Archive pour le Tag 'Cryptomonnaies'

Cryptomonnaies: Les enjeux

 Cryptomonnaies: Les enjeux

 

Le bitcoin a inspiré des systèmes de paiement étatiques et privés dont l’enjeu majeur est la surveillance des individus et la monétisation des données de paiement, analyse l’économiste Olena Havrylchyk dans une tribune au « Monde » (extrait).

 

Tribune

Les amateurs d’art urbain connaissent les fresques de Pboy, qui intègrent un QR code permettant de rémunérer l’artiste en bitcoins. Cet usage du bitcoin est une petite révolution dans les paiements. Sans révéler votre identité, le bitcoin permet d’effectuer une transaction au crédit d’une personne dont vous ne connaissez ni le visage, ni le vrai nom, ni l’adresse, ni les coordonnées bancaires. De même, le bitcoin est utilisé pour contourner l’interdiction bancaire qui frappe WikiLeaks et lui faire des dons, financer anonymement des médias ou des partis d’opposition en Russie, éviter des contrôles de capitaux en Chine et des sanctions économiques en Iran. Bien que ces usages constituent une infime partie des transactions en bitcoins, ils contribuent à entretenir la fascination pour cette cryptomonnaie, dont la valorisation a atteint 1 trillion d’euros en avril.

 

Les paiements en bitcoins ne nécessitent pas le recours à un tiers de confiance telle qu’une banque, susceptible d’interdire une transaction considérée comme illégale. Mais cette « résistance à la censure » vient aussi avec un grand coût environnemental. Le tiers de confiance est remplacé par un programme informatique exécuté par un réseau d’ordinateurs qui se disputent le droit d’enregistrer les transactions sur la blockchain. On parle d’un système décentralisé dans la mesure où n’importe qui peut y participer, mais cette décentralisation nécessite une grande puissance de calcul pour empêcher les acteurs malveillants d’enregistrer de fausses informations sur la blockchain. De fait, la production de « l’or numérique » gaspille de l’énergie de par sa conception.

Le bitcoin a déclenché une réflexion sur la monnaie sans précédent depuis 1971, lorsque les Etats-Unis ont abandonné l’indexation du dollar sur l’or. Suivant la Banque de Suède, qui a commencé à étudier la création d’e-krona en 2016, 80 % des banques centrales réfléchissent actuellement à la création de monnaies numériques dans l’optique de moderniser les systèmes de paiement, tout en répondant aux enjeux de stabilité financière et de politique monétaire. En 2019, un consortium d’acteurs privés, mené par Facebook, a annoncé le projet de cryptomonnaie Libra (renommé Diem) avec la promesse de rendre les paiements aussi faciles qu’un courriel. Contrairement au bitcoin, ces nouvelles monnaies auront recours aux tiers de confiance.

On évoque la guerre des cryptomonnaies, mais il s’agit plutôt d’une guerre pour les données privées. La monétisation des données crée déjà beaucoup de valeur pour les entités qui les détiennent, comme Facebook et Google. Le contrôle des données de paiement pourrait décupler ce pouvoir et transformer, de surcroît, notre modèle économique et notre société. Shoshana Zuboff, professeure de sociologie à la Harvard Business School, alerte sur l’émergence du « capitalisme de surveillance » dans lequel l’utilisation des données privées permettrait de prédire et de modifier les comportements humains. Katharina Pistor, professeure de droit à la Columbia Law School, envisage qu’une gouvernance par les données pourrait proposer une alternative viable aux marchés qui déterminent actuellement nos relations économiques.

Finances-Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson

Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson 

Le patron du hedge fund avait prédit l’effondrement du marché lors de la dernière grande crise financière prévoit aussi l’éclatement d’une bulle pour les cryptomonnaies.

 « Je ne recommanderais à personne d’investir sur les cryptomonnaies (cryptos), qui n’ont aucune valeur. C’est une bulle et leur valeur ne monte que parce qu’il y a une offre limitée. Une fois que l’exubérance disparaîtra ou la liquidité se tarira, elles convergeront vers zéro », a-t-il déclaré sur Bloomberg TV.

Ces critiques récurrentes sur l’absence de valeur fondamentale du bitcoin et des cryptos (pas de dividendes, volatilité , bulle…) sont surtout le fait des gestionnaires alternatifs investis sur les actions.

Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson

Cryptomonnaies: Prévoir l’éclatement d’une bulle pour John Paulson 

Le patron du hedge fund avait prédit l’effondrement du marché Lors de la dernière grande crise financière prévoit aussi l’éclatement d’une bulle pour les cryptomonnaies.

 « Je ne recommanderais à personne d’investir sur les cryptomonnaies (cryptos), qui n’ont aucune valeur. C’est une bulle et leur valeur ne monte que parce qu’il y a une offre limitée. Une fois que l’exubérance disparaîtra ou la liquidité se tarira, elles convergeront vers zéro », a-t-il déclaré sur Bloomberg TV.

Ces critiques récurrentes sur l’absence de valeur fondamentale du bitcoin et des cryptos (pas de dividendes, volatilité , bulle…) sont surtout le fait des gestionnaires alternatifs investis sur les actions.

Des milliards détournés vers les cryptomonnaies

Des milliards détournés vers les cryptomonnaies

La  SEC, gendarme boursier américain constate qu’ certain nombre de fonds ont détourné les sommes recueillies afin de spéculer sur les cryptomonnaies au bénéfice des gérants de ces fonds.. La SEC les accuse d’avoir «volé des milliards de dollars à des particuliers du monde entier en exploitant leur intérêt dans les cryptomonnaies», a indiqué Lara Shalov Mehraban, directrice régionale de la SEC à New York. La plainte de la SEC accuse les défendeurs d’avoir violé les dispositions antifraude et d’enregistrement des valeurs mobilières imposées par la loi fédérale. Elle vise à obtenir la restitution des fonds confiés, des intérêts et des sanctions civiles.

 

Cryptomonnaies: Les mineurs créateurs de monnaie fuient la Chine

Cryptomonnaies: Les mineurs créateurs de monnaie fuient la Chine

 

Un article du Wall Street Journal explique la fuite des mineurs (créateurs) de cryptomonnaies  suite à la décision chinoise de contrôler l’électricité considérable que cette monnaie exige pour faire tourner les ordinateurs.

Lorsque la Chine a décidé de s’en prendre au minage de cryptomonnaies au début de l’été, Bit Digital, entreprise cotée au Nasdaq, a mis les bouchées doubles pour transférer son parc de plus de 20 000 ordinateurs hors du pays.

Ces machines sont au cœur de l’activité de Bit Digital, qui est basée dans le New Jersey et tire ses bénéfices du minage de bitcoins en connectant ses ordinateurs surpuissants à des sources d’électricité bon marché, afin qu’ils puissent résoudre des problèmes mathématiques et « débloquer » de nouveaux bitcoins. Ce processus, qui était à la portée de n’importe quel utilisateur de PC il y a dix ans, s’est mué en une vaste industrie qui fait appel à de nombreux ordinateurs et nécessite des quantités considérables d’électricité.

Bit Digital et d’autres entreprises spécialisées dans le minage de cryptomonnaies se heurtent aujourd’hui à de nombreux obstacles dans le transfert de leurs ordinateurs hors de Chine, pays qui, auparavant, consommait les deux tiers de l’énergie mondiale dédiée au minage de bitcoins. Leurs machines sont très sensibles aux chocs, ce qui complique fortement leur conditionnement et leur transport international. Un nouvel ordinateur peut coûter 12 000 dollars.

Les entreprises ont dû décider s’il valait mieux déménager leur matériel par voie aérienne ou maritime, en tenant compte des frais et de la durée d’acheminement. Bit Digital a indiqué qu’elle comptait encore 9 484 ordinateurs de minage — soit environ un tiers de son parc — dans la province du Sichuan au 30 juin dernier. Elle a fait appel à de grands groupes de logistique internationaux pour l’aider à transférer son matériel, et espère pouvoir le récupérer en Amérique du Nord d’ici à la fin septembre, a précisé Samir Tabar, le directeur stratégique de Bit Digital. L’entreprise compte installer ses ordinateurs dans le Nebraska, en Géorgie, au Texas et dans la province canadienne de l’Alberta.

L’ensemble du processus pourrait coûter des millions de dollars. Ces derniers mois, les cours du pétrole ont augmenté, et les goulots d’étranglement causés dans le transport par la pandémie de coronavirus ont entraîné une flambée des coûts du fret. Les ordinateurs entrant aux Etats-Unis en provenance de Chine font par ailleurs l’objet de droits de douane à hauteur de 25 %. Outre les difficultés propres au conditionnement et au transport de ces machines fragiles, les entreprises doivent trouver des sites disposant d’une quantité d’énergie suffisante pour les accueillir.

« L’impact financier sur les “mineurs” en Chine est énorme, souligne Fred Thiel, le patron de Marathon, un spécialiste du minage de cryptomonnaies basé à Las Vegas. C’est un peu comme si General Motors devait fermer une usine et en construire une autre ailleurs », explique-t-il, établissant un parallèle avec le constructeur automobile de Detroit.

Après s’être longtemps opposée aux cryptomonnaies, la Chine était devenue un marché de premier plan du minage de bitcoins en raison du faible coût de son électricité

Les « mineurs » tirent leurs recettes des frais appliqués au traitement des transactions en bitcoins. En contrepartie, ils ont la possibilité de participer à une loterie, durant laquelle ils laissent leurs ordinateurs produire des numéros au hasard dans l’espoir de trouver celui qui permettra de débloquer de nouveaux bitcoins. Il est ainsi plus rentable de miner des bitcoins lorsque la valeur en dollars de la cryptomonnaie augmente. Si le bitcoin a pu grimper jusqu’à 65 000 dollars à la mi-avril, dopant les recettes du minage, la cryptomonnaie la plus populaire au monde a depuis perdu près d’un quart de sa valeur.

Le réseau du bitcoin a été conçu de tel sorte qu’il ne produise de nouvelles unités de cryptomonnaie que toutes les dix minutes, le nombre d’unités étant par ailleurs appelé à diminuer à l’avenir. La concurrence à laquelle se livrent les « mineurs » pour débloquer de nouveaux bitcoins entraîne donc une forte consommation d’énergie, car la seule manière d’augmenter leurs chances de trouver le bon numéro est de mettre en ligne davantage de machines. Lorsque le bitcoin a atteint son sommet en avril, le minage a rapporté plus de 70 millions de dollars par jour, alors qu’un indice de l’Université de Cambridge évalue la consommation annuelle d’électricité de cette activité à environ 130 térawatts/heure — soit plus que celle de l’Argentine.

Après s’être longtemps opposée aux cryptomonnaies, la Chine était devenue un marché de premier plan du minage de bitcoins en raison du faible coût de son électricité, en particulier dans les régions riches en charbon de la Mongolie intérieure et du Xinjiang, ainsi que dans le Sichuan et le Yunnan, producteurs d’énergie hydroélectrique. Si certaines entreprises comme Bit Digital avaient envisagé la possibilité que la Chine s’en prenne au minage, et ont commencé à transférer leurs ordinateurs dès la fin 2020, d’autres ont été prises de court par les annonces de Pékin en mai et les mesures des gouvernements locaux qui s’en sont suivies.

« C’était une possibilité que nous avions à l’esprit, mais jusqu’à maintenant ce n’était pas une question urgente », explique Alejandro De La Torre, vice-président de Poolin, un pool de minage de cryptomonnaies présent depuis longtemps en Chine. Les pools de minage permettent à des groupes de « mineurs » de conjuguer leur puissance de calcul pour augmenter leurs chances de débloquer des bitcoins et d’en partager les bénéfices.

La récente offensive chinoise contre le minage, qui a entraîné ce que certains nomment la « grande migration des mineurs », survient alors que le gouvernement a fixé d’ambitieux objectifs de réduction du recours au charbon, entendant faire de la Chine une championne de la lutte contre le changement climatique. Les spécialistes du minage jusqu’alors actifs en Chine transfèrent leurs machines aux Etats-Unis, mais aussi au Kazakhstan, ou encore en Russie.

M. De La Torre indique qu’il s’est mis en quête d’endroits aux Etats-Unis où il pourrait déménager une partie de son matériel de minage installé en Chine et construire un vaste centre de données.

L’activité de minage semble repartir à la hausse. Un indicateur de la puissance de calcul destinée au minage de bitcoins, qui avait atteint début juillet son plus bas niveau depuis septembre 2019, s’est redressé ces dernières semaines

Bit Digital fait appel à des entreprises comme Compute North pour trouver des sites où transférer ses dernières machines. Compute North, qui propose des infrastructures d’hébergement de matériel de minage au Texas, dans le Dakota du Sud et dans le Nebraska, a connu une telle hausse de la demande ces derniers mois qu’elle a décidé de créer cinq nouveaux sites pour accueillir des « mineurs ». Ces sites se trouvent au Texas et en Caroline du Nord.

D’autres entreprises ont vu le jour dans les services logistiques dédiés aux spécialistes du minage souhaitant relocaliser leur matériel. A Shenzhen, dans le sud de la Chine, des employés d’une entreprise nommée Hash House s’affairent ces derniers temps à nettoyer, tester, réparer et reconditionner les machines de minage avant de les charger dans des avions. Installées dans des zones rurales ou industrielles à travers le pays, ces machines pourraient être sales et rouillées, observe Kirk Su, le propriétaire de Hash House.

Selon Dave Perrill, le patron de Compute North, les grands acteurs du secteur qui ont accès à des ressources et ont des partenariats aux Etats-Unis — comme Bit Digital — sont bien mieux placés pour tirer leur épingle du jeu dans cet exode. Compute North, qui s’est associé à des groupes de services collectifs comme le Nebraska Public Power District, accompagne les nouveaux arrivants dans le processus complexe que constitue la recherche de sources d’énergie fiables et abordables.

« Comme pour tous les marchés, il y a un peu de darwinisme », observe M. Perrill. Son entreprise a reçu davantage de demandes d’hébergement d’activités de minage en provenance de Chine que ses capacités existantes ne lui permettent d’accueillir.

L’activité de minage semble repartir à la hausse. Un indicateur de la puissance de calcul destinée au minage de bitcoins, qui avait atteint début juillet son plus bas niveau depuis septembre 2019, s’est redressé ces dernières semaines.

Les adeptes des cryptomonnaies affirment que la migration des activités de minage accentuera la décentralisation du bitcoin en assurant une concurrence dans le déblocage de bitcoins et la vérification des transactions à l’échelle mondiale.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Quelles perspectives pour les cryptomonnaies

Quelles perspectives pour les cryptomonnaies 

Peter Santilli, Caitlin Ostroff et Paul Vigna analysent les perspectives pour les cryptomonnaies  dans leWall Street Journal

Les cryptomonnaies comme le bitcoin, l’ether et le dogecoin ont atteint des pics que peu d’investisseurs auraient imaginé il y a un an. Même les traders les plus optimistes ne peuvent pas s’empêcher de s’interroger sur la pérennité de ce rebond.

Les forces sous-tendant cette ruée vers les cryptomonnaies rappellent celles qui ont fait grimper les actions GameStop cette année. Le surplus d’argent des chèques d’aide pour soutenir les plus démunis a également alimenté les comptes en Bourse sans frais de courtage. Par ailleurs, dans le monde entier, les gens ont passé davantage de temps chez eux, face à des écrans, alors que les entreprises étaient fermées en raison de la crise sanitaire.

Les restrictions imposées au trading d’actions par certaines maisons de courtage cette année ont peut-être poussé certains boursicoteurs de Reddit à se tourner vers les cryptomonnaies, estiment des investisseurs. L’adoption du bitcoin et d’autres monnaies numériques par le patron de Tesla, Elon Musk, et l’introduction en Bourse à Wall Street de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Coinbase ont également nourri ce rebond.

Au-delà du bitcoin

L’appétit pour les jetons non fongibles (ou NFT) a abouti à une explosion d’activité sur Ethereum, le réseau informatique reposant sur la blockchain sur lequel s’appuie la plupart des NFT. Le prix de l’ether, la monnaie interne du réseau, a atteint des records, alors que davantage de personnes ont adopté cette technologie. Les NFT sont des actifs comparables à des bitcoins reliés à des œuvres d’art numériques ou d’autres objets physiques et vendus comme bien numérique unique.

La puissance des réseaux sociaux

Au cours d’une année où des investisseurs particuliers ont fait grimper le prix de certains actifs, aucune évolution sur les marchés des monnaies numériques ne définit plus le pouvoir des mèmes Internet que l’essor du dogecoin. Cette cryptomonnaie lancée comme une plaisanterie a néanmoins gagné plus de 10 000 % en 2021 en date de vendredi 14 mai.

La valorisation du dogecoin a dépassé 80 milliards de dollars lors de son pic de 2021 atteint en mai, contre 600 millions de dollars à la fin de l’année dernière. L’attention portée à cette monnaie par Elon Musk et le rappeur Snoop Dogg, entre autres, a transformé les utilisateurs des réseaux sociaux en investisseurs et a encouragé de nouveaux acheteurs à faire leur entrée, avec l’objectif de faire grimper la cryptomonnaie à 1 dollar. Elle s’échange actuellement à 50 cents.

Les créateurs du dogecoin n’avaient jamais prévu qu’il prenne une valeur significative. Mais les investisseurs spéculent sur un futur rallye basé uniquement sur les effets des réseaux sociaux. Cela peut les rendre plus vulnérables aux pertes et aux fortes fluctuations, une fois le buzz essoufflé.

Les fortes fluctuations du dogecoin représentent aussi un avertissement pour les investisseurs en bitcoins. Si les promoteurs de la première cryptomonnaie soulignent son utilité pour se protéger de l’inflation ou s’en servir comme valeur de réserve, aucun historique à long terme ne confirme ses mérites dans ces deux fonctions, et sa valorisation est étroitement liée au sentiment du marché. Si l’opinion générale lui devient défavorable, le cours de la monnaie peut chuter, alors que la hausse du cours du bitcoin constitue son principal attrait pour les nouveaux investisseurs.

Les investisseurs haussiers sur le bitcoin aiment mettre en avant l’adoption croissante de la cryptomonnaie par les investisseurs institutionnels comme un moteur du rallye, mais des signes indiquent que la demande des institutionnels a fléchi au cours des derniers mois, bien que le cours ait continué de grimper. Le nombre de grosses transactions sur le bitcoin, typiques des gestionnaires de fonds professionnels, a légèrement reculé au premier trimestre, par rapport au trimestre précédent, selon un rapport de la plateforme de trading de cryptomonnaie OKEx. Les flux dans les produits négociés sur les plateformes d’échange de crypto ont également baissé, après avoir atteint un pic en janvier, selon CoinShares, une société de gestion d’actifs basée à Londres.

Contrats à terme et options

Le volume d’échanges a augmenté pendant la pandémie, car un nombre croissant d’investisseurs ont eu accès aux marchés crypto par le biais de différentes plateformes. A noter que la valeur du volume des produits dérivés a dépassé celle du marché spot, les investisseurs ayant placé plus de 200 milliards de dollars en paris sur les actifs numériques lors des journées les plus actives de l’année.

Le recours de plus en plus fréquent aux produits dérivés sur les cryptomonnaies est significatif, car les investisseurs peuvent utiliser ces marchés pour faire des paris sur de fortes sommes en n’avançant qu’une petite partie de l’argent, profitant de l’effet de levier, selon la méthode d’emprunter pour amplifier le rendement. Une grande partie de la hausse de l’activité sur les contrats à terme et options intervient sur des plateformes de dérivés de cryptomonnaies peu réglementées, qui autorisent un levier plus important que des marchés à terme américains comme CME Group. Le recours à un effet de levier important peut accélérer les pertes pour les investisseurs en cas de baisse des cours.

Les crypto en contexte

Gonflée par l’essor du bitcoin, de l’ether et du dogecoin, la valorisation des cryptomonnaies a grimpé à plus de 2 000 milliards de dollars, contre 260 milliards de dollars, il y a un an. Avec une valorisation d’environ 67 milliards de dollars, à lui seul, le dogecoin vaut plus que 75 % des entreprises cotées au S&P 500. Bien que les monnaies numériques aient bondi au cours des derniers mois, cette catégorie d’actifs ne représente qu’une fraction des marchés des actions, des obligations et de l’or.

Les obstacles qui se profilent

Malgré ses progrès, le bitcoin peine à trouver un autre rôle que celui d’outil de spéculation. Certains observateurs du secteur estiment qu’il doit gagner du terrain en tant que moyen de paiement pour devenir plus universel. Il n’est pas facile de le dépenser et son utilisation est généralement réservée à des achats haut de gamme.

L’un des obstacles majeurs réside dans les frais de transaction intégrés dans le code du réseau, qui varient selon le trafic. Les utilisateurs paient des commissions plus élevées pour placer leur transaction au début de la file de traitement. Les tarifs ont grimpé en flèche avec l’explosion de popularité des cryptomonnaies, limitant l’intérêt de recourir au bitcoin pour de petites transactions.

Au fil des ans, beaucoup d’entreprises ont révélé leur intention d’accepter le paiement en bitcoin à l’avenir, avant d’abandonner ce projet. Même Elon Musk a annoncé mercredi sur Twitter que Tesla allait suspendre le mode de paiement en bitcoin pour ses véhicules électriques.

L’entrepreneur milliardaire a évoqué un autre défi pour le secteur : les inquiétudes autour de l’impact environnemental du minage de la cryptomonnaie.

Le bitcoin dépend du travail de différents ordinateurs en concurrence pour débloquer de nouvelles unités en résolvant des problèmes mathématiques pour sécuriser le réseau, un processus appelé minage. Le rallye du bitcoin a engendré une augmentation du nombre d’ordinateurs tentant de débloquer de nouveaux bitcoins, et la rentabilité du minage a doublé depuis le début de l’année.

Cette évolution a fait naître des craintes que l’essor du bitcoin ait un impact écologique plus lourd que les autres cryptomonnaies, car davantage d’ordinateurs sont déployés pour trouver des bitcoins, et ils consomment plus d’électricité qu’auparavant.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Astrid Mélite)

Les enjeux politiques cryptomonnaies

Les enjeux politiques cryptomonnaies

Peter Rudegeair et Julie Bykowicz évoque les enjeux politiques des cryptomonnaies dans le Wall Street Journal

Le conflit relatif à la fiscalité des monnaies numériques comme le bitcoin vient de faire franchir une étape majeure au secteur des cryptomonnaies et de galvaniser une communauté jusqu’à présent éparse composée d’investisseurs, de plateformes d’échanges, de financiers et d’influenceurs des réseaux sociaux.

Sur le devant de la scène, Ashton Kutcher, Elon Musk et Jack Dorsey, directeur exécutif de Square, ont mis le feu à Twitter au sujet d’une disposition du plan d’investissement dans les infrastructures de 1 000 milliards de dollars visant à étendre et à renforcer les règles de taxation des transactions en cryptomonnaies. Conséquence, des dizaines de milliers d’abonnés ont interpellé les membres du Congrès.

En coulisses, des lobbyistes, des responsables de divers groupes et des dirigeants d’entreprises spécialisées en cryptomonnaies se sont retrouvés sur Google Meet plusieurs fois par jour pour coordonner leurs prises de contact avec le Congrès et ont élaboré une liste commune de leurs relations appartenant à la sphère législative.

Le groupe a mobilisé les sénateurs Ron Wyden (démocrate, Oregon), Pat Toomey (républicain, Pennsylvanie) et Cynthia Lummis (républicaine, Wyoming), qui ont prôné une approche plus favorable au secteur. Il a même réussi à convaincre le rédacteur de la proposition originale, le sénateur Rob Portman (républicain, Ohio) de restreindre la définition de courtier en cryptomonnaie. Mais cette campagne a échoué lorsqu’un sénateur a bloqué une modification relative à un tout autre sujet.

Ce mouvement collectif illustre très bien l’influence croissante de ce jeune secteur à Washington et dans la finance. Il a, en outre, donné aux passionnés un mode d’emploi pour les combats à venir

Si le secteur de la cryptomonnaie n’a pas réussi à modifier la loi votée par le Sénat, ce mouvement collectif illustre très bien l’influence croissante de ce jeune secteur à Washington et dans la finance. Il a, en outre, donné aux passionnés un mode d’emploi pour les combats à venir.

« La puissance de la crypto-communauté a en quelque sorte révélé sa dimension citoyenne », a affirmé Brian Armstrong, directeur général de la plateforme d’échange Coinbase Global lors d’une conférence de résultats mardi dernier. « Elle est en train de devenir un acteur qui s’affirme dans le débat réglementaire américain ».

Les crypto-lobbyistes affirment qu’ils peuvent encore l’emporter lors du passage du projet de loi sur l’infrastructure à la Chambre des représentants le mois prochain, ou lorsque l’agence chargée des impôts (IRS, Internal Revenue Service) mettra en œuvre les nouvelles règles par la suite. Plusieurs élus ont également évoqué une loi indépendante qui donnerait une définition des courtiers en cryptomonnaie plus étroite que celle de la disposition actuelle.

Comme l’a clairement établi Gary Gensler, directeur de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité américaine des marchés financiers, lorsqu’il a récemment comparé les cryptomonnaies au Far West, il faut s’attendre à ce que de nouvelles réglementations soient mises en place aux Etats-Unis. Mais ceux qui militent pour une plus grande sévérité gouvernementale vis-à-vis des cryptomonnaies savent désormais que leurs opposants sont capables d’une mobilisation encore inenvisageable jusqu’ici.

« La bataille autour du projet de loi sur les infrastructures montre que l’univers de la cryptomonnaie a désormais une voix à Washington » estime Andrew Park, analyste senior chez Americans for Financial Reform, société qui prône des régulations plus strictes et plus de responsabilité fiscale pour les cryptomonnaies. « C’est encore le tout début. Ils n’ont pas encore les contacts dont bénéficient des secteurs mieux établis. Mais ils ont fait entendre leur voix. »

De toute évidence, le lobbying de l’univers des crypto-actifs a trouvé les moyens d’amplifier cette voix de plus en plus rapidement.

Les entreprises et organisations du secteur ont dépensé environ 2,3 millions de dollars au premier semestre, soit le double de l’année précédente.

Au cours des douze derniers mois, cinq entreprises et organisations de cryptomonnaie ont engagé des lobbyistes fédéraux pour la première fois. Et elles se sont mises à recruter des consultants disposant de relations à Washington.

Faryar Shirzad, ancien responsable à la sécurité nationale, au commerce et aux échanges dans des administrations républicaines et démocrates, est devenu responsable des politiques chez Coinbase en juin, après avoir passé quinze années au service affaires publiques de Goldman Sachs. Julie Stitzel, ancienne responsable de la Chambre de commerce des Etats-Unis, a rejoint Square au printemps en tant que directrice des politiques Bitcoin pour son portefeuille numérique Cash App.

« S’il y a une chose qui peut expliquer la différence entre ce qui se passe maintenant et ces sept dernières années, c’est que de nombreuses entreprises, après beaucoup de faux départs, ont recruté des gens de Washington » explique Jerry Brito, directeur exécutif de Coin Center, groupe de réflexion à but non lucratif autour des cryptomonnaies fondé en 2014. « Nous avons désormais des homologues avec qui nous pouvons nous coordonner. »

La communauté autour du bitcoin, la première cryptomonnaie et la mieux connue de toutes, avait commencé à faire quelques premières tentatives de démarches à Washington il y a moins d’une dizaine d’années. A l’époque, aux yeux des législateurs, les bitcoins et autres monnaies du genre n’étaient quasiment associés qu’à des transactions illicites du style sexe et trafic d’armes. La Bitcoin Foundation, organisme fondé en 2012, a dû lutter pour gagner du terrain au milieu de scandales internes et de fréquents changements de personnel.

Dans ces tout premiers temps, Todd White, lobbyiste chez Rulon & White Governance Strategies, raconte n’avoir pas réussi à convaincre les entreprises de cryptomonnaies qu’elles avaient besoin d’aide à Washington.

« Le secteur ne comprenait pas le pouvoir du lobbying. Ils viennent de se réveiller ces deux dernières semaines, et maintenant il y a une réelle opportunité de transformation », explique M. White, qui représente désormais un nouveau groupe appelé Government Blockchain Association.

Mike Conaway, ex-élu républicain du Texas qui a effectué huit mandats à la Chambre des représentants et ne s’est pas représenté l’année dernière, est désormais lobbyiste officiel pour le compte de Ripple Labs Inc., une start-up de cryptomonnaie. Howard Schweitzer, ancien directeur des affaires juridiques de l’Export-Import Bank et directeur général du plan Paulson, fait du lobbying pour Bitcoin Association, groupe qui soutient un embranchement du bitcoin (BSV).

Les racines libertariennes du mouvement bitcoin rendent nombre de ses adhérents rétifs voire méprisants à l’égard de tout ce qui peut impliquer le gouvernement

A l’image des monnaies décentralisées pour lesquelles il milite, le secteur ne possède pas une voix unique à Washington. Et les racines libertariennes du mouvement bitcoin rendent nombre de ses adhérents rétifs voire méprisants à l’égard de tout ce qui peut impliquer le gouvernement, alors même que sa technologie originelle a conquis la Silicon Valley, Wall Street et les grandes entreprises américaines.

Certains lobbyistes ont concédé que ces dynamiques ont pu s’avérer problématiques.

La Chamber of Digital Commerce, groupe fondé en 2014, a irrité pas mal de ses membres en invitant des banques, des cabinets de conseil et des entreprises technologiques qui n’avaient que des attaches marginales aux cryptomonnaies à rejoindre ses rangs. En 2020, Coinbase, la plus grande plateforme d’échanges de cryptomonnaies aux Etats-Unis, a quitté la Blockchain Association, groupe qu’elle avait contribué à fonder deux ans auparavant. Le schisme s’est produit après que l’association a accordé le statut de membre à un rival de Coinbase, Binance.US, dont les filiales ont été confrontées à une foule de problèmes de réglementation à l’étranger.

Cette fragmentation, ainsi qu’un manque de ressources contribuent à expliquer pourquoi de nombreux acteurs du secteur n’étaient pas informés ou pas préparés à la disposition du plan infrastructures introduite par M. Portman. Certains groupes, dont la Chamber of Digital Commerce, ont eu de fréquentes discussions avec les membres de l’équipe de M. Portman lorsque la disposition était en cours de rédaction, tandis que d’autres, comme Coin Center, n’y ont pas participé.

Pourtant, certains indices laissaient deviner que quelque chose se tramait. En mai, le département du Trésor des Etats-Unis a annoncé dans un rapport espérer augmenter les recettes fiscales de l’année à venir en élargissant les informations que les courtiers en cryptomonnaies devraient fournir au gouvernement afin de prévenir l’évasion fiscale.

Pourtant, lorsque la disposition de M. Portman a été rendue publique fin juillet, plusieurs groupes du monde des crypto ont uni leurs forces. Une déclaration commune qualifiant les exigences de la disposition « d’inapplicables » a attiré cinq signataires, dont Coinbase et la Blockchain Association qui en ont profité pour se réconcilier.

Coinbase a également contacté M. Wyden, connu pour ses prises de position en faveur des technologies émergentes et de la protection des données personnelles, et trouvé chez lui une oreille attentive. M. Wyden, M. Toomey et Mme Lummis ont proposé un amendement à la loi sur l’infrastructure clarifiant la définition de courtier de cryptomonnaie.

L’intérêt de ces sénateurs pour les cryptomonnaies est tout sauf éphémère. En juin, M. Toomey a investi entre 2 000 et 30 000 dollars dans un portefeuille bitcoin et ethereum. Mme Lummis est originaire d’un Etat qui a modifié ses lois afin de les rendre accueillantes pour les entreprises de gestion d’actifs numériques et a révélé posséder entre 100 000 et 250 000 dollars de bitcoins.

Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les fans de cryptomonnaie ont entendu l’appel à contacter les élus du Congrès lancé par Fight for the Future, groupe à but non-lucratif militant pour un internet plus ouvert. La campagne #DontKillCrypto, amplifiée par Jack Dorsey et Ashton Kutcher, a suscité plus de 40 000 interpellations en direction des législateurs.

« Nous avons été soufflés par les résultats » s’étonne encore Lia Holland, directrice de la communication de Fight for the Future. « Si nous avions provoqué 5 000 appels, nous aurions déjà considéré ça comme une réussite. »

Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérengère Viennot.

Traduit à partir de la version originale en anglais

Encore un vol de 600 millions de cryptomonnaies

Encore un vol de 600 millions de cryptomonnaies

 

C’est le paradoxe grâce à la technologie blockchain, les transactions financières en crypto monnaies  sont les plus sûrs du monde est presque inviolables. Le problème c’est qu’il est possible de détourner la miraculeuse monnaie sur les plates-formes d’échange.  Ce qui vient de se produire avec un détournement de 600 millions dans l’affaire Poly Network,. société spécialisée dans les transferts de ces actifs numériques .

Les voleurs ont réussi à capter les informations nécessaires pour récupérer la clé privée du propriétaire du ou des portefeuilles de cryptomonnaies, avant de détourner les fonds.

Fin avril, les vols de cryptomonnaies, piratages et fraudes avaient atteint 432 millions de dollars en tout, selon CipherTrace. « Ce chiffre peut sembler petit comparé aux années passées, mais si on regarde plus en détail, on observe une tendance alarmante: les piratages dans la finance décentralisée représentent désormais plus de 60% du volume total des piratages et vols », constate le cabinet spécialisé.

Selon un autre rapport de la société Chainalysis de février, les transactions en cryptomonnaies à des fins illégales ont atteint 10 milliards de dollars en 2020, soit seulement 1% du total de l’activité des cryptomonnaies l’année dernière et moitié moins que l’année précédente.

Le danger des cryptomonnaies

Le danger des cryptomonnaies   

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des  cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Cryptomonnaies: Un grand risque de déstabilisation financière

 

Cryptomonnaies: Un grand risque de déstabilisation financière

L’économiste Luke Bartholomew prédit, dans une tribune au « Monde », une cohabitation délicate entre les cryptomonnaies privées et celles que s’apprêtent à émettre les banques centrales.(Extrait)

 

Tribune. 

Comment écarter la menace que représentent les cryptomonnaies pour la stabilité des systèmes financiers mondiaux, et permettre aux banques centrales de garder le contrôle de la masse monétaire et des taux d’intérêt ? La solution envisagée à ce problème très urgent passe par l’émission par les banques centrales de leurs propres monnaies numériques. Mais si celles-ci leur permettaient de garder le contrôle, elles pourraient également provoquer d’importants bouleversements.

D’ici quelques années, plusieurs grandes banques centrales émettront une forme de monnaie numérique nationale. Des travaux sont actuellement en cours à la Réserve fédérale américaine (Fed), à la Banque centrale européenne (BCE) et à la Banque d’Angleterre.

La Banque populaire de Chine a pris une longueur d’avance ; elle en est déjà au stade pilote. Elle a créé une cryptomonnaie nationale qui fonctionne à travers une application téléphonique. L’objectif déclaré est de remplacer l’argent liquide, d’améliorer l’inclusion financière et de mettre en place des systèmes de paiement plus efficaces dans tout le pays. La Chine dispose déjà d’un réseau de paiement par téléphone très sophistiqué, et la population semble avoir moins de scrupules en matière de protection de la confidentialité.

Une monnaie numérique émise par une banque centrale (MNBC) est similaire à certains égards au bitcoin, mais elle est émise dans la monnaie nationale : nous pourrions donc voir naître un « eurocoin » ou un « britcoin », stockés sur un registre numérique ou détenus sur des comptes de particuliers ouverts auprès de la banque centrale.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Les banques centrales accélèrent la cadence de l’innovation

Les avantages pour les gouvernements sont tout d’abord de prévenir la menace que font peser actuellement les monaies numériques privées sur la stabilité financière et leur pouvoir économique, et aussi de maintenir le contrôle de la masse monétaire et des taux d’intérêt pour soutenir la politique économique.

De plus, les banques centrales auraient de meilleures informations sur la manière dont les gens dépensent, et pourraient piloter plus facilement la « monnaie hélicoptère » (l’aide financière directe distribuée aux ménages ou aux entreprises). Les MNBC offriraient également une plus grande souplesse en matière de taux d’intérêt négatifs si elles débouchaient sur l’abolition de la monnaie en espèces. Cela pourrait contribuer à stimuler les économies en période de récession.

Les détenteurs de MNBC bénéficieraient d’un actif sans risque car, contrairement aux banques commerciales, les banques centrales ne peuvent pas faire faillite. Les processus de paiement seraient également beaucoup moins coûteux, plus rapides et plus aisés pour les mouvements de fonds internationaux.

Le danger des cryptomonnaies pour les banques

Le danger des cryptomonnaies   pour les banques

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des des cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Les cryptomonnaies victimes de la criminalité

Les  cryptomonnaies victimes de la criminalité

 

Les cryptomonnaies, qui ont joué un rôle dans l’essor de la cybercriminalité, sont désormais dans le collimateur des autorités

 Un article de Justin Lahart et Telis Demos (Wall Street Journal)

On s’est longtemps demandé à quoi pouvaient bien servir les cryptomonnaies. La réponse est aujourd’hui évidente : elles offrent un excellent terreau à la criminalité.

Les arnaqueurs de tous poils étaient, eux, arrivés à cette conclusion dès le lancement de la première monnaie numérique privée (le bitcoin) en 2009. Si les autorités réussissent de mieux en mieux à remonter la piste des transactions en bitcoin et (parfois) à saisir les butins, la possibilité de réaliser des paiements digitaux sans intermédiaires financiers a facilité la vente de biens et de services illégaux en ligne et le blanchiment d’argent. Dans un article daté de 2019, les chercheurs Sean Foley, Jonathan Karlsen et Tālis Putniņš estimaient que 46 % des transactions en bitcoin réalisées entre janvier 2009 et avril 2017 concernaient des activités illégales.

Le poids du trading spéculatif a depuis lors nettement augmenté, mais la récente vague d’attaques au ransomware (utilisés par les cybercriminels pour bloquer le réseau informatique de leur victime, à qui ils demandent une rançon, généralement en bitcoin, en l’échange du déblocage des fichiers) a alourdi le casier judiciaire des devises virtuelles. Le mois dernier, une attaque contre Colonial Pipeline a mis à l’arrêt un oléoduc essentiel à l’approvisionnement en carburant de la côte est des Etats-Unis, et une autre a provoqué début juin l’arrêt d’une partie des usines de transformation de viande de JBS dans le pays.

Et ce n’est pas qu’une affaire d’argent. Quand des hôpitaux sont attaqués, ce sont aussi des vies qui sont en jeu. Lors d’un récent entretien avec le Wall Street Journal, le directeur du FBI, Christopher Wray, a comparé les problèmes posés par ces attaques au rançongiciel aux défis qu’avaient constitués les attentats du 11 septembre.

Pour les autorités, la difficulté ne réside pas forcément dans l’identification des cybercriminels mais dans le fait que, contrairement à leurs prédécesseurs qui manipulaient valises de billets ou lingots d’or, les petits nouveaux sévissent souvent depuis des pays avec lesquels les Etats-Unis n’ont pas de traités d’extradition. Le FBI a réussi à saisir une partie de la rançon payée en cryptomonnaie par Colonial Pipeline au groupe criminel DarkSide. Mais parce que ses membres résident probablement en Russie, ils ne seront pas inquiétés.

Autre problème : il n’existe pas de solution simple pour empêcher les hackers de mettre la main sur les données, car les systèmes de protection informatique que l’on utilise sont à la fois trop complexes et trop criblés de points faibles.

Pour dissuader les cybercriminels de lancer des attaques au ransomware, la solution réside peut-être dans le fait de les empêcher de recevoir les rançons. C’est là que le parallèle avec le 11 septembre prend tout son sens : adopté en 2001, le Patriot Act est venu durcir un certain nombre de dispositions du Bank Secrecy Act de 1970. Objectif : perturber le financement des réseaux terroristes.

Autre option possible, quoiqu’un peu radicale : interdire les paiements et le négoce en cryptomonnaie, ce que les autorités chinoises ont d’ailleurs cherché à faire. Mais compte tenu des enjeux financiers (désormais non négligeables, puisque les cryptomonnaies pèsent 1 600 milliards de dollars, selon coinmarketcap.com), il semble peu probable que Washington s’engage sur cette voie, du moins pas dans un premier temps.

Il existe en revanche des mesures que les autorités américaines pourraient prendre pour limiter l’intérêt des cryptomonnaies pour les transactions commerciales ou, a minima, en augmenter le coût.

Tout comme il est relativement difficile de passer inaperçu quand on transporte un million de dollars dans une valise, l’idée pourrait par exemple être de compliquer l’utilisation ou le transfert de cryptomonnaies liées à des vols. L’administration Biden propose ainsi d’imposer les mêmes règles que celles qui s’appliquent aux entreprises qui reçoivent des paiements de plus de 10 000 dollars en numéraire, à savoir les déclarer à l’IRS, l’administration fiscale américaine.

Les pouvoirs publics pourraient aussi renforcer les obligations de surveillance. Des mesures sont d’ores et déjà à l’étude. Evoquant des « impératifs de sécurité nationale », le département américain du Trésor a proposé l’an passé de restreindre encore les transferts vers les portefeuilles dits « non hébergés », c’est-à-dire non liés à une banque ou un intermédiaire financier soumis à réglementation. Le Groupe d’action financière (GAFI), un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent, a récemment dévoilé de nouvelles recommandations étendant les exigences de sécurité à une liste bien plus large d’entités liées aux cryptomonnaies.

Ces mesures pourraient réduire l’anonymat et la décentralisation d’un pan entier des transactions en cryptomonnaies, une perspective qui est loin de satisfaire tout le monde. Le durcissement de la réglementation pourrait aussi rendre les transactions légales plus onéreuses donc rendre les cryptomonnaies moins intéressantes.

Mais le principal risque, c’est que les efforts institutionnels échouent à enrayer les activités nocives qui s’appuient sur les cryptomonnaies.

Les crimes pourraient alors devenir plus odieux encore et le durcissement des restrictions, plus acceptable du point de vue politique.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Finances-Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Finances-Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Un article dePaul Vigna Dans le Wall Street Journal qui s’interrogent sur l’avenir du bitcoins et plus généralement des cryptomonnaies (Extrait)

Pour beaucoup d’investisseurs, en annonçant sur le réseau social à l’oiseau que Tesla n’accepterait plus le bitcoin pour le paiement de ses voitures électriques, le milliardaire a provoqué la plus forte baisse subie cette année par la cryptomonnaie. Début juin, Elon Musk en a remis une couche en publiant un tweet dans lequel figuraient un mème évoquant une rupture amoureuse, #bitcoin et un émoji « cœur brisé ». Le bitcoin a perdu 30 % depuis le tweet du 12 mai.

Dimanche, Elon Musk a déclaré que Tesla accepterait les paiements en bitcoin quand le data mining se mettrait davantage aux énergies renouvelables.

Lundi, la cryptomonnaie s’est adjugé quelque 8 % par rapport à son cours de vendredi, à environ 39 816 dollars. Le milliardaire a également indiqué que Tesla n’avait cédé qu’environ 10 % de son stock de bitcoins en fin de premier trimestre et que l’objectif était de prouver que la cryptomonnaie « pouvait être liquidée facilement, sans perturber le marché ».

Fin mars, le constructeur automobile détenait l’équivalent de 1,3 milliard de dollars en bitcoins ; les achats annoncés en février avaient pour but « de diversifier et optimiser le rendement de la trésorerie », a-t-il précisé.

Rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année

Le spécialiste des logiciels MicroStrategy et une poignée d’autres sociétés, dont le fournisseur d’applications de paiement Square, ont réalisé des investissements similaires. Certains affirment qu’ils ont choisi le bitcoin comme réserve de valeur, dépeignant la cryptomonnaie en version moderne de l’or.

Mais détenir du bitcoin peut constituer un risque comptable : la cryptomonnaie et les autres actifs numériques sont considérés comme des « actifs incorporels à durée de vie indéfinie », et non comme des devises. Si leur valeur passe en dessous du prix d’achat, même de façon temporaire, l’entreprise doit passer une dépréciation.

Il faut aussi réaliser un test de dépréciation au moins une fois par an (ou dès que le cours passe en dessous de la valeur comptable). Le bitcoin était du genre volatil, les revalorisations trimestrielles sont devenues la règle. Une fois la charge comptable passée, la juste valeur de l’actif est ajustée. En revanche, si le cours monte, l’entreprise ne peut pas enregistrer de gain, elle doit pour cela attendre de céder l’actif.

Tesla, qui n’a pas répondu aux demandes de commentaire, devrait enregistrer un bénéfice de 96 cents par action au deuxième trimestre, selon les analystes interrogés par FactSet.

Conjuguée à ce type de traitement comptable, la volatilité du bitcoin complique la tâche des responsables qui veulent gérer les avoirs en cryptomonnaies comme on gère de la trésorerie, ce qui les rend moins pertinentes comme actifs de réserve, souligne Jennifer Stevens, professeur de comptabilité à l’université d’Ohio.

« La comptabilisation ne cadre pas tellement avec l’objectif sous-jacent », indique-t-elle.

De toute façon, rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année. Et 84 % des responsables sondés indiquaient qu’ils n’avaient jamais envisagé d’en détenir.

Tesla a annoncé un premier investissement de 1,5 milliard de dollars en bitcoin le 8 février, sans préciser combien le constructeur en avait acheté ni à quel cours moyen. Sa politique d’investissement avait été modifiée en janvier et, entre le 1er janvier et le 8 février, le bitcoin valait en moyenne autour de 35 400 dollars, selon CoinDesk, ce qui signifie qu’après réduction de la position, Tesla détient probablement autour de 37 000 bitcoins.

Lundi soir, la cryptomonnaie valait un peu moins de 40 000 dollars, après être tombée à 30 202 dollars en mai.

Selon Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, il est donc fort probable que Tesla passe une dépréciation sur son portefeuille de bitcoins ce trimestre.

Pour lui, les achats ont probablement été réalisés en janvier et sont donc aujourd’hui détenus à perte.

« Si le bitcoin vaut autour ou moins de 30 000 dollars [à la fin du deuxième trimestre], la dépréciation risque d’être importante », prévient-il. Elle pourrait être du même ordre que la plus-value de 101 millions de dollars que Tesla a enregistrée au premier trimestre sur des cessions d’actifs, selon lui.

« Ce qui était un atout pour le groupe est devenu un frein », résume-t-il.

De fait, ces derniers temps, les résultats de Tesla ont été dopés par des gains non récurrents. Outre la plus-value sur la cession des bitcoins au premier trimestre, le groupe a gagné 518 millions de dollars en vendant des crédits aux autres constructeurs automobiles pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs d’émissions.

Ces opérations lui ont permis d’enregistrer un bénéfice net de 438 millions de dollars, soit 93 cents par action.

Si tel devait être le cas, Tesla ne serait pas la première entreprise contrainte de passer une dépréciation importante sur son portefeuille de bitcoins.

 

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Pourquoi la Chine s’oppose au bitcoin et aux cryptomonnaies

 Pourquoi la Chine s’oppose au bitcoin et aux cryptomonnaies 

On ne peut pas ne pas souligner l’appréhension de la Chine à accepter et à adopter les crypto-monnaies. Cela se traduit notamment par l’avertissement lancé sur les médias par l’Association nationale des Finances d’Internet de Chine, l’Association Bancaire de Chine et l’Association de Paiement et de Compensation de Chine concernant leur absence de soutien en cas d’effondrement du marché ou de dysfonctionnement des échanges. Ils considèrent que les échanges sur un marché aussi volatil que celui de la crypto-monnaie perturbent le statu quo financier.

 

 Giulia Mazzolini directrice, de Bitpanda France dans les Echos 

 

Bien que la Chine ait interdit tous les échanges de crypto-monnaies, les traders avides peuvent toujours détenir leurs crypto-monnaies existantes, la règle étant que les institutions ne peuvent pas fournir de services pour celles-ci. Cela engendre sans aucun doute une pression bien visible sur la cryptosphère et aussi plus généralement sur la population détenant ces cryptos, car cela est perçu comme une incitation contraire. J’imagine qu’ils peuvent penser que « s’ils ne peuvent pas échanger, à quoi bon, l’engouement ne perdurera pas ». Il est donc plus facile de suivre la situation et de prendre du recul : une approche que beaucoup de gouvernements n’apprécient pas, car la crypto est majoritairement autorégulée.

Personnellement, je peux imaginer que cela a également beaucoup à voir avec la pression du public pour un minage « plus vert » du crypto, car cela reste un sujet plutôt central. Mais il y a aussi des changements positifs, comme le récent « Crypto Climate Accord » qui est une étape dans la bonne direction. Inspiré de l’Accord de Paris, il s’agit d’un accord sur le climat signé par des organisations du secteur des crypto-monnaies. Les initiatives de ce type favorisent le développement durable de notre secteur et doivent être plus nombreuses pour permettre aux gouvernements de se sentir plus à l’aise.

Une monnaie numérique propre à la Chine ?

Bien sûr, la question s’est posée de savoir si le durcissement des règles chinoises n’avait pas quelque chose à voir avec leur intention de créer leur propre monnaie numérique. Cela aurait du sens dans une nation tournée vers le mobile ; selon une enquête, en 2018, 92 % des habitants des plus grandes villes chinoises utilisent Wechat Pay ou Alipay comme principal moyen de paiement. La future monnaie numérique chinoise sera donc le moyen de paiement électronique sur smartphone amené à remplacer les pièces et les billets, et pourrait faire ses débuts en 2022 lors des Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

D’une manière générale, la méfiance de la Chine à l’égard des crypto-monnaies peut sembler plus prononcée si on la compare aux attitudes occidentales, mais ce n’est pas nécessairement le cas : même dans les environnements crypto-positifs le bitcoin continue d’être un sujet de controverse. Il est par ailleurs important de noter que le statu quo ne durera pas éternellement. Si l’on considère le bitcoin et la technologie dont il émane, de nombreux changements ont été apportés depuis sa création. Au cours des dernières années, de nombreuses améliorations ont été apportées au réseau Bitcoin. Ces innovations améliorent considérablement le système. La même chose se produit avec Ethereum.

Plus le secteur se développe, plus il compte de participants, d’une telle manière que d’autres innovations et améliorations ne manqueront pas d’apparaître, ce qui aura un effet sur la culture et la façon dont les gouvernements le considèrent.

La Chine n’est pas le seul pays à montrer sa méfiance envers la crypto avec une interdiction de commercer et de faciliter son utilisation. D’autres pays se sont exprimés sur leurs préoccupations en matière de sécurité et de perturbation du système financier actuel. Mais je sais que ces choses bougent par vagues et qu’un statu quo, contrairement à ce que son nom suggère, évolue au même rythme que la culture qui l’entoure.

Giulia Mazzolini est directrice de Bitpanda France.

Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Un article dePaul Vigna Dans le Wall Street Journal qui s’interrogent sur l’avenir du bitcoins et plus généralement des cryptomonnaies (Extrait)

Pour beaucoup d’investisseurs, en annonçant sur le réseau social à l’oiseau que Tesla n’accepterait plus le bitcoin pour le paiement de ses voitures électriques, le milliardaire a provoqué la plus forte baisse subie cette année par la cryptomonnaie. Début juin, Elon Musk en a remis une couche en publiant un tweet dans lequel figuraient un mème évoquant une rupture amoureuse, #bitcoin et un émoji « cœur brisé ». Le bitcoin a perdu 30 % depuis le tweet du 12 mai.

Dimanche, Elon Musk a déclaré que Tesla accepterait les paiements en bitcoin quand le data mining se mettrait davantage aux énergies renouvelables.

Lundi, la cryptomonnaie s’est adjugé quelque 8 % par rapport à son cours de vendredi, à environ 39 816 dollars. Le milliardaire a également indiqué que Tesla n’avait cédé qu’environ 10 % de son stock de bitcoins en fin de premier trimestre et que l’objectif était de prouver que la cryptomonnaie « pouvait être liquidée facilement, sans perturber le marché ».

Fin mars, le constructeur automobile détenait l’équivalent de 1,3 milliard de dollars en bitcoins ; les achats annoncés en février avaient pour but « de diversifier et optimiser le rendement de la trésorerie », a-t-il précisé.

Rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année

Le spécialiste des logiciels MicroStrategy et une poignée d’autres sociétés, dont le fournisseur d’applications de paiement Square, ont réalisé des investissements similaires. Certains affirment qu’ils ont choisi le bitcoin comme réserve de valeur, dépeignant la cryptomonnaie en version moderne de l’or.

Mais détenir du bitcoin peut constituer un risque comptable : la cryptomonnaie et les autres actifs numériques sont considérés comme des « actifs incorporels à durée de vie indéfinie », et non comme des devises. Si leur valeur passe en dessous du prix d’achat, même de façon temporaire, l’entreprise doit passer une dépréciation.

Il faut aussi réaliser un test de dépréciation au moins une fois par an (ou dès que le cours passe en dessous de la valeur comptable). Le bitcoin était du genre volatil, les revalorisations trimestrielles sont devenues la règle. Une fois la charge comptable passée, la juste valeur de l’actif est ajustée. En revanche, si le cours monte, l’entreprise ne peut pas enregistrer de gain, elle doit pour cela attendre de céder l’actif.

Tesla, qui n’a pas répondu aux demandes de commentaire, devrait enregistrer un bénéfice de 96 cents par action au deuxième trimestre, selon les analystes interrogés par FactSet.

Conjuguée à ce type de traitement comptable, la volatilité du bitcoin complique la tâche des responsables qui veulent gérer les avoirs en cryptomonnaies comme on gère de la trésorerie, ce qui les rend moins pertinentes comme actifs de réserve, souligne Jennifer Stevens, professeur de comptabilité à l’université d’Ohio.

« La comptabilisation ne cadre pas tellement avec l’objectif sous-jacent », indique-t-elle.

De toute façon, rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année. Et 84 % des responsables sondés indiquaient qu’ils n’avaient jamais envisagé d’en détenir.

Tesla a annoncé un premier investissement de 1,5 milliard de dollars en bitcoin le 8 février, sans préciser combien le constructeur en avait acheté ni à quel cours moyen. Sa politique d’investissement avait été modifiée en janvier et, entre le 1er janvier et le 8 février, le bitcoin valait en moyenne autour de 35 400 dollars, selon CoinDesk, ce qui signifie qu’après réduction de la position, Tesla détient probablement autour de 37 000 bitcoins.

Lundi soir, la cryptomonnaie valait un peu moins de 40 000 dollars, après être tombée à 30 202 dollars en mai.

Selon Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, il est donc fort probable que Tesla passe une dépréciation sur son portefeuille de bitcoins ce trimestre.

Pour lui, les achats ont probablement été réalisés en janvier et sont donc aujourd’hui détenus à perte.

« Si le bitcoin vaut autour ou moins de 30 000 dollars [à la fin du deuxième trimestre], la dépréciation risque d’être importante », prévient-il. Elle pourrait être du même ordre que la plus-value de 101 millions de dollars que Tesla a enregistrée au premier trimestre sur des cessions d’actifs, selon lui.

« Ce qui était un atout pour le groupe est devenu un frein », résume-t-il.

De fait, ces derniers temps, les résultats de Tesla ont été dopés par des gains non récurrents. Outre la plus-value sur la cession des bitcoins au premier trimestre, le groupe a gagné 518 millions de dollars en vendant des crédits aux autres constructeurs automobiles pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs d’émissions.

Ces opérations lui ont permis d’enregistrer un bénéfice net de 438 millions de dollars, soit 93 cents par action.

Si tel devait être le cas, Tesla ne serait pas la première entreprise contrainte de passer une dépréciation importante sur son portefeuille de bitcoins.

 

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

La chasse de Chine au bitcoin et aux cryptomonnaies

La chasse de Chine au bitcoin et aux cryptomonnaies

Un article de Claude Leblanc dans l’Opinion explique la chasse engagée contre les cryptomonnaies s par la Chine (Extraits)

Profitant de la visite de Xi Jinping dans la province, les autorités du Qinghai, à l’ouest du pays, ont annoncé, le 9 juin, une série de mesures visant à mettre un terme au « minage » de cryptomonnaies, au premier rang desquelles le bitcoin. Deux semaines après celle de la Mongolie intérieure, cette nouvelle décision confirme la volonté du gouvernement chinois de sévir contre l’extraction de bitcoins.

La Chine est le plus grand site de « minage » de cryptomonnaies au monde. Elle représente 65 % du taux de hachage du bitcoin, l’unité de mesure de la puissance de traitement utilisée par le réseau pour vérifier les transactions et extraire de nouveaux jetons de la cryptomonnaie, selon les estimations du Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index. Compte tenu de sa faible part dans le « minage » en Chine, à peine 0,3 % du taux de hachage national, loin derrière le Xinjiang (35,8 %), le Sichuan (9,7 %) et la Mongolie intérieure (8 %), les restrictions décrétées au Qinghai n’auront pas le même impact sur le cours de la principale « cyber devise ».

Néanmoins, si toutes les activités d’extraction finissent par être interdites dans le pays, l’avenir de la cryptomonnaie deviendra plus incertain, car elle aura perdu une grande partie de sa puissance de traitement. Il semble bien que ce soit l’orientation voulue au sommet de l’Etat et la diligence avec laquelle le Qinghai a pris ses mesures, alors que le Président et secrétaire général du Parti communiste (PCC) y faisait une tournée d’inspection, laisse penser que d’autres provinces suivront.

Neutralité carbone. A l’approche du 20e Congrès du PCC en 2022, à l’issue duquel beaucoup de responsables locaux espèrent être promus, il faut s’attendre à une certaine célérité, voire à une anticipation des souhaits de Pékin en la matière. En effet, la dernière déclaration gouvernementale n’évoquait pas l’interdiction pure et simple de l’extraction des cryptomonnaies, et ne fournissait aucun détail sur les mesures à prendre. Il était seulement dit que le gouvernement « sévirait contre le “minage” et le commerce de bitcoins ».

En revanche, le communiqué de la province du Qinghai ne laisse aucune place au doute. « Il est strictement interdit d’approuver toutes sortes de projets de “minage” de monnaie virtuelle dans l’ensemble de la région et les projets existants doivent être définitivement suspendus », peut-on lire dans le document émis par le département régional en charge de l’Industrie et des Technologies de l’information.

En concentrant ses efforts sur des objectifs propres, Pékin tente de créer les conditions proches de celles qui lui ont permis, au cours de deux dernières décennies, de se doter d’un secteur Internet puissant et indépendant des entreprises américaines

Au-delà du désir de se faire bien voir de Pékin, les responsables provinciaux répondent aussi à la nécessité de réduire la consommation d’énergie, au moment où la Chine s’est engagée à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2060. L’extraction de cryptomonnaies nécessitant en effet des quantités massives d’électricité dans un pays où les centrales thermiques au charbon représentent encore près de 57 % de la production, il s’agit aussi de satisfaire à la « transformation verte du développement », comme l’avait aussi évoqué, le 21 mai, le Comité de stabilité financière et de développement du Conseil d’Etat présidé par le vice-Premier ministre Liu He, l’un des plus proches conseillers de Xi Jinping.

Secteur de pointe. La dernière motivation des autorités chinoises dans leur bataille contre le « minage » du bitcoin n’entame pas la volonté revendiquée par Pékin de devenir leader dans le domaine de la blockchain, technologie à la base des cryptomonnaies. Cette dernière est aussi adaptée pour d’autres utilisations, comme le traçage de documents et le suivi de la propriété de biens numériques. Cela a récemment favorisé l’essor des jetons non fongibles, autrement dit non interchangeables comme le bitcoin.

Le gouvernement chinois prévoit de mettre en place des normes industrielles, des incitations fiscales et des protections en matière de propriété intellectuelle pour soutenir l’industrie de la blockchain, dont il veut devenir un leader mondial d’ici à 2025, a indiqué, le 7 juin, le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information et l’Administration du cyberespace de Chine. A aucun moment, dans le communiqué publié, il n’est fait mention des cryptomonnaies, mettant ainsi en évidence une cohérence entre le nouveau tour de vis annoncé à leur encontre et le souhait de jouer un rôle prédominant dans ce secteur de pointe.

Bitcoin et cryptomonnaies: La Chine fait le ménage

Bitcoin et cryptomonnaies: La Chine fait le ménage

Après avoir largement favoriser le développement des cryptomonnaies  notamment Bitcoin  la Chine change complètement de stratégie et fait le ménage pour contrôler complètement les monnaies virtuelles . La banque centrale chinoise envisage en outre de créer une cryptomonnaie  chinoise officielle qui ne peut donc être concurrencée par d’autres. La conséquence directe sur l’ensemble des marchés pourrait être un nouveau plongeon de ces valeurs très spéculatives.

Opération «cartes coupées» accomplie! C’est un vaste coup de filet que vient de réaliser la police chinoise en arrêtant simultanément plus de 1 100 personnes accusées d’avoir utilisé des cryptodevises pour blanchir de l’argent provenant d’escroqueries sur internet.

Grâce à ces arrestations, le ministère de la Sécurité publique a annoncé mercredi avoir démantelé 170 «gangs» qui facturaient aux criminels une commission de 1,5 % à 5 % pour

Cette campagne de lutte contre le blanchiment d’argent et la fuite de capitaux n’est qu’une facette de la reprise en main des autorités chinoises à l’encontre des cryptomonnaies. Jusqu’à hier encore, l’empire du Milieu aurait pu être surnommé l’«empire des cryptos». Fin 2016, 99 % des transactions mondiales en bitcoins provenaient de Chine! C’était avant que Pékin ne décide de bannir toute plateforme d’échange sur son territoire, en 2017.

Cryptomonnaies : Retour au Far-West de la finance

 Cryptomonnaies : Retour au Far-West de la finance

Par James MackintoshDans le Wall Street Journal

Pour comprendre les points faibles des stablecoins tels que Tether, il faut suivre une rapide leçon d’histoire sur la finance américaine d’avant la Guerre de Sécession

 

 

Les adeptes des cryptomonnaies affirment que le bitcoin et ses homologues vont supplanter les monnaies « fiduciaires » émises par les gouvernements, alors que l’objectif du système innovant de la blockchain, sur laquelle elles reposent, est de surmonter ce que Satoshi Nakamoto — le pseudonyme de l’inventeur du bitcoin — appelait « les faiblesses inhérentes au modèle basé sur la confiance ».

Pourtant, les stablecoins et notamment le plus important d’entre eux, Tether, sont en plein essor. Avec 60 milliards de dollars en circulation, ce dernier se positionne à la troisième place sur le marché des cryptomonnaies, derrière le bitcoin et l’ethereum. Il en existe aussi des dizaines d’autres, et le Libra de Facebook, rebaptisé Diem l’année dernière, d’intégrer ce groupe en lançant des stablecoins couvrant plusieurs devises.

Les stablecoins sont des cryptomonnaies ayant une parité unitaire avec le dollar, ou avec une autre monnaie traditionnelle, dont la valeur repose sur la confiance accordée à leur émetteur.

Les stablecoins sont l’incarnation même du « free banking », le système peu réglementé et marqué par de nombreuses fraudes, qui comptait nombre de petits émetteurs de billets de banque en dollars et dominait la finance américaine jusqu’à l’intervention du gouvernement après la Guerre de Sécession

Ils sont également devenus un élément central de l’infrastructure financière des cryptomonnaies. Selon le fournisseur de données Crypto Compare, il y a plus de trading entre le tether et le bitcoin qu’entre le bitcoin et l’ensemble des monnaies fiduciaires. Au moins pour les traders en cryptomonnaies, les stablecoins sont un outil essentiel, en raison de la rapidité avec laquelle ils peuvent être utilisés pour transférer de l’argent d’une bourse d’échange de cryptomonnaies à une autre, et parce qu’ils offrent un moyen pratique de placer temporairement des liquidités dans ce qui est, au fond, censé être des dollars.

Mais cette situation constitue une vulnérabilité majeure pour les cryptomonnaies. Au lieu de construire un nouveau système financier imperméable aux problèmes de l’ancien, ces stablecoins font réapparaître des dysfonctionnements atténués depuis longtemps par les régulateurs de la finance traditionnelle.

Pour bien comprendre cette faiblesse, une rapide leçon d’histoire s’impose. Les stablecoins sont l’incarnation même du « free banking », le système peu réglementé et marqué par de nombreuses fraudes, qui comptait nombre de petits émetteurs de billets de banque en dollars et dominait la finance américaine jusqu’à l’intervention du gouvernement après la Guerre de Sécession. Le papier-monnaie était alors adossé aux actifs de ces banques, et la confiance en ces actifs déterminait l’éventualité et l’ampleur de la décote à appliquer à la valeur faciale d’un billet de banque donné. Parallèlement aux banques réglementées, des milliers d’émissions de reconnaissances de dette de faible montant, comme par exemple celle provenant d’un barbier du Michigan, étaient utilisées comme monnaie dans les villes frontalières à court de liquide.

Mais ce n’est pas un hasard si ces stablecoins d’antan ont fini par disparaître. Les utilisateurs de monnaie — c’est-à-dire à peu près tout le monde — devaient se tenir informés de la situation, ou du sentiment général, de dizaines d’émetteurs de billets de banque pour éviter de se retrouver floués lors de transactions. Les coûts engendrés par cette seule contrainte étaient incalculables, sans compter les défaillances et les fraudes à grande échelle.

Les deux dangers qui menacent les dizaines de stablecoins récemment créés sont les mêmes que ceux qui planaient sur ces titres convertibles avant la Guerre de Sécession : ces actifs peuvent se révéler avoir moins de valeur que prévu ou les gens peuvent finir par croire que tel est le cas, ce qui est susceptible de déclencher des mouvements de panique.

Les plus grands stablecoins — ceux de Tether, Circle et Paxos — publient des rapports comptables attestant que leurs actifs correspondent au montant de leurs émissions, dans le but de maintenir la confiance. Jusqu’à présent, tous trois ont réussi leur monnaie restant remarquablement stable autour d’un dollar.

Jeter un coup d’œil sur l’époque du free banking devrait rappeler aux traders les risques qu’ils encourent. Dans les années 1830, les banques trompaient les commissaires aux comptes en envoyant les mêmes coffres de pièces d’une banque à l’autre afin qu’ils soient comptabilisés plusieurs fois, ou recouvrant d’une couche d’argent la surface d’un baril en réalité rempli de clous, comme le raconte Joshua Greenberg dans son passionnant livre sur cette époque, Bank Notes and Shinplasters.

Le parallèle est évident à la lecture des détails de l’accord à 18,5 millions de dollars conclu entre Tether et le procureur général de New York en février. Ce dernier assurait que Tether mentait en affirmant disposer d’assez d’actifs pour garantir la totalité de ses émissions. Lorsque Tether a tenté de faire taire les rumeurs sur sa situation financière en ayant recours à un commissaire aux comptes pour certifier ses actifs, l’argent n’a été versé sur son nouveau compte que le jour de l’expertise. Tether a également prêté 475 millions de dollars à Bitfinex pour l’aider à surmonter une crise de liquidités, cette fois le lendemain de la présentation du solde d’un nouveau compte bancaire aux Bahamas. C’est, en somme, la version moderne des coffres d’argent itinérants.

Stuart Hoegner, conseiller juridique de Tether, assure que l’entreprise « prend des mesures pour faire établir des audits sur plusieurs exercices » et qu’elle les publiera. « Pour être clair, ces types de transferts ne se produisent pas », a-t-il répondu par e-mail lorsqu’on lui a demandé si des actifs étaient déplacés juste avant ou après une expertise.

Tether n’a pas d’activité aux Etats-Unis, à quelques exceptions près, et a accepté dans son règlement de février de ne pas accepter de clients à New York. Circle dispose, lui, d’une « BitLicense » délivrée par l’Etat de New York, tandis que Paxos est soumis au régime des trusts dans cette ville, afin de renforcer la confiance. Etant donné qu’il s’agit de cryptomonnaies, il existe bien sûr aussi un stablecoin entièrement en cryptomonnaies, appelé Dai, qui donne à chaque utilisateur un « coffre-fort » pour stocker des nantissements ; ceux-ci seront liquidés par les « gardiens » si leur valeur tombe trop bas pour soutenir le dai émis en contrepartie de ces garanties.

Mais je crains qu’il ne suffise pas d’être réglementé, transparent et solvable, comme l’ont montré les vagues de panique sur les fonds du marché monétaire en 2008 et l’année dernière. En fin de compte, rien ne vaut l’accès aux prêts de la Réserve fédérale lorsqu’un grand nombre de déposants demandent à récupérer leur argent. Contrairement aux banques et aux fonds, il n’y a aucune chance que la Fed vienne en aide aux stablecoins en cas de crise. Cela signifie que les actifs qu’ils détiennent sont vitaux, de même que leurs caractéristiques. La certification des comptables de Paxos montre que la société détient des liquidités et des bons du Trésor sur des comptes ouverts dans des banques américaines non mentionnées, tandis que Circle affirme disposer « de liquidités, d’équivalents de trésorerie et d’actifs de qualité à court terme ».

D’une certaine manière, Tether est mieux protégé contre un mouvement de panique qu’une banque ordinaire en cas de problème : ses statuts lui permettent de suspendre les paiements ou de rembourser ses clients avec une partie de ses actifs plutôt que directement avec des dollars

Dans le cadre de son arrangement avec la justice, Tether a donné plus de détails sur ses actifs, montrant une forte exposition aux billets de trésorerie, une catégorie de prêts à court terme aux entreprises. M. Hoegner assure que la société emploie des traders en interne pour investir dans les billets de trésorerie, « en s’assurant toujours que nous disposons d’un montant adéquat de liquidités pour faire face à d’éventuelles demandes de retrait ».

Josh Younger, stratège taux d’intérêt chez JPMorgan, souligne que la taille de Tether le place aux côtés des plus grands fonds monétaires et entreprises en tant que grand détenteur de billets de trésorerie.

D’une certaine manière, Tether est mieux protégé contre un mouvement de panique qu’une banque ordinaire en cas de problème : ses statuts lui permettent de suspendre les paiements ou de rembourser ses clients avec une partie de ses actifs plutôt que directement avec des dollars. Mais il est peu probable que de telles dispositions rassurent les utilisateurs.

Je suis surpris que Tether connaisse une telle popularité compte tenu des révélations tirées du dossier new-yorkais, de la facilité avec laquelle il peut suspendre les paiements et de l’inquiétude des régulateurs, y compris la Fed, au sujet des stablecoins. Mais il existe une différence essentielle par rapport à l’époque précédente, qui leur permet d’éviter les dépréciations dont pâtissaient les billets de banque du Far West.

A l’époque, la complexité pour se rendre dans une agence bancaire afin d’échanger ses billets contre des dollars en argent massif rendait difficile l’arbitrage concernant les décotes, en particulier pour les billets émis par des banques lointaines. Dans le monde numérique, il n’est pas très compliqué d’encaisser un stablecoin, de sorte que toute dépréciation se volatilise rapidement.

Du moins tant que l’émetteur du stablecoin a l’argent pour rembourser les créances réclamées par ses clients.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

L’argent sale des cryptomonnaies

L’argent sale des cryptomonnaies 

 

Trois experts de la gestion des risques et du numérique, Marianne Collin, Charles Cuvelliez et Jean-Jacques Quisquater, analysent, dans une tribune au « Monde », les limites des superviseurs des marchés financiers confrontés à l’usage croissant des cryptomonnaies.

 

Tribune.

Il existe à peu près 8 000 cryptomonnaies, et donc 8 000 manières de blanchir de l’argent ou de financer le terrorisme, diront les détracteurs du bitcoin et de ses variantes. Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme à grande échelle restent encore du domaine du risque. Mais il vaut mieux prévenir que combattre un tel fléau, pour autant qu’on prenne bien la mesure du risque !

Les cryptomonnaies, c’est comme le cash mais, à la différence du cash, qui passe de la main à la main, les montants et les distances entre contreparties impliquées dans le paiement n’ont pas de limite avec les cryptomonnaies. C’est le premier problème.


Les cadres réglementaires qui visent à limiter le blanchiment d’argent (Anti-Money Laundering, AML) et le financement du terrorisme (Countering the Financing of Terrorism, CFT) se basent sur le repérage par les intermédiaires techniques (banques, prestataires spécialisés) qui acheminent les paiements jusqu’à leurs commanditaires (avocats, notaires) : ils ont l’obligation d’identifier correctement tous les clients et d’enquêter de manière approfondie le cas échéant, d’enregistrer les transactions, de mettre en place des contrôles internes AML/CFT, de rapporter aux autorités les cas suspects.

Mais dans le cas des cryptomonnaies, il n’y a pas d’intermédiaires. C’est le deuxième problème. On ne peut donc récupérer un semblant de contrôle que quand les cryptomonnaies rentrent dans le système financier traditionnel, soumis aux procédures AML/CFT. C’est comme pour le cash, lorsque de grosses quantités de liquide alimentant soudainement un compte bancaire déclenchent des alertes… Sauf que les prestataires actifs dans les cryptomonnaies ne sont pas soumis à ces procédures. On peut les classer en trois catégories.

Il y a les émetteurs de cryptomonnaies (on devrait parler de cryptoactifs car les cryptomonnaies sont bien peu utilisées pour payer) qui les enregistrent, les distribuent sur les marchés, les proposent aux investisseurs… Il y a ceux qui en organisent la vente et l’achat, fixent les prix en fonction de l’offre et la demande, procèdent au transfert de cryptoactifs entre vendeur et acquéreur, ou les conservent comme tiers de confiance. Ils peuvent même fournir les services financiers en support d’une transaction entre contreparties.

Enfin, il y a les acteurs techniques qui fournissent l’infrastructure adéquate. C’est tout cet écosystème bigarré qu’il faut mettre au pas. Le Financial Stability Institute (FSI) de la Banque des règlements internationaux a examiné la façon dont s’organisait dans plusieurs juridictions la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme via les cryptoactifs (« Supervising cryptoassets for anti-money laundering », avril 2021).

Les cryptomonnaies visées par le Trésor américain

Les cryptomonnaies visées par le Trésor américain

Le Trésor américain envisage des mesures pour réguler notamment la spéculation sur les cryptomonnaies. Le Trésor américain veut d’obliger les intermédiaires financiers et les particuliers de rendre compte à l’Internal Revenue Service (IRS) de tout transfert de cryptomonnaie d’un montant égal ou supérieur à 10.000 dollars.

Le fisc américain prive ainsi cette forme de paiement d’un avantage par rapport aux monnaies ordinaires. Lorsque la régulation entrera en vigueur, employer le bitcoin, l’ethereum ou le litecoin, ne permettra plus de cacher des transferts d’actifs.

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