut dire auusi que l’animateur Pujadas n’a guère aidé à prendra de la hauteur (contrairement aux deux autres journalistes). Visiblement Pujadas ne sait pas non plus de quoi il parle. Pas vraiment une émission pour encourager les lecteurs à voter.

Allemagne : un vrai débat sur la mutation énergétique

Allemagne : un vrai débat sur la mutation énergétique

 

Pas seulement que des mots comme en France mais  un réexamen de la stratégie énergétique de l’Allemagne afin de réduire sa dépendance envers le gaz russe à la suite de la crise ukrainienne suscite des tensions au sein de la coalition gouvernementale dirigée par la chancelière Angela Merkel. Plusieurs responsables du Parti social-démocrate (SPD), qui appartient à la « grande coalition » avec les conservateurs de Merkel, s’interrogent sur le bien-fondé d’une réorientation de la politique énergétique allemande. Berlin importe environ 35% de son gaz de Russie. La question sera certainement débattue mardi quand la chancelière rencontrera les dirigeants des seize Länder pour parler de la réforme des subventions sur les énergies vertes. Hannelore Kraft, ministre-présidente du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, fortement industriel, a exigé des explications de Merkel. « La chancelière doit nous dire exactement ce qu’elle veut », a-t-elle dit au Welt am Sonntag. L’Allemagne s’est tournée ces dernières années vers les énergies renouvelables, un programme ambitieux qui prévoit notamment la fermeture de la filière nucléaire et une réduction de l’exploitation des énergies fossiles. Pour le ministre SPD de l’Economie et de l’Energie, Sigmar Gabriel, appuyé par les experts, il n’y a pourtant guère d’alternative au gaz russe et, malgré les tensions actuelles, il est peu probable que Moscou suspende ses exportations. Un avis partagé par le patron de Deutsche Post DHL, Frank Appel. Autre signe de la volonté allemande de ne pas rompre ses liens énergétiques avec la Russie, Der Spiegel rapporte que le gouvernement Merkel a décidé de ne pas s’opposer à deux accords bilatéraux largement critiqués dans les médias, l’un concernant DEA, filiale pétrolière et gazière de RWE, l’autre Wintershall, filiale de BASF. Au sein de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, pourtant, des voix s’élèvent pour réclamer une diversification des sources d’énergie. On rappelle les deux « guerres du gaz » de 2006 et 2009, quand l’approvisionnement de l’Europe avait été perturbé en raison des tensions russo-ukrainiennes. « A l’avenir, il faut que nous puissions obtenir du gaz d’autres pays que la Russie », a souligné Ilse Aigner, ministre bavaroise de l’Energie. Experts et responsables politiques évoquent les réserves du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord – Algérie, Libye, Qatar, notamment. La Norvège est également citée. Le gaz de schiste est aussi une option mais l’idée est vivement combattue par les écologistes.

L’insignifiance du débat politique : Pourquoi ?

L’insignifiance du débat politique : Pourquoi ?

 

Badinter s’indigne de la dégénérescence du début politique, il n’a pas tort mais n’identifie pas les responsabilités ; En fait la Com. a pris le dessus sur la réflexion  un peu approfondi ;  l’enflure sémantique, les slogans, les projets élaborés à la hâte font office de vision, de stratégie et même de conviction. Exemple le gouvernement a empilé les réformes sociétales sans prendre le soin d’organiser une véritable confrontation des points de vue et permettre le dépassement de certaines contradictions. Cela sans doute pour masquer son indigence sur les problématiques économiques et sociales. Sur ces derneirs terrains, il est passé d’une approche socialiste, à une approche pseudo sociale démocrate à une approche libérale. La fameuse théorie de l’offre par exemple qui doit prendre le pas sur la théorie de la demande. Une confusion évidemment car on ne peut dissocier les besoins, (la demande)  de l’offre, ces deux éléments sont interactifs. Il faut à la fois une économie compétitive mais aussi une capacité d’achat des consommateurs. Autrement dit une économie performante par son offre mais également un dynamisme de la consommation et une confiance.  L’austérité de ce point de vue est une impasse comme est une impasse un système productif plombé par la fiscalité. Les chocs de com. ne cessent de se succéder, d’abord c’était le choc relatif à la réduction des déficits, ensuite celui de la compétitivité (rapport Gallois, vite enterré  en tout cas en grande partie), puis le choc de simplification, puis l’inversion du chômage maintenant le pacte de responsabilité. Des mots, des formules sans véritable analyse, sans contenu non plus et sans résultat. Exemple,  la simplification des structures  administratives, un jour lors de sa conférence Hollande annonce la suppresion des départements, le regroupement des régions, le lendemain à Tulle il se contredit en réaffirmant la nécessité du département. Tout cela sans expliquer l’enjeu : le nombre d’élus, le nombre de structure, le nombre de fonctionnaires, le nombre de procédures. Confusion, incompétence, contradiction, cynisme aussi car les responsables méprisent.les   réalités économiques et sociales. On objectera que le déclin de la France n’a pas commencé en 2012 avec Hollande, ce qui est fort juste. Force est de constater que la gravité de la crise en France exigerait pourtant aujourd’hui un débat d’une autre hauteur et d’un autre sérieux. Il n’ya pas donc à être surpris du discrédit total de la classe politique.

«Dégénérescence du débat politique» (Robert Badinter)

 « Dégénérescence du débat politique» (Robert Badinter)

L’avocat et universitaire Robert Badinter avait aboli la peine de mort en 1981 quand il était ministre de la Justice. A 85 ans, ce Sage de la République, ancien président du Conseil constitutionnel, est l’invité du Parisien Dimanche. Extraits de son interview à paraître dans l’édition du 2 février.

Le Parisien : Faites-vous un lien entre la rumeur sur la théorie du genre et la manifestation Jour de colère de dimanche dernier?

«Plusieurs courants se sont regroupés pour donner l’illusion du nombre, qui ont pour seul ciment la détestation de François Hollande et des réformes du gouvernement.

Mais le plus saisissant, ce sont les cris antisémites poussés par certains manifestants. C’est la première fois depuis la fin de l’Occupation que l’on entend hurler dans les rues de Paris « dehors les Juifs ». Enfant, j’ai vu sur les murs des maisons écrit à la craie « mort à Blum, mort aux juifs ». Après la guerre, on n’osait plus tenir de tels propos. J’ai vécu adolescent la nuit de l’Occupation. Je sais ce que signifient la haine des juifs et le cri « dehors les juifs ». Ces slogans de dimanche sont mortifères et ils atteignent de plein fouet la République. Le peuple français est composé de tous les citoyens, sans aucune discrimination entre eux, quelles que soient leurs origines, leur religion. C’est cela la vision universaliste de l’être humain qui est au cœur même de la République française.»

Les réactions politiques ont-elles été à la hauteur?

«J’ai le sentiment que tout le monde a été surpris. Mais face à une telle provocation fasciste, à ces cris infâmes, j’aurais souhaité des réactions plus vives, des appels d’associations de défense des droits de l’homme et des partis républicains pour organiser une grande manifestation de protestation. Il faut rappeler chaque fois que nécessaire que la République française ne peut pas tolérer ces cris, pas plus qu’elle ne saurait laisser passer des slogans « Dehors les musulmans » ou « Dehors les Arabes ».»


Constatez-vous un abaissement du débat politique
?

«Il y a une forme de dégénérescence. Le débat est désormais instantané, en raison des nouvelles techniques de communication. Et il est moins contrôlé. Le filtre des rédactions des médias ou des organisations politiques disparaît. L’essentiel se passe sur des réseaux sociaux, s’inscrit dans des petites phrases diffusées aussitôt, dans des réactions instantanées souvent anonymes. Ce changement technologique induit inévitablement un appauvrissement du débat politique.»

Approuvez-vous le tournant social-démocrate de François Hollande?

«Absolument, mais je n’ai pas de mérite parce que j’ai toujours été social-démocrate. Je l’étais déjà en 1981, alors que ce n’était guère à la mode. Le tournant était inévitable. Il y a un refus d’investir dans l’économie nationale. Même les grands groupes français investissent en dehors de l’Hexagone une grande part de leurs profits. Quant aux firmes étrangères, elles renoncent trop souvent à investir en France en disant : trop de charges, trop d’impôts, trop de réglementation… Mais plus inquiétant à mes yeux que la fuite des capitaux, il y a la fuite des cerveaux. Attention à ce que notre jeunesse, et notamment ses éléments les mieux formés, ne projette pas sa carrière hors de nos frontières. Ce serait un péril grave pour l’avenir de la France.»

 

Hollande-Gayet : vie privée-vie publique ou le débat bidonné

Hollande-Gayet : vie privée-vie publique ou le débat bidonné

 

Les experts, les juristes, les grands éditorialistes ne cessent de s’étendre sur la nécessité de distinguer vie privée et vie publique au nom des grands principes. Juridiquement ils ont raison mais reste qu’il y a une sérieuse contradiction à revendiquer le caractère privée de sa vie quand en fait on se sert de cette vie privée pour conquérir un électorat. Depuis 20 ou 30 ans  en effet c’est  devenu une mode d’étaler sa vie privée dans les médias avec femme, enfants, voire chiens. Hollande a commencé, lui, il y a longtemps dans un film  télé en jeune père de famille modèle. Mais c’est le cas de la plupart des autres leaders. Afficher une vie familiale équilibrée participe de la séduction d’un électorat rationaliste, il  faut donc montrr e sa normalité de ce point de vue. Ou alors on se demande pourquoi Sarkozy puis Hollande ont tellement insisté pour mettre en scéne  la solidité de leur couple (avant les déchirements). On se demande encore davantage pourquoi Hollande a installé Trierweiler à l’Elysée alors qu’il n’est pas même pas marié. Sans doute aussi pour séduire la presse dont Trierweiler était un membre influent. Le respect de la vie personnelle et privée n’a de sens que pour ceux qui volontairement ne s’expose pas de manière publique. Ce n’est pas le cas des responsables politiques, des artistes, ou de ceux qui font métier d’utiliser l’opinion pibloque pour leur image. Certains revendiquent l’exception française, une sorte d’exception culturelle mais située en dessous de la ceinture. Certes moralement le jugement est très discutable, la condamnation encore davantage surtout juridiquement, la liberté de chacun ne pouvant être remise en cause. Pour autant, dans une société où les médias sont devenus un mode de régulation des compétences et de l’image, il ne faut pas s’étonner que des faits soient révélés. L’exception française se voit donc remise en cause et ce n’est pas tomber dans le puritanisme que d’admettre que la vie privée tombe nécessairement dans le domaine public dès lors qu’on affiché sa vie familiale.

Ecologie: Batho veut un débat sur le budget « au sein de la majorité »

Ecologie: Batho veut un débat sur le budget « au sein de la majorité »

 

Batho ne désarme pas et s’exprime encore. Elle sans doute raison sur le fond , elle qui n’appartient pas à l’énarchie, n’a qu’un petit bac et de représente pas grand-chose encore en politique. Ce qui explique l’acte de courage et d’autorité de Hollande et Ayrault ! « Ce qui est important, c’est que le débat puisse avoir lieu, c’est ce que j’ai regretté: il n’a pas eu lieu au sein du gouvernement et donc j’espère qu’il aura lieu au sein de la majorité parlementaire, notamment sur le budget du ministère de l’Ecologie », a-t-elle plaidé sur France Info.  Avant cela, a-t-elle précisé, « il y aura un débat à l’intérieur du groupe socialiste », qu’elle réintégrera à la rentrée, après avoir retrouvé fin juillet son siège de députée des Deux-Sèvres.  Jugeant « assez évident » qu’une différence de traitement existe entre elle et son ancien collègue du Redressement productif, Arnaud Montebourg, elle dit douter « que la France puisse affronter les problèmes qui sont devant elle aujourd’hui avec une conception (…) disciplinaire du débat au sein du gouvernement et du débat au sein de la gauche ».  Pour Mme Batho, « il faut investir sur des politiques qui vont nous permettre de redresser le pays, de créer des emplois, principalement la transition énergétique », selon elle « un grand enjeu de politique industrielle » mais aussi de pouvoir d’achat.  Interrogée sur le recadrage de la Cour des comptes concernant le soutien de l’Etat aux énergies renouvelables, elle y voit la critique d’une « politique qui a été celle du passé, de développement (…) sans objectif d’ensemble, sans volonté forte de transition énergétique ».   »On a souffert d’avoir en France un certain confort avec le nucléaire et donc on a pris trop de retard concernant le développement des énergies renouvelables », a-t-elle estimé, appelant le gouvernement à « faire des réformes très importantes ».  Assurant n’avoir « pas dit » que François Hollande manquait de vision écologiste, elle a cependant souhaité « que les actes correspondent aux discours maintenant » et que l’exécutif ne joue pas « +petit bras+ en ce qui concerne la transition énergétique ».  Selon elle, « il faut y aller à fond, de façon très volontariste, très puissante, en mettant le paquet et donc en investissant ».

 

Transparence patrimoine des élus : un débat opaque et douloureux pour les parlementaires

Transparence patrimoine des élus : un débat opaque et douloureux pour les parlementaires

 

Faute de pouvoir accoucher d’un texte sur la transparence des patrimoines à laquelle sont opposés nombre de parlementaires, on reverra la question en septembre. Dans une ambiance surchauffée mardi, les députés de l’opposition ont, quelques minutes avant le vote en nouvelle lecture du texte sur la transparence, scandé à tue-tête dans l’hémicycle « Cahuzac, Cahuzac, Cahuzac! », quasiment au moment même où l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac était entendu par la commission d’enquête, dans un autre bâtiment de l’Assemblée.  Ce projet adopté par les députés comprend la consultation en préfecture du patrimoine des parlementaires, avec une amende en cas de divulgation. Selon une source gouvernementale, il sera voté définitivement le 10 ou 11 septembre lors de la session extraordinaire du Parlement. Il repassera auparavant au Sénat où il a connu un parcours chaotique.  Fait notable comme en première lecture: les radicaux de gauche ont voté contre.  Mais, le Sénat donne du fil à retordre et complique le planning du gouvernement aussi sur les textes contre la fraude fiscale, qui fait également partie du « paquet » moralisation conçu comme une réponse à l’affaire Cahuzac.  Il a en effet été annoncé mardi que ces textes, qui créent notamment une infraction de fraude fiscale en bande organisée et un procureur financier à compétence nationale, ont été repoussés en septembre. Là aussi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à se mettre d’accord.  La nouvelle lecture par l’Assemblée et le Sénat, comme la lecture définitive par les députés, interviendra en septembre, a-t-on précisé dans l’entourage du ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies.  Pour le rapporteur de ces textes, le député PS Yann Galut, « après l’échec de la CMP, il était extrêmement compliqué de faire passer les textes avant la fin de la session extraordinaire de juillet en respectant le rythme de travail parlementaire, vu l’importance des divergences avec nos collègues du Sénat, qu’on ne peut balayer ».  Outre le désaccord sur le procureur financier, les désaccords ont porté sur la possibilité pour les associations anti-corruption de se porter partie civile, sur le recours à des techniques spéciales d’enquête ainsi que sur la possibilité pour l’administration fiscale de s’appuyer sur des documents d’origine illicite, au sujet de laquelle « les positions étaient trop éloignées entre les deux assemblées pour envisager de trouver un accord », a-t-il précisé en CMP, selon une source parlementaire.  Sur la transparence, les députés ont rétabli le texte de l’Assemblée, issu d’un compromis entre le gouvernement et la majorité: patrimoine consultable en préfecture mais non publiable, contrairement à ce que voulait François Hollande, le président de la République.  Seule notable différence: la suppression de la peine de un an de prison en cas de divulgation de la déclaration de patrimoine (45.000 euros d’amende seulement). Les députés ont aussi repris la mesure de la sénatrice Laurence Rossignol (PS) sur la transparence de la réserve parlementaire.  Au vu du parcours parlementaire chaotique du projet de loi, le coprésident du groupe écologiste François de Rugy a ironisé mardi: « décidément l’accouchement de la transparence en politique est long et, pour certains, douloureux ». Guy Geoffroy (UMP) a moqué les péripéties parlementaires du texte, « fruit d’arrangements jusqu’à la dernière minute entre la majorité de l’Assemblée nationale et ce qui reste des majorités disparates au Sénat ».

 

 

Transition énergétique : un débat confus et complexe

Transition énergétique : un débat confus et complexe

Pas simple la transition énergétique puisqu’il s’agit d’articuler trois problématiques parfois contradictoires : croissance, environnement, emploi. Une discussion générale n’est pas inutile mais elle devrait être déclinée par secteur économique pour prendre en comptes les réalités concrètes. Exemple, la question du transport où la commission européenne préconise l’ultra libéralisme qui conduit au tout routier alors que dans le même temps on prône  la rationalisation de l’utilisation des systèmes.  C’est dans chaque secteur qu’il faut identifier les contradictions et tenter de les résoudre à terme. Sinon on risque d’aboutir à un document très vague, théorique  et fourre-tout du type « Grenelle de l’environnement ». Comment être  moins dépendant du pétrole et du nucléaire, à quel coût et à quel rythme? Le débat national sur la transition énergétique a enfin commencé jeudi à aborder les questions de fond, après un démarrage lent et chaotique.  Le Conseil national, qui regroupe une centaine de représentants des différentes parties prenantes (Etats, élus, salariés, employeurs, ONG, consommateurs, parlementaires…) a discuté durant plus de quatre heures d’un document devant dresser un état des lieux du système énergétique, et poser les principales problématiques du débat.   »On a enfin abordé les sujets de fond », s’est félicité l’élu écologiste Yves Cochet, résumant le sentiment général.   »C’était chaud mais c’était bien », a résumé pour sa part la « facilitatrice » du débat, Laurence Tubiana, soulignant que chacun avait tenu à ce que ses positions soient évoquées dans ce document.  Lancé formellement fin novembre par le gouvernement, ce débat doit proposer des trajectoires pour parvenir à un système énergétique plus sobre et plus écologique, conformément à l’engagement de réduire la part de l’atome dans la production électrique de 75% à 50% en 2025, et de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.  La phase de décollage du débat avait été lente et marquée par des tensions avec des ONG et les entreprises, et les deux premières réunions du conseil national consacrées aux questions de procédure.  Même si les discussions sont restées courtoises, ce jeudi, les lignes de fractures déjà connues ont été clairement exprimées.   »Il y a des polarisations », a reconnu Mme Tubiana.  Parmi les sujets sensibles, le nucléaire a été mis sur le tapis par plusieurs intervenants. La CGT a présenté un plaidoyer des salariés de la centrale de Fessenheim contre sa fermeture, voulue par le gouvernement, tandis que l’ONG France Nature Environnement a contesté un chiffrage du coût réel du nucléaire.  Les questions de la décentralisation de la production énergétique, de l’emploi, ou encore de l’envolée des factures d’énergie ont également été posées.  Les travaux doivent aboutir à un document mi-février, qui servira de base à la poursuite du débat, qui jusqu’à juin sera animé par une série de groupes de travail au niveau national et se déclinera par des débats publics dans les régions, certaines ayant déjà devancé l’appel.  Le Conseil national devra ensuite de faire la synthèse en juillet et formuler des recommandations qui aboutiront à la rentrée à un projet de loi de programmation.   »Le débat n’est pas plié, la loi n’est pas écrite et les recommandations ne sont pas rédigées », a insisté Laurence Tubiana.  Alain Grandjean, président du Comité des experts, l’un des organes du débat, a averti que compte tenu de la complexité des enjeux, à la fois économiques, sociaux, environnementaux, il ne fallait pas « se noyer dans des milliers de considérations », étant donné qu’ »une loi de programmation, ce n’est pas un document de mille pages ».

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Sénat : pas de mixité dans les départements ; un débat surréaliste !

Sénat : pas de mixité dans les départements ; un débat surréaliste !

L’inutile sénat  a décidé de voter contre la mixité dans les assemblées départementales qui elles-mêmes ne servent à rien ; Pour résumer vulgairement, le conseil des vieux mâles d’une institution inutile ne veut pas de femmes dans les conseils départementaux qui sont tout aussi inutiles. Si on manque de compétitivité en France, on ne manque pas d’institutions politiques. Déjà les régions sont pléthoriques, une dizaine serait suffisante mais il faut y ajouter des départements aux réalités désuètes sans compter les syndicats intercommunaux et les communes ( qui tous votent sans état d’âme dépenses et impôts). Bref, l’armée mexicaine version politique française. Une armée de mecs évidemment !  Nouveau camouflet pour le gouvernement au Sénat: la Haute Assemblée, où la gauche est pourtant majoritaire, a rejeté, dans la nuit de jeudi à vendredi, la disposition clé du projet de loi instituant la parité dans les assemblées départementales. Par 164 voix contre 144, le Sénat a supprimé l’article du texte qui instituait un binôme de deux candidats composé obligatoirement d’un homme et d’une femme.  Quelques centristes se sont abstenus. Seuls les socialistes et les radicaux de gauche ont voté pour. Or, les socialistes, à eux seuls, ne disposent pas de la majorité à la Haute Assemblée. Ils ont besoin du renfort des voix communistes, écologistes et des radicaux de gauche. Le Sénat ne s’est pas encore prononcé sur l’ensemble du projet de loi et poursuit son examen aujourd’hui.  Sur le fond, François Hollande veut instituer la parité dans les assemblées départementales, qui ne comptent actuellement que 13,5% de femmes. À cette fin, l’Élysée entend diviser par deux le nombre de cantons. Dans les «supercantons» ainsi créés, le président souhaite que les électeurs, au moyen d’un seul bulletin, désignent – au scrutin majoritaire à deux tours – non plus un élu, mais deux. Et un de ces deux élus devra obligatoirement être une femme. Chaque candidat aux cantonales devra donc constituer un binôme avec un candidat du sexe opposé. En cas de victoire, ledit binôme remportera les deux sièges à pourvoir dans le canton. S’il est battu, l’un et l’autre auront perdu. Une fois élus, les deux conseillers départementaux (on ne dira plus «conseillers généraux») seront délivrés de toute solidarité et pourront adopter les positions de leur choix. C’est ce dispositif que le Sénat a rejeté jeudi soir.  L’hostilité de la Haute Assemblée à cette réforme ne devrait pas empêcher François Hollande de l’instituer. Jean-Marc Ayrault pourra demander aux députés de rétablir la disposition contestée par les sénateurs.  Le débat a été houleux, jeudi, dans l’hémicycle du Sénat. La tension était forte entre plusieurs sénateurs, souvent élus de longue date au scrutin majoritaire, et des sénatrices élues au scrutin proportionnel lors des sénatoriales de 2011. Éric Doligé, sénateur UMP du Loiret, a raconté qu’il venait d’assister à l’audience solennelle de rentrée du tribunal de grande instance de son département. «Il n’y avait que trois hommes sur dix-huit magistrats. Voilà où en est la “parité” dans bien des secteurs de notre société, a déclaré Éric Doligé. À quoi bon l’imposer par la loi au Parlement?»

 

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