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Sarkozy et l’UMP dans la tourmente

Sarkozy et l’UMP dans la tourmente

 

Copé, Buisson, Sarkozy, la saga continue. Pour des affaires sans doute condamnables mais qui fuitent curieusement dans la presse. Même si ces affaires sont fondées, il y a une évidente violation du secret des instructions.  Deux semaines avant un scrutin censé lui servir de tremplin pour la reconquête des cœurs français, l’UMP peut méditer la célèbre phrase de Jacques Chirac: « Les emm…, ça vole toujours en escadrille. »  Déjà échaudés par la violente crise interne de l’hiver dernier entre copéistes et fillonistes, lors de l’élection à la présidence du parti, ses sympathisants assistent, médusés, à un feuilleton qui chaque jour semble s’enrichir d’un nouveau rebondissement. Interrogés vendredi par l’AFP, plusieurs caciques de l’UMP appellent toutefois à la « prudence », en « l’absence de preuves » pour étayer les différentes accusations.  Dernier épisode en date de cette saga, qu’ils jugent « potentiellement mortifère » pour l’UMP: les soupçons qui pèsent sur M. Sarkozy, en première ligne dans un dossier de trafic d’influence et de violation du secret de l’instruction.  Après avoir été placé sur écoute par la justice dans l’enquête sur les accusations de financement de sa campagne de 2007 par la Libye de Kadhafi, comme l’a révélé Le Monde vendredi, l’ancien président aurait sollicité un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Lequel l’aurait renseigné sur une procédure en cours en lien avec l’affaire Bettencourt. En échange, l’ancien président serait intervenu pour l’aider à obtenir un poste de conseiller d’Etat à Monaco.  Deux proches de M. Sarkozy, les ex-ministres de l’Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant, auraient également été placés sur écoute.   »Je démontrerai le moment venu qu’il s’agit d’une affaire politique », a affirmé Me Thierry Herzog. Dans une interview au quotidien du soir, l’avocat de M. Sarkozy dément toute tentative de la part de son client d’influencer le cours de la justice. « Cela n’a aucun sens ».  David Assouline, porte-parole du PS, parle d’un « possible scandale d’Etat » si les accusations contre M. Sarkozy se révélaient fondées.  La semaine avait déjà été éprouvante pour l’ancien chef de l’Etat, qui a découvert via la presse que son ancien conseiller officieux, Patrick Buisson, avait enregistré ses conversations privées à l’Elysée avec lui et/ou ses autres conseillers. Le Canard enchaîné et le site Atlantico ont publié les transcriptions de plusieurs de ces écoutes. Il en existerait, sous forme de fichiers numériques, des centaines d’heures.  Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy ont saisi la justice en référé (procédure d’urgence) pour le retrait des enregistrements. Le référé sera examiné lundi. Interrogés pour connaître leur réaction, les deux médias se sont refusés à tout commentaire.  L’UMP doit également faire face aux accusations portées contre son président. Selon Le Point, M. Copé aurait notamment favorisé, au détriment des finances de son parti, la société de communication de deux de ses amis qui auraient surfacturé leurs prestations pendant la campagne présidentielle de M. Sarkozy. Jusqu’ici toutefois, l’hebdomadaire n’a apporté aucune preuve pour étayer ses accusations.  Il n’empêche. Elles ternissent l’image de M. Copé, qui se remettait à peine de l’impact négatif de son grave différend avec M. Fillon. « Sa défense a été très mauvaise », se lamentait un sympathisant, venu assister mardi soir à Strasbourg à un meeting commun avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, en vue des municipales.   »C’est catastrophique. Sur le terrain, on n’entend plus que des +tous pourris+ », se désole un responsable UMP. « Chouchou » des Français de droite dans tous les sondages jusqu’ici, « Sarkozy montre à présent son côté obscur. La donne a changé », selon le même homme, qui ne croit plus au retour de l’ancien président pour 2017.   »A qui profite le crime? Aux socialistes! On ne parle plus du chômage », assure un autre élu UMP. « Mais trop c’est trop! Les Français ne sont pas dupes! ». Selon un troisième, « le système est en train de s’effondrer sous nos yeux. Sarkozy est au cœur du cyclone ».

 

Affaires Buisson, Copé etc. : la politique dans le caniveau et pour longtemps

Affaires Buisson, Copé etc. : la politique dans le caniveau et pour longtemps

 

Les affaires Copé et Buisson confirme nt le caractère particulièrement délétère de la politique française. Des affaires condamnables  mais qui ne surgissent sans doute pas par hasard à la veille des élections. Le fruit de l’affrontement gauche droite mais aussi de rivalités personnelles tenaces. Sur les deux affaires en question, il convient en effet de s’interroger sur l’origine des fuites. Qui a fourni les informations ? Dans quelles conditions ? Qui profite de ces fuites ? Au-delà de ces interrogations, cela prouve qu’en réalité faute de pouvoir démontrer une crédibilité des programmes et des actions on s’efforce de démolir par la délation, la rumeur, les coups fourrés. Aujourd’hui en France aucun parti, aucune personnalité de bénéficie du crédit nécessaire pour s’imposer et les intrigues de palais font office de stratégie. A gauche l’affaire Cahuzac avait montré la fragilité et la superficialité de certains dirigeants socialistes ; A droite, l’enjeu, c’est l’ ‘éventuelle succession de Sarko comme leader ; Sarko qui est loin d’être sorti d’affaire. Il ne faut pas s’attendre à des cadeaux de la part de Hollande. Ce dernier tentera par tous les moyens de la faire condamner par la justice afin de  l’éviter en 2017 et afin de compter sur le reflexe républicain contre l’extrême droite. Une justice évidemment très complaisante à l’égard de tous les pouvoirs en place. Du coup, il faut s’attendre jusqu’en 2017 à une multiplication des coups tordus  à droite comme à gauche. Bref la politique dans le caniveau qui ne rehausse pas l’image d’une classe politique déjà très discréditée. La politique se réduit en fait à de enjeux de pouvoir quand la compétence, le courage, la cohérence deviennent absentes. Dommage évidemment dans une période crise qui exigerait une autre hauteur de vue, une mobilisation sur les enjeux stratégiques  et d’autres comportements.

Moscovici: la France se « tient » à sa « trajectoire…. qui mène dans le fossé

Moscovici:  la France se « tient » à sa « trajectoire…. qui mène dans le fossé

 

 

Pauvre Moscovici qui se voit contraint de défendre une politique à laquelle par ailleurs il n’adhère pas beaucoup. Il faut dire qu’il n’a pas fait grand-chose pour s’imposer laissant Hollande décider des orientations contradictoires et Montebourg faire le clown. Le résultat est pourtant clair, la France n’attiendra pas se objectifs de réduction de déficit.  Pour se défendre Moscovici abandonne donc les chiffres pour se refugier dans l’approche littéraire (en gros ça va aller mieux demain avec le pacte de productivité et les réductions promise de dépenses). « La France a une trajectoire de finances publiques qu’elle a présentée à la Commission européenne et elle s’y tient », a déclaré le ministre de l’Economie devant la presse, sans citer de chiffre.  Bruxelles table désormais sur un déficit français de 4% du PIB en 2014 et 3,9% en 2015, alors que le gouvernement veut officiellement le ramener à 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015.  Le ministre a cependant refusé de prononcer le mot de « 3% », souriant et ironisant à mesure que les journalistes lui reposaient la question. Interrogé sur la demande par la France d’un nouveau délai pour atteindre cet objectif, il a assuré avoir commencé « à parler avec Olli Rehn », le commissaire aux Affaires économiques, « sans évoquer quoi que ce soit qui ressemble à un délai ». Et « je continuerai à discuter avec lui avec une approche constructive », a-t-il ajouté.  Il y a exactement un an, lors de la publication des prévisions de la Commission européenne, le ministre avait tenu à peu près le même discours.  Quelques semaines plus tard, Bruxelles accordait un délai supplémentaire de deux ans à la France pour se conformer à ses engagements européens.   »Les prévisions de la Commission européenne, que je prends comme une analyse tout à fait sérieuse, ne sont que des prévisions qui, par définition, pourront être confirmées ou infirmées », a expliqué M. Moscovici, estimant qu’il fallait « a minima, attendre l’exécution 2013″ qui sera révélée par l’Insee fin mars.  Il a rappelé qu’il s’agissait de prévisions « à politique constante, qui ne tient pas compte des mesures qui seront prises dans le cadre du pacte de stabilité », ni des réductions dans la dépense publique annoncées d’ici 2017.  M. Moscovici a également dit ne pas être d’accord avec l’estimation du déficit structurel (hors effets de conjoncture), dont l’amélioration selon Bruxelles sera insuffisante en 2015.  Insistant sur le « contexte macroéconomique défavorable à l’ajustement des finances publiques », il a assuré avoir « confiance » et être « attaché » à ce que la France garde cette capacité à faire refluer son ratio de dette en 2015.

Héritages : des milliards non réclamés dans les banques récupérés par l’Etat

Héritages : des milliards non réclamés dans les banques récupérés par l’Etat

 

670 000 comptes bancaires de centenaires mais seulement 20 000 centenaires en vie ! Autant d’argent non réclamas par les héritiers qui dorment dans les banques. Un  texte, qui a un « but d’intérêt général incontestable » selon le rapporteur général du Budget Christian Eckert (PS), a été voté par la gauche et la droite, après d’ultimes retouches. Examiné en procédure accélérée (une seule lecture par chambre), il pourrait être discuté au Sénat à l’automne.  Le problème « traîne depuis trop longtemps, il fallait le traiter », a déclaré le ministre de la Consommation Benoît Hamon, vantant « des solutions efficaces ».   »L’affaire pourrait faire sourire s’il n’y avait pas quelques milliards d’euros en jeu » qui ont pu contribuer à enrichir quelques banques ou compagnies d’assurance mais aussi priver des épargnants ou leurs héritiers de « sommes rondelettes », observe sur son blog M. Eckert. « La devise +un bon client est un client qui s’ignore a vécu+ », selon les écologistes.  Toute la gauche y a été favorable, même si le Front de Gauche s’est inquiété des contrôles vu « les coupes claires notamment dans les effectifs » et si les radicaux de gauche ont jugé le droit de propriété et la protection des libertés individuelles « un peu malmenés ».  La droite a voté pour, l’UMP affirmant qu’il prolonge l’une de ses propositions de loi sur l’assurance-vie votée en 2007, l’UDI jugeant la situation « pas tolérable éthiquement ni économiquement et fiscalement ».  Les élus UMP ont néanmoins formulé plusieurs critiques, déplorant notamment que les banques ne soient pas obligées de rechercher les héritiers des clients décédés aux comptes inactifs. Des arguments balayés sur le fond par le rapporteur, qui a aussi laissé entendre qu’ils avaient été inspirés par des lobbys.  L’UDI Charles de Courson, rejoint par l’UMP, a regretté que le contenu des coffres-forts ne soit pas concerné. Gouvernement et rapporteur ont opposé des difficultés techniques liées à la présence d’autres éléments que de l’argent dans les coffres mais se sont montrés pas fermés à une solution qui serait trouvée par les sénateurs.  Les banques comptabilisent des dizaines de milliers de comptes bancaires inactifs, oubliés par leurs détenteurs de plus en plus multibancarisés et mobiles ou tout simplement ignorés au moment du règlement des successions du titulaire décédé.  Exemple le plus parlant: les banques détiennent plus de 670.000 comptes bancaires de centenaires … alors que le nombre de centenaires dépasse légèrement 20.000 en France.  Les assureurs sur la vie laissent également en déshérence de nombreux contrats souscrits au profit de bénéficiaires, qui ne le savent pas ou restent introuvables faute parfois de recherches suffisantes.  Des frais abusifs sont parfois prélevés et des sommes importantes ne sont pas revalorisées.  Pour mieux protéger épargnants et intérêts de l’Etat, le texte prévoit de nouvelles obligations pour les banques et les assureurs.  Sur les comptes bancaires inactifs, la proposition de loi en donne une définition et crée une obligation de recensement annuel mais aussi de transfert des fonds à la Caisse des dépôts et consignations si l’inactivité dépasse deux ans en cas de décès, dix ans dans les autres cas.  Pour les assurances-vie, elle prévoit la fin du contrat s’il n’y a eu aucune réclamation du capital dix ans après la connaissance du décès ou l’échéance du contrat, le plafonnement des frais de gestion ou l’obligation de transférer les fonds dormants à la CDC.  Les notaires seront obligés de consulter le fichier central des comptes bancaires (Ficoba) et des assurances-vie (Ficovie).  Les bénéficiaires auront 20 ans pour se manifester auprès de la Caisse des dépôts. Passé ce délai, l’Etat sera destinataire des fonds.  Autre objectif de la proposition de loi: obtenir le respect réel de la clause de déchéance au bout de 30 ans, en vertu de laquelle l’Etat devient l’ultime destinataire des fonds non réclamés.  A l’avenir, le « gendarme » des banques et des compagnies d’assurance, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), sera notamment chargé de veiller au respect des règles, voire de prononcer des sanctions.  Avant chaque étape, il est prévu d’informer les souscripteurs ou ayants droit.  Prévue début 2015, l’entrée en vigueur a été repoussée en commission à début 2016, pour laisser aux banques et aux assureurs « un délai raisonnable » d’adaptation.  Si la Fédération française des sociétés d’assurances a exprimé son soutien, l’Association française des usagers des banques a dénoncé « un hold up de l’Etat ».   »Le but n’est pas de remettre de l’argent dans le budget de l’Etat », a assuré M. Eckert, soulignant que le choix avait été fait de maintenir à 30 ans le délai de déchéance au profit de l’Etat malgré la « tentation » de certains de le réduire.  Après le vote d’un amendement gouvernemental pour accélérer le transfert à l’Etat du « stock » d’assurances-vie en déshérence, M. de Courson a demandé quelle recette exceptionnelle était attendue. « On n’a pas ces chiffres », a affirmé le ministre.

 

Pacte de responsabilité : Ayrault dans la panade avec les contreparties

Pacte de responsabilité : Ayrault dans la panade avec les contreparties

 

 

Ayrault est dans la panade avec les contreparties, d’un coté Hollande évoque de moins en moins des objectifs chiffrés d’emplois, de l’autre le PS (surtout la gauche) veut absolument des chiffres précis. Du coup, on a du mal à comprendre ce qui pourrait constituer engagement ou non. Deux hypothèses, ou bien des chiffres précis d’embauche seront indiqués et dans ce cas, le pacte de responsabilité finira en eau de boudin car les entreprises n’accepteront  pas ce pari fou qui consiste à embaucher avant d’avoir des commandes ; Soit au contraire, ce qui est vraisemblable, les engagements seront surtout de l’ordre de qualitatif (formation, dialogue, place des jeunes et des séniors etc) et alors ce pacte pourrait avoir un sens. Mais de toute manière, le pacte  n’est pas à l hauteur des enjeux. Par ailleurs on comprend mal qu’une question fiscale soit soumise au seul débat entre syndicats et patronat. Gattaz avait clairement remis en cause hier les contreparties ( après s’être fait remonter les bretelles par ses adhérents En réponse, la porte-parole du Parti socialiste (PS), Annick Lepetit, qui a rapporté les propos du Premier ministre : « Le dialogue social ne peut pas reposer sur des oukases », a expliqué Jean-Marc Ayrault devant les députés de sa majorité en réaction aux propos du président du Medef, Pierre Gattaz, sur le pacte de responsabilité. Depuis Washington, où il accompagne François Hollande, le patron des patrons avait expliqué ne pas vouloir entendre parler de « contreparties » dans le cadre du pacte de responsabilité, en demandant qu’on arrête en France « de gérer par la contrainte ». Cette déclaration a dynamité le pacte de responsabilité qui devait permettre de relancer l’économie et endiguer le dérapage budgétaire. Selon Pierre Gattaz, il faudrait non pas 30 mais 60 milliards d’euros d’allègement de cotisations. Du côté de l’Élysée et de Matignon, on minimise l’incident. S’exprimant devant des caméras de télévision, Jean-Marc Ayrault a déclaré souhaiter que « Pierre Gattaz quand il sera revenu en France, rencontre le plus vite possible les organisations syndicales comme c’était prévu, pour engager le dialogue social (…) ». « Je pense que le décalage horaire parfois peut causer des problèmes… », a-t-il ajouté. « La tradition républicaine veut qu’on ne critique pas à l’étranger la politique de son pays, a fortiori quand on est invité du président de la République », a lancé pour sa part Annick Lepetit. « Sur le fond, nous rappelons à Pierre Gattaz qu’il s’agit d’un pacte de responsabilité et non d’irresponsabilité », a-t-elle ajouté. Interrogée sur les motivations du patron des patrons, Annick Lepetit a lâché : « Il faudra lui demander à son retour si le président de la République ne l’oublie pas là bas ». « Nous rappelons aussi à Pierre Gattaz que c’est lui qui arbore à sa boutonnière depuis plusieurs mois un pin’s promettant un million d’emploi. Tenir sa parole ne concerne pas que les hommes politiques, cela engage aussi le patronat. Il serait mieux que le président du Medef apprenne la constance et arrête la danse de Saint Guy », a-t-elle poursuivi.  À Matignon comme à l’Élysée, on souligne qu’il y a une dynamique autour du pacte de responsabilité et que les discussions se passent bien. On sous-entend ainsi qu’il y a d’autres interlocuteurs au Medef, prêts à jouer le jeu. La négociation est bien engagée et il y aura de toute façon, une heure de vérité fin février ou début mars. C’est à cette date que le patronat proposera par écrit les contreparties au pacte.

 

Pacte de responsabilité : du flou dans les chiffres et dans les modalités

Pacte de responsabilité : du flou dans les chiffres et dans les modalités

 

Dun coté les syndicats contestent et veulent des contraintes, de l’autre le Medef veut doubler les allégements 60 milliards au lieu des 30 prévus (en fait 10 puisque le CICE sera intégré). De son coté le gouvernement reste dans le flou et ne sait même plus sil va imposer des embauches en contrepartie et surtout comment.  Les premières consultations visant à mettre en œuvre ce plan de 30 milliards d’euros, dont le Medef réclame le doublement, ont démontré que le dialogue social ne serait guère aisé au moment où les chiffres publiés lundi montrent une courbe du chômage toujours ascendante. « La seule conclusion qu’il convient de tirer c’est que plus que jamais le pacte de responsabilité est maintenant un devoir qui engage tout le gouvernement », a dit le président lors d’une conférence de presse en Turquie organisée quelques heures avant l’annonce officielle de la hausse du chômage en décembre. Reçues par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Force ouvrière et la CGT ont dénoncé l’absence de contreparties demandées au patronat en échange d’une baisse des cotisations. « C’est un marché de dupes », a estimé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO. « On n’est pas capable d’obliger une entreprise à embaucher, pas plus qu’on ne peut l’empêcher de licencier », a-t-il déclaré après que le secrétaire général de la CGT eut lui aussi dénoncé un dispositif jugé trop favorable au patronat. « Il apparaît qu’aucune contrepartie n’est aujourd’hui inscrite entre le président de la République et le Medef », a dit Thierry Lepaon, regrettant le « deal » entre le chef de l’Etat et le président du Medef, Pierre Gattaz. Le pacte de responsabilité prévoit d’ajouter d’ici 2017 10 milliards d’euros de baisse de cotisations sociales aux 20 milliards d’euros de baisses d’impôts déjà consentis aux entreprises via le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Alors que les syndicats s’inquiètent d’un possible « chèque en blanc » offert au patronat, le Medef estime quant à lui que les 30 milliards d’euros proposés par le gouvernement sont insuffisants pour changer la donne sur le terrain. L’organisation évalue à 116 milliards d’euros le montant des prélèvements à supprimer pour que la France comble son écart de compétitivité avec l’Allemagne et crée un million d’emplois. « Nous pensons que de prendre la moitié comme objectif en 2017 serait un bon objectif, soit 60 milliards qu’on pourrait répartir entre 35 milliards du côté du coût de travail et 25 milliards en abaissement de taxes et d’impôts », a déclaré Pierre Gattaz, le président de la principale organisation patronale. Ce dernier, qui se refuse à toute obligation de résultat en terme d’emplois même s’il a évoqué la possibilité d’en créer un million, a enjoint l’exécutif à baisser les dépenses publiques bien au-delà des 50 milliards prévus entre 2015 et 2017 afin de financer l’allègement du fardeau fiscal des entreprises. « La baisse de la dépense publique pour alléger les entreprises françaises, c’est la clé de voûte de tout le dispositif du pacte », a dit Pierre Gattaz. Les financements supplémentaires réclamés par le Medef ont été sévèrement critiqués par les syndicats. »C’est le jeu de la surenchère (…) je crois qu’à un moment donné dans un contexte de crise il faut être sérieux », a estimé Carole Couvert, présidente de l’organisation syndicale des cadres CDE-CGC. « Moi je m’y perds dans les chiffres du patronat », a ironisé le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, pour qui le Medef prend le risque de torpiller la mise en oeuvre du pacte. « La balle est dans le camp du patronat et si le patronat ne comprend pas que pour aider les entreprises il faut aussi que celles-ci s’engagent à des embauches (…), eh bien nous aurons une impasse », a dit le chef du syndicat réformiste. Le gouvernement n’a pour l’heure pas l’intention de fixer un objectif obligatoire d’embauches mais Jean-Marc Ayrault a assuré à la fin des concertations de lundi qu’il demanderait aux entreprises « des contreparties en matière d’emploi, en matière de formation en alternance, en matière de qualité de l’emploi, en matière d’investissement en France ». Le Premier ministre a ajouté qu’il annoncerait jeudi soir, au terme de nouveaux entretiens, sa « méthode » pour mettre en oeuvre le pacte de responsabilité.

 

La conférence de Hollande plombée par le recul de la France dans l’Europe et l’affaire Gayet

La conférence de Hollande plombée par le recul  de la France dans l’Europe et l’affaire Gayet

 

 

On  attendait une forte reprise en France pour la fin de l’année 2013, elle n’aura pas lieu. Pire la France piétine tandis que le reste de l’Europe frémit. Les enquêtes Markit montrent en effet un rebond en Europe tandis que la production et les commandes régressent en France ; exit donc la pseudo reprise de Hollande et sa fameuse inversion du chômage. Une conférence largement plombée par cette conjoncture très décevante. Avec en plus cette frasque du président  avec une comédienne. D’après les sondages cela ne modifie pas l’opinion des français sur Hollande mais l’opinion en fait est déjà tellement mauvaise que ce fait ne justifie pas d’en changer. La priorité pour 75% reste le chômage et le bilan est dramatique comme la popularité de Hollande.  L’Europe qui redémarre alors que la France piétine: c’est donc  la conclusion de l’enquête de décembre de la société Markit auprès des industriels, qui montre des Français paralysés alors que les Allemands, mais aussi les Espagnols vont de l’avant. « Les fabricants français signalent une nouvelle détérioration de la conjoncture dans le secteur manufacturier français en décembre. L’indice des acheteurs PMI se replie de 48,4 en novembre à 47,0″ le mois dernier, soit le plus bas niveau depuis 7 mois, a indiqué Markit, qui souligne que « les replis de la production et des nouvelles commandes se renforcent », tandis que « le recul de l’emploi s’accélère ». Lorsque l’indice dépasse les 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle se replie s’il est en dessous de ce seuil, comme en France. Selon Jack Kennedy, économiste chez Markit, « le secteur manufacturier français termine l’année 2013 sur une note décevante », et « les entreprises interrogées mentionnent un climat d’incertitude persistant ». Selon lui, un « retournement de situation ne se profile pas encore à l’horizon ». Les données françaises contrastent avec les enquêtes menées par Markit dans le reste de la zone euro, et qui ont également été publiées jeudi. L’indice PMI d’activité dans l’industrie de l’ensemble de la zone euro atteint ainsi en décembre son plus haut niveau depuis 31 mois, et affiche sa plus forte progression en plus de deux ans et demi, à 52,7 points contre 51,6 en novembre. Cette embellie européenne généralisée est portée en particulier par l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, trois pays qui selon Markit ont enregistré en décembre leur plus forte croissance d’activité dans l’industrie depuis le premier semestre 2011.La Grèce, qui part d’une situation économique particulièrement dégradée, retrouve elle un niveau de PMI qu’elle n’avait plus atteint depuis quatre ans. Du côté des économistes, le retard pris par la France sur le reste des Européens, mais aussi les bonnes performances de l’Espagne ne surprennent pas. Le PMI « n’est pas une bonne nouvelle » et montre « qu’au minimum, la France est à la traîne », indique ainsi Frederik Ducrozet chez Crédit Agricole CIB, qui discerne en particulier un « réel écart entre l’Espagne et la France », deux pays dont les structures industrielles sont selon lui assez similaires pour autoriser une comparaison pertinente. « L’Espagne est en avance dans le rebond », juge l’économiste, qui rappelle toutefois que le pays, soumis à de dures réformes, a souffert d’une récession plus prononcée que la France. Pour M. Ducrozet, « le salut de la France ne pourra venir que des autres », c’est-à-dire des pays en meilleure forme économique et dont la demande va tirer l’industrie française. L’économiste relativise toutefois l’enquête Markit, qui semble condamner la France et en particulier son industrie à la récession. Pour lui, le scénario le plus probable reste celui d’une petite reprise dans les prochains mois, conformément à d’autres baromètres de l’industrie publiés par l’Insee ou la Banque de France, qu’il juge « plus solides ». Même opinion de la part de Jean-Luc Proutat, chez BNP Paribas, selon qui l’indice Markit en décembre « ne donne pas la bonne indication » dans sa composante française.

 

« Dieudonné, tu me fous dans la merde ? » (Elie Semoun)

«  Dieudonné, tu me fous dans la merde ? »  (Elie Semoun)

 

 

Tandis que Valls sort l’artillerie lourde pour écraser une mouche comique, Elie Semoun, lui, sort l’humour pour combattre l’humour scabreux de Dieudonné. Un moyen sans doute plus efficace que les procédures d’exception ou le Conseil d’Etat pour discréditer des propos antisémites intolérables.   »La lettre d’un ami trahi et trompé » : l’humoriste Elie Semoun a réagi samedi 11 janvier dans court un sketch diffusé sur Canal+ à la polémique suscitée par son ancien complice Dieudonné, ses attaques contre des personnalités juives et ses propos à caractère antisémite. « Je pense que je suis assez légitime pour parler de Dieudo vu qu’on a vraiment débuté ensemble (…) C’est presque pas un sketch, c’est presque la lettre d’un ami trahi et trompé », a ensuite déclaré l’humoriste pour expliquer sa démarche.   »Ce que je fais, c’est loin d’être une déclaration de guerre. Mais je ne donne pas une carte blanche à ce qu’il fait, surtout pas », a ajouté Elie Semoun. « Dieudo, tu sais que tu me fous dans la merde ? Tu m’obliges à te répondre parce que pour les Juifs je suis un traître et pour les autres, un agent du Mossad », les services secrets israéliens, dit-il au début de ce sketch diffusé dans l’émission « Clique ».   »Mais j’ai rien demandé, moi ! Je pensais qu’on vieillirait ensemble comme Chevalier et Laspalès et tout d’un coup tu me fais ton petit délire dans ton coin sans même m’en parler ! », poursuit l’humoriste. « Moi, je suis dans le système , c’est normal, je suis encore dans le show biz, c’est normal, je suis juif », lance encore Elie Semoun au cours de ce sketch de trois minutes environ.   »Tous les gens que je rencontre me disent: ‘mais il a pété un boulard Dieudo ? Il était comme ça avant ? Il est antisémite ?’ Alors comme je voulais en avoir le coeur net je suis allé le voir à son théâtre (…) et je lui ai dit ‘Dieudo, t’es antisémite ? Et là, il m’a tourné le dos et il m’a regardé droit dans les yeux: « Non… mais y a trop de Juifs ! », dit Elie Semoun. « Mais Dieudo, on a bossé quinze ans ensemble ! Comment t’as fait pour me supporter moi? (…) Il m’a dit: ‘ »C’est moi qui faisait les comptes, ça m’a permis de tenir le coup ! »  Et d’imaginer un dialogue où Dieudonné lui conseille de s’en prendre à son tour aux « Arabes » et aux « Noirs » dans ses sketchs. « Oh non je peux pas faire ça, c’est pas moi ! Je suis pas raciste ! L’humour, ça sert pas à ça », répond-il.  Et de conclure: « Quand on a débuté avec Dieudonné, on était le symbole même de l’antiracisme, à tel point que j’avais oublié que j’étais Noir et qu’il était Juif ! On s’en foutait à l’époque de tout ça, maintenant c’est un problème pour tout le monde… Dommage, moi j’aimais bien être Noir ».

 

«Hollande dans une impasse» (Gérard Grunberg)

 «Hollande dans une impasse» (Gérard Grunberg) 

Politologue au Centre d’études européennes de Sciences Po, spécialiste de la gauche, Gérard Grunberg analyse dans les Echos  la situation de François Hollande avant le marathon des vœux. Il ne croit «pas du tout» à la remise à plat de la fiscalité annoncée par Jean-Marc Ayrault.

 Que peut faire François Hollande pour espérer rétablir la confiance ?

 La manière dont François Hollande s’est positionné et dont il a gouverné depuis un an et demi fait que sa marge de manœuvre est aujourd’hui très étroite. Il a beaucoup basé sa stratégie sur une amélioration de la situation économique et de l’emploi, s’appliquant à ne « pas désespérer Billancourt ». Je crois que ça a été une erreur car les Français sont tout à fait conscients de la gravité de la situation. Certes, il n’est pas possible de savoir comment l’opinion aurait réagi à un discours à la fois plus véridique et volontariste, mais il est clair que le propos relativement lénifiant du président ne l’a pas rassuré. Pour la simple raison que les Français ne voient pas d’amélioration. François Hollande est donc dans une impasse. Sa politique réformiste des petits pas manque d’efficacité même si elle va dans la bonne direction. Confronté à cette impasse, la seule option possible serait pour lui un changement de gouvernement mais cette option n’a d’intérêt que s’il s’accompagne d’un véritable tournant politique. Et de toutes manières, il est maintenant trop tard pour opérer un tel changement avant les élections du printemps prochain.

 Le chef de l’Etat doit-il corriger son propre comportement ?

Je ne vois pas François Hollande changer profondément son comportement. Qui le pourrait d’ailleurs après une longue carrière politique ? S’il veut opérer un véritable changement, celui-ci ne peut donc provenir que d’un changement de Premier ministre, et à condition de le laisser s’imposer à la tête du gouvernement, chose toujours délicate sous la Ve République puisqu’elle implique que le président se mette en retrait. Dans cette option, c’est probablement Manuel Valls qui constituerait le meilleur choix. De toutes manières, la dégradation de l’image du président et les perspectives économiques et sociales rendent peu probable qu’il puisse regagner la confiance des Français sans bouger. Certes, les institutions de la Ve République et l’existence d’une majorité favorable à l’Assemblée lui évitent d’agir dans l’urgence. Mais le fait que son comportement ne corresponde pas suffisamment aux yeux des Français à l’image qu’ils se font d’un président de la République est néanmoins un facteur de fragilité réel.

 La ligne est-elle suffisamment assumée ?

François Hollande a à plusieurs reprises exposé sa ligne politique, notamment la baisse des déficits et la reconquête de la compétitivité des entreprises pour faire baisser le chômage. Mais il ne l’a pas assumée assez clairement et, surtout, l’application hésitante de cette ligne a pu faire douter de la volonté politique qui la sous-tendait. En particulier, son discours critique sur les institutions européennes a pu paraître parfois en contradiction avec ces objectifs qui sont pourtant ceux de Bruxelles. Dans la mesure, en outre, où une partie de la gauche, et en particulier au Parti socialiste, est en désaccord profond avec sa politique de l’offre, François Hollande ne pourra pas longtemps paraître la défendre sans tenter de l’imposer réellement à ses troupes. Le fait de ne pas assumer clairement sa politique afin de ne pas inquiéter l’opinion est de toutes manières inefficace dans la mesure où elle accroît plus qu’elle ne diminue les inquiétudes de celle-ci. Il risque alors de perdre sur les deux tableaux. Enfin, les tensions qui sont apparues récemment entre le président et son Premier ministre ne peuvent qu’attiser les interrogations sur la ligne politique et la volonté des acteurs. Mais aussi sur le leadership du président.

 Comment expliquer, alors, que François Hollande soit si tranché en dehors des frontières et si peu au dedans ?

Que soit sur le Mali ou la Centrafrique – je mets de côté l’affaire syrienne, plus compliquée -, je crois d’abord qu’il n’avait pas le choix et qu’il a bien fait d’intervenir. Sauf à se désintéresser totalement de l’Afrique, l’urgence était là. Certes, le risque est réel de l’enlisement et des pertes et l’on doit regretter que l’Europe n’existe pas dans ce domaine ce qui, à terme, créera un dilemme de plus en plus grand pour notre pays. Mais il est possible également que le président, se sentant plus libre d’agir dans ce domaine, compense ici par des décisions rapides et tranchées l’attitude plus prudent qui est la sienne en politique intérieure. Au dedans, le président n’a pas voulu prendre de tels risques car il sait son parti très divisé sur les questions économiques …. les ministres tirent parfois à hue et à dia. Manque d’autorité ou conception propre du maniement des hommes, toujours est-il que, de ce fait, François Hollande semble ainsi hésiter à trancher quand cela paraît nécessaire, préférant laisser les crises se résoudre d’elles-mêmes.

 Comme quand il dirigeait le PS ?

Oui. Pendant ces dix ans, le Parti socialiste n’a pas choisi clairement une ligne politique et lorsque François Hollande a tenté d’imposer un choix clair, en matière européenne, son parti l’a suivi mais pas la gauche lors du référendum de 2005. Depuis, il semble avoir renoncé à imposer une ligne politique au Parti socialiste. Pourtant, l’attachement historique de ce parti à la « synthèse » a atteint aujourd’hui ses limites. La France est en crise et le PS n’a pas de ligne claire pour tenter de l’en sortir.

 Croyez-vous dans la mise à plat de la fiscalité ?

Pas du tout. Cela a permis à Jean-Marc Ayrault de se relancer et de sortir, d’ailleurs efficacement, de la fronde fiscale aiguë qui menaçait de s’étendre. Mais le Premier ministre est trop intelligent, trop politique, pour ignorer que cela ne peut déboucher sur une véritable remise à plat à court terme. Personne n’a jamais remis à plat l’ensemble de la fiscalité sauf lors des Etats généraux de 1789 et ça s’est mal terminé !

 A vous entendre, François Hollande a déjà perdu la présidentielle de 2017.

C’est le plus probable mais il faut toujours compter sur ses adversaires ! L’UMP est en très mauvaise forme et la crise de leadership est loin d’être réglée. Le Front national constitue une menace réelle aux élections législatives. En outre, les Français ne semblent pas penser aujourd’hui que la droite ferait beaucoup mieux que la gauche. Et l’évolution de la crise économique est encore incertaine. François Hollande a fait preuve tout au long de sa carrière politique d’une réelle habileté politique. A tout prendre, il préférerait voire la droite plutôt que la gauche se casser en deux ! D’où son possible choix de ne rien changer et de voir venir.

Centrafrique ; la France désespérément seule dans le bourbier

Centrafrique ; la France désespérément seule dans le bourbier

 

 

On ne voit plus les groupes armés mais ils sont toujours présents et se cachent. Selon l’état-major français, il reste entre « 3.000 à 8.000 membres de groupes armés » dans Bangui. « La grande majorité des groupes armés qui faisait régner la terreur » dans la ville a rejoint les casernes qui leur étaient assignées.  Sur le plan humanitaire, la situation était jugée alarmante par des ONG présentes à Bangui et en province alors que le flot des Centrafricains fuyant les violences grossit. Selon des agences de l’ONU, on compte plus de 100.000 déplacés rien que dans Bangui sur environ 800.000 habitants.  Massés aux abords de l’aéroport pour se placer sous la protection de l’armée française, ils étaient au moins 45.000 jeudi matin, selon des sources humanitaires sur place. Quelques tentes y ont été dressées, certains ont fabriqué des abris avec des sacs en plastique, mais la plupart demeuraient à la belle étoile.   »On n’a pas à manger, on n’a pas d’abri, pas d’école, pas d’avenir », témoignait Jefferson, venus avec 11 enfants du quartier de Boy-Rabe.   »On cherche un refuge, mais il n’y a pas d’eau, pas de nourriture », ajoutait un autre, venu du quartier voisin de Boeing, où la population était terrorisée par les exactions des ex-rebelles de la Séléka.  Au PK-5, d’autres déplacés ont cherché refuge chez des parents, fuyant les pillages et les tueries qui ont fait au moins 400 morts la semaine dernière.  Aux abords de l’aéroport, où les organisations humanitaires considèrent la situation comme la plus alarmante, avec de possibles risques d’épidémies, Médecins sans Frontières (MSF) a monté une clinique mobile, qui assure 200 à 300 consultations par jour.  Mais il y a seulement deux points d’eau, installés par la Croix-Rouge, pour tous les déplacés. Et depuis une semaine, les agences d’aide des Nations unies n’ont procédé à aucune distribution de nourriture, déplore sous couvert d’anonymat un responsable humanitaire.  MSF, qui appelle à un « changement urgent et radical de la réponse humanitaire des Nations unies » à la hauteur de la crise actuelle, a adressé jeudi une lettre ouverte à la secrétaire générale adjointe de l’ONU chargée des affaires humanitaires Valérie Amos.   »Malgré ses efforts importants, MSF -et les rares ONG présentes- ne peuvent pas couvrir tous les besoins », insiste Bart Janssens, directeur des opérations de l’ONG.   »Les agences des Nations Unies doivent maintenant apporter une réponse solide et concrète », ajoute M. Janssens.  La situation est aussi très grave à l’intérieur du pays, comme à Bossangoa, ville du nord-ouest où, depuis deux mois, 40.000 chrétiens fuyant des exactions se sont rassemblés autour de l’archevêché « entassés sur seulement 4 hectares », explique Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.  Ailleurs dans la ville, les violences de la semaine dernière ont entrainé le quadruplement des réfugiés musulmans, passés de 1.600 à près de 7.000.   »Il y a beaucoup trop de pression sur un si petit espace », se plaint Alexis Ottenwalter, un responsable d’ACF à Bossangoa.  Signe toutefois d’un relatif retour à la normale, Air France a annoncé qu’elle reprenait jeudi son vol hebdomadaire vers Bangui, annulé mardi.  Et une semaine après le feu vert de l’ONU à l’opération de la France, officiellement en appui à la force africaine (Misca) déjà présente en Centrafrique, de premiers renforts de pays du continent arrivaient.  Une cinquantaine de soldats burundais ont quitté Bujumbura pour préparer le déploiement d’un contingent de 850 hommes. Ils vont rejoindre les plus de 3.000 soldats africains déjà présents et qui doivent à terme totaliser 6.000 hommes et prendre la relève des Français… mais sans doute pas avant des années.  

 

Montebourg : 15.000 emplois perdus dans 1.000 entreprises en difficulté

Montebourg : 15.000 emplois perdus dans 1.000 entreprises en difficulté

Quelque 15.000 emplois ont été perdus en 18 mois dans plus de 1.000 entreprises en difficulté mais, « dans la plupart des cas », l’outil industriel a été conservé, a indiqué mercredi 6 novembre le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l’Assemblée nationale. Depuis mai 2012, les différents services concernés au ministère du Redressement productif (le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), la cellule restructuration du ministère, les commissaires au redressement productif) sont intervenus sur les dossiers de 1.075 entreprises en difficulté ou ayant connu des difficultés, représentant plus de 150.000 emplois, a précisé Montebourg devant la commission des Finances élargie. « Nous sommes (…) à 15.000 emplois perdus en 18 mois sur plus d’un millier d’entreprises en difficulté en France« , a-t-il dit. « C’est beaucoup, mais (…) dans la plupart des cas, nous avons conservé les outils industriels, les savoir-faire ». Montebourg a rappelé que dans ces dossiers, le ministère met autour de la table les banquiers et les créanciers, les dirigeants de l’entreprise, l’Etat, les salariés. « C’est un effort très difficile, mais à chaque fois, on arrive à trouver des attitudes responsables de part et d’autre », a-t-il assuré. Selon le ministre, « il y a le désir aujourd’hui dans notre pays, sur le terrain, de s’unir autour de nos outils industriels (…) et de défendre l’appareil productif« . « C’est un point très positif », a-t-il souligné.

Des pesticides dans tous les vins

Des pesticides dans tous les vins

 

Constat est accablant : 92 vins testés, 92 vins contaminés. Dans toutes les régions viticoles françaises, à tous les prix – d’1,6 à 15€, soit le budget moyen consacré au vin, explique Que Choisir (accès payant). L’association de consommateurs a réalisé une nouvelle étude sur la concentration de pesticides dans les vins. Cela pourra paraître curieux, mais de telles mesures n’existent pas en France. Plus précisément, les seuls seuils de toxicité qui existent concernent le raisin de cuve – avant, donc, la fermentation qui transforme le jus en vin et, au passage, détruit pas mal de saletés… Ces seuils sont appelés LMR, limite maximale de résidus – et sont établis par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA. En l’absence de réglementation, c’est le plus grand flou, donc. D’où l’utilité d’une étude comme celle de Que Choisir. Qu’y apprend-on ? Que tous les vins testés, bio ou pas, sont contaminés. Sur les 165 molécules recherchées, 33 ont été détectées. Mais les concentrations restent très largement inférieures aux LMR (fixées, rappelons-le, pour les raisins de cuve).  Le vin le plus chargé du panel est un Graves blanc, Château Roquetaillade-le-Bernet 2011, qui contient 1.682 microgramme de pesticides par kilos (sachant qu’un microgramme est un milliardième de gramme…). Il y a aussi le très célèbre Mouton Cadet, version rouge 2010, dans lequel on trouve pas moins de 14 résidus de pesticides. Quel enseignement retenir ? Qu’il n’y aurait  pas franchement de danger pour la santé, compte tenu des concentrations détectées. Mais qu’il y a sans doute urgence à établir des LMR pour les vins… 

Danone : impliqué dans un scandale de lait en Chine

Danone :  impliqué dans un scandale de lait en Chine

Alerte à la toxine botulique. La Chine, puis la Russie, ont suspendu toutes leurs importations de lait de nouvelle Zélande ce lundi 5 août. En cause: la détection de bactéries pouvant causer le botulisme (une forme de paralysie) dans certains lots de lactosérum, utilisé pour la fabrication de lait en poudre et de boissons lactées. Les lots incriminés ont été exportés vers plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient, comme la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et l’Arabie Saoudite. Mais c’est la Chine la principale victime de ce scandale alimentaire: le pays a importé pour presque 2 milliards de dollars de lait en poudre en 2012. Et 90% de ces importations provenaient justement de Nouvelle Zélande. Un sujet d’autant plus sensible que le pays est confronté à des scandales sanitaires à répétitions.  Plusieurs industriels sont concernés par le scandale. Au premier chef, le géant néozélandais des produits laitiers Fonterra, mais aussi Danone, le leader mondial de l’agroalimentaire se fournissant en lactosérum auprès de la coopérative de Nouvelle-Zélande. La filiale chinoise du Français, Dumex Baby Food Co., a donc dû procéder à des rappels de produits. Elle aurait importé en Chine plus de 200 tonnes de poudre de lait contaminée.Un fournisseur de l’Américain Coca Cola et le Chinois Wahaha ont également acheté des lots incriminés. Mais ce scandale pourrait nuire tout particulièrement à Danone. Le géant français profitait justement des conséquences d’une vaste affaire de lait frelaté vendu par des industriels chinois. Les consommateurs, échaudés, se tournaient en effet vers les produits laitiers de groupes étrangers, à la réputation sans tache. Pas plus tard que la semaine dernière, à l’occasion de la présentation des résultats semestriels du groupe le 29 juillet, le directeur financier de Danone, Pierre-André Terisse, déclarait être « fondamentalement optimiste en ce qui concerne les perspectives de la Chine ». De quoi écorner l’image de l’industriel à un moment très inopportun: selon David Gaud, gérant senior chez Edmond de Rothschild AM en Asie, qui intervenait ce lundi matin sur BFMBusiness, Pékin est sur le point d’assouplir sa politique de l’enfant unique. Cela offrirait de belles perspectives de croissance aux géants mondiaux des produits laitiers. A condition qu’ils gardent la confiance des consommateurs…

 

Emploi : la grande incertitude dans le monde entier

Emploi : la grande incertitude dans le monde entier

Selon cette enquête trimestrielle réalisée dans 42 pays et territoires de la planète, davantage de recruteurs au niveau mondial se disent cependant très incertains quant à leurs perspectives de recrutement entre juillet et septembre 2013 du fait de la timide demande des consommateurs. Seuls les recruteurs de quelques pays, tels aux Etats-Unis ou dans certaines parties d’Europe, échappent à la morosité. « Si vous regardez les choses d’un point de vue global, le sentiment général est qu’il y a assurément des difficultés », a déclaré le président directeur général de Manpower, Jeff Joerres, tout en précisant que les employeurs se montraient malgré tout plus optimistes sur les perspectives économiques mondiales qu’au cours des derniers mois. Sur les 42 pays et territoires sondés, Manpower relève que dans 31 d’entre eux, les employeurs envisagent des recrutements au prochain trimestre. Les intentions d’embauche se sont même renforcées par rapport au trimestre précédent dans 17 économies, notamment en Espagne, en Grèce et aux Etats-Unis. Les intentions d’embauche restent inchangées dans quatre pays et ont diminué dans 21, dont la France, la Chine et l’Inde. En Europe, les embauches sont suspendues du fait de l’augmentation des incertitudes chez les employeurs, constate le rapport. Jeff Joerres relève toutefois des signaux positifs, notamment en Grèce, où la perspective d’embauche, toujours négative, s’est améliorée depuis quatre trimestres.

Taxe à 75% : dans le budget 2014

Taxe  à 75% : dans le budget 2014

Moscovici : «Après plusieurs mois de concertation, j’ai décidé de concentrer l’action législative sur la contribution de 75% sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros, qui sera acquittée par l’employeur. Elle sera soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014, et aura une durée limitée à deux ans », a-t-il déclaré.  Le gouvernement n’ira « pas au-delà sur le plan législatif: il n’y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises », a-t-il expliqué, ajoutant avoir « choisi d’agir dans le dialogue ».  Pierre Moscovici a souligné avoir rencontré la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l’Association française des entreprises privées (Afep), Pierre Pringuet, « qui se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance ». « Nous préférons miser sur une +autorégulation exigeante+. Mais attention: si les décisions annoncées ne sont pas à la hauteur, nous nous réservons la possibilité de légiférer », a-t-il insisté.  Promesse phare du candidat Hollande en 2012, cette taxe à 75% sur les salaires supérieurs à 1 million d’euros par an devait initialement être payée directement par les salariés concernés. L’idée est désormais de faire acquitter la taxe par les entreprises employant ces hauts salaires.  En dépit de cette taxation, Pierre Moscovici a assuré les sociétés du soutien du gouvernement.   »Les entreprises sont au coeur de notre politique économique: nous voulons les aider à créer de la richesse et des emplois, à investir et à embaucher », a-t-il affirmé.   »Il faut d’abord que les dispositifs lancés fonctionnent à plein régime », a-t-il ajouté, citant l’exemple du crédit d’impôt compétitivité.  Il a rappelé par ailleurs que le gouvernement allait diversifier le financement des PME et des ETI « dès 2014, avec le lancement du PEA/PME, dont les plafonds seront relevés jusqu’à 225.000 euros ».  L’argent des assureurs sera en outre mobilisé.   »Le code des assurances sera réformé en juin par décret pour permettre aux assureurs de financer massivement les entreprises. Ceci devrait permettre de dégager 90 milliards d’euros de prêts », a-t-il également rappelé.

Traces d’insecticides dans les pâtes

Traces  d’insecticides dans les pâtes?

Des résidus d’insecticides se trouveraient dans les biscuits, les céréales, les pâtes ou encore les pains de mie à base de blé, s’inquiètent l’association Générations Futures, qui publie mercredi une étude relayée par France Info. Ces produits chimiques, suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, composent à l’origine certains produits de jardinage ou anti-moustiques. Mais selon l’association, l’alimentation en contient également. La contamination se fait dans les silos à grain, aspergés de pesticides pour éviter la prolifération de champignon, détaille France Info. Si aucun aliment analysé par Génération future ne contient plus de la limite autorisée, les substances sont toutefois susceptibles de dérégler le système hormonal et d’agir même à très faible dose.

 

La France isolée dans la guerre des monnaies (comme au Mali !)

La France isolée dans la guerre des monnaies (comme au Mali !)

Comme pour le Mali , l’Europe va mettre du temps à réagir dans le guerres des monnaies. Face à l’appréciation de la monnaie unique, François Hollande avait  estimé qu’on ne pouvait pas la laisser « fluctuer selon les humeurs du marché » car cela met en péril les efforts de compétitivité des pays qui en font usage, et réclamé « une politique de change », lors d’un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.   »Il ne s’agit pas d’assigner de l’extérieur un objectif à la BCE qui est indépendante mais d’engager l’indispensable réforme du système monétaire international, car sinon nous demandons à des pays de faire des efforts de compétitivité qui sont annihilés par la valorisation de l’euro », a-t-il ajouté.  La BCE s’est refusée mardi à commenter cet émoi quelque peu esseulé pour le moment, aucun autre responsable européen n’ayant encore abondé publiquement dans ce sens.  Et de l’avis des analystes de UniCredit, son président Mario Draghi devrait se contenter de rappeler jeudi, à l’issue de sa réunion mensuelle de politique monétaire, qu’elle n’a, de par son mandat, pas d’objectif de taux de change et ne consent à intervenir que si son objectif d’inflation à moyen terme -soit maintenir la hausse des prix proche mais sous 2%- est menacé.   »Dans le passé, la BCE est rarement intervenue de façon ciblée pour des questions de taux de change. Il faudrait une appréciation beaucoup plus forte de l’euro pour qu’elle change de cap », estime Marie Diron, économiste au cabinet de conseil Ernst and Young.   »Elle hésiterait beaucoup pour ne pas déclencher de +guerre des monnaies+. Tant que l’appréciation ne nuit pas à la croissance » elle n’a pas intérêt à le faire, ajoute-t-elle.  L’euro a atteint plus de 1,37 dollar vendredi soit une progression de plus de 11% en six mois, tandis que la parité euro/yen est « en hausse fulgurante de 10% » depuis un mois, a calculé Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France.   »S’il stimule les cambistes, le succès de l’euro pourrait néanmoins jouer des tours aux entreprises européennes », estime-t-il.  Pour un responsable européen toutefois, « à ce stade, je ne crois pas que cela soit un problème ». D’autant que l’euro s’est stabilisé mardi, après un recul la veille.  Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a rappelé pour sa part que « l’euro a été à 1,60 dollar, parfois en dessous de 1, c’est une monnaie jeune. Il faut juger la valeur sur une distance, je ne peux pas faire de commentaires là-dessus et fais confiance à la BCE qui est indépendante et qui doit le rester ».  En visite à Paris, le ministre allemand de l’Economie Philipp Rösler a lui jugé préférable de renforcer la compétitivité de l’Europe plutôt que de chercher à en affaiblir la monnaie.  Le chef d’Etat français abordera sans doute la question avec la chancelière allemande Angela Merkel qu’il rencontre mercredi, à la veille d’un sommet européen.  Paradoxalement, l’appréciation de l’euro est aussi le miroir d’une zone euro qui se porte mieux et a retrouvé la confiance des investisseurs après plusieurs années de crise aiguë.  Une amélioration qui doit beaucoup à l’intervention de la BCE qui a baissé son taux d’intérêt directeur à son plus bas niveau historique (0,75%). Elle a en outre injecté des milliards d’euros de liquidités au travers entre autres de prêts très avantageux sur trois ans aux banques (LTRO) et a promis d’intervenir sur le marché de la dette publique si nécessaire.  Le mouvement s’est toutefois accéléré sous l’effet des politiques monétaires des banques centrales américaine et japonaise, qui font jouer « la planche à billets », et qui « en affaiblissant délibérément leur monnaie pour rendre leurs économies respectives plus compétitives, soutiennent un peu plus l’appréciation de l’euro », souligne Fabrice Cousté.  Face à ces politiques « plus agressives », la BCE a elle commencé à se faire rembourser ses LTRO, ce qui signifie moins de liquidités en circulation.  Mais s’il le faut, la BCE a les moyens d’intervenir, selon un responsable européen qui n’exclut pas une déclaration de M. Draghi lors du G20 à Moscou les 15 et 16 février, théâtre habituel des discussions sur les changes.

 

Spinetta remet de l’ordre dans Air France- KLM

Spinetta remet de l’ordre dans Air France- KLM

Faire de KLM-Air-France une véritable entreprise et non une juxtaposition de société. C’est le défi de Spinetta pour redresser la situation financière. Le holding va donc regrouper toutes les fonctions stratégiques, en clair Spinetta va devenir le vrai patron d’Air France et de KLM afin de restructurer deux sociétés qui en réalité avaient conservé leurs indépendances et leurs lourdeurs. Spinetta veuet réussir cette fusion avant son départ et remettre son groupe sur les rails de la compétitivité avant de partir en 2014.  Le PDG d’Air France-KLM a donc présenté aux comités d’entreprise de KLM et d’Air France le projet de renforcement du groupe à partir du 1er juillet 2013. Les fonctions les plus stratégiques d’Air France et de KLM vont remonter au niveau du holding, aujourd’hui une coquille quasiment vide. Objectif : être plus efficace, effacer les doublons et redonner un nouvel élan au groupe en retard face à Lufthansa et IAG (British Airways-Iberia) C’est l’un des deux derniers grands chantiers de Jean-Cyril Spinetta à la tête d’Air France-KLM : la réorganisation du groupe, l’autre étant de préparer sa succession, alors qu’il quittera le groupe au plus tard au printemps 2014 lors de l’assemblée générale qui clôturera les comptes de l’année 2013. Le PDG d’Air France-KLM (69 ans) pourrait quitter ses fonctions quelques mois plus tôt, fin 2013. Mais d’ici là, celui qui a lancé le processus de consolidation du transport aérien en rachetant KLM en 2004, veut modifier les structures du groupe, plus de 10 ans après qu’elles aient été pensées dans la tête des fondateurs d’Air France-KLM. Objectif : rendre le groupe plus efficace et plus réactif,  tout en permettant de stimuler les synergies entre les deux compagnies Air France et KLM en mettant fin aux doublons. Après avoir pris un coup d’avance en se regroupant, Air France-KLM s’est faite dépasser par Lufthansa et par IAG, l’entité qui coiffe British Airways et Iberia. Ainsi, en dehors des activités financières, les fonctions support, informatique, achat, les centres de services partagés, mais aussi les fonctions marketing stratégique, d’organisation du réseau de vols, du revenu management (outil de gestion de la recette en fonction de l’offre et de la demande), de ventes …seront rattachées au holding. Leurs responsables seront nommés par un organe décisionnel qui vient d’être créé. Regroupant Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France, Leo Van Wijk (directeur général délégué d’Air France-KLM) et les deux patrons des filiales Air France (Alexandre de Juniac) et KLM (Peter Hartman), ce directoire est aussi appelé le « CEO meeting ». Les deux compagnies opérationnelles, Air France et KLM, devront donc seulement mettre en oeuvre et gérer sur le terrain les décisions prises en grande partie par le holding.  Présenté pour la première fois devant les élus du personnel de chacune de deux compagnies, le projet est désormais lancé. Les chefs de projet seront nommés en décembre. Le seul obstacle au calendrier fixé pourrait se situer au niveau du délai de consultation des organismes sociaux de KLM, un processus plus compliqué aux Pays-Bas qu’en France. Par ailleurs le siège d’Air France-KLM est transféré des Invalides à Roissy

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