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Sondage crise sanitaire : 63 % mécontents des vaccins.

Sondage crise sanitaire : 63 % mécontents des vaccins.

Dans une dernière enquête Ifop pour le JDD*, 48% des sondés  font confiance au gouvernement pour aider les entreprises en difficulté (+3 points par rapport à la précédente enquête fin novembre) mais ils ne sont plus que 38% à lui donner du crédit pour faire face « efficacement » au coronavirus (-4 points). Ces niveaux sont similaires avec de précédents sondages de l’IFOP réalisés en décembre et encore cette semaine. En outre, seules 37% des personnes interrogées estiment que l’exécutif va « mener à bien la campagne de vaccination » contre le Covid-19 ; les 63% restants pensant l’inverse.

 

Pourtant, même défiants, les Français n’accablent pas pour autant complètement l’exécutif. Une majorité (56%) juge que leur pays « ne fait ni mieux ni moins bien » que les autres, quand un tiers (32%) pense que la gestion française est moins bonne qu’ailleurs et que le reste (12%) estime au contraire que la France fait mieux. « En dépit des coups de gueule, des renversements d’opinion, parfois en très peu de temps, des oppositions qui se jettent sur la moindre opportunité pour attaquer le gouvernement, malgré ces remous, une majorité des Français jugent que tout le monde est dans le même bateau », résume Jean-Philippe Dubrulle.

Enquête IFOP pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 8 janvier 2021, auprès d’un échantillon de 1.028 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 

Sondage Macron : plus 10 points en six mois grâce à la crise sanitaire

 

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Dans le baromètre mensuel Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique, la cote de confiance du chef de l’Etat progresse de 3 points en janvier pour atteindre 35 %. Après avoir perdu 3 points le mois dernier suite notamment à l’affaire Michel Zecler, tabassé par des policiers, Emmanuel Macron retrouve ce seuil des 35 %, autour duquel sa cote de confiance oscille depuis septembre dernier. Son socle reste stable. Marquée par la crise sanitaire, l’année 2020 n’a pas beaucoup modifié l’évolution de la perception du président par les Français. Au contraire la crise sanitaire permet de maintenir un certain niveau de popularité à Macron .

En effet la problématique du Coronavirus est partagée par nombre de Français. Parler d’autres questions très stratégiques mais particulièrement  clivantes dans le domaine économique, social ou encore financier serait susceptible de fragiliser l’audience du président

 

Crise : «Des patates et des vaccins» – (Olivier Gossner)

Crise : «Des patates et des vaccins» – (Olivier Gossner)

 

 

Soigner la santé et en même temps l’économie estime l’Economiste et mathématicien, Olivier Gossner est directeur de recherche CNRS, professeur et président du département d’économie à l’Ecole polytechnique, professeur à la London School of Economics.

 

 

Chronique dans l‘Opinion

 

La nature humaine est ainsi faite que les innovations technologiques sont souvent source d’inquiétudes irrationnelles. Les progrès scientifiques sont donc inutiles à eux seuls s’ils ne sont pas acceptés par ceux à qui ils doivent bénéficier en premier lieu. Il est alors de la responsabilité des scientifiques comme des gouvernants d’informer, d’éduquer, de montrer la voie.

Revenons quelques années en arrière, vers 1770-1780, lorsque les guerres et les famines ravagent l’Europe dans son ensemble, et la France tout particulièrement. Pourtant une solution existe pour nourrir à faible coût les populations, c’est la pomme de terre. Venue d’Amérique du Sud, déjà adoptée en Europe par l’Irlande, elle fait l’objet d’un farouche rejet en France où ce tubercule qui pousse sous terre est associé aux enfers et au Diable. Il tient à cœur à Antoine Parmentier, grand scientifique humaniste, chimiste, agronome, pharmacien et diététicien, de changer cette image.

Après des années de campagnes publiques, il a l’idée de génie que l’on sait : il convainc Louis XVI de le laisser faire pousser ses tubercules sur ses propres terres, et finit en beauté par servir le fruit de la récolte à la table royale ! Evidemment, si le Roi en mange c’est que c’est bon et sain. Toute la population en demande, et le succès du tubercule sur nos tables ne s’est pas démenti depuis.

Retour en 2021, la pandémie de Covid-19 fait des ravages chez les personnes âgées, et conduit le gouvernement à prendre des mesures de restriction des libertés qui mettent l’économie à genoux et les nerfs à vif. Mais grâce à des progrès scientifiques encore inimaginables il y a peu, des vaccins sont mis au point, testés, approuvés et mis sur le marché en un temps record.

Alors, sauvés ? Pas si vite, car dans la patrie de Pasteur, nous sommes aussi champions du monde du rejet des vaccins avec 58 % de la population ne souhaitant pas en bénéficier. Gagner la confiance et l’adhésion est alors une préoccupation majeure des pouvoirs publics, à juste titre. Encore faut-il l’art et la manière, et il nous reste quelques progrès à faire sur ce point.

 

Sur la communication d’abord. Qu’a-t-on entendu ? Qu’il faut vacciner lentement pour « avoir du recul », selon le ministre de la Santé lui-même, lequel n’aurait donc pas confiance en les vaccins administrés ! Dans la guerre que nous livrons, que notre général refuse d’aller au feu ne donne pas un très bon signal sur nos chances de victoire. On comprend que l’image donnée une campagne de vaccination « française » issue des recherches de Sanofi-Pasteur aurait renforcé la fierté nationale, et la tentation d’attendre était politiquement forte.

Entre-temps, Sanofi a pris du retard, et l’arrivée du variant britannique du virus à contagiosité renforcée comme la pression de la population ont conduit le gouvernement à changer de braquet en urgence et à redonner du rythme à la campagne de vaccination. Hélas le mal est fait, et les messages d’attente de vaccins prétendus plus sûrs que la dernière génération à ANR messager a signé le discrédit du politique sur le scientifique et le peu de foi accordée à des études cliniques pourtant irréprochables.

Est venue s’ajouter l’idée saugrenue selon laquelle demander un consentement écrit avec un délai de rétractation de 5 jours serait un facteur de confiance. Rappelons qu’aucun des vaccins couramment donnés (dont 11 obligatoires) ne donne lieu à un tel protocole. La théorie des jeux et les sciences comportementales nous aident à nous projeter dans la psychologie collective. Nos populations s’imaginent, à juste titre certainement, que leurs dirigeants sont mieux informés qu’eux-mêmes sur la dangerosité éventuelle des vaccins. Il est alors difficile de rationaliser la demande de signer un consentement qui couvrira les pouvoirs publics en cas de problème, à moins d’imaginer qu’ils ont en eux-mêmes une forte suspicion de complications dues au vaccin. Si cela n’était pas le cas, il faudrait exiger une signature soit pour tous les vaccins, soit pour aucun. Sur ce point aussi, le signal donné est à rebours du besoin de confiance tant répété.

Venons-en à l’ordre de priorité choisi. Après avoir annoncé que les soignants n’étaient pas prioritaires, le gouvernement a fait volte-face en annonçant vouloir vacciner prioritairement ceux de plus de 50 ans. C’est une bonne décision car vacciner les soignants, c’est à la fois protéger des personnels indispensables à la lutte contre l’épidémie, et limiter les risques d’infection des soignés. Mais nous aurions tort d’ignorer le volet psychologique. Les personnels médicaux sont le plus à même d’avoir la confiance des personnes dont elles ont la charge. Dans l’esprit des patients, s’ils se font vacciner, alors qu’ils savent évaluer les niveaux de risque, c’est que le rapport coût-bénéfice est très favorable pour eux, et donc a fortiori pour les plus fragiles. Pour que les personnels médicaux soient des ambassadeurs du vaccin, il faut que tous, et non seulement les plus âgés d’entre eux, puissent en bénéficier prioritairement.

Enfin, le leadership dont nous avons besoin, c’est de montrer la voie par l’exemple. En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou ainsi que sa famille et de nombreux ministres se sont fait vacciner, devant toute la presse convoquée. Succès assuré dans un pays connaissant la campagne de vaccination la plus rapide au monde. Ce que le Roy fait, je veux le faire aussi !

Courage. Il convient d’ailleurs de saluer l’initiative du collectif de personnalités du monde médical mené par Axel Kahn, sensibles à la psychologie des soignés auxquels ils sont souvent en contact, et se faisant publiquement vacciner. Notons au passage qu’il ne s’agit pas d’un acte de courage, mais de sens de la responsabilité liée au privilège de bénéficier des vaccins en priorité. Le courage, c’est ce dont ont fait preuve les scientifiques qui se sont acharnés pendant des années à développer des voies que tous croyaient sans issue, ainsi que les centaines de milliers d’individus qui ont participé aux essais cliniques.

Pour faire accepter le vaccin, sachons donc appliquer les excellentes recettes du bon Antoine Parmentier. Montrons l’exemple par le haut et surtout dédramatisons. Les vaccins sont l’acte médical parmi les plus inoffensifs qui soient et doivent être traités comme tel.

Le siècle des Lumières continue à nous donner un formidable éclairage sur la complémentarité entre sciences fondamentales, sciences humaines, et prise de décision politique. C’est en articulant intelligemment ces parties que nous serons à la pointe non seulement du progrès scientifique, mais aussi de l’implication de notre population. La crise actuelle nous le réclame à grands cris, saisissons cette chance.

 

Faire durer la crise sanitaire pour la macronie

Faire durer la crise sanitaire pour la macronie

 

 

 

Il est de plus en plus évident que la macronie  est totalement inaudible sur la quasi-totalité terrains économiques et politiques. Plus aucune réforme n’est d’ailleurs envisagée avant 2022.

Pour l’instant la macronie  résiste surtout à la persistance  d’une crise sanitaire finalement entretenue et qui permet entre autres au président de la république d’améliorer sa popularité. À supposer que la crise sanitaire soit maîtrisée d’ici quelques mois reviendrait à la Une  de manière prioritaire la question économique et sociale.

Une problématique particulièrement complexe où le pouvoir s’est montré encore plus insuffisant que vis-à-vis de la pandémie. En effet la France aura été parmi les pays qui ont été les plus affectés par l’écroulement de la croissance.

La France connaîtra une baisse du prix de près de 10 % en 2020. En 2021, on ne prévoit que 6 % d’augmentation de l’activité. Il faudra sans doute attendre 2023 ou 2024 pour retrouver le niveau de 2019. Parallèlement ,les finances publiques seront considérablement dégradées avec en particulier une dette qui va passer de 100 % du PIB fin de 2019 à 120 % 2020. Même s’il demeure de fortes critiques en matière sanitaire, mieux vaut rester sur ce terrain que d’aborder la problématique économique et sociale. Les résultats dans ce domaine sont en effet catastrophiques comparés notamment à ceux d’autres pays.

Crise sanitaire : un prétexte pour ne pas parler du reste

Crise sanitaire : un prétexte pour ne pas parler du reste

 

Il apparaît clairement que l’ hystérisation  autour de la situation sanitaire met  sous le tapis la plupart des autres problèmes économiques et politiques. Non seulement les problèmes actuels autres que sanitaires sont peu ou mal traités mais les grandes questions d’avenir qui vont se poser dès 2021 sont  ignorées d’après Éric Woerth.

 

Un pansement sur une jambe de bois. C’est ainsi qu’Éric Woerth considère les mesures déployées par le gouvernement pour la sauvegarde de l’économie. Le président LR de la commission des finances à l’Assemblée se montre très critique à l’égard de la politique engagée car au fil des semaines il voit de dessiner le risque d’une «France à l’arrêt».

Depuis le début de la crise sanitaire, le député de l’Oise a toujours approuvé la mobilisation des crédits par l’État pour compenser l’impact du choc sanitaire sur les entreprises.

 

Mais il insiste aussi sur la nécessité de fixer un cap sans renoncer aux transformations indispensables. «Quand vous mariez le “quoi qu’il en coûte” et le “en même temps”, vous n’avez plus aucune limite, vous avez tendance à empiler les aides sans vous imposer aucune borne. Mais attention, car avec 122% de dette publique le système atteint ses limites», prévient le parlementaire, en agitant le chiffon rouge d’une hausse des taux.

 

Crise : Emmanuel Macron est « archaïque »(maire de Cannes)

Crise : Emmanuel Macron est « archaïque »(maire de Cannes)

Le maire de Cannes s’était exprimé avant la dernière intervention de Macron pour condamner l’archaïsme du pouvoir. Une déclaration qu’on pourrait reprendre aujourd’hui au moment où devrait être annoncé un nouveau reconfinement. La déclaration du maire de Cannes sur RTL :

 

« Dès leçons auraient dû être tirées du printemps. « Le gouvernement aurait dû travailler cet été, ce qu’il n’a pas fait, pour anticiper les différents scénarios et que les règles soient claires », dit-il. « La politique c’est par définition l’appréhension de la crise. Aujourd’hui, la difficulté c’est de recréer de la visibilité dans de l’incertain », ajoute-t-il.

« Le fait qu’on attende ainsi la parole du président révèle à mon avis l’obsolescence du régime », poursuit David Lisnard qui dénonce une « théâtralisation » et une « hypercommunication ». « On peut mieux lutter contre la maladie en ciblant autour des cas contagieux, qu’on n’a pas su tracer parce qu’on s’est fait bouffer par des procédures bureaucratiques« , estime le maire de Cannes.

Un excès de « bureaucratie »

« On a eu un excès de ce qui était bureaucratique, c’est-à-dire les auto-attestations, les autorisations de sortie. On est le seul pays d’Europe, où tous les jours on passe notre temps à faire de la bureaucratie pour aller acheter sa baguette ou sortir son chien », déclare l’élu. « La crise révèle un système qui n’est pas adapté à la bonne gestion publique« , explique encore David Lisnard.

 

Selon le maire de Cannes, « aujourd’hui on a, au sommet de l’État, des personnes qui sont l’archétype d’un système archaïque« , tout comme Emmanuel Macron. « Le système des élites qui nous gouverne est très conformiste », conclut-il. 

 

Covid : La crise du surendettement s’aggrave

Covid : La crise du surendettement s’aggrave

L’association de consommateurs l’UFC-Que Choisir estime que , le problème des crédits à la consommation réside dans le manque de contrôles des clients, ces prêts s’effectuent uniquement sur du « déclaratif »« Si demain vous faites une carte revolving ou un crédit renouvelable, on ne va quasiment rien vous demander, mis à part un RIB. Les crédits à la consommation sont accordés relativement facilement. Un organisme de prêt ne peut pas consulter de fichier dans lequel on signale qu’une personne a déjà quatre ou cinq crédits. Malheureusement, il faut une forme d’auto-censure des Français », développe Maël Bernier. Pour l’association de consommateurs locaux vides va aggraver la situation.

 

L’UFC que choisir évoque un problème que rencontrent de nombreux Français ayant recours à plusieurs crédits à la consommation : « Si on est dans une situation bancaire compliquée, si on a des problèmes pour rembourser l’ensemble de ses crédits, il faut faire appel aux solutions de regroupements de crédits, qui permettent de regrouper, sur une seule ligne de prêts, plusieurs crédits, et de rééchelonner votre dette. »

Société-Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

 

 

Dans une interview au Figaro, Marie Duru-Bellat  explique certains éléments de la crise de l’université notamment le dualisme grandes écoles et université mais aussi la mode de la « diplomite » en France et indirectement le manque de sélection dans l’université.  Marie Duru-Bellat est sociologue, spécialiste des inégalités au sein de l’éducation. Elle a récemment participé à l’ouvrage collectif Altergouvernement (Le Muscadier, 2012).

Au-delà des problèmes de coûts de la scolarité, la vrai inégalité ne se situe-elle pas entre université et grandes écoles?

 

Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs .

La France a un système unique au monde. D’un côté les Grandes Écoles, qui paraissent plus attractives pour les jeunes, et de l’autre l’Université, qui est actuellement un second choix pour de nombreux étudiants. Notre faiblesse internationale en matière de recherche s’explique sans doute en partie par cette dichotomie: les meilleurs étudiants français vont dans les Grandes Écoles, et délaissent l’Université. Les premières ont donc le plus de moyens – rappelons qu’elles sont extrêmement favorisées par l’Etat -, les meilleures étudiants, et siphonnent la force vive de la recherche universitaire. Le problème vient, de plus, des lobbys qui défendent les Grandes Ecoles, extrêmement valorisées par nos décisionnaires politiques: il est probable que la majorité des parlementaires ont un enfant dans ces écoles, et il est donc impossible de mettre fin à cette dichotomie structurelle! De nombreuses tentatives avaient déjà été mises en œuvre pour réformer ce système, mais elles ont toutes échoué. Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs, qui sont pourtant les fonctionnaires les mieux payés aujourd’hui! Les lobbys sont donc organisés pour lutter contre toute modification du système.

 

Vous avez écrit un livre intitulé «l’inflation scolaire»: les soucis d’égalité s’est-il transformé en égalitarisme, finalement contre-productif? Faut-il introduire une forme de sélection à l’université?

 

De très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. En réalité, l’ouverture de l’enseignement supérieur est due aux injonctions européennes, pour que les jeunes européens soient le mieux armé possible face à la compétition internationale. Cette thèse a surtout été très défendue dans les années 2000. Aujourd’hui, cependant, on revient quelque peu sur cette politique, car multiplier les diplômes ne suffit pas pour faire baisser le chômage des jeunes, pour créer des emplois qualifiés. On arrive donc à un déclassement, où de très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. Ce problème est en réalité mondial, on le retrouve aux Etats-Unis ou à Cuba… On croit au pouvoir magique de l’instruction. Cela explique le désenchantement actuel. Les jeunes sont, pour beaucoup, trop qualifiés, trop diplômés par rapport au marché du travail. L’Union Européenne et l’OCDE mettent donc aujourd’hui l’accent sur la formation tout au long de la vie, plutôt que l’accumulation de diplômes et les études très longues.

 

Crise sanitaire : 700 000 emplois supprimés…. pour l’instant !

Crise sanitaire : 700 000 emplois supprimés…. pour l’instant !

Selon l’INSEE, plus de 700.000 emplois seraient détruits cette année. Malheureusement il faudra sans doute ajouter ceux de 2021. Le calcul est assez simple, il y a environ 20 millions de salariés dans le privé et le PIB  aura diminué de l’ordre de 10 % en 2020. Mais mécaniquement, il faudra s’attendre à environ au moins 1 million d’emplois supprimés encore en 2021.

Pour l’INSEE, dans le détail, près de 600.000 postes de salariés ont été détruits et 100.000 emplois non salariés ont disparu. Les vagues d’épidémie et de confinement ont été désastreuses pour l’emploi.

« L’emploi avait chuté fortement au premier semestre avec près de 700.000 destructions d’emplois. Entre juin et septembre, 400.000 emplois ont été crées dans les services marchands et non-marchands. Il devrait y avoir un nouveau recul de l’emploi salarié au dernier trimestre avec 300.000 emplois en moins. Au total 600.000 emplois salariés ont été détruits » a déclaré Olivier Simon lors d’un point presse.

Sur l’ensemble de l’année, les statisticiens anticipent un recul du produit intérieur brut d’environ 9%.  »La crise est encore conditionnée par la situation sanitaire à rebours des crises antérieures. La situation est très évolutive. L’Allemagne par exemple se reconfine avec un régime assez strict » a expliqué le chef du département de la conjoncture, Julien Pouget. Notre prévision de perte d’activité est d’environ 8% sur l’ensemble du quatrième trimestre par rapport au quatrième trimestre…

Sondage Crise : Hidalgo et Estrosi en tête des favoris pour les Français

Sondage Crise : Hidalgo et  Estrosi en tête des favoris pour les Français

  • Selon une étude exclusive IFOP pour La Tribune, réalisée auprès de 1.004 Français, la maire de Paris et le maire de Nice apparaissent comme les mieux placé(e)s pour juguler les crises économique, climatique et sanitaire.
    • En pôle position: Anne Hidalgo et Christian Estrosi, maires de Paris et Nice, sont les premiers édiles de grande ville en qui les Français ont confiance pour prendre ces défis à bras-le-corps. C’est ce qui ressort de l’étude exclusive IFOP pour La Tribune réalisée auprès de 1.004 Français entre le 4 et le 7 décembre dernier. « Le maire est à un acteur de référence pour les Français parce qu’il respecte la promesse du politique, à savoir changer les choses et les transformer », explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP.
    • Anne Hidalgo apparaît également comme la maire en qui les sondés ont le plus confiance (40%) pour agir en faveur de climat, devant Christian Estrosi (36%). Le maire de Nice est en revanche devant la maire de Paris dès qu’il s’agit d’agir face à la crise sanitaire (47% contre 41%) et très en avance en matière de sécurité (56% versus 36%). Les deux élus locaux sont en revanche au coude-à-coude en matière de relance économique: 42% pour le premier, 39% pour la seconde.
    • Dans la suite du classement, figurent deux autres maires socialistes, « alors que dans l’imaginaire collectif, la gauche et l’entreprise sont deux mondes à part », relève le DG délégué de l’IFOP. La maire de Lille, Martine Aubry, arrive 2ème – à gauche -sur l’écologie et le climat et 3ème sur l’économie. Elle est suivi de près par Johanna Rolland, maire de Nantes – ville la plus attractive selon tous les classements – et présidente de l’association d’élu(e)s France urbaine, qui fait le plein auprès des CSP+ sur le climat comme des jeunes sur l’économie.
    • Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, satisfait, peu ou prou, un quart des Français sur chaque item. Les nouveaux maires de Lyon, Grégory Doucet, de Montpellier, Mickael Delafosse, et de Marseille, Michèle Rubirola, ferment, eux, la marche du palmarès, pâtissant de leur manque de notoriété nationale. La patronne de la cité phocéenne arrive même dernière sur la sécurité, l’économie et le climat. Le DG délégué de l’IFOP y voit l’expression « des doutes sur sa capacité à gouverner en tandem avec son premier adjoint Benoît Payan ».

Finances–« Des risques de crise bancaire? »

Finances–« Des risques de crise bancaire? »

 

Le danger est que la crise sanitaire se transmette non seulement à l’économie mais aussi au milieu bancaire. En effet, l’Etat fait porter aux banques une part de risque et de responsabilité conséquente, prévient l’avocate Pauline Bournoville dans une interview à l’Opinion.

 

 

L’économie française a détruit plus de 502 000 emplois nets au premier trimestre, a annoncé l’Insee en fin de semaine. L’impact du coronavirus ne s’arrêtera malheureusement pas là car les faillites sont à venir, prévient Pauline Bournoville, avocate associée en restructuration de dette et entreprises en difficulté chez Herbert Smith Freehills.

Redoutez-vous un tsunami de faillites ?

On peut effectivement s’y attendre. La vague n’est pas encore là car les entreprises sont aujourd’hui extrêmement soutenues par les aides gouvernementales, notamment le prêt garanti par l’Etat (PGE). Tous les acteurs s’accordent à dire que les défaillances devraient arriver entre l’automne et le début de l’année prochaine. Les sociétés qui n’ont pas eu accès au PGE ont tenu en payant les salaires avec leur trésorerie existante, mais la situation devient très tendue : c’est dans cette catégorie que l’on devrait constater les premières chutes à l’automne. Puis la distribution de PGE se termine à la fin de l’année, ce qui devrait générer une nouvelle vague de défaillances début 2021. Ce calendrier concerne les entreprises en bonne santé. Il existe par ailleurs une série de dossiers déjà très fragiles avant la crise, dont le confinement a précipité la chute ou va le faire. Je pense à la Halle, André ou Camaïeu qui avait surmonté plusieurs plans de restructuration et qui, cette fois, a subi le coup de grâce. Des sociétés affaiblies ont parfois obtenu un PGE, mais cela ne fait que rajouter de la dette à la dette déjà existante. Dans tous les cas, la pandémie a perturbé les négociations en cours et amplifié les difficultés.

Cette crise est néanmoins très spécifique, elle pourrait être aussi violente que brève…

Certains secteurs vont pouvoir se reprendre. Des Français profitent des mesures d’aide pour changer leur voiture ou rattrapent leur retard dans l’achat d’autres biens. En revanche, dans le tourisme, ceux qui ne sont pas partis au printemps ne sont pas partis… L’Etat adapte d’ailleurs ses aides à cette situation : des outils spéciaux ont été mis en place comme le « PGE saison », destiné aux opérateurs du tourisme. Il va leur permettre de prendre comme référence de calcul leurs trois meilleurs mois de chiffre d’affaires de l’année, afin d’obtenir un montant de prêt suffisant pour passer l’obstacle. Mais dans un autre secteur, Technicolor qui opère dans l’industrie du cinéma subit cette crise de plein fouet et vient d’entamer une procédure de conciliation. Nous vivons, c’est vrai, une crise d’une nature très différente des précédentes, mais un certain nombre d’entreprises n’y survivront pas.

Les mesures du plan de soutien à l’économie sont-elles adaptées ?

Il faut d’abord saluer la réactivité de l’Etat et sa mobilisation au service des entreprises. Dès le confinement, les professionnels du droit que nous sommes avons été submergés par des décisions prises dans l’urgence, qui ont souvent été améliorées dans la foulée. Sur le fond, la mesure phare qu’est le PGE a permis d’ouvrir le robinet financier et de combler les besoins de liquidités de très nombreuses entreprises. Mais ce n’est pas une subvention. La question est de savoir si l’on n’a pas reporté le problème de six ans – ce qui correspond à la maturité maximum du PGE. Seul l’avenir dira si les entreprises sont capables de rembourser les prêts obtenus. Par ailleurs, l’Etat fait porter aux banques une part de risque et de responsabilité conséquente. Ces PGE sont garantis à hauteur de 90% maximum. Les 10 % potentiels à leur charge ne sont pas neutres puisque 100 milliards d’euros de PGE ont déjà été distribués, et qu’on anticipe un total de 150 milliards de prêts. En outre, la garantie de l’Etat est certes inconditionnelle et irrévocable. Mais toute l’analyse de l’éligibilité au PGE, notamment le fait de savoir si les demandeurs ne sont pas des entreprises en difficulté au regard des normes européennes, incombe aux banques. Elles doivent donc gérer une double problématique, économique (l’entreprise pourra-t-elle rembourser, in fine ?) et juridique (l’entreprise est-elle bien éligible au PGE et la garantie pourra-t-elle effectivement jouer ?).

Prêter est le métier des banques…

Personne n’a intérêt à ce qu’une crise sanitaire et économique se transforme en crise bancaire. Or si l’on découvre par exemple qu’une société n’était finalement pas éligible au PGE pour telle ou telle raison, la totalité du risque financier incomberait aux banques. Sans aller jusque-là, ajouter potentiellement 15 milliards d’euros de risque supplémentaires à leur bilan, ce n’est pas rien. Les banques sont des entreprises privées qui doivent aussi défendre les intérêts de leurs parties prenantes. C’est pourquoi elles jouent leur rôle tout en étant très vigilantes au respect des instructions qu’elles ont reçues.

Des économistes suggèrent de leur déléguer la décision de la continuation d’activité de PME en difficulté. C’est une bonne idée ?

C’est encore leur rajouter un degré de responsabilité sur les épaules. Et je suis assez perturbée par le fait que les banques pourraient décider la faillite d’une société. Un créancier peut, certes, assigner une entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire, mais dans les faits c’est extrêmement rare. Il ne faut pas mélanger les rôles. Décider la faillite est un quasi-monopole du dirigeant. C’est à lui d’analyser sa situation financière, et de déterminer s’il est ou non en état de cessation des paiements. Par ailleurs, si les banques sont acteurs de la (sur)vie d’une entreprise, en lui prêtant ou non l’argent qui l’aidera à surmonter ses difficultés, elles ne veulent pas être seules en jeu. En premier lieu il y a les actionnaires, ce que les banques ne manquent d’ailleurs pas de rappeler lorsque l’entreprise négocie un PGE.

Comment aider davantage les entreprises à passer la crise ?

L’ordonnance du 20 mai prévoit des mesures intéressantes. Elle facilite, par exemple, la reprise d’une société en plan de cession par son propre dirigeant. Sauf exception, c’était interdit jusqu’à présent car c’était la porte ouverte aux abus : le plan de cession prévoit en effet la reprise de tous les actifs, sans les dettes. Cette nouvelle disposition donne un nouveau rôle au dirigeant. Autre innovation : les apporteurs d’argent frais à une entreprise en phase d’observation lors d’une procédure collective bénéficient dorénavant d’un rang privilégié de remboursement. Ce que nous appelons déjà entre praticiens le « privilège de post money ». Cela permettra de diversifier les sources de financement, notamment lors d’une période extrêmement délicate. Cette nouvelle ordonnance va par ailleurs perturber les équilibres de négociation en phase de conciliation, mais tout ce qui peut faciliter les apports de capitaux par différents acteurs va dans le bon sens.

 

« Crise sanitaire : une opportunité pour renforcer la démocratie »

« Crise sanitaire : une opportunité pour renforcer la démocratie »

Un collectif de personnalités d’horizons variés regroupées au sein de l’initiative nationale Ethique & Pandémie, parmi lesquelles Emmanuel Hirsch, Marie-Françoise Fuchs et le professeur Didier Sicard, appelle, dans une tribune au « Monde », à mieux associer à la gestion de la crise du Covid la représentation nationale, les corps intermédiaires, les expertises académiques et associatives.

 Tribune

Qu’est-ce qu’être citoyen face à la crise sanitaire en cours ? C’est la question que nous devons nous poser avant toutes les autres, pour inventer non pas seulement des savoirs scientifiques, mais aussi de nouveaux savoir-faire et savoir-vivre dans ce contexte pandémique. Il est établi maintenant que cette crise sociétale va durer et durablement changer sur le long terme nos modes de coexistence.

Alors qu’il est fait appel au « civisme » des Français, la question se pose de savoir quel sens nous entendons donner à ce mot. Car ce qui nous frappe depuis le début de la deuxième vague de pandémie, c’est que les questions techniques et de gestion de la crise sanitaire semblent avoir pris le pas sur les questions politiques, pourtant primordiales. Réduire l’espace du civisme à l’observation de dispositions sanitaires est révélateur d’une conception redoutablement réductrice du rôle de la société civile.

Car ce n’est pas tant le contenu des mesures sanitaires prises par le gouvernement qui doit faire aujourd’hui débat que les modalités de leur élaboration et de leur mise en œuvre. Elles doivent résulter d’un débat démocratique au sein duquel la représentation nationale et les espaces citoyens de discussion doivent trouver toute leur place.

En cette période, il nous faut davantage communiquer et créer des liens, reconnaître à la vie démocratique son urgence et ses droits. Peut-on ainsi accepter un discours paternaliste énoncé « pour notre bien », au motif de vouloir garantir notre santé et notre sécurité « quel qu’en soit le prix » ? Peut-on accepter le manque d’un projet qui fédère et mobilise sur la base de principes explicites et issus d’une concertation ?

On pourrait, dès lors, comprendre les nécessaires adaptations sans transiger sur l’essentiel. Or, ces mesures suscitent aujourd’hui incompréhension et désespérance, du fait d’un mode de gestion de la crise pandémique fondé sur des analyses jugées par beaucoup comme limitées et incertaines, souvent injustes et disproportionnées, sans mesurer toutes les conséquences humaines et sociales des plans d’urgence qui se succèdent de semaine en semaine.

L’exécutif doit se rendre à l’évidence : dans un contexte inédit, le manque de prise en compte de notre représentation nationale, des corps intermédiaires, d’expertises académiques en sciences humaines et sociales ou associatives n’est plus audible aujourd’hui.

Si, comme l’affirme le président de la République, « rien n’est plus important que la vie humaine », encore est-il indispensable de comprendre qu’il ne s’agit pas de la vie « nue », mais d’une existence douée de sens, attachée à des valeurs, que nous nous devons de préserver.

Coronavirus : une gestion de crise catastrophique (rapport parlementaire)

Coronavirus : une gestion de crise catastrophique (rapport parlementaire)

 

Les conclusions de la commission parlementaire sont sévères pour le gouvernement et les autorités sanitaires,

Les députés LR ont pointé parmi leurs conclusions, une situation où la France était « mal préparée », souffrant d’un « pilotage défaillant », de « lourdeurs administratives » alliées à un « manque de décentralisation » des prises de décisions.

 

Damien Abad a dénoncé « un manque d’anticipation, une sous-estimation du risque pandémique dans la hiérarchie des menaces ces dernières années »« Nous constatons aussi dans ce rapport une baisse des stocks stratégiques avec bien sûr les masques, des messages contradictoires sur les masques qui ont considérablement affaibli les capacités de résilience sanitaire, et des manques dans la politique de tests », a-t-il énuméré. Le rapport critique également la mise à l’écart de la médecine de ville dans cette gestion.

 

« Il y a des mesures qui sont imposées de manière bureaucratique et parfois totalitaire, c’est-à-dire avec l’incapacité pour les oppositions, pour les corps intermédiaires, pour les présidents de région d’être entendu et écouté », dénonçait dans ce cadre le député LR Guillaume Peltier, invité mercredi matin de LCI.

 

Le rapport, qui conclue à l’absence d’un pilote unique dans cette crise, propose notamment la suppression des actuelles Agences régionales de santé (ARS) au profit d’agences départementales sous l’autorité des préfets. Il suggère en outre de créer un ministère chargé de « la préparation et l’anticipation des crises » afin de prévenir de nouvelles pandémies.

« Des risques de crise bancaire? »

« Des risques de crise bancaire? »

 

Le danger est que la crise sanitaire se transmette non seulement à l’économie mais aussi au milieu bancaire. En effet, l’Etat fait porter aux banques une part de risque et de responsabilité conséquente, prévient l’avocate Pauline Bournoville dans une interview à l’Opinion.

 

 

L’économie française a détruit plus de 502 000 emplois nets au premier trimestre, a annoncé l’Insee en fin de semaine. L’impact du coronavirus ne s’arrêtera malheureusement pas là car les faillites sont à venir, prévient Pauline Bournoville, avocate associée en restructuration de dette et entreprises en difficulté chez Herbert Smith Freehills.

Redoutez-vous un tsunami de faillites ?

On peut effectivement s’y attendre. La vague n’est pas encore là car les entreprises sont aujourd’hui extrêmement soutenues par les aides gouvernementales, notamment le prêt garanti par l’Etat (PGE). Tous les acteurs s’accordent à dire que les défaillances devraient arriver entre l’automne et le début de l’année prochaine. Les sociétés qui n’ont pas eu accès au PGE ont tenu en payant les salaires avec leur trésorerie existante, mais la situation devient très tendue : c’est dans cette catégorie que l’on devrait constater les premières chutes à l’automne. Puis la distribution de PGE se termine à la fin de l’année, ce qui devrait générer une nouvelle vague de défaillances début 2021. Ce calendrier concerne les entreprises en bonne santé. Il existe par ailleurs une série de dossiers déjà très fragiles avant la crise, dont le confinement a précipité la chute ou va le faire. Je pense à la Halle, André ou Camaïeu qui avait surmonté plusieurs plans de restructuration et qui, cette fois, a subi le coup de grâce. Des sociétés affaiblies ont parfois obtenu un PGE, mais cela ne fait que rajouter de la dette à la dette déjà existante. Dans tous les cas, la pandémie a perturbé les négociations en cours et amplifié les difficultés.

Cette crise est néanmoins très spécifique, elle pourrait être aussi violente que brève…

Certains secteurs vont pouvoir se reprendre. Des Français profitent des mesures d’aide pour changer leur voiture ou rattrapent leur retard dans l’achat d’autres biens. En revanche, dans le tourisme, ceux qui ne sont pas partis au printemps ne sont pas partis… L’Etat adapte d’ailleurs ses aides à cette situation : des outils spéciaux ont été mis en place comme le « PGE saison », destiné aux opérateurs du tourisme. Il va leur permettre de prendre comme référence de calcul leurs trois meilleurs mois de chiffre d’affaires de l’année, afin d’obtenir un montant de prêt suffisant pour passer l’obstacle. Mais dans un autre secteur, Technicolor qui opère dans l’industrie du cinéma subit cette crise de plein fouet et vient d’entamer une procédure de conciliation. Nous vivons, c’est vrai, une crise d’une nature très différente des précédentes, mais un certain nombre d’entreprises n’y survivront pas.

Les mesures du plan de soutien à l’économie sont-elles adaptées ?

Il faut d’abord saluer la réactivité de l’Etat et sa mobilisation au service des entreprises. Dès le confinement, les professionnels du droit que nous sommes avons été submergés par des décisions prises dans l’urgence, qui ont souvent été améliorées dans la foulée. Sur le fond, la mesure phare qu’est le PGE a permis d’ouvrir le robinet financier et de combler les besoins de liquidités de très nombreuses entreprises. Mais ce n’est pas une subvention. La question est de savoir si l’on n’a pas reporté le problème de six ans – ce qui correspond à la maturité maximum du PGE. Seul l’avenir dira si les entreprises sont capables de rembourser les prêts obtenus. Par ailleurs, l’Etat fait porter aux banques une part de risque et de responsabilité conséquente. Ces PGE sont garantis à hauteur de 90% maximum. Les 10 % potentiels à leur charge ne sont pas neutres puisque 100 milliards d’euros de PGE ont déjà été distribués, et qu’on anticipe un total de 150 milliards de prêts. En outre, la garantie de l’Etat est certes inconditionnelle et irrévocable. Mais toute l’analyse de l’éligibilité au PGE, notamment le fait de savoir si les demandeurs ne sont pas des entreprises en difficulté au regard des normes européennes, incombe aux banques. Elles doivent donc gérer une double problématique, économique (l’entreprise pourra-t-elle rembourser, in fine ?) et juridique (l’entreprise est-elle bien éligible au PGE et la garantie pourra-t-elle effectivement jouer ?).

Prêter est le métier des banques…

Personne n’a intérêt à ce qu’une crise sanitaire et économique se transforme en crise bancaire. Or si l’on découvre par exemple qu’une société n’était finalement pas éligible au PGE pour telle ou telle raison, la totalité du risque financier incomberait aux banques. Sans aller jusque-là, ajouter potentiellement 15 milliards d’euros de risque supplémentaires à leur bilan, ce n’est pas rien. Les banques sont des entreprises privées qui doivent aussi défendre les intérêts de leurs parties prenantes. C’est pourquoi elles jouent leur rôle tout en étant très vigilantes au respect des instructions qu’elles ont reçues.

Des économistes suggèrent de leur déléguer la décision de la continuation d’activité de PME en difficulté. C’est une bonne idée ?

C’est encore leur rajouter un degré de responsabilité sur les épaules. Et je suis assez perturbée par le fait que les banques pourraient décider la faillite d’une société. Un créancier peut, certes, assigner une entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire, mais dans les faits c’est extrêmement rare. Il ne faut pas mélanger les rôles. Décider la faillite est un quasi-monopole du dirigeant. C’est à lui d’analyser sa situation financière, et de déterminer s’il est ou non en état de cessation des paiements. Par ailleurs, si les banques sont acteurs de la (sur)vie d’une entreprise, en lui prêtant ou non l’argent qui l’aidera à surmonter ses difficultés, elles ne veulent pas être seules en jeu. En premier lieu il y a les actionnaires, ce que les banques ne manquent d’ailleurs pas de rappeler lorsque l’entreprise négocie un PGE.

Comment aider davantage les entreprises à passer la crise ?

L’ordonnance du 20 mai prévoit des mesures intéressantes. Elle facilite, par exemple, la reprise d’une société en plan de cession par son propre dirigeant. Sauf exception, c’était interdit jusqu’à présent car c’était la porte ouverte aux abus : le plan de cession prévoit en effet la reprise de tous les actifs, sans les dettes. Cette nouvelle disposition donne un nouveau rôle au dirigeant. Autre innovation : les apporteurs d’argent frais à une entreprise en phase d’observation lors d’une procédure collective bénéficient dorénavant d’un rang privilégié de remboursement. Ce que nous appelons déjà entre praticiens le « privilège de post money ». Cela permettra de diversifier les sources de financement, notamment lors d’une période extrêmement délicate. Cette nouvelle ordonnance va par ailleurs perturber les équilibres de négociation en phase de conciliation, mais tout ce qui peut faciliter les apports de capitaux par différents acteurs va dans le bon sens.

 

Crise : une mutation des comportements des consommateurs

Crise : une mutation des comportements des consommateurs

 Des  universitaires(*) constatent dans une chronique à Ta tribune une mutation des comportements des consommateurs frontaliers dans le Grand Est à l’occasion de la crise sanitaire. Des évolutions qui pourraient peut-être concerner aussi d’autres zones géographiques.

(*Béatrice Siadou-Martin, Colette Grandmontagne, Hélène Yildiz, Mathias Boquet, Nicolas Dorkel et Rachid Belkacem (*)

 

Espace de coopération transfrontalière au cœur de l’Europe, la Grande Région se compose de plusieurs entités territoriales appartenant à quatre pays, l’Allemagne, la Belgique, la France et le Luxembourg. Ce grand espace transfrontalier se caractérise par plusieurs flux majeurs de travail frontalier dont le Luxembourg et la Sarre sont les principaux destinataires, et la Lorraine le principal « fournisseur ».

Ces frontières belgo-franco-germano-luxembourgeoises sont caractérisées par des flux de travailleurs frontaliers très importants et en croissance. À lui seul, le Luxembourg attire plus de la moitié des travailleurs frontaliers de la Grande Région. L’agglomération de Luxembourg-Ville est la première destination des frontaliers résidant en France, devant celle de Genève. Aux Français travaillant au Grand-Duché, s’ajoutent les Belges et les Allemands. Ainsi, les travailleurs frontaliers représentent près de 44 % de la population active luxembourgeoise.

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Mi-mars, la fermeture temporaire des frontières ou l’instauration de contrôles aux frontières sont venues perturber la vie quotidienne des habitants frontaliers, aussi bien au niveau de l’emploi que dans leur consommation qui détermine également les motifs de déplacement : alimentation, vêtements, loisirs, équipement, etc. Au Luxembourg, le télétravail massif a par exemple fait ressentir de manière criante aux différents commerces combien ces salariés tenaient une part importante dans leurs chiffres d’affaires.

Notre enquête réalisée pendant le confinement de mars-avril 2020 montre en effet qu’habituellement, les ménages du Grand-Est résidant à moins de 25 km d’une frontière sont 25 % à faire régulièrement des achats à l’étranger pour des biens de première nécessité, et 31 % occasionnellement.

Parmi ces ménages, si 14 % et 32 % ne déclarent pas ou déclarent un impact faible sur leur consommation, 35 % et 18 % des répondants déclarent respectivement un impact modéré et fort.

L’intensité de l’impact est par ailleurs liée à la distance à la frontière. Ceux qui reconnaissent avoir été fortement impactés résident en moyenne à 7,6 km de la frontière contre 12,6 km pour ceux déclarant ne pas avoir été impactés.

 Mais surtout, le télétravail, généralisé et fortement suivi pendant le confinement du printemps, a conduit les individus à relocaliser leurs lieux d’achat à proximité de leur domicile, notamment quand cela était possible avec une offre de proximité suffisante. Les différentes formes de la consommation des transfrontaliers sont impactées puisque les achats opportunistes, tout comme ceux liés, à des déplacements organisés ont diminué avec le flux de travailleurs.

Entre rupture et opportunité

En effet, franchir la frontière pour le travail conduit nécessairement ces travailleurs à réaliser des achats d’opportunité, qui ont pour caractéristique de faciliter leur approvisionnement. La littérature marketing montre que les consommateurs inscrivent leurs achats dans leur parcours de vie : acheter son pain sur son trajet emploi-domicile, profiter d’une démarche administrative pour se rendre dans une boutique d’habillement, etc.

En outre, si les achats de produits différemment taxés de l’un et l’autre côté de la frontière répondent à des logiques d’optimisation du budget, des achats répondant à des logiques hédoniques (les vêtements, les loisirs) ou à des démarches réfléchies (la voiture, l’électroménager) mettent en exergue des critères de qualité ou de complémentarité de l’offre. Le consommateur n’hésite alors pas à mettre en concurrence les points de vente situés de part et d’autre de la frontière. Et ceci, sans compter sur l’évasion commerciale due à la digitalisation…

Entre rupture et opportunité, du point de vue du commerce, la frontière offrait donc jusqu’à présent un terrain de jeu propice au déploiement de diverses stratégies de consommation. Les stratégies d’implantation des professionnels s’appuyaient de leur côté sur des critères de flux et plus seulement, sur des critères de stocks d’habitants dans la zone de chalandise. Mais si les tendances liées à la consommation de proximité s’installent à la faveur de la crise, cette fonction pourrait partiellement s’estomper.

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(*) Par Béatrice Siadou-Martin, Professeur des universités en sciences de gestion, Université de Montpellier ; Colette Grandmontagne, Maître de conférences, Université de Lorraine ; Hélène Yildiz, Maître de Conférences HDR Sciences de Gestion, Université de Lorraine ; Mathias Boquet, Associate professor, Université de Lorraine ; Nicolas Dorkel, Ingénieur d’études en analyse spatiale, Université de Lorraine et Rachid Belkacem, Maître de conférences en sociologie, Université de Lorraine

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Crise sanitaire France : une gestion catastrophique, la France en troisième position pour le nombre de morts

 Crise sanitaire France : une gestion catastrophique, la France en troisième position pour le nombre de morts

 

 

On peut toujours expliquer les différences du fait des systèmes sanitaires, des rapports à l’autorité, des traditions mais on peut difficilement comprendre pourquoi un pays comme la France occupe le troisième rang du nombre de décès au monde. Une différence indiscutable avec l’Allemagne qui compte 3 à 4 fois moins de décès et qui en plus a laissé les commerces ouverts. Le résultat sans doute de contradictions permanentes.

D’abord au départ une contestation de la réalité de la pandémie. On a même condamné les masques considérant qu’ils étaient même dangereux pour la santé. Ensuite quand on s’est aperçu de la réalité et de l’importance de la crise, on a manqué de tout notamment de lits dans les hôpitaux tout autant que de masques.

Du coup,  on a brutalement confiné en arrêtant la totalité de l’économie ou presque. On a cru ensuite au début de l’été que la crise était totalement maîtrisée. Le gouvernement a même invité des Français à partir tranquillement en vacances. Nouvelle erreur qui a provoqué en tout cas contribué largement à l’amplification de la seconde vague. Ensuite on a tenté de reconfiner selon les secteurs avec des mesures incompréhensibles et contradictoires. La gestion par la France du virus se révèle donc particulièrement pitoyable.

 

Statistiques des pays les plus touchés par le coronavirus le 22 novembre 2020 au soir (source : Worldometers)

  Pays Nombre de cas Nouveaux cas Nombre de décès Nouveaux décès
1 États-Unis 12,589,088 +137,010 262,701 +871
2 Inde 9,140,312 +44,404 133,773 +510
3 Brésil 6,071,401 +18,615 169,197 +181
4 France 2,140,208 +13,157 48,732 +214
5 Russie 2,089,329 +24,581 36,179 +401
6 Espagne 1,589,219   42,619  
7 Royaume-Uni 1,512,045 +18,662 55,024 +398
8 Italie 1,408,868 +28,337 49,823 +562
9 Argentine 1,370,366 +4,184 37,002 +100
10 Colombie 1,248,417 +7,924 35,287 +183
11 Mexique 1,032,688 +6,719 101,373 +550
12 Pérou 949,670 +1,589 35,595 +46
13 Allemagne 932,111 +13,840 14,343 +104
14 Pologne 861,331 +18,467 13,618 +330
15 Iran 854,361 +13,053 44,802 +475
16 Afrique du Sud 767,679 +2,270 20,903 +58
17 Ukraine 624,744 +12,079 10,951 +138
18 Belgique 556,904 +3,224 15,522 +170
19 Chili 540,640 +1,497 15,069 +39
20 Irak 535,321 +1,766 11,958 +33
21 Indonésie 497,668 +4,360 15,884 +110
22 République tchèque 492,263 +1,513 7,196 +101
23 Pays-Bas 484,648 +5,388 8,891 +21
24 Bangladesh 447,341 +2,060 6,388 +38
25 Turquie 446,822 +6,017 12,358 +139
26 Philippines 418,815 +1,965 8,123 +43
27 Roumanie 418,645 +5,837 10,047 +131
28 Pakistan 374,173 +2,665 7,662 +59
29 Arabie saoudite 355,258 +224 5,780 +19
30 Canada 330,503 +4,792 11,455 +49
31 Israël 328,918 +521 2,799 +42
32 Maroc 324,941 +3,979 5,316 +60
33 Suisse 290,601   4,056 +25
34 Portugal 260,758 +4,788 3,897 +73
35 Autriche 247,188 +5,226 2,388 +60
36 Népal 220,308 +1,669 1,321 +16
37 Suède 208,295   6,406  
38 Equateur 185,643 +767 13,201 +62
39 Jordanie 183,429 +5,268 2,236 +64
40 Hongrie 174,618 +4,320 3,800 +111

Crise sanitaire–Macron a-t-il menti ? (Cour de justice de la République )

Crise  sanitaire–Macron a-t-il menti ?  (Cour de justice de la République )

La Cour de justice de la république s’interroge officiellement pour savoir si Macron a menti ou non à propos des pseudos consultations qu’il aurait eues avant sa déclaration à la télévision du 16 mars. Une lettre officielle a donc été adressée aux personnalités supposées consultées pour qu’elles apportent à la cour de justice de la république les preuves formelles de cette consultation.

En bref, la cour de justice de la république se demande si Macon a menti. Les juges de la commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR) ont adressé, le 9 novembre, une requête officielle aux présidents de l’Assemblée nationale, ­Richard Ferrand, et du Sénat, Gérard Larcher, ainsi qu’aux ­anciens présidents de la ­République Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

Cette initiative s’inscrit dans l’enquête sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, ouverte le 7 juillet pour « abstention de combattre un sinistre » à la suite d’une série de plaintes et visant l’ex-premier ministre Édouard Philippe et ses deux ministres de la Santé successifs, Agnès Buzyn et Olivier Véran. Selon le courrier de la CJR – que le JDD a pu consulter –, les juges s’intéressent aux discussions ­engagées par Emmanuel Macron au mois de mars, avant de décider du calendrier des élections municipales, perturbé par la pandémie.

Rappelant que le chef de l’État avait déclaré à la télévision, le 16 mars, « avoir consulté le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale et [ses] prédécesseurs », les juges demandent à chacun d’eux de « préciser par courrier si [lui]-même [a] été consulté sur ces problématiques et, dans l’affirmative, les dates et les natures de ces consultations ainsi que le positionnement qui était le [sien], tant au sujet du maintien du premier tour qu’à celui de la suppression du second ». En haut lieu et dans la macronie,  on s’interroge sérieusement sur la légalité de cette intervention de la cour de justice de la république dans la vie publique. Plus clairement, on considère que la cour de justice de la république n’est pas légitime à interroger des responsables cars ce serait contraire à la constitution !

Fitch et Moody’s abaissent la note de l’Afrique du Sud: crise économique et sanitaire grave

Fitch et Moody’s abaissent la note de l’Afrique du Sud: crise économique et sanitaire grave

 

Le  plus grand pays de l’Afrique est victime d’une crise économique et sanitaire dramatique. Les contaminations par le virus sont  hors contrôle par ailleurs l’économie s’effondre. Conséquence au moins 30 % des sud-africains sont au chômage. Mécaniquement la situation financière devient alarmante. Selon l’agence de statistiques du pays (StatsSA), le pays le plus industrialisé du continent a vu son produit intérieur brut (PIB) s’effondrer de 51% au deuxième trimestre par rapport à 2019. Et plus de 30% de la population active en Afrique du Sud est désormais au chômage, un record depuis 2008, a annoncé le même organisme la semaine dernière. Le gouvernement prévoit un recul de 7,2% du PIB sur l’ensemble de l’année 2020. Un recul qui peut paraître comparable à d’autres pays comme en Europe qui mais qui doit tenir compte de la faiblesse de la richesse nationale en valeur absolue.

 

La crise menace les banques

La crise menace les banques

On s’inquiète à juste titre d’une crise qui pourrait concerner les banques du fait du manque de solvabilité de nombre d’emprunteurs. Jamais les entreprises, comme les Etats d’ailleurs, n’ont été aussi endetté (300 à 400%du PIB mondial) mais jamais leur seuil de solvabilité n’a été autant dépassé. En clair, les banques pourraient se retrouver avec des montagnes d’actifs pourris si les Etats n’apportent pas leur soutien financier à des entreprises menacées de faire défaut.

Les agences de notation financière restent prudentes voire inquiètes sur le secteur bancaire. « Cette année a été difficile pour les banques et l’année prochaine pourra l’être plus encore », prévient ainsi une étude sectorielle de S&P Global Ratings, publiée mardi. Pour mémoire, environ un tiers des notations des banques sont sous perspective négative.

L’étude souligne quatre risques-clés qui pourraient peser sur le secteur, au niveau mondial, l’année prochaine : une prolongation des effets de la pandémie sur l’économie, des effets négatifs sur les emprunteurs qui ne bénéficieront plus des mesures de soutien de l’État et des moratoires accordés par les banques, une hausse des défauts de paiement et, enfin, une dégradation du marché immobilier.

Dans certains pays, dont la France, le retour au niveau « d’avant crise » pourrait ainsi attendre 2023. « La crise n’a pas fini d’impacter les banques »

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

Les analystes financiers Terry Chan et Alexandra Dimitrijevic estiment, dans leur chronique, que l’envolée de l’endettement mondial n’affecte que partiellement la solvabilité des agents économiques. Ils fondent  leurs pronostics sur l’hypothèse du maintien de taux d’intérêt bas. Or c’est le risque majeur quand la masse de liquidités est complètement décalée de la richesse réelle. En outre,  la certitude d’une reprise rapide même progressive n’est pas assurée car il faut prendre en compte les facteurs structurels d’évolution des modes de production et de consommation.

Chronique.

 

 Alors que les Etats, les entreprises et les ménages sont confrontés aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, de nombreux observateurs tirent la sonnette d’alarme sur l’augmentation rapide de la dette à travers le monde. Le ratio dette/PIB de ces trois types d’emprunteurs devrait augmenter de 14 % en 2020, pour atteindre le niveau record de 265 %.

L’agence Standard & Poor’s (S&P) a abaissé la notation de crédit d’environ un cinquième des émetteurs de dette d’entreprise et de dette souveraine. Le nombre d’entreprises insolvables va probablement augmenter si, avant l’arrêt des mesures extraordinaires de relance budgétaire, les trésoreries et les bénéfices ne reviennent pas à leur niveau précédant la pandémie.

Le monde devrait toutefois connaître une reprise économique progressive, mais irrégulière, à condition que les facilités de financement soient maintenues dans un contexte de taux d’intérêt bas sur une longue période. Si l’on ajoute à cela le développement d’un vaccin d’ici à la mi-2021, la réduction des mesures de relance par les Etats, la réparation progressive des bilans des entreprises et la baisse des dépenses des ménages, l’endettement mondial devrait se stabiliser vers 2023.

Il faut également – et surtout – tenir compte de la capacité de remboursement des emprunteurs. Aujourd’hui, des mesures de relance budgétaire et monétaire sans précédent permettent de garder le robinet des liquidités ouvert pour les entreprises. Le coût du crédit est très favorable, et va probablement le rester longtemps, au moins jusqu’en 2023. Les écarts de crédit, resserrés par rapport à leur pic de mars, sont plus sensibles aux risques spécifiques des entreprises qu’aux risques du marché.

Pour l’essentiel, l’augmentation de la dette vise à créer les conditions d’une reprise économique qui améliore la capacité future de remboursement des emprunteurs. C’est particulièrement vrai pour les Etats qui cherchent à réduire l’impact économique de la pandémie par des mesures de relance budgétaire.

Solvabilité maintenue

A l’issue de la pandémie, l’endettement de tous les Etats aura augmenté, en particulier dans les pays développés. Néanmoins, ceux-ci ont maintenu jusqu’à présent leur solvabilité grâce à leur richesse, à la solidité de leurs marchés financiers et à leur flexibilité monétaire. Jusqu’à présent, S&P n’a abaissé la note d’aucun pays du G7. La plupart des déclassements de ces derniers mois ont touché les Etats de catégorie spéculative.

 

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