Archive pour le Tag 'cycle'

Un cycle de croissance très solide ! (Xerfi)

Un  cycle de croissance très solide ! (Xerfi)

Une curieuse analyse de Xerfi diffusée dans la Tribune qui vise sans doute à rassurer les acteurs et les investisseurs après la panne de croissance du premier semestre. D’après Xerfi, la croissance française serait solidement attachée autour de 2%. Toutes les interrogations sont dans cet « autour ». Si c’est très près de 2%, on pourra sauvegarder, en tout cas ne pas détériorer,  les grands équilibres mais si c’est près de 1.5%, comme sans doute en 2018, ces équilibres s’écroulent avec notamment uen hausse des déficits publics, la hausse du chômage, l’atonie de la consommation avec en plus une inflation non vertueuse qui précisément vient tuer le pourvoir d’achat. Comme l’économie net pas une science exacte on peut défendre des thèses douteuses. Extrait analyse de Xerfi

 

«  Pour beaucoup d’analystes la fête est déjà finie. Après une année 2017 tonitruante menée à un rythme annualisé proche de 3%, 2018 a démarré sur un gros coup de mou avec une croissance retombée à moins de 1%. Ce mauvais chiffre, serait le marqueur d’un retournement de tendance déjà bien ancré comme le suggère l’orientation prise par le climat des affaires depuis janvier dernier. La croissance patine et les doutes sur la capacité de l’économie française à embrayer sur une deuxième année de croissance forte sont donc réapparus. Pourtant ni la France, ni la zone euro sont en fin de cycle et il reste encore du carburant pour faire de la croissance. D’abord, l’alignement des planètes reste globalement favorable : les taux longs demeurent exceptionnellement bas, et sont coincés en-dessous de 1%. Et pour cause, avec l’imbroglio politique en Italie l’heure est plutôt au « flight to quality », ce qui maintient au plancher les taux de ses partenaires du cœur de la zone euro. Après être remontée face au dollar, l’euro s’est déprécié, l’Italie, une fois de plus, en est partie responsable, mais pas que. Les perspectives de croissance plus favorables aux États-Unis, la normalisation de la politique des taux d’intérêt menée par la Fed alors que la BCE ne bougera pas de sitôt poussent le billet vert à la hausse. Il ne faut pourtant pas s’attendre à une trop grande glissade de la monnaie unique compte tenu de la force de rappel liée aux écarts de situations des deux balances courantes (archi-excédentaire ici, archi-déficitaire là-bas). A défaut de deviser, l’euro devrait donc mollir un peu à court terme ou du moins s’ancrer dans une zone relativement confortable. En fait, seule la planète pétrole s’est réellement désaxée avec un baril compris entre 75 et 80 dollars contre 54 en moyenne l’année dernière. Le coup est rude mais absorbable. Les niveaux actuels sont compatibles avec une croissance voisine de 2%.

De même, il est encore beaucoup trop tôt pour affirmer que la reprise se heurte à des contraintes physiques, notamment dans l’industrie. Certes, les industriels éprouvent des difficultés à recruter, mais c’est le cas dans toutes les phases de reprise. Celle-là n’y échappe pas sans pour autant se démarquer par une intensité particulière par rapport aux deux derniers pics. Le risque de voir les salaires s’emballer pour enclencher une boucle prix-salaire n’est donc toujours pas d’actualité même si, ici ou là, des zones de tension peuvent apparaitre. Avec la grande récession, la notion de cycle a disparu pour céder la place à celle de stagnation séculaire dans les pays avancés. Or rien n’indique que les moteurs endogènes de la croissance se soient éteints. Au contraire, l’analyse du PIB par personne en âge de travailler ne révèle aucune cassure, ni en dehors de la zone euro : aux États-Unis ou au Japon, le constat est le même. L’accident de 2008 est bien perceptible, mais la vraie rupture de tendance est celle des années 90. Idem du côté des deux principales économies européennes. Aucune inflexion n’est constatée en Allemagne et même pour la France, retardataire, il est bien aventureux de diagnostiquer une véritable rupture. C’est en regardant l’écart à la tendance, façon la plus usuelle de représenter le cycle, que l’on réalise à quel point ce dernier ne s’est pas encore pleinement déployé. L’output gap, calculé par le FMI, en d’autres termes, la différence entre le niveau réel du PIB et son potentiel (que permettrait notamment d’atteindre une utilisation optimale des capacités de production) ne dit rien d’autre. L’écart au potentiel reste négatif. En d’autres termes il existe toujours une capacité de rattrapage, qui ne s’effacerait qu’en 2023. Pour refermer cet écart, puis surplomber le potentiel, il faut une croissance supérieure au potentiel durant plusieurs trimestres. Même si ce calcul demeure théorique c’est une pierre de plus pour faire qualifier l’incident du 1er trimestre comme un simple hoquet de croissance. C’est bien pourquoi nos prévisions pour 2018 comme pour 2019 restent solidement accrochées autour de 2%. »

Un cycle baissier pour la Bourse (Nicolas Chéron)

Un cycle baissier pour la Bourse (Nicolas Chéron)

 

La tourmente dans laquelle sont entrées les places boursières pourrait continuer d’après Nicolas Chéron, stratégiste chez CMC Markets France. Ce dernière estime en effet (comme le milliardaire américain Soros) que la crise actuelle présente des similitudes avec la crise des subprimes. Il  Juge que tous les éléments semblent réunis pour que les places boursières entrent dans un cycle baissier. Il estime que les banques centrales européenne et japonaise pourraient intervenir afin d’empêcher une amplification de la crise, et n’exclue pas que la Réserve fédérale américaine fasse machine arrière (interview la tribune).

Le Cac 40 a ouvert en baisse ce matin dans le sillage des places américaines et chinoises. Depuis le 1er janvier, cette baisse atteint désormais 6%, comment analysez-vous la situation ?

Nous sommes effectivement dans un début d’année historique. Les marchés européens qui tenaient bon jusque-là sont rattrapés par la crise en Chine et la chute des matières premières. Cela ressemble de plus en plus à la mise en place d’un marché baissier, et ce, pour l’ensemble de l’année. L’été dernier, plusieurs indices européens dont le Cac40 et le Dax avaient perdu entre 20 et 23% par rapport à leur plus haut, soit un élément qui déclenche potentiellement un cycle baissier. Il aura fallu l’intervention des autorités chinoises pour stabiliser les marchés, mais également l’interventionnisme des banques centrales pour éviter ce scénario. Le même que nous avons rencontré en 2001 et en 2008 et qui avait conduit à des baisses de 50 à 60% des indices. Ce qui a changé depuis, c’est l’activisme des banques centrales.

La solution passe donc désormais par les banques centrales ?

Depuis un an et demi, la BCE et la banque du Japon ont conduit des programmes d’assouplissement monétaire, tandis que les Etats-Unis ont resserré leur action. Nous avons constaté que les deux marchés qui ont réalisé des performances en 2015 sont l’Europe et le Japon. L’interventionnisme monétaire est devenu le nouvel instrument de régulation des marchés financiers. Il y a de très grandes chances pour que les banques centrales européenne et japonaise annoncent prochainement une augmentation de leur Quantitative Easing (assouplissement monétaire). Mario Draghi avait indiqué qu’il attendrait le premier trimestre pour annoncer, ou non, une amplification de son programme annoncé en décembre.

La Réserve fédérale américaine pourrait-elle également être amenée à revoir sa décision d’un resserrement monétaire progressif ?

Il y a six mois (lire interview ici) nous indiquions que la Fed ne pouvait, ne devait pas augmenter ses taux d’intérêt et que si elle le faisait c’était uniquement pour ne pas perdre la face sur ce qu’elle avait annoncé. Face aux récents développements, il se pourrait qu’elle annonce une plus grande prise en compte du risque marché induit par la conjoncture chinoise, afin de neutraliser sa politique de resserrement monétaire. Si la baisse des marchés se poursuit, elle pourrait même être contrainte de faire marche arrière.

La situation est-elle si grave que cela ?

Les fondamentaux se dégradent peu à peu. Les pays émergents sont dans le marasme, l’Asie est entrée dans une phase de ralentissement, et l’Europe et les Etats-Unis ne parviennent pas à créer de la croissance malgré des plans de Quantitative Easing.

Y-a-t-il néanmoins des éléments qui peuvent constituer les bases d’un rebond ?

Si les autorités chinoises arrivent à éteindre l’incendie comme elles l’ont fait l’été dernier, nous pouvons espérer une stabilisation. Les investisseurs profiteraient alors des taux à court terme pour faire des achats à bons comptes. Dans le meilleur des cas…

Vous mettiez en avant le problème des politiques monétaires, mais il y a également le problème du pétrole…

La chute des cours du pétrole était considérée comme positive parce qu’elle procurait du pouvoir d’achat et baissait les charges pour les entreprises. Mais avec une baisse de 75%, c’est tout l’industrie pétrolière mondiale qui est menacée. Cela risque de s’aggraver puisque le pétrole étant libellé en dollar, cette devise pourrait continuer à augmenter et accentuer la pression sur le pétrole. Aux Etats-Unis, c’est tout un pan de l’industrie qui est secoué avec des conséquences très graves sur les fonds d’investissements qui ont mis beaucoup d’argent sur le pétrole de schiste. Cela ressemble à la crise des subprimes.




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