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L’e-commerce: le sens de l’histoire….. tragique

L’e-commerce: le sens de l’histoire….. tragique

 

Thierry Petit, PDG de Showroomprivé, dans une interview au Figaro se livre à un plaidoyer en faveur du commerce numérique considérant que c’est le sens de l’histoire. Il oublie sans doute de préciser que l’histoire pourrait bien être tragique dans la mesure où l’extrême domination des géants du numérique en particulier d’Amazon impose des produits sans concurrence possible compte tenu des distorsions dans le domaine fiscal et social. Les réseaux de distribution dominants imposent en plus leur propre marc et seront directement responsables non seulement de la mort de nombre de producteurs mais aussi des circuits de distribution classiques.

 

Showroomprive.com est un site de vente événementielle en ligne. C’est la principale filiale de SRP Group, société cotée à la bourse de Paris. Le site propose chaque jour à ses membres en France et dans six autres pays européens des ventes événementielles exclusives avec des réductions

 

Le cofondateur et codirigeant, avec David Dayan, de Showroomprivé se réjouit évidemment du développement du commerce numérique.

 

Qu’avez-vous retenu de la crise sanitaire?

 

Thierry PETIT. - L’incroyable résilience de tout l’écosystème du commerce! Les marques, les clients, les logisticiens, La Poste… tout le monde a su s’adapter. Chez Showroomprivé, nous sortions à peine de deux années de restructuration quand la pandémie a commencé l’an dernier. Nous avons basculé en mode urgence et nos salariés ont su trouver les solutions, même quand il fallait faire des shootings photo en plein confinement. Résultat: 2020 a été une année de croissance pour nous, dans un contexte qui a dopé le commerce en ligne.

L’e-commerce ne va-t-il pas refluer avec la réouverture des magasins?

La pénétration du digital a pris deux ou trois années d’avance par rapport à ce qui était escompté avant la pandémie. En mode, de nouveaux consommateurs se sont convertis aux achats en ligne.

La publicité promet de respecter la transition écologique !

  • La publicité promet de respecter la transition écologique !
  • Les responsables économiques de la publicité affirment vouloir s’engager dans une voie qui respecte beaucoup mieux la transition écologique. Il serait temps de mettre un peu d’éthique et de cohérence en effet bien par exemple quand on ne cesse d’affirmer que telle ou telle production est verte alors qu’elle est souvent grise voire noire.
  • Exemple , ces producteurs d’électricité notamment comme Engie  qui ne cesse de promettre une électricité 100 % verte y comprise aux particuliers alors qu’il n’existe qu’un réseau de distribution dont 98 % est constitué d’une électricité d’origine nucléaire pour les distributeurs dépendants d’EDF, d’Engie  ou d’autres.
  • Par contre, une électricité à 98 % aussi sans carbone. Et c’est cet absence de carbone qui peut la rendre verte. Mais aucun distributeur n’a le droit d’affirmer que son électricité 100 % verteet en plus renouvelable. Il s’agit d’une escroquerie pure et simple. Ces derniers mois, les ministères de l’Économie, de la Transition écologique et de la Culture ont confié à Agathe Bousquet et à Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement (Ademe), la mission de réfléchir au cadre collectif qui permettra à la filière de basculer vers une publicité plus engagée sur le plan sociétal et plus vertueuse pour contribuer à la transition écologique.

Covid monde : 3,8 millions de morts et menace de variants

  • Covid monde : 3,8 millions de morts et menace de variants

Si la situation globalement semble s’améliorer reste aussi la menace de nouveaux variants dans plusieurs pays en Afrique du Sud par exemple avec plus de 9000 nouvelles contaminations en 24 heures ou même plus près au Royaume-Uni où le variant Delta contamine 60 % des malades.

Après le brassage des vacances d’été, le risque est la résurgence d’une nouvelle bague à partir de ces variants.

Projet de loi américain contre les géants numériques

Projet de loi américain contre les géants numériques

Chez les démocrates mais aussi chez les républicains la guerre est engagée pour parvenir à une régulation des géants du numérique afin de supprimer les situations de monopole et de domination économique sur toute la chaîne de production et de distribution. Il s’agit d’une guerre car le processus sera lent avant d’obtenir une majorité au congrès.

 

«Actuellement, les monopoles non régulés de la tech ont trop de pouvoir sur l’économie», a écrit le démocrate David Cicilline, président d’une commission anti-monopole à la Chambre des représentants. «Ils sont en position unique pour choisir les gagnants et les perdants, détruire les petites entreprises, augmenter les prix pour les consommateurs, et mettre les gens au chômage.» Son collègue républicain Ken Buck a renchéri que leurs projets de loi «cassent le pouvoir de monopole de la Big Tech sur ce que les Américains peuvent voir et dire en ligne, favorise un marché en ligne qui encourage l’innovation et donne aux petites entreprises américaines des règles du jeu équitables»«Apple, Amazon, Facebook et Google ont donné la priorité au pouvoir sur l’innovation et, ce faisant, ont nuit aux entreprises et consommateurs américains», a-t-il accusé.

Fin de l’opération Barkhane : Les militaires à côté de leurs pompes


 

Agénéral Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue « Défense nationale », estime ce jeudi 10 juin sur franceinfo qu‘ »il est temps de recentrer notre effort sur la lutte contre les groupes jihadistes », au Sahel. Selon lui, « il s’agit d’une évolution qui était en fait déjà perceptible depuis plusieurs mois ».Il considère que les forces armées n’ont pas à se préoccuper de développement économique et de rétablissement des institutions étatiques. Pour lui, le rôle de l’armée c’est de chasser uniquement les terroristes. Justement les raisons de l’échec total de la force Barkhane. En effet pour la population, la priorité est celle précisément du développement économique plus prosaïquement comment se nourrir tous les jours. En outre, comment se fier aux institutions publiques  ( école, police, justice etc) quand ces dernières se replient aussi sur les capitales et abandonne les deux tiers des territoires aux islamistes et autres bandes de pillards. Tant que la France n’aura pas compris que l’aide au développement est aussi importante que la chasse aux terroristes, cette politique diplomatique nous mène directement à l’échec piteu.. À l’intérieur de l’armée certaines unités sont dédiées à ce développement économique et à la restitution d’un minimum d’organisation étatique mais ces moyens sont dérisoires et en plus contestés par certains caciques de l’armée
franceinfo : Est-ce qu’on assiste ce soir à un enterrement de première classe pour Barkhane huit ans après le début de cette opération au Sahel ?

Non, je crois qu’il ne s’agit pas d’un enterrement. Il s’agit d’une évolution qui était en fait déjà perceptible depuis plusieurs mois. Le président Macron, mais également la ministre des Armées, s’étaient exprimés à plusieurs reprises sur le besoin de faire évoluer. Par contre, nous abordons une séquence internationale extrêmement importante dans les jours qui viennent le sommet du G7 demain [vendredi], le sommet de l’OTAN, puis de l’Union européenne avec Joe Biden. Donc, c’était un moment important pour le président de la République de réaffirmer le besoin de faire évoluer l’opération Barkhane.

Ces dernières semaines, ces derniers mois, il avait déjà indiqué que les jours de Barkhane dans sa forme actuelle étaient comptés ?

Oui, parce qu’il y a une forme de lassitude notamment par rapport aux problématiques de gouvernance dans la région. Le fait que l’opération Barkhane a dû assumer la faillite de la gouvernance de certains Etats et donc au bout des années, nous sommes depuis huit ans engagés dans cette opération, il est temps de recentrer notre effort sur la lutte contre les groupes jihadistes terroristes, qui reste une réalité. On l’a vu, hélas, au Burkina Faso il y a quelques jours, mais également de se désengager parce que ce n’est pas notre rôle de suppléer les services publics, les administrations. C’est aussi un signal fort qui est envoyé à nos partenaires africains. Nous allons nous recentrer sur cette lutte contre le terrorisme. Et effectivement, Barkhane va évoluer et se transformer.

Vous parlez de la faillite de certains Etats. Est-ce-que vous pensez notamment au Mali, où un deuxième coup d’Etat en l’espace de quelques mois a eu lieu à la fin du mois de mai ?

Oui, je pense au Mali. Je pense aussi à toute la propagande anti-française qui est instrumentalisée dans la région. Or, il faut se rappeler que nos soldats sont morts en opération. On a eu des blessés. L’aide humanitaire. Il faut savoir que chaque jour, nous apportons à peu près 400 actes de soins pour la population locale. Donc, il y a un moment où le président de la République, à juste titre, dit : face à l’hostilité croissante, face à la méfiance de l’opinion publique locale instrumentalisée, il y a un moment donné où il faut effectivement prendre nos responsabilités et dire aux gouvernants de ces régions : prenez vos responsabilités.

Comment ça va se passer ?

Nous allons diminuer notre empreinte sur le sol, certainement rétrocéder quelques bases temporaires parce que nous n’avons pas vocation à être installés définitivement là-bas. Et puis agir ponctuellement sur ces groupes terroristes avec de l’acquisition du renseignement. Et là, nous travaillons avec nos partenaires occidentaux, les Etats-Unis, les Anglais, nos partenaires européens, mais aussi, bien sûr, les armées locales qui ont un rôle majeur à jouer pour rétablir la sécurité dans cette région. La force Takouba représente aux alentours de 500 combattants, mais ce qui est également important, c’est l’environnement et en particulier cette acquisition du renseignement. Pouvoir traquer ces groupes terroristes. L’année dernière, nous avons neutralisé entre 1 200 et 1 500 terroristes, il faut les traquer, poursuivre, cela nécessite beaucoup de mobilité. Les hélicoptères, les drones, mais là encore se concentrer sur cette mission et ne plus assumer des missions qui ne sont pas de notre ressort.

La chasse de Chine au bitcoin et aux cryptomonnaies

La chasse de Chine au bitcoin et aux cryptomonnaies

Un article de Claude Leblanc dans l’Opinion explique la chasse engagée contre les cryptomonnaies s par la Chine (Extraits)

Profitant de la visite de Xi Jinping dans la province, les autorités du Qinghai, à l’ouest du pays, ont annoncé, le 9 juin, une série de mesures visant à mettre un terme au « minage » de cryptomonnaies, au premier rang desquelles le bitcoin. Deux semaines après celle de la Mongolie intérieure, cette nouvelle décision confirme la volonté du gouvernement chinois de sévir contre l’extraction de bitcoins.

La Chine est le plus grand site de « minage » de cryptomonnaies au monde. Elle représente 65 % du taux de hachage du bitcoin, l’unité de mesure de la puissance de traitement utilisée par le réseau pour vérifier les transactions et extraire de nouveaux jetons de la cryptomonnaie, selon les estimations du Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index. Compte tenu de sa faible part dans le « minage » en Chine, à peine 0,3 % du taux de hachage national, loin derrière le Xinjiang (35,8 %), le Sichuan (9,7 %) et la Mongolie intérieure (8 %), les restrictions décrétées au Qinghai n’auront pas le même impact sur le cours de la principale « cyber devise ».

Néanmoins, si toutes les activités d’extraction finissent par être interdites dans le pays, l’avenir de la cryptomonnaie deviendra plus incertain, car elle aura perdu une grande partie de sa puissance de traitement. Il semble bien que ce soit l’orientation voulue au sommet de l’Etat et la diligence avec laquelle le Qinghai a pris ses mesures, alors que le Président et secrétaire général du Parti communiste (PCC) y faisait une tournée d’inspection, laisse penser que d’autres provinces suivront.

Neutralité carbone. A l’approche du 20e Congrès du PCC en 2022, à l’issue duquel beaucoup de responsables locaux espèrent être promus, il faut s’attendre à une certaine célérité, voire à une anticipation des souhaits de Pékin en la matière. En effet, la dernière déclaration gouvernementale n’évoquait pas l’interdiction pure et simple de l’extraction des cryptomonnaies, et ne fournissait aucun détail sur les mesures à prendre. Il était seulement dit que le gouvernement « sévirait contre le “minage” et le commerce de bitcoins ».

En revanche, le communiqué de la province du Qinghai ne laisse aucune place au doute. « Il est strictement interdit d’approuver toutes sortes de projets de “minage” de monnaie virtuelle dans l’ensemble de la région et les projets existants doivent être définitivement suspendus », peut-on lire dans le document émis par le département régional en charge de l’Industrie et des Technologies de l’information.

En concentrant ses efforts sur des objectifs propres, Pékin tente de créer les conditions proches de celles qui lui ont permis, au cours de deux dernières décennies, de se doter d’un secteur Internet puissant et indépendant des entreprises américaines

Au-delà du désir de se faire bien voir de Pékin, les responsables provinciaux répondent aussi à la nécessité de réduire la consommation d’énergie, au moment où la Chine s’est engagée à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2060. L’extraction de cryptomonnaies nécessitant en effet des quantités massives d’électricité dans un pays où les centrales thermiques au charbon représentent encore près de 57 % de la production, il s’agit aussi de satisfaire à la « transformation verte du développement », comme l’avait aussi évoqué, le 21 mai, le Comité de stabilité financière et de développement du Conseil d’Etat présidé par le vice-Premier ministre Liu He, l’un des plus proches conseillers de Xi Jinping.

Secteur de pointe. La dernière motivation des autorités chinoises dans leur bataille contre le « minage » du bitcoin n’entame pas la volonté revendiquée par Pékin de devenir leader dans le domaine de la blockchain, technologie à la base des cryptomonnaies. Cette dernière est aussi adaptée pour d’autres utilisations, comme le traçage de documents et le suivi de la propriété de biens numériques. Cela a récemment favorisé l’essor des jetons non fongibles, autrement dit non interchangeables comme le bitcoin.

Le gouvernement chinois prévoit de mettre en place des normes industrielles, des incitations fiscales et des protections en matière de propriété intellectuelle pour soutenir l’industrie de la blockchain, dont il veut devenir un leader mondial d’ici à 2025, a indiqué, le 7 juin, le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information et l’Administration du cyberespace de Chine. A aucun moment, dans le communiqué publié, il n’est fait mention des cryptomonnaies, mettant ainsi en évidence une cohérence entre le nouveau tour de vis annoncé à leur encontre et le souhait de jouer un rôle prédominant dans ce secteur de pointe.

PS : De l’audace encore de l’audace ! Ou le dernier cri avant extinction ?

 PS : De l’audace encore de l’audace ! Ou le dernier cri avant extinction ?

Dans son essai, le député PS des Landes Boris Vallaud ancien énarque propose des pistes pour un prochain gouvernement de gauche, une rupture en faveur d’une « République sociale » qui permette d’affronter un « monde qui se défait ».De l’audace encore de l’audace ou peut-être le dernier cri avant extinction d’un parti socialiste qui n’en finit pas de mourir. Un cri qui aura du mal à être entendu car venant précisément d’un ancien énarque archétype du responsable socialiste qui a coulé le parti.

 

 

Livre.
 Réfléchir à l’après-crise sanitaire et économique et s’interroger sur la pertinence des valeurs chères à la gauche. Dans Un esprit de résistance, Boris Vallaud, député des Landes et une des principales voix du Parti socialiste à l’Assemblée nationale, s’est lancé dans une entreprise risquée. Les pistes qu’il propose ont le mérite de tenter un nouveau récit à un an de la présidentielle.C’est en s’appuyant tout à la fois sur son expérience de directeur de cabinet d’un gros ministère – il fut celui d’Arnaud Montebourg au ministère du redressement productif (en 2013-2014) – et de député du terrain que le responsable du projet du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2022 entend renouer avec l’audace d’une gauche réformatrice. L’essai revient d’abord sur la récession liée à la pandémie et ses répercussions sur un Etat social déjà bien mis à mal par vingt ans de libéralisme. L’auteur se souvient alors de ses jeunes années de sous-préfet et le « sentiment d’impuissance » qu’il a pu éprouver, et éprouve encore comme député devant l’affaiblissement de l’Etat.

Fidélité à l’Europe

Il décrit avec justesse la détresse sociale dont il est témoin, avec le creusement abyssal des inégalités : celle de ces « Daniel Blake », travailleur pauvre, héros éponyme du film de Ken Loach (en 2016), qu’il voit frapper à la porte de sa permanence. Des électeurs des classes populaires, laissés pour compte de la mondialisation, s’enfonçant un peu plus dans la pauvreté, qui ont formé le gros des troupes des « gilets jaunes ».

 

Le ténor socialiste prône – et ce n’est pas une surprise venant d’un ancien proche de Montebourg – « une souveraineté politique qui s’impose à l’ordre économique », afin de retrouver, face à la mondialisation des échanges, une capacité d’action tant industrielle qu’agricole. Mais s’il vante un mode de régulation par le pouvoir politique de la puissance du marché, il le fait, et c’est là son originalité, sans abandonner la fidélité exigeante envers l’Europe qu’il juge urgent de ne pas lâcher.

Boris Vallaud s’essaie ensuite à quelques propositions de réformes et de changement d’optique pour un prochain gouvernement de gauche, alliant renouvellement démocratique et justice sociale : scrutin préférentiel pour une Assemblée nationale renouvelée, protection sociale universelle et inconditionnelle pour « s’adapter aux mutations du salariat », revenu de base sans condition pour les jeunes, « salaire maximum de décence » pour limiter les rémunérations des grands patrons… Bref, explique-t-il, une rupture en faveur d’une « République sociale » qui permette d’affronter un « monde qui se défait ».

Métiers de l’humain: en voie de prolétarisation

 Métiers de l’humain: en voie  de prolétarisation 

 

Daniel Goldberg, Président de l’Uriopss Ile-de-France, union régionale membre de l’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux-Uniops dénonce dans le Monde  la prolétarisation des métiers de l’humain

Par manque d’attrait des métiers de l’accompagnement social, médico-social et sanitaire, la pénurie de professionnels s’approche d’un point de rupture dans une région déjà sous-dotée, alerte le dirigeant associatif, qui appelle les candidats aux élections régionales à organiser des Assises pour l’emploi francilien des solidarités.

Un seul exemple celui des assistants de vie qui se rende chaque jour chez les personnes dépendantes et dont dans la plupart du cas les temps d’attente, les temps de transport voire les frais de transport ne sont pas ou partiellement pris en compte. Résultat des amplitudes de 12 heures pour parfois des salaires de 800 €

 

 

Tribune.
 Avec le recul de la pandémie, l’envie légitime de « passer à autre chose » risque de faire oublier les principes qui ont guidé nos vies depuis plus d’un an : la solidarité, l’attention aux autres, notre nécessaire interdépendance, quels que soient le statut social ou le lieu d’habitation. De faire oublier celles et ceux qui sont en première ligne pour soigner, accompagner, enseigner, nous protéger, mais aussi pour nous permettre de nous nourrir ou pour nettoyer nos rues. De faire oublier enfin que l’Ile-de-France, déjà fragmentée, a durement montré sa fragilité face à la pandémie. 

L’erreur fondamentale serait de tout recommencer comme avant. Or, l’Ile-de-France est à la croisée des chemins entre une attractivité qui ne profite pas à toutes les parties de son territoire, notamment celles qui connaissent la pauvreté généralisée, un coût de la vie qui freine l’accès de nombreuses familles à des besoins essentiels, des fractures territoriales qui génèrent des tensions et la fragilisent dans son ensemble, et des aspirations à un mode de vie plus doux qui incitent à des départs.

Quand s’ajoutent à cela des vulnérabilités personnelles – une maladie, un accident ou une difficulté sociale, transitoire comme pérenne –, alors la sous-dotation en équipements et services ainsi que leur répartition inégale se vivent très concrètement et au quotidien. Beaucoup de Franciliens peinent ainsi à se voir assurer une dignité dans tous leurs parcours de vie.

Les associations de la solidarité et de la santé agissent tous les jours auprès des personnes en situation de perte d’autonomie, de handicap ou d’exclusion, auprès des malades et des jeunes à protéger. Par leur agilité et leur innovation, elles ont tenu au plus fort de la crise.

Elles ont donc la légitimité du terrain pour vouloir dorénavant une mobilisation réelle et efficace face aux vulnérabilités de nos existences, à de nouveaux risques épidémiologiques comme à ceux liés aux transformations climatiques, et cela dans tous leurs impacts sanitaires, sociaux, sociétaux et économiques.

S’engager pour une société inclusive et bienveillante qui garantit une égale attention au respect des droits des personnes, quelle que soit leur condition, c’est cela une Ile-de-France résolument humaine.

Mais, la pénurie de professionnels met les associations en grande difficulté pour remplir leurs missions. Cette fragilisation par manque d’attrait des métiers de l’humain s’approche d’un point de rupture dans bien des cas. Et ce sont les responsables des associations qui doivent faire avec un fonctionnement qui peut être dégradé, au détriment des personnes vulnérables.

« Allégement » du baccalauréat :  » Une tête bien faite, mais pleine de vide « 

« Allégement »  du baccalauréat :  » Une tête bien faite, mais pleine de vide « 

La professeure de philosophie Hélène Péquignat a choisi le mode humoristique pour saluer, dans une tribune au « Monde », le renoncement à toute ambition intellectuelle dans la réforme du bac mise en œuvre par Jean-Michel Blanquer.

 

 

Tribune.
Trente ans, trente ans de bons et loyaux services, au service du bac. Trente ans de correction de copies de bac, à raison de 130 copies en moyenne par session, ça commence à en faire, des kilos de papier, de feuilles doubles pesantes, lestées de cette valeur symbolique de la fameuse « épreuve de philosophie », ce rite républicain dont le panache rayonne à l’international, si l’on en croit les journaux. Rien que de le savoir, je me sens pousser des ailes. 

Alors oui, j’accueille avec enthousiasme le maître-mot de cette session 2021, placée sous le signe de l’allégement : soyons légers, soyons « light » en effet, et nous ne nous en porterons que mieux ! Allégé, le poids du savoir et du travail, puisque le fait d’avoir suivi l’année permettra sans doute d’obtenir 10 d’emblée… à moins que les sous-jurys d’harmonisation (entendez ici sous-jurys d’ascension) ne fassent jouer leurs passe-droits pour que vous, pauvre élève victime du Covid, puissiez obtenir plutôt 13.

Allégé, le temps d’harmonisation, puisque vous, heureux correcteur au service de chacun, pourrez toujours interrompre votre réunion en visio pour faire le tour de votre jardin et vous aérer l’esprit, de façon à pouvoir poursuivre non-stop vos échanges entre collègues jusqu’au retour de vos copies, et ce dix jours durant, week-end compris. A défaut, un vélo elliptique de chez Décathlon fera l’affaire.

Un gain de productivité

Allégée, la lassitude de la répétition des corrections, puisque vous allez varier les plaisirs : deux jours de copies, un jour d’épreuves de Grand Oral, deux jours de copies, et hop, on y retourne.

Allégées, les interrogations métaphysiques sur la façon dont vous allez occuper vos journées du 17 juin au 9 juillet : entre les copies, le Grand Oral, les réunions d’entente, de pré-harmonisation des sous-jurys, de sous-harmonisation des sur-jurys et de concertation harmonieuse inter-jurys des premiers et seconds groupes, vous pourrez allégrement remplir toutes les pages de votre agenda et même en créer de nouvelles, charge à vous de trouver un petit moment pour les décorer, c’est si mignon. Et n’oubliez pas au passage de modifier votre rendez-vous pour la seconde injection de vaccination, il y a des créneaux le samedi !
Allégé, le temps dont vous allez disposer pour corriger tout ce fatras : de trois semaines en 1985, nous sommes passés à 8 jours tout au plus, c’est dire si les profs de 2021 sont devenus ultra-performants ! Un tel gain de productivité, mon Dieu que c’est beau !

Politique–Le tour de France de Macron: soufflé et soufflet !

Politique–Le tour de France de Macron: soufflé et soufflet !

Un articlede  David Revault d’Allonnes, rédacteur en chef politique au JDD (Extrait)

 

« C’est Baron noir », s’est exclamé mardi un conseiller ministériel en apprenant qu’Emmanuel Macron venait d’être giflé au cours d’un déplacement à Tain l’Hermitage (Drôme) par un jeune homme penchant visiblement du côté de l’extrême-droite. Dans la deuxième saison de cette série politique à succès, une claque reçue par la présidente marquait le début de l’irrésistible ascension d’un candidat populiste présentant de fortes ressemblances avec Jean-Luc Mélenchon.
L’épisode, quoiqu’instantanément relayé et diffusé en boucle, n’est en un sens qu’anecdotique. Mais, aussi, éminemment symbolique. Du degré de violence désormais susceptible de s’exercer contre les élus, à commencer par le premier d’entre eux, et de sa banalisation. Des incertitudes entourant la destinée de Macron, aussi.
Jusqu’ici, ce dernier poursuivait sans encombre le tour de France entamé voici deux semaines pour accompagner la réouverture du pays. Ses courbes de popularité renouaient avec des hauteurs inespérées, y compris par son entourage : ainsi le dernier tableau de bord Ifop pour Paris Match lui concède-t-il un rebond de sept points, qui le porte à 50% de bonnes opinions. Quelques minutes avant l’incident, l’un de ses plus proches conseillers, lui-même ébahi de cette popularité, glosait : « Les Français se rendent-ils compte que la stratégie vaccinale et de déconfinement par étapes fonctionne et que les gens en créditent le Président? Est-ce un effet d’aubaine? Un effet météo, terrasse? A un moment, c’est peut-être un effet Macron… » Las! Un soufflet, et le soufflé retombe. Réactivant illico, dans cette douce torpeur sondagière et estivale, le spectre de la détestation du Président, si violemment surgie au moment de la crise des Gilets jaunes.
Ce rebondissement, pourtant, en a appelé un autre. De Marine Le Pen aux écologistes, l’intégralité de la classe politique, comme un seul homme, a sans tarder fondu au secours, non de l’homme et de sa politique, mais de la fonction présidentielle, à laquelle « il est inadmissible de s’attaquer physiquement », a posé la candidate d’extrême droite. Il aura donc suffi d’une simple claque, certes sonore, pour parvenir à ce que ni les attentats en série, ni la crise du Covid n’étaient parvenus à installer : l’union sacrée.
Seul Jean-Luc Mélenchon s’est distingué qui, s’il s’est affirmé « solidaire » de Macron, a tenté d’exploiter l’affaire pour retomber sur ses pieds après sa sortie complotiste du week-end.

Une l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) en Côte d’Ivoire.

Une  l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) en Côte d’Ivoire.

 

La création de l’AILCT dans une Afrique de l’Ouest dont plusieurs pays sont en proie à des attaques jihadistes – Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), organisation Etat islamique (EI), Boko Haram – avait été officialisée en novembre 2017 par les présidents français Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Ouattara, en marge d’un sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) à Abidjan.

« Avec l’appui de la France, des Européens, de la communauté internationale, les Etats de la région doivent intensifier leur coopération militaire, leur coopération sécuritaire et leur coopération judiciaire » et « en agissant avec la même énergie et la même exigeance sur l’ensemble du spectre du contre-terrorisme », selon M. Le Drian.

Il a précisé que l’AICLT devait accueillir et former « policiers, militaires, gendarmes, magistrats ou encore douaniers et personnels des administrations pénitentiaires », mais que « c’est également un lieu d’échanges où ils pourront mettre en commun leur expérience et tisser des réseaux dont la valeur ajoutée ne manquera pas de se faire sentir en ces temps de crise ».

« Il faut désormais que tous les acteurs de la région s’approprient pleinement cet outil exceptionnel, tout en intensifiant leur engagement commun contre les groupes qui les menacent », a-t-il ajouté.

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

La démarche paraît particulièrement généreuse de la part des pays développés. En effet dans le cadre de l’organisation G7 qui réunit les pays riches, il a été décidé d’attribuer généreusement 1 milliard de vaccins aux pauvres quand il en faudrait 10 fois plus. En réalité une aumône. En effet il faut savoir que la population mondiale comprend 7,5 milliards d’habitants. Assez rapidement, il faudrait vacciner de l’ordre de 5 milliards d’habitants dans la plupart se trouve dans les pays pauvres. Cela nécessiterait de fournir 10 milliards de vaccins. Il faut en effet 2 doses pour assurer une certaine protection vaccinale. En outre va se poser des la rentrées le problème de la troisième dose pour ceux qui ont déjà été vaccinés. La plupart des laboratoires estime en effet que la vaccination va demeurer annuelle . Dernier élément et non des moindres la distribution de ces vaccins aux pauvres  sera étalée au moins jusqu’à l’été 2022.

Pourtant, alors que les pays européens allègent leurs restrictions, l’OMS les a appelé à ne pas baisser la garde. «La couverture vaccinale est loin d’être suffisante pour protéger la région d’une résurgence», a prévenu jeudi le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge. «Le chemin à parcourir pour atteindre une couverture d’au moins 80% de la population adulte est encore considérable», a-t-il souligné. «Nous sommes loin d’être hors de danger».

Sondage gifle à Macron : un recul de l’image de la fonction présidentielle pour 75 %

Sondage gifle à Macron : un recul de l’image de la fonction présidentielle pour 75 %

 

Visiblement les Français ne sont pas en accord avec la majorité des grands leaders politiques et les principaux médias qui condamnent sans nuance la gifle à Macron au motif qu’elle serait une insulte à la nation, aux institutions et à la France. Les Français sont plus précis quant à la signification politique de ce geste. Ils pensent en effet que c’est surtout la traduction d’un recul du respect de la fonction présidentielle. Une fonction présidentielle fortement abîmée par Macron notamment qui avilit la plus haute responsabilité politique par sa politique de communication démagogique notamment caractérisée par un activisme populiste assez pitoyable.

 

Exemple quand il se produit sur des sites douteux d’influenceurs, qu’il s’exprime sur le football ou sur n’importe quel fait divers.

Trois-quarts des Français interprètent ce geste comme le symptôme d’une «hausse globale de la violence dans notre société», et non comme un «acte isolé», selon l’expression employée par le chef de l’État lui-même. La scène est aussi perçue par 75% des citoyens comme «un recul du respect de nos concitoyens pour la fonction présidentielle». D’autres (62%) y voient «le très fort rejet personnel» que suscite le président.

Ce décryptage est partagé par les sympathisants de gauche, comme de droite. Il ne fait en revanche pas l’unanimité au sein des… sympathisants LREM. Sans surprise, 68% refusent d’y voir un rejet d’Emmanuel Macron.

Gifle Macron : une belle réaction de faux-culs

Politique–Gifle Macron : une belle réaction de faux-culs

 

 

C’est presque unanimement que la classe politique dans un bel élan patriotique a condamné avec fermeté la gifle reçue par Macron considérant qu’il s’agissait même d’une atteinte à la république et aux institutions. De la gauche extrême à la droite extrême en passant par le milieu fluctuant, c’est l’unanimité nationale pour condamner le terroriste gifleur.

Évidemment on pouvait difficilement attendre que les opposants politiques à Macron se félicitent officiellement de l’affront reçu par le président de la république. Par contre on aurait pu espérer un peu de retenue.

À moins qu’ils ne se sentent eux aussi également visés par cette sorte de mise en cause globale du système politique et de ceux qui les représentent. Il est vrai que de Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Bayrou, Macro, les socialos et nombre de « républicains », ces politiques offrent une image assez nauséabonde.

D’abord pour vivre largement de la politique depuis des années voir des dizaines d’années. Ensuite pour n’avoir pour  seul véritable programme politique que l’accès ou le maintien au pouvoir. Cela en utilisant dans les intervalles une démagogie qui suscite le dégoût et le rejet.

Pour preuve la prochaine gifle sera sans doute un nouveau record d’abstention pour les élections départementales et régionales dans les enjeux et les responsables sont inconnus de la plupart des électeurs.Parmi ces enjeux, la distribution de portefeuilles rémunérés à nombre de clercs politiciens.

Tout ce petit monde est largement responsable du discrédit qui pèse sur la crédibilité des organisations politiques. Ce sont tous des caciques, des profiteurs assez souvent, des opportunistes autant que des incompétents.

Aujourd’hui en France on ne vote pas quelqu’un depuis déjà longtemps mais -quand on vote–contre celui qui semble le plus mauvais, le plus indésirable.

Une véritable perversion de la démocratie que la gifle, sans doute injustifiable, vient quand même à juste titre rappeler. Que va faire en effet Macron dans sa tournée électorale pour aller serrer des mains ? Que vont faire tous ces politiques dans les réunions pour promettre la lune.

C’est le degré zéro de la politique et le retour à l’ère démocratique néandertalienne.

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

L’avenir du secteur de la santé via les assurances ?

L’avenir du secteur de la santé via les assurances ?

 

Une interview intéressante d’un assureur qui voit l’avenir de la santé passer par les assurances privées notamment dans les pays pauvres. Pas sûr cependant que cela serve la cause de ce qui en ont le plus dramatiquement besoin.

 

Farid Chedid, président-fondateur de Chedid Capital, a pris la présidence d’Ascoma, groupe international de courtage en assurance en février à la suite de l’acquisition de 80 % du capital à la famille Husson, qui en conserve 20 %. Cette acquisition fait du groupe le leader du courtage en assurance et réassurance en Afrique et au Moyen-Orient. A l’occasion du soixantième anniversaire d’Ascoma en Côte d’Ivoire, le 10 juin, Farid Chedid confie ses ambitions de développement en Afrique.

La première filiale d’Ascoma a été lancée à Madagascar en 1952. Soixante-dix ans plus tard, le groupe est présent dans vingt-et-un pays en Afrique et cinq au Moyen-Orient. Ses dirigeants devraient annoncer, le 10 juin, le lancement d’une académie panafricaine à Abidjan pour la formation et la gestion des risques. Le siège ivoirien du groupe, qui compte 160 employés, sert de hub pour l’essor des activités de courtage et d’assurance au sud du Sahara.

Quelle est la croissance du marché de l’assurance en Afrique ?

La croissance annuelle du marché africain de l’assurance est comprise entre 7 % à 8 %. Elle est portée par le secteur de l’assurance santé. Ces dix dernières années, tout l’enjeu est de passer de l’assurance médicale publique à une assurance davantage tournée vers le privé. Le développement de l’assurance va permettre d’améliorer l’espérance de vie. Celle-ci est d’un peu plus de 57 ans sur le continent. Elle a besoin de progresser. Nos principaux clients sont des entreprises publiques et des sociétés privées. Nous avons développé en interne des logiciels de gestion dans le domaine de la santé. Le contrôle des frais de santé est essentiel pour les entreprises. Au-delà du marché de l’assurance, nous proposons des services en matière d’administration et de paiement des factures, ainsi que de gestion de l’absentéisme au travail afin d’améliorer la productivité des entreprises.

Le marché de la clientèle privée est-il un segment d’avenir ?

L’essentiel de l’activité est encore porté par les entreprises. Mais nous misons sur l’essor de la clientèle privée. Nous avons ouvert des agences dans les grands centres commerciaux pour toucher un public plus large en matière d’assurances santé et vie, accident, automobile, immobilier… L’Afrique est un marché très dynamique. Prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire qui a connu une décennie de croissance à environ 8 % par an. Cela a permis de faire passer le taux de pauvreté de 50 % à 40 %. Une classe moyenne émerge et le pouvoir d’achat des ménages augmente. L’assurance santé et l’assurance vie sont importantes pour les ménages. Les chefs de famille préfèrent aujourd’hui contracter des assurances plutôt que de mettre de l’argent de côté pour pouvoir remédier aux imprévus en matière de santé. De plus en plus de familles épargnent, notamment en contractant des assurances vie. Cela donne au groupe Ascoma des ressources de long terme pour investir dans les infrastructures. En définitive, le secteur de l’assurance croit parallèlement à celui de l’économie africaine.

« Il faut encourager le développement des hôpitaux et des cliniques privées et favoriser l’accès à l’assurance santé »

Quel est l’impact de la crise sanitaire dans les politiques de santé en Afrique ?

Le secteur de la santé a besoin d’investissements massifs. Paradoxalement, le continent a été moins affecté par la Covid 19 que le reste du monde. Sa population est jeune (40 % de moins de quinze ans), elle est plus résistante au virus. Toutefois, l’espérance de vie reste encore faible, notamment en raison du sous-investissement dans le domaine de la santé. Il faut encourager le développement des hôpitaux et des cliniques privées et favoriser l’accès à l’assurance santé. Les bailleurs de fonds ont tendance à négliger ce secteur. La crise sanitaire devrait permettre d’y réorienter une partie des flux financiers.

La stabilité du franc CFA est-il un atout pour investir dans le domaine des assurances ?

La zone monétaire du franc CFA permet d’avoir une stabilité de change et de juguler l’inflation. Les conditions sont donc favorables au développement des activités d’assurance. Pour les groupes financiers, il est plus facile de fonctionner dans un environnement où il y a de la stabilité et de la prévisibilité. Cela nous permet aussi de proposer des services d’assurance à moindre coût, les risques étant moindres.

L’essor du numérique est-il l’occasion d’investir dans de nouveaux services ?

Nous avons beaucoup investi dans le domaine digital. Nous avons mis au point une plateforme de ressources humaines en ligne qui permet à nos clients de mieux gérer leurs équipes et leur système de santé. L’avenir des produits financiers individuels se fera sur le digital. Mais on ne peut pas aller plus vite que l’essor des infrastructures technologiques sur le continent.

« D’ici à dix ans, l’Afrique devrait représenter 50 % de nos activités. Nous sommes très présents dans l’espace francophone, mais nous attaquons aussi le marché anglophone »

Comment vous refinancez vous ?

Nous le faisons exclusivement à partir de nos fonds propres et des bénéfices générés chaque année. L’avenir du groupe s’inscrit en Afrique même si le Moyen-Orient représente encore 65 % de notre chiffre d’affaires avec nos filiales en Arabie Saoudite, au Qatar, au Liban, aux Emirats arabes unis et nos plateformes digitales aux Emirats. Notre expérience au Moyen-Orient nous permet d’appréhender les crises et les phénomènes de disruption. Nous avons appris à gérer les crises sécuritaires et politiques. L’expertise en gestion des risques et en résilience organisationnelle est même devenue une de nos spécialités. D’ici à dix ans, l’Afrique devrait représenter 50 % de nos activités. Nous sommes très présents dans l’espace francophone, mais nous attaquons aussi le marché anglophone. Après le Ghana, nous comptons nous implanter au Nigeria, au Kenya, en Ethiopie et en Tanzanie. En Afrique du nord, le marché marocain est assez mature. Il est concurrentiel. Nous aidons actuellement les groupes marocains d’assurance santé à se développer en Afrique subsaharienne. Nous projetons de nous implanter rapidement en Egypte. Le Soudan sera une extension naturelle. Les bailleurs de fonds prévoient d’y investir 50 milliards de dollars dans les prochaines années. Et, si la Libye se stabilise, il y aura aussi des opportunités à saisir.

En dehors de l’assurance santé, quelles sont vos autres sources de croissance ?

La moitié de nos activités concernent l’assurance santé. Le reste est réparti entre l’assurance dommages, les responsabilités civiles et professionnelles, les risques politiques, les risques de crédit, les polices d’assurance dans le transport comme l’aérien, la couverture des activités d’extraction minière, gazière et pétrolière. Les activités d’assurance se développent aussi dans le domaine industriel (agroalimentaire, raffinage…) et les énergies renouvelables.

La fin de «l’argent magique» ? Non la poursuite

La  fin de «l’argent magique» ? Non la poursuite

 

Certains experts patentés de l’économie changent désormais de discours et pronostiquent  la fin de l’argent magique. Il retrouve ainsi leurs chaussures idéologiques précédentes qui consistaient à alerter systématiquement contre toutes les dérives budgétaires. Surtout les dérives européennes car les mêmes experts ont rarement condamné les errements dans ce domaine des États-Unis. Des errements autrement plus importants.

On objectera que les États-Unis peuvent se permettre cette fantaisie car le dollar est une monnaie de transaction internationale. Certes, mais cela n’empêche pas la valeur du dollar d’évoluer justement en général plutôt à la baisse, ce qui est assez cohérent avec une recherche de compétitivité monétaire.

Les slogans relatifs à la fin de l’argent magique restent des slogans. Il n’y a pas d’affaire de magie dans ce domaine. Les banques centrales notamment européennes rachètent les actifs des Etats afin de les désendetter, parallèlement elles déversent  des liquidités via  les banques pour soutenir l’économie. En gros ,la masse monétaire dépasse et de loin la valeur des actifs sur lesquels elle est supposée reposer notamment la croissance.

Du coup mécaniquement, cela génère un phénomène inflationniste qui va corriger le déséquilibre entre la masse monétaire et la richesse réelle qu’elle est supposée représenter.  La régularisation est d’ailleurs en cours d’abord aux États-Unis qui connaissent une forte inflation depuis le début de l’année. Une augmentation des prix qui a fait en premier les matières premières et l’énergie et qui découle aussi des désordres logistiques liés à la crise sanitaire.

 

Inévitablement l’inflation va aussi contaminer l’Europe qui a besoin des mêmes matières premières que les États-Unis ou la Chine. Déjà par exemple les industries alimentaires réclament une hausse significative des prix du fait de l’envolée des cours des matières premières. alimentaires.

Globalement l’argent dit magique ne va pas augmenter au contraire il va même progresser au rythme de l’inflation.La facture sera payée comme d’habitude par le consommateur et l’épargnant voir le contribuable.

 

Macron va aussi parler de foot !

Macron va aussi parler de foot !

Pour gagner sans doute quelques voix Macron est prête à sacrifier à toutes les modes, à toutes les sensibilités voir à toutes les opinions. Ainsi récemment il vient de s’exprimer sur l’immigration. En réalit,é il n’a traité que la question des délinquants. Concrètement on va renvoyer quelques dizaines d’immigrés clandestins délinquants quand le nombre de migrants clandestins et de leur de 900 000. Et surtout qu’il augmente de 100 000 par an. Cette fois, Macron va penser au football pour montrer sa solidarité avec tous les supporters de l’équipe de France engagée dans la compétition appelée euro 2020.

S’il le fallait Macron n’hésiterait pas à revêtir le maillot mais aussi le short de l’équipe de France montrant ainsi  les cuisses musclées d’un président prêt à courir partout pour ramasser des voix.

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

 

 

 

L’Allemagne si soupçonneuse vis-à-vis du respect des dispositions européennes pourrait bien se retrouver face à la justice pour avoir contrevenu aux orientations de l’union européenne

On considère en effet dans l’union européenne que la fameuse Cour de justice de Karlsruhe   a violé les réglementations de l’Union européenne en contestant un programme d’achat de la Banque centrale européenne (BCE) déjà approuvé par la plus haute juridiction du bloc communautaire.

 

La Cour fédérale (en allemand : Bundesgerichtshof, BGH) est l’organe juridictionnel allemand placé au sommet de l’ordre judiciaire et jugeant en dernière instance en matière civile, où elle entend l’appel des jugements des tribunaux provinciaux supérieurs (Oberlandesgerichte), et en matière pénale, où elle entend celui des jugements des tribunaux provinciaux (Landgerichte). Elle est organisée en douze chambres civiles, cinq chambres pénales et huit chambres spéciales. La poursuite pénale y est exercée par le procureur général fédéral près la Cour fédéraleLa Cour a été créée en 1950 et a succédé au Tribunal du Reich (Reichsgericht) qui remplissait des fonctions comparables sous le Reich allemand. Elle a son siège à Karlsruhe, dans l’ancien palais du grand-duc héritier, la 5e chambre pénale étant localisée à Leipzig.

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En mai 2020, la Cour constitutionnelle allemande a jugé que la BCE n’avait pas autorité pour effectuer des achats de titres (PSPP) et a ordonné à la banque centrale allemande, qui achetait des emprunts d’Etats de la zone euro pour le compte de la BCE, d’abandonner le programme.

La BCE avait cependant obtenu au préalable le feu vert de la Cour de justice de l’UE, laquelle a rappelé par la suite qu’elle seule pouvait décider si des organes du bloc communautaire violaient les normes de celui-ci.

D’après les deux sources, la Commission va s’accorder mercredi sur l’envoi d’une lettre à Berlin pour le notifier d’une enquête visant à déterminer si la décision du tribunal allemand a violé les règles de l’UE.

L’envoi d’un tel courrier marque la première étape d’une procédure pouvant déboucher sur une demande formelle de la Commission auprès de la Cour de justice afin que celle-ci impose des pénalités.

L’une des sources a déclaré que le jugement allemand avait créé aux yeux de Bruxelles une jurisprudence dangereuse pour le droit européen, avec le risque que d’autres pays membres du bloc jugent leurs tribunaux plus compétents que celui de l’UE.

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Philippe Rosier, patron de Symbio veut profiter de la dynamique autour de l’hydrogène pour s’imposer en France, mais aussi à l’international, comme un leader de la fabrication de la pile à combustible  (Interview dans la Tribune)

 

 

Le marché de la pile à combustible et de l’hydrogène a été largement bousculé ces trois dernières années, qu’est-ce que cela a changé pour Symbio qui travaille sur cette technologie depuis une dizaine d’années ?

PHILIPPE ROSIER - Pour remettre les choses en perspective, la pile à combustible est une vieille technologie. Je rappelle que la fusée Apollo qui était partie sur la Lune était équipée d’une pile à combustible. Ce qui a changé ces dernières années, c’est le phénomène de transition énergétique et le besoin de solutions technologiques de décarbonation. Cette volonté butte sur un obstacle physique et très concret: l’intermittence des énergies renouvelables et l’impossibilité de stocker l’électricité. C’est dans ce contexte que l’attrait pour la pile à combustible a pris un essor spectaculaire entre 2019 et 2020 avec des plans d’investissements colossaux annoncés par plusieurs États, en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine. L’hydrogène est ainsi arrivé comme une évidence et une solution. Et de ce point de vue, Symbio est très bien positionné dans la partie mobilité qui sera un des principaux leviers de développement de l’hydrogène ces dix prochaines années. C’est pour cette raison que nous avons décidé de changer notre modèle économique en devenant un équipementier de rang 1.

Selon vous, la pile à combustible est la solution idéale pour décarboner la mobilité de demain.

Elle fera partie de l’équation, c’est-à-dire un complément à l’électro-mobilité à batteries. On voit bien que la voiture électrique telle qu’on la connaît aujourd’hui rencontre de nombreuses limites en fonction des usages comme l’autonomie, la recharge rapide ou le transport de masse. C’est là qu’intervient la pile à combustible. Ce n’est pas un substitut mais un complément qui ne changera pas la pertinence du modèle des batteries pour des usages du quotidien de quelques dizaines de kilomètres.

Vous pensez donc qu’il y a un modèle sur des voitures particulières à pile à combustible: est-ce que ce sera votre priorité ?

Oui, c’est possible dans certains cas d’usage. Mais la priorité de Symbio sera de s’attaquer dans un premier temps au marché des véhicules utilitaires légers. Nous avons signé un contrat avec le groupe Stellantis pour justement équiper leur gamme de VUL. Nous nous intéressons aussi aux bus – nous avons signé l’équipement de 1.500 véhicules avec le constructeurs français Safra  – puis aux poids lourds. La voiture particulière viendra dans un second temps.

De nombreuses études expliquent que le vrai marché de la pile à combustible est situé plutôt sur les poids lourds, c’est ici qu’il existe un modèle économique pertinent, notamment grâce au fameux TCO (coût à l’usage).

La feuille de route de Symbio consiste à être très offensif dans la baisse des coûts pour atteindre la parité avec la technologie diesel sur les VUL à horizon 2025-2026. C’est tout l’objet de notre site de production que nous inaugurerons en 2023 à Saint-Fons (banlieue sud de Lyon, Ndlr). D’ici 2030, nous pensons même atteindre la parité avec la voiture à batterie. Notre stratégie est de diviser les coûts de production par dix. Symbio est en train de se transformer. Ensuite, le TCO ne dépendra pas seulement du coût de la pile à combustible. Il y a un immense enjeu industriel dans le coût de production d’hydrogène vert, c’est-à-dire produit à partir d’énergies renouvelables.

Symbio est aujourd’hui détenu par deux équipementiers français qui fondent énormément d’espoir sur l’hydrogène, Faurecia et Michelin. Un autre grand groupe, le géant Bosch, vient d’annoncer un plan extrêmement ambitieux dans l’hydrogène. Est-ce un danger pour vous ?

Le marché de l’hydrogène sera, à terme, colossal et les choses vont aller très vite, comme le démontre l’annonce du groupe allemand. Cette annonce valide notre stratégie d’accélérer encore, y compris à l’international.

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous avons identifié plusieurs marchés très favorables à l’hydrogène. Cela correspond aux pays en avance de phase dans la transition énergétique. Nous avons déjà des équipes commerciales installées à Shanghai et nous ouvrons un bureau cette année en Californie. Je rappelle que les poids lourds diesels seront bannis de cet État américain en 2024. C’est une opportunité extraordinaire pour la pile à combustible.

Les États ont annoncé de nombreux dispositifs de soutien à l’hydrogène. C’est selon vous indispensable ?

Tant que nous n’avons pas atteint la parité avec les autres technologies, en particulier le diesel, ces aides seront indispensables. Il ne s’agit pas seulement d’aides, mais également d’initiatives réglementaires, d’investissements dans les infrastructures de production et de distribution. Ce qui est en jeu, c’est la constitution d’une filière souveraine.

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