Archive pour le Tag 'culturel'

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

 

Dans une récente tribune du Monde, un collectif d’intellectuels a dénoncé l’impérialisme linguistique anglais considérant à juste titre que l’envahissement de la langue française par l’anglicisme constituait un danger. Le danger n’est pas simplement linguistique mais aussi culturel car les expressions sont porteuses de contenus. Un seul exemple quand Macron au lieu de parler de la société française utilise l’expression « start-up nation ». Une référence claire à l’élitisme de ceux qui réussissent et s’enrichissent en quelques années. Bref, c’est surtout l’occasion de diffuser dans l’opinion publique un modèle de société à l’américaine caractérisée par le retour quasi exclusif sur l’individualisme et les valeurs monétaires comme référence. Une société où la régulation économique mais aussi sociale et sociétale est totalement confiée au marché donc à l’argent. Sur le plan linguistique, il est de bon ton pour paraître moderne de truffer presque chaque phrase d’un mot ou d’une expression anglaise. Certes la langue française est vivante, elle se nourrit de nouveaux mots y compris d’origine étrangère mais tout est dans la mesure. Sans faire outrage à la langue française, il est possible de temps en temps d’utiliser un mot d’origine étrangère mais l’usage excessif touche au pédantisme et au ridicule. En effet, aujourd’hui on atteint souvent le ridicule quand la langue française est beaucoup plus riche qu’un mot anglais pour s’exprimer. À noter que les politiques, les financiers et les économistes notamment ont une fâcheuse tendance à abuser d’expression anglaise sans doute pour conférer un caractère scientifique à des propos qui ne le sont pas. Notons que le président de la république ne fait pas exception. Malheureusement cet usage du « Globish » ressemble fort au latin des médecins de Molière.  La tribune du Monde :

 « Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris », lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre « scène » au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois « jeune adulte ». Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial d’Harry Potter– et se distinguerait peut-être d’une littérature « adulte mûr » et d’une troisième, « vieil adulte ». Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet [qui a été, depuis l’écriture de cette tribune, actualisé] : la « scène YA » accueillera « Le Live » (performances et lectures musicales), une « Bookroom » (un espace de rencontres), un « Brainsto » (discussion entre créateurs), un « Photobooth » (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un « Bookquizz », très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, « Young Adult » représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce « Young Adult », parce qu’il parle ici de littérature francophone, parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits. »

Non au nettoyage culturel des l’islamisme radical (Unesco)

Non au nettoyage culturel des l’islamisme radical (Unesco)

 

Les organisations internationales se réveillent pour qualifier la pensée islamiste qui en fait constitue aussi un génocide culturel. C’est l’Unesco qui prend position pour considérer que la destruction des cultures voulue par les islamistes armés n’est pas assez prise en compte par la communauté infranationale. La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova,  déclare qu’il a fallu du temps pour que les dirigeants de la planète prennent conscience du « nettoyage culturel » auquel se livrent les islamistes armés en Syrie ou au Mali. « Je dois dire qu’au début de la crise syrienne, nous n’avons pas été pris suffisamment au sérieux lorsque nous avons commencé à dénoncer ces destructions », explique l’ex-ministre bulgare des Affaires étrangères. « Aujourd’hui je pense que les gens voient quel est le danger. Je sais que cela n’est pas facile, mais chacun prend aujourd’hui au sérieux la destruction du patrimoine et de la culture, comme une composante de cette stratégie extrémiste. C’est probablement même la plus visible de toutes », ajoute-t-elle. Il y a quinze ans, les talibans afghans ont fourni l’une des illustrations les plus spectaculaires de cette volonté d’anéantir les traces de cultures ou de religions différentes en détruisant les Bouddhas géants de la vallée de Bamiyan. Avec la destruction des mausolées de Tombouctou par les djihadistes maliens en 2012 puis le dynamitage l’an dernier de ruines antiques de la cité syrienne de Palmyre par les combattants de l’organisation Etat islamique, le menace s’est rapprochée. Mais la directrice générale de l’Unesco note que la communauté internationale cherche encore les moyens de répondre à ces agressions. « Un phénomène d’un nouveau type émerge et nous cherchons une réponse », dit-elle. Adoptée en février 2015, la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les moyens de lutter contre le financement des entités terroristes en Irak et en Syrie a condamné « les destructions du patrimoine culturel » et visé spécifiquement le trafic et « le commerce des biens culturels irakiens et syriens et des autres objets ayant une valeur archéologique, historique, culturelle, scientifique ou religieuse ». La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye s’est elle aussi saisie du sujet en organisant le procès d’un islamiste, Ahmad al Faqi al Mahdi, pour son rôle dans la destruction de sites religieux à Tombouctou. Il est la première personne à répondre devant la justice pour une affaire de destruction du patrimoine culturel de l’humanité. Irina Bokova a signé vendredi à Kaboul un accord avec le gouvernement afghan sur la création d’un fonds de financement pour la préservation des identités culturelles et nationales et la promotion du secteur culturel. Dans un pays aux multiples ethnies où plus de 30 langues et dialectes sont en usage, et qui vit en outre au rythme de la guerre depuis plus de quarante ans, la notion d’identité culturelle reste très floue. « Je ne dis pas que c’est facile, répond Bokova, mais c’est nécessaire et nous devons bien commencer quelque part. »

(Avec Reuters)




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