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Environnement–« Décarboner : Les limites d’action des gouvernements

Environnement« Décarboner : Les limites d’action des gouvernements

 

L’historienne Frédérique Laget se demande dans le Monde  si les gouvernements des principaux pays ont encore les moyens de limiter le dérèglement climatique.

 

 

Tribune.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié, lundi 9 août, un premier volet extrêmement pessimiste de son sixième rapport d’évaluation. Dans ce contexte, opposants politiques et citoyens impliqués n’ont pas manqué de rappeler au chef de l’Etat sa timidité en matière environnementale, sans oublier la décision récente du Conseil d’Etat, condamnant les pouvoirs publics à une amende de 10 millions d’euros pour ne pas avoir lutté efficacement contre la pollution atmosphérique.

Pourquoi les gouvernements – non seulement le nôtre, mais ses homologues également – n’agissent-ils pas plus frontalement contre le dérèglement climatique, dont nous savons tous aujourd’hui le degré de dangerosité et de déstabilisation profonde qu’il entraînera dans le monde ? De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la soumission des gouvernants aux « lobbys », aux « industriels » et aux « puissants », ce qui n’est évidemment pas faux, mais qui reste une réponse simpliste.

Quel que soit son bord politique, le nœud du problème pour l’Etat est triple : d’abord, il lui faudrait prendre, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; on pourrait évoquer une « économie de guerre » ; ensuite, il ne peut agir seul dans ce domaine, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il lui faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun qui présiderait à de telles mesures.

 

Comment, concrètement, décarboner l’économie française, si nous restons à l’échelle de notre pays ? Bien sûr, la question pourrait ne pas se poser en ces termes, puisque ce mouvement devrait s’accompagner dans un proche avenir des entreprises de captation de CO2, que le GIEC évoquera dans le second volet de son rapport.

Interdictions et obligations

Envisageons toutefois la décarbonation seule. L’objectif pour la France serait d’atteindre une empreinte carbone par habitant de 3,7 tonnes de CO2e (équivalent CO2) en 2030, soit le tiers de ce qu’elle était en 2017.

Pour ce faire, les mesures à prendre toucheraient aussi bien le bâtiment (résidentiel ou tertiaire) que les mobilités, l’agriculture, l’énergie, la consommation ou encore l’aménagement du territoire.

Il faudrait que l’Etat prenne, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides

Elles concerneraient la vie quotidienne de chacun d’entre nous : augmentation du renouvellement des équipements de chauffage, interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol hors Europe non justifié (donc de confort ou non nécessaire), division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos en ligne, jeux vidéo, réseaux sociaux), limitation à 1 kg du nombre de vêtements neufs mis sur le marché par personne et par an (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…), et bien entendu, reconversions et créations massives de nouveaux emplois.

« Décarboner : Les limites d’action des gouvernements

« Décarboner : Les limites d’action des gouvernements

 

L’historienne Frédérique Laget se demande dans le Monde  si les gouvernements des principaux pays ont encore les moyens de limiter le dérèglement climatique.

 

 

Tribune.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié, lundi 9 août, un premier volet extrêmement pessimiste de son sixième rapport d’évaluation. Dans ce contexte, opposants politiques et citoyens impliqués n’ont pas manqué de rappeler au chef de l’Etat sa timidité en matière environnementale, sans oublier la décision récente du Conseil d’Etat, condamnant les pouvoirs publics à une amende de 10 millions d’euros pour ne pas avoir lutté efficacement contre la pollution atmosphérique.

Pourquoi les gouvernements – non seulement le nôtre, mais ses homologues également – n’agissent-ils pas plus frontalement contre le dérèglement climatique, dont nous savons tous aujourd’hui le degré de dangerosité et de déstabilisation profonde qu’il entraînera dans le monde ? De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la soumission des gouvernants aux « lobbys », aux « industriels » et aux « puissants », ce qui n’est évidemment pas faux, mais qui reste une réponse simpliste.

Quel que soit son bord politique, le nœud du problème pour l’Etat est triple : d’abord, il lui faudrait prendre, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; on pourrait évoquer une « économie de guerre » ; ensuite, il ne peut agir seul dans ce domaine, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il lui faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun qui présiderait à de telles mesures.

 

Comment, concrètement, décarboner l’économie française, si nous restons à l’échelle de notre pays ? Bien sûr, la question pourrait ne pas se poser en ces termes, puisque ce mouvement devrait s’accompagner dans un proche avenir des entreprises de captation de CO2, que le GIEC évoquera dans le second volet de son rapport.

Interdictions et obligations

Envisageons toutefois la décarbonation seule. L’objectif pour la France serait d’atteindre une empreinte carbone par habitant de 3,7 tonnes de CO2e (équivalent CO2) en 2030, soit le tiers de ce qu’elle était en 2017.

Pour ce faire, les mesures à prendre toucheraient aussi bien le bâtiment (résidentiel ou tertiaire) que les mobilités, l’agriculture, l’énergie, la consommation ou encore l’aménagement du territoire.

Il faudrait que l’Etat prenne, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides

Elles concerneraient la vie quotidienne de chacun d’entre nous : augmentation du renouvellement des équipements de chauffage, interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol hors Europe non justifié (donc de confort ou non nécessaire), division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos en ligne, jeux vidéo, réseaux sociaux), limitation à 1 kg du nombre de vêtements neufs mis sur le marché par personne et par an (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…), et bien entendu, reconversions et créations massives de nouveaux emplois.

« Démocratie : Pour un Plan d’action européen « ( Dacian Ciolos)

« Démocratie : Pour un Plan d’action européen « ( Dacian Ciolos)

 

Dacian Ciolos député européen, président du groupe centriste estime dans l’Opinion que la démocratie en Europe est malade.

 

Tribune

 

 

Pour rester en bonne santé, nos démocraties doivent s’adapter : intégrer le numérique sans devenir virtuelles, encourager la participation et l’implication citoyenne sans devenir populiste, défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression sans laisser le chaos prendre le pas sur l’information vérifiée, préserver un débat transparent et respectueux.

L’urgence à rénover nos pratiques démocratiques est pressante pour l’ensemble de nos démocraties, mais elle l’est encore plus pour l’Union européenne. Echelon le plus éloigné de la plupart de nos citoyens, plus que tout autre collectivité, elle doit apporter la preuve permanente de la légitimité de ses décisions, et éclairer le lien entre ses décisions et la vision d’un avenir commun à l’ensemble des Européens.

Quand l’Europe échoue, ses choix sont vite tournés en dérision ou accusés d’être non démocratiques, y compris au terme d’années de débat – parfois difficilement lisibles pour les citoyens

Quand elle échoue, ses choix sont vite tournés en dérision ici et là, ou accusés d’être non démocratiques, y compris au terme d’années de débat certes minutieux et prenant en compte les équilibres complexes d’une Europe diverse, mais aussi parfois opaques et difficilement lisibles pour les citoyens.

Le sursaut de participation aux dernières élections européennes montre l’intérêt grandissant pour l’Europe, en particulier celui de la jeune génération. Il montre à quel point le plan d’action pour la démocratie que vient de présenter la Commission est une opportunité de construire une nouvelle dynamique autour du projet européen, une dynamique alliant une grande démocratie représentative, s’appuyant pleinement sur le Parlement européen, à un engagement citoyen renforcé. C’est d’ailleurs pour cela que nous portons la Conférence sur l’avenir de l’Union européenne. Son succès dépendra de sa capacité à être largement ouverte à la participation citoyenne.

Les chantiers à ouvrir sont multiples. Bien entendu il faut se prémunir face à la Chine, la Russie, la Turquie, et malheureusement aussi à des forces politiques au sein même notre Union qui ont depuis longtemps intégré le potentiel des nouveaux outils du débat public pour affirmer des projets autoritaires. Ils sont passés maîtres dans l’organisation, chez eux, de simulacres de démocratie, et chez nous, maîtres de l’influence et de la manipulation de l’opinion. Le Brexit en est un triste exemple dont l’Europe, y compris le Royaume-Uni, se mordra les doigts encore longtemps.

Mais notre agenda pour la démocratie européenne ne doit pas être seulement défensif. Lutter contre la manipulation de l’information est absolument fondamental, mais se limiter à cela reviendrait à construire une digue fragile face à l’océan et à alimenter la défiance. Il convient au contraire de façon audacieuse d’affirmer dans notre société le rôle et la voix de chaque citoyen. Ne nous limitons pas à lutter contre la propagande, bâtissons aussi la démocratie de demain.

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique «Europa» est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE, chaque dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans le journal.

États-Unis : « des marges d’action réduite pour Biden ? »

États-Unis : « des marges d’action réduite pour Biden ? »

 

Plusieurs experts anticipent que Biden, élu comme président, disposerait de marges d’action réduites en matière économique. Cela en raison du fait qu’il aura un Sénat composé en majorité de républicains. Certes politiquement, Biden ne disposera pas d’un environnement forcément favorable. C’est cependant oublier  que l’économie américaine n’est pas comme en France par exemple orientée en permanence par le président de la république. Certes des mesures budgétaires massives par exemple pour financer les infrastructures seront contraintes par les oppositions. Mais l’atout majeur de Biden sera de contribuer à rétablir la confiance des opérateurs avec une ligne beaucoup plus claire tant vis-à-vis de la Chine que l’Europe ou d’autres zones. C’est cette confiance qui sera  l’atout majeur du soutien à une économie qui par parenthèse a toujours des assises assez solides. Enfin, il est toujours dangereux d’hypothéquer la stratégie à venir de responsables politiques jugés faibles mais qui peuvent se révéler très efficaces une fois pouvoir (et inversement !). Ce que peut apporter Biden, c’est une stabilité interne et internationale qui manque pour la confiance des acteurs économiques et des consommateurs. Tout n’est pas macro-économique et peut dépendre aussi largement de comportements micro-économiques .

 

 

Trois économistes décryptent pour Le Figaro les conséquences d’une possible victoire de Joe Biden sur l’économie américaine, les marchés et les relations avec l’Europe.

Paul Jackson, directeur de la recherche multi-Asset EMEA ETF chez Invesco Asset Management

«La probable victoire de Joe Biden risque de laisser des traces. Sa victoire risque d’être beaucoup plus discutée. Donald Trump va faire appel devant les cours de justice. Cela peut être un processus assez long. Dans tous les cas, les marchés retiendront qu’au final, le Sénat restera républicain donc il y aura une sorte d’équilibrage dans le système politique, comme aujourd’hui. Cela veut dire beaucoup moins de risques de législations qui créeraient des dégâts pour des secteurs comme la pharmaceutique ou la Tech.

S’il est élu, Joe Biden souhaite remonter les taux d’imposition sur les entreprises et les grandes fortunes et doubler le salaire minimum à 15 dollars. Cela soutiendra la consommation des ménages qui n’ont pas d’épargne. Ceci dit, un Sénat républicain compromet tout cela. Joe Biden aura moins de marge de manœuvre. En revanche, les exportations globales pourraient profiter de son élection avec une possible levée des tarifs douaniers contre la Chine, l’Europe ou la Turquie. Plus généralement, son comportement sera beaucoup plus stable, ses actions plus faciles à prévoir, donc cela baissera les tensions géopolitiques. Les relations commerciales seront apaisées.

À court terme, la question est de savoir de quelle ampleur sera le plan de relance que le futur président présentera pour soutenir l’économie. Avec un Sénat républicain, qui est très conservateur au niveau fiscal, ce plan risque d’être moins élevé que prévu. Cela veut dire que l’économie sera moins dynamique dans un contexte de hausse du nombre de cas de Covid 19. Toutefois, si Biden est élu, je pense qu’il apportera, d’un point de vue économique, plus de stabilité et de calme. De cette manière, on peut envisager plus d’investissements de la part du secteur privé, qui avec Donald Trump ne sait pas sur quel pied danser.

À plus long terme, je pense que la dette sera le vrai problème du prochain président. Ce problème d’endettement s’est aggravé avec la récession de 2020. Pire encore, vers la fin de la décennie, même s’il n’y avait pas eu la crise de cette année, l’endettement aurait augmenté à cause des problèmes démographiques. Et ce taux d’endettement qui ne cesse de grimper signifie que le président aura dans tous les cas moins de flexibilité.»

Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, fondatrice de RichesFlores Research

 «C’est au moins une conclusion que nous pouvons formuler sans grand risque d’erreur : la probabilité que l’un ou l’autre des partis gagne à la fois la présidence, la Chambre des représentants et le Sénat apparaît très réduite à ce stade. Joe Biden semble en passe de rassembler une majorité à la Chambre mais pas le Sénat et le schéma serait l’inverse pour Donald Trump. La conséquence première d’une telle situation est de réduire les chances de réformes d’ampleur dont l’économie américaine aurait besoin pour retrouver le chemin d’une croissance structurelle plus solide. Cette conclusion, si elle se confirme, devrait conduire à une révision à la baisse des perspectives de croissance pour les quatre années à venir. Il est indiscutable qu’en l’absence de majorité au Sénat, la latitude de Joe Biden, s’il est élu, sera réduite et les réformes souhaitées beaucoup plus compliquées et plus longues à mettre en place que généralement considéré dans les scénarios chiffrés ces derniers mois. Dans ce cas, le scénario de reprise plébiscité par les marchés ces derniers jours risque d’être mis à mal.

Cela concerne bien entendu les perspectives des secteurs les plus cycliques, lesquels auraient été, de loin, les plus favorablement exposés à une large victoire du candidat démocrate, en particulier aux aspects les plus structurels de son programme : infrastructures, environnement, consommation. Le changement de perspectives d’inflation, dont les anticipations semblent dorénavant exposées à un risque de baisse non négligeable, fragilise le secteur bancaire dans un contexte déjà impacté par les effets de la crise sanitaire, en particulier par la dégradation de la solvabilité des ménages et entreprises.

Sauf énorme surprise de dernière minute dont on voit mal d’où elle pourrait émaner, les résultats de ce scrutin n’incitent pas à penser que l’élan de confiance des marchés boursiers de ces derniers jours puisse aller bien loin. Il y a un risque évident d’avoir une administration trop ligotée pour réellement être en mesure de changer la donne, tout au moins à brève échéance.»

Antoine Lesné, responsable de la recherche et de la stratégie de SPDR

 «En cas de victoire, Joe Biden aura probablement moins de possibilités de mettre en place un projet purement démocrate. Il proposait de faire un package de soutien à l’économie de quelque 3000 milliards de dollars avec un programme plus clair sur l’infrastructure et un effort demandé aux entreprises et aux familles plus aisées. Mais tout cela risque d’être plus compliqué à faire passer. Aujourd’hui, c’est plus le statu quo qui prévaut. Dans cette optique, il y a beaucoup d’incertitudes.

Si Joe Biden l’emporte, l’une des réformes qui pourrait passer concerne la partie sur les infrastructures, qui peut relancer l’économie. Elle ne passera pas de façon aussi ambitieuse, ça prendra plus de temps, mais c’est déjà amorcé. Et ce qui est intéressant, c’est qu’avec Joe Biden, on peut s’attendre à un rapprochement avec l’Europe. À noter toutefois que le point de contentieux concernant les géants de la Tech va perdurer. Aux États-Unis, ces derniers craignaient de nouvelles réglementations avec des législations antitrust. Mais ces dernières pourraient ne pas passer dans un congrès divisé, ce qui est positif pour les Gafa.

En attendant, sur les marchés, l’attentisme prévaut. Mais on peut envisager que cet environnement va favoriser les actifs risqués et de qualité comme la Tech dans les prochains mois. Peut-être que s’il gagne, Joe Biden réussira aussi à convaincre le Sénat de faire passer un important stimulus économique ! Mais c’est mal engagé. Le Congrès trouvera un juste milieu mais ça sera un stimulus plus mesuré. Du coup, les marchés obligataires anticipent une bonne croissance en 2021 mais pas aussi élevée qu’espérée.»

G7: « coalition d’action pour le textile » ?

G7: « coalition d’action pour le textile » ?

 Macron qui n’économise pas sa parole a proposé le lancement « d’une coalition d’action pour le textile, [...] le deuxième secteur le plus polluant au monde, après les hydrocarbures ». Et d’ajouter:

« En émissions de Co2, c’est 8% de la pollution mondiale », tandis qu’ »un tiers de la pollution des océans est dû au secteur textile. » Le problème se Macron comme toujours, c’est le décalage entre les intentions et la pratique. En effet, il invite les industriels à modifier leurs processus de production mais finalement concrètement propose seulement de réduire la vitesse des bateaux qui transportent la production. Voire de modifier les routes maritimes. la question ne se pose pas en ces termes. D’abord il y a la nature des matières premières utilisées dans le textile qui utilise s notamment le pétrole. Ensuite il y a la question de la sous tarification du transport qui permet de commercialiser des vêtements confectionnés en Asie pour les consommateurs français ou américains. En cause,  le fait que le transport ne coûte rien pour des marchandises à relative haute valeur ajoutée. Ainsi un container de Hong Kong ou Shanghai en direction de Rotterdam coûtera autour de 1000 $ c’est-à-dire le même prix que le transport du même container de Paris à Marseille. Le prix du transport ne coûte rien. Mais là,  c’est remettre en cause le rôle du marché dans les processus de production et surtout de distribution. De ce point de vue, les grands accords commerciaux déjà signés à l’étude participent au gâchis du transport et de la logistique. Du coup,  le discours de Macron paraît surréaliste en tout cas nettement théorique. Macron quand il dit :

« Qu’il engage les grandes marques à réduire leur impact sur le climat, la biodiversité et les océans. Elles vont complètement modifier leurs pratiques pour avoir des pratiques responsables et réduire la pollution », a assuré le président de la République.

De leur côté, les grands transporteurs maritimes vont également « s’engager à réduire la vitesse », la façon la « plus efficace pour moins émettre », selon le chef de l’État. Enfin, ces mêmes transporteurs ont promis de « ne pas utiliser la route du Nord » qui s’ouvre avec la fonte des glaces. « Cette route, elle nous tuera à terme. Elle est la conséquence de notre responsabilité passée », a conclu Emmanuel Macron.

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

Journée d’action des syndicats : faible mobilisation

 

 

Finalement la journée d’action des syndicats ce mardi n’aura pas mobilisé davantage de monde que lors  du 5 février. Pourtant cette fois le mouvement était lancé non seulement par la CGT mais aussi par FO ainsi que Solidaires, la FSU, l’Unef et l’UNL. Le nombre de grévistes a été relativement insignifiant sauf 10 à 15 % parfois dans l’enseignement et le nombre de manifestants se situe dans une fourchette de 131 000 pour le ministère de l’intérieur et de 350 000 pour la CGT. À Paris, 17.500 personnes ont battu le pavé, selon le pointage du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias, contre 50.000 selon la centrale de Montreuil. Une journée d’actions également peu suivie en province avec 5000 manifestants – dont 200 «gilets jaunes» – enregistrés à Marseille par la police, 5000 à Lyon, 4200 à Bordeaux ou 2500 à Montpellier. Le faible succès de cette opération tient sans doute au caractère un peu tout des revendications qui concernaient des salariés, les retraités, les lycéens et les étudiants. Les syndicats majoritaires (notamment la CFDT) avait refusé de se joindre à cette journée. Après ce  relatif échec, se pose évidemment l’avenir des syndicats dont l’audience ne cesse de diminuer tant en ce qui concerne la syndicalisation que la participation aux mouvements revendicatifs nationaux. La responsabilité n’en incombe peut-être pas entièrement aux syndicats mais aussi au patronat et au gouvernement qui ont tendance à faire l’impasse sur ces corps intermédiaires. Ce qui d’une certaine façon alimente les mouvements spontanés comme ceux des gilets jaunes. Pas sûr cependant qu’on y gagne en démocratie et en efficacité économique et sociale.




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