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Naomi Klein : « ll faut une réponse réponse audacieuse à la crise  » (Naomi Klein )

 

Naomi Klein  , , auteur de nombreux ouvrages à succès sur les dérives du capitalisme et le dérèglement climatique, la pandémie souligne à quel point les différentes crises que nous traversons sont imbriquées.

En 2007, la militante écologiste et anticapitaliste canadienne Naomi Klein publiait La Stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud), un essai dans lequel elle analysait la façon dont pouvoirs et élites tentent de profiter des situations de crise. Son dernier livre, Plan B pour la planète. Le New Deal vert (Actes Sud)publié en novembre 2019, prône un changement radical pour atteindre la neutralité carbone en dix ans. Une idée qu’elle a défendue aux côtés du candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine Bernie Sanders, qu’elle a soutenu jusqu’à ce qu’il se retire de la course, le 8 avril.

La journaliste, également professeure à l’université Rutgers (New Jersey), revient sur la façon dont l’épidémie due au coronavirus accroît les inégalités, et réagit aux manifestations de colère aux Etats-Unis après la mort de George Floyd, tué par des policiers à Minneapolis.

Comment expliquez-vous ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis ? Cela vous paraît-il lié, d’une certaine façon, à la pandémie ou à la façon dont elle est gérée ?

Le racisme et les inégalités ont façonné la réponse à la crise du Covid-19. Tant qu’il apparaissait que tout le monde était en danger, les gouvernements étaient prêts à suspendre l’activité économique au nom de la santé humaine. Mais dès qu’il est apparu que les plus menacés par le virus étaient les pauvres, les Noirs, les personnes âgées ou handicapées – ceux que l’on considérait déjà comme des citoyens au rabais –, alors les appels à « relancer l’économie » sont devenus plus vifs. Les policiers de Minneapolis filmés en train d’étouffer tranquillement George Floyd, ça a été la goutte de trop.

Cette période est évidemment extrêmement inquiétante, mais je dois dire aussi que je suis impressionnée par le courage de tous ces jeunes qui sont dans la rue – car ce sont essentiellement des jeunes, de toutes origines. Ces personnes étaient chez elles depuis des mois et c’est pour mener ce combat pour la justice qu’elles brisent le confinement. On ne sait pas sur quoi il va déboucher mais c’est un moment extraordinaire.

Aujourd’hui, nous avons besoin de renflouer des entreprises mais nous devons surtout nous demander quel futur nous voulons bâtir. Tous ces combats dans lesquels nous sommes engagés, que ce soit le combat contre les violences policières, contre le dérèglement climatique ou pour une économie juste, sont liés.

 

Les failles de la France dans la crise sanitaire

Les failles de la France dans la crise sanitaire

Historien et philosophe, Marcel Gauche ,directeur d’études émérite à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess) et rédacteur en chef de la revue Le Débat (Gallimard) souligne les failles de la France dans la crise sanitaire .

De quoi la crise sanitaire qui a touché la France a-t-elle été le révélateur ?

Nous avons pris conscience de l’extrême vulnérabilité de notre système de fonctionnement collectif. Nous vivions sans aucune anticipation stratégique d’une telle menace, alors que les épidémies, en Asie, sont une préoccupation familière. En France, l’impréparation a été totale ! Notre système de santé, supposé être l’un des meilleurs du monde, s’est révélé sous-dimensionné et très mal géré. L’effet du confinement nous classe en outre parmi les mauvais élèves en Europe. Nous ne jouons plus dans la cour des grands.

Un autre élément a été décisif pour la conscience française : la mesure du délabrement de l’Etat et, plus largement, de notre système de décision politique, complètement désarticulé.

C’est-à-dire ?

Les décisions, pendant cette crise, ont été rendues de manière souvent incompréhensible pour les citoyens. L’Etat a présenté son pire visage, soit une étroitesse bureaucratique, un côté tatillon, autoritaire, voire persécuteur, sans se montrer efficace pour autant. Le jacobinisme impotent, ce n’est pas possible ! On pouvait accepter ces mauvais côtés quand cela marchait ; mais si c’est inefficace, ça devient insupportable.

L’attestation dérogatoire de déplacement restera, par exemple, comme un chef-d’œuvre dans les annales de la folie bureaucratique. Il faut la conserver pieusement pour l’édification des générations futures !

Par ailleurs, le Parlement n’a pas existé pendant cette crise. Quant aux pouvoirs décentralisés, ils ont pris des initiatives dans la cacophonie. Tout cela a donné l’impression, impalpable, d’une défaillance collective. C’est un choc, une blessure narcissique profonde.

C’est aussi le réveil d’un somnambule. Au sortir de cette crise, la France a besoin d’un audit politique. Qu’est-ce qui s’est passé ? D’où viennent ces cafouillages incompréhensibles ? C’est le seul moyen d’éviter la folie pénale qui risque de nous encombrer pendant des années.

Beaucoup de pays ont été surpris par l’ampleur de la crise. Certains s’en seraient-ils pourtant mieux sortis ?

Oui ! Nous avons pu mesurer que nous étions parmi les cancres en Europe, réduits à notre situation de pays méditerranéen, au même titre que l’Espagne ou l’Italie !

Avec l’Allemagne, nous ne jouons plus dans la même catégorie. La vulnérabilité de notre système économique est apparue de manière criante, tandis que celui de l’Allemagne et ses choix industriels se sont révélés payants.

Un troisième volet pour le budget de crise

Un troisième volet  pour le budget de  crise

Face à la dégradation des grands équilibres, la croissance d’abord mais aussi déficit et dette, le gouvernement s’apprêterait à lancer une troisième vague de soutien à l’économie. 110 milliards d’euros ont déjà débloqués depuis le début de la crise, le gouvernement a décidé cette fois de soutenir plusieurs secteurs particulièrement touchés par le confinement, comme l’automobile, le tourisme ou l’aéronautique. Ces 40 milliards d’euros regroupent à la fois des mesures budgétaires et des mesures de soutien à la trésorerie des entreprises, par exemple via des garanties de prêts. Difficile de s’y retrouver dans l’addition globale que le ministère de l’économie avait déjà indiquée que la France avait déjà engagé des dépenses de l’art de 500 milliards ( des dépenses sans doute de nature économique sociale et sanitaire)

25 milliards nouveaux pourraient être dégagés pour aider par exemple le secteur automobile dont Renault, l’aérien et protégé des entreprises stratégiques

 

« L’important pour nous, c’est la croissance, le retour de la croissance et ne pas perdre du capital humain ni du capital physique, par des faillites ou des licenciements », défend-t-on à Bercy pour justifier ces chiffres impressionnants sur la crise que traverse l’économie française après huit semaines de confinement. Au total, ce projet de budget comptera 13 milliards d’euros de crédits budgétaires et 12 milliards d’euros de garanties publiques supplémentaires.

En faite, le gouvernement a d’abord rôle  besoin de soutenir l’économie  pour éviter le maximum de défaillance et la vague de chômage qui l’accompagne.  de ce point de vue,  le gouvernement est inquiet de l’extrême prudence des ménages qui  prévoient de geler environ 100 milliards de leur épargne . Pourtant  la consommation est essentielle soutenir la croissance puisqu’il faut sans doute prévoir une diminution du commerce international de 10 à 12 % pour la France. Les investissements pourraient diminuer d’environ 15 %. Le troisième plan n’a pas  seulement pour objet soutenir mais d’ encourager le développement économique ne serait-ce que pour ne pas trop affaiblir les recettes fiscales, augmenter le déficit et la dette.

Coronavirus : « faiblesses » françaises face à la crise

Coronavirus : « faiblesses » françaises face à la crise

Stocks de masques « insuffisants », situation « tendue à l’hôpital«  avant la crise ou encore agences régionales de santé « trop centralisées » : l’épidémie du coronavirus a « révélé des faiblesses » françaises, souligne un rapport de la mission d’information parlementaire de l’Assemblée nationale, publié mercredi 3 juin.

« Ce rapport d’étape » est rendu public au moment où est installée une commission d’enquête aux pouvoirs plus étendus à l’Assemblée nationale, qui sera présidée par Brigitte Bourguignon (LREM) et dont le rapporteur sera Eric Ciotti (LR), tous deux désignés officiellement mercredi.

 

Le rapport de plus de 70 pages relate principalement la chronologie et la réponse des autorités face à la crise. Mais il liste sur huit pages les « faiblesses » qu’elle a révélées.

Il rappelle d’abord  »l’insuffisance des stocks stratégiques d’équipements de protection, et notamment de masques » et réclame une  »reconstitution de stocks » et une « réflexion » sur leur gestion logistique. Il demande aussi la  »sécurisation » des approvisionnement de produits « indispensables » comme les médicaments.

 

Présenté par le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), le rapport insiste aussi sur la  »situation tendue » à l’hôpital avant la crise et juge que les montants annoncés mi-novembre lors d’un premier « plan d’urgence » pour l’hôpital se sont révélés « insuffisants ». L’épidémie a aussi « révélé quelques failles dans la culture de prévention sanitaire en France et un manque d’anticipation », ajoute la mission d’information.

Le texte souligne donc l’importance du Ségur de la santé, cette négociation prévue jusqu’en juillet et censée concrétiser les hausses de salaires et de moyens pour les soignants.

Le rapport pointe notamment du doigt l’agence sanitaire Santé publique France dont il faudra « réexaminer les missions et l’organisation ».

Il déplore aussi  »au début de la crise » le  »suivi insuffisant » de la situation dans les Ehpad.

Quant aux agences régionales de santé, elles ont pu « parfois être perçues comme trop centralisées, inaccessibles ou en décalage avec les réalités et les attentes du terrain« , déplore encore le rapport, qui préconise une  »meilleure articulation avec les services déconcentrés de l’État » et une « plus grande proximité de ces agences avec les élus locaux et les préfets ».

Crise économie française plus profonde et plus rapide que prévue

Crise économie française plus profonde et  plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

La crise sera longue ( FMI)

La crise sera longue ( FMI)

Gita Gopinath, Américano-indienne née dans le Kerala il y a 48 ans, professeur à Harvard, est la chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) depuis 2019. Interview le Figaro

- En avril, vous estimiez à 3% la contraction du PIB mondial en 2020. Allez-vous réviser vos prévisions?

Gita GOPINATH. - D’après les dernières données recueillies, nous allons, le 24 juin, probablement revoir nos prévisions en baisse. Si l’on regarde les chiffres du premier trimestre, dans de nombreux pays, la contraction de la consommation a été très forte, davantage que prévu. Les ménages ont vraiment réduit leurs dépenses. Un autre facteur entre en compte: tant qu’il n’y a pas de solution médicale, de vaccin ou de traitement efficace, la crainte d’une éventuelle deuxième vague persistera et il n’y aura pas de garantie d’un retour à la normale.

En France, allez-vous aussi réviser vos prévisions à la baisse?

Nous avions prévu en avril -7,5% en 2020 pour la zone euro et -7,2% pour la France.

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Crise économie française pire et plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

 

Double Crise de la presse: économique…….. et existentielle

Double Crise de la presse: économique…….. et existentielle  

 

La presse tire la sonnette d’alarme et réclame un plan d’urgence au gouvernement

un cri d’alerte de la presse nationale et régionale en direction du gouvernement pour sauver une activité en grande difficulté. Une double difficulté sans doute économique mais aussi existentielle.

 

La presse notamment écrite va connaître une crise difficile au plan économique en raison en particulier de la chute drastique des recettes publicitaires qui les financent en grande partie. Les entreprises d’une manière générale vont  réduire les budgets considérés comme non prioritaires , en tout cas comme n’en essentiels dans la période. Cette dépendance de la presse vis à vis recettes publicitaire influence évidemment la ligne éditoriale car il est difficile d’assurer la promotion d’une société et dans le même temps de se livrer à une analyse critique de son objet, de ses résultats ou de son fonctionnement.

 

Par ailleurs ,l’équilibre économique de plus en plus fragile de la plupart des médias conduit  à une certaine uniformisation des lignes éditoriales. Pour l’essentiel, la plupart des médias reprennent  à peu près les mêmes thèmes, voire les mêmes informations en provenance des entreprises, des institutions, ou encore du gouvernement. Il faut souvent attendre 24 ou 48 heures pour que naissent quelques éléments d’analyse et de critique à propos d’une information. D’une manière générale, la presse est écartelée entre son désir de ne pas contrarier les principales financeurs que sont les vendeurs de publicité et la nécessité quand même d’alimenter l’information et la critique du lectorat. Un exercice particulièrement complexe. On peut même dire un grand écart entre le soutien des institutions en place et quelques portes ouvertes aux critiques du public. Souvent d’ailleurs au mélange sans pudeur avec le soutien affiché au pouvoir en place ( politique, économique, institutionnel) avec carrément le populisme pour donner des preuves d’indépendance qui n’en sont pas réellement. D’ailleurs, la plupart des grands médias sont désormais détenus par les financiers ( pouvoir politique pour les médias public avec des consanguinité).

 

Pas étonnant dans ces conditions que non seulement l’audience des médias traditionnels diminue mais surtout que la confiance dans ces médias ait tendance à se réduire. De nombreux sondages ont mis en valeur la baisse régulière de la confiance dans les médias traditionnels. Avec le , les sondages ont dû encore être bousculés. En général ,  taux de confiance dans la télévision tourne autour de 35 %, la presse écrite autour de 40 à 45 % et la radio à moins de 50 %.

 

Les nouvelles technologies sont venues bouleverser la donne avec l’émergence d’un nombre incalculable de sites où d’ailleurs le pire côtoie le meilleur. Avec un peu de détermination et de temps on parvient quand même à s’informer de manière un peu plus objective qu’avec les médias traditionnels.

 

Comme dans d’autres secteurs il faut d’autres s’attendre à des restructurations à l’intérieur des médias sans doute même à des suppressions de titres notamment de titres locaux déjà grandement fragilisés par le vieillissement du lectorat. Les grands sites ont eu du mal à s’adapter aux nouvelles technologies et finalement reprennent-( avec force, titres,  photos et vidéos)  sur leur site là Une de leur édition papier sans beaucoup d’efforts d’approfondissement et d’analyse. Pour parler simplement chaque jour sont livrés des informations peu ou mal traités, contredites éventuellement le lendemain, quelques jours après par d’autres informations aussi sommaires. On l’a vu par exemple à travers ce débat sur la chloroquine, un débat de nature scientifique qui ne peut se soumettre à des appréciations à coups de serpe ou de manière très superficielle. Ajoutons que sur nombre de problèmes complexes  ,  le temps du journalisme n’est pas celui de la réflexion approfondie. Chaque jour une information chasse l’autre, éventuellement contredite le lendemain  et des événements s’effacent sous la pression de l’événement médiatique du jour qui peut par ailleurs être complètement anecdotique.

 

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

 

La presse notamment écrite va connaître une crise difficile au plan économique en raison en particulier de la chute drastique des recettes publicitaires qui les financent en grande partie. Les entreprises d’une manière générale vont  réduire les budgets considérés comme non prioritaires , en tout cas comme n’en essentiels dans la période. Cette dépendance de la presse vis à vis recettes publicitaire influencent évidemment la ligne éditoriale car il est difficile d’assurer la promotion d’une société et dans le même temps de se livrer à une analyse critique de son objet, de ses résultats ou de son fonctionnement.

Par ailleurs ,l’équilibre économique de plus en plus fragile de la plupart des médias conduits à une certaine uniformisation des lignes éditoriales. Pour l’essentiel, la plupart des médias reprennent  à peu près les mêmes thèmes, voire les mêmes informations en provenance des entreprises, des institutions, ou encore du gouvernement. Il faut souvent attendre 24 ou 48 heures pour que naissent quelques éléments d’analyse et de critique à propos d’une information. D’une manière générale, la presse est écartelée entre son désir de ne pas contrarier les principales financeurs que sont les vendeurs de publicité et la nécessité quand même d’alimenter l’information et la critique du lectorat. Un exercice particulièrement complexe. On peut même dire un grand écart entre le soutien des institutions en place et quelques portes ouvertes aux critiques du public. Souvent d’ailleurs au mélange sans pudeur avec le soutien affiché au pouvoir en place ( politique, économique, institutionnel) avec carrément le populisme pour donner des preuves d’indépendance qui n’en sont pas réellement. D’ailleurs, la plupart des grands médias sont désormais détenus par les financiers ( pouvoir politique pour les médias public avec des consanguinité).

 

Pas étonnant dans ces conditions que non seulement l’audience des médias traditionnels diminue mais surtout que la confiance dans ces médias ait tendance à se réduire. De nombreux sondages ont mis en valeur la baisse régulière de la confiance dans les médias traditionnels. Avec le Corona virus les sondages ont dû encore être bousculés. En général ,le taux de confiance dans la télévision tourne autour de 35 %, la presse écrite autour de 40 à 45 % et la radio à moins de 50 %.

Les nouvelles technologies sont venues bouleverser la donne avec l’émergence d’un nombre incalculable de sites où d’ailleurs le pire côtoie le meilleur. Avec un peu de détermination et de temps on parvient quand même à s’informer de manière un peu plus objective qu’avec les médias traditionnels.

Comme dans d’autres secteurs il faut d’autres s’attendre à des restructurations à l’intérieur des médias sans doute même à des suppressions de titres notamment de titres locaux déjà grandement fragilisés par le vieillissement du lectorat. Les grands sites ont eu du mal à s’adapter aux nouvelles technologies et finalement reprennent-( avec force photo et vidéos)  sur leur site là Une de leur édition papier sans beaucoup d’efforts d’approfondissement et d’analyse. Pour parler simplement chaque jour sont livrés des informations peu ou mal traités, contredites éventuellement le lendemain, quelques jours après par d’autres informations aussi sommaires. On l’a vu par exemple à travers ce débat sur la chloroquine, un débat de nature scientifique qui ne peut se soumettre à des appréciations à coups de serpe ou de manière très superficielle. Ajoutons que sur nombre de sujets le temps du journalisme n’est pas celui de la réflexion approfondie. Chaque jour une information chasse l’autre, éventuellement la contredit et des événements s’effacent sous la pression de l’événement médiatique du jour qui peut par ailleurs être complètement anecdotique.

Crise et justice : les plaintes contre les ministres… pour rien

Crise et justice  : les plaintes contre les ministres… pour rien

Des dizaines de plaintes contre les membres du gouvernement  ( 71 !) sont en effet à ce jour déposées auprès de la Cour de justice de la République. Émanant de particuliers, de médecins ou encore de détenus, elles visent notamment le premier ministre, Édouard Philippe, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn mais aussi son successeur, Olivier Véran. Alors que d’autres ministres sont également mis en cause, les plaignants les accusent, selon les cas, de «mise en danger de la vie d’autrui, d’homicide involontaire, de non-assistance à personne en danger» ou de «s’être abstenus de prendre à temps des mesures pour lutter contre l’épidémie».

Un nombre impressionnant de plaintes ont donc été déposé contre des responsables du gouvernement. Il s’agit de plaintes déposées devant la commission de justice de la république. Une procédure qui naguère de chances d’aboutir à une identification claire des responsabilités et encore moins à des sanctions. En effet cette cour de justice comporte neuf élus et trois magistrats qui n’ont jamais condamné personne à des peines sévères se limitant à des sanctions complètement anecdotiques. On ne peut évidemment a priori affirmer la nature et l’ampleur de la responsabilité des responsables du gouvernement mais on peut à l’avance dénoncée une nouvelle fois cette procédure totalement bidon.

«Il y aurait au moins  71plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR», seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions, a déclaré le procureur général près la Cour de cassation. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, est lui irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, «qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 71 plaintes».

Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de «mise en danger de la vie d’autrui», «homicide involontaire», «non-assistance à personne en danger» ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie.

En parallèle, des dizaines de plaintes de particuliers, de collectifs ou d’élus sont en cours d’examen par le pôle santé publique du parquet de Paris, soit contre X soit contre des responsables de l’administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon. Le parquet de Paris doit se prononcer prochainement sur leur classement sans suite ou sur d’éventuelles ouvertures d’enquêtes judiciaires.

Crise: jouer collectif et non de manière individuelle ou technocratique (Berger,CFDT)

Crise: jouer collectif et non de manière individuelle ou technocratique (Berger,CFDT)

 

Le secrétaire général de la CFDT paraît conscient de l’ampleur de la crise et propose de la gérer de manière plus collective en tenant compte des réalités sectorielles et locales et en intégrant les perspectives du monde d’après .

“Il y a sans doute plusieurs scénarios possibles, du moins pire au pire. Mais il n’y en n’a pas de bon. La récession qu’on est en train de connaître n’a sans doute pas de précédent dans l’histoire”, a déclaré Laurent Berger lors d’une interview accordée à Reuters.

“Soit on décide, parce que ça va être difficile, de rester planqués les uns et les autres (…), soit, on se relève les manches et on se dit : ‘qu’est ce qu’on fait’?”

La période de confinement a déjà entraîné en France une contraction de l’économie sans précédent, de près de 6% au premier trimestre.

Pour Laurent Berger, il va falloir travailler “filière par filière, territoire par territoire”, pour préserver un maximum d’emplois et en développer d’autres.

Il plaide notamment pour un meilleur accompagnement des entreprises, des aides renforcées pour les chômeurs, un transfert plus facile de compétences d’un secteur à l’autre, un soutien pour les jeunes arrivant sur le marché du travail et, surtout, des investissements massifs dans des secteurs créateurs d’emplois.

“J’ai redis au ministère du travail qu’il fallait jouer en offensif : où sont les secteurs où on peut créer de l’emplois? La transition écologique en est un”, dit le syndicaliste qui cite également le secteur des aides à la personne.

“Il y a beaucoup de raisons d’avoir des inquiétudes mais il y a beaucoup d’opportunités si on veut construire (…) un modèle économique plus vertueux sur la question sociale et environnementale, un modèle de société plus inclusif”, a-t-il souligné.

Ce modèle ne peut être imposé verticalement par l’exécutif, ajoute-t-il, appelant ainsi au lancement dès cet été d’une grande conférence sociale et écologique, réunissant corps intermédiaires et gouvernants, pour fixer les grands principes de cette réforme. »

Crise sanitaire : les plaintes contre les ministres… pour rien

Crise sanitaire : les plaintes contre les ministres… pour rien

Des dizaines de plaintes contre les membres du gouvernement sont en effet à ce jour déposées auprès de la Cour de justice de la République. Émanant de particuliers, de médecins ou encore de détenus, elles visent notamment le premier ministre, Édouard Philippe, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn mais aussi son successeur, Olivier Véran. Alors que d’autres ministres sont également mis en cause, les plaignants les accusent, selon les cas, de «mise en danger de la vie d’autrui, d’homicide involontaire, de non-assistance à personne en danger» ou de «s’être abstenus de prendre à temps des mesures pour lutter contre l’épidémie».

Un nombre impressionnant de plaintes ont donc été déposé contre des responsables du gouvernement. Il s’agit de plaintes déposées devant la commission de justice de la république. Une procédure qui naguère de chances d’aboutir à une identification claire des responsabilités et encore moins à des sanctions. En effet cette cour de justice comporte neuf élus et trois magistrats qui n’ont jamais condamné personne à des peines sévères se limitant à des sanctions complètement anecdotiques. On ne peut évidemment a priori affirmer la nature et l’ampleur de la responsabilité des responsables du gouvernement mais on peut à l’avance dénoncée une nouvelle fois cette procédure totalement bidon.

«Il y aurait au moins  63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR», seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions, a déclaré le procureur général près la Cour de cassation. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, est lui irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, «qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes».

Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de «mise en danger de la vie d’autrui», «homicide involontaire», «non-assistance à personne en danger» ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie.

En parallèle, des dizaines de plaintes de particuliers, de collectifs ou d’élus sont en cours d’examen par le pôle santé publique du parquet de Paris, soit contre X soit contre des responsables de l’administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon. Le parquet de Paris doit se prononcer prochainement sur leur classement sans suite ou sur d’éventuelles ouvertures d’enquêtes judiciaires.

Municipales : 55% des Français contre un second tour en juin et 66 % mécontents de la gestion de la crise

Municipales : 55% des Français contre un second tour en juin et  66 % mécontents de la gestion de la crise

Selon le sondage réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV et diffusé ce mercredi, 55% des personnes interrogées s’opposent à ce choix de calendrier.

Cette proportion de Français a indiqué se sentir proche de l’affirmation suivante: « Défavorable car il est trop tôt par rapport au risque lié au coronavirus ». Inversement, ils sont 44% à se dire favorables, en arguant que le déconfinement de la population a commencé.

Le premier tour des municipales s’était tenu le 15 mars dernier, deux jours avant le confinement instauré en raison de l’épidémie.

Elabe pour BFMTV – Sondage Elabe pour BFMTV du 20 mai 2020.

Sur une thématique politique également, 66% des personnes interrogées pour les besoins de l’enquête d’opinion ont indiqué estimer que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 avait été mal gérée par l’exécutif, jugeant que des problèmes auraient pu être évités.

33% répondent a contrario que « la crise a été gérée du mieux possible étant donné les circonstances ».

Outre les interrogations à l’égard de l’action d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe pendant la crise, l’opinion plus générale au sujet des deux hommes semble plus favorable au Premier ministre qu’au chef de l’Etat.

Elabe pour BFMTV – Sondage Elabe pour BFMTV du 20 mai 2020.Sondage réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV, sur un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les personnes ont été interrogées par Internet les 19 et 20 mai 2020.

«Crise: Soit une réponse européenne soit la récession »

 «Crise:  Soit une réponse européenne soit la  récession »

 

La confédération syndicale allemande DGB et les cinq centrales françaises CFDT, CFTC, CGT, FO et Unsa appellent, dans une déclaration commune, à une « convergence économique, fiscale et budgétaire des Etats membres de l’Union européenne » et demande une stratégie de relance qui aille « au-delà des 500 milliards d’euros annoncés par la France et l’Allemagne ».

Tribune. Particulièrement touchée, l’Europe doit faire face comme le reste du monde à la pandémie de Covid-19. Les mesures d’arrêt sévères mais nécessaires prises pour enrayer l’épidémie, ont mis nos sociétés et nos économies quasiment à l’arrêt. L’activité économique, la liberté de mouvement et de nombreuses autres activités ont été suspendues pour lutter contre la pandémie, et certains continuent à l’être.

Pour nous, organisations syndicales allemande et françaises, la santé des citoyens et des travailleurs en Europe était notre préoccupation principale lors de la prise de mesures de confinement. Aujourd’hui, alors qu’il s’agit d’assouplir ces mesures pour un retour progressif à l’activité économique, la santé de nos concitoyens et des travailleurs demeure une priorité absolue.

Incidents xénophobes

Les premières réactions lors de l’apparition du virus en Europe ont été surtout nationales. Les organisations syndicales DGB, CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa regrettent le manque de concertation entre les Etats membres au début de la pandémie qui a pu mener à la prise de décisions non coordonnées, voire au détriment les uns des autres.

Nous condamnons fermement les incidents xénophobes qui se sont produits à la frontière franco-allemande et qui nous rappellent avec effroi un des chapitres les plus sombres de notre histoire. Dans les régions frontalières, le sentiment d’incertitude face au coronavirus est particulièrement prononcé. Et pour cause : en temps normal, 40 000 travailleurs transfrontaliers du Grand-Est viennent travailler en Allemagne tous les jours.

Cependant, ni la fermeture des frontières, ni les contrôles aux points de passages ne peuvent contenir la propagation du virus. A l’heure actuelle, nous ne devons pas remettre en cause l’intégration économique et sociale des espaces frontaliers qui s’est créée au cours des dernières décennies.

Les conséquences des mesures prises par les Etats membres pour enrayer cette épidémie, d’une ampleur inédite, nécessitent une réponse sociale de haut niveau. Pour le DGB, la CFDT, la CGT, FO, la CFTC et l’Unsa, seule une réponse européenne ambitieuse pourra nous éviter des années de croissance morne, voire de récession avec une propagation du chômage et de la pauvreté.

 

Société- Crise: Les experts dans le potage

Société- Crise: Les experts dans le potage

 

La crise aura fait émerger les contradiction parfois les faiblesses des experts eux-mêmes . C’est vrai pour la crise sanitaire où  nombre de spécialistes ont été surpris par la nature de la pandémie , sa propagation à l’échelle mondiale, sans parler des polémiques concernant l’effet du confinement, et les traitements eux-mêmes. On peut mettre au crédit de leur défense le caractère tout à fait nouveau de ce Coronavirus.

 

Des interrogations du même type concernent la sphère économique et sociale. Bien entendu après la crise sanitaire, c’est un tsunami économique qu’il conviendra d’affronter. La croissance ( mesurée par le PIB) pourrait baisser de 10 % pendant plusieurs trimestres en moyenne avec évidemment des écarts selon les pays. Ceci étant,  le commerce international va se trouver très affecté. La reprise économique de chaque pays va donc reposer bien davantage  sur la consommation des ménages ( l’investissement, lui aussi, va au mieux être différé au pire très amoindri).

 

La troisième dimension de la crise sera sociale avec son  cortège de licenciements. En France on parle d’une augmentation du nombre de chômeurs qui passeraient de 8 % à 20 %. Aux États-Unis, le patron de la banque centrale a évoqué un taux de chômage de 20 30 %. Certains affirment que ce tassement ne sera que temporaire mais la vérité oblige de dire que personne n’en sait strictement rien.

 

 En effet il est difficile de prévoir des scénarios d’évolution pour des crises systémiques dans des champs géographiques aussi étendus avec autant de dimensions.( Sanitaire, financière, environnementale, économique, sociale voire sociétale). On constate que face  à la complexité de cette crise, deux types de profil d’expert se dégagent. Les experts sûrs d’eux-mêmes ,sorte de gourous ou de naïfs qui selon leur sensibilité versent  dans le déclinisme ou  au contraire dans l’optimisme béat. La plupart toutefois se limitent à dire des banalités, en gros à se comporter comme des journalistes, a constater des situations mais sans forcément identifier les facteurs explicatifs et encore moins les scénarios probables. On objectera que les responsables politiques eux-mêmes se comportent davantage en observateur que comme gestionnaires de crise mais cela ne dédouane pas les experts dont l’éclairage serait utile dans la période.

 

Concernant la dimension socio économique la grande interrogation concerne notamment la question des milliers de milliards qui vont être déversés par les banques centrales. En fait,  une manière de faire tourner la machine à billets. Une décision sans doute incontournable pour sauver ce qui peut l’être. A terme cependant, la déconnexion entre la richesse et la valeur des monnaies va se poser. Inévitablement  l’ajustement se fera à travers les parités monétaires. Avec de fait  des dévaluations pour les monnaies dévaluées et forcément une montée de l’inflation qui va handicaper le pouvoir d’achat des ménages mais aussi les Etats et les entreprises concernés. Cette question fondamentale est le plus souvent ignorée ou abordée du bout des lèvres. D’autres aspects mériteraient aussi des éclairages en tout cas des hypothèses et des scénarios. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant nombre d’experts sont dans le potage.

 

« Crise : la revanche du monde rural ? »

  • « Crise : la revanche du monde rural ? »
  • Selon Jean-Christophe Gallien, la ruralité doit devenir l’une des priorités stratégiques
  • Jean-Christophe Gallien est un politologue et communicant français. Il est directeur de la société JCGA et enseigne à l’Université de la Sorbonne.

 

  • La terrible crise du covid-19 qui frappe nos sociétés interroge par ses effets sanitaires, économiques mais aussi démocratiques notre modèle de développement. Elle révèle, chaque jour davantage, nos multiples fragilités et dépendances mondialisées. La crise ouvre un débat que l’on espère sincère et surtout agissant, sur les mobilités humaines, industrielles, technologiques, commerciales, financières. Du côté des technocrates, on parlerait d‘aménagement du territoire. Chez de nombreux citoyens de notre pays qu’ils soient issus de zone urbaine ou de milieu rural, le confinement a crée l’occasion de se projeter dans l’incroyable modernité d’une France plus rurale.
  • Alors que le déconfinement ouvre nos portes, je peine à l’écrire, mais il y a comme une revanche de la ruralité. Un peu partout dans le monde, se fait jour l’existence du mirage métropolitain d’une croissance et d’un destin individuel uniquement possibles au cœur de l’urbain. Grace à cette épreuve pandémique, de nombreux habitants sont conduits à s’interroger sur leurs vies au cœur des villes ou des banlieues. Et surtout, notre capacité à réellement prospérer dans un après monde urbain este remise en cause.
  • Qui demain pourra s’engager dans un projet immobilier à Paris?
    • Soyons clairs: la vie va coûter très cher. Entre le logement, alimentation, nos vies sociales, culturelles, éducatives et professionnelles. D’autant plus que l’on nous annonce que nos situations professionnelles ainsi que nos libertés individuelles et collectives pourraient être profondément modifiées. Qui demain pourra s’engager dans un projet immobilier à Paris?
    • Une volonté a mûri pendant ce confinement, celle de reprendre le contrôle de son destin propre mais aussi celui de l’ensemble collectif. Quitter les rues du chacun pour soi et rejoindre les espaces où la solidarité règne.
    • Le confinement c’est presque un concept d’urbain.
      • Finalement le confinement, presque un concept d’urbain. Densité, mouvement et vitesse de propagation. Ce sont ces activités caractéristiques de la ville que l’on a dû stopper. Un stop généralisé qui s’avère inutile dans les espaces ruraux qui proposent d’autres rythmes et d’autres économies.
      • Il ne s’agit pas ici d’opposer les territoires, encore moins les différentes «France». Il s’agit simplement de saisir ce qui nous tend les bras: la campagne. Les espaces ruraux, dans leur ensemble, sont de formidables réservoirs d’avenir! Si l’on parvient à valoriser leurs richesses au coeur des promesses d’une nature protégée.
      • Comme la santé, la ré-industrialisation, les souverainetés technologique, numérique, énergétiques et l’éducation, la ruralité doit devenir l’une des grandes priorités stratégiques de la France. Et mesdames et messieurs les Commissaires, Parlementaires et Chefs d’États ou de gouvernements de l’Union européenne, vous qui malheureusement n’êtes d’accord que sur très peu de choses, vous devez faire de la ruralité un axe majeur des budgets et des programmes de la mandature européenne de crise qui tarde à s’affirmer. Dans la nouvelle guerre froide des blocs qui nous oppose désormais en particulier à la Chine, peut-être demain à notre allié américain sans parler de la Russie ou de l’Inde, la ruralité européenne pourrait devenir une force.

Crise: travailler plus et remettre en cause les 35 heures ?

  • Crise:  travailler plus et remettre en cause les 35 heures ?
  • Il n’est pas sûr que les déclarations fracassantes de responsables socio-économiques ou politiques soient de nature à faire avancer la question de l’amélioration de la productivité pour compenser notamment les pertes de production pendant la crise sanitaire. De toute manière, il existe maintenant des dispositions qui permettent des accords de branches et d’entreprises pour adapter des conditions de travail. Il n’est pas certain que les mesures d’ordre général soient très adaptées à des situations qui peuvent être très différentes selon les secteurs, les régions et les entreprises. «Il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire», avait déclaré le président du Medef.  

 

À droite, le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a lancé l’idée des «37 heures payées 35» pour compenser la baisse de productivité. Évidemment à gauche certains restent s sur le principe des 35 heures et ne nt pas y déroger. Il y a derrière tout cela des enjeux économiques indiscutables, témoin l’état catastrophique récurrent de la balance des échanges commerciaux du pays. Les 35 heures ne sont pas les seuls responsables, il y a aussi la bureaucratie et la fiscalité, l’insuffisance aussi du réseau de PME susceptible d’exporter. Les situations encore une fois sont très différentes, on ne peut pas comparer le secteur aérien, au secteur du tourisme au secteur automobile au secteur artisanal ,au secteur agricole ou encore à celui des services.

 

Société- Analyse de la crise: Les experts dans le potage ?

Société- Analyse de la crise: Les experts dans le potage ?

 

La crise aura fait émerger les contradictions parfois les faiblesses des experts eux-mêmes . C’est vrai pour la crise sanitaire où  nombre de spécialistes ont été surpris par la nature de la pandémie , sa propagation à l’échelle mondiale, sans parler des polémiques concernant l’effet du confinement, et les traitements eux-mêmes. On peut mettre au crédit de leur défense le caractère tout à fait nouveau de ce Coronavirus.

 

Des interrogations du même type concernent la sphère économique et sociale. Bien entendu après la crise sanitaire, c’est un tsunami économique qu’il conviendra d’affronter. La croissance ( mesurée par le PIB) pourrait baisser de 10 % pendant plusieurs trimestres en moyenne avec évidemment des écarts selon les pays. Ceci étant,  le commerce international va se trouver très affecté. La reprise économique de chaque pays va donc reposer bien davantage  sur la consommation des ménages ( l’investissement, lui aussi, va au mieux être différé au pire être très amoindri).

 

La troisième dimension de la crise sera sociale avec son  cortège de licenciements. En France on parle d’une augmentation du nombre de chômeurs qui passeraient de 8 % à 20 %. Aux États-Unis, le patron de la banque centrale a évoqué un taux de chômage de 20 à 30 %. Certains affirment que ce tassement ne sera que temporaire mais la vérité oblige de dire que personne n’en sait strictement rien.

 

 En effet il est difficile de prévoir des scénarios d’évolution pour des crises systémiques dans des champs géographiques aussi étendus avec autant de dimensions.( Sanitaire, environnementale, économique, sociale voire sociétale). On constate que face  à la complexité de cette crise, deux types de profil d’experts se dégagent. Les experts sûrs d’eux-mêmes ,sorte de gourous ou de naïfs qui selon leur sensibilité versent  dans le déclinisme ou  au contraire dans l’optimisme béat.

 La plupart toutefois se limitent à dire des banalités, en gros à se comporter comme des journalistes, a constater des situations mais sans forcément identifier les facteurs explicatifs et encore moins les scénarios probables. On objectera que les responsables politiques eux-mêmes se comportent davantage en observateurs que comme gestionnaires de crise mais cela ne dédouane pas les experts dont l’éclairage serait utile dans la période.

 

Concernant la dimension socio économique la grande interrogation concerne notamment la question des milliers de milliards qui vont être déversés par les banques centrales. En fait,  une manière de faire tourner la machine à billets. Une décision sans doute incontournable pour sauver ce qui peut l’être. A terme cependant, la déconnexion entre la richesse et la valeur des monnaies va se poser. Inévitablement  l’ajustement se fera à travers les parités monétaires. Avec de fait  des dévaluations pour les monnaies dévaluées et forcément une montée de l’inflation qui va handicaper le pouvoir d’achat des ménages mais aussi les Etats et les entreprises concernés. Cette question fondamentale est le plus souvent ignorée ou abordée du bout des lèvres. D’autres aspects mériteraient aussi des éclairages en tout cas des hypothèses et des scénarios. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant nombre d’experts sont dans le potage.

Crise économique: Hétérodoxes contre orthodoxes

Crise économique: Hétérodoxes contre orthodoxes 

Un article de The conversation qui mérite la relecture

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(Auteurs Philippe Delacote, Antoine Leblois et Serge Garcia, chercheurs;  )

 

« Depuis longtemps, certaines approches ou théories, telles que la monétarisation des services fournis par la nature, l’usage des prix comme signal de la rareté, ou le recours au marché comme solution aux problèmes environnementaux et à la gestion des ressources naturelles cristallisent les tensions.

Ainsi, lors de la COP21 qui a débouché sur l’accord de Paris, de vifs débats sur l’opportunité (ou l’irréalisme) d’un prix unique du carbone avaient émergé.

À intervalles plus ou moins réguliers, les orthodoxes et hétérodoxes s’écharpent sur des sujets encore plus divers et variés que cette courte liste le laisse paraître. Les uns considèrent que les autres sont des « scientistes » aveugles et arrogants, les autres affublent les uns de « négationnisme » dangereux face aux évidences chiffrées.

Notre discipline n’a pas besoin de cela car elle souffre déjà d’un grand manque de crédibilité scientifique et sociétale. Cependant une question se pose : qu’est-ce qu’un orthodoxe ? Qu’est-ce qu’un hétérodoxe ?

Méthodologie, idéologie, épistémologie/histoire économique : ces trois critères permettent de mieux appréhender l’hétérogénéité au sein des économistes, mais quand on les regarde de près, ils rendent ces deux familles d’économistes caduques et subjectives.

Hétérodoxes, orthodoxes : difficile de les reconnaître

Trois exemples soulignent cette subjectivité.

Certains économistes, par exemple Thomas Piketty, sont parfois présentés comme hétérodoxes alors que leur carrière est jalonnée de travaux utilisant méthodes quantitatives et modélisation, et ont publié dans les plus grandes revues prétendues orthodoxes.

D’autres spécialistes, à l’instar d’Esther Duflo, ne se risquent même pas à se placer dans un tel débat et se limitent volontairement à des discussions sur les méthodes.

À l’opposé, des « hétérodoxes » prennent comme exemples ou modèles des économistes récompensés par le prix Nobel (A. Deaton, P. Krugman, E. Ostrom, A. Sen, G. Stiglitz…) pour démontrer la vacuité d’hypothèses néo-classiques ou de certaines méthodes expérimentales. La Banque de Suède n’est pourtant pas connue pour son hétérodoxie…

D’autres économistes peut-être plus radicaux dans leurs approches et la remise en question des dogmes, comme Gael Giraud ou Matheus Grasselli (Fields Institute), utilisent des mathématiques beaucoup plus avancées que la plupart des économistes orthodoxes.

De nombreux hétérodoxes ou post-keynésiens peinent toutefois à publier dans des journaux de qualité du fait de l’originalité des approches et de la remise en cause de certains dogmes historiques pourtant reconnus comme faux par de nombreux économistes néo-classiques (forme de la fonction de production, rôle de la monnaie, consistance flux-stocks ou encore phénomène d’émergence pour n’en citer que certains).

Finalement, les méthodes plus discursives ou littéraires n’ont pas moins de légitimité par essence. La principale raison pour laquelle nous estimons que cette opposition entre prétendus orthodoxes et hétérodoxes n’est pas valide repose donc selon nous sur de nombreuses dimensions.

Hétérodoxie mineures, majeures et nouvelles approches

Concernant les méthodologies : économétrie, expérimentation, modélisation théorique et simulations ; par ces approches, les prétendus orthodoxes cherchent à approcher la scientificité des sciences dites dures, suivant l’approche épistémologique des sciences de K. Popper et son rationalisme critique basé sur la réfutabilité des hypothèses par l’expérimentation.

Toutefois, I. Lakatos et T. Kuhn ont approfondi cette approche, distinguant

« dans un paradigme ou programme de recherches un « noyau dur » d’énoncés non soumis à réfutation, une « ceinture protectrice » d’hypothèses auxiliaires soumises à réfutation, et une heuristique positive visant à enrichir le paradigme, mais sans remettre en cause son noyau dur. Il convient donc de distinguer les hétérodoxies mineures compatibles avec le noyau dur de l’orthodoxie et les hétérodoxies majeures ou radicales qui remettent en question ce noyau dur. »

Par définition, toute nouvelle théorie (exemples de la physique classique dominée par la pensée de Galilée et Newton, avant d’être supplantée par celle d’Einstein) est une hétérodoxie et sera validée à condition qu’elle soit cohérente avec le paradigme central fondateur de la science contemporaine. Paul Feyerabend ira encore plus loin en constatant que le savoir scientifique procède souvent davantage de l’accord entre les membres d’une communauté que de faits et de preuves incontestables.

Hypothèses et doxa

Dans cette optique, le chercheur « orthodoxe » se focalise sur des éléments qu’il juge importants, en mettant de côté tout un ensemble de facteurs. Ainsi, comme l’écrit Jean Tirole dans son ouvrage « Économie du bien commun », l’économie adopte une démarche scientifique en partant d’hypothèses explicitées, utilisant une méthode déductive pour obtenir des conclusions qui seront finalement testées par des approches empiriques variées.

Cependant la complexité de la nature humaine les empêche d’atteindre cette scientificité sur le plan des résultats. L’économie n’est pas une science exacte au sens où ses prédictions ne sont pas toujours précises et où aucune loi ne s’avère immuable.

L’économie expérimentale, qui vise à mettre artificiellement les sujets dans des situations comparables à celle de la vie courante, doit garder conscience qu’il est impossible de reconstituer la plupart des environnements complexes au sein desquels les individus prennent des décisions.

De même, l’économétrie moderne permet aujourd’hui une identification très fine des effets, mais les expériences contrôlées aléatoirement (ou dites « randomisées », inspirées des tests de traitements médicaux) et les expériences dites naturelles comportent de nombreuses limites, connus des chercheurs qui les pratiquent (P. Cahuc et A. Zylberberg n’en faisant d’ailleurs pas partie, en tant que théoriciens).

Allers-retours entre simplification et complexité

C’est pourquoi un exercice d’économie quantitative sérieux ne peut se faire sans de constants allers-retours entre la simplification des modèles, la validation empirique des résultats théoriques, et la complexité de la réalité. En parallèle, les travaux qui n’ont pas recours aux méthodes quantitatives de l’économie dite orthodoxe présentent souvent l’intérêt d’une analyse historique et holiste, plus globale, des sujets étudiés.

Ils permettent de prendre un recul que les travaux quantitatifs n’ont pas toujours, et de réfléchir en dehors d’un cadre d’analyse parfois trop rigide. Au total, alors que dans les sciences dites dures, les différents paradigmes se succèdent, voire se chevauchent, ils coexistent en permanence dans les sciences sociales.

Si la complémentarité entre les deux approches semble évidente, pourquoi les opposer ? Si les différentes méthodes sont utilisées par des chercheurs ayant différentes idéologies, cela ne constitue pas un critère discriminant.

Un dialogue constructif entre prétendus orthodoxes et hétérodoxes serait plus utile que des invectives et de futiles batailles de chapelle. Ce constat porte également dans le cadre des enseignements en économie, où une diversification incluant davantage philosophie et histoire de la pensée, et n’abrutissant pas les étudiants en économie trop tôt avec une somme de modèles et d’équations complexes, ne devrait plus faire débat.

Est-ce de l’idéologie ?

Enfin, la question de l’idéologie se pose. En France, les orthodoxes seraient par nature (ultra-)libéraux, et les hétérodoxes en appelleraient plus à l’intervention de l’état et à la régulation. Pour autant, on peut appliquer des méthodes quantitatives pour mettre en avant la manière dont les marchés sont défaillants.

Si l’enseignement de la microéconomie s’est toujours focalisé sur le concept de marchés parfaits, c’est pour mieux souligner par la suite les notions d’imperfections de marché et les moyens de les réguler. Comme le soulignent P. Cahuc et A. Zylberberg, les économistes qui utilisent les méthodologies quantitatives occupent un spectre politique et idéologique assez large.

En revanche, il apparaît naïf de croire que le parti pris idéologique d’un chercheur quel qu’il soit n’a pas d’influence sur son sujet d’intérêt, sur son questionnement scientifique et sur sa manière de traiter ses questions de recherche. La recherche en économie s’éloigne ici de la scientificité qu’elle cherche à approcher et les chercheurs se doivent d’avoir la modestie de réfléchir à la manière dont leurs idéologies impactent leurs travaux et être conscients de la manière dont leurs travaux peuvent être utilisés de manière stratégique par les politiques publiques.

Il est ainsi temps d’accepter qu’historiquement les recherches en économie qui ont légitimé les politiques publiques des années 1980 ont servi l’intérêt de certaines classes. La variété des points de vue idéologiques est probablement nécessaire et rend la discipline vivante et intéressante au regard du grand public, mais les différents protagonistes auraient à gagner d’une plus grande humilité et d’un plus grand respect des critiques des autres écoles pour parvenir à un débat constructif.

En finir avec une distinction artificielle

À la vue de ces différents éléments, il semble artificiel de définir deux familles d’économistes, l’une orthodoxe, l’autre hétérodoxe, homogènes et cohérentes.

En revanche, les incapacités de communication, les rancœurs, le mépris des uns, le dédain des autres, les conflits de méthodes d’évaluation et la compétition pour les postes académiques sont bien réels entre ceux qui se placent dans l’une ou l’autre de ces deux familles. Pourtant, la discipline économique et la société dans son ensemble auraient tout à gagner d’un dialogue plus serein et constructif entre les différentes approches méthodologiques et idéologiques.

Chercheurs en économie de l’environnement, où les travaux interdisciplinaires sont de plus en plus fréquents, où les approches diverses se révèlent souvent complémentaires et permettent d’attaquer de nouveaux fronts de sciences, nous pensons que cette synthèse reste possible. Mais nous sommes encore loin du pluralisme dans notre discipline, qui serait utile face aux défis majeurs auxquels l’humanité fera face au XXIe siècle.

 

Crise: Les experts dans le potage

Crise: Les experts dans le potage

La crise aura fait émerger les contradiction parfois les faiblesses des experts eux-mêmes . C’est vrai pour la crise sanitaire où  nombre de spécialistes ont été surpris par la nature de la pandémie , sa propagation à l’échelle mondiale, sans parler des polémiques concernant l’effet du confinement, et les traitements eux-mêmes. On peut mettre au crédit de leur défense le caractère tout à fait nouveau de ce Coronavirus.

Des interrogations du même type concernent la sphère économique et sociale. Bien entendu après la crise sanitaire, c’est un tsunami économique qu’il conviendra d’affronter. La croissance ( mesurée par le PIB) pourrait baisser de 10 % pendant plusieurs trimestres en moyenne avec évidemment des écarts selon les pays. Ceci étant,  le commerce international va se trouver très affecté. La reprise économique de chaque pays va donc reposer bien davantage  sur la consommation des ménages ( l’investissement, lui aussi, va au mieux être différé au pire très amoindri).

La troisième dimension de la crise sera sociale avec son  cortège de licenciements. En France on parle d’une augmentation du nombre de chômeurs qui passeraient de 8 % à 20 %. Aux États-Unis, le patron de la banque centrale a évoqué un taux de chômage de 20 30 %. Certains affirment que ce tassement ne sera que temporaire mais la vérité oblige de dire que personne n’en sait strictement rien.

 En effet il est difficile de prévoir des scénarios d’évolution pour des crises systémiques dans des champs géographiques aussi étendus avec autant de dimensions.( Sanitaire, environnementale, économique, sociale voire sociétale). On constate que face  à la complexité de cette crise, deux types de profil d’expert se dégagent. Les experts sûrs d’eux-mêmes ,sorte de gourous ou de naïfs qui selon leur sensibilité versent  dans le déclinisme ou  au contraire dans l’optimisme béat. La plupart toutefois se limitent à dire des banalités, en gros à se comporter comme des journalistes, a constater des situations mais sans forcément identifier les facteurs explicatifs et encore moins les scénarios probables. On objectera que les responsables politiques eux-mêmes se comportent davantage en observateur que comme gestionnaires de crise mais cela ne dédouane pas les experts dont l’éclairage serait utile dans la période.

Concernant la dimension socio économique la grande interrogation concerne notamment la question des milliers de milliards qui vont être déversés par les banques centrales. En fait,  une manière de faire tourner la machine à billets. Une décision sans doute incontournable pour sauver ce qui peut l’être. A terme cependant la déconnexion entre la richesse et la valeur des monnaies va ce poser. Inévitablement  l’ajustement se fera à travers les parités monétaires. Avec de fait  des dévaluations pour les monnaies dévaluées et forcément une montée de l’inflation qui va handicaper le pouvoir d’achat des ménages mais aussi les Etats et les entreprises concernés. Cette question fondamentale est le plus souvent ignorée ou abordée du bout des lèvres. D’autres aspects mériteraient aussi des éclairages en tout cas des hypothèses et des scénarios. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant nombre d’experts sont dans le potage.

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