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Le généticien Axel Kahn s’inquiète des conditions d’acceptation de l’IA

Le généticien Axel Kahn s’inquiète des conditions d’acceptation de l’IA

 

 » L’intelligence artificielle c’est le big data, la capacité à stocker d’énormes quantités de données, l’algorithme pour exploiter cette ressource, la robotique, et l’intelligence artificielle proprement dite. Ensuite nous n’avons plus qu’à imaginer les performances qu’atteindra l’intelligence artificielle d’ici dix ans. Sachant par exemple qu’un système expert peut sans doute déjà délivrer des diagnostics médicaux plus fiables qu’un médecin. Dans ce contexte, quelle place laissera l’évolution de l’intelligence artificielle à un agir proprement humain ?  Pour résumer, rappelons tout d’abord que ce problème majeur de l’intelligence artificielle traite des relations de l’Homme avec ses outils : une vieille thématique. Dès l’origine l’Homme fabrique des outils, c’est l’homo faber. Nous sommes très intimidés par les performances de la machine, par la capacité d’une chaîne d’embouteillage, la vitesse d’une voiture, l’aptitude d’un avion à décoller… A partir de l’invention du premier boulier, l’Homme a commencé à fabriquer des machines à penser. Etre intimidé par une voiture, une embouteilleuse ou un avion ce n’est pas grave… Mais être intimidé par des machines à penser c’est très différent, ça peut devenir grave pour l’humanité »  il explique pourquoi : « Nous assistons à l’implosion de la vie individuelle. La vie privée a complètement changé de définition, son étanchéité appartient au passé, et c’est ce monde qui va s’établir. Cela se passe de deux manières. Tout d’abord avec la numérisation des données de santé. La Commission nationale de l’informatique et des libertés, la CNIL, a déployé beaucoup d’efforts pour crypter, protéger les données de santé mais aucun code n’est inviolable. Tout le monde le sait. Protéger les citoyens va devenir difficile. Mais il y a plus pervers encore. Une grande partie de ce qui peut être transformé en données n’est protégé par aucun code. Il suffit de suivre le comportement des internautes. On est désormais capable de détecter le début d’une nouvelle épidémie avant même que les centres de contrôle soient au courant. Il suffit juste pour cela d’analyser le comportement des gens connectés ! Si la machine sait mieux que vous ce que vous allez vouloir, que reste-t-il ? La dictature de « Big Brother » avait besoin d’espions. Nous sommes devenus nos propres « Big Brother », parce que nous dévoilons notre intimité volontairement » a déroulé Axel Kahn, évoquant les comportements sur Internet et les réseaux sociaux. ». Finalement une vue assez pertinente mais aussi fataliste face au développement des machines à penser.

 

Taxe d’habitation: le piège pour les collectivités

 

Taxe d’habitation: le piège pour les  collectivités

 

 

Pour Yann Le Meur, enseignant en économie à Rennes 1 et conseil en finances locales, le gouvernement va contraindre les collectivités à augmenter la fiscalité et leur faire porter le chapeau aux collectivités territoriales. Interview. (Télégramme de Brest)

 

 

Si la taxe d’habitation est supprimée pour tous les Français, combien cela va-t-il coûter à terme à l’État ?

Près de 20 milliards d’euros en tout, combinant l’effet de l’allégement de 2018 et 2019 et celui de la suppression de 2020. Selon un scénario qui verrait l’État verser au bloc communal (communes + intercommunalités) une compensation gelée, le coût atteindrait 18 milliards en 2030, contre 14 milliards sans la suppression. Ce scénario contreviendrait au principe constitutionnel d’autonomie financière au motif que les dotations représenteraient une part trop grande des ressources communales. Pour contourner cet obstacle, le gouvernement a imaginé que les départements transféreraient leur taxe foncière au bloc communal. Mais il reviendrait à l’État de compenser aux départements cette perte, en leur allouant, dit-on, une part de CSG prise sur son budget. Cette solution est plus onéreuse pour l’État qui supporterait, en 2030, un coût de 23 milliards d’euros, soit neuf milliards de plus que sans la suppression.
Mais si l’État compense, les communes n’y perdront pas ?

À compensation totale stabilisée, le bloc communal perdrait dans le temps tous les effets de croissance des bases et des taux d’imposition, soit 8,8 milliards d’euros sur l’exercice 2030. Même si elles retrouvaient en partie ces effets sur le foncier bâti reçu du département, ce serait 3,5 milliards.
Tout ceci est-il réaliste ?

Le problème vient de l’affirmation, par le président de la République, que la taxe d’habitation supprimée ne serait en rien remplacée, ni localement ni nationalement.
Comment en sort-on ?

Imaginons que ni la croissance économique attendue ni les économies projetées ne soient au rendez-vous. Bercy pourrait créer un supplément de taxe foncière locale dont la valeur locative serait pondérée par le revenu. Mais on peut aussi imaginer que les communes augmenteraient d’elles-mêmes leur taux de foncier bâti.
L’État ferait alors supporter aux communes la décision d’augmenter l’impôt, c’est bien ça ?

Oui. D’aucuns diront : « Bien joué ! »

Macron a un cœur d’algorithme (Christian Eckert)

Macron a un cœur d’algorithme, (Christian Eckert) 

  • Ce que pense l’ancien collègue de Macron ( l’un était au budget et l’autre à l’économie). Et de poursuivre que Macron a surtout passé son temps à utiliser les moyens de Bercy pour sa future campagne électorale.  (info du Figaro)

« Dans Un ministre ne devrait pas dire ça, à paraître le 24 mai prochain aux Editions Robert Laffont, l’ancien collègue de Macron à Bercy livre un portrait au vitriol d’Emmanuel Macron, qu’il a côtoyé à Bercy. Quand il repense à l’ascension de son ancien collègue il «n’a pas seulement de l’amertume» mais plutôt «de la rage». «Une immense rage», insiste-t-il, selon des extraits publiés jeudi dans L’Obs . . Avec le recul, il dit «réaliser avoir assisté à la naissance du premier président dont le cœur est un “algorithme”». «Derrière le sourire enjôleur, sous l’apparente improvisation, il y a un calcul froid et méthodique», dit-il, qui consiste autant à ringardiser la gauche qu’à siphonner les voix de droite.

Il se souvient de l’une de ses voisines, Brigitte Macron. «J’ai pu observer de près (sa) méthode très efficace pour organiser l’emploi du temps, les rencontres et les repas de son époux», écrit Christian Eckert. C’est dans l’appartement de fonction du ministre de l’Economie -«trois cents mètres carrés high-tech et rutilants (…) dignes d’une revue d’architecture»- que «matin, midi et soir, le couple a reçu beaucoup de monde pour préparer le décollage d’En Marche!». «La vue sur Paris y est exceptionnelle», se souvient Christian Eckert «et la salle à manger peut accueillir les journalistes, les acteurs, les écrivains, les “people”, les chefs d’entreprise, les chanteurs, le Tout Paris et bien au delà, accourus le plus souvent par l’entrée discrète située quai de Bercy». Le socialiste, poursuit: «Tous les espaces du 7e étage de Bercy, qui regroupent les salles de réunion et de réception du ministère, étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l’apéritif dans une réception au ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d’autres convives au 7e étage puis d’en poursuivre un second à l’appartement! Un double dîner, en somme», s’étouffe Christian Eckert. A tel point, remarque-t-il, qu’en 2016 «pendant les huit premiers mois, les crédits de l’année entière ont été consommés en frais de représentation». Une information qui avait déjà été évoquée en 2017 dans le livre Dans l’enfer de Bercy, (Frédéric Says et Marion L’Hour, JC Lattès). 80% des 150.000 euros alloués avait été utilisés, selon les deux journalistes. »

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Borloo veut faire bonne mine mais la vérité c’est qu’à l’Elysée on veut procéder à l’enterrement de son rapport trop ambitieux. Et Borloo d’avertir  sur son plan banlieues : « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas » Borloo, qui croyait inspirer le gouvernement, a vu ses espoirs rétrécir.  Son plan sera « un élément parmi d’autres », relativise l’Élysée. « Cela fait un peu ‘on va dans les banlieues et on fout un coup de peinture’ », tacle un proche du gouvernement. Que retiendra au final le chef de l’État? Borloo confie qu’on est « dans le très haut de la fourchette » et que deux tiers de ses propositions feraient l’objet d’un « consensus ministériel », selon la terminologie officielle. Mais dans l’entourage de l’ancien ministre, que l’on sent plus inquiet qu’en colère, on décrit des troupes élyséennes divisées en deux camps, l’un s’activant à faire échouer son plan. « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas », estime Borloo.

« On ne va pas faire un catalogue de mesures, même s’il y aura des annonces très concrètes, dit-on à l’Élysée. On va éviter de faire des plans avec plusieurs milliards sur dix ou quinze ans. »En calait on va enterrer le rapport Borloo.

PME : difficultés d’embauche

PME : difficultés d’embauche  

Selon le dernier baromètre trimestriel réalisé par BPIfrance Le Lab et Rexecode (*), 52% des entreprises interrogées signalent des problèmes d’embauche.  L’enquête annuelle « Besoins en main d’oeuvre » de Pôle emploi publiée début avril indiquait des perspectives d’embauche en forte augmentation (+18,7%) pour l’année 2018, notamment dans le secteur de la construction et de l’industrie.  Ces résultats interviennent alors que l’emploi salarié privé ralentit légèrement au cours du premier trimestre. 57.900 emplois ont été crées (+0,3%) contre 81.500 lors du quatrième trimestre 2017 (0,4%). Sur un an, les créations augmentent de 1,4% (soit 270.200) selon les chiffres publiés par l’Insee ce mardi 15 mai. Au dernier trimestre de l’année 2017 – année qui avait enregistré un record de création de postes (234.500), la hausse était de 0,4%. Sur l’ensemble des facteurs évoqués dans l’enquête de BPI et Rexecode, les difficultés de recrutement demeurent le principal frein à la croissance.  La concurrence est le second facteur le plus mentionné par les répondants. Elle est citée par 47% des entreprises après 48% au dernier trimestre. Arrivent ensuite l’insuffisance de fonds propres (24%), en augmentation, et la réglementation spécifique à leur activité (21%), moins pesante. En revanche, le manque de débouchés et la dégradation des perspectives de demande n’apparaissent plus comme un frein majeur. Enfin, contrairement aux idées reçues, les coûts et prix trop élevés sont signalés par seulement 17% des chefs d’entreprise interrogés.

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(*) Ce sondage vise à recueillir chaque trimestre le sentiment des dirigeants de PME/TPE sur la situation et l’évolution de la trésorerie de leur entreprise, les délais de paiement tant clients que fournisseurs, leur accès aux financements et leurs projets d’investissements. Il analyse également les freins au développement de leur activité (manque de débouchés, difficultés de recrutement, fonds propres insuffisants, réglementation, concurrence, …).

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats 

Un sondage démontre que ce que disait récemment Claude Martin, ancien ambassadeur en Chine et en Allemagne : Macron fait beaucoup d’activisme. Claude Martin brosse un tableau contrasté, et attend du chef de l’État qu’il passe des paroles aux actes. En fait on a du mal à savoir si Macron œuvre pour conforter son image intérieure ou pour réellement peser sur la géopolitique. (Interview la Tribune)

 

 

Quels faits saillants peut-on mettre au crédit et au débit de la politique et des actes du nouveau président de la République ?

CLAUDE MARTIN - Emmanuel Macron a hérité d’une France peu visible et peu audible, affaiblie ces dix dernières années par sa situation économique - manque de compétitivité, instabilité politique et sociale -, par une vision erratique de sa politique à l’extérieur, par la santé vacillante de l’Europe. Ce contexte leste une autre réalité, elle, invariable : mener une action d’envergure est nettement plus difficile sur la scène internationale que sur le plan domestique. En politique étrangère, il faut faire preuve non seulement d’imagination et de volontarisme, mais aussi de clairvoyance, de compétence, de connaissance du terrain, et définir une stratégie. En la matière, il est encore trop tôt pour saisir les intentions et les dispositions du président de la République. Les premiers signes - discours à la Sorbonne et devant l’Acropole démontrant sa détermination européenne ; restauration du dialogue avec la Russie ; prises de position objectives à l’égard des États-Unis - ont été encourageants, car fondés sur le principe, essentiel en diplomatie, du réalisme. Il n’est pas dans le registre de ses deux prédécesseurs qui, en « choisissant » leurs interlocuteurs en fonction de leur degré de « fréquentabilité », ont affaibli l’influence internationale de la France. Dorénavant, l’heure est aux actes, et notamment dans le domaine de l’Europe. La France doit agir comme un guide. C’est véritablement « maintenant » que l’action d’Emmanuel Macron doit s’exprimer et va être jugée.

Vous avez exercé cinquante ans au Quai d’Orsay, et y avez cultivé une grande proximité avec la conception « gaulliste » de la politique internationale de la France. Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron s’en inspirent-ils ?

Le général de Gaulle l’a parfaitement incarné - et cela demeure une règle immuable - : l’Europe, c’est avant tout et fondamentalement un contrat entre la France et l’Allemagne, mobilisant les autres pays moteurs sur une stratégie axée autour de trois objectifs : une politique d’intégration des économies européennes, une politique de défense de l’identité et des spécificités de l’Europe, enfin une politique d’organisation de l’ensemble européen, dont l’élargissement a affaibli la cohésion. Il faut à l’Europe des politiques communes volontaristes. Une Europe de l’action contre celle de l’abstraction.

L’Europe porte des valeurs qui lui sont propres. Les Européens ont en commun une certaine conception de la démocratie, de l’ordre juridique et de la cohésion sociale, ou de la justice. Ils se distinguent par un attachement commun très fort à la nature, à l’environnement, à un art de vivre, qui se reflète jusque dans leur relation à la nourriture. Dans les négociations extérieures de l’Union, avec le Canada ou avec le Mercosur, certains éléments de cette « identité européenne » sont mis en cause. Faut-il y renoncer, pour nous fondre doucement dans le moule mondialiste ? Ou préserver ce qui fait notre différence, une différence à laquelle les Français et les Allemands notamment restent, dans leur majorité, très attachés ? C’est la question qui nous est posée, et à laquelle Emmanuel Macron doit apporter une réponse.

Que doivent entreprendre Angela Merkel et Emmanuel Macron pour que l’axe franco-allemand exerce pleinement son rôle ? Outre-Rhin, la fragile coalition au pouvoir et ce qu’incarne l’impressionnante poussée de l’extrême droite (l’AFD est la troisième formation au Bundestag) peuvent-ils, paradoxalement, le consolider ?

Cette irruption de l’AFD au parlement allemand traduit une montée des peurs, mais surtout une frustration. Les citoyens de tous les pays craignent de perdre, au sein de l’Europe, leur identité. L’Union doit trouver la réponse appropriée à ces craintes, en permettant aux peuples européens de cultiver à la fois une fierté nationale et une fierté européenne, qui ne peut exister que si l’Union développe des politiques mettant en valeur une « identité européenne ». Identité nationale et identité européenne doivent pouvoir se compléter. Si l’Union ne parvient pas à créer un espace dans lequel les Européens éprouvent un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, c’est dans la seule revendication d’identité nationale que les citoyens chercheront refuge.

Le « moteur » franco-allemand a très mal fonctionné depuis dix ans, et il faudra sans doute beaucoup plus que des déclarations chaleureuses pour le relancer. La France doit reconquérir toute sa place dans un tandem où elle n’était plus qu’un partenaire secondaire. Le déséquilibre qui n’a cessé de se creuser cette dernière décennie au fur et à mesure que l’économie allemande prenait le dessus sur sa voisine nous a placés dans une position d’infériorité. Les réformes institutionnelles catastrophiques opérées par le traité de Lisbonne et le « grand élargissement » ont fait le reste : dans le jeu européen, la France pèse aujourd’hui bien moins lourd que l’Allemagne, adossée aux petits pays européens du Nord. Il faut revenir à la parité entre Paris et Berlin, et reconstituer - notamment en rétablissant une relation de confiance avec l’Italie - un équilibre Nord-Sud sans lequel l’Union se brisera tôt ou tard. On ne pourra le faire sans tensions avec l’Allemagne, et le président français devra, pour replacer notre pays au cœur du dispositif européen, aller si nécessaire jusqu’à la crise. Y est-il préparé ? Les mois qui viennent permettront de mesurer sa détermination.

Partout en Europe progressent des mouvements eurosceptiques voire europhobes. Ils ont obtenu la sécession en Grande-Bretagne, sont au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, possiblement en Italie, constituent respectivement les deuxième et troisième forces politiques en France et en Allemagne. La pensée politique « européenne » d’Emmanuel Macron semble singulièrement isolée…

La construction européenne a été imaginée en deux phases principales : celle d’abord de l’union économique, celle ensuite, à partir de 1973, d’une ouverture à des compétences nouvelles, notamment dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L’union économique peut se construire entre pays ayant, sur le plan politique intérieur, des sensibilités et des pratiques différentes, sous couvert d’un attachement de principe commun à la démocratie. L’union politique et diplomatique suppose un degré beaucoup plus élevé de convergence sur les « valeurs » et sur le fonctionnement concret du système constitutionnel des pays participants. On peut faire une union économique avec beaucoup de partenaires, mais une union politique ne peut s’envisager qu’avec peu de partenaires. L’erreur du traité de Maastricht a été de vouloir réunir les deux démarches dans une seule construction et de rassembler dans une seule maison des partenaires qui ne voulaient pas, selon les sujets, la même chose. L’élargissement aux pays de l’Est a encore aggravé la situation. On a admis au sein de l’Union, dans la précipitation, pour des raisons « morales », des pays qui n’étaient pas prêts à réaliser l’union économique telle que nous l’entendions, et qui étaient encore moins prêts à accepter les valeurs communes nécessaires à la construction de l’union politique. Il existe deux Europe, séparées par les différences d’histoires et de cultures politiques. Ce qui n’est pas pour arranger la vision et l’action européennes d’Emmanuel Macron.

Vous êtes un grand spécialiste de la diplomatie économique. Son passé professionnel, son ADN, sa pensée et ses inspirateurs politiques, enfin son passage à Bercy donnent d’Emmanuel Macron l’image d’un président en rupture avec ses prédécesseurs et plutôt pertinent dans ce domaine. La réalité correspond-elle à l’hypothèse ?

Qu’est-ce que la « diplomatie économique » ? Elle fait distinguer clairement le rôle de l’État et celui de l’entreprise. Le rôle de l’État (et donc de la diplomatie) est d’évaluer les intérêts politiques, économiques, culturels du pays dans le monde. Sur cette base, le ministère des Affaires étrangères et les ambassades apportent aux entreprises françaises un éclairage sur les situations et l’environnement des pays où elles ambitionnent d’investir ; mais ensuite, aux actionnaires et au management des entreprises - et à eux seuls - de décider de leur stratégie dans lesdits pays. Il est d’autant plus essentiel de respecter cette discipline qu’aujourd’hui la notion d’« intérêt national » est complexe à délimiter. Ainsi, ce dernier est-il de favoriser Renault, dont une partie des véhicules est fabriquée en Turquie, ou Toyota, qui investit massivement à Valenciennes ? Est-il de tout entreprendre pour aider au développement international de grandes marques « françaises » de luxe, dont les produits sont partiellement fabriqués hors de nos frontières et dont les propriétaires sont souvent installés à l’étranger ? Ce dilemme, entre la défense de l’emploi en France et la défense d’entreprises porteuses d’une image de la France mais ne participant pas à l’effort national, complique la réflexion. Tout concourt à la même conclusion. Plutôt que de se substituer aux entreprises, il faut les laisser agir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis l’un et l’autre l’erreur, pendant leurs déplacements en Chine, de bousculer les dirigeants d’entreprise qui les accompagnaient, pour que ceux-ci signent des contrats prématurés ou risqués. Lors de son voyage en Chine début janvier, Emmanuel Macron a heureusement rompu avec ces pratiques, s’abstenant d’interférer dans les négociations menées par les industriels.

Justement, son savoir-faire en matière nucléaire constitue un élément clé de la stratégie diplomatique de la France. Les vicissitudes financières, judiciaires et technologiques d’Orano (ex-Areva) - qui pénalisent l’ensemble de la filière nucléaire française - l’affectent-elles significativement ?

C’est incontestable. Pourquoi, à l’origine, la Finlande a-t-elle jeté son dévolu sur l’EPR plutôt que sur la technologie russe ? Parce qu’il s’agissait d’un projet franco-allemand. La technologie de l’EPR devait beaucoup aux ingénieurs de KWU, c’est-à-dire de Siemens, fort prisés à Helsinki. Nicolas Sarkozy a tout entrepris pour que Siemens sorte du capital d’Areva, et nous nous sommes retrouvés seuls à porter le projet, face à des Finlandais un peu surpris et certainement amers. Nos divisions internes ont fait le reste. La guerre entre Areva et EDF, notamment sur les projets chinois, s’est développée, et EDF a peu à peu conçu, contre Areva, une stratégie d’alliance avec les partenaires chinois, qu’elle a amenés avec elle sur les projets britanniques. L’éclatement d’Areva, qui a payé les erreurs de gestion d’Anne Lauvergeon, laisse la place libre à une EDF aujourd’hui fortement liée à la Chine. Et en même temps, sur la partie conventionnelle des centrales, Alstom, également démantelé, a cédé ses turbines à General Electric plutôt qu’à Siemens, Une grande ambition européenne s’est évanouie.

Au-delà du nucléaire, comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron dans cette Chine culturelle, politique, diplomatique que vous connaissez si bien ? La visite qu’il a effectuée en janvier dernier annonce-t-elle un changement profond ou simplement cosmétique des rapports de la France avec Pékin ?

Un simple souvenir. C’était lors du Sommet du G20 à Hangzhou, en 2016. Sur la photo officielle, qui posait aux côtés de Xi Jinping ? Le représentant de la France, qui fut avec éclat le premier grand pays occidental à tendre la main et à sortir la Chine de son isolement ? Non. Le président chinois était entouré d’Angela Merkel, de Recep Tayyip Erdogan et de Vladimir Poutine. François Hollande étant relégué plus loin. Le président français, m’a-t-on rapporté, en avait été blessé. Voilà la réalité dont hérite Emmanuel Macron. La France vue de Pékin pèse peu. Et elle est seule. Elle n’a pas su établir avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne (qui reste, malgré le Brexit, un membre important de notre famille) le « pacte européen » qui nous permettrait de peser, ensemble, dans ce très grand pays.

Emmanuel Macron peut-il rétablir la situation ? Pour l’heure, sa politique à l’égard de la Chine n’est pas lisible. Le voyage officiel qu’il a effectué en janvier était une prise de contact - généreusement couverte dans la presse française, au contraire de la presse chinoise. Il faudra de la part du nouveau président des paroles fortes, des actes concrets, des initiatives visibles, pour que les Chinois renouent avec la France un vrai dialogue stratégique.

Les propos d’Emmanuel Macron lors de ce premier déplacement laissent toutefois quelques raisons d’espérer : son attitude, donc, sur le dossier nucléaire ; son intention annoncée de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs stratégiques ; sa prudence sur le projet des « nouvelles routes de la soie » dans lequel il a choisi, malgré les conseils de certains, de ne pas se précipiter, attendant que les modalités de mise en œuvre et les modalités de financement soient mieux connues. Tout cela reflète une lucidité, utile pour dialoguer sereinement avec Pékin.

Le tour de force constitutionnel de Xi Jinping, dorénavant « autorisé » à régner sans limite au-delà de son mandat actuel, peut-il modifier la stratégie diplomatique de la France à l’égard de la Chine et de ses autres partenaires ?

L’objet de la diplomatie est de servir l’intérêt du pays. La France ne peut définir son action extérieure en fonction des évolutions politiques ou constitutionnelles de ses partenaires. Elle doit considérer d’abord l’importance stratégique de chacun des États avec lesquels elle traite, son influence, ses poids économique, démographique, militaire, scientifique, culturel. Le Général de Gaulle s’est fixé cette règle de conduite dans les affaires internationales : la Chine est et restera, quel que soit son régime, un grand partenaire, parmi d’autres, dans un univers multipolaire.

Or si la France a vu son influence décliner au cours des dernières années, c’est parce qu’elle a cessé de pratiquer ce jeu multipolaire, pour se ranger, comme au temps de la guerre froide, dans « un » camp. En se laissant entraîner dans la douteuse opération de « pacification » en Afghanistan, en réintégrant les structures militaires de l’Otan, en suivant plus souvent que nécessaire les initiatives de Washington, en s’amarrant à des « coalitions occidentales » mal définies, la France a renoncé à faire jouer à l’Europe un rôle spécifique. Et la voici aujourd’hui, en Corée ou ailleurs, enchaînée aux initiatives erratiques du président américain… Le retour à une véritable détente sur la planète passe par la reconstitution d’un monde véritablement multipolaire, dont l’Europe doit être un pilier essentiel.

Taxe d’habitation : les collectivités prises au piège de la fiscalité

Taxe d’habitation : les collectivités prises au piège de la fiscalité

Pour Yann Le Meur, enseignant en économie à Rennes 1 et conseil en finances locales, le gouvernement va contraindre les collectivités à augmenter la fiscalité et leur faire porter le chapeau aux collectivités territoriales. Interview. 

Si la taxe d’habitation est supprimée pour tous les Français, combien cela va-t-il coûter à terme à l’État ?

Près de 20 milliards d’euros en tout, combinant l’effet de l’allégement de 2018 et 2019 et celui de la suppression de 2020. Selon un scénario qui verrait l’État verser au bloc communal (communes + intercommunalités) une compensation gelée, le coût atteindrait 18 milliards en 2030, contre 14 milliards sans la suppression. Ce scénario contreviendrait au principe constitutionnel d’autonomie financière au motif que les dotations représenteraient une part trop grande des ressources communales. Pour contourner cet obstacle, le gouvernement a imaginé que les départements transféreraient leur taxe foncière au bloc communal. Mais il reviendrait à l’État de compenser aux départements cette perte, en leur allouant, dit-on, une part de CSG prise sur son budget. Cette solution est plus onéreuse pour l’État qui supporterait, en 2030, un coût de 23 milliards d’euros, soit neuf milliards de plus que sans la suppression.
Mais si l’État compense, les communes n’y perdront pas ?

À compensation totale stabilisée, le bloc communal perdrait dans le temps tous les effets de croissance des bases et des taux d’imposition, soit 8,8 milliards d’euros sur l’exercice 2030. Même si elles retrouvaient en partie ces effets sur le foncier bâti reçu du département, ce serait 3,5 milliards.
Tout ceci est-il réaliste ?

Le problème vient de l’affirmation, par le président de la République, que la taxe d’habitation supprimée ne serait en rien remplacée, ni localement ni nationalement.
Comment en sort-on ?

Imaginons que ni la croissance économique attendue ni les économies projetées ne soient au rendez-vous. Bercy pourrait créer un supplément de taxe foncière locale dont la valeur locative serait pondérée par le revenu. Mais on peut aussi imaginer que les communes augmenteraient d’elles-mêmes leur taux de foncier bâti.
L’État ferait alors supporter aux communes la décision d’augmenter l’impôt, c’est bien ça ?

Oui. D’aucuns diront : « Bien joué ! »

Macron : le sentiment d’un président des riches (Adélaïde Zulfikarpasic BVA)

 Macron : le sentiment d’un président des riches (Adélaïde Zulfikarpasic  BVA)

Globalement Macron donne le sentiment aux Français de s’adresser surtout aux plus aisés, bref d’incarner cette image de président des riches qui lui colle à la peau, ce que pense  Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du département opinion de BVA, dans une interview à la Tribune

 

Comment la cote de popularité d’Emmanuel Macron a-t-elle évolué depuis le début de son mandat ?

ADELAÏDE ZULFIKARPASIC - Elle n’a pas du tout évolué de façon linéaire contrairement à certains présidents qui ont connu un état de grâce en début de mandat et une popularité qui s’effrite progressivement par la suite. Là, on a eu une succession de séquences différentes avec un très bref état de grâce, une chute à la fin de l’été, un rebond à l’automne, une nouvelle chute pendant l’hiver et de nouveau un rebond au printemps. Cette volatilité est assez inédite et elle retranscrit un attentisme très fort chez les Français, qui réagissent fortement en fonction de l’actualité gouvernementale.

Les Français ont l’air mécontent de la première année du mandat d’Emmanuel Macron alors que la situation économique est favorable. Comment expliquez-vous ce mécontentement ?

Sur le bilan global, les Français sont critiques et relativement sévères. Mais en même temps, quand on observe le détail des résultats sur l’ensemble des mesures testées, la plupart d’entre elles sont approuvées. Au final, le bilan n’est pas si mauvais que ça même s’il y a un ressenti global qui est plus négatif que positif. Ce paradoxe s’explique par le fait que sur l’ensemble des mesures prises, toutes n’ont pas eu la même portée et le même impact. Et il y a quelques mesures emblématiques qui cristallisent les mécontentements. La hausse de la CSG constitue la mesure qui a le plus marqué l’esprit des Français et en même temps la plus impopulaire. Plus récemment, la question de la limitation de vitesse à 80 km/h sur certaines routes ou encore, au début du quinquennat, la transformation de l’ISF en IFI ont contribué à écorner la popularité du président lui collant une étiquette d’un dirigeant qui n’agit pas pour l’ensemble des Français.

Pourquoi suscite-t-il autant de clivages ?

Il y a une partie des Français qui sont clairement opposés à sa politique, mais Nicolas Sarkozy suscitait beaucoup plus de divisions. Par ailleurs, les résultats indiquent que les clivages ne sont pas forcément aussi tranchés. Plus de la moitié des Français sont encore dans le soutien ou l’attente. Au début de son mandat, les Français n’avaient pas une idée claire de ce qu’il allait faire, mais très vite, il s’est retrouvé avec l’étiquette de « président des riches » qui lui colle à la peau depuis la fin de l’été 2017. Les premières mesures impopulaires telles que la suppression des emplois aidés ou la réduction des APL, la suppression de l’ISF ont pu donner le sentiment qu’il pouvait avoir une politique de droite et qu’il s’adressait aux catégories les plus aisées même s’il avait été ministre sous un gouvernement de gauche. Certaines mesures peuvent être qualifiées de gauche comme le dédoublement des classes de CP. Toutes ces mesures-là sont moins nombreuses dans la balance, mais il y a une fixation sur des mesures dans les domaines économique et fiscal qui donnent le sentiment d’un président qui s’adresse aux catégories aisées. C’est sur ces actions qu’il paraît clivant plus que sur sa personnalité.

Les Français semblent très sévères sur ses actions relatives à l’immigration et au pouvoir d’achat. Pensez-vous que ces deux thèmes pourraient encore avoir un impact négatif à plus long terme sur la popularité du chef de l’Etat ?

La question des priorités pour l’avenir montre que ces deux thèmes restent très importants chez les Français. Sur l’immigration, il ne donne pas satisfaction pour une certaine partie de la gauche. Beaucoup pensent que c’est une politique trop dure. Pour les tenants de la droite, la politique migratoire n’est pas assez dure sachant que l’immigration est surtout une question idéologique. Pour le pouvoir d’achat, la mesure la plus importante est la suppression de la taxe d’habitation. Comme cette mesure n’a pas encore été mise en place, les Français n’en perçoivent pas encore les bénéfices.

Son action à l’étranger semble plébiscitée par les Français. Y a-t-il vraiment une rupture avec ses prédécesseurs ?

Il y a une rupture de style par rapport à ses prédécesseurs les plus récents. Emmanuel Macron peut incarner une rupture en termes de jeunesse, il est plus proche de la culture des Anglo-saxons. D’après les enquêtes que nous menons depuis un an, le redressement de l’image de la France à l’étranger correspond à une forte attente des Français. Plusieurs classements internationaux comme celui du Pisa réalisé par l’OCDE indiquent parfois que la France est en déclin et cela pouvait donner le sentiment d’un déclassement plus général du pays. Par effet d’image, Emmanuel Macron peut donner le sentiment d’une fierté retrouvée.

Comment son socle de soutiens a-t-il évolué depuis l’élection présidentielle ?

Son socle de soutiens en termes de caractéristiques sociodémographiques n’a pas beaucoup changé. Il reste principalement le représentant des « plus riches », des « plus diplômés » et des « plus vieux ». Contrairement à ce qu’on a pu entendre pendant la campagne, Emmanuel Macron n’a pas été élu par des jeunes. Les 18-25 ans ont d’abord voté pour Jean-Luc Mélenchon ou pour Marine Le Pen. Aujourd’hui, on retrouve dans son socle les catégories aisées, les hauts revenus, les cadres. En revanche, il y a un réel décrochage chez les retraités qui étaient au départ de fervents supporters. Aujourd’hui, il a perdu du crédit au sein de cette population, mais le niveau de soutien reste supérieur chez eux à celui de la moyenne nationale. La prochaine réforme des retraites pourrait être déterminante.

 A-t-il encore assez de soutiens pour mener à bien ses réformes ?

Son socle de soutiens est relativement étroit. Il représente environ 20% des Français. Et cette base ne s’est pas érodée pendant un an. Au contraire, elle s’est plutôt renforcée ces dernières semaines. Ce groupe représente « un terreau » assez fertile pour faire des réformes. Par ailleurs, 4 Français sur 10 déclarent qu’ils sont prêts à attendre avant de juger pour mieux appréhender les résultats. Ce groupe représente « un terreau » assez fertile pour faire des réformes. Chez ceux qui estiment ne pas bénéficier de la politique gouvernementale, 43% déclarent être prêts à attendre avant de se prononcer. On n’a pas du tout basculé dans une opposition claire et nette.

Comment l’opposition se situe-t-elle ?

L’opposition est toujours en difficulté. Traditionnellement, le parti qui est au gouvernement a tendance à prendre les coups et à voir sa popularité s’effriter. La popularité de La République en marche (LREM) fluctue au gré de la popularité d’Emmanuel Macron, mais on n’observe pas une progression des partis d’opposition. Ils restent à des niveaux de popularité relativement faibles. Le Parti socialiste est en grande difficulté tandis que la France insoumise, le Front national et Les Républicains n’arrivent pas à susciter chez les Français le sentiment qu’il existe un projet alternatif pour la France pour plusieurs raisons. Pour LR et le PS, il n’y a pas de ligne de différenciation claire par rapport au gouvernement. Chez LR, la politique économique est assez proche. Pour le PS, il y a également des proximités. Les Français ne voient pas en quoi Benoît Hamon, Olivier Faure ou Laurent Wauquiez vont amener quelque chose de différent. Pour la France Insoumise et le FN, il y a une ligne de différenciation claire, mais ils représentent une partie seulement des Français avec un socle insuffisant pour prendre de l’ampleur. La voie est assez libre pour l’exécutif.

Pour les Français les plus modestes, le président est perçu comme déconnecté de certaines catégories. N’y a-t-il pas un risque d’accroître la polarisation de certaines catégories avec les réformes ?

Depuis plusieurs mois, on parle beaucoup de deux France bien distinctes avec une véritable ligne de fracture. Mais ce n’est pas si simple. En fait, il y a un petit périmètre de la France qui se sent concerné par les réformes (moins de 20%) et il y a tout le reste qui se sent laissé pour compte. Les plus modestes vont avoir ce sentiment d’être laissés-pour-compte, mais ils ne sont pas seuls à être dans ce cas. Les classes moyennes, les retraités peuvent également avoir le sentiment d’être peu considérés. Le président peut donner l’impression d’être coupé du pays. Les lignes de fracture risquent de s’accentuer si les réformes relatives à la justice sociale tardent à venir.

Quels sont les autres risques qui pourraient apparaître dans les mois à venir ?

La question du sens collectif, du récit national, du vivre-ensemble sont des sujets essentiels qui doivent être demain au cœur du projet pour parler aux Français. L’impatience des Français peut s’accentuer si ce sentiment d’injustice se renforce dans les prochains mois. Il ne pourra pas continuer à réformer pour réformer sans redonner du sens à ce mouvement et donner à chaque Français le sentiment qu’il en bénéficie.

Macron et l’Afrique : des discours mais peu d’investissements

Macron et l’Afrique : des discours mais peu d’investissements

C’est ce que constate dans le JDD Stephen Smith, professeur d’études africaines à l’université Duke (Caroline du Nord) ; Des investissements français plus faibles que ceux du Maroc, une aide en dessous  des objectifs et une influence grandissante d’autres pays en particulier de la Chine.

 

« L’Afrique, selon Emmanuel Macron, est le continent de la jeunesse mondiale. D’ores et déjà, un tiers des jeunes de la planète vit en Afrique. En 2050, quand la population africaine aura presque doublé en passant de 1,3 à 2,5 milliards, ce sera la moitié. D’où la vision d’un président de la République élu à 39 ans : « Le basculement du monde se jouera largement en Afrique où se télescopent tous les défis contemporains, le terrorisme, le changement climatique, la démographie. » Les mots-clés dans cette phrase, prononcée en novembre à Abidjan, ne sont pas forcément ceux qui font peur. Le premier d’entre eux est le défi, à la fois problème et opportunité. Les jeunes Africains – c’est presque un pléonasme quand deux tiers de la population ont moins de 30 ans – seront des bâtisseurs ou des casseurs. La question est : dans quelle proportion? Combien vont construire l’avenir chez eux, combien partiront chercher leur « part de chance » ailleurs, le plus souvent en Europe ? Au-delà de l’enjeu migratoire se pose aussi la question du développement de la partie la plus pauvre du monde, de sa capacité institutionnelle et de sa stabilité. Si le défi est relevé et si l’actuelle classe moyenne (150 à 200 millions de consommateurs) quadruple dans les trente ans à venir, il n’y aura pas que la Chine, le Brésil ou la Turquie pour se ruer vers l’Afrique. Si la France veut compter et ne pas être « ce pays postcolonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine », comme il l’a déclaré en août dans son discours devant les ambassadeurs, elle devra revenir dans la course. Or, en 2015-2016, ses investissements directs en Afrique étaient moins importants que ceux du Maroc.

Macron insiste sur la démographie, dénominateur commun de ses prises de position. En 2050, l’Afrique représentera un quart des musulmans du monde et quatre chrétiens sur dix. Dans un monde polarisé, elle sera une terre de tolérance ou bien d’affrontement. Sur une planète en péril, elle sera également en première ligne. Autour du lac Tchad ou le long de la conurbation côtière ouest-africaine en voie de regrouper 50 millions d’habitants, de Lagos à Abidjan, elle donnera sens au terme, pour l’instant vague, de « réfugié écologique ».

Voulant regarder l’Afrique « en face », Emmanuel Macron dit, au G20 d’Hambourg, en juillet ce qui devrait être banal : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider de dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » On peut alors se demander pourquoi la France court toujours après l’objectif des 0,7% du PIB (fixé par l’ONU en… 1970) à consacrer à l’aide publique au développement. Le Royaume-Uni et l’Allemagne, eux, ont touché au but – respectivement en 2013 et en 2016. A la fin de son quinquennat, Macron veut avoir atteint 0,55%. Ce n’est pas une grande ambition, et à peine un grain de sable pour enrayer la croissance démographique en éduquant « les jeunes filles, tout particulièrement au Sahel ». Le deuxième mot clé est « contemporain ». Pour lui, l’Afrique fait pleinement partie du monde, sans restriction mentale ni circonstances atténuantes. C’est un tournant qui, s’il s’inscrit dans les faits, mettra hors jeu tous les « messieurs Afrique », les exégètes attitrés de « l’Afrique ambiguë » autant que « certains réseaux de connivence franco-­africains », comme il l’a déclaré en avril 2017 à Jeune Afrique. En attendant, il explique pourquoi Emmanuel Macron accepte de rendre « à l’Afrique » – pas forcément « en Afrique » – ses œuvres d’art emportées et, à rebours du partage du continent issu de la conférence de Berlin, à la fin du XIXe siècle, il enjambe la balkanisation linguistique. L’Afrique non francophone, du Ghana à l’Ethiopie en passant par le Liberia, l’Angola et l’Afrique du Sud, doit permettre d’arrondir la fin du « pré carré », la zone d’influence traditionnelle de la France. «

Par Stephen Smith, professeur d’études africaines à l’université Duke (Caroline du Nord), auteur de La Ruée vers l’Europe – La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent, Grasset, 2018.

 

50 Euros d’APL : Macron déraille

50 Euros d’APL : Macron déraille

De toute évidence Macron semble avoir un peu de mal à maitriser ses nerfs, il avait déjà démontré un certain manque de maîtrise quand il était en Australie à propos des événements du premier mai. Cette fois, il traite par le mépris ceux qui se sont mobilisés contre la baisse des APL. Cela avec un raccourci douteux et même méprisant en opposant leur attitude  à celle de l’héroïsme du commandant Beltrame. La comparaison est d’abord complètement hors de propos et l’arrogance de Macron montre qu’il supporte assez mal l’opposition. Un manque de hauteur évident pour un président de la république.  Cette  phrase du président de la République a déjà fait beaucoup réagir les politiques et les internautes. : « Le colonel Beltrame, il est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse. Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, une République dont on ne connaît plus l’odeur et des principes qu’il fait bien d’évoquer parce qu’on s’est habitué à eux et qu’on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que, en quelque sorte, le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu. »

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme (Joëlle Garriaud-Maylam)

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme (Joëlle Garriaud-Maylam)

Joëlle Garriaud-Maylam, sénateur (LR) représentant les Français de l’étranger, secrétaire de la commission des Affaires étrangères, n’est pas la première à critiquer une diplomatie de nature activiste et peu cohérente du président de la république. En fait nombre de ces déplacements sont surtout à usage interne pour renforcer la position de grand chef d’Etat international de Macron, d’autres sont utiles mais beaucoup sont là pour satisfaire la com. du président de la république.  Dans le JDD, la sénatrice Les Républicains Joëlle Garriaud-Maylam attaque la politique étrangère du Président :

« Emmanuel Macron sait parfaitement que notre sécurité et notre développement se jouent à l’étranger. Il sait aussi que l’image joue un rôle fondamental, il en use et en abuse. Aussi travaillée soit-elle, celle-ci ne peut suffire à effacer la réalité des faits ou l’absence de résultats. C’est dans cette dichotomie entre le discours et la réalité que se trouvent la fragilité du ‘en même temps’ macronien et son manque de clarté stratégique. Ce qui risque de créer des questionnements et d’obérer non seulement la lisibilité de l’action de la France, mais aussi sa crédibilité. Même si l’on sait que la diplomatie est un art de la patience et du travail au long terme, les résultats restent minces, au-delà de quelques coups politiques habiles, comme l’exfiltration du Premier ministre libanais Saad Hariri de Riyad. Mais aussi quelques actions précipitées, comme les frappes en Syrie. Si celles-ci étaient justifiées moralement par le refus des armes chimiques, elles étaient trop hâtives pour ne pas donner un sentiment de malaise. Beaucoup pensent que Macron a trop misé sur la scène internationale, avec une boulimie de déplacements un peu désordonnés, pour occulter les difficultés sur le territoire national. À quoi bon une belle image sur papier glacé, quand les médias du monde entier montrent les voitures incendiées et les atteintes à la sécurité sur le territoire français? Pourtant, cette démarche internationale est indispensable à la France. C’est sur cette base que nous pourrons aussi progresser. Mais il faut qu’elle soit réfléchie et construite. Même si nous devons parler à tout le monde, le ‘en même temps’ ne doit pas s’assimiler à un grand écart et occulter des efforts réels. Nous avons beaucoup d’excellents spécialistes des affaires internationales au Quai d’Orsay et ailleurs. Il faudrait sans doute davantage les écouter. »

 

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme :

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme :

Claude Martin, ancien ambassadeur en Chine et en Allemagne, brosse un tableau contrasté, et attend du chef de l’État qu’il passe des paroles aux actes. En fait on a du mal à savoir si Macron œuvre pour conforter son image intérieure ou pour réellement peser sur la géopolitique. (Interview la Tribune)

 

 

Quels faits saillants peut-on mettre au crédit et au débit de la politique et des actes du nouveau président de la République ?

CLAUDE MARTIN - Emmanuel Macron a hérité d’une France peu visible et peu audible, affaiblie ces dix dernières années par sa situation économique - manque de compétitivité, instabilité politique et sociale -, par une vision erratique de sa politique à l’extérieur, par la santé vacillante de l’Europe. Ce contexte leste une autre réalité, elle, invariable : mener une action d’envergure est nettement plus difficile sur la scène internationale que sur le plan domestique. En politique étrangère, il faut faire preuve non seulement d’imagination et de volontarisme, mais aussi de clairvoyance, de compétence, de connaissance du terrain, et définir une stratégie. En la matière, il est encore trop tôt pour saisir les intentions et les dispositions du président de la République. Les premiers signes - discours à la Sorbonne et devant l’Acropole démontrant sa détermination européenne ; restauration du dialogue avec la Russie ; prises de position objectives à l’égard des États-Unis - ont été encourageants, car fondés sur le principe, essentiel en diplomatie, du réalisme. Il n’est pas dans le registre de ses deux prédécesseurs qui, en « choisissant » leurs interlocuteurs en fonction de leur degré de « fréquentabilité », ont affaibli l’influence internationale de la France. Dorénavant, l’heure est aux actes, et notamment dans le domaine de l’Europe. La France doit agir comme un guide. C’est véritablement « maintenant » que l’action d’Emmanuel Macron doit s’exprimer et va être jugée.

Vous avez exercé cinquante ans au Quai d’Orsay, et y avez cultivé une grande proximité avec la conception « gaulliste » de la politique internationale de la France. Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron s’en inspirent-ils ?

Le général de Gaulle l’a parfaitement incarné - et cela demeure une règle immuable - : l’Europe, c’est avant tout et fondamentalement un contrat entre la France et l’Allemagne, mobilisant les autres pays moteurs sur une stratégie axée autour de trois objectifs : une politique d’intégration des économies européennes, une politique de défense de l’identité et des spécificités de l’Europe, enfin une politique d’organisation de l’ensemble européen, dont l’élargissement a affaibli la cohésion. Il faut à l’Europe des politiques communes volontaristes. Une Europe de l’action contre celle de l’abstraction.

L’Europe porte des valeurs qui lui sont propres. Les Européens ont en commun une certaine conception de la démocratie, de l’ordre juridique et de la cohésion sociale, ou de la justice. Ils se distinguent par un attachement commun très fort à la nature, à l’environnement, à un art de vivre, qui se reflète jusque dans leur relation à la nourriture. Dans les négociations extérieures de l’Union, avec le Canada ou avec le Mercosur, certains éléments de cette « identité européenne » sont mis en cause. Faut-il y renoncer, pour nous fondre doucement dans le moule mondialiste ? Ou préserver ce qui fait notre différence, une différence à laquelle les Français et les Allemands notamment restent, dans leur majorité, très attachés ? C’est la question qui nous est posée, et à laquelle Emmanuel Macron doit apporter une réponse.

Que doivent entreprendre Angela Merkel et Emmanuel Macron pour que l’axe franco-allemand exerce pleinement son rôle ? Outre-Rhin, la fragile coalition au pouvoir et ce qu’incarne l’impressionnante poussée de l’extrême droite (l’AFD est la troisième formation au Bundestag) peuvent-ils, paradoxalement, le consolider ?

Cette irruption de l’AFD au parlement allemand traduit une montée des peurs, mais surtout une frustration. Les citoyens de tous les pays craignent de perdre, au sein de l’Europe, leur identité. L’Union doit trouver la réponse appropriée à ces craintes, en permettant aux peuples européens de cultiver à la fois une fierté nationale et une fierté européenne, qui ne peut exister que si l’Union développe des politiques mettant en valeur une « identité européenne ». Identité nationale et identité européenne doivent pouvoir se compléter. Si l’Union ne parvient pas à créer un espace dans lequel les Européens éprouvent un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, c’est dans la seule revendication d’identité nationale que les citoyens chercheront refuge.

Le « moteur » franco-allemand a très mal fonctionné depuis dix ans, et il faudra sans doute beaucoup plus que des déclarations chaleureuses pour le relancer. La France doit reconquérir toute sa place dans un tandem où elle n’était plus qu’un partenaire secondaire. Le déséquilibre qui n’a cessé de se creuser cette dernière décennie au fur et à mesure que l’économie allemande prenait le dessus sur sa voisine nous a placés dans une position d’infériorité. Les réformes institutionnelles catastrophiques opérées par le traité de Lisbonne et le « grand élargissement » ont fait le reste : dans le jeu européen, la France pèse aujourd’hui bien moins lourd que l’Allemagne, adossée aux petits pays européens du Nord. Il faut revenir à la parité entre Paris et Berlin, et reconstituer - notamment en rétablissant une relation de confiance avec l’Italie - un équilibre Nord-Sud sans lequel l’Union se brisera tôt ou tard. On ne pourra le faire sans tensions avec l’Allemagne, et le président français devra, pour replacer notre pays au cœur du dispositif européen, aller si nécessaire jusqu’à la crise. Y est-il préparé ? Les mois qui viennent permettront de mesurer sa détermination.

Partout en Europe progressent des mouvements eurosceptiques voire europhobes. Ils ont obtenu la sécession en Grande-Bretagne, sont au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, possiblement en Italie, constituent respectivement les deuxième et troisième forces politiques en France et en Allemagne. La pensée politique « européenne » d’Emmanuel Macron semble singulièrement isolée…

La construction européenne a été imaginée en deux phases principales : celle d’abord de l’union économique, celle ensuite, à partir de 1973, d’une ouverture à des compétences nouvelles, notamment dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L’union économique peut se construire entre pays ayant, sur le plan politique intérieur, des sensibilités et des pratiques différentes, sous couvert d’un attachement de principe commun à la démocratie. L’union politique et diplomatique suppose un degré beaucoup plus élevé de convergence sur les « valeurs » et sur le fonctionnement concret du système constitutionnel des pays participants. On peut faire une union économique avec beaucoup de partenaires, mais une union politique ne peut s’envisager qu’avec peu de partenaires. L’erreur du traité de Maastricht a été de vouloir réunir les deux démarches dans une seule construction et de rassembler dans une seule maison des partenaires qui ne voulaient pas, selon les sujets, la même chose. L’élargissement aux pays de l’Est a encore aggravé la situation. On a admis au sein de l’Union, dans la précipitation, pour des raisons « morales », des pays qui n’étaient pas prêts à réaliser l’union économique telle que nous l’entendions, et qui étaient encore moins prêts à accepter les valeurs communes nécessaires à la construction de l’union politique. Il existe deux Europe, séparées par les différences d’histoires et de cultures politiques. Ce qui n’est pas pour arranger la vision et l’action européennes d’Emmanuel Macron.

Vous êtes un grand spécialiste de la diplomatie économique. Son passé professionnel, son ADN, sa pensée et ses inspirateurs politiques, enfin son passage à Bercy donnent d’Emmanuel Macron l’image d’un président en rupture avec ses prédécesseurs et plutôt pertinent dans ce domaine. La réalité correspond-elle à l’hypothèse ?

Qu’est-ce que la « diplomatie économique » ? Elle fait distinguer clairement le rôle de l’État et celui de l’entreprise. Le rôle de l’État (et donc de la diplomatie) est d’évaluer les intérêts politiques, économiques, culturels du pays dans le monde. Sur cette base, le ministère des Affaires étrangères et les ambassades apportent aux entreprises françaises un éclairage sur les situations et l’environnement des pays où elles ambitionnent d’investir ; mais ensuite, aux actionnaires et au management des entreprises - et à eux seuls - de décider de leur stratégie dans lesdits pays. Il est d’autant plus essentiel de respecter cette discipline qu’aujourd’hui la notion d’« intérêt national » est complexe à délimiter. Ainsi, ce dernier est-il de favoriser Renault, dont une partie des véhicules est fabriquée en Turquie, ou Toyota, qui investit massivement à Valenciennes ? Est-il de tout entreprendre pour aider au développement international de grandes marques « françaises » de luxe, dont les produits sont partiellement fabriqués hors de nos frontières et dont les propriétaires sont souvent installés à l’étranger ? Ce dilemme, entre la défense de l’emploi en France et la défense d’entreprises porteuses d’une image de la France mais ne participant pas à l’effort national, complique la réflexion. Tout concourt à la même conclusion. Plutôt que de se substituer aux entreprises, il faut les laisser agir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis l’un et l’autre l’erreur, pendant leurs déplacements en Chine, de bousculer les dirigeants d’entreprise qui les accompagnaient, pour que ceux-ci signent des contrats prématurés ou risqués. Lors de son voyage en Chine début janvier, Emmanuel Macron a heureusement rompu avec ces pratiques, s’abstenant d’interférer dans les négociations menées par les industriels.

Justement, son savoir-faire en matière nucléaire constitue un élément clé de la stratégie diplomatique de la France. Les vicissitudes financières, judiciaires et technologiques d’Orano (ex-Areva) - qui pénalisent l’ensemble de la filière nucléaire française - l’affectent-elles significativement ?

C’est incontestable. Pourquoi, à l’origine, la Finlande a-t-elle jeté son dévolu sur l’EPR plutôt que sur la technologie russe ? Parce qu’il s’agissait d’un projet franco-allemand. La technologie de l’EPR devait beaucoup aux ingénieurs de KWU, c’est-à-dire de Siemens, fort prisés à Helsinki. Nicolas Sarkozy a tout entrepris pour que Siemens sorte du capital d’Areva, et nous nous sommes retrouvés seuls à porter le projet, face à des Finlandais un peu surpris et certainement amers. Nos divisions internes ont fait le reste. La guerre entre Areva et EDF, notamment sur les projets chinois, s’est développée, et EDF a peu à peu conçu, contre Areva, une stratégie d’alliance avec les partenaires chinois, qu’elle a amenés avec elle sur les projets britanniques. L’éclatement d’Areva, qui a payé les erreurs de gestion d’Anne Lauvergeon, laisse la place libre à une EDF aujourd’hui fortement liée à la Chine. Et en même temps, sur la partie conventionnelle des centrales, Alstom, également démantelé, a cédé ses turbines à General Electric plutôt qu’à Siemens, Une grande ambition européenne s’est évanouie.

Au-delà du nucléaire, comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron dans cette Chine culturelle, politique, diplomatique que vous connaissez si bien ? La visite qu’il a effectuée en janvier dernier annonce-t-elle un changement profond ou simplement cosmétique des rapports de la France avec Pékin ?

Un simple souvenir. C’était lors du Sommet du G20 à Hangzhou, en 2016. Sur la photo officielle, qui posait aux côtés de Xi Jinping ? Le représentant de la France, qui fut avec éclat le premier grand pays occidental à tendre la main et à sortir la Chine de son isolement ? Non. Le président chinois était entouré d’Angela Merkel, de Recep Tayyip Erdoğan et de Vladimir Poutine. François Hollande étant relégué plus loin. Le président français, m’a-t-on rapporté, en avait été blessé. Voilà la réalité dont hérite Emmanuel Macron. La France vue de Pékin pèse peu. Et elle est seule. Elle n’a pas su établir avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne (qui reste, malgré le Brexit, un membre important de notre famille) le « pacte européen » qui nous permettrait de peser, ensemble, dans ce très grand pays.

Emmanuel Macron peut-il rétablir la situation ? Pour l’heure, sa politique à l’égard de la Chine n’est pas lisible. Le voyage officiel qu’il a effectué en janvier était une prise de contact - généreusement couverte dans la presse française, au contraire de la presse chinoise. Il faudra de la part du nouveau président des paroles fortes, des actes concrets, des initiatives visibles, pour que les Chinois renouent avec la France un vrai dialogue stratégique.

Les propos d’Emmanuel Macron lors de ce premier déplacement laissent toutefois quelques raisons d’espérer : son attitude, donc, sur le dossier nucléaire ; son intention annoncée de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs stratégiques ; sa prudence sur le projet des « nouvelles routes de la soie » dans lequel il a choisi, malgré les conseils de certains, de ne pas se précipiter, attendant que les modalités de mise en œuvre et les modalités de financement soient mieux connues. Tout cela reflète une lucidité, utile pour dialoguer sereinement avec Pékin.

Le tour de force constitutionnel de Xi Jinping, dorénavant « autorisé » à régner sans limite au-delà de son mandat actuel, peut-il modifier la stratégie diplomatique de la France à l’égard de la Chine et de ses autres partenaires ?

L’objet de la diplomatie est de servir l’intérêt du pays. La France ne peut définir son action extérieure en fonction des évolutions politiques ou constitutionnelles de ses partenaires. Elle doit considérer d’abord l’importance stratégique de chacun des États avec lesquels elle traite, son influence, ses poids économique, démographique, militaire, scientifique, culturel. Le Général de Gaulle s’est fixé cette règle de conduite dans les affaires internationales : la Chine est et restera, quel que soit son régime, un grand partenaire, parmi d’autres, dans un univers multipolaire.

Or si la France a vu son influence décliner au cours des dernières années, c’est parce qu’elle a cessé de pratiquer ce jeu multipolaire, pour se ranger, comme au temps de la guerre froide, dans « un » camp. En se laissant entraîner dans la douteuse opération de « pacification » en Afghanistan, en réintégrant les structures militaires de l’Otan, en suivant plus souvent que nécessaire les initiatives de Washington, en s’amarrant à des « coalitions occidentales » mal définies, la France a renoncé à faire jouer à l’Europe un rôle spécifique. Et la voici aujourd’hui, en Corée ou ailleurs, enchaînée aux initiatives erratiques du président américain… Le retour à une véritable détente sur la planète passe par la reconstitution d’un monde véritablement multipolaire, dont l’Europe doit être un pilier essentiel.

 

Réforme assurance chômage : très critiquée par le Conseil d’Etat

Réforme assurance chômage : très critiquée par le Conseil d’Etat

 

Nombre de dispositions de la réforme de l’assurance chômage ont été très critiquées par le Conseil d’Etat en particulier les mesures emblématiques concernant les démissionnaires, les indépendants et les critères qui envisagent de sanctionner un chômeur qui refuse un emploi. La première critique concerne l’indemnisation des indépendants du fait qu’ils n’ont pas cotisé.  L’extension de l’assurance chômage à certains indépendants en perte d’activité « soulève une difficulté sérieuse au regard du principe d’égalité entre assurés d’un même régime », selon cet avis. En effet, cette allocation « n’est la contrepartie d’aucune cotisation sociale » à la différence des salariés. En outre, « en confiant à la convention d’assurance-chômage le soin de définir les mesures d’application du revenu de remplacement des travailleurs indépendants, le projet du gouvernement implique que ces mesures soient négociées par les syndicats de salariés, qui ne sont pas représentatifs dans ce champ », relève le Conseil d’Etat, qui préfère donc la définir comme « un régime particulier distinct du régime d’assurance », dont les règles d’application seront fixées par décret. Concernant l’octroi d’une assurance chômage aux salariés ayant démissionné pour réaliser un projet de reconversion professionnelle à « caractère réel et sérieux », le Conseil d’Etat souligne que les commissions paritaires régionales chargées de leur évaluation « devront examiner plusieurs dizaines de milliers de projets par an ». « L’étude d’impact, qui n’évalue pas de manière suffisante la charge en résultant [...] et n’identifie pas les moyens permettant d’assurer le bon fonctionnement du dispositif, devra être complétée avant le dépôt du projet au Parlement », préconise-t-il.  Grosse critique aussi concernant  les critères qui définissent «  un emploi raisonnable ». La recherche d’emploi par les chômeurs, le Conseil d’Etat souligne que « le projet du gouvernement permet d’imposer à des demandeurs d’emploi présentant les mêmes caractéristiques des obligations très différentes en ce qui concerne la définition de l’offre raisonnable d’emploi ». Il autorise par exemple « un demandeur d’emploi à refuser des offres ne correspondant pas à son niveau de qualification, alors qu’un autre demandeur d’emploi n’aurait pas la même possibilité ». Ce projet « ne présente donc pas des garanties suffisantes contre le risque d’arbitraire ». Le Conseil d’Etat a donc complété le texte pour prévoir que « le demandeur d’emploi ne peut être contraint d’accepter un emploi qui ne soit pas compatible avec ses qualifications et ses compétences professionnelles ». Pour la ministre Muriel Pénicaud, l’enjeu est « que chaque jeune, chaque salarié, chaque demandeur d’emploi, demain, puisse être dans le siège du conducteur de sa vie professionnelle». Enfin c’est le système de financement qui suscite des interrogations du Conseil d’Etat. Sur le financement du régime d’assurance chômage, le Conseil d’Etat « appelle l’attention du gouvernement sur la situation inédite présentée par l’absence de toute contribution salariale ». En clair on passerait d’un système d’assurance à un système étatique fiancé par l’impôt ; ce qui en change la nature et l’administration.

 

L’UE interdit trois pesticides tueurs d’abeilles

L’UE interdit trois pesticides tueurs d’abeilles

 

Trois  insecticides seront interdits pour toutes les cultures en plein champ mais autorisés dans les serres, a précisé la Commission européenne dans un communiqué (l’imidaclopride, produit par l’allemand Bayer CropScience, du clothianidine de Takeda Chemical Industries et Bayer CropScience, ainsi que du thiaméthoxame du suisse Syngenta.) L’UE avait déjà imposé en 2013 des restrictions pour ces trois insecticides, décision contestée en justice par Bayer et Syngenta devant la Cour européenne de justice qui rendra sa décision le 17 mai. Le groupe Bayer a déploré “une journée noire pour les agriculteurs «. Pourtant les résultats d’études, conduites au Canada et en Europe  publiées jeudi dans la revue américaine Science, révèlent aussi que l’environnement local et l’état de santé des ruches peuvent moduler les effets des néonicotinoïdes, dits pesticides « tueurs d’abeilles » et largement utilisés dans l’agriculture. Mais ces substances chimiques, qui agissent sur le système nerveux des insectes, ont dans l’ensemble « des effets nettement délétères » sur ces pollinisateurs essentiels à de nombreuses récoltes, dont une nette réduction de leur taux de reproduction et une forte augmentation de leur mortalité, concluent ces travaux. Après ces études, « on ne peut plus continuer à affirmer que les néonicotinoïdes dans l’agriculture ne sont pas nuisibles aux abeilles », a réagi David Goulson, professeur de biologie à l’université britannique de Sussex. La première expérience, conduite sur un total de 3.000 hectares au Royaume-Uni, en Allemagne et en Hongrie, a exposé trois espèces d’abeilles à des récoltes de colza d’hiver dont les semences avaient été traitées avec de la clothianidine de Bayer Crop Science, ou avec du thiaméthoxame de Syngenta. Il s’agit de deux des trois néonicotinoïdes interdits temporairement dans l’Union européenne en 2013 en raison des craintes de leurs effets sur la santé des abeilles. Le nouveau projet européen prévoit de les bannir complètement dans les champs mais pas dans les serres !

Banlieues : « Attention aux effets d’annonce » (Bruno Beschizza)

Banlieues : « Attention aux effets d’annonce » (Bruno Beschizza)

Bruno Beschizza, maire Les Républicains d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis se méfie des effets d’annonce. Après le rapport Borloo. Interview JDD.

 

« Près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation » voire, parfois, « d’amnésie de la Nation », écrit Jean-Louis Borloo dans son rapport. Le rejoignez-vous sur son constat?
Le propos est excessif, mais il cherche à éveiller les consciences, quitte à provoquer, afin de susciter une réaction. Jean-Louis Borloo propose, le gouvernement dispos. Quand on connaît l’ancien ministre, on sait qu’il cherche par sa présentation à accrocher. Après, sur le fond, je suis globalement d’accord avec le constat. Et la plupart des propositions qu’il fait vont dans le bon sens. Ma principale crainte, c’est le plan à plusieurs milliards d’euros souhaité par Jean-Louis Borloo.

 

48 milliards d’euros d’investissements de la part de l’Etat, des collectivités locales et des entreprises privées, c’est une enveloppe considérable…
Je fais partie de ces maires qui, ont, en tant que candidats aux municipales de 2014, défendu le bilan de l’Anru 1 [le dispositif lancé par Jean-Louis Borloo en 2004 et qui a créé l'Anru, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, NDLR]. J’ai cru en l’Anru 2, le programme de renouvellement urbain lancé par François Hollande en 2014. A l’époque, 5 milliards d’euros était annoncés. J’ai cru en Emmanuel Macron qui, en novembre dernier à Clichy-sous-Bois, chez nous en Seine-Saint-Denis, a annoncé que le budget de l’Anru 2 passerait de 5 à 10 milliards d’euros. Mais ces chiffres faramineux ne se traduisent pas sur le terrain. En 2020, au moment des prochaines municipales, il n’y aura toujours aucune réalisation concrète dans le quartier classé « Anru 2″ de ma ville d’Aulnay.

 

 

Qu’est-ce qui bloque?
L’argent n’arrive pas pour des raisons essentiellement administratives. L’Anru est devenue un monstre technocratique. J’ai fait une dizaine de comités d’engagement où le maire se retrouve à expliquer et réexpliquer ses projets pour ensuite devoir mandater des bureaux d’études, puis créer des services pour gérer les procédures. Aujourd’hui, quand je vais dans le quartier classé « Anru 2″, je ne peux pas dire « ça, c’est un projet qu’a permis l’action de l’Etat ». Jean-Louis Borloo, dans son rapport, indique qu’il faut d’abord terminer la rénovation des quartiers de « l’Anru 1″ puis de « l’Anru 2″. Mais dans certains cas, cette rénovation n’a même pas commencé! Si déjà une enveloppe de dix milliards d’euros ne trouve aucune traduction dans le réel, pourquoi promettre plus?

 

Le problème vient-il de la seule agence Anru?
La complexité administrative est à tous les niveaux. Nous devons par exemple détruire une barre d’immeuble à Aulnay. Ça fait deux ans que le projet est annoncé, mais nous avons des problèmes de marchés publics, de délais, de décisions administratives… Et pendant ce temps-là, les habitants attendent et ne comprennent pas. Les quartiers populaires sont qualifiés par Jean-Louis Borloo de territoires extra-ordinaires, mais l’Etat leur applique tous les blocages administratifs du droit commun. Bien sûr qu’il faut repenser la structure de l’Anru, mais il y a un problème, plus général et très français, de normes trop lourdes. Résultat : on ne participe pas à recrédibiliser la parole politique auprès des citoyens.

 

 

Le gouvernement a déjà entrepris plusieurs réformes, comme le dédoublement des classes de CP en zones d’éducation prioritaire ou encore la mise en place de la police de sécurité du quotidien (PSQ). Quel bilan faites-vous de ces mesures?
Ce sont de bonnes mesures et je suis le premier, bien que je ne sois pas de leur camp politique, à avoir proposé ma ville pour les expérimenter. Mais le dédoublement des classes de CP, ce n’est pas seulement trouver des professeurs en plus. Il faut aussi faire des travaux dans les écoles. L’Etat demande aux collectivités de les faire, alors qu’il nous retire de l’argent par ailleurs. Aulnay fait partie des laboratoires de la PSQ. Celle-ci a été annoncée le 15 août 2017, mais elle a été repoussée en octobre 2017. En février dernier, on nous a dit que concrètement, tout ça ne se fera qu’au mois de septembre 2018. Non seulement les effets d’annonce ne suivent pas, mais ils font perdre du crédit à l’élu local qui s’est engagé en soutenant ces processus.

 

Jean-Louis Borloo émet notamment l’idée d’une académie des leaders inspirée de l’ENA. Faut-il faire émerger une élite des quartiers?
Le constat est juste : peu de hauts fonctionnaires ont un vécu des quartiers ou des villes populaires. Mais je crois quand même dans le concours à la française. De plus, de nombreux dispositifs existent déjà, comme les cadets de la République [pour devenir gardien de la paix, NDLR], les internats d’excellence ou la formation Sciences Po [pour les jeunes issus des banlieues]. Et presque à chaque fois, la logique financière a abouti à un flop. Plutôt qu’un dispositif novateur, commençons d’abord par mettre de l’argent pour faire avancer ce qui existe.

 

Dans cette logique, pronostiqueriez-vous l’échec du prochain plan banlieues?
Si j’étais pessimiste, j’aurai déjà démissionné comme Stéphane Gatignon [le maire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a quitté ses fonctions avec fracas le 27 mars dernier, NDLR]. Ce n’est pas le cas. De plus, je n’aime pas les gens qui vivent sur l’idée que rien n’a été fait. Ce n’est pas vrai. Beaucoup d’argent public a été donné, investi depuis 2004. Et les choses évoluent. Il ne faut pas noircir le tableau. En revanche, au-delà des problèmes financiers et technocratiques, l’Etat n’a pas mesuré, et ne mesure peut-être pas encore, l’ampleur du retard pris.

 

Y a-t-il eu un rendez-vous raté entre Emmanuel Macron et les banlieues?
Moi, je me retrouve, en tant qu’élu Les Républicains, entre mon parti qui ne parle que de la France rurale et un Président qui ne s’adresse qu’aux grandes métropoles. De nombreux responsables au pouvoir, opposition comprise, ne connaissent pas, n’ont pas l’expérience des quartiers populaires. Certes Emmanuel Macron n’a jamais vécu en banlieue, mais même autour de lui, dans son gouvernement, personne ne comprend une partie de la population. Prenons l’exemple d’un Julien Denormandie [le secrétaire d'Etat qui chapeaute notamment le dossier du logement, NDLR] : il a une belle mécanique intellectuelle, mais il lui manque un vécu d’élu local.

 

 

Et vous diriez la même chose de Laurent Wauquiez?
Je ne suis pas convaincu que les instances dirigeantes de mon parti soient capables de parler des villes populaires. Le sujet ne doit d’ailleurs pas être abordé de manière partisane.

 

Dans son rapport, Jean-Louis Borloo reprend à Manuel Valls l’expression « apartheid » en évoquant « les idées d’inégalité des sexes et de séparation des genres dans l’espace public ». Ce mot vous choque-t-il?
Ce mot m’a toujours gêné. Il est tellement fort, connoté qu’il amène toujours à un débat caricatural. Quand Manuel Valls a utilisé ce mot, en janvier 2015, il parlait du problème de la reconstitution de l’offre [du logement social]. Alors Premier ministre, il défendait l’idée de reconstruire un logement social détruit en dehors du quartier dans lequel il se trouvait. Jean-Louis Borloo utilise aujourd’hui ce mot pour faire de la communication, pour choquer. Moi, je n’ai pas envie de le faire. Tout comme je souhaite bannir du débat des mots comme « stigmatisation ». Oui, nous avons aujourd’hui de l’illettrisme et même de l’illectronisme [une méconnaissance d'Internet et de maîtrise de l'information numérique, NDLR]. Oui, nous avons des inégalités entre les sexes, des problèmes de mobilité chez les femmes. Arrêtons d’utiliser des mots qui renvoient nos quartiers à l’image d’un zoo.

 

6 propositions à retenir du rapport Borloo :

  1. Relancer tous les projets de rénovation urbaine, à l’arrêt faute de budgets
  2. Doubler le nombre d’apprentis et d’alternants en trois ans et déployer à titre provisoire 720 conseillers supplémentaires de Pôle emploi
  3. Créer 30.000 postes et 300 maisons d’assistantes maternelles
  4. Développer la télémédecine et ouvrir 200 maisons de santé supplémentaire
  5. Ouvrir une Académie des leaders, une sorte d’ENA des banlieues

Premier anniversaire du gouvernement : trop de réformes à la va vite et manque d’équilibre

Premier anniversaire du gouvernement : trop de réformes à la va vite et manque d’équilibre

Le gouvernement va fêter son premier anniversaire et le bilan qu’on peut tirer de son action est assez mitigé. Certes on peut noter une vraie volonté réformatrice mais c’est devenu autant un slogan qu’une volonté politique. En effet, certaines reformes sont conduites avec sérieux, elles sont nécessaires ; d’autres le sont aussi mais il faudra y consacrer davantage de temps avec de vraies négociations avec les acteurs concernés. Le Macron justifie cette déferlante réformatrice par sa légitimité. Il faut  rappeler que Macron n’a recueilli au premier tour qu’un score assez médiocre et que pour l’essentiel c’est le rejet de Marine Le Pen qui l’a fait élire et non l’adhésion à son programme. Du coup, cela devrait l’obliger à solliciter largement la négociation pour obtenir uen adhésion plus active au changement. Le problème c’est qu’après avoir balayé l’opposition politique, Macron veut aussi balayer toute intermédiation qu’il s’agisse des partenaires sociaux ou associatifs ou même du parlement. Un parlement composé essentiellement de godillots choisis par Macron par petites annonces sans expérience sociale ou politique, sans originalité et sans charisme. Bref des petits technos aux ordres. C’est surtout la méthode Macron qui est en cause ; Un Macron qui a adopté une posture de monarque républicain et qui impose une sorte de démocratie étatique de type impérial. Certes la conjoncture économique se porte mieux mais on ne peut cependant pas parler de miracle quand la croissance du PIB se limite à 2%. C’est mieux qu’avant mais bien insuffisant pour faire baiser de manière significative le chômage. L’économie se porte mieux c’est certain mais c’est aussi du à la conjoncture internationale. En outre, la politique de Macron manque sérieusement d’équilibre et les plus aisés sont notoirement avantagés par rapport aux efforts demandés aux autres. Pas étonnant que 64% des français soient mécontents de la politique économique est sociale. Dernier élément du bilan, la posture un peu trop professorale voire condescendante de Macron qui a du mal à aire preuve de compassion et de compréhension vis-à-vis des moins favorisés. A son crédit évidemment son culot et son dynamisme mais un peu de modestie et d’écoute seraient bienvenus. Finalement un bilan assez mitigé qui ne garantit pas l’avenir

De plus en plus d’allergies, pourquoi ?

De plus en plus d’allergies, pourquoi ?

 

Les facteurs explicatifs sont nombreux et parfois controversés. Toujours est-il que les allergies se multiplient notamment vis à vis des pollens. En cause d’abord, les conditions de vie qui ont beaucoup évolué en 50 ans, on vit dans des atmosphères de plus en plus confinées et ou de plus en plus polluées. En outre, le système immunitaire est affaibli du fait de l’absorbtion de quantités de produits chimiques y compris de médicaments ; Enfin i y a le bricolage transgénique ; Dans la flore les espèces étaient précédemment relativement fixées et le système immunitaire était capable de lutter contre les pollens en se construisant dès l’enfance. Depuis 50 ans, nombre d’espèce nouvelles et ou bricolées génétiquement ont été implantées et le corps n’est pas immunisé contre ces pollens. D’autres éléments sont aussi à prendre en compte. Reste que de personnes de 60 ans et  plus qui n’avaient jamais été atteintes  par des allergies le sont maintenant et qu’aucune génération n’est  l’abri. Selon la dernière carte de vigilance du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) qui est valable jusqu’au vendredi 27 avril, la quasi-totalité du territoire est touchée par le risque d’allergie.  Ces derniers jours, les concentrations de pollens de bouleaux ont battu des records, essentiellement dans le nord de la France. L’Est est surtout touché par les pollens de frênes et de charmes. Le Sud est, lui, concerné par les pollens de platanes et de chênes. Quant à Paris, la concentration de pollens de bouleaux a déjà battu le record de 1993… alors que la saison n’est pas terminée.  Les pollens de graminées font également leurs premières apparitions en France, ce qui pourrait gêner les personnes allergiques. 

 

L’Unedic : un milliard d’euros de trop versés !

L’Unedic :  un milliard d’euros de trop versés !

 

Un milliard versé en trop par l’Unedic en 2017 pour insuffisance de mise à jour des dossiers. C’est beaucoup évidemment et cela s’explique par la complexité administrative relative à la délivrance des prestations chômage notamment pour ceux qui exercent  une activité à temps partiel. La complexité vaut autant pour l’ouverture des prestations que pour leur cessation. Il faut mettre ce chiffre d’excédent versé en rapport avec notamment le budget, une quarantaine de milliards et le déficit (autour de 4 milliards). .Le déficit de l’assurance chômage se montait à 4,3 milliards l’an dernier. il serait  de 3,8 milliards en 2017, puis de 3,25 milliards l’année suivante. De 30 milliards d’euros l’an dernier, la dette de l’assurance chômage serait de 33,8 milliards cette année, et de 37,1 milliards en 2018. L’Unedic note néanmoins que la dette fin 2018 aurait pu être plus élevée de 600 millions, si les changements impulsés dans le cadre de la nouvelle convention sur l’assurance chômage signée au printemps. Pour le trop perçu, il a augmenté de 36% en trois ans. L’année dernière, 2,3 millions d’indus ont ainsi été notifiés, concernant essentiellement des demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite.  Près de neuf indus sur dix (87%) sont consécutifs à la reprise d’une activité salariée, selon la note de l’Unedic. Dans la plupart de ces cas (62%), l’allocataire a bien déclaré à Pôle emploi avoir travaillé, mais il n’a pas « déclaré » ou « justifié » tous les salaires perçus. Dans les autres cas (38%), l’allocataire a travaillé, mais ne l’a pas déclaré

 

Un référendum organisé par le patron d’Air France

 

Déjà 300 millions de pertes pour AIR France qui veut mettre un terme aux grève en proposant un plan d’augmentation des salaires sur 3 ans. Un plan refusé notamment pas les pilotes. Du coup la direction organise son referendum et met en jeu le mandat du président. Jean-Marc Janaillac, également PDG de la maison mère Air France-KLM, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il remettait son poste en jeu en cas de vote négatif. La direction de la compagnie aérienne estime le coût du mouvement de grève à quelque 300 millions d’euros en comptant l’épisode des 23 et 24 avril. “Je ne vois pas comment je pourrais rester à la tête de l’entreprise” (en cas de vote négatif), a-t-il dit. “Mon avenir personnel n’est rien au regard de l’immense enjeu pour sauver l’avenir d’Air France.”En Bourse, l’action Air France-KLM a chuté à la suite de ces déclarations. A 16h, elle cède encore 4,12% à 8,09 euros, parmi les plus fortes baisses de l’indice SBF 120 (+0,34%).La direction a proposé 2% d’augmentation de salaire en 2018 puis une hausse de 5% sur les trois années suivantes, alors que l’intersyndicale réclame 5,1% rien que pour cette année.“J’ai rejoint Air France pour contribuer à son retour à une place de leader et non pas pour sa chute”, a déclaré Jean-Marc Janaillac, faisant référence à son entrée en fonction en juillet 2016.“Air France perd des clients et les premiers bénéfices qu’elles a gagnés par ses efforts, l’image de la compagnie se détériore. Cette situation est devenue insupportable pour les 90% de salariés non grévistes”, a-t-il poursuivi. La consultation par vote électronique de tous les salariés, la première depuis celle menée en 1994 sous la présidence de Christian Blanc, démarrera le 26 avril et durera jusqu’au début mai, a-t-il dit. Les pilotes d’Air France, consultés mi-mars par référendum par le SNPL, avaient voté à 71% pour la négociation d’une forte hausse des salaires moyennant une grève longue “C’est une déclaration de guerre aux syndicats”, a observé de son côté Grégoire Aplincourt, président du Syndicat national des pilotes d’Air France (Spaf), l’autre organisation représentative dans cette catégorie professionnelle. Le mouvement social, le plus dur depuis les deux semaines de grève des pilotes de septembre 2014, totalise déjà neuf jours depuis le 22 février, auxquels s’ajouteront lundi et mardi prochains, qui coïncideront avec le calendrier de grèves de la SNCF, en pleines vacances scolaires de printemps.

Vitesse : des «voitures radars privées» collecteur d’amendes

Vitesse : des «voitures radars privées» collecteur d’amendes

 

 

 

 

Mise en service dès lundi en Normandie, puis généralisation en France des véhicules collecteurs d’amendes pour VL dépassée.  On comprend la lutte contre la vitesse excessive mais l’objectif des sociétés privées chargés du contrôle sera de faire du chiffre et pas de s’attaquer aux dépassements vraiment accidentogènes. On va surtout collecter les infractions des légers et bref dépassements (notamment dépassements de PL, de voiturette, de tracteurs etc.).Ce qui sera d’autant plus facile avec la limitation à 80km-h Bref davantage uen mesure fiscale qu’une mesure de sécurité. En circulation depuis 2013, les véhicules banalisés des forces de l’ordre qui transportent ces appareils sont dorénavant conduits par des opérateurs privés. Ces derniers remplacent ainsi policiers et gendarmes. En remportant le marché local normand, Mobiom, filiale de l’entreprise Challancin, spécialisée dans la sécurité, est la première société à pactiser avec l’État pour sanctionner les excès de vitesse. «Les usagers de la route vont être contrôlés n’importe où et à tout moment. Cela va être un moyen efficace de faire respecter les vitesses» 

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière Après une période de rodage de plus d’un an, cette nouvelle organisation entre donc dans sa phase répressive. Dès le début de la semaine prochaine, les flashs vont donner lieu à des PV, tout d’abord dans l’Orne et l’Eure, avant de s’étendre cette année à toute la région. Bardées de technologie de pointe, cinq voitures – en l’occurrence des Peugeot 308 – vont circuler dans ces deux départements, puis 21 autres, de marques différentes, vont entrer en service sur les routes normandes. Objectif annoncé par l’État: la généralisation à tout le pays de cette externalisation, fin 2020. À terme, 383 véhicules avec radars intégrés, pouvant flasher les automobilistes circulant sur la même voie ou roulant de face, seront opérationnels.

Ces véhicules vont dorénavant rouler huit heures. Ils tourneront même les jours fériés et la nuit.

Pour éviter toute erreur, au début  une marge technique de 10 % a été arrêtée.

Popularité -opinions Macron

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