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Cryptomonnaies: la fin du Far-West

Cryptomonnaies: la fin du Far-West 

Les parlementaires européens ont choisi de siffler la fin du Far West, en créant notamment une déclaration obligatoire d’identité des propriétaires des cryptos. Pour ceux qui refuseraient de s’y plier, l’UE pourrait avoir recours au « name and shame » des acteurs.(un papier de la Tribune, extrait )

 

De reports, en tractations intenses dans les couloirs du Parlement européen, pour finalement aboutir à un premier dénouement. Après plusieurs mois de discussions, les trois institutions européennes qui interviennent sur le circuit de la loi (Commission, Parlement et Conseil de l’Europe) dans le cadre du trilogue, sont parvenues jeudi 29 et vendredi 30 juin à fixer un cadre plus strict pour la régulation des cryptoactifs.  »Un objectif important de la présidence française de l’UE », se félicite-t-on au Ministère de l’Economie au lendemain de la signature de l »accord à Bruxelles.

Parmi les mesures phares, celle sur l’identification de tous types de propriétaires de cryptomonnaies, rendue obligatoire pour les plateformes hébergeant ces actifs en Europe, via la disposition TFR (Transfert of Funds Regulation). Autrement dit, même pour de petites sommes détenues, c’est la fin de l’anonymat dans l’univers de la blockchain. Jusqu’ici, seules les adresses cryptées des portefeuilles numériques pouvaient être connues, car enregistrées et rendues publiques sur la « chaîne de blocs », mais pas l’identité de l’investisseur. Désormais, en obligeant de déclarer une identité, les parlementaires compte faire reculer les fraudes, dont le blanchiment d’argent et « le financement du terrorisme », explique la Commission. Particularité du texte, les portefeuilles non hébergés en ligne (sur des clés USB ou autre) devront aussi se soumettre aux mêmes déclarations d’informations personnelles, à l’image du KYC des banques (Know Your Customer).

Surtout, ce premier accord, bien que provisoire, acte un tournant dans la vision que les Vingt-Sept entendent donner à ces jetons qui promettent un monde sans intermédiaires. Parmi les parlementaires européens, des voix se sont élevées pour leur imposer la logique et le même cadre réglementaire que celui utilisé pour le monde bancaire et les actifs financiers traditionnels. « Quand vous retirez ou déposez de l’argent auprès d’une banque, tout est identifié et c’est bien normal. Il faut qu’il en soit de même pour les cryptos »expliquait à La Tribune la député européenne Aurore Lalucq.

Mais la mesure n’est pas du goût des acteurs du secteur. Dans une lettre adressé en avril aux ministres européens des finances, 40 acteurs ont contesté le principe de l’anonymat des détenteurs de cryptomonnaies. Ils défendent le droit à la protection de la vie privée des utilisateurs, versus un modèle où les plateformes vont accumuler des milliards de données personnelles que les autorités fiscales des Etats pourront potentiellement saisir. Ce sur quoi Bruxelles s’engage à faire appliquer le RGPD, son règlement pour la protection des données personnelles voté pour encadrer les géants de la Tech.

Ce texte, plus contraignant, pose aussi question en matière de souveraineté. Quid des plateformes américaines qui auraient les moyens juridiques de refuser de telles déclarations et de tels transferts de données ? Et des autres acteurs qui préféreraient s’abstenir de l’agrément européen pour continuer à garantir l’anonymat aux clients ?

« On aura recours au name and shame de ceux qui proposeront des services qui ne seraient pas autorisés en Union européenne », explique-t-on à Bercy qui a participé aux discussions à Bruxelles…….

Mais alors que le vent de la régulation souffle dans de nombreux Etats, les acteurs du secteur craignent un resserrement encore plus brutal. Après MiCA (Market in crypto assets), le premier texte européen discuté en parallèle depuis 2020 et qui définit les catégories de cryptos et le TFR, que prépare les régulateurs ?  »On ne travaille pas encore sur Mica 2« , assure-t-on à Bercy, en réponse à une suggestion faite quelques jours plus tôt par Christine Lagarde, à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Face à ce que certains considèrent comme le Far West, les régulateurs sont en tout cas au diapason : « il ne peut pas y avoir de création monétaire sans le contrôle de la commission européenne« , résume-t-on au ministère en France.

 

Encore un plaidoyer pour les cryptomonnaies !

Encore un plaidoyer pour les cryptomonnaies !

.Comme un retour aux sources, la monnaie devient un outil d’échange, d’unité de compte, de réserve, et de troc digital, sous forme d’actifs physiques digitaux, parfois intelligents, ou d’actifs financiers. (*) Par Yann Le Floch, expert en monnaies digitales ( dans la Tribune)

 

Un nouveau plaidoyer pour les cryptos qui fait par ailleurs un peu l’impasse sur les enjeux d’une politique monétaire. Un plaidoyer peu convaincant dans une période où les crypto s’écroulent.

Ainsi a crise des cryptomonnaies fait une nouvelle victime. Le fonds d’investissement Three Arrows Capital devait rembourser avant le 27 juin un prêt contracté auprès du courtier Voyager Digital. Le hedge fund se retrouve finalement en défaut de paiement selon son créancier. Il n’a pas remboursé les 675 millions de dollars empruntés sous la forme de 15.250 bitcoins et 350 millions de dollars en USD Coin, une monnaie stable dont la valeur est fixée au dollar. La nouvelle est d’autant plus gênante que «3AC» finance à hauteur de 10 milliards de dollars l’écosystème des cryptos. Un milieu qui est déjà mis en danger par la conjoncture. Sa chute potentielle pourrait alors provoquer un effet domino destructeur. NDLR

Tribune 

Il est pour habitude de considérer que la monnaie, outil économique que nous utilisons tous les jours, a pour fonction d’être un instrument d’échange, d’unité de compte, et de réserve de valeur, définition attribuée souvent à Aristote, 4 siècles avant notre ère.

Dans l’environnement économique ambiant, il est possible d’observer qu’un vent d’innovation se projette sur les questions monétaires, dont l’écosystème des dites cryptomonnaies a pu être l’initiateur, les monnaies digitales de banques centrales pouvant être le relais de ce type d’initiatives.

Il apparaît de manière marquée au sein de l’écosystème des dites cryptomonnaies, que certaines monnaies, tel que le Bitcoin, présentent d’un point de vue économique un caractère hybride d’actifs financiers, se fondant avec les fonctions classiques de la monnaie. Le Bitcoin est aujourd’hui un outil d’échange, de réserve de valeur, et d’unité de compte dans certains référentiels, et aussi un actif financier volatil régi par des processus de marché.

Le monde économique et financier a eu pour habitude d’aborder la question monétaire dans une approche d’abord comptable, la monnaie étant ainsi perçue comme un étalon, l’unité de compte. Cela se traduit dans l’écosystème des monnaies digitales, par une définition technologique de la monnaie comme « account based », traduit littéralement par « basé sur un compte ». Dans l’usage courant que les citoyens peuvent avoir de la monnaie, avec une approche physique réelle ou symbolique, la monnaie peut être aussi perçue comme une pièce ou un jeton, ce qui se traduit par une définition technologique de la monnaie comme « token based », littéralement traduit par basé sur un jeton. Dans l’écosystème financier et économique traditionnel, notre monnaie électronique est basée sur un compte, ce qui est aussi le cas pour Bitcoin dans une certaine mesure avec une adresse publique sur laquelle se trouve des unités de compte. Concernant Ethereum, à l’adresse publique d’un Ether, est associé des jetons technologiques qui peuvent être programmés, via les dits « smart contracts » ou contrats intelligents. Cette différence de perception de la monnaie entre une approche comptable d’unité de compte, ou physique d’instrument d’échange, peut être perçu comme un verbiage secondaire, mais a un impact sur les choix technologiques afférents, et l’usage des monnaies qui en est faite ensuite dans la pratique. En effet, l’approche technologique physique basée sur un jeton d’Ethereum a ainsi permis la création des fameux NFTs artistiques notamment, ces œuvres d’art ou de luxe dont les jetons NFTs en sont la représentation et certification digitale, avec une forme de digitalité physique de jetons.

Pour aller au-delà, la monnaie peut ainsi démontrer avoir une propriété physique et économique d’actif, un « asset » dans la langue de Shakespeare :

- plus proche d’un actif d’usage comme il était le cas dans le monde du troc dans l’échange d’objets physique, un poulet, des pommes, un kilo de farine, et pourquoi pas un NFT.

- ou d’un actif financier comme il est le cas pour beaucoup des cryptomonnaies de premier rang.

Cette réalité physique qui se dégage dans la nature et la définition de la monnaie apparaît ainsi en filigrane dans l’écosystème pratique des monnaies digitales, la monnaie devient ainsi, un outil d’échange, d’unité de compte, de réserve, et de troc digital, sous forme d’actifs physiques digitaux, parfois intelligents, ou d’actifs financiers, comme un retour aux sources.

Cette porosité qui apparaît ainsi entre les différentes fonctions économiques des outils monétaires, présente dans la pratique des potentialités d’usage et technologiques très marquées.

Ainsi, Bernard Lietaer, économiste et universitaire belge, qui a été membre du board de la création de l’ECU, ancêtre monétaire de l’Euro, et professeur à l’université de Berkeley en Californie jusqu’à son décès en 2019, œuvrait pour la création d’un écosystème monétaire institutionnelle présentant une richesse de monnaies de natures différentes, et hybrides, projet que les technologies contemporaines, dont la Blockchain, permettraient de réaliser.

Sa vision de la nature de la monnaie était une approche complémentaire entre des monnaies Yang, masculine symboliquement, et des monnaies Yin, à la philosophie féminine.

Synthétiquement, les monnaies Yang, sont les monnaies nationales, rares, incitant à la compétition, créant des capitaux financiers, utilisées pour le commerce international. Les monnaies Yin sont considérées comme des monnaies complémentaires, coopératives, émis en quantité suffisante, ayant pour vocation de créer du capital social.

Les nouvelles technologies permettent ainsi de réaliser d’un point de vue théorique dans le monde réel l’ensemble de ces visions monétaires sur une nature différente de la monnaie, le tout dans un cadre institutionnel sage et avisé, mais innovant et audacieux.

Au-delà, en couplant les philosophies de monnaies complémentaires, avec la nature de la monnaie qui s’exprime pas à pas comme un actif monétaire, il est possible de créer des monnaies actifs à la potentialité économique et humaine tout à fait remarquable.

Un exemple pourrait être les monnaies duales. Il est parfois dit dans certaines philosophies de vie « qu’il faut donner pour recevoir ». Dans l’économie classique, le paiement/don d’argent se fait contre un actif économique ou financier, selon des règles dites de marché. Serait-il ainsi envisageable de créer une « monnaie », un actif monétaire dual, dont le paiement d’un bien ou d’un service, se fasse dans un échange bilatéral d’actif monétaire, ou complémentaire d’actif monétaire. Concrètement, vous allez à la pizzeria, vous payez à la fin de votre repas votre pizza en euros selon des modalités classiques, vous avez la possibilité de payer avec des actifs monétaires institutionnelles dédiés, des jetons, des bons points, pour le service du restaurant, ou d’en recevoir comme client agréable. Ces jetons complémentaires étant par exemple distribués à l’origine en « Air Drop », ou monnaie hélicoptère, par les états en coordination avec les banques centrales aux particuliers et commerçants. Dans cet exemple, l’axe de dualité de l’échange pourrait être monétisable en argent de référence euros, que si un certain nombre de « Match » entre bons points/jetons reçus et bons points/jetons donnés, pouvaient s’exprimer, dans un équilibre complémentaire des échanges marchands. La relation économique classique s’ouvrant ainsi sur des dimensions différentes dans une dualité de rapports commerciaux et économiques complémentaires. Il va de soi que la dimension de satisfaction réciproque dans la relation commerciale, pourrait s’étendre à des dimensions environnementales, à des dimensions de perception de qualité, à des dimensions humaines et sociales en tout genre. Un point d’attention serait que la monétisation duale de ces dimensions non monétisées à ce jour, nécessiterait une architecture économique fine, pour éviter des effets de bord délétères.

Au-delà, nous pouvons comprendre ainsi, que des monnaies duales, ouvertes à des dimensions de monétisation complémentaires des échanges, selon des axes par exemple ESG (Environnement, Social, Gouvernance), ouvrent une forme de vision spectrale de l’échange économique, et s’échanger des spectres de fréquences économiques différents, c’est ainsi s’échanger des ondes, et des énergies, selon la définition physique (voir par exemple les définitions des transformations de Fourrier sur Wikipedia pour les plus curieux sur ces thèmes). Les nouvelles technologies monétaires feront-elles donc sur le long terme de l’économie un jeu d’échange d’énergie, cela est tout à fait probable.

Ainsi, de par les dites nouvelles technologies, une nouvelle mise en perspective de la nature de la monnaie se dessine pas à pas. Est-ce que Bitcoin, Ethereum, Hyperledger, seront aux monnaies digitales, un acte fondateur de transformations monétaires et technologiques encore plus profondes structurellement, cela est très probable. Existe-t-il aujourd’hui des technologies monétaires conçues par conception pour s’échanger des actifs monétaires au sens strict, voir des actifs monétaires ondulatoires, pas « by design ». La monnaie programmée n’est pas ainsi au sens strict une monnaie programmable.

Dans cette période où il se dit dans différents milieux du renseignement militaire, et sous différents drapeaux, que le nerf de certaines guerres est le rapport de force entre des zones monétaires concurrentes, existantes ou en construction, et que de trouver des raisons pratiques de se faire la guerre, et ensuite assez aisée, il serait peut-être de bon ton, de réfléchir à d’autres perspectives monétaires pour l’humain et l’humanité.

En France, nos spécialistes des technologies de pointe comme Thales, Dassault, Atos, Wordline, seront-ils en capacité de développer des technologies avancées de paix monétaire dans la guerre économique, sur la base de changements potentiels de la nature de la monnaie, au service de l’humain et du progrès ?

Plaidoyer pour les cryptomonnaies !

L’enjeu majeur de la blockchain ?

Un plaidoyer un peu optimiste mais confus sur le rôle des cryptomonnaies et de la technologie blockchain ; Surtout au moment où  le Bitcoin  a perdu 25 % de sa valeur . Si la technique blockchain apporte un progrès considérable dans la gestion de toutes les informations, il en va différemment pour les cryptommonaies , valeur virtuelle qui ne repose sur aucun actif et n’a  aucun avenir sans mise au point d’une régulation par les autorités monétaires

 

Tribune par  Toufik Lerari, PDG de tequila rapido et membre du Conseil d’Administration de Modex.( dans la Tribune)

 

Tim Berners-Lee, l’inventeur du WEB, souhaitait qu’il soit « universel, gratuit, libre et transparent ». 28 ans plus tard Tim Berners-Lee, lui-même, concède que la technologie n’a pas « réalisé son plein potentiel » limitée par trois facteurs : la désinformation, la publicité ciblée (commerciale et politique) et la domination opaque d’algorithmes qui abusent des données personnelles.

Google et Facebook affichent une valorisation cumulée de 3800 Mds$, l’équivalent du PIB réuni de la France et de l’Italie. Cette hyper-concentration de moyens financiers et de données personnelles est un danger pour la compétitivité et pour nos libertés.

Internet, pour être plus libre, transparent, pourvoyeur de confiance et sécurisé, doit être moins centralisé. Chacun doit pouvoir reprendre en main sa « destinée numérique ». C’est justement l’une des plus grandes promesses de la technologie blockchain. Mais pas seulement.

En 2021, selon la Banque mondiale, 589 milliards de dollars ont été transférés vers des pays à revenu faible et intermédiaire. Pour ce seul flux, le montant d’intermédiation perçu par les banques est de plus de 37 milliards de dollars. Un constat insupportable pour beaucoup et, en particulier, pour Satoshi Nakamo, l’inventeur de la technologie blockchain.

C’est durant la crise financière de 2008 qu’il imagine la création d’une monnaie numérique, le Bitcoin, qui pourrait garantir des transactions financières de pair à pair en s’appuyant sur une infrastructure décentralisée, donc sans intermédiaire.

Pour ce faire, il lui faut inventer une technologie d’échange qui garantisse à la fois la désintermédiation, la confiance, la transparence, l’inclusion et la sécurité. La technologie blockchain est ainsi née. Elle est à la fois une prouesse technique majeure mais aussi une pensée technologique puissante qui bouscule notre conception du tiers de confiance et notre rapport même à la gouvernance.

Prendre le temps de comprendre le fonctionnement intrinsèque de cette technologie, permet de comprendre comment elle corrige certaines dérives de l’Internet, déstabilise de nombreux ordres établis et nous offre un potentiel de transformation durable pour de nombreux secteurs.

La blockchain est d’abord une technologie d’échange et d’enregistrement des données. Il faut l’imaginer comme un Livre, dont les pages sont des « blocs » et dont chaque ligne est une « transaction ». La blockchain est un Livre original qui rassemble des co-éditeurs, des co-auteurs, des contributeurs et des lecteurs.

Les co-éditeurs sont appelés les « Nœuds » : ils garantissent l’intégrité du Livre et détiennent chacun une version à jour. Les co-auteurs sont appelés les « Mineurs » : ils écrivent les nouvelles pages du Livre en s’assurant de la validité de chaque ligne. Les contributeurs quant à eux proposent des nouvelles lignes, c’est-à-dire des transactions qu’ils soumettent sur le réseau blockchain.

En janvier 2022, la blockchain publique Bitcoin était disponible simultanément sur plus 14 000 nœuds. Elle comptait environ 19 millions de blocs et elle rassemblait des millions de « mineurs » qui mutualisent leurs ressources de calcul pour contribuer à l’écriture de ce Livre.

La puissance de cette technologie repose sur quatre fondamentaux :

  • L’immuabilité

Les blocs de données forment une chaîne inaltérable dont l’intégralité est sauvegardée simultanément et en temps réel sur des milliers de nœuds décentralisés. Cette infrastructure distribuée rend la blockchain et son contenu immuable et hautement tolérante aux pannes. Il faudrait que tous les nœuds tombent en panne en même temps pour la rendre inaccessible.

  • La transparence

L’identité de tous les utilisateurs est confidentielle mais l’historique de toutes les transactions effectuées depuis le premier bloc est transparent et public. Chaque utilisateur inscrit possède une clé privée et une clé publique (liée par un principe cryptographique). A la clé publique sont rattachées toutes les transactions de l’utilisateur. A la clé privée est rattaché le droit d’exécuter des transactions.

  • La sécurité cryptographique

La blockchain intègre un système cryptographique robuste. Chaque bloc ajouté est crypté ainsi que toutes les transactions qu’il contient. De plus, comme les pages d’un livre, chaque bloc est lié au bloc précédent. Ainsi, un hacker qui voudrait changer le contenu d’une transaction, devra non seulement réussir à hacker ce bloc mais aussi, simultanément, tous les blocs qui le précède et tous ceux qui le suivent. Par ce principe de maillage cryptographique, les informations inscrites sont infalsifiables.

  • La décentralisation de la confiance

La blockchain n’a pas d’organe central de contrôle ni de tiers de confiance. La gouvernance est distribuée et s’opère par le nombre d’acteurs impliqués et fédérés à travers un système de consensus accepté par tous.

De la digitalisation de la monnaie à la digitalisation de la confiance

Depuis le Bitcoin en 2008, de nombreuses blockchains publiques ont vu le jour telles que Ethereum, Litecoin, Tezos, Binance, Cardano… Il existe également des blockchains semi-privées ou privées, exclusives à une organisation spécifique mais aussi des blockchains à consortium, réunissant plusieurs organisations ayant un intérêt à collaborer et fluidifier entre elles les échanges.

Les usages se multiplient dans de nombreux secteurs : Finance, Jeux, Énergie, Sport, Santé, Transport, Metaverse, Arts… Et, les transactions entre parties sont rémunérées non pas en ayant recours à la monnaie légale, mais à la cryptomonnaie.

Aujourd’hui, on référence plus de 9.500 cryptomonnaies. Leur capitalisation boursière dépasse les 1.700 milliards de dollars pour un volume d’échange quotidien avoisinant les 80 milliards de dollars. Ce paradigme accélère l’entrée des acteurs de la finance traditionnelle mais aussi des États, entraînés de facto dans une course à la régulation.

Comme la technologie Internet a démocratisé et digitalisé l’information, cette nouvelle ère technologique, elle, digitalise la valeur économique, mais cela ne s’arrête pas à la monnaie. La technologie blockchain est, en fait, en mesure de digitaliser toute forme d’actif (appelé Token) : une monnaie, une ressource ou accès à un service, un droit d’auteur, une part de capital ou d’un bien immobilier, un vote, une identité, un diplôme… Leurs échanges deviennent naturellement transparents et performants, réduisant drastiquement les frictions, ralentissements et coûts liés aux intermédiations établies.

Introduit dans le marché de l’art en 2020, le NFT, est le principe de tokenisation le plus célèbre. Il sécurise la propriété de l’œuvre, invente de nouveaux modèles de distribution de la valeur entre le créateur et l’acquéreur. En 2021, le marché traditionnel de l’art représentait un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars. Le marché des crypto-arts, quant à lui, dépassait les 40 milliards de dollars.

Dans la santé, la blockchain challenge de façon ambitieuse la manière de stocker et partager nos données de santé. Elle facilite l’interopérabilité des systèmes d’informations des acteurs de la santé (qui sont atomisés et pluriels). Elle est une solution d’avenir stratégique pour la traçabilité des médicaments et la lutte contre la contrefaçon.

Dans le secteur public, les potentialités sont immenses. Depuis 2011, l’Estonie a adopté la blockchain au sein de ses systèmes d’informations pour permettre l’authentification unifiée des citoyens, la sécurisation de leurs données personnelles et la fluidification des services administratifs. L’Estonie prépare même le lancement de son propre Token « Estcoin » qui permettrait à quiconque d’investir dans le pays. Adieu les obligations et bons du Trésor.

Dans de nombreux pays (Finlande, USA, Honduras, Australie, notamment) les initiatives se multiplient pour faciliter et sécuriser l’accès aux services administratifs, la numérisation et l’authentification de documents publics ou diplômes, le parcours de santé, les transferts sociaux, le vote et la contribution citoyenne. En termes d’optimisation de coûts, d’efficacité des ressources allouées et de fluidification des usages, cet apport technologique est sans doute le choc dont les administrations ont besoin pour bâtir un service public moderne, c’est-à-dire performant, participatif, fluide et sécurisé.

La technologie blockchain est jeune mais son évolution technique est très rapide. Elle interroge et challenge notre rapport à la confiance et nous invite à le repenser. La blockchain tend à redéfinir le « tiers de confiance » et dessine de nouvelles règles de gouvernance, au sein et entre les organisations, où la transparence, l’inclusion et la sécurité ne seront pas seulement des objectifs mais des règles immuables.

Cryptomonnaies : les arnaques s’amplifient

Cryptomonnaies  : les arnaques s’amplifient

Cryptomonnaies ,  les arnaques s’amplifient se développent considérablement notamment sur Internet .  Plus de 46.000 personnes ont signalé avoir été victimes d’une escroquerie aux cryptomonnaies depuis début 2021 auprès de la Federal Trade Commission (FTC) américaine. Les réseaux sociaux sont souvent le principal vecteur de ces arnaques dont la valeur a explosé depuis 2018. Le gendarme américain de la concurrence tire la sonnette d’alarme : l’engouement récent pour les cryptomonnaies attire aussi les escrocs. Les pertes liées à des arnaques en cryptomonnaie ont en effet explosé depuis 2018 , note un rapport de la Federal Trade Commission (FTC) , l’agence publique chargée de protéger les consommateurs américains. Depuis le début de 2021, plus de 46.000 personnes ont déclaré avoir perdu, en tout, près de 1 milliard de dollars en raison d’arnaques à la cryptomonnaie. Ces chiffres sont une estimation basse, car ils ne concernent que les signalements de fraude auprès de la FTC. Or, une grande partie des escroqueries ne sont pas signalées aux autorités.

Bicoin et Cryptomonnaies : le piège des  pauvres

Elles n’ont rien de monnaies, même si l’engouement et l’appât du gain universels les affublent du qualificatif flatteur de «cryptomonnaies», dans une tentative vouée d’avance à l’échec de les crédibiliser et d’attirer le chaland. Par Michel Santi, économiste (*) (la Tribune)

 Il faut en effet avoir et le cœur et l’estomac bien accrochés pour prétendre traiter et échanger de telles monnaies à la volatilité inouïe. Elles ne sont, en réalité, qu’un instrument – un énième – de pure spéculation offrant une valeur intrinsèque nulle !

 Achetez un bien immobilier et vous l’aurez toujours si le marché venait à se dégrader. Achetez une action en bourse et vous serez toujours propriétaire d’une partie de l’entreprise si le marché venait à s’effondrer. Achetez des bitcoins et vous n’aurez plus qu’à jeter votre ordinateur à la poubelle si sa valeur venait à se liquéfier (comme c’est le cas actuellement) car ce machin ne représente qu’un bout de code dont vous ne pouvez strictement rien faire et que quelqu’un d’autre au bout de la pyramide a eu la bonne idée de vous vendre.

Cette hystérie généralisée raconte en fait banalement une histoire maintes fois vécue. Elle reflète une contagion collective ayant gonflé par le passé la valorisation d’actifs bien plus tangibles qu’une cryptomonnaie – aussi éphémère qu’un amour d’été – mais tout aussi banale que le jeu des chaises musicales où les places sont limitées et dont seuls s’en sortent ceux qui vendent les premiers.

Ce marché – qui vaut aujourd’hui quelques trillions de dollars et d’euros de moins pour s’être déjà largement dévalorisé ces derniers mois – ne vaut que grâce à d’autres joueurs qui sont d’accords de pousser plus haut et plus loin le « schmilblick ».

 

Plus grave – bien plus inquiétant et plus triste aussi : la crypto a prospéré sur un terreau de spéculateurs et d’investisseurs jeunes et précaires qui n’avaient pas les moyens de placer en bourse ni dans l’immobilier, trop chers pour eux. Soyons réalistes et honnêtes : dans un environnement où les nouvelles générations sont nettement moins bien loties que leurs aînés, dans un contexte où il semble si facile de gagner en spéculant par la grâce de la dérégulation et de la libéralisation totales des flux de capitaux, la crypto a vendu du rêve à la jeunesse, qui y a trouvé une manière idéale de se démarquer des anciens. Dans un monde où les inégalités sont aberrantes, où l’immense majorité des jeunes du monde entier sont désormais les nouveaux pauvres, la seule et unique arme à disposition de cette caste d’intouchables leur permettant de se distinguer fut la crypto qui a pu un temps les convaincre qu’ils se mettraient sur les pas des riches et des puissants, en usant accessoirement d’un instrument avant-gardiste.

Hélas pour ces jeunes et pour ces démunis pour lesquels la crypto fut littéralement une idéologie tant ils ne jurèrent plus que par elle, les riches investisseurs s’enrichirent davantage car c’est eux seuls qui étaient aux manettes de ces plateformes et de ce simulacre de marché. Aujourd’hui, des milliers d’investisseurs crédules – jeunes et moins jeunes mais pauvres – subissent frontalement et jusque dans leurs ultimes deniers ce dernier avatar en date d’un capitalisme sauvage qui ne sait ni ne peut prospérer que sur les cadavres des plus fragiles. C’est encore et toujours ceux qui peuvent le moins se permettre de perdre qui sont lésés et ratiboisés.

______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

 

Bourses: Les cryptomonnaies s’écroulent.

Bourses: Les  cryptomonnaies s’écroulent. 

 

Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021 (26 650,37 au 27 mai)). Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

Bourses: Les cryptomonnaies s’écroulent.

Bourses: Les  cryptomonnaies s’écroulent. 

 

Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021., Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

Bicoin et Cryptomonnaies : le piège des pauvres

Bicoin et Cryptomonnaies : le piège des  pauvres

Elles n’ont rien de monnaies, même si l’engouement et l’appât du gain universels les affublent du qualificatif flatteur de «cryptomonnaies», dans une tentative vouée d’avance à l’échec de les crédibiliser et d’attirer le chaland. Par Michel Santi, économiste (*) (la Tribune)

 

 

Il faut en effet avoir et le cœur et l’estomac bien accrochés pour prétendre traiter et échanger de telles monnaies à la volatilité inouïe. Elles ne sont, en réalité, qu’un instrument – un énième – de pure spéculation offrant une valeur intrinsèque nulle !

 

Achetez un bien immobilier et vous l’aurez toujours si le marché venait à se dégrader. Achetez une action en bourse et vous serez toujours propriétaire d’une partie de l’entreprise si le marché venait à s’effondrer. Achetez des bitcoins et vous n’aurez plus qu’à jeter votre ordinateur à la poubelle si sa valeur venait à se liquéfier (comme c’est le cas actuellement) car ce machin ne représente qu’un bout de code dont vous ne pouvez strictement rien faire et que quelqu’un d’autre au bout de la pyramide a eu la bonne idée de vous vendre.

Cette hystérie généralisée raconte en fait banalement une histoire maintes fois vécue. Elle reflète une contagion collective ayant gonflé par le passé la valorisation d’actifs bien plus tangibles qu’une cryptomonnaie – aussi éphémère qu’un amour d’été – mais tout aussi banale que le jeu des chaises musicales où les places sont limitées et dont seuls s’en sortent ceux qui vendent les premiers.

Ce marché – qui vaut aujourd’hui quelques trillions de dollars et d’euros de moins pour s’être déjà largement dévalorisé ces derniers mois – ne vaut que grâce à d’autres joueurs qui sont d’accords de pousser plus haut et plus loin le « schmilblick ».

 

Plus grave – bien plus inquiétant et plus triste aussi : la crypto a prospéré sur un terreau de spéculateurs et d’investisseurs jeunes et précaires qui n’avaient pas les moyens de placer en bourse ni dans l’immobilier, trop chers pour eux. Soyons réalistes et honnêtes : dans un environnement où les nouvelles générations sont nettement moins bien loties que leurs aînés, dans un contexte où il semble si facile de gagner en spéculant par la grâce de la dérégulation et de la libéralisation totales des flux de capitaux, la crypto a vendu du rêve à la jeunesse, qui y a trouvé une manière idéale de se démarquer des anciens. Dans un monde où les inégalités sont aberrantes, où l’immense majorité des jeunes du monde entier sont désormais les nouveaux pauvres, la seule et unique arme à disposition de cette caste d’intouchables leur permettant de se distinguer fut la crypto qui a pu un temps les convaincre qu’ils se mettraient sur les pas des riches et des puissants, en usant accessoirement d’un instrument avant-gardiste.

Hélas pour ces jeunes et pour ces démunis pour lesquels la crypto fut littéralement une idéologie tant ils ne jurèrent plus que par elle, les riches investisseurs s’enrichirent davantage car c’est eux seuls qui étaient aux manettes de ces plateformes et de ce simulacre de marché. Aujourd’hui, des milliers d’investisseurs crédules – jeunes et moins jeunes mais pauvres – subissent frontalement et jusque dans leurs ultimes deniers ce dernier avatar en date d’un capitalisme sauvage qui ne sait ni ne peut prospérer que sur les cadavres des plus fragiles. C’est encore et toujours ceux qui peuvent le moins se permettre de perdre qui sont lésés et ratiboisés.

______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Cryptomonnaies : le piège des pauvres

Cryptomonnaies : le piège des  pauvres

Elles n’ont rien de monnaies, même si l’engouement et l’appât du gain universels les affublent du qualificatif flatteur de «cryptomonnaies», dans une tentative vouée d’avance à l’échec de les crédibiliser et d’attirer le chaland. Par Michel Santi, économiste (*) (la Tribune)

 

 

Il faut en effet avoir et le cœur et l’estomac bien accrochés pour prétendre traiter et échanger de telles monnaies à la volatilité inouïe. Elles ne sont, en réalité, qu’un instrument – un énième – de pure spéculation offrant une valeur intrinsèque nulle !

 

Achetez un bien immobilier et vous l’aurez toujours si le marché venait à se dégrader. Achetez une action en bourse et vous serez toujours propriétaire d’une partie de l’entreprise si le marché venait à s’effondrer. Achetez des bitcoins et vous n’aurez plus qu’à jeter votre ordinateur à la poubelle si sa valeur venait à se liquéfier (comme c’est le cas actuellement) car ce machin ne représente qu’un bout de code dont vous ne pouvez strictement rien faire et que quelqu’un d’autre au bout de la pyramide a eu la bonne idée de vous vendre.

Cette hystérie généralisée raconte en fait banalement une histoire maintes fois vécue. Elle reflète une contagion collective ayant gonflé par le passé la valorisation d’actifs bien plus tangibles qu’une cryptomonnaie – aussi éphémère qu’un amour d’été – mais tout aussi banale que le jeu des chaises musicales où les places sont limitées et dont seuls s’en sortent ceux qui vendent les premiers.

Ce marché – qui vaut aujourd’hui quelques trillions de dollars et d’euros de moins pour s’être déjà largement dévalorisé ces derniers mois – ne vaut que grâce à d’autres joueurs qui sont d’accords de pousser plus haut et plus loin le « schmilblick ».

 

Plus grave – bien plus inquiétant et plus triste aussi : la crypto a prospéré sur un terreau de spéculateurs et d’investisseurs jeunes et précaires qui n’avaient pas les moyens de placer en bourse ni dans l’immobilier, trop chers pour eux. Soyons réalistes et honnêtes : dans un environnement où les nouvelles générations sont nettement moins bien loties que leurs aînés, dans un contexte où il semble si facile de gagner en spéculant par la grâce de la dérégulation et de la libéralisation totales des flux de capitaux, la crypto a vendu du rêve à la jeunesse, qui y a trouvé une manière idéale de se démarquer des anciens. Dans un monde où les inégalités sont aberrantes, où l’immense majorité des jeunes du monde entier sont désormais les nouveaux pauvres, la seule et unique arme à disposition de cette caste d’intouchables leur permettant de se distinguer fut la crypto qui a pu un temps les convaincre qu’ils se mettraient sur les pas des riches et des puissants, en usant accessoirement d’un instrument avant-gardiste.

Hélas pour ces jeunes et pour ces démunis pour lesquels la crypto fut littéralement une idéologie tant ils ne jurèrent plus que par elle, les riches investisseurs s’enrichirent davantage car c’est eux seuls qui étaient aux manettes de ces plateformes et de ce simulacre de marché. Aujourd’hui, des milliers d’investisseurs crédules – jeunes et moins jeunes mais pauvres – subissent frontalement et jusque dans leurs ultimes deniers ce dernier avatar en date d’un capitalisme sauvage qui ne sait ni ne peut prospérer que sur les cadavres des plus fragiles. C’est encore et toujours ceux qui peuvent le moins se permettre de perdre qui sont lésés et ratiboisés.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Finances-Les cryptomonnaies s’écroulent.

Finances-Les  cryptomonnaies s’écroulent. 

 

Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021., Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

 

Finances : Les cryptomonnaies s’écroulent.

Finances : Les  cryptomonnaies s’écroulent. 

 

Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021., Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

 

Les cryptomonnaies s’écroulent.

Les  cryptomonnaies s’écroulent. 

 

Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021., Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

 

La valeur des cryptomonnaies s’écroule

La valeur des cryptomonnaies s’écroule. Le bitcoin ,  star des cryptomonnnaies, est tombé sous les 27.000 dollars, une première depuis juillet 2021., Une chute qui entraîne les autres  (Ether -33% sur un mois, Litecoin, XRP, Cardano…) Après les mesures ultra accomodantes des banques centrales qui ont dopé les flux financiers, puis les marchés actions, et le goût du risque, le bitcoin, qui s’est largement infiltré dans les fonds institutionnels en 2021, en paie aujourd’hui le prix. Son prix, qui a sombré jusqu’à 25.424 dollars dans la nuit de mercredi à jeudi, remontait à 27.645 dollars jeudi soir, soit une baisse de 30% sur un mois.

Depuis les pics records de novembre 2021, le bitcoin a perdu 60% de sa valeur et la totalité du marché des cryptomonnaies ne représente plus de 1.200 milliards de dollars de capitalisation, contre plus de 3.000 milliards à son plus haut. Après avoir atteint jusqu’à 1 trillion de valorisation, celle-ci serait aujourd’hui réduite de moitié.

Le  mouvement observé sur le stablecoin Terra, une cryptomonnaie dite stable, censée être arrimée au cours du dollar américain perdu plus de la moitié de sa valeur en 24 heures, semant un vent de panique dans un marché des cryptoactifs déjà fébrile. La jeton numérique a dégringolé depuis le début de la semaine sous l’impact d’une vague de ces mouvements auxquels l’algorithme de la crypto a réagi automatiquement. Il sombrait mercredi de près de 95%, à 1,69 dollar, selon CoinGecko.

Les  entreprises liées aux cryptomonnaies introduites en Bourse souffraient logiquement du choc du secteur: la plateforme d’échanges Coinbase a vu son action plonger de 26,4% mercredi, à son plus bas niveau depuis son introduction en Bourse un an plus tôt.

La plateforme, qui permet d’acheter et de vendre des devises virtuelles comme le bitcoin et l’ether, a profité de la fulgurante ascension de cette classe d’actifs en 2020 et 2021.

Si le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a progressé de 51% au premier trimestre par rapport à la même période en 2021, à 9,2 millions, il s’affiche en baisse de 19% par rapport au trimestre précédent. Et, selon Coinbase, la fuite des utilisateurs va se poursuivre durant ce trimestre.

 

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

 

Pour la BCE,  la régulation des cryptomonnaies est nécessaire pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique.

La Banque centrale européenne (BCE) a appelé lundi à réglementer les crypto-actifs, dont la dynamique est telle qu’ils atteignent une taille de marché désormais supérieure à celle des prêts hypothécaires à risque à l’origine de la dernière grande crise financière. «Nous devons déployer des efforts coordonnés au niveau mondial pour faire entrer les crypto-actifs dans le champ de la réglementation», a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans un discours prononcé à New York.

Cet appel fait écho à celui de la Banque d’Angleterre (BoE) qui a estimé en mars que la régulation des cryptomonnaies devait être accrue pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique. La demande croissante pour les actifs numériques et les paiements instantanés a fait émerger un écosystème avec des «mineurs» qui créent des cryptomonnaies et une kyrielle d’intermédiaires. Autour du bitcoin, la plus célèbre des cryptomonnaies, la taille du marché des crypto-actifs «est désormais plus importante que ne l’était le marché des prêts hypothécaires à risque» lorsque ce dernier «a déclenché la crise financière mondiale (de 2008) avec une valeur de 1.300 milliards de dollars», a souligné Fabio Panetta.

Ces actifs «engendrent instabilité et insécurité», a critiqué le banquier italien. C’est pourquoi «nous devons veiller à ce (que ces actifs) soient soumis à des normes conformes à celles appliquées au système financier», a argué Fabio Panetta. Pour cela les régulateurs sur la planète doivent «progresser plus rapidement» pour s’assurer que les crypto-actifs «ne déclenchent pas une frénésie de prise de risque anarchique», synonyme de «bulle». Mais réguler ne suffit pas: «si le secteur officiel -pouvoirs publics et intermédiaires- ne satisfait pas» la demande forte en crypto, «d’autres interviendront», a prévenu Fabio Panetta. Il a ainsi plaidé pour que les banques centrales s’engagent dans l’innovation numérique, à l’image de la BCE qui a lancé son chantier d’euro numérique. Cette innovation doit permettre aux citoyens d’utiliser la monnaie unique pour effectuer des paiements partout dans la zone euro.

 

600 millions de dollars en cryptomonnaies volés !

 600 millions de dollars en cryptomonnaies volés !

 

Encore un vol spectaculaire de cryptomonnaie, le placement tout autant virtuel que miraculeux. Ce n’est pas le premier,ni le dernier détournement tant qu’aucune régulation n’encadrera cette valeur sans actifs réels. Un groupe de hackeurs lié à la Corée du Nord est responsable du piratage qui a visé des joueurs du jeu vidéo Axie Infinity fin mars et du vol de cryptomonnaies valant environ 620 millions de dollars en tout. « Le groupe Lazarus et APT38, des acteurs en ligne associés à la Corée du Nord, sont responsables », a indiqué le FBI dans un communiqué de presse.

Cryptomonnaies: l’écroulement des cours…… mais les promesses des influenceurs

Cryptomonnaies: l’écroulement des cours…… mais les promesses des influenceurs

 

L’ensemble des valeurs boursières s’inscrivent  depuis quelques semaines dans une tendance baissière qui correspond à une grande correction après une envolée folle des indices  alimentée largement par l’argent gratuit des banques centrales. Parmi les hausses, la star des valeurs est la cryptomonnaie menée notamment le Bitcoin . Aujourd’hui le Bitcoin par exemple a perdu en peu de temps la moitié de sa valeur.

En cause,  évidemment la publicité éhontée des très gros investisseurs, des spéculateurs comme le patron de Tesla  E. Musk qui, lui,  sait acheter et vendre comme il faut et en quelque sorte faire payer les naïfs petits investisseurs. Lesquels sont aussi encouragés par certains influenceurs comme par exemple Nabilla et bien d’autres qui n’y connaissent strictement rien mais sont rémunérés par les plates-formes. De la même manière que lorsqu’elle vende des produits de beauté ou des crèmes pour maigrir.

«Le bitcoin, ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup. C’est de l’argent qu’on peut toujours récupérer, c’est de l’argent virtuel», clamait, à tort, l’influenceuse Nabilla Vergara à ses 3,9 millions d’abonnés sur Snapchat. Les promesses d’une vie de millionnaire, grâce aux investissements dans les cryptomonnaies, pullulent sur les réseaux sociaux. Au-delà des annonces publicitaires réglementées faites par les entreprises, Snapchat, Instagram, Facebook ou Twitter fourmillent de promotions déguisées.

. Face au développement de cette communication autour d’actifs très volatils et pour tout dire très dangereux nombre de gouvernements s’interroge désormais sur les mesures de régulation à mettre en place pour calmer ce vaste marché de promesses de coiffeurs.

Le maquis des cryptomonnaies et la régulation

Le maquis des cryptomonnaies et la régulation

 

 

Le spécialiste des cryptomonnaies Duncan Hoffman fait le point, dans une tribune au « Monde », sur la réglementation des cryptomonnaies en France.Il souhaite que les acteurs des monnaies numériques participent à la mise en place d’une régulation.

 

Le problème est que nombre des opérateurs de ces monnaies numériques ne souhaitent aucune régulation et contestent la légitimité des Etats en matière monétaire NDLR.

 

Tribune.

 

Aux débuts de la technologie blockchain, les cryptomonnaies opéraient dans une zone grise de l’économie. Les institutions financières se sont ensuite lancées dans ce secteur, attirant l’œil des régulateurs.

Depuis, les gouvernements ont pris des mesures pour lutter contre la cybercriminalité et protéger les utilisateurs de cryptomonnaies, mais le travail est loin d’être terminé. Il est essentiel que les investisseurs, les entreprises et les institutions du secteur comprennent à la fois comment les gouvernements réglementent les cryptomonnaies et comment les leaders du secteur peuvent faire avancer l’encadrement des cryptomonnaies.

Les régulateurs doivent analyser le marché des cryptomonnaies en fonction des cadres juridiques qui ont précédé la blockchain. Ils ont aussi des questions fondamentales à se poser afin d’intégrer les cryptomonnaies dans les catégories d’actifs existantes : les cryptomonnaies sont-elles des biens ? Une monnaie légale ? Un projet d’investissement ? Si oui, de quel type ? Et comment est-il taxé ?

Sur le plan juridique français, la cryptomonnaie n’est pas considérée comme une monnaie, car elle ne dépend d’aucune institution et ne bénéficie d’aucun cours légal dans un pays. L’évaluation de sa valeur est donc difficile et elle ne peut pas constituer une valeur de réserve puisque la cryptomonnaie ne peut pas être épargnée.

Il existe des dizaines de définitions tout aussi valables les unes que les autres en fonction des pays. Mais les objectifs des différentes réglementations restent similaires : assurer la transparence vis-à-vis du public et du régulateur, garantir l’intégrité du marché en protégeant les systèmes contre la cybercriminalité et les abus de marché et protéger les investisseurs contre les risques importants.

Les réglementations majoritairement imposées aux entreprises de cryptomonnaies sont fondées sur les normes et les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Cet organisme mondial a pour principal objectif d’élaborer des contrôles complets en matière de « lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme » (normes LCB-FT), de les publier sous forme de recommandations officielles et de s’assurer que les juridictions membres respectent leurs obligations en matière de mise en œuvre et d’application de ces normes. Plus de deux cents pays et juridictions se sont d’ailleurs engagés à mettre en œuvre ces normes.

Le GAFI a établi une « liste grise » regroupant les juridictions devant faire l’objet d’une surveillance accrue. Cette liste est importante pour les régulateurs, les enquêteurs et les professionnels de la conformité, car les pays figurant sur la liste grise sont soumis à des mesures de diligence accrue de la part des pays conformes aux normes du GAFI.

 

Cryptomonnaies: La nécessité de réguler

 Cryptomonnaies:  La nécessité de réguler

 

L’économiste Karel Lannoo juge, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne devrait considérer les cryptomonnaies comme des instruments financiers, et non comme une catégorie distincte d’actifs.

 

Tribune. Les cryptomonnaies seront bientôt soumises à un système de supervision dans l’Union européenne (UE) : la Commission de Bruxelles se prépare, en effet, à proposer une directive sur les marchés de crypto-act

ifs, dite « directive MiCA ». Selon les propositions de la Commission, seules les cryptomonnaies autorisées dans l’UE pourront être vendues. Une cryptomonnaie pouvant prendre différentes formes, elles-mêmes soumises à différentes formes de supervision, le sujet est complexe à comprendre pour les consommateurs, et il est tout aussi difficile à traiter pour les superviseurs européens.


Déjà présentes depuis quelques années, les cryptomonnaies deviennent de plus en plus populaires, malgré le fait qu’elles ne soient soumises à aucune forme de surveillance. Il est difficile, voire impossible, pour un investisseur ou un utilisateur ordinaire de déterminer s’il s’agit d’une escroquerie à la Ponzi, de coquilles de blanchiment d’argent, de stablecoins (« monnaies stables ») bien conçues ou de véritables actifs numériques. On ignore également, en général, où elles sont basées, comment elles sont organisées et qui en est le gérant…

La Commission européenne est la première organisation internationale à proposer un cadre réglementaire spécifique. Certains membres de l’UE disposent déjà d’une législation spéciale pour les crypto-actifs et les cryptomonnaies, mais il n’existe aucun accord international à ce sujet. D’autres pays, comme les Etats-Unis ou Hongkong, appliquent la législation existante des valeurs mobilières. Cela conduit à un cadre très flou pour une innovation comme la cryptomonnaie. Un consommateur ne sait guère si une protection existe, surtout pour les transactions qui ont lieu en dehors de l’UE.

Pour la Commission européenne, les cryptomonnaies fonctionnent sur la blockchain (sécurisation numérique) ou une technologie de registre distribué (DLT), et peuvent prendre trois formes, suivant un degré de surveillance correspondant : les tokens (gadgets virtuels), les stablecoins, composées de monnaies de réserve, et la monnaie numérique pure, qui offre toujours un taux de change fixe en monnaie forte. La monnaie numérique peut uniquement être émise par des banques ou des sociétés fintech qui disposent d’une licence existante, les stablecoins uniquement par ceux qui respectent des exigences minimales (très faibles) en matière de capital.

Les cryptomonnaies non européennes, comme le diem ou le novi de Facebook, le bitcoin ou l’ethereum, devront s’enregistrer sous l’une de ces formes pour être admises sur le marché européen. Un système de reconnaissance mutuelle n’est pas prévu, car les réglementations sont trop différentes au niveau international. Le consommateur risque d’en faire les frais, car il ne verra aucune différence entre une crypto de l’UE et une crypto internationale, mais recevra quand même de la publicité sur les médias sociaux pour les cryptos non réglementées.

La fin du mystère des cryptomonnaies ?

La fin du mystère des cryptomonnaies ?

La plateforme, qui brasse 76 milliards de dollars par jour, n’a ni adresse officielle ni licence. Mais les régulateurs ont décidé de siffler la fin de la récréation par Par Patricia Kowsmann  du  The Wall Street Journal. 

la fin du mystère des cryptomonnaies ?

Pas de siège social, pas d’adresse officielle, pas de licence dans les pays où elle est présente et un patron qui, jusqu’à récemment, refusait de dire où il habite : la plus grosse Bourse de cryptomonnaies au monde est un mystère.

Lancé il y a quatre ans, cet équivalent des Bourses de Londres, New York et Hong Kong combinées règne sur le monde des monnaies virtuelles. Après des débuts fulgurants, Binance traite aujourd’hui l’équivalent de 76 milliards de dollars de transactions de bitcoins et autres ethers par jour, soit plus que ses quatre principaux concurrents réunis, selon le fournisseur de données CryptoCompare.

Mais, pour Binance en particulier et le secteur des cryptomonnaies en général , l’ère de la croissance débridée et de l’absence de réglementation touche à sa fin.

Les autorités sont en effet de plus en plus nombreuses à estimer que les actifs numériques, jusqu’à récemment considérés comme une mode, ont pris une ampleur telle qu’ils sont désormais d’importance systémique. Lors d’une allocution prononcée le mois dernier, Jon Cunliffe, membre de la Banque d’Angleterre, a évoqué la crise des subprimes de 2008, puis les cryptomonnaies en disant que « quand quelque chose dans le système financier se développe de façon très rapide et sans véritable réglementation, les autorités chargées de la stabilité financière doivent en prendre note ».

De toutes les plateformes, Binance est celle qui intéresse le plus les régulateurs. Ces derniers mois, les autorités d’une dizaine de pays ont averti les utilisateurs que cette bourse n’était ni immatriculée ni autorisée à fournir toute une liste de services.

La Securities and Exchange Commission (SEC) s’intéresse ainsi à son fonctionnement aux Etats-Unis, où Binance est enregistrée dans plusieurs Etats. Le gendarme de la bourse américaine a demandé des informations à la filiale locale de l’entreprise, notamment au sujet de ses liens avec sa maison mère, a indiqué un responsable. De son côté, comme l’avait rapporté l’agence Bloomberg News, le département de la Justice se penche sur d’éventuelles complicités de blanchiment d’argent.

Ni la SEC ni le département de la Justice n’ont souhaité commenter.

Le marché américain fait figure de test grandeur nature pour la plateforme d’échanges de cryptomonnaies, qui a indiqué qu’elle espérait faire entrer sa filiale américaine en bourse d’ici quelques années. L’ex-régulateur recruté pour développer l’entité américaine, baptisée Binance.US, a néanmoins démissionné en août dernier, trois mois après son embauche.

De leur côté, certains anciens dirigeants se sont inquiétés du risque que les données de la Bourse américaine finissent entre les mains de codeurs chinois, car c’est en Chine que Binance a été créée. Faisant référence aux efforts de l’administration Trump pour interdire le réseau social TikTok de peur que Pékin ait accès aux données des clients, ils ont estimé que cela pourrait engendrer des problèmes similaires.

« Notre entreprise n’a rien à se reprocher. Moins de 2 % de la population mondiale utilise actuellement des cryptomonnaies. Donc pour attirer les 98 % restants, il faut qu’on soit réglementés »

Cryptomonnaies: Les enjeux

 Cryptomonnaies: Les enjeux

 

Le bitcoin a inspiré des systèmes de paiement étatiques et privés dont l’enjeu majeur est la surveillance des individus et la monétisation des données de paiement, analyse l’économiste Olena Havrylchyk dans une tribune au « Monde » (extrait).

 

Tribune

Les amateurs d’art urbain connaissent les fresques de Pboy, qui intègrent un QR code permettant de rémunérer l’artiste en bitcoins. Cet usage du bitcoin est une petite révolution dans les paiements. Sans révéler votre identité, le bitcoin permet d’effectuer une transaction au crédit d’une personne dont vous ne connaissez ni le visage, ni le vrai nom, ni l’adresse, ni les coordonnées bancaires. De même, le bitcoin est utilisé pour contourner l’interdiction bancaire qui frappe WikiLeaks et lui faire des dons, financer anonymement des médias ou des partis d’opposition en Russie, éviter des contrôles de capitaux en Chine et des sanctions économiques en Iran. Bien que ces usages constituent une infime partie des transactions en bitcoins, ils contribuent à entretenir la fascination pour cette cryptomonnaie, dont la valorisation a atteint 1 trillion d’euros en avril.

 

Les paiements en bitcoins ne nécessitent pas le recours à un tiers de confiance telle qu’une banque, susceptible d’interdire une transaction considérée comme illégale. Mais cette « résistance à la censure » vient aussi avec un grand coût environnemental. Le tiers de confiance est remplacé par un programme informatique exécuté par un réseau d’ordinateurs qui se disputent le droit d’enregistrer les transactions sur la blockchain. On parle d’un système décentralisé dans la mesure où n’importe qui peut y participer, mais cette décentralisation nécessite une grande puissance de calcul pour empêcher les acteurs malveillants d’enregistrer de fausses informations sur la blockchain. De fait, la production de « l’or numérique » gaspille de l’énergie de par sa conception.

Le bitcoin a déclenché une réflexion sur la monnaie sans précédent depuis 1971, lorsque les Etats-Unis ont abandonné l’indexation du dollar sur l’or. Suivant la Banque de Suède, qui a commencé à étudier la création d’e-krona en 2016, 80 % des banques centrales réfléchissent actuellement à la création de monnaies numériques dans l’optique de moderniser les systèmes de paiement, tout en répondant aux enjeux de stabilité financière et de politique monétaire. En 2019, un consortium d’acteurs privés, mené par Facebook, a annoncé le projet de cryptomonnaie Libra (renommé Diem) avec la promesse de rendre les paiements aussi faciles qu’un courriel. Contrairement au bitcoin, ces nouvelles monnaies auront recours aux tiers de confiance.

On évoque la guerre des cryptomonnaies, mais il s’agit plutôt d’une guerre pour les données privées. La monétisation des données crée déjà beaucoup de valeur pour les entités qui les détiennent, comme Facebook et Google. Le contrôle des données de paiement pourrait décupler ce pouvoir et transformer, de surcroît, notre modèle économique et notre société. Shoshana Zuboff, professeure de sociologie à la Harvard Business School, alerte sur l’émergence du « capitalisme de surveillance » dans lequel l’utilisation des données privées permettrait de prédire et de modifier les comportements humains. Katharina Pistor, professeure de droit à la Columbia Law School, envisage qu’une gouvernance par les données pourrait proposer une alternative viable aux marchés qui déterminent actuellement nos relations économiques.

Finances-Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson

Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson 

Le patron du hedge fund avait prédit l’effondrement du marché lors de la dernière grande crise financière prévoit aussi l’éclatement d’une bulle pour les cryptomonnaies.

 « Je ne recommanderais à personne d’investir sur les cryptomonnaies (cryptos), qui n’ont aucune valeur. C’est une bulle et leur valeur ne monte que parce qu’il y a une offre limitée. Une fois que l’exubérance disparaîtra ou la liquidité se tarira, elles convergeront vers zéro », a-t-il déclaré sur Bloomberg TV.

Ces critiques récurrentes sur l’absence de valeur fondamentale du bitcoin et des cryptos (pas de dividendes, volatilité , bulle…) sont surtout le fait des gestionnaires alternatifs investis sur les actions.

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