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Les dangers de l’inclusion numérique

Les dangers de l’inclusion numérique

Interview dans de  JACQUES MARCEAU  Président dans les Echos 

« Vouloir l’inclusion numérique pour tous n’est pas sans conséquence sur notre société de tradition et de culture démocratique. Un « numérique inclusif » peut en effet transformer le citoyen d’une nation en usager d’une plateforme sur laquelle le politique n’est plus en capacité d’exercer sa souveraineté. Un débat qui est loin de n’être que sémantique…

Après la réduction de la fracture numérique, l’inclusion numérique est devenue le nouveau leitmotiv de nos politiques et fait même aujourd’hui l’objet d’un plan gouvernemental intitulé « Stratégie nationale pour l’inclusion numérique ». En effet, l’aménagement numérique du territoire en très haut débit fixe et mobile ne s’accompagne pas, loin s’en faut, d’une adoption du numérique par tous les Français. Un constat étayé par les résultats d’une enquête(1) menée en 2018 par la Mission Société Numérique et qui révèle que 13 millions de Français sont « en difficulté avec le numérique ». C’est ainsi, qu’à l’heure de la virtualisation massive du commerce, des services et plus généralement de toutes les activités économiques et sociales, la modernité numérique vient ajouter une nouvelle source d’exclusion à celles bien connues que sont le chômage, le faible niveau d’instruction, l’isolement, les mauvaises conditions de vie, etc. Une exclusion qui frappe en priorité et majoritairement, comme une double peine, des personnes déjà fragilisées pour lesquelles, par exemple, l’accès aux droits sociaux est conditionné à celui de services en ligne qu’elles sont dans l’incapacité d’utiliser. C’est ainsi que la tendance à la virtualisation des services publics vient exacerber la complexité d’une relation par essence complexe et souvent conflictuelle entre l’Etat et l’individu, entre le bien collectif et l’intérêt individuel. Il y a peu, quand l’Etat était représenté par ses seuls agents, même protégés par un guichet dont le rideau pouvait, tel un couperet, tomber à tout moment indifférent au temps passé à attendre son tour, la relation humaine pouvait toujours laisser la place à l’échange, à la compréhension, voire à la compassion. Sentiments dont on conviendra que le robot, même doté d’une intelligence artificielle dernier cri, est absolument incapable. Qui n’a d’ailleurs pas, à cet égard, fait l’expérience de l’exaspération que peut procurer la relation avec la machine pour effectuer une déclaration ou une demande en ligne ? En réponse à cette déshumanisation croissante des services en général et du service public en particulier et conscient des risques de fracture sociale associés, l’Etat élève aujourd’hui l’idée d’inclusion numérique au rang de priorité nationale. Ainsi, et dorénavant, pour satisfaire à ses obligations d’honnête citoyen ou simplement vivre dans un monde sensé être plus simple et plus sûr grâce au numérique, il faudra être inclus ! Un mot ambigu quand on y réfléchit et quand on lui cherche, pour mieux en appréhender la signification, des synonymes dans les dictionnaires : assimilé, soumis, dilué, intégré, enfermé, et même compromis. Visionnaire, Paul Valéry déclarait en 1935 dans son « Bilan de l’intelligence(2) » que « suggestionné, harcelé, abêtis, (…) l’individu est déjà compromis avant même que l’Etat l’ait entièrement assimilé ». Une vision pessimiste mais qui se révèle aujourd’hui pertinente à la différence inquiétante que l’Etat, en perdant sa souveraineté face aux géants du numérique, se retrouve lui-même assimilé. Une perte de souveraineté de l’Etat, et plus généralement des élus, sur la chose numérique qui rend encore plus hasardeuse sa tentative de promotion d’un « numérique inclusif » qui pourrait bien, en définitive, s’effectuer au seul profit du renforcement de la dominance économique et peut-être un jour politique, de plateformes hégémoniques. L’inclusion numérique suppose en effet, et au lieu de mettre la machine à la main et au service de l’homme, son assujettissement. L’injonction est claire : « si vous ne voulez pas être exclu du monde à venir, il vous faudra être capable non seulement de faire usage mais encore de servir et renseigner la machine ! ». C’est ainsi que le citoyen à l’ère numérique se doit, pour ne pas être un exclu, être inclus, comme si le simple jeu des antonymies justifiait une nouvelle doxa politique. Doxa qui ne s’arrête pas à son expression littérale mais qui prend forme aujourd’hui dans toutes sortes d’initiatives en faveur de l’inclusion numérique mêlant l’incitation à la contrainte, la séduction à l’obligation, la solidarité à la soumission. Les prévisibles et sombres conséquences de ce désordre sémantique pourraient être évitées si l’on se résolvait, enfin, à considérer le numérique comme un simple outil au service de l’homme et de la société et l’intelligence artificielle comme un esclave au service de l’Esprit. Car il est peut-être là, notre problème. La perte de l’Esprit que vient palier la prothèse numérique qui lui évite, la flemme étant l’un des ressorts favoris de l’assujettissement, de se fatiguer à compter, écrire, traduire, penser, décider. Formé, formaté, adapté, enfermé dans la bulle sociale et cognitive choisie pour lui par des algorithmes, l’inclus numérique ne deviendra-t-il pas l’idiot utile d’un pouvoir qui aura demain échappé au politique, qui ne sera pas non plus celui de la machine, mais de ceux à qui obéit la machine ? C’est aujourd’hui, car demain il sera trop tard, que nous devons faire le choix entre la Cité Politique(3), matrice historique des sociétés démocratiques, et la Cité Numérique où le citoyen éduqué se transformera en « usager inclus ». Faire le choix de la Cité Politique c’est d’abord proposer une vision portée par un discours(4), la parole précédant toujours l’action, tout comme la pensée précède le projet et l’invisible le visible. C’est ainsi que, nommer devenant un acte politique fondateur, la parole doit être juste pour que les mots ne deviennent pas la source des maux. C’est pourquoi, et au regard des sombres perspectives portées par un numérique inclusif, je proposerais volontiers les vocables de cohésion numérique et de numérique cohésif, porteurs de nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui persistent à orner le fronton de nos écoles. »

1. https://societenumerique.gouv.fr/13-millions-de-francais-en-difficulte-avec-le-numerique/ 2. Le Bilan de l’intelligence, conférence de Paul Valéry à l’Université des Annales le 16 janvier 1935 3. « Comment les géants du numérique veulent gouverner nos villes » – Jean Haëntjens – Editions Rue de L’échiquier 2018 4. Jacques Marceau – Stratégies – 5 janvier 2016 – http://www.strategies.fr/blogs-opinions/idees-tribunes/1030349W/rehabiliter-le-discours-de-l-entreprise-un-nouvel-enjeu-pour-les-relations-publics.html

Les dangers du paracétamol

Les dangers du paracétamol

 

L’affaire dramatique de Naomi Musenga, cette jeune femme décédée en décembre dernier après que son appel au Samu n’a pas été pris au sérieux, et qui aurait été  victime d’une intoxication au paracétamol, rappelle les dangers de l’utilisation excessive de ce médicament antidouleur. Un antidouleur qui peut se révéler dangereux pour la santé, notamment pour le foie en cas d’excès et de mauvaise utilisation.   Antidouleur efficace et peu cher, le paracétamol est le médicament le plus vendu en France, de quoi contribuer à alimenter une fausse image de remède que l’on peut consommer sans danger, au moindre bobo ou à la moindre fièvre. En vérité, le paracétamol peut s’avérer très dangereux puisqu’il est l’un des traitements dont la dose mortelle est la plus proche de la dose thérapeutique, c’est-à dire-qu’il suffit de dépasser de peu la dose journalière maximum (4 grammes pour un adulte) pour risquer l’intoxication. Une mauvaise prise de paracétamol peut conduire à une destruction complète du foie. C’est d’ailleurs le surdosage de ce médicament qui, en France, est la première cause de greffe de foie après avoir provoqué une hépatite aiguë. Enfin, il ne doit jamais être mélangé à l’alcool, car là aussi il peut s’agir d’un cocktail de choc pour cet organe essentiel à la métabolisation de certaines molécules. 

Perturbateurs endocriniens : dangers confirmés par l’administration

Perturbateurs endocriniens : dangers confirmés par l’administration

La France qui a souvent abordé la problématique des perturbateurs endocriniens avec des pincettes reconnaît cette fois les dangers extrêmes dans un rapport de l’administration. Une étude publiée par 50 millions de consommateurs avait déjà démontré que des polluants pouvaient être détectés dans les cheveux de tous les jeunes participants à l’étude : 23 à 54 molécules ont été retrouvées selon les enfants (34 en moyenne). Des résultats qui « suggèrent fortement » que les petits Français sont « tous contaminés », s’alarmait  le magazine. L’impact des innombrables produits chimiques dans le secteur agro alimentaire est contesté par les industriels. Des industriels qui exercent une énorme pression sur Bruxelles pour obtenir une réglementation à minima de ces perturbateurs endocriniens susceptibles de dérégler le système hormonal et à l’origine de nombreuses pathologies. Du coup près de cent scientifiques européens et américains avaient dénoncé, les « intérêts industriels » qui « déforment délibérément des preuves scientifiques » pour empêcher la mise en place, par cette instance européenne, d’une réglementation visant à limiter l’utilisation des perturbateurs endocriniens. « Le projet d’établir une réglementation de ce type dans l’Union européenne est activement combattu par des scientifiques fortement liés à des intérêts industriels, produisant l’impression d’une absence de consensus, là où il n’y a pourtant pas de controverse scientifique », estimaient les signataires d’une tribune publiée par Le Monde. Des scientifiques qui accusent les lobbys de déformer délibérément des preuves scientifiques pour créer une fausse impression de controverse – et régulièrement utilisée lorsque des découvertes scientifiques touchent « de puissants intérêts industriels », soulignent les scientifiques.  Les précédents de l’industrie du tabac, du secteur agrochimique ou du réchauffement climatique ont « retardé des actions préventives et eu de graves conséquences pour la santé des populations et l’environnement », avertissent-ils. Selon eux, « la très grande majorité des scientifiques activement engagés dans la recherche des causes [de l'augmentation des maladies en lien avec le système hormonal] s’accordent pour dire que plusieurs facteurs y contribuent, dont les produits chimiques capables d’interférer avec le système hormonal », appelés perturbateurs endocriniens. Alors que la « seule solution » pour enrayer ces effets est de « prévenir l’exposition aux produits chimiques à l’aide d’une réglementation plus efficace. En France,  l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le Conseil général de l’environnement et du développement durable et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux souligne de nombreuses limites de la politique nationale et européenne au regard des enjeux, qualifiés de « majeurs pour la santé et l’environnement ». Les rapporteurs se montrent aussi, en creux, très critiques vis-à-vis de l’action conduite au niveau européen, notamment par la Commission de Bruxelles, et s’interrogent sur la « crédibilité » de l’action communautaire. Incidemment, le rapport des trois institutions forme l’un des premiers documents officiels résumant, dans un langage non technique, l’étendue des problèmes posés par les perturbateurs endocriniens (PE), décrits comme sources de « très fortes externalités négatives », c’est-à-dire de dégâts collatéraux très importants. Ces substances – pesticides, plastifiants, solvants, etc. – sont présentes dans une grande diversité d’objets ou de produits du quotidien et dans la chaîne alimentaire. Elles ont en commun d’interférer avec le système hormonal des humains et des animaux.

« Un certain nombre d’affections de la santé humaine sont aujourd’hui suspectées d’être la conséquence d’une exposition aux PE : baisse de la qualité du sperme, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement des organes ou de la fonction de reproduction, abaissement de l’âge de la puberté, détaille le rapport. Le rôle des PE est aussi suspecté dans la survenue de certains cancers hormonodépendants, » indique encore le rapport. …

2025 : trois dangers, le vieillissement, le déclin, le manque de capital (Moscovici)

2025 : trois dangers, le vieillissement, le déclin, le manque de capital (Moscovici)

En guise de rentrée gouvernementale ce lundi 19 août, François Hollande reçoit à 10 heures ses ministres, à l’Elysée, pour un séminaire consacré à « la France en 2025″. Objectif de l’exécutif: dessiner la France du futur. Chaque ministère a eu un mois pour rendre sa copie. Parmi elles, celle de Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie et des Finances. Pour lui, trois périls menacent la France. Le premier est d’ordre macro-géo-économique. En clair, il consiste en une perte d’influence et un déclassement de la France notamment face au émergents. Le second danger est démographique et social. La France vieillit, le nombre d’actifs diminue. Enfin, le dernier est un péril micro-économique et technologique. Sans accumulation massive de capital, la révolution numérique pourrait être compromise, estiment les services de Bercy.  Pierre Moscovici relativise toutefois. « Ces trois périls inévitables ne sont pas pour autant inéluctables », si tant est que le France soit capable de « rénover son état providence ». Dans la check-list du ministre: modernisation, dématérialisation des services publics, réforme du marché du travail, allègement de la fiscalité. Au niveau européen, le ministre de l’Economie propose de définir une politique économique commune. A noter, cette petite phrase en page 3 du document: « Prenons garde à ne pas faire l’erreur stratégique de copier le modèle allemand actuel, et de chercher à grand renfort d’argent public, à reconstruire une industrie perdue. ». Bref, beaucoup d’incantations, douze ans pour les concrétiser.

 

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