Archive pour le Tag '; critique'

Apprentissage: très critiqué par La Cour des comptes

Apprentissage: très critiqué par La Cour des comptes 

 

La Cour des comptes a vivement critiqué mercredi 22 juin 2022 la réforme « non financée » de l’apprentissage de 2018, dont le succès quantitatif « indéniable » s’est fait au prix d’un « doublement » du coût tout en bénéficiant peu aux jeunes ayant le plus de difficultés à s’insérer dans l’emploi.

« L’alternance connaît une impasse financière », souligne la Cour dans un rapport dédié et un référé aux ministres de l’Économie et du Travail sur la « situation financière préoccupante » de France compétences, l’organisme qui gère les dispositifs d’alternance et de formation professionnelle.

Prévu à 3,2 milliards en 2021 – malgré une subvention exceptionnelle de 2,75 milliards – le déficit de France compétences, qui finance notamment les centres de formation d’apprentis (CFA) à partir de la contribution des entreprises, pourrait grimper à 5,9 milliards cette année, ce qui nécessitera un nouveau coup de pouce financier.

En cause, la réforme du financement conjuguée à l’explosion des entrées de jeunes en apprentissage qui a quasiment doublé en deux ans pour atteindre le niveau record de 730 000 en 2021 et permis une hausse du taux d’emploi des jeunes.

« Le développement des effectifs d’apprentis, objectif affiché de la réforme, n’a pas été anticipé, pas plus que la croissance du coût unitaire par apprenti », déplore la Cour.

Depuis 2020, le financement des CFA repose, non plus sur des subventions régionales complétant les versements des entreprises, mais sur un financement au contrat (5 000 € pour un CAP maçon par exemple) dans une logique de guichet ouvert.

Ce changement a fait augmenter le coût moyen par apprenti « d’au moins 17 % », selon la Cour, qui recommande une diminution des niveaux de prise en charge, à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration de France compétences le 30 juin.

Vantée par Emmanuel Macron – qui se fixe l’objectif d’un million d’apprentis pour le second quinquennat – cette « croissance inédite » du nombre d’apprentis s’explique en partie par la réforme de 2018, qui a libéralisé l’apprentissage en termes de conditions d’entrée et d’offre de formation.

Mais elle est aussi due aux aides décidées pendant la crise sanitaire et versées depuis la rentrée 2020 par l’État. Cette prime – 5 000 € pour un mineur, 8 000 pour un majeur – rend le coût de la première année quasi nul pour l’employeur.

Selon la Cour, le coût total des dépenses d’apprentissage a doublé en 2021 à 11,3 milliards d’euros, dont 5,3 milliards de financement des CFA et 4 milliards d’aides exceptionnelles.

L’exécutif compte prolonger ces aides exceptionnelles jusqu’à la fin de l’année.

« Il est particulièrement important que la stratégie nationale de l’alternance veille à l’efficience de la dépense publique en priorisant les situations où l’apprentissage apporte une réelle plus-value », avertit la Cour.

La hausse des effectifs a été surtout portée par les apprentis du supérieur qui sont devenus majoritaires depuis 2020. Or, à partir de la licence, « la plus-value sur l’insertion professionnelle est faible », selon la Cour même si cela « contribue à démocratiser, professionnaliser et financer l’enseignement supérieur ».

Autre bémol, la multiplication des formations s’est faite davantage dans des secteurs tertiaires que dans les secteurs en tension comme l’industrie ou le BTP.

Si le nombre d’apprentis dans le secondaire augmente peu, « c’est en raison du profil de ces élèves de plus en plus jeunes à la sortie de la classe de troisième, peu mobiles, probablement hésitants à entrer dans une formation plus exigeante », estime la Cour pour qui l’apprentissage « reste mal connu et moins considéré » par les professeurs de collège.

Elle appelle à « sécuriser les parcours en favorisant les passerelles entre voie scolaire et apprentissage » et à renforcer l’accompagnement des jeunes pour limiter le taux de rupture des contrats.

Critique du Wokisme: de l’ anti-américanisme ?

Critique du Wokisme: de l’anti-américanisme ?

 

 

La rhétorique conservatrice désignant les idées « woke » comme un produit de l’américanisation du monde traduit une angoisse face à des formes démocratiques inédites revendiquées par une jeunesse sensible à de nouvelles problématiques sociétales, observe, dans une tribune au « Monde », l’universitaire Alix Ricau.

Article intéressant mais on ne saurait réduire le wokisme à un nouvel anti américanisme pas davantage que sa critique à une rhétorique conservatrice. Ne pas confondre non plus les aspirations démocratiques inédites de la jeunesse avec celle de bobos néo gauchistes .NDLR

 

Tribune.

 

Début février, une séquence de l’émission de télévision « Touche pas à mon poste ! », diffusée le 31 janvier, sur C8, véhiculant des propos transphobes fait scandale sur les réseaux sociaux.

L’objet du débat : un nouvel émoji enceint proposé par Apple. « Est-ce que vous vous rendez compte de l’importance des Etats-Unis et de la culture américaine aujourd’hui ? A cause des Américains, sur ton passeport, tu peux mettre “ni homme ni femme” ! », s’insurge Matthieu Delormeau. Gilles Verdez lui répond : « Mais c’est où, ces Etats-Unis ? »

On est en effet en droit de se le demander. Depuis plus d’un siècle, la menace de l’américanisation revient régulièrement agiter le débat public français. Aujourd’hui, ce sont les « woke », porteurs des luttes antiraciales, féministes et écologistes, qui sont régulièrement taxés d’américanisme. Mais pourquoi les Etats-Unis hantent-ils ainsi notre imaginaire national, alors même que l’on assiste à un déclin progressif de l’influence américaine dans le monde ?

Les paniques morales suscitées par l’introduction en Europe de produits culturels venus d’outre-Atlantique ne sont pas neuves.

A l’aube du XXsiècle, le succès des fictions populaires américaines fait scandale. Quelques années plus tard, c’est le cinéma qui est mis en cause. Viendront ensuite la bande dessinée et les jeux vidéo.

En 1906 comme dans les années 2000, on dénonce des contenus violents et de mauvaise qualité. On pointe du doigt leur incompatibilité avec les normes culturelles européennes. Cette aversion prend racine dans un sentiment anti-américain vieux de plusieurs siècles, qui prend de l’ampleur au fil de la montée en puissance des Etats-Unis, et qui ressurgit, intact, dans les attaques contre le wokisme.

 

Dans un entretien accordé à France Culture, Brice Couturier, auteur de OK millennials !, (Editions de l’Observatoire, 2021), accuse ainsi les universitaires américains d’avoir « reconstitué bizarrement des savoirs » issus de la French Theory, et ce « sans avoir les bases intellectuelles » qui étaient celles des chercheurs français.

Une vision typiquement européenne, selon l’historien Rob Kroes : « Dans leur façon de percevoir l’histoire et la tradition, les Américains montrent un talent caractéristique pour la dissolution culturelle, mêlée à un non-conformisme ingénieux, que les observateurs européens comprennent comme une déficience culturelle. » (If You’ve Seen One, You’ve Seen the Mall. Europeans and American Mass Culture, University of Illinois Press, 1996, non traduit).

Critique du projet « mon psy » du gouvernement

Critique du projet « mon psy » du gouvernement

 

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et Olivier Véran se félicitent d’une réforme concernant le remboursement de consultations auprès d’un psychologue qu’ils présentent avec emphase comme une avancée historique pour les personnes en situation de détresse psychique.

Que l’on ne s’y trompe pas. Beaucoup de psychologues sont favorables à un dispositif de remboursement des séances au nom d’une égalité d’accès aux soins psychiques. Et puis, ne boudons pas notre plaisir : notre métier est enfin reconnu d’utilité publique, loin des clichés sulfureux qu’il charrie encore parfois. Pour autant, le dispositif MonPsy, qui entrera en vigueur à partir du 5 avril, est inacceptable et dangereux pour nous comme pour nos futurs patients.

L’ensemble de la profession n’a cessé de le dire, mais nos demandes et propositions sont restées lettre morte. Si bien que nous, psychologues libéraux et exerçant en institution, sommes aujourd’hui déterminés à boycotter ce protocole dont nous étions pourtant nombreux à louer les motifs initiaux.

A titre liminaire, nous rappellerons au président de la République et à son ministre des solidarités et de la santé que le libre accès au soin psychique prodigué par des psychologues existe dans son principe noble, inconditionnel et gratuit, depuis une soixantaine d’années au sein de structures hospitalières et médico-sociales publiques.

Or ces établissements ne sont plus en capacité d’effectuer leur mission (les listes d’attente pour la prise en charge de nouveaux patients varient de plusieurs mois à quelques années) parce que les gouvernements successifs les ont laissés progressivement dépérir en limitant leurs moyens et en transformant leur esprit.

Dans ce contexte désolant, le dispositif promu par l’exécutif à destination du secteur libéral a tout de la poudre aux yeux jetée à des fins purement électoralistes. Qu’on en juge plutôt. En premier lieu, les séances ne seront remboursées que sur adressage préalable d’un médecin. Dans notre pratique quotidienne, une orientation du médecin est parfaitement compatible avec notre exercice.

Automobile : L’Allemagne critique le tout électrique prévu en 2035

Automobile : L’Allemagne critique le tout électrique prévu en 2035

 

 

D’une certaine manière , l’Allemagne rejoint les positions de la France qui ne souhaitait pas tout mettre sur le véhicule électrique d’ici 2035 et comptait  aussi sur les tractions hybrides.

Cette position de l’Allemagne peut sembler curieuse d’autant que le gouvernement comporte des écologistes mais elle découle du fait que l’Allemagne éprouve des difficultés avec sa stratégie énergétique notamment maintenant menacée par la crise avec l’Ukraine. (Notons que les écolos français d’Europe écologie les Verts veulent interdire les moteurs thermiques d’ici huit ans !).

En fait l’Allemagne, comme d’habitude, est soucieuse de l’intérêt de sa puissante industrie automobile qui n’est pas prête à muter totalement dans électrique.

Le ministre allemand des Transports a indiqué qu’il fallait promouvoir les carburants de synthèse et les moteurs hybrides. Contre toute attente, c’est un gouvernement de coalition avec les Verts en son sein qui pourrait démanteler l’initiative bruxelloise d’interdire la vente de tous les moteurs en 2035, et qui avait été défendu par Angela Merkel. Berlin rejoint ainsi la position française.

« Nous voulons que les moteurs à combustion restent une option, s’ils fonctionnent exclusivement avec des carburants synthétiques », a déclaré Volker Wissing à des journalistes, en marge d’un sommet des ministres européens des transports réunis au Bourget dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne.

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

 

L’économiste Hans Stegeman s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre le fait que l’Union européenne ait intégré l’énergie nucléaire et le gaz naturel dans la taxonomie verte et estime que cela correspond à de l’écoblanchiment au niveau institutionnel.

La critique sur le marchandage politique n’est pas infondée. Accepter le caractère vert du gaz était la contrepartie de l’acceptation du nucléaire NDLR

 

Tribune.

Depuis des années, l’Union européenne s’efforce vaillamment de définir le concept de « durabilité ». À Bruxelles, l’ensemble de ces définitions est appelé « taxonomie ». Celle-ci est censée permettre de canaliser l’argent du secteur financier et des gouvernements vers des projets verts. Les deux premiers chapitres de cette feuille de route verte, qui doivent être mis en œuvre dès que possible, concernent l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ce dernier. Quatre autres chapitres suivront ; ils porteront notamment sur l’économie circulaire et la biodiversité.

Les définitions et classification, adoptées par la taxonomie de l’UE, ont une base scientifique et doivent permettre de déterminer quels investissements choisir pour un monde durable. Nous en savons déjà beaucoup sur les questions liées au climat, sur le budget carbone mondial et les émissions causées par toute une série d’activités, ainsi que sur les technologies qui pourraient contribuer à rendre l’économie neutre en carbone. La première version de la taxonomie reposait donc largement sur ces connaissances.

Mais ça, c’était avant que la politique ne s’en mêle pour de bon. L’énergie nucléaire est tout à coup devenue verte, tout comme le gaz naturel, résultat d’un marchandage politique entre la France (nucléaire) et les pays d’Europe de l’Est (gaz naturel). On pourrait certes défendre l’énergie nucléaire en soulignant qu’elle contribue à réduire des émissions de gaz à effet de serre, mais tant qu’il n’y a pas de solution pour les déchets nucléaires, elle ne sera pas durable.

Et s’il est vrai que le gaz naturel est moins nocif que le lignite, il est loin d’être vert. Voilà bien un travers typique de la politique européenne : confondre « moins polluant » et « durable ». Il aurait été logique d’introduire une catégorie supplémentaire pour les investissements « de transition », tels que le gaz naturel. Mais les qualifier de « verts » est une échappatoire visant à financer le statu quo comme s’il était durable. Or, clairement, il ne l’est pas.

Il s’agit d’un véritable tour de passe-passe. Dans le monde politique, il suffit donc de modifier les définitions, et le problème est réglé. Cette réalité dépasse même la fiction du scénario – déjà assez extrême – du film diffusé par Netflix Don’t Look Up. Déni cosmique. Dans ce film, le risque qu’une météorite frappe la Terre finit par être reconnu, mais n’est pas géré comme il se doit et la météorite finit par frapper la planète et la détruire.

Avant transfert chez Macron, , Éric Woerth était le plus critique de la politique du pouvoir

Avant transfert chez Macron, , Éric Woerth était le plus critique de la politique du pouvoir

Avant son transfert, Éric Woerth  a été l’un des plus critique de Macron parmi les républicains. Le Figaro rappelle certaines de ses saillies contre le pouvoir qu’il vient de rejoindre.

 

Par exemple en En juillet 2017, à propos de la baisse des aides personnalisées au logement (APL) «Cinq euros ça fait mesquin, surtout pour ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois», confie-t-il alors au Point . Par ailleurs, l’ancien ministre du Budget reproche dans cette même interview que rien ne soit fait par le chef de l’État sur la réforme de l’indemnisation du chômage, de l’hôpital et des retraites «pour montrer qu’un travail sérieux a vraiment commencé».

 En septembre 2018, le député de l’Oise récidive en expliquant sur Public Sénat qu’Emmanuel Macron ne «fait pas» ce pour quoi il a été élu : «transformer le pays». Selon Éric Woerth, les réformes du président de la République sont celles «que tout gouvernement aurait faites et a faites. Il n’y a pas de rupture et les vieilles recettes continuent à être employées de façon encore plus cynique. C’est l’ancien monde mais en pire». Au Figaro , il expliquait par ailleurs que «ce n’est pas grave d’être impopulaire quand on fait les bonnes réformes. Macron est impopulaire pour de mauvaises raisons».

En novembre 2018, au moment de la crise des «gilets jaunes», Éric Woerth est également très critique de la façon dont est gérée cette ébullition sociale par le gouvernement. «Emmanuel Macron voulait une France apaisée, il risque de la faire imploser», regrette-t-il alors.

Interrogé sur la «lettre aux Français» d’Emmanuel Macron – publiée à l’occasion du grand débat national, en janvier 2019, et à la veille des élections européennes -, Éric Woerth estime que le président «dit vouloir transformer la colère en solutions, alors qu’il a lui-même transformé la croissance en colère!».

Ancien ministre du Travail puis du Budget de Nicolas Sarkozy, l’élu de l’Oise affirmait sur Radio Classique il y a trois ans que «Les Républicains sont la seule alternance possible à Emmanuel Macron dans le champ républicain».

En avril 2019, un mois avant les élections européennes, le francilien se demandait s’il n’y avait pas «une légère incohérence à reconnaître l’échec de l’ENA et à désigner sa directrice comme tête de liste aux européennes ?», en référence à la cheffe de file de la majorité, Nathalie Loiseau, et à la décision du président de transformer l’ENA en un Institut national du service public (INSP).

Interviewé dans Le Figaro , Éric Woerth explique en juillet 2019 que «la suppression de la taxe d’habitation reste l’erreur fondamentale du quinquennat». Tout en louant cependant une autre décision du locataire de l’Élysée : «Le gouvernement avait au départ exclu toute baisse de l’impôt sur le revenu, que nous préconisions, puis il a changé d’avis. Tant mieux!»

En décembre 2020, alors que l’économie française est fortement perturbée par la crise sanitaire, Éric Woerth explique que cette dernière n’est qu’un «prétexte au renoncement des réformes». Le député se disait alors inquiet pour «l’unité» du pays.

Par la suite, Éric Woerth s’est montré moins acerbe sur les actions menées par le président de la République. En septembre dernier, il décrit notamment dans Le Figaro une «euphorie dépensière» de la part de l’État, en précisant qu’il «ne critique pas les dépenses exceptionnelles», car il est selon lui «essentiel de soutenir l’économie et la reprise pour préparer la croissance de demain».


« Les Fossoyeurs »: un livre qui critique la gestion des maisons de retraite

« Les Fossoyeurs »:  un livre qui critique la gestion des maisons de retraite

Le journaliste indépendant Victor Castanet décrit dans une enquête très fouillée, publié chez Fayard mercredi 26 janvier, les dérives lucratives de certains Ehpad du secteur privé. Son travail nourrit une nécessaire réflexion sur les modalités de prise en charge de la dépendance. (critique du Monde)

Autant le dire d’emblée : il serait injuste de réduire Les Fossoyeurs (Fayard, 388 pages, 22,90 euros) à la virulence de son titre et de n’y voir qu’un brûlot sans profondeur. L’enquête du journaliste indépendant Victor Castanet sur le « business » des maisons de retraite privées mérite au contraire d’être portée et débattue en place publique. A l’approche de l’élection présidentielle, elle vient nourrir de façon dérangeante – parfois même révoltante – le débat sur ce sujet majeur.

Le but de l’auteur n’est pas de prétendre que tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du pays sont des mouroirs où les « aînés » sont maltraités. Jamais il ne tombe dans la généralisation. Les « fossoyeurs » qu’il présente ne sont pas les « petites mains » de ce monde si particulier (auxiliaires de vie, employés, soignants…) mais plutôt certains décideurs pour lesquels la vieillesse est devenue, d’après lui, un filon lucratif. Un groupe privé français au succès éclatant concentre l’essentiel de ses attaques : Orpéa, le numéro un mondial du secteur des Ehpad et des cliniques. Un mastodonte : 65 000 collaborateurs dans 1 100 établissements à travers la planète ; 220 Ehpad rien qu’en France.

En s’intéressant d’abord aux dérives signalées dans l’un d’eux, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), l’auteur n’imaginait pas qu’il plongerait à ce point au cœur de ce qu’il appelle le « système Orpéa ». Sous sa plume, les révélations pleuvent. A l’en croire, l’obsession de la rentabilité aurait poussé les dirigeants historiques du groupe – à commencer par son fondateur, le docteur Jean-Claude Marian, aujourd’hui richissime président d’honneur –, à imposer des méthodes managériales contestables, à rogner sur les dépenses, à s’arranger pour profiter au mieux de l’argent public, à jongler sans cesse avec les contrats de vacataires. Sans oublier les liens financiers avec des fournisseurs et des apporteurs d’affaires, ou encore une troublante proximité avec des hauts fonctionnaires et des élus. Le tout au nom d’une phrase érigée en dogme dans les réunions d’état-major : « Il faut que ça crache ! »

L’auteur décrypte ce mécanisme qui explique selon lui les dysfonctionnements constatés dans certains Ehpad Orpéa. Le groupe, sollicité à plusieurs reprises, n’a pas souhaité répondre à ses questions, tout comme M. Marian et ses deux plus proches collaborateurs, personnages centraux de ce récit d’une richesse factuelle bluffante.

Victor Castanet, soutenu par son éditeur (Fayard), assure détenir les preuves de ce qu’il avance pour dénoncer la « gestion exclusivement comptable de la prise en charge d’êtres humains vulnérables ». En près de trois ans d’enquête, il a rencontré 250 personnes, enregistré plus de 200 témoignages, déniché des rapports confidentiels et des courriels internes, obtenu l’appui de témoins prêts à l’accompagner en justice si nécessaire. Parmi eux, des proches de résidents mais aussi d’anciens cadres d’Orpéa, et même une juriste employée aux ressources humaines du groupe, Camille Lamarche. Cette jeune femme, qui se perçoit comme une lanceuse d’alerte, a joué un rôle actif dans cette investigation dont le journaliste sort avec deux certitudes : les autorités de contrôle (inspection du travail, Assurance-maladie, agences régionales de santé…) ne sont pas de taille à lutter face à un groupe si puissant, et il est urgent, pour l’Etat, de se pencher sur le sujet.

La banque mondiale critique les investissements de Microsoft

La banque mondiale critique les investissements de Microsoft

Le rachat par Microsoft des studios Activision Blizzard pour près de 69 milliards est critiqué par le président de la banque mondiale de dollars, alors que les pays pauvres peinent à restructurer leur dette et nourrir leur population.

 

«J’ai été frappé par l’investissement de Microsoft dans une société de jeux vidéo», a déclaré David Malpass, président de la Banque mondiale,  lors d’une discussion virtuelle sur l’économie mondiale organisée par le Peterson Institute for International Economics, un centre de réflexion de Washington. «On doit se demander (…) si c’est la meilleure manière d’allouer du capital», a-t-il ajouté, relevant qu’une «énorme quantité de flux financier va au marché obligataire et fondamentalement, c’est une très petite partie du monde qui a accès au financement obligataire».

Pour mettre en perspective ses propos, il a pris l’exemple de l’IDA, l’institution du groupe de la Banque mondiale qui accorde des prêts aux 74 pays les plus pauvres du monde. Celle-ci a été dotée de 93 milliards de dollars sur trois ans, dont 23,5 milliards proviennent de donateurs de 48 pays à revenu élevé et intermédiaire.

«Il devrait y avoir plus d’argent et de croissance dans les pays en développement, et nous avons l’inverse», a également déclaré David Malpass.

RÉFORME DU BAC: PÉCRESSE CRITIQUE LA MARGINALISATION DES MATHÉMATIQUES

RÉFORME DU BAC: PÉCRESSE CRITIQUE LA MARGINALISATION DES MATHÉMATIQUES

 

Valérie Pécresse a fortement critiqué la baisse constatée des mathématiques dans la réforme du bac: les trois anciennes filières du bac général (L, ES, S) ont été supprimées et les lycéens ont désormais le choix entre plusieurs enseignements de spécialité.

« La réforme Blanquer a eu malheureusement un effet pervers », a commenté Valérie Pécresse. « C’est qu’on a enlevé beaucoup de mathématiques. On a enlevé beaucoup de matières scientifiques dans les lycées parce qu’on a fermé les filières S qui étaient les filières des bons élèves ».

La première conséquence de la réforme porte sur le nombre d’heures par discipline. En deux ans, le nombre d’heures dispensées par les professeurs de mathématiques a baissé de plus de 18 % en première et terminale générale et technologique. La baisse résulte en partie de la disparition des mathématiques du tronc commun d’enseignement, mais aussi du choix des élèves, souligne l’étude.D’autres disciplines ont souffert, comme la technologie (-27 % du volume d’heures en deux ans) ou les sciences économiques et sociales (-14 %).

Pour les mathématiques, « bien sûr, le volume horaire est problématique », admet Pierre Mathiot, grand inspirateur de la réforme du lycée. Pas étonnant les mathématiques ont perdu environ 20 % d’heures d’enseignement tandis que la matière Science et Vie (écologie notamment ) en gagnait  au moins autant. Les pertes sont aussi importants dans la filière technologie.

 

Bref la France formera sans doute davantage de « poètes » à l’avenir mais encore moins d’ingénieurs et de techniciens dont elle a cruellement besoin;

autant de poètes qui iront aussi nourrir les effectifs de la fonction publique  ! NDLR

Politique culturelle : une sévère critique de la Cour des Comptes

 

Politique culturelle : une sévère critique de la Cour des Comptes

  •  La cour des comptes dresse un constat sévère sur la Rue de Valois et entend apporter sa contribution au débat public non en pointant quelconque gabegie financière, mais en proposant des « éléments de diagnostic » sur des « enjeux essentiels » pour la France, à moins de quatre mois de l’élection présidentielle. ( Le Monde , extrait)
Les griefs ? Atomisation des crédits, politique de subventions et de guichet, manque de stratégie globale, champ d’intervention disparate et trop élargi, incessante valse des ministres, faible attractivité de cette administration pour des cadres, fuite des talents vers le privé… N’en jetez plus, la liste est longue comme un repas de fête. Mis en place en 1959, acteur majeur de la démocratisation et de la décentralisation culturelles, le ministère serait arrivé au bout d’un cycle, constate sans détour la Cour des comptes qui – on ne se refait pas – appelle à plus de modestie et surtout à un périmètre d’action plus restreint. « Le ministère de la culture gagnerait aujourd’hui à sérier les missions sur lesquelles il entend concentrer ses efforts. »

Ce n’est évidemment pas la première fois que la maison fondée par André Malraux et le général de Gaulle se retrouve questionnée sur son fonctionnement et, au-delà, sur son utilité même. Depuis les années 1960, le paysage de l’action culturelle s’est considérablement élargi, modifié, déstructuré sous les effets conjugués de la création de grands opérateurs publics, de la montée en puissance des régions – les collectivités territoriales consacrent près de 10 milliards d’euros par an à la culture, le budget du ministère est, lui, de 3 milliards – et enfin de l’omniprésence des acteurs privés, aux moyens souvent importants et au champ d’intervention étendu.

Dans un mouvement inverse, l’impulsion et le volontarisme politiques en matière de culture se sont réduits comme peau de chagrin. Au point que, aujourd’hui encore, le tandem formé par le président François Mitterrand et son ministre de la culture Jack Lang reste toujours le parangon indépassable en matière de politique culturelle dans notre pays. Cela remonte quand même au début des années 1980…

Inflation et dette : l’ Allemagne critique la BCE

Inflation et dette : l’ Allemagne critique la BCE

 

 

La politique très accommodante de la banque centrale européenne est de plus en plus critiquée en Allemagne qui redoute en particulier une vague d’inflation. La banque centrale est critiquée pour sa grande générosité en matière de rachat d’actifs qui encourage les déficits budgétaires et la dette. En outre le maintien d’un taux voisin de zéro inondera de liquidités qui affaiblissent l’euro.

Une politique accommodante qui passe de moins en moins bien auprès de la population et de la presse allemande, alors que comme ailleurs en Europe les prix s’enflamment. En octobre, l’inflation en rythme annuel atteignait ainsi 4,6 % dans la première économie du Vieux Continent. Et 4,1 % dans la zone euro en septembre, soit son plus haut niveau depuis treize ans. De ce point de vue la présidente Christine Lagarde et très critiquée en Allemagne qui craint par-dessus tout de l’inflation.

Le problème évidemment c’est que la banque centrale européenne à peu près la même stratégie que la banque fédérale américaine. Progressivement on va réduire le volume des rachats d’actifs mais le relèvement des taux n’est pas à l’heure du jour avant l’été 2022 voire au-delà. La grande question de savoir les marchés qui constatent une augmentation des prix des matières premières et de l’énergie ne vont pas s’écarter de la doctrine des banques centrales concernant les perspectives d’inflation et leur maîtrise.

Réforme de la justice : Critique de la méthode

Réforme de la justice : Critique de la méthode

 

A six mois de la présidentielle de 2022, Un papier du Monde estime que le lancement des Etats généraux de la justice est révélateur de l’échec du quinquennat à répondre au malaise existentiel des magistrats et au sentiment de nombre de justiciable que l’institution leur est inaccessible.

 

Après la longue parenthèse de la crise sanitaire, Emmanuel Macron tente de retrouver, en fin de mandat, l’esprit de sa campagne de 2017. L’annonce, mardi 12 octobre, du plan d’investissement France 2030, centré sur des secteurs d’avenir comme l’hydrogène, les semi-conducteurs ou les batteries électriques, s’inscrit dans une démarche de transformation du modèle français. Le lancement, six jours plus tard, des Etats généraux de la justice, relève de la même logique.

Il s’agit de remettre à plat un système jugé déficient en usant du même ressort qu’il y a quatre ans : l’audace. Une possible réécriture de la procédure pénale est évoquée, de même que la déjudiciarisation de certains contentieux en matière civile. Une consultation nationale vient d’être lancée, sur le modèle du grand débat national. Chaque citoyen pourra donner son avis. Les propositions retenues seront ensuite expertisées et formulées d’ici à la fin de février 2022 par une commission d’experts présidée par Jean-Marc Sauvé. L’ancien vice-président du Conseil d’Etat, qui a dirigé les travaux de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise, est en passe de devenir l’homme des missions impossibles.

Le chantier de la justice est révélateur des espoirs déçus du quinquennat. Les maux relevés aujourd’hui sont les mêmes que ceux qu’avaient pointés il y a quatre ans les « marcheurs », lorsqu’ils avaient pris le pouls de l’opinion pour nourrir le projet présidentiel d’Emmanuel Macron. Aux yeux d’un grand nombre de justiciables, la machine judiciaire apparaît toujours aussi inaccessible, compliquée, injuste et surtout désespérément lente. Ceux qui la font tourner expriment en retour un malaise quasi existentiel, une désespérance collective, les magistrats surtout, qui ont l’impression de faire de l’abattage.

Un garde des sceaux mis en examen

Le paradoxe est que la chancellerie n’a cessé de réformer au cours des quatre dernières années. Marqué à ses débuts par une loi de programmation et de réforme pour la justice, le quinquennat s’achève sur une loi dite « de confiance ». Des moyens importants ont fini par être débloqués faisant du ministère de la justice l’un des mieux lotis en matière de hausse des crédits (+ 30 % en cinq ans).

Durant cette période, trois ministres se sont succédé, dont deux au profil radicalement différent. Nicole Belloubet correspondait au choix d’un gouvernement d’experts censé agir vite et fort là où il fallait. Son successeur, Eric Dupond-Moretti, devait incarner, lui, le pari disruptif de bousculer une institution jugée corporatiste. L’échec est patent, car non seulement le dialogue est rompu, mais, pour la première fois dans l’histoire, un garde des sceaux se retrouve mis en examen pour prise illégale d’intérêts à la suite d’une série de plaintes déposées par deux syndicats de magistrats.

Emmanuel Macron n’est, certes, pas le premier président de la République à s’être cassé les dents sur la réforme de la justice. Certains sujets comme l’indépendance et la responsabilité des magistrats alimentent depuis des années un conflit de légitimité entre le pouvoir politique et l’institution judiciaire. Parallèlement, des facteurs exogènes comme la production incessante de normes contribuent à complexifier le fonctionnement d’une institution de plus en plus décriée par les populistes. Une remise à plat s’impose, mais l’exercice ne pourra réussir que si le diagnostic est cette fois assez bien établi et partagé. Proclamer l’audace comme en 2017 ne suffit plus. Il faut savoir embarquer les acteurs.

Coaching: La critique

.

Dans son nouvel ouvrage, issu d’une longue enquête, la sociologue Scarlett Salman interroge ce que le développement des pratiques de « coaching » dit du management des entreprises modernes.Une critique sans doute  aussi un peu corporatiste dans la mesure où la discipline n’a pas encore de reconnaissance universitaire. Une critique aussi idéologique qui agglomère un peu vite  capitalisme et coaching.

 

Analyse dans le Monde.

 

Réconcilier capitalisme et humanisme, rien de moins : les promesses du coaching sont séduisantes. Resté longtemps discret, d’abord exercé par des consultants à l’image aussi énigmatique que charismatique, associé aux élites, le coaching fait l’objet d’une fascination tenace en France, à la fois laudative et critique.

Les uns vantent les mérites de cette pratique hybride, qui emprunte ses techniques à la psychothérapie mais se déploie dans le champ du conseil et de la formation. Les autres dénoncent l’empire des coachs et l’injonction au bonheur toute-puissante. Le coaching est-il le fer de lance d’une instrumentalisation de la subjectivité par le capitalisme ? Ou, à l’inverse, dans un étrange renversement de miroir, le signe que la société, et plus précisément le travail, va mal ? Dans Aux bons soins du capitalisme (Les Presses de Sciences Po), Scarlett Salman s’interroge.

Depuis son émergence dans les années 1990, le coaching a conforté sa place dans le monde de l’entreprise et contribué à deux figures majeures du néocapitalisme : celle, interne, du manageur-coach ou du leader, et celle qui se prolonge à l’extérieur des organisations, de l’entrepreneur de soi. « La promesse du coaching est de développer le potentiel d’individus réputés autonomes, tout en les invitant à entretenir des relations harmonieuses aux autres et un rapport sain au travail », rappelle la sociologue, maîtresse de conférences à l’Université Gustave Eiffel.

Ce dispositif individualiste-libéral postule que l’individu au travail n’est pas seulement mû par des critères économiques, mais que ses relations de travail ont un impact sur son engagement et sur sa performance. « Le coaching est la version la plus individualisée et la plus personnalisée des dispositifs de gestion qui ont pris la dimension humaine comme objet. Il s’adresse résolument aux cadres, ces salariés de confiance auxquels est demandé un investissement extensif dans le travail et auxquels est promise en retour la plus grande des récompenses, cette fameuse réalisation de soi. »

Ce discours accompagne un renouveau de l’indépendance et de l’entrepreneuriat. Les coachs exercent eux-mêmes leur activité sous des formes diverses d’indépendance. Fruit d’une enquête au long cours, engagée au début des années 2000 et combinant ethnographie et statistiques, l’ouvrage s’intéresse aux métamorphoses des relations entre management et psychologie, et à l’essor d’une hygiène psychique au travail porteuse d’une responsabilisation individuelle accrue.

SFR : un dégraissage des effectifs critiqué par la justice

SFR : un dégraissage des  effectifs critiqué par la justice

Le tribunal a donné raison aux syndicats qui accusaient la direction de tromperie à propos du dégraissage des effectifs.. Selon eux, les dirigeants du groupe se sont préparés dès 2020 à tailler dans les effectifs, alors qu’un accord, baptisé « New Deal » et visant à maintenir l’emploi, courrait jusqu’au 31 décembre cette même année. « Le projet de réorganisation était déjà en germe », souligne le jugement, auquel La Tribune a eu accès.

L tribunal critique sévèrement les arguments brandis par SFR pour justifier la les nouvelles orientations stratégiques et les suppressions de postes. « L’argument de la direction tiré de difficultés économiques et de la détérioration de sa situation suite à la crise du Covid-19 pour justifier de la réouverture de la procédure de consultation sur les orientations stratégique n’est donc pas justifié », souligne le jugement.

Sous-marins : l’ancien premier ministre australien critique son pays

Sous-marins : l’ancien premier ministre australien critique son pays

Kevin Rudd, l’ancien premier ministre australien signataire de l’accord stratégique entre Paris et Canberra, critique, dans une tribune au « Monde », la volte-face de son gouvernement dans l’achat de sous-marins. (extrait)

Tribune.

 

Il est inhabituel qu’un ancien premier ministre d’un pays critique les décisions d’un de ses successeurs dans les pages d’opinion d’un journal étranger. Si, dans le débat politique australien, je me suis montré férocement critique à propos de l’orientation générale prise par la politique étrangère menée par le gouvernement conservateur actuel depuis que j’ai quitté mes fonctions, j’ai rarement pris la plume pour émettre ces critiques à l’étranger. Mais, face à la mauvaise gestion du projet de remplacement de notre flotte sous-marine avec l’appui de la France, et au vu de l’importance que j’attache aux relations stratégiques entre Canberra et Paris, je suis convaincu d’avoir, en tant qu’ancien premier ministre, la responsabilité de faire clairement entendre mon point de vue sur cette extraordinaire débâcle que vient de provoquer le gouvernement australien.

J’estime que la décision du gouvernement de Scott Morrison est profondément discutable en de maints aspects fondamentaux. Elle viole l’esprit et la lettre du partenariat stratégique adopté par la France et l’Australie en 2012, renforcé par le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, en 2017. Elle ne répond pas à cette obligation contractuelle de base prise par l’Australie : consulter l’industriel de défense français Naval Group si elle décide, comme elle l’a fait, de changer radicalement les termes de l’appel d’offres. Canberra ne souhaite plus commander douze sous-marins à propulsion conventionnelle, mais huit sous-marins à propulsion nucléaire.

L’Australie a commis l’erreur de ne pas laisser à la France la possibilité de lui soumettre une autre offre (en partie ou en totalité nouvelle) pour ces appareils nucléaires, alors que l’Hexagone a une longue expérience dans leur fabrication. Outre ces manquements fondamentaux, Scott Morrison n’a pas non plus respecté le protocole diplomatique de base : il n’a pas officiellement notifié le gouvernement français de sa décision unilatérale avant d’annoncer publiquement l’annulation du contrat. Enfin, Canberra n’a pas saisi quel serait l’impact de sa décision, tant en France que sur les efforts de rapprochement international afin de former un front uni face à la montée en puissance de la Chine.

Depuis longtemps, l’Australie entretient avec la France des liens étroits. Près de 50 000 de nos fils, qui ont défendu la France et la Belgique pendant la première guerre mondiale, sont enterrés sur le sol français. Près d’un quart de million d’Australiens se sont battus sur ces sanglants champs de bataille. En 1914, un tel chiffre ne représentait pas moins de 5 % de la population australienne. Nos deux pays étaient également alliés pendant la seconde guerre mondiale contre l’Allemagne nazie – notamment lors de campagnes menées contre le régime de Vichy dans le Pacifique et au Moyen-Orient. Mon propre père, par exemple, s’est battu aux côtés de la France libre lors de la campagne de Syrie, en 1941.

2022 : Stéphane Le Foll critique le vote interne du PS

 

L e paradoxe du IPS d’après Stéphane le Foll c’est que le parti socialiste va cadenasser la désignation du candidat socialiste pour précisément choisir une candidate, la mIRE  de Paris, qui n’est plus adhérente au parti. Stéphane le Foll critique le changement de statut qui permet de limiter le vote aux seuls membres du parti socialiste. Jusque-là? les statuts prévoyaient un effet un vote citoyen ouvert. Le vote sera d’autant plus cadenassé qu’il y a beaucoup d’incertitudes sur le nombre exact de membres du parti socialiste. lE  nombre d’adhérents à jour de leur cotisation serait de 22 000 ans en  2021 alors qu’ils étaient de plus de 100 000 en 2016.

« Si le principe d’un vote a été acté pour choisir celui ou celle qui portera le projet socialiste à la présidentielle, je demande un vote ouvert aux sympathisants et un débat entre les candidats. Ce débat devra être public, télévisé et il devra permettre de véritables interactions sur le fond », écrit le maire du Mans, qui appelle « à faire revivre la vie démocratique interne ».

Droits de succession : critique du rapport Blanchard – Tyrol

Droits de succession : critique du rapport Blanchard – Tyrol

Pour Jacques-Henry de Bourmont, avocat, les propositions de fiscalité concernant les droits de succession du rapport Blanchard Tyrol sont confiscatoire (dans l’Opinion, extrait)

La première critique concerne la composition de la commission qui n’inclut aucun juriste ou fiscaliste. Conséquence, les propositions du rapport, revenant indirectement à augmenter les droits de donation ou de succession, risquent selon nous d’être irréalisables au plan juridique. Il est très regrettable de ne pas avoir abordé ces questions dans le rapport afin d’avoir des recommandations réalistes et concrètes.

 Les droits de succession viennent taxer un capital accumulé qui a déjà été soumis à l’impôt sur le revenu et à celui sur la fortune immobilière. Pour les hauts patrimoines, on peut prendre comme hypothèse que le taux moyen d’imposition, y compris la CSG/CRDS, est de 50 %. Ceci signifie que les droits de donation qui vont être exigibles lors de la donation ou de la succession vont se cumuler avec l’impôt sur le revenu et l’IFI déjà payé au cours de l’accumulation du capital, ce qui peut conduire à des niveaux de taxation effective de plus de 70 % !

Ainsi, lorsqu’un couple de moins de 80 ans, souhaite transmettre son capital à ses deux enfants majeurs par voie de donation un million d’euros (soit 500 000 euros par enfant), les droits de donation représentent déjà 14 %, soit un taux effectif d’imposition global IR et droits de donation de 54 %. Cela signifie que l’Etat s’arroge 54 % du travail du défunt. Si le capital transmis dans les mêmes conditions s’élève au total à 5 millions, le taux effectif de la donation s’élève à 33 %, ce qui fait un taux effectif d’imposition globale IR et droits de donation de 67 % ! Avec une donation de 20 millions, l’imposition globale s’envole à 71 %…

Ces niveaux de taxation soulèvent des questions réelles de conformité avec la position du Conseil Constitutionnel en matière d’égalité devant les charges publiques qui interdit les niveaux de fiscalité confiscatoire (cf. décision CC n°2012-662 DC du 29 décembre 2012 sur la conformité de l’article 3 de la loi de Finances pour 2013). Ces niveaux soulèvent également des questions juridiques de conformité par rapport à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et au Protocole n°1 de l’article 1 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le respect de la propriété privée.

Egalité des chances. Dans le rapport Blanchard-Tirole, ces problématiques juridiques sont ignorées… pour analyser discrètement un moyen de redistribuer de manière plus large (entendez taxer plus) en mettant le compteur non plus au niveau du donneur mais au niveau du donataire. Ce nouvel alourdissement des droits pourrait être légitimé par la course effrénée à la mise en place du principe d’égalité des chances, mais il se heurterait toujours aux principes juridiques rappelés ci-dessus.

On peut ensuite s’interroger sur la manière d’analyser le principe d’égalité des chances au plan économique et juridique car, avec un Etat dont l’endettement dépasse désormais largement les 100 % du PIB, il faudrait d’abord penser à créer de la richesse plutôt que de se focaliser sur ce principe. Ce type de raisonnement conduira à terme à partager uniquement des dettes.

Dans ce contexte, il vaut mieux s’attacher à regarder comment les droits de donation ou de succession peuvent impulser un effet économique maximum sur la création de la richesse au niveau de l’offre et non de la consommation. Une approche iconoclaste du principe d’égalité des chances conduit donc d’abord à s’interroger sur la manière d’optimiser ces droits pour développer l’entrepreneuriat en France, préalable nécessaire à la création de richesse. Dans cette optique, on peut regretter que le rapport n’envisage aucunement comment donations ou successions pourraient développer le tissu économique français. Il existe pourtant de nombreuses études sur le sujet dont aucune n’est citée dans le rapport Blanchard-Tirole et dont les conclusions sont intéressantes. Un oubli involontaire ?

Il faut très rapidement changer de paradigme pour revoir de notre fiscalité et la mettre entièrement au service de la création de richesse

A titre d’illustration, dans la revue OFCE (2015/3 n°139), André Masson note, en s’appuyant sur les recherches du professeur Philippe Aghion, que la taxation du capital devrait être modérée pour deux raisons : il représente une double taxation (ce que nous avons vu plus haut) et ce type d’impôt constitue un frein à l’épargne, à la prise de risque et à l’investissement dans l’innovation. Il propose un modèle alternatif appelé « Taxfinh » (Tax Family Inheritage) prévoyant une taxation progressive des seuls héritages familiaux et un allègement des transferts inter-vivos et des legs caritatifs. Son intérêt est d’inciter à transmettre plus de capital à des personnes actives qui peuvent facilement devenir entrepreneur. Une transmission tardive du patrimoine enlève en effet une partie des chances de voir les héritiers investir dans des actifs risqués. La compétition pour être le plus riche du cimetière doit avoir un coût réel.

Aux Etats-Unis des études passionnantes ont réalisées sur le lien entre les donations et l’entreprenariat, analyse que nous appelons de nos vœux en France mais qui supposerait de prendre avec courage du recul par rapport au principe d’égalité des chances. L’étude de Leonard E. Burman, Robert Mc Celland et Chenxi Lu réalisée en mars 2018 dans le cadre du Tax Policy Center (« The Effect of Estate and Inheritance Taxes on Entrepreneurship »), montre qu’il existe un lien entre réception d’une donation et d’un héritage et lancement par le bénéficiaire d’une entreprise. Selon les auteurs, la réduction d’un million de dollars du montant d’un héritage (du fait de l’impôt), réduit la probabilité de lancer une entreprise de 1 %. C’est pour cette raison que le régime américain actuel prévoit une exonération de 11,2 millions de dollars par parent au profit de leurs enfants, soit un total exonéré de 22,4 millions. Cette mesure « choc » a pour objectif de pousser les parents à transmettre leur capital très tôt et à inciter les enfants à se lancer dans l’entrepreneuriat. En France, les abattements sont de 100 000 euros tous les 15 ans !

Attractivité. Dans le contexte de mondialisation, il faut penser grand, européen et attractivité du territoire français. Comment dans ces conditions assurer l’attractivité de la France pour les centres de décisions des entreprises ? Comment pouvons-nous imaginer les attirer avec une fiscalité confiscatoire sur les donations et les successions, alors que les droits sont supprimés en Suède, limités à 10 % au Portugal, 8 % en Italie et deux fois moins importants en Allemagne ?

Il faut donc très rapidement changer de paradigme pour revoir de notre fiscalité et la mettre entièrement au service de la création de richesse. C’est de cette manière que l’on arrivera à assurer une meilleure mise en place du principe d’égalité des chances, surtout pour les moins formées. Il faut créer du dynamisme économique pas uniquement pour la French Tech, mais également et surtout pour la Low Tech, c’est-à-dire dans les domaines où il y a le plus de chômage.

Inventer un cadre fiscal très attractif pour ceux qui prennent de risques importants sur leur capital en l’investissant dans des entreprises et dans la création d’emploi est donc une nécessité alors que la période actuelle peut se révéler comme une opportunité pour construire cette nouvelle économie. La réforme des droits de donation et de succession doit s’inscrire dans cette démarche et très rapidement pour éviter le choc qui va arriver dès l’arrêt des aides financières. La course de vitesse est lancée, et pas uniquement avec le virus… Il est temps que la France trouve son vaccin contre le virus de la fiscalité excessive et non compétitive !

Jacques-Henry de Bourmont, avocat à la Cour, Associé Jeantet.

Critique littéraire–pourquoi je lis: Carson McCullers

Critique littéraire–pourquoi je lis: Carson McCullers


par Didier Lambert

Pourquoi je lis… L’horloge sans aiguilles de Carson McCullers L’horloge sans aiguilles (Clock Without Hands) est le dernier des quatre romans écrits par Carson McCullers (1917-1967), il est publié en 1961, elle a 44 ans, elle est très malade, il lui reste six ans à vivre. Par le hasard qui alimente bien ou mal une vie de lecteur, il se trouve que c’est le premier de ses livres que j’ai lu. Les autres suivirent peu de temps après, et puis tout le reste en quelques années (le temps de les chercher et de les trouver) : une sorte d’autobiographie plus ou moins inachevée Illuminations et nuits blanches, mais que pourrait être d’autre une autobiographie? Des nouvelles, (trop peu car fort belles), dont l’extraordinaire Ballade du café triste, où je perçus dans certains passages son admiration éperdue pour Flaubert. Quelques lettres et des témoignages sur elle. Des photos, toujours douloureusement signifiantes, des hommages, et puis une biographie Un cœur de jeune fille de Josyane Savigneau (Stock 1995), qu’on disait trop inspirée de la première (celle de Virginia Spencer Carr, A Lonely Hunter), et qui excepté les faits les plus marquants et qu’il est bon de connaitre lorsqu’on s’intéresse à un auteur, ne m’a rien appris de fondamental, et n’a modifié en rien ce que je savais d’elle, et que n’importe lequel de ses lecteurs perçoit d’emblée en la lisant. « La mort est toujours la même, mais chacun meurt à sa façon. Pour J.T. Malone, cela commença d’une manière si banale qu’un temps il confondit la fin de sa vie avec le début d’une nouvelle saison. » * * Les extraits du livre sont tirés de la traduction par Colette M. Huet pour les éditions Stock. 2 Le roman s’ouvre de cette admirable façon en évoquant la figure de ce J.T. Malone, pharmacien de son état, âgé de quarante ans et qui se meurt de leucémie, dans une petite ville de l’état de Géorgie. Sa mort, ainsi que toutes celles du roman, et elles sont assez nombreuses, ne font pas de lui un mélodrame réaliste, mais une parabole sur la fragilité de l’existence, et comme l’auteure l’a si bien formulé elle-même, un livre sur la responsabilité de l’homme envers sa propre vie. Chaque fois que je voulais relire ce livre, je me rendais compte qu’il me fallait un temps pour m’y préparer. Il remuait en moi des postulations contradictoires que je n’arrivais pas à démêler. A part quelques épisodes particulièrement douloureux, je n’avais pas peur de ce qu’il me racontait, ni peur d’être trop en mauvaise compagnie avec ses personnages principaux (ce qui arrive somme toute assez souvent avec de grands romans) non, ce n’était pas ça, bien au contraire; mais une angoisse diffuse de ressentir à chaque fois plus cruellement que je n’avais rien fait, ou si peu, de tout ce qu’il m’invitait à faire, de tout ce qu’il me montrait pour que je devienne meilleur, et surtout plus humble… Et cependant, quel que soit la prétention à le dire, tout ce que j’ai gagné en humanité, je le dois pour une grande part à ce livre, et disons pour ne pas trop le sublimer, à la littérature si improprement appelée « romanesque ». Car à l’inverse du cinéma, qui peu à peu, a fini par occuper la quasi-totalité de mon temps libre, et de ces heures dites « de loisir », je n’ai jamais ouvert un roman pour me « distraire »; comme si la littérature avait acquis de telles lettres de noblesse qu’il eut été sacrilège de l’utiliser à seule fin de passer un moment. C’est sans doute pour cela qu’il m’est impossible d’oublier ce que j’ai lu. Je me souviens de ma mère qui ne lisait que pour calmer son angoisse et pour s’aider à s’endormir. Je ne comprenais pas alors son attitude. Mais lorsqu’il lui arrivait d’être bouleversée par ce qu’elle lisait, je me sentais soudain plus 3 proche d’elle, et il n’était pas rare qu’elle me raconte ce qui l’avait tant émue. Mais je ne pense pas toutefois qu’elle éprouvait aussi fort que moi le sentiment que la littérature (elle disait « la lecture »!) était quelque chose de grave, que c’était du sérieux. Elle n’aurait d’ailleurs pas compris pourquoi je la plaçais si haut, et qu’elle était impropre à mes yeux avec toute idée de distraction ou de délassement. Mais il y a pire encore, et cela explique somme toute pourquoi j’ai si peu lu, la littérature pose un diagnostic de culpabilité qui a fini par me submerger. Car un lecteur qui n’ouvre pas un livre pour se distraire ou se délasser, que cherche-t-il ? Pourquoi emmagasiner avec tant de patience et d’application les moindres faits et gestes de personnages inventés de toutes pièces ? A quelle fin ? Dans quel but ? Inconsciemment, que je le veuille ou non, un étrange travail (non pas « d’identification » le mot est ici trop fort), mais de projection se faisait à mon insu. Comme si l’auteur me demandait implicitement de confronter mon point de vue avec le sien, m’entrainant malgré moi dans un positionnement duquel toute neutralité était exclue. Pratiquée de cette manière, la littérature avait tout d’un tribunal me sommant de préciser, de clarifier, voire de justifier mes goûts et mes inclinations. Bien sûr, j’ai cru un temps pouvoir conserver un semblant de libre arbitre, mais la littérature digne de ce nom ne vous en laisse plus guère que l’idée. Elle vous façonne si bien que vous ne vous en rendez même pas compte. Ses visées sont empreintes d’une telle hauteur de vue, d’un tel désintéressement que j’aurais été un bien mauvais sujet si j’avais osé regimber ou en rejeter l’influence. Et de plus, qui pourrait après avoir tant aimé l’immersion dans les livres s’en détacher d’un haussement d’épaules et aller voir ailleurs ? Cette liberté-là, cette force (apparente!), c’est devant un film qu’il m’arrive de l’avoir, car au cinéma, les personnages je les vois (et c’est bien là leur faiblesse)… car il est autrement plus facile de me dire qu’ils ne me ressemblent pas ! 4 Ainsi donc, relire L’horloge sans aiguilles assez régulièrement depuis près de quarante ans, c’est entre autres choses retrouver le juge Clane, archétype du vieux sénateur sudiste, suprématiste, réactionnaire sur quasiment tous les sujets et les convulsions sociales du moment. Mais aussi vieux bonhomme aimant, fragile, jouisseur, le cœur sur la main, éternellement amoureux de sa femme décédée « miss Missy », et de son fils adoré, brillant avocat, qui s’est suicidé à cause de lui, et dont il porte douloureusement la mort sur la conscience (qu’il ait ou non le courage de se l’avouer). Reportant sur son petit-fils Jester, les intermittences d’un cœur débordant mais tyrannique. Capable d’engouements subits et terrifié à l’idée de sa mort prochaine (il a près de quatre-vingts ans), mais aussi capable de la nier au point de continuer ses excès d’alcool et de bonne chère. Pénétré de son ancienne aura de juriste au point de se vivre comme le personnage le plus important de la ville (Milan, état de Géorgie), etc, etc… Je me suis longtemps demandé pourquoi ce personnage m’était aussi attachant alors que son portrait sans fard aurait dû me le rendre odieux, l’auteure ne nous cachant rien de ses ridicules, de ses faiblesses, de sa mauvaise foi et de son délire paranoïaque, de ses innombrables bassesses et autres comportements aberrants, telle l’expédition punitive qu’il organise un soir dans la pharmacie de Malone, avec la complicité d’une douzaine de personnages douteux, pour incendier la petite maison de son jeune protégé noir, Sherman, auquel de plus il doit la vie ! Cette scène démente nous est contée avec une économie rare à laquelle se mêle un curieux sentiment d’étrangeté face à l’horreur de la situation. Le contrepoint est de taille avec la description clinique de la maladie de Malone et la stupeur que celui-ci éprouve face à la vie qui continuera sans lui. Intolérables sont ses effarements et sa rage impuissante devant ce qu’il doit quitter si vite avant même 5 d’avoir pu en profiter, ou d’en avoir profité si mal. Cette formulation Beckettienne « Malone meurt » infiltre les moindres péripéties du livre et éclaire d’un halo funèbre les motivations des autres personnages. De toutes les morts du roman essaime la sensation déchirante que l’humanité est impossible à construire « sciemment », que c’est ce qu’il nous faut percevoir. Que le « réel » ne peut être qu’un principe précisément, et que celui-ci est impossible à appréhender. Qu’il est irréalisable, comme prohibé, forclos. Et cette forclusion trouve sa seule et pleine justification dans la mort. Car vivre n’est en somme que la « déchéance d’un droit non exercé dans les délais prescrits »: (ce qui est ni plus ni moins que l’exacte définition de la forclusion en droit). Comme si je prenais conscience, non que la vie ne « vaut » pas d’être vécue, mais que la vie ne « peut » pas être vécue, qu’il y a là comme une contradiction dans les termes. Et quelle admirable façon de l’exprimer « romanesquement » (puisque je ne me débarrasserais pas du mot) dans ces lignes terribles qui ferment le chapitre trois : « Sans bruit, il se glissa dans le lit qu’il partageait avec sa femme. Mais, quand les fesses brûlantes de Martha touchèrent les siennes, écœuré par les souvenirs vibrants que cette chaleur éveillait en lui, il s’écarta brusquement – car comment les vivants peuvent-ils vivre quand la mort existe.  » Il est communément admis que « Plus l’homme s’éloigne de la brute plus il souffre « , or ce n’est pas vrai des personnages de Carson, et pas seulement dans ce livre, et une certaine « arrogance » contenue dans cette formule est mise à mal par la complexité même des types de souffrance qu’elle dépeint ici, et dans toute son œuvre du reste. Les personnages frustres, peu cultivés (voire ignorants), les marginaux hantés par quelque blessure secrète, ceux que l’alcool et la pauvreté ont rendus brutaux, les incompris, les humiliés, les déshérités de toutes sortes, tous ces 6 êtres enfin, ivres de solitude que la critique à tant de facilité à rejeter en bloc pour stigmatiser celle qui leur donne un peu trop de compassion… Car en fait de reproches « bienveillants » Carson McCullers a eu sa dose ! En clair, « souffrir » pour Carson, n’est pas réservé à une « élite », souffrir n’est pas un « statut philosophique » pour estampiller de « noblesse » l’universelle réalité d’une souffrance. Et l’on aurait du reste beaucoup de mal à débusquer dans son œuvre un personnage de brute « contente » de l’être. Si la souffrance est un mal, le mal aussi vient de la souffrance. On dit aussi de quelqu’un : « mauvais parce qu’il souffre », et cela me semble beaucoup plus près des véritables sources du mal que le fade et banal pseudo-constat de la formule citée plus haut. Ainsi, lorsque Sherman tue le chien de Jester, Carson ne porte aucun jugement sur l’auteur de cet acte horrible. Sherman ne fait que souffrir, et sa fin suicidaire sera en quelque sorte l’apothéose de sa courte vie de souffrance. Il n’empêche, à la première lecture, j’ai détesté le personnage de Sherman à cause de ça, au point que j’ai presque toujours sauté ce passage. Cet acte insensé me paniquait littéralement. Je n’ai ici aucune honte à l’avouer. Si j’ai eu du courage ici ou là dans ma vie, je n’avais pas celui-là ; celui de regarder le mal en face dans ses plus abjectes concrétisations. C’est Carson qui a réussi ce tour de force de me convaincre du bienfondé de sa démonstration, mais je le confesse, il m’a bien fallu quarante ans !… Car la souffrance tue aussi l’innocence, et c’est bien là le plus grand mal qu’elle puisse faire. Bien sûr les affres qui tourmentent le vieux juge sont réelles, mais nous comprenons, sans qu’il nous soit besoin d’une explication didactique (telle celle que je suis en train de faire ici !) que le mal dont il souffre n’a pas de causes extérieures à lui-même, qu’il en est le seul responsable, et s’il continue de le ressasser sans fin, 7 c’est qu’une partie de lui refuse de se regarder en face et de se culpabiliser. Inapte à l’introspection, il reste à la surface de son drame intime, et joue le spectacle de la douleur avec emphase et complaisance. La souffrance de Sherman est toute autre, il souffre dans sa chair du racisme et de la condition d’esclave dans laquelle ses frères se débattent jour et nuit et en tous lieux. La grandiloquente sensibilité du juge lui vient de son seul manichéisme triomphant. Il se met en scène et met en scène sa douleur, et se convainc du bienfondé de son attitude butée, avec la mauvaise foi qui cache toujours le refus de regarder ses erreurs. Ainsi il se prétend fort, juste, planté dans son bon droit avec l’appui de ses sacro-saintes « valeurs » (qui de fait font souvent plus de mal que de bien), et se persuade qu’il pose le problème avec rigueur et honnêteté. Bien sur les noirs peuvent aussi, parfois souffrir, mais pas de leur perpétuel assujettissement puisque le maitre est bon avec eux, et qu’il ne leur sert à rien d’être un jour l’égal des blancs. Car pour Fox Clane le mal serait pire (pour les blancs surtout!) et que l’égalité raciale est proprement inconcevable. Et le plus extraordinaire dans tout cela, c’est que le vieux juge ne se vit pas comme un raciste au sens où l’on entend généralement ce mot : il vit, partage sa maison avec sa domestique noire, Vérily, qu’il aime (ou croit aimer) et qu’il félicite sans cesse pour ses talents de cuisinière : « Vérily, Vérily, je vous le dis, vous habiterez la maison du seigneur à jamais ! ». Il déifie littéralement Sherman, de qui il cherche à faire son secrétaire stylé, et ne voit pas même le mépris que celui-ci affiche ostensiblement à son endroit. Nous sommes là au cœur de la complexité même du racisme. Le regardant vivre au jour le jour, il nous semble que le vieux juge serait incapable de faire sciemment du mal à autrui, mais il comprend et justifie le lynchage et les actions du Ku Klux Klan. La différence entre blancs et noirs n’est donc plus une haine épidermique mais une évidence ontologique.

Macron: Confinement ter repetita », un discours critiqué par la presse

Macron: Confinement ter repetita », un discours critiqué par la presse

 

C’est le sentiment de déjà entendu et de grande lassitude qui caractérise les réactions de la presse après le discours de Macron. « On rentre à la maison », titre le quotidien gratuit 20 minutes. « Régime sec pour tous », lâche le Télégramme. « Le bout du tunnel en mai? », s’interroge en Une le quotidien Ouest-France. « En avril sur un fil, en mai… » reprend Libération, sur une photographie crispée du président lors de son allocution radio-télévisée.

« Cet effort national du mois d’avril sera-t-il le dernier? On voudrait y croire, mais la confiance s’est étiolée » tacle Benoît Gaudibert dans l’Est Républicain. « Les atermoiements, le manque d’anticipation de l’exécutif depuis un an font peser le doute sur ses promesses de vaccination de masse d’ici l’été.

Pour lui l’allocution résonne « comme un aveu d’impuissance, alors qu’on approche la barre des 100.000 morts ».

Même si le mot n’a pas été prononcé, « force est de constater que les ‘efforts’ demandés hier ont toutes les apparences – ter repetita – d’un nouveau confinement », estime, dans un édito amer, le directeur des rédactions du Figaro Alexis Brézet, qui voit dans la décision de fermer les écoles « un cruel renoncement ».

SONDAGE PSEUDO RECONFINEMENT : MACRON critiqué par 58%

SONDAGE PSEUDO RECONFINEMENT : MACRON  critiqué par 58%

De l’avis d’une majorité de Français (58%), Emmanuel Macron et Jean Castex ont eu tort de ne pas reconfiner le pays fin janvier, selon le nouveau sondage Elabe « L’Opinion en direct » publié ce mercredi. Une erreur qui se mêle à des prises de décisions jugées parfois « incohérentes » et « inefficaces ».

Pour 6 Français sur 10, l’exécutif a eu tort de ne pas reconfiner le pays fin janvier.

Concernant particulièrement les annonces faites jeudi dernier – à savoir, reconfiner 16 départements pour au moins un mois – 74% des personnes interrogées estiment qu’elles ne sont pas cohérentes, 73% qu’elles ne sont pas efficaces, 65% qu’elles ne sont pas justes et 65% qu’elles ne sont pas simples à comprendre. Ce manque de clarté est dénoncé par 72% des personnes vivant dans les 16 départements concernés par le nouveau confinement.

Les mesures annoncées par l’exécutif jeudi dernier manquent de cohérence, pour une majorité de Français. 

Perte de confiance

S’ajoute à ce mécontentement, la sensation pour un Français sur deux que l’exécutif ne prend pas assez de précautions vis-à-vis de la crise sanitaire. 27% jugent qu’il en prend juste ce qu’il faut, et 22% qu’il en prend trop. L’impression d’un manque de précautions est une opinion qui augmente avec l’âge: 43% des 18-24 ans considèrent que l’exécutif n’en prend pas assez, et cette observation augmente jusqu’à 59% chez les 65 ans et plus.

Dans ce contexte, la confiance accordée au gouvernement par les Français diminue: elle a perdu 4 points dans les sondages en une semaine. Ainsi, 69% des sondés ne font pas confiance aux politiques qui gouvernent le pays, dont 36% (-1) « pas vraiment confiance » et 33% (+6) « pas confiance du tout ». La confiance en l’exécutif atteint son plus bas niveau depuis le début de la crise du Covid-19.

La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Echantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Interrogation par Internet les 23 et 24 mars 2021.

12345



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol