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Débat primaire droite : ennuyeux et sans souffle

Débat primaire droite : ennuyeux et sans souffle

Certains s’attendaient sans doute à un pugilat et c’était une hypothèse possible compte tenu des animosités personnelles entre certains candidats de la droite. On a évité le combat de rue et c’est temps mieux. Mais on a assisté à un débat ennuyeux et sans souffle. Ennuyeux parce que la discussion est pratiquement impossible à 7 et qu’elle a été complètement cadenassée par le format imposé à la télé. Ennuyeux aussi parce que les candidats se sont embourbés dans des détails de leur politique macro économique difficilement compréhensible sans lien avec les aspects micro économiques et leurs conséquences concrètes pour le citoyen. Sans parler du flou relatif à la question centrale de la compétitivité notamment des 35 heures. Aucun n’a voulu dire clairement que le retour aux 39 heures se ferait sur une base de 35 heures. Même chose ou plutôt encore davantage de confusion sur la fiscalité des ménages. Paradoxalement ce sont des petits candidats qui ont été les plus clairs mais qui sont apparus un peu hors sol compte  tenue de l’impossibilité qu’il y avait d’approfondir la réflexion. Même chose aussi sur les retraites. Au terme du débat économique le sommeil a dû saisir nombre de téléspectateurs. Pas de grandes visions non plus sur les questions sociétales. Au total ce débat a souligné le manque de vision globale , le manque de souffle ; Un  débat terne peut-être lié au fait que les deux principaux candidats à savoir Juppé et Sarkozy ont tenté de ne pas trop déplaire aux deux autres candidats pour récupérer leurs voix  au second tour de la primaire ; Au terme de ce débat les électeurs  lecteurs ont confirmé la préférence déjà exprimée dans les sondages précédents cette prestation télévisée.  Selon deux enquêtes des instituts Elabe et Opinionway réalisées en fin d’émission, les téléspectateurs ont jugé le maire de Bordeaux le plus convaincant, devant Nicolas Sarkozy, Bruno le Maire et François Fillon.

Débat primaire : Sarkozy attaqué sur les affaires

Débat primaire : Sarkozy attaqué sur  les affaires

Sur les affaires ce sont surtout Copé et Lemaire qui ont le plus attaqué Sarkozy ;  un Sarkozy par ailleurs très tendu et sans doute mal à l’aise de se trouver à égalité avec les six autres candidats. Copé considérant qu’une personne qui a été mise en examen ne pouvant décemment être Candidat  ni à la primaire, ni à la présidentielle. Le maire de son côté a souhaité que soient publiés les casiers judiciaires de chaque candidat des les attaques directes vis-à-vis de Sarkozy mais aussi Juppé. Du coup Sarkozy en position défensive à contre-attaqué  en indiquant qu’il n’avait jamais été condamné et que les allusions dans ce domaine étaient infamantes. Nicolas Sarkozy a donc pris à partie jeudi certains de ses rivaux de la primaire présidentielle à droite, François Fillon au premier rang, qui ont multiplié les références aux affaires judiciaires dans lesquelles apparaît le nom de l’ex-président. « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent », a réagi l’ancien chef de l’Etat lors du premier débat entre les sept prétendants. Fin août, François Fillon avait adressé une formule assassine à Nicolas Sarkozy, mis en examen notamment dans l’affaire de ses comptes de campagne de 2012, également connue sous le nom d’affaire Bygmalion – « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? », avait lancé l’ancien Premier ministre. D’autres concurrents de Nicolas Sarkozy, comme Jean-François Copé qui estime qu’un responsable mis en examen ne peut être candidat à l’investiture, ont glissé des sous-entendus sur le même thème durant la campagne, qui doit se dénouer fin novembre. « Mon casier, après 37 ans de vie politique, est vierge. Je n’ai jamais été condamné. Depuis cinq ans, je suis sans doute le Français qui a été le plus écouté, perquisitionné, interrogé. Pour quel résultat ? Cinq non-lieux », leur a rétorqué Nicolas Sarkozy, sans s’adresser directement à eux. « Je ne serai plus jamais du côté de ceux qui hurlent avec la foule », a encore dit Nicolas Sarkozy. Interrogés par les journalistes du Figaro, de RTL et de TF1 sur les différentes affaires qui ont empoisonné ces dernières années le climat à droite, les candidats concernés ont toutefois évité l’esclandre. « Les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote. S’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas », s’est contenté d’affirmer Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d’intérêts dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. De même, Jean-François Copé s’est défendu de viser Nicolas Sarkozy lorsqu’il affirme qu’il n’aurait pas présenté sa candidature s’il avait été inquiété dans l’affaire Bygmalion. Bruno Le Maire, qui brigue lui aussi l’investiture de la droite, s’est dit favorable à la publication du casier judiciaire des candidats aux élections.

(Avec Reuters)

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

Premier débat à droite : des candidats très coincés

 

 

Ce que l’on retiendra sans doute de ce premier débat c’est qu’il fut relativement insipide. En fait on n’a rien appris de nouveau de chacun des prétendants. Des prétendants par ailleurs très tendus surtout Sarkozy.  ligotés aussi par le format de l’émission qui leur laissait le plus souvent une minute ou 30 secondes pour s’exprimer globalement,  les participants sont parvenus à éviter la foire d’empoigne avec cependant des attaques  personnelles parfois très durs. D’une certaine manière les deux principaux candidats à savoir Sarkozy et Juppé se sont neutralisés et le rapport de force finale est en faveur du maire de Bordeaux d’après les sondages les plus autres candidats ont tenté d’exister notamment Fillon qui a tenté de se singulariser avec le radicalisme de ses positions. Copé lui a contesté la légitimité de ceux  qui ont été mis en examen, il visait évidemment d’abord Sarkozy mais aussi Juppé.  Lemaire et  NKM ont trop voulu se montrer comme des prétendants hors système avec des propositions un peu hors-sol,  finalement poisson  à Puteaux a tire son épingle du jet du jeu en se faisant connaître. Bref comme il fallait s’y attendre ce spectacle médiatique n’est pas de nature à apporter des éclairages très pertinents et surtout nouveaux sur les positions des un et des autres en matière économique notamment les orientations sont parues assez confuses. Au total un débat assez conventionnel et qui a plutôt ennuyé.  Alain Juppé, favori des sondages, et Nicolas Sarkozy, pour qui il devient urgent d’enrayer une dynamique défavorable, ont décliné une partition connue. Pour le maire de Bordeaux, un « Etat fort » à même de remettre la France sur la voie du « plein emploi » et de l’ »optimisme », pour l’ancien président « une France de l’action » succédant à « la France du bavardage » dans une « alternance forte, énergique, immédiate, concrète » au service de « la majorité silencieuse ». Dans ces deux registres éprouvés, les deux hommes se sont neutralisés, Alain Juppé optant stratégiquement pour une prudente réserve, Nicolas Sarkozy, crispé tout au long de l’exercice, pour un volontarisme rappelant les campagnes de 2007 et 2012. Ce sont les « outsiders » qui ont ménagé surprise et intérêt, notamment le plus méconnu d’entre eux, le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, crédité de 0,5% à 2% dans les sondages, qui a marqué sans complexe ses différences, sur le revenu universel, la laïcité ou les fichés S. La seule femme candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ravi à Bruno Le Maire, emprunté, le privilège de la nouveauté en invitant les électeurs à refuser la « nostalgie »: « Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées ». « Passez à autre chose », a déclaré pour sa part l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire qui s’est efforcé difficilement de déclarer hors-jeu « le clan des redoublants », pour reprendre une expression de son porte-parole Damien Abad. « Si vous voulez continuer comme avant, vous avez tout ce qu’il faut sur ce plateau », a-t-il lancé en préambule, à quelque distance des pupitres d’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. « On a gouverné ensemble pendant cinq ans », leur a rappelé l’ancien président au début des échanges. Le député de l’Eure dispute à François Fillon la place de troisième homme dans le scrutin, sans précédent à droite, des 20 et 27 novembre. Marquant sa singularité, notamment par la radicalité de ses propositions économiques et sa position isolée sur le dossier syrien, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui se défie des sondages, a appelé à déjouer les pronostics. « Ce que ce débat a montré ce soir, c’est qu’il n’y a pas deux candidats qui ont déjà gagné le premier tour de la primaire », a-t-il dit en conclusion. La palme de l’offensive, au risque parfois de l’agressivité, revient à Jean-François Copé, crédité de 2% dans les sondages les plus flatteurs, qui a joué son va-tout en décochant plusieurs traits à Nicolas Sarkozy, à sa droite, auquel il ne pardonne pas de l’avoir mis en cause dans l’affaire Bygmalion. D’emblée, le député-maire de Meaux, qui dirigea la majorité à l’Assemblée sous Nicolas Sarkozy, s’en est pris à celui-ci en l’accusant de ne pas avoir honoré ses engagements. « Il y a dix ans, en 2007, j’avais comme des millions de Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy pour notre pays (…). Cette rupture, malheureusement on l’a pas faite », a-t-il lancé d’entrée. Nicolas Sarkozy, qui a dit par la suite avoir été « fair-play » pour pouvoir « rassembler » à l’avenir, est sorti de ses gonds lorsque Jean-François Copé lui a reproché ainsi qu’à François Fillon, qui a « la mémoire qui flanche », d’avoir été défavorables à la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. « C’est nous les députés qui l’avons faite passer ». « Ce n’est pas toi qui nous l’a imposée, tu étais bien incapable d’imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit », a répliqué Nicolas Sarkozy. La tension a été palpable lors de l’évocation des affaires judiciaires qui plombent la droite depuis des décennies. A Bruno Le Maire, qui souhaite que les prétendants à un mandat électif dévoilent leur casier judiciaire, Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d’intérêts, a lancé : « Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno. » « Aujourd’hui, les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote, s’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas », a-t-il dit. Nicolas Sarkozy, échaudé par les déclarations liminaires de François Fillon sur l’exemplarité politique, a lâché, à propos de sa formule — « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? » –: « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent ». Jean-François Copé a enfoncé le clou sur l’affaire Bygmalion, dans laquelle il a été blanchi et pour laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen, en renvoyant chaque candidat à sa « conscience ». François Fillon, la voix étranglée par l’émotion, a dû pour sa part à nouveau démentir avoir demandé à l’actuel secrétaire général de l’Elysée de « ruiner judiciairement » Nicolas Sarkozy. « Ce n’était pas un combat de boxe, on pouvait s’expliquer, il y a eu des moments d’émotion (…) moi ça m’a plu (…) C’était propre », a voulu résumer Nicolas Sarkozy à des journalistes après le débat, où il a difficilement dissimulé son irritation. Le débat a porté sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité, ainsi que les questions économiques. Même si leurs programmes ont pour axe commun une politique libérale au profit des entreprises, les candidats se sont affrontés sur les 35 heures, les mesures fiscales, les retraites. « Je ne serai pas le Martine Aubry de droite. C’est-à-dire qu’on a eu une obsédée des 35 heures, on ne va pas être des obsédés des 39 heures », a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy à l’adresse de François Fillon et Alain Juppé qui prônent, dans des modalités différentes, un allongement de la durée hebdomadaire du travail. Au chapitre de l’immigration, Alain Juppé, qui a défendu sans emphase son concept contesté d’identité « heureuse », et Nicolas Sarkozy, critiqué pour avoir invoqué la lignée des « Gaulois », ont été critiqués par les « petits » candidats. « Entre l’identité heureuse et l’identité gauloise, il y a une troisième voie qui est l’identité républicaine », a dit par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet. (Avec Reuters)

 

Débat Trump –Clinton : match nul, vraiment nul

Débat Trump –Clinton : match nul, vraiment nul

 

Un débat qui se conclut par un match nul vraiment nul puisque consacré pour l’essentiel à des attaques personnelles. Une vraie caricature de confrontation à la télévision pourtant dans l’une des plus grandes démocraties du monde. C’est tout juste s’il a été possible d’aborder d’autres sujets comme la Syrie,l’immigration, la santé ou l’environnement. De quoi vraiment s’interroger sur le support médiatique que constitue la télévision car inévitablement le spectacle tourne au cirque et les sujets de fond sont traités de manière caricaturale et superficielle. Un débat qui dans la forme pourrait bien inspirer la primaire de la droite en France. Droite où on voit ce multiplier aussi les attaques personnellss. Le format de ces émission sert peu la cause démocratique. . Le récent débat avec Juppé sur France 2 a démontré à cet égard les limites de l’exercice. La faute aussi aux animateurs et aux intervenants qui visiblement n’étaient pas à la hauteur ce jour-là. Pendant plus de 90 minutes, Hillary Clinton et Donald Trump se sont donc écharpés à l’université Washington de Saint-Louis, dans le Missouri, lors du deuxième débat télévisé. Et c’est le républicain qui lancé les hostilités pour tenter de sauver sa campagne, en attaquant Bill Clinton sur ses frasques sexuelles. Chose rare dans l’histoire politique américaine, Donald Trump a même promis d’envoyer sa rivale en prison s’il était élu à la Maison-Blanche. Dans la tourmente après la divulgation par le Washington Post d’une vidéo dans laquelle on le voir tenir des propos obscènes à l’endroit des femmes, le magnat de l’immobilier a opté pour un affrontement personnel. « Je n’en suis pas fier, je me suis excusé auprès de ma famille et des Américains », a-t-il lancé en évoquant la vidéo. Mais il a aussitôt rebondi sur les frasques supposées de Bill Clinton, « bien pires« , selon lui. Le républicain affirme en effet que l’ancien président avait « abusé des femmes ». Durant ce débat d’une extrême violence, toutes les polémiques ont été évoquées. Affaire des e-mails d’Hillary Clinton, drame de Benghazi ou gaffe de la démocrate sur les électeurs « pitoyables » de Trump.  »Si je gagne, je vais donner l’ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu’il n’y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées« , a-t-il lancé.  Hillary Clinton ne s’est pas non plus privée d’user de critiques personnelles. La démocrate est bien évidemment revenue sur la vidéo dans laquelle son rival tient des propos machistes, mais également sur son mépris envers les minorités. Pour preuve, son altercation avec les parents du soldat Khan, un musulman tué en Irak. On a tout juste effleuré quelques questions essentielles comme la Syrie, la santé ou encore l’environnement et encore avec une brutalité très théâtrale.

Primaire EELV : un débat, quatre candidats et quelques électeurs

Primaire EELV : un débat, quatre candidats et quelques électeurs  

Premier débat des écolos très médiatique sur la chaîne très marginale de LCP (pourtant qui produit parfois de belles émissions mais très coûteuses) .4 candidast, sans doute quelques téléspectateurs et une perspective de 2% environ pour 2017. Pour résumer les écolos gauchistes proposent  le revenu universel, les 32 heures, la libéralisation du cannabis (trois propositions cohérentes !) et un peu d’écologie. 2% en 2017, encore moins que le score catastrophique d’Eva Joly.  Pendant 1h30, les quatre candidats à la primaire écologiste – Cécile Duflot, Yannick Jadot, Karima Delli et Michèle Rivasi – se sont fait face mardi soir sur LCP. Ou plutôt ils ont répondu, chacun leur tour dans une ambiance détendue, à plusieurs questions et fait valoir leurs propositions. Sans surprise : il y a peu de différence de fonds entre eux. « Comme [untel] l’a dit », a-t-on entendu à plusieurs reprises tout au long de ce premier débat télévisé. « Est-ce que vous connaissez une famille politique où il y a autant d’harmonie? », a même lancé Cécile Duflot. Principale – voire unique – différence entre les candidats : le montant d’un éventuel revenu universel de base. Une fourchette allant de 524 euros pour Yannick Jadot à 1.000 euros pour l’ancienne ministre du Logement. Des petites divergences sur la manière de passer à une 6e République ont également été évoquées, chacun évoquant toutefois la nécessité que le futur chef de l’Etat soit le dernier « président monarque ». Sur la légalisation du cannabis, la critique de la loi Travail ou du bilan environnemental du gouvernement actuel… Les quatre sont d’accord. Quel que soit le vainqueur de la primaire, il devra porter le programme d’EELV actuellement élaboré via une plateforme participative. C’est lorsqu’ils ont été interrogés sur le programme notamment écologique de Jean-Luc Mélenchon que le ton est monté. Non pas entre eux, mais à l’encontre du candidat de La France insoumise. Si Michèle Rivasi a reconnu qu’il s’était « écologisé », Yannick Jadot a vivement critiqué son positionnement à l’international notamment sur la Syrie. « Qui dans ce pays soutient Poutine? C’est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon », a-t-il déploré, affirmant que l’écologie « n’est pas simplement brasser des économies bleues de la mer », en référence au programme de l’ancien leader du Front de gauche. « Nous n’avons plus besoin du grand frère socialiste, nous n’allons pas adopter un petit frère », a fait valoir Karima Delli. Un « petit frère » qui est entre 10 et 12% dans les sondages quand EELV n’atteint pas les 3%, comme l’a rappelé le journaliste.

 

Débat télévisé CLINTON-TRUMP : match insipide avec avantage à Hillary

Débat télévisé CLINTON-TRUMP : match insipide avec avantage à Hillary

 

 

Il ne fallait évidemment pas s’attendre à un débat de haute tenue dans ce match entre les deux candidats à la magistrature suprême. Un débat encore plus nul que ce qu’on peut connaître en France. Pour résumer Trump promet des emplois, Hillary aussi. Trump veut baisser les impôts, pas pour lui puisqu’il se débrouille pour ne pas en payer. Trump se mélange les pieds sur la politique étrangère et ne se souvient plus qu’il était en faveur de l’intervention militaire en Irak. Suivent surtout des attaques personnelles réciproques. Bref du cirque où d’après les premiers sondages Hillary aurait fait le meilleur numéro. Le compte rendu que fait le Parisien de ce match rend bien compte de l’indigence du débat :

 

« 3h05. Hillary Clinton, « Il faut de nouveaux emplois, des emplois de qualité. Il faut une économie plus équitable, en augmentant le salaire minimum ». Hillary Clinton se tourne vers Trump. Dans un sourire, elle rappelle que l’enjeu du débat de ce soir est de savoir qui sera capable de présider à la destinée des Etats-Unis. Donald Trump lui répond.   »Nous devons empêcher nos emplois de partir à l’étranger. » Il promet des baisses d’impôts massives et la renégociation des accords de libre échange.  « C’est un plan pour les nantis ! C’est un plan à la Trump. Il a eu beaucoup de chance dans la vie, en empruntant 14 millions de dollars à son père. » Elle insiste sur les différences de parcours entre elle et son concurrent.  

 

3h10. Donald Trump souligne la responsabilité des démocrates dans les difficultés économiques du pays. 

 

3h18. Clinton égrène ses propositions pour créer des emplois, comme la pose de panneaux solaires. Trump enchaîne sur la politique énergétique et l’endettement du pays. « Nous devons faire mieux, nous devons être plus efficaces pour maintenir les emplois. Regardez le Michigan et l’Ohio ! Hillary, vous jouez à ce jeu depuis 30 ans ! »

 

3h21. Le ton monte. Donald Trump renvoie Hillary Clinton au bilan de son mari Bill, signataire de l’Accord de libre-échange nord-américain (Nafta). Il lui demande ce qu’elle pense de l’accord transpacifique signé par le président Obama, que l’ancienne sénatrice a désapprouvé. 

Trump répète sa promesse de baisses d’impôts, « la plus importante depuis Reagan ». « Vous allez les augmenter ! », lance-t-il. Clinton nuance : elle veut taxer davantage les plus riches. Elle assure que son plan peut créer 10 millions d’emplois.

 

 

3h29. Trump s’explique sur sa déclaration de revenus. « Je publierai ces documents quand elle aura transmis ses 33 000 mails effacés! » tente Trump. Clinton s’engouffre dans la brèche : « Je crois qu’il a quelque chose à cacher. Il n’est peut-être pas aussi riche et généreux qu’il le prétend ». 

 

3h37. Au tour de Clinton d’évoquer l’affaire des emails diplomatiques adressés via une messagerie privée lorsqu’elle était secrétaire d’Etat. « C’était une erreur », plaide la candidate. 

 

3h39. Donald Trump évoque le mauvais état des infrastructures américaines. Il évoque le gaspillage d’argent à l’étranger. Clinton revient sur le parcours du businessman Trump.  »Beaucoup de personnes ont été flouées par vous ! Vous avez refusé de les payer une fois les travaux terminés. » Défense de Trump : « Ce ne sont que des mots. J’ai utilisé le cadre légal. Elle ne vous dit pas qu’il y a des milliers de personnes qui m’adorent ». 

 

3h45. Lester Holt demande aux candidats de s’exprimer sur les tensions raciales et les bavures qui touchent les minorités. Clinton reproche à Trump de donner une image uniquement négative des communautés noire et hispanique. Elle est contre les contrôles au faciès et les fouilles au corps sans motif. Trump assure pourtant que cette politique est efficace. « Je suis allé partout, dans ces villes, contrairement à vous, vous restiez chez vous », lance le républicain. « Je me préparais pour être présidente des Etats-Unis », répond Clinton. Applaudissements dans la salle.  

 

4h00. Le modérateur demande à Trump pourquoi il a longtemps mis en doute la nationalité américaine du président Obama. « Il a montré son certificat de naissance, j’ai fait du bon travail ». Il essaie de contourner la question en revenant sur les relations inter raciales aux Etats-Unis. Clinton : « Donald a commencé sa carrière politique sur la base d’une affirmation raciste. Dans les années 1970, il a été poursuivi pour discrimination raciale car il refusait de louer ses appartements à des Afro-américains. Il a un lourd passif en la matière ». 

 

4h08. Clinton pointe les amitiés troubles de Trump avec le président russe Vladimir Poutine. La sécurité informatique est présentée comme un enjeu majeur. 

 

 

4h13. Clinton : « Il faut redoubler nos frappes contre Daech. Ils ont des armes et des combattants venus de l’étranger. C’est une priorité absolue. Il faut couper la tête du mouvement. Trump : « La manière de sortir d’Irak était une catastrophe. Si on avait laissé des troupes là-bas, on en serait pas là. Si nous avions pris le pétrole, l’Etat islamique n’aurait pas pu se former. Maintenant l’EI est aussi en Lybie ». Clinton :  »Messieurs les vérificateurs d’information, il y a du travail ! ». 

 

4h15. L’Otan ? « Il y a 28 pays dans l’Otan, beaucoup d’entre eux ne payent pas leur part. Ils devraient au moins nous payer ce qu’ils nous doivent. Ils ne sont pas concentrés sur le terrorisme. Ils viennent d’ouvrir un département antiterroriste. Nous payons 73% des frais ». 

« Daech a vu le jour dans ce vide créé par la secrétaire d’Etat et Barack Obama, ça n’aurait pas dû arriver ». Le modérateur lui demande pourquoi, en 2002, il était pour la guerre en Irak.   »Je n’étais pas en faveur de la guerre en Irak. C’est un mensonge des médias ! », s’emporte Trump.  

 

4h23. Donald Trump digresse et s’en prend au « tempérament » de Clinton. « OK ! », sourit la candidate d’un air moqueur, avant de reprendre la parole. Rires dans la salle.

 

4h26. Trump critique la normalisation des relations avec l’Iran : »La plus grande menace qui pèse sur nous est l’arme nucléaire, pas le réchauffement climatique ».  Il évoque la Corée du Nord, puis le Yémen. Il dénonce le versement de fonds (« 400 Mds de dollars ») à Téhéran. 

Clinton :  »Les paroles importent lorsque vous briguez la présidence. Je souhaite rassurer nos alliés. Nous avons des accords, il est crucial que la parole des Etats-Unis soit respectée ». Elle demande à Trump quelle est l’alternative pour battre Daech. « Il dit qu’il a un plan secret. En fait, il n’a pas de plan ».

 

4h34. Trump : « Je veux aider tous nos alliés. Mais nous perdons des milliards, nous ne pouvons pas être la police du monde. Tous les problèmes que nous avons, elle aurait pu les résoudre il y a dix ans ».

Les dernières minutes du débat sont très tendues. Trump s’en prend personnellement à Clinton : « Elle n’a pas l’endurance. Pour être président de ce pays, vous avez besoin d’une énergie phénoménale »

 

Clinton : « Quand il aura visité 112 pays pour négocier des accords de paix, un cessez-le-feu, libérer des dissidents et témoigner 11 heures devant un comité commercial, là il pourra nous parler d’endurance ! » Réponse de Trump  »Elle a de l’expérience d’accord. Mais une mauvaise expérience. »

 

Clinton lâche ses coups et pointe le sexisme de son adversaire.  « Il traite les femmes de truies, de chiennes, dit que la grossesse est un inconvénient, il contre la parité des salaires. » Trump :  »J’allais dire quelque chose de très méchant sur votre famille…. mais je me suis retenu ». 

 

 

Ou l’exemple d’un débat démocratique à l’époque Néandertalienne

 

 

 

«Nullité du débat politique»(Juppé)

«Nullité du débat politique»(Juppé)

 

Au moins un jugement pertinent : la nullité du débat politique constatée par Alain Juppé ; notons en particulier la dérive thématique sur les questions identitaires qui permettent notamment de faire l’impasse sur les questions sociales,  économiques et financières Un tweet matinal et lapidaire. À 6h30 ce jeudi, le favori des sondages pour la primaire de la droite, Alain Juppé, a publié sur son compte Twitter un message dans lequel il épingle son principal adversaire, Nicolas Sarkozy. Au centre de sa colère, les récents propos de l’ex-patron des Républicains sur «nos ancêtres les Gaulois». L’édile de Bordeaux est indigné et évoque la «nullité du débat politique», souhaitant «que l’on parle d’avenir». Quelques heures plus tard lors de son déplacement à Tours en marge du 123ème Congrès national des Sapeurs-pompiers, il insiste: «Pour moi faire campagne, ce n’est pas dire une incongruité chaque jour pour faire parler de soi».  Lundi, lors d’une réunion publique à Franconville (Val d’Oise), Nicolas Sarkozy a affirmé que «nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez Français, vos ancêtres sont Gaulois». Des propos qui n’ont pas manqué de déclencher de vives réactions chez ses adversaires politiques. Après sa sortie sur le climat la semaine précédente, c’est la phrase de trop pour Alain Juppé. Un sentiment d’exaspération partagé par François Bayrou. Ce jeudi sur LCI, le patron du MoDem, potentiel candidat à la présidentielle, a lui aussi jugé «le débat politique désespérant». «Nicolas Sarkozy a choisi de rechercher le succès électoral par la division du pays (…). Pour lui, c’est en disant des phrases les plus choquantes qu’on a des voix», a-t-il tranché, avant de redire son entier soutien à Alain Juppé. . Alors que l’ex-chef de l’État multiplie les sorties fracassantes sur le thème de l’identité, le maire de Bordeaux veut maintenir son cap et conserver son positionnement rassurant. Comme il l’a expliqué mardi à l’hebdomadaire La Vie : «Je suis violemment modéré».

 

 

Brexit : le débat dépare, une députée tuée

Brexit : le débat dépare, une députée tuée

La violence du débat concernant le Brexit au Royaume-Uni est sans doute responsable indirectement de l’assassinat de la députée britannique. Un assassinat par un extrémiste de droite appartenant à une organisation raciste, organisation qui milite pour la sortie de l’union européenne. D’une certaine manière, les deux camps sont responsables du climat de violence qui s’est développée dans le cadre de ce débat. L’excès et la caricature ont marqué une campagne qui finalement s’est polluée en se focalisant notamment sur la question de l’immigration.  La députée britannique Jo Cox a été mortellement blessée par balle en pleine rue jeudi dans le nord de l’Angleterre, provoquant une vague d’émotion dans le pays et la suspension de la campagne électorale en vue du référendum du 23 juin sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Jo Cox, une élue travailliste de 41 ans favorable au maintien de son pays au sein du bloc communautaire, a été agressée alors qu’elle se préparait à tenir sa permanence électorale hebdomadaire à Birstall, près de Leeds, une localité de sa circonscription. . D’après les médias britanniques, l’agresseur, qui a été arrêté, a ouvert le feu sur la députée et l’a poignardée dans des circonstances encore confuses. Hospitalisée à Leeds dans un état grave, Jo Cox a succombé peu après à ses blessures. Partisans et adversaires de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont suspendu leur campagne pour la journée, voire pour vendredi dans le cas des défenseurs du maintien (« Remain »). L’Union Jack flottant au-dessus des chambres du Parlement à Londres a été mis en berne et des centaines d’habitants de Birstall ont assisté à une veillée funèbre. Le Premier ministre David Cameron a annulé un déplacement à Gibraltar et déploré une « tragédie ». « C’était une députée engagée et dévouée. Mes pensées vont à son époux Brendan et à leurs deux jeunes enfants. » Brendan Cox a déclaré que son épouse aurait « souhaité deux choses par-dessus tout: que ses enfants soient entourés d’amour et que tout le monde s’unisse contre la haine qui l’a tuée ». Selon des témoignages recueillis par la presse locale, l’agresseur a crié « Britain First » (La Grande-Bretagne d’abord), nom d’une organisation de droite qui se décrit elle-même comme « un parti politique patriote et une organisation de défense de rue ». Jayda Fransen, numéro 2 de Britain First, a qualifié cette agression d’ »absolument abjecte » et a souligné que l’expression « Britain first » était également un slogan employé par les partisans du Brexit dans leur campagne électorale. (Avec Reuters)

Grand débat Martinez et Berger : le marxisme contre le réformisme

Grand débat Martinez et Berger : le marxisme contre le réformisme

 

Le débat entre Philippe Martinez patron de la CGT et Laurent Berger patron de la CFDT a confirmé l’opposition idéologique entre les deux organisations concernées. Philippe Martinez s’inscrit dans une vision syndicale traditionnelle et dépassée d’un syndicalisme nourri de la pensée marxiste qui veut rompre avec le capitalisme et refuse toute concession aussi bien avec le patronat qu’avec le gouvernement. De son côté Laurent Berger incarne la ligne réformiste est donc plus moderne d’un syndicalisme contemporain qui cherche avant tout à obtenir des satisfactions pour les salariés en acceptant des compromis. La vision de Philippe Martinez est forcément étatiste et centraliste tandis que le leader de la CFDT propose une démarche plus décentralisée et plus démocratique. D’où cet affrontement fondamental sur la philosophie de l’article 2 de la loi travail défendue par la CFDT qui permet de décentraliser le débat social au plan de l’entreprise et d d’y négocier des accords. À l’inverse, le responsable de la CGT entend imposer des normes nationales et craint  sans doute aussi que dans les petites et moyennes entreprises les salariés soient davantage incités à accepter des compromis en tenant compte de leurs situations concrètes. Laurent Berger et Philippe Martinez se sont trouvés face-à-face pour la première fois dans Le Grand Débat sur RTL. Les deux syndicalistes, respectivement leaders de la CFDT et de la CGT, ont confronté leurs arguments concernant la loi Travail. Nous sommes entrés au cœur de l’opposition entre ces deux syndicats avec une forme de constat d’échec, au bout de ce débat.  Laurent Berger a expliqué que l’on devait contester, négocier, puis s’engager pour éviter des suppressions de trop d’emplois ou empêcher des fermetures de site. De l’autre côté, la réponse de Philippe Martinez est que tout cela constitue des reculs partiels, que l’on accepte le moins pire. Deux visions s’affrontent. D’un côté, la concession, portée par Laurent Berger, pour avancer et sauver le syndicalisme. De l’autre, la CGT appelle à refuser tout bonnement la concession demande aux actionnaires et aux PDG de partager l’argent et le capital.

 

(Avec RTL)

Loi travail : un débat public nul (CFDT)

Loi travail : un débat public nul (CFDT)

 

 

Laurent Berger secrétaire général de la CFDT a raison sans doute de considérer que le débat public à propos de la loi travail constitue souvent une caricature, il faut d’ailleurs observer que la plupart du temps les médias ne donnent la parole qu’aux opposants et surtout aux plus radicaux. Du coup ceux qui soutiennent ce texte peu ou pas entendus. En cause surtout l’instrumentalisation d’une loi (pourtant largement rééquilibrée) à des fins politiques par la droite et le Medef qui considèrent que ce texte  a été vidé de son sens, par l’extrême gauche qui au contraire considère cette réforme du droit du travail comme un cadeau au patronat. La vérité est évidemment plus complexe mais cette  complexité s’accommode mal des oppositions partisanes et simplistes. Invité de BFMTV, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déploré que le contenu de ce projet de loi ne soit pas davantage mis en avant. « On en parle finalement très peu et parfois on entend tout un tas de choses sur cette loi et même des éléments contenus dans la première version (du texte, ndlr) », a-t-il regretté. Le syndicaliste rappelle à ce sujet que cette première mouture « inacceptable » avait été amendée par l’exécutif, « à tel point « que nous avons obtenu une réécriture en profondeur de ce texte ». Lui-même est aujourd’hui favorable à ce texte car « il y a une aspiration à créer des normes et des droits pour les salariés au plus près de là où sont leurs réalités ». Le leader de la CFDT a néanmoins regretté « un déficit de pédagogie, d’explication, même de débat collectif ». « Moi ce qui m’intéresse c’est le contenu. Le débat public dans ce pays est en-dessous de 0, en dessous de la ligne de flottaison. On ne discute pas des contenus; on discute des postures, des jeux politiciens et tactiques. Cela ne m’intéresse pas », a-t-il soupiré. Un manque de pédagogie dont fait preuve le chef de l’État. François Hollande ferait « mieux de dire ‘voilà ce qu’il y a dans cette loi’ », juge ainsi Laurent Berger. Avant d’ajouter qu’ »il faudrait expliquer quel est le sens de tout cela ». « Il (François Hollande, ndlr) ne sait pas expliquer. Il a une difficulté à expliquer le cap, le contenu d’une loi, ce qu’est le progrès », a-t-il insisté.

 

(Avec RTL)

TAFTA (TTIP) : « pour un vrai débat (Valls)

TAFTA (TTIP) : « pour un vrai débat (Valls)

 

Le traité transatlantique concernant les normes, environnementales et sanitaires suscitent de plus en plus d’interrogations concernant la position de la France. Du coup, Manuel Valls se déclare pour un vrai débat. François Hollande lors de son allocution télévisée sur France 2 avait affirmé que la France pouvait dire non à ce traité s’il n’était pas satisfaisant. Mais les négociateurs européens et américains avaient considéré que les oppositions  avaient été réglées. En outre récemment les secrétaires d’État allemand et français s’étaient mis d’accord sur une position commune concernant ce traité. Un traité par ailleurs très soutenu par Merkel et qui a fait l’objet d’une rencontre entre Obama, Hollande, Merkel et Cameron ces jours derniers en Allemagne ;  aucune divergence entre l’Allemagne et la France n’a été évoquée publiquement. Du coup il y a vraiment de quoi nourrir des interrogations sur la position réelle de la France. Interrogé sur le partenariat transatlantique en négociations entre Bruxelles et Washington, le Premier ministre s’est dit inquiet de voir l’opinion croire à une « négociation cachée » qui « nourrit tous les fantasmes ». Manuel Valls a déclaré vouloir un « vrai débat » dans la société concernant le traité « Tafta » (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) aussi appelé « TTIP » lors d’un débat mardi 3 novembre avec des étudiants de Sciences Po à Paris. Cet accord en négociations entre Bruxelles et Washington vise à éliminer les barrières commerciales entre les deux continents et à réduire les obstacles aux échanges de biens et de services entre l’UE et les Etats-Unis. « Il faut qu’il y ait un vrai débat dans la société sur ce traité« , a déclaré le chef du gouvernement. Le traité est dans le viseur notamment de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite qui s’inquiètent des effets de l’ouverture des marchés et d’une perte de souveraineté. Le chef du gouvernement a jugé « insupportable » l’impression d’une « négociation cachée » au sujet de ce traité commercial, dont les négociations sont régulièrement critiquées par ses opposants pour leur manque de transparence. « Quand il y a ce sentiment-là, il nourrit tous les fantasmes« , a déclaré le Premier ministre, qui a également réclamé « la plus grande transparence, les conditions pour une véritable réciprocité entre l’Europe et les Etats-Unis, et la protection de nos valeurs et de nos biens ». « C’est un débat loin d’être terminé », a-t-il ajouté. « Nous voulons favoriser un débat public sur cette question-là », a encore affirmé le Premier ministre.

(Avec AFP)

 

Chômage: El Khomri -Rebsamen débat méthodologique bidon

Chômage: El Khomri -Rebsamen débat méthodologique bidon

On se souvient que l’ancien ministre du travail Rebsamen avait  fortement critiqué la crédibilité des statistiques de pôle emploi, aussi le fait que le ministère du travail ne gère pas vraiment la loi du même nom. Concernant les statistiques le débat méthodologique ne présente pas beaucoup d’intérêt. En effet la différence entre les statistiques de pôle emploi et les statistiques du bureau international du travail (BIT) provienne du fait que dans un cas on enregistre  les chômeurs qui ne recherchent pas vraiment un emploi et pas dans l’autre. Sur cette base on pourrait sans doute retirer près d’un million de personnes qui ne recherchent pas vraiment un travail mais qui sont pourtant enregistrés comme demandeurs d’emploi. De toute manière les statistiques chômages sont à prendre avec des pincettes ce qu’avait d’ailleurs indiqué l’autorité de la statistique (voir ci-dessous), ce qu’avait dit aussi l’ancien ministre du travail ;  pourtant Myriam el Khomri à renvoyé Rebsamen dans ses baskets.  «Les chiffres de Pôle emploi sont fiables parce qu’ils sont validés par l’Autorité de la statistique», lui a-t-elle rétorqué sèchement. Tout en tentant d’expliquer les différences, réelles, avec ceux du BIT. «Ils ne comptabilisent pas la même chose, a-t-elle reconnu. Il y a des seniors qui ne sont pas obligés à la recherche d’emploi qui sont comptabilisés à Pôle emploi mais ne le sont pas par le BIT. Il y a des distinctions. D’ailleurs, d’après le BIT, le taux de chômage a baissé en 2015 alors que, de façon globale, il n’a pas baissé selon Pôle emploi». Curieuse manière, soit dit en passant, de ne pas dire qu’il a augmenté…

 

 

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Recommandation de l’autorité des statistiques

Avis no 2014-01 du 26 mars 2014 :

 

: 1. Publier sur une base annuelle des séries révisées en droits constatés (séries « avec recul ») issues du fichier historique statistique des demandeurs d’emploi ; 2. Publier, au cas par cas, les séries rétropolées tenant compte des incidents et des changements de procédure ; 3. Ajouter à la publication mensuelle des DEFM un commentaire privilégiant la tendance des derniers mois ; 4. Attirer l’attention des lecteurs sur la faible signification de la variation d’un mois sur l’autre en dessous d’un certain seuil ; 5. Publier régulièrement des séries d’indicateurs visant à évaluer la variabilité statistique des DEFM en stocks et en flux ; 6. Conduire une analyse préventive des risques des processus de production et de publication et prévoir une procédure de gestion de crise. La labellisation est accordée pour une durée de cinq ans, avec une clause de revoyure de deux ans, date à laquelle les recommandations précédentes devraient avoir été mises en œuvre. A cette échéance, une comparaison entre les listes d’inscrits à Pôle emploi

 

Débat « Loi Travail » : le triomphe démocratique d’Internet

Débat  « Loi Travail » : le triomphe  d’Internet

 

 

Il se passe sans doute des choses assez fondamentales en matière de fonctionnement démocratique avec la montée des réseaux sociaux sur Internet. Dernier exemple en date, la pétition lancée contre la loi qui ce matin 26 février avait recueilli près de 600 000 signataires et qui risque de dépasser 1 million d’ici quelques jours. Au-delà du nombre de signataires de cette pétition il faut prendre aussi en compte les innombrables prises de position réflexions, analyses développées  sur les sites d’internautes. Une autre manière d’exercer la démocratie qui rend un peu obsolète d’autres formes d’expression comme les manifestations voir les grèves mêmes si ces moyens peuvent se révéler encore utiles dans certains cas. Mais pendant que les syndicats pour une fois réunis éprouvent les pires difficultés à trouver les terrains d’entente nécessaires soit pour amender la loi sur le marché du travail, soit pour la rejeter entièrement, les citoyens peuvent en temps réel faire valoir leur point de vue. Le succès de la pétition mais aussi des sites qui ont contribué à l’appropriation de la problématique marquera de toute évidence une étape dans l’évolution de notre pratique démocratique. Le gouvernement l’a tellement compris qu’il a pris une initiative -inédite avec premier compte Twitter certifié dédié à … une loi Confronté à une forte mobilisation sur Internet – une pétition qui dépasse les 600.000 signatures et un appel à la grève lancé sur Facebook- contre son projet de réforme du Code du Travail, le gouvernement a voulu faire usage des mêmes armes en lançant un compte Twitter certifié « La loi Travail », instantanément moqué par les Internautes. Ce qui est en cause c’est à la fois le fond et la forme de cette loi travail. De toute évidence le gouvernement a fait une grave faute de communication en indiquant d’entrée que cette loi ne serait pas amendée et qu’elle ferait l’objet de l’application du 49-3, or cette loi est largement déséquilibrée, elle privilégie essentiellement la flexibilité au détriment de la sécurité. Elle manque surtout d’une vision globale sur l’évolution des conditions sociales. Une plus grande souplesse en matière de licenciement ne pouvant constituer le seul mode de régulation de conditions sociales qu’il convient cependant de faire évoluer.

« Macron élève le débat » (Parisot)

« Macron élève le débat » (Parisot)

L’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot n’a sans doute pas tort de considérer que Macron apporte un peu d’air frais dans l’atmosphère polluée par l’immobilisme des politiques classiques. Mais d’une certaine manière Laurence Parisot  survalorise l’effet de la loi Macron de juillet, loin d’être à la hauteur des enjeux et surtout sorte d’auberge espagnole de mesures hétéroclites. Macron est sans doute plus novateur dans ce son discours  que dans ses actes,  coincé qu’il est lui aussi par le conservatisme de la classe politique. Le propos de Laurence Parisot  paraît cependant pertinent quant à la nouveauté qu’apporte macro (interview JDD)

«  La loi Macron, adoptée en juillet, va s’avérer riche et féconde. Si elle a été autant débattue, c’est qu’en creux, elle démontre l’obsolescence du clivage gauche-droite. La droite aurait dû concevoir ce texte. La gauche a réalisé – avec surprise – qu’elle pouvait le faire. Cette loi adapte au monde d’aujourd’hui des pans entiers de notre économie, et des plus divers : le statut des notaires, l’ouverture des commerces le dimanche, la circulation des autocars, etc. Notre pays, comme le chêne de La Fontaine, était près d’être déraciné par les vents de la mondialisation. Il se découvre roseau, souple et résistant. C’est un début. On sait qu’il faudra plusieurs lois Macron pour une modernisation totale de la France. La démarche apporte de la liberté, elle respecte l’égalité et n’entame en rien la fraternité. Comment pourrait-on d’ailleurs penser les dimensions économique et sociale sans intégrer les événements tragiques de 2015 en France, sans appliquer à la lettre notre devise républicaine? L’ouverture du dimanche encadre mieux la rémunération supplémentaire. L’épargne salariale, élargie, favorise l’accès de tous aux actions gratuites. La libéralisation des transports publics par autocar permet de voyager à ceux qui n’en avaient pas les moyens. Cette loi, qui n’est pas partisane, est totalement cohérente avec nos valeurs fondamentales. Elle dérange seulement ceux qui veulent à tout prix la perpétuation de la lutte des classes. Emmanuel Macron casse les tabous. Il veut faire avancer les débats sur des sujets jusque-là figés. À chacun maintenant d’attraper la balle au bond! Qui à droite ou à gauche ose parler du statut de la fonction publique? Qui propose une solution? Pour cette question si importante sur les plans historique, juridique et social, qui fait autre chose que s’indigner ou tenter vainement de mettre Emmanuel Macron en contradiction avec lui-même? Il est l’un des rares à élever le débat. Il reste aux élites françaises à se mettre au diapason du monde actuel, et de cette transformation inouïe dans l’histoire de l’humanité que sont la numérisation et la robotisation. Ni la gauche ni la droite n’intègrent naturellement la dimension économique, sans angle mort ni a priori partisan. À la hausse de la pression fiscale initiée sous le mandat de Nicolas Sarkozy, à l’incapacité de droite à comprendre l’intérêt du dialogue social, le rôle de la société civile, et celui des corps intermédiaires discrédités à tort, répondent à gauche, les erreurs du début du mandat de François Hollande, l’ignorance ordinaire de la vie de l’entreprise ou l’incapacité à traiter différemment une TPE et une société du CAC 40. Il faut faire sauter ces limites idéologiques! La loi a été adoptée. Elle est passée par le 49-3, ce qui est constitutionnel. La rue n’a pas connu pour autant de révolution. Cela montre bien qu’un chemin est, non seulement possible, mais souhaitable. Le seul secret, c’est de travailler. Et là, la rigueur et la préparation ont été grandes, depuis la commission Attali, installée par Nicolas Sarkozy, jusqu’à la mise en œuvre de ses ­recommandations par François Hollande et Manuel Valls. Cette loi est le produit d’un mariage d’idées. Nous devons aller plus loin. Une majorité de Français demande une métamorphose de notre pays. Tous les sociaux-démocrates, c’est-à-dire tout le centre gauche et tout le centre droit, devraient s’engager dans cette voie nouvelle et enthousiasmante. Mais s’y opposent les modes de scrutin actuels. Le scrutin majoritaire à deux tours fabrique un clivage mécanique entre gauche et droite tandis qu’un scrutin proportionnel à un seul tour inciterait à des coalitions où se retrouveraient droite modérée et gauche moderne. C’est en procédant de cette manière que l’Allemagne a retrouvé son leadership, et que l’Espagne tente d’éviter un populisme, par nature toujours extrémiste. Le ministre de l’Économie prépare un nouveau texte. La droite aura à démontrer sa sincérité et son souci de l’intérêt général et la gauche, sa modernité économique. L’une comme l’autre, pour relever le défi de la croissance et de l’emploi, se devront de soutenir la loi Macron 2, dite loi NOÉ (nouvelles opportunités économiques) car c’est bien le désastre qu’il convient d’éviter. »

Allocation adulte handicapé : un recul du gouvernement qui ne doit pas enterrer le débat

 

Allocation adulte handicapé : un  recul du gouvernement qui ne doit pas enterrer le débat sur l’explosion du nombre de bénéficaires

 

Il est clair que le gouvernement a commis une grave maladresse voire une injustice en voulant s’attaquer à l’épargne personnelle de ceux qui bénéficient de l’allocation adulte handicapé. Pour autant le débat reste ouvert sur la montée en puissance inexpliquée  du nombre de bénéficiaires.  Le gouvernement n’appliquera donc pas le nouveau mode de calcul, contesté, de l’allocation adulte handicapé (AAH) tel qu’il était prévu dans le projet de budget 2016, a annoncé mardi soir la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville.  Il était prévu de prendre en compte à partir de 2016 dans le calcul de l’AAH les intérêts non imposables des comptes d’épargne, tels que le livret A, dans le cadre d’un processus d’harmonisation entre minima sociaux. Cela aurait réduit le montant de l’AAH (actuellement 807 euros par mois au maximum) pour les bénéficiaires ayant de l’argent de côté, mais surtout leur aurait fait perdre des droits connexes qui ne sont ouverts qu’à ceux qui touchent l’AAH à taux plein (complément de ressources de 179 euros par mois, ou majoration pour la vie autonome de 105 euros mensuels), avait notamment dénoncé l’Association des paralysés de France (APF). Pour autant on peut s’interroger sur la montée en puissance du nombre de bénéficiaires qui étaient 243 000en 1978 et qui maintenant sont près d’un million. Avec surtout une augmentation  de 200 000 bénéficiaires en quelques années ! . La population n’a pas augmenté en proportion, ni les risques d’invalidité. En fait cette la croissance exceptionnelle cache de nombreux chômeurs, le plus souvent âgés (mais pas toujours), dans l’intérêt des entreprises , du salarié voire des deux. De toute évidence cette aide est indispensable pour ceux qui sont handicapés mais pas pour ceux qui l’utilisent pour masquer la situation de chômage et en plus avec la complicité de l’administration.

 » Trop d’inculture et de fausse érudition dans le débat français »(Frédéric Boyer)

 

 » Trop d’inculture et de fausse érudition dans le débat français »(Frédéric Boyer)

INTERVIEW – L’écrivain Frédéric Boyer revient avec un court texte sur la figure de l’autre, l’hospitalité, le devoir des intellectuels. (INTERVIEW – JDD)

Frédéric Boyer, né en 1961, est normalien. Il a coordonné la nouvelle traduction de la Bible parue en 2011. (Sipa)

 

Quel regard portez-vous sur les hommes politiques français?
Sur la question des migrants, les hommes politiques français sont en dessous de tout. Et d’une façon générale, l’inculture frappe le monde politique dans son ensemble. On est dans une ère de communication littéralement indigne. Or, parler, transmettre sont des actes qui engagent.

Dans quelles circonstances avez-vous écrit Quelle terreur en nous ne veut pas finir?
Je l’ai écrit vite, dès mars 2014, en réaction à une pensée, tenue parfois par des intellectuels que je respecte, qui active la peur et le repli. Or nous sommes à un moment de notre temps, de notre civilisation, de notre monde, où nous avons besoin d’une pensée qui nous permette de nous élever, au contraire, car tout nous tire vers l’angoisse. On entend : nos valeurs sont en danger. Mais nos valeurs les plus hautes ont toujours été, dans les moments de crise et de déchirement, celles qui nous rappellent à quelque chose d’humain. S’opposer à l’autre qui appelle, qui demande, s’effrayer de qui vient, c’est tourner le dos à ce qui nous a fondé. Quel est notre héritage et, au-delà de l’héritage, quel est notre rapport à l’héritage? Toute l’histoire de l’Occident, dans sa dimension métaphysique, philosophique, théologique, est traversée par la question de l’altérité. L’autre est au cœur de la pensée occidentale. Notre civilisation s’est développée sur la notion d’accueil et, avant même la question de l’hospitalité, il y a la conscience inquiète de l’altérité.

Vous écrivez que la peur de l’autre est compréhensible.
Dans Dialogues des carmélites, Georges Bernanos écrit que le pire péché est d’avoir peur de la peur. On doit accepter d’avoir peur et, acceptant cet état de fait, dominer notre peur. On sait que plus on construit des murs, plus on exclut pour se protéger et plus on éveille et renforce la violence. La racine de cette peur réside dans le fait que nous avons peur de la transformation. Nous sommes dans un moment de mutation et nous sommes effrayés à l’idée de mourir. Nous confondons notre propre fin avec l’hypothétique fin de tout. L’Empire romain d’Occident s’est effondré en donnant naissance à autre chose. L’héritage de l’Empire romain n’a pas disparu. Il s’est transformé.

«On entre dans un régime de peur et il ne faut pas céder aux sirènes de ceux qui vont générer encore plus de peur»

On raisonne comme si l’on vivait dans un monde qui n’était pas vivant. Mais le monde est vivant. Il grandit et cherche à inventer autre chose. Nous vivons peut-être une fin de civilisation. Je ne nie pas à quel point tout cela est inquiétant. Mais devant l’inquiétude, notre devoir est de donner du courage. Il est difficile d’accueillir des milliers et des milliers de gens qui fuient la guerre et la misère mais notre grandeur, c’est d’en accepter de courir le risque car il sera pire de ne pas le courir. Nous avons besoin de faire appel au courage des sentiments. Qu’est-ce que serait une humanité qui ne tiendrait plus compte de ses sentiments? On doit à la fois accueillir et raisonner ses sentiments. Les sentiments ont une force qui a fait bouger beaucoup de choses. Le courage des sentiments permet aussi de construire quelque chose de commun. Nous avons besoin d’entendre des voix qui nous expliquent à quel point on doit tenir au plus haut. On entre dans un régime de peur et il ne faut pas céder aux sirènes de ceux qui vont générer encore plus de peur.

Quels sont les intellectuels qui nous aident à penser l’autre?
Trois grands philosophes proches dans le temps, Emmanuel Levinas, Paul Ricœur et Jacques Derrida, ont pensé l’autre. Emmanuel Levinas et Paul Ricœur ont traversé la Seconde Guerre mondiale et ont pourtant mobilisé tout l’héritage de la pensée occidentale pour penser la rencontre avec l’autre et le visage de l’autre. Paul Ricœur a bien montré que le temps du récit est le temps de l’accueil de l’autre. Le temps du récit est le temps de l’invention de l’autre. Emmanuel Levinas n’a cessé de rappeler que le visage de l’autre est mon imprescriptible. Si je porte atteinte à ce visage-là, je porte atteinte à ce qui me fonde moi en tant que sujet libre et responsable. Jacques Derrida a, lui, réfléchi sur l’hospitalité. La question de l’altérité est notre héritage. Que tous les intellectuels de la peur relisent les magnifiques textes de la philosophe Simone Weil, en 1943, dans un monde à feu et à sang. Elle nous enjoint d’être au service de l’obligation universelle envers tous les êtres humains. Où sont passés les intellectuels en France, aujourd’hui? Car quel est leur rôle si ce n’est d’élever l’âme de leurs contemporains et de leur permettre d’exercer des sentiments qu’ils n’ont pas l’habitude d’exercer. Vous avez peur? Je le comprends car j’ai peur aussi, mais élevez-vous au-dessus de votre peur. 

Pourquoi vos idées humanistes ont-elles perdu la bataille de l’opinion publique?
Nos générations ont vécu une sorte d’entre-deux-guerres cotonneux. Il suffit de penser, par comparaison, à une vie comme celle de la femme politique Simone Veil. Nous vivons une tragédie et nous n’y sommes pas préparés.

Le vrai sujet, dites-vous, c’est la morale.
Le retour de la pudibonderie et du moralisme, très en vogue aujourd’hui, signe toujours la fin de la morale. La morale est ce qui nous convoque à ce qu’il y a de plus précieux et de plus difficile. Ludwig Wittgenstein expliquait qu’il faut apprendre à marcher avec des pattes d’araignée sur des fils pour régler un problème éthique ou moral. Le discours public ne fait plus résonner toute la fragilité de notre pensée.

 

«Relisons la philosophe Simone Weil : une voix de femme en danger de mort nous rappelant que notre devoir est, en Europe, d’accueillir les réfugiés non pas comme des réfugiés mais comme de nouveaux venus»

Il ne faut pas répondre à des caricatures par des caricatures. L’Occident n’est pas responsable de tout, mais il a bel et bien une part de responsabilité dans la crise actuelle. Notre grandeur serait de le reconnaître et de nous élever. Dostoïevski, dans Les Frères Karamazov, déclarait : « Nous sommes tous coupables de tout, devant tous, et moi plus que n’importe qui. » Cet aveu dérange mais il rappelle qu’être humain, c’est être responsable les uns des autres. Encore une fois, relisons la philosophe Simone Weil : une voix de femme en danger de mort nous rappelant que notre devoir est, en Europe, d’accueillir les réfugiés non pas comme des réfugiés mais comme de nouveaux venus.

Dans l’Histoire, la figure de l’autre est rejetée.
Notre Histoire a toujours eu à faire face à la figure de l’autre exclu d’autant plus s’il est pauvre et s’il vient d’ailleurs. Notre Histoire s’est aussi faite dans la relation avec l’inconnu, le non-familier, le fou. La figure de l’exclu a souvent été considérée, dans l’histoire de notre civilisation, comme une ­figure tutélaire. Au cœur du judéo-christianisme, celui qui vient est précisément celui qui n’est pas attendu. Dans les écrits du prophète Isaïe, il y a cette idée que nous ne sommes pas capables de voir celui qui vient et que celui qui vient est défiguré, méprisé, rejeté. Cette pensée est un bien précieux de notre civilisation. 

«Nous devrions avoir la décence d’interroger notre propre mémoire quand nous sommes ­plongés dans une crise qui interroge notre origine»

Quelle est la grande épopée qui fonde l’Empire romain? L’Éneide, de Virgile, qui s’ouvre sur l’histoire d’un jeune Troyen, Énée, fuyant avec sa famille Troie ravagée par la guerre, et qui va donner naissance à Rome. Qu’est-ce qui fonde le ­judéo-christianisme? C’est l’épopée d’Abraham qui s’arrache à son sol et traverse des terres où l’on ne veut pas de lui. Nous devrions avoir la décence d’interroger notre propre mémoire quand nous sommes ­plongés dans une crise qui interroge notre origine.

On lit partout que la République est en danger.
La République, c’est la liberté, l’égalité, la fraternité et la fraternité est le ferment de la République, comme le disait Charles Péguy. C’est la fraternité qui rend la République vivante et intelligente. Une égalité sans fraternité, c’est le totalitarisme. Une liberté sans fraternité, c’est la barbarie. Sans fraternité, les valeurs de la République se disloquent, et ce n’est pas parce que certains ne sont pas républicains que nous n’avons pas à l’être. L’Histoire de notre civilisation est une histoire d’accueil. La France ne s’est jamais grandie en se refermant sur elle-même.

Quel regard portez-vous sur les hommes politiques français?
Sur la question des migrants, les hommes politiques français sont en dessous de tout. Et d’une façon générale, l’inculture frappe le monde politique dans son ensemble. On est dans une ère de communication littéralement indigne. Or, parler, transmettre sont des actes qui engagent notre dignité. Il n’y a pas d’éthique sans langage. Parler d’une certaine façon, cela a un sens. «Les historiens sont trop silencieux aujourd’hui en France. La France est une grande patrie d’historiens»

Dans ce moment de crise, la culture peut-elle jouer un rôle?
Dans l’art, on prend le risque d’une représentation, d’une projection de situations ou de sentiments. C’est La Poétique, d’Aristote. Pour que la communauté puisse se comprendre elle-même, elle doit pouvoir engager l’épreuve d’une représentation de sentiments et de situations. C’est sur cette épreuve de la représentation esthétique que l’on peut construire, comme le dit Jürgen Habermas, une éthique de la discussion. Il y a beaucoup trop de fausse érudition dans le débat français. De faux penseurs parlent de textes ou de valeurs en ignares. Mon discours est aussitôt renvoyé à de la naïveté, aux bons sentiments, à de l’innocence. Se confronter aux grands textes, c’est pourtant comprendre que toute civilisation qui voudrait se protéger de l’autre, de la secousse de l’altérité, meurt. Les historiens sont trop silencieux aujourd’hui en France. La France est une grande patrie d’historiens, Georges Duby, Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant, Jacques Le Goff… Leurs voix nous manquent.

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

 

Des HLM  pour les français ou les refugiés ? La question manichéenne qui réduit le choix entre populisme et irresponsabilité. Irresponsabilité d’abord  de  Marie-Arlette Carlotti qui proposait dans une tribune, « de mobiliser 70 000 logements sociaux vacants afin d’accueillir les personnes réfugiées» en provenance de Syrie et d’Irak notamment. D’abord ce concept de logements vacants est très approximatif. Il y a en France environ 5 millions de logements sociaux dont 4 millions d’HLM. Sur ce total de l’ordre de 70 000 seraient vacants depuis 3 mois. Il faut cependant tenir compte de ceux qui font l’objet d’une  mutation et de ceux qui sont en réfection. Du coup le chiffre est notoirement moins important. En  outre environ 1.5 millions de candidats attendent un logement HLM. Il était donc irresponsable d’afficher  ce chiffre de 70 000. Du coup Marie Arlette Carlotti rétropédale : «il n’est pas question de piquer des logements à des gens qui en ont besoin, il est hors de question de mettre en concurrence les réfugiés avec les plus pauvres, les mal-logés, les SDF», tranche Marie-Arlette Carlotti mercredi, dans un entretien avec l’AFP. «C’est une instrumentalisation de l’extrême droite qui est répugnante!», juge-t-elle. A  l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui chapeaute quelque 750 bailleurs sociaux, on ne cache pas son exaspération: «l’idée selon laquelle on attribuerait des logements à des réfugiés avant des demandeurs inscrits dans la liste des demandeurs est fausse: c’est un mensonge», déclare à l’AFP la secrétaire générale Marianne Louis. «Il n’y a pas de demande HLM par les réfugiés: ça n’existe pas. Un réfugié ne peut pas faire de demande HLM», martèle-t-elle. En revanche existe dans le parc HLM des logements disponibles, «qui ne trouvent pas preneurs, dans des secteurs où la demande est faible, souvent dans des petites ou moyennes villes, victimes de la désertification», telles que Châtellerault, Le Creusot ou Lamotte-Beuvron. Le populisme le dispute aussi l’irresponsabilité quand on affirme que les réfugiés vont prendre les HLM des franaçis. Un débat nul car juridiquement ces réfugiés ne peuvent obtenir un logement de ce type sans passer par une association et la question n se pose pas pour l’instant. Un débat à la fois nul et pitoyable qui obscurcit un peu plus la problématique.

Le débat français sur la Grèce pollué par 2017

Le débat français sur la Grèce pollué par 2017

 

Le débat français concernant la Grèce est complètement pollué par la perspective de 2017. En gros, on se positionne à droite contre tout ce que dit Hollande en manifestant beaucoup de condescendance voire de mépris pour les grecs comme si la France était irréprochable.  De son coté Hollande parle pour ne pas fâcher sa gauche et les écolos (et ainsi favoriser uen candidature unique en 2017) . C’est assez symptomatique, alors que le dossier grec concerne l’ensemble de l’Europe, la victoire du « Non » lors du referendum hellénique provoque un débat… franco-français qui oppose droite et gauche. A droite, globalement, on commence à prendre acte qu’une sortie de la Grèce de la zone euro serait la meilleure chose. A l’inverse, à gauche, on plaide plutôt pour une reprise des négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras. Il faudrait aussi rappeler par exemple à  Giscard D’Estaing qui maintenant souhaite le départ des grecs que c’est lui, l’un des principaux artisans (avec Chirac)  de l’entrée de la Grèce  («  on ne dit pas non à Platon «  avait dit Giscard qui n’est pas à une  contradiction près. Certes la Grèce n’est  pas sans responsabilité (corruption, absence d’Etat, clientélisme politique etc.) pour autant on a voulu l’entrée de la Grèce (l’Allemagne aussi) comme aujourd’hui on veut l’entrée de l’Albanie dans l’Union. Même Juppé a dérapé. « La Grèce n’est plus en mesure aujourd’hui d’assumer des disciplines de la zone euro. Chercher à l’y maintenir à tout prix, par des arrangements de circonstance, fragiliserait l’ensemble du système. Nous devons l’aider à organiser sa sortie, sans drame. Ce qui ne veut pas dire qu’elle doit aussi sortir de l’Union ». Une position finalement assez faux cul qui vise aussi à contrer Sarkozy expéditif sur le dossier grec : » il faut virer la Grèce et Tsipras avec ».  Des propos surtout à usage interne dans la perspective de 2017 mais qui ne sont pas très responsables. D’abord ils risquent de déstabiliser un peu plus les marchés (avec comme conséquence l’augmentation des taux) et surtout font l’impasse sur la situation dramatique de l’endettement françaisis (31 000 euros par habitant). Une dette également impossible à rembourser, tout aussi irresponsable que la dette Grecque.

L oi Macron: vers un 49.3 sans débat

Vers un 49.3 sans débat sur la loi Macron

On se demande bien à quoi sert l’assemblée nationale puisque Rebsamen laisse entendre que sur la loi Macron  il faut envisager le recours au 49.3, autrement dit l’adoption du texte sans vote ; On dit même qu’il n’y aura pas de débat !C’ est une «option raisonnable, a-t-il indiqué. Nous voulons aller vite et cette solution me semble être la bonne solution.» Alors même que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, affirme «que rien n’est encore arrêté» et que «la décision ne sera prise qu’en fin de semaine» une fois achevé l’examen en cours de son texte par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, Matignon semble résolu à accélérer la manœuvre. Mardi, le Premier ministre pourrait donc dégainer le 49.3 dès l’arrivée dans l’hémicycle du projet de loi revu et corrigé par la commission. Ce serait donc le texte sorti de la commission qui ferait loi. De quoi couper court à des débats qui menacent d’autant plus de traîner en longueur que les dispositions les plus polémiques du plan PME, présenté mardi – à commencer par le plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif – sont injectées dans la loi Macron. «Les désaccords persistent et se sont même accentués avec les mesures PME, reconnaît un rapporteur PS.Toutefois, trois jours après le raout de Poitiers censé célébrer l’unité socialiste retrouvée, cette perspective a fait l’effet d’une douche froide. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, regrette un député proche de Hollande. On n’a même pas cherché de compromis pour fédérer les socialistes. C’est d’une maladresse crasse de casser ainsi la séquence du congrès.» Les députés frondeurs, dont l’hostilité au texte s’était exprimée en première lecture, sont eux aussi pris de court. Mardi soir, leur chef de file, Christian Paul, avait écrit au premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, pour lui proposer d’organiser une médiation. «L’attitude du gouvernement est totalement surréaliste, s’agace Christian Paul. Il est constitutionnellement insupportable qu’un parti qui a la majorité à l’Assemblée nationale ne consacre pas deux heures à tenter de trouver un terrain d’entente en son sein. On entre dans un nouveau cycle de confrontations.»

 

Le traité transatlantique : débat en Allemagne…et en France ?

Le traité transatlantique : débat en Allemagne…et en France ?

Merkel et les milieux d’affaires poussent pour que le traité  transatlantique soit signé mais la population, elle, y est plutôt opposée. Curieux, en France le débat est complètement étouffé. Le gouvernement y est favorable et on évite donc den parler. Pourtant il s’agit d’une question essentielle qui pourraiat changer les normes hygiène, de sécurité, de santé et même remettre en cause la souveraineté des Etats et de l’Europe. Le Partenariat transatlantique pour  le commerce et les investissements est méconnu et ce projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne (c’est la commission qui négocie dans un relatif secret) et les États-Unis reste opaque pour le grand public. On attend du traité plus de croissance, plus d’emplois et la réduction des coûts réglementaires et des barrières non tarifaires. Mais il s’agit aussi d’un bélier américain pour casser des législations nationales et imposer un arbitrage international privé. Entre autres secteurs clés, la Politique agricole commune (PAC) est particulièrement exposée. Selon un sondage YouGov publié fin mars, 43% des Allemands pensent que l’accord, soutenu par le gouvernement, serait « mauvais » pour leur pays, contre 30% qui l’estiment « bon ». Aucun autre des sept pays interrogés n’a un tel pourcentage de sceptiques. Les réserves se focalisent sur les standards sanitaires et de sécurité, notamment alimentaires, et les mécanismes d’arbitrage international des différends économiques.   Dans beaucoup de pays européens, ONG et syndicats font campagne contre TTIP, l’acronyme désignant le projet (pour Transatlantic Trade and Investment Partnership, également appelé Trans-Atlantic Free Trade Agreement ou Tafta). En Allemagne l’écho de cette campagne, lancée dès 2013, est énorme. Pour Maritta Strasser, directrice de campagne chez Campact, l’une des ONG allemandes derrière « Stop TTIP », la singularité allemande tient à ce que la mobilisation a commencé tôt, sous l’impulsion de quelques personnalités très engagées, mais petit à petit elle gagne le reste de l’Europe. « Plus les gens en savent, plus il y a de rejet ». Pour d’autres observateurs il y a bien, au-delà de l’antériorité, une spécificité allemande. Tanja Börzel, professeur de sciences politiques à l’Université Libre de Berlin, évoque « des raisons ancrées dans notre culture politique », à savoir « un anti-américanisme latent depuis longtemps », qui se nourrit d’un rejet de la mondialisation, d’un « capitalisme de casino » débridé dont les Etats-Unis seraient le porte-voix. Les révélations ces dernières années sur les pratiques d’espionnage des services de renseignement américains, qui ont mis sur écoute jusqu’au portable d’Angela Merkel, ont amplifié cette défiance, poursuit-elle. Le mouvement anti-TTIP a trouvé des relais efficaces dans un réseau puissant d’Eglises, syndicats et associations, aguerris à la mobilisation, que ce soit contre le nucléaire ou la guerre en Irak. La force du débat a en outre créé une dynamique où « tout le monde a l’impression qu’il faut qu’il prenne position », détaille Peter Sparding depuis Washington.

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