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L’hypothèse d’une crise financière

L’hypothèse d’une crise financière

 

La remontée des taux d’intérêt – et la fuite de capitaux qui en découle – associée à la sous-estimation par le système financier des risques climatique, « cyber » et géopolitique fait peser de graves menaces sur l’économie mondiale, alerte, dans une tribune au « Monde », l’économiste Hélène Rey.

Au moment où presque toutes les banques centrales retirent des liquidités de l’économie pour combattre l’inflation, la crainte de crises financières ressurgit avec force. Dans un environnement où les Etats et les secteurs privés sont très endettés et où les prix des actifs sont souvent surévalués, le retournement du cycle financier global est à craindre. Car, plus le resserrement des politiques monétaires est important, plus la création de crédit ralentit, et plus les flux de capitaux se tarissent et les primes de risque augmentent, parfois de façon excessive. La Réserve fédérale américaine joue un rôle particulièrement important pour le cycle financier mondial et donne le ton sur les marchés financiers internationaux : lorsqu’elle coupe les liquidités, l’aversion au risque augmente et la valeur des actifs risqués (bitcoin, actions, etc.) chute.

La situation actuelle rappelle dans une certaine mesure la période précédant la crise de la dette de l’Amérique latine des années 1980, soulignait Richard Portes, professeur à la London Business School et fondateur du Centre for Economic Policy Research (CEPR), lors du premier symposium du CEPR à Paris, le 2 juin, où ce réseau européen de 1 600 chercheurs vient d’installer son siège, auparavant situé à Londres. La montée des taux et l’augmentation des primes de risque pourraient déstabiliser les pays émergents en raison des fuites de capitaux et des crises de change. On peut ajouter que les restructurations de dette qui seront probablement nécessaires seront bien plus difficiles à gérer dans un monde où le multilatéralisme est moribond et où la Chine est un créditeur important mais n’est pas membre du Club de Paris, l’institution réunissant les créanciers publics où se négocient lesdites restructurations.

Au-delà des pays émergents, certaines économies avancées seront aussi sous pression : les risques de fragmentation de la zone euro apparaissent à nouveau avec le retrait de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE). Il est important que des écarts de taux entre pays de la zone existent, car ils reflètent des risques de crédit hétérogènes, mais la BCE ne peut les laisser diverger car cela signalerait un risque d’éclatement de la zone euro.

A ces risques traditionnels de premier ordre se greffe une série de facteurs d’apparition de nouvelles crises. Quand les perceptions des acteurs financiers sur l’activité économique future deviennent plus pessimistes, les actifs préalablement étiquetés comme sûrs et utilisés comme garantie auprès des débiteurs deviennent soudainement douteux, rappelait dans ce même symposium du CEPR Stephen Cecchetti, ancien conseiller économique de la Banque des règlements internationaux (BRI). Leurs prix peuvent alors chuter et entraîner avec eux une partie du système financier.

Électricité : conséquences de Fessenheim réouverture d’une centrale à charbon !

Électricité : conséquences de Fessenheim réouverture d’une centrale à charbon ! 

 

Alors qu’Engie ne cesse de bassiner l’opinion publique avec son énergie électrique verte ( en faite la même énergie qu’EDF puisqu’il
n’y a qu’un seul réseau de distribution, donc de l’énergie d’origine nucléaire), le gouvernement est contraint de relancer une centrale à charbon !

Conséquence indirecte de la démagogie gouvernementale vis-à-vis de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, il faut maintenant réouvrir la centrale à charbon de Saint-Avold: La centrale à charbon  va bien redémarrer l’hiver prochain « à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne » et des tensions sur le marché de l’énergie, a confirmé dimanche le ministère de la Transition énergétique.

 

Et le gouvernement n’hésite pas à déclarer que cette ouverture  « s’inscrit dans le plan de fermeture » et de l’engagement d’Emmanuel Macron de fermer l’ensemble des centrales à charbon en France « demeure inchangé ».

Saint-Avold fait partie des deux dernières centrales à charbon encore raccordées au réseau électrique, après les mises à l’arrêt des centrales du Havre et de Gardanne, en Provence. La seconde encore en activité est celle de Cordemais, située en Loire-Atlantique. Celle-ci aussi devait cesser son activité en 2022, afin de respecter la promesse d’Emmanuel Macron de fermer toutes les centrales à charbon de France d’ici la fin de son mandat. Mais, il y a quelques mois, sa fermeture a été reportée à 2024, voire 2026. Un projet de reconversion a été abandonné par EDF tandis que RTE estime que le soutien de la centrale au réseau est nécessaire alors que la région pâtit des onze années de retard cumulées sur le chantier de l’EPR de Flamanville.

 

 

La menace d’une crise financière

La menace d’une crise financière

 

La remontée des taux d’intérêt – et la fuite de capitaux qui en découle – associée à la sous-estimation par le système financier des risques climatique, « cyber » et géopolitique fait peser de graves menaces sur l’économie mondiale, alerte, dans une tribune au « Monde », l’économiste Hélène Rey.

Au moment où presque toutes les banques centrales retirent des liquidités de l’économie pour combattre l’inflation, la crainte de crises financières ressurgit avec force. Dans un environnement où les Etats et les secteurs privés sont très endettés et où les prix des actifs sont souvent surévalués, le retournement du cycle financier global est à craindre. Car, plus le resserrement des politiques monétaires est important, plus la création de crédit ralentit, et plus les flux de capitaux se tarissent et les primes de risque augmentent, parfois de façon excessive. La Réserve fédérale américaine joue un rôle particulièrement important pour le cycle financier mondial et donne le ton sur les marchés financiers internationaux : lorsqu’elle coupe les liquidités, l’aversion au risque augmente et la valeur des actifs risqués (bitcoin, actions, etc.) chute.

La situation actuelle rappelle dans une certaine mesure la période précédant la crise de la dette de l’Amérique latine des années 1980, soulignait Richard Portes, professeur à la London Business School et fondateur du Centre for Economic Policy Research (CEPR), lors du premier symposium du CEPR à Paris, le 2 juin, où ce réseau européen de 1 600 chercheurs vient d’installer son siège, auparavant situé à Londres. La montée des taux et l’augmentation des primes de risque pourraient déstabiliser les pays émergents en raison des fuites de capitaux et des crises de change. On peut ajouter que les restructurations de dette qui seront probablement nécessaires seront bien plus difficiles à gérer dans un monde où le multilatéralisme est moribond et où la Chine est un créditeur important mais n’est pas membre du Club de Paris, l’institution réunissant les créanciers publics où se négocient lesdites restructurations.

Au-delà des pays émergents, certaines économies avancées seront aussi sous pression : les risques de fragmentation de la zone euro apparaissent à nouveau avec le retrait de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE). Il est important que des écarts de taux entre pays de la zone existent, car ils reflètent des risques de crédit hétérogènes, mais la BCE ne peut les laisser diverger car cela signalerait un risque d’éclatement de la zone euro.

A ces risques traditionnels de premier ordre se greffe une série de facteurs d’apparition de nouvelles crises. Quand les perceptions des acteurs financiers sur l’activité économique future deviennent plus pessimistes, les actifs préalablement étiquetés comme sûrs et utilisés comme garantie auprès des débiteurs deviennent soudainement douteux, rappelait dans ce même symposium du CEPR Stephen Cecchetti, ancien conseiller économique de la Banque des règlements internationaux (BRI). Leurs prix peuvent alors chuter et entraîner avec eux une partie du système financier.

Covid: Le danger d’une nouvelle vague

Covid: Le danger d’une nouvelle vague

Encore 50 000 contamination supplémentaire en 24 heures hier 16 juin 2022 et une moyenne journalière qui tourne autour de 30 000 de toute évidence la pandémie est encore loin d’être terminée. Pire, une nouvelle vague assez forte pourrait intervenir au début de l’automne car la plupart des indicateurs sont déjà à la hausse.

 

Le taux de positivité, soit la proportion des tests qui sont positifs parmi l’ensemble des tests, est aussi en hausse. Au 12 juin, il était à 18,33%, souligne Covid-Tracker. Tandis que du côté des hopitaux, on recensait ce mercredi en moyenne 55 admissions en soins critiques pour Covid-19 chaque jour, en hausse de 22% en une semaine.

D’après France Info,pour  le moment, pas de saturation, mais les médecins alertent sur le risque d’une nouvelle vague à l‘automne. « La courbe épidémique est exponentielle en France, cela ressemble à une nouvelle vague qui a l’air d’être menée par ces nouveaux variants BA.4 et BA.5 d’Omicron. La vague va concerner toutes les régions de France métropolitaine », alerte auprès de nos confrères de France info Antoine Flahault, épidémiologiste.

« Le véritable risque, c’est de tomber dans une espèce de complaisance, qu’en fin de compte on passe le cap de l’été et qu’on se retrouve rattrapés par une vague automnale. Il faut donc anticiper et ça, c’est inédit », prévient Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

 

Écologie–L’illusion d’une transition énergétique rapide

ÉcologieL’illusion d’une transition énergétique rapide

 

Les auteurs du dernier rapport du GIEC cèdent à la tentation de croire que les énergies « vertes » peuvent se substituer rapidement à leurs homologues fossiles, estime Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique au « Monde ».

 

Combien de temps pourrait prendre la transition énergétique tant désirée ? Dans le rapport d’avril du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), cette question est omniprésente. Au détour d’un paragraphe du chapitre 2, les historiens de l’énergie et les sociologues de l’innovation sont mobilisés pour tenter d’y répondre.

Ces sociologues, parfois eux-mêmes contributeurs du GIEC, se fondent sur quelques cas historiques pour livrer un message optimiste. « Les transitions énergétiques peuvent avoir lieu plus rapidement que par le passé », peut-on lirePour preuve quelques exemples bien choisis : la diffusion rapide des ampoules basse consommation en Suède, des voitures électriques en Norvège et en Chine ou encore le programme nucléaire français des années 1980. Leur optimisme se fonde sur un modèle omniprésent en prospective : la « courbe en S », ou courbe de diffusion logistique. L’innovation se propagerait d’abord lentement, s’améliorerait peu à peu à l’abri de conditions favorables, avant que, devenue compétitive, elle se propage soudainement dans le vaste monde, jusqu’à éliminer ses concurrents.

Cette vision darwinienne, concurrentielle et « substitutioniste » des technologies est très populaire dans les business schools – elle a d’ailleurs fort à voir avec la fameuse « innovation disruptive » de Clayton Christensen (1952-2020), expliquée dans The Innovator’s Dilemma (Le Dilemme de l’innovateur, Valor, 2021). Elle est aussi très attrayante dans le contexte climatique actuel : face à la prodigieuse lenteur de la transition (en 2020, les fossiles occupaient toujours 80 % du mix énergétique, soit autant qu’il ya trente ans), la courbe en S nourrit l’espoir d’un basculement possible et soudain vers les renouvelables. Inutile, donc, de se morfondre devant la stabilité des moyennes globales, car celles-ci masqueraient le redressement à venir de la courbe de diffusion des énergies décarbonées.

On comprend pourquoi ces travaux ont acquis un poids scientifique considérable, alors même que ses fondements historiques sont faux. Le problème est qu’ils appliquent à l’énergie un modèle logistique de substitution. Déjà problématique dans le cas des techniques – l’aspirateur n’a pas fait disparaître le balai, le béton n’a pas envoyé les briques aux oubliettes, etc. –, son application est franchement critiquable dans le cas des énergies. En effet, ces dernières entrent autant en compétition qu’en symbiose ; leur histoire est autant celle de substitutions que de synergies.

L’illusion d’une transition énergétique rapide

L’illusion d’une transition énergétique rapide

 

Les auteurs du dernier rapport du GIEC cèdent à la tentation de croire que les énergies « vertes » peuvent se substituer rapidement à leurs homologues fossiles, estime Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique au « Monde ».

 

Combien de temps pourrait prendre la transition énergétique tant désirée ? Dans le rapport d’avril du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), cette question est omniprésente. Au détour d’un paragraphe du chapitre 2, les historiens de l’énergie et les sociologues de l’innovation sont mobilisés pour tenter d’y répondre.

Ces sociologues, parfois eux-mêmes contributeurs du GIEC, se fondent sur quelques cas historiques pour livrer un message optimiste. « Les transitions énergétiques peuvent avoir lieu plus rapidement que par le passé », peut-on lirePour preuve quelques exemples bien choisis : la diffusion rapide des ampoules basse consommation en Suède, des voitures électriques en Norvège et en Chine ou encore le programme nucléaire français des années 1980. Leur optimisme se fonde sur un modèle omniprésent en prospective : la « courbe en S », ou courbe de diffusion logistique. L’innovation se propagerait d’abord lentement, s’améliorerait peu à peu à l’abri de conditions favorables, avant que, devenue compétitive, elle se propage soudainement dans le vaste monde, jusqu’à éliminer ses concurrents.

Cette vision darwinienne, concurrentielle et « substitutioniste » des technologies est très populaire dans les business schools – elle a d’ailleurs fort à voir avec la fameuse « innovation disruptive » de Clayton Christensen (1952-2020), expliquée dans The Innovator’s Dilemma (Le Dilemme de l’innovateur, Valor, 2021). Elle est aussi très attrayante dans le contexte climatique actuel : face à la prodigieuse lenteur de la transition (en 2020, les fossiles occupaient toujours 80 % du mix énergétique, soit autant qu’il ya trente ans), la courbe en S nourrit l’espoir d’un basculement possible et soudain vers les renouvelables. Inutile, donc, de se morfondre devant la stabilité des moyennes globales, car celles-ci masqueraient le redressement à venir de la courbe de diffusion des énergies décarbonées.

On comprend pourquoi ces travaux ont acquis un poids scientifique considérable, alors même que ses fondements historiques sont faux. Le problème est qu’ils appliquent à l’énergie un modèle logistique de substitution. Déjà problématique dans le cas des techniques – l’aspirateur n’a pas fait disparaître le balai, le béton n’a pas envoyé les briques aux oubliettes, etc. –, son application est franchement critiquable dans le cas des énergies. En effet, ces dernières entrent autant en compétition qu’en symbiose ; leur histoire est autant celle de substitutions que de synergies.

Le danger d’une remontée trop brusque des taux

Le danger d’une remontée trop brusque des taux 

 

Le financier Daniel J. Arbess s’inquiète, dans une chronique au « Monde », d’une trop vive remontée des taux aux Etats-Unis au moment où la croissance s’effondre.

 

Les banques centrales sont vivement critiquées pour s’être laissé aller et être « en retard » sur l’inflation. Mais ce n’est pas le cas. Les politiques publiques et la géopolitique ont empêché les banquiers centraux de normaliser leur politique monétaire avant que l’inflation ne fonde sur eux. Les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement chinoises et russes ont heurté de plein fouet la demande artificielle créée par les chèques que le département du Trésor a envoyés aux Américains.

La marge de manœuvre pour un resserrement monétaire qui n’entraînerait pas l’économie dans la récession est très faible, d’autant que les modestes restrictions financières opérées lui font déjà perdre de la vitesse. Dans un environnement économique de long terme caractérisé par la dette (en hausse), la démographie (vieillissante) et la disruption technologique (qui déplace le travail et la demande), une désinflation persistante est plus dangereuse qu’une inflation épisodique.

 

Rétrospectivement, il est évident que les banques centrales ont été contraintes par les directions politiques de retarder leurs mesures de normalisation quand l’économie était encore forte, en 2018. Lorsque la pandémie a frappé, l’administration Trump et le Congrès, pris de panique, ont ordonné au Trésor d’emprunter des milliers de milliards de dollars pour financer les versements directs aux ménages. En 2021, l’administration Biden a réitéré le dispositif. Ces nouvelles émissions de titres ont été achetées par la Réserve fédérale (Fed), dont le bilan est passé au cours des deux dernières années de 4 000 à 9 000 milliards de dollars (neuf fois le niveau de la mi-2008). Les conséquences étaient prévisibles. Comme l’affirmait Milton Friedman, plus d’argent en quête d’une production inchangée de biens et de services, cela signifie des prix plus élevés.

Normalement, la Fed pourrait augmenter ses taux pour ralentir l’excès de la demande le temps nécessaire pour rattraper le retard de l’offre. Mais, cette fois, la coïncidence de la géopolitique et de la dynamique de reprise post-pandémie a produit non seulement une brusque hausse de la demande, mais un retard de l’offre.

Heureusement, comme les consommateurs ont dépensé leurs chèques de relance, les dernières données disponibles suggèrent que l’inflation atteint son maximum. Et elle devrait baisser à mesure que les entreprises rétablissent les chaînes d’approvisionnement.

Borne: Portrait d’une techno qui slalome dans les gouvernements

Borne: Portrait d’une techno

 

En dépit de la transparence quasi totale de la nouvelle première ministre, BFM a réussi à rendre compte du CV d’Élisabeth Borne d’une pauvreté politique à pleurer.

 

Ministre depuis 2017 et le tout début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, Élisabeth Borne vient d’être nommée Première ministre en remplacement de Jean Castex. Elle partage avec son prédécesseur un profil technique, en plus de maîtriser les sujets écologiques et sociaux recherchés par le président, à qui elle ne devrait pas faire d’ombre à l’avenir.

Après des jours de suspense, c’est finalement Élisabeth Borne qui devient Première ministre après la démission de Jean Castex ce lundi. C’est la seconde fois qu’une femme accède à ce poste depuis Édith Cresson en mai 1991. L’ancienne cheffe de gouvernement de François Mitterrand lui a d’ailleurs souhaité, par anticipation, « beaucoup de courage » dimanche.

La désormais ex-ministre du Travail, âgée de 61 ans, faisait partie des noms qui circulaient, depuis la réélection d’Emmanuel Macron, pour arriver à Matignon. Il faut dire qu’elle coche toutes les cases citées par le chef de l’État qui expliquait, au lendemain de sa réélection, chercher un visage « attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive ».

Diplômée de l’Ecole Polytechnique et des Ponts et Chaussées, cette Parisienne de naissance, pupille de la Nation, se dirige dès le début de sa carrière vers le ministère de l’Équipement avant de rejoindre le cabinet de Lionel Jospin à l’Éducation nationale puis celui de Jack Lang. Nommé à Matignon en 1997 lors de la dernière cohabitation, le Premier ministre socialiste de l’époque pense à elle pour devenir sa conseillère technique chargée des transports.

Un beau tremplin, qui lui permettra d’être nommée ensuite à la direction de la stratégie de la SNCF avant de rejoindre quelques années plus tard le groupe de construction Eiffage.

La haute-fonctionnaire veille pendant cette période à entretenir ses réseaux socialistes pendant le second quinquennat de Jacques Chirac et le mandat de Nicolas Sarkozy. De 2008 à 2013, Élisabeth Borne est ainsi en poste à la Mairie de Paris, comme directrice générale de l’urbanisme, alors dirigée par Bertrand Delanoë.

 

Après l’élection de François Hollande, elle devient préfète de la Région Poitou-Charentes et de la Vienne. En 2014, cette fan de course à pied est finalement nommée directrice de cabinet de Ségolène Royal, qui dirige alors le ministère de l’Écologie.

Élisabeth Borne travaille alors main dans la main avec un certain Alexis Kohler, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, sur le sujet des autoroutes. En 2015, elle est nommée à la tête de la RATP. Alexis Kohler qui est devenu secrétaire général de l’Elysée depuis mai 2017 glisse alors son nom à l’oreille du tout nouveau président.

De quoi lui permettre de rejoindre le gouvernement d’Édouard Philippe en tant que ministre chargée des Transports, sous l’autorité du ministre de l’Écologie de l’époque, Nicolas Hulot.

Après le départ fracassant de l’ancienne star télévisée, elle ambitionne de le remplacer. Mais c’est finalement François de Rugy qui est nommé, avant d’être contraint à la démission après « l’affaire des homards ». Son tour est alors venu.

Mais Élisabeth Borne connaît aussi ses propres zones de turbulence. Alors qu’elle a réussi à porter une très épineuse réforme de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et la fin du recrutement sous le statut d’agent des nouveaux salariés, elle est pointée du doigt fin 2019.

 

En pleine grève de la SNCF contre la réforme des retraites, au moment où le gouvernement sort la tête de l’eau après la crise des gilets jaunes, Le Parisien révèle qu’elle passe ses vacances à Marrakech, au Maroc. Si ces congés sont remarqués, c’est qu’elle est chargée des discussions avec les syndicats ferroviaires et qu’Emmanuel Macron a appelé ses ministres à se mobiliser sur le terrain pendant les fêtes.

Face à la polémique, d’autant plus forte que des milliers de Français peinent à rejoindre leur famille pour Noël par le train, son cabinet tente d’éteindre le feu.

« L’important est qu’elle est totalement joignable et mobilisable, en lien permanent avec son cabinet et ses secrétaires d’État, et qu’elle peut être de retour à Paris en quelques heures », assure ainsi son entourage.

 

L’affaire ne laissera pas de trace. Élisabeth Borne est même nommée quelques mois plus tard ministre du Travail. La loi pour l’orientation des mobilités qui vise à incarner « l’écologie du quotidien » a été un succès aux yeux d’Emmanuel Macron et le président ne compte pas se séparer de cette très bonne technicienne.

Rue de Grenelle, elle planche notamment sur le durcissement des règles de l’assurance chômage et confirme sa réputation de travailleuse au fait des arcanes ministérielles. Un bon profil, de fait, en vue de la future réforme des retraites, promise par le pouvoir.

En choisissant la sexagénaire, Emmanuel Macron fait donc le choix d’un profil qui ne devrait pas lui faire d’ombre, tout comme cela a pu être le cas de Jean Castex pendant ses 20 mois passés à Matignon.

Il ne reste plus qu’à Élisabeth Borne de gagner aux législatives dans le Calvados, pour sa toute première élection au suffrage universel.

Bref le parcours inverse du militant de base ! Ou le triomphe de la république des technos !

Réforme des retraites : Les difficultés d’une consultation constructive

Réforme des retraites : Les difficultés d’une consultation constructive

 

L’avocat Jacques Barthélémy et l’économiste Gilbert Cette rappellent, dans une tribune au « Monde », que le champ du dialogue social a déjà été considérablement élargi à l’échelle des entreprises, mais que c’est au Parlement de trancher sur les réformes au niveau national.

 

La question d’une véritable concertation entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux sur les réformes que les premiers voudraient engager dans le domaine social, comme celle des retraites, se pose en effet. Mais les difficultés seront nombreuses compte tenu de la division syndicale.

 

Le dialogue social a pourtant connu de profondes mutations ces deux dernières décennies. Au niveau interprofessionnel d’abord. La loi Larcher du 31 janvier 2007 stipule que toute réforme touchant aux relations de travail, à l’emploi ou à la formation professionnelle doit obligatoirement faire l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux en vue d’une négociation nationale interprofessionnelle. Cette évolution a transformé les partenaires sociaux en prélégislateurs, via des accords nationaux interprofessionnels (ANI). Des ANI ambitieux ont ainsi été conclus, ensuite transposés dans le droit positif, comme celui du 11 janvier 2008 créant la rupture conventionnelle ou celui du 11 janvier 2013 créant le compte personnel de formation. Mais l’ambition et la force normative des ANI ont ensuite diminué, du fait des difficultés à réunir un nombre suffisant de signataires parmi les syndicats de salariés, comme en témoigne l’échec de la négociation sur le dialogue social en janvier 2015. La CGT s’illustre d’ailleurs par sa fréquente absence de signature. Les ANI sur le télétravail du 26 novembre 2020 ou sur la santé au travail du 10 décembre 2020 sont dans cette logique et apparaissent surtout comme un énoncé de principes.

Au niveau des branches et des entreprises, la place laissée aux partenaires sociaux pour décider de normes dans de nombreux domaines a été élargie par des réformes successives. La dernière d’importance a été opérée par les ordonnances travail de septembre 2017 et la loi Pénicaud de mars 2018, instaurant une double supplétivité, autrement dit un renversement de la hiérarchie des normes. Supplétivité des règles inscrites dans le code du travail par rapport à celles issues de la négociation collective, dans les limites des droits fondamentaux et du droit supranational. Et supplétivité des normes issues de conventions de branches vis-à-vis de celles issues de conventions d’entreprise, dans les limites de « l’ordre public professionnel » défini par les premières. Ces évolutions ont été rendues possibles par les transformations des critères de représentativité des syndicats, amorcées par la position commune signée le 9 avril 2008 par les seules CFDT et CGT, côté syndicats de salariés, qui remplace une représentativité de droit par une représentativité basée sur les résultats des élections professionnelles.

Macron II: La menace d’une crise sociale

Macron II: La menace d’une crise sociale

Un crise sociale qui pourrait menacer le nouveau mandat d’Emmanuel Macron

Analyse dans un papier de « Tribune »

Et si le plus dur était devant lui ? Emmanuel Macron a promis des réformes difficiles, au premier rang desquelles la réforme des retraites qu’il espère mener rapidement, dès l’automne. Pas de référendum, ni d’ordonnances prévus, mais impossible d’écarter toutefois un possible recours au 49.3, a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, ce lundi 25 avril. En précisant qu’il ne pouvait donner aucune garanties, car il n’était pas sûr d’être au gouvernement dans quelques semaines…

Et pour cause, même à 64 ans – au lieu des 65 ans prévus initialement-, le départ de l’âge légal à la retraite suscite les levées de boucliers de tous les syndicats. Même adoucie avec quelques mesures supplémentaires de pénibilité, ou pour les seniors, la réforme envisagée par Emmanuel Macron ne recueille que des critiques.

Et les syndicats sont unanimes. Ils n’en veulent pas. Laurent Berger, chef de file du syndicat réformiste CFDT a beau avoir souligné, le soir de la victoire d’Emmanuel Macron, dans un tweet « que le pire soit évité », il prévient : « près de 42 % des votes pour l’extrême droite font que rien ne pourra et ne devra être comme avant ». Un message en forme d’avertissement pour le locataire de l’Elysée. La CFDT ne cache pas qu’étant donné l’état du pays, elle aura de fortes exigences sur le fond des réformes mais aussi sur la méthode, et ne bradera en rien son soutien.

Si la plupart des organisations syndicales ont, ainsi, appelé à faire barrage à Marine Le Pen, elles n’ont pas donné un blanc-seing à Emmanuel Macron. Loin de là. « On prépare d’ores et déjà nos banderoles, car cette politique libérale, on n’en veut plus… c’est d’ailleurs à cause d’elle que le RN est si haut « , confie un membre de la CGT. Dans les centrales, certains sont obligés de tempérer leurs troupes, qui s’échauffent pour un troisième tour social. « Si le pays n’a pas basculé du côté des extrêmes, c’est aussi parce que les syndicats ont été responsables, et n’ont pas mis de l’huile sur le feu », plaide le leader d’une organisation. « Emmanuel Macron doit avoir pleinement conscience de notre rôle ». Pour nombre d’adhérents, Le 1er mai, qui tombe cette année entre l’élection présidentielle et le scrutin des législatives, aura valeur de tour de chauffe. Toutes les organisations de la FSU, à la CGT, en passant par des ONG et des associations  défileront ensemble. Comme toujours la CFDT fera un événement à part.

Quant au changement de méthode prôné par Emmanuel Macron ? Les syndicats attendent de juger sur pièces. Le premier quinquennat  les a rendus prudents. Les ordonnances travail, la réforme de l’assurance chômage,  ou encore le passage en force, via le 49,3 de la réforme des retraites après 55 jours de grève…  ont laissé des traces. Les syndicats se sont sentis méprisés et peu écoutés.

Le Président promet, toutefois, cette fois, d’être dans la concertation et la négociation. Sur les retraites, par exemple, il promet d’organiser une conférence sociale avec les partenaires sociaux  » sur les progrès sociaux » très rapidement.  » Certes, mais je ne crois pas beaucoup à ces grandes messes, c’est de l’affichage « , commente Yves Veyrier, le numéro un de FO. Et d’ajouter  » sur les retraites, je conteste le recul de l’âge légal, qui était surtout un marqueur politique dans la campagne pour chasser des voix à droite ».

« Comme il sait déjà où il veut aller, les marges de manœuvre seront minimes « , regrette déjà un syndicaliste de la confédération des cadres, la CFE-CGC.

La CGT est également dubitative :  » Quand j’ai entendu Bruno Le Maire sur France info dire ce matin qu’ils étaient prêts à enclencher le 49.3 sur les retraites, j’ai pensé qu’en fait rien n’avait changé, que l’histoire de la nouvelle méthode était un leurre. Chassez le naturel, il revient au galop », raconte Philippe Martinez à la Tribune.

De son côté, la CFDT attend de voir, et espère  »une réelle co-construction », sans quoi elle table sur l’embrasement du pays à l’automne….

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on cherche des gages à donner aux centrales sur son changement. Entre les deux-tours, le candidat a appelé personnellement chaque leader syndical.

Mais, en réalité, ce n’est pas tant du côté des syndicats que l’on craint les débordements les plus éruptifs . « Ca fait partie du décorum français de manifester pour les retraites », dit un ministre,  » en revanche, des explosions sociales qui leur échappent peuvent être fatales et nous empêcher de gouverner « .

Autrement dit, la véritable inquiétude concerne la reprise d’une contestation de type Gilets jaunes, hétérogène, qui cristalliserait toutes les colères, et notamment celles qui ne se sont pas exprimées dans les urnes. Le risque serait alors que la rue prenne le pas sur la vie démocratique.

 

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Croissance : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Économie : Les risques d’une stagnation de l’activité

Le choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune)
 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

 

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

 

 

 

Percuté par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron entend s’appuyer sur son bilan économique pour briguer un second mandat, malgré un programme qui semble peiner à convaincre, souligne Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Tellement certain d’être réélu face à Marine Le Pen, le président monarque n’a guère pris de temps et de soins pour préparer la campagne électorale. Il a sans doute considérer que sa personnalité et sa supériorité seront suffisantes pour lui assurer la victoire. Le problème c’est que d’une part le bilan n’est pas évident notamment sur le plan économique et que les promesses paraissent particulièrement brouillonnes et manquent sérieusement de hauteur et de perspectives .Bref le président s’aperçoit peut-être tardivement qu’il serait temps de prendre la campagne électorale un peu au sérieux car les sondages désormais menacent

 

 

Chronique.

 

C’est peu dire qu’il était attendu. Après des semaines de spéculations en tous sens sur le fond et la forme, Emmanuel Macron a finalement choisi de présenter son programme lors d’une conférence de presse devant plusieurs dizaines de journalistes, le 17 mars. Exit, l’effervescence interrogative qui accompagnait le même exercice cinq ans plus tôt, en mars 2017. A l’époque, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et ministre de l’économie, qui avait démissionné quelques mois plus tôt pour se lancer en solo, faisait figure d’outsider, promettant de rebattre les cartes du jeu politique. Entouré d’économistes de renom (Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin, Philippe Aghion…), il avait aussi à cœur d’asseoir sa crédibilité, notamment en matière de politique économique.

Cinq ans plus tard, c’est un président éprouvé par trois crises majeures – sociale, avec les « gilets jaunes », sanitaire, avec le Covid-19, géopolitique, avec la guerre en Ukraine – qui se présente pour un second mandat. Et c’est davantage comme un professeur devant ses élèves, avec une présentation en plusieurs parties et sous-parties égrenée durant plus de quatre heures, qu’est apparu le chef de l’Etat.

Mesures amendées dans les jours suivants par son entourage ou le gouvernement, comme le RSA conditionné à quinze ou vingt heures d’activité ou de formation, chiffrage approximatif ne disant rien de la réelle manière de faire les économies nécessaires pour financer les dépenses engagées… Le président candidat n’est pas parvenu à dissiper l’impression d’éparpillement et d’impréparation, les jours suivants.

Macron compte sur son bilan

Pourtant, jurent ses soutiens, en amont, le travail a été fait : réunions de commissions, envoi de notes… Alors, manque de temps ? D’intérêt ? Depuis un mois, l’invasion russe bouleverse le calendrier du président, qui a longtemps espéré bénéficier d’une « fenêtre » plus apaisée pour se présenter après les deux années de pandémie. Elle modifie aussi les priorités des Français, toujours plus soucieux de leur pouvoir d’achat.

« Soit Macron et Kohler [le secrétaire général de l’Elysée] n’ont pas eu le temps de se pencher sur les détails du projet, et d’arbitrer précisément – or, s’ils ne tranchent pas, personne ne le fait –, soit ils ont voulu se laisser de la marge de manœuvre », lâche, déconcerté, un soutien de la première heure.

idat compte sur un élément majeur pour continuer à le porter : son bilan. Bilan économique avec le redressement de l’économie et la baisse du chômage, qui a atteint 7,4 % fin 2021, et capacité à traverser lesdites crises. Le 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a insisté sur sa « crédibilité liée aux cinq dernières années » : « Je tâche de faire ce que je dis et j’essaie de dire à chaque fois ce que je fais. »

La promesse d’une police de proximité par les chasseurs !!!!

La promesse d’une police de proximité par les chasseurs !!!!

 

En politique,  beaucoup n’hésitent  vendre leur âme et certains vendent  y compris ce qui ne leur appartient pas comme les voix de leur organisation. Ainsi celle de la fédération des chasseurs vendues à Macron contre certaines promesses comme par exemple l’invraisemblable police de proximité assurée par les chasseurs. Quand on connaît la sociologie des chasseurs il y a tout lieu de s’interroger. Certes l’activité de chasseurs est honorable comme la personnalité de ceux qui s’adonnent ; une activité qui mérite cependant la mise en place d’une régulation pour concilier les intérêts de tous,  en même temps qu’assurer la sécurité des promeneurs. En gros,  la sociologie des chasseurs ne se confond pas avec celle de l’Académie française. La chasse rassemble surtout le milieu populaire et des couches moyennes qui ne se caractérisent pas par un haut niveau intellectuel et politique. De ce point de vue, la chasse à courre ne fait pas exception si l’on prend en compte tous ceux qui suivent cette activité.

Donner une mission de police rurale aux chasseurs fait froid dans le dos quand on connaît l’état d’ivresse souvent avancée des chasseurs après regroupement au rendez-vous ; sans parler de l’idéologie d’extrême droite qui anime la plupart d’entre eux . Un sondage montrerait facilement qu’une grosse majorité se situent politiquement à l’extrême droite. Surtout parmi les ruraux qui pourtant n’ont pas  souvent l’occasion de voir le nez du moindre immigré. L’analyse des élections récentes le démontre .

 

Cette proposition de constitution d’une police de proximité constitue une véritable provocation. Elle s’ajoute à cette déclaration d’un président des chasseurs qui ne fait pas dans la dentelle en se déclarant en faveur de Macron. Cette posture mérite à elle seule d’engager rapidement une réflexion sur la régulation d’une activité actuellement un peu trop le contrôle de poujadistes irresponsables.

Ukraine : Poutine pris au piège d’une rencontre avec Zelensky

Ukraine : Poutine pris au piège d’une rencontre avec  Zelensky

 

D’après les négociateurs ukrainiens, les conditions sont suffisantes pour une rencontre Zelensky-Poutine.

Une belle nouvelle évidemment si cela peut déboucher sinon sur un accord au moins sur un arrêt des combats.
Reste qu’il s’agit d’ores et déjà d’une véritable claque pour Poutine qui avait nié l’existence de l’Ukraine et la légitimité de son président considéré comme un un clown voie comme un drogué voir .

De son côté, l’Ukraine montre ainsi son sens des responsabilités et remet aussi à niveau la posture politique de son président.
Une couleuvre qui sera difficile à avaler pour Poutine qui a toujours affiché le plus grand mépris vis-à-vis des dirigeants de l’Ukraine.

Le seul fait d’envisager une rencontre Zelensky-Poutine témoigne de la défaite du dictateur russe.

Pour preuve des difficultés à se résoudre un jour à une rencontre, Poutine envoie des seconds couteaux dans les négociations pour ne pas se compromettre. Mais des seconds couteaux suffisamment importants pour d’ores et déjà engager des négociations incontournables si Poutine ne veut pas faire plonger la Russie dans une crise politique et économique encore plus dramatique.

Les pourparlers entre la Russie et l’Ukraine mardi à Istanbul ont été «substantiels» et ouvrent la voie à une rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky pour mettre fin au conflit qui a débuté il y a plus d’un mois, ont estimé les négociateurs des deux camps après trois heures de discussions.

A l’issue de ces négociations qui se tenaient au palais de Dolmabahçe à Istanbul, le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a fait état de «discussions substantielles» et dit que les propositions «claires» de l’Ukraine en vue d’un accord allaient être «étudiées très prochainement et soumises au président» Vladimir Poutine.

Il a estimé qu’un sommet entre Poutine et Zelensky serait possible en cas d’accord pour mettre fin aux hostilités. Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, Moscou avait toujours écarté cette proposition de Kiev.

Signe que les discussions ont avancé, le vice-ministre de la Défense russe Alexandre Fomine a annoncé que Moscou allait «réduire radicalement (son) activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv», dans le nord du pays, les négociations sur un accord sur la neutralité de l’Ukraine «entrant dans une phase pratique».

 

L’association, premier fondement d’une démocratie

L’association, premier fondement d’une démocratie

 

Face aux limites de propositions plus consultatives que participatives, tels que la convention citoyenne ou le référendum d’initiative citoyenne, le sociologue plaide dans une tribune au « Monde » pour une vie associative puissante et soutenue. Bref, une démocratie du quotidien opposée à certaines consultations déviantes populistes.

 

Tribune.

 

La résistance des démocraties se pose brutalement avec l’invasion de l’Ukraine et nous interroge sur notre propre crise de la représentation et plus généralement sur la « fatigue » démocratique. En France, la campagne présidentielle, si écourtée soit-elle, ne peut esquiver le sujet de la participation citoyenne.

Les propositions ne manquent pas de la part des candidats, des politistes ou des mouvements citoyens pour renforcer la participation, hors des élections elles-mêmes. Depuis les conventions citoyennes, en passant par les référendums d’initiative citoyenne (RIC), jusqu’à la participation des citoyens au travail législatif ou à une Assemblée constituante, pour citer l’essentiel.

Chaque dispositif présente bien sûr des avantages et des inconvénients, mais tous souffrent des mêmes limites qui ne permettent pas de répondre aux fortes attentes des Français pour une participation la plus large possible. L’ambition de refondation démocratique est pourtant à ce prix.

La première grande limite tient à l’intermittence des formules de participation. On ne réunira pas une convention citoyenne tous les mois, on ne proposera pas un référendum plus d’une fois par an, les citoyens ne passeront pas leur temps à légiférer, et l’organisation d’une Constituante pour une VIe République est un fusil à un coup. La quête d’une démocratie permanente ou continue n’y trouvera pas son compte.

Des « votations » trop limitatives

La deuxième limite porte sur la faible participation effective. Evidente pour les conventions citoyennes qui réunissent tout au plus 150 personnes tirées au sort. Leur représentativité est discutable en raison d’un échantillon réduit de volontaires disponibles, particulièrement motivés par le sujet, ce qui les distingue du reste de la population. Certes, les Français intéressés peuvent participer au débat par procuration, mais sans participation effective du plus grand nombre. Même dans un processus élargi de référendum, les « votations », pour reprendre le terme et l’exemple de la Suisse, se situent autour d’une moyenne de participation de 42 %. Quel que soit le mode de participation proposé, ce sont les plus motivés qui se manifestent.

Enfin, troisième limite, les dispositifs sont généralement plus consultatifs que participatifs. Les questions émanent le plus souvent des pouvoirs en place qui n’en respectent pas toujours le verdict s’il ne répond pas à leurs attentes, à l’instar du référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Ou lors de la récente convention pour le climat dont les conclusions devaient être adoptées « sans filtre ».

Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon

  • Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon !

     

    Une vraie politique énergétique de gribouille de la part du gouvernement. En effet la centrale nucléaire de Fessenheim vient à peine d’être fermée définitivement pour faire plaisir aux écolos bobos  que voilà que la France est contrainte de rouvrir en tout cas de prolonger la centrale à charbon de Saint Avold  en Moselle.

    Vraiment un drôle de bilan environnemental notamment sur le plan des émissions de carbone. En fait exactement ce qui s’est produit en Allemagne où la minorité écolo a imposé la fermeture brutale du nucléaire pour tenter y substituer les éoliennes. Un véritable fiasco qui a contraint les Allemands à se rendre dépendant maintenant du gaz russe.

    Certains évidemment vont argumenter sur le faite que cette décision de la France est liée à la situation en Ukraine et à l’objectif de couper les approvisionnements pétroliers et de gaz en provenance de la Russie. La question est cependant structurelle car les gadgets des énergies alternatives certes utiles pour des usages particuliers ne sauraient remplacer la puissance du nucléaire qui constitue par ailleurs un atout énergétique stratégique pour la France.

    Sa fermeture est prévue ce jeudi 31 mars. Mais les difficultés du parc nucléaire d’EDF et les conséquences du conflit en Ukraine pourraient entraîner son redémarrage l’hiver prochain.

    La centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, dont la fermeture est prévue ce jeudi 31 mars, pourrait reprendre du service à l’hiver prochain, compte tenu des déboires rencontrés par le parc nucléaire d’EDF et des conséquences du conflit en Ukraine, a-t-on appris lundi auprès du ministère de la Transition écologique.

    Le président Emmanuel Macron avait promis de fermer d’ici à 2022 les dernières centrales à charbon - facilement mobilisables pour produire de l’électricité en cas de besoin, mais aussi très émettrices de CO2 néfaste pour le climat.

Affronter la Chine d’une seule voix (Manfred Weber)

Affronter la Chine d’une seule voix (Manfred Weber)

« Pékin doit comprendre que le respect du droit international et de l’intégrité des frontières ne peut s’appliquer de manière sélective »

À juste titre Manfred Weber prend prétexte de la guerre en Ukraine pour rappeler qu’il faut parler d’une seule voix pour affronter la politique expansionniste et anti libérale de la Chine. Cela d’autant plus que l’adversaire chinois et d’une autre taille que le nain russe.

 

 

Voilà un peu plus d’un mois maintenant que la guerre, dans toute son absurdité et toute son horreur, est de retour en Europe. Tous les jours, ce sont les mêmes images qui nous parviennent : Kiev sous les bombes, Marioupol assiégée, des milliers de civils pris au piège, des immeubles en ruines, et toujours et encore, le flot incessant de réfugiés, femmes et enfants fuyant l’Ukraine par millions, laissant derrière eux toute leur vie, un mari, un père, un frère, un fils – restés au pays pour défendre ce dernier contre l’envahisseur russe.

Ces images font désormais partie de notre quotidien et, si insupportables soient-elles, elles risquent d’en faire partie encore assez longtemps. Malgré la force des sanctions européennes prises à l’encontre du régime de Vladimir Poutine et de ses oligarques, la guerre en Ukraine pourrait bien durer, avec toutes les conséquences et les risques de

Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale

  •  Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale
  • Une victoire qui qui est peut-être à imputer à un certain effet drapeau dans le cadre du conflit ukrainien. En effet, le parti du chancelier Olaf Scholz  recueillerait 43% des voix, contre 27,5% pour les chrétiens-démocrates de la CDU, à la tête depuis plus de 20 ans de cette petite région de l’ouest de l’Allemagne, selon une estimation Infratest Dimap pour la chaîne publique ARD. Les sociaux-démocrates, à la tête de la coalition au pouvoir depuis début décembre, gagneraient ainsi plus de 13 points par rapport au précédent scrutin en 2017 dans ce Land, le plus petit d’Allemagne après les villes de Berlin, Hambourg et Brême.

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Un papier de » l’Opinion » qui attire l’attention sur les risques d’une abstention record combiné à un vote anti système.

 

 

Et si le choc démocratique tant redouté était programmé ? Pas une « surprise » à la manière du 21 avril 2002 mais plutôt la perspective d’une combinaison empoisonnée entre une abstention record et un vote anti-système à un niveau sans précédent. A 21 jours du premier tour de l’élection présidentielle, jamais autant d’électeurs n’avaient envisagé la grève civique, au point d’enfoncer le désintérêt historique de 2002 (28 %). Et jamais les candidats « protestataires » n’avaient franchi aussi largement, tous ensemble, le seuil des 50 %.

S’enracinent ainsi en France deux sentiments, fruits d’une même défiance: l’élection suprême est devenue inutile ou, selon, propice à une déconstruction de la démocratie représentative. Cette vérité est douloureuse, pour les élites et pour les partis de gouvernement traditionnels, disqualifiés : les Français restent un peuple politique, mais désormais majoritaire à considérer que le système politique et les institutions républicaines ne sont plus le lieu des solutions. Entre abstention et révolution, point de salut !Après tout, notre pays pâtit d’une fatigue démocratique commune à tout l’Occident, partout carburant des populismes (langueur que la crise ukrainienne pourrait, qui sait, soigner). Sauf que le débat surréaliste – et unique en Europe – sur l’illégitimité supposée d’un Président mal élu laisse supposer qu’au fond, pour se faire entendre, mieux vaut casser que voter. Sauf que l’absolutisme de notre régime présidentiel empêche de purger cette colère populaire qui finit par paralyser le pouvoir. Avec plus d’adresse qu’un Gérard Larcher, Jean-Luc Mélenchon affirme que « si on ne tranche pas cette fois-ci encore, ce ne sera pas bon pour la stabilité de la France. » Contre la poussée des démagogies, la réforme institutionnelle devient la mère des réformes.

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