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La rupture d’un CDD sans pass sanitaire censurée par le Conseil constitutionnel

La rupture d’un CDD sans pass sanitaire censurée par le Conseil constitutionnel

Dans son avis publié ce 5 août, le conseil constitutionnel a considéré que la disposition qui envisageait la rupture de contrat d’un CDD en cas d’absence de passe sanitaire entraînait une rupture d’égalité entre les salariés en CDI et ceux en CDD.

« En prévoyant que le défaut de présentation d’un +pass sanitaire+ constitue une cause de rupture anticipée des seuls contrats à durée déterminée ou de mission, le législateur a institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leurs contrats de travail qui est sans lien avec l’objectif poursuivi », indique le Conseil constitutionnel.

Curieusement ,en revanche, l’institution juge que la procédure de suspension du contrat de travail sans rémunération pour les salariés concernés par l’obligation de pass sanitaire n’est pas contraire à la Constitution.

Une décision juridiquement très contestable car la suppression du salaire constitue de fait un licenciement déguisé. Le conseil constitutionnel de ce point de vue ne se grandit pas en apportant sa caution au point sans doute le plus contestable relatif à la détention du pass sanitaire.

Opérations extérieures: «Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

Opérations extérieures: «Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

Pour  Frédéric Charillon , ’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure  ( papier de l’OPINION, extrait)

 

 

La double annonce d’un retrait américain d’Afghanistan et d’une suspension par la France de sa coopération militaire avec le Mali, témoigne d’une page qui se tourne. Pendant la Guerre froide, l’intervention militaire était pratiquée par les superpuissances au sein de leurs sphères d’influence respectives. Les tentatives pour en sortir étaient difficiles (Afghanistan, Vietnam). La France avait ses interventions africaines dans son ancien « pré carré », avec la bénédiction américaine. La Grande-Bretagne restait active (à Aden, dans la région du Dhofar ou en Malaisie dans les années 1960).

Puis la disparition de l’Union soviétique laissa les Etats-Unis seuls en piste pour gérer les affaires du monde, et fut suivie d’une globalisation géographique des interventions occidentales  : Koweït, Balkans, Irak, Libye, Syrie… L’ambition d’une paix hégémonique assurée par Washington au nom de la stabilité internationale autorisait l’action militaire, supposait la reconstruction d’Etats, imposait le maintien d’une présence militaire sur place. C’est ce schéma qui arrive à son terme désormais.

Il impliquait de rebâtir des sociétés, mais les adversaires de cette reconstruction sont en passe de gagner la partie : en Afghanistan comme au Mali, ceux dont la réduction justifiait l’intervention militaire sont aux portes du pouvoir. Plus profondément, la logique expéditionnaire a montré ses limites dans un XXIe siècle où les paramètres sont trop nombreux, et les moyens, insuffisants. L’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure et de substituer de nouveaux instruments d’influence à la vieille logique de puissance.

La guerre du Koweït (1991) avait pour but de restaurer la souveraineté d’un Etat et le droit international. Mais les interventions balkaniques des années 1990 visaient un changement de régime à Belgrade, la mise en place de nouvelles cartes (avec en 1993 le plan Vance-Owen de répartition des populations en Bosnie en dix régions), la création de nouveaux Etats (au Kosovo en 1999). L’intervention afghane de 2001, lancée pour chasser les talibans du pouvoir, promit ensuite un Afghanistan démocratique, où les droits humains se rapprocheraient des normes occidentales. En 2011, la volonté de sauver les habitants de la ville de Benghazi se transforma en destitution et mort de Kadhafi : au plus fort des printemps arabes, le rêve de transformer d’anciennes dictatures en sociétés ouvertes n’avait pas quitté les esprits. Ce même esprit qui conduisit la France à souhaiter des frappes sur le régime syrien en 2013. L’échec néoconservateur, en 2003, à transformer l’Irak puis le Moyen-Orient en un nouvel eldorado libéral, prospère et pro-occidental, avait pourtant été patent.

On ne remodèle pas une société contre son gré, par la seule grâce de la force. De Gaulle en avait averti Washington à propos du Vietnam, depuis Phnom Penh en 1966 : « S’il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain puisse jamais être anéanti sur place, d’autre part, il n’y a aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi d’un étranger venu de l’autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions, et quelle que soit la puissance de ses armes. » Tout était dit.

« Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen »

Cette hypothèse s’impose d’autant plus aujourd’hui que les moyens alignés s’amenuisent, et que le terrain est de plus en plus complexe. Les Etats-Unis ont déployé jusqu’à 536 000 hommes au Vietnam (en 1968), autant dans le Golfe en 1991 (dans une coalition de 940 000 soldats), un maximum de 100 000 en Afghanistan (il en restait 2 500 en 2021), et de 166 000 en Irak (en 2007), ramenés à 128 000 en 2009 et 2 500 en 2021. La France projettera rarement plus de 5 000 hommes dans les années 2000 (5 000 en Côte d’Ivoire en 2005 ; 4 500 dans l’opération Serval au Mali après 2013 ; 5 100 pour Barkhane aujourd’hui). Si l’on en croit (ce qui n’est pas obligatoire…) l’adage stratégique qui veut qu’une opération de contre-insurrection ou de contrôle du terrain exige un déploiement de soldats équivalent à 4 % de la population locale, nous sommes loin du compte. Le double danger, pour les troupes ainsi projetées, est résumé par les titres de deux ouvrages de François Cailleteau : celui de Guerres inutiles (2011), et celui de Décider et perdre la guerre (2021).

Les obstacles s’accumulent. Arrivée en sauveur, la puissance extérieure prend vite les traits d’un occupant dont on réclame le départ, exigence martelée et orchestrée sur les réseaux sociaux. Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen, contrecarrant les initiatives lointaines, et interdisant qu’on en imagine d’autres dans leur sphère d’influence à nouveau revendiquée (Europe orientale, Asie…). Fin de la politique de la canonnière.

«Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?»

«Afghanistan, Mali: fin d’un paradigme ?» 

Pour  Frédéric Charillon , ’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure  ( papier de l’OPINION, extrait)

 

 

La double annonce d’un retrait américain d’Afghanistan et d’une suspension par la France de sa coopération militaire avec le Mali, témoigne d’une page qui se tourne. Pendant la Guerre froide, l’intervention militaire était pratiquée par les superpuissances au sein de leurs sphères d’influence respectives. Les tentatives pour en sortir étaient difficiles (Afghanistan, Vietnam). La France avait ses interventions africaines dans son ancien « pré carré », avec la bénédiction américaine. La Grande-Bretagne restait active (à Aden, dans la région du Dhofar ou en Malaisie dans les années 1960).

Puis la disparition de l’Union soviétique laissa les Etats-Unis seuls en piste pour gérer les affaires du monde, et fut suivie d’une globalisation géographique des interventions occidentales  : Koweït, Balkans, Irak, Libye, Syrie… L’ambition d’une paix hégémonique assurée par Washington au nom de la stabilité internationale autorisait l’action militaire, supposait la reconstruction d’Etats, imposait le maintien d’une présence militaire sur place. C’est ce schéma qui arrive à son terme désormais.

Il impliquait de rebâtir des sociétés, mais les adversaires de cette reconstruction sont en passe de gagner la partie : en Afghanistan comme au Mali, ceux dont la réduction justifiait l’intervention militaire sont aux portes du pouvoir. Plus profondément, la logique expéditionnaire a montré ses limites dans un XXIe siècle où les paramètres sont trop nombreux, et les moyens, insuffisants. L’heure est venue pour les puissances occidentales de repenser leur action extérieure et de substituer de nouveaux instruments d’influence à la vieille logique de puissance.

La guerre du Koweït (1991) avait pour but de restaurer la souveraineté d’un Etat et le droit international. Mais les interventions balkaniques des années 1990 visaient un changement de régime à Belgrade, la mise en place de nouvelles cartes (avec en 1993 le plan Vance-Owen de répartition des populations en Bosnie en dix régions), la création de nouveaux Etats (au Kosovo en 1999). L’intervention afghane de 2001, lancée pour chasser les talibans du pouvoir, promit ensuite un Afghanistan démocratique, où les droits humains se rapprocheraient des normes occidentales. En 2011, la volonté de sauver les habitants de la ville de Benghazi se transforma en destitution et mort de Kadhafi : au plus fort des printemps arabes, le rêve de transformer d’anciennes dictatures en sociétés ouvertes n’avait pas quitté les esprits. Ce même esprit qui conduisit la France à souhaiter des frappes sur le régime syrien en 2013. L’échec néoconservateur, en 2003, à transformer l’Irak puis le Moyen-Orient en un nouvel eldorado libéral, prospère et pro-occidental, avait pourtant été patent.

On ne remodèle pas une société contre son gré, par la seule grâce de la force. De Gaulle en avait averti Washington à propos du Vietnam, depuis Phnom Penh en 1966 : « S’il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain puisse jamais être anéanti sur place, d’autre part, il n’y a aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi d’un étranger venu de l’autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions, et quelle que soit la puissance de ses armes. » Tout était dit.

« Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen »

Cette hypothèse s’impose d’autant plus aujourd’hui que les moyens alignés s’amenuisent, et que le terrain est de plus en plus complexe. Les Etats-Unis ont déployé jusqu’à 536 000 hommes au Vietnam (en 1968), autant dans le Golfe en 1991 (dans une coalition de 940 000 soldats), un maximum de 100 000 en Afghanistan (il en restait 2 500 en 2021), et de 166 000 en Irak (en 2007), ramenés à 128 000 en 2009 et 2 500 en 2021. La France projettera rarement plus de 5 000 hommes dans les années 2000 (5 000 en Côte d’Ivoire en 2005 ; 4 500 dans l’opération Serval au Mali après 2013 ; 5 100 pour Barkhane aujourd’hui). Si l’on en croit (ce qui n’est pas obligatoire…) l’adage stratégique qui veut qu’une opération de contre-insurrection ou de contrôle du terrain exige un déploiement de soldats équivalent à 4 % de la population locale, nous sommes loin du compte. Le double danger, pour les troupes ainsi projetées, est résumé par les titres de deux ouvrages de François Cailleteau : celui de Guerres inutiles (2011), et celui de Décider et perdre la guerre (2021).

Les obstacles s’accumulent. Arrivée en sauveur, la puissance extérieure prend vite les traits d’un occupant dont on réclame le départ, exigence martelée et orchestrée sur les réseaux sociaux. Les puissances opposées à ces déploiements occidentaux (Chine, Russie, Turquie) ont fait leur grand retour, galvanisées par l’échec libyen, contrecarrant les initiatives lointaines, et interdisant qu’on en imagine d’autres dans leur sphère d’influence à nouveau revendiquée (Europe orientale, Asie…). Fin de la politique de la canonnière.

Réforme européenne de la taxe carbone : le risque d’un retour des gilets jaunes

Réforme européenne de la taxe carbone : le risque d’un retour des gilets jaunes

 

Les technocrates de Bruxelles ont décidé de réformer profondément le marché de la taxe carbone, en gros d’augmenter de manière assez considérable le coût  à polluer. Le problème c’est que désormais ce dispositif pourrait concerner deux secteurs stratégiques pour les consommateurs à savoir le transport et le chauffage. Pascal Canfin , ancien vert rallié à la république en marche s’inquiète des conséquences dans la tribune (extrait). Des conséquences susceptible de ranimer la colère des gilets jaunes

 Le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre a été présenté comme l’un des principaux outils à disposition de l’Europe pour réussir sa transition climatique. Il a été établi en 2005. Pourquoi faut-il déjà le réformer ?

Pascal Canfin - Historiquement, le prix de la tonne de CO2 s’est longtemps situé entre 5 euros et 15 euros. Cela ne changeait rien aux modèles économiques. Quand ce prix atteint 50 euros, vous impactez plus profondément la rationalité économique des industriels. Les technologies décarbonées deviennent rentables et le charbon ne l’est plus. Le prix de la tonne de CO2 va probablement se stabiliser à court terme autour de 60 euros. Dans des secteurs comme l’aluminium, le ciment, les fertilisants, la chimie ou l’électricité, on bascule alors vers un monde où les technologies décarbonées deviennent rentables. En contrepartie d’une augmentation du prix du carbone nécessaire pour atteindre nos objectifs, il est normal, en parallèle, de mettre en place un ajustement carbone aux frontières. Cela assurera une concurrence équitable vis-à-vis des industriels qui, comme les Chinois, les Indiens ou les Turcs, paient chez eux zéro euro sur le carbone.

La Commission européenne prévoit d’annoncer un nouveau marché carbone spécifique au carburant et au chauffage. Cela équivaudrait à la création d’un système pollueur-payeur pour les ménages. Une telle proposition vous semble-t-elle acceptable ?

Je soutiens très fortement le paquet climat de la Commission, mais pas cette proposition de nouveau marché contre laquelle je me bats depuis plusieurs semaines. Taxer les ménages serait une erreur politique. Il est pertinent de mettre en place un prix du carbone pour les entreprises. Elles peuvent réaliser des calculs de rentabilité à dix ans, changer de fournisseur, licencier des salariés et en embaucher d’autres. Une famille ne va pas licencier ses enfants, elle ne va pas arrêter de les mettre à la crèche même si cela implique de s’y rendre en voiture. Le raisonnement ne peut pas être le même que pour les entreprises. Le prix du carbone est donc un bon outil pour les acteurs économiques rationnels. Pour les ménages, d’autres solutions existent.

Quels freins entendez-vous activer si cette proposition est effectivement posée sur le tapis ?

Je suis persuadé qu’il n’y a pas de majorité au Parlement européen, et qu’il n’en existe pas au Conseil non plus. Cette mesure, si elle est proposée par la Commission européenne, ne verra jamais le jour. En tant que président de la commission Environnement au Parlement européen, je suis contre. La majorité du groupe Renew est contre. Les ONG environnementales et les verts y sont également opposés. Tous les pays qui sont d’habitude des amis du Green Deal sont contre, comme la France ou l’Espagne. C’est une mauvaise idée qui vient de la CDU en Allemagne et Ursula von der Leyen ne devrait pas la reprendre à son compte.

Le système actuel d’échange de quotas d’émission prévoit de nombreuses exceptions et des quotas gratuits dans certains secteurs. Faut-il faire table rase et considérer tous les secteurs industriels à égalité ?

L’extension prévue au secteur maritime et à l’aviation va dans le bon sens. Il n’y a aucune raison que ces deux secteurs ne contribuent pas à l’effort climatique. La baisse des quotas gratuits est un élément primordial de la réforme. Il ne s’agit pas de les arrêter du jour au lendemain, mais de les diminuer de manière transitoire jusqu’à les faire disparaître. Ma proposition est de conditionner le solde de quotas gratuits à la réalisation des investissements qui permettent la décarbonation de l’industrie. Par exemple, quand une entreprise comme ArcelorMittal investit dans l’acier décarboné, cet investissement vert devrait continuer de générer des quotas gratuits. Il semble logique de ne pas leur faire payer le CO2 en même temps.

Le prix élevé du carbone ne risque-t-il pas de rendre certaines industries françaises moins compétitives ?

Il y a trois éléments indissociables. Nous sommes favorables à un fonctionnement du marché carbone qui passe par un prix élevé, mais aussi à une baisse des allocations gratuites et à la mise en place d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour assurer une concurrence équitable. Je n’irai pas devant les salariés de cimenteries, d’aciéries ou d’usines d’aluminium pour leur annoncer que des emplois vont être supprimés parce qu’on met un prix du carbone à 60 euros pendant que l’acier chinois ou turc arrive chez nous à zéro euro.

Le mécanisme européen d’ajustement aux frontières est-il compatible avec les règles de l’OMC ?
Oui. Même Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, défend ce mécanisme. Je tiens à envoyer un message à nos partenaires commerciaux : nous ne voulons pas rentrer dans une guerre commerciale pour le climat ! Nous ne sommes pas là pour faire des choses discriminatoires ou dérogatoires vis-à-vis des règles de l’OMC. Ce que nous voulons, c’est utiliser des règles de l’OMC qui permettent, pour des raisons environnementales et climatiques, de mettre en place des mécanismes d’ajustement. Nous serons les premiers au monde à le faire. Nous serons très probablement attaqués par quelques pays. Mais nous gagnerons à la fin parce que depuis le début, nous concevons ce dispositif pour qu’il soit compatible. On pourra dire aux Chinois, aux Indiens et aux autres que tout le monde a signé les règles de l’OMC et que notre dispositif y est conforme. Il n’y aura aucune raison de considérer qu’il s’agit de protectionnisme.

La France a défendu ce principe d’ajustement aux frontières depuis au moins deux décennies. Pourquoi l’idée ne s’est-elle pas concrétisée plus tôt ?

La France défend cette idée depuis l’époque de Jacques Chirac. On n’a jamais trouvé de majorité parce que la France était moins influente. Désormais, c’est le cas.

Pour atteindre ses objectifs climatiques, l’Europe entend mettre certains secteurs de l’industrie sous pression. L’automobile est dans le viseur avec la révision des normes d’émissions pour les voitures. Les industriels sont-ils prêts ?

La réforme des standards CO2 de l’industrie automobile est un élément clé du paquet de la Commission européenne, qui pourrait conduire à la fin de la vente des voitures thermiques en 2035. L’industrie automobile m’est apparue profondément divisée à ce sujet. Des acteurs comme Volkswagen ou Renault y sont favorables parce qu’ils possèdent un temps d’avance dans leurs investissements. D’autres comme BMW sont contre. Je ne sais pas si Stellantis est pour ou contre, mais Carlos Tavares sait que cette échéance sera inéluctable. Je défends par ailleurs l’idée d’un fonds de transition juste « auto », essentiel pour accompagner les salariés des PME directement concernés, et à qui il faut proposer de nouvelles perspectives.

Venezuela: arrestation d’un leader de l’opposition

Venezuela: arrestation d’un leader de l’opposition

 

Le Venezuela n’en finit pas de s’enfoncer dans la crise économique, sanitaire et démocratique. Ainsi le pouvoir vient-il de procéder à la prestation d’un leader de l’opposition. «Freddy Guevara a été arrêté par le SEBIN (Renseignement) en raison de ses liens avec des groupes extrémistes et paramilitaires associés au gouvernement colombien», écrit sur Twitter le Procureur général de la République, Tarek William Saab. «Ce citoyen qui a déjà participé à des actions violentes par le passé, sera inculpé de terrorisme, attentat contre l’ordre constitutionnel, trahison», a-t-il précisé.

Le pays est dans une impasse politique, avec un président Nicolás Maduro, non reconnu par une cinquantaine de pays dont les États-Unis qui cherchent à l’évincer du pouvoir, et un leader de l’opposition Juan Guaidó, considéré comme président intérimaire par les États-Unis, mais qui n’a aucun pouvoir.

L’urgence d’un soutien à l’éducation dans les pays pauvres

L’urgence d’un soutien à l’éducation dans les pays pauvres 

 

 

Du fait de la pandémie de Covid-19, dans le monde, des millions d’enfants ont été privés d’école, les filles étant les plus touchées et risquant de ne jamais y retourner. Nous devons agir, et la France doit montrer l’exemple, souligne, dans une tribune au « Monde », un collectif d’enseignants.

 

Tribune.

La pandémie de Covid-19 a affecté l’éducation dans le monde entier. En avril 2021, au plus fort de la crise, 1,6 milliard d’enfants dans le monde ont été contraints de quitter les bancs de l’école. Nous, enseignants et enseignantes des cycles primaires, secondaires et supérieurs, en avons été les premiers témoins (« L’impact du Covid-19 sur l’éducation », Unesco). Nous avons tout tenté pour continuer à exercer notre métier dans les meilleures conditions possibles, car nous savons à quel point chaque journée passée à l’école est cruciale pour l’apprentissage de nos élèves.

Alors que la situation revient petit à petit à la normale en France, que nous nous apprêtons à corriger nos dernières copies et que nos élèves ont déjà la tête aux grandes vacances d’été, nous souhaitons alerter sur la situation dans les pays où la crise éducative mondiale aggravée par la pandémie a fait le plus de dégâts.


Prenons les enfants qui ont eu ou auront 10 ans cette année.

L’âge de 10 ans est une étape-clé de l’apprentissage dans la vie d’un enfant : c’est le moment où il cesse d’apprendre à lire, et commence à lire pour apprendre.

A cause à la fois de la pandémie de Covid-19 et du manque de financement chronique des systèmes éducatifs dans les pays pauvres, l’ONG One estime qu’environ 70 000 000 d’enfants – soit l’équivalent de la population de la France – vont rater cette étape cruciale de leur apprentissage pour leur garantir un avenir meilleur.

 

Les filles ont encore été les plus touchées. Privées des bancs de l’école, c’est non seulement leur avenir scolaire et professionnel qui est menacé, mais elles courent davantage de risques d’être forcées à se marier, de subir des mutilations génitales ou d’être exposées à des violences sexistes et sexuelles.

D’ici la fin de la crise, ce sont 20 millions d’entre elles qui risquent de ne jamais retourner à l’école. Si on ne réagit pas de toute urgence, la pandémie laissera derrière elle des millions de filles supplémentaires à qui on aura volé le droit et la chance d’apprendre à lire, et donc d’étudier pour devenir les infirmières, chercheuses, enseignantes, journalistes, cheffes d’orchestre, médecins, et même ministres ou astronautes de demain. Nous devons agir, et la France doit montrer l’exemple.

Epreuve de rattrapage

Cet été doit avoir lieu la conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation. C’est le plus grand fonds au monde consacré à l’éducation dans les pays pauvres, et il s’est donné pour objectif de scolariser 88 millions d’enfants supplémentaires sur les cinq prochaines années.

La France: Terre d’un islam rétrograde ?

  • «La France: Terre d’un islam rétrograde ?
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  • Pour les intellectuels Jean-François Colosimo et Didier Leschi :« Il manque au sein de l’islam de France des clercs inspirés par les Lumières ou des Bernanos »
    • La laïcité est devenue un « mot-valise » pour Jean-François Colosimo tant extrême gauche et extrême droite entretiennent la confusion sur sa signification. L’histoire prouve combien les conflits nés du religieux peuvent avoir des dynamiques violentes, rappelle Didier Leschi. Huit mois après l’assassinat de Samuel Paty, les deux intellectuels s’interrogent : face aux actes de barbarie qui frappent la France, où en est la République ?
    • Le modèle singulier de la laïcité reste largement incompris. Les réactions liées à l’assassinat de Samuel Paty l’ont montré. Cette « religion française » est-elle en voie d’extinction ?
    • Jean-François Colosimo. Au sein de l’Europe dite sécularisée, six pays gardent une religion d’Etat (dont le Danemark, la Finlande, la Grèce ou la Grande Bretagne désormais hors de l’UE). Ils sont une dizaine à présenter une religion préférentielle et une quinzaine à disposer d’un concordat avec le Saint-Siège. La France tranche donc radicalement. Toutefois, si on veut faire de la laïcité une idéologie de combat contre le fait religieux, on se trompe lourdement. En 1905, un divorce à l’amiable a été prononcé. L’Eglise a cessé de vouloir dominer l’Etat et l’Etat, de se substituer à l’Eglise. Aujourd’hui, les extrêmes entretiennent une grave confusion sur la laïcité : l’extrême gauche en fait un synonyme du communautarisme et l’extrême droite de la xénophobie.
    • Didier Leschi. Cette séparation ne s’est pas faite totalement « à l’amiable », même si une fois bien comprise elle a permis de pacifier les rapports entre l’Eglise et l’Etat. Il a fallu convaincre, parfois par la force, ceux qui souhaitaient que l’Eglise garde une place singulière au sein de la société. Car au-delà du juridique, la laïcité a été l’inverse de la catholicité d’Ancien régime qui voulait imposer sa doxa dans la vie sociale de chacun. La loi de 1905 est l’aboutissement d’un long mouvement en particulier dans le monde enseignant. C’est pour cela aussi que l’assassinat de Samuel Paty est un traumatisme particulier.
    • Cette laïcité est doublement attaquée aujourd’hui : par l’islam et par le modèle communautariste anglo-saxon. Peut-elle y résister ?
    • D.L. : Il faut l’espérer car les conflits à partir du religieux peuvent avoir des dynamiques violentes. C’est ce que nous enseigne notre histoire, des guerres de Religion à l’écroulement de la République sous Vichy. Or, une des dimensions de l’islamisme c’est l’antisémitisme autant que le séparatisme. Cela va au-delà du communautarisme qui ne porte pas nécessairement le refus de l’altérité. Le fait que l’islam du « juste milieu » comme il se définit n’arrive pas à résister à sa prise en otage islamiste motive les craintes. La France, après avoir lutté pour ne plus être la fille aînée de l’Eglise, craint de devenir la fille cadette d’un islam qui serait une régression sociétale.
    • J.-F.C. : La Ligue islamique mondiale dépeint la France en parangon de l’athéisme militant et en ennemie du sacré. Les Etats-Unis relaient l’idée d’un pays liberticide. Cette alliance objective nous prend violemment en étau. Les Américains eux aussi distillent leur bonne parole communautariste dans nos banlieues. Les mouvements évangéliques y sont très actifs. Toutes sortes de formes religieuses importées — charismatiques, loubavitchs, salafistes — exercent leur influence et heurtent le logiciel millénaire de la France.« La bataille n’est pas seulement de l’ordre du droit, elle est aussi intellectuelle, théologique. Elle n’est pas uniquement du ressort de l’Etat. Elle se joue aussi dans les lieux de savoir et de débats
    • Quel rôle l’Etat doit-il jouer ?
    • J.-F.C. : En Grande-Bretagne, l’unité transcendante, c’est la reine. Aux Etats-Unis, c’est la constitution. En France, c’est l’Etat. Hier omnipotent, omniscient, providentiel, il est aujourd’hui hypertrophié et n’accomplit plus sa tâche de neutraliser l’absolutisme inhérent aux religions. La laïcité revient en effet à créer un no man’s land démilitarisé dans l’espace public. L’Etat est le videur du bar qui demande que l’on dépose son arme à l’entrée. Il l’a fait avec les protestants, les juifs, les catholiques afin d’empêcher la formation d’Etats dans l’Etat ou de ghettos confessionnels. La laïcité oppose la citoyenneté immédiate, universelle, égalitaire à l’identité définie par une croyance, une idéologie voire une ethnie, une sexualité.
    • D.L. : Notre régime de laïcité publique a fait sur la longue durée la démonstration que notre droit des cultes garantit pour chacun la liberté de croire ou ne pas croire. Cette liberté, l’Etat doit la protéger contre des individus ou des groupes voulant imposer à d’autres de manger de telle manière, de s’habiller de telle autre etc.. Il s’agit d’empêcher que l’espace public, l’entreprise ou encore l’école ne se transforment en lieu de pression des uns sur les autres. C’est ce que Jean-François Colosimo appelle « pacifier la religion ». Il est certain qu’il y a pu y avoir un effet retard, dans la réaction de l’Etat et des laïques. On se souvient de la difficulté à mettre en place la loi prohibant les signes ostensibles. Mais la bataille n’est pas seulement de l’ordre du droit, elle est aussi intellectuelle, théologique. Elle n’est pas uniquement du ressort de l’Etat. Elle se joue aussi dans les lieux de savoir et de débats, à l’université par exemple. Hélas, il manque au sein de l’islam de France des clercs inspirés par les Lumières ou des Bernanos. Fait défaut un discours combattant l’idée que la foi ne justifie jamais de décider de la mort violente de son prochain.
    • Dans un récent sondage Ifop, les lycéens se déclarent majoritairement défavorables à l’interdiction des signes religieux à l’école, au droit de critiquer la religion…
    • J.-F.C. : L’école n’enseigne plus ni la laïcité, ni la citoyenneté mais un vague « vivre ensemble ». Or, le communautarisme revient à exclure l’altérité. A diviser la nation en communautés qui, au mieux, cohabitent, on admet symboliquement la possibilité de la guerre civile.
    • D.L. : Il y a dans la jeunesse une dépolitisation qui n’aide pas à être citoyen. Aux identités laïques se sont substituées de manière exacerbée, dans les cours d’école, les identités religieuses. La guerre civile n’est pas que symbolique, des personnes malheureusement passent à l’acte. Et l’affaire Mila souligne qu’on peut passer de la symbolique à la volonté de terroriser, et même plus.
    • « L’Etat a imposé son diktat hygiéniste mais personne n’accompagnait les mourants et ne pouvait rendre hommage aux morts alors que, si le religieux recule, les rites funéraires restent observés en France »
    • La loi confortant les principes républicains va-t-elle changer la donne ?
    • J.-F.C. : Elle rompt l’équilibre de 1905, le Conseil d’Etat l’a relevé. Elle rate sa cible en créant un monstre bureaucratique nuisible pour les cultes normalisés et inefficace à l’égard des « séparatistes ». Le droit d’association devient dérogatoire, le contrôle a posteriori se transforme en autorisation a priori. Le tout sans effet sur l’hostilité combattante de l’islamisme envers la République. A tout prendre, deux lois distinctes auraient été préférables : l’une condamnant les pratiques coutumières, comme l’excision, contraires à notre conception des droits humains ; l’autre encadrant par un régime concordataire transitoire l’islam de France.
    • D.L. : Cela fait partie du débat entre nous. Devant un paysage cultuel plus divers qu’en 1905, on peut comprendre que le gouvernement n’ait pas voulu donner le sentiment de privilégier un culte. Mais les principales mesures concernent bien l’islam. Peut-être que les inconvénients réels, soulignés par Jean-François Colosimo, sont une manière œcuménique de partager les contraintes imposées par la nécessité de contrôler le nouvel arrivant pas totalement acculturé à nos équilibres entre foi collective et liberté individuelle.
    • Quelle trace laissera la crise de la Covid sur le spirituel ?
    • J.-F.C. : L’Etat a imposé son diktat hygiéniste annulant l’accompagnement des mourants et l’hommage aux morts. Or, si la pratique religieuse recule en France, les rites funéraires restent observés. L’Etat a cru pouvoir réguler les croyances à coups de circulaires administratives. De surcroît, le culte, comme le travail, a été dématérialisé. Or, il ne saurait être virtuel car il comporte une part fondamentale de matérialité corporative. On assiste depuis à un décrochage confessionnel. Les religions sortent essorées de la pandémie.
    • D.L. : Elle conforte aussi l’idée que la science des hommes est quand même le moyen le plus sûr pour protéger leur vie. Mais il est vrai que la difficulté qu’il y a eue à accompagner ses morts est sans doute ce qui nous rapprochait le plus sûrement de l’idée que nous étions en guerre, une guerre où l’ennemi n’est pas directement saisissable mais qui fait beaucoup de dégâts.

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

La démarche paraît particulièrement généreuse de la part des pays développés. En effet dans le cadre de l’organisation G7 qui réunit les pays riches, il a été décidé d’attribuer généreusement 1 milliard de vaccins aux pauvres quand il en faudrait 10 fois plus. En réalité une aumône. En effet il faut savoir que la population mondiale comprend 7,5 milliards d’habitants. Assez rapidement, il faudrait vacciner de l’ordre de 5 milliards d’habitants dans la plupart se trouve dans les pays pauvres. Cela nécessiterait de fournir 10 milliards de vaccins. Il faut en effet 2 doses pour assurer une certaine protection vaccinale. En outre va se poser des la rentrées le problème de la troisième dose pour ceux qui ont déjà été vaccinés. La plupart des laboratoires estime en effet que la vaccination va demeurer annuelle . Dernier élément et non des moindres la distribution de ces vaccins aux pauvres  sera étalée au moins jusqu’à l’été 2022.

Pourtant, alors que les pays européens allègent leurs restrictions, l’OMS les a appelé à ne pas baisser la garde. «La couverture vaccinale est loin d’être suffisante pour protéger la région d’une résurgence», a prévenu jeudi le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge. «Le chemin à parcourir pour atteindre une couverture d’au moins 80% de la population adulte est encore considérable», a-t-il souligné. «Nous sommes loin d’être hors de danger».

Seulement huit ans et cinq ans de prison pour le meurtre d’un militant antifasciste !

Seulement huit ans et cinq ans de prison pour le meurtre d’un militant antifasciste !

La cour d’assises de l’Essonne a condamné vendredi en appel deux anciens skinheads à huit et cinq ans d’emprisonnement pour la mort du militant antifasciste Clément Méric, tué lors d’une rixe à Paris en 2013, des peines moins lourdes qu’en première instance.Conclusion avec les remises de peine, les coupables feront de leur de quatre à deux ans de prison pour un meurtre. Ne pas s’étonner dans ces conditions que le sentiment d’impunité participe de la montée de la violence dans le pays.

 

Esteban Morillo, 28 ans, et Samuel Dufour, 27 ans, tous deux vêtus d’une chemise, ont accueilli leur condamnation dans le calme. «Vous allez être reconduits à la maison d’arrêt», a indiqué le président de la cour d’assises Thierry Fusina, précisant que la feuille de motivation expliquant le choix de la cour sera communiquée lundi.

Relier les interdépendances en vue d’un nouvel horizon politique

Relier les interdépendances en vue d’un nouvel horizon politique Dans un ouvrage collectif, plus de 50 personnalités de la recherche, de la pensée et de l’art, parmi lesquelles Alain Damasio, Delphine Horvilleur ou Baptiste Morizot, appellent à penser le monde autrement, à l’aune des interdépendances (La future constitution des liens)

 

Il aura donc fallu un virus insoucieux des frontières pour que les mots du généticien Albert Jacquard (1925-2013) résonnent enfin comme une évidence : « La solidarité dans le monde n’est pas d’abord une valeur, mais un fait. Nous sommes solidaires, reliés inextricablement les uns aux autres comme à l’univers dans lequel nous vivons. » Encore faut-il accepter de le reconnaître. A l’initiative des éditions Les liens qui libèrent, plus de 50 personnalités de la recherche, de l’art et de la littérature unissent leurs voix dans un livre, Relions-nous ! La constitution des liens, l’an 1 (collectif, 218 pages, 10 euros)pour montrer comment les savoirs sont aujourd’hui traversés par cette notion d’interdépendances. L’ouvrage repose sur un postulat : les crises climatique, sanitaire, sociale, économique et psychique signent la fin d’une époque mais aussi d’une pensée héritée de plus de deux siècles de modernité. Les concepts avec lesquels nous continuons à appréhender le monde – la séparation de l’humain et de la nature, le temps linéaire, le progrès infini, l’idée cartésienne de se considérer « comme maître et possesseur de la nature »… – sont à repenser. Chacun des auteurs, dont Alain Damasio, s’y attelle et présente dans son domaine un bref état des lieux de la mutation qui s’opère, et une série de propositions comme autant d’articles de lois pour une nouvelle « constitution des liens ». Ainsi les juristes Marine Calmet et Sarah Vanuxem invitent à réécrire le droit pour « réanimer » les entités naturelles, fleuves ou montagnes, et les « considérer comme des personnes (…) capables juridiquement ». Les économistes Eloi Laurent et Katherine Trebeck proposent de substituer au produit intérieur brut de nouveaux indicateurs, fondés sur le bien-être humain, la résilience face aux chocs écologiques et la soutenabilité à long terme des systèmes économiques. Les philosophes Corine Pelluchon et Virginie Maris et l’agronome Pablo Servigne appellent à « la souveraineté des animaux sauvages ». Le philosophe Abdennour Bidar et la rabbin Delphine Horvilleur définissent une laïcité qui « ouvre à la dimension spirituelle de la démocratie » pour « faire vivre ensemble toutes les différences de convictions existentielles ». De ces voix singulières monte une polyphonie puissante qui bouscule les fondements de nos sociétés et esquisse un nouvel horizon politique. Les auteurs doivent se réunir au Centre Pompidou du 4 au 6 juin, pour en discuter dans le cadre du « Parlement des liens ». Le dialogue devrait aussi se poursuivre jusqu’au printemps 2022 avec des mouvements de jeunesse.

Accession à la propriété d’un nouveau genre

Accession à la propriété d’un nouveau genre

« Alors que, partout dans le monde, se répand la prévalence de l’usage d’un bien sur sa détention (vélo, automobile…) », le président d’Ulysse consultant plaide dans l’Opinion  pour cette solution permettant de « ​peser sur les prix de marché en évitant l’encadrement des loyers »

 

J’ai lu avec intérêt l’article que Bertrand Jacquillat a consacré, sous le titre joyeusement provocateur « Les Soviets dans l’immobilier parisien ! » (l’Opinion des 30 avril-1ermai), au bail réel et solidaire, destiné à promouvoir des opérations d’accession à la propriété d’un nouveau genre. J’en rappelle ici la genèse et tente de le mettre en perspective.

En 2001, Bertrand Delanoë est élu maire de Paris. Son équipe et lui ont essentiellement une vision idéologique du logement, avec deux obsessions : les attributions de logements et le contrôle des organismes satellites de la ville. En charge du logement, Jean-Yves Mano interroge assez vite la pertinence de deux segments de la politique municipale, sa réflexion portant largement les défiances – et les credo – d’une grande partie de la gauche.

Le premier est le logement locatif intermédiaire (LLI), dédié au maintien des classes moyennes dans la capitale, enjeu majeur en termes de diversification de l’offre locative (eu égard aux écarts de loyer entre le parc social et le parc privé)… mais aussi de dynamiques électorales. Tout en adoptant un discours nuancé, la nouvelle équipe va privilégier une politique « hégémonique » du logement HLM, à commencer par la transformation en logements sociaux de milliers de logements intermédiaires et construits dans l’entre-deux-guerres, avec un résultat sans appel : sur la production de 42 000 LLI depuis 2015 (France entière), date de la relance de ce produit locatif, 8 % seulement sont situés à Paris, 14 % dans les Hauts-de-Seine et 23 % en Seine-Saint-Denis.

« L’argent de la ville ». Second segment problématique, plus emblématique encore : l’accession sociale à la propriété (ASP), des aides permettant aux ménages modestes de devenir propriétaires de leur logement à un prix inférieur à celui du marché. Les interrogations sont nombreuses contre ce totem : quelle est l’utilité de peser sur les coûts du foncier municipal pour des opérations ne trouvant aucun bénéfice social dans la durée (contrairement au locatif HLM) ? Surtout, comment maîtriser les phénomènes spéculatifs pour ne pas se voir reprocher d’utiliser « l’argent de la ville » hors de tout contrôle ? Une première parade consiste à prohiber la revente pendant une période donnée : trois ans puis cinq, puis dix… Mais au-delà, l’attractivité diminue et les tribunaux, garants du droit de propriété « inviolable et sacré », disent halte.

D’où l’idée qui émerge progressivement d’un montage conciliant la maîtrise du foncier dans le temps et l’encadrement des prix d’acquisition et de revente. C’est d’ailleurs ce second volet qui est le plus original, le premier, fondé sur la dissociation foncier/bâti, étant pratiqué depuis très longtemps (City de Londres).

Ce montage particulier permet, du fait de la non-cession du foncier, de pratiquer des décotes de 30% à 50% sur les prix de marché

Sous l’impulsion d’experts et de parlementaires tels Audrey Linkenheld, rapporteure de la loi Alur, le montage en bail réel et solidaire (BRS) est né ! Il laisse la maîtrise pérenne du foncier à un organisme dédié (l’office foncier solidaire), cède le volume (l’usage) du logement et non sa pleine propriété (murs et terrain) à des « accédants » sous plafonds de ressources qui acceptent d’emblée de revendre, quand ils le souhaiteront, les droits qu’ils détiennent sur leur logement à un prix encadré et à des ménages respectant ces mêmes plafonds de ressources. Et il semble trouver son public aussi bien à Lille, Rennes, Biarritz, qu’en Outre-Mer, à Nantes et donc à Paris.

Compte tenu du net particularisme du montage – et de son impact économique qui permet, du fait de la non-cession du foncier, de pratiquer des décotes de 30 % à 50 % sur les prix de marché – quelle appréciation peut-on porter sur une telle ingénierie ?

Un premier enjeu concerne les stratégies foncières territoriales. Les collectivités locales ont compris progressivement l’intérêt qui s’attache à la maîtrise dans le temps d’un foncier de plus en plus rare. D’où ces montages dits « complexes » conduisant à réaliser en partenariat public-privé des logements, des stades, etc., sur la base de la dissociation foncier/bâti. A l’expiration d’un bail emphytéotique de cinquante ans, on peut concevoir de reconfigurer le bâti voire de créer un écoquartier, perspectives inenvisageables si l’on a cédé la pleine propriété des terrains il y a longtemps. Pourquoi les programmes d’accession échapperaient-ils à cette dynamique ?

D’autant que – et c’est le deuxième enjeu – la diversification de l’offre de logements est une clé fondamentale des politiques de l’habitat en zones tendues. C’est un lieu commun de dire que, dans notre pays, les parcours résidentiels sont devenus très compliqués et que les coûts de la mobilité (professionnelle, résidentielle) sont particulièrement élevés. Il faut donc imaginer des leviers desserrant ces contraintes.

Fluidifier. Cela peut être une politique du logement intermédiaire ciblée, pour fluidifier l’occupation du parc social et servir de sas au parc privé ; cela peut être aussi (faute de mieux ?) une politique d’accession déconnectée des circuits opaques qui, plus en France qu’ailleurs, maintiennent les prix des logements à un niveau dramatiquement élevé, quelle que soit la conjoncture. L’enjeu étant aussi, à terme, de peser sur les prix de marché en évitant l’encadrement des loyers et ses effets pervers…

Le troisième enjeu est profondément culturel. Alors que, partout dans le monde, se répand la prévalence de l’usage d’un bien sur sa détention (vélo, automobile…), sommes-nous prêts à accepter un modèle d’acquisition alternatif à la propriété classique ? A occuper durablement un logement sans le posséder, céder ses droits non au plus offrant mais à celui qui, comme nous-mêmes il y a cinq, dix, vingt ans, va bénéficier pour se loger d’un prix « hors marché » – et renoncer, donc, à la plus-value ?

L’extrême pénurie de logements abordables dans les métropoles ménage une place à un produit d’accession aussi atypique, et l’on comprend bien pourquoi l’équipe municipale à Paris se trouve à l’aise avec ce montage. Au demeurant, une bonne part des jeunes générations ne s’inscrit-elle pas dans la philosophie « responsable » que l’on vient de décrire à grands traits ? Si c’est une réponse positive qui émerge, c’est bien une nouvelle approche de la « fabrique de la valeur » qui se fera jour et, au-delà, une nouvelle approche de la « propriété » immobilière. On le voit, l’enjeu est capital : quels obstacles devraient nous détourner de l’explorer plus avant ?

Stéphane Carini est président d’Ulysse consultant, une structure de conseil dédiée aux acteurs du logement social et du développement territorial.

Risque d’un retour de l’inflation

Risque  d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques, la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation aux Etats -unis ( mais aussi en Chine).  Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

On voit mal comment cette inflation pourrait ne pas contaminer à terme le monde et en particulier l’Europe à peu près pour les mêmes raisons.

Certes la banque centrale européenne peut maintenir une politique de taux bas mais l’inflation ne dépend pas uniquement de la politique monétaire.

COVID-19: L’HYPOTHÈSE D’UN ACCIDENT DE LABORATOIRE ?

COVID-19: L’HYPOTHÈSE D’UN ACCIDENT DE LABORATOIRE ?

L’équipe de spécialistes envoyée en Chine avait rencontré de nombreuses difficultés pour accéder aux données. Par ailleurs on sait que l’OMS a tendance à ménager la Chine. Pourtant des experts indépendants n’écartent pas l’hypothèse d’un accident de laboratoire une hypothèse possible après la parution d’une lettre dans la prestigieuse revue Science, dans laquelle 18 biologistes qui n’écartent pas cette possibilité.

L’hypothèse d’un virus échappé du laboratoire de Wuhan – source de théories complotistes – n’est donc pas à exclure selon ces chercheurs, qui considèrent que cette piste a été trop rapidement écartée par le rapport établi par l’équipe de l’OMS parti dans la ville chinoise entre janvier et février.

 

« Seules quatre pages sur les 313 du rapport et de ses annexes abordent la piste d’un accident de laboratoire », déplorent les signataires de la lettre, qui appellent à prendre « autant au sérieux l’hypothèse d’une origine naturelle que d’une origine en laboratoire, tant que nous ne disposons pas de données suffisantes ».

Une jeune fille de 17 ans morte d’un coup de couteau

Une jeune fille de 17 ans morte d’un coup de couteau

Un nouveau drame entre jeunes;  une jeune fille de 17 ans est morte d’un coup de couteau donné sans doute par un jeune de 15 ans.

Ce serait notamment la conséquence d’une rivalité exprimée sur les réseaux sociaux. Le maire PCF d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou a indiqué à l’AFP que la victime avait «voulu tenter une médiation entre le jeune homme qui s’en était pris violemment à la petite soeur de l’adolescente sur les réseaux sociaux». «C’est le résultat d’une forme de harcèlement sur les réseaux sociaux», a-t-il déploré. «Je suis profondément triste et choqué que ce genre d’embrouille puisse déboucher sur un tel drame», a-t-il ajouté, expliquant avoir adressé «tout son soutien» à la mère de la victime dans la foulée du drame.

En mars, dans le Val-d’Oise un autre département d’Ile-de-France, une collégienne de 14 ans avait été violemment battue puis jetée dans la Seine lors d’un différend avec deux camarades de sa classe d’Argenteuil.

Début mars, deux groupes de jeunes originaires de deux quartiers de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) s’étaient affrontés en pleine rue à coups de couteaux et de poings, faisant deux blessés graves. Quatre mineurs ont été mis en examen le 15 avril pour tentative de meurtre, complicité et violences aggravées.

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

Wall Street : crainte d’un retour de l’inflation

 

Du fait de la forte demande de matières premières, des difficultés logistiques la hausse des prix s’envolent à la production et commencent à se faire sentir sur la consommation. Ainsi les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,8 % en avril sur un seul mois. Conséquence directe, le Dow Jones est tombé de 1,99% à 33.587,66 points, soit sa plus forte baisse sur une séance depuis janvier.

Le Nasdaq est tombé de 2,67% à 13.031,68 points, sa pire séance depuis le mois de mars. L’indice élargi S&P 500 a plongé de 2,14% à 4063,04 points, son repli le plus marqué depuis février. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation CPI, a atteint 0,8% en avril, sur un mois, selon le département du Travail. Sur douze mois, la hausse des prix atteint 4,2%, au plus haut depuis 13 ans. Ce chiffre a surpris les analystes qui tablaient sur une hausse des prix plus modeste sur le mois, de seulement 0,2%.

La question qui se pose est de savoir si la réserve fédérale dispose des outils pour maîtriser cette inflation et même s’il a l’intention de la freiner.

Comment Nissan a organisé la chute de Carlos Ghosn victime d’un complot au Japon

Comment Nissan a organisé la chute de Carlos Ghosn victime d’un complot au Japon

A l’occasion du procès de l’ancien cadre de Nissan, Greg Kelly il a été révélé qu’un véritable complot a été organisé contre Carlos Ghon pour le débarquer. Un complot sans doute organisé avec la complicité du Japon qui souhaitait nationaliser l’entreprise. Dans l’opération complotiste ,  il a même été envisagé une mise «mise sous tutelle pour incapacité mentale». Pas. Un processus précis avec été prévu et il a été en grande partie réalisée avec l’arrestation de Carlos Ghosn lors de son arrivée un avion au Japon.

Le risque d’un manque d’eau chronique

Le risque d’un manque d’eau chronique

La raréfaction de l’eau est une problématique d’ampleur planétaire, qui concerne aussi directement la France, rappellent, dans une tribune au « Monde », des scientifiques, des acteurs du secteur et une trentaine de parlementaires.

Tribune.

 

Chaque 22 mars, la Journée mondiale de l’eau alerte sur la pression grandissante s’exerçant sur les ressources en eau et les écosystèmes qui en dépendent. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 40 % de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau d’ici à 2050 et, selon le Global Water Institute, 700 millions de personnes pourraient être déplacées à l’horizon 2030 du fait d’une pénurie d’eau !

La raréfaction de l’eau est une problématique d’ampleur planétaire et les prévisions sont toujours plus alarmantes pour la France de 2050. Les projections du rapport Drias de Météo France prévoient des records absolus de températures d’ici à cette date, avec une augmentation des températures estivales moyennes de 6 degrés Celsius.

Une diminution de la recharge des nappes de 10 % à 25 % en moyenne, selon les régions, affectera aussi les eaux superficielles, avec une baisse de 10 % à 40 % du débit annuel des cours d’eau. Les sécheresses, plus précoces, réduisent déjà l’accès à l’eau potable d’un nombre croissant de communes.

Sans une action décisive, le manque chronique d’eau ne trouvera plus de solution. Selon le Groupe international d’experts sur le climat (GIEC), les plus grands effets du dérèglement du climat sont liés à l’eau : sécheresses, inondations, montée du niveau marin, tempêtes et cyclones, disparition des zones humides.

Encore marquée par les crues dévastatrices survenues dans les Alpes-Maritimes, la France fait face à des périodes d’étiage plus précoces, sévères et longues et des déficits pluviométriques qui affectent la biodiversité, l’agriculture ou l’efficacité du refroidissement des réacteurs des centrales nucléaires. La baisse de la quantité d’eau disponible génère des conflits d’usage auxquels s’ajoute la dégradation de la qualité de l’eau.

 Voté en première lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi Climat et résilience, dont l’examen se poursuivra au Sénat, représente une réelle opportunité. Son article 19 fait le lien entre eau et climat en précisant la notion de « respect des équilibres naturels » issu de l’alinéa 1er de l’art L210-1 du code de l’environnement. Ainsi, la protection de l’eau, sa gestion durable doivent se faire dans le respect des équilibres naturels : infiltration de l’eau dans les nappes souterraines, protection de la biodiversité, lutte contre les pollutions et les effets du dérèglement climatique.

LAREM/LR : conséquence d’un échec pour Macron ou les républicains ?

LAREM/LR : conséquence d’un échec pour Macron ou les républicains ?

 

Certains éditorialistes se demandent si l’accord passé en PACA entre les républicains et la république en marche traduit un échec de Macron ou au contraire une faiblesse des républicains. Peut-être un peu les deux.

 En effet le parti en marche n’a jamais réussi à s’implanter réellement sur le terrain. Le parti en marche est demeuré virtuel et ne parvient pas non plus à être incarné par des personnalités locales ou régionales. Du coup pour exister lors  des élections départementales et régionales, Macron a un besoin urgent d’alliance car les résultats risquent d’être catastrophiques pour lui.

 Mais c’est sans doute aussi la traduction d’une certaine faiblesse chez les républicains dont plusieurs ont déjà été débouchés au gouvernement par Macron. En cause , notamment le fait que les républicains ne parviennent pas à consacrer un leader national qui s’impose sans discussion sur la scène politique.

Pour preuve, les républicains seront sans doute contraint de soutenir Xavier Bertrand qui a démissionné du parti. Les autres membres des républicains ne font pas le poids. Pour sa part, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France a jugé qu’en passant un accord avec les macronistes, Renaud Muselier commettait « une erreur » qui bénéficierait au RN.

« En Marche est incapable de se mettre sur la ligne de départ de ces élections régionales. (…) Le président de la République a tout fait, tout essayé, pour qu’elles n’aient pas lieu, et les repousser après la présidentielle. Et maintenant qu’elles ont lieu, il est en train de masquer l’échec à venir avec ces manœuvres », a décrié Xavier Bertrand.

« Il est toujours temps de ne pas se ruer dans la servitude. C’est ce que disait le général de Gaulle et en tout état de cause, Les Républicains n’ont pas vocation à être les supplétifs d’En Marche », dit-il de son ancienne famille politique, dont il a claqué la porte en 2017 mais à laquelle il espère s’imposer comme candidat naturel pour 2022.

Pour la création d’un organe indépendant de régulation des dépenses publiques

Pour la création d’un organe indépendant de régulation des dépenses publiques

Michel Bouvier , Professeur émérite de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de la Revue Française de Finances Publiques et Président-Fondateur de l’Association pour la Fondation Internationale des Finances Publiques (Fondafip) propose la création d’un organisme indépendant pour la régulation des finances (chroniques dans l’Opinion)

 

 

Tribune

 

La crise sanitaire maîtrisée, il faudra « remettre sur pieds » des finances publiques dont les fondamentaux ont été sérieusement bousculés par la nécessité de parer au plus pressé. La question de leur soutenabilité va se poser de manière cruciale. Une stratégie financière publique nouvelle s’avérera indispensable pour maîtriser un déficit et une dette publique susceptibles de mettre en cause l’équilibre politique, économique et social de la société.

A cette question, particulièrement délicate, il ne pourra plus être répondu seulement par des propositions plaidant pour une maîtrise des dépenses publiques et de la dette ou encore pour une baisse de la pression fiscale. L’application de ces propositions récurrentes depuis un demi-siècle dans les politiques mises en œuvre n’a pas été à la hauteur des résultats escomptés. Il n’est qu’à observer la progression de la dette publique : +274% depuis 1975 (cf. étude Janus Handerson, « Sovereign debt index », avril 2021).

Face aux crises économiques et budgétaires qui ont jalonné cette période la seule réponse nouvelle apportée a été la modernisation de la gestion publique qui s’est amorcée du côté des collectivités locales dans un premier temps pour se poursuivre ensuite au sein de l’Etat. Malheureusement le développement de la culture gestionnaire qui a vite occupé les esprits a masqué un autre besoin essentiel pour l’efficacité du système financier public, celui de l’adaptation de son dispositif de décision, qui est de l’ordre du politique, à un environnement en pleine métamorphose.

 

Or, c’est là une question centrale à laquelle il est urgent de répondre. Il est en effet justifié de se demander si la structure actuelle de ce dispositif est totalement adaptée au contexte contemporain. On peut déplorer que les réponses apportées à cette question confondent logique politique et logique de gestion. Il est proposé des objectifs, par exemple de réduire les dépenses, et des instruments de gestion empruntés au management des entreprises, sans toutefois jamais remettre en cause, l’organisation du dispositif de décision qui se situe en amont.

 

Deux types de changement s’imposent, d’une part changer de modèle intellectuel, d’autre part changer de modèle institutionnel

Certes, il est nécessaire de maîtriser l’évolution des dépenses ainsi que des recettes fiscales. Quand on considère le poids de ces dépenses et de l’impôt et plus encore leur progression ascendante dans le temps à la suite des crises à répétition qui se sont succédées depuis les années 1970 on ne peut nier qu’il y a là un problème. Si la crise sanitaire a accéléré cette progression sans pour autant l’avoir créée, elle nécessite cependant des solutions inédites pour assainir les finances publiques. Ces solutions passent par une réforme du modèle de régulation, de pilotage de l’ensemble interactif que forment les finances de l’Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Deux types de changement s’imposent, d’une part changer de modèle intellectuel, d’autre part changer de modèle institutionnel.

Il est primordial de changer de modèle intellectuel. On ne peut tout à la fois continuer à penser les finances publiques à travers le seul et unique prisme de l’économie tout en admettant qu’elles forment un système complexe. Elles répondent à des logiques diverses et la façon de les approcher doit elle-même être diverse. Il s’agit de rompre avec une logique d’exclusion, qui ne reconnaît pas, et a fortiori ne les formalise pas, les multiples interactions et la multi rationalité qui caractérisent les finances publiques. Une telle démarche conduit à des analyses qui ne peuvent qu’être partielles engendrant des décisions faussement rationnelles.

Sa composition plurielle, publique et privée, permettrait non seulement de coordonner les décisions mais aussi de définir des dispositifs communs et des stratégies concertées pour la mise en œuvre de financements collectifs

Mais un changement de modèle intellectuel fondé sur la pluridimensionnalité du système financier public n’est pas suffisant. Il doit être suivi par la création d’un organe de régulation qui lui corresponde en tous points. Le processus politique actuel de décision qui concerne ce système n’en reflète pas la complexité. Il convient de l’enrichir par un organe de régulation à multiples acteurs. Autrement dit une institution partenariale réunissant les représentants des champs économiques, politiques, et sociaux concernés (représentants de l’Etat, des collectivités locales, de la sécurité sociale, des partenaires sociaux). Celle-ci devrait avoir pour fonction de participer, par la concertation, à la régulation des finances publiques. Elle devrait pour ce faire être aidée d’experts aux compétences en reflétant la pluralité disciplinaire. Sa composition plurielle, publique et privée, permettrait non seulement de coordonner les décisions mais aussi de définir des dispositifs communs et des stratégies concertées pour la mise en œuvre de financements collectifs.

On en est conscient, une telle voie n’est pas facile à emprunter car elle implique de bousculer des habitudes de penser et de faire. Elle est cependant la seule qui pourrait permettre de créer un modèle de finances publiques adapté à la société actuelle comme à celle de l’après Covid-19.

Michel Bouvier est Professeur émérite de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de la Revue Française de Finances Publiques et Président-Fondateur de l’Association pour la Fondation Internationale des Finances Publiques (Fondafip).​

Affaire Sarah Halimi : « Le crime était celui d’un fou antisémite »

Affaire Sarah Halimi : « Le crime  d’un fou antisémite »

 

Face à la polémique déclenchée par la confirmation en cassation de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire, cinq experts psychiatres consultés dans ce dossier justifient leur conclusion, qui soulignent-ils, dans une tribune au « Monde », « s’imposait » mais « ne revenait pas à occulter la barbarie » de cet acte.

 

Tribune.

 Sur commission d’Anne Ihuellou, magistrate instructrice, nous avons réalisé l’expertise psychiatrique de Kobili Traoré, meurtrier de Sarah Halimi [une sexagénaire juive battue et défenestrée dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris]. Nous avons rencontré celui-ci à plusieurs reprises à l’unité pour malades difficiles (UMD) Henri-Colin, où sont internés les malades mentaux dangereux. Comme l’immense majorité des Français, nous avions été choqués et affligés par la barbarie de ce crime et nous partageons la douleur de la famille de Sarah Halimi. C’est surtout pour elle, et avec la conscience d’une communauté juive meurtrie par une série de crimes haineux, qu’il nous paraît nécessaire de clarifier les décisions juridiques, pour ne pas ajouter à ce deuil la douleur d’un sentiment d’injustice.

Après ce crime effroyable, nos deux collèges (trois experts par collège), intervenant plus de six mois après l’expertise initiale du docteur Daniel Zagury [en septembre 2017], avons conclu, comme lui, à une bouffée délirante aiguë, ici marquée par l’apparition d’un délire de persécution et de possession de nature satanique.

 

La bouffée délirante constitue un mode d’entrée fréquent dans un trouble schizophrénique. Désormais intitulé « trouble psychotique bref » dans les classifications internationales, c’est l’un des cas les plus consensuels d’irresponsabilité pénale. Il se caractérise par l’apparition soudaine d’une série de symptômes qui peuvent se cumuler : idées délirantes, hallucinations, discours incohérent, comportement grossièrement désorganisé pendant plus d’un jour et, par définition, moins d’un mois.

Un tueur halluciné

Ce délire aigu engendre des bouleversements émotionnels, des fluctuations thymiques et une note confusionnelle, toutes modifications que nous avons retrouvées dans les auditions de l’entourage de Kobili Traoré. Dans les jours qui ont précédé son passage à l’acte, il était halluciné, soliloquait en répondant à des voix imaginaires, inquiétait tout le monde, y compris ses parents, ses voisins maliens qu’il avait séquestrés et qui avaient appelé la police… Lui-même, persuadé d’être en danger de mort, poursuivi par des démons, était préalablement allé à la mosquée, avait consulté un exorciste, pensait que son beau-père voulait le « marabouter », que l’auxiliaire de vie (d’origine haïtienne) de sa sœur lui appliquait des rituels vaudous…

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