Archive pour le Tag 'd’achat'

Une conception plus globale du pouvoir d’achat

Une conception plus globale du pouvoir d’achat

 

L’économiste Gilles Rotillon observe, dans une tribune au « Monde », que la hausse des prix et les modifications de nos comportements et de la structure de notre consommation nous poussent à faire des arbitrages entre biens de consommation et biens communs.

La loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, promulguée le 16 août 2022, ne semble pas, à première vue, poser de problème, mis à part les clivages politiques traditionnels : qui pourrait être contre le fait que l’on puisse maintenir un certain niveau de vie surtout quand on a déjà toutes les difficultés à boucler les fins de mois ?

Mais il faut s’entendre sur ce que l’on entend par « pouvoir d’achat », qui désigne généralement la capacité d’acquérir des biens nécessaires à la vie, à commencer par les plus fondamentaux – un logement, de la nourriture, de l’énergie – et, si possible, d’autres biens qui semblent rendre la vie plus supportable en échappant à la seule quête de la survie quotidienne (qui est quand même la situation de milliards d’habitants sur terre), comme le smartphone ou la télévision.

Autrement dit, ce que ce « pouvoir » permet d’acheter, ce sont des biens privés disponibles par définition sur le marché. Et c’est la grande force de ce dernier que « d’offrir » à tous les biens qu’ils demandent.

Derrière cette évidence, il y a en réalité deux arbitrages.

Le premier, c’est l’arbitrage entre biens privés et biens publics, qui fait que, dans un pays comme la France, la plupart de ses habitants acceptent de payer des impôts pour financer des biens publics que tous jugent indispensables à une vie décente, comme l’éducation, la santé, la sécurité, la mobilité ou la justice.

Cela signifie que l’acceptation de l’impôt est grande parce que chacun sait ce qu’il permet de faire, ce qui revient à accepter de réduire son revenu, donc sa consommation de biens privés, pour augmenter la fourniture de ces biens publics fondamentaux.

Ce ne fut pas le cas pendant tout le XIXe siècle et le début du XXe siècle. L’instauration de l’impôt sur le revenu en 1914 a d’abord été combattue par les conservateurs représentant les agriculteurs et les cadres du commerce et de l’industrie. Il a été aussi vigoureusement combattu par les principaux journaux de l’époque, comme Le TempsLe Matin et Le Figaro. Finalement, il prendra la forme qu’on lui connaît aujourd’hui en 1920 avec l’instauration du taux marginal d’imposition.

Cet arbitrage tend à être remis en question par les politiques néolibérales actuelles qui visent précisément à réduire la qualité de ces biens publics, comme l’illustre tragiquement la fermeture des lits pendant la pandémie ou le manque d’attractivité du métier d’enseignant. Mais le fait que ces politiques rencontrent une vive opposition, non seulement chez les personnels concernés, soignants ou enseignants, mais aussi dans un large public, prouve que l’arbitrage biens privés-biens publics n’est pas remis en cause par la majorité et fait partie du débat public.

Pouvoir d’achat: Premier souci des Français (sondage)

Pouvoir d’achat: Premier souci des Français (sondage)

 

 L’inflation et ses conséquences sur le pouvoir d’achat constituent désormais et très nettement le premier souci des Français. Des Français qui constatent que les experts qui craignaient l’enfer de la boucle salaire-prix sont beaucoup moins nombreux à dénoncer la boucle superprofits-prix qui alimente pour une grande part l’inflation. Selon le baromètre des préoccupations des Français du CSA pour le JDD (chaque sondé retenant deux des 12 items proposés), 48 % des Français désignent le pouvoir d’achat comme la première de leurs inquiétudes. Un phénomène qui ne cesse de s’amplifier depuis le début de l’année 2022, et qui augmente de 2 points par rapport au mois d’avril. 

 

L’environnement arrive en deuxième position, mais loin derrière, avec 27 %. Et avec de fortes disparités selon les générations : si ce thème atteint 36 % chez les 25-34 ans, il chute à 18 % pour les 65 ans et plus. La santé complète le podium même si, alors que le Covid paraît moins menaçant, ce sujet ne cesse de reculer dans la hiérarchie des appréhensions des Français (23 %, contre 57 % en mai 2020).​

Nouveau venu dans ce baromètre : le spectre de pénuries d’énergie, avec 21 %, se hisse directement au quatrième rang des préoccupations. Un sujet brûlant qui touche les Français de façon assez uniforme, tant au niveau des classes d’âge que des catégories socioprofessionnelles.​

 

​La plus grosse chute par rapport à avril concerne la guerre en Ukraine (19 %, 11 points de moins), avec une division davantage générationnelle que partisane : 12 % des moins de 35 ans classent le conflit parmi les sujets qui les inquiètent le plus, contre 34 % pour les 65 ans et plus. L’école (6 %), le logement (5 %) et les inégalités femmes-hommes (3 %) figurent loin derrière.

Les électeurs de droite et d’extrême droite se démarquent de la moyenne de leurs concitoyens, et placent, après le pouvoir d’achat, l’insécurité au deuxième rang de leurs préoccupations (38 %). Pour ceux de gauche, l’environnement et le pouvoir d’achat arrivent à égalité (40 %).

SONDAGE pouvoir d’achat: Premier souci des Français

SONDAGE pouvoir d’achat: Premier souci des Français 

 

 L’inflation et ses conséquences sur le pouvoir d’achat constituent désormais et très nettement le premier souci des Français. Des Français qui constatent que les experts qui craignaient l’enfer de la boucle salaire-prix sont beaucoup moins nombreux à dénoncer la boucle superprofits-prix qui alimente pour une grande part l’inflation. Selon le baromètre des préoccupations des Français du CSA pour le JDD (chaque sondé retenant deux des 12 items proposés), 48 % des Français désignent le pouvoir d’achat comme la première de leurs inquiétudes. Un phénomène qui ne cesse de s’amplifier depuis le début de l’année 2022, et qui augmente de 2 points par rapport au mois d’avril. 

 

L’environnement arrive en deuxième position, mais loin derrière, avec 27 %. Et avec de fortes disparités selon les générations : si ce thème atteint 36 % chez les 25-34 ans, il chute à 18 % pour les 65 ans et plus. La santé complète le podium même si, alors que le Covid paraît moins menaçant, ce sujet ne cesse de reculer dans la hiérarchie des appréhensions des Français (23 %, contre 57 % en mai 2020).​

Nouveau venu dans ce baromètre : le spectre de pénuries d’énergie, avec 21 %, se hisse directement au quatrième rang des préoccupations. Un sujet brûlant qui touche les Français de façon assez uniforme, tant au niveau des classes d’âge que des catégories socioprofessionnelles.​

 

​La plus grosse chute par rapport à avril concerne la guerre en Ukraine (19 %, 11 points de moins), avec une division davantage générationnelle que partisane : 12 % des moins de 35 ans classent le conflit parmi les sujets qui les inquiètent le plus, contre 34 % pour les 65 ans et plus. L’école (6 %), le logement (5 %) et les inégalités femmes-hommes (3 %) figurent loin derrière.

Les électeurs de droite et d’extrême droite se démarquent de la moyenne de leurs concitoyens, et placent, après le pouvoir d’achat, l’insécurité au deuxième rang de leurs préoccupations (38 %). Pour ceux de gauche, l’environnement et le pouvoir d’achat arrivent à égalité (40 %).

Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

 

Il se confirme que les salariés et plus généralement les ménages vont payer la facture de la crise inflationniste. En effet en moyenne les salaires n’auraient augmenté jusque-là que de 3 % alors que l’inflation atteint déjà 6 %.

Le salaire mensuel de base des salariés du privé a augmenté de 3 % sur un an à fin juin, selon le ministère du Travail, qui a publié un communiqué en ce sens, vendredi 12 août, relaie Les Echos. Ce sont les employés et les ouvriers qui ont connu la plus forte augmentation, avec respectivement + 3,7 et + 3,3 %. Sur un an, le salaire horaire de base de ces deux catégories est en hausse de 3,5 %.

En parallèle, le Smic a connu une hausse de 8 % depuis octobre (1 328 euros mensuels pour un temps plein). 

Officiellement l’INSEE a enregistré une inflation qui dépasse les 6 % en juillet d’après un indicateur largement obsolète du fait d’une part de la modification de structure de la consommation ( avec notamment une hausse de la consommation des services et autres abonnements). Il faudrait aussi prendre en compte la valse des marques dans les magasins qui substituent à d’anciens produits de nouvelles marchandises notoires moi plus chères ( cas de l’huile par exemple donc le prix peut être au moins doublé).  Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois, les prix à la consommation augmenteraient de 6,1 % en juillet 2022, après +5,8 % le mois précédent. Cette hausse de l’inflation serait due à une accélération des prix des services en lien avec la période estivale, de l’alimentation et – dans une moindre mesure – des produits manufacturés. Les prix de l’énergie ralentiraient.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,3 %, après +0,7 % en juin. Les prix de l’énergie se replieraient nettement, du fait des prix des produits pétroliers. La baisse serait également marquée pour les prix des produits manufacturés, notamment ceux de l’habillement et des chaussures en raison des soldes d’été. Les prix des services et de l’alimentation accéléreraient.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 6,8 %, après +6,5 % en juin. Sur un mois, il croîtrait de 0,3 %, après +0,9 % le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation de l’Insee en juin montrait une hausse de 28,5 % sur un an du prix de l’électricité, du gaz et autres combustibles, et une hausse de 6,3 % des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, deux secteurs tirant l’inflation vers le haut. Les pâtes, les viandes surgelées, farines et huiles sont les plus touchées d’après un papier des Echos.

Le pouvoir d’achat repousse la transition énergétique

 

 

Le pouvoir d’achat repousse la transition énergétique

Un papier du monde critique la politique du pouvoir qui , au moins provisoirement, enterre la transition énergétique au profit du pouvoir d’achat. En défendant le pouvoir d’achat sans cibler les ménages les plus modestes, les oppositions mettent en péril le nécessaire désengagement des énergies fossiles et font preuve d’une coupable myopie.

 

L’urgence de la transition énergétique s’est encore manifestée au niveau européen, mardi 26 juillet, avec l’adoption d’un objectif coordonné des Vingt-Sept d’une réduction de 15 % de leur consommation de gaz d’ici à mars 2023. Cet accord vise à répondre à l’imminence d’une coupure des approvisionnements en provenance de Russie. Il s’agit clairement d’un geste de solidarité, alors que tous les pays ne sont pas dépendants au gaz russe dans les mêmes proportions. L’économie allemande fait partie de celles qui seraient les plus vulnérables à des pénuries. Mais, au regard de son poids au sein des échanges de l’UE, son affaiblissement aurait d’importantes répercussions dans les autres pays.

Dès lors, même si la Hongrie n’a pas signé l’accord, le principe d’une coordination des efforts à l’échelle européenne s’imposait, aussi bien sur le plan politique, pour faire bloc face à Vladimir Poutine, que sur le plan économique, pour limiter autant que possible l’impact d’une coupure totale de gaz russe.

La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doit être abordée comme une occasion d’accélérer la transition énergétique, qui, au-delà des impacts géopolitiques du conflit, s’impose à l’UE pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif qui doit maintenant primer. La France semble malheureusement avoir du mal à s’y résoudre. Par crainte de casser une croissance devenue très fragile, son gouvernement s’est tardivement converti à la sobriété, en affichant l’objectif de réduire de 10 % en deux ans sa consommation d’énergie. La première ministre, Elisabeth Borne, vient tout juste d’adresser une circulaire aux administrations pour leur demander de faire preuve d’exemplarité. Mais le gros de la bataille concerne les Français eux-mêmes, et rien, en l’état actuel, ne les prépare à la révolution, nécessairement douloureuse, qu’ils vont devoir accomplir.

Les débats tendus à l’Assemblée nationale autour des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat et à leur financement en sont une flagrante illustration. Pour atténuer l’impact de la flambée du prix du fuel et de l’essence, le gouvernement avait imaginé des dispositifs ciblés sur les ménages les plus modestes. Son but était de limiter le coût des subventions aux énergies fossiles, au moment où toutes les politiques publiques doivent tendre vers les économies et le développement des énergies propres.

Or, la droite a obtenu qu’une ristourne, portée à 30 centimes par litre d’essence, continue de s’appliquer à tous les consommateurs, quels que soient leurs revenus, à la rentrée. Avec l’appui du RN et de la Nupes, elle a également fait voter, contre l’avis du gouvernement, une aide de 230 millions d’euros destinée à aider les foyers à remplir leur cuve de fioul, sans distinction de revenus.

Après une campagne électorale presque exclusivement axée sur le pouvoir d’achat, on peut comprendre que chaque groupe d’opposition soit incité à faire assaut de surenchère sur le sujet. Les difficultés rencontrées par les ruraux sont indéniables, qu’ils soient actifs ou retraités, gros rouleurs ou non. Tout comme celles des bas revenus, qu’il faut aider. Mais la transition écologique est une affaire trop sérieuse pour être à ce point négligée. Plus les aides au pétrole perdureront, plus les habitudes de consommation seront difficiles à changer. Il est regrettable que, pour des raisons purement électoralistes, la représentation nationale ait fait à ce point mine de l’ignorer, ratant l’occasion d’un moment essentiel de pédagogie.

Le pouvoir d’achat enterre la transition énergétique

Le pouvoir d’achat enterre la transition énergétique

 

Un papier du monde critique la politique du pouvoir qui , au moins provisoirement, enterre la transition énergétique au profit du pouvoir d’achat. En défendant le pouvoir d’achat sans cibler les ménages les plus modestes, les oppositions mettent en péril le nécessaire désengagement des énergies fossiles et font preuve d’une coupable myopie.

 

L’urgence de la transition énergétique s’est encore manifestée au niveau européen, mardi 26 juillet, avec l’adoption d’un objectif coordonné des Vingt-Sept d’une réduction de 15 % de leur consommation de gaz d’ici à mars 2023. Cet accord vise à répondre à l’imminence d’une coupure des approvisionnements en provenance de Russie. Il s’agit clairement d’un geste de solidarité, alors que tous les pays ne sont pas dépendants au gaz russe dans les mêmes proportions. L’économie allemande fait partie de celles qui seraient les plus vulnérables à des pénuries. Mais, au regard de son poids au sein des échanges de l’UE, son affaiblissement aurait d’importantes répercussions dans les autres pays.

Dès lors, même si la Hongrie n’a pas signé l’accord, le principe d’une coordination des efforts à l’échelle européenne s’imposait, aussi bien sur le plan politique, pour faire bloc face à Vladimir Poutine, que sur le plan économique, pour limiter autant que possible l’impact d’une coupure totale de gaz russe.

La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doit être abordée comme une occasion d’accélérer la transition énergétique, qui, au-delà des impacts géopolitiques du conflit, s’impose à l’UE pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif qui doit maintenant primer. La France semble malheureusement avoir du mal à s’y résoudre. Par crainte de casser une croissance devenue très fragile, son gouvernement s’est tardivement converti à la sobriété, en affichant l’objectif de réduire de 10 % en deux ans sa consommation d’énergie. La première ministre, Elisabeth Borne, vient tout juste d’adresser une circulaire aux administrations pour leur demander de faire preuve d’exemplarité. Mais le gros de la bataille concerne les Français eux-mêmes, et rien, en l’état actuel, ne les prépare à la révolution, nécessairement douloureuse, qu’ils vont devoir accomplir.

Les débats tendus à l’Assemblée nationale autour des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat et à leur financement en sont une flagrante illustration. Pour atténuer l’impact de la flambée du prix du fuel et de l’essence, le gouvernement avait imaginé des dispositifs ciblés sur les ménages les plus modestes. Son but était de limiter le coût des subventions aux énergies fossiles, au moment où toutes les politiques publiques doivent tendre vers les économies et le développement des énergies propres.

Or, la droite a obtenu qu’une ristourne, portée à 30 centimes par litre d’essence, continue de s’appliquer à tous les consommateurs, quels que soient leurs revenus, à la rentrée. Avec l’appui du RN et de la Nupes, elle a également fait voter, contre l’avis du gouvernement, une aide de 230 millions d’euros destinée à aider les foyers à remplir leur cuve de fioul, sans distinction de revenus.

Après une campagne électorale presque exclusivement axée sur le pouvoir d’achat, on peut comprendre que chaque groupe d’opposition soit incité à faire assaut de surenchère sur le sujet. Les difficultés rencontrées par les ruraux sont indéniables, qu’ils soient actifs ou retraités, gros rouleurs ou non. Tout comme celles des bas revenus, qu’il faut aider. Mais la transition écologique est une affaire trop sérieuse pour être à ce point négligée. Plus les aides au pétrole perdureront, plus les habitudes de consommation seront difficiles à changer. Il est regrettable que, pour des raisons purement électoralistes, la représentation nationale ait fait à ce point mine de l’ignorer, ratant l’occasion d’un moment essentiel de pédagogie.

Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre une nouvelle loi ?

Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre  une nouvelle loi ?

 

Il est clair que le pouvoir d’achat des salariés va être durement impacté par l’inflation. En moyenne la baisse ce revenu pourrait atteindre de leur de 2000 € sur une année. Le réajustement des salaires s’impose donc. Mais il n’est nul besoin d’attendre une hypothétique loi ( qui ne va prévoir que des primes) pour augmenter dés maintenant des rémunérations du travail, soutient l’entrepreneur Benjamin Suchar, dans une tribune au « Monde ». Il invite les patrons à s’en saisir, sans attendre l’adoption d’une nouvelle loi en la matière.

 

Dire que le pouvoir d’achat des Français est sous pression est un euphémisme : il est attaqué par l’inflation. Quoi de plus frustrant pour les millions de salariés qui font la compétitivité de nos entreprises que de sentir la valeur de leur travail et de leur engagement leur échapper dans des hausses de prix qui touchent tous les moments de la vie – à commencer par leurs déplacements, l’alimentation, le logement.

Les députés ont commencé l’examen en séance publique du projet de loi pour la protection du pouvoir d’achat, très attendu depuis de longues semaines. La plupart des mesures étaient déjà connues : promotion des revenus d’activité et partage de la valeur ajoutée, revalorisation des retraites et des prestations sociales, prolongation du bouclier tarifaire jusqu’à la fin de l’année 2022, un chèque alimentaire pour les foyers les plus modestes versé à la rentrée scolaire, triplement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat accordée par les entreprises, une indemnité carburant pouvant aller jusqu’à 300 euros… Dans une Assemblée nationale aux dynamiques et aux intentions encore incertaines, la majorité multiplie les discussions avec les oppositions, mais arrivera-t-elle à dégager un consensus afin que ce texte soit adopté rapidement ? Risque-t-on l’enlisement ?

Dans ce contexte, il paraît surprenant que les patrons attendent eux aussi l’issue des débats avec tant d’impatience. Ces dernières semaines, ils n’ont cessé de réclamer dans la presse de nouveaux chèques, des aides et des réductions d’impôts, tout en répétant que l’augmentation des salaires nourrit l’inflation.

Pour la génération d’entrepreneurs dont je fais partie, l’inflation galopante était rangée au rayon des livres d’histoire. Aujourd’hui, l’histoire se rappelle à nous avec une force inattendue qui impose d’agir. Dialoguer avec le gouvernement, avec le Parlement, faire des propositions, prendre toute sa part dans le débat, c’est de la responsabilité des entreprises et de leurs représentants, et il n’y a rien à redire à cela. Mais la première des responsabilités pour un chef d’entreprise ne devrait-elle pas être devant ses salariés ?

Pourquoi attendre un texte de loi, qui pourrait faire l’objet de longues tractations ? Pourquoi les mêmes patrons qui savent énergiquement dénoncer une intervention trop forte de l’Etat demandent aujourd’hui de nouveaux dispositifs ?

De nombreuses solutions existent pour défendre le pouvoir d’achat, elles sont à la disposition des entreprises et la réalité est qu’elles sont trop peu utilisées. Méconnues ? Peut-être. Complexes à mettre en place ? Possible. Cependant, face à la crise inédite devant laquelle nous nous trouvons, ces excuses ne peuvent plus faire office de justification à l’inaction. N’ajoutons pas l’inflation législative − spécialité bien française − à l’inflation monétaire. La situation exige de commencer par utiliser les dispositifs existants !

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

 

 

OPINION. La vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC. (la Tribune)

 

Une vision classique chez les néolibéraux qui oublient simplement que la baisse du pouvoir d’achat est en train de tuer la consommation et la croissance ( « Accessoirement » de  faire diminuer les recettes publiques et augmenter la dette). Sans parler de l’opposition à engager une enquête sur la spéculation qui ne renforce pas la crédibilité du propos un peu trop teinté idéologiquement;  et que penser de cet appel politique à  la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat !  Par ailleurs la condescendance du discours  ne constitue pas un gage de pertinence NDLR

 

Les politiques de tous bords et les deux assemblées semblent subitement prendre conscience que leur ignorance tant de la macroéconomie que des faits économiques diminuait leur crédibilité et leur capacité d’action face à la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat. Ainsi le groupe CRCE au Sénat a demandé une mission d’information sur les origines de l’inflation. De même, des élus Nupes à l’Assemblée nationale, tant PS que LFI, soutiennent également la création d’une enquête parlementaire sur la hausse des prix.

Voilà une attitude fort louable, la première connaissance devant être celle de son ignorance, si toutefois cette volonté de comprendre ne cache pas des arrière-pensées visant à incriminer le gouvernement, les industriels voire la « Finance internationale ». En effet, la demande d’une commission d’enquête sur les causes de l’inflation ressemble davantage à l’organisation d’un procès et une recherche de coupables bien plus qu’à une étude sur les causes de l’inflation et les actions possibles du gouvernement pour combattre ce phénomène.

En effet, il n’est pas sûr que la réponse la plus raisonnable aux causes de l’inflation soit à leur goût. La cause première de l’inflation est l’écart entre la forte demande dopée par les dépenses publiques et la faiblesse relative de la production fortement dégradée par la gestion de la pandémie et les ruptures logistiques. Or le PS et LFI se sont tous deux distingués avec des programmes de dépenses encore plus gargantuesques que ceux du gouvernement. Ils peuvent donc se compter dans les incendiaires. La loi économique en la matière est aussi simple que fatale. Si les revenus augmentent artificiellement plus vite que la production alors la seule variable d’ajustement est le prix, qui augmente automatiquement pour équilibrer l’offre et la demande. La guerre en Ukraine et le renchérissement des prix de l’énergie et des matières premières n’ont fait qu’aggraver la situation inflationniste en place depuis mars 2022.

Objectivement la politique de relance post-Covid du gouvernement brille par son côté générique et n’est ni pire, ni meilleure que celle des autres pays, pas plus que le lemming lambda ne se distingue du reste de la troupe de lemmings qui galope vers la falaise. La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) d’une part, le gouvernement américain et la Fed d’autre part, portent d’ailleurs une responsabilité bien plus lourde que le gouvernement d’une puissance moyenne et moutonnière comme l’est devenue la France. Certes, le gouvernement s’est ensuite rendu coupable de dépenses « stratégiques », engagées juste avant les élections présidentielles, avec une centaine de milliards d’euros dépensée en blocage des prix de l’énergie et en chèques inflation. Là encore, cette politique brille par son côté standard. Tous les gouvernements font de même avant une élection clef. La période officieuse de deux mois étant passée, le président vient, de la façon la moins surprenante, d’annoncer la fin de cette politique en faveur d’un ciblage, standard lui-aussi, des populations fragiles et des travailleurs et pensionnées de l’État.

La cape rouge vers laquelle le taureau Nupes frotte son sabot sont les industriels profiteurs de guerre tirant avantage de la situation pour augmenter les prix. La preuve ultime de la félonie industrielle se trouverait dans le niveau encore élevé des profits des entreprises. Cette preuve est contestable. Comme ils le trouveraient prescrit dans un cours d’introduction à la comptabilité, en période de forte inflation le résultat d’exploitation n’est plus un bon indicateur de l’état financier de l’entreprise car il n’indique pas les coûts auxquels l’entreprise va continuer son activité, mais les coûts des ressources déjà utilisées. Ainsi, une entreprise peut faire des profits et être en incapacité de se maintenir à flot quasiment en même temps. Il serait bon pour les enquêteurs de la Nupes de se référer aux normes comptables pour les pays à forte inflation.

De leurs côtés, les Républicains (LR) proposent (nous serions tentés de dire, qu’il neige ou qu’il vente, pour la toux ou le mal de ventre) une baisse de la TVA à 5%. Ainsi, LR ou Nupes, chacun avec ses armes usuelles (plus de dépenses pour l’un, moins d’impôts pour l’autre) proposent de continuer à détériorer les comptes publics pour sauvegarder le pouvoir d’achat. Rien de surprenant puisqu’ils savent que le gouvernement ne peut plus dépenser et ils pensent ainsi le mettre en porte-à-faux sur le pouvoir d’achat.  Comportement standard de partis de l’opposition, ni pire, ni meilleur et sans surprise.

Il nous semble que la vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Pour cela, il est temps de cesser de se voiler la face. L’inflation est là et le pouvoir d’achat va baisser. Cette baisse du pouvoir d’achat est inévitable du fait de l’écart entre offre et demande, conséquence des excès budgétaires au temps de la pandémie, et du fait de la guerre en Ukraine. Il n’est pas raisonnable de faire croire que nous sommes dans un monde où il fait toujours beau avec une mer toujours calme.

Il faut également laisser les prix relatifs s’ajuster. Il faut que le prix de l’énergie augmente, ce qui d’une part créera une incitation nécessaire pour réaliser des économies d’énergie, mais fera aussi baisser d’autres prix. Pour s’ajuster, l’économie a besoin de signaux de prix et pas de la planification en version Nupes. L’accompagnement ne doit cibler que les ménages les plus défavorisés comme indiqué par l’OCDE dans son dernier rapport, et pas l’ensemble des ménages, car le gouvernement doit signaler qu’il maitrise les finances publiques.

La hausse des prix peut suffire pour aligner rapidement l’offre avec la demande excessive à condition que les anticipations d’inflation restent mesurées et que les mécanismes d’auto-alimentation de l’inflation ne se mettent pas en place. Sur ce plan, on pourrait se rassurer en observant que, pour l’instant, la boucle augmentation des prix et des salaires ne s’est pas encore activée en France. Selon nous, le principal risque viendrait plutôt des trillions de monnaie imprimés par la BCE depuis 2012, et dont la croissance s’est accélérée depuis 2020. Il est urgent que la BCE agisse et diminue son bilan. Malheureusement, pour l’heure il n’est question que de commencer à augmenter les taux courts et simplement de ne pas augmenter davantage le bilan. Il est à craindre qu’avec des taux d’intérêt largement inférieurs au taux d’inflation, l’offre de monnaie continue d’augmenter via la production de crédits pour des projets plus ou moins viables.

Ce qui retient le bras de la BCE n’est pas difficile à deviner. La dette des pays du Sud de l’Europe, et singulièrement celle de l’Italie, apparaissent pour ce qu’elles sont, de véritables bombes à retardement pour la zone euro. En effet, la prime de risque sur les obligations italiennes ne cesse pas d’augmenter. L’instabilité du gouvernement Draghi face aux propositions excessives du parti populiste 5-Etoiles alimente encore plus le risque sur la dette italienne. La BCE cherche à mettre en place des mesures qui dégonfleraient un peu ces primes de risques mais, dans le contexte actuel, la faisabilité est plus qu’incertaine. En effet, quand en 2012 Mario Draghi lui-même a mis en place le dispositif de sauvegarde des dettes des Etats fragiles en zone euro (dispositif Opérations Monétaires sur Titres) et coupé court à la défiance des marchés, le taux d’inflation était quasiment zéro. Avec une inflation supérieure à 8% et un euro qui se dégrade de plus en plus, la marge de manœuvre de la BCE pour des nouvelles innovations institutionnelles est proche de zéro.

L’Allemagne qui a garanti les emprunts européens par le passé se dirige maintenant vers une récession en raison de sa dépendance excessive du gaz russe et n’a certainement plus la volonté de jouer ce rôle.

Allons-nous voir nos bons politiciens, quel que soit leur bord politique, appeler la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat et à réorganiser leurs dépenses pendant une période d’un ou deux ans ? Il est à craindre qu’ils n’aient pas ce courage. Pour la rentrée, préparons-nous à la séquence habituelle de rigueur qui ne dit pas son nom, de grèves pesantes sur les citoyens suivies de capitulations du gouvernement, puis cela passera comme les crises précédentes tout en laissant le pays dans une situation moins favorable pour le rebond à venir.

Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 80 %


Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 80 %

 

.Selon le sondage Elabe, une majorité de personnes interrogées évaluent qu’il faut en priorité qu’exécutif et oppositions s’entendent sur cette thématique du pouvoir d’achat, particulièrement prégnante dans le contexte de forte inflation.

78% des personnes questionnées la citent, ce qui la place très largement en tête devant la santé, citée par 55% des personnes, les retraites (40%) et l’environnement et l’écologie (33%).

92% des Français interrogés se positionnent pour une augmentation de 4% des retraites, 91% pour la hausse des pensions de retraite au niveau du Smic pour une carrière complète et au niveau du seuil de pauvreté pour le minimum vieillesse.

 

90% soutiennent le passage de la TVA de 20% à 5,5% sur les produits énergétiques et 87% le blocage des prix des produits de première nécessité. Sur la ristourne de 18 centimes d’euros par litre à la pompe, 86% sont en faveur de sa prolongation.

78% se déclarent pour un plafonnement de l’augmentation des loyers de 3,5% pendant un an et à la suppression de la redevance audiovisuelle. 71% veuillent l’instauration du Smic à 1500 euros net mensuels.

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

 

Alors qu’une rencontre est prévue lundi au siège de Force ouvrière pour réunir tous les syndicats à propos de la réplique à envisager pour soutenir le pouvoir d’achat, la CGT et Sud par avance décident  seuls d’une journée d’action le 29 novembre.

On voudrait saboter par avance l’unité et le succès de la réplique syndicale qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Il est clair que ces organisations sont depuis longtemps noyautées par les activistes gauchistes dont l’objet n’est pas évidemment la réussite syndicale mais d’engager la lutte politique pour la révolution, contre le capitalisme, contre l’impérialisme.
Bref des organisations qui sont davantage politiques que syndicales et qui ont largement affaibli et discrédité les syndicats au point que leurs  agitations politiciennes ne recueillent plus que le soutien d’une extrême minorité des salariés. (Les syndicats réformistes sont d’ailleurs largement majoritaires)

D’une certaine manière cet extrémisme irresponsable fait de ces organisations radicales les alliés objectifs du pouvoir.

La CGT et Solidaires ont donc appelé ce jeudi 7 juillet à « une journée de grève interprofessionnelle » le jeudi 29 septembre qui sera notamment axée sur les salaires.

Cette journée d’action « doit s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », soulignent les deux syndicats dans un communiqué commun « pour les salaires ».

Ils justifient leur appel « par des mesures gouvernementales annoncées sur le pouvoir d’achat qui sont en dessous de la situation de paupérisation de la population » ou encore « l’annonce d’une poursuite d’une réforme des retraites injuste qui exige de travailler plus ».

Les deux organisations font cette annonce sans attendre la tenue d’une réunion de tous les syndicats sur le thème du pouvoir d’achat prévue lundi au siège de Force ouvrière.

Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 78 %

Sondage pouvoir d’achat

 

.Selon le sondage Elabe, une majorité de personnes interrogées évaluent qu’il faut en priorité qu’exécutif et oppositions s’entendent sur cette thématique du pouvoir d’achat, particulièrement prégnante dans le contexte de forte inflation.

78% des personnes questionnées la citent, ce qui la place très largement en tête devant la santé, citée par 55% des personnes, les retraites (40%) et l’environnement et l’écologie (33%).

92% des Français interrogés se positionnent pour une augmentation de 4% des retraites, 91% pour la hausse des pensions de retraite au niveau du Smic pour une carrière complète et au niveau du seuil de pauvreté pour le minimum vieillesse.

 

90% soutiennent le passage de la TVA de 20% à 5,5% sur les produits énergétiques et 87% le blocage des prix des produits de première nécessité. Sur la ristourne de 18 centimes d’euros par litre à la pompe, 86% sont en faveur de sa prolongation.

78% se déclarent pour un plafonnement de l’augmentation des loyers de 3,5% pendant un an et à la suppression de la redevance audiovisuelle. 71% veuillent l’instauration du Smic à 1500 euros net mensuels.

Pouvoir d’achat : l’effet du bouclier tarifaire en France

Pouvoir d’achat : l’effet du bouclier tarifaire en France 

 La mesure, en vigueur depuis octobre 2021, a permis de limiter à 0,6 % au lieu de 2,1 % les pertes des revenus des ménages engendrées par la crise du Covid et la guerre en Ukraine. Par François Langot, Le Mans Université.

 

La forte reprise amorcée à la fin de la crise sanitaire a été stoppée par la guerre en Ukraine. L’arrêt des importations en provenance de Russie et d’Ukraine créée un risque de stagflation, c’est-à-dire un moment de faible de croissance accompagné d’une forte inflation.

Ce contexte nourrit les préoccupations de recul du pouvoir d’achat. Alors que les prix de vente augmentent, une activité au ralenti ne peut générer que de faibles progressions de revenu, rendant donc les fins de mois plus difficiles. Ces problèmes touchant tous les pays du monde, les baisses de pouvoir d’achat seraient alors partagées par tous.

Toutefois, les chiffres montrent que certains pays résistent mieux que d’autres. C’est en particulier de cas de la France.

Avant l’invasion russe de l’Ukraine, les prévisions de croissance française étaient de 4% pour 2022 et 2% pour 2023 ; selon la Banque de France, elles pourraient chuter à 2,8% pour 2022 et 1,3% pour 2023. Du côté de l’inflation, le scénario s’inverse : les prévisions étaient de 1,2% pour 2022 et 2023, elles seraient maintenant de 4% et 2,5% pour 2022 et 2023 (prix à la production mesurés pas le déflateur du PIB). Cette dégradation de la situation en France contraste avec ce que l’on observe ailleurs.

En Allemagne, selon les chiffres de la Banque centrale allemande (Bundesbank), la prévision de croissance pour 2022 passe de 4,9 à 1,9% et celle de l’inflation passerait de 3,6 à 7,1% (indice des prix à la consommation). Aux États-Unis pour l’année 2022, les prévisions de croissance ont été révisées de 3,7 à 2,5%, alors que les dernières prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) feraient passer l’inflation de 4,6 à 5,9%.

 

Le choc économique étant lié à la forte hausse des prix de l’énergie, la meilleure résilience de l’économie française peut s’expliquer, en partie, par le bouclier tarifaire mis en place en octobre 2021 par le gouvernement français.

Ce bouclier tarifaire fige les tarifs réglementés de vente du gaz à leur niveau d’octobre 2021 et limite à 4 % la revalorisation de ceux de l’électricité de février 2022. Ces tarifs réglementés concernent près de 70 % de la consommation d’électricité des ménages et 30 % de celle de gaz. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a calculé que, sans le bouclier tarifaire, les prix auraient progressé de 66,5 % entre octobre 2021 et février 2022. Quant à ceux de l’électricité, ils auraient augmenté de 35,4 % le 1er février 2022.

Face à l’envol des prix de l’énergie, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) indique que l’inflation aurait été de 5,1 % entre février 2021 et février 2022 « sans bouclier tarifaire », alors qu’elle n’a été que de 3,6 % dans les faits, soit 1,5 point d’inflation en moins grâce au bouclier tarifaire. Si le gouvernement, comme il l’a annoncé, étend sur l’année 2022 ce bouclier, alors nous pouvons anticiper, en restant mesurés, une réduction d’un point de l’inflation sur l’année à venir.

 

Pour évaluer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat des Français, nous sommes partis de prévisions de prix du baril de pétrole pour les années 2022 à 2024. Le pétrole est généralement retenu comme indicateur du prix des énergies, les contrats de vente de gaz incluant des clauses d’indexation sur le cours du baril de pétrole, le prix de l’électricité étant quant à lui fortement dépendant de celui du gaz.

Trois scénarios sont comparés afin d’apprécier l’effet de la hausse des prix de l’énergie et d’évaluer l’impact du bouclier tarifaire :

  • le premier retrace l’évolution de l’économie française avec un prix du pétrole se stabilisant 98 % de son prix du quatrième trimestre 2019, qui correspond aux prévisions économiques avant l’invasion russe de l’Ukraine ;
  • le second intègre un doublement du prix du baril à l’horizon du premier trimestre 2024 ;
  • et un troisième où le doublement des prix de l’énergie est partiellement amorti par le bouclier tarifaire. Ce dernier scénario est calibré pour que l’inflation soit réduite de 1 point de pourcentage par rapport au scénario sans bouclier tarifaire.

Bien entendu, face à ces très fortes hausses des prix des produits énergétiques, les entreprises adaptent leurs politiques tarifaires pour ne pas perdre trop de clients. Les baisses de marges estimées sont de 12 points de pourcentage en moyenne entre fin 2021 et début 2024.

Avec ces ajustements de marge, les prédictions d’inflation sont en accord avec celles de la Banque de France jusqu’au premier trimestre 2024, soit 4 % par an en moyenne sur ces deux années à venir, ce qui est beaucoup plus élevé que ce qui était prévu avant l’invasion russe de l’Ukraine (2,5 % par an en moyenne). Sans le bouclier tarifaire, le taux d’inflation aurait été de 5 % par an. À court terme, cette inflation réduit la demande et donc la production.

Nos estimations indiquent que la France perdra chaque trimestre, entre début 2022 et début 2024, une richesse de l’ordre de 1,6 % du PIB par habitant par rapport à fin 2019. Ceci représente une perte de 221 euros par trimestre et par habitant. Sans bouclier tarifaire, les baisses de pouvoir d’achat étant plus importantes, la perte trimestrielle serait de 2,5 %, soit 345 euros par trimestre et par habitant. C’est donc 1 point de PIB par tête qui est gagné grâce au bouclier tarifaire, soit plus de 220 euros par trimestre.

Toutefois, la production totale qui représente l’ensemble des revenus, qu’ils soient issus du travail ou des placements financiers, peut sembler être un mauvais indicateur du pouvoir d’achat, le plus souvent entendu comme une mesure de la capacité de consommation des salariés. Il est alors préférable de mesurer les gains de pouvoir d’achat en se limitant aux variations des revenus du travail.

Sans bouclier tarifaire, la réduction des revenus du travail aurait été de 2,1 % par trimestre par rapport à ceux de fin 2019, soit 148 euros par trimestre et par personne. Le bouclier tarifaire permet de limiter ces pertes à 0,6 %, soit 42 euros par trimestre. Ce sont donc un peu plus de 100 euros par trimestre de pouvoir d’achat qui sont gagnés grâce au bouclier tarifaire.

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Par François Langot, Professeur d’économie, Chercheur à l’Observatoire Macro du CEPREMAP, Le Mans Université.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Pouvoir d’achat et Inflation: Un surcoût de 1000 € par ménage ?

Pouvoir d’achat et Inflation: Un surcoût de 1000 € par ménage ?

 

 

 

 

Le surcoût lié à l’inflation sans réévaluation des revenus devrait générer une perte d’environ 1000 € sur l’année. Un calcul qui paraît peut-être un peu approximatif mais qui donne un ordre de grandeur. En effet le revenu médian se situe autour de 1800 €, ce qui avec une inflation de 5 % effectivement aboutit  à une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 90 € par mois.

Deux observations il s’agit d’abord des moyennes qui ne rendent pas compte de l’impact de l’inflation sur chaque catégorie sociale. Deuxième observation, la hausse mesurée par l’INSEE est à prendre avec des pincettes que par exemple le coût de l’acquisition d’un logement n’est pas intégré dans l’indice.

L’Observatoire de l’inflation du magazine 60 millions de consommateurs estime qu’il faudra débourser «en moyenne 90 euros de plus» chaque mois pour «absorber la hausse générale des prix». Ce chiffre a été établi à partir du poids réel des dépenses en carburants, en énergie et en produits de grande consommation dans le budget des ménages, précise le magazine sur son site internet mercredi. «Avec 20% de hausses, les carburants contraignent déjà à acquitter en moyenne 27 euros de plus par mois», tandis que les factures d’énergie, en hausse de 25%, «provoquent des prélèvements supplémentaires d’un montant moyen de 32 euros par mois».

 

Enfin, la «hausse générale de 7% des produits de consommation courante, attendue cet été, entraînera une dépense supplémentaire de 30 euros par ménage chaque mois». Ce dernier poste de dépense varie forcément en fonction de la composition du foyer, une famille payant en moyenne 38 euros de plus chaque mois, contre 21 euros pour un couple sans enfant, détaille le magazine. L’inflation a connu une nouvelle accélération en France au mois de mai, à 5,2% sur un an, dépassant la barre des 5% pour la première fois depuis septembre 1985, selon une première estimation publiée mardi par l’Insee. La hausse des prix sur un an s’était établie à 4,8% en avril, atteignant déjà un plus haut en près de 37 ans.

Pouvoir d’achat et évolution de la consommation

 

Pouvoir d’achat et  évolution de la consommation

 

L’inflation galope dans la plupart du monde comme en France où son taux a récemment bondi de presque un point en rythme annuel pour passer de 3,6 % à 4,8 % en à peine deux mois. Cette situation grignote le pouvoir d’achat des ménages, un enjeu qui a constitué l’un des grands thèmes de la dernière campagne présidentielle et qui reste au cœur des préoccupations des Français.Par Philippe Mouillot, IAE de Poitiers.

Certes, les dépenses de consommation augmentent régulièrement depuis les années 1970, tout comme leur pouvoir d’achat qui, en 2020 et 2021, a encore enregistré en moyenne des hausses respectivement de 0,4 % et 2,2 %. Cependant, la part des dépenses contraintes (logement, transport, énergie, télécommunications, assurances, etc.) a en parallèle doublé depuis 60 ans dans les budgets, ce qui peut expliquer les inquiétudes, notamment chez les moins aisés. Ces derniers n’ont en effet pas d’autre choix que d’y faire face pour la simple raison que celles-ci leur sont vitales.

 

Comme nous l’avons montré dans notre livre Le comportement du consommateur (éditions Gualino, 2007), les consommateurs passent par deux phases pour compenser les pertes que les mécanismes économiques leur imposent. La première phase consiste à consommer différemment, ce qui a été prégnant avec la récente crise sanitaire. Autrement dit, avant de renoncer à l’achat, ils essayent de trouver des solutions alternatives. En ce sens, face aux poussées inflationnistes, les ménages deviennent plus attentifs aux prix au kilogramme ou au litre. Plutôt que de ne comparer que le montant de l’achat en valeur absolue, ils développent ainsi une très forte sensibilité aux promotions.

 

Le consommateur peut ainsi trouver des alternatives et séquencer ses dépenses, par exemple en optimisant ses déplacements grâce au covoiturage ou aux transports en commun, en attendant les soldes, en choisissant des marques plus modestes ou en explorant le marché de l’occasion, des comportements que nous avons analysés dans une récente recherche.

Cependant, cette première phase s’avère parfois insuffisante ; le consommateur va alors entamer la seconde phase de sa stratégie de gestion de la diminution de ses ressources : le renoncement. Certes, le consommateur ne renonce pas aux fondamentaux de ses besoins, nous l’avions évoqué là aussi dans un article précédent. En revanche, si la pression inflationniste persiste, puisque sa gestion de ses besoins est déjà optimisée, il doit alors sacrifier d’autres postes de dépenses car la baisse de son pouvoir d’achat est une forme de perte de revenu.

Il doit donc impérativement faire des choix de consommation car le capital disponible n’est plus à la hauteur de ses besoins et de ses envies. Lorsque la perte de revenu survient, on observe alors la plupart du temps une répartition des dépenses qui adopte la forme d’une taille de guêpe ou d’un sablier, forme que l’on emprunte d’ailleurs souvent pour expliquer des phénomènes sociaux.

Si l’on imagine cette représentation, on constate la présence de trois grands domaines économiques de possibles dépenses. Le premier concerne les produits essentiels à la vie et au travail, la nourriture, le logement, le chauffage, les assurances, le carburant pour les déplacements, etc. Le deuxième concerne les loisirs, les vacances, les échappées, les moments entre amis, le cinéma, les discothèques, les bars et les restaurants. Et le troisième concerne les produits de luxe, autrement dit les marques dont la valeur traverse le temps en restant stable ou en augmentant. (Précisons qu’il s’agit bien ici de produits de luxe et non pas de services de luxe).

Dans le cas de produits de luxe, une montre par exemple, l’objet cristallise en effet un investissement, donc la possibilité d’une revente avec bénéfice. Car le luxe a deux particularités remarquables : l’occasion peut coûter plus cher que le neuf, on le voit avec de vieux modèles réhabilités ou lorsque l’offre ne parvient pas à satisfaire la demande ; et la valeur de l’objet reste constante là où celle d’une devise peut fortement fluctuer du jour au lendemain, en témoigne la chute rouble depuis le 24 février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par les forces russes.

Déjà lors de la première crise ukrainienne en 2014, la dépréciation du rouble avait provoqué l’achat massif de produits de luxe de la part des Russes. En 2020, la pandémie de Covid-19 avait déclenché l’apparition du phénomène dit d’achat « revanche », notamment en Chine où les produits de luxe ont été les premiers à être choisis comme antidote à la frustration de l’enfermement. Aujourd’hui, avec la seconde crise ukrainienne accompagnée de l’interdiction d’exporter des produits de luxe européens en Russie comme l’une des sanctions économiques imposées à Moscou, là encore la demande a fortement augmenté. En effet, l’avenir étant plus qu’incertain pour ces populations, mieux vaut avoir son argent transformé en marque de luxe que déposé en banque.

 

En situation de crise, les premiers postes sacrifiés sont donc les dépenses intermédiaires que l’on pourrait qualifier d’hédonistes ou de socialisantes car elles sont injustifiables à la fois en termes de besoins et en termes de rationalité.

Cinémas, restaurants, glaces sur la plage ou marrons chauds dans la rue sont ainsi abandonnés car ils ne sont pas des besoins mais des envies. En outre, ils représentent des dépenses « sèches », c’est-à-dire sans contrepartie tangible. A contrario, dans le cas du produit de luxe, le consommateur a le sentiment d’un investissement intelligent et rationnel puisqu’il échange une monnaie dont personne ne connaîtra la valeur demain contre un produit dont tout le monde connaîtra la valeur après-demain.

Dans « Les origines du totalitarisme - Eichmann à Jérusalem » (éditions Quarto Gallimard), la philosophe allemande naturalisée américaine Hannah Arendt l’écrivait en 1951 :

« La richesse sans fonction apparente est beaucoup plus intolérable parce que personne ne comprend pourquoi on devrait la tolérer. »

Dans le cas d’une perte de revenu, la richesse a incontestablement une fonction, celle de permettre un investissement de protection économique.

Quant aux ménages plus modestes, pour peu que leurs membres aient la culture de la valeur dans le luxe, ils adopteront le même comportement en choisissant l’investissement dans le haut de gamme tout en conservant les dépenses pour leurs besoins de vie. Mais ils renonceront à « tout le reste », quitte à limiter leurs interactions sociales et les « petits plaisirs de tous les jours » donnant ainsi du sens à leur taille de guêpe dans toutes ses acceptions à renoncer à une partie de leur consommation.

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Par Philippe Mouillot, Maître de Conférences HDR en Sciences de Gestion, IAE de Poitiers.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

La priorité au pouvoir d’achat

La priorité au pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat devient la priorité, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste Gérard Fonouni.

Notons que cette priorité a également été retenue par la nouvelle première ministre; reste à en préciser le contenu mais pas avant les législatives NDLR

 

L’inflation imputable au renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières agricoles, lié à la guerre en Ukraine, pourrait dépasser le seuil des 5 % en 2022. Les fins de mois seront de plus en plus difficiles pour les ménages aux revenus modestes et pour les retraités n’ayant pour seul revenu que leur pension. Avec la même quantité de monnaie ils ne pourront plus acheter la même quantité de biens, faute de revenu suffisant.

Dans ce contexte de crise, le pouvoir d’achat est désormais la priorité des Français devant la santé et le dérèglement climatique. Le pouvoir d’achat dépend du prix et du revenu. Dès lors, pour distribuer davantage de pouvoir d’achat, deux types de mesures sont possibles. Le premier type consiste à bloquer les prix à la consommation durant la période inflationniste.

 

Or, dans une inflation par les coûts, cette mesure ne peut être que provisoire. Elle risquerait de mettre en difficulté les petites et moyennes entreprises, et donc risquerait de fragiliser l’emploi. C’est pourquoi l’augmentation des salaires reste la mesure la mieux adaptée et la plus efficace pour préserver durablement le pouvoir d’achat des ménages. Celle-ci doit s’effectuer grâce à l’engament mutuel de l’État et des entreprises.

En effet, en période inflationniste, le pouvoir d’achat est l’affaire des pouvoirs publics. L’Etat est un des acteurs du pouvoir d’achat des agents économiques aussi bien du secteur public que du secteur privé. Afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages, l’Etat social pourrait, comme il a commencé à le faire avec le « quoi qu’il en coûte », agir directement sur les revenus disponibles en augmentant certaines prestations sociales ciblées sur les ménages modestes.

L’Etat a aussi la faculté d’augmenter de nouveau le smic, ainsi que le point d’indice des fonctionnaires. Il pourrait aussi indexer les retraites sur les prix permettant de garantir le pouvoir d’achat des retraités. L’indexation ne serait en aucun cas une menace à long terme pour l’équilibre de notre système de répartition selon les différents scénarios du Conseil d’orientation des retraites (COR).

 

De plus, il est capable aussi d’administrer les prix de l’énergie, évitant ainsi toute spéculation sur leurs cours. Cette régulation réduisant la fluctuation des prix du gaz, de l’électricité et du carburant limiterait leurs diverses hausses irrégulières et encouragerait la transition écologique à moyen et long terme des entreprises puisque leur environnement serait moins incertain dans ce contexte de crise de l’énergie.

La priorité du pouvoir d’achat

La priorité du pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat devient la priorité, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste Gérard Fonouni.

 

L’inflation imputable au renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières agricoles, lié à la guerre en Ukraine, pourrait dépasser le seuil des 5 % en 2022. Les fins de mois seront de plus en plus difficiles pour les ménages aux revenus modestes et pour les retraités n’ayant pour seul revenu que leur pension. Avec la même quantité de monnaie ils ne pourront plus acheter la même quantité de biens, faute de revenu suffisant.

Dans ce contexte de crise, le pouvoir d’achat est désormais la priorité des Français devant la santé et le dérèglement climatique. Le pouvoir d’achat dépend du prix et du revenu. Dès lors, pour distribuer davantage de pouvoir d’achat, deux types de mesures sont possibles. Le premier type consiste à bloquer les prix à la consommation durant la période inflationniste.

 

Or, dans une inflation par les coûts, cette mesure ne peut être que provisoire. Elle risquerait de mettre en difficulté les petites et moyennes entreprises, et donc risquerait de fragiliser l’emploi. C’est pourquoi l’augmentation des salaires reste la mesure la mieux adaptée et la plus efficace pour préserver durablement le pouvoir d’achat des ménages. Celle-ci doit s’effectuer grâce à l’engament mutuel de l’État et des entreprises.

En effet, en période inflationniste, le pouvoir d’achat est l’affaire des pouvoirs publics. L’Etat est un des acteurs du pouvoir d’achat des agents économiques aussi bien du secteur public que du secteur privé. Afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages, l’Etat social pourrait, comme il a commencé à le faire avec le « quoi qu’il en coûte », agir directement sur les revenus disponibles en augmentant certaines prestations sociales ciblées sur les ménages modestes.

L’Etat a aussi la faculté d’augmenter de nouveau le smic, ainsi que le point d’indice des fonctionnaires. Il pourrait aussi indexer les retraites sur les prix permettant de garantir le pouvoir d’achat des retraités. L’indexation ne serait en aucun cas une menace à long terme pour l’équilibre de notre système de répartition selon les différents scénarios du Conseil d’orientation des retraites (COR).

 

De plus, il est capable aussi d’administrer les prix de l’énergie, évitant ainsi toute spéculation sur leurs cours. Cette régulation réduisant la fluctuation des prix du gaz, de l’électricité et du carburant limiterait leurs diverses hausses irrégulières et encouragerait la transition écologique à moyen et long terme des entreprises puisque leur environnement serait moins incertain dans ce contexte de crise de l’énergie.

Pouvoir d’achat: Un projet de loi spécial élections législatives

Pouvoir d’achat: Un projet de loi spécial élections législatives

 

Elisabeth Borne a déclaré, vendredi 20 mai, qu’un premier projet de loi sur le sujet serait examiné par le Parlement issu des élections législatives du mois de juin

 

Un projet de loi Fourre tout est annoncée par la nouvelle première ministre si tôt après les législatives. Sans doute pas un hasard du calendrier car le pouvoir veut peser sur les élections de l’assemblée nationale. Or le pouvoir d’achat est de loin la première préoccupation des ménages sachant que l’inflation en 2022 risques d’atteindre de 6 % et que le pouvoir d’achat en moyenne n’augmentera pas plus de 2 %. Résultat une perte de 4% ( officiellement)  qui fait payer aux ménages la facture de la crise. Il ne faut guère escompter une politique significative de réajustement des revenus salaires, pensions ou épargnes. Certes il y aura un petit coup de pouce mais très loin de ce qui serait nécessaire pour compenser l’inflation exceptionnelle actuelle. Du coup, le projet de loi risque d’être surtout composé de mesures accessoires voir gadget comme la distribution de chèques alimentation qui rappellent tristement l’après-guerre. On aura  sans doute aussi la prolongation de ce qu’on appelle la réduction du prix du carburant. En fait un gel temporaire de la fiscalité spécifique car le pouvoir va continuer de prélever d’énormes sommes sur tous les carburants ( plus de la moitié du prix). Et on donnera un habillage écolo à ces mesures d’austérité.

La Première ministre française a donc déclaré, vendredi 20 mai, que le premier projet de loi examiné par le Parlement issu des élections législatives du mois de juin serait consacré au soutien au pouvoir d’achat des Français, dans un contexte de forte inflation.

Invitée du journal de 20h de la chaîne TF1 après la présentation de la composition de son gouvernement, Elisabeth Borne a précisé que la création d’un chèque alimentation et la limitation des prix de l’énergie feraient partie des mesures proposées dès le début de l’été.

« On travaille sur un chèque alimentation qui fera partie de ce projet de loi, mais aussi sur des mesures de bouclier tarifaire, et la réduction des prix du carburant sera prolongée », a-t-elle déclaré, assurant avoir « bien entendu les inquiétudes des Français » sur le pouvoir d’achat. « Il y a aussi des mesures qui étaient attendues, comme la revalorisation des retraites et le triplement de la prime Macron », a-t-elle ajouté.

 

Ukraine : des conséquences sur le pouvoir d’achat

Ukraine : des conséquences sur le pouvoir d’achat (FMI)

 

 

La guerre en Ukraine aura notamment pour conséquence de contribuer à augmenter encore l’inflation qui va peser de manière significative sur le pouvoir d’achat des ménages, la consommation et la croissance. La guerre en Ukraine risque donc de doucher les espoirs de rattrapage des salaires amputés par la flambée de l’inflation. La reprise vigoureuse de l’économie mondiale, combinée à des tensions persistantes sur le marché du travail, devait contribuer à placer les salariés en position de force face aux employeurs pour obtenir une revalorisation de leurs rémunérations. Las, l’incertitude économique liée à la guerre «ralentira le rattrapage attendu sur les salaires», affirme Pierre-Olivier Gourinchas, au Figaro.

Le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), Pierre-Olivier Gourinchas, prévient que la guerre se traduira par «un choc important pour l’économie mondiale, particulièrement pour l’Europe». FMI

Ce polytechnicien, ex- «meilleur jeune économiste» de France, professeur à l’université californienne de Berkeley, vient de prendre ses fonctions comme chef économiste du Fonds monétaire international (FMI). Auteur d’une thèse au MIT (Massachusetts Institute of Technology) sous la direction de son compatriote et prédécesseur au FMI, Olivier Blanchard, il planche sur les nouvelles prévisions économiques de l’organisation, attendues dans quinze jours. Des prévisions qui devraient être revu en baisse avec notamment sans doute une croissance autour de 2 % pour l’Europe au lieu des 4 % prévus.

Présidentielle : pouvoir d’achat déterminant pour 74% des Français

Présidentielle : pouvoir d’achat déterminant pour 74% des Français 

 

Selon une  enquête Ifop* du JDD. La quasi-totalité des personnes interrogées (93 %) estiment que cette question, qui recoupe « la vie chère »« l’inflation » ou « la hausse du prix des carburants »« aura un impact sur le vote des Français au premier tour de l’élection présidentielle », 54 % jugeant cette influence « certaine » et 39 % « probable ». Trois Français sur quatre (76 %) assurent que le sujet jouera également sur leur propre vote. Sans grande surprise, le niveau est encore plus élevé (81 %) auprès des catégories modestes – touchant moins de 1 300 euros par mois – et des catégories pauvres – celles qui gagnent moins de 900 euros -, mais aussi des moins de 35 ans (83 %).

La traduction de cette importance accordée par l’opinion à ce sujet n’est en revanche pas évidente. Une majorité relative des personnes interrogées (26 %) ne font confiance à aucun des candidats en lice pour améliorer la situation. Le reste colle plutôt à l’ordre des candidats dans les intentions de vote actuelles : Emmanuel Macron a la confiance de 21 % des personnes interrogées (dont 86 % de ses propres électeurs), devant Marine Le Pen à 17 %, Jean-Luc Mélenchon à 13 %, Éric Zemmour à 7 % et Valérie Pécresse à 6 %.

* Sondage Ifop pour le JDD, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 31 mars au 1er avril 2022 auprès d’un échantillon de 1 405 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 540 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). La marge d’erreur est située entre 0,4 et 2,6 points.

Manif des retraités pour le pouvoir d’achat

Manif des retraités pour le pouvoir d’achat
La conjoncture géostratégique écrase évidemment les problématiques intérieures y compris la principale question du pouvoir d’achat en France. Pour résumer concernant les retraités, les organisations ne peuvent se satisfaire d’une augmentation de 1 % environ au 1er janvier alors que la perspective d’inflation sera supérieure à 5 % en 2022. Mais une problématique qui concerne aussi les salariés.Une  large union de syndicats de retraités a appellé à une mobilisation nationale pour le pouvoir d’achat et les droits des retraités ce jeudi 24 mars. Des rassemblements ont lieu ou sont attendus dans une vingtaine de villes françaises, dont Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux. Le groupement intersyndical appelant à la mobilisation comprend neuf membres : la CGT, l’Union confédérale des retraités FO, la CFTC, la CFE-CGC, FSU, Solidaires, Retraités de la fonction publique, LSR et Ensemble & Solidaires.

L’intersyndicale réclame l’indexation des retraites sur les salaires.

Les représentants des syndicats alertent sur l’inflation des prix qui provoque une hausse du coût de la vie pour les retraités et réclament l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

«Nous ne voulons pas de prime, mais une véritable augmentation des pensions de retraite», a déclaré plus tôt cette semaine Marc Bastide, secrétaire général de l’UCR-CGT. La revalorisation des retraites au 1er janvier 2022 n’a pas satisfait les représentants syndicaux. «Les pensions ont augmenté en début d’année de 1,1%, alors que l’inflation est à 4%», constate Marylène Cahouet, responsable de la section retraités de la FSU.

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