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Relance BTP: la création d’un fonds de réhabilitation des infrastructures routières

Relance BTP:  la création d’un fonds de réhabilitation des infrastructures routières

 

 

 

Depuis des années, l’état de nos infrastructures routières dites secondaires ( comme l’ensemble des services publics)ne cesse de se dégrader faute d’entretien. Heureusement , le pays n’a pas connu de longues périodes de  fort dégel  depuis longtemps sinon nombre de routes secondaires se serait transformées en des sortes de pistes africaines. Dans les zones peu densifiées , la situation est catastrophique. Les bords de chaussée sur les routes secondaires sont dans un état de désagrégation avancée, les nids de poule succèdent aux nids de poule sans parler parfois d’herbes qui poussent même au milieu de la route. Témoin de la détérioration des infrastructures, l’usure prématurée notamment  des amortisseurs et des  pneus constatés par les garages.  Les territoires particulièrement concernées  constituent  des zones  largement abandonnées sur le plan économique et les services s’y font de plus en plus rare. Le seul moyen de transport pouvant être utilisé est l’automobile ou les deux-roues.

La détérioration de l’état des routes participe de la désertification de ces territoires. On sait que Bercy n’aime pas les ressources affectées.  Pourtant; il serait urgent de créer un fonds de réhabilitation routière pour une période déterminée, le temps de remettre à niveau l’état des routes. La fiscalité routière génère de l’ordre de 40 milliards de recettes annuelles pour 13 milliards de dépenses ( investissement et fonctionnement). Certes ces ressources d’origine routière ne sauraient être affectées en totalité à la route car nombre de secteurs d’activité du domaine régalien ne génèrent aucune ressource. Il faut cependant noter qu’en outre les dépenses ont diminué de l’ordre de 30 % alors  que les recettes, elles,  ont augmenté . Dans le détail, on constate que sur la période 2013-2018 les administrations locales ont vu leurs dépenses routières  diminuer de 5 %. Cette baisse est due notamment à la réduction des dépenses des départements -2,6 % et des communes et EPCI -6,3 %.

Ces réductions de dépenses pour la route sont évidemment liées à la pression à la baisse des recettes générales des collectivités. La colère des gilets jaunes est largement alimentée par la désertification économique autant que par la dégradation des services publics dont les routes constituent un élément important pour la mobilité des populations en cause. Il y a aujourd’hui urgence à réclamer un dispositif d’affectation temporaire de ressources aux dires mêmes de la ministre de l’environnement chargé aussi des transports; Une taxe additionnelle de 1cme  par litre de carburant rapporterait  de l’ordre de 500 millions par an, de quoi engager  un processus de remise en état. Notons que la France a été fortement  dégradée ces dernières années dans la classement mondial des infrastructures de transport. En  qui concerne les réseaux locaux seulement la moitié sont considérés dans un état satisfaisant.

Il convient aussi d’attirer l’ attention sur le délabrement total du réseau cuivre téléphonique complètement abandonné par Orange. Or il est clair que dans les zones peu denses, le câble n’est pas prêt de suppléer le réseau classique. Compte tenu du coût,  de nombreuses zones ne seront jamais desservies par le câble ( on utiliserait en fin de réseau le vieux réseau cuivre déjà délabré!). De la même manière que la technologie 5 G n’est pas prête d’assurer une éventuelle suppléance;  c’est tout juste si la 3G et la 4G sont opérationnelles dans certaines régions éloignées. Les équipements évoqués participent de la désertification des territoires et renforcent  ainsi les inégalités territoriales.  le contexte des élections municipales pourraient être favorable au rappel de cette problématique.  

 

Taux d’infection coronavirus :4 % de la population infectée ?

Taux  d’infection coronavirus :4 % de la population infectée ?

Autour de 4 % le taux d’infection de la population en France. Estimation  d’ailleurs assez approximative  compte tenu de l’ampleur des asymptomatiques. Les  échantillons de personnes testées manque encore de représentativité. Il conviendrait de tester beaucoup plus massivement pour affiner le taux d’infection dont certains affirment qu’il se situe à 3% autres à 10%.

Dans les zones les plus touchées, officiellement moins de 10% de la population a été infectée par le nouveau coronavirus, soit  en Île-de-France et dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées en France, selon une étude publiée qui estime à 4,4% le chiffre au niveau national. Fin avril, l’Institut Pasteur avait publié les premières estimations de la contamination de la population française, prévoyant que 5,7% (marge d’incertitude entre 3 et 10%), soit 3,7 millions de personnes, auraient été contaminés au 11 mai.

Dans les résultats actualisés de cette modélisation, publiés mercredi dans la revue Science, le pourcentage est revu un peu à la baisse, à 4,4% (avec une marge d’incertitude entre 2,8 à 7,2), soit 2,8 millions de personnes au 11 mai. «Ce sont surtout les intervalles d’incertitude qui comptent: on était entre 3 et 10%, on est aujourd’hui entre 3 et 7%. Sur un plan purement épidémiologique cette variation ne change rien, on reste dans le même ordre de grandeur», a expliqué à l’AFP Simon Cauchemez, de l’Institut Pasteur.

Les chercheurs se sont penchés également sur la situation des deux régions les plus touchées par l’épidémie. Selon leurs estimations, 9,9% (marge de 6,6 à 15,7%) des habitants d’Ile-de-France auraient été contaminés au 11 mai et 9,1% (marge 6,0 à 14,6%) dans le Grand Est.

Dans tous les cas, le chiffre est très loin d’un niveau suffisant pour atteindre une immunité collective permettant d’éviter une deuxième vague sans mesures de contrôle de l’épidémie. «Il faudrait qu’environ 65% de la population soit immunisée pour que l’épidémie soit contrôlée par l’immunité seule», écrivent les auteurs. Par ailleurs ce concept d’immunité collective demeure encore très contestes dans la mesure notamment où on essaie pas si les anticorps protègent totalement et combien de temps

 

La faible part de population infectée est due au confinement lui-même, relève l’étude, selon laquelle le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 2,9 au niveau national avant le confinement à 0,67 à la fin.

L’étude estime d’autre part que 3,6% des personnes infectées ont été hospitalisées et 0,7% sont mortes avec des écarts très importants selon les âges (de 0,001% pour les moins de 20 ans à 10,1% pour les plus de 80 ans).

 

«Temps de travail: un effort de guerre collectif». (Viviane Chaine-Ribeiro)

«Temps de travail: un effort de guerre collectif». (Viviane Chaine-Ribeiro)

Pour l’ancienne présidente du Syntec, la question du temps de travail peut être reposée ( tribune dans l ‘Opinion) Notons cependant que la législation permet maintenant de trouver des accords de branche et  pour s’adapter en fonction des réalités locales et sectorielles.

Viviane Chaine-Ribeiro.

 

« Sans parler de l’attitude irresponsable de la CGT, mais pour répondre à la réaction des syndicats y compris la CFDT réformiste, il va bien falloir parler du temps de travail. Et ce, à plusieurs titres.

Il n’est pas question du monde d’avant, ni du monde d’après. Il n’est pas question d’une affirmation du président du Medef. Il n’est pas question d’exploitation ou de faire porter l’effort de la reprise uniquement sur « les travailleurs » – et d’ailleurs lesquels ? Travailleurs non salariés (TNS), les indépendants, artisans, commerçants… ne sont pas défendus par ces mêmes organisations syndicales.

Bref, il n’est pas question du « libéralisme qui vaincra ». Ce n’est pas une guerre d’idéologie, ce sera une bataille pour retrouver une économie qui tourne, qui crée de la richesse et donc de l’emploi et du pouvoir d’achat, qui s’adapte à un environnement hostile et qui relance aussi bien l’offre que la demande. Tout ceci ne peut pas venir uniquement de soutiens publics et de mises sous perfusion des secteurs économiques. Tout le monde doit prendre sa part et pas seulement pour le bien du capitalisme, mais exactement comme le masque vous protège mais protège aussi les autres : les secteurs qui vont pousser vont aider les autres secteurs et donc les autres travailleurs à avancer.

Automobile : baisse de 76 % des ventes en avril

Automobile : baisse de 76 % des ventes en avril

 

Même dans les pays où le des confinements a commencé déjà depuis un certain temps, les commandes automobiles ne reprennent pas. Certes progressivement les immatriculations devraient augmenter à partir de mai juin. Ceci étant  l’année 2020 devrait être catastrophique avec une baisse qui pourrait atteindre de l’ordre de 20 %. L’agence de notation Moody’s prévoit d’ores et déjà une baisse moyenne pour l’année de près de 15 %. En cause évidemment le Coronavirus, mais surtout les incertitudes relatives aux dispositions environnementales actuelles et futures sans parler des interrogations sur le type de véhicule le plus pertinent et le plus durable.

Au total, il s’est vendu en avril 270 682 voitures en Europe contre 1,143 million l’an passé ce qui représente une chute de 76,3 %. L’Italie et l’Espagne ont le plus souffert avec des baisses respectives de 97,6 % et de 96,5 %. La France a accusé un recul de 88,8 %. Les constructeurs français bien implantés dans les pays du Sud, les plus touchés par l’épidémie, voient leurs ventes chuter plus sévèrement que leurs concurrents allemands: PSA accuse une baisse de 81,2 % et le groupe Renault de 79 %. De son côté, Fiat Chrysler touche le fond avec une baisse de 87,7 % des immatriculations sous ses marques (Fiat, Jeep, Lancia, Chrysler, Alfa Romeo…).

 

 

Electricité : reprise progressive de la consommation

Electricité : reprise progressive de la consommation

 

La consommation d’électricité pendant la semaine du 11 mai a été en moyenne 9% inférieure à celle habituellement constatée à cette période de l’année en France (hors week-end) alors que la baisse avait atteint jusqu’à 20% au plus fort de la crise, a précisé dans un communiqué RTE, filiale d’EDF, de la Caisse des Dépôts et de CNP assurances.

La reprise s’observe particulièrement dans le secteur de l’industrie manufacturière, avec une baisse de 25% au plus fort de la crise et un niveau aujourd’hui quasiment comparable à la situation précédant la mise en place des mesures de confinement.

La consommation d’électricité dans le secteur des transports a en outre augmenté de plus de 25% entre la dernière semaine de confinement et la première semaine de levée partielle des restrictions.

L’écart dans ce secteur par rapport à la semaine précédant la mise en place des mesures de confinement est désormais de l’ordre de 34% contre 57% au plus fort de la crise, a détaillé RTE.

Renault: fermeture de plusieurs usines ?

Renault: fermeture de plusieurs usines ?

 

On sait que Renault va profiter d’un énorme soutien financier de l’ordre de 5 milliards de la part de l’État. Une aide indispensable pour  sauver une entreprise dont la situation était déjà délicate avant l’apparition du Corona virus. L’entreprise Renault n’est pas la seule société à affronter des difficultés. Le contexte général du secteur automobile est caractérisé par une baisse tendancielle des commandes et surtout de nombreuses inquiétudes des acheteurs potentiels quant au véhicule le plus pertinent à acheter compte tenu des normes d’une part et des évolutions technologiques d’autre part.

Parallèlement à l’opération de sauvetage financier de Renault, la société va fermer et où réduire l’activité de plusieurs sites. La question est de savoir où et comment car les choix ne sont pas encore définitifs. D’une façon générale l’ensemble du secteur automobile mondial pourrait voir ses effectifs fondre de 10 % en moyenne, ce qu’a annoncé par exemple Ford.

Renault, lui,  envisage en effet de fermer trois sites en France dans le cadre de son plan d’économies, dont l’usine d’assemblage de Dieppe (Seine-Maritime), et d’arrêter la production de véhicules à Flins (Yvelines), rapporte le journal Les Echos dans son édition de mercredi.

Le groupe au losange doit présenter fin mai un plan de réductions de coûts drastiques de deux milliards d’euros sur trois ans après avoir accusé l’an dernier sa première perte nette en dix ans.

“Les réflexions sur la restructuration de Renault sont entrées dans la dernière ligne droite. Et plusieurs sites français sont clairement sur la sellette”, écrit le quotidien économique.

Selon les informations des Echos, les petits sites de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et des Fonderies de Bretagne à Caudan (Morbihan), devraient être fermés, tout comme l’usine de Dieppe (Seine-Maritime), site emblématique de l’Alpine, “dans un horizon assez proche”.

Les effectifs de Choisy (rénovation moteurs), Caudan et Dieppe représentent dans chaque cas plusieurs centaines de personnes.

Le journal ajoute que le site de Flins (Yvelines), qui produit la Zoé électrique et emploie 2.600 personnes, pourrait quant à lui cesser de produire des véhicules d’ici quelques années et se voir confier d’autres activités, comme celles qui serait transférées depuis Choisy.

Interrogation quant à la réalité du vaccin de Moderna

Interrogation quant à la réalité du vaccin de Moderna

 

Comme nous l’indiquions hier, il est fortement souhaitable qu’un vaccin soit le plus rapidement disponible. La société Moderna, industrie pharmaceutique américaine a annoncé sans doute un peu prématurément la sortie possible de ce vaccin. Il se confirme qu’au-delà de la concurrence sur le terrain de la recherche se déroule une lutte entre les différentes sociétés pour recueillir le maximum de fonds notamment publics,  en profiter aussi pour revaloriser la valeur de leurs actions. Des interrogations demeurent toujours sur la possibilité de sortir rapidement un vaccin. Certains avancent la date de fin 2020, d’autres de 2021 et l’OMS indiquent même que les recherches pourraient ne pas aboutir avant très longtemps. La publication médicale STAT News a publié mardi un article questionnant la validité des résultats présentés lundi par le laboratoire Moderna au sujet de ses essais sur un vaccin contre le coronavirus. L’annonce de ces résultats avait suscité l’optimisme lundi et porté Wall Street mais le titre Moderna a plongé de plus de 10% mardi après l’article de STAT News.

“Le marché est bien plus friand d’informations dans le domaine de la santé qu’il ne l’est d’indicateurs économiques”, a dit Art Hogan, responsable de la stratégie de marché chez National Securities. “Nous intégrons progressivement le fait que le deuxième trimestre sera significativement en baisse – le taux de croissance du PIB, les bénéfices, les indicateurs économiques – mais ce que nous ne savons pas et ce qui orientera les marchés, c’est s’il y aura de plus en plus de bonnes nouvelles sur le front sanitaire.”

Croissance : Pas de reprise globale en 2021, ( FMI)

Croissance : Pas de reprise globale en 2021, ( FMI)

 

 

Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, vient de refroidir sérieusement l’enthousiasme des partisans d’une reprise économique rapide. En effet nombre d’experts et de responsables politiques ont annoncé qu’après la dépression de 2020 suivrait une reprise qui compenserait en 2021. La directrice du fonds monétaire international est beaucoup plus prudente et réaliste. Certes il y aura  sans doute reprise mais elle ne pourra être que progressive. Cela d’autant plus qu’on ne pourra éviter une vague de défaillances suivie d’une autre vague  de licenciement qui vont lourdement peser sur la demande globale dont celle des ménages. Au-delà des aspects quantitatifs, il y a aussi des dimensions qualitatives relatives par exemple à l’évolution de la nature et de la structure de la demande qui pourrait prendre en compte de nouveaux paramètres notamment environnementaux. Ajoutons à cela les perturbations liées aux conflits relatifs au commerce international.

 

La reprise de l’économie mondiale après le choc causé par l’épidémie de Covid-19 sera beaucoup plus longue que prévu, s’inquiète Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Le Fonds s’apprête à revoir à la baisse pour 2020 sa prévision d’une contraction de 3% du PIB mondial. Pour 2021, il est également pessimiste: la reprise sera partielle, elle ne devrait pas atteindre les +5,8% prévus jusqu’ici, a expliqué la patronne du Fonds, qui publiera ses nouvelles prévisions en juin.

Avantages et limites de la thérapie par la dette publique?

Avantages et  limites de la thérapie par la dette publique?

D’après ’Emmanuel Combe.  Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence évoque les limites de la thérapie par la dette publique.( Dans l’Opinion)

 

« Ce qui était au départ une crise sanitaire s’est rapidement transformé en une crise économique d’une violence inégalée : en Europe, la Commission table désormais sur une chute du PIB de 7,7 % en 2020. Du jamais vu depuis la Grande Dépression. Face à l’urgence de la situation, l’Etat a rapidement pris les commandes de l’économie : il a laissé filer les déficits, en gelant les rentrées fiscales et en ouvrant les vannes de la dépense publique. Il a eu raison : à grand choc, grands remèdes.

Dans le cas de la France, le déficit public devrait plonger à 9,9 % du PIB en 2020 et la dette atteindre 116 % ; même la vertueuse Allemagne va connaître une tendance similaire, avec un déficit de 7 %, contre un excédent budgétaire de 1,4 % en 2019. Faut-il s’en inquiéter ? sur le principe, non ; en pratique, oui, surtout pour un pays comme la France.

D’un point de vue théorique, une forte hausse de la dette n’est pas une mauvaise nouvelle en soi : face à un choc négatif sur l’offre et la demande, il est logique que la dépense publique vienne se substituer momentanément à des investissements et une consommation privés en berne. C’est le sens même d’une politique contracyclique. »

Les marchés financiers ont d’ailleurs intégré ce rôle salutaire de la dette publique puisqu’ils continuent à accorder leur confiance aux pays les plus solides de la zone Euro : preuve en est, l’Allemagne vient de lever sans difficulté plus de 7,5 milliards d’euros à échéance de 15 ans et… à taux négatif. La France a émis de son côté de la dette à… 40 ans, au taux de 0,86 %.

Il n’existe pas non plus de chiffre absolu en matière de dette publique : dire qu’il ne faut pas dépasser les 100 % du PIB n’a pas de sens. Qui plus est, une dette peut n’être jamais remboursée, si elle est refinancée régulièrement, surtout à des taux bas : seul la charge de la dette doit alors être payée.

Pour autant, on peut s’inquiéter de la hausse de la dette publique.

« Dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique »

Drogue dure. Tout d’abord, dire qu’il n’y a pas de chiffre absolu pour la dette ne signifie pas que l’on peut s’endetter à l’infini : il y a forcément un seuil au-delà duquel les marchés financiers auront des doutes sur sa soutenabilité et exigeront une prime de risque. Les taux d’intérêt exploseront alors et le pays se verra rappeler brutalement à la réalité.

De plus, si la dette publique est monétisée par la BCE, la contrainte de financement est certes levée mais au prix d’une inflation : si ce n’est pas sur le marché des biens et services, ce sera ailleurs, et notamment sur le marché de l’immobilier, avec une bulle.

Ensuite, un pays qui s’endette doit avoir conscience qu’il fait peser un risque financier sur les générations futures : si les taux remontent, le refinancement de la dette coûtera plus cher demain et amputera d’autant les marges de manœuvre de l’Etat. La dépense publique supplémentaire affectée au paiement des intérêts se fera en effet au détriment d’autres dépenses utiles, telle que l’éducation ou la santé.

Mais surtout, dans un pays comme la France où les déficits publics sont la norme depuis 1975, les citoyens risquent d’être confortés dans l’idée selon laquelle tout peut se régler durablement par de la dépense publique. La dette est certes un très bon médicament pour stopper une crise ; ce ne doit pas devenir une drogue dure. »

 

Emmanuel Combe est professeur à Skema Business School et vice-président de l’Autorité de la concurrence.

 

Relance de la consommation ? Comment ?

Relance   de la consommation ? Comment ?

Jean-Louis Bricout, député de l’Aisne, membre de la Commission des Finances, et Christopher Dembik, Responsable de la recherche Economique chez Saxo Bank préconise dans une chronique de la Tribune de donner la priorité à la relance de la consommation. La crainte en effet c’est que succède à la crise de l’offre, une crise de la demande. Le soutien de cette demande est sans doute nécessaire pour relancer la dynamique économique;  se pose toutefois le problème du volume et de la nature de cette consommation qu’il convient d’encourager.

Tribune:

 

 

« La capacité d’épargne des Français a bondi au mois de mars pour atteindre 19,6 milliards d’euros contre un montant moyen habituel de 5,9 milliards d’euros, selon la Banque de France. Dans le même temps, la consommation des ménages est revenue à son niveau de mars 2000. Une fois la crise sanitaire terminée, l’évolution de la consommation sera un facteur critique qui déterminera la vitesse de la reprise économique. Allons-nous assister à un effet de rattrapage de la consommation ou à une augmentation de l’épargne ? L’enseignement qu’on peut tirer du déconfinement chinois, c’est que les capacités de production sont rapidement revenues à la normale mais la consommation reste morose. Les ventes au détail ont chuté de 15,8% en mars sur un an et les dépenses au restaurant ont plongé de près de 50% sur la même période. Beaucoup de boutiques sont encore désespérément vides, y compris dans la capitale, Pékin.

 

Ce phénomène s’appelle l’effet d’hystérèse. Bien que la pandémie ait disparu, elle continue d’avoir un effet notable sur les comportements de consommation et d’épargne. En France, comme en Chine, les mesures de distanciation sociale, l’accroissement du taux de chômage et les pertes de pouvoir d’achat vont freiner durablement les dépenses des ménages et inciter à épargner par crainte de l’avenir. La normalisation pour certains secteurs de services, tels que l’hôtellerie, la restauration et les loisirs pourrait ne pas se produire avant 2021.

Pour débloquer l’acte d’achat et relancer la consommation, nous proposons de créer un fonds de solidarité chargé de distribuer des bons d’achat aux ménages une fois les mesures de confinement totalement levées. Plusieurs pays asiatiques ont annoncé au cours des dernières semaines des mesures similaires : la Corée du Sud, Singapour, le Japon ou encore Hong Kong. En Chine, une cinquantaine de villes distribuent des bons d’achat pour une valeur totale qui avoisine 6 milliards de yuans, soit environ 780 millions d’euros.

Ce fonds de solidarité doté de plusieurs milliards d’euros serait directement financé par l’État, les collectivités territoriales, les assureurs et les banques qui ont tout intérêt à une reprise rapide de l’activité économique. Les banques ont un rôle particulier à jouer dans ce dispositif car elles bénéficient depuis le début de la crise d’un soutien massif de la Banque centrale européenne (BCE) qui a assoupli la réglementation bancaire et leur prête à un taux négatif de moins 1% ! Par le passé, les banques françaises n’ont jamais hésité à participer à l’effort national. A n’en pas douter, elles sauront de nouveau le faire pour surmonter cette crise sans précédent.

Contrairement à l’Asie qui a choisi de distribuer des bons d’achat à chaque ménage, sans distinction de revenus, nous pensons qu’ils doivent être attribués en priorité aux ménages à revenus modestes (soit 30% de la population française) et être automatiquement versés aux forces vives de la nation qui ont été en première ligne ces dernières semaines pour surmonter la pandémie et permettre à l’économie de continuer de fonctionner aussi normalement que possible (personnels soignants, caissiers, éboueurs, agents de sécurité etc.).

Nous voulons aussi éviter certains écueils, comme une hausse des importations de produits finis étrangers, c’est pourquoi seuls certains produits et services seraient éligibles, parmi lesquels :

- les achats d’équipements concourant à l’amélioration de la performance énergétique ou à l’adaptation du logement au vieillissement ;

- les meubles et équipements portant la mention « Fabriqué en France » ;

- l’acquisition de véhicules émettant moins de 125g CO2/km afin de favoriser les véhicules les moins polluants ;

- les dépenses liées au secteur du tourisme, de la culture, de l’évènementiel, de la restauration et de l’hôtellerie.

Ce dispositif viendrait renforcer au bon moment le plan de soutien aux secteurs les plus touchés par la crise que doit présenter prochainement le gouvernement et qui va reposer sur des annulations de charge et des aides spécifiques. Si nous n’agissons pas aujourd’hui, le risque évident est d’avoir une reprise économique qui soit lente et fragile aboutissant à des faillites en cascade et à un accroissement des inégalités. Face à une situation inédite, nous devons lever certains tabous. »

 

Société- Analyse de la crise: Les experts dans le potage ?

Société- Analyse de la crise: Les experts dans le potage ?

 

La crise aura fait émerger les contradictions parfois les faiblesses des experts eux-mêmes . C’est vrai pour la crise sanitaire où  nombre de spécialistes ont été surpris par la nature de la pandémie , sa propagation à l’échelle mondiale, sans parler des polémiques concernant l’effet du confinement, et les traitements eux-mêmes. On peut mettre au crédit de leur défense le caractère tout à fait nouveau de ce Coronavirus.

 

Des interrogations du même type concernent la sphère économique et sociale. Bien entendu après la crise sanitaire, c’est un tsunami économique qu’il conviendra d’affronter. La croissance ( mesurée par le PIB) pourrait baisser de 10 % pendant plusieurs trimestres en moyenne avec évidemment des écarts selon les pays. Ceci étant,  le commerce international va se trouver très affecté. La reprise économique de chaque pays va donc reposer bien davantage  sur la consommation des ménages ( l’investissement, lui aussi, va au mieux être différé au pire être très amoindri).

 

La troisième dimension de la crise sera sociale avec son  cortège de licenciements. En France on parle d’une augmentation du nombre de chômeurs qui passeraient de 8 % à 20 %. Aux États-Unis, le patron de la banque centrale a évoqué un taux de chômage de 20 à 30 %. Certains affirment que ce tassement ne sera que temporaire mais la vérité oblige de dire que personne n’en sait strictement rien.

 

 En effet il est difficile de prévoir des scénarios d’évolution pour des crises systémiques dans des champs géographiques aussi étendus avec autant de dimensions.( Sanitaire, environnementale, économique, sociale voire sociétale). On constate que face  à la complexité de cette crise, deux types de profil d’experts se dégagent. Les experts sûrs d’eux-mêmes ,sorte de gourous ou de naïfs qui selon leur sensibilité versent  dans le déclinisme ou  au contraire dans l’optimisme béat.

 La plupart toutefois se limitent à dire des banalités, en gros à se comporter comme des journalistes, a constater des situations mais sans forcément identifier les facteurs explicatifs et encore moins les scénarios probables. On objectera que les responsables politiques eux-mêmes se comportent davantage en observateurs que comme gestionnaires de crise mais cela ne dédouane pas les experts dont l’éclairage serait utile dans la période.

 

Concernant la dimension socio économique la grande interrogation concerne notamment la question des milliers de milliards qui vont être déversés par les banques centrales. En fait,  une manière de faire tourner la machine à billets. Une décision sans doute incontournable pour sauver ce qui peut l’être. A terme cependant, la déconnexion entre la richesse et la valeur des monnaies va se poser. Inévitablement  l’ajustement se fera à travers les parités monétaires. Avec de fait  des dévaluations pour les monnaies dévaluées et forcément une montée de l’inflation qui va handicaper le pouvoir d’achat des ménages mais aussi les Etats et les entreprises concernés. Cette question fondamentale est le plus souvent ignorée ou abordée du bout des lèvres. D’autres aspects mériteraient aussi des éclairages en tout cas des hypothèses et des scénarios. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant nombre d’experts sont dans le potage.

Merkel et Macron pour un plan encore flou de 500 milliards

Merkel et Macron pour un plan encore flou de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires

La proposition de Merkel et de Macron concernant un fond de 500 milliards d’euros pour des dépenses budgétaires  européennes constitue indéniablement un fait politique et médiatique indiscutable. Remarquons évidemment qu’il ne s’agit que d’une proposition et qu’il faudra se mettre d’accord avec les 27 constituants de  l’union européenne. La partie n’est pas gagnée d’avance

. Ensuite il faudra aussi préciser les conditions d’attribution et de financement de cette enveloppe. De ce point de vue, les commentaires d’Emmanuel Macon sont relativement encore flous sur ces deux questions. L’enjeu va notamment tourner autour de ce qui est remboursable et ce qui ne l’est pas (pour simplifier prêts ou subventions).

Cette initiative commune, qui doit encore être endossée par la Commission européenne et l’ensemble des Vingt-sept, constitue une “étape majeure” et un “changement de philosophie”, s’est félicité Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’issue d’une visioconférence avec la chancelière allemande Angela Merkel.

“Pour la première fois, ce que nous proposons ensemble, Allemagne et France, c’est de décider tous ensemble d’aller lever une dette commune sur les marchés et d’utiliser ces 500 milliards d’euros, dette qui aura vocation à être remboursée, pour apporter des financements qui seront fléchés en priorité sur les secteurs les plus touchés et pour les régions les plus impactées et donc d’accepter de vrais transferts, une vraie stratégie commune”, a-t-il souligné.

“Ces 500 milliards ne seront pas remboursés par les bénéficiaires de ceux qui utiliseront cet argent, ils pourront soit être remboursés par les Etats membres par une clef de répartition qui dépend de votre poids dans le budget, par des contributions que nous aurons vocation à décider ensuite ou par d’autres mécanismes”, a-t-il précisé.

Invité en début de soirée sur LCI, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que la France pourrait recourir à ce plan pour “rénover” l’hôpital.

“La Commission va emprunter à un taux d’intérêt faible et ensuite payer des dépenses dans les Etats qui en auront le plus besoin. Quand nous aurons besoin par exemple de rénover notre hôpital, nous pourrons nous appuyer sur ce soutien de la Commission européenne et sur un financement de la Commission européenne”, a-t-il souligné, ajoutant que ce financement direct de la Commission européenne financé par de la dette commune pourrait aussi être mobilisé pour soutenir le tourisme, l’automobile ou le secteur de l’aéronautique.

De Berlin, lors de la conférence de presse commune, la chancelière allemande a parlé d’un “pas en avant” important à dix jours de la présentation par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen des détails du programme de relance économique.

“Au départ, nous avions des conceptions extrêmement différentes autant en terme de volume des aides à apporter que sur les moyens techniques”, a déclaré Angela Merkel. “Nous avons réussi à trouver une ébauche de solution entre la France et l’Allemagne et nous avons rapproché nos positions. Nous pensons que nous avons fait un pas en avant très important pour pouvoir arriver à une proposition de la Commission qui satisfera les 27.”

A Bruxelles, Ursula von der Leyen a salué cette proposition qu’elle a jugée “constructive”, estimant qu’elle reconnaissait “l’ampleur du défi économique auquel l’Europe est confrontée, et met à juste titre l’accent sur la nécessité de trouver une solution qui maintienne le budget au coeur de ses priorités”.

“Cette proposition va dans le sens de celle préparée par la Commission, laquelle tiendra également compte des points de vue de tous les États membres et du Parlement européen”, a déclaré la présidente de la Commission européenne dans un communiqué.

Un accord franco-allemand ne veut pas dire pour autant accord des Vingt-Sept, et si le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s’est félicité de l’initiative franco-allemande – “C’est un premier pas dans la bonne direction”, a-t-il commenté -, opter pour des subventions ou transfert budgétaires (non remboursables) au lieu de prêts (remboursables) ne sera pas facile à faire accepter par certains Etats membres comme les Pays-Bas, la Finlande ou l’Autriche.

“Notre position demeure inchangée”, a ainsi prévenu le chancelier autrichien Sebastian Kurz. “Nous sommes prêts à aider les pays les plus touchés par des prêts. Nous attendons que le prochain (cadre budgétaire pluriannuel de l’UE) reflète les nouvelles priorités et non qu’il relève le plafond.”

Sur  le plan de l’environnement, les deux pays appellent à accélérer le “pacte vert” (“Green Deal”) -encore très flou- pour l’Europe en vue de la neutralité carbone d’ici à 2050.

Un plan de sauvetage pour le secteur automobile … et les sous -traitants ?

Un plan de sauvetage pour le secteur automobile … et les sous -traitants ?

C’est un véritable plan de sauvetage que le gouvernement devrait tenter de proposer d’ici une quinzaine de jours. Certes, le Coronavirus a porté un sérieux coup au secteur avec un écroulement de la demande mais la crise automobile est antérieure à la pandémie. Elle se caractérise par la difficulté de l’ensemble de l’industrie automobile à s’adapter aux nouvelles normes d’environnement, au tassement des commandes et surtout aux nombreuses incertitudes relatives aux véhicules du futur (petit ou gros véhicules, essence ou diesel, électrique ou mixte, électrique ou hydrogène etc.) sans parler des évolutions de la nature et des volumes de la mobilité.

La crise n’est pas seulement française, ni européenne mais mondiale. Il faudra injecter des milliards et des milliards pour sauver toute cette industrie. Le secteur emploie directement en France autour de 200 000 salariés, il en a perdu plus de 100 000 en 15 ans du fait notamment des délocalisations. Il risque d’en perdre d’autres.

Mais il faut surtout prendre en compte l’effet sur la sous-traitance qui concerne beaucoup plus d’effectifs autour de 400 000 dont certains constituent l’essentiel de l’activité économique locale. Au-delà du sauvetage incontournable, en même temps il convient évidemment d’aider à la reconversion progressive intégrant une meilleure prise en charge des impératifs environnementaux.

Certains acteurs du secteur, dont Renault et PSA commencent à rouvrir leurs usines mais la demande reste faible et la crise économique a accentué les difficultés financières des constructeurs ainsi que de leurs sous-traitants.

Le ministre français de l’Economie et des Finances, qui s’est entretenu vendredi avec les représentants de la filière automobile, compte faire de “cette crise un levier pour accélérer la transition écologique”, ce qui pourrait par exemple passer par des primes à la casse pour l’achat de véhicules propres ou des aides dirigées vers la production de véhicules moins polluants.

“J’annoncerai un plan de soutien au secteur automobile sous 15 jours (…) de façon à relancer la consommation, de façon à soutenir aussi la transformation vers un modèle plus durable avec le soutien en particulier aux véhicules qui émettent le moins de CO2, aux véhicules électriques”, a dit Bruno Le Maire sur France Info.

Pour l’automobile, la situation de Renault fait l’objet d’une attention particulière. Déjà fragilisé avant l’émergence de cette crise sanitaire dans le sillage de la disgrâce de son ancien PDG Carlos Ghosn, le constructeur au losange a accusé l’an dernier sa première perte nette en dix ans.

Le groupe est déjà en lice pour bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat dont le montant devrait atteindre cinq milliards d’euros.

Alors que différentes entreprises ont déclaré être confrontées à des difficultés pour obtenir ces prêts garantis par l’Etat, accordés par les établissements bancaires, le secteur automobile n’a pas été épargné.

L’équipementier automobile Novares, spécialisé dans les pièces en plastique, s’est ainsi placé fin avril en redressement judiciaire faute d’avoir trouvé à temps un accord avec ses banques et ses actionnaires pour endiguer l’hémorragie de liquidités provoquée par l’épidémie de coronavirus.

Religion : Le Conseil d’Etat rétablit le droit de réunion

Religion : Le Conseil d’Etat rétablit le droit de réunion

 

Ce n’est pas une claque du Conseil État au gouvernement mais ça y ressemble. Le conseil d’État condamne l’interdiction générale de réunion promulguée. Du coup, cette exigence du Conseil d’État de prendre des mesures moins strictes et plus s’adaptées pourrait entraîner des procédures de déconfinement dans d’autres secteurs que le domaine cultuel. Dans un communiqué diffusé en début de soirée, le conseil d’Etat précise que le juge des référés, saisi par plusieurs associations et individus, “relève que des mesures d’encadrement moins strictes que l’interdiction de tout rassemblement dans les lieux de culte prévue par le décret du 11 mai 2020 sont possibles, notamment compte tenu de la tolérance des rassemblements de moins de dix personnes dans d’autres lieux ouverts au public dans le même décret”.

Il juge donc que “l’interdiction générale et absolue présente un caractère disproportionné” et “constitue ainsi, eu égard au caractère essentiel de cette composante de la liberté de culte, une atteinte grave et manifestement illégale à cette dernière”.

Le Premier ministre dispose d’un délai de huit jours pour modifier ce décret “en prenant les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu applicables en ce début de ‘déconfinement’, pour encadrer les rassemblements et réunions dans les établissements de culte”.

« Démocratisation de l’entreprise et environnement »

« Démocratisation de l’entreprise et environnement »

Huit chercheuses en sciences sociales rejointes par 3 000 de leurs collègues, appellent dans le Monde à un nouveau partage du pouvoir au sein des entreprises, condition d’une véritable transition écologique.

Tribune. Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissiers, les livreurs, les infirmiers, les pharmaciens, les docteurs, toutes celles et ceux qui nous permettent de continuer à vivre dans cette période de confinement en sont la démonstration vivante. Cette pandémie nous montre aussi que le travail lui-même ne peut être réduit à une marchandise. Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis.

Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Démocratiser l’entreprise – c’est-à-dire permettre aux employés de participer aux décisions. Et démarchandiser le travail – c’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous.

Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

Ceux, et singulièrement celles, qui font partie des personnels essentiels – particulièrement les personnes racisées, migrantes et les travailleurs de l’économie informelle – se lèvent chaque matin pour aller servir les autres, pendant que tous ceux qui le peuvent restent confinés. ces personnes témoignent de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leur fonction. Et elles démontrent le fait-clé que le capitalisme a toujours cherché à rendre invisible, cherchant à transformer les humains en « ressource » : il n’y a ni production ni service sans investisseurs en travail. De leur côté, les confinés – et singulièrement les confinées – mobilisent tout ce qu’ils peuvent pour assurer la poursuite des missions de leur organisation depuis leur domicile. Ils et elles démontrent massivement que ceux qui supposent que le grand enjeu de l’employeur est de garder sous ses yeux le travailleur indigne de confiance pour mieux le contrôler se fourvoient. Les travailleurs démontrent chaque jour qu’ils ne sont pas une simple « partie prenante » de l’entreprise parmi d’autres. Ils sont la partie constituante, pourtant toujours trop souvent exclue du droit de participer au gouvernement de l’entreprise, monopolisé par les apporteurs de capitaux.

Sibeth Ndiaye ( porte parole du gouvernement): de médailles .. à défaut de masques et de tests …et de rémunération

Sibeth Ndiaye ( porte parole du gouvernement):  de médailles .. à défaut de masques et de tests …et de rémunération

A défaut de masques et de tests ( et de rémunération) qui manquent encore  pour lutter efficacement contre la crise sanitaire, la porte-parole du gouvernement propose une distribution massive de médailles. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a défendu dimanche la création d’une « médaille de l’engagement » pour « récompenser tous ceux qui ont contribué à l’effort dans la lutte contre le coronavirus », malgré les critiques de plusieurs soignants qui veulent des rémunérations correctes et non des médailles.

Une « médaille de l’engagement face aux épidémies » avait été créée après l’épidémie de choléra en 1884 avant de disparaître au début des années 1960. L’annonce de sa « réactivation », mercredi, à l’issue du conseil des ministres, avait suscité la raillerie ou la colère de nombreux soignants.

Coronavirus Italie : 145 morts en 24 heures et net tassement de la pandémie

Coronavirus Italie : 145 morts en 24 heures et net tassement de la pandémie

145 personnes en Italie sur les dernières 24 heures, soit le plus faible bilan quotidien depuis le début du confinement le 9 mars, a annoncé dimanche la Protection civile italienne.

Par ailleurs, la plupart des entreprises et commerces du pays rouvriront lundi, notamment les restaurants, bars et cafés, les coiffeurs et les magasins de détail. Les gymnases, les piscines, les cinémas et les théâtres seront eux autorisés à ouvrir le 25 mai.

Le 27 mars dernier, l’Italie avait enregistré le plus grand nombre de décès dus au virus en une journée, avec 969 morts.

Croissance États-Unis: une chute du PIB de 30% et un chômage de 20 à 25 %

Croissance États-Unis: une chute du PIB de 30% et un chômage de 20 à 25 %

 

D’une certaine façon le responsable de la banque centrale américaine, Jérôme Pawel, a soufflé le froid et le chaud concernant les évolutions possibles de l’économie au États-Unis. De quoi déboussoler les acteurs économiques.

Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Jerome Powell, a indiqué que le calendrier de la reprise pourrait être déterminé par la découverte d’un vaccin. Une perspective bien peu éclairante car en l’état des recherches personnes ne peut dire quand  ce fameux vaccin va émerger. Certains parlent de 2020, d’autres de 2021 et l’OMS affirmemême qu’il faut même envisager un échec des recherches pour longtemps. Il est clair que les responsables politiques doivent à la fois rassurer les acteurs économiques afin qu’ils ne cèdent pas au pessimisme voire à  la panique.  Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis a donc estimé dimanche que le processus de reprise de l’économie américaine pourrait s’étendre “jusqu’à la fin de l’an prochain” mais  que ce calendrier serait en partie dicté par la découverte d’un vaccin contre le nouveau coronavirus. La crise économique provoquée par la pandémie présente «des différences fondamentales» avec la Grande dépression et la croissance devrait reprendre plus vite malgré un chômage très élevé et une profonde récession, a affirmé dimanche le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell. «Je ne crois pas du tout que ce soit un résultat probable», a déclaré Powell, lors d’une interview sur CBS à propos d’une Grande dépression du type de celle des années 1930, citant une économie florissante avant la pandémie, des banques solides et une réaction adéquate des autorités. Pour autant, il estime qu’un pic du taux de chômage à 20 ou 25% est probable, et que la chute du PIB des Etats-Unis au deuxième trimestre aux Etats-Unis sera «facilement dans les 20, les 30%».

Un prêt complexe de 6 milliards pour Fiat Chrysler ?

Un prêt complexe de 6 milliards pour Fiat Chrysler ?

 

Le président du conseil italien Guiseppe Conte s’est voulu rassurant sur la fusion entre Fiat et Chrysler en indiquant que le groupe pourrait bénéficier d’un prêt garanti par l’État ; un prêt qui pourrait être de 6 milliards. Le problème est complexe dans la mesure où cette garantie pour l’instant est seulement promise par l’Italie, un Etat déjà en grande difficulté financière. En outre si nombre d’activités de Fiat sont situés en Italie, le siège de Chrysler automobile, lui, est aux Pays-Bas. Le montage financier risque d’être complexe sans parler des questions de solvabilité du futur groupe et de l’Italie elle-même.

Le syndicat UILM avait déclaré un peu plus tôt dans la journée que FCA avait confirmé avoir demandé au gouvernement italien un prêt sur trois ans avec une garantie de l’Etat, qui fait partie des mesures mises en place par Rome pour soutenir l’économie face à l’impact brutal du coronavirus.

Prié de dire si FCA, dont le siège légal est aux Pays-Bas, pouvait obtenir un prêt garanti, le dirigeant a répondu que le groupe y était éligible.

“On ne parle pas de la maison mère. On parle des sociétés du groupe en Italie qui emploient des milliers de personnes”, a-t-il expliqué.

Reuters a appris vendredi de deux sources au fait du dossier que FCA était en discussions avec Intesa Sanpaolo pour un prêt de plus de 6,3 milliards d’euros garanti afin de l’aider à traverser la crise provoquée par le coronavirus.

FCA possède plusieurs sites en Italie qui emploient 55.000 salariés mais la nouvelle de sa demande de prêt a suscité des critiques.

Le vice-président du parti au pouvoir Andrea Orlando a déclaré samedi sur Twitter que si un groupe sollicitait des financements du gouvernement, il devait rapatrier son siège en Italie.

Aérien–Emirates: suppression de 30 % des emplois

Aérien–Emirates: suppression de 30 % des emplois

 

Le secteur aérien constitue une des activités les plus impactées par le Coronavirus. Certaines compagnies vont purement disparaître, d’autres ,les plus grosses notamment, vont résister avec des aides massives de leur gouvernement et des plans draconiens d’ajustement des effectifs. On parle d’une réduction des emplois qui pourraient varier en moyenne de 10 à 20 %. Pour la compagnie Emirates, la mesure étudiée  vise à réduire de 30% les effectifs du transporteur qui employait plus de 105.000 personnes fin mars, précise l’agence de Bloomberg.

La compagnie envisage également d’accélérer le retrait des Airbus A380 de sa flotte, ajoute Bloomberg.

“Une telle décision sera communiquée de manière appropriée”, a commenté une porte-parole d’Emirates.

“Comme le ferait toute entreprise responsable, notre équipe dirigeante a donné instruction à tous les départements de mener un examen minutieux des coûts et ressources au regard des projections financières.”

La compagnie publique des Emirats arabes unis, l’une des plus importantes au monde pour les vols long-courriers, a suspendu ses vols réguliers en mars dernier en raison de la pandémie de COVID-19.

Elle a prevenu début mai qu’elle devrait lever de la dette pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire et pourrait devoir prendre des mesures drastiques.

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