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Environnement–Pour la fin des bouteilles d’eau en plastique

Environnement–Pour la fin des bouteilles d’eau en plastique
Il y a quatre ans, la France franchissait un pas décisif avec l’adoption de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire), qui visait, entre autres objectifs, à transformer notre gestion des déchets plastiques. Cette loi ambitieuse s’était fixée comme but de réduire de moitié le nombre de bouteilles en plastique à usage unique d’ici à 2030. Toutefois, malgré ces bonnes intentions, les résultats sont loin d’être satisfaisants : nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire.*(tribune collective dans « l’Opinion »)

 

En dépit des négociations sur le traité plastique qui se sont tenues à Paris, cette situation est même plus préoccupante aujourd’hui qu’elle ne l’était hier : nous observons une augmentation de 4 % de la mise sur le marché des bouteilles en plastique en 2022, ce qui contraste fortement avec la nécessité de réduire annuellement de 15 % pour atteindre l’objectif fixé.

La France, cinquième consommateur mondial d’eau en bouteille plastique avec près de 16 milliards de bouteilles utilisées chaque année, s’éloigne des pratiques de consommation durable. L’augmentation de l’utilisation des bouteilles en plastique, notamment dans le secteur de la vente à emporter, nous écarte davantage des objectifs de 2030. Alors que nous marquons le quatrième anniversaire de la loi AGEC, il est crucial de réunir les acteurs clés du secteur pour effectuer une évaluation critique de leurs actions jusqu’à présent.

L’enjeu premier n’est pas celui du recyclage : il est essentiel d’arrêter la production de ces bouteilles. Comme l’amiante, le tabac et le diesel, la bouteille plastique est une aberration que nous regarderons amèrement dans quelques années.

Dans cette optique, nous exhortons le gouvernement à convoquer d’urgence toutes les parties prenantes afin de faire la lumière sur les résultats actuels et sur les pratiques des acteurs industriels, et à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’interdiction des bouteilles en plastique de petit format, pour remettre la France sur la bonne voie.

Déjà proposée en 2019 par de nombreux associatifs et économiques, l’une des premières mesures les plus efficaces serait d’interdire les bouteilles en plastique de petit format (moins de 500 ml), qui constituent une source de gaspillage de plastique et de carbone disproportionnée par rapport à leur taille. La meilleure bouteille en plastique est celle qui n’est pas produite. Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de dire stop aux bouteilles en plastique.

* Signataires
Lucie Lucas, Comédienne; François Gabart, navigateur et entrepreneur; Brune Poirson, ancienne ministre; Thibault Lamarque, Castalie, président et fondateur; Claire Nouvian, Bloom, fondatrice; Emma Haziza, Hydrologue; Célia Rennesson, Réseau Vrac et Réemploi, fondatrice et directrice générale; Charlotte Soulary, Zero Waste France, responsable du plaidoyer; Magali Payen, On est prêt, fondatrice; Antidia Citores, Surfrider, responsable du plaidoyer; Henri Godron, Biocoop, président; Muriel Papin, No Plastic in my Sea, déléguée générale; Caroline Neyron, Mouvement Impact France, déléguée générale; Yannick Servent, Convention des Entreprises pour le climat, co-fondateur; Simon Bernard, Plastic Odyssey, cofondateur; Bruno Dumontet, Expédition MED, fondateur; Jean Moreau, Phenix, co-fondateur; Maxime de Rostolan, Sailcoop, fondateur; Sarah Chouraqui, Wings of the Océan, directrice générale; Flora Ghebali, les Fourmis, fondatrice; Isabelle Poitou, Association MerTerre, directrice générale; Romain Tramoy, Enseignant Chercheur (UPEC); Laurent Colasse, SOS Mal de Seine, fondateur; Didier Onraita, Président et fondateur de Day by day; Béatrice Eastham, Présidente de Climeet et Green Evénements.

 

Pour la fin des bouteilles d’eau en plastique

Pour la fin   des bouteilles d’eau en plastique

Il y a quatre ans, la France franchissait un pas décisif avec l’adoption de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire), qui visait, entre autres objectifs, à transformer notre gestion des déchets plastiques. Cette loi ambitieuse s’était fixée comme but de réduire de moitié le nombre de bouteilles en plastique à usage unique d’ici à 2030. Toutefois, malgré ces bonnes intentions, les résultats sont loin d’être satisfaisants : nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire.*(tribune collective dans « l’Opinion »)

 

En dépit des négociations sur le traité plastique qui se sont tenues à Paris, cette situation est même plus préoccupante aujourd’hui qu’elle ne l’était hier : nous observons une augmentation de 4 % de la mise sur le marché des bouteilles en plastique en 2022, ce qui contraste fortement avec la nécessité de réduire annuellement de 15 % pour atteindre l’objectif fixé.

La France, cinquième consommateur mondial d’eau en bouteille plastique avec près de 16 milliards de bouteilles utilisées chaque année, s’éloigne des pratiques de consommation durable. L’augmentation de l’utilisation des bouteilles en plastique, notamment dans le secteur de la vente à emporter, nous écarte davantage des objectifs de 2030. Alors que nous marquons le quatrième anniversaire de la loi AGEC, il est crucial de réunir les acteurs clés du secteur pour effectuer une évaluation critique de leurs actions jusqu’à présent.

L’enjeu premier n’est pas celui du recyclage : il est essentiel d’arrêter la production de ces bouteilles. Comme l’amiante, le tabac et le diesel, la bouteille plastique est une aberration que nous regarderons amèrement dans quelques années.

Dans cette optique, nous exhortons le gouvernement à convoquer d’urgence toutes les parties prenantes afin de faire la lumière sur les résultats actuels et sur les pratiques des acteurs industriels, et à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’interdiction des bouteilles en plastique de petit format, pour remettre la France sur la bonne voie.

Déjà proposée en 2019 par de nombreux associatifs et économiques, l’une des premières mesures les plus efficaces serait d’interdire les bouteilles en plastique de petit format (moins de 500 ml), qui constituent une source de gaspillage de plastique et de carbone disproportionnée par rapport à leur taille. La meilleure bouteille en plastique est celle qui n’est pas produite. Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de dire stop aux bouteilles en plastique.

* Signataires
Lucie Lucas, Comédienne; François Gabart, navigateur et entrepreneur; Brune Poirson, ancienne ministre; Thibault Lamarque, Castalie, président et fondateur; Claire Nouvian, Bloom, fondatrice; Emma Haziza, Hydrologue; Célia Rennesson, Réseau Vrac et Réemploi, fondatrice et directrice générale; Charlotte Soulary, Zero Waste France, responsable du plaidoyer; Magali Payen, On est prêt, fondatrice; Antidia Citores, Surfrider, responsable du plaidoyer; Henri Godron, Biocoop, président; Muriel Papin, No Plastic in my Sea, déléguée générale; Caroline Neyron, Mouvement Impact France, déléguée générale; Yannick Servent, Convention des Entreprises pour le climat, co-fondateur; Simon Bernard, Plastic Odyssey, cofondateur; Bruno Dumontet, Expédition MED, fondateur; Jean Moreau, Phenix, co-fondateur; Maxime de Rostolan, Sailcoop, fondateur; Sarah Chouraqui, Wings of the Océan, directrice générale; Flora Ghebali, les Fourmis, fondatrice; Isabelle Poitou, Association MerTerre, directrice générale; Romain Tramoy, Enseignant Chercheur (UPEC); Laurent Colasse, SOS Mal de Seine, fondateur; Didier Onraita, Président et fondateur de Day by day; Béatrice Eastham, Présidente de Climeet et Green Evénements.

 

Compétitivité : la France « attractive » !!!

Compétitivité : la France « attractive » !!!

« La France est toujours attractive mais les réformes doivent se poursuivre » (Gilles Bonnenfant, CCE)

Une interview dans « la Tribune » finalement relativement complaisante enforme d’eau tiède surtout si on prend en compte les derniers résultats économiques de la balance commerciale avec un nouveau un déficit record de 100 milliards pour l’année 2023. En outre un voile pudique sur certains facteurs relatifs au manque de compétitivité due à l’insuffisance du taux d’emploi et au rapport au travail.

Les conseilleurs du commerce extérieur de la France viennent de publier le rapport sur l’indice d’attractivité de la France. Un indice qui est le résultat de la consultation de 1.600 chefs d’entreprise répartis dans le monde et qui s’établit à 60, soit le niveau de 2017. Est-ce que cela signifie que la France est moins attractive ?

La France n’est pas moins attractive. Notre pays continue d’être attractif, mais ce que pointent les conseillers du commerce extérieur de la France, c’est qu’il est important, voire nécessaire, que les réformes engagées – et dont certaines sont dans les tuyaux – se poursuivent. Cet indice n’est pas négatif, il pointe seulement ce qui doit être amélioré pour que la capacité à attirer des capitaux étrangers soit renforcée, plus efficaces vis-à-vis des investisseurs.

Les réformes qui ont été conduites ont été reconnues par les investisseurs, cela se mesure avec la place de notre pays sur la plus haute marche du podium pour ce qui est des projets d’investissements envisagés. Certes, cet indice qui existe depuis dix ans, retrouve les mêmes valeurs qu’en 2017, mais le contenu est différent. En 2017, c’étaient des valeurs immatérielles qui portaient l’indice à 60. Aujourd’hui, ce qui fait que l’indice est à 60, c’est que des valeurs de fond, de reformes, ont remonté la pente. Depuis deux ans, les valeurs matérielles subissent un contre-coup. Le plus important contre-coup que nous avons eu l’an dernier était lié au coût et à l’approvisionnement énergétique et le plus important contre-coup que nous vivons cette année est lié à la sécurité des personnes. Ce n’est pas un sujet qui a un impact sur les investisseurs – ce qui les intéresse ce sont les réformes – mais on ne peut pas dire que l’ambiance générale ne pose pas des questions. Est-ce que l’attractivité de la France est en danger ? Non. Avons-nous du travail à faire pour améliorer l’image de la France ? Oui.


Une campagne, nommée « Make it iconic » a été lancée en novembre dernier par le gouvernement français dans la lignée de Choose France, avec l’objectif d’exporter un « état d’esprit français ». Une façon de participer à l’attractivité de la France ?

« Make it iconic » est une campagne qui a été lancée dans six pays prioritaires (Allemagne, Emirats Arabes Unis, Canada, Etats-Unis, Inde, NDLR) et son impact est compris entre 86% et 100%. Ce qui prouve que cette campagne était nécessaire et ses résultats sont positifs. Nous avons les assets nécessaires, indispensables, il faut les aligner ensemble.

Le rapport fait état de l’écart qui se resserre avec l’Allemagne. Or, la France se compare, ou est souvent comparée, à l’Allemagne. C’est donc une bonne nouvelle ?

Cela fait des années que la France se situe derrière l’Allemagne. Or l’Allemagne perd 23 points par rapport à la France. Cela démontre que nous avons des valeurs de fond reconnues dans tous les pays.

Les réformes, vous l’avez souligné, sont regardées attentivement et demandées par les investisseurs. Quelles réformes doivent prioritairement être engagées ?

Toutes les mesures lancées autour de France 2030, de la décarbonation, sont perçues de manière extrêmement positive. C’est un encouragement à poursuivre ce qui a été engagé. L’alerte se situe davantage sur l’attractivité naturelle de la France, qui perd quelques points car, sur certains sujets, vu de l’étranger, notre pays s’est un peu abîmé, notamment en matière de sécurité. L’attractivité de la France va bien, il faut simplement considérer les points à améliorer. Quand on a la chance d’avoir la vision de 1.600 conseilleurs du commerce extérieur présents dans divers pays, on prend cela comme une information utile. Cela nous permet de capter, de comprendre ce qui se dit dans le monde sur la France et donc d’être plus opérants.


Et donc, les réformes attendues sont…

Ce sont des réformes pour davantage de simplification. Un sujet sur lequel le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est penché. Bercy a annoncé une série de mesures dans ce sens. L’autre réforme attendue est celle qui concerne la baisse des impôts de production.

Les autres pays sont, eux aussi, actifs en matière d’attractivité…

En effet, notre rapport le montre aussi, l’Espagne bouge. Et cette dernière a pris deux grandes réformes, une réforme de simplification et une réforme sur le manufacturier. Nous devons donc également être vigilants face aux pays qui eux aussi, déploient des stratégies d’attractivité. 2024 devrait être l’année de la France, nous avons les moyens, vu les réformes prévues qu’elle le soit. À nous de concentrer tous nos efforts pour qu’elle le soit aussi sur l’image du pays. La campagne « make it iconic » ne pourra qu’amplifier ce qui est parfois un peu décrié, en particulier dans les médias à l’étranger. Les conseillers du commerce extérieur de la France ne jugent pas mais identifient les problématiques que rencontre notre pays en matière d’attractivité. Certes, nous appuyons peut-être là où c’est sensible, mais nous nous devons d’avoir un regard objectif.

Trop d’eau dans le beurre !

Trop d’eau dans le beurre !

On connaissait déjà les produits surgelés qui contiennent souvent autant d’eau que de matière mais cette fois il s’agit du beurre dont parfois un tiers est composé d’eau. Les contrôles menés par la Répression des fraudes ont montré que près d’un échantillon sur six prélevés dépassait la teneur maximale en eau autorisée. ( info du Figaro)

De nombreux beurres hors-la-loi. La Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) a épinglé les pratiques de certains professionnels, affirmant dans un communiqué avoir détecté un «taux d’anomalie» de 29,5% lors d’une vaste enquête.

Sur les 89 échantillons prélevés lors des contrôles et analysés en laboratoire, 15% avaient notamment une teneur en eau supérieure au maximum de 16% imposé par les normes européennes. Une astuce classique des industriels de l’agroalimentaire qui permet au fabricant de réduire ses coûts de matières premières, mais qui «altère la qualité des produits», rappelle la DGCCRF.

Les contrôleurs ont également «souvent» constaté l’usage de matière grasse de lactosérum (le petit-lait) à la place de crème – ou un mélange des deux .

La DGCCRF dit avoir également mis au jour des pratiques de réutilisation par les industriels de beurres mal emballés ou retournés «en les faisant fondre et en les réincorporant dans les fabrications des beurres de qualité supérieure comme des beurres extra-fins pour lesquels le recyclage est interdit».

Climat- Sécheresse : comment les plantes s’adaptent au manque d’eau

Climat- Sécheresse : comment les plantes s’adaptent au manque d’eau

Des sols craquelés, des barques condamnées à l’immobilité, des cultures carbonisées sur pieds et, parfois, plus une goutte au robinet… Les effets des épisodes de sécheresse sévères se font sentir chaque été de plus en plus nettement sous nos latitudes. Une situation que les scientifiques ont clairement identifiée comme l’une des conséquences du réchauffement climatique global.

par Delphine Luquet
Écophysiologiste, Cirad

Benoît Tonson
Chef de rubrique Science + Technologie, The Conversation France

Jennifer Gallé
Cheffe de rubrique Environnement + Énergie, The Conversation France

Dans les années à venir, nos températures vont augmenter en moyenne de 1,5 °C au moins, avec évidemment des variations régionales très marquées. À la fois « victime » et « coupable », le secteur agricole, qui contribue pour une part significative aux émissions de gaz à effet de serre, va devoir s’adapter à cette situation, nouvelle pour certaines parties du globe, déjà bien connue pour d’autres.

Pour continuer à pouvoir cultiver et assurer la sécurité alimentaire des populations, comprendre comment les végétaux peuvent s’adapter au manque d’eau devient une priorité. « Faire pousser des végétaux sans eau, c’est de la science-fiction ! », nous rappelle Delphine Luquet, écophysiologiste au Cirad. Cette scientifique, qui a travaillé sur le sorgho et le riz, est l’invitée de ce nouvel épisode de « L’échappée Sciences ».

Avec Delphine Luquet, on va donc découvrir ce que l’eau fait aux plantes et ce que les plantes font avec l’eau. Comment certaines espèces végétales supportent mieux le stress hydrique que d’autres, à l’image de la famille des mils, céréales présentes au Sahel depuis des siècles. Et comment les scientifiques, les agriculteurs et agricultrices peuvent rendre les végétaux moins vulnérables à la sécheresse, en travaillant notamment à la sélection variétale et au changement des pratiques dans une démarche agroécologique.

Au menu de la chronique de ce nouvel épisode de « L’échappée Sciences », on s’intéresse à une technique prometteuse permettant de mieux comprendre la génétique des plantes : CRISPR-Cas9. Ces « ciseaux moléculaires » rendent possible une édition très fine du génome. Si cette technique n’est pas autorisée dans les champs en Europe, où les plantes éditées sont classées comme OGM, elle existe déjà au Japon où des tomates modifiées ont été récemment commercialisées comme « alicaments »…

Bassines d’eau: Un effet positif sur la nappe phréatique

Bassines d’eau: Un effet positif sur la nappe phréatique ?

Des opposants contestent le ministre de l’écologie qui considère que les bassines d’eau auront un effet positif sur la nappe phréatique. Le ministre instrumentalisant une étude du BRGM est contredit par des opposants à ces bassines. Ainsi, la députée écologiste de la Vienne Lisa Belluco lui a répondu dimanche 26 mars sur franceinfo, assurant que « le BRGM [avait] pris position publiquement en disant arrêtez de citer notre étude parce qu’il y a un certain nombre d’angles morts et notamment pas de prise en compte des évolutions climatiques ».(un papier de France-Info)

Le BRGM a bien fait un rapport technique sur les conséquences des 16 futures réserves de substitution qui doivent être creusées dans les Deux-Sèvres. Ces réserves, dites « bassines », vont prélever de l’eau dans les nappes phréatiques pendant l’hiver, la stocker et la mettre à disposition de quelques agriculteurs pour qu’ils puissent arroser leurs champs pendant l’été. Le bureau a rendu son rapport à l’été 2022 et il conclut bien, comme l’affirme le ministre, que les bassines pourraient avoir des effets globalement positifs à la fois sur les nappes phréatiques, les cours d’eau et les zones humides.

« Le scénario 2021 de mise en place de retenues de substitution proposé par la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres permettrait une amélioration globale du niveau des nappes », écrit le BRGM, prévoyant que « les interactions entre cours d’eau, zones humides et piézométries [autrement dit, le niveau des nappes souterraines] étant fortes dans le secteur étudié, toute amélioration piézométrique se répercutera sur les autres milieux ».

Le BRGM observe aussi « un effet positif en printemps/été » sur les cours d’eau « de l’ordre de + 6 % de gain de débit en sortie du bassin pour le mois de juillet ». Cela monterait même à + 40 % pour le cours d’eau du Mignon. D’autres cours d’eau pourraient être moins asséchés l’été. L’hiver, le prélèvement d’eau dans les nappes n’aurait qu’un impact « faible et négligeable » sur les cours d’eau, qui baisseraient d’1 % seulement.

Quant aux zones humides comme le Marais poitevin, qui dépendent beaucoup du remplissage des nappes phréatiques, ces bassines « permettraient un meilleur maintien en eau des zones humides en fond de vallées et amélioreraient les débits entrant sur le marais mouillé, soit par débordement (sources, suintement), soit via l’interconnexion nappes/canaux de bordure et par l’augmentation des débits des rivières ».

Toutes ces observations semblent donner raison au ministre de la Transition écologique, pourtant ce n’est pas tout à fait le cas, car il les utilise de façon trompeuse pour prévoir l’avenir alors que ce n’est pas ce que fait le BRGM.

Le bureau s’est fendu d’un communiqué en février 2023 pour réexpliquer son rapport et lui redonner un peu de contexte. Il ne dit pas, comme l’affirme Lisa Belluco, de ne plus l’utiliser, mais il dit en effet, expressément, que ce « n’est pas une étude approfondie, ni une étude d’impact de toutes les conséquences possibles des prélèvements d’eau envisagés. Il ne s’agit pas non plus d’un article de recherche scientifique soumis à l’évaluation de la communauté scientifique », affirme-t-il.

Son rapport « permet d’évaluer ce qui se serait passé si les réserves de substitution avaient été mises en place au cours des années 2000-2011″. C’est donc une simulation dans le passé. « En toute rigueur, cette période de référence ne permet pas de prendre en compte les conditions météorologiques récentes et encore moins futures », continue le bureau.

Le BRGM reconnaît ne pas avoir pris en compte les risques d’évaporation de l’eau depuis les réserves – ce que lui reproche les opposants aux bassines – ni les évolutions climatiques et qu’il serait « important » de le faire. Il est en train de mettre à jour ses données pour pouvoir éventuellement faire de nouvelles simulations qui pourront inclure les années 2010 à 2020 et le changement climatique.

Le bureau pointe un autre enjeu de ces bassines : elles ne pourront pas être remplies en hiver si le niveau des nappes phréatiques est trop bas, sauf que « la récurrence de périodes de sécheresse hivernales pourrait conduire, de manière répétée, à des niveaux de nappes inférieurs aux seuils réglementaires, compromettants le remplissage des réserves certaines années ».

Dans la Vienne, département d’à côté, où 30 bassines doivent aussi voir le jour, un rapport prédit que le niveau des nappes sera régulièrement trop bas et que les bassines ne pourront pas y prélever d’eau deux années sur dix. Enfin, les simulations du BRGM ne répondent pas à l’argument central des opposants aux bassines : la question de l’accaparement de l’eau par quelques agriculteurs.

Pollution : 99% des cours d’eau bretons contaminés par les pesticides

Pollution : 99% des cours d’eau bretons contaminés par les pesticides

Selon la première publication chiffrée de l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne, 99% des cours d’eau sont contaminés par les pesticides avec une omniprésence des herbicides et des métabolites. Liées à l’agriculture intensive, ces substances nocives ont un impact sur la biodiversité et affectent aussi la qualité de l’eau potable. Cet état des lieux est destiné à nourrir les politiques publiques.

Selon des données chiffrées compilées par l’Observatoire de l’environnement en Bretagne (OEB), les objectifs de bon état écologique fixés par la Directive-cadre sur l’eau ne sont atteints que pour 32 % des masses d’eau-cours d’eau.

Produite par l’OEB, structure mise en place par la région et l’état, la première publication des chiffres clés de l’eau en Bretagne, fondés sur des données de 2020 et dévoilés fin-février, enfonce le clou sur le piètre niveau de qualité de l’eau en Bretagne. 99% des cours d’eau sont contaminés par les pesticides avec une omniprésence des herbicides et des métabolites, substances issues de la dégradation des pesticides, liée à l’agriculture.

S’agissant de l’eau potable, 40% de la population régionale a reçu en 2021 une eau ponctuellement ou régulièrement non conforme vis-à-vis des pesticides.

Le glyphosate, première substance active vendue en Bretagne (en usage agricole ou non agricole avant la loi Labbé de 2014), ainsi que son métabolite l’Ampa, sont quantifiés dans respectivement 35% et 64% des stations dans lesquelles ils sont recherchés.

Quant aux teneurs en phosphore et en nitrate, qui sont à l’origine de la prolifération des micro-algues et des algues vertes, elles ont baissé dans les cours d’eau mais ont tendance à stagner. « La pollution azotée des cours d’eau bretons stagne à un niveau encore élevé » analyse l’étude.

Cette pollution issue principalement de l’épandage des lisiers a diminué de 17% depuis 1995 dans les cours d’eau mais les résultats stagnent depuis 6 ans à des niveaux encore élevés (Q90 moyen à 32,1 mg/l en 2020) et sur certaines zones comme le littoral nord (Finistère et Côtes-d’Armor) ou dans le Morbihan (Blavet, ria d’Étel).

Facilitateurs de l’eutrophisation des eaux, le phosphore, les nitrates et les pesticides dégradent les milieux naturels et la biodiversité.

Selon l’OEB, la « Bretagne porte une très forte responsabilité biologique » pour 16% des espèces de poissons d’eau douce inféodées aux milieux humides. 56% d’entre elles sont menacées de disparition.

Sécheresse : Les niveaux d’eau « presque » reconstitués

Sécheresse : Les niveaux d’eau presque reconstitués ?

« Le niveau des rivières est relativement élevé » cet hiver 2023, estime l’hydrologue Vazken Andreassian mais « il y a encore quelques points noirs ».

« On est dans un hiver normal avec des sols normalement réalimentés », explique mercredi 24 janvier sur franceinfo Vazken Andreassian, hydrologue à l’Institut national pour la recherche en agriculture, alimentation et environnement (Inrae) après la présentation du plan anti-sécheresse par le gouvernement sur la qualité, la quantité d’eau et la gestion de crise après un été caniculaire.

Une affirmation peut-être un peu rapide car dans nombre de régions les fossés sont loin de déborder et il y a encore un déficit des nappes phréatiques NDLR

En ce milieu d’hiver, quel est l’état des sols et des nappes phréatiques ?
Vazken Andreassian : On est dans un hiver normal avec des sols normalement réalimentés. Il y a encore quelques points noirs avec des rivières dont le niveau reste très bas parce que la sécheresse s’est prolongée pendant ce début d’hiver. Par exemple, dans les Pyrénées-Orientales, il y a trois fleuves qui coulent vers la Méditerranée et il n’y a vraiment pas d’eau dans ces trois rivières. Pour le reste, le niveau des rivières est relativement élevé. Les barrages, réservoirs, qui alimentent Paris en eau se remplissent normalement. On a presque oublié la sécheresse. Je dis bien presque.

Il va falloir prévoir les autres ?
Ce que dit le ministre, c’est qu’il faut les prévoir, oui. Il faut se mettre dans une perspective d’un climat qui évolue. L’événement qu’on a connu l’été dernier n’était pas exceptionnel puisqu’il s’était déjà produit en 1976 mais il pourrait devenir plus fréquent et dans ce cas-là, il faut commencer dès maintenant à se préparer pour anticiper.

réutilisation des eaux usées, c’est le futur ?
C’est une très bonne idée. Ça pose des problèmes bactériologiques donc il faut suivre mais c’est une bonne idée. On y croit beaucoup à l’Inrae mais je ne pense pas que ça va suffire parce que si on a une évolution du climat, avec plus de pluie en hiver et moins en été, ça va poser un problème pour l’agriculture que l’on qualifiait de pluviale, c’est-à-dire qui pouvait se satisfaire de ce que la pluie lui apportait. Alors oui, il faut adapter l’agriculture mais on ne peut pas tout adapter dans l’agriculture parce que dans ce cas-là ça veut dire accepter de moins manger.
« On est à présent huit milliards sur terre et on doit se nourrir. La planète a besoin d’un développement de l’irrigation. Ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi mais je ne suis pas sûr qu’on pourra éviter à l’avenir de construire un petit nombre de grands barrages, de réservoirs, comme ceux qu’on a construits dans les années 1960-1970. »

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

La  FNSEA réclame une véritable stratégie de stockage d’eau.  En ce début de semaine, le mercure frôle par certains endroits les 30°C entraînant un manque d’eau. Entre septembre et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19%, et le déficit de recharge des nappes phréatiques est de 20%

La  FNSEA plaide pour un stockage de l’eau. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé fin avril que les agences de l’eau pourraient dépenser 100 millions d’euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s’adapter ou créer des retenues d’eau. Une étape encore insuffisante. « Ce que nous dénonçons, c’est la gestion catastrophique de l’eau depuis plus de quinze ans. Nous stockons seulement 1,5% de l’eau qui tombe à l’automne et au début de l’hiver alors qu’en Espagne, ils sont à 17 ou 18% », déplore Luc Smessart, vice-président de la FNSEA.  »Ce qu’il faut c’est une continuité et une cohérence avec un vrai projet stratégique », poursuit-il, regrettant les oppositions associations écologiques et de certains syndicats paysans contre le stockage de l’eau. Il met en garde : « Si nous ne pouvons plus produire en France, il y en a d’autres qui le feront pour nous et on voit bien que nous avons délégué à d’autres pays comme l’Ukraine ou la Russie la production d’une partie de notre alimentation ce qui provoque des pénuries » et des hausses de prix. Et d’ajouter : « Nous devons accorder autant d’importance à la souveraineté de l’eau qu’à celle alimentaire ou énergétique ».

D’autres solutions sont également à chercher dans les progrès de la génétique qui permet de créer des variétés plus résistantes à la sécheresse. Les agriculteurs tentent par ailleurs d’adapter leurs méthodes de travail aux évolutions climatiques notamment en récoltant plus tôt lorsque cela est possible.

 

 

Contre les méga réservoirs d’eau agricoles

Contre les méga réservoirs d’eau agricoles

 

Plus de deux cents personnalités, politiques, scientifiques, artistes, représentants d’associations et de syndicats, parmi lesquelles la juriste Valérie Cabanes, le porte-parole de la Confédération paysanne, Nicolas Girod, demandent, dans une tribune au « Monde », l’arrêt immédiat de la construction de « ces projets aberrants d’accaparement de l’eau ».

 

Tribune. 

Dans le Poitou-Charentes, des coopératives agro-industrielles tentent de faire main basse sur l’eau dans le but de prolonger un mode de production destructeur du vivant et dont il est aujourd’hui urgent de s’affranchir.

Quatre-vingt-treize « mégabassines » dont plus d’une dizaine dans le Marais poitevin – deuxième plus grande zone humide en France – risquent d’être érigées dans les trois prochaines années.

Ces énormes cratères plastifiés de cinq à quinze hectares sont le dernier artifice de l’agro-industrie pour concilier raréfaction accrue de la ressource en eau et maintien de l’irrigation intensive.

Depuis quelques mois, le mouvement tissé patiemment entre habitants du Marais poitevin et d’ailleurs, paysans et naturalistes pour donner un coup d’arrêt aux chantiers de mégabassines, a pris un essor national. Samedi 6 novembre, à l’appel de Bassines non merci, de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), de la Confédération paysanne et des Soulèvements de la Terre, plus de 3 000 personnes et 20 tracteurs se sont retrouvés à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), non loin d’une mégabassine en construction interdite d’accès aux manifestants.

 

Après avoir traversé champs, rivières et nuages de gaz lacrymogènes, les manifestants ont collectivement investi le site d’une autre mégabassine, illégale et qui a déjà fait l’objet de cinq condamnations par la justice.

Action collective de « désarmement »

Un élément de l’installation de pompage qui alimentait cette bassine a été démonté par des paysans. Une fois la foule montée sur le talus de la bassine, un débâchage a été effectué pour la mettre hors d’état de nuire. Cette action collective de « désarmement » était un appel à reconsidérer les manières de préserver et partager la ressource en eau. Elle témoigne de la nécessité assumée, au vu de l’urgence climatique, d’utiliser les outils de la désobéissance civile quand des projets « écocidaires » passent en force.

Ces énormes cratères plastifiés de cinq à quinze hectares sont le dernier artifice de l’agro-industrie pour concilier raréfaction accrue de la ressource en eau et maintien de l’irrigation intensive

S’il a fallu en arriver là, c’était aussi pour répondre, en pleine COP26, à un gouvernement qui, derrière ses prétentions écologiquement vertueuses, finance à 70 % ces bassines et dont le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, prétend qu’elles s’emplissent avec les « pluies diluviennes » de l’hiver. Le morceau de tuyau ramené jusqu’aux portes de son ministère après avoir été prélevé sur le forage de la bassine, venait le mettre face à son mensonge ou à son incompétence, en matérialisant le fait que les bassines s’emplissent aussi et surtout en pompant dans les nappes phréatiques.

Le risque d’un manque d’eau chronique

Le risque d’un manque d’eau chronique

La raréfaction de l’eau est une problématique d’ampleur planétaire, qui concerne aussi directement la France, rappellent, dans une tribune au « Monde », des scientifiques, des acteurs du secteur et une trentaine de parlementaires.

Tribune.

 

Chaque 22 mars, la Journée mondiale de l’eau alerte sur la pression grandissante s’exerçant sur les ressources en eau et les écosystèmes qui en dépendent. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 40 % de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau d’ici à 2050 et, selon le Global Water Institute, 700 millions de personnes pourraient être déplacées à l’horizon 2030 du fait d’une pénurie d’eau !

La raréfaction de l’eau est une problématique d’ampleur planétaire et les prévisions sont toujours plus alarmantes pour la France de 2050. Les projections du rapport Drias de Météo France prévoient des records absolus de températures d’ici à cette date, avec une augmentation des températures estivales moyennes de 6 degrés Celsius.

Une diminution de la recharge des nappes de 10 % à 25 % en moyenne, selon les régions, affectera aussi les eaux superficielles, avec une baisse de 10 % à 40 % du débit annuel des cours d’eau. Les sécheresses, plus précoces, réduisent déjà l’accès à l’eau potable d’un nombre croissant de communes.

Sans une action décisive, le manque chronique d’eau ne trouvera plus de solution. Selon le Groupe international d’experts sur le climat (GIEC), les plus grands effets du dérèglement du climat sont liés à l’eau : sécheresses, inondations, montée du niveau marin, tempêtes et cyclones, disparition des zones humides.

Encore marquée par les crues dévastatrices survenues dans les Alpes-Maritimes, la France fait face à des périodes d’étiage plus précoces, sévères et longues et des déficits pluviométriques qui affectent la biodiversité, l’agriculture ou l’efficacité du refroidissement des réacteurs des centrales nucléaires. La baisse de la quantité d’eau disponible génère des conflits d’usage auxquels s’ajoute la dégradation de la qualité de l’eau.

 Voté en première lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi Climat et résilience, dont l’examen se poursuivra au Sénat, représente une réelle opportunité. Son article 19 fait le lien entre eau et climat en précisant la notion de « respect des équilibres naturels » issu de l’alinéa 1er de l’art L210-1 du code de l’environnement. Ainsi, la protection de l’eau, sa gestion durable doivent se faire dans le respect des équilibres naturels : infiltration de l’eau dans les nappes souterraines, protection de la biodiversité, lutte contre les pollutions et les effets du dérèglement climatique.

Google : 300 millions par an à la presse mondiale, une goutte d’eau !

Google : 300 millions par an à  la presse mondiale, une goutte d’eau !

 

 

Une somme dérisoire sera versée aux principaux éditeurs de presse par Google, filiale du groupe Alphabet qui prévoit de verser un milliard . Une très petite manne qui concernera que quelques éditeurs peut-être 5 à 10 par pays. Cette somme est à mettre en relation avec le chiffre d’affaires global du groupe soit 200 milliards par an, une capitalisation boursière de 1000 milliards et un bénéfice annuel de 35 à 45 milliards. Alphabet recouvre différent services dont Google qui constitue l’axe principal.

Beaucoup d’éditeurs de certains pays vont se satisfaire de ce petit cadeau du fait des situations financières très fragiles. La presse écrite un peu partout dans le monde et particulièrement en France se situe en effet sur une pente très dangereuse perdant non seulement de l’audience mais surtout des recettes publicitaires.

À l’inverse les plates-formes numériques puissantes inondent les internautes de publicité du fait d’une audience croissante.

Le  nouvel outil d’info de Google News Showcase, sera d’abord disponible sur les plateformes Android puis sur celles d’Apple.

Initialement lancé en Allemagne – où des accords ont été signés avec de grands groupes de presse comme Der Spiegel, Stern, Die Zeit – et au Brésil, il permettra aux éditeurs de presse de déterminer la nature ainsi que le type de présentation de leur contenu lors de l’utilisation du moteur de recherche.

Google News Showcase sera ensuite disponible en Belgique, en Inde, aux Pays-Bas et dans d’autres pays. Quelque 200 éditeurs en Argentine, en Australie, au Royaume-Uni, au Brésil, au Canada et en Allemagne ont déjà signé des accords de ce type avec le géant américain.

Les discussions se poursuivent en revanche en France, où les éditeurs s’appuient pour négocier sur une nouvelle loi française sur “les droits voisins”, entrée en vigueur en octobre 2019, ainsi qu’en Australie où il est demandé à Google de partager les recettes publicitaires avec les médias locaux.

En juin dernier, l’Autorité de la concurrence française a enjoint à Google de négocier avec les éditeurs et agences de presse “la rémunération qui leur est due” au titre de la loi relative aux droits voisins pour la reprise de leurs contenus protégés.

Plan restriction d’eau : de la rigolade

Plan  restriction d’eau : de la rigolade

Officiellement des mesures drastiques auraient été prises dans 32 départements pour réguler l’utilisation de l’eau. Comme d’habitude sans doute,  une grande rigolade. On  va se focaliser sur le lavage des voitures, des terrasses ou encore des douches de plage. Il y aura  des restrictions voire des interdictions pour les prélèvements à destination de l’agriculture (80% de l’eau). . Mais des mesures qui sont rarement respectées quand on constate par exemple que des maïs sont encore arrosés en plein midi (à peine 20 % de cette eau  bénéficie à la plante). Il est clair que ce plan est loin d’être à la hauteur des enjeux concernant une ressource de plus en plus précieuse avec en particulier l’élévation des températures. Exemple de mesures prises sur le département de Vendée. La Vendée est en alerte renforcée ou en niveau de crise sur une large partie de son territoire. « Ces derniers jours, le département de la Vendée a fait face à de très fortes chaleurs et aucune précipitation significative n’a été constatée », souligne la préfecture dans un communiqué, en invitant chaque utilisateur d’eau à « agir afin de maîtriser sa consommation ». À partir de samedi, les prélèvements sont interdits totalement ou partiellement dans plusieurs cours d’eau pour les agriculteurs, particuliers, industriels et collectivités territoriales.  Le préfet de Loire-Atlantique a également annoncé des restrictions vendredi soir avec notamment des interdictions de « remplissage et mise à niveau des plans d’eau et des piscines, nettoyage des véhicules, des bâtiments, des terrasses et des voiries, alimentation des fontaines et douches de plage » sur une partie du département. Bref, des mesures parfois dérisoires, d’autres plus significatives mais qui seront peu ou pas appliquées. À quand par exemple la fin de la culture du maïs dans nombre de départements qui ne sont absolument pas adaptés au climat nécessaire à cette plante ?

100 millions d’euros par an pour sauver l’industrie. Une goutte d’eau !

100 millions d’euros par an pour sauver l’industrie. Une goutte d’eau !  

100 millions par an pour assurer la « Reconquête industrielle » de la France fondée sur l’innovation et les technologies numériques, Une somme évidemment ridicule qui témoigne du rapport insignifiant du gouvernement à l’industrie. L’industrie est malheureusement la grand absente des préoccupations d’un gouvernement qui ne voit que par le développement des start-up du numérique au point d’ailleurs comme Macron d’appréhender la France comme une sorte de start-up nation. Une sorte de délire sémantique qui fait  abstraction des réalités économiques. C’est dans le cadre de la première Assemblée générale des Territoires d’industrie qui se déroule actuellement à Lyon que la Banque des Territoires vient de signer avec l’Etat une convention. Dans ce document est précisé le soutien qu’elle va apporter jusqu’en 2022 au développement industriel des territoires, dans le cadre du programme « Territoires d’industrie » lancé par le Premier ministre en novembre dernier. A l’époque, Edouard Philippe avait annoncé l’identification de 124 Territoires d’industrie.  Les études d’ingénierie des projets industriels bénéficieront d’une enveloppe à hauteur maximale de 50 % de leur montant total. Quant aux projets des Territoires d’industrie, ils profiteront d’ici 2022 de 100 millions d’euros par an. Ces financements ciblent les thématiques suivantes : Foncier et immobilier industriel (reconversion de friches, immobilier de production industrielle, locaux tertiaires, bureaux, laboratoires, centres de recherche, magasins d’usine) ; Numérique (accompagnement du déploiement du très haut débit sur l’ensemble du territoire et plus particulièrement les sites industriels) ; Energie et Ecologie industrielle (mutation et efficacité énergétique des sites industriels, développement d’énergies renouvelables) ; Transports et mobilité (infrastructures de transport et flottes de véhicules propres, navettes autonomes permettant une meilleure desserte des sites industriels, stations de recharge et d’avitaillement en énergie propre ou services de mobilité, parcs de stationnement) ; Formation (immobilier de formation et ingénierie pédagogique pour l’adaptation des compétences aux besoins des territoires industriels) ; Développement économique (développement des tiers lieux, fablabs et espaces de co-working). 

Canicule : vers un manque d’eau ?

Canicule : vers un manque d’eau ?

 

 

Laurence Gourcy, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières fait le point dans une interview sur France Info.

 

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Au regard de toutes ces rivières asséchées, doit-on s’inquiéter de l’état de nos nappes phréatiques ? 

Laurence Gourcy : Nos informations datent de fin juin, mais connaissant l’inertie des nappes, la situation est toujours la même. Et elle est plutôt favorable ! On a des niveaux plus hauts que les mêmes mois des années antérieures. On est sur un niveau favorable sur toute une partie de la France, excepté quelques secteurs : vers Colmar, sur la nappe d’Alsace, qui est en dessous de la moyenne, la vallée du Rhône qui est déficitaire, un déficit qui se poursuit puisqu’on l’a déjà observé l’année dernière. Et puis dans l’arrière-pays en Provence-Alpes-Côte d’Azur, on a des nappes qui sont de petits volumes et qui se remplissent et se vident très rapidement. Le fait que nous n’ayons pas de précipitations pendant plusieurs semaines implique que, pour ces nappes, les niveaux sont plutôt défavorables.

 

Mais la situation des nappes n’est pas particulièrement alarmante ? 

Non, puisque la dernière recharge des grands réservoirs a été très bonne. D’octobre à avril, on a eu de bonnes pluies donc on a bien rechargé les systèmes et on a une décrue qui est lente. Le problème va peut-être se poser après octobre puisqu’à ce moment-là, on doit avoir une nouvelle recharge qui doit nous permettre d’atteindre de nouveau des niveaux normaux dans les nappes. Le moment sera alors critique. On saura alors si la recharge suivante est aussi favorable que celle de l’année dernière.

De toute façon, on ne recharge pas les nappes phréatiques en été, sauf certaines petites nappes de manière locale.

Pourquoi certaines rivières souffrent-elles de sécheresse, si les nappes ne sont pas à un bas niveau ? 

Les rivières sont soit reliées aux eaux souterraines, soit complètement déconnectées. Il y a des régions, comme le bassin parisien, où les nappes sont corrélées aux rivières, ça veut dire que les rivières continuent de couler l’été grâce aux eaux souterraines.

Par contre, il y a des endroits où soit les nappes sont très profondes, soit elles sont peu nombreuses, soit, pour des raisons topographiques, ces eaux souterraines ne sont pas connectées aux rivières. En fait, l’assèchement d’une rivière n’est pas en lien avec le niveau des eaux souterraines. Par exemple, le Doubs est beaucoup plus sensible aux pluies directes et cette sécheresse n’est donc pas surprenante. Les rivières peuvent être asséchées sans que cela soit lié au niveau des nappes.

En revanche, la canicule va avoir un rôle dans l’évaporation pour les sols et les rivières. L’absence de pluie va pousser les plantes à aller chercher de l’eau plus profondément et cela peut avoir un impact sur les eaux de rivière, sur les plantes et les sols. Mais cela n’aura qu’un faible effet sur les eaux souterraines.

Et que se passera-t-il si la « recharge » d’octobre n’est pas suffisante ? 

C’est ce qu’il s’est passé à l’été 2017, avec une recharge à l’hiver 2016-2017 insuffisante. Du coup, vous avez un début d’été qui commencer de manière défavorable, avec des niveaux d’eau plus bas que la normale et comme on ne recharge pas l’été, ils vont diminuer quand les plantes vont reprendre leur activité, dès le début du printemps.

Or c’est bien l’épisode de pluie de l’automne-hiver qui compte. Par exemple, les décisions des volumes à utiliser, pour les agriculteurs, sont toujours prises vers avril-mai parce qu’on connaît l’état de la recharge et on sait de quel volume d’eau on pourra disposer pendant l’été. Il faudra donc garder un œil sur les précipitations de cet automne et de cet hiver.

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